Qui est au service de qui ?

Le rabbin Ovadia Yosef a déjà répondu à la question. Mais comme ici ou là, on nous dit qu’il s’agit d’un vieillard sénile, en dépit du fait qu’il est toujours actif et reste le chef spirituel du Shass, un parti qui siège au gouvernement qui préside en ce moment aux destinées du gang sioniste, il importe d’y revenir.
Notons que les réactions au post sur le rabbin Ovadia Yosef se sont focalisées, outre sur sa présumée sénilité, sur le titre qui ferait référence aux « protocoles des sages de Sion. » Pourtant, force est de constater que le rabbin considéré est au sens propre du terme un Sage de Sion. Aucune réaction n’a porté sur les assertions du rabbin Ovadia Yosef, ni même sur le questionnement qui a animé ses cogitations. Ce questionnement est-il le propre de ce rabbin, où s’agit-il d’une question qui taraude plus profondément le judaïsme. Avant que Robert Redeker et Pierre André Taguieff daignent se pencher sur ce problème, voyons donc comment est traîtée la même question par des gens qu’on ne pourra pas qualifier de séniles. 

Donc rendons-nous sur le site yechiva.com qui pose précisément cette question: Juifs / non–Juifs, qui est au service de qui ? Yechiva.com est le site web d’une école talmudique qui compte parmi ses enseignants le grand rabbin ou un polytechnicien auteur de l’article évoqué ci-après. Disons tout de suite que la réponse apportée diffère de celle donnée par le rabbin Ovadia Yosef.
Je note quand même que si la question est posée, c’est qu’elle a quelque pertinence dans le contexte des études talmudiques et qu’elle ne correspond pas à une quelconque lubie d’un étudiant qui n’a pas bien digéré les études bibliques.

Pour rester dans le style modeste qui sied  à un site consacré aux études religieuses, la question est reformulée de la sorte:

« l’idéal du Juif est-il d’étudier à plein temps dans un Kollel, ou d’aspirer à obtenir le prix Nobel ? » 

puis:

doit-il rester concentré sur l’étude de la Thora, se considérer comme le gardien de celle-ci, rester fondamentalement séparé du reste de l’humanité, comme le veut la définition du peuple juif : « Mamlekhet cohanim vegoy kadoch » (Ex. XIX, 6) (un royaume de prêtres et un peuple saint/séparé) et laisser les non–Juifs pourvoir aux besoins matériels du monde ? 

ou bien doit-il se mettre au service de l’humanité pour lui apporter ses lumières, comme ont pu le faire Moïse, Jésus, Freud, Marx ou Einstein ?

Notons au passage qu’au moins trois de ces prétendus Juifs ne l’étaient pas: Jésus n’était certes pas Juif, Freud était athée, Marx était non seulement athée mais issu de parents convertis au christianisme.
Notons aussi que le « peuple juif » se définit en tant que tel comme « séparé du reste de l’humanité ».Ce qui explique en passant que nous avons l’antisémitisme d’une part (qui ne saurait être « nouvel » comme le prétend M. Taguieff car sa définition est contenue dans cette définition du « peuple juif » comme séparé) et le racisme (pour les autres).

Revenons en à la question qui se précise cependant et devient cette fois tout à fait terre à terre:

les Juifs doivent-ils se concentrer sur l’étude de la Thora et « laisser les non–Juifs pourvoir aux besoins matériels du monde ? » 

Si un représentant d’une autre doctrine religieuse s’aventurait à poser ce genre de questions, essayons un peu d’imaginer le tollé qui en résulterait.

Mais bon, la question est posée et il faut y répondre.

Pour Yechiva.com, il existe une opposition Kollel (centre d’études religieuses)/ Nobel (savoir au service de l’humanité) qui correspond dans la tradition juive à la dialectique entre Juda et Joseph:

Dans la Sidra Vayigach, un dialogue s’engage entre Juda et Joseph. Juda, le chef de famille, celui qui porte l’étendard du particularisme juif, s’oppose à Joseph, le vice-roi d’Egypte, qui grâce à sa politique économique efficace nourrit l’humanité.

Bref Joseph, c’est Nobel et l’universel, Juda c’est kollel et le particularisme juif.
Benjamin incarne le point d’achoppement entre ces deux visions parce que la tribu de Benjamin est celle qui accueillera le Temple sur son territoire.

Suit une discussion sur l’origine des 39 travaux interdits pendant le sabbat. Ces 39 travaux seraient ceux qui ont été réalisés pour la construction du Tabernacle.
On nous précise cependant que le terme qu’on trouve dans la Torah est « melakha » qui signifie plus « oeuvre » que « travail » au sens de besogne:

La Melakha, c’est l’œuvre qui participe à la création de la demeure de D.ieu sur terre (le Michkan, c’est-à-dire le Tabernacle portatif des Hébreux dans le désert), c’est donc cette œuvre qui doit être arrêtée le jour du Chabbat. 

On apprend ensuite que le chiffre 39 correspond aux 39 occurrences du mot melakha dans la Torah. Or, semble-t-il, un compte plus précis aboutit à 40 occurrences du mot. Une des occurrences est donc de trop, mais laquelle? Celle qui implique Joseph? Ou celle concernant l’apport des ustensiles au Tabernacle?

Mine de rien, c’est important:

L’enjeu de la signification de ces deux phrases est fondamental pour notre sujet. 

Et pourquoi donc?

La réponse de yechiva.com a de quoi laisser perplexe:
On l’a dit, l’œuvre de Joseph dans le monde est de nourrir l’humanité et de mettre à disposition du monde le « génie juif ». C’est une première interprétation de la phrase incriminée « Vayavo habayta laasot melachto ».

Mais celle-ci peut également se comprendre autrement, et c’est un débat fameux dans la Guemara : la Melakha de Joseph peut aussi signifier la satisfaction de ses instincts sexuels avec la femme de Potifar, son maître. Si cette interprétation est exacte, cela signifie que la Melakha de Joseph ne peut être intégrée dans le compte des trente-neuf. Plus spécifiquement, cela veut également dire que la tentative du Juif de s’ouvrir à l’humanité est vouée à l’échec…

Je vous laisse poursuivre sur le site en question. Retenez simplement qu’il se garde, à la différence du rabbin Ovadia Yosef, de trancher la question  et souligne le caractère inévitable chez tout Juif d’une tension kollel/Nobel qui ne sera apaisée qu’avec l’avènement du Messie. Ce qui revient à dire que les Juifs doivent prendre leur part au travail ici bas (ouf!).  Et on ne peut pas trancher parce qu’on ne peut pas savoir si Joseph bossait au sens propre du terme ou s’il besognait la femme de son patron.

A aucun moment, la pertinence même de la question n’est cependant discutée.

Observons enfin que l’article ne répond pas vraiment à la question qu’il a posée puisque  logiquement quand des Juifs oeuvrent pour le monde, ils oeuvrent pour eux-mêmes également (ce qui est vrai de n’importe quelle communauté) et pas spécialement pour les non Juifs. Par contre, la question de l’éventualité que les non juifs soient ou pas au service des juifs n’est pas traitée du tout, sauf par allusion dans la reprise du questionnement initial déjà signalée: « laisser les non–Juifs pourvoir aux besoins matériels du monde ? »

14 Réponses to “Qui est au service de qui ?”

  1. apostat du rock Says:

    Chez les juifs talmud pensent comme yossef .

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  2. Anonymous Says:

    Ta haine t'incite à suivre même des cours de talmud! Tu vas finir, comme je te l'ai déjà invité à te convertir: barouh haba

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  3. Djazaïri Says:

    Donne plutôt ton analyse sur cette leçon de talmud, sur le questionnement qui la motive. Faut être haineux pour se convertir au judaïsme?

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  4. Apocalypse Says:

    Mounadil, on comprend que tu doive faire des concessions, mais aller jusqu’à dire que Marx était non seulement athée mais issu de parents convertis au christianisme. tu pousse un peu loin le bouchon. petit fils d’un des rabbins les plus importants, et éduqué dans le judaisme le plus radical.

    même si les apparences ont été mise en place pour nous faire croire ces fadaises, comme c’est en général le cas pour tout ce qui concerne le judaïsme, Marx était un juif pur porc, et comme le dit Wiesel, ses textes étaient étudiés dans les yeshivas en Russie au même titre que le talmud.

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    • Msili Says:

      Même réponse qu’au commentaire identique précédent:
      Rien à voir avec des concessions. Je ne sais pas ce que Wiesel a dit sur Marx mais après tout, Wiesel a dit tant de bêtises. Le père de Karl Marx était converti au christianisme. Par sens pratique? peut-être. mais les conversions par sens pratique n’ont jamais été rares et ont fourni des adeptes souvent sincères à toutes les religions. Une indication très claire que Marx n’était pas juif: dans ses textes, un des pires qualificatifs qu’il pouvait attribuer à ceux dont il se gaussait était “pharisien.” Jamais un juif n’aurait choisi cet adjectif.
      Il faut par ailleurs distinguer marxisme, communisme et révolution; aucun de ces termes n’étant synonyme de l’autre. Que des Juifs en Russie ou ailleurs aient été emballés par les idées révolutionnaires et/ou communistes et/ou marxistes ne doit pas nous amener à des raccourcis qui n’ont pas lieu d’être.

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      • Apocalypse Says:

        On juge l’arbre à ses fruits. Marx est un juif point barre. sa religion sans dieu qu’est le faux communisme, n’a jamais été écrit dans le sens de l’humanité. il ne s’agissait que de tromperies et de sophismes mis bout à bout et exposés par la presse des capitalistes ses amis. sans qui son délire n’aurait jamais vu la lumière.

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  5. Anonymous Says:

    (je ne suis pas l'anonyme sioniste)Quel aveu du sioniste borné!!! Incroyable et après il ose nous taxer de terroriste. Comme il est pupille de la nation il doit être par conséquent très agé, je lui recommande donc de consulter s'il n'est pas atteint d'Alzheimer ou de schizophrénie. Je fais un imprime écran de tout ça et je le mets de suite en fond d'écran

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  6. Msili Says:

    Marx n’est pourtant pas l’inventeur du communisme.

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  7. Msili Says:

    Le sionisme n’est pas un commandement du judaïsme, du moins pas dans la volonté de créer un Etat. Le problème n’est donc pas religieux, et encore moins racial, mais politique: une situation coloniale dont le caractère banal est obscurci par les notions religieuses ainsi que par les préjugés des uns ou des autres envers la religion juive ou les Juifs. En elle-même, j’essaye de m’exprimer de manière neutre, la religion juive est une religion comme une autre, avec un potentiel de sectarisme comme avec un potentiel d’universalisme. Le sionisme politique a aiguillonné et utilisé ce potentiel sectaire, bien aidé il faut le dire par la machinerie nazie.

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  8. Anonymous Says:

    Djazaïri, çà te fera du bien de te convertir au judaïsme, çà te purgera de ta haine.

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  9. Djazaïri Says:

    Personnellement j'en doute. Mais les voies du Seigneur ne sont-elles pas impénétrables?

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  10. Gagnez de l’argent avec votre passeport européen! | Breve.fr Says:

    […] Qui est au service de qui ? […]

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  11. Apocalypse Says:

    Msili, ça ne tiens pas la route ce que tu dis.

    la véritable controverse de Sion ne remonte pas à un siècle mais à au moins 25.

    Mais ce problème ne se pose pas que dans le judaïsme, on peut le voir dans toutes les religions du livres, qui finissent par inverser le sens des mots initiaux pour leur usage personnel.

    C’est vrai que les juifs ont de l’avance, mais les Hadiths ne sont pas en manque de déformation de ce qui est considéré comme pur.

    C’est juste une question de temps, et si un jour nous arrivions à nous débarrasser du judaïsme, il nous faudrait nous intéresser aux suiveurs.

    Quand à Marx, c’est aux poubelles de l’histoire que sa place est, car le commun est l’essence des chose, pas une invention juive.

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  12. Msili Says:

    Merci d’éviter tout commentaire tirant vers ce qu’on appelle antisémitisme. Les choses sont déjà assez compliquées comme ça.

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