Le racisme dans la police à Miami (USA)

L’attorney general (ministre de la justice) Eric Holder représentait le gouvernement des Etats Unis à la marche « républicaine » organisée dimanche dernier à Paris à l’appel de la place Beauvau et de l’Elysée.

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Eric Holder et François Hollande à Paris le 11 janvier dernier

Les observateurs ne s’y sont pas trompés qui ont considéré que les Etats Unis n’avaient pas envoyé un représentant d’un rang suffisamment élevé pour figurer au milieu des chefs d’Etat et premiers ministres accourus d’un peu partout.

Eric Holder est en effet avant tout un exécuteur de basses œuvres qui a été incapable d’intervenir dans les affaires de crimes commis par la police contre des citoyens afro-américains aux Etats Unis.

Eric Holder est lui-même afro-américain, preuve que le problème aux Etats Unis ne se résume pas à une question de couleur, c’est avant tout un problème social et politique, un problème de classes sociales.

Ce problème n’est toujours pas réglé dans ce pays qui n’a de cesse de donner des leçons aux autres, ne se privant pas le cas échéant de joindre le geste à la menace.

Un exemple de plus avec cette affaire qui concerne des policiers d’une grande ville qui s’entraînent au tir exclusivement sur des photos anthropométriques d’hommes afro-américains qui, pour une raison ou une autre, ont eu à passer par le commissariat.

Les tireurs d’élite de la police s’ntraînent sur des photos anthropométriques de noirs

The Week (UK) 16 janvier 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une équipe de tireur d’élites de la police de Miami a suscité l’indignation après qu’il fut révélé que des agents se servaient de clichés anthropométriques d’Afro-Américains pour l’entraînement au tir sur cible

Mugshots utilisés à l'entraînement au tir par la police de Miami

Mugshots utilisés à l’entraînement au tir par la police de Miami

Les images ont été découvertes par Valerie Deant, un sergent de la Garde Nationale de Floride, dans un stand de tir utilisé par les divers services de sécurité. Elle a découvert choquée que la photo anthropométrique de son frère criblée d’impacts de balles figurait parmi les clichés utilisés, rapporte CBS News.

« La photo avait l’air criblée de balles, » a déclaré son frère Woody Deant. « Une dans mon front, une autre dans mon œil. Je suis resté sans voix. »

Répondant aux critiques, le chef de la police de North Miami Beach J. Scott Dennis a reconnu que son équipe aurait pu faire preuve de « meilleur jugement » dans le choix des photos, mais a rejeté les accusations de profilage racial.

Il a expliqué que les forces de l’ordre utilisaient régulièrement des photos de véritables suspects et que ceux qui étaient responsables [du choix des photos] ne seraient pas punis. « Nos règles de fonctionnement n’ont pas été enfreintes, » a déclaré Dennis.  Aucune sanction n’est envisagée contre les personnes qui étaient impliquées.

De hauts responsables des services judiciaires ont cependant déclaré à NBC que la pratique normale consistait à utiliser des cibles disponibles dans le commerce, sur lesquelles il n’y a pas de visage humain, pour l’entraînement au tir.

« L’utilisation de ces cibles ne semble pas correcte, » affirme Alex Vasquez, un agent du FBI retraité. « La police a plusieurs possibilités en termes de cibles [d’entraînement]. Je pense que la police doit être extrêmement prudente et attentive à certains problèmes qui peuvent être soulevés. »

Cette affaire intervient au moment où les relations entre la police et la communauté afro-américaine restent tendues après la mort de plusieurs Noirs tués par des agents de police blancs.

L’an dernier, des manifestation se sont produites à travers tous les Etats Unis après qu’un adolescent noir non armé, Michael Brown, avait été tué par la police à Ferguson dans le Missouri. Dans un incident distinct, Eric Garner est mort après avoir été maintenu dans une position asphyxiante interdite par un agent de police blanc. Dans les deux cas, un grand jury a décidé de ne pas inculper les policiers responsables.

Andell Brown

Andell Brown

« Ils peuvent créer une situation très dangereuse, » affirme l’avocat Andell Brown. « Et ça a été ancré dans votre subconscient et ça veut dire que quand quelqu’un [un policier] croise dans la rue Woody ou une autre personne, ça joue sur son processus de décision d’utiliser ou pas une force létale. »

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Une Réponse to “Le racisme dans la police à Miami (USA)”

  1. raimanet Says:

    A reblogué ceci sur raimanetet a ajouté:
    « Ils peuvent créer une situation très dangereuse, » affirme l’avocat Andell Brown. « Et ça a été ancré dans votre subconscient et ça veut dire que quand quelqu’un [un policier] croise dans la rue Woody ou une autre personne, ça joue sur son processus de décision d’utiliser ou pas une force létale. »

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