Archive for the ‘AIEA’ Category

Sanctions contre Iran, la lecture stratégique de Pepe Escobar

24 mai 2010
Mme Clinton vient d’exiger l’adoption par l’ONU de nouvelles sanctions en lien avec le programme nucléaire iranien. Et ce, en dépit de l’accord sur un échange de combustible nucléaire obtenu par le Brésil et la Turquie.
Mme Clinton va sans doute obtenir l’adoption de ces nouvelles sanctions même si comme le laisse entendre Pepe Escobar, elles seront sans doute fortement édulcorées après être passées à la moulinette des autres membres permanents (Russie, Chine) et non permanents (Liban, Turquie, Brésil).
Quelle que soit la teneur des sanctions, elles auront d’abord un prix pour Washington, celui que les Etats Unis devront payer à la Russie et surtout à la Chine, deux pays qui n’ont aucun intérêt ni à un embargo sur l’Iran ni dans une guerre à leurs portes.
En effet, il suffit de regarder une carte pour voir que l’Iran est limitrophe d’anciennes républiques soviétiques, de l’Afghanistan et du Pakistan. Les répercussions sur ce dernier pays d’un conflit militaire en Iran sont d’une importance essentielle pour les autorités de Pékin.
La Turquie non plus n’a aucun intérêt au déclenchement d’un conflit à ses portes.
Pepe Escobar considère que ce qui vient de se passer à Téhéran, ce fameux accord irano-turco-brésilien, est symptomatique de l’avènement d’un monde multipolaire avec l’apparition de nouvelles puissances moyennes, comme la Turquie, ou très importantes comme la Chine, sans parler du renouveau russe. En fait, plus que d’apparition de puissances, Escobar parle d’éveil à la dimension internationale de ces pays qui, par ailleurs, sont souvent en phase avec cette communauté internationale qui n’est pas exactement celle dont parlent Mme Clinton ou M. Sarkozy. Car le monde, nous rappelle Pepe Escobar, ne se résume pas aux Etats Unis, au Canada et à quelques Etats européens.
En appelant à un nouveau train de sanctions juste après l’annonce de l’accord conclu par le président Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan, Mme Clinton a adressé un camouflet à ces derniers, où un coup de cravache pour rester dans le ton de Pepe Escobar.
Ceci ne restera pas sans conséquences. Mme Clinton est peut-être satisfaite de son coup, plier apparemment à sa volonté la fameuse « communauté internationale, » le coût politique en sera sans doute exorbitant pour les Etats Unis. Car si des pays comme le Brésil ou a Turquie s’éveillent à la dimension internationale, ce n’est certainement pas pour jouer les gros bras mais simplement parce que c’est leur intérêt: le Brésil comme la Turquie dépendent de l’étranger pour leurs approvisionnements en gaz et en pétrole; le Brésil notamment est en train de devenir un géant économique et ses intérêts prennent, et prendront de plus en plus, une dimension mondiale. Ceci est encore plus vrai pour la Chine.
Maintenant, tout le monde aura compris que ce que cherchent les Etats Unis, ce ne sont pas des garanties sur la nature du programme nucléaire iranien, mais un changement de régime. L’idée est de rendre la vie difficile aux Iraniens pour qu’ils contestent de plus en plus leur régime qui, à son tour se durcira: une spirale de l’instabilité pouvant déboucher sur un coup d’Etat ou une révolution colorée.
Le succès de la démarche n’est pas à écarter. L’Iran est sous le coup de sanctions depuis des années et est littéralement assiégée par les troupes US sans parler des gesticulations militaires sionistes. Les menaces de toutes sortes sur le régime sont évidentes et ce dernier s’est effectivement durci ces dernières années, tout en restant bien plus démocratique que d’autres pays, comme l’Egypte par exemple, qui figurent sans problème sur la liste des amis es Etats Unis.
Enfin, qu’on ne s’y trompe pas, les sanctions unilatérales voulues par l’Occident ont tout d’une déclaration de guerre qui ne dit pas son nom. La seule question qui vaille est: les Etats Unis agiront-ils  militairement contre l’Iran?
Pour cause d’économie chancelante, ils ne le feront, à mon avis, que si les délinquants de Tel Aviv leur forcent la main en bombardant l’Iran provoquant une riposte iranienne. Une réédition en quelque sorte du coup de Suez de 1956. Un coup qui avait été un succès militaire pour la France et la Grande Bretagne, mais qui avait aussi sonné le  glas de leur statut de très grande puissance.

    
L’Iran, Sun Tzu et la dominatrice
By Pepe Escobar, Asia Times (Chine) 22 mai 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Voyons les choses en face: Hillary Clinton est une satanée dominatrice.

Au départ, la Secrétaire d’Etat des Etats Unis avait dit que la médiation turco-brésilienne pour amener l’Iran à accepter un échange de combustible nucléaire était vouée à l’échec. Puis les Etats Unis ont dit que c’était la « dernière chance » pour un accord sans sanctions. Et finalement, moins de 24 heures après l’aboutissement à un accord à Téhéran, Hillary Clinton soumet le Conseil de Sécurité de l’ONU à la cravache et annonce triomphalement au monde qu’un projet de résolution pour une quatrième bordée de sanctions a été établi.

Elle a situé la démarche pour des sanctions dans le cadre « d’une réponse aux efforts entrepris ces tout derniers jours par Téhéran. » Attendez une minute. Immédiatement après une véritable – et fructueuse – médiation par deux puissances émergentes – et intermédiaires honnêtes -, le Brésil et la Turquie, dans ce monde multipolaire sur un dossier très sensible, Washington et ses deux alliés de l’Union Européenne au Conseil de Sécurité, la Grande Bretagne et la France, la torpillent. Est-ce cela qu’on fait passer pour de la « diplomatie » globale? 
Pas étonnant si les alliés importants des États-Unis que sont le Brésil et la Turquie, tous deux membres non permanents du Conseil de sécurité, et toutes deux grandes puissances régionales, ont été furieux après un tel camouflet public. Le Brésil a d’abord annoncé qu’il ne voulait même pas discuter des sanctions à l’ONU. Ensuite, le Brésil et la Turquie ont envoyé une lettre officielle à l’ONU, demandant à participer aux négociations du « groupe des six sur l’Iran. » et les sanctions « pour empêcher l’adoption de mesures allant à l’encontre d’une solution pacifique « .

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva – qui avait dit personnellement à Hillary Clinton plus tôt dans l’année qu’il n’était « pas prudent d’acculer l’Iran » – n’a pas pu s’empêcher de fustiger un Conseil de Sécurité obsolète, en insistant sur le fait qu’après tout il n’était guère enclin à des négociations. Le ministre Turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a prévenu que le nouveau train de sanctions « empoisonnerait l’atmosphère. »

Et le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan a souligné que cette démarche remettait gravement en cause la crédibilité du Conseil de Sécurité – sans omettre de rappeler ironiquement à chacun l’idée absurde qui consiste à voir les cinq puissances dotées de l’arme atomique et membres permanents du Conseil de Sécurité chercher le démantèlement du programme nucléaire civil d’un pays en développement.

Quant à la « crédibilité des USA », elle mord la poussière une fois de plus, pas seulement au regard de Lula et d’Erdogan, mais à travers l’ensemble des pays en voie de développement – la véritable « communauté internationale » de chair et de sang, suite à cette interminable charade.

Frénésie de flagellation sur l’enrichissement

Ces derniers mois, la dominatrice Clinton a accusé sans relâche l’Iran de rejeter un accord similaire d’échange de l’uranium proposé par les Etats Unis en octobre dernier. Cela fait partie du script habituel en usage à Washington – se conduire de manière des plus sournoises, en insistant pour affirmer que les sanctions ‘n’ont rien à voir » avec l’enrichissement de l’uranium alors que quelques semaines auparavant, l’accord sur l’enrichissement était le motif principal de nouvelles sanctions.

Et il y a pire. Comme Gareth Porter l’a révélé (Washington burns its bridges with Iran Asia Times Online, May21, 2010), Washington n’a proposé un accord sur l’échange de combustible en octobre dernier que parce qu’elle voulait dès le début contraindre l’Iran à accepter de suspendre toutes ses activités d’enrichissement de l’uranium (auxquelles elle a droit aux termes du TNP, (le Traité de Non Prolifération nucléaire). Mais cela n’avait jamais été annoncé publiquement.

L’Iran continuera de toute façon à produire de l’uranium enrichi à 20 % (le TNP l’autorise à le faire), et entamera la construction d’une nouvelle usine d’enrichissement d’à peu près la même taille que celle de Natanz. Cette nouvelle usine s’inscrit dans un plan de construction de dix nouvelles usines, annoncé l’an dernier par le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. En outre, la centrale nucléaire construite à Bushehr par la Russie est en phase d’essais finaux et sera inaugurée cet été. Ce sont des faits irréversibles sur le terrain.

Saeed Jalili, Secrétaire du Conseil Suprême de la Sécurité Nationale de l’Iran, principal négociateur de facto côté iranien, pourrait bientôt rencontrer en Turquie Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’Union Européenne. Ashton, négociatrice désignée de la « communauté internationale » est aussi représentative de l’opinion publique mondiale que l’est un communiqué de presse de BP sur le déversement de pétrole dans le Golfe du Mexique. Notamment parce que l’Union Européenne est en voie de proclamer ses propres sanctions unilatérales contre l’Iran. Même chose au Congrès des Etats Unis comme l’a confirmé cette semaine le sénateur Chris Dodd, un Démocrate du Connecticut. Donc, en dehors du Conseil de Sécurité, l’Iran devra aussi faire face à des sanctions supplémentaires de la part d’une coalition de droite emmenée par les USA et composée de caniches européens déclinants.

La Chine et la Russie tirent un Sun Tzu

Sun Tzu, l’ancien général, stratège, philosophe et auteur de l’Art de la Guerre disait, « Permettez à votre ennemi de commettre ses propres erreurs, et ne les corrigez pas. » La Chine et la Russie, toutes deux maîtresses en stratégie, appliquent cette maxime avec panache en ce qui concerne les Etats Unis.

Les 10 pages du projet actuel de résolution de l’ONU portant sanctions ont déjà été diluées à l’extrême par les membres permanents que sont la Russie et la Chine – et ce qu’il en reste de langage belliqueux sera encore démoli par des membres non permanents, le Brésil, la Turquie et le Liban (sans unanimité du Conseil de Sécurité, les nouvelles sanctions seront sans doute vidées de leur contenu concret). Washington n’a aucun moyen d’exercer une coercition sur le reste du Conseil de Sécurité pour qu’il endosse de nouvelles sanctions alors que l’Iran est effectivement engagée dans la voie de la coopération.

Comme il se présente, le nouveau train de sanctions touche aux importations d’armes conventionnelles par l’Iran, aux importations liées aux missiles balistiques, gèles les avoirs de hauts responsables du corps des Gardiens de la Révolution Islamique, et met en place des inspections des cargos dans les ports et les eaux internationales. La plupart de ces sanctions s’appliquent sur une base volontaire -ne sont pas contraignantes- et n’auront aucun impact sur le commerce mondial de gaz et de pétrole iraniens.

Pékin et Moscou ne sont pas exactement en train de lécher le fouet de Mme Clinton. Immédiatement après son annonce grandiloquente, l’ambassadeur de Chine à l’ONU, Li Badong, a affirmé que le projet de résolution « ne fermait pas les portes à la diplomatie, » insistant encore une fois sur le « dialogue, la diplomatie et les négociations. »

Et Sergei Lavrov, le ministre Russe des affaires étrangères a tenu à parler au téléphone à Mme Clinton pour soutenir une analyse plus approfondie de l’accord pour l’échange de combustible issu de la médiation du Brésil et de la Turquie. Lavrov a aussi insisté pour dire que la Russie n’appréciait pas du tout les sanctions supplémentaires unilatérales de l’Union Européenne et des Etats Unis.  Le ministre Russe des affaires étrangères a affirmé que des sanctions unilatérales comprendraient des mesures « de nature extra territoriale, allant au delà des décisions acceptées par la communauté internationale et en contradiction avec le principe de la règle du droit international consacré dans la charte de l’ONU. »

Nous en sommes donc à une situation où un véritable accord pour l’échange de combustible accepté par l’Iran est sur la table à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) au moment où une offensive pour des sanctions contre l’Iran est en cours à l’ONU. A qui la vraie « communauté internationale » va-t-elle faire confiance? Erdogan n’aurait pas pu le dire mieux, « Le moment est venu de débattre afin de savoir si nous croyons en la suprématie de la loi ou à la loi des dominants et de la supériorité… »
Surtout, ce que le monde en voie de développement observe, c’est le passé – les USA, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne – luttant contre l’avènement du futur – la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Indonésie.
L’architecture mondiale de sécurité – contrôlée par un groupe de la peur  de gardiens occidentaux auto-désignés – est dans le coma. L’ouest « atlantiste » coule à la manière du Titanic. 

Nous voulons la guerre et nous la voulons maintenant

Seul le puissant lobby US pro guerre infinie est capable de présenter comme un désastre une première étape vers un accord complet sur le nucléaire avec l’Iran. Ce lobby comprend le largement discrédité, pro guerre en Irak, New York Times (la médiation turco-brésilienne « complique les discussions sur des sanctions ») et Washington Post (L’Iran « crée l’illusion d’une avancée dans les négociations sur le nucléaire »).

Pour le lobby belliciste, l’accord sur l’échange de combustible obtenu par la médiation du Brésil et de la Turquie est une « menace » parce qu’il entre en collision directe avec une attaque contre l’Iran (déclenchée par Israël puis entraînant les USA) et le « changement de régime » – un désir de Washington qui ne s’est jamais démenti.

Lors d’un récent discours au Council on Foreign relations à Montréal, le lumineux  Dr Zbigniew « à la conquête de l’Eurasie » Brzezinski a prévenu qu’un « réveil politique mondial » ainsi que des luttes intestines au sein des élites mondiales était quelque chose à redouter fortement. L’ancien conseiller à la sécurité des Etats Unis a remarqué que « pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité, le genre humain est politiquement éveillé – c’est une réalité complètement nouvelle – il n’en a pas été ainsi pendant la majeure partie de l’histoire des hommes. »

Pour qui se prennent ces nouveaux venus sur la scène internationale comme le Brésil et la Turquie – pour oser déranger « notre » domination sur le monde? Et les Américains désinformés continuent à se poser la question « Pourquoi nous détestent-ils? » Parce que, entre autres raisons, fondamentalement unilatéraliste, Washington n’hésite pas à montrer du doigt même ses plus proches amis.

Une autre traduction de cet article ici

Un Juif Américain dans les geôles de Mahmoud Ahmadinejad

20 décembre 2009
Tiens, voilà qu’un Juif part des Etats Unis pour se jeter dans la gueule du loup iranien et qu’il se retrouve détenu à l’isolement dans une cellule à Téhéran.

Oh, mille pardons, j’avais mal lu. Il s’agit en réalité d’un Juif Américain d’origine iranienne qui s’est rendu de son plein gré à Téhéran où un ami a proposé de lui donner un rein. La transplantation a eu lieu dans un hôpital de la capitale iranienne et le patient se remet tout en suivant des soins post opératoires. Tout Juif qu’il est, ce patient a la particularité d’avoir le même prénom que l’ayatollah Khomeini!
Le traitement de ce malade n’a pas été utilisé à des fins de propagande par le régime de Téhéran, et peu de journaux en parlent. Il offre cependant l’occasion au Washington Post de donner un aperçu sur une des conséquences des sanctions contre l’Iran décidées par l’ONU au prétexte d’un supposé programme nucléaire militaire.
Ces conséquences ont trait aux difficultés de l’Iran de se procurer ou de produire des substances radioactives utiles dans le diagnostic ou le traitement médical, des cancers notamment; mais aussi à l’impossibilité de renouveler un parc vieillissant de matériel d’imagerie médicale.
Car, on le sait, ces matériels peuvent aussi avoir un usage militaire…
Ce blog a déjà évoqué la motivation des sanctions à l’encontre de l’Iran; je ne pense pas qu’il y ait matière à y revenir.
En Iran, la question nucléaire est aussi un problème médical
par Thomas Erdbrink et William Branigin, Washington Post (USA) 20 décembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
Téhéran — Ruhollah Solook, un électricien à la retraite qui réside à Santa Monica en Californie, était dans une situation désespérée. Il avait besoin d’urgence d’une greffe de rein ainsi que d’actes radio thérapeutiques et de radiodiagnostics. La médecine nucléaire était disponible aux Etats Unis, mais le rein ne l’était pas.
Solook, 78 ans, un Juif Iranien qui avait émigré il y a plusieurs dizaines d’années, ne se serait jamais attendu à trouver l’une et l’autre dans son pays d’origine. Mais c’est là bas qu’il se trouve en ce moment, à reprendre des forces dans une chambre individuelle du plus ancien hôpital de Téhéran, avec un nouveau rein donné par un ami.
« Ils m’ont sauvé la vie ici, » dit-il. « Maintenant j’espère qu’ils peuvent me guérir. »
On estime qu’en Iran, 850 000 malades des reins, du cœur, ou cancéreux sont dans une course contre la montre.Bien que ces patients aient besoin d’un traitement post-chirurgical en médecine nucléaire, les médecins et les spécialistes du nucléaire ici disent que la production domestique se tarira quand un réacteur de recherche de Téhéran se trouvera à court de combustible, peut-être dès le printemps.
« Nous avons des milliers de patients par mois rien que dans cet hôpital, » explique Gholamreza Pourmand, un spécialiste qui a soigné Solook avec du technétium-99, une méthode de médecine nucléaire utilisée pour le diagnostic avec les scanners corps entier. « Si nous ne pouvons pas les aider, certains mourront. C’est aussi simple que ça. »
Au cœur de cette perspective de pénurie de produits de médecine nucléaire, se trouve la controverse persistante sur le programme nucléaire iranien, notamment un litige sur un accord avec les grandes puissances qui permettrait la fourniture de combustible pour le réacteur de recherche.
Comme d’autres aspects du programme, les spécificités relatives à la médecine nucléaire font l’objet d’un litige. L’Iran assure que les sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui visent à réduire ses activités d’enrichissement de l’uranium affectent aussi sensiblement son secteur hospitalier. Par exemple, les officiels Iraniens disent ne pas avoir l’autorisation d’importer des scanners corps entier récents fabriqués aux Etats Unis et en Europe, qui sont capables de détecter des tumeurs cancéreuses parce que certains de leurs composants pourraient contribuer au programme nucléaire, et ils assurent que les sanctions adoptées en 2007 empêchent l’Iran d’importer des isotopes à fins médicales.
Les Etats Unis et les officiels des nations Unies affirment que l’Iran reste libre d’acheter les isotopes dont elle a besoin; une exemption du Conseil de Sécurité autorise les importations d’articles nucléaires « pour les besoins de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé ou d’autres raisons humanitaires. » Ils laissent entendre que l’Iran veut produire ses propres isotopes médicaux pour s’assurer un approvisionnement moins cher et plus fiable en raison des récentes pénuries.
Quoi qu’il en soit, après l’arrêt des importations en 2007, l’Iran a fait tourner à plein régime un réacteur nucléaire de recherche à Téhéran, fourni par les Etats Unis il y a quarante ans. Fonctionnant au départ une demi-journée par semaine en période d’essai, le réacteur fonctionne maintenant de manière presque continue.
En juin, l’Iran a informé l’AIEA que le combustible obtenu d’Argentine en 1993 serait épuisé vers fin 2010 — une échéance qui semble avoir été retardée depuis. Mais les sanctions de l’ONU empêchent l’Iran d’acheter du combustible supplémentaire sur le marché mondial.
L’Iran dit pouvoir produire son propre combustible, quoique cela provoquerait une colère internationale parce qu’elle devrait enrichir l’uranium à 19,75 % — un taux proche de celui du matériau à usage militaire.
« Nous préférons acheter le combustible dans les délais les plus brefs possibles, » déclare Mohammad Ghannadi, vice président de l’Organisation Iranienne de l’Energie Atomique (OIEA).
Depuis le siège de l’OIEA, protégé par des batteries de DCA, Ghannadi surplombe les seul réacteur iranien en fonctionnement dont les deux cheminées marron émettent une fumée blanche. A la tête du département recherche et développement de l’OIEA, Ghannadi a l’interdiction de se déplacer à l’étranger aux termes des sanctions internationales.
« Nous pourrions enrichir le combustible nous-mêmes, » affirme dans un entretien ce scientifique formé en Grande Bretagne. « mais il y aurait des problèmes techniques. Alors il ne serait pas prêt à temps pour nos patients. »
Des experts atomistes US affirment que la principale difficulté de l’Iran est qu’elle ne peut produire des mélanges de combustibles pour le réacteur de recherche. Ils considèrent le problème de combustible de l’Iran comme largement auto-infligé.
Selon une proposition d’accord négociée par l’AIEA, l’Iran remettrait environ 1 200 kilos de l’uranium faiblement enrichi qu’elle a stocké, officiellement pour usage combustible dans des centrales nucléaires. En échange, la Russie enrichirait l’uranium à 19,75 % et la France le transformerait en mélange pour le réacteur de Téhéran. Les Etats Unis participeraient à maintenir en bon état de marche le réacteur vieillissant. Les grandes puissances craignent que si l’Iran ne livre pas son stock de matériau, elle pourrait le transformer un jour en uranium hautement enrichi qui peut être utilisé comme matière fissile pour les armes atomiques.
Après avoir tout débord accepté le principe de l’accord le 1er octobre, l’Iran a demandé des garanties supplémentaires de fourniture du combustible nucléaire. L’Iran se plaint aussi de l’étalement de la procédure dur plus d’un an — trop long à ses yeux.
La semaine dernière, Manoucher Mottaki, ministre Iranien des affaires étrangères, a proposé d’échanger de petites quantités d’uranium en mots plutôt que d’un seul coup. L’Iran a proposé que l’échange se fasse sur l’île de Kish, une destination touristique sur le Golfe Persique. L’administration Obama considère cette proposition comme ne cadrant pas avec le plan de l’ONU.
« Si l’Iran veut produire ces isotopes médicaux elle-même, alors la meilleure façon d’y parvenir est d’accepter la proposition de l’AIEA » et de recevoir le combustible nucléaire, a déclaré un haut responsable de l’administration Obama. Dans le cadre de l’accord, a-t-il observé, les parties s’engagent à fournir le combustible à temps pour maintenir le réacteur en fonctionnement.
Ghannadi situe le débat en tant que problème humanitaire, pas politique. « Il s’agit d’êtres humains… Quand quelqu’un est malade, on doit lui donner un traitement. Donnez nous le combustible, nous ferons la radio pharmacie, » dit-il, parlant de l’usage des substances pharmaceutiques radioactives en médecine nucléaire.
Par le passé, déclare Ghannadi, les sanctions ont stimulé les progrès de la médecine nucléaire iranienne qui est proposée dans 120 hôpitaux. « Quand les livraisons d’isotopes médicaux ont cessé, » dit-il, « nous avons été forcés de les faire nous-même. » Mais pendant deux mois, se souviennent des médecins, aucun patient n’avait pu être soigné, ce qui avait mis les hôpitaux en grande difficulté.
Aujourd’hui, des patients en médecine nucléaire de l’hôpital Shariati de Téhéran sont assis dans une petite salle d’attente près d’un scanner allemand vétuste qui a besoin d’être remplacé.
« Quand ils parlent des droits de l’homme et de l’Iran à l’ONU, ils ne devraient pas oublier que nos patients ont aussi des droits, » dit Mohsen Saghari, un spécialiste de médecine interne qui a étudié à l’université John Hopkins. « les USA tentent maintenant de m’empêcher d’utiliser en Iran ce que j’ai appris aux Etats Unis, » se plaint-il.
Solook, le malade californien d’origine iranienne dit envisager d’écrire une lettre aux responsables étatsuniens de la santé pour expliquer ce qui lui est arrivé en Iran.
« Je ne crois pas en ces sanctions, » dit-il, d’une voix affaiblie par sa transplantation rénale. « Ils font du mal aux gens ordinaires, pas aux dirigeants. Quelle est l’utilité de tout ça? »

La Bolivie et le Venezuela fournissent de l’uranium à l’Iran…

27 mai 2009
… selon la propagande sioniste.
m
Ce qui caractérise la hasbara, la propagande sioniste, c’est qu’elle n’a pas honte de proférer les mensonges les plus grossiers.
Cette hasbara a la chance de trouver une caisse de résonnance dans des organes de presse peu enclins de procéder à d’élémentaires vérifications avant publication.
Ainsi, nous pouvons lire dans une dépêche publiée sur le site du journal économique Les Echos :

Par ailleurs, un document officiel israélien, dont des extraits ont été rendus publics hier, affirme que le Venezuela aide Téhéran à contourner les sanctions économiques imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Iran. Caracas et Quito fourniraient aussi de l’uranium à Téhéran, qui aurait « établit des cellules du Hezbollah dans le nord du Venezuela ».

Si ce journal publie volontiers cette pseudo information, il se garde de nous faire part de la réaction des autorités des pays ainsi accusés.
Pourtant nous pouvons lire sur le site de Romandie News, la réponse du ministre bolivien des mines :

« La Bolivie ne produit pas d’uranium (…) le pays n’a jamais produit d’uranium », a affirmé à la presse le ministre des Mines Alberto Echazu, dans la première réaction de La Paz au soupçon israélien.
«Vous (presse) du secteur économique, vous connaissez ou avez jamais visité une quelconque production d’uranium dans le pays ? », a poursuivi le ministre, qui a déjà démenti par le passé l’existence de gisements d’uranium en Bolivie, au sous-sol riche en minerais et hydrocarbures».

Rappelons que le journal Les Echos est supposé être spécialisé dans le domaine de l’économie.
Précisons aussi que ce qu’a démenti ce ministre, nous apprend le quotidien espagnol El Pais, n’est pas la présence en Bolivie de gisements de ce minerai mais l’existence de mines en activité et qu’une étude d’exploitabilité est actuellement en cours avec l’aide de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique).
L’article de Romandie News ne dit cependant rien de ce qu’il en est pour le Venezuela. Il faut donc encore nous référer à l’article du journal El Pais où nous lisons :

Le Venezuela dispose également de réserves qu’il n’exploite pas non plus actuellement, selon une analyse rendue publique en décembre par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale.

Les propagandistes sionistes savent fort bien que leurs informations bidons sont aisément contredites par des faits indiscutables mais les ballons d’essai qu’ils lancent sont repris gratuitement par la presse mondiale. Alors pourquoi se priver?

Leur but n’est pas, pour le moment, d’intensifier leur campagne de déstabilisation des deux pays d’Amérique du sud concernés par leurs mensonges mais de maintenir l’intérêt des médiats dans la perspective éventuelle d’une agression contre l’Iran. Leur objectif est probablement aussi de rendre plus palpable aux yeux des citoyens des Etats Unis le danger que représenterait un Iran trafiquant de l’uranium dans le continent américain.
De quoi agiter bien des peurs.
Et cette prétendue information pourra, si nécessaire, être reprise par ceux qui battent les tambours de la guerre contre l’Iran. Peu importe si elle a été presque unanimement reconnue comme fausse.
Car, comme on l’a vu avec les invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, on fait gober n’importe quoi à une opinion publique apeurée.

>La Bolivie et le Venezuela fournissent de l’uranium à l’Iran…

27 mai 2009

>

… selon la propagande sioniste.
m
Ce qui caractérise la hasbara, la propagande sioniste, c’est qu’elle n’a pas honte de proférer les mensonges les plus grossiers.
Cette hasbara a la chance de trouver une caisse de résonnance dans des organes de presse peu enclins de procéder à d’élémentaires vérifications avant publication.
Ainsi, nous pouvons lire dans une dépêche publiée sur le site du journal économique Les Echos :

Par ailleurs, un document officiel israélien, dont des extraits ont été rendus publics hier, affirme que le Venezuela aide Téhéran à contourner les sanctions économiques imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Iran. Caracas et Quito fourniraient aussi de l’uranium à Téhéran, qui aurait « établit des cellules du Hezbollah dans le nord du Venezuela ».

Si ce journal publie volontiers cette pseudo information, il se garde de nous faire part de la réaction des autorités des pays ainsi accusés.
Pourtant nous pouvons lire sur le site de Romandie News, la réponse du ministre bolivien des mines :

« La Bolivie ne produit pas d’uranium (…) le pays n’a jamais produit d’uranium », a affirmé à la presse le ministre des Mines Alberto Echazu, dans la première réaction de La Paz au soupçon israélien.
«Vous (presse) du secteur économique, vous connaissez ou avez jamais visité une quelconque production d’uranium dans le pays ? », a poursuivi le ministre, qui a déjà démenti par le passé l’existence de gisements d’uranium en Bolivie, au sous-sol riche en minerais et hydrocarbures».

Rappelons que le journal Les Echos est supposé être spécialisé dans le domaine de l’économie.
Précisons aussi que ce qu’a démenti ce ministre, nous apprend le quotidien espagnol El Pais, n’est pas la présence en Bolivie de gisements de ce minerai mais l’existence de mines en activité et qu’une étude d’exploitabilité est actuellement en cours avec l’aide de l’AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique).
L’article de Romandie News ne dit cependant rien de ce qu’il en est pour le Venezuela. Il faut donc encore nous référer à l’article du journal El Pais où nous lisons :

Le Venezuela dispose également de réserves qu’il n’exploite pas non plus actuellement, selon une analyse rendue publique en décembre par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale.

Les propagandistes sionistes savent fort bien que leurs informations bidons sont aisément contredites par des faits indiscutables mais les ballons d’essai qu’ils lancent sont repris gratuitement par la presse mondiale. Alors pourquoi se priver?

Leur but n’est pas, pour le moment, d’intensifier leur campagne de déstabilisation des deux pays d’Amérique du sud concernés par leurs mensonges mais de maintenir l’intérêt des médiats dans la perspective éventuelle d’une agression contre l’Iran. Leur objectif est probablement aussi de rendre plus palpable aux yeux des citoyens des Etats Unis le danger que représenterait un Iran trafiquant de l’uranium dans le continent américain.
De quoi agiter bien des peurs.
Et cette prétendue information pourra, si nécessaire, être reprise par ceux qui battent les tambours de la guerre contre l’Iran. Peu importe si elle a été presque unanimement reconnue comme fausse.
Car, comme on l’a vu avec les invasions de l’Irak et de l’Afghanistan, on fait gober n’importe quoi à une opinion publique apeurée.


%d blogueurs aiment cette page :