Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne

J’ai un peu de temps, alors j’en profite pour sortir un peu le blog de sa léthargie.

La dernière agression sioniste contre Gaza a montré comme les agressions précédentes la capacité destructrice du terrorisme sioniste.

Si les conflits politiques se résumaient à une simple arithmétique de la force militaire, l’entité sioniste aurait dû poursuivre son offensive et lancer à l’assaut les dizaines de milliers de réservistes qu’elle avait commencé à mobiliser.

Il n’en a rien été parce que la guerre  est autre chose qu’une bagarre de gamins dans un bac à sable ou un combat de boxe qui s’achève par le K.O. d’un des adversaires.

En effet, le conflit palestino-sioniste n’engage pas seulement l’Etat prétendu juif et le peuple palestinien, mais toute la région arabe et proche orientale ainsi que les Etats Unis et l’Europe.

La récente agression a permis de vérifier une fois de plus la détermination du peuple palestinien à résister et à recouvrer ses droits. Et les autorités sionistes médusées ont pu constater que les combattants palestiniens étaient désormais en mesure de toucher des villes aussi éloignées de Gaza que Beersheba et surtout Tel Aviv.

En ce sens le Hamas et les autres organisations de la résistance palestinienne ont remporté une victoire stratégique en faisant échouer la tentative sioniste de leur administrer une raclée et en signifiant qu’un jour peut-être pas si éloigné, c’est un déluge de feu qui pourrait s’abattre sur Tel Aviv.

Et Tel Aviv, c’est le véritable cœur de l’entité sioniste qui se résume en pratique à cette cité Etat.

Ensuite, comme je l’écrivais précédemment, l’entité sioniste est en quelque sorte passée sous la tutelle de l’Egypte qui a assuré, en coordination avec les Etats Unis, la gestion des tractations en vue d’un cessez-le-feu.

 C’est un point de vue très proche du mien que développe Alex Callinicos et je suis donc ravi de vous proposer une traduction d’un article qu’il vient de publier dans The Socialist Worker.

Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007

Alex Callinicos à la 5ème conférence anti-guerre du Caire en 2007

L’autre grand évènement stratégique est bien sûr l’octroi à la Palestine du statut d’Etat observateur à l’Organisation des Nations Unies.

Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui  ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires.

Gaza témoigne de l’impact des révoltes arabes

Les révolutions font trembler tous les régimes – les régimes arabes, ainsi que celui d’Israël,

Par Alex Callinicos, Socialist Worker (UK) 1er décembre 2012 traduit de ‘anglais par Djazaïri

Friedrich Engels écrivait en 1854: «Nous ne devons pas oublier qu’il y a une sixième puissance en Europe, qui à certains moments affirme sa suprématie sur l’ensemble des cinq soi-disant« grandes puissances »et fait trembler chacun d’entre eux. Cette puissance est la Révolution. « 

Il en va de même dans le Moyen-Orient aujourd’hui. Si vous ne vous intéressez qu’à l’équilibre militaire des forces, vous conclurez que rien n’a vraiment changé depuis la dernière guerre d’Israël contre Gaza.

Le Hamas dispose désormais de missiles Fajr-5 de plus longue portée qui peuvent frapper Tel-Aviv. Mais l’armée israélienne conserve une écrasante supériorité matérielle. Mais ne prendre en compte que le matériel et les troupes serait superficiel. En réalité, tout a changé.

Le quotidien libéral israélien Haaretz a publié un article fascinant sur les débats de la semaine dernière entre les hauts responsables du gouvernement- le premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman –au sujet de la trêve proposée par le président égyptien, Mohamed Mursi:

« Lors de la réunion de mardi, juste avant l’arrivée de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, il est apparu clairement à Israël que les principes du cessez-le feu proposé par l’Egypte étaient beaucoup plus proches des positions du Hamas que des siennes.

« L’hypothèse formulée par les responsables du renseignement lors de la réunion triumvirat était que, contrairement à la situation à l’époque de Moubarak, les Egyptiens s’alignant sur le Hamas et essayent de lui permettre d’obtenir des succès. »

Cessez-le-feu

Barak voulait accepter le cessez le feu sur la base du fait que l’armée israélienne avait donné une leçon au Hamas. Lieberman plaidait pour une offensive terrestre et Netanyahou se situait entre les deux points de vue.

Les trois ministres israéliens avaient demandé à Clinton de «faire pression sur l’Egypte pour qu’elle présente un accord de cessez-plus équilibré». Au lieu de quoi, soutenue par des appels téléphoniques de Barack Obama, elle les a poussés à accepter les termes de l’Egypte.

Et ils les ont acceptés. Même l’extrémiste de droite Lieberman s’est soumis, expliquant à d’autres ministres, «La décision est simple. Rabin [le Premier ministre israélien assassiné pour avoir enclenché le «processus de paix»] avait dit que s’ils nous tirent dessus depuis le bande de Gaza, nous la réoccuperons, mais c’est à l’évidence difficile. « 

Les révolutions arabes sont derrière le rôle joué par Morsi pour obtenir un cessez-le-feu que le Hamas pourrait proclamer comme une victoire. La dernière guerre contre gaza a montré comment ces révolutions commencent à transformer la géopolitique régionale.

Netanyahu s’est servi de la supériorité militaire d’Israël pour reprendre l’initiative. Ses exigences pour une guerre contre l’Iran, techniquement très difficile à faire sans le soutien des Etats Unis – étaient son stratagème initial. Mais il s’est retrouvé bloqué à la fois pas sa propre hiérarchie militaire et par Obama

L’assassinat du chef militaire du Hamas Ahmad al-Jaabri au moment où un nouveau cessez-le feu de Gaza était en discussion [avec précisément al-Jaabri, NdT] était le stratagème suivant de Netanyahou.

Agenda

Netanyahu a soutenu Mitt Romney lors des dernières élections américaines. Le journaliste américano- palestinien Ramzy Baroud avance que le but de la guerre était de « pousser le thème de la sécurité d’Israël dans les priorités de l’agenda de la nouvelle administration »

Mais les yeux Etats Unis se sont tournés plus loin à l’est. Ce qui a été symbolisé par le fait qu’Obama s’est rendu en Birmanie, dans une démarche visant à l’éloigner de la Chine au moment de l’attaque israélienne contre Gaza. Une nouvelle guerre au Moyen Orient est donc la dernière chose que veulent les Etats Unis.

Et, à dans la région, M. Netanyahou a perdu des amis très puissants. La Turquie, qui avait fait signé un pacte militaire avec Israël, s’est retournée contre lui. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la semaine dernière Israël comme un « Etat terroriste ».

Mais Morsi et Erdogan ont un problème. Ils veulent nuire symboliquement et diplomatiquement à Israël, mais ils n’ont pas l’intention de reprendre la lutte armée contre Israël.

Morsi en particulier,est le président d’un peuple pour qui trouve insuffisantes les dénonciations rhétoriques et les manoeuvres en coulisses.

Ainsi qu’il l’a découvert le weekend dernier, la révolution arabe est une force dynamique qui ne peut pas être simplement exploitée à des fins d’intrigue de parti. Comme le disait Engels, elle fait trembler chaque régime, arabe comme israélien, même ceux qui prétendent être le produit de la révolution.

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7 Réponses to “Palestine, Gaza, ONU, la nouvelle donne”

  1. jabr Says:

    « Certains considèrent que cette reconnaissance porte en elle l’abandon par les Palestiniens d’une partie de leurs droits fondamentaux sur leur patrie. C’est vrai en théorie et en faisant abstraction du contexte réel. Ceux qui pensent ainsi supposent en effet que l’entité sioniste pourrait admettre un jour ou l’autre la restitution des territoires qu’elle occupe depuis 1967, permettant ainsi à un gouvernement palestinien d’exercer une autorité souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza.

    Cette hypothèse relève de la chimère car jamais les sionistes n’accepteront de rétrocéder des territoires qu’ils estiment avoir vocation à contrôler et à coloniser totalement. Le nouveau statut politique reconnu à la Palestine est donc un acquis précieux qui ne remet nullement en cause la pertinence de la résistance sous tous ses aspects, y compris militaires. »

    Déjà, les Palestiniens n’abandonnent pas seulement « une partie de leurs droits sur leur patrie », mais aussi le droit de représenter la diaspora palestinienne. L’Etat « non-membre » ne représentera que 1.5 millions de Palestiniens, contre plus de dix millions pour l’OLP, en conséquence. Ceci est une trahison grave et profondément anti-démocratique : depuis quand voit-on les représentants d’un peuple décider que sa population n’a plus droit à être représentés par eux ? On est chez les fous.

    D’autre part, votre raisonnement est profondément bancale. En effet, si on part du principe qu’il n’est pas grave d’abdiquer des droits (« fondamentaux », pourtant, comme vous le dites vous-mêmes), car ceux-ci ne seront jamais reconnus par Israël, alors pourquoi même souhaiter se faire reconnaître Etat à l’ONU ? Quel est l’objectif d’une telle démarche si ce n’est, justement, prétendre à la légitimité nécessaire dans les relations internationales, pour se voir reconnaître ces droits fondamentaux ? En quoi consiste « l’acquis précieux » si ce n’est à faire valoir, justement, les droits des Palestiniens ? Quelle puissance ira défendre à l’ONU les droits d’un peuple, droits que ses représentants ont abandonné pour un vulgaire strapontin (Etat non-membre…) ? Quelle part de l’opinion publique mondiale, si elle existe, quel juriste appuiera des réclamations que ce nouvel Etat fantôche a lâché d’entrée de jeu ?

    La Palestine a une marge de manoeuvre proche de zéro, mais ce qui se joue ici est similaire aux accords d’Oslo : on prétend qu’il s’agit d’un progrès alors qu’en réalité, ce n’est qu’un reniement monstrueux, et sans aucune contrepartie. Cela s’appelle de la haute trahison et la plupart des Etats modernes ont dans leur code pénal des provisions qui enverraient à l’ombre les (ir)-responsables « représentants » de la Palestine pour quelques décennies pour ces actes honteux.

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    • Dziri Says:

      Ce qui est bancal c’est de partir du présupposé implicite que le régime sioniste rétrocèdera les territoires occupés depuis 1967 pour peu que les palestiniens satisfassent à toutes ses exigences. Il n’en a pas l’intention et il ne le fera pas et ce ne sont pas les dirigeants occidentaux qui lui mettront la pression pour le faire.
      C’est pour cette raison que la démarche effectuée par les palestiniens à l’ONU ne peut qu’accroître leur marge de manoeuvre à condition de ne pas renoncer aux formes de résistance qui existent déjà, notamment la résistance armée (un Etat a le droit de se défendre nous serine-t-on au sujet de l’entité sioniste) C’est cet accroissement de marge de manoeuvre qui est justement un acquis précieux et c’est pour cette raison que l’entité sioniste et les élus à sa solde à Washington n’ont pas digéré cette reconnaissance par l’ONU. Je vous rappelle que l’Etat palestinien a été proclamé il y a un certain temps à Alger, il n’y a donc pas grand chose de nouveau et que la charte de l’OLP a été déclarée caduque par Arafat.
      Si les sionistes étaient intelligents, ils se saisiraient effectivement des gestes faits par l’Autorité Palestinienne. Mais ils n’en feront rien car ils sont aveuglés par leur fanatisme et que ce qu’ils veulent c’est dominer l’intégralité de la Palestine. C’est ce qui les perdra (l’entité sioniste, ce n’est rien d’autre qu’une méga OAS).

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      • jabr Says:

        Excusez moi, Dziri, mais je ne vois pas en quoi cela accroît d’une quelconque manière leur marge de manoeuvre à l’ONU.
        Les Palestiniens y gagnent quoi ? Le droit de se faire représenter dans des institutions onusiennes ? Ils y sont déjà et franchement ça n’a pas fait énormément avancé les choses. Le droit de porter plainte devant la CPI ? Ils ont déjà déposé des plaintes avec l’insuccès que l’on sait. Alors quoi ? Rien du tout, il ne s’agit que d’un strapontin, d’un pur symbole.

        D’autre part, en quoi les sionistes et les USA n’ont ils pas digéré cette reconnaissance ? Il est bien évident que si jamais tel était le cas, ils n’auraient jamais autorisé la France et d’autres pays de l’OTAN a voter pour. Si cela avait représenté un désavantage sérieux pour eux, ne vous inquiétez pas, les médias français ne parleraient pas de « victoire palestinienne » mais bien de « la menace Arabe sur Israël se concrétise ».

        Au contraire, comme je l’ai dit, les sionistes y récupèrent l’abandon de leurs droits par les Palestiniens. Et c’est bien la raison pour laquelle, à part quelques pirouettes (que je suppose destinées à maintenir un semblant de cohérence idéologique devant leur électorat) les USA et les sionistes n’ont rien fait pour empêcher cette reconnaissance.

        Je n’invente rien. Yossi Alpher a publié récemment une analyse dans un journal israélien (traduite par Courrier International) qui reprend exactement ce que je dis, à savoir que la reconnaissance de la Palestine est une victoire… pour Israël.

        Quant à savoir si Israël sera trop « fanatique » pour récupérer les fruits d’une telle trahison des élites palestiniennes, le même Alpher se pose la question tout comme vous. Pour moi il est très clair que loin d’être de purs fanatiques, les dirigeants sionistes sont capables de savoir se modérer à court terme pour peu que cela favorise leurs intérêts à long terme. Les fanatiques, ce sont la masse des colons et autres soldats de Tsahal, piétaille lobotomisée par la propagande. Mais certainement pas les élites.

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      • jabr Says:

        D’autre part, je souhaiterais ajouter qu’Israël n’est pas passé « en quelque sorte sous la tutelle » de l’Egypte. L’Egypte de Morsi est plutôt au contraire sous la tutelle américaine (et donc, quelque part, sioniste). Les Frères « musulmans » se sont compromis, comme vous l’avez noté à plusieurs reprises sur votre blog, et avec justesse, avec l’impérialisme américain. Leur création même, en 1928, fut d’après l’historien Olivier Carré financée par la compagnie du Canal de Suez. Aujourd’hui, ils mangent dans la main de Mme Clinton (et bientôt dans celle de Mme Rice) et recoivent des fonds du Qatar.
        Plutôt qu’une mise sous tutelle israélienne, il s’agit donc d’une intégration plus poussée de l’Egypte dans le jeu diplomatique israélo-américain, sous la houlette d’une organisation sans patrie.

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      • Dziri Says:

        Comme vous le savez, l’Egypte était déjà sous tutelle américaine. Si l’Egypte post-Moubarak reste arrimée aux Etats Unis, ce n’est plus exactement dans les mêmes termes qu’auparavant et les Etats Unis doivent composer dorénavant avec une opinion publique égyptienne qui pèse réellement. Pour eux le choix consiste à composer avec les Frères Musulmans, qu’ils ont effectivement contribué à amener au pouvoir, ou un nouvel élan révolutionnaire en Egypte. Ce qui passe par un renforcement du rôle de l’Egypte au niveau régional.
        Il faut voir les évènements dans leur dynamique car rien n’est figé. Ce qui demeure, malgré toutes les tentatives d’escamotage, c’est la centralité de la question palestinienne et c’est donc la résistance palestinienne sous toutes ses formes qui dicte les agendas des uns et des autres. Le reflux arabe correspond à la période des accords d’Oslo. La démarche à l’ONU n’est rien d’autre qu’une démarche d’affirmation, donc une modalité de résistance, qui participe à rendre les accords d’Oslo caducs. Je le répète, on doit éviter le présupposé selon lequel le régime sioniste rétrocèdera un jour les territoires conquis en 1967. Il ne le fera jamais parce qu’il est constitué de fanatiques aux ordres des milliardaires juifs sionistes qui vivent aux Etats Unis. C’est un tel fanatisme qui animait les membres de l’OAS qui étaient par ailleurs des gens rationnels capables d’agir avec efficacité
        Les démarches palestiniennes ne font que montrer de plus nettement aux opinions publiques que les autorités sionistes ne veulent pas d’Etat palestinien.
        Il est par ailleurs erroné de croire que les Etats occidentaux sont purement et simplement aux ordres du régime sioniste. Les choses sont un peu plus complexes que ça. Sinon on ne comprendrait pas pourquoi ils n’ont pas tous voté non comme l’ont fait la Tchéquie, les Etats Unis et le Canada ou ne se sont pas abstenus comme l’Allemagne ou l’Australie.

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      • jabr Says:

        Bonsoir,

        Je ne comprends pas ce que le passage suivant entend démontrer :
        « Je le répète, on doit éviter le présupposé selon lequel le régime sioniste rétrocèdera un jour les territoires conquis en 1967. »

        Je n’ai pas dit le contraire, mais je ne vois pas en quoi cela remet en mon argumentation. Précisément, comme Israël ne rendra jamais les territoires de lui-même, il est nécessaire pour les Palestiniens de ne pas reconnaître auprès de tierces parties (en l’occurrence le monde entier dans le cas du vote) l’abandon de certains droits de sa patrie, car alors aucun Etat ne fera pression sur Israël en ce sens.

        « Les démarches palestiniennes ne font que montrer de plus nettement aux opinions publiques que les autorités sionistes ne veulent pas d’Etat palestinien. »

        Elles sont surtout, à mes yeux, censées montrer à « l’opinion publique mondiale » qu’on est pas si injuste que cela avec le peuple palestinien. Car finalement c’est bien ce qu’on veut faire ressortir : il y a des pays extrémistes (Israël les USA) mais la supposée « communauté internationale » sait se faire entendre, l’ONU fonctionne et justice sera peut-être faite selon le droit international. Bien évidemment, cela est un mythe. La vérité c’est que nous vivons dans un ordre impérial sauvage qu’aucun pays ne peut sérieusement remettre en cause sans risquer de graves représailles. Et le droit international n’est là que pour légitimer idéologiquement la domination impériale.

        « Il est par ailleurs erroné de croire que les Etats occidentaux sont purement et simplement aux ordres du régime sioniste. »

        Je n’ai pas exactement dit cela. Ce qui est plutôt central, c’est l’assentiment des Etats-Unis. La France n’a qu’une souveraineté nominale, de même que tous les pays européens depuis l’éclatement de la Yougoslavie, hormis la Russie. Ce qui compte en politique étrangère, c’est ce qui se fait au State Department. La France est ainsi conduite à porter des opérations en Libye, en Syrie, sans en retirer aucun avantage. Malgré les gesticulations de M. Chirac (et la France a bien changé depuis la purge atlantiste de MM. Sarkozy et Hollande), elle n’a pas su défendre ses intérêts en Irak. En Afghanistan, le gouvernement prétend quitter le pays mais omet de préciser qu’il maintiendra des personnels pour la maintenance de ses appareils, prêtés aux Américains. Si la France a pu voter de manière différente des USA sur une question aussi centrale que celle de la Palestine, c’est que les USA n’étaient pas, fondamentalement, opposés à ce projet.

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      • Dziri Says:

        Les Etats Unis étaient fondamentalement opposés à ce projet même si cette reconnaissance ne comporte pas que des désavantages pour eux. Il convient en effet d’avoir une approche nuancée. De la même manière, la France même si elle s’est de plus en plus alignée sur les Etats Unis n’est pas son simple domestique. En matière de prosionisme la France socialisante de la 4ème république était allée très loin.
        Voyez-vous, si les choses étaient si simples, ni le Royaume Uni, ni l’Australie ne se seraient abstenus.
        Certes des pays comme la France et la Grande Bretagne comptent tirer un avantage de ce vote à l’ONU dans leur stratégie contre la Syrie et l’Iran. Mais l’irrédentisme sionisme ne leur offrira pas ce cadeau. C’est cette intransigeance suicidaire des sionistes qui donne leur marge de manoeuvre aux palestiniens. Même si les palestiniens reconnaissaient l’Etat sioniste comme juif, juif orthodoxe, sépharade ashkénaze, cela ne changerait strictement rien à la façon de faire du régime sioniste. Ce qui ne fera qu’accroître la légitimité de toutes les formes de résistance du peuple palestinien.
        Selon moi, tous les moyens sont bons à prendre pour les palestiniens, militaires, diplomatiques, juridiques, certains étant plus ou moins dominants selon les circonstances et les rapports de forces.

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