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L’Amérique entre les tueurs nés et les "homegrown terrorists"

janvier 24, 2011
La Russie vient d’être punie pour s’être mêlée au delà de l’acceptable des affaires afghanes. Eh oui, ces Tchétchènes, ces Arabes ou encore ces Arabes Tchétchènes puisqu’un suspect potentiel pour l’attentat qui vient de semer mort et désolation dans un aéroport de Moscou était de type arabe (comme Patrick Bruel ou Enrico macias si vous voulez).
Du point de vue russe, les Tchétchènes ne sont pas des étrangers et la Tchétchénie est une république autonome à l’intérieur de la fédération de Russie. C’est un peu la même chose pour les quelques cinq millions de Musulmans qui ont la citoyenneté des Etats Unis, sauf bien sûr qu’ils n’ont pas d’Etat fédéré à eux.
Quand ces Musulmans se comportent mal, c’est-à-dire qu’ils se mettent à échafauder et à réaliser des attentats terroristes, on parle aux Etats Unis de "homegrown terrorism", littéralement le terrorisme qui a grandi à la maison par opposition au terrorisme en provenance de l’étranger.
Cette appellation "homegrown terrorism" renvoie aujourd’hui nécessairement à ceux qui sont tentés par une violence dite "djihadiste", inspirée par al Qaïda notamment. Et non, on ne l’applique pas à Jared Loughner dont l’acte meurtrier relèverait de la démence au sens où l’entend la faculté. Et oui, on a oublié Timothy McVeigh qui était mu par des idées "suprématistes", rien à voir donc avec le djihad.
Le "homegrown terrorism" fait beaucoup parler de lui aux Etats Unis où des politiciens s’évertuent à le présenter comme la menace N°1 compte tenu de la rapide radicalisation des Musulmans aux Etats Unis. Une commission parlementaire va d’ailleurs prochainement s’intéresser à ce dossier et on peut déjà préjuger de ses conclusions…
L’article que je vous propose veut faire un sort à ces accusations et il y parvient plutôt bien. Il attire notamment l’attention sur l’extrême isolement de la plupart de ceux qui ont été interpellés dans le cadre de la lutte anti terroriste et de leur singulier amateurisme. La manipulation de ces individus par le FBI n’est qu’effleurée.
L’article se veut consensuel, imputant aux politiciens de "gauche" comme de droite la responsabilité du discours sur l’importance croissante du terrorisme endogène (c’est ainsi que j’ai traduit le plus souvent homegrown) avec l’argument étrange selon lequel le discours de gauche pense ainsi prouver le bien fondé de sa critique de la politique extérieure des Etats Unis. J’aurais aimé que l’auteur de l’article nous en dise plus sur ces politiciens de gauche qui tirent la sonnette d’alarme sur  le terrorisme endogène pour cette raison.
Car si ce journaliste s’était sonné un peu plus de peine, il se serait aperçu que ceux qu’il décrit comme de droite et ceux qu’il déclare représenter la "gauche" ont en réalité un point commun: ils représentent directement ou indirectement le lobby sioniste aux Etats Unis.
En bon djihadiste extrémiste, je forme le voeu de vous proposer tantôt un article éclairant à ce sujet
NB: "Tueurs nés" est le titre d’un film d’Oliver Stone 

Le mythe du terrorisme islamique endogène aux Etats Unis
par Romesh Ratnesar, Time (USA) 24 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un spectre hante les Etats Unis. "C’est ‘une de ces choses qui me maintient éveillé la nuit," avait déclaré le mois dernier le procureur général Eric Holder. La député de Caroline du Nord Sue Myrick, membre de la commission du renseignement à la chambre des représentants, a averti le président Obama qu’il "ne faisait aucun doute" que le problème était devenu une "menace globale."Le nouveau président de la commission parlementaire sur la sécurité intérieure, Peter King, prévoit d’organiser le mois prochain des auditions sur ce danger "qui menace notre sécurité à tous."

Ils insistent sur une série d’exemples d’activités djihadistes par des citoyens des Etats Unis de confession musulmane: l’homme d’origine somalienne qui à Portland en Oregon avait essayé de faire exploser une bombe factice fournie par le FBI pendant une cérémonie d’illumination de sapin de Noël en décembre, l’attentat manqué l’été dernier à Times Square par un Pakistanais naturalisé, les 14 hommes accusés en août dernier d’apporter un soutien à des militants islamistes en Somalie.

Et puis il y a Anwar al-Awlaki, le web-imam originaire de  Falls Church (Virginie) établi au Yémen dont les officiels du renseignement affirment qu’il joue maintenant le rôle de commandant régional pour al Qaïda, avec pour mission de recruter des Musulmans Américains impressionnables pour qu’ils prennent les armes contre leur pays. Aux yeux de certains, al-Awlaki et ses semblables représentent l’avant-garde d’une évolution encore plus sinistre: la "radicalisation" croissante des cinq millions de Musulmans qui vivent aux USA selon les estimations. "La radicalisation a lieu en Amérique," écrivait Myrick dans sa lettre à Obama. "L’impressionnante augmentation du taux d’arrestation de Musulmans pour implication dans des activités terroristes depuis mai 2009 rend ce fait tout à fait évident."

Ce n’est en fait pas évident. Même si les actes extrémistes violents commis par des Musulmans US semblent avoir augmenté, ce n’est pas le cas de leur efficacité [à nuire]. Les Américains Musulmans restent plus modérés, divers et intégrés que les populations musulmanes de toute autre société occidentale. En dépit des efforts des propagandistes d’al Qaïda comme al-Awlaki, les preuves de l’existence à l’intérieur des Etats Unis d’une sympathie même ténue pour l’ennemi sont minuscules. La paranoïa sur le terrorisme endogène surestime donc énormément la force d’al Qaïda et traduit l’incapacité de nos dirigeants à évaluer honnêtement les véritables menaces contre la sécurité de l’Amérique.

Ceux qui tirent la sonnette d’alarme sur la menace du terrorisme endogène taisent souvent un fait saillant: malgré tout le tapage fait autour des cas de djihadisme endogène, pas un seul civil n’a été tué par un terroriste islamique sur le sol des Etats Unis depuis le 11 septembre 2001 (le massacré perpétré par le major Nidal hasan à Fort Hood au Texas en 2009 ne correspond pas à la définition commune du terrorisme: ses motifs n’étaient pas entièrement idéologiques, pas plus qu’il n’a visé délibérément des civils). La cause en est un certain nombre de facteurs, dont l’attaque de l’armée contre la direction d’al Qaïda, des mesures mécuritaires intérieures renforcées, une bonne gestion policière et une certaine dose de chance. Mais le fait que tous les plans terroristes endogènes aient été mis en échec avant leur réalisation démontre l’inconséquence des terroristes eux-mêmes. Dans presque chaque cas – y compris celui de Faisal Shahzad, qui avait été le plus près de r éussir avec l’attentat à Times Square – on a découvert que ces terroristes locaux avaient agi presque entièrement seuls. Il n’y avait pas de vaste conspiration. Les attentats terroristes ne demandent peut-être pas beaucoup d’argent ou d’ingéniosité, mais un loup solitaire n’a guère de chances d’exécuter les frappes qui tuent en masse et que redoutent le plus les spécialistes de l’anti terrorisme.
Certes, des individus violents – d’Hasan à Jared Lee Loughner – restent capables de provoquer le chaos. Mais il n’existe aucune preuve que de nombreux Musulmans Américains soient enclins à agir ainsi. Même si des voix alarmistes citent en exemple l’aliénation des jeunes Musulmans en Europe de l’Ouest comme un précurseur de ce qui va se passer aux Etats Unis, la probabilité que ça se passe ainsi ici est très faible. Une enquête Gallup réalisée en 2009 avait constaté que les Américains Musulmans se montraient beaucoup plus satisfaits de leurs conditions de vie que leurs correligionaires d’autres pays occidentaux – et encore plus que les populations de n’importe quel pays majoritairement musulman à la seule exception de l’Arabie saoudite. Ces dix dernières années, moins de 200 personnes ont été inculpées aux Etats Unis pour présomption d’activités djihadistes. L’an dernier, un rapport très complet de la Rand Corporation concluait qu’à peine 1 Américain Musulman sur 30 000 pouvait être considéré comme ayant rejoint le djihad, "ce qui suggère une population musulmane américaine qui reste hostile à l’idéologie djihadiste et aux incitations à la violence."

Alors pourquoi le mythe du terrorisme endogène persiste-t-il? En partie parce que, comme toute représentation politique solidifiée, elle sert les intérêts des grandes gueules à chaque extrémité du spectre politique. A droite, la menace d’un terrorisme se formant au pays participe à la perpétuation d’une lutte incessante à l’échelle des civilisations contre l’extrémisme islamique. A gauche, la notion d’Américains Musulmans se lançant dans le djihad colle bien avec l’idée que la politique étrangère des Etats Unis fabrique une nouvelle génération de terroristes.

Et pourtant, al Qaïda est plus faible et moins capable aujourd"hui qu’il ne l’était avant le 11 septembre ; son attrait pour les Musulmans moyens dans le mondetend à se rétrécir plutôt qu’) s’accroître. Les faits que les émules d’Oussama ben Laden comme al-Awlaki aient atteint une telle notoriété atteste de l’éviscération du leadership d’al Qaïda. Les Etats Unis sont devant des défis beaucoup plus importants et urgents pour le bien être et la sécurité de leurs citoyens, et il s’agit de rien d’autre que la facilité avec laquelle des individus instables peuvent obtenir légalement des armes mortelles.
Répondre à ce danger contribuera plus à la protection des Américains que ne le pourra jamais l’obsession de la menace fantomatique du terrorisme endogène.

Une petite bombe, ça ne fait pas de mal!

janvier 19, 2011
Encore une tentative d’attentat à la bombe dont on ne vous parle guère car on aurait quelque peine à l’attribuer à des terroristes islamistes.
Ca se passe à Spokane, dans l’Etat de Washington, sur la côte ouest des Etats Unis.
Le Figaro se donne quand même la peine d’en parler avec ce titre laconique et inquiétant:

USA: une petite bombe découverte

 

A petite bombe petit article qui nous indique que la bombe, qui se trouvait dans un sac à dos, était sur le parcours d’une marche en mémoire du pasteur Martin Luther King.
Le titre de l’article est sans doute inspiré par le fait que, selon ABC News, citée par Le Figaro, la bombe comportait de "petits tuyaux". Chacun sait en effet que le Boeing 747 est un petit avion puisqu’il est plein de petits tuyaux (et même de petites vis et de petits boulons).
Et il est vrai aussi que la bombe qui se trouvait dans le slip d’Umar Farouk Abdulmutallab était énorme, raison pour laquelle sa tentative d’attentat a été commentée en long et en large des jours durant par la presse du monde entier, sans parler du renforcement des dispositifs sécuritaires dans les aéroports.
Pourtant, si nous lisons un peu la presse américaine, elle ne parle absolument pas de "petite bombe" pas plus que de "grande bombe" d’ailleurs. Elle évoque la piste raciste envisagée par la police et, concernant le dispositif explosif lui-même, cite seulement la police qui indique que:

"elle était clairement assez puissante pour infliger de multiples dégâts, blesser et tuer des personnes."

Bravo Le Figaro! Un journal de merde comme trop de journaux en France.
Comparez avec le titre du Daily Mail de Londres:

Une bombe qui aurait pu tuer des centaines de personnes découverte par la police sur le parcours d’une marche en mémoire de Martin Luther King.

Christina-Taylor Green, la fillette symbole de l’Amérique: née le 11 septembre 2001, assassinée le 8 janvier 2011

janvier 9, 2011
La violence politique n’a pas toujours épargné les Etats Unis même si ce pays donne l’image d’une grande démocratie. Il y a bien sûr eu la guerre de sécession mais, plus près de nous, l’assassinat du président Kennedy ou la tentative d’assassinat contre le président Reagan.
Bien sûr, nous dira-t-on, ces actes étaient l’oeuvre de déséquilibrés. Comme peut-être la tuerie qui vient de se produire en Arizona, causant la mort de six personnes et  en blessant grièvement plusieurs autres dont la députée Démocrate Gabrielle Giffords qui était la principale personne ciblée.
"Ciblée" est bien le mot approprié puisque Gabrielle Giffords était désignée par Mme Sarah Palin, ex candidate aux primaires présidentielles républicaines, comme étant dans son viseur sur une carte des élus Démocrates à balayer.
Balayer politiquement, certes mais la rhétorique de Mme Palin et de ses amis du Tea party est un peu plus diversifiée puisque, comme nous l’apprend Obamazoom, selon le Tea Party "l’arbre de la liberté doit être régulièrement arrosé du sang des tyrans".
Ce qu’un sénateur appelle une rhétorique empoisonnée qui ne devrait pas être relayée, sinon à être stigmatisée, par les media.
Mais souvenez-vous, nous saurons bientôt qu’il s’agit d’un individu "dérangé"
Et puis le tireur, Jared Lee Loughner "lisait Karl Marx et Hitler et a brûlé le drapeau américain, ‘ce qui ne correspond pas au profil typique d’un membre du Tea Party'". Parce que les lecteurs de Marx ont aussi l’habitude de lire Hitler! En fait on peut lire l’un et l’autre pour diverses raisons, par curiiosité, pour connaître les thèses qu’ils soutiennent sans nécessairement y adhérer (pour mieux en combattre les adeptes par exemple) ni être forcément marteau. Par ailleurs, je ne vois nulle incompatibilité entre lire Hitler et sympathiser avec le Tea Party (oui, le Tea Party en a après les musulmans alors qu’Hitler en avait après les Juifs. C’est juste une question d’époque!).
Et puis tous les marteaux ne tentent pas d’assassiner des politiciens. Le plus souvent ils s’en prennent à des proches (parents ou voisins), ou à des malchanceux qui croisent leur chemin.
Donc pas d’acte terroriste pas plus que de violence politique, mais le simple acte d’un détraqué.
L’évolution en cours aux Etats Unis a été amorcée immédiatement après le 11 septembre, avec la désignation d’ennemis extérieurs (les Talibans, puis l’Irak, puis le terrorisme islamique global, sans parler du retour de l’Iran dans les priorités du discours paranoïaque aux Etats Unis) puis intérieurs. Faute de rouges à proprement parler ce sont les verts, pas les écolos mais les islamistes déguisés en simples citoyens des Etats Unis, qui sont maintenant pointés du doigt. Mais ces islamofascistes n’ont de fait aucun pouvoir aux Etats Unis et ce ne sont pas eux les concurrents des républicains et du Tea party. Restent alors les Démocrates qui eux sont au pouvoir, localement et nationalement, et qui incarnent eux aussi le mal: l’immigration débridée, les impôts élevés, la loi sur la protection sociale…
Le symbole de cette dérive du discours et de la pratique politiques aux Etats Unis, c’est sur les lieux mêmes du drame que nous le trouvons avec la mort dans la tuerie de Christina-Taylor Green, une fillette de 9 ans née le 11 septembre 2001.

 

Christina-Taylor Green
Comme si cette tragédie voulait multiplier les symboles, il s’avère que Christina -Taylor Green était la petite fille de Dallas Green, une célébrité du baseball aux Etats Unis.
La boucle st bouclée, si j’ose dire.
Dans le même temps, on apprend que Janet napolitano, secrétaire d’Etat à la sécurité intérieure était destinataire d’un colis piégé et que jeudi dernier deux autres paquets avaient explosé dans des bâtiments officiels dans le Maryland. Ces affaires, lit-on dans L’Express, ne seraient pas liées au "terrorisme  islamiste."
Mais L’Express se trompe car, peut-on lire dans le Christian Science Monitor:

Même si des enquêteurs du FBI sont à l’oeuvre, l’affaire n’a pas été classée entant qu’acte de terrorisme, déclare Lindsay Godwin, porte parole pour le bureau des opérations du FBI.

Ben oui, ce ne sera une affaire terroriste que si des Musulmans sont impliqués de près ou de loin.

Luis Posada Carriles n’a tué que 73 personnes. On peut bien le juger pour parjure!

janvier 9, 2011
Contrairement à ce que peuvent laisser entendre certains bruits, le terrorisme dit islamique n’est pas forcément celui à qui on peut imputer la majorité des actes terroristes perpétrés dans le monde. Surtout qu’à mon avis, il n’y a guère de chances de voir la tentative d’assassinat politique d’une élue aux Etats Unis classée dans la rubrique actes de terrorisme.
Il a par contre droit à un traitement de faveur, au point même qu’on lui attribue des faits qui ont un probablement un rapport fort éloigné avec lui. Je pense par exemple à un certain nombre d’événements qui se produisent en Afrique sahélienne
Et ce genre d’actions qui visent particulièrement des Français, comme les deux récentes malheureuses victimes d’un enlèvement puis d’un assassinat au Niger, ne sont pas forcément pour déplaire à ceux qui ont intérêt à mettre des bâtons dans les roues à la France dans une région qui a été longtemps son pré carré. Et qui regorge de ressources naturelles en exploitation ou encore à valoriser : uranium, or, pétrole… Il y a sûrement quelque chose à creuser pour nos experts en géostratégie et en relations internationales !
Le terrorisme dit islamique a droit aussi à un traitement politico-médiatique privilégié : une cartouche d’encre de photocopieuse supposée piégée déclenche une alerte universelle alors qu’ici ou là, des bombes et des colis piégés explosent suscitant tantôt l’indifférence, tantôt une alarme circonstanciée et, pour tout dire, temporaire.
L’affaire Luis Posada Carriles est assez symptomatique de ces approches différenciées. Ce qui n’a échappé ni à Mother Jones, ni à The Nation aux Etats Unis

Une affaire terroriste jugée aux USA dans l’indifférence de la presse

Un terroriste des plus notoires va être jugé la semaine prochaine au Texas. Savez-vous pourquoi ?

Par David Corn, Mother Jones (USA) 7 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ce lundi, un terroriste présumé des plus notoires va être jugé au Texas. Pas pour un quelconque lien avec le 11 septembre ou al Qaïda. Mais cet homme est accusé d’avoir ourdi des actions terroristes qui ont tué de nombreux civils innocents. Pourtant cet événement a du mal à créer un blitz médiatique. Peter Kornbluh de The Nation présente le cadre de ce procès. Voici ses paragraphes d’ouverture :
Le 10 janvier, un des plus dangereux terroristes de l’histoire récente sera jugé dans une petite sale d’audience à El Paso au Texas. Ce n’est pas l’endroit que l’administration Obama a fini par choisir pour juger les auteurs du 11 septembre ; c’est l’endroit où le fameux parrain de la violence cubaine en exil, Luis Posada Carriles, pourrait finalement assumer un minimum de responsabilité pour ses nombreux crimes.
Dans les annales de la justice moderne, le procès Posada se distingue comme une des procédures les plus bizarres et les moins respectueuses de la règle. Cet homme identifié dans les rapports des services de renseignements US comme un organisateur de la destruction en plein vol d’un avion de ligne cubain – les 73 personnes à son bord avaient toutes été tuées quand l’avion s’était abimé en mer au large des Barbades le 6 octobre 1976 – et qui se flattait publiquement d’être derrière toute une série d’attentats à la bombe contre des hôtels à la Havane qui avaient tué un homme d’affaires Italien, Fabio Di Celmo, est poursuivi pour parjure et fraude, pas pour attentat et destruction. La gestion de ce dossier pendant les années Bush en avait fait une source d’embarras à l’international et avait donné une piètre image de la volonté et de la capacité du Département de la Justice à poursuivre des crimes terroristes quand le terroriste en question a té un agent et un allié des Etats Unis. Pour l’administration Obama, le verdict aura des implications significatives quant à la crédibilité de l’administration des Etats Unis dans la lutte contre le terrorisme ainsi que pour l’avenir des relations entre les USA et Cuba.
Avec tous les discours de fermeté de ces dernières années (et décennies) sur la sévérité des Etats Unis avec le terrorisme – avant et après le 11 septembre – la gestion laxiste du dossier Posada par diverses administrations offre un modèle d’hypocrisie.

Posada n’est effectivement pas jugé pour des actes terroristes mais pour parjure comme on l’a vu. The Nation récapitule précisément l’histoire de Posada.
Le procès Posada va intervenir près de six ans après qu’il ait annoncé effrontément à Miami qu’il allait demander l’asile politique aux Etats Unis. Nous avions là quelqu’un qui avait fui la justice du Venezuela – Posada s’était évadé de prison là bas en 1985 alors qu’il était jugé pour l’attentat contre l’avion – qui avait été incarcéré à Panama de novembre 2000 à août 2004 pour tentative d’assassinat sur Fidel Castro avec plus de 100 kilos de dynamite et d’explosif C-4. En dépit d’une demande d’arrestation par Interpol, l’administration Bush lui avait permis pendant deux mois de se montrer en public à Miami où il reste considéré comme quelqu’un d’héroïque par les ultras anti castristes de la communauté en exil. Sûr d’être bien accueilli, Posada avait même déposé une demande pour être naturalisé citoyen des Etats Unis. C’est seulement après que la presse s’est intéressée à l’hypocrisie de la Maison Blanche qui affirmait être à la tête d’une guerre internationale contre le terrorisme tout en permettant à un terroriste recherché de circuler librement en Floride que des agents du Department of Homeland Security avaient finalement interpellé Posada le 17 mai 2005.
Posada a été initialement incarcéré à El Paso pour entrée illégal aux Etats Unis. Les services de police de l’air et des frontières. [Immigration and Customs Enforcement (ICE)] ont fait des démarches pour essayer de l’expulser, mais aucun pays n’en voulait. Dans le même temps, les Etats Unis avaient refusé de l’extrader vers un pays qui pouvait le réclamer à bon droit – le Venezuela. C’est seulement après que le tribunal de l’immigration a décidé de le libérer sous caution que la police de l’air et des frontières l’a officiellement identifié comme étant un terroriste. « Le longue histoire [de Posada] d’activité criminelle et de violence par lesquelles des civils innocents ont été tués, » écrivait l’ICE, signifiait que « sa sortie de détention représentait un danger pour la société et la sécurité nationale des Etats Unis ».
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L’article de The Nation note que des démarches ont bien été faites pour réunir un grand jury et inculper Posada pour crimes terroristes. Des démarches qui  ont capoté rapidement pour des raisons qui « restent sous scellés. »
Et c’est libre que Posada comparaîtra devant le tribunal !

La guerre des civilisations a commencé

janvier 7, 2011

Le récent attentat d’Alexandrie contre une église fréquentée par des Coptes Egyptiens [pardonnez le pléonasme puisque que Copte signifie précisément Egyptien] a ému beaucoup de monde, et pas seulement M. Sarkozy.

Les condamnations de cet acte se sont multipliées à juste titre de par le monde, ce qui ne dispense bien entendu pas d’analyser les faits.

C’est précisément ce que tente de faire Hani Shukrallah dans un article qui fait explicitement référence, jusque dans son titre, au fameux plaidoyer dreyfusard d’Emile Zola.

Ce texte mérite d’être lu avec attention car son auteur pointe du doigt l’arrière-fond politique dans lequel s’insère la tuerie commise à Alexandrie. Car Hani Shukrallah accuse en premier lieu, non les assassins membres présumés d’al Qaïda, mais le gouvernement égyptien lui-même, un régime autoritaire ami de l’Europe et des Etats Unis et qui n’a rien trouvé de mieux à faire pour neutraliser ses opposants que de pratiquer une surenchère sectaire. Shukrallah nous renvoie donc incidemment aux dernières élections massivement truquées au pays de Pharaon, sans que cela n’émeuve beaucoup en Occident.

C’est effectivement une lecture politique à laquelle doit inciter ce tragique événement.. Shukrallah nous y invite même si son approche est loin d’aller au fond des choses car l’Egypte est un pays avec ses contradictions internes mais aussi un pays complètement dépendant de puissances étrangères. Ce n’est sans doute pas l’objet de son texte, ce qu’on peut volontiers admettre

On ne saurait cependant comprendre la surenchère anti-copte uniquement par la volonté de concurrencer les « islamistes » sur le terrain de l’attachement à la religion musulmane. Il faudrait aussi interroger les dynamiques au niveau des élites et s’intéresser à la concurrence comme aux alliances entre les élites coptes et non coptes sur le terrain économique. Il n’est pas nécessaire de séjourner longuement en Egypte pour constater la pauvreté dans laquelle vit une grande majorité de ses habitants. Comme on peut constater également l’importance des Coptes notamment dans le commerce lié à la fréquentation touristique de ce pays. Mais les Coptes sont présents aussi dans le grand business ainsi qu’on peut le voir avec l’entreprise Orascom.Tout ceci aurait pu évoluer différemment dans une société plus démocratique, capable de fixer un horizon de progrès pour la grande majorité de ses citoyens. Ce n’est pas le cas en Egypte et le populisme malsain d’un pouvoir entretient une fibre ultra-chauvine qu’on a vue à l’œuvre lors des matchs de qualification pour la dernière coupe du Monde de football mais qui s’exprime aussi à l’intérieur du pays. Un pouvoir tenu à bout de bras par les Etats Unis…

Certes, le pouvoir égyptien et ses affidés ne sont pas derrière les attentats anti-coptes mais ces agressions sont comme des coins qui viennent se ficher dans des fêlures de la société déjà présentes et contribuer à leur élargissement.Ce récent attentat est par ailleurs à situer dans le contexte de l’évolution de la situation en Irak avec les graves agressions qui ont touché des Chrétiens de ce pays. Déjà, la pseudo revendication islamiste avait évoqué les Coptes. Comme quoi, il y a bien un dessein pour les sociétés de la région et les Chrétiens qui en font partie. Et ce dessein n’a certainement pas été formé par des Musulmans et certes pas comme certains tenteront peut-être de le faire croire, par les Frères Musulman dont la vision politique est sans doute plus démocratique et plus moderne que celle de ceux qui sont actuellement aux manettes au Caire. Hors ce dessein, fomenté à l’étranger, il est impossible de comprendre comment des gens qui ont vécu plutôt sereinement dans la région depuis l’avènement du christianisme (car nous avons là les premiers Chrétiens de l’histoire) en viendraient tout à coup à être considérés comme des éléments à extirper.

Ce qu’on peut noter par contre, c’est qu’aujourd’hui un chef d’Etat comme le président Français Nicolas Sarkozy retrouve des accents qu’on croyait perdus et qui nous ramènent en plein 18ème et 19ème siècle quand les puissances occidentales dont la France (laïque ou pas) au premier chef se présentaient comme les protectrices des minorités chrétiennes de la région (sauf la minorité chrétienne palestinienne comme on le sait). Ce sont précisément ces interventions européennes qui ont ouvert les premières fêlures de ces sociétés. Fêlures que les mouvements de gauche de type séculier (nassérisme, baathisme notamment) ont paru colmater un temps dans une nouvelle dynamique. Ce fut une chance historique pour les pays arabes mais comme on le sait, l’échec  de ces partis a été scellé en 1967. Grâce à l’Occident et à un de ses rejetons.Nous sommes donc probablement à la veille de grandes manœuvres interventionnistes au Moyen Orient. Quoique ces manœuvres ont lieu depuis longtemps, avec la colonisation sioniste, les agressions sionistes contre le Liban, la Syrie, l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats Unis ; les sanctions onusiennes et/ou unilatérales contre l’Iran, les bombardements pratiqués quotidiennement par les Etats Unis au Pakistan !

J’ai personnellement l’impression que ce sont tous les habitants de la région, Musulmans en majorité, qui sont victimes d’agressions ! Pour conclure, je renvoie volontiers vers les intéressantes analyses de Yahia Gouasmi ou des Indigènes de la République.

La guerre des "civilisations" a commencé, et ce ne sont pas les Arabes ou les Musulmans qui l’ont déclenchée. Elle a commencé en réalité formellement avec la déclaration Balfour.

J’accuse

par Hani Shukrallah, Al-Ahram (Egypte) 1er Janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’hypocrisie et les bonnes intentions n’empêcheront pas le prochain massacre. Seules une introspection sans complaisance et une ferme résolution à affronter l’ignominie qui nous ronge le permettront.

Nous allons nous rejoindre dans un chœur de condamnations. Ensemble, Musulmans et Chrétiens, gouvernement et opposition, Eglise et Mosquée, clercs et laïcs – nous allons tous nous lever et proclamer d’une seule voix une dénonciation sans équivoque d’al Qaïda, des militants islamistes, et des fanatiques musulmans de toutes tendances, variantes et couleurs, certains d’entre nous feront peut-être même l’effort supplémentaire de dénoncer l’Islam salafiste, le fondamentalisme islamique dans son ensemble, et l’Islam wahhabite qui est certainement une importation saoudienne entièrement étrangère à notre culture nationale égyptienne.

Et une fois encore, nous allons affirmer l’unité éternelle des "deux composantes de notre nation," et retrouver les accents de la révolution de 1919, avec sa bannière hissée montrant le croissant englobant la croix, offrant une expression symbolique de ce lien inaltérable.

Une bonne partie de tout cela ne sera que pure hypocrisie; une grande partie en sera nuancée de diverses manières de sorte à garder, juste sous la surface, une somme de préjugés étroits, un flagrant deux poids deux mesures et, en fait, une intolérance qui caractérise tant de ceux qui participent à la condamnation [de l'agression contre l'église].

Tout ceci sera vain. Nous sommes déjà passés par là, nous avons fait exactement la même chose, pourtant les massacres continuent, chacun plus horrible que le précédent, et le sectarisme et l’intolérance vont diffuser de plus en plus largement dans tous les secteurs et compartiments de notre société. Ce n’est pas si facile de vider l’Egypte de ses Chrétiens; leur présence ici est aussi vieille que le christianisme. Près d’un millénaire et demi de domination musulmane n’a pas éliminé la communauté nationale chrétienne, elle l’a plutôt maintenue suffisamment forte et suffisamment vigoureuse pour qu’elle joue un rôle essentiel dans le modelage de l’identité nationale, politique et culturelle de l’Egypte moderne.

Aujourd’hui cependant, deux cents ans après la naissance de l’Etat nation égyptien moderne, et au moment où nous entrons dans la deuxième décennie du 21ème siècle, ce qui semblait auparavant inimaginable semble ne plus être de l’ordre de l’inconcevable: une Egypte sans Chrétiens, où la croix aurait glissé hors de l’étreinte du croissant, et hors du drapeau qui symbolise notre identité nationale moderne. J’espère être mort depuis longtemps si ce jour doit arriver, mais mort ou vivant, ce sera une Egypte que je ne pourrais pas reconnaître et à laquelle je n’aurais aucun désir d’appartenir.

Je ne suis pas Zola, mais je peux aussi accuser. Et ce ne son pas les criminels sanguinaires d’al Qaïda où de n’importe quelle autre bande de truands impliqués dans l’horreur commise à Alexandrie qui me préoccupent.

J’accuse un gouvernement qui semble considérer qu’en faisant de la surenchère sur les islamistes il finira par les déborder.

J’accuse l’ensemble des députés et des officiels du gouvernement qui ne peuvent pas s’empêcher d’importer leurs propres mentalités sectaires au parlement, ou dans la multitude d’administrations publiques locales et nationales, à partir desquelles ils exercent sans contrôle une autorité à la fois brutale et désespérément inepte.

J’accuse ces personnages de l’Etat qui croient qu’en renforçant la tendance salafiste ils affaiblissent les Frères Musulmans, et qui aiment à l’occasion jouer sur les sentiments sectaires anti-coptes, un excellent moyen sans doute de détourner l’attention de problèmes politiques autrement plus importants.

Mais par dessus tout, j’accuse les millions de Musulmans supposés modérés parmi nous; ceux qui année après année sont de plus en plus marqués par les préjugés, le repli sur soi et l’étroitesse d’esprit.
J’accuse ceux d’entre nous qui accueilleraient avec colère une décision de stopper la construction d’un centre musulman près de Ground Zero à New York, mais applaudissent la police égyptienne quand elle interrompt la construction d’une cage d’escalier dans une église du district d’Omranya dans l’agglomération cairote.

J’étais dans les parages, et je vous ai entendu parler dans vos bureaux, dans vos clubs et dans vos soirées: "Les Coptes doivent recevoir une leçon," "Les Coptes sont de plus en plus arrogants," "les Coptes convertissent en secret des Musulmans," et dans un même souffle, « les Coptes empêchent des Chrétiennes de se convertir à l’Islam, ils les kidnappent et les enferment dans des monastères. »

Je vous accuse tous parce que dans votre sectarisme aveugle, vous êtes même incapables lde voir a violence que vous faites subir à la logique et au simple bon sens, d’oser accuser le monde entier de double standard à notre encontre et, en même temps, d’être complètement incapable de montrer un minimum de prise de conscience de votre flagrant double standard .

Et enfin, j’accuse les intellectuels de gauche, Musulmans comme Chrétiens, qui, par complicité, peur ou manqué de volonté de faire ou de dire ce qui pourrait déplaire aux "masses", sont restés de côté, trouvant suffisant de s’associer à un futile chorus de dénonciation après l’autre, alors même que les massacres s’étendent et deviennent de plus en plus horribles.

Il y a quelques années, j’avais écrit un commentaire dans le quotidien arabe Al-Hayat sur un éditorialiste de journal égyptien. Cet éditorialiste, dont j’ai depuis oublié le nom, écrivait pour vanter le patriotisme d’un Copte Egyptien qui avait lui-même écrit pour dire qu’il préférait être tué de la main de ses compatriotes Musulmans plutôt que de chercher une intervention américaine pour le sauver.

M’adressant à ce Copte patriote, je lui posais simplement la question: où s’arrête cette volonté de sacrifice de soi pour le salut de la nation. Donner sa propre vie est peut-être une démarche assez noble et même louable, mais veut-il aussi donner la vie de ses enfants, de sa femme, de sa mère ? Combien d’Egyptiens Chrétiens, lui demandais-je, voulez-vous sacrifier avant de faire appel à une intervention étrangère, un million, deux millions, trois ou la totalité d’entre eux ?

Nos options, disais-je alors comme je continue à le dire aujourd’hui ne sont pas si réduites, si dépourvues d’imagination et de résolution que nous nous trouvions dans l’obligation de choisir entre voir tous les Coptes Egyptiens tués, un par un ou en masse, ou de nous précipiter vers l’Oncle Sam. Est-il vraiment si difficile de nous concevoir nous-mêmes en tant qu’êtres humains rationnels pourvus d’un minimum de cran afin d’agir pour déterminer notre destin, le destin de notre nation ?

C’est en fait la seule option qui se trouve devant nous, et nous ferions bien de nous en saisir avant qu’il soit trop tard.

Des "brêles" au Danemark. Retour sur un attentat déjoué

janvier 2, 2011
Je voulais vous parler de l’attentat sanglant qui a visé tout récemment une église à Alexandrie en Egypte et, comme support, j’avais prévu d’utiliser un très bel article, en forme de "J’accuse" à la manière d’Emile Zola, de Hani Shukrallah paru dans le journal égyptien al Ahram. J’avais achevé la traduction et je m’attelais au commentaire introductif quand… mon ordinateur a planté. Et bien sûr, je n’avais pas sauvegardé le travail! je n’ai pas le courage de refaire le boulot tout de suite, j’espère pouvoir recommencer d’ici deux ou trois jours à moins que ce texte n’ait entre temps été mis ailleurs à la disposition des lecteurs francophones.

En attendant, je vous propose un petit retour sur l’attentat déjoué contre le siège du quotidien danois qui avait publié les fameuses caricatures sur le prophète de l’Islam.  L’article que je vous propose s’attarde sur un des protagonistes du complot, un certain Munir Awad, un ressortissant Suédois d’origine libanaise.
Le moins qu’on puisse effectivement dire, c’est que le plan dont le but aurait été de commettre un massacre était dès le départ destiné à échouer. Il est même tout à fait étonnant que des cerveaux du terrorisme "islamique" se soient adressés à quelqu’un que n’importe quel banlieusard aurait qualifié au minimum de "brêle".
Mais nous dit-on en conclusion de l’article, cette tentative a suscité la peur et elle a donc en quelque sorte réussi puisque la peur est l’essence même du terrorisme.Certes, mais il n’y a pas que le terrorisme qui mette la peur au coeur de son business…
Avant de vous laisser lire, si vous le souhaitez, l’article du Local suédois, je voudrais juste faire deux remarques sur les fameuses caricatures. La première est que la colère des Musulmans aurait été mieux employée contre des atteintes autrement plus graves que les dessins minables parus dans le Jyllands-posten. La deuxième est que, contrairement à ce qui est souvent affirmé, ces caricatures renvoient moins à la liberté d’expression caractéristique des Lumières occidentale qu’à l’imagerie médiévale qui identifiait le prophète de l’Islam à l’Antéchrist, au mal..
 

Un expert: le plan terroriste au Danemark  était "destiné à l’échec."
The Local (Suède) 1er janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un complot déjoué cette semaine qui visait à massacrer le personnel d’u journal danois était voué à l’échec parce que les liens des suspects avec des extrémistes islamistes étaient très bien connus, a déclaré samedi un spécialiste du terrorisme.
Un des cinq hommes arrêtés mercredi était "si exposé publiquement et si bien connu des services de renseignements que le complot contre le Jyllands-Posten était pratiquement destiné à échouer," a déclaré à l’édition en ligne du journal Politiken Magnus Ranstorp, un spécialiste du terrorisme au Swedish National Defence College.

Munir Awad, un Suédois de 29 ans né au Liban était l’un des cinq hommes arrêtés mercredi pour avoir ourdi ce que les officiels Danois ont qualifié de plan pour "tuer le plus de personnes possible" dans une attaque contre le siège du quotidien Jyllands-Posten.

Ce journal avait publié en septembre 2005 une dizaine de dessins du prophète de l’islam qui ont suscité des manifestations violentes et parfois meurtrières dans le monde, ainsi que des menaces contre le journal.
Quatre hommes, dont Awad et deux autres hommes vivant à Stockholm – ont été arrêtés dans les faubourgs de Copenhague et un autre a été interpellé à son domicile dans la capitale suédoise.
Les quatre personnes vivant en Suède étaient sous surveillance depuis des mois, a annoncé cette semaine le Sapo, les services secrets suédois.
Le ministère suédois des affaires étrangères a confirmé vendredi qu’Awad avait été arrêté en Somalie en 2007 et au pakistan en 2009 et que des officiels Suédois étaient intervenus en sa faveur.
Awad avait remercié publiquement le Sapo pour avoir obtenu sa libération de Somalie où il avait été détenu il y a trois ans avec son épouse enceinte âgée de 17 ans.

"Nous savons que le Sapo nous a ramenés à la maison et nous lui en sommes très reconnaissants,é avait-il dit à l’époque à un journal suédois.

Au Pakistan, Awad, son épouse et leur fils âgé de deux ans avaient été arrêtés en compagnie de mehdi Ghezali, un Suédois qui avait passé deux années dans le centre de détention US de Guantanamo Bay, a déclaré à l’AFP le porte parole du ministère Anders Jörle.
Les informations en Suède indiquent aussi qy’il avait partagé par intermittence un appartement à Stockholm avec deus membres du mouvement islamiste Al-Shabab qui ont été condamnés en décembre à de la prison par un tribunal suédois pour avoir "planifié des crimes terroristes" en Somalie.

"Il est probablement le dernier homme que des professionnels du terrorisme enverraient pour une mission au Danemark," déclare Ranstorp qui ajoute s’être douté que les suspects du complot déjoué au Danemark étaient certainement des "semi-amateurs."
Petter nessar du Norwegian Defence Research Establishment a déclaré par ailleurs que si Awad et ses complices présumés n’étaient peut-être pas un choix idéal pour réaliser un attentat professionnel, "des cellules terroristes doivent utiliser les ressources qu’elles peuvent se procurer."
"Et même si les terroristes n’ont pas réussi à mener à accomplir cette opération… elle a eu un effet évident. Les gens sont effrayés et c’est l’essence même du terrorisme," a-t-il déclaré à Politiken.

Espionnage des mosquées et fabrication de terroristes aux USA, le cas Craig Monteilh

décembre 7, 2010

Je vous avais déjà parlé des activités d’espionnage que pratiquent certains services de sécurité dans les mosquées. De même, j’avais déjà évoqué cette étrange pratique policière qui consiste à entrer en contact avec un quidam, musulman au moins nominalement de préférence, pour lui instiller des idées d’attentats auxquelles il n’avait pas pensé spontanément. Bien entendu, pour aider au processus de maturation, un peu (ou beaucoup d’argent) ainsi qu’un accès incroyablement facile à du matériel meurtrier sont d’une utilité non négligeable. Pourquoi ne pas convaincre par exemple un esprit fragile de passer à l’action en échange de la prise en charge financière d’une greffe d’organes dont son petit frère a cruellement besoin ?
C’est de ça entre autres dont parle cet article qui traite d’une affaire qui fait grand bruit aux Etats Unis où un faux converti à l’Islam avait été chargé par le FBI d’infiltrer une mosquée de la région de Los Angeles. Cette taupe a été si loin dans son travail d’appel au meurtre que les fidèles sont allés le dénoncer au FBI sans que leur dénonciation soit suivie d’effets.
Le pot aux roses a éclaté au grand jour aujourd’hui et la taupe s’est mise à parler publiquement, soit de peur d’être liquidée par le FBI, soit pour engranger encore plus d’argent ; où même les deux.
 
La taupe du FBI dans une mosquée de Californie sape la confiance entre les Musulmans et le FBI
Updated: 2 minutes ago
par Mara Gay AOL News 5 USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Craig Monteilh alias Farouk al-Aziz
 
Quand Farouk al-Aziz a, allègue-t-on, tenté d’inciter des fidèles d’une mosquée californienne) faire sauter un centre commercial, ils l’ont signalé au FBI, mais rien ne s’est passé.
C’est semble-t-il parce que al-Aziz était en réalité Craig Monteilh, un informateur rémunéré par le FBI, un repris de justice envoyé pour infiltrer la mosquée et dénoncer un terroriste potentiel. Mais c’est au contraire la démarche du FBI consistant à espionner la mosquée qui a été mise au jour, une affaire qui a fragilisé les relations entre le FBI et les Musulmans.
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Elle a aussi suscité d’âpres questions chez des détracteurs qui affirment que les procédés utilisés par le FBI avec les communautés musulmanes s’apparentent parfois à des pièges, à de la provocation.
"La question est celle-ci: ces ‘complots’ présumés auraient-il existé sans une implication active du FBI?" a déclaré aujourd’hui à AOL Ibrahim Hooper, porte parole du Council on American-Islamic Relations. "Et nous voyons trop souvent qu’ils sont en réalité fabriqués par le FBI et utilisés de sorte à y attirer des gens qui autrement, n’auraient jamais choisi de leur propre chef de commettre ce genre d’actions."
Dans l’affaire californienne, rapportée par le Washington Post ce week-end, le FBI a payé Monteilh -un faussaire condamné- 177 000 dollars pendant plus d’un an pour qu’il contribue à élaborer un dossier pour terrorisme contre Ahmadullah Sais Niazi, un membre d’une mosquée d’Irvine. Mais le dossier est tombé à l’eau quand Niazi et d’autres à la mosquée se sont tellement inquiétés des propos de Monteil relatifs à un djihad violent qu’ils l’ont signalé au FBI et ont même demandé un ordre de contrainte à son encontre.
"Ils avaient déclaré que Farouk leur avait dit avoir accès à des armes et qu’ils devraient faire sauter un centre commercial," a déclaré au Washington Post Hussam Ayloush, directeur exécutif du Council on American-Islamic Relations à Los Angeles. « Ils étaient convaincus que cet homme était un terroriste. »
 
En septembre, le Département de la Justice a classé sans suite le dossier contre Niazi dont il était allégué qu’il avait été enregistré avec Monteilh donnant son accord pour faire sauter des immeubles, selon le Washington Post. Et maintenant, pour aggraver les choses pour le FBI, Monteilh parle publiquement de son histoire, affirmant que des agents du FBI lui avaient appris comment piéger des Musulmans et avaient tenu des propos désobligeants sur l’Islam.
Le FBI a refusé de s’exprimer spécifiquement sur l’affaire Monteilh mais a déclaré que les accusations de ciblage des communautés musulmanes par le FBI étaient fausses.
"Le FBI n’enquête pas sur la religion," a déclaré aujourd’hui à AOL News Laura Eimiller, porte parole du FBI à Los Angeles. « Sous entendre que le FBI a lancé une enquête en se basant sur une appartenance ethnique ou religieuse est ridicule. »
Mais Alicia McWilliams, dont le neveu a été un des quatre homes condamnés cette année pour une tentative d’attentats contre des synagogues dans le Bronx, New York, a déclaré que le FBI piège des gens qui appartiennent aux couches vulnérables de la société. McWilliams affirme que des informateurs du FBI avaient ciblé son neveu parce qu’il était jeune, noir, « dans une mauvaise passe », impressionnable et qu’on lui avait proposé de financer la greffe de foie pour son frère s’il acceptait de participer au complot.
 
« On ne fait pas de cadeau dans les quartiers pauvres,» a-t-elle déclaré aujourd’hui à AOL News. « Ils se servent de criminels pour fabriquer des criminels. »
Robert Turner, qui enseigne le droit à l’université de Virginie et est le directeur associé de son Center for National Security Law, considère que le FBI avait probablement une raison de penser que Niazi préparait quelque chose et avait demandé à Monteilh de le surveiller lui, mais pas toute la mosquée.
Turner affirme que le FBI est conscient de l’importance d’avoir de bonnes relations avec les Musulmans Américains. « Le FBI sait que les Musulmans patriotes sont dans une situation qui peut leur permettre de nous aider à éviter un nouveau 11 septembre, » a-t-il déclaré à AOL News.
Selon lui, Monteilh – qui a été arrêté pour vol qualifié d’automobiles après que le FBI ait rompu toutes relations avec lui – ment probablement sur la vision de l’Islam par le FBI. »Il me semble que Monteilh s’est dit, « Qu’est-ce que je pourrais raconter qui va vraiment embarrasser le FBI ? Je ne trouve rien de crédible là dedans. »
Pourtant, les procédés du FBI ont continue à susciter la controverse. Le mois dernier, par exemple, Mohamed Osman Mohamud, un Américain de 19 ans d’origine somalienne a été arrêté sur la présomption d’avoir conduit une camionnette bourrée d’explosifs – fournis par des agents du FBI – destinée à une cérémonie d’illumination d’arbre de Noël à Portland, en Oregon. Et déjà, les avocats de Mohamud avaient indiqué qu’ils plaideraient la manipulation pout sa défense.  
Lynne Jackson, le co-fondateur de Project Salam, une organisation d’aide juridique pour les Musulmans, affirme que le recours à des informateurs infiltrés dans les communautés islamiques était devenu un problème de respect des libertés publiques comparable à la peur des Rouges pendant la guerre froide.
« Ce sont des préjugés contre les Musulmans. C’est comme dans les années 1950, sauf qu’à la place des communistes, ce sont les Musulmans, » dit-elle. « Le gouvernement s’en prend aux Musulmans à cause de ce qu’ils pensent même quand ils n’ont rien fait du tout.
Hooper de l’organisation CAIR affirme que l’utilisation d’informateurs par le FBI mine la confiance entre les Musulmans Américains et les forces de l’ordre.
 
"Le principe de base est que le FBI a besoin d’avoir des canaux de communication ouverts en direction de la communauté musulmane américaine afin que nous puissions travailler ensemble contre quiconque menace la sécurité de notre nation," dit-il.
Mais, ajoute-t-il, "tant que les Musulmans Américains se sentiront mis à part et soupçonnés en tant que communauté entière, l’atmosphère restera froide. »

Californie: découverte d’un arsenal terroriste chez un citoyen lambda (c’est-à-dire pas Musulman).

novembre 28, 2010
Avec la presse, c’est toujours pareil. Il y a ce à quoi elle veut qu’on s’intéresse et puis le reste.
Dans ce à quoi elle veut qu’on s’intéresse, il y a cette affaire du jeune d’origine somalienne à qui la police américaine a instillé l’idée de commettre un attentat le jour de Noël avant de lui fournir tout le matériel (factice) nécessaire pour passer à la pratique.
Ce qui donne un attentat potentiellement monstrueux habilement déjoué par les forces de l’ordre. Et un jeune dont la vie est foutue, sacrifiée sur l’autel de la propagande.
Et puis, disais-je, il y a le reste. On avait eu cette bombe qui avait explosé dans l’indifférence générale devant un supermarché au Texas et maintenant on a cet énorme arsenal découvert par hasard à Escondido, en Californie.
Ce qui n’émeut guère vos journaux. Le site Gizmodo est un des seuls à en parler en langue française.
L’article nomme diverses substances explosives comme l’héxaméthylènetriperoxydiamine, le HTD ou le HMTD stockées dans "une quantité jamais vue auparavant au domicile d’un citoyen lambda".
Ce citoyen lambda ne s’appelle pas Mahmoud ou Rachid, (dans ce cas vous ne pouvez être un citoyen lambda)  mais George Djura Jakubec, un ressortissant Américain d’origine serbe. C’est ce qui explique le ton assez humoristique adopté par l’article de Gizmodo.
Il n’y a pourtant pas de quoi rire puisque les services de police ont suspendu les opérations de fouille dans la maison de Jakubec en raison de la dangerosité extrême de l’arsenal qui s’y trouve. dont, nous dit-on, une substance semblable à celle qui se trouvait dans la semelle piégée de Richard Reid, ou encore dans le slip explosif d’Umar Farouk Abdulmutallab.Outre les substances explosives, la police a constaté la présence de détonateurs, de grenades artisanales et d’armes.

Pourtant, même la presse américaine n’en fait pas un fromage. N’avons-nous pas en effet affaire à un citoyen lambda?
On ne peut que souscrire à ce commentaire d’un lecteur sur le site de Talking Points Memo:
Je me demandais si TPM était au courant ce cette affaire. J’habite à Escondido et je trouve intéressant que Drudge et Fox News n’aient pas sauté à pieds joints sur ce "terroriste présumé"! Mais, sa photo montre un homme blanc qui n’a pas du tout l’air d’un Musulman. Et le seul héros, pour l’instant, est un jardinier Mexicain qui n’a pas d’assurance maladie. Le jardinier a été blessé il y a huit jours. La presse locale a rapporté cette histoire mais sans trop y insister.
 

Harry Potter est enterré en Palestine occupée

novembre 17, 2010
Plus exactement à Ramle, près de Lod (ex Lydda, ville où est situé l’aéroport Ben Gourion). La pierre tombale indique qu’il a été tué à Hébron en juillet 1939.
La dépêche de l’Associated Press explique pudiquement que le soldat Britannique Harry Potter est mort lors d’un affrontement avec un groupe armé.
Groupe armé, c’est l’euphémisme de rigueur pour désigner une bande terroriste sioniste. Car en juillet 1939, les Palestiniens étaient déjà désarmés par les autorités britanniques, ce qui n’était pas le cas des terroristes Juifs. Ces derniers n’avaient, à cette date, pas encore décidé d’appliquer un cessez-le-feu afin de ne pas gêner le Royaume Uni dans sa lutte contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Cessez-le-feu dont le Lehi (groupe Stern) ne sera d’ailleurs jamais partie prenante.
Ce sont maintenant les amis de ceux qui l’ont tué qui se font du fric grâce à cette attraction touristique due à cette homonymie fortuite avec le personnage de fiction bien connu.

La tombe de «Harry Potter» devient un site touristique

 

Harry Potter est mort… en 1939. Et sa tombe est en train de devenir un site touristique israélien.
Ce Harry Potter là n’était pas un jeune sorcier à lunettes, mais un jeune soldat anglais, enterré dans le cimetière militaire britannique de Ramle dans le centre d’Israël. Il porte seulement le même nom que le personnage inventé par la romancière J.K Rowling et cela suffit à attirer les visiteurs.
La ville de Ramle ne tient pas le compte des touristes attirés par cette curiosité, mais les guides touristiques et la municipalité assurent que la tombe de l’homonyme est devenue un site populaire, surtout pour les touristes israéliens.
«Il n’y a pas de lien avec le Harry Potter que nous connaissons par la littérature, mais le nom fait vendre, le nom fait faire du commerce», explique Ron Peled, un guide touristique qui dit avoir emmené des dizaines de groupes de touristiques sur la tombe de Harry Potter.
Le soldat Harry Potter était né près de Birmingham en Angleterre et s’était engagé en 1938 dans l’armée britannique. Selon le site de son régiment, il est arrivé cette année-là dans la Palestine sous mandat britannique, où il a été tué dans des affrontements avec un groupe armé en 1939. Il avait 18 ans. Sa pierre tombale mentionne, par erreur, qu’il est mort à 19 ans, car il avait menti sur son âge pour pouvoir être enrôlé.
Sa tombe a commencé à intéresser les premiers curieux il y a environ cinq ans, selon la municipalité, et la ville l’a inscrite sur son site touristique au début de l’année.
«C’est une sorte de pèlerinage pour un homme dont le nom sort de l’ordinaire. Si on ne disait pas qu’Harry Potter est enterré ici, personne ne viendrait», reconnaissait récemment Josef Peretz, un visiteur israélien de 76 ans, originaire de Tel Aviv.
La première partie de «Harry Potter and the Deathly Hallows» («Harry Potter et les reliques de la mort»), adaptation au cinéma du dernier tome de la série de romans de J.K. Rowling, sort bientôt au cinéma.

Source ‘gay': la synagogue homosexuelle de Chicago n’a jamais été visée par des colis piégés

novembre 5, 2010
Ce qui est bien avec la propagande, c’est que même quand tous ses éléments de réalité sont éliminés un à un, son empreinte en mémoire reste d’une acuité redoutable et que l’efficience du contenu de représentation surpasse celle des éléments de réalité.
On apprend maintenant que la synagogue "gay" de Chicago n’a en fait jamais été destinataire des colis piégés expédiés du Yémen. Cette information, répercutée par les dirigeants de la synagogue, provenait de toute une série de sources, dont la police ne fait bien entendu pas partie.
Connaître l’identité de ces sources serait sans doute très intéressant…
 

La dirigeante de la synagogue: nous n’avons pas été la cible de colis piégés
CNN (USA)  3 novembre 2010, traduit de l’anglais par Djazaïri

Une synagogue de Chicago qu’on pensait être destinataire d’un colis piégé n’a en réalité jamais été visée, a déclaré mercredi un dirigeant de la congrégation.
Lili Komblum, vice présidente d’Or Chadash, a déclaré qu’en dépit d’informations antérieures, un agent du FBI l’a informée que sa synagogue n’était pas un des objectifs visés dans la tentative avortée d’attentat à la bombe dont l’origine se trouve au Yémen.

Pendant le week-end, Komblum a déclaré avoir eu des informations de toute une série de sources qui l’ont amenée à croire qu’Or Chadash, qui assure des offices religieux pour la communauté ‘gay’, bisexuelle et transsexuelle, était concernée par le complot.


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