Archives de mai 2007

>Les universités britanniques, le boycott de l’entité sioniste, et le lobby qui n’existe pas…

mai 31, 2007

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Les syndicats britanniques de l’enseignement supérieur se mobilisent depuis un certain temps en faveur d’un règlement du conflit du Proche-Orient dans le respect des résolutions de l’ONU. Si on lit la presse sioniste, par exemple le Yedioth Ahronoth, mon torchon préféré, on apprend que le British University and College Union (UCU) vient de voter une motion appelant à débattre d’un boycott de la coopération avec les institutions universitaires de l’entité sioniste. Il ne s’agit donc pas d’un boycott à proprement parler mais d’un appel aux différentes branches du syndicat à discuter de la question, le boycott lui-même étant peu susceptible de recueillir l’agrément de la majorité et ne figurant pas parmi les priorités des adhérents selon Sally Hunt, la secrétaire générale de l’UCU.
s
La réaction sioniste ne s’est pourtant pas faite attendre et est d’abord venue des USA. En effet, Goldhirsh foundation, une importante fondation basée aux USA selon le vocabulaire sioniste (c’est-à-dire juive mais sise aux Etats-Unis, américaine mais pas américaine) vient d’annoncer que :

"elle a annulé ses projets de créer une procédure d’attribution de bourses pour des chercheurs Britanniques".Cette fondation spécialisée dans la recherche sur les tumeurs du cerveau pèse quelques 150 millions de dollars et finance des projets dans le monde entier."

La punition a été notifiée dans un courrier envoyé aux universités britanniques par Elizabeth Goldhirsh, la présidente de la fondation :

"Cette action représente un important revers pour la liberté académique et la libre expression. De plus, la décision de stigmatiser et de diaboliser Israël bien plus que d’autres pays – en gardant le silence sur la brutale occupation de la Tchétchénie par la Russie par exemple, où l’oppression qu’exerce actuellement la Chine au Tibet – est, au mieux, troublante. Au pire elle renvoie à une motivation bien plus sinistre et tragique.
"Ce qui est également gênant c’est d’agir ainsi au moment où les civils Israéliens sont confrontés à des tirs presque quotidienns de missiles lancés depuis Gaza et où le partenaire pour des négociations est une organisation qui pratique les attentats suicide et refuse de reconnaître le droit à l’existence d’Israël.
"Compte tenu de cette décision, je suis profondément attristée de dire que, alors que ma fondation avait envisagé d’ouvrir l’accès à des bourses aux chercheurs Britanniques, nous ne serons dès lors plus en mesure de le faire.
Je vous conjure d’oeuvrer contre ce boycott et de faire revenir l’université britannique aux nobles idéaux de la recherche libre et sans préjugés".

On remarque dans le contenu de la lettre les clichés propres à la propagande sioniste : la non reconnaissance du droit à l’existence de l’entité par l’organisation non citée nommément (le Hamas), les civils sionistes victimes de tirs de roquettes depuis Gaza, la diabolisation de l’entité sioniste tandis qu’on se tait debvant les crimes commis par d’autres Etats. Et enfin une accusation à peine voilée d’antisémitisme.
Ce qui détonne, c’est le rappel des principes de liberté académique, liberté dont l’entité se gausse ou cherche à contraindre partout quand il s’agit des thèmes qui la gênent. L’entité n’est-elle pas un des plus fervents partisans des lois qui interdisent la recherche libre sur les crimes nazis?
s
Mais les sionistes ne comptent pas en rester là car, après tout, cette fondation envisageait seulement de délivrer des bourses à des chercheurs Britanniques et ne l’avait donc jamais fait auparavant.
C’est Z’ev Boim, ministre sioniste de l’absorption des immigrants (Immigrant Absorption Minister, je n’invente rien), qui s’y est collé en premier. Profitant de sa présence à Londres et pour montrer sa non ingérence dans les affaires de l’université britannique, Boim a lancé l’idée que les donateurs Juifs gèlent leurs donation aux institutions académiques britanniques. Idée qu’il envisage de discuter avec les responsables de la communauté juive en Grande-Bretagne ainsi qu’avec les représentants d’Israël qui ont abordé le problème avec les autorités britanniques chargées de l’enseignement supérieur.
C’est donc d’un contre boycott que parle explicitement Boim qui invite la communauté juive mondiale (world Jewry) à envisager des mesures contre ce boycott britannique "futile."
Pour quelque chose de futile, on dirait bien que Boim vient de sonner l’alerte générale.
s
Le ministre britannique de l’Enseignement Supérieur a fait part de sa déception au sujet de la motion syndicale qui selon lui "ne permet pas de promouvoir le processus de paix au Moyen-Orient."
S’il avait demandé à ses chercheurs, ces derniers lui auraient peut-être que leurs recherches sur un tel processus avait permis de conclure à son inexistence.
s
C’est semble-t-il à la même conclusion qu’est parvenu UNISON, le principal syndicat britannique qui se prépare à rétablir son boycott économique de l’entité sioniste en réaction à la guerre contre le Liban l’été dernier et aux attaques sionistes contre Gaza. Suite au désengagement sioniste en 2005, UNISON qui rassemble quelque 1,6 millions de travailleurs avait levé un précédent boycott des biens et des investissements sionistes. Désengagement que n’importe quel observateur un tant soit peu attentif avait bien interprété comme de la poudre aux yeux.

Les universités britanniques, le boycott de l’entité sioniste, et le lobby qui n’existe pas…

mai 31, 2007
Les syndicats britanniques de l’enseignement supérieur se mobilisent depuis un certain temps en faveur d’un règlement du conflit du Proche-Orient dans le respect des résolutions de l’ONU. Si on lit la presse sioniste, par exemple le Yedioth Ahronoth, mon torchon préféré, on apprend que le British University and College Union (UCU) vient de voter une motion appelant à débattre d’un boycott de la coopération avec les institutions universitaires de l’entité sioniste. Il ne s’agit donc pas d’un boycott à proprement parler mais d’un appel aux différentes branches du syndicat à discuter de la question, le boycott lui-même étant peu susceptible de recueillir l’agrément de la majorité et ne figurant pas parmi les priorités des adhérents selon Sally Hunt, la secrétaire générale de l’UCU.
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La réaction sioniste ne s’est pourtant pas faite attendre et est d’abord venue des USA. En effet, Goldhirsh foundation, une importante fondation basée aux USA selon le vocabulaire sioniste (c’est-à-dire juive mais sise aux Etats-Unis, américaine mais pas américaine) vient d’annoncer que :

"elle a annulé ses projets de créer une procédure d’attribution de bourses pour des chercheurs Britanniques".Cette fondation spécialisée dans la recherche sur les tumeurs du cerveau pèse quelques 150 millions de dollars et finance des projets dans le monde entier."

La punition a été notifiée dans un courrier envoyé aux universités britanniques par Elizabeth Goldhirsh, la présidente de la fondation :

"Cette action représente un important revers pour la liberté académique et la libre expression. De plus, la décision de stigmatiser et de diaboliser Israël bien plus que d’autres pays – en gardant le silence sur la brutale occupation de la Tchétchénie par la Russie par exemple, où l’oppression qu’exerce actuellement la Chine au Tibet – est, au mieux, troublante. Au pire elle renvoie à une motivation bien plus sinistre et tragique.
"Ce qui est également gênant c’est d’agir ainsi au moment où les civils Israéliens sont confrontés à des tirs presque quotidienns de missiles lancés depuis Gaza et où le partenaire pour des négociations est une organisation qui pratique les attentats suicide et refuse de reconnaître le droit à l’existence d’Israël.
"Compte tenu de cette décision, je suis profondément attristée de dire que, alors que ma fondation avait envisagé d’ouvrir l’accès à des bourses aux chercheurs Britanniques, nous ne serons dès lors plus en mesure de le faire.
Je vous conjure d’oeuvrer contre ce boycott et de faire revenir l’université britannique aux nobles idéaux de la recherche libre et sans préjugés".

On remarque dans le contenu de la lettre les clichés propres à la propagande sioniste : la non reconnaissance du droit à l’existence de l’entité par l’organisation non citée nommément (le Hamas), les civils sionistes victimes de tirs de roquettes depuis Gaza, la diabolisation de l’entité sioniste tandis qu’on se tait debvant les crimes commis par d’autres Etats. Et enfin une accusation à peine voilée d’antisémitisme.
Ce qui détonne, c’est le rappel des principes de liberté académique, liberté dont l’entité se gausse ou cherche à contraindre partout quand il s’agit des thèmes qui la gênent. L’entité n’est-elle pas un des plus fervents partisans des lois qui interdisent la recherche libre sur les crimes nazis?
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Mais les sionistes ne comptent pas en rester là car, après tout, cette fondation envisageait seulement de délivrer des bourses à des chercheurs Britanniques et ne l’avait donc jamais fait auparavant.
C’est Z’ev Boim, ministre sioniste de l’absorption des immigrants (Immigrant Absorption Minister, je n’invente rien), qui s’y est collé en premier. Profitant de sa présence à Londres et pour montrer sa non ingérence dans les affaires de l’université britannique, Boim a lancé l’idée que les donateurs Juifs gèlent leurs donation aux institutions académiques britanniques. Idée qu’il envisage de discuter avec les responsables de la communauté juive en Grande-Bretagne ainsi qu’avec les représentants d’Israël qui ont abordé le problème avec les autorités britanniques chargées de l’enseignement supérieur.
C’est donc d’un contre boycott que parle explicitement Boim qui invite la communauté juive mondiale (world Jewry) à envisager des mesures contre ce boycott britannique "futile."
Pour quelque chose de futile, on dirait bien que Boim vient de sonner l’alerte générale.
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Le ministre britannique de l’Enseignement Supérieur a fait part de sa déception au sujet de la motion syndicale qui selon lui "ne permet pas de promouvoir le processus de paix au Moyen-Orient."
S’il avait demandé à ses chercheurs, ces derniers lui auraient peut-être que leurs recherches sur un tel processus avait permis de conclure à son inexistence.
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C’est semble-t-il à la même conclusion qu’est parvenu UNISON, le principal syndicat britannique qui se prépare à rétablir son boycott économique de l’entité sioniste en réaction à la guerre contre le Liban l’été dernier et aux attaques sionistes contre Gaza. Suite au désengagement sioniste en 2005, UNISON qui rassemble quelque 1,6 millions de travailleurs avait levé un précédent boycott des biens et des investissements sionistes. Désengagement que n’importe quel observateur un tant soit peu attentif avait bien interprété comme de la poudre aux yeux.

>Lyon : projection débat sur la résistance des femmes Palestiniennes

mai 29, 2007

>

Le centre Tawhid vous propose la projection du film

"Women in struggle"
de Buthayna Khoury

et un débat sur la résistance des femmes palestiniennes

le jeudi 7 juin 2007 à 19h00

Le débat sera animé par
Fatima BEZINE (militante de Palestine en marche)

Entrée gratuite
Ouvert à tout public
8 rue Notre-Dame Lyon 69006

Bus 1 / 34 – Ligne T1, Métro Charpennes

x
transmis par Palestine en marche (Lyon)

Lyon : projection débat sur la résistance des femmes Palestiniennes

mai 29, 2007
Le centre Tawhid vous propose la projection du film

"Women in struggle"
de Buthayna Khoury

et un débat sur la résistance des femmes palestiniennes

le jeudi 7 juin 2007 à 19h00

Le débat sera animé par
Fatima BEZINE (militante de Palestine en marche)

Entrée gratuite
Ouvert à tout public
8 rue Notre-Dame Lyon 69006

Bus 1 / 34 – Ligne T1, Métro Charpennes

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transmis par Palestine en marche (Lyon)

>Illuminons les flambeaux de la résistance de Jérusalem (Al Qods)

mai 29, 2007

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40 ans d’occupation de la ville d’al-Quds
Illuminons les flambeaux de sa résistance
(transmis par Palestine en marche, Lyon)

Il y a 40 ans (6 juin 1967), les troupes israéliennes achevaient l’occupation de la Palestine en s’emparant de la partie orientale de la ville d’al-Quds, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ainsi que de territoires arabes (Golan en Syrie et Sinaï en Egypte). Depuis, seul le territoire du Sinaï fut rendu à l’Egypte. Le Golan et Jérusalem-Est sont annexés et colonisés, la Cisjordanie démantelée par des colonies, des routes et le mur de l’annexion. Pour la bande de Gaza, le désengagement des colons et de l’armée réalisé en 2005 a permis à l’Etat sioniste d’instaurer « une prison à ciel ouvert » pour faciliter le bombardement de la population, avec l’appui actif des Etats-Unis, de l’Union européenne et des régimes arabes à leur solde.

40 ans après cette occupation et près de 60 ans après l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens formant ce qui est appelé aujourd’hui l’Etat d’Israël, suite à la destruction de la Palestine et l’expulsion de près d’un million de Palestiniens, le peuple palestinien poursuit sa résistance.

En annexant la ville d’al-Quds (Jérusalem), les autorités de l’occupation s’imaginaient qu’elles pourraient en déraciner les Palestiniens et les pousser vers les routes de l’exil. Les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’al-Quds furent nombreuses et multiples.

Administrativement, le fait de rattacher la partie orientale occupée en juin 1967 à la municipalité sioniste donna libre cours à tout un ensemble d’actes illégaux visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives, à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens à l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale : de nombreuses maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués pour les prétextes les plus divers, des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes, les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés, les centres sociaux et éducatifs fermés et saccagés.

Récemment, le mur de l’annexion construit par les autorités coloniales a voulu parachever l’isolement de la ville sainte de la Cisjordanie, alors que depuis des années, la population de la bande de Gaza est interdite de s’y rendre. En étouffant et en isolant la population palestinienne d’al-Quds, Israël procède au nettoyage ethnique comme il l’a précédemment fait dans les villes palestiniennes de Yafa, Akka, Ber Saba’, Haïfa, Lod et Ramleh.

L’annexion de la partie orientale de la ville d’al-Quds a servi aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien, non seulement géographiquement, mais aussi au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est d’al-Quds ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale d’al-Quds. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.

Mais, malgré toutes ces mesures coloniales et répressives, la population palestinienne d’Al-Quds résiste encore : les dernières statistiques israéliennes nous informent que le nombre des Palestiniens vivant dans la municipalité élargie de Jérusalem, soit les parties occidentale et orientale de la ville, est encore plus élevé que celui de la population israélienne, malgré toutes les colonies récemment installées. Même si ces statistiques servent aux sionistes pour activer leur colonisation, il n’en reste pas moins qu’ils affirment aussi que les Palestiniens résistent à leur expulsion et à leur étouffement.

En annexant la ville d’al-Quds, les autorités de l’occupation ont aussi ouvert la voie aux Palestiniens de 48 d’accourir au secours de la ville sainte : parmi tous les actes de résistance, citons celui initié par sheikh Raed Salah, fondateur et dirigeant du mouvement islamique, qui organise régulièrement des programmes où les Palestiniens de 48, venant du Nord (Galilée) ou du sud (Naqab), se rendent régulièrement à la ville d’al-Quds, pour animer ses rues, acheter ses produits et remplir ses lieux saints. Les organisations de la résistance palestinienne sont également actives, directement ou par le biais de structures associatives, pour permettre à la population de demeurer sur place : empêcher les destructions de maisons, dénoncer les ventes illégales et mafieuses, mobiliser la population et notamment les jeunes, installer des structures d’aide à l’éducation, aux soins, entre autres.

Ce sont tous ces actes de résistance quotidienne de la population d’al-Quds, à laquelle nous rendons hommage, qui freinent la judaïsation rampante de la ville. Cependant, notre rôle doit être plus actif et nous devons contribuer à illuminer les flambeaux de la résistance sur place.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la campagne lancée par
la Fondation internationale pour al-Quds
du 7 au 23 juin
« Al-Quds, 40 ans d’occupation : illuminons les flambeaux de sa résistance »

Cette campagne internationale de sensibilisation vise à faire prendre conscience de la gravité de la situation faite par l’occupation à cette ville en particulier, à dénoncer les mesures d’annexion et de nettoyage ethnique en cours, mais aussi à expliquer et à mettre en valeur tous les actes de résistance quotidienne menées par la population palestinienne.
Elle vise aussi à développer la solidarité concrète avec la ville sainte et sa population, en prenant en charge ou en participant à des projets de développement, social, éducatif, médical et d’infrastructure, menés par la fondation en direction de la population d’al-Quds, par le biais des structures palestiniennes sur place.
Pour avoir plus d’informations sur la fondation internationale pour al-Quds et ses projets de développement, consulter le site http://www.alquds-online.org/Org/ qui présente ses actions passées et ses projets futurs.

Notre association participe à cette campagne internationale en diffusant :
- un dépliant sur la ville d’al-Quds : « al-Quds, patrimoine en danger ? »
- une étude sur les prisonniers palestiniens de la ville d’al-Quds.
Vous pouvez obtenir ces deux documents par mail ou par courrier postal.

Contactez-nous si vous souhaitez participer à cette campagne de 15 jours en faveur de la résistance à al-Quds en nous précisant les formes possibles que vous envisagez : diffusion de l’information, collecte de fonds, etc..

Pour participer aux actions de solidarité avec la résistance palestinienne
(diffusion de l’information et financement de projets culturels et sociaux en Palestine occupée)
Contacter Palestine en marche

Adresse postale : Palestine en marche c/o EPI
13 chemin Auguste Renoir
69120 Vaulx-en-Velin
Palestine_en_marche@yahoo.fr

Illuminons les flambeaux de la résistance de Jérusalem (Al Qods)

mai 29, 2007
40 ans d’occupation de la ville d’al-Quds
Illuminons les flambeaux de sa résistance
(transmis par Palestine en marche, Lyon)

Il y a 40 ans (6 juin 1967), les troupes israéliennes achevaient l’occupation de la Palestine en s’emparant de la partie orientale de la ville d’al-Quds, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ainsi que de territoires arabes (Golan en Syrie et Sinaï en Egypte). Depuis, seul le territoire du Sinaï fut rendu à l’Egypte. Le Golan et Jérusalem-Est sont annexés et colonisés, la Cisjordanie démantelée par des colonies, des routes et le mur de l’annexion. Pour la bande de Gaza, le désengagement des colons et de l’armée réalisé en 2005 a permis à l’Etat sioniste d’instaurer « une prison à ciel ouvert » pour faciliter le bombardement de la population, avec l’appui actif des Etats-Unis, de l’Union européenne et des régimes arabes à leur solde.

40 ans après cette occupation et près de 60 ans après l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens formant ce qui est appelé aujourd’hui l’Etat d’Israël, suite à la destruction de la Palestine et l’expulsion de près d’un million de Palestiniens, le peuple palestinien poursuit sa résistance.

En annexant la ville d’al-Quds (Jérusalem), les autorités de l’occupation s’imaginaient qu’elles pourraient en déraciner les Palestiniens et les pousser vers les routes de l’exil. Les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’al-Quds furent nombreuses et multiples.

Administrativement, le fait de rattacher la partie orientale occupée en juin 1967 à la municipalité sioniste donna libre cours à tout un ensemble d’actes illégaux visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives, à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens à l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale : de nombreuses maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués pour les prétextes les plus divers, des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes, les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés, les centres sociaux et éducatifs fermés et saccagés.

Récemment, le mur de l’annexion construit par les autorités coloniales a voulu parachever l’isolement de la ville sainte de la Cisjordanie, alors que depuis des années, la population de la bande de Gaza est interdite de s’y rendre. En étouffant et en isolant la population palestinienne d’al-Quds, Israël procède au nettoyage ethnique comme il l’a précédemment fait dans les villes palestiniennes de Yafa, Akka, Ber Saba’, Haïfa, Lod et Ramleh.

L’annexion de la partie orientale de la ville d’al-Quds a servi aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien, non seulement géographiquement, mais aussi au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est d’al-Quds ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale d’al-Quds. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.

Mais, malgré toutes ces mesures coloniales et répressives, la population palestinienne d’Al-Quds résiste encore : les dernières statistiques israéliennes nous informent que le nombre des Palestiniens vivant dans la municipalité élargie de Jérusalem, soit les parties occidentale et orientale de la ville, est encore plus élevé que celui de la population israélienne, malgré toutes les colonies récemment installées. Même si ces statistiques servent aux sionistes pour activer leur colonisation, il n’en reste pas moins qu’ils affirment aussi que les Palestiniens résistent à leur expulsion et à leur étouffement.

En annexant la ville d’al-Quds, les autorités de l’occupation ont aussi ouvert la voie aux Palestiniens de 48 d’accourir au secours de la ville sainte : parmi tous les actes de résistance, citons celui initié par sheikh Raed Salah, fondateur et dirigeant du mouvement islamique, qui organise régulièrement des programmes où les Palestiniens de 48, venant du Nord (Galilée) ou du sud (Naqab), se rendent régulièrement à la ville d’al-Quds, pour animer ses rues, acheter ses produits et remplir ses lieux saints. Les organisations de la résistance palestinienne sont également actives, directement ou par le biais de structures associatives, pour permettre à la population de demeurer sur place : empêcher les destructions de maisons, dénoncer les ventes illégales et mafieuses, mobiliser la population et notamment les jeunes, installer des structures d’aide à l’éducation, aux soins, entre autres.

Ce sont tous ces actes de résistance quotidienne de la population d’al-Quds, à laquelle nous rendons hommage, qui freinent la judaïsation rampante de la ville. Cependant, notre rôle doit être plus actif et nous devons contribuer à illuminer les flambeaux de la résistance sur place.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la campagne lancée par
la Fondation internationale pour al-Quds
du 7 au 23 juin
« Al-Quds, 40 ans d’occupation : illuminons les flambeaux de sa résistance »

Cette campagne internationale de sensibilisation vise à faire prendre conscience de la gravité de la situation faite par l’occupation à cette ville en particulier, à dénoncer les mesures d’annexion et de nettoyage ethnique en cours, mais aussi à expliquer et à mettre en valeur tous les actes de résistance quotidienne menées par la population palestinienne.
Elle vise aussi à développer la solidarité concrète avec la ville sainte et sa population, en prenant en charge ou en participant à des projets de développement, social, éducatif, médical et d’infrastructure, menés par la fondation en direction de la population d’al-Quds, par le biais des structures palestiniennes sur place.
Pour avoir plus d’informations sur la fondation internationale pour al-Quds et ses projets de développement, consulter le site http://www.alquds-online.org/Org/ qui présente ses actions passées et ses projets futurs.

Notre association participe à cette campagne internationale en diffusant :
- un dépliant sur la ville d’al-Quds : « al-Quds, patrimoine en danger ? »
- une étude sur les prisonniers palestiniens de la ville d’al-Quds.
Vous pouvez obtenir ces deux documents par mail ou par courrier postal.

Contactez-nous si vous souhaitez participer à cette campagne de 15 jours en faveur de la résistance à al-Quds en nous précisant les formes possibles que vous envisagez : diffusion de l’information, collecte de fonds, etc..

Pour participer aux actions de solidarité avec la résistance palestinienne
(diffusion de l’information et financement de projets culturels et sociaux en Palestine occupée)
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13 chemin Auguste Renoir
69120 Vaulx-en-Velin
Palestine_en_marche@yahoo.fr

>Azmi Bishara diffame-t-il l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid. La réponse d’un spécialiste.

mai 28, 2007

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Ronnie Kasrils, le ministre Sud-Africain des services de renseignements, est issu d’une famille juive Balte et c’est un vétéran de la lutte clandestine contre l’apartheid dans son pays. Ses prises de position en faveur des Palestiniens et sa condamnation nette du sionisme irritent le lobby sioniste dans son pays et, bien sûr, les chefs du gang sioniste à Tel Aviv. Kasrils est un marxiste, ce qui ne l’a pas empêché, au cours d’une récente visite effectuée en Palestine occupée d’inviter officiellement en Afrique du Sud Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de l’Autorité Palestinienne. C’est que Kasrils ne s’y trompe pas et sait parfaitement faire la différence entre un mouvement d’émancipation tel que le Hamas et l’idéologie sioniste qui charrie en son coeur même le racisme et l’apartheid. Et en tant que Sud-Africain, il sait parfaitement de quoi il parle. Ses propos apportent une réponse sans équivoque au Yedioth qui accuse Azmi Bishara, un membre Palestinien du parlement sioniste, de diffamer l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid de l’ancienne Afrique du sud. Il faut aussi se souvenir qu’alors que l’entité sioniste était une alliée fidèle du régime d’apartheid, les pays arabes ont généralement soutenu l’ANC telle l’Algérie où Mandela avait pu recevoir une formation militaire. Laissons donc la parole à Ronnie Kasrils.
z
(le texte provient du quotidien sud-africail Mail & Guardian du 21 mai 2007, via Random Pottins, le blog de l’historien Britannique Charlie Pottins) Traduit de l’anglais par Djazaïri
d
Voyager en Palestine, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où je me suis rendu récemment, c’est faire un voyage surréaliste à rebours dans l’état d’urgence de l’apartheid. On se décourage à devoir passer par une myriade de checkpoints – plus de 500 en Cisjordanie. Ils sont contrôlés par des soldats lourdement armés, jeunes mais à l’air sinistre, nerveusement attentifs à chaque mouvement, les doigts sur la gâchette.
Heureusement pour moi, que du fait que je circulais dans un véhicule de l’ambassade d’Afrique du Sud avec des documents officiels et une escorte, les délais de passage étaient brefs. Balayer du regard les files de palestiniens à pied ou en voiture c’était comme voir les files d’attente silencieuses et tristes devant les bureaux de passage de l’ancienne Afrique du Sud.
q
Le trajet d’une ville de Cisjordanie à une autre, qui pourrait prendre 20 minutes en voiture dure actuellement 7 heures pour les Palestiniens, soumis à de multiples vexations par de très jeunes soldats. Mon ami, la militante pour la paix Terry Boullata a quasiment abandonné son travail d’enseignant. Le monstrueux mur de l’apartheid s’interpose entre son domicile de Jérusalem Est et son école qui se trouvait de l’autre côté de la rue, lui imposant désormais un trajet d’une heure. Elle s’en tire mieux que les paysans de Qalqilya dont le bourg rural autrefois prospère est totalement cerné par le mur avec ses deux portes d’entrée. Ce sont les troupes d’occupation qui en ont la clef. Souvent elles ne sont même pas là pour permettre à quiconque d’entrer ou de sortir. Bethléem aussi est complètement enfermée par le mur avec deux points de passage. Les Israéliens ont ajouté l’insulte à la blessure en placardant les entrées avec des affiches pittoresques souhaitant la bienvenue aux touristes dans le lieu où est né le Christ.
s
La « barrière de sécurité, » selon les termes israéliens, a autant pour but de briser le moral des hommes que de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Comme un serpent, elle change de forme et coupe à travers les terres agricoles sous la forme d’une barrière d’acier et de fil de fer, avec des tours de guet, des fossés, des chemins de patrouille et des systèmes d’alarme. Elle aura 700 km de long et, d’une hauteur de 8 à 9 mètres par endroit, elle éclipse le mur de Berlin. La fonction de la barrière devient claire en rase campagne. Son tracé englobe de larges pans de la Cisjordanie pour incorporer en Israël les colonies juives illégales – dont certaines sont de grandes agglomérations – et annexer toujours plus de territoire palestinien.Les Israéliens affirment que l’objectif du mur est seulement de prévenir les attaques terroristes. Si c’était le cas, expliquent les Palestiniens, pourquoi n’a-t-il pas été construit le long de la frontière marquée par la ligne verte?
x
On ne peut que souscrire à l’observation du ministre Sud-Africain Essor Pahad qui a déclaré : « Il est devenu parfaitement évident que le mur et les checkpoints ont pour rôle principal d’améliorer la sécurité des colons et de leur faciliter les choses. »La Cisjordanie, 22 % de ce qui fut la Palestine historique, a vu sa superficie réduite de 10 à 12 % pour ses habitants et est scindée en plusieurs fragments dont la vallée du Jourdain qui est une zone de sécurité pour les colons Juifs et l’armée israélienne. Comme le bande de Gaza, le Cisjordanie est de fait une prison hermétiquement fermée. Il est choquant de découvrir que certaines routes sont interdites aux Palestiniens et réservées aux colons Juifs. J’essaye vainement de me souvenir de de quoi que ce soit d’aussi obscène dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La bande de Gaza offre un paysage désolé de pauvreté, de crasse et d’infrastructures bombardées.
x
De façon incongrue, nous avons pu prendre part à une réception donnée pour la journée de la libération de l’Afrique du Sud dans un restaurant avec vue sur le magnifique port et la plage. Des tirs résonnaient dans la rue, interrompant brièvement nos activités; c’étaient des milices ou d’autres groupes de personnes qui fêtaient la sortie d’hôpital d’un camarade blessé. De longues rangées de bateaux de pêche se balancent, inutiles, dans le port car les temps sont durs. Israël leur interdit de s’éloigner de plus de 3km de la côte rendant ainsi la pêche improductive. Pourtant, malgré tout, nos hôtes nous ont offert un banquet digne des meilleures traditions palestiniennes.
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Nous repartons par l’aéroport de Tel Aviv où un fonctionnaire Israélien repère mon accent. « Êtes-vous Sud-Africain? » me demande-t-il avec l’accent typique de la région de Gauteng. Ce jeune homme a quitté Benoni alors qu’il était enfant en 1985. « Comment est Israël? » lui ai-je demandé. « C’est un endroit pourri [fucked place], » dit-il en riant, « je pars bientôt pour l’Australie. » « De l’autre côté du miroir? » me suis-je dit. J’ai fait exactement comme Alice, je suis allé de l’autre côté du miroir dans un monde surréaliste qui est infiniment pire que l’apartheid. Dans quelques heures je serai en Irlande du Nord, invité à voir Ian Paisley et Martin MC Guinness prêter serment pour le partage du pouvoir à Stormont. Même PW Botha et Ariel Sharon n’ont jamais été aussi extrémistes que Ian Paisley dans sa période la plus belliqueuse et sectaire. L’Irlande a été sous la botte anglaise pendant 800 ans, le régime d’apartheid sud-africain a duré 350 ans. Le projet colonial sioniste remonte aux années 1880. La classe dirigeante israélienne, corrompue et dépourvue de vision, ne peut plus continuer à diriger à l’ancienne manière. Les Palestiniens ne sont pas disposés à rester plus longtemps sous oppression.
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Ce qu’il faut, c’est l’unité des Palestiniens derrière leur gouvernement élu renforcé pat les luttes des Palestiniens et des Israéliens progressistes avec le soutien de la solidarité internationale. Les exigences immédiates sont la reconnaissance du gouvernement d’unité nationale, le levée des sanctions économiques et du bouclage des territoires Palestiniens, la inde 40 ans d’occupation militaire et la reprise des négociations pour une solution avec deux ÉtatsRemarquons pour finir que l’invitation du premier ministre Ismaïl Haniyeh en tant que chef du gouvernement d’unité nationale a été saluée par le président Mahmoud Abbas et sera honorée par notre gouvernement. Comme ils disent en arabe : « Inch Allah si Dieu le veut].

Azmi Bishara diffame-t-il l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid. La réponse d’un spécialiste.

mai 28, 2007
Ronnie Kasrils, le ministre Sud-Africain des services de renseignements, est issu d’une famille juive Balte et c’est un vétéran de la lutte clandestine contre l’apartheid dans son pays. Ses prises de position en faveur des Palestiniens et sa condamnation nette du sionisme irritent le lobby sioniste dans son pays et, bien sûr, les chefs du gang sioniste à Tel Aviv. Kasrils est un marxiste, ce qui ne l’a pas empêché, au cours d’une récente visite effectuée en Palestine occupée d’inviter officiellement en Afrique du Sud Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de l’Autorité Palestinienne. C’est que Kasrils ne s’y trompe pas et sait parfaitement faire la différence entre un mouvement d’émancipation tel que le Hamas et l’idéologie sioniste qui charrie en son coeur même le racisme et l’apartheid. Et en tant que Sud-Africain, il sait parfaitement de quoi il parle. Ses propos apportent une réponse sans équivoque au Yedioth qui accuse Azmi Bishara, un membre Palestinien du parlement sioniste, de diffamer l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid de l’ancienne Afrique du sud. Il faut aussi se souvenir qu’alors que l’entité sioniste était une alliée fidèle du régime d’apartheid, les pays arabes ont généralement soutenu l’ANC telle l’Algérie où Mandela avait pu recevoir une formation militaire. Laissons donc la parole à Ronnie Kasrils.
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(le texte provient du quotidien sud-africail Mail & Guardian du 21 mai 2007, via Random Pottins, le blog de l’historien Britannique Charlie Pottins) Traduit de l’anglais par Djazaïri
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Voyager en Palestine, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où je me suis rendu récemment, c’est faire un voyage surréaliste à rebours dans l’état d’urgence de l’apartheid. On se décourage à devoir passer par une myriade de checkpoints – plus de 500 en Cisjordanie. Ils sont contrôlés par des soldats lourdement armés, jeunes mais à l’air sinistre, nerveusement attentifs à chaque mouvement, les doigts sur la gâchette.
Heureusement pour moi, que du fait que je circulais dans un véhicule de l’ambassade d’Afrique du Sud avec des documents officiels et une escorte, les délais de passage étaient brefs. Balayer du regard les files de palestiniens à pied ou en voiture c’était comme voir les files d’attente silencieuses et tristes devant les bureaux de passage de l’ancienne Afrique du Sud.
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Le trajet d’une ville de Cisjordanie à une autre, qui pourrait prendre 20 minutes en voiture dure actuellement 7 heures pour les Palestiniens, soumis à de multiples vexations par de très jeunes soldats. Mon ami, la militante pour la paix Terry Boullata a quasiment abandonné son travail d’enseignant. Le monstrueux mur de l’apartheid s’interpose entre son domicile de Jérusalem Est et son école qui se trouvait de l’autre côté de la rue, lui imposant désormais un trajet d’une heure. Elle s’en tire mieux que les paysans de Qalqilya dont le bourg rural autrefois prospère est totalement cerné par le mur avec ses deux portes d’entrée. Ce sont les troupes d’occupation qui en ont la clef. Souvent elles ne sont même pas là pour permettre à quiconque d’entrer ou de sortir. Bethléem aussi est complètement enfermée par le mur avec deux points de passage. Les Israéliens ont ajouté l’insulte à la blessure en placardant les entrées avec des affiches pittoresques souhaitant la bienvenue aux touristes dans le lieu où est né le Christ.
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La « barrière de sécurité, » selon les termes israéliens, a autant pour but de briser le moral des hommes que de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Comme un serpent, elle change de forme et coupe à travers les terres agricoles sous la forme d’une barrière d’acier et de fil de fer, avec des tours de guet, des fossés, des chemins de patrouille et des systèmes d’alarme. Elle aura 700 km de long et, d’une hauteur de 8 à 9 mètres par endroit, elle éclipse le mur de Berlin. La fonction de la barrière devient claire en rase campagne. Son tracé englobe de larges pans de la Cisjordanie pour incorporer en Israël les colonies juives illégales – dont certaines sont de grandes agglomérations – et annexer toujours plus de territoire palestinien.Les Israéliens affirment que l’objectif du mur est seulement de prévenir les attaques terroristes. Si c’était le cas, expliquent les Palestiniens, pourquoi n’a-t-il pas été construit le long de la frontière marquée par la ligne verte?
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On ne peut que souscrire à l’observation du ministre Sud-Africain Essor Pahad qui a déclaré : « Il est devenu parfaitement évident que le mur et les checkpoints ont pour rôle principal d’améliorer la sécurité des colons et de leur faciliter les choses. »La Cisjordanie, 22 % de ce qui fut la Palestine historique, a vu sa superficie réduite de 10 à 12 % pour ses habitants et est scindée en plusieurs fragments dont la vallée du Jourdain qui est une zone de sécurité pour les colons Juifs et l’armée israélienne. Comme le bande de Gaza, le Cisjordanie est de fait une prison hermétiquement fermée. Il est choquant de découvrir que certaines routes sont interdites aux Palestiniens et réservées aux colons Juifs. J’essaye vainement de me souvenir de de quoi que ce soit d’aussi obscène dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La bande de Gaza offre un paysage désolé de pauvreté, de crasse et d’infrastructures bombardées.
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De façon incongrue, nous avons pu prendre part à une réception donnée pour la journée de la libération de l’Afrique du Sud dans un restaurant avec vue sur le magnifique port et la plage. Des tirs résonnaient dans la rue, interrompant brièvement nos activités; c’étaient des milices ou d’autres groupes de personnes qui fêtaient la sortie d’hôpital d’un camarade blessé. De longues rangées de bateaux de pêche se balancent, inutiles, dans le port car les temps sont durs. Israël leur interdit de s’éloigner de plus de 3km de la côte rendant ainsi la pêche improductive. Pourtant, malgré tout, nos hôtes nous ont offert un banquet digne des meilleures traditions palestiniennes.
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Nous repartons par l’aéroport de Tel Aviv où un fonctionnaire Israélien repère mon accent. « Êtes-vous Sud-Africain? » me demande-t-il avec l’accent typique de la région de Gauteng. Ce jeune homme a quitté Benoni alors qu’il était enfant en 1985. « Comment est Israël? » lui ai-je demandé. « C’est un endroit pourri [fucked place], » dit-il en riant, « je pars bientôt pour l’Australie. » « De l’autre côté du miroir? » me suis-je dit. J’ai fait exactement comme Alice, je suis allé de l’autre côté du miroir dans un monde surréaliste qui est infiniment pire que l’apartheid. Dans quelques heures je serai en Irlande du Nord, invité à voir Ian Paisley et Martin MC Guinness prêter serment pour le partage du pouvoir à Stormont. Même PW Botha et Ariel Sharon n’ont jamais été aussi extrémistes que Ian Paisley dans sa période la plus belliqueuse et sectaire. L’Irlande a été sous la botte anglaise pendant 800 ans, le régime d’apartheid sud-africain a duré 350 ans. Le projet colonial sioniste remonte aux années 1880. La classe dirigeante israélienne, corrompue et dépourvue de vision, ne peut plus continuer à diriger à l’ancienne manière. Les Palestiniens ne sont pas disposés à rester plus longtemps sous oppression.
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Ce qu’il faut, c’est l’unité des Palestiniens derrière leur gouvernement élu renforcé pat les luttes des Palestiniens et des Israéliens progressistes avec le soutien de la solidarité internationale. Les exigences immédiates sont la reconnaissance du gouvernement d’unité nationale, le levée des sanctions économiques et du bouclage des territoires Palestiniens, la inde 40 ans d’occupation militaire et la reprise des négociations pour une solution avec deux ÉtatsRemarquons pour finir que l’invitation du premier ministre Ismaïl Haniyeh en tant que chef du gouvernement d’unité nationale a été saluée par le président Mahmoud Abbas et sera honorée par notre gouvernement. Comme ils disent en arabe : « Inch Allah si Dieu le veut].

>Entretien avec l’Arabe en colère

mai 25, 2007

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Dans mon précédent post, je vous parlais d’As’ad Abukhalil, cet universitaire Libanais qui vit et enseigne aux USA mais qui surtout anime Angry Arab News Service, un blog où, souvent au détour de phrases aussi mordantes que brèves on perçoit la richesse d’une analyse qui se donne parfois à voir dans des développements plus longs. As’ad Abukhalil appartient à une espèce qu’on aurait pu croire disparue, celle des intellectuels Arabes patriotes, mais pas sectaires, enracinés dans leur culture, mais pas au prix d’un enfermement qu’il refuse, ouvert au monde mais sans jamais le confondre avec l’Occident. C’est ce type d’intellectuels qui fait cruellement défaut aujourd’hui dans le monde arabe. Il est intéressant de souligner que tout en ayant été éduqué dans la culture musulmane, l’approche d’As’ad Abukhalil est du type profane pour ne pas dire marxiste. A la fois respectueux et contempteur de la religion [ou plutôt des clercs de cette religion] dans laquelle il a été éduqué, il nous offre l’image de ce que pourrait être un discours musulman mais non religieux sur l’Islam et la culture musulmane mais également sur les autres religions ou cultures. Paradoxe? A y réfléchir pas vraiment.
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As’ad Abukhalil est un intellectuel engagé, au service de son pays mais aussi, et peut-être surtout, en faveur de la cause palestinienne. D’où ce long entretien qu’il a accordé à Electronic Intifada sur les événements en cours au Liban dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared près de tripoli.
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Entretien avec As’ad Abukhalil sur le siège du camp de Nahr al-Bared
Ali Abunimah, Electronic Lebanon, 24 Mai 2007, traduit de l’anglais par Djazaïri
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Des milliers de réfugiés Palestiniens fuient le camp de réfugiés de Nahr al-Bared dans le nord Liban au cinquième jour de combats entre l’armée libanaise et un groupe militant connu sous le nom de Fath al-Islam qui ont causé la mort de dizaines de soldats et de militants ainsi que celle d’un nombre indéterminé de civils. Le monde assiste en silence à l’aggravation de la situation des réfugiés Palestiniens, 50 ans après leur expulsion de leur patrie vers le Liban. Ali Abunimah, le co-fondateur d’Electronic intifada s’est entretenu avec As’ad Abukhalil, le créateur du blog Angry Arab news Service. Abukhalil explique les origines du Fath al-Islam, les événements qui ont abouti à cette violence et leur signification pour le Liban et la région.
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EI : Qu’est-ce que le Fath al-Islam
ABUKHALIL: On n’avait pas entendu parler de Fath al-islam avant la fin de l’année dernière. On a eu des articles ces deux dernières années, particulièrement après le retrait des forces syriennes du Liban, sur l’existence d’un type d’organisations de militants extrémistes en cours d’émergence dans les camps de réfugiés au Liban et ailleurs en dehors des camps, notamment dans le nord du Liban.
Certaines informations faisaient dans le sensationnalisme et parfois, des organisations dont le gouvernement avait à se plaindre s’avéraient avoir été financées par la famille Hariri, par exemple Asbat al-Ansar et Jund as-Sham dans le camp de réfugié de Aïn Héloué et dont certains membres ont rejoint par la suite Fath al-Islam.Il est évident que Fath al-Islam n’est pas, ou du moins n’a pas comme caractéristique première d’être une organisation palestinienne. Sur la base des interview de ses chefs que j’ai pu voir à la télévision ou lire dans la presse ces tout derniers mois, on peut discerner l’armature idéologique de cette organisation. Ce sont des fondamentalistes sunnites qui se fixent ces objectifs généraux grandioses des fondamentalistes qui ne séduisent que les plus marginales parmi les organisations fondamentalistes marginales. Ils réfutent tout lien avec al Qaïda même s’ils partagent sa rhétorique et s’ils ne cachent pas leur sympathie voire leurs affinités avec al Qaïda.
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EI: A-t-on des preuves que la famille Hariri a financé Fath al-Islam?
ABUKHALIL: Nous n’avons pas de preuves que la famille Hariri a financé spécifiquement Fath al-islam. Mais deux possibilités restent à envisager. L’Afghanistan nous a enseigné le phénomène du retour de flamme imprévu. Il arrive qu’un sponsor finance un client et qu’après un certain laps de temps, le client se retourne contre son sponsor. La possibilité existe donc mais je n’ai connaissance d’aucune preuve que Hariri ait financé directement cette organisation en particulier. Ce que nous tenons pour établi, c’est que ces dernières années, et singulièrement depuis 2005, pendant les élections parlementaires, la famille Hariri a dépensé énormément d’argent, particulièrement au nord Liban, pour recruter dans les organisations fondamentalistes extrémistes sunnites.Certains des membres de Fath al-Islam qui combattent en ce moment avaient été libérés lors d’une amnistie sans précédent en 2005, sur l’insistance de la famille Hariri qui voulait s’attirer les faveurs d’organisations fondamentalistes sunnites de Tripoli. Il est donc très probable que certaines de ces personnes ont été bénéficiaires des largesses de Hariri dans la région nord du Liban. Mais ça ne veut pas dire que les Hariri ont financé en connaissance de cause Fath al-Islam, même si nous savons qu’ils ont financé des groupes sunnites fanatiques dont des membres ont plus tard rejoint Fath al-Islam.
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EI: On rapporte dans la presse que des Palestiniens qui fuient le camp de Nahr al-Bared disent que les militants de Fath al-islam se sont infiltrés dans le camp l’année dernière, qu’ils ne se mêlaient pas aux gens et avaient peu de contacts avec les habitants du camp sauf pour condamner le fait de fumer, de jouer de la musique ou d’afficher des posters. Un réfugié remarque que le camp est surveillé de tous côtés par l’armée libanaise et il se demande comment ces militants ont pu y pénétrer vu qu’ils ne sont pas tombés du ciel. Comment répondriez-vous à cette question?
ABUKHALIL: Je trouve vraiment suspecte la manière dont tous ces gens sont entrés au Liban, et tout indique qu’ils y sont entrés légalement. Nous n’avons pas affaire à des infiltrations du genre de celles dont parle la presse américaine pour l’Irak. Ils sont donc entrés au Liban avec leurs passeports, sont passés par les ports où ils ont été contrôlés par les forces de sécurité et l’armée libanaise puis ils se sont installés dans ces camps; et comme vous l’indiquez à juste titre, tous ces camps sont sous la surveillance de l’armée libanaise.Au cours d’un entretien accordé à la chaîne TV Al-Arabiya le 23 mai, le ministre libanais de la défense, Elias Murr a déclaré que pas un seul combattant n’a été identifié comme palestinien parmi les dizaines de combattants tués dans les affrontements. Il a indiqué que la plupart étaient Libanais, Saoudiens, Yémenites, Algériens, Tunisiens, marocains etc.
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EI: Qu’est-ce qui a déclenché la violence à Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: C’est là que ça devient bizarre et qu’apparaissent de nombreuses questions. Après l’assassinat de Rafiq Hariri en février 2005, la famille Hariri n’a pas eu confiance dans les services de sécurité et de renseignements existants et donc, sous la supervision et avec des financements des USA et avec le soutien de l’Arabie Séoudite, de la Jordanie et des Émirats Arabes Unis, elle a constitué sa propre quasi milice, les Forces Intérieures de Sécurité. Ils ont aussi créé quelque chose appelé Jihaz al Ma’alumat, un appareil de renseignement, dont l’existence ne repose sur aucune base légale au regard de la législation libanaise. Quoi qu’il en soit, ce sont aujourd’hui les plus importants services de sécurité et de renseignements au liman et ils ont marginalisé les autres.
La veille de la flambée de violence, Al-Mustaqbal, le journal des Hariri, faisait sa une sur le cambriolage d’une banque près de tripoli. Le journal affirmait que c’était l’oeuvre de Fath al-Islam. On peut se demander pourquoi si on savait qui avait cambriolé la banque, les autorités ne se sont-elles pas rendu sur les lieux pour les arrêter?Selon les informations dont je donne la primeur à vos lecteurs, l’appareil sécuritaire des Hariri avait apparemment prévu de faire un raid spectaculaire sur un appartement appartenant à Fath al-Islam à Tripoli, et désirait tirer bénéfice de l’affaire afin d’impressionner le public libanais; ils avaient donc emmené avec eux des équipes des chaînes TV de Hariri. Eh bien, ils sont allés faire ce raid le jour en question. Ca a été un fiasco du début à la fin. Ils ont été écrasés par une poignée de combattants de Fath al-Islam. C’est alors qu’ils ont fait appel à l’armée libanaise. La presse libanaise rapporte que l’armée libanaise n’était pas au courant de tout ça et qu’elle n’avait pas été prévenue et qu’elle a été simplement appelée à intervenir après que les forces de sécurité et les services de renseignements de Hariri aient échoué dans leur raid qui était supposé impressionner l’opinion libanaise.
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EI: Quelles ont été les réactions à ces événements au Liban et des organisations ou des partis ont-ils condamné le bombardement du camp de Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: De mon point de vue, s’agissant des réactions au Liban, c’est un des éléments les plus douloureux de cette affaire.
Aucun parti politique libanais n’a pris position, pas un seul, contre le bombardement indiscriminé du camp de réfugié de Nahr al-Bared. Le Hezbollah a choisi de soutenir l’armée, comme l’ont fait le Parti Communiste et d’autres organisations. Bien entendu, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part du mouvement du 14 mars, mais dans l’opposition ça a été à qui manifesterait le plus fortement son soutien. Le général Aoun, le principal leader de l’opposition chrétienne a apporté un soutien total et inconditionnel à l’armée libanaise et à son recours à ce qu’on appelle une « option militaire décisive » – ce qui veut dire autoriser l’armée à entrer dans les camps ou à les investir.
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EI: Pourquoi en est-il ainsi?
ABUKHALIL: En premier lieu, je comprends que l’armée libanaise a été frappée durement l’été dernier. Son moral et son prestige ont énormément souffert de son manque d’efficacité face aux brutales agressions israéliennes. Comme il n’existe aucun symbole de l’unité du Liban, les gens veulent toujours mettre en avant que, bon, « c’est peut-être l’armée. » Ça ne peut pas être toujours le caviar d’aubergines ou le hoummous. Ce doit être quelque chose de plus concret. Et c’est pourquoi on a cet engouement pour le soutien à l’armée. Ensuite, il y a une attitude générale raciste – le racisme classique à l’encontre des Palestiniens – et Khalid Saghiyya, un courageux éditorialiste Libanais en a parlé dans al-Akhbar. C’est pourquoi il est facile pour de nombreuses personnes de tolérer des attaques indiscriminées contre les camps de réfugiés Palestiniens. Ce n’est pas la première fois. Exactement comme en Jordanie il y a eu tous ces épisodes de bombardement des camps qui ont culminé pendant le Septembre Noir. Pendant toute ma vie au Liban il y eu toutes ces attaques par l’armée libanaise et plus tard par d’autres milices. En 1973, j’avais 13 ans, les camps de réfugiés Palestiniens au Liban avaient été bombardés par l’aviation libanaise. La liste est longue. Cette armée libanaise ne montre sa force que contre des réfugiés palestiniens sans défense. D’accord il y a l’organisation Fath al-Islam, ainsi que je l’ai dit, mais c’est un petit groupe fanatique dont on aurait pu s’occuper comme d’un problème de sécurité. Il était inutile de recourir à la puissance de feu de l’armée dont nous ne soupçonnions certainement pas l’existence quand l’été dernier le Liban était agressé par Israël et que l’armée libanaise se cachait surtout pour regarder quelques centaines d’irréguliers Libanais résister courageusement à l’agression israélienne.
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EI: Le gouvernement libanais vous rétorquerait certainement qu’il ne vise pas les habitants du camp et il a même fait des déclarations dans lesquelles il dit comprendre que l’organisation qu’il vise n’a rien à vois avec les palestiniens du Liban.
ABUKHALIL: L’ironie est que certes, il a dit tout ça et qu’il a dit plus. Il a eu recours au même que les Israéliens quand ils ont bombardé les camps de réfugiés en Cisjordanie et à Gaza. C’est le même langage que celui pratiqué par les USA en Afghanistan et en Irak : « Ils se cachent au milieu des civils. Ils se servent des civils comme de boucliers humains. Frapper les civils est une faute, l’armée se préoccupe de la population civile. » Toute cette propagande des dommages collatéraux est utilisée par le gouvernement.Les Palestiniens sont faibles au niveau régional et international. Ils ne reçoivent aucun soutien des gouvernements arabes, ce qui explique que le gouvernement libanais a non seulement eu la capacité et la volonté de faire ce qu’il a fait, et hier une déclaration officielle de la Ligue Arabe a non seulement apporté son soutien et exprimé sa « satisfaction » pour reprendre ses termes, au sujet de ce qui se passe mais a proposé une assistance militaire en récompense des bombardements du camp.
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EI: La main des USA est évidente dans cette affaire. Nous avons vu le gouvernement libanais solliciter une assistance militaire, dont des munitions et du matériel américains en réaction aux événements de Nahr al-Bared. Comment voyez-vous le rôle des USA et permettez moi d’élargir un peu ma question. En quoi les événements du Liban sont-ils liés à ce qui se passe à Gaza et les USA ont-ils réellement une stratégie pour la région? Quelle est la vision d’ensemble ici?ABUKHALIL: Les USA jouent certainement un rôle considérable dans toute cette affaire. Il y a à peine une semaine, David Welch, le sous-secrétaire US pour le Proche Orient visitait le Liban. Fait sans précédent, il a rencontré le commandant en chef de l’armée libanaise. Ce n’était jamais arrivé auparavant. On ne sait pas de quoi ils ont discuté mais la presse libanaise – même la presse pro gouvernementale – a souligné le caractère sans précédent de la rencontre entre Welch et le commandant en chef.En ce qui concerne les Américains, nous devons aussi observer qu’ils ont annoncé officiellement que le gouvernement libanais leur avait fait une requête d’assistance militaire d’urgence. Et encore que le gouvernement libanais a promptement démenti avoir fait une telle demande. Et que ensuite il a démenti le démenti. Regardez Gaza et vous constaterez que les Américains ont soutenu, financé et armé les milices de Muhammad Dahlan et que Mahmoud Abbas le président de l’Autorité Palestinienne] a été chargé de combattre et de tuer d’autres Palestiniens. Voyez le Liban d’aujourd’hui et vous trouvez un gouvernement libanais soutenu, financé et armé par le gouvernement américain et qui fait la même chose. La Palestine et le Liban sont devenus plus importants pas tellement parce que l’administration US aurait la volonté de leur accorder une quelconque attention mais tout particulièrement en raison de l’échec du projet américain en Irak. Et il a choisi la Palestine et le Liban parce que ce sont des endroits où se trouvent des milices fantoches armées et financées par les USA que ces derniers peuvent utiliser contre leurs ennemis et les ennemis d’Israël.
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EI: Que nous disent les événements en cours sur l’évolution de la situation au Liban? La presse israélienne par exemple, parle d’une autre guerre cet été. S’agit-il de signaux avant coureurs comme beaucoup de gens le craignent?
ABUKHALIL: Je suis plus d’avis que c’est peut être une indication que ce conflit pourrait être une alternative à une telle guerre. Les Israéliens comme le Hezbollah ne sont pas du tout intéressés par une flambée du conflit cet été. Et je pense que les USA ont la volonté et la capacité de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il désarme les camps de réfugiés palestiniens de manière à accroître la sécurité d’Israël à leur point de vue. Même cela aurait une effet de choc en retour car nous avons déjà vu que les camps de réfugiés palestiniens sont très mécontents devant ce qui se passe.

Entretien avec l’Arabe en colère

mai 25, 2007
Dans mon précédent post, je vous parlais d’As’ad Abukhalil, cet universitaire Libanais qui vit et enseigne aux USA mais qui surtout anime Angry Arab News Service, un blog où, souvent au détour de phrases aussi mordantes que brèves on perçoit la richesse d’une analyse qui se donne parfois à voir dans des développements plus longs. As’ad Abukhalil appartient à une espèce qu’on aurait pu croire disparue, celle des intellectuels Arabes patriotes, mais pas sectaires, enracinés dans leur culture, mais pas au prix d’un enfermement qu’il refuse, ouvert au monde mais sans jamais le confondre avec l’Occident. C’est ce type d’intellectuels qui fait cruellement défaut aujourd’hui dans le monde arabe. Il est intéressant de souligner que tout en ayant été éduqué dans la culture musulmane, l’approche d’As’ad Abukhalil est du type profane pour ne pas dire marxiste. A la fois respectueux et contempteur de la religion [ou plutôt des clercs de cette religion] dans laquelle il a été éduqué, il nous offre l’image de ce que pourrait être un discours musulman mais non religieux sur l’Islam et la culture musulmane mais également sur les autres religions ou cultures. Paradoxe? A y réfléchir pas vraiment.
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As’ad Abukhalil est un intellectuel engagé, au service de son pays mais aussi, et peut-être surtout, en faveur de la cause palestinienne. D’où ce long entretien qu’il a accordé à Electronic Intifada sur les événements en cours au Liban dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared près de tripoli.
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Entretien avec As’ad Abukhalil sur le siège du camp de Nahr al-Bared
Ali Abunimah, Electronic Lebanon, 24 Mai 2007, traduit de l’anglais par Djazaïri
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Des milliers de réfugiés Palestiniens fuient le camp de réfugiés de Nahr al-Bared dans le nord Liban au cinquième jour de combats entre l’armée libanaise et un groupe militant connu sous le nom de Fath al-Islam qui ont causé la mort de dizaines de soldats et de militants ainsi que celle d’un nombre indéterminé de civils. Le monde assiste en silence à l’aggravation de la situation des réfugiés Palestiniens, 50 ans après leur expulsion de leur patrie vers le Liban. Ali Abunimah, le co-fondateur d’Electronic intifada s’est entretenu avec As’ad Abukhalil, le créateur du blog Angry Arab news Service. Abukhalil explique les origines du Fath al-Islam, les événements qui ont abouti à cette violence et leur signification pour le Liban et la région.
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EI : Qu’est-ce que le Fath al-Islam
ABUKHALIL: On n’avait pas entendu parler de Fath al-islam avant la fin de l’année dernière. On a eu des articles ces deux dernières années, particulièrement après le retrait des forces syriennes du Liban, sur l’existence d’un type d’organisations de militants extrémistes en cours d’émergence dans les camps de réfugiés au Liban et ailleurs en dehors des camps, notamment dans le nord du Liban.
Certaines informations faisaient dans le sensationnalisme et parfois, des organisations dont le gouvernement avait à se plaindre s’avéraient avoir été financées par la famille Hariri, par exemple Asbat al-Ansar et Jund as-Sham dans le camp de réfugié de Aïn Héloué et dont certains membres ont rejoint par la suite Fath al-Islam.Il est évident que Fath al-Islam n’est pas, ou du moins n’a pas comme caractéristique première d’être une organisation palestinienne. Sur la base des interview de ses chefs que j’ai pu voir à la télévision ou lire dans la presse ces tout derniers mois, on peut discerner l’armature idéologique de cette organisation. Ce sont des fondamentalistes sunnites qui se fixent ces objectifs généraux grandioses des fondamentalistes qui ne séduisent que les plus marginales parmi les organisations fondamentalistes marginales. Ils réfutent tout lien avec al Qaïda même s’ils partagent sa rhétorique et s’ils ne cachent pas leur sympathie voire leurs affinités avec al Qaïda.
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EI: A-t-on des preuves que la famille Hariri a financé Fath al-Islam?
ABUKHALIL: Nous n’avons pas de preuves que la famille Hariri a financé spécifiquement Fath al-islam. Mais deux possibilités restent à envisager. L’Afghanistan nous a enseigné le phénomène du retour de flamme imprévu. Il arrive qu’un sponsor finance un client et qu’après un certain laps de temps, le client se retourne contre son sponsor. La possibilité existe donc mais je n’ai connaissance d’aucune preuve que Hariri ait financé directement cette organisation en particulier. Ce que nous tenons pour établi, c’est que ces dernières années, et singulièrement depuis 2005, pendant les élections parlementaires, la famille Hariri a dépensé énormément d’argent, particulièrement au nord Liban, pour recruter dans les organisations fondamentalistes extrémistes sunnites.Certains des membres de Fath al-Islam qui combattent en ce moment avaient été libérés lors d’une amnistie sans précédent en 2005, sur l’insistance de la famille Hariri qui voulait s’attirer les faveurs d’organisations fondamentalistes sunnites de Tripoli. Il est donc très probable que certaines de ces personnes ont été bénéficiaires des largesses de Hariri dans la région nord du Liban. Mais ça ne veut pas dire que les Hariri ont financé en connaissance de cause Fath al-Islam, même si nous savons qu’ils ont financé des groupes sunnites fanatiques dont des membres ont plus tard rejoint Fath al-Islam.
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EI: On rapporte dans la presse que des Palestiniens qui fuient le camp de Nahr al-Bared disent que les militants de Fath al-islam se sont infiltrés dans le camp l’année dernière, qu’ils ne se mêlaient pas aux gens et avaient peu de contacts avec les habitants du camp sauf pour condamner le fait de fumer, de jouer de la musique ou d’afficher des posters. Un réfugié remarque que le camp est surveillé de tous côtés par l’armée libanaise et il se demande comment ces militants ont pu y pénétrer vu qu’ils ne sont pas tombés du ciel. Comment répondriez-vous à cette question?
ABUKHALIL: Je trouve vraiment suspecte la manière dont tous ces gens sont entrés au Liban, et tout indique qu’ils y sont entrés légalement. Nous n’avons pas affaire à des infiltrations du genre de celles dont parle la presse américaine pour l’Irak. Ils sont donc entrés au Liban avec leurs passeports, sont passés par les ports où ils ont été contrôlés par les forces de sécurité et l’armée libanaise puis ils se sont installés dans ces camps; et comme vous l’indiquez à juste titre, tous ces camps sont sous la surveillance de l’armée libanaise.Au cours d’un entretien accordé à la chaîne TV Al-Arabiya le 23 mai, le ministre libanais de la défense, Elias Murr a déclaré que pas un seul combattant n’a été identifié comme palestinien parmi les dizaines de combattants tués dans les affrontements. Il a indiqué que la plupart étaient Libanais, Saoudiens, Yémenites, Algériens, Tunisiens, marocains etc.
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EI: Qu’est-ce qui a déclenché la violence à Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: C’est là que ça devient bizarre et qu’apparaissent de nombreuses questions. Après l’assassinat de Rafiq Hariri en février 2005, la famille Hariri n’a pas eu confiance dans les services de sécurité et de renseignements existants et donc, sous la supervision et avec des financements des USA et avec le soutien de l’Arabie Séoudite, de la Jordanie et des Émirats Arabes Unis, elle a constitué sa propre quasi milice, les Forces Intérieures de Sécurité. Ils ont aussi créé quelque chose appelé Jihaz al Ma’alumat, un appareil de renseignement, dont l’existence ne repose sur aucune base légale au regard de la législation libanaise. Quoi qu’il en soit, ce sont aujourd’hui les plus importants services de sécurité et de renseignements au liman et ils ont marginalisé les autres.
La veille de la flambée de violence, Al-Mustaqbal, le journal des Hariri, faisait sa une sur le cambriolage d’une banque près de tripoli. Le journal affirmait que c’était l’oeuvre de Fath al-Islam. On peut se demander pourquoi si on savait qui avait cambriolé la banque, les autorités ne se sont-elles pas rendu sur les lieux pour les arrêter?Selon les informations dont je donne la primeur à vos lecteurs, l’appareil sécuritaire des Hariri avait apparemment prévu de faire un raid spectaculaire sur un appartement appartenant à Fath al-Islam à Tripoli, et désirait tirer bénéfice de l’affaire afin d’impressionner le public libanais; ils avaient donc emmené avec eux des équipes des chaînes TV de Hariri. Eh bien, ils sont allés faire ce raid le jour en question. Ca a été un fiasco du début à la fin. Ils ont été écrasés par une poignée de combattants de Fath al-Islam. C’est alors qu’ils ont fait appel à l’armée libanaise. La presse libanaise rapporte que l’armée libanaise n’était pas au courant de tout ça et qu’elle n’avait pas été prévenue et qu’elle a été simplement appelée à intervenir après que les forces de sécurité et les services de renseignements de Hariri aient échoué dans leur raid qui était supposé impressionner l’opinion libanaise.
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EI: Quelles ont été les réactions à ces événements au Liban et des organisations ou des partis ont-ils condamné le bombardement du camp de Nahr al-Bared?
ABUKHALIL: De mon point de vue, s’agissant des réactions au Liban, c’est un des éléments les plus douloureux de cette affaire.
Aucun parti politique libanais n’a pris position, pas un seul, contre le bombardement indiscriminé du camp de réfugié de Nahr al-Bared. Le Hezbollah a choisi de soutenir l’armée, comme l’ont fait le Parti Communiste et d’autres organisations. Bien entendu, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de la part du mouvement du 14 mars, mais dans l’opposition ça a été à qui manifesterait le plus fortement son soutien. Le général Aoun, le principal leader de l’opposition chrétienne a apporté un soutien total et inconditionnel à l’armée libanaise et à son recours à ce qu’on appelle une « option militaire décisive » – ce qui veut dire autoriser l’armée à entrer dans les camps ou à les investir.
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EI: Pourquoi en est-il ainsi?
ABUKHALIL: En premier lieu, je comprends que l’armée libanaise a été frappée durement l’été dernier. Son moral et son prestige ont énormément souffert de son manque d’efficacité face aux brutales agressions israéliennes. Comme il n’existe aucun symbole de l’unité du Liban, les gens veulent toujours mettre en avant que, bon, « c’est peut-être l’armée. » Ça ne peut pas être toujours le caviar d’aubergines ou le hoummous. Ce doit être quelque chose de plus concret. Et c’est pourquoi on a cet engouement pour le soutien à l’armée. Ensuite, il y a une attitude générale raciste – le racisme classique à l’encontre des Palestiniens – et Khalid Saghiyya, un courageux éditorialiste Libanais en a parlé dans al-Akhbar. C’est pourquoi il est facile pour de nombreuses personnes de tolérer des attaques indiscriminées contre les camps de réfugiés Palestiniens. Ce n’est pas la première fois. Exactement comme en Jordanie il y a eu tous ces épisodes de bombardement des camps qui ont culminé pendant le Septembre Noir. Pendant toute ma vie au Liban il y eu toutes ces attaques par l’armée libanaise et plus tard par d’autres milices. En 1973, j’avais 13 ans, les camps de réfugiés Palestiniens au Liban avaient été bombardés par l’aviation libanaise. La liste est longue. Cette armée libanaise ne montre sa force que contre des réfugiés palestiniens sans défense. D’accord il y a l’organisation Fath al-Islam, ainsi que je l’ai dit, mais c’est un petit groupe fanatique dont on aurait pu s’occuper comme d’un problème de sécurité. Il était inutile de recourir à la puissance de feu de l’armée dont nous ne soupçonnions certainement pas l’existence quand l’été dernier le Liban était agressé par Israël et que l’armée libanaise se cachait surtout pour regarder quelques centaines d’irréguliers Libanais résister courageusement à l’agression israélienne.
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EI: Le gouvernement libanais vous rétorquerait certainement qu’il ne vise pas les habitants du camp et il a même fait des déclarations dans lesquelles il dit comprendre que l’organisation qu’il vise n’a rien à vois avec les palestiniens du Liban.
ABUKHALIL: L’ironie est que certes, il a dit tout ça et qu’il a dit plus. Il a eu recours au même que les Israéliens quand ils ont bombardé les camps de réfugiés en Cisjordanie et à Gaza. C’est le même langage que celui pratiqué par les USA en Afghanistan et en Irak : « Ils se cachent au milieu des civils. Ils se servent des civils comme de boucliers humains. Frapper les civils est une faute, l’armée se préoccupe de la population civile. » Toute cette propagande des dommages collatéraux est utilisée par le gouvernement.Les Palestiniens sont faibles au niveau régional et international. Ils ne reçoivent aucun soutien des gouvernements arabes, ce qui explique que le gouvernement libanais a non seulement eu la capacité et la volonté de faire ce qu’il a fait, et hier une déclaration officielle de la Ligue Arabe a non seulement apporté son soutien et exprimé sa « satisfaction » pour reprendre ses termes, au sujet de ce qui se passe mais a proposé une assistance militaire en récompense des bombardements du camp.
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EI: La main des USA est évidente dans cette affaire. Nous avons vu le gouvernement libanais solliciter une assistance militaire, dont des munitions et du matériel américains en réaction aux événements de Nahr al-Bared. Comment voyez-vous le rôle des USA et permettez moi d’élargir un peu ma question. En quoi les événements du Liban sont-ils liés à ce qui se passe à Gaza et les USA ont-ils réellement une stratégie pour la région? Quelle est la vision d’ensemble ici?ABUKHALIL: Les USA jouent certainement un rôle considérable dans toute cette affaire. Il y a à peine une semaine, David Welch, le sous-secrétaire US pour le Proche Orient visitait le Liban. Fait sans précédent, il a rencontré le commandant en chef de l’armée libanaise. Ce n’était jamais arrivé auparavant. On ne sait pas de quoi ils ont discuté mais la presse libanaise – même la presse pro gouvernementale – a souligné le caractère sans précédent de la rencontre entre Welch et le commandant en chef.En ce qui concerne les Américains, nous devons aussi observer qu’ils ont annoncé officiellement que le gouvernement libanais leur avait fait une requête d’assistance militaire d’urgence. Et encore que le gouvernement libanais a promptement démenti avoir fait une telle demande. Et que ensuite il a démenti le démenti. Regardez Gaza et vous constaterez que les Américains ont soutenu, financé et armé les milices de Muhammad Dahlan et que Mahmoud Abbas le président de l’Autorité Palestinienne] a été chargé de combattre et de tuer d’autres Palestiniens. Voyez le Liban d’aujourd’hui et vous trouvez un gouvernement libanais soutenu, financé et armé par le gouvernement américain et qui fait la même chose. La Palestine et le Liban sont devenus plus importants pas tellement parce que l’administration US aurait la volonté de leur accorder une quelconque attention mais tout particulièrement en raison de l’échec du projet américain en Irak. Et il a choisi la Palestine et le Liban parce que ce sont des endroits où se trouvent des milices fantoches armées et financées par les USA que ces derniers peuvent utiliser contre leurs ennemis et les ennemis d’Israël.
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EI: Que nous disent les événements en cours sur l’évolution de la situation au Liban? La presse israélienne par exemple, parle d’une autre guerre cet été. S’agit-il de signaux avant coureurs comme beaucoup de gens le craignent?
ABUKHALIL: Je suis plus d’avis que c’est peut être une indication que ce conflit pourrait être une alternative à une telle guerre. Les Israéliens comme le Hezbollah ne sont pas du tout intéressés par une flambée du conflit cet été. Et je pense que les USA ont la volonté et la capacité de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il désarme les camps de réfugiés palestiniens de manière à accroître la sécurité d’Israël à leur point de vue. Même cela aurait une effet de choc en retour car nous avons déjà vu que les camps de réfugiés palestiniens sont très mécontents devant ce qui se passe.

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