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De quoi la "mère de toutes les batailles" va-t-elle accoucher?

juin 7, 2014

Israël pivote vers la Chine et l’Inde en réaction à l’affaiblissement de l’influence américaine

par Shinya Oshino, Nikkei Asian Review (Japon) 10 mai 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Caire – Israël s’efforce de tisser des liens économiques et sécuritaires plus étroits avec l’Inde et la Chine, dans le but d’élargir sa marge de manœuvre comme les Etats Unis, son allié le plus proche, commencent à jouer un rôle plus réduit sur la scène mondiale.

Israël attend beaucoup de la Chine pour traiter la question du programme iranien de développement d’armes nucléaires. « La Chine a un rôle central dans les efforts pour empêcher l’Iran d’acquérir une bombe nucléaire, » a dit le président israélien Shimon Peres à son homologie chinois Xi Jinping au cours d’un voyage en Chine au début du mois dernier..

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est rendu en Chine en mai dernier, et de hauts responsables militaires des deux pays ont approfondi leurs relations. Ces visites de haut niveau traduisent la volonté d’Israël d’améliorer sa position diplomatique à l’ONU en se rapprochant toujours plus de la Chine, un membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU.

L’Inde a accepté en février de travailler avec Israël à l’élaboration de mesures antiterroristes et au développement de systèmes de missiles de défense. Ils envisagent aussi la mise en place d’un fonds pour soutenir les partenariats entre les entreprises technologiques des deux pays.

Dans le même temps, un paysage politique mondial de plus en plus complexe a créé diverses sources de friction entre Washington et son allié au Moyen Orient.

Le 27 mars, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté une résolution rejetant l’annexion de la Crimée par la Russie. Mais Israël s’est abstenu, choisissant de maintenir ses relations avec Moscou qui a une influence significative sur le cours de la guerre en Syrie et sur la situation iranienne, les deux affectant directement la sécurité nationale d’Israël.

L’attitude israélienne [par rapport à la Russie] a provoqué la colère des Etats Unis. Mais « nos intérêts en matière de sécurité ne devraient pas être définis comme identiques à ceux de n’importe qui d’autre, pas même les Etats Unis » a déclaré un haut responsable militaire israélien à un média local.

Le commerce d’Israël avec Pékin est aussi devenu une pomme de discorde. Les exportations israéliennes de produits de haute technologie vers la Chine ont bondi de 170 % en cinq ans pour atteindre 1,58 milliard de dollars en 2013. On a rapporté à la fin de l’année dernière que de la technologie avancée dans le domaine des missiles est parvenue en Chine via des entreprises israéliennes.

Dans les années 1990, un projet israélien de vente à la Chine d’un avion de surveillance avait été mis en échec par des pressions américaines. Si Israël continue de se rapprocher de pays comme la Chine et la Russie, il pourrait s’attirer à nouveau une ingérence de Washington.

Commentaire:

Saddam Hussein, le défunt président irakien, avait parlé de « mère de toutes les batailles » pour désigner la confrontation de son pays avec la coalition réunie par Washington en 1991.

Saddam Hussein ne croyait pas si bien dire puisque la guerre contre l’Irak marquait la prise en main pour longtemps de la politique étrangère des Etats Unis par une clique néoconservatrice imprégnéee d’un sionisme radical et qui avait commencé à s’épanouir pendant les années Reagan,

On connaît la suite avec l’invasion de l’Afghanistan, la deuxième guerre du Golfe et le démantèlement du régime baathiste conclu par l’exécution de Saddam Hussein, et plus récemment la destruction du régime libyen et l’assassinat de Mouammar Kadhafi.

A ces aventures militaires d’importance, il faut ajouter des interventions plus mineures, comme les bombardements réguliers ou intermittents au Yémen et en Somalie, la déstabilisation du Soudan qui a abouti à la partition de ce pays, le soutien politique et militaire à l’opposition armée au gouvernement syrien.

Il est frappant de constater qu’aucune de ces interventions n’a résulté en un gain net pour les Etats Unis, ni au plan politique, ni au plan économique,

Au contraire, les Etats Unis sortent de toutes ces batailles épuisés financièrement et moralement au moment où d’autres puissances émergent (ou réémergent), notamment la Russie et surtout la Chine, ce qui motive la stratégie de rééquilibrage vers l’Asie du déploiement politique et militaire des Etats Unis.

C’est cet accès de faiblesse des Etats Unis qui explique leur gestion en retrait [stay behind] de la crise libyenne, leur incapacité à passer par dessus l’obstacle russo-chinois pour obtenir l’éviction du Syrien Bachar al-Assad.

Ce qui ne les empêche pas d’essayer de poursuivre l’encerclement de la Russie en organisant un coup de force en Ukraine. L’effet immédiat de l’ingérence américaine aux frontières de la Russie aura cependant été de précipiter la signature d‘importants accords économiques entre Moscou et Pékin qui scellent ainsi une alliance eurasiatique qui ne fait finalement qu’aggraver le problème stratégique à résoudre par les Etats Unis.

Ces évolutions des rapports de force à l’échelle mondiale n’ont pas échappé non plus à l’entité sioniste dont la survie dépend du soutien d’un parrain étranger qui fut tour à tour [voire simultanément] la Grande Bretagne, l’URSS, la France puis les Etats Unis d’Amérique.

1955: réception symbolique d'un avion de combat Ouragan par Moshe Dayan et Shimon Peres en présence de Pierre Gilbert, ambassadeur de France à Tel Aviv

1955: réception symbolique d’un avion de combat Ouragan par Moshe Dayan et Shimon Peres  (lunettes noires)en présence de Pierre Gilbert, ambassadeur de France à Tel Aviv

L’analyse politique qui prévaut aujourd’hui est que Washington va tendre à se désintéresser de la situation au Moyen Orient où un règlement définitif est vivement souhaité, Il ne s’agit pour l’instant que de vélléités de la part de Washington où les néoconservateurs ultrasionistes représentés par Hillary Clinton et John McCain restent influents ; mais la tendance est là et elle veut, entre autres, que pour contrer la Chine, les Etats Unis ont besoin de se rapprocher de l’Iran.

Les sionistes de leur côté ne restent pas les bras croisés et ils agissent fidèlement à une version de l’histoire juive qui consiste à se mettre dans l’ombre du puissant du moment. C’est par exemple ce qui s’était passé au moment de la conquête de l’Espagne par les Arabes et que bien des portes de cités avaient été ouvertes par les Juifs présents sur place. Et comme on l’a vu et comme on le sait, c’est une caractéristique de l’histoire du mouvement puis de l’Etat sioniste.

Les priorités actuelles de l’entité sioniste sont la Chine et l’Inde. Ces deux pays n’ont pas grand chose à voir avec l’histoire de la persécution des Juifs par le nazisme. Les autorités sionistes essayent bien de les sensibiliser à la souffrance juive, mais c’est tout sauf évident d’autant qu’en dépit d’une présence juive anecdotique en Inde comme en Chine, ce dernier pays connaît des bouffées d’antisémitisme.

Non, les leviers principaux du régime sioniste résident dans les technologies militaires qu’il peut fournir à l’Inde et à la Chine, des technologies bien souvent américaines. Ce genre de commerce est déjà florissant avec les deux pays non sans provoquer le mécontentement de Washington en ce qui concerne les ventes à la Chine. On notera quand même l’atout que représente pour Tel Aviv la toute récente arrivée au pouvoir à New Delhi de Narendra Modi, chef des nationalistes hindous qui se sentent depuis longtemps des afffinités avec le sionisme.

Février 2013: encore premier ministre du Gujerat, Narendra Modi recevait Alon Ushpitz, ambassadeur sioniste et Orana Sagiv, consul de l'entité sioniste à Mumbai

Février 2013: encore premier ministre du Gujerat, Narendra Modi recevait Alon Ushpitz, ambassadeur sioniste et Orana Sagiv, consul de l’entité sioniste à Mumbai

Mais l’exécutif américain est dans une telle position de faiblesse face au lobby sioniste qu’il a bien du mal à se faire respecter sur la question des transferts de technologie militaire. On a vu un processus voisin, sur la plan politique cette fois, quand le régime sioniste a refusé d’aligner son vote à l’ONU sur celui des Etats Unis sur la question de Crimée.

Pensez bien que les Etats Unis n’ont pas hésité à s’humilier à plusieurs reprises pour faire barrage à des résolutions onusiennes favorables à la cause palestinienne ! Ils commencent à savoir ce qu’est l’amour vache des sionistes pour leurs alliés une fois le citron pressé.

En 1994, Alexandre Soljenitsyne posait déjà le problème de la Crimée et plus largement de l’Ukraine

mars 17, 2014

 Les problèmes qui se posent aujourd’hui entre le nouveau régime ukrainien et les Etats Unis d’une part, et la Russie d’autre part avaient déjà été posés au début des années 1990 par l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, c’est-à-dire avant qu’on entende parler de Vladimir Poutine et bien avant que ce dernier accède à un statut lui permettant de décider du destin de son pays. A toute fin utile, on rappellera que Soljenitsyne était un anticommuniste déterminé.

Alexandre Soljenitsyne

Alexandre Soljenitsyne

L’entretien initialement publié par le magazine Forbes a été reproduit dans l’édition du 14-16 mars 2014 de Counter Punch.

NB : j’ai été aiguillé sur cet article par un post d’Amazigh Maz, un facebookien souvent subtil.

La Nouvelle-Russie

Entretien avec Alexandre Soljenitsyne sur l’Ukraine

par Paul Klebnikov

Cet entretien a été publié dans l’édition du 9 mai 1994,du magazine Forbes

Avec une Russie en plein chaos, il peut sembler un peu tiré par les cheveux de la voir comme un agresseur.

La Russie d’aujourd’hui est terriblement malade. Son peuple est malades jusqu’à l’épuisement total. Mais même ainsi, il est conscient et ne demande pas que, juste pour plaire à l’Amérique – que la Russie abandonne les derniers vestiges de sa préoccupation relative à sa sécurité et à son effondrement sans précédent. Après tout, cette préoccupation ne menace en rien les États-Unis.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Zbigniew Brzezinski n’est pas d’accord. Il fait valoir que les États-Unis doivent défendre l’indépendance de l’Ukraine.

En 1919, quand il a imposé son régime à l’Ukraine, Lénine lui a donné ses plusieurs provinces russes pour apaiser ses sentiments. Ces provinces n’ont jamais historiquement appartenu à l’Ukraine. Je parle les territoires de l’Est et du sud de l’Ukraine d’aujourd’hui.

 Puis, en 1954, Khrouchtchev, avec le caprice arbitraire d’un satrape, a fait «cadeau» de la Crimée à l’Ukraine. Mais lil n’a pas réussi à faire « cadeau » à l’Ukraine de Sébastopol, qui est restée une ville à part sous la juridiction du gouvernement central de l’URSS. Cela sera l’oeuvre du Département d’Etat américain, d’abord verbalement par l’Ambassadeur Popadiuk à Kiev et plus tard d’une manière plus officielle

Pourquoi le Département d’État décide-t-il qui doit posséder Sébastopol? Si l’on se rappelle la déclaration sans tact du président Bush en soutien à la souveraineté ukrainienne [sur Sébastopol], avant même le référendum sur cette question, on doit conclure que tout cela découle d’un objectif commun: utiliser tous les moyens possibles, quelles que soient les conséquences, pour affaiblir la Russie.

 Pourquoi l’indépendance de l’Ukraine affaiblit-elle la Russie?

En raison de la fragmentation soudaine et brutale des peuples slaves entremêlée, les frontières ont déchiré des millions de liens de famille et d’amitié. Est-ce acceptable? Les récentes élections en Ukraine, par exemple, montrent clairement les sympathies[russes] des populations de Crimée et du Donetz. Et une démocratie doit respecter cela.

Je suis moi-même presque à moitié ukrainien. J’ai grandi avec avec la musique du parler ukrainien. J’aime sa culture et je souhaite sincèrement toutes sortes de succès à l’Ukraine, mais seulement dans ses véritables frontières ethniques, sans usurper des provinces russes.

En Ukraine, les régions non russophones sont à l'ouest du pays (en bleu sur la carte)

En Ukraine, les régions non russophones sont à l’ouest du pays (en bleu sur la carte)

La crise ukrainienne comme nouvelle et dangereuse étape de la stratégie des néo-conservateurs

mars 7, 2014

 La crise ukrainienne a d’impressionnants relents de guerre froide, susceptible à tout moment de basculer dans une confrontation militaire, scénario dont personne ne semble vouloir mais on sait que les confits majeurs ont rarement été le résultat d’une volonté délibérée mais plutôt celui d’enchaînements imprévus.

Le terme de guerre froide peut sembler inapproprié si on veut bien tenir compte du fait qu’il n’existe plus de bloc communiste en Europe et que la Russie n’est qu’un des Etats issus de l’éclatement de l’Union Soviétique.

Et pourtant, la longue parenthèse communiste a simplement masqué une opposition plus profonde entre la Russie eurasiatique et l’Europe regroupée à quelques exceptions près dans l’Union Européenne et l’OTAN.

Deux structures politiques qui évoluent en partie dans des espaces différents et en partie dans des espaces qui se chevauchent, ces derniers étant susceptibles de disputes plus ou moins fortes selon leur importance stratégique pour l’un ou l’autre des acteurs.

C’est précisément le cas de l’Ukraine aujourd’hui disputée entre l’UE et la Russie. Cette ancienne république soviétique n’a pas vocation à entrer rapidement dans l’UE qui n’a en fait pas les moyens d’absorber un Etat aussi important aussi bien par sa taille et sa population que par la somme de problèmes et de coûts qu’il représente. Et pourtant, la crise d’aujourd’hui met aux prises l’UE (et les Etats Unis) avec une Russie pour laquelle il est absolument vital de maintenir l’Ukraine dans sa sphère d’influence, pour des raisons à la fois historiques et culturelles, économiques et stratégiques.

On peut alors se demander pourquoi les Etats de l’UE et les Etats Unis n’ont pas ménagé leurs efforts pour encourager des troubles qui ont débouché sur un coup d’Etat qui a abouti à la déposition d’un chef de l’État régulièrement élu.

Robert Parry essaye de répondre à cette question en situant la crise ukrainienne dans un contexte plus global qui met en jeu la stratégie politique des néo-conservateurs américains telle qu’elle a été mise en œuvre à partir de l’accession au pouvoir de George W. Bush et des attentats du 11 septembre 2001.

Selon Robert Parry, les néo-conservateurs qui se heurtent à Washington aux velléités du président Obama de développer une autre politique internationale se sont emparés du dossier ukrainien pour nuire à la relation entre le président des Etats Unis et son homologue russe, voire même déstabiliser le pouvoir d’un Poutine qu’ils perçoivent comme un obstacle majeur au déploiement de leur stratégie de domination mondiale.

Robert Parry

Robert Parry

Robert Parry est un journaliste chevronné qui avait notamment couvert l’affaire des Contras (Irangate) pour Newsweek et Associated Press.

Comme un certain nombre d’autres grandes plumes américaines, il s’est éloigné de ce qu’on appelle les « corporate medias », c’est-à-dire la presse aux mains des grands groupes capitalistes et a fondé Consortium News.

Ce que les néoconservateurs attendent de la crise ukrainienne

La crise ukrainienne, fomentée en partie par les néoconservateurs américains, y compris leurs avatars au Département d’Etat, ont envenimé les relations russo-américaines et perturbé la coopération secrète du président Obama avec son homologue russe Vladimir Poutine dans la résolution des crises au Moyen Orient., écrit Robert Parry.

par Robert Parry, Consortium News (USA) 2 mars 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le président Barack Obama a tenté, essentiellement en secret, d’élaborer une nouvelle politique étrangère qui s’appuie fortement sur la coopération avec le président russe Vladimir Poutine pour réduire les confrontations dans des points chauds tels que l’Iran et la Syrie. Mais la réticence d’Obama à expliquer publiquement cette stratégie l’a rendue vulnérable aux attaques venues d’éléments puissants dans les milieux officiels de Washington, y compris des néo-conservateurs bien placés et des gens à l’intérieur de sa propre administration.

La menace la plus grave à cette collaboration Obama-Poutine s’est aujourd’hui révélée en Ukraine, où une coalition d’activistes néo-conservateurs américains et des avatars néo-conservateurs au sein du Département d’Etat ont attisé les flammes de l’agitation en Ukraine, en contribuant au renversement brutal du président démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch et maintenant à une intervention militaire russe en Crimée, une région du sud de l’Ukraine, qui a été historiquement partie intégrante de la Russie.

Avec la crise ukrainienne, les intérêts vitaux de la Russie sont directement menacés

Avec la crise ukrainienne, les intérêts vitaux de la Russie sont directement menacés

Même si on dit que la crise Ukraine a pris Obama et Poutine par surprise, la détermination des néo-conservateurs à enfoncer un coin entre les deux dirigeants était évidente depuis des mois, surtout après que Poutine a négocié un accord pour éviter des frappes militaires américaines contre la Syrie l’été dernier et a contribué à amener l’Iran à négocier des concessions sur son programme nucléaire, deux évolutions qui ont fortement contrarié les néo-conservateurs qui auraient préféré une aggravation des confrontations.

Poutine aurait également tancé verbalement vers le s Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le chef des renseignements saoudien, le prince Bandar bin Sultan eu égard à ce que Poutine considérait comme leurs actions provocatrices dans la guerre civile syrienne. Donc, en perturbant les plans néo-conservateurs et en offensant Netanyahou et Bandar, le président russe s’est carrément retrouvé dans le collimateur de certaines personnes très puissantes.

Sans Poutine, les néo-conservateurs – avec Israël et l’Arabie Saoudite – avaient espéré qu’Obama allait lancer des frappes militaires contre la Syrie et l’Iran qui auraient pu ouvrir la voie à plus de «changements de régime» au Moyen-Orient, un rêve au centre de la stratégie géopolitique des néoconservateurs depuis les années 1990. Cette stratégie néo-conservatrice a pris forme après la guerre high-tech des États-Unis contre l’Irak en 1991 et l’effondrement de l’Union soviétique plus tard la même année. Les néoconservateurs américains avaient commencé à croire en un nouveau paradigme d’un monde unipolaire où les décrets américains seraient loi..

Les néo-conservateurs estiment que ce changement de paradigme signifiait aussi qu’Israël n’aurait plus besoin de mener des négociations frustrantes avec les Palestiniens. Plutôt que de marchander une solution à deux Etats, les néoconservateurs américains poussaient simplement à un "changement de régime" dans les pays musulmans hostiles qui aidaient les Palestiniens ou le Hezbollah libanais.

L’Irak était le premier sur la liste des cibles des néoconservateurs, mais le tour de la Syrie et de l’Iran devait suivre. L’idée force est que, une fois les régimes qui soutiennent les Palestiniens et le Hezbollah sont renversés ou neutralisés, alors Israël pourra dicter ses conditions de paix aux Palestiniens qui n’auront d’autre choix que d’accepter ce qui leur sera imposé.

Les néoconservateurs américains qui travaillaient dans l’équipe de campagne de Netanyahou en 1996, dont Richard Perle et Douglas Feith, avaient même officialisé leur nouveau plan audacieux, qu’ils avaient présenté dans un document de stratégie, appelé "A Clean Break:. Une nouvelle stratégie pour sécuriser le monde" [“A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm.”]. Le document faisait valoir que seul un «changement de régime» dans les pays musulmans hostiles pourrait permettre la nécessaire «rupture nette» des blocages diplomatiques qui ont suivi les pourparlers de paix non concluants entre Israéliens et Palestiniens.

En 1998, le projet néo-conservateur pour le Nouveau Siècle Américain [New American Century] appelait à une invasion américaine de l’Irak, mais le président Bill Clinton avait refusé. La situation changea, cependant, lorsque le président George W. Bush prit ses fonctions et après les attentats du 11 septembre. Soudain, les néo-conservateurs eurent un commandant en chef qui était d’accord avec la nécessité d’éliminer Saddam Hussein de l’Irak – et une opinion publique américaine abasourdie et en colère qu’on pouvait facilement convaincre. [Voir l 'Consortiumnews.com " La raison mystérieuse de la guerre en Irak . "]

Alors, Bush envahit l’Irak, évinçant Hussein, mais sans parvenir à soumettre le pays. Le bilan des tués américains approcha les 4 500 et les coûts faramineux, estimé à plus de 1 000 milliards de dollars ont fait que le peuple américain et même Bush refusèrent de respecter jusqu’au bout la vision néo-conservatrice telle qu’exprimée dans une de leurs blagues préférées de l’année 2003 sur le prochain pays à attaquer, l’Iran ou la Syrie, la chute étant: "Les vrais hommes vont à Téhéran!"

Bien que les faucons comme le vice-président Dick Cheney avaient plaidé en faveur du projet néo-conservateur et israélien pour que l’armée américaine bombarde les installations nucléaires iraniennes – avec l’espoir que les attaques pourraient également susciter un «changement de régime» à Téhéran – Bush avait décidé qu’il ne pouvait pas s’y risquer , surtout après que la communauté du renseignement des États-Unis avait estimé en 2007 que l’Iran avait cessé de travailler sur une bombe depuis quatre ans.

L’ascension d’Obama

Les néo-conservateurs connurent un nouveau revers en 2008, lorsque Barack Obama a battu un favori des néo-conservateurs, le sénateur John McCain. Mais Obama a ensuite pris une des décisions fatidiques de sa présidence, en décidant de doter les postes clés de la politique étrangère avec "une équipe de rivaux», c’est-à-dire en gardant le Républicain Robert Gates au Département de la Défense et en plaçant Hillary Clinton, une néoconservatrice « light », à la tête du Département d’Etat.

Obama avait également maintenu le haut commandement militaire de Bush dont la personnalité la plus significative étant le chouchou des médias, le général David Petraeus. Ce qui signifie qu’Obama n’avait pas pris le contrôle de sa propre politique étrangère.

Gates et Petraeus étaient profondément influencés par les néo-conservateurs, en particulier par Frederick Kagan, qui avait été un grand défenseur du "surge", l’escalade militaire de 2007 en Irak, qui avait été saluée par les médias grand public américains comme un grand "succès" mais n’avait jamais atteint son objectif principal d’un Irak unifié. Au prix de près de 1000 tués américains, le « surge » avait seulement acheté du temps pour un retrait ordonné qui épargnait à Bush et aux néo-conservateurs l’embarras d’une défaite évidente.

Ainsi, au lieu d’un important remaniement du personnel dans le sillage de la guerre catastrophique en Irak, Obama présidait à ce ressemblait plus à une continuité avec les politiques de guerre de Bush, mais avec un engagement plus ferme de retirer des troupes en Irak et aussi en Afghanistan finalement.

Dès le début, cependant, Obama a rencontré l’opposition d’éléments clés de sa propre administration, en particulier au niveau des Départements d’État et de la Défense, et par les néoconservateurs encore influents dans les milieux officiels de Washington. Selon diverses informations, y compris les dans Duty, les mémoires récemment publiées de Gates, Obama a manœuvré en soutenant le "surge" en Afghanistan, tel que préconisé par le néo-conservateur Frederick Kagan et poussé par Gates, Petraeus et Clinton.

Gates écrit que Kagan l’avait persuadé de recommander le "surge"en Afghanistan et qu’Obama avait accepté à contrecœur quoique Gates conclut que Obama ne croyait pas à la «mission» et voulait renverser le cours des choses plus vite que Gates, Petraeus et leur camp ne le voulaient.

Face à cette résistance de sa propre bureaucratie, Obama a commencé à s’appuyer sur un petit cercle construit autour du vice-président Joe Biden et de quelques conseillers de la Maison Blanche avec le soutien en matière d’analyse de certains agents de la CIA, dont le directeur de la CIA Leon Panetta.

Obama a également trouvé un allié surprenant avec Poutine après son retour à la présidence russe en 2012. Un conseiller de Poutine m’a dit que le président russe appréciait personnellement Obama et voulait vraiment l’aider à résoudre des différends dangereux, en particulier les crises avec l’Iran et la Syrie.

En d’autres termes, l’erreur de jugement d’Obama au début avec "l’équipe de rivaux" a évolué vers un style présidentiel extraordinaire de politique étrangère, où Obama a élaboré et mis en œuvre une grande partie de son approche du monde hors de la vue ses secrétaires d’Etat et de la Défense (sauf lorsque Panetta été brièvement en poste au Pentagone).

Même après le départ de Gates en 2011, celui par démission du général Petraeus de son poste de directeur de la CIA après un scandale sexuel à la fin de 2012, et celui de Clinton au début de 2013, l’approche singulière d’Obama n’a pas particulièrement changé. On me dit qu’il a une relation distante avec la secrétaire d’Etat John Kerry, qui n’a jamais rejoint le cercle rapproché de politique étrangère d’Obama.

La protection taciturne par Obama de sa « vraie » politique étrangère peut se comprendre car, compte tenu de la persistance de la mentalité « dur à cuire » qui domine encore dans les milieux officiels à Washington., l’approche freelance d’Obama a laissé des espaces aux éléments bellicistes de sa propre administration.

Par exemple, le secrétaire d’État Kerry était tout près d’annoncer le déclenchement d’une guerre américaine contre la Syrie, dans un discours belliqueux prononcé le 30 août 2013, seulement pour se voir couper l’herbe sous le pied par Obama qui avait travaillé avec Poutine pour désamorcer la crise déclenchée par une attaque litigieuse à l’arme chimique dans les alentours de Damas.

De même, Obama et Poutine ont défini le cadre pour un accord intérimaire avec l’Iran sur la façon de limiter son programme nucléaire. Mais quand Kerry a été envoyé pour sceller cet accord à Genève, il a au contraire ajouté les nouvelles exigences nouvelles des Français (qui étaient de corvée pour le compte des Saoudiens) et avait ainsi été près de tout faire capoter. Après s’être fait remonter les bretelles par la Maison Blanche, Kerry est retourné à Genève et a finalisé les arrangements. [Voir l 'Consortiumnews.com " Une défaite Arabie-Israël avec l'accord sur l'Iran . "]

Politique étrangère hétérodoxe

Le politique étrangère hétérodoxe d’Obama – généralement un travail en tandem avec le président russe et parfois en porte-à-faux avec sa propre bureaucratie – a obligé Obama à feindre l’indignation devant ce qui peut être perçu comme un affront infligé par la Russie, comme son accord pour donner temporairement asile au lanceur d’alerte de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden.

En public, Obama était tenu de faire connaître sa désapprobation catégorique de l’asile accordé à Snowden, quoique à plusieurs égards, Poutine faisait une faveur à Obama en lui épargnant d’avoir à poursuivre en justice Snowden avec les conséquences négatives que cela impliquerait pour la sécurité nationale des USA et les répercussions politiques préjudiciables dans la base politique libérale [de gauche] d’Obama.

Des erreurs de Poutine ont aussi compliqué les relations, comme quand il a défendu l’hostilité russe à l’égard des homosexuels et réprimé les voix critiques avant les jeux olympiques de Sotchi. Poutine était ainsi devenu une cible facile pour les commentateurs et les humoristes américains.

Mais l’hésitation d’Obama à expliquer son niveau de coopération stratégique avec Poutine a permis aux néo-conservateurs qui restent influents à Washington, avec notamment leurs avatars dans la bureaucratie du Département d’Etat, d’enfoncer d’autres coins significatifs entre Obama et Poutine. Les néo-conservateurs en sont venus à comprendre que le tandem Obama – Poutine était un obstacle majeur à leur vision stratégique.

A n’en pas douter, la contre-action la plus spectaculaire – et potentiellement la plus dangereuse – des néo-conservateurs a été l’Ukraine où ils ont apporté leur appui financier et politique à des forces d’opposition qui visaient à provoquer la rupture entre l’Ukraine et son voisin russe.

Même si la crise est aussi liée à la division historique de l’Ukraine – entre sa partie occidentale plus tournée vers l’Europe et l’est et le sud peuplés majoritairement de Russes – les agents des néo-conservateurs, avec l’argent du National Endowment for Democracy subventionné par les Etats Unis et d’autres sources US, ont joué un rôle décisif dans la déstabilisation et la déposition du président démocratiquement élu.

Le NED, une agence avec un budget annuel de 100 millions de dollars, a été créé par l’administration Reagan pour promouvoir l’action politique et la guerre psychologique contre des Etats ciblés, soutient financièrement 65 projets en Ukraine, dont la formation de militants, le soutien aux « journalistes » et la promotion d’organisations d’affaires, créant ainsi une structure efficace prête à déstabiliser un gouvernement au nom de la promotion de la « démocratie ».[voir Consortiumnews.com“ A Shadow US Foreign Policy.”]

Les Néo-conservateurs du Département d’Etat ont également mis la main à la pâte en poussant l’Ukraine là se détourner de la Russie. La Secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, femme de l’éminent néo-conservateur Robert Kagan et belle-sœur du conseiller-de Gates et -Petraeus Frederick Kagan, a plaidé vigoureusement pour la réorientation de l’Ukraine vers l’Europe

En décembre 2013, Nuland avait rappelé aux chefs d’entreprise ukrainiens que, pour aider l’Ukraine à réaliser"ses aspirations européennes, nous avons investi plus de 5 milliards de dollars." Elle avait dit que le but des États-Unis était d emmener "l’Ukraine vers l’avenir qu’elle mérite", ce par quoi elle entendait dans l’orbite de l’Occident et à l’écart de la Russie.

Mais le président Ianoukovitch a rejeté un plan de l’Union européenne qui aurait imposé une austérité sévère sur une Ukraine déjà pauvre. Il a accepté un prêt plus généreux de 15 milliards de dollars par la Russie, qui a également soutenu l’économie de l’Ukraine en fournissant du gaz naturel à moindre prix. La décision de M. Ianoukovitch a suscité des manifestations de rue anti-russes à Kiev, située dans la partie ouest du pays, la région la plus pro-européenne.

 Nuland s’était vite mise au travail pour planifier un «changement de régime», encourageant les désordres dans la rue distribuant en personne des biscuits aux manifestants anti-gouvernementaux. Elle n’avait pas semblé pas remarquer ou se soucier du fait que les manifestants de la place Maidan à Kiev avaient hissé une grande bannière honorant Stepan Bandera, un nationaliste ukrainien qui avait collaboré avec les nazis allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et dont les milices avaient participé à des atrocités contre les Juifs et les Polonais.

Fin Janvier, Nuland avait discuté avec l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine Geoffrey Pyatt de qui devrait être autorisé à entrer dans le nouveau gouvernement.

Yats est l’homme de la situation», avait dit Nuland dans une communication téléphonique avec Pyatt qui a été interceptée et mis en ligne. «Il a l’expérience en économie, l’expérience du gouvernement. Il est le gars qu’on connaît. "Par" Yats, "Nuland faisait allusion à Arseni Iatseniouk, qui avait servi comme chef de la banque centrale, ministre des Affaires étrangères et ministre de l’économie -. Et qui s’engage à appliquer une politique d’austérité sévère.

Tandis que la Secrétaire adjointe Nuland et le Sénateur McCain applaudissaient les manifestants, les manifestations de rue devenaient violentes. La police se heurtait à des groupes néo-nazis, les descendants idéologiques des Ukrainiens anti-russes de Bandera qui avaient collaboré avec la SS nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

La crise s’aggravant et des dizaines de personnes étant tuées dans des combats de rue, Ianoukovitch a accepté un accord négocié par l’UE qui a appelait à des élections anticipées et la police se retirer. Les troupes d’assaut néo-nazies ont alors saisi l’occasion pour occuper les édifices gouvernementaux et forcer Ianoukovitch et plusieurs de ses collaborateurs à fuir pour sauver leur vie.

Avec ces néo-nazis pour assurer "la sécurité", les autres parlementaires ont accepté une série de votes à l’unanimité ou presque unanimes pour mettre en place un nouveau gouvernement et demander l’arrestation de M. Ianoukovitch pour meurtre de masse. Le choix de Nuland, Iatseniouk, a été retenu pour le poste de Premier ministre par intérim.

L’éviction violente de Ianoukovitch a provoqué la résistance populaire au coup d’Etat dans les régions sud et est à peuplement russe.. Après avoir trouvé refuge en Russie, Ianoukovitch a sollicité l’aide de Poutine. Poutine a alors envoyé des troupes russes pour s’assurer le contrôle de la Crimée. [Pour en savoir plus sur cette histoire, voir Consortiumnews.com l '« Encourager un «Coup démocratique» en Ukraine . "]

Éloigner Obama de Poutine

La crise ukrainienne a donné l’opportunité aux néo-conservateurs de Washington d’enfoncer un nouveau coin entre Obama et Poutine. Par exemple, le vaisseau amiral des néo-conservateurs, le Washington Post, a écrit dans son éditorial de samedi qu’Obama réagissait par des « appels téléphoniques » là où quelque chose de bien plus menaçant qu’une « condamnation » était nécessaire.

C’est toujours étonnant de voir le Washington Post, qui avait plaidé avec force pour une intervention militaire américaine en Irak sous le faux prétexte d’éliminer des (inexistantes) armes de destruction massive, se fâcher quand un autre pays agit en réponse à une vraie menace pour sa sécurité à ses propres frontières, pas à l’autre bout du monde.

Mais les chefs de rédaction du Washington Post n’ont jamais reculé devant leur propre hypocrisie . Ils ont écrit, « L’objectif probable de M. Poutine n’était pas difficile à imaginer. Il semble réagir à la déposition la semaine dernière du gouvernement pro-Kremlin en Ukraine avec un ancien et ignoble procédé russe : provoquer une rébellion séparatiste dans un Etat voisin, en se servant de ses propres troupes si nécessaire. »

La réalité, cependant, semble avoir été que des éléments néo-conservateurs au sein du gouvernement des États-Unis ont encouragé le renversement du président élu de l’Ukraine par un coup d’Etat mené par des groupes d’attaque néo-nazis qui ont ensuite terrorisé les députés pour que le Parlement adopté des lois draconiennes, dont certaines destinées à punir les régions tournées vers la Russie qui préfèrent Ianoukovitch.

Pourtant, en plus d’égratigner Obama pour son discours modéré sur la crise, le Post a déclaré que "M. Obama et les dirigeants européens doivent agir rapidement pour empêcher le démembrement de l’Ukraine. Il manquait à la déclaration du président la mention d’ une première étape nécessaire: l’exigence que toutes les forces russes – régulières et irrégulières – se retirent … et que Moscou reconnaisse l’autorité du nouveau gouvernement de Kiev. Si M. Poutine … ne se conforme pas, les dirigeants occidentaux devraient indiquer clairement que la Russie paiera un prix élevé ".

Les responsables de rédaction du Post sont friands d’appels à donner des ultimatums à divers pays, spécialement l’Iran et la Syrie, en impliquant que s’ils ne se conforment pas à certaines exigences des Etats Unis, des mesures sévères, dont des représailles militaires, s’ensuivront.

Mais maintenant, les néo-conservateurs, dans leur poursuite obstinée et sans fin de "changement de régime" dans les pays qui suivent leur propre voie, ont porté leurs ambitions à un niveau dangereux, en voulant confronter la Russie détentrice de l’arme nucléaire avec des ultimatums.

Dimanche, la rédaction néo-conservatrice du Post a « énoncé les conséquences » pour Poutine et la Russie qui consistent pour l’essentiel en la proposition d’une nouvelle Guerre Froide. Le Post a moqué Obama pour sa présumée mollesse à l’égard de la Russie et a laissé entendre que le prochain « changement de régime » devait intervenir à Moscou.

"Beaucoup en Occident ne croyaient pas que M. Poutine n’oserait tenter une intervention militaire en Ukraine en raison des graves conséquences possibles», écrit le Post. "Le fait que le dirigeant russe soit passé à l’acte montre qu’il doute que les dirigeants occidentaux réagissent avec force. S’il ne recule pas rapidement, les États-Unis doivent lui prouver qu’il a tort ".

 La folie des néoconservateurs a longtemps est depuis longtemps signalée par leur arrogance extraordinaire et leur mépris pour les intérêts des autres nations. Ils supposent que la puissance militaire des États-Unis et d’autres moyens coercitifs doivent s’exercer sur toute nation qui ne s’incline pas devant les ultimatums américains ou qui résiste aux coups de force orchestrés par les USA.

Chaque fois que les néo-conservateurs rencontrent une résistance, ils ne repensent pas leur stratégie, ils passent simplement à l’étape suivante. Irrités par le rôle de la Russie dans l’empêchement des attaques militaires américaines contre la Syrie et l’Iran, les néo-conservateurs élèvent le niveau de leur conflit géopolitique en s’en prenant à la frontière même de la Russie, en misant sur l’éviction violente du président élu de l’Ukraine.

L’idée était de porter à Poutine un coup sérieux et embarrassant comme punition pour avoir interféré avec le rêve néo-conservateur de « changement de régime » à travers le Moyen Orient. Maintenant, avec le contre effectué par Poutine avec le déploiement de troupes russes pour s’assurer du contrôle de la Crimée, les néo-conservateurs veulent qu’Obama aille vers l’escalade en s’en prenant à Poutine.

Certains néo-conservateurs de premier plan voient même dans l’éviction de Poutine l’étape décisive pour rétablir la prééminence de leur agenda. Carl Gershman, le président du NED, a écrit dans le Washington Post, « Le choix de l’Ukraine de rejoindre l’Europe accélérera la disparition de l’idéologie de l’impérialisme russe que représente Poutine… Les Russes aussi sont devant un choix, et Poutine pourrait bien se retrouver du côté perdant, pas seulement avec le proche étranger mais en Russie même. »

Au minimum, les néo-conservateurs espèrent pouvoir neutraliser Poutine en tant qu’allié d’Obama pour réduire les tensions avec le Syrie et l’Iran – et ainsi réactiver l’hypothèse de frappes militaires contre ces deux pays.

Avec les événements devenus incontrôlables, il semble plus que temps maintenant pour le président Obama d’expliquer au peuple américain pourquoi il a coopéré avec le président Poutine pour essayer de résoudre certains des problèmes mondiaux les plus épineux.

Ce qui nécessiterait cependant qu’il prenne enfin le contrôle de sa propre administration, pour la purger des représentants néo-conservateurs qui ont œuvré à saboter sa vraie politique étrangère et ferme des organisations contrôlées par les néo-conservateurs comme le National Endowment for Democracy qui se servent de l’argent des contribuables américains pour encourager des troubles à l’étranger. Il lui faudrait un réel courage politique.

A-t-on besoin de l’ONU pour traiter le dossier des armes chimiques syriennes?

septembre 11, 2013

On entend certains commentateurs et le gouvernement français affirmer que c’est la menace crédible d’un recours à la force qui a amené la Russie à faire une proposition visant à détruire les stocks d’armes chimiques dont dispose ou disposerait l’armée syrienne.

Cette appréciation est fausse comme le montre le blogueur qui anime Moon of Alabama, un de ces sites indispensables pour comprendre le monde contemporain.

La vérité est que, comme au jeu d’échecs, les autorités russes ont exploité immédiatement une faille apparue dans le jeu de l’adversaire et ont avancé un pion dont le positionnement a désarçonné ce dernier.

L’analogie avec le jeu d’échecs s’arrête là, parce que le but de la diplomatie russe n’est pas de mettre en échec les Etats Unis et encore moins de les mettre mat (c’est-à-dire de les mettre à mort) mais de trouver un moyen pour sortir les Etats Unis de la logique de guerre dans laquelle ils se sont malencontreusement enferrés.

La France en est désormais réduite aux gesticulations oiseuses et belliqueuses du sieur Laurent Fabius qui est furieux de perdre l’occasion de faire sa guerre pour l’Etat prétendu juif. Après le report du vote au Congrès par le président Obama, c’est là le deuxième sévère camouflet subi par une diplomatie français prise en otage par les zélateurs de Tel Aviv.

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La paix, c’est pas la joie…

De fait, les possibilités offertes dorénavant à la diplomatie ne se limitent pas , tant s’en faut, à une résolution de l’ONU du genre « prête à être bafouée » par les prétendus garants du droit international que seraient la France et le Royaume Uni, deux régimes notoirement fauteurs de guerre.

Pas besoin de l’ONU pour régler la question de l’armement chimique syrien

Moon Of Alabama (USA) 10 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gregg Carlstrom résume le message confus d’Obama sur la Syrie:

Nous sommes  "sérieusement sceptiques " devant l’offre, qu’à l’origine nous avions accidentellement proposé quelques heures plus tôt, pour résoudre pacifiquement un bras de fer sur une «ligne rouge» qui nous avions accidentellement fixée l’année dernière. À tout le moins, elle va retarder de plusieurs semaines, notre réponse à un massacre «déplorable», notre «moment munichois» qui, nous le promettons sera "incroyablement petit et très limité."

Pour tous ceux qui ont suivi de près les évènements d’hier (et les questions à plus long terme), il est évident que l’administration Obama n’avait pas prévu un tel développement. Il n’a pas été le résultat d’une diplomatie intelligente mais celui d’une autre gaffe de Kerry dont la Russie s’est servie pour transformer une situation tendue en un schéma gagnant pour presque toutes les parties.

L’initiative russe qui utilisé des propos désinvoltes de Kerry a épargné à la Syrie une attaque imminente par les forces US qui aurait modifié l’équilibre sur le champ de bataille au profit des rebelles et des terroristes soutenus par l’étranger. Elle renforce la position d’Assad à l’international en tant que chef de l’Etat syrien. Elle sauve aussi l’administration Obama d’une sévère défaite au Congrès et de l’embarras d’une frappe unilatérale et illégale qui aurait été trop puissante pour être vue comme justifiée – aussi bien dans le monde qu’au niveau national – et trop peu importante pour calmer les bellicistes israéliens et les autres soutiens de l’insurrection.

Le Secrétaire Général de l’ONU, la Chine, la Grande Bretagne, la France et la Ligue Arabe ont salué l’initiative russe. La Syrie l’a acceptée. Comme on pouvait le prévoir, les insurgés syriens sont contre la proposition russe tout comme les Israéliens. Ils n’y pourront rien. L’élan de l’administration Obama vers la guerre est maintenant brisé et ne pourra être relancé. Aller vers la guerre nécessiterait maintenant une campagne de propagande complètement nouvelle basée sur une autre cause pseudo-rationnelle.

La France propose aujourd’hui une résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU pour adopter une proposition qui reste encore à définir. La France et la Grande Bretagne vont essayer de placer cette résolution sous le chapitre VII de [la charte de] l’ONU qui autoriserait en fin de compte le recours à la force contre la Syrie.

Ni la Russie, ni la Chine ne l’accepteront. Il n’y a en réalité aucun besoin d’une résolution de l’ONU même si la Russie préférerait avoir une déclaration du Conseil de Sécurité sur cette question ne serait-ce que pour ramener les Etats Unis dans le champ du droit international.

Les stocks chimiques de la Syrie peuvent être placés sous contrôle international par une remise immédiate des clefs des dépôts à des officiers chinois et russes. La Syrie pourrait alors entrer en contact avec l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) et demander à ses inspecteurs de travailler avec les officiers étrangers pour inventorier et vérifier les registres de stockage et concevoir des plans pour leur destruction finale. L’OIAC est une organisation légale internationale de plein exercice et non une agence de l’ONU. La Syrie adhérerait à l’OIAC en signant et en ratifiant la Convention sur les Armes Chimiques. La Syrie informerait le Secrétaire Général de l’ONU de ces démarches. Il n’y a aucune raison juridique pour impliquer les nations Unies ou le Conseil de Sécurité dans ces démarches.

La destruction des stocks syriens pourrait prendre du temps. On cherchera à éviter de transporter ces produits chimiques et on préférera construire une installation spécifique de traitement et d’incinération quelque part dans le désert syrien pour y détruire ces munitions et produits chimiques. Ce qui pourrait prendre, comme aux Etats Unis, une dizaine d’années voire plus.

Je ne vois pas par quel moyen les Etats Unis et leurs allies pourraient exercer une pression raisonnable pour une résolution sous le chapitre VII. La Syrie déclare, comme tant d’autres Etats avant elle, qu’elle va volontairement  faire la démarche de satisfaire à la convention sur les armes chimiques. Alors pourquoi donc devrait-elle, contrairement à d’autres pays avent elle, être menacée par la force de devoir le faire ? En cas de résolution sur les armes chimiques au Moyen Orient, la Russie et la Chine doivent insister pour qu’elle concerne tous les pays du Moyen Orient, dont bien sûr l’armement chimique israélien. C’est une demande raisonnable qui sera rejetée par les Etats Unis à qui on pourra à bon droit reprocher d’avoir fait échouer l’adoption de la résolution.

Si Obama est intelligent, il reconnaîtra que la Russie lui aura évité de ruiner son mandat présidentiel. Il devrait se servir de ce moment pour repenser sa stratégie syrienne, pour se dissocier de l’alliance saoudo-turco-israélienne qui veut détruire la Syrie et accepter finalement une solution diplomatique et politique pour le peuple syrien.

Syrie et armes chimiques: la force de destruction du mensonge

août 26, 2013

Jason Diltz d’Antiwar nous parle des armes chimiques en Syrie. Plus précisément, il fait le point sur la manipulation grotesque mise en place par les gouvernement occidentaux pour accuser les autorités syriennes d’avoir utilisé de telles armes contre la population civile.

A ceux qui veulent une preuve de l’étendue de la manipulation, celle-ci est apporté par Diltz qui signale que le gouvernement des Etats Unis a essayé d’obtenir du Secrétaire Général de l’ONU qu’il ordonne le retrait des inspecteurs spécialisés qui se trouvent en ce moment même en Syrie.

Apparemment, les régimes occidentaux seraient prêts à en découdre contre la Syrie et une attaque serait prévue dans les deux semaines à venir.

De fait, tout en stigmatisant une éventuelle agression occidentale contre la Syrie, la Russie a fait clairement savoir qu’ elle ne s’opposerait pas militairement à une telle entreprise.

On comprend bien que la Russie n’en a ni les moyens et encore moins la volonté. Mais qu’elle a sans doute reçu des garanties que les bombardements auraient une portée somme toute limitée sur le plan politique, c’est-à-dire qu’ils ne viseraient pas à détruire la direction politique syrienne mais à l’affaiblir significativement et à entretenir ainsi le chaos dans le pays.

Fait nouveau, le régime sioniste a également fait savoir nettement qu’il encourageait une telle démarche agressive contre le pouvoir syrien.

Pour prendre la mesure de l’émotion suscitée en effet par l’usage (certain d’après François Hollande) supposé d’armes chimiques par l’armée syrienne, il suffit de constater l’état de confusion mentale d’un Laurent Fabius qui est allé confier son affliction à son ami Shimon Peres, un utilisateur pourtant avéré de l’arme chimique contre le peuple palestinien.

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Le Journal du Dimanche "le président (sioniste) Shimon Peres, qui embrasse Laurent Fabius comme un membre de sa famille"

Ce qui déclenche ces poussées humanitaires (traduisez bellicistes) chez les dirigeants occidentaux, c’est tout simplement l’état de déconfiture politique et militaire de leurs protégés qui sont repoussés partout où l’armée gouvernementale a décidé de passer à l’offensive. Ce fut le cas à al Qussayr , aux alentours de Lattaquié et c’est maintenant le cas dans la périphérie de Damas.

Les offensives de l’armée syrienne se soldent à chaque fois par de lourdes pertes chez l’adversaire qui les compense en faisant de plus en plus appel à des gamins qu’on endoctrine  contre le gré des familles ou avec l’accord de celles qui ont un besoin désespéré de moyens de subsistance et qui acceptent donc de recevoir une indemnisation [le salaire de l’enfant soldat) et peuvent même passer en tête de liste pour l’accès à l’aide alimentaire.  

On signale même une tendance nouvelle, l’arrivée de jeunes mineurs venus de Tunisie, d’Algérie et d’Europe pour combattre en Syrie.

L’ONU rejette un appel des Etats Unis à retirer ses inspecteurs de Syrie tandis que la guerre menace

Les Etats Unis se préparent à attaquer, mais les inspecteurs contunuent ) enquêter sur les accusations

Par  Jason Ditz, Antiwar (USA) 26 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a rejeté aujourd’hui les demandes américaines de retirer de Syrie les inspecteurs en armement chimique, les personnes informées de la teneur de la conversation affirmant qu’il est «resté ferme sur le principe.»

Les dirigeants des Etats Unis et d’autres pays occidentaux cherchent désespérément à préserver leur version sur l’usage d’armes chimiques par la Syrie et semblent craindre que cette dernière soit sérieusement mise à mal par l’enquête onusienne.

C’est pourquoi, après avoir d’abord exigé que les inspecteurs puissent se rendre sur site, les Etats Unis ont brusquement tourné  casaque quand la Syrie a accepté, insistant pour dire qu’il était «trop tard.» Depuis, les officiels [occidentaux] ont soutenu être déjà convaincus de la culpabilité [de l’armée] syrienne sur la base d’informations de presse et de déclarations des rebelles, et se préparent à lancer des attaques dans les quinze jours à venir.

Les dirigeants britanniques ont franchi un pas supplémentaire et ont essayé d’anticiper sur les conclusions de l’enquête en affirmant que les preuves ont probablement été détruites ou «trafiquées» et que ce que les enquêteurs diront au monde sur ce qui s’est passé à Jobar sera dépourvu de fiabilité.

A l’instar de ce qui avait conduit à l’invasion de l’Irak, les dirigeants occidentaux ont déjà pris leur décision et sont maintenant en train de faire tout leur possible pour éviter la production de preuves qui ruineraient leur projet.

Le pays où on identifie les Juifs par l’ADN

août 19, 2013

On peut être certain que si l’Allemagne nazie avait eu connaissance des tests ADN, elle les aurait mis en pratique pour distinguer le bon grain de l’ivraie.

De fait, comme on le sait, l’idée que les Juifs auraient un profil génétique particulier est régulièrement dénoncée comme une manifestation abjecte d’antisémitisme

 

Les russophones qui souhaitent faire l’aliya pourraient être obligés de subir un test ADN

Le cabinet du premier ministre déclaré que les candidats à l’immigration originaires de l’ex Union Soviétique pourraient se voir demander de prouver leur lignage juif.

Par Asher Zeiger et rédaction, Times of Israel (Sionistan) 29 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre d’habitants de l’ex-Union soviétique qui souhaitent immigrer en Israël pourrait être soumis à des tests ADN pour prouver leur judéité, a déclaré dimanche le bureau du Premier ministre.

Cette procédure a été signalée par Maariv ce lundi, au lendemain de l’information révélée par ce journal israélien sur une jeune femme de 19 ans originaire de l’ex Union Soviétique qui a dû se soumettre à un test ADN en vue d’être admise à un voyage de découverte d’Israël [les Birthright trips sont des séjours de découverte réservés à de jeunes juifs en vertu de leur droit « naturel », de naissance, afin de renforcer leur attachement à l’entité sioniste et de les encourager à participer à l’œuvre coloniale, note de Djazaïri].

Les services du premier ministre ont confirmé que de nombreux Juifs de l’ex Union Soviétique qui sont nés hors mariage peuvent se voir exiger de confirmer par la génétique leur appartenance juive afin d’avoir l’autorisation d’immigrer en tant que juif.

Une source auprès des services du premier ministre a déclaré à Maariv que la procédure consulaire, approuvée par le département juridique du ministère de l’intérieur dispose qu’un enfant russophone n’ hors des liens du mariage est éligible à un visa d’immigration en Israël si  la naissance a été enregistrée avant le troisième anniversaire. Si ce n’est pas le cas, un test génétique pour prouver la filiation juive est nécessaire.

Un porte parole du ministère des affaires étrangères a expliqué que la décision d’exiger un test AND pour les Juifs russes est basée sur une recommandation de Nativ, un programme éducatif place sous les auspices du bureau du premier ministre pour aider les Juifs de l’ex Union Soviétique à immigrer en Israël.

Cette affaire touche au cœur de la loi du retour en Israël qui permet à toute personne qui a un parent, un grand parent ou un époux juif d’aller en Israël et d’accéder à la citoyenneté. Déterminer qui est un Juif – une définition qui a évolué avec les nombreux courants de la religion – a conduit le ministère de l’intérieur à créer un système byzantin de vérifications et de règles qui a parfois amené les candidats [à l’immigration], les convertis tout particulièrement, à aller devant les tribunaux israéliens pour [faire reconnaître] leur droit à immigrer.

Dans son article initial, Maariv révélait que le problème pour Mashah Yakerson, la participante au programme Birthright, tenait au fait que sa naissance n’avait été enregistrée [auprès des services consulaires] qu’à l’âge de trois ans, jetant ainsi un doute sur sa filiation. Mais selon l’article de lundi, l’affaire avait été compliquée parle fait qu’elle était née hors mariage.

Birthright propose des séjours gratuits de dix jours en Israël pour de jeunes adultes Juifs âgés entre 18 et 26 ans qui ne se sont jamais rendus dans le pays dans un contexte éducatif.

Le Dr. Shimon Yakerson [le père de Mashah, NdT] a déclaré qu’après avoir contesté la décision, on lui a répondu que sans un test ADN sa fille n’aurait pas l’autorisation de participer au programme ou d’immigrer en Israël.

“C’est du racisme flagrant à l’égard des Juifs russes,” a déclaré Shimon Yakerson à Maariv.

Yakerson a déclaré que la naissance de sa fille avait été déclarée tardivement parce qu’il travaillait dans une faculté rabbinique aux Etats Unis quand elle est née.

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Selon le traité du Dr Yakerson, vos chapeaux ne prouvent pas que vous êtes juifs!

Des officiels du ministère des affaires étrangères ont déclaré dimanche à Maariv que l’exigence d’un test ADN les laissait perplexes parce que selon la Loi du Retour, même des enfants adoptés par des Juifs sont éligibles à la citoyenneté israélienne.

Yakerson a une fille plus âgée, Dina, qui a immigré en Israël en vertu de la Loi du Retour en 1990.

Missiles S-300 en Syrie à la barbe du Mossad

mai 30, 2013
L’entité sioniste avait affirmé que sa dernière action de bombardement de la région de Damas avait pour objectif de détruire des équipements militaires destinés au Hezbollah libanais et qui étaient susceptibles de représenter une menace pour l’entité sioniste.
 
Un argument qui en temps ordinaire est de nature à faire taire toute critique et exclut bien sûr toute condamnation de la part des régimes occidentaux, ceux-là même qui se prétendent "amis" de la Syrie.
 
Remarquez que ce sont les même qui étaient les "amis" du Liban en 2006…
 
Et les temps actuels sont tout sauf ordinaires puisque les dits "amis" de la Syrie considèrent qu’il est grand temps que ce pays ami change de président, même si pour cela il faut plonger le pays dans la guerre et contrevenir à la lettre et à l’esprit de la Charte des Nations Unies dont certains de ces "amis" de la Syrie sont supposés être les garants.
 
Et en ces temps peu ordinaires, l’entité sioniste ne s’est pas privée de signifier qu’elle était prête à frapper la Syrie à nouveau si elle estimait que sa sécurité l’exigeait .
 
Des menaces qui n’ont suscité qu’indifférence dans le monde des "amis" de la Syrie mais qui ont amené le gouvernement syrien à faire savoir qu’il riposterait en cas de nouvelle agression.
Des propos bien entendu jugés inadmissibles par l’entité sioniste qui est la seule à avoir le droit de se "défendre".
 
Comme si un agresseur avait un droit quelconque à se défendre.
 
Ces derniers jours, le gouvernement sioniste a encore monté d’un ton devant les informations selon lesquelles la Russie allait fournir des missiles sol-air évolués de type S-300.
 
Un des chefs du gang sioniste, Benjamin Netanyahou en l’espèce, a même fait le voyage à Moscou pour expliquer à Vladimir Poutine qu’il devait s’abstenir de livrer ces engins à l’armée syrienne.
 
Et les terroristes sionistes ont même menacé  d’armer les ennemis de la Russie ou d’attaquer les bateaux russes qui seraient chargés d’acheminer ces missiles vers la Syrie.
 
Après tout, les terroristes sionistes ont assassiné  le Comte Folke Bernadotte (un de ses assassins ayant eu droit à un hommage de la part de François Hollande au moment de son trépas), bombardé l’USS Liberty, un navire de l’armée américaine, saboté dans le port de Fréjus un équipement nucléaire destiné à l’Irak (vous ne trouverez rien sur le net à ce sujet), assassiné des militants humanitaires dans un bateau battant pavillon turc etc.
 
Le tout dans l’impunité totale. Alors pourquoi en irait-il autrement avec les Russes?
 
De fait, les informations les plus contradictoires ont circulé sur la future livraison ou  non livraison de ces armes à la Syrie, certaines d’entre elles faisant état d’une gesticulation de Moscou pour se trouver en position de force dans les négociations qui semblent se profiler.
 
Les choses sont beaucoup plus claires aujourd’hui puisque le président Bachar al-Assad a annoncé en personne que son pays disposait désormais des fameux missiles.
Un camouflet pour les services secrets sionistes qui croyaient que ces systèmes d’armes imposants étaient encore stockés dans un hangar quelque part en Russie.
 
On verra si les gangsters sionistes mettent à exécution leur autre menace qui consiste à essayer de détruire ces équipements sur le sol syrien.
 
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Même si ces missiles sont vulnérables tant qu’ils n’ont pas été mis en ordre de bataille, il est à peu près certain que non seulement ils sont (ou seront) installés par des techniciens Russes mais aussi que, compte tenu de la sophistication de systèmes qui demandent sans doute des mois de formation pour être manipulés correctement, leurs servants seront au moins pendant un temps des membres de l’armée russe.
 
 
Autant d’éléments de nature à dissuader les sionistes de bombarder les sites qui accueillent ou accueilleront ces missiles.
 
Les S-300 ont vocation à sanctuariser le territoire syrien contre les attaques venues du ciel. Ces missiles sont même en mesure d’interdire à l’aviation sioniste une bonne partie de son "propre" (palestinien en réalité) espace aérien .
 
C’est dire que Vladimir Poutine entend fixer lui-même les limites de l’ingérence militaire étrangère en Syrie.
 
Les sionistes se consolent en se disant qu’ils ne sont "pas une cible pour Assad", ce qui est une manière d’essayer d’induire l’opinion en erreur car ces engins n’ont pas vocation à attaquer le territoire ennemi (ce ne sont pas des missiles sol-sol) mais à défendre le territoire syrien contre les attaques de l’aviation sioniste ou, pourquoi pas, française ou anglaise.
 
A ceux qui s’inquiètent de la présence des missiles par rapport aux discussions à venir sur une sortie pacifique de crise en Syrie, on rappellera aussi que ces engins sont inutiles face à une guérilla et ne peuvent gêner que ceux qui envisageraient des attaques aériennes contre la Syrie.
 
 

Pour Jeremy Salt, une seule option en Syrie: la victoire de l’armée et du gouvernement syriens

mai 19, 2013

On connaît Jeremy Salt sur ce blog. Salt a la particularité d’être un universitaire américain, spécialiste du Moyen Orient, qui enseigne dans une université turque !

Son point de vue sur la Syrie est donc particulièrement autorisé.

Quand je dis point de vue, je ne parle pas d’opinions alimentées par les informations très partielles ou déformées et la conception qu’on a du bien et du mal. Pas besoin d’avoir fait des études pour ça, et ce mode de construction de l’opinion est précisément le pain quotidien des propagandistes et des politiciens habiles à manipuler les foules.

Un vrai point de vue est d’abord un point de vue informé qui est le résultat d’une mise en relation pertinente des informations importantes, c’est-à-dire qui définit l’objet sur lequel porte le point de vue parce que cet objet n’est pas un donné à priori.

Pour Jeremy Salt, sauf évènement imprévu, le conflit syrien tire vers sa fin.

Il tire à sa fin militairement par la victoire qui se dessine de l’armée gouvernementale.

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Samedi 19 mai l’armée syrienne a investi le centre d’al Qussayr

Il tire aussi à sa fin politiquement du fait de l’implosion de l’opposition d’une part et du choix fait par les Etats Unis d’une sortie de crise négociée avec la Russie.

Cette crise syrienne aura permis de voir quelles sont les puissances qui comptent en ce moment sur la scène internationale avec le retour prévisible de la Russie au premier plan et l’irruption de la Chine.

Si les Etats Unis restent, c’est évident, un acteur majeur (le plus important) on aura par contre pu constater la vanité de puissances comme la France ou la Grande Bretagne qui, peinant à suivre les orientations de leur maître de Washington, sont soit en retard, soit en avance d’un retournement de veste. Ainsi de cette dernière sortie du gouvernement français qui prétend interdire à l’Iran de participer aux négociations sur la Syrie.

Pathétique de la part d’un gouvernement français qui a longtemps cru qu’il pourrait procéder en Syrie comme il l’a fait en Libye alors qu’il n’aurait rien pu faire en Libye (et a Mali non plus) sans le soutien politique et militaire des Etats Unis.

Un gouvernement français qui n’a cessé de mettre de l’huile sur le feu en Syrie alors que les autorités iraniennes ont pris soin d’ouvrir leurs portes à toutes les parties.

 

La crise syrienne: L’Option

By Jeremy Salt à Ankara, The Palestine Chronicle 18 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Alors que toutes les options sont censées être toujours sur la table, Barack Obama s’éloigne clairement de l’éventualité d’une implication plus profonde en Syrie maintenant qu’il est évident que rien,  à part une intervention  militaire directe, ne fera tomber le régime de Damas. Au cours des derniers mois seulement, les groupes armés ont perdu des milliers d’hommes. Même si  le conflit va perdurer un certain temps encore, l’armée syrienne est en train de réduire progressivement l’insurrection.

Ceux qui sont derrière cette aventure sont en plein désarroi. Comme le Conseil national syrien avant elle, la Coalition nationale syrienne a implosé. Muadh al Khatib [ex chef de la coalition] est maintenant une voix en marge. Ghassan Hitto [en passe d’être limogé] est la seule personne au monde à être premier ministre d’un comité. Ces personnes sont une cause complètement perdue.

Dans le monde réel, et non pas le monde des illusions, on est horrifié par la vidéo qui montre un chef «rebelle» arracher  le coeur du corps d’un soldat mort et  mordre dedans. Ou peut-être étaient-ce les poumons ou le foie. Si les médias semblent hésiter là-dessus, ils semblent considérer important assez important de savoir de quel organe il s’agit exactement. Loin de nier cet acte sanguinaire, son auteur l’a revendiqué avant de se vanter de la façon dont il avait découpé en morceaux le corps de shabiha [shabiha : désignation habituelle des milices pro gouvernementales] faits prisonniers.

Le cannibalisme semble être une première mais sinon, il n’y a pas grand chose que les psychopathes des groups armés n’ont pas encore fait en Syrie. Mais peut-être ne doit-on pas appeler  psychopathes les gens qui font ce genre de choses ? Ce sont après tout exactement le genre de personnes qu’il faut pour faire une guerre aussi sauvage. La soi-disant Armée Syrienne Libre (ASL)a dit qu’elle  allait rechercher l’homme qui a découpé le cœur du soldat. Très bien. Elle pourrait aussi partir à la recherche des égorgeurs et des ‘rebelles’ qui ont décapité des gens.

Elle pourrait aussi traquer les homes qui ont tué des fonctionnaires avant de balancer leurs corps du tout du bureau de poste à Al Bab. Elle pourrait pourchasser leurs frères d’armes qui ont visé délibérément des civils avec des voitures piégées. Elle pourrait aussi traquer les assassins de l’imam et des 50 fidèles de la mosquée de Damas et elle pourrait pourchasser tous les violeurs et tous les ravisseurs, dont les Tchétchènes qui ont enlevé deux évêques  qui restent détenus à Alep tandis que les dirigeants Chrétiens des gouvernements occidentaux regardent ailleurs. Dans cette traque de tous les individus qui ont sali sa glorieuse réputation, l’ASL n’aura pas à aller chercher bien loin parce que beaucoup d’entre eux viennent de ses propres rangs. Ce ne sont pas les preuves qui manquent. Les médias regorgent de séquences vidéos sanguinolentes à la gloire des hauts faits de ces hommes qui sont fiers de leur bravoure et veulent la donner à voir au monde. Ce sont ces gens que le Qatar et l’Arabie Saoudite ont armés et financés pour prendre le contrôle de la Syrie.

Telle est la réalité derrière le récit bidon qu’ont refilé les médias pendant les deux dernières années. Les médias ont régurgité tous les mensonges et toutes les exagérations des ‘activistes’ et du soi-disant Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), selon qui la chute du ‘régime’ syrien était imminente et toutes les atrocités étaient du fait de l’armée syrienne. A l’exception de quelques reportages récemment publiés par Robert Fisk, pratiquement aucun média grand public n’a rapporté les combats vus de la perspective du gouvernement syrien et de son armée. Les journalistes passaient les frontières avec les groupes armés et rapportaient uniquement leur version des événements. C’est comme compter sur les journalistes ‘embedded’ avec l’armée des Etats Unis pour avoir un récit fiable de ce qui se passait en Irak. Et, encore comme en Irak, la même propagande se répète au sujet des armes chimiques.

La réalité devait finalement l’emporter. Ce n’est pas le ‘régime’ ou l’armé qui sont sur le point de s’effondrer mais l’insurrection. Seule une intervention militaire directe peut la sauver et, au vu des succès de l’armée syrienne et du ferme soutien apporté par la Russie au gouvernement syrien, elle est extrêmement improbable. Obama est exhorté à ‘faire plus’ mais il ne semble guère montrer d’inclination à se laisser aspirer plus avant dans ce bourbier. Les autres ne feront rien sans les Etats Unis à leur tête. L’Allemagne est opposée à une implication et l’Autriche a déclaré que fournir des armes aux ‘rebelles’, ce que la Grande Bretagne voulait faire, quand l’embargo de l’UE arrivera à terme le 31 mai, serait une violation du droit international.

Cette semaine, les projecteurs se sont tournés vers le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avec son voyage à Washington pour discuter de la Syrie avec Barack Obama. La Turquie a joué un rôle central dans l’évolution du conflit syrien. L’Arabie saoudite, le Qatar et la Libye ont fourni l’argent et les armes, mais c’est la Turquie qui a ouvert son territoire à la mobilisation des hommes armés qui passent la frontière pour faire tomber le «régime». Erdogan n’a pas reculé d’un pouce de la position qu’il a prise contre Bachar al Assad il ya plus de deux ans. Le seul cas démontré d’une attaque à l’arme chimique à été celle faite avec un mélange à base de chlore placé dans une ogive et tiré sur un barrage de l’armée syrienne à Khan al Assal, tuant un certain nombre de soldats et de civils. Erdogan, cependant, maintient que c’est l’armée syrienne qui a utilisé des armes chimiques et, ce faisant, a franchi la ligne rouge tracée par Obama. »Interrogé peu avant son départ pour Washington pour savoir s’il soutiendrait la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, il a répondu:« Nous dirions oui tout de suite ».

La semaine dernière, des voitures bourrées de plus d’une tonne de C4 et de TNT ont explosé dans la ville frontalière de Reyhanli dans la province de Hatay. Au moins 51 personnes ont été tuées. Les destructions ont été énormes. L’immeuble de la mairie et des dizaines de commerces ont été rasés. Dans les heurs qui ont suivi l’attentat, des voitures immatriculées en Syrie ont été détruites et des réfugiés Syriens ont été attaqués par des habitants fous de rage. Tout en s’affairant autour des décombres, ils maudissaient Erdogan. Cet attentat atroce suivait un modus operandi familier aux Syriens : une bombe explose suivie d’autres une fois que les gens se sont rassemblés atour du lieu de la première, ce qui permet de maximiser nombre de victimes.

En dépit des accusations du gouvernement turc pour qui l’attentat est l’oeuvre d’une organisation terroriste collaborant avec les services secrets syriens, seuls les groups armés ou un des gouvernements qui les soutient pouvait avoir un mobile evident de commettre ce crime. L’armée syrienne est en train d’écraser l’insurrection, le conseil des «traîtres» basé à Doha a implosé et les Russes et les Américains se sont assis pour discuter. L’attentat était clairement conçu pour attirer la Turquie à entrer directement dans le conflit de l’autre côté de la frontière. 

L’attentat de Reyhanli est intervenu une semaine après qu’Israël a lancé une série d’attaques aériennes sauvages contre la Syrie. Ce n’était pas une frappe avec un seul missile. Deux attaques en trois jours, qui ont duré des heurs avec un largage massif de bombes sur la périphérie de Damas, ce qui donne à penser que le but était de provoquer une riposte syrienne, ouvrant la voie à une guerre générale dans laquelle l’Iran pourrait être attaqué. Israël a prétendu que la cible était un chargement de missiles destiné au Hezbollah, mais alors qu’un centre de recherche militaire et une usine alimentaires de l’armée été touchés, rien n’indique que des missiles auraient été détruits. Ces attaques se sont avérée par la suite avoir été un échec politique et stratégique. Poutine a passé un savon à Netanyahou et l’a puni en fournissant ou en menaçant de fournir à la Syrie des missiles anti-aériens évolués de type S300. On peut mesurer l’arrogance d’Israël à son insistance pour dire qu’il lancerait d’autres attaques si nécessaire et qu’il détruirait le régime syrien s’il osait riposter.

Obama subit en ce moment aux Etats Unis des pressions pour “faire plus”. A Washington, les mêmes personnes qui appelaient à la guerre contre l’Irak appellent maintenant à un élargissement du conflit en Syrie. Le Sénateur Bob Menendez, un chaud partisan d’Israël, comme presque tous les élus au Congrès, a introduit un projet de loi pour que l’administration Obama fournisse des armes aux ‘rebelles’ (comme si ce elle ne le faisait pas déjà secrètement ou par son soutien aux livraisons d’armes effectuées par le Qatar et l’Arabie Saoudite).L’ancien rédacteur en chef du New York Times Bill Keller qui soutenait la guerre en Irak veut aussi que les Etats Unis arment les ‘rebelles’  et ‘défendent les civils qui sont massacrés dans leurs maisons’ en Syrie. Il ne parle bien entendu pas des civils qui ont été massacrés par les groupes armés.

Le Washington Post a été force de reconnaître que l’armée syrienne est en train de gagner cette guerre mais reste déconcerté par la tournure défavorable des évènements. ‘Que se passera-t-il si les USA n’interviennent pas en Syrie ?’ demande-t-il avant de donner les réponses. La Syrie se fracturera selon des lignes sectaires, avec le Jabhat al-Nosra contrôlant le nord et les ‘résidus du régime’ contrôlant des bandes de territoire à l’ouest. La guerre sectaire s’étendra à l’Irak – comme si elle n’était pas déjà une des conséquences de l’intervention américaine – et au Liban. Les armes chimiques seraient un des enjeux, ‘forçant probablement à  une nouvelle intervention israélienne pour empêcher leur acquisition par le Hezbollah ou al Qaïda.’. Si les Etats Unis n’interviennent pas pour empêcher tout ça, la Turquie et l’Arabie Saoudite ‘pourraient conclure que les Etats Unis ne sont plus un allié fiable.’

Il existe une autre réponse plus plausible à la question sur “ce qui va arriver”.  Cette réponse est que l’armée syrienne finira par expulser du pays les ‘rebelles’ survivants et que Bachar al-Assad en sortira plus populaire que jamais parce qu’il aura vaincu la plus grande menace de son histoire pour l’Etat syrien. Des élections se tiendront en 2014 et il sera élu président avec 75 % des suffrages. C’est du moins ce que prédit la CIA.

Erdogan est venu à Washington pour avertir lui aussi Obama de ‘faire plus’, mais il est clair que le président US ne veut pas faire grand-chose de plus. Les médias turcs ont rapporté qu’Obama a dit qu’Assad «doit partir» mais ce n’est pas ce qu’il a dit. Obama a choisi ses mots avec soin. Dans sa conférence de presse avec Erdogan, il n’a pas dit qu’Assad ‘doit partir’ mais que «he needs to go» et que « he ‘needs ‘to tranfer power to a transitional body. (transférer le pouvoir à une autorité de transition) [effectivement on traduirait de la même façon ‘he must’ et ‘he needs’ par ‘il doit’ alors qu’il existe une nuance intraduisible me semble-t-il]. La différence est des plus importantes. A titre personnel, Obama ne voudra pas terminer sa présidence englué dans une guerre ingagnable et impopulaire, une guerre qui pourrait en outre rapidement évoluer d’une crise régionale vers une crise mondiale.

Un sondage récemment conduit par Pew montre que le peuple américain en a assez des guerres au Moyen Orient et les discussions entre Kerry et Lavrov indiquent que cette fois, après avoir permis à l’accord de Genève de juillet 2012 de tomber à plat, les Etats Unis sont sérieux dans la recherche d’une sortie négociée de la crise même si d’autres [pays] ne le sont pas [sérieux]. S’il existe un danger de déraillement de la position des Etats Unis, il viendra plus probablement des rangs de leurs amis et alliés.

 

- Jeremy Salt est professeur associé d’histoire et de politique du Moyen Orient à l’université Bilkent d’Ankara en Turquie. 

Xymphora et le marathon de Boston

avril 21, 2013

Avec Angry Arab, le canadien Xymphora est sans doute le blogueur pour lequel j’éprouve le plus de respect. Si l’animateur du blog Angry Arab est parfaitement connu, puisque c’est l’intellectuel américano-libanais As’ad Abu Khalil, Xymphora est lui anonyme même si on sait qu’il s’agit d’une seule personne et non d’un groupe de blogueurs.

Leur manière de travailler leurs blogs est sensiblement différente. Alors qu’Angry Arab s’appuie aussi sur un réseau de sources qui sont parfois au cœur des évènements dont il parle, Xymphora pratique seulement la veille informationnelle.

Mais avec quel brio !

On peut s’en apercevoir par exemple sur ce post où il s’intéresse à l’attentat perpétré pendant le marathon de Boston.

La lecture est assez édifiante pour amener tout un chacun à se poser au minimum quelques questions, un peu comme pour Mohamed Merah, auteur présumé des assassinats de Toulouse et Montauban (je dis présumé parce que Merah n’a jamais été jugé et ne le sera jamais vu qu’il est mort).

Il suffit de lire la presse ou de regarder les informations à la télévision pour constater que la construction rétrospective de l’image du tueur fanatisé bat son plein, se nourrissant de faits ou de pratiques banales à supposer qu’elles soient même avérées (comme par exemple le fait d’avoir mis un «like» à une vidéo visionnée sur YouTube.

On me dira que je verse dans la théorie du complot.

La belle affaire, comme si les complots n’existaient pas ! N’a-t-on pas vu Bernard-Botul-Henri Lévy et Alain Juppé comploter ouvertement contre Mouammar Kadhafi ? N’a-t-on pas vu Tony Blair et George W. Bush comploter contre Saddam Hussein ? L’Ivoirien Laurent Gbagbo n’a-t-il pas été victime d’un complot ourdi par Alasasne Ouattara et Nicolas Sarkozy ?

J’en passe et des meilleurs…

Qu’est-ce qui tient debout dans tout ça?

Xymphora  (Canada) 20 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

On lit dans USA Today:

"Les actes des deux frères continuent à embrouiller l’esprit des autorités, de leur famille et de leurs amis. Les étudiants de l’Université de Dartmouth Massachusetts, où Dzhokar était étudiant, disent l’avoir  vu sur le campus après les attentats de lundi. Au cours de la traque des deux frères pendant la nuit et la matinée, un agent fédéral au courant de cette affaire a indiqué que les autorités avaient récupéré quelques engins explosifs artisanaux (IED), dont un en la possession de Tamerlan Tsarnaev. Tous les engins explosifs semblaient être de nature artisanale bombes artisanales, y compris des bombes tuyaux. La police en a fait exploser plusieurs vendredi après-midi. "

et:

«Les frères ont  carjacké un SUV Mercedes entre 12h15 et 12h30 en tenant le conducteur en respect avec une arme à feu pendant une demi-heure avant de le pousser hors du véhicule sain et sauf. Un agent fédéral, qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement, a déclaré que les deux hommes auraient dit au conducteur qu’ils étaient les auteurs de l’attentat contre le Marathon.

L’agent a déclaré que les suspects auraient reconnu leur rôle dans l’attentat contre le Marathon à la fois pour intimider le chauffeur et pour se vanter des explosions.»

Donc vous vous promenez sur la future scène de crime sans même essayer de vous déguiser (avec un des deux frères qui apparaît en public après l’attentat). Vous avez constitué un arsenal de bombes artisanales pour vous défendre contre la police par la suite. Mais vous ne vous occupez même pas  de tenir une voiture prête pour vous enfuir – ce qui fait que vous devez voler une voiture après l’attentat avec cette façon bizarre de se vanter – et vous ne prenez même pas la précaution  d’avoir de l’argent à disposition pour être en mesure de fuir, ce qui fait que vous devez prendre le gros risque de braquer une supérette 7-11 [en effet, il est très risqué et surtout peu rentable de braquer ce genre de commerce aux USA]. Est-ce que tout ça tient vraiment debout ?

«Il y a deux ans, le FBI avait interrogé Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, un des suspects pour l’attentat du marathon de Boston pour d’éventuels liens avec la mouvance extrémiste, mais n’avait pas trouvé d’éléments à charge.» «Donc, le FBI avait enquêté sur «l’auteur de l’attentat contre le Marathon»… » «Obama remercie Poutine pour son aide à Boston» C’est donc l’époque où le FBI a recruté le plus âgé des eux frères comme possible contact, et Barry [Obama] a dû remercier Poutine de ne pas vendre la mèche avant que le FBI ait eu la possibilité de peaufiner sa version des évènements [de fait, l’incrimination de deux tchétchènes sert aussi les intérêts russes, NdT].

Et peut-être même avait-il été recruté plus tôt : «Certains des associés des suspects vont être examinés à la loupe. D’autres non. Tenez à l’œil ces derniers.»

«Ce n’est pas du tout quelque chose à quoi on aurait pu s’attendre,’ disent des amis des suspects.» Malgré toute la manipulation, il n’y a pas la moindre preuve d’une ‘radicalisation’ de l’un ou de l’autre des deux frères.

«"Des contractants” [salariés de sociétés de sécurité] pour le Marathon de Boston se tenaient près de la bombe.” Par chance ils se sont éloignés des lieux et se sont trouvés hors de portée de la déflagration avant le déclenchement de la bombe !»

L’histoire ne tient pas encore vraiment debout, mais les autorités américaines ont de la chance que les Américains  soient si stupides et si aveuglés par l’islamophobie.

Assad, un président Syrien lucide et confiant

janvier 29, 2013

Le président Syrien Bachar al-Assad a récemment reçu une délégation de personnalités arabes. Ces dernières on pu prendre connaissance en direct du sentiment du chef de l’Etat sur la situation politique et militaire dans son pays et la manière dont il envisage l’évolution de cette situation.

Ces visiteurs renvoient l’image d’un président maître de lui-même et confiant dans la capacité de l’armée de son pays à créer sur le terrain les conditions d’une solution politique.

Une solution qui serait bien sûr très différente de celle que souhaitent les prétendus "amis" de la Syrie.

Sa vision du contexte international n’est pas dénuée de lucidité. Il considère en effet que les Etats Unis ne sont pas (encore) prêts pour une solution de la crise syrienne, ce qui sous-entend que Bachar al-Assad pense qu’ils le seront dans un avenir assez proche. Quant à la Russie, dont le soutien ne lui a jamais vraiment fait défaut, il estime que c’est sa propre sécurité qu’elle défend en Syrie. 

Et ça ne fera peut-être plaisir ni à Laurent Fabius, ni à William Hague, mais il n’y a aucune place pour la France et la Grande Bretagne dans la réflexion de Bachar al-Assad.

 Assad: Nous avons repris le dessus

Al-Akhbar (Liban) 28 janvier 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Damas – Le président Syrien Bachar al-Assad a déclaré à des visiteurs que l’armée syrienne «a largement repris l’initiative sur le terrain et a obtenu d’importants résultats, qui seront bientôt mis en lumière.»

 "Les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment," a ajouté Assad.

"Les Etats-Unis ne sont pas prêts pour une solution à l’heure actuelle." Il a estimé que la Russie restera son alliée. "C’est elle-même qu’elle défend, et non pas le régime syrien, a-t-il poursuivi, soulignant que «nous ne nous écarterons pas des articles de l’accord de Genève".

Ces positions ont été relayées à Al-Akhbar par des Arabes qui ont effectué une visite au palais présidentiel et qui étaient intéressés à avoir un témoignage de première main sur les rouages décisionnels en Syrie, et en particulier sur le président lui-même.

Un de ces visiteurs est resté assis près d’Assad pendant plus de trois heures. Il a déclaré à Al-Akhbar que même s’il n’est pas trop influencé par la propagande anti-Assad, il a quand même été étonné de ce qu’il a vu et entendu. Le président tient des réunions régulières au palais al-Rawda à Damas. Son équipe gère ses activités comme à l’habitude. Au plan personnel, l’homme semble calme et avoir le contrôle. Il est à l’évidence confiant. Il y a aussi la nouvelle de la grossesse da son épouse Asma, qui n’a pas pu être abordée comme si c’était une simple affaire personnelle dans un couple.

Sur le plan personnel comme politique, Assad surprend ses hôtes «par sa lecture complexe de la situation à ce stade.» Cette observation a été répétée par plusieurs personnes qui l’ont vu récemment. Il parle «des provinces syriennes dans leurs moindres détails. Ses informations portent sur une rue ici et sur les nouvelles d’un petit quartier là. Les rapports qu’il reçoit sont complets, même quand ils ne sont pas à son goût.»

Selon ses visiteurs, “Assad est tout à fait conscient des efforts internationaux pour résoudre la crise en Syrie.” Certains le signalent en disant que «s’il n’en était pas ainsi, l’Etat n’aurait pas pu survivre aussi longtemps, l’armée arabe syrienne n’aurait pas maintenu sa cohésion. “

Assad, ainsi que ses visiteurs l’ont dit à Al-Akhbar, affirme que “l’armée a largement repris l’initiative sur le terrain, obtenant d’importants résultats en plus de ceux qu’elle avait obtenus ces 22 derniers mois. Elle a mis fin au contrôle par les combattants [de l’opposition] de gouvernorats entiers, restreignant leur champ d’action à des zones frontalières avec la Turquie principalement, et avec le Liban et la Jordanie dans une certaine mesure. Il y a aussi quelques poches dans la campagne près de la capitale qui sont en cours de traitement par l’armée. La capitale Damas est dans une meilleure situation. Ses points stratégiques – malgré les tentatives des militants – sont restés sûrs, la route de l’aéroport tout particulièrement. “

S’arrêtant sur ce qui s’est passé au camp de réfugiés Palestiniens de Yarmouk, près de Damas, Assad explique que le camp a valeur de symbole, ce qui a incité le gouvernement syrien à ne pas prendre la décision d’affronter les militants qui en avaient occupé une partie. Le règlement de la situation à Yarmouk avait été laissé aux factions palestiniennes, à charge pour elles de prendre des initiatives pour une solution acceptable par les autorités syriennes.

Le président Syrien a été interrogé par ses visiteurs sur les propos qu’il avait tenus au meeting tenu à l’Opéra sur son “refus de laisser la Syrie se transformer en hôtel“. Il a répondu en disant qu’il ne voulait pas s’attarder sur ce débat  mais qu’il avait “été blessé par ceux qui auraient dû témoigner que nos relations avec les factions palestiniennes n’ont jamais été basées sur la religion ou l‘appartenance confessionnelle.“

Ils sont au contraire devenus des témoins mensongers, soutenant que l’Etat syrien agit de manière sectaire. La logique veut que nous nous attendions à ce qu’ils disent la vérité. Nous comprenons les contraintes de certains d’entre eux et nous aurions accepté qu’ils gardent le silence s’ils étaient dans l’incapacité d’être des témoins sincères. “

Le président Syrien a déclaré qu’en dépit des positions adoptées par les dirigeants de certaines factions palestiniennes, “La Syrie qui a payé le prix fort avec l’argent et les maigres ressources de son peuple pour soutenir la résistance palestinienne, ne réduira pas ce soutien. “

Assad affirme que “ce que l’armée syrienne a réalisé ces dernières semaines apparaîtra bientôt à la lumière. “Il donne quelques détails qui peuvent être pris comme indicateurs d’un “réel changement de la situation sur le terrain. Par exemple, il y a 15 000 habitants qui sont rentrés volontairement à Homs. Le peuple syrien en a déjà assez de ces déviants qui ont détruit ses rues, ses maisons et ses commerces. “

Assad pense que la “fermeture des frontières aux armes et aux trafiquants pourrait résoudre le problème en deux semaines, parce qu’alors, les sources pour les armes et l’argent seraient éliminées.“

Il a dit à ses visiteurs que “les groupes armés financés par l’étranger ont reçu des coups sévères récemment. Ce développent croise une autre évolution à l’étranger, la plus importante étant l’inclusion du Jabhat al-Nusra dans la liste des organisations terroristes, qui sera suivie par d’autres mesures qui conduiront à l’élimination de la totalité de cette branche d’al Qaïda. “

Assad pense que les Etats Unis ne sont pas prêts pour une solution actuellement. Il pense que la Russie va continuer à le soutenir. “C’est elle-même qu’elle protège, pas le régime syrien, “ a-t-il expliqué, soulignant que “nous ne nous écarterons pas de l’accord de Genève. “

Il a souligné que la Syrie continuera à coopérer avec l’envoyé de la Ligue Arabe et de l’ONU, Lakhdar Brahimi quoique “ce dernier a paru, lors de sa dernière visité à Damas, quelque peu influence par la champagne médiatique contre la Syrie.”

Les visiteurs d’Assad ont soutenu que Brahimi avait suggéré que le président démissionne au cours de la phase de transition sur la base du fait qu’aucun président n’aura de pouvoirs importants pendant une telle période. Mais le président a “fait objection et expliqué [à Brahimi] à sa façon que ce qui résoudra la crise en Syrie est la situation sur le terrain qui est chaque jour plus favorable au régime“.

Aujourd’hui, selon ses visiteurs, Assad suit les développements de la guerre qui se déroule dans son pays. Il estime avoir été en mesure de surmonter les étapes les plus difficiles et les choses seront bientôt claires. Il insiste sur le besoin «d’arrangements logistiques pour la phase suivante. Il y a un plan pour le retour des réfugiés dans leurs régions et dans leurs maisons qui sera annoncé en temps voulu et il y a d’autres plans pour la reconstruction.»


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