Archives de la catégorie ‘Judaïsme’
Après avoir appelé à un "Islam de France", M. Sarkozy appellera-t-il à un "judaïsme de France"?
février 12, 2011Un rabbin dans la gueule du loup
février 6, 2011Pourtant pas du tout. Ce rabbin est entré en Iran avec un visa obtenu grâce à l’intervention de la communauté juive locale et il a circulé en Iran vêtu de sa tenue de juif hassidique.
Bien sûr, le rabbin Gabbai a constaté que «"La peur des iraniens dans la rue se voit sur leur visage. Elle me rappelle celle que j’ai connu sous le régime communisme."
Il ne s’est pas dit que peut-être les gens avaient peur de lui et de son accoutrement qui faisait peut-^tre penser à un sorcier en vadrouille?
Chiourim nous rapporte que le rabbon Gabbai d’était rendu en Iran afin d’avoir un aperçu de l’état des tombes juives, dont certaine sont présumées avoir un caractère historique comme celle du prophète Daniel.
Il est revenu très choqué de ce qu’il a vu. La plupart des cimetières ont disparus, remplacés par des terrains de jeux. Ceux qui restent, sont menacés du même sort.
S’il a été satisfait de constater que les tombes de Mordechai et d’Esther étaient bien entretenues, il a été perturbé, dit-il, de découvrir "que certaines tombes juives avaient disparu, et que dans d’autres endroits, des terrains de football avaient été construits sur les tombes des tzadikim."
"Gène" juif, judaïsme, antisémitisme et philosémitisme
janvier 26, 2011Non? Si vous l’avez oublié, ce n’est pas le cas de ceux qui avaient mené campagne contre lui en l’accusant d’antisémitisme. Ces gens à la haine tenace ne se contentent pas de la victoire qu’ils ont remportée sur lui puisque maintenant ils s’en prennent à son épouse qui serait une mauvaise enseignante (apparemment on veut faire supporter à cette dame le poids d’une forme d’échec de l’école d’aujourd’hui que nous constatons avec la montée de l’illettrisme dans tous les pays développés).
Or, Thilo Sarrazin, en véritable islamophobe qu’il est, n’est pas antisémite au sens où il détesterait les Juifs, mais philosémite, c’est-à-dire qu’il les apprécie voire même qu’il les encense, ce que note à juste titre le suite juif.org..
En bon philosémite idéaliste, il n’a donc dû trouver qu’une seule explication à ce qui singulariserait la "réussite" des Juifs dans les domaines financiers, culturel ou scientifique, c’est qu’ils appartiendraient à un peuple distinct [élu?], une race en quelque sorte dotée d’une particularité génétique. On a cependant peu relevé que Sarrazin mettait sur le même plan comme peuples dotés d’un géne particulier, "peuple" juif et peuple basque.
Le premier problème avec son argument est qu’il rappelle trop les thèses en vigueur sous le nazisme. Et le second problème est que c’est un type de croyance largement répandu chez les élites juives, notamment celles qui adhèrent au sionisme.
Impossible cependant, pour ces mêmes élites juives, de rester silencieuses voire même de faire mine d’approuver les propos de Thilo Sarazin après que ce dernier ait été dénoncé pour antisémitisme par de hauts responsables politiques Allemands.
Je signalais notamment qu’un certain Stephan Kramer, dirigeant communautaire Juif de son état, s’était fendu de la déclaration suivante:
"Quelqu’un qui tente de définir les Juifs par une particularité génétique est consumé par une manie raciste,"
Vous me direz après qui est consumé par une manie raciste. C’est à cette question que, bien involontairement, Thilo Sarazin a permis de répondre.
Racines familiales
De nouveaux tests ADN révèlent un lien de sang juif caché
par Elie Dolgin, Forward (USA) 18 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
En avril dernier, Joseph Pickrell a envoyé un échantillon de sa salive à la société californienne de testing génétique 23andMe. Après avoir consacré des années à l’étude de l’ADN d’autres personnes, cet étudiant de 27 ans, en doctorat à l’université de Chicago, avait décidé d’en savoir plus sur ses propres origines génétiques.
Les résultats qui lui sont parvenus montraient que les origines de Pickrell étaient majoritairement d’Europe du nord avec un peu de sang méditerranéen. A ce moment là, "je me suis juste dit que c’était à peu près vrai," explique Pickrell.
Avec 11 de ses amis et collègues qui avaient fait le même test, Pickrell a alors établi son profil génétique au moyen d’un algorithme informatique conçu pour démêler plus précisément les lignages génétiques. Curieusement, l’analyse suggérait que deux personnes sur les onze avaient une origine ashkénaze: Dan Vorhaus, avocat installé à New York, et Pickrell. Cette découverte était logique pour Vorhaus, un Juif qui a grandi dans Bay Area. Mais pour Pickrell, qui a été élevé dans le catholicisme dans la banlieue nord de Chicago, c’était un choc.
Pickrell s’est tourné vers sa mère. "Elle a dit, ‘Attends un peu, ça éveille quelque chose chez moi,’" se souvient Pickrell. Elle a passé quelques coups de fil, et recoupé les informations: le père de son père – l’arrière grand père maternel de Pickrell – avait grandi dans le judaïsme en Pologne avant de migrer aux Etats Unis où il épousa une Catholique et abandonna son éducation juive.
"C’est amusant que j’ai pu sortir ça du placard par la génétique," déclare Pickrell.
Les tests ADN pour révéler des origines juives sont proposés depuis des dizaines d’années par des sociétés comme Family Tree DNA à Houston et DNA Tribes à Arlington en Virginie. Ils ont par exemple montré que beaucoup d’Hispano-Américains descendaient probablement de Juifs qui avaient été contraints de se convertir ou de dissimuler leur religion il y a plus de 500 ans en Espagne et au Portugal. Pourtant, alors que les techniques habituelles de techerche de l’ascendance parviennent à mettre en évidence des origines juives remontant à plusieurs siècles, aucune n’aurait pu déceler le pedigree sémitique relativement récent de Pickrell.
C’est parce que la plupart des tests ADN reposaient traditionnellement sur deux petites parties du génome: le chromosome Y, qui est transmis pratiquement sans modifications du père au fils, et l’ADN mitochondrial que les mères transmettent fidèlement à leurs rejetons.Comme ces portions d’ADN restent relativement stables d’une génération à la suivante, elles sont particulièrement utiles pour tester l’ascendance directe en ligne maternelle d’une part et paternelle d’autre part: cependant ces tests ignorent dans l’ensemble la majorité du patrimoine génétique d’un individu et ne peuvent pas détecter les signatures génétiques qui franchissent les barrières de genre.
Mais le test proposé par 23andMe est différent. Disponible sur le marché depuis quelques années seulement, il mesure près d’un million de "lettres" distinctes d’ADN disséminées dans l’ensemble du génome pour révéler les origines ancestrales et les facteurs de risque d’environ une centaine de maladies. Et avec un prix de vente de 99 dollars facturé par la compagnie en décembre – bien moins cher que des tests similaires – plus de gens se sont précipités^pour utiliser ce service et ont reçu des résultats surprenants.
Selon Mike Macpherson, généticien chez 23andMe, environ 2 % des 40 000 Européens d’origine non ashkénaze qui ont utilisé les services de l’entreprise présentent une signature génétique fiable qui appartient au patrimoine ashkénaze.
CeCe Moore, une généalogiste amateur de 41 ans qui gère une société de production télévisuelle à Orange County en Californie, est un de ces clients. En 2008, Moore a faite tester son ADN mitochondrial et le chromosome Y de son père sans trouver de traces de patrimoine génétique juif. Puis, l’an dernier, elle a obtenu une lecture de son ADN par 23and Me et appris qu’une partie, petite mais significative, de son génome semblait être d’origine ashkénaze.
Comme elle avait toujours ét surtout au milieu de Juifs, "les gens pensaient que j’étais juive," explique Moore qui a été éduquée dans la foi des Témoins de Jéovah. "Alors c’est amusant de vois que même si ça remonte assez loin, il y a quelque chose de juste là dedans."
Mais Richard Villems, du laboratoire d’anthropologie moléculaire de l’université de Tartu en Estonie, qui étudie les origines génétiques des communautés juives, invite à la prudence et à ne pas sauter directement à des conclusions basées seulement sur l’ADN, tout particulièrement parce que plus on s’éloigne dans le temps, plus les signaux génétiques sont faibles. "Je pense qu’aucune prétention de ce genre [quant à des origines juives] ne tiendrait devant un tribunal," dit-il.
Même si les données génétiques peuvent renvoyer à des origines ashkénazes; il est impossible d’exclure l’éventualité d’un ancêtre oublié depuis longtemps avec des racines moyen orientales non juives, dit-il.
Sauf s’il existe des indices concordants. Du moment que Pickrella eu confirmation que son arrière grand-mère était juive, "alors ça colle," explique Villems. "Sans une telle connaissance de l’histoire familiale; le génotype seul ne permettrait pas d’identifier cette ‘goutte de sang’ comme ashkénaze."
Pickrell dit ne pas envisager du tout d’aller à la synagogue. Et comme ‘les gènes ne définissent pas les Juifs," selon Edward Reichman, médecin et rabbin orthodoxe à la Yeshiva University de New York, la communauté juive dans son ensemble ne le reconnaîtra pas non plus. Mais selon Bennett Greenspan, président et PDG de Family Tree DNA, beaucoup de gens qui apprennent par leur ADN avoir une origine sémitique finissent souvent par se convertir au judaïsme.
Elliot Dorff, un rabbin conservateur, spécialiste d’éthique à l’American Jewish University de Los Angeles, salue ces conversions. "Nous voudrions vraiment encourager ces personnes à redécouvrir leurs racines juives," dit-il. Même si des personnes qui se sont trouvées des origines juives par l’ADN ne sint pas juives au sens strict, halachiquement parlant, Dorff a observé que de nombreuses personnes dans cette situation ressentaient déjà un lien profondément ancré avec la religion.
Malheureusement, tout le monde n’a pas des proches en vie qui peuvent corroborer les découvertes des tests ADN. Rick Voss, un avocat de 66 ans établi à Atlanta, a toujours soupçonné sue des grands parents paternels pouvaient être Juifs et, l’an dernier, les résultats du test de 23andMe ont montré que Voss lui-même était moitié juif. Mais comme le père et les grands parents de Voss sont morts depuis des dizaines d’années, il ne peut pas leur demander de précisions. "Ce genre de confirmation est complètement inaccessible," déclare Voss qui a grandi dans le protestantisme dans la région de Chicago. Néanmoins, observe Voss, la découverte par l’ADN qu’il a probablement des racines juives "a une certaine signification psychologique."
Heureusement pour Pickrell, il a été en mesure d’obtenir des réponses plus concrètes sur son odyssée personnelle à travers l’histoire orale de la famille. Il est prompt à constater cependant que si les anciens n’avaient pas été vivants pour confirmer les découvertes basées sur l’ADN, "encore une génération et cette information aurait été presque complètement perdue."
Elie Dolgin collabore avec la revue Nature Medicine à New York
Racisme juif: c’est bien la faute des Arabes!
décembre 11, 2010Cet appel a suscité, dit-on, un tollé dans l’entité sioniste à tel point que même le premier ministre benjamin Netanyahou a condamné cette prise de position publique. Sans toutefois que personne, pas plus lui que quiconque, ne s ‘aventure à prendre des sanctions comme, par exemple, de retirer les subventions allouées à certaines organisations ou mettre à pied des rabbins fonctionnaires.
Le nombre de signataires quant à lui, s’étend pour dépasser maintenant les 300.
Bon, mais la faute à qui?
Pas aux Juifs, ni à leurs lois religieuses. Bien sûr que non!
Menachem Friedmann, professeur de l’université Bar-Ilan nous propose une explication bien plus plausible:
On nous dit que le grand rabbin de Ramat Gan (banlieue de Tel Aviv), à la tête d’un groupe influent de centaines de rabbins sionistes orthodoxes, a dénoncé le manifeste
Mais ces rabbins n’ont-ils pas les mêmes arrières pensées que ce rabbin ultra orthodoxe,
"En vérité, les Arabes ne veulent pas avour un voisin Juif, ils veulent en vérité conquérir plus de lieux et prendre le contrôle d’Israël."
Cette loi s’applique-t-elle à Lille?
décembre 7, 2010
50 rabbins fonctionnaires municipaux: ne louez pas d’appartements à des Arabes
Louer une terre à des non Juifs est blasphématoire, quiconque enfreint cette interdiction doit être ostracisé, affirment des rabbins.
par Kobi Nahshoni, Yediot Aharonot (Sionistan) 7 décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
Hanoucca revisitée par David Shasha
décembre 2, 2010Je vous avais déjà proposé un texte de David Shasha dans lequel ce dernier s’en prenait aux doctrines cabalistiques qu’il associait d’ailleurs au sionisme. David Shasha revient à la charge en traitant maintenant de Hanoucca, la fête juive dite des lumières.
Un texte instructif et à méditer
Notes sur Hanoucca: les Macchabées et les ‘traditions inventées’ par le sionisme
par David Shasha, Mondoweiss (USA)1er décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
1. Le fête juive de Hanoucca, un mot hébreu signifiant "consacré", est une petite fête juive sans aucune source biblique.
2. Hanoucca est une fête historique qui commémore la victoire d’une famille sacerdotale appelée les Macchabées sur les Séleucide gréco-syriens en 165 av. JC. Ces Macchabées ne cherchaient pas seulement à vaincre les occupants grecs, mais aussi à défaire leurs alliés Juifs, ceux qu’on appelait les "Juifs hellénisants."
3. Nos sources rabbiniques ne nous ont pas gardé d’informations historiques fiables. Mais les rabbins ont déterminé les exigences légales de la fête, la simple prescription d’allumer des bougies pendant huit nuits dans le Tractate Shabbat du Talmud babylonien. Cette discussion juridique, notre seule source juive "officielle" pour cette fête, est annexée à une discussion bien plus large sur le problème complexe de l’allumage de bougies pour le Sabbat.
4. Notre source historique pour cette fête est un apocryphe, Le Livre des macchabées 4.52 ff. qui nous parle de la reconsécration du Temple le 25 kislev, date traditionnelle pour Hanoucca.
5. Les rabbins qui ont canonisé les écrits hébraïques à Yavneh vers 100 après JC ont omis d’inclure Le Livre des Macchabées dans leur Bible. On peut spéculer de bien des manières sur cette exclusion du Livre des macchabées de la Bible massorétique.
6. Les rabbins considéraient la dynastie hasmonéenne comme usurpatrice de la fonction sacerdotale dans le Temple et dans le royaume. Les Hasmonéens étaient des prêtres issus du peuple et qui n’appartenaient pas au lignage Zadokite et ils avaient pris sur eux de diriger la rébellion contre Antiochos et les Syro-Grecs. Du point de vue rabbinique, tous les résultats positifs obtenus par la défaite des Séleucides étaient contraires à le lettre même de la loi juive concernant la succession sacerdotale telle qu’explicitée par les sources rabbiniques.
7. Nous pouvons maintenant examiner le lignage hasmonéen et son impact sur la culture juive dans le judaïsme pharisien et post-pharisien. En gros, les premiers Hasmonéens sont restés fidèles aux traditions légales juives sur le modèle rabbinique. Mais au fil des générations, les hasmonéens ont continué à accroître leurs pouvoirs et à oublier les traditions qui avaient animé la rébellion au début. Au nadir du pouvoir hasmonéen, l’usurpation du trône par l’usurpateur Iduméen Hérode; qui était en principe un membre du clan hasmonéen par son mariage dans la famille, marqua le couronnement de plusieurs décennies d’hellénisation des prêtres du Temple.
8. Il convient donc d’observer que les rabbins étaient tout sauf satisfaits des spécimens physiques de la dynastie hasmonéenne qui peuplaient l’enceinte du Temple à leur époque. Il semblerait donc logique que les rabbins aient cherché à expurger les traces historiques de la révolte des macchabées et les raisons pour la célébration de la fête de Hanoucca.
9. Mais les rabbins ne pouvaient pas supprimer une fête qui avait des racines populaires aussi bien dans les masses juives que dans l’élite sacerdotale. ILS ont alors élaboré le récit hagiographique d’une fiole d’huile qui avait été découverte dans les vestiges du temple et qui était la seule huile "pure" à utiliser pour allumer la Menora, le candélabre hébraïque: selon les rabbins, cette huile, en quantité suffisante pour un jour, avait duré les huit jours de la cérémonie de reconsécration. Il est curieux de noter que la menora du temple comportait sept branches tandis que la Menora de Hanoucca en a neuf.
10. Le récit de la fiole d’huile a été occulté à dessein des fondements historiques de la fête qui, en plus du Livre des macchabées, apparait au chapitre 7 du livre 12 des Antiquités Judaïques de Flavius Josèphe. Nos sources historiques ne nous disent rien de la fiole d’huile mais nous parlent longuement des macchabées et de leur guerre contre les Syriens.
11. Comme on le sait, les rabbins étaient divisés sur leurs propres aspirations et désirs concernant l’indépendance juive. Il y avait une faction emmenée par R. Akiba qui continuait à lutter pour l’indépendance juive tandis qu’une autre faction, emmenée par le rabbin Yohanan Ben Zakkai, voulait faire la paix avec les occupants et à développer une nouvelle expérience nationale juive basée sur l’étude et la pratique des traditions écrites et orales de la foi hébraïque. Selon ce modèle, les Juifs vivraient en paix avec les Romains en échange de la liberté religieuse et de l’autonomie communautaire.
12. La fête de Hanoucca, d’évidence une fête nationaliste, une fête qui était plus politique que spirituelle, fut mise au second plan du calendrier liturgique. Les rabbins s’intéressaient moins à l’indépendance politique qu’à la restauration de l’étude de la Torah par les Macchabées La Hanoucca rabbinique est une fête contemplative qui souligne la chaleur des liens familiaux et la liberté de culte obtenue pour les Juifs par la révolte des macchabées.
13. Avec la double émergence de nouvelles tendances à l’époque moderne, le nationalisme juif sous la forme du sionisme et l’attention accrue portée aux modèles de comportements des Gentils et à l’assimilation, la fête de Hanoucca, à la place assez mineure dans le calendrier juif comme nous l’avons dit, prend un rôle significatif nouveau.
14. Pour les sionistes, la révolution des macchabées était un modèle historique alternatif au récit standard des rabbins. Avec les macchabées; les sionistes ont trouvé un modèle historique valide sur lequel baser leur propre nationalisme judéen. Au lieu de maintenir les codes et les croyances des sages talmudistes, les sionistes ont re-constitué une "nation" juive sur des "traditions inventées" qui étaient profondément informées par le paradigme des Macchabées.
15. Dans le récit sioniste, les Macchabées hellénisants ont été scotomisés et les Macchabées nationalistes mis en valeur. L’évolution qui a conduit à Hérode puis à la destruction finale du Temple de Jérusalem en 70 après JC a été effacée, tout comme le modèle d’évolution de R. Yoahanan Ben Zakkai et l’émergence d’un nouveau judaïsme humaniste basé sur le rassemblement pendant cette période de sources de la tradition écrite et orale sous la forme des écritures massorétiques et de la Mishna, aboutissant à l’œuvre majeure du formalisme rabbinique, le Talmud de Babylone.
16. Le sionisme s’est perçu lui-même comme héritier de la révolution des Macchabées, et non des rabbins. Le quiétisme des rabbins a été éliminé au profit d’une nouvelle agressivité qui faisait peu de cas des implications culturelles et religieuses de cette réorientation de la vie juive. Le sionisme a été une tentative de restauration de la vie nationale juive au détriment des impératifs religieux élaborés dans la diaspora par les Sages Juifs.
17. Le degré croissant d’assimilation des Juifs dans la société gentille a fait de Hanoucca une fête qui vise à rivaliser avec Noël, une grande fête chrétienne qui est, avec le jour de l’an, au cœur même de la définition du christianisme. Au cours du siècle dernier, Noël a pris d’énormes proportions et a servi de moteur au consumérisme occidental.
18. Ainsi, les Juifs qui se sentaient mal à l’aise avec leur propre religion se sont tournés vers Hanoucca comme un vers une fête "jumelle" qui se tient à proximité de Noël.
19. Donc, en résumé, Hanoucca est une fête juive très mineure dont la signification a été obscurcie par la manière dont le judaïsme a utilisé le matériau historique source et par la manière dont les rabbins juifs ont cherché à imposer leur propre empreinte sur la définition de la fête. Les Juifs modernes ont reformulé cette fête et lui ont donné un nouveau sens qui n’a à la base aucun lien inhérent avec le sens historique ou avec le sens religieux (s) de la commémoration, transformant ainsi Hanoucca en une «grande» fête juive.
David Shasha est directeur du Center for Sephardic Heritage à Brooklyn, New York. Il a écrit des articles pour le Huffington Post et publie une letter électronique hebdomadaire, Sephardic Heritage Update.Pour vous abonner à la newsletter visitez: http://groups.google.com/group/Davidshasha,.
Allemagne: après l’Islam, le judaïsme?
novembre 1, 2010Les rabbins de Berlin furieux de la décision gouvernementale de subventionner les institutions juives libérales – et pas son équivalent orthodoxe.
Par Ze’ev Avrahami, Haaretz (Sionistan) 1er novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
BERLIN – Pendant une semaine qui a vu les titres de la presse allemande dominés par le thème de l’intégration des musulmans, une fracture est également apparue entre lle gouvernement et les Juifs orthodoxes du pays.
Derrière le différend se trouve une demande par le séminaire rabbinique orthodoxe de Berlin pour une augmentation des subventions de l’Etat pour les mettre au niveau du financement accordé aux rabbins juifs libéraux.
Fondé en 1873, le séminaire orthodoxe s’était maintenu dans la capitale allemande jusqu’en 1938, année de sa fermeture par les Nazis. Pendant près de sept décennies, les rabbins orthodoxes n’ont pas pu être formés à Berlin – avant la reprise de l’enseignement en 2005, et la réouverture officielle du séminaire en 2009 et l’ordination des deux premiers rabbins la même année.
Depuis sa réinstallation, le séminaire a été subventionné pas des dons transitant par le Conseil Central des Juifs en Allemagne et des donations privées via la Fondation Ronald S. Lauder, une oeuvre de bienfaisance.
Mais le séminaire exige maintenant des allocations sur fonds d’Etat sur le modèle de celles accordées à ses homologues libéraux et a menacé de fermer à moins que le gouvernement n’accorde l’argent.
Le précédent ministre de l’intérieur, Wolfgang Schäuble, avait publiquement fait l’éloge du séminaire, le qualifiant de contribution essentielle au renouveau de la vie juive en Allemagne. Mais son successeur, Thomas de Maizière – qui, cette semaine a annulé un voyage prévu en Israël – lui a été hostile.
Haaretz a pris connaissance d’un certain nombre de lettres échangées entre Maizière et le rabbin Joseph Spinner, le président du séminaire originaire des Etats Unis, dans lesquelles le gouvernement refuse fermement les subventions, citant des budgets limités, déjà tendus par les contributions au séminaire libéral ainsi qu’à la faculté d’études juives de l’université d’Heidelberg.
Les rabbins orthodoxes de Berlin sont furieux, affirmant que le gouvernement discrimine contre eux en faveur de Juifs plus assimilés.
"Ce conflit révèle la véritable attitude des autorités allemandes envers les Juifs," affirme l’un des rabbins du séminaire. "Les Allemands sont disposés à financer les établissements d’enseignement juif aussi longtemps que ces Juifs sont des libéraux, leur ressemblent, se définissent d’abord comme des Allemands et ensuite comme des Juifs."
La référence de Maizière à Heidelberg a particulièrement provoqué la colère parce que sa faculté d’études juives est une institution laïque, et non une faculté de théologie.
"Quiconque souhaite être ordonné comme rabbin doit se rendre au Royaume Uni ou aux Etats Unis pour se former là-bas," déclare le rabbin de Berlin.
Et les affirmations de discrimination par le rabbin ont peut-être une base juridique, explique Benjamin Ladiges, un avocat berlinois.
"L’Etat n’a pas le droit de préférer un séminaire à un autre," a-t-il dit à Haaretz. "La Loi Fondamentale [la constitution allemande] stipule que dès lors qu’une institution religieuse obtient des financements, les autres ayant une dénominations différente sont éligibles au même soutien."
Le Vatican contre le sionisme
octobre 23, 2010Excusez du peu, mais on peut lire en titre d’un article sur RFI que
Le Vatican n’y va effectivement pas avec le dos de la cuiller et affirme qu’il
"Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif", terme qui figure dans l’Ancien testament, car cette "promesse" a été "abolie par la présence du Christ". Après la venue du Jésus, "nous parlons de Terre promise comme étant le royaume de Dieu", qui couvre la Terre entière, et est un "royaume de paix, d’amour, d’égalité (et) de justice", a-t-il expliqué.
Mais vous verrez, les sionistes qui déjà prétendent mieux connaître le Coran que les Musulmans (le Coran disent-ils, légitime le sionisme!) vont arguer du fait qu’ils sont bien meilleurs spécialistes des Evangiles que les hiérarques catholiques eux-mêmes.
Religion et politique, le cas du sionisme
octobre 11, 2010Une caractéristique des universités aux Etats Unis est de souvent disposer d’une presse de qualité, animée par des étudiants. Les éditoriaux et les opinions qui paraissent dans cette presse témoignent généralement d’une diversité qu’on ne retrouvera qu’épisodiquement dans la presse professionnelle dite "mainstream". Même si elle fait aussi parfois l’objet de pressions de la part de divers lobbies. L’article que je vous propose est une parfaite illustration de cette diversité persistante. Publié dans le Princetonian, il aborde de front la question du judaïsme politique, c’est-à-dire ce qui correspondrait à ce qu’on appelle aujourd’hui l’islamisme quand il s’agit de la religion musulmane. Nous n’avons pas de terme pour désigner ce judaïsme politique, hormis celui de sionisme quoique, si on lit attentivement l’article de Brandon Davis on peut aller jusqu’à penser que le sionisme n’est pas du judaïsme politique mais en réalité une nouvelle religion réservée aux happy few.
La politisation du judaïsme
par Brandon Davis, The Daily Princetonian (USA) 6 octobre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
Si vous avez écouté récemment Newt Gingrich, vous avez certainement peur de voir les Musulmans transformer les Etats Unis d’Amérique en République Islamique d’Amérique. Vous êtes peut être dominé par le sentiment que la religion musulmane n’est rien d’autre qu’un mouvement politique. Vous avez peut-être aussi le sentiment que le christianisme aussi devient rapidement un instrument politique. Mais dans toutes les récentes vociférations sur la religion et la politique, la troisième religion abrahamique a été pratiquement absente.
Peu de gens envisagent le judaïsme en tant que mouvement politique comme ils peuvent le faire pour l’Islam ou le christianisme. Quand je pense au judaïsme; je pense aux latkes (galettes de pommes de terre), au challah (pain), à Woody Allen et aux rituels de la Pâque. J’entends ma mère crier "oy vey" (malheur) quand j’avais raté une interro ou quand elle avait brûlé le morceau de boeuf de Rosh Hashanah. Si vous êtes un Américain de n’importe quelle religion, c’est probablement cette image que vous avez aussi des Juifs.
Mais il existe tout un autre pan du monde qui a une perception très différente du peuple juif. Pour eux, le judaïsme n’est rien d’autre qu’un mouvement politique. Ils pensent à des Juifs – les Israéliens – qui circulent dans des jeeps militaires et qui les ont expulsés de leurs maisons. Ils pensent à des Juifs qui les ont isolés du reste du monde, physiquement par un mur ou par un blocus économique. Ils pensent à des Juifs qui ont volé leur terre et nié leur histoire.
Je concède qu’il serait injuste de tirer des conclusions sur les Israéliens ou les Juifs en général à cause de certaines politiques et actions militaires israéliennes – tout comme il serait injuste de juger n’importe quelle communauté sur les actions de ses pires représentants. Mais comment traiter du judaïsme quand pratiquement toutes les organisations juives d’Amérique soutiennent inconditionnellement les politiques israéliennes?
Dans l’époque sécularisée et post religieuse dans laquelle beaucoup d’entre nous vivent, le judaïsme a été préservé par une autre foi: le nationalisme. L’allégeance à Israël fait partie intégrante de l’expérience juive américaine, encore plus peut-être que la tradition culturelle et religieuse née de la Diaspora. Et les tendances politiques du judaïsme organisé sont presque monolithiques.
Mettre en question cette allégeance est le plus grand tabou de la communauté juive organisée. Des universitaires comme Noam Chomsky et Norman Finkelstein qui critiquent Israël sont qualifiés de Juifs atteints de la haine de soi par le courant principal du judaïsme américain. Des organisations juives pro palestiniennes telles que Jews Say No ou Jewish Voices for Peace sont extrêmement marginaux. Il existe quelques organisations juives relativement importantes qui critiquent Israël, mais aucune d’entre elles n’envisagera un instant l’idée d’un Etat israélo-palestinien non juif.
Le résultat en est une politisation presque complète du judaïsme, analogue à l’islamisme au Moyen Orient ou au christianisme politique façon Sarah Palin ici. Si, à la différence de ces idéologies, les Juifs Américains ne militent pas pour que notre gouvernement [aux Etats Unis] soit basé sur des valeurs juives, nous soutenons des politiques bien précises au Moyen Orient. Comme les prières du Sabbat et les récits de la Torah, l’histoire de l’Israël moderne – souvent dépouillée de ses parties douteuses – fait partie intégrante de l’éducation juive. Les combattants de l’indépendance israélienne sont des héros pour les Juifs Américains, tout comme George Washington ou Paul Revere. Des millions de dollars sont dépensés pour apprendre aux jeunes Juifs à aimer Israël et à défendre Israël contre ses détracteurs. Les preuves sont massives et incontestables: le maintien d’un Etat nation juif en Palestine est devenu un des objectifs centraux du judaïsme organisé.
Et tout comme il est juste de critiquer les politiques israéliennes, il est juste de critiquer ceux qui en font l’apologie – des organisations qui affirment représenter l’ensemble de la communauté juive américaine. Traditionnellement, les Juifs Américains ont été à l’avant-garde des mouvements progressistes. Mais ces dernières années, les institutions juives américaines ont évolué vers le côté hideux du sionisme, soutenant – ou justifiant à tout le moins – le droite dure israélienne dans sa poursuite de l’occupation de la Cisjordanie et la répression de l’identité palestinienne. Les injustices indéniables commises par le gouvernement et l’armée israéliens justifient la critique; le silence devant ces injustices appelle également la critique.
Il est temps pour les Juifs Américains de se lever contre l’oppression, la violence et le fondamentalisme religieux. Le tribalisme qui a persuadé les Juifs de se ranger totalement aux côtés d’Israël depuis tant d’années est stupide et dépassé. L’occupation de la Cisjordanie est injuste. Le blocus de Gaza est injuste. Le déplacement des villages palestiniens est injuste. La poursuite de la construction de colonies est injuste. Et les Juifs Américains ont rendu tout ça possible. Il était grand temps qu’un Juif se lève pour le dire.
Le mariage de Chelsea Clinton cadre d’une drôle de supercherie
août 3, 2010Pour l’information de vos lecteurs, le rabbin (rabbin James Ponet) qui a célébré le mariage Clinton Mezvinsky n’était pas un authentique rabbin juif. La raison en est qu’un véritable rabbin le peut pas célébrer et ne célèbre pas des mariages quand un des mariés, ou les deux, ne sont pas juifs.Les rabbins ne célèbrent pas non plus des mariages le jour du sabbat (samedi).
En l’absence de la qualification de rabbin, la kippa, le châle de prière et le dais ne sont que des accessoires sans aucune signification religieuse. Malheureusement, la contrefaçon est si banale de nos jours. J’espère que les Clinton n’ont pas payé plein tarif.Chaim Leib Medjuck
