Archive for the ‘Afrique du Sud’ Category

Trafic d’équipements nucléaires entre les USA et un Etat du Proche Orient

15 juillet 2010
On ne se bouscule pas pour parler de cette affaire dans la presse française. A la décharge de cette dernière, il faut dire que la liberté de la presse semble empêcher beaucoup de journaux, même aus Etats Unis, d’en parler.
Pourtant ça se passe aux Etats Unis où une entreprise propriété de ressortissants de l’entité sioniste (à moins qu’elle ne dépende d’une banque ou d’un ministère) fait l’objet d’une enquête pour exportations illicites de technologies américaines sensibles dans l’entité sioniste mais aussi en Afrique du Sud, en Inde et en Chine. L’argent il est vrai n’a pas d’odeur, mais si en plus de l’argent on peut se faire de nouveaux amis aux frais de l’allié avec  lequel on a un lien « unbreakable » (incassable), pourquoi se priver.
Tout le monde a compris que le jour viendra où les Etats Unis ne seront plus l’immense puissance qu’ils représentent encore aujourd’hui. Les sionistes l’ont compris aussi, et ils investissent dans la technologie (américaine) pour se faire de nouveaux amis.

Le programme nucléaire israélienimpliqué dans une enquête aux Etats Unis

Selon l’Institute for Science and International Security researchers, la compagnie israélienne Pelogy, basée aux Etats Unis, a enfreint la règlementation à l’exportation,.
par Yossi Melman, Haaretz (Sionistan) 15 juillet 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le programme nucléaire israélien a été impliqué dans une enquête conduite aux Etats Unis par le Bureau of Industry and Security (BIS), d’après un rapport publié mercredi par les chercheurs de l’Institute for Science and International Security (ISIS).

L’enquête a commencé au printemps 2010 quand le BIS a accusé Pelogy, une compagnie basée aux Etats Unis et sa filiale belge, d’avoir violé la règlementation US à l’export en essayant d’exporter des produits soumis à restrictions vers Israël, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
Selon l’enquête, dans le cas d’Israël et de l’Inde, les produits auraient pu servir à fabriquer des armes nucléaires et des missiles.
Les accusations viennent à la suite d’informations données sur une base volontaire par les entreprises.
Dans le cas d’Israël, le BIS n’a pas précisé l’équipement ou les composants achetés aux Etats Unis ni les présumés acheteurs de ces produits.

Aucun autre détail n’a été donné sur cette affaire.
Il convient de mentionner que dans les années 1990, en dehors des activités d’espionnage de Jonathan Pollard pour Israël, des individus et des entreprises israéliens ont été mêlés à de nombreuses affaires d’espionnage technologique, dérobant des secrets US, de la technologie et des équipements.
L’affaire la plus connue impliquait Milco, une compagnie sise aux Etats Unis, propriété du magnat Israélien Amon Milchan, qui avait acheté et transporté des équipements  qui auraient aussi pu servir comme détonateurs pour des armes nucléaires.
 

Le dernier truc de la hasbara contre le juge Richard Goldstone

12 mai 2010
La hasbara sioniste n’est pas encore disposée à lâcher les baskets à Richard Goldstone, ce magistrat Sud Africain qui a donné son nom au rapport onusien sur les crimes de guerre commis pendant la dernière grande agression contre Gaza fin 2008, début 2009.
Le dernier truc de la hasbara consiste à tenter de discréditer Richard Goldstone en rappelant son passé de juge au service du régime d’apartheid, notamment les condamnations à la peine capitale qu’il a prononcées à l’époque contre 28 Sud Africains noirs.
Sasha Polakow-Suransky de Foreign Policy revient sur cet argument de la hasbara (pédagogie sioniste du mensonge) pour rappeler l’importance des relations entretenues par l’entité sioniste avec le régime de Pretoria, notamment dans le domaine militaire. Son article complète donc utilement celui que je vous avais proposé il y a quelque temps, publié par le journal El pais.
M. Polakow-Suransky, s’il relève effectivement la tâche que constitue les condamnations à mort prononcées par Richard Goldstone, note aussi le rôle crucial qui fut le sien dans la délicate transition qui marqua la fin du régime d’apartheid. Rôle dont Nelson Mandela lui sera d’ailleurs fort gré.
Il importe cependant d’apporter ici une précision: l’auteur indique en effet que M. Netanyahou aurait eu raison d’affirmer que le pétrole iranien et arabe arrivait en Afrique du Sud, par des intermédiaires observe-t-il. Le pétrole iranien arrivait certes en Afrique du Sud mais il faut rappeler que ce ne fut le cas qu’avant la destitution su Shah, ce dernier étant à la fois un allié des Etats Unis et un ami de l’entité sioniste. Quant au pétrole « arabe », il était simplement revendu par des compagnies comme Shell, BP ou Amoco. Des détails ici et .

Pierres d’or, maisons de verre (Gold stones, glass houses)
par Sasha Polakow-Suransky 10 mai 2010, Foreign Policy (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Le gouvernement israélien en a après Richard Goldstone. Depuis que Goldstone, un juge Juif Sud Africain, a publié un rapport en septembre qui accuse Israël (et le Hamas) d’avoir commis des crimes de guerre pendant l’invasion de Gaza en 2009, le premier ministre Benjamin Netanyahou s’en est pris à lui – et à son rapport – en tant que grave menace pour la légitimité d’Israël.

Ce mardi, de hauts responsables du gouvernement israélien ont accentué leur campagne contre Goldstone, l’accusant d’avoir envoyé 28 Sudafricains noirs à la mort lorsqu’il servait comme juge à l’époque de l’apartheid.

« Le juge qui a condamné à mort des noirs… est un homme de deux poids deux mesures, » a proclamé Reuven Rivlin, porte parole de la Knesset. « Une telle personne ne devrait pas être autorisée à faire la leçon à un Etat démocratique qui se défend contre des terroristes. » Le vice ministre des affaires étrangères Danny Ayalon a insisté, « Ce soit disant juge respecté se sert de ce rapport afin d’expier ses propres péchés, » comparant la déclaration de Goldstone selon laquelle il avait été forcé d’appliquer les lois d’un régime injuste aux « explications que nous aavons entendues en Allemagne nazie après la seconde guerre mondiale. »

Et le journal Yediot Aharonoth d’enchaîner – avec des hochements de tête approbateurs de Jeffrey Goldberg et Jonathan Chait – que « l’homme qui est l’auteur du rapport Goldstone qui critique les actions de l’armée israélienne durant l’opération Plomb Durci a pris une part active dans les politiques racistes d’un des régimes les plus cruels du 20ème siècle. »

Ce qu’a fait aussi le gouvernement israélien

Les verdicts rendus par le juge Goldstone au temps de l’apartheid sont indubitablement une tache dans son dossier, mais ceux qui le critiquent ne mentionnent jamais le rôle essentiel qu’il a joué dans l’accompagnement de l’Afrique du Sud dans sa transition démocratique, la conjuration des menaces de violences et la passation pacifique du pouvoir – un rôle qui lui a valu l’amitié de Nelson Mandela qui le nommera à la plus haute cour de justice du pays.

Plus important, le moralisme d’Ayalon et de Rivlin ignorent commodément l’histoire de l’armement par Israël du régime d’apartheid du milieu des années 1970 au début des années 1990. En servant de premier et plus sûr fournisseur d’armes pendant une période de violente répression à l’intérieur et d’agression à l’extérieur, le gouvernement israélien a fait beaucoup plus pour aider le régime d’apartheid que ne l’a jamais fait Goldstone.

L’alliance israélo-sud africaine a commencé pour de bon en avril 1975 quand Shimon Peres, ministre de la défense à l’époque, avait signé un pacte de sécurité secret avec son homologue Sud Africain, P.W. Botha. En quelques mois, le commerce entre les deux pays devint actif avec la conclusion de contrats d’armement de près de 200 millions de dollars. Peres avait même proposé de vendre à Pretoria des missiles Jericho capables d’emporter des charges atomiques. En 1979, l’Afrique du Sud était devenu le plus gros client de l’industrie de défense israélienne, représentant 25 % des exportations militaires et éclipsant d’autres clients tels l’Argentine, le Chili, Singapour et le Zaïre.

Des échanges de personnel militaires de haut niveau suivirent bientôt. Des Sudafricains se joignirent en mars 1979 au chef d’état major Israélien pour des essais top secret d’un nouveau système de missiles. Pendant l’invasion du Liban par Israël en 1982, l’armée israélienne avait conduit Constand Viljoen, le chef de la South African defense Force, et ses collègues sur les lignes de front; et Viljoen emmenait fréquemment les attachés d’ambassade et les conseillers militaires Israéliens sur le champ de bataille en Angola où ses troupes affrontaient les forces angolaises et cubaines.

Il y avait aussi une coopération nucléaire: l’Afrique du Sud fournissait à Israël du concentré d’uranium tandis que des dizaines d’Israéliens vinrent en Afrique du Sud en 1984 sous de fausses identités et des prétextes factices, pour travailler sur le programme de missiles nucléaires de Pretoria sur le pas de tir de la base secrète d’Overberg en Afrique du Sud. A ce moment là, les sources alternatives d’approvisionnement en armes de l’Afrique du Sud s’étaient largement taries parce que les Etats Unis et les pays européens avaient commencé à se conformer à l’embargo de l’ONU sur les armes; Israël continua à l’enfreindre sans vergogne.

La flagrante hypocrisie de la dernière attaque contre Goldstone n’a rien d’une nouveauté. En novembre 1986, Benjamin Netanyahou, alors ambassadeur d’Israël à l’ONU, avait prononcé un discours vibrant devant l’Assemblée Générale pour dénoncer l’apartheid tout en insistant sur le fait que « les pays arabes pétroliers forment le cordon ombilical qui nourrit le régime d’apartheid. » (peu importe si Israël, par déférence envers ses amis de Pretoria, n’avait pas participé au vote de 1980 à l’ONU pour imposer un embargo pétrolier à l’Afrique du Sud)

Netanyahou avait raison de dire que le pétrole iranien et arabe allait, via des intermédiaires, au régime d’apartheid, mais il avait nié catégoriquement l’importante coopération militaire et les échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud, qualifiant les accusations de lucratives ventes d’armes de « tout simplement absurdes » et avait accusé ses détracteurs d’essayer de « diffamer Israël. »

En réalité, Israël a largement profité de ses ventes d’armes à Pretoria à l’époque. Ecrivant dans le New York Times, Thomas Friedman estimait que les deux pays avaient réalisé entre 400 et 800 millions de dollars de transactions dans le secteur de l’armement en 1986. Selon des documents sud africains rendus publics, les chiffres étaient probablement encore plus élevés. A lui seul, un contrat de modernisation des avions de combat sud africains au milieu des années 1980 s’élevait à « approximativement deux milliards de dollars, » et les ventes d’armement en 1988 – un an après l’imposition par Israël de sanctions au régime d’apartheid – dépassaient 1,5 milliard de dollars. Comme me l’avait dit sans ambages Jan van Loggenberg, l’ancien commandant en chef de l’armée de l’air d’Afrique du Sud: « Israël était probablement notre seule possibilité dans les années 1980. »

Des chiffres déclassifiés sur l’approvisionnement en armes de l’Afrique du Sud (qui excluent des sociétés mixtes lucratives et des arrangements financiers conjoints) révèlent dans toute sa dimension l’ampleur du mensonge de Netanyahou. Les « chiffres indépendants du FMI » qu’il avait cité (qui excluaient diamants et armes) suggéraient que les échanges s’élevaient au montant ridicule de 100 millions de dollars annuels. Ils s’élevaient en réalité à cinq ou dix fois ce montant – en fonction des années – faisant du régime d’apartheid le deuxième ou troisième partenaire commercial d’Israël après les Etats Unis. Toutes les armes vendues par Israël n’ont pas servi dans des guerres à l’étranger, et il est incontestable que des armes israéliennes ont contribué à prolonger la domination d’un régime immoral et raciste.

Avant de jeter des pierres depuis leur maison de verre, Ayalon, Rivlin et les journalistes Israéliens feraient bien d’examiner – et d’admettre – l’histoire honteuse de la collaboration de leur propre gouvernement avec le régime d’apartheid.

Sasha Polakow-Suransky est chef de rédaction à Foreign Affairs et l’auteur de The Unspoken Alliance: Israel’s Secret Relationship with Apartheid South Africa.

Zapiro, le juge Goldstone et la bar-mitzvah

29 avril 2010
La presse francophone ne se bouscule apparemment pas pour rapporter les petites difficultés du juge Richard Goldstone dans son projet d’assister à la bar-mitzvah de son petit fils.
Ce peu d’empressement tient peut-être au fait que selon une officine sioniste spécialisée dans la lutte contre la « désinformation », les informations selon lesquelles le juge Goldstone serait empêché d’assister à cette cérémonie relevaient précisément de la… désinformation.
Pourtant, l’organisation sioniste d’Afrique du Sud a vraiment tenté d’empêcher le juge Goldstone d’assister à cette cérémonie à la fois religieuse et familiale, nous montrant ainsi les expédients auxquels a recours le sionisme: bannir celui par qui le scandale arrive de la vie communautaire, jusque dans des aspects qui relèvent purement et simplement de l’ordinaire de la vie familiale. Une forme d’excommunication ou de mise à mort symbolique, rien de moins.
Cependant, le juge Goldstone pourra assister à la bar-mitzvah de son petit fils après avoir néanmoins satisfait aux exigences de l’organisation sioniste. Tout cela est exposé dans ce petit article de Jews Sans Frontière et illustré par une planche de Zapiro, un dessinateur du Mail & Guardian, un journal d’Afrique du Sud. J’ai traduit la légende, mais l’effet du jeu de mot « barred mitzvah » ne peut pas être rendu par une traduction (barred signifie en effet interdite).
Quelle voie emprunter?
Quelle que soit la décision du garçon, son grand père sera semble-t-il présent à la bar-mitzvah. Il s’avère que la fédération sioniste sud africaine a décidé de ne pas tenir un piquet pendant cet événement spécial pour un garçon âgé de 13 ans. J’ai eu l’information par un courriel de Deborah Maccoby à la liste de diffusion Just Peace UK.

Mais jetons un coup d’oeil au courriel envoyé par le juge Goldstone au rabbin Michael Lerner:

    Michael,
   
Je suis heureux de t’informer qu’après avoir été contacté ce matin par des organisations communautaires juives, la déclaration suivante a été publiée par Wendy Kahn, la directrice du groupe des députés Juifs Sud Africains:
   
« Le SA Jewish Board of Deputies (SAJBD) a le plaisir d’annoncer que, après consultation avec toutes les parties concernées, un accord s’est fait pour confirmer la présence du juge Richard Goldstone a la prochaine cérémonie de bar-mitzvah de son petit fils.


  Il a été convenu qu’une rencontre dans les locaux de la fédération sioniste d’Afrique du Sud réunira le juge Goldstone et les dirigeants de la fédération sioniste d’Afrique du Sud et d’autres représentants communautaires juifs pour discuter la réponse de la communauté juive au rapport de la commission présidée par le juge Goldstone l’an dernier et pour que le juge Goldstone donne ses perspectives sur la question.


Il a été en outre confirmé que le juge Goldstone assistera à la bar-mitzvah de son petit fils que qu’il n’y aura pas de manifestations liées à la bar-mitzvah.


Le SAJBD demande respectueusement, à la lumière de l’accord obtenu, que toutes les parties cessent immédiatement toute activité publique sur ce sujet de sorte que la cérémonie de bar -mitzvah du jeune homme puisse retrouver le caractère privé et digne qu’elle mérite.

Incroyable! Le prix de la présence du juge Goldstone à la bar-mitzvah de son petit fils consiste en une rencontre avec la fédération sioniste sud africaine « pour donner ses perspectives sur la question » de son rapport. Moi qui pensais que ces gens ne pouvaient pas tomber plus bas que lors de leur soutien à l’agression contre Gaza elle-même. Combien j’avais tort.

Sionisme et apartheid: la presse espagnole enfonce le clou

26 mars 2010
L’Espagne, comme d’autres pays à vrai dire, a été accusée de connaître un regain d’antisémitisme. Et il faut dire que cette accusation n’est pas exactement passée comme une lettre à la poste et qu’elle a suscité une réaction de la presse espagnole.
Je l’avais déjà noté dans un précédent post où je vous proposais un article du journal El Pais. Cette fois, c’est La Vanguardia, le grand quotidien hispanophone de Barcelone qui s’y met en publiant un long article qui porte sur l’apartheid dans l’entité sioniste. Cet article est le fait d’un spécialiste puisque rédigé par un guide touristique qui exerce en Afrique du Sud et a donc quelque compétence pour comparer la situation de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et ce que subissent actuellement les Palestiniens. La vanguardia n’est pourtant pas un journal particulièrement pro palestinien!
L’article donne des indications précises sur les relations entre l’entité sioniste et le régime d’apartheid sud africain. Il met notamment en relief le rôle de l’institution communautaire juive, partie prenante du régime d’apartheid et fer de lance de la mise en relation de l’Afrique du Sud avec l’entité sioniste. Il souligne aussi le rôle de personnalités juives, dont le chanteur Johnny Clegg est une des figures les plus connues, dans la lutte contre l’apartheid. Ces Juifs, nombreux au demeurant, n’étaient par contre pas intégrés dans le système communautariste juif d’Afrique du Sud. Ils n’agissaient pas en tant en qualité de Juifs mais en tant que militants de gauche ou tout simplement antiracistes.
On peut lire que John Vorster, futur premier ministre Sud Africain, interné par les Britanniques pendant la seconde guerre mondiale pour cause de sympathies pour le nazisme, n’en sera pas moins couvert d’éloges par des dignitaires du régime sioniste comme Moshe Dayan ou Yitzhak Rabin.
Et que Shimon Peres (prix Nobel de la paix!), chargé en tant que ministre de la défense de la coopération militaire avec Pretoria, ne regrette rien puisque, dit-il, « Il faut oublier le passé, » « Le passé ne m’intéresse pas. »
Shimon Peres est un de ceux qui somment pourtant le monde entier d’entretenir la mémoire de l’holocauste…
Apartheid en Israël
Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et voyage aujourd’hui en Israël observera des choses désagréablement familières.
par Jaume Saladrigas au Cap, La vanguardia (Esp) 23 mars 2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Il est courant de lire des articles sur le malaise que ressentent les politiques Israéliens devant l’actuel climat d’antisémitisme qui, selon eux, s’est installé en Espagne. Par antisémitisme, certains entendent les opinions opposées ou qui interrogent les actions de l’actuelle administration israélienne. L’Etat hébreu est celui de l’apartheid, entend-on souvent. Pourquoi les autorités israéliennes s’indignent-elles chaque fois que quelqu’un en vient à faire des comparaisons avec l’ancien système d’apartheid en Afrique su Sud? Et dites-moi en quoi est-il antisémite de dire quelque chose de ce genre?Dans les années 1950, DF Malan, premier ministre d’Afrique du Sud, créa un système de lois qui rappelaient celles de Nuremberg, à l’époque d’Hitler: la loi sur l’état civil qui classait la population en fonction de la race. Des lois qui interdisaient les relations sexuelles ou matrimoniales entre personnes de races différentes. Des lois qui excluaient les noirs du monde du travail blanc.

Les origines de l’antisémitisme des Afrikaners remonte à une décennie avant 1948,année qui vit le Parti Nationaliste remporter pour la première fois des élections législatives. DF Malan avait déclaré son opposition à l’acceptation par l’Afrique du Sud de réfugiés Juifs supplémentaires venant d’Allemagne. A cette fin, il proposa des lois anti-immigration. Dans un discours au parlement, il défendit ainsi sa position: « On m’accuse souvent de discrimination envers les Juifs pour le simple fait d’être Juifs. Je vous dis en toute sincérité que c’est le cas; je les discrimine parce qu’ils sont Juifs. »

La présence de communautés juives en Afrique du Sud est antérieure aux événements de la seconde guerre mondiale. Au 19ème siècle, arrivèrent des familles entières ou ce qui restait de familles décimées qui fuyaient les pogroms en Lituanie et en Lettonie. Avec Staline, les persécutions contre les Juifs s’accentuèrent, ce qui provoqua une deuxième vague de réfugiés vers l’Afrique du Sud. Avec la découverte en 1860 des riches gisements de diamants de Kimberly et l’enrichissement notable de certains membres de la communauté juive, l’antisémitisme s’accrut. Les préjugés, les clichés: « le Juif est avare » étaient déjà à l’époque très répandus. La guerre anglo-boer à la fin du 19ème siècle servit aussi d’argument à des politiciens mal intentionnés. Ces derniers ne tardèrent pas à accuser les Juifs de s’enrichir aux dépens des perdants [les Boers]. Hendrik Verwoerd, rédacteur en chef de l’influent journal Die Transvaler et fondateur du mouvement Apartheid, soutenait que les Juifs en Afrique du Sud et dans le monde poursuivaient le même objectif: contrôler l’ensemble de l’économie. Les outils de communication (presse et radio) entre les mains de l’appareil du parti Nationaliste ne rataient aucune occasion de lancer une campagne antisémite. Il faut se souvenir que les Afrikaners s’étaient montrés favorables à la cause d’Hitler randis que les Sudafricains d’origine anglaise – dont étaient isus presque tous les membres du gouvernement – soutenaient le camp allié.
Don Krausz, survivant de l’holocauste (sa famille a eu moins de chance) et président de l’association des survivants de l’holocauste en Afrique du Sud, le rappelle bien: « Les Afrikaners, et en particulier les adhérents ou sympathisants du Parti Nationaliste, nous haïssaient. La presse afrikaans était un calque du journal hitlérien « Der Stürmer ». Les Juifs vivaient dans une anxiété constante sous la menace des Afrikaners. A Potschefstroom, d’où est ma femme, les milices des Chemises Grises jetaient des pierres sur les magasins juifs. Ou pire encore, ils y mettaient le feu ou les faisaient exploser. Ces gens là seront au pouvoir en 1948. Peu de ministres n’avaient pas la nostalgie du IIIème Reich et du nazisme. »

Après la guerre, le Parti nationaliste remporta les élections de 1948 et lança un vaste processus de transformation politique. Peu importaient les différends avec les anglophones (représentés par le Parti de l’Unité et le Parti Progressiste; l’opposition). Ensemble, il s’agit maintenant de construire une société nouvelle. L’apartheid est l’affaire de tous. La même année, le parlement, avec l’appui de tous les partis, opposition comprise, approuvait un nouveau système de lois pour l’Afrique du Sud. Un Ordre Nouveau: l’apartheid. La communauté juive d’Afrique du Sud n’avait rien à craindre. Le train de nouvelles lois ségrégationnistes ne touchait pas aux Juifs. Il s’agissait de créer un Etat dans lequel il serait possible de construire deux sociétés distinctes et différentes entre elles: les blancs d’un côté, les noirs et le reste des communautés non blanches de l’autre (à l’époque l’Afrique du Sud avait un déficit important en matière de population d’origine européenne). Et eux, les Juifs, étaient blancs.

Que s’était-il passé? Qu’est-ce qui avait changé entre les Afrikaners et la communauté juive? En 1961, le Parti nationaliste obtint l’approbation majoritaire au parlement d’un nouveau statut et de la décision de proclamer la république. Ce changement avait contrarié le Royaume Uni qui n’y pouvait cependant pas grand chose. Sauf exercer une pression maximum pour expulser l’Afrique du Sud du Commonwealth britannique, ce qui se produisit effectivement. Les blancs d’Afrique du Sud – qu’ils soient Boers ou d’origine anglo-saxonne – et Israël s’étaient toujours vues comme deux nations authentiquement démocratiques et soucieuses de défendre les valeurs occidentales dans un environnement le plus souvent hostile. En conséquence elles exigeaient le respect mutuel.

L’Afrique du Sud percevait sa destinée somme quelque chose de très proche de celle d’Israël. « Les Israéliens sont une minorité qui vit entourée de 200 millions de fanatiques musulmans qui, en outre, reçoivent l’appui de pays communistes. Un îlot de gens civilisés entourés de 200 millions d’Arabes barbares et sauvages. Quant aux Afrikaners, 5 millions de personnes au milieu de centaines de millions de noirs aidés par les communistes, » avait déclaré en une occasion John Vorster dont les propos seront répétés des années plus tard par le premier ministre PW Botha.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le futur premier ministre d’Afrique du Sud, John Vorster, fut interné dans un camp de concentration allié. Vorster était un admirateur fervent des nazis, chose qui ne cadrait pas bien avec un pays comme l’Union Sud Africaine qui était en guerre aux côtés des alliés. Trois décennies plus tard, en 1976, il se rendait à Jérusalem. en qualité de premier ministre cette fois. Le gouvernement de  Yitzhak Rabin, Menahem Begin et le légendaire général Moshe Dayan ne tarissaient pas d’éloges à l’égard de leur hôte.

Israël et l’Afrique du Sud oublièrent leurs divergences idéologiques du passé et inaugurèrent une relation cordiale et très fructueuse. A l’époque Israël et l’Afrique du Sud ont travaillé à des projets en vue de développer des tecnologies militaires de très haut niveau. Israël apportait à l’Afrique du Sud une aide militaire dans le conflit contre l’Angola. L’ennemi à combattre était le communisme.

Dans les années 1970 et 1980, quand la communauté internationale, sous la pression d’organismes comme l’ONU, décida d’imposer des sanctions économiques à Pretoria, PW Botha, le premier ministre du pays, durcit encore plus l’apartheid et en conséquence, l’Afrique du Sud s’enfonça dans une spirale de l’horreur. Les manifestations, les révoltes, les arrestations, les exécutions et les assassinats politiques firent parti du quotidien. Les grandes multinationales étrangères choisirent de quitter l’Afrique du Sud. L’occident tourna le dos à l’Afrique du Sud. Rien de tout cela n’ébranla le gouvernement. Dans le même temps, les passeports sud africains ne permettaient plus de voyager à l’étranger, sauf en Israël, l’ami fidèle.

Alon Liel, ax ambassadeur israélien à Prétoria, a délaré dans une interview que ce fut précisément l’Etat d’Israël qui assuma la responsabilité d’aider l’Afrique du Sud à se doter du potentiel militaire nécessaire (le plus important du continent). L’Afrique du Sud avec ses énormes réserves de trésorerie issues de sa puissante industrie minière, put financer divers programmes de développement technologique en Israël et, en contrepartie, des scientifiques Israéliens apportèrent leur savoir faire à l’Afrique du Sud. C’est ainsi, par exemple, que ces deux pays obtinrent la technologie essentielle pour développer leur arsenal nucléaire. Peu de gens en étaient informés.  Du côté israélien, Shimon Peres et Rabin le savaient (mais ils essayaient de le cacher). Ces deux hommes, avant d’être des politiciens, faisaient partie de l’équipe de techniciens militaires qui travaillait avec le gouvernement de Prétoria.

Antérieurement à la mise en place d’obstacles aux frontières, de checkpoints et autres dispositifs pour contrôler la population palestinienne qui entrait et sortait quotidiennement d’Israël, des spécialistes de la sécurité anti terroriste Sudafricains apportèrent une aide logistique à leurs coreligionnaires Israéliens. La même chose s’est produite avec la construction de ce qui est peut-être le plus important symbole de la répression et de la ségrégation raciale en Israël: le Mur. La gigantesque clôture de béton et d’acier qui serpente autour d’un périmètre qui ne cesse de s’agrandir.

Vers 1986, sous la pression de la situation internationale, des sanctions économiques, des résolutions successives de l’ONU condamnant à chaque fois l’apartheid, Israël décida de prendre ses distances avec le régime de Prétoria. Cette évolution des relations avec l’Afrique du Sud préoccupa les responsables de l’appareil sécuritaire en Israël. « Qui aurait pu penser? Est-ce que nous sommes tous soudain devenus fous? Comment allons-nous faire sans l’assistance militaire de l’Afrique du Sud? Que va devenir notre industrie aéronautique? Nous ne pourrons pas survivre sans son soutien. N’oubliez pas que les Sudafricains, depuis les années 1970 n’ont cessé de nous aider et sont nos meilleurs clients. »

Aujourd’hui, quand on évoque des personnalités juives Sudafricaines, les noms qui nous viennent à l’esprit sont ceux d’Helen Suzman, une éminente militante anti apartheid ou celui de Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature. Et peut-être aussi celui de Johnny Clegg, musicien de rock célèbre dans les années 1980. Tous trois s’opposèrent à l’apartheid. Rares sont cependant ceux qui connaissent le nom de Percy Yutar.

Yutar appartenait à l’autre bord. C’était le procureur qui en 1963 a réussi à mettre Nelson mandela derrière les barreaux. Il avait fait valoir des preuves qui incriminaient apparemment Mandela dans un prétendu sabotage et de vouloir conspirer contre l’Etat. Mandela purgea une peine de 27 ans et Percy Yutar fut récompensé par le gouvernement avec le poste de procureur général de l’Etat Libre d’Orange et, peu après, du Transvaal. Pendant des dizaines d’années, la Fédération Sioniste et le Groupe des Députés Juifs d’Afrique du Sud honorèrent des hommes comme Percy Yutar, Juif anti communiste et bon Sudafricain.

Pour Alon Liel, l’image que le monde devait avoir (et continuer à avoir) des Juifs d’Afrique du Sud est le modèle classique des militants contre l’apartheid. Les Juifs déploraient dans leur majorité le racisme mais insuffisamment. C’est que ce système leur apportait deux garanties fondamentales: un bon niveau de vie et une vie sans crainte du communisme. Devant les atrocités endurées au quotidien par les noirs et les autres communautés non blanches, les Juifs liés à l’establishment ont détourné le regard. Les choses iront mieux pour nous, disaient-ils, si nous les laissons telles quelles.

« Il faut oublier le passé, » recommandait Shimon Peres lors d’un entretien avec un correspondant Sudafricain. Shimon Peres parlait en connaissance de cause. Ce n’est pas pour rien qu’il a été ministre de la défense à l’époque de la visite de Vorster à Jérusalem et deux fois premier ministre dans les années 1980, à l’époque précisément où les relations entre l’Etat hébreu et l’Afrique du Sud blanche étaient au mieux .Peres goûte peu le charabia moraliste. « Je ne regarde jamais en arrière. Le passé ne m’intéresse pas. Je ne peux pas le modifier, à quoi bon m’en préoccuper maintenant? » Quand on lui demande comment il est possible que deux nations aux idéologies aussi différentes, antagonistes, aient pu s’apporter un soutien mutuel et s’il a douté à l’occasion, il répond: « Toutes les situations ne correspondent pas forcément à un idéal. Toute décision tient compte de deux alternatives imparfaites. Le mouvement noir en Afrique du Sud encensait Arafat depuis des années, et Arafat était notre ennemi chez nous. A la vérité, nous n’avions pas le choix. Nous n’avons cependant jamais cessé de dénoncer l’apartheid. Nous ne l’avons jamais soutenu. »

Personne en Israël n’a honte du passé. Le sous directeur général du ministère des affaires étrangères, Gideon Meyer, le justifie ainsi: « Notre handicap majeur a toujours été la sécurité. Aucune nation au monde n’est plus menacée que la nôtre. Il en est ainsi depuis ses tout premiers jours, depuis la naissance de l’Etat d’Israël. La géopolitique d’Israël en est le résultat. »

Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et se rend aujourd’hui en Israël observera des choses étrangement familières. Il n’existe certes pas en Israël de pancartes où on annonce aux noirs l’interdiction de ceci ou de cela, « blancs seulement », « non européens seulement ». Le fait est que ça revient au même; en Israël comme en Afrique du Sud par le passé, prévaut un climat de ségrégation raciale. Les Israéliens préfèrent cependant ne pas s’en rendre compte.

Les soldats de l’Etat hébreu humilient très souvent les Palestiniens qui se présentent aux checkpoints, les postes frontaliers. Les colons s’amusent à tracer des peintures xénophobes sur les humbles demeures des Palestiniens à Hébron. La police de jérusalem Ouest exerce son autorité de manière routinière, interpelle systématiquement toutes les personnes d’apparence arabe et contrôlent leurs identités. Certaines colonies et communautés juives refusent complètement l’entrée de « leur » zone aux palestiniens. L’argument qui justifie ce refus est l’appartenance à deux mondes culturellement distincts.Le maire d’un de ces hameaux de colons juifs en est venu à proposer que les palestiniens portent un quelconque signe distictif qui les identifie comme tels. Renversement de la notion de ghetto? Possible. Dans les années 1990, des groupes d’extrême droite juifs avaient exigé que les commerçants qui employaient des Palestiniens licencient ces derniers. Ceux qui s’étaient pliés à cette exigence  avaient reçu un autocollant où on lisait « nous n’employons pas d’Arabes. » Dans les matchs de football qui opposent des équipes israéliennes et palestiniennes, les supposrters juifs crient « mort aux Arabes. »

Celui qui a le rare honneur (ou selon le cas, tout le contraire) d’être invité à dîner chez une famille juive de la classe moyenne, il se peut qu’avec le dessert  – peut-être que c’est l’été et que nous soyons sur la terrasse à profiter du parfun que répandent les citronniers du jardin du voisin – la conversation animée porte sur la cause palestinienne. Nos amphitryons disutent, tentent de nous convaincre qu’en réalité les Palestiniens ne « méritent » pas d’avoir leur propre Etat. L’intifada et les attentats suicide justifient mille fois les 37 années d’occupation de leurs terres. Des crimes contre les Palestiniens? Certainement pas. Les criminels sont les Palestiniens.

Ca rappelle beaucoup les discussions sur les noirs qu’il y a vingt ou trente ans, j’avais avec des gens que je connaissais en Afrique du Sud. Les mêmes clichés, les mêmes préjugés, la même étroitesse d’esprit. On fait régulièrement des enquêtes d’opinion en Israël. Les Israéliens sont une majorité pour penser que les Arabes sont des gens « sales », « primitifs »,faisant peu de cas de la vie humaine et d’un naturel violent.Rehavam Ze’evi, ancien ministre du tourisme sous Sharon, avait proposé l’expulsion de tous les Arabes du territoire juif. Dans le plus pur style de l’apartheid. Même la presse juive l’avait traité de raciste. Ze’evi est mort en 2001, victime d’un attentat terroriste.

La liste d’exemples est longue qui démontre de manière claire qu’Israël, actuellement, continue à se prévaloir de pratiques propres à l’apartheid sud africain. « Il y a toujours eu des fanatiques pour exiger un Grand Israël, » explique Krausz, survivant de l’holocauste qui réside à Johannesbourg. « Il y a des types, des tarés, il n’y a pas d’autre mot, qui insistent pour prouver que c’est dans la Bible; cette terre est à nous, par la volonté divine. C’est du fascisme. »

Hirsch Goodman avait décidé d’émigrer en Israël. C’était il y a trente ans, peu après avoir terminé son service militaire (obligatoire en Afrique du Sud). Son fils, après avoir achevé son service dans l’armée israélienne a émigré en Afrique du Sud. « L’armée l’avait envoyé dans les territoires occupés et il dit qu’il n’oubliera jamais ce qu’on l’a obligé à faire, » déclare Goodman qui travaillait comme analyste des systèmes de sécurité à l’université de Tel Aviv. Selon lui, le terme « apartheid » est peut être un peu exagéré. « Si Israël persiste à vouloir se maintenir dans les territoires occupés, sans doute devrons nous accepter ce terme. Nous ne pourrons alors plus parler d’Etat démocratique. Ce qui arrivera alors seront des formes distinctes de développement et la discrimination systématique dans tous les domaines: éducation, santé, légal. Mais on ne peut pas dire aujourd’hui que nous pratiquons l’apartheid alors que 76 % de la population d’Israël désire sincèrement un accord avec le peuple palestinien. Il est vrai que nous discriminons les Arabes, ceux qui sont venus d’Ethiopie et d’autres, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut nous coller l’étiquette de racistes. Je déteste qu’on banalise le mot apartheid. C’est quelque chose de trop affreux. »

Il faut avoir du culot pour le faire: du profilage racial en Afrique du Sud!

23 novembre 2009
Une affaire qui aurait pu être un simple conflit ordinaire du travail se solde par une affaire d’Etat qui avive la tension entre le régime sioniste et l’Afrique du Sud.
C’est que les agents qui travaillent pour la sécurité des vols de la compagnie aérienne El Al au départ de l’étranger ont pris la fâcheuse habitude de se comporter comme s’ils étaient chez eux, soumettant passagers et simples badauds à leurs méthodes de contrôle orthodoxes du point de vue sioniste mais rarement conforme aux législations de pays où ils exercent, parfois sous la protection d’un passeport diplomatique.
De nombreux pays l’acceptent, mais apparemment pas l’Afrique du Sud où le profilage selon certains critères rappelle certains fâcheux souvenirs.
Ce que ne nous dit pas l’article, c’est que les accusations de l’ex employé vont au-delà du profilage des passagers mais touche également à l’espionnage.

Un responsable de la sécurité d’El Al expulsé d’Afrique du Sud

Le ministère des affaires étrangères essaye de résoudre la crise diplomatique qui a suivi une émission télévisée qui a révélé la politique raciste de la compagnie aérienne israélienne
Par Itamar Eichner, Yediot Aharonot (Sionistan) 23 novembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les autorités sud-africaines ont expulsé il y a quelques jours un responsable de la sécurité qui travaille pour la compagnie aérienne israélienne El Al, qui est un employé de l’ambassade israélienne et dispose d’un passeport diplomatique.

 Les autorités ont lancé un ultimatum à Israël, disant que si un arrangement n’était pas trouvé à la fin du mois sur le travail des personnels de sécurité d’El Al, ils seraient tous expulsés d’Afrique du Sud.

Le quotidien Yediot Aharonot a appris que le ministère des affaires étrangères a immédiatement dépêché une équipe de diplomates pour négocier ce problème, avec pour objectif le maintien des agents de sécurité dans le pays au profit des vols Johannesbourg – Tel Aviv.
L’affaire a commencé il y a environ deux mois quand Jonathan Garb, qui avait travaillé comme agent de sécurité pour EL Al pendant 19 ans avant d’être licencié a, par vengeance, révélé les méthodes sécuritaires de la compagnie aérienne israélienne à une prestigieuse émission d’investigations de la télévision sud-africaine.
 «Nous classons les gens sur une base raciste, ethnique et même religieuse, » a-t-il affirmé. Garb a expliqué que pendant sa formation, il avait été envoyé en Israël pour un approfondissement et avait été recruté par les services de sécurité israéliens. « Nous nous entraînions avec des armes dans une base secrète où s’entraînent les forces spéciales israéliennes. Nous utilisions des fusils et des mitraillettes en combat rapproché.»

L’émission a également envoyé un enquêteur Musulman avec une caméra cachée au point de contrôle de sécurité d’El Al dans un aéroport du pays. En l’espace de quelques secondes, l’homme a été arrêté par un agent de sécurité d’El Al qui sera par la suite expulsé du pays. Le journaliste de l’émission a accusé El Al d’avoir une politique raciste, de tromper les autorités sud-africaines et de violer gravement la constitution.

 Ce mardi, les responsables d’El Al ont exprimé leurs espoirs que le ministère des affaires étrangères parviendra à résoudre la crise. Selon les sources, les vols d’Afrique du Sud en direction d’Israël ne courent pas d risque d’être annulés.

 Yossi Levy, un porte parole du ministère des affaires étrangères a déclaré, en réponse, que « le ministère ne pouvait pas s’exprimer sur des affaires touchant à la sécurité. »

>Afrique du Sud: Ronnie Kasrils demande des poursuites judiciaires contre des terroristes sionistes.

6 août 2009

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Ronnie Kasrils n’est plus ministre en Afrique du Sud, mais il n’a rien perdu de ses sentiments antisionistes, lui qui n’hésite pas à comparer la politique de l’Etat sioniste dans les territoires palestiniens occupés à l’apartheid dont il est un fin connaisseur pour l’avoir combattu au sein de l’ANC, le parti de Nelson Mandela.
Kasrils mène actuellement une campagne pour inciter les autorités judiciaires de son pays à traduire en justice plusieurs dizaines de Sud-Africains qui ont participé dans les rangs de l’armée sioniste à l’agression contre Gaza en décembre 2008 et janvier 2009.
Nous verrons quels seront les résultats de sa campagne ; l’Afrique du Sud est un Etat de droit (et c’est tant mieux) et les procédures peuvent être longues. Elle a déjà le mérite d’instiller un soupçon d’inquiétude chez les délinquants sionistes quand ils se promènent à l’étranger ou dans la deuxième ou troisième patrie dont ils possèdent la citoyenneté.

En fin d’article, vous découvrirez la réaction d’un membre du Jewish Board of Deputies qui compare l’action des Sud-Africains dans l’armée sioniste à celle des mercenaires en Irak.
Il a tout compris ce type.

Kasrils veut que les ‘criminels de guerre’ soient poursuivis
Par Benjamin Bradlow, The Times (Afr. Du Sud) 6 août 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ceux qui sont impliqués dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité pendant l’invasion par Israël de la bande de Gaza en décembre et en janvier devraient être poursuivis en justice, affirme Ronnie Kasrils, ancien ministre du Renseignement.
Il est à la tête d’une campagne pour amener le gouvernement et la National Prosecuting Authority (procureur de la république) à décider de telles poursuites en Afrique du Sud.
«De nombreux spécialistes, organisations et enquêtes ont conclu qu’Israël pratique systématiquement l’oppression et la domination,» a expliqué Kasrils qui compare l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza à l’apartheid.
Kasrils était entouré de représentants du Media Review Network, de la Palestine Solidarity Alliance et du Human Sciences Research Council lors d’une conférence de presse hier.
L’avocat Yousha Tayo a indiqué que le droit et les traités internationaux obligeaient les Etats à poursuivre les personnes soupçonnées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
La campagne demanderait que le gouvernement inculpe plus de 70 personnes mais le nom d’une seule d’entre elles a été révélé – le lieutenant-colonel David Benjamin, un Sud-Africain actuellement en tournée de conférences dans ce pays.
Zev Krengel, du groupe des députés Juifs, a déclaré : « Nous pensons que c’est une chasse aux sorcières contre les Juifs Sud-Africains.
«En Irak il y a plus de 4 000 Sud-Africains qui combattent aux côtés des forces britanniques et étatsuniennes et il n’y a jamais eu un seul appel à des poursuites contre l’un d’entre eux.»

Afrique du Sud: Ronnie Kasrils demande des poursuites judiciaires contre des terroristes sionistes.

6 août 2009
Ronnie Kasrils n’est plus ministre en Afrique du Sud, mais il n’a rien perdu de ses sentiments antisionistes, lui qui n’hésite pas à comparer la politique de l’Etat sioniste dans les territoires palestiniens occupés à l’apartheid dont il est un fin connaisseur pour l’avoir combattu au sein de l’ANC, le parti de Nelson Mandela.
Kasrils mène actuellement une campagne pour inciter les autorités judiciaires de son pays à traduire en justice plusieurs dizaines de Sud-Africains qui ont participé dans les rangs de l’armée sioniste à l’agression contre Gaza en décembre 2008 et janvier 2009.
Nous verrons quels seront les résultats de sa campagne ; l’Afrique du Sud est un Etat de droit (et c’est tant mieux) et les procédures peuvent être longues. Elle a déjà le mérite d’instiller un soupçon d’inquiétude chez les délinquants sionistes quand ils se promènent à l’étranger ou dans la deuxième ou troisième patrie dont ils possèdent la citoyenneté.

En fin d’article, vous découvrirez la réaction d’un membre du Jewish Board of Deputies qui compare l’action des Sud-Africains dans l’armée sioniste à celle des mercenaires en Irak.
Il a tout compris ce type.

Kasrils veut que les ‘criminels de guerre’ soient poursuivis
Par Benjamin Bradlow, The Times (Afr. Du Sud) 6 août 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ceux qui sont impliqués dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité pendant l’invasion par Israël de la bande de Gaza en décembre et en janvier devraient être poursuivis en justice, affirme Ronnie Kasrils, ancien ministre du Renseignement.
Il est à la tête d’une campagne pour amener le gouvernement et la National Prosecuting Authority (procureur de la république) à décider de telles poursuites en Afrique du Sud.
«De nombreux spécialistes, organisations et enquêtes ont conclu qu’Israël pratique systématiquement l’oppression et la domination,» a expliqué Kasrils qui compare l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza à l’apartheid.
Kasrils était entouré de représentants du Media Review Network, de la Palestine Solidarity Alliance et du Human Sciences Research Council lors d’une conférence de presse hier.
L’avocat Yousha Tayo a indiqué que le droit et les traités internationaux obligeaient les Etats à poursuivre les personnes soupçonnées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
La campagne demanderait que le gouvernement inculpe plus de 70 personnes mais le nom d’une seule d’entre elles a été révélé – le lieutenant-colonel David Benjamin, un Sud-Africain actuellement en tournée de conférences dans ce pays.
Zev Krengel, du groupe des députés Juifs, a déclaré : « Nous pensons que c’est une chasse aux sorcières contre les Juifs Sud-Africains.
«En Irak il y a plus de 4 000 Sud-Africains qui combattent aux côtés des forces britanniques et étatsuniennes et il n’y a jamais eu un seul appel à des poursuites contre l’un d’entre eux.»

>L’Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort?

7 juillet 2009

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Certains dépensent beaucoup d’énergie à combattre les théories dites du complot ou de la conspiration. Tandis que d’autres se contentent de mettre à l’index ceux qui n’adhèrent pas à la version officielle de certains événements.
Pourtant, force est de constater que les dites théories du complet se frayent un chemin vers la lumière simplement parce qu’elles apportent des éléments rationnels d’explication à des faits inexpliqués pour lesquels chacun est sommé de croire.
Je vous en avais parlé ici même à propos des attentats de Londres en juillet 2005. Et voilà que le Daily Express nous parle d’un documentaire étatsunien sur la guerre bactériologique au cours duquel on voit surgir du cimetière où il repose le Dr David Kelly.
David Kelly est ce spécialiste britannique de l’armement qui avait contesté l’argumentation de M. Tony Blair visant à justifier l’entrée en guerre contre l’Irak des troupes de sa Gracieuse Majesté.
Fort heureusement pour Tony Blair, David Kelly avait eu le bon goût de se suicider en temps opportun.

L’article ci-dessous nous apporte deux informations importantes. La première est que David Kelly s’apprêtait, au moment où il a été suicidé par les services secrets britanniques, à publier un livre sur le dossier irakien mais aussi sur des programmes de guerre bactériologique auxquels il avait participé notamment avec le régime d’apartheid sud-africain.
On ne peut lire ce bref article sans penser qu’il existe une internationale de la mort, qui revêt tantôt des habits démocratiques tantôt des habits moins seyants comme le régime d’apartheid (quoique le régime d’apartheid était démocratique pour… les blancs). La caractéristique principale de cette internationale de la mort étant qu’elle correspond peu ou prou à ce qu’on appelle l’Occident.

Le livre des secrets de Kelly
Daily Express (UK) 7 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’inspecteur en armement David Kelly était en train d’écrire un livre à haut risque pour le gouvernement avant sa mort mystérieuse.
Il avait de révéler qu’il avait averti le premier ministre Tony Blair qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak plusieurs semaines avant l’invasion américano-britannique.
Il avait eu des dicussions avec un éditeur à Oxford et cherchait des conseils sur jusqu’où il pouvait aller sans enfreindre la loi sur les secrets.
Après sa mort, ses ordinateurs avaient été saisis et on ne sait toujours pas si un quelconque brouillon avait été découvert par les enquêteurs et, si oui, ce que ce matériel est devenu.
Le Dr Kelly avait également l’intention de lever le voile sur un scandale potentiellement plus important, sa propre implication secrète dans le programme de guerre bactériologique du régime d’apartheid en Afrique du Sud.
Des journalistes d’investigation d’une télévision étatsunienne ont passé quatre ans à préparer un documentaire de 90 minutes, Anthrax War, qui suggère l’existence d’un marché noir de l’anthrax et parle des « suicides » mystérieux de cinq savants spécialisés dans la guerre bactériologique pour le compte de leurs gouvernements à travers le monde.

«Il voulait que son histoire sorte»
Le réalisateur Bob Coen déclare : « Plus vous regardez profondément dans le monde trouble des gouvernements et de la guerre bactériologique, plus ça devient inquiétant.»
«Nous avons prouvé qu’il existe un marché noir de l’anthrax. David Kelly avait un intérêt particulier pour nous parce que c’était une sommité mondiale sur l’anthrax et qu’il était impliqué à un certain point dans le programme de guerre bactériologique de l’Afrique du Sud de l’apartheid.»
Le Dr Kelly avait été trouvé mort dans des bois près de son domicile de l’Oxfordshire le 17 juillet 2003. Son suicide apparent était intervenu deux jours après son audition par la Chambre des Communes sur son rôle en coulisses pour exposer les failles et les manipulations (sexed-up dossier) du dossier N°10 qui a justifié l’entrée en guerre de la Grande Bretagne contre l’Irak.

L’Occident (démocratique etc.) est-il une internationale de la mort?

7 juillet 2009
Certains dépensent beaucoup d’énergie à combattre les théories dites du complot ou de la conspiration. Tandis que d’autres se contentent de mettre à l’index ceux qui n’adhèrent pas à la version officielle de certains événements.
Pourtant, force est de constater que les dites théories du complet se frayent un chemin vers la lumière simplement parce qu’elles apportent des éléments rationnels d’explication à des faits inexpliqués pour lesquels chacun est sommé de croire.
Je vous en avais parlé ici même à propos des attentats de Londres en juillet 2005. Et voilà que le Daily Express nous parle d’un documentaire étatsunien sur la guerre bactériologique au cours duquel on voit surgir du cimetière où il repose le Dr David Kelly.
David Kelly est ce spécialiste britannique de l’armement qui avait contesté l’argumentation de M. Tony Blair visant à justifier l’entrée en guerre contre l’Irak des troupes de sa Gracieuse Majesté.
Fort heureusement pour Tony Blair, David Kelly avait eu le bon goût de se suicider en temps opportun.

L’article ci-dessous nous apporte deux informations importantes. La première est que David Kelly s’apprêtait, au moment où il a été suicidé par les services secrets britanniques, à publier un livre sur le dossier irakien mais aussi sur des programmes de guerre bactériologique auxquels il avait participé notamment avec le régime d’apartheid sud-africain.
On ne peut lire ce bref article sans penser qu’il existe une internationale de la mort, qui revêt tantôt des habits démocratiques tantôt des habits moins seyants comme le régime d’apartheid (quoique le régime d’apartheid était démocratique pour… les blancs). La caractéristique principale de cette internationale de la mort étant qu’elle correspond peu ou prou à ce qu’on appelle l’Occident.

Le livre des secrets de Kelly
Daily Express (UK) 7 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’inspecteur en armement David Kelly était en train d’écrire un livre à haut risque pour le gouvernement avant sa mort mystérieuse.
Il avait de révéler qu’il avait averti le premier ministre Tony Blair qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak plusieurs semaines avant l’invasion américano-britannique.
Il avait eu des dicussions avec un éditeur à Oxford et cherchait des conseils sur jusqu’où il pouvait aller sans enfreindre la loi sur les secrets.
Après sa mort, ses ordinateurs avaient été saisis et on ne sait toujours pas si un quelconque brouillon avait été découvert par les enquêteurs et, si oui, ce que ce matériel est devenu.
Le Dr Kelly avait également l’intention de lever le voile sur un scandale potentiellement plus important, sa propre implication secrète dans le programme de guerre bactériologique du régime d’apartheid en Afrique du Sud.
Des journalistes d’investigation d’une télévision étatsunienne ont passé quatre ans à préparer un documentaire de 90 minutes, Anthrax War, qui suggère l’existence d’un marché noir de l’anthrax et parle des « suicides » mystérieux de cinq savants spécialisés dans la guerre bactériologique pour le compte de leurs gouvernements à travers le monde.

«Il voulait que son histoire sorte»
Le réalisateur Bob Coen déclare : « Plus vous regardez profondément dans le monde trouble des gouvernements et de la guerre bactériologique, plus ça devient inquiétant.»
«Nous avons prouvé qu’il existe un marché noir de l’anthrax. David Kelly avait un intérêt particulier pour nous parce que c’était une sommité mondiale sur l’anthrax et qu’il était impliqué à un certain point dans le programme de guerre bactériologique de l’Afrique du Sud de l’apartheid.»
Le Dr Kelly avait été trouvé mort dans des bois près de son domicile de l’Oxfordshire le 17 juillet 2003. Son suicide apparent était intervenu deux jours après son audition par la Chambre des Communes sur son rôle en coulisses pour exposer les failles et les manipulations (sexed-up dossier) du dossier N°10 qui a justifié l’entrée en guerre de la Grande Bretagne contre l’Irak.

>Le lobby sioniste tente (encore) d’empêcher un discours de Desmond Tutu

13 avril 2009

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Le lobby sioniste ne gagne pas à tous les coups. Encore une fois, il a tenté d’empêcher une prise de parole de l’archevêque Desmond Tutu dans une université des Etats Unis.

Mais cette fois, la direction de l’université, celle du Michigan, n’a pas cédé malgré les accusations indécentes d’antisémitisme portées à l’encontre du prix Nobel de la paix.

Ce n’est pas que la direction de l’université a été emportée par une fièvre antisioniste ; la même direction se dit fermement opposée au boycott de l’entité sioniste.

Non, c’est simplement qu’il est difficile de faire croire à une personne douée de discernement que Desmond Tutu est antisémite. Et c’est aussi qu’une annulation de l’invitation faite à l’archevêque aurait entrainé des remous non seulement à l’intérieur du campus mais aussi dans les universités sudafricaines avec lesquelles l’université d Michigan entretient d’importantes relations.

Et enfin, il y a la mobilisation en faveur de la Palestine d’étudiants et de membres du corps enseignant. Ce n’est pas pour rien que l’organisation Hillel, présente sur le campus, fait plutôt profil bas.


Une organisation critique l’invitation de Tutu par l’université du Michigan

Simon cite la liberté académique en réponse aux critiques

par Matthew Miller, Lansing State Journal (USA)10 avril 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
EAST LANSING – L’Université d’Etat du Michigan a annoncé la semaine dernière que l’archevêque Sudafricain à la retraite Desmond Tutu ferait le discours de rentrée universitaire. Deux jours plus tard, l’Anti-Defamation League, un groupe de pression juif a émis une protestation.

Dans une lettre à Lou Anna Simon, présidente de l’Université de l’Etat du Michigan, deux responsables de l’ADL écrivent que Tutu, dont l’opposition à l’apartheid dans les années 80 lui a valu le prix Nobel de la paix, a fait des déclarations sur Israël qui «charriaient une franche intolérance contre… le peuple Juif.»

Ils affirment que la proposition d’un boycott académique et culturel d’Israël, que Tutu soutient, était « basée sur des idées qui sont antisémites et devraient faire l’objet de l’anathème par toutes les institutions d’enseignement supérieur réellement investies en faveur de la liberté académique.»

Ils demandent à l’Université du Michigan de reconsidérer son invitation.

Simon a répondu cette semaine. Elle a dit non.

Tout en remarquant que des dirigeants de l’université s’étaient publiquement opposés à un tel boycott, elle écrit : «L’Université d’Etat du Michigan rejette la notion que les échanges intellectuels et les activités académiques devraient faire les frais de dissensions politiques.»

C’est une affaire apparemment ouverte puis close mais elle a provoqué des petits remous sur le campus.

Des professeurs et des étudiants interviewés ce mardi sont unanimes dans leur soutien à la position de Simon sur la liberté académique et pour permettre à Tutu de s’exprimer.

Les opinions divergeaient sur la tactique de l’ADL et sur le boycott préconisé par Tutu.

David Wiley est un professeur de sociologie qui a dirigé le Centre d’Etudes Africaines de l’université du Michigan pendant trente ans avant d’en quitter la direction cette année. Il avait joué un rôle dans la décision de l’Université d’Etat du Michigan de ne plus investir en Afrique du Sud en 1978. Et il qualifie de «déplacée» la requête de l’ADL.

« Encore et toujours, l’ADL et d’autres organisations juives font l’amalgame entre le fait de critiquer Israël et l’antisémitisme, » dit-il. «En fait, l’évêque Tutu a toujours été pour l’inclusion des marginaux, que ce soient les noirs en Afrique du Sud ou la communauté juive.»

Tutu a déclaré soutenir l’existence de l’Etat d’Israël. Il a aussi comparé le traitement des Palestiniens à celui des noirs pendant l’apartheid.

Et il est partie prenante de la campagne aux USA pour un boycott académique et culturel d’israël qui vise à cesser les relations et les investissements dans les institutions académiques et culturelles israéliennes jusqu’à ce qu’Israël se retire des territoires occupés de la bande de Gaza et de Cisjordanie.

Un tel boycott, affirme Ken Waltzer, directeur des études juives à l’Université du Michigan, porterait un coup sévère au travail de son programme. Il punirait les Israéliens les plus engagés pour la paix.

Et il « repose sur une analogie entre l’Afrique du Sud et Israël qui est manifestement fausse et ignoble. »

Geoff Levin, étudiant en deuxième année à l’université et responsable de l’organisation étudiante Hillel pour l’Université d’Etat, dit respecter les réussites de Tutu, mais est attristé par ses positions sur Israël.

«Je ne ferais aucune pression pour son retrait de la liste des orateurs en raison des grandes choses qu’il a réalisées,» dit-il.

« Mais je pense que les pro Israël et la communauté juive doivent exprimer notre mécontentement à propos de ce vers quoi il pousse.»

Salah Hassan enseigne l’anglais à l’Université d’Etat du Michigan et est membre de Michigan Professors Against Occupation, un groupe ad hoc qui s’oppose à l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem Est.

« La meilleure façon de d’y mettre un terme à cet appel au boycott, » dit-il, « serait de mettre fin à l’occupation.»

«L’ADL a tout à fait le droit de protester contre la venue de quelqu’un qu’elle n’aime pas, » dit-il.

« Mais en réalité, si la présidente de l’université avait accepté de retirer l’invitation, cela aurait provoqué une forte polémique.»


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