Archives de la catégorie ‘Bernard Madoff’

Elie Wiesel et ses amis antisémites

octobre 29, 2009
J Street est un lobby juif des Etats Unis qui se veut une alternative à l’AIPAC et à toutes les organisations qu’on englobe dans l’expression lobby sioniste.
J Street n’est pas un lobby antisioniste, mais ses animateurs pensent que l’influence exercée par le lobby actuel est démesurée et, à terme, néfaste pour l’entité sioniste elle-même. Il s’agit de protéger l’entité contre elle-même en quelque sorte, en la contraignant à discuter sérieusement de paix avec les Palestiniens.
J Street ne manque pas d’argent mais, pour l’instant, de relais suffisamment nombreux dans la communauté juive étatsunienne. Trouver ces relais un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits et qui se matérialise par la première convention de l’organisation qui a réuni quelques 1500 participants.
Michael Oren, l’ambassadeur sioniste à Washington, était invité à cette convention, mais il a décliné l’invitation. C’est que J Street n’est pas bien vu à Tel Aviv, et encore moins à Washington où le lobby sioniste représente un sionisme intransigeant. Dans ces deux villes, le sionisme mou de J Street est perçu comme dangereux pour le projet sioniste.
Si Michael Oren désapprouve les principes de J Street, il a par contre les yeux de Chimène pour les sionistes chrétiens et leur pasteur John Hagee qu’il a « honorés » de sa présence un meeting de l’église du prédicateur apocalyptique.
Il n’est d’ailleurs pas le seul à faire les yeux doux à John Hagee puisqu’au moment même où J Street de réunissait, Elie Wiesel, prix Nobel (de quoi au juste?) s’exprimait aux côtés de John Hagee devant des milliers de sionistes chrétiens.
Or, comme nous le rappelle Max Blumenthal, Hagee est, preuves à l’appui, un antisémite virulent.
Ceux qui ont l’habitude de gober les inepties proférées par Elie Wiesel en seront peut-être surpris. Certainement pas ceux qui sont un peu familiers du personnage ainsi que du sionisme.

La présence choquante d’Elie Wiesel auprès du prédicateur fou et antisémite John Hagee
par Max Blumenthal, AlterNet (USA) 29 octobre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le 25 octobre, alors qu’une foule de 1500 personnes se pressait pour la première convention du lobby pro-israélien de gauche J Street, Elie Wiesel prenait la parole devant une foule de 6000 sionistes chrétiens participant à la « Night to Honor Israel » (soirée en l’honneur de l’entité sioniste). Selon le San Antonio Express news, alors qu’Elie Wiesel était assis auprès de lui, Hagee a pourfendu le président Barack Obama, l’accusant sans preuves d’être « plus ferme avec Israël qu’avec la Russie, l’Iran, la Chine ou la Corée du Nord. »

Auparavant, l’ambassadeur Israélien Michæl Oren, qui était présent au sommet tenu plus tôt dans l’année des Christians United for Isræl d’Hagee, avait rejeté la proposition de J Street pour qu’il s’exprime lors de sa convention. Au lieu de quoi, il a envoyé un fonctionnaire de  faible rang pour « observer » l’événement. Oren avait ensuite accusé J Street  de «porter atteinte aux intérêts d’Israël.»

En apportant sa bénédiction à Hagee tout en vouant J Street aux gémonies, Wiesel et Oren ont choisi une organisation antisémite dirigée par un prédicateur apocalyptique d’extrême droite de préférence à une organisation progressiste naissante qui se proclame elle-même «pour Israël, pour la paix.» Et Wiesel comme Oren semblent déjà pris dans une autre controverse sur leur engagement avec le prédicateur extrémiste.

Dans la vidéo ci-dessous, le pasteur Hagee avertit que l’antéchrist sera homosexuel, Allemand et Juif.

Pendant la campagne présidentielle de 2008, le sénateur McCain avait cherché avec insistance à obtenir le soutien d’Hagee, apparaissant aux côtés du pasteur au cours d’une conférence de presse largement médiatisée pour en faire l’annonce. McCain voulait avoir le blanc seing d’une personnalité de la droite chrétienne, surtout depuis qu’il avait fustigé Jerry Falwell et Pat Robertson pendant les primaires républicaines de 2000.

McCain était peut être absolument dans l’ignorance du sermon où Hagee déclare que l’holocauste était un événement ordonné et orchestré par Dieu pour accomplir la prophétie biblique; son accusation selon laquelle le rejet de Jésus par les Juifs était à la racine de l’antisémitisme; ou encore sa prédiction selon laquelle quand l’antéchrist reviendra, il sera homosexuel et « partiellement juif, comme l’était Adolf Hitler, comme l’était Karl Marx.» Quand les délires antisémites d’Hagee ont été répercutés sans des blogs comme Talk2Action avant d’être connus nationalement, McCain renonça au soutien du prédicateur.

La vidéo ci-dessous montre la séquence du fameux sermon d’Hagee sur Hitler.

A la différence de McCain, Oren et Wiesel ne peuvent feindre l’ignorance des propos antisémites d’Hagee, à cause justement du bruit qu’avait fait la rupture avec McCain. «Mon cher pasteur, quand j’entends que des Chrétiens se réunissent pour défendre le peuple d’Israël, c’est bien sûr quelque chose qui me fait chaud au cœur, » avait déclaré Wiesel à Hagee dans un entretien du 3 septembre. «C’est, dit simplement, vous voyez, les gens ont appris de l’histoire.» (Hagee vend pour 15 dollars pièce le DVD de son entretien avec Wiesel sur son site web personnel, transformant le film de cette rencontre en aubaine financière).

Le 26 octobre, pendant un panel de blogueurs et de militants en marge de la conférence de J Street, j’ai critiqué Oren et Wiesel pour s’être associés à Hagee au moment même où j’écrivais sur l’implication de McCain avec le prédicateur. En se liant avec un antisémite, Wiesel semble ne pas avoir retenu son propre enseignement. J’ai dit que Bernard Madoff était la dernière personne en qui Wiesel avait eu autant confiance qu’en Hagee.  C’était une plaisanterie, bien sûr, un genre de plaisanterie juive, et dans cette comparaison humoristique j’attribuais à Wiesel une crédulité stupide dans son engagement avec Hagee.

Ecrivain lauréat du prix Nobel, Wiesel a basé son œuvre et ses conférences depuis des décennies sur la prémisse selon laquelle nous devons apprendre de la tragédie du passé, tirer la leçon de l’holocauste de sorte à ne pas le répéter. Peut-être Wiesel n’ignore-t-il pas l’épouvantable théologie d’Hagee pour laquelle la destruction violente des Juifs est essentielle pour amener le retour du Christ; ou peut-être ne la prend-t-il pas au sérieux et considère-t-il que de telles inepties ne devraient pas empêcher Hagee de soutenir financièrement et par la propagande le mouvement de colonisation de la Cisjordanie qui est désormais au cœur des difficultés dans les relations entre les USA et Israël.

Michæl Goldfarb, ancien porte parole de la campagne McCain – Palin et qui anime un blog sur le Weekly Standard a qualifié le panel de blogueurs de «clownesque». Il rend compte de les remarques ainsi: « Elie Wiesel insulté à la conférence de J Street.» Dans son post, Goldfarb ne tient pas compte des faits que j’ai présentés sur l’antisémitisme d’Hagee. Une fois de plus, l’idéologie exige qu’on oublie l’histoire.

Jeffrey Goldberg, qui écrit pour the Atlantic, a lui aussi qualifié le panel de « clownesque, » m’attaquant pour avoir critiqué Wiesel. «En voilà une astuce, » écrit Goldberg dans son blog. «Critiquer des personnages publics qui ont survécu à l’holocauste est bien sûr permissible. Mais les insulter est honteux. Ca ne va pas vous gagner beaucoup d’amis juifs.» Goldberg m’a également excommunié parmi les anti sionistes qui ont des parents juifs.»

Pourquoi Wiesel fait-il ami-ami avec Hagee? Pourquoi ai-je « insulté » Wiesel? Goldfarb comme Goldberg ont refusé de traiter ces questions et omis de citer les faits que j’ai présentés sur Hagee. Alors que Goldfarb s’en est pris violemment à un donateur de J Street pour des déclarations controversées sur Israël, ils ne s’est jamais occupé des diatribes antisémites d’Hagee. Goldberg ne s’en est pas occupé non plus. Tous deux présentent tranquillement leurs opinions sans se soucier des faits.

Mais l’absence de faits dans les articles sur leurs blogs ne les autorise pas à fuir le problème. Approuvent-ils Hagee, comme le font Wiesel et Oren? En défendant Wiesel des critiques sur sa relation avec Hagee, ils défendent également cette relation. Est-ce vraiment ce qu’ils veulent faire? Ils doivent donc également être en désaccord avec la rupture par McCain de ses liens avec Hagee. Qu’est-ce que Goldberg et Goldfarb trouvent acceptable chez Hagee, dès lors que Wiesel et Oren le trouvent acceptable? A moins, bien sûr, qu’ils n’approuvent ni Hagee ni aucune association avec lui, et utilisaient la critique contre ceux qui s’allient à lui comme un moyen de taper sur J Street. Alors là, ce serait clownesque.

Madoff, Sorkin, les camps de la mort et la véritable religion d’Elie Wiesel

mars 12, 2009

L’affaire Madoff, du nom de cet homme d’affaires auteur d’une gigantesque escroquerie financière, va connaître son épilogue judiciaire sans procès puisque son avocat a indiqué que son client avait décidé de plaider coupable.

D’après la presse juive, cette escroquerie a conduit à un regain de propos antisémites touchant au lien supposé entre les Juifs et la finance. Pourtant, cette idée d’une reprise d’antisémitisme associé à l’affaire Madoff s’exprime surtout dans la presse juive et n’est exprimée que de façon marginale dans des médiats non Juifs, généralement assez « confidentiels. »

D’ailleurs, si vous souhaitez trouver des informations sur Madoff dans la presse juive, vous les trouverez (paradoxe ?) dans la rubrique « Jewish Life » (vie juive).

Il est vrai que les victimes de Madoff sont avant tout des Juifs où les clients (Juifs ou non) de financiers Juifs alléchés par les forts taux de rendement promis par le financier escroc.

Cet aspect juif de l’affaire n’a échappé à personne et certainement pas aux membres des communautés juives bernés par Madoff.

Par exemple, Elie Wiesel explique sur CNN qu’il ne saurait pardonner Madoff et nous donne au passage une indication sur sa véritable religion quand il explique :

«Nous pensions qu’il était Dieu, nous étions confiants pour tout ce qui passait entre ses mains, » explique le professeur de sciences humaines de l’université de Boston.»

Lien en français ici.

Apparemment, Madoff a pu se procurer un bon avocat (juif également) en la personne d’Ira Sorkin; du moins si on en juge d’après les réactions violentes dont ce dernier fait l’objet.

En effet, la boîte à lettre de Sorkin croule sous les messages haineux et de menace émis par les victimes de son client. Ainsi peut-on lire dans le New York Times :

«En tant que Juif vis-à-vis d’un autre Juif, je regrette profondément que la famille de Sorkin n’ait pas péri dans les camps de la mort nazis.»

Conclusion : la morale disparaît quand commence la finance.


>Madoff, Sorkin, les camps de la mort et la véritable religion d’Elie Wiesel

mars 12, 2009

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L’affaire Madoff, du nom de cet homme d’affaires auteur d’une gigantesque escroquerie financière, va connaître son épilogue judiciaire sans procès puisque son avocat a indiqué que son client avait décidé de plaider coupable.

D’après la presse juive, cette escroquerie a conduit à un regain de propos antisémites touchant au lien supposé entre les Juifs et la finance. Pourtant, cette idée d’une reprise d’antisémitisme associé à l’affaire Madoff s’exprime surtout dans la presse juive et n’est exprimée que de façon marginale dans des médiats non Juifs, généralement assez « confidentiels. »

D’ailleurs, si vous souhaitez trouver des informations sur Madoff dans la presse juive, vous les trouverez (paradoxe ?) dans la rubrique « Jewish Life » (vie juive).

Il est vrai que les victimes de Madoff sont avant tout des Juifs où les clients (Juifs ou non) de financiers Juifs alléchés par les forts taux de rendement promis par le financier escroc.

Cet aspect juif de l’affaire n’a échappé à personne et certainement pas aux membres des communautés juives bernés par Madoff.

Par exemple, Elie Wiesel explique sur CNN qu’il ne saurait pardonner Madoff et nous donne au passage une indication sur sa véritable religion quand il explique :

«Nous pensions qu’il était Dieu, nous étions confiants pour tout ce qui passait entre ses mains, » explique le professeur de sciences humaines de l’université de Boston.»

Lien en français ici.

Apparemment, Madoff a pu se procurer un bon avocat (juif également) en la personne d’Ira Sorkin; du moins si on en juge d’après les réactions violentes dont ce dernier fait l’objet.

En effet, la boîte à lettre de Sorkin croule sous les messages haineux et de menace émis par les victimes de son client. Ainsi peut-on lire dans le New York Times :

«En tant que Juif vis-à-vis d’un autre Juif, je regrette profondément que la famille de Sorkin n’ait pas péri dans les camps de la mort nazis.»

Conclusion : la morale disparaît quand commence la finance.



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