Archive for the ‘al Qaïda’ Category

L’Amérique entre les tueurs nés et les "homegrown terrorists"

24 janvier 2011
La Russie vient d’être punie pour s’être mêlée au delà de l’acceptable des affaires afghanes. Eh oui, ces Tchétchènes, ces Arabes ou encore ces Arabes Tchétchènes puisqu’un suspect potentiel pour l’attentat qui vient de semer mort et désolation dans un aéroport de Moscou était de type arabe (comme Patrick Bruel ou Enrico macias si vous voulez).
Du point de vue russe, les Tchétchènes ne sont pas des étrangers et la Tchétchénie est une république autonome à l’intérieur de la fédération de Russie. C’est un peu la même chose pour les quelques cinq millions de Musulmans qui ont la citoyenneté des Etats Unis, sauf bien sûr qu’ils n’ont pas d’Etat fédéré à eux.
Quand ces Musulmans se comportent mal, c’est-à-dire qu’ils se mettent à échafauder et à réaliser des attentats terroristes, on parle aux Etats Unis de « homegrown terrorism », littéralement le terrorisme qui a grandi à la maison par opposition au terrorisme en provenance de l’étranger.
Cette appellation « homegrown terrorism » renvoie aujourd’hui nécessairement à ceux qui sont tentés par une violence dite « djihadiste », inspirée par al Qaïda notamment. Et non, on ne l’applique pas à Jared Loughner dont l’acte meurtrier relèverait de la démence au sens où l’entend la faculté. Et oui, on a oublié Timothy McVeigh qui était mu par des idées « suprématistes », rien à voir donc avec le djihad.
Le « homegrown terrorism » fait beaucoup parler de lui aux Etats Unis où des politiciens s’évertuent à le présenter comme la menace N°1 compte tenu de la rapide radicalisation des Musulmans aux Etats Unis. Une commission parlementaire va d’ailleurs prochainement s’intéresser à ce dossier et on peut déjà préjuger de ses conclusions…
L’article que je vous propose veut faire un sort à ces accusations et il y parvient plutôt bien. Il attire notamment l’attention sur l’extrême isolement de la plupart de ceux qui ont été interpellés dans le cadre de la lutte anti terroriste et de leur singulier amateurisme. La manipulation de ces individus par le FBI n’est qu’effleurée.
L’article se veut consensuel, imputant aux politiciens de « gauche » comme de droite la responsabilité du discours sur l’importance croissante du terrorisme endogène (c’est ainsi que j’ai traduit le plus souvent homegrown) avec l’argument étrange selon lequel le discours de gauche pense ainsi prouver le bien fondé de sa critique de la politique extérieure des Etats Unis. J’aurais aimé que l’auteur de l’article nous en dise plus sur ces politiciens de gauche qui tirent la sonnette d’alarme sur  le terrorisme endogène pour cette raison.
Car si ce journaliste s’était sonné un peu plus de peine, il se serait aperçu que ceux qu’il décrit comme de droite et ceux qu’il déclare représenter la « gauche » ont en réalité un point commun: ils représentent directement ou indirectement le lobby sioniste aux Etats Unis.
En bon djihadiste extrémiste, je forme le voeu de vous proposer tantôt un article éclairant à ce sujet
NB: « Tueurs nés » est le titre d’un film d’Oliver Stone 

Le mythe du terrorisme islamique endogène aux Etats Unis
par Romesh Ratnesar, Time (USA) 24 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un spectre hante les Etats Unis. « C’est ‘une de ces choses qui me maintient éveillé la nuit, » avait déclaré le mois dernier le procureur général Eric Holder. La député de Caroline du Nord Sue Myrick, membre de la commission du renseignement à la chambre des représentants, a averti le président Obama qu’il « ne faisait aucun doute » que le problème était devenu une « menace globale. »Le nouveau président de la commission parlementaire sur la sécurité intérieure, Peter King, prévoit d’organiser le mois prochain des auditions sur ce danger « qui menace notre sécurité à tous. »

Ils insistent sur une série d’exemples d’activités djihadistes par des citoyens des Etats Unis de confession musulmane: l’homme d’origine somalienne qui à Portland en Oregon avait essayé de faire exploser une bombe factice fournie par le FBI pendant une cérémonie d’illumination de sapin de Noël en décembre, l’attentat manqué l’été dernier à Times Square par un Pakistanais naturalisé, les 14 hommes accusés en août dernier d’apporter un soutien à des militants islamistes en Somalie.

Et puis il y a Anwar al-Awlaki, le web-imam originaire de  Falls Church (Virginie) établi au Yémen dont les officiels du renseignement affirment qu’il joue maintenant le rôle de commandant régional pour al Qaïda, avec pour mission de recruter des Musulmans Américains impressionnables pour qu’ils prennent les armes contre leur pays. Aux yeux de certains, al-Awlaki et ses semblables représentent l’avant-garde d’une évolution encore plus sinistre: la « radicalisation » croissante des cinq millions de Musulmans qui vivent aux USA selon les estimations. « La radicalisation a lieu en Amérique, » écrivait Myrick dans sa lettre à Obama. « L’impressionnante augmentation du taux d’arrestation de Musulmans pour implication dans des activités terroristes depuis mai 2009 rend ce fait tout à fait évident. »

Ce n’est en fait pas évident. Même si les actes extrémistes violents commis par des Musulmans US semblent avoir augmenté, ce n’est pas le cas de leur efficacité [à nuire]. Les Américains Musulmans restent plus modérés, divers et intégrés que les populations musulmanes de toute autre société occidentale. En dépit des efforts des propagandistes d’al Qaïda comme al-Awlaki, les preuves de l’existence à l’intérieur des Etats Unis d’une sympathie même ténue pour l’ennemi sont minuscules. La paranoïa sur le terrorisme endogène surestime donc énormément la force d’al Qaïda et traduit l’incapacité de nos dirigeants à évaluer honnêtement les véritables menaces contre la sécurité de l’Amérique.

Ceux qui tirent la sonnette d’alarme sur la menace du terrorisme endogène taisent souvent un fait saillant: malgré tout le tapage fait autour des cas de djihadisme endogène, pas un seul civil n’a été tué par un terroriste islamique sur le sol des Etats Unis depuis le 11 septembre 2001 (le massacré perpétré par le major Nidal hasan à Fort Hood au Texas en 2009 ne correspond pas à la définition commune du terrorisme: ses motifs n’étaient pas entièrement idéologiques, pas plus qu’il n’a visé délibérément des civils). La cause en est un certain nombre de facteurs, dont l’attaque de l’armée contre la direction d’al Qaïda, des mesures mécuritaires intérieures renforcées, une bonne gestion policière et une certaine dose de chance. Mais le fait que tous les plans terroristes endogènes aient été mis en échec avant leur réalisation démontre l’inconséquence des terroristes eux-mêmes. Dans presque chaque cas – y compris celui de Faisal Shahzad, qui avait été le plus près de r éussir avec l’attentat à Times Square – on a découvert que ces terroristes locaux avaient agi presque entièrement seuls. Il n’y avait pas de vaste conspiration. Les attentats terroristes ne demandent peut-être pas beaucoup d’argent ou d’ingéniosité, mais un loup solitaire n’a guère de chances d’exécuter les frappes qui tuent en masse et que redoutent le plus les spécialistes de l’anti terrorisme.
Certes, des individus violents – d’Hasan à Jared Lee Loughner – restent capables de provoquer le chaos. Mais il n’existe aucune preuve que de nombreux Musulmans Américains soient enclins à agir ainsi. Même si des voix alarmistes citent en exemple l’aliénation des jeunes Musulmans en Europe de l’Ouest comme un précurseur de ce qui va se passer aux Etats Unis, la probabilité que ça se passe ainsi ici est très faible. Une enquête Gallup réalisée en 2009 avait constaté que les Américains Musulmans se montraient beaucoup plus satisfaits de leurs conditions de vie que leurs correligionaires d’autres pays occidentaux – et encore plus que les populations de n’importe quel pays majoritairement musulman à la seule exception de l’Arabie saoudite. Ces dix dernières années, moins de 200 personnes ont été inculpées aux Etats Unis pour présomption d’activités djihadistes. L’an dernier, un rapport très complet de la Rand Corporation concluait qu’à peine 1 Américain Musulman sur 30 000 pouvait être considéré comme ayant rejoint le djihad, « ce qui suggère une population musulmane américaine qui reste hostile à l’idéologie djihadiste et aux incitations à la violence. »

Alors pourquoi le mythe du terrorisme endogène persiste-t-il? En partie parce que, comme toute représentation politique solidifiée, elle sert les intérêts des grandes gueules à chaque extrémité du spectre politique. A droite, la menace d’un terrorisme se formant au pays participe à la perpétuation d’une lutte incessante à l’échelle des civilisations contre l’extrémisme islamique. A gauche, la notion d’Américains Musulmans se lançant dans le djihad colle bien avec l’idée que la politique étrangère des Etats Unis fabrique une nouvelle génération de terroristes.

Et pourtant, al Qaïda est plus faible et moins capable aujourd »hui qu’il ne l’était avant le 11 septembre ; son attrait pour les Musulmans moyens dans le mondetend à se rétrécir plutôt qu’) s’accroître. Les faits que les émules d’Oussama ben Laden comme al-Awlaki aient atteint une telle notoriété atteste de l’éviscération du leadership d’al Qaïda. Les Etats Unis sont devant des défis beaucoup plus importants et urgents pour le bien être et la sécurité de leurs citoyens, et il s’agit de rien d’autre que la facilité avec laquelle des individus instables peuvent obtenir légalement des armes mortelles.
Répondre à ce danger contribuera plus à la protection des Américains que ne le pourra jamais l’obsession de la menace fantomatique du terrorisme endogène.

La guerre des civilisations a commencé

7 janvier 2011

Le récent attentat d’Alexandrie contre une église fréquentée par des Coptes Egyptiens [pardonnez le pléonasme puisque que Copte signifie précisément Egyptien] a ému beaucoup de monde, et pas seulement M. Sarkozy.

Les condamnations de cet acte se sont multipliées à juste titre de par le monde, ce qui ne dispense bien entendu pas d’analyser les faits.

C’est précisément ce que tente de faire Hani Shukrallah dans un article qui fait explicitement référence, jusque dans son titre, au fameux plaidoyer dreyfusard d’Emile Zola.

Ce texte mérite d’être lu avec attention car son auteur pointe du doigt l’arrière-fond politique dans lequel s’insère la tuerie commise à Alexandrie. Car Hani Shukrallah accuse en premier lieu, non les assassins membres présumés d’al Qaïda, mais le gouvernement égyptien lui-même, un régime autoritaire ami de l’Europe et des Etats Unis et qui n’a rien trouvé de mieux à faire pour neutraliser ses opposants que de pratiquer une surenchère sectaire. Shukrallah nous renvoie donc incidemment aux dernières élections massivement truquées au pays de Pharaon, sans que cela n’émeuve beaucoup en Occident.

C’est effectivement une lecture politique à laquelle doit inciter ce tragique événement.. Shukrallah nous y invite même si son approche est loin d’aller au fond des choses car l’Egypte est un pays avec ses contradictions internes mais aussi un pays complètement dépendant de puissances étrangères. Ce n’est sans doute pas l’objet de son texte, ce qu’on peut volontiers admettre

On ne saurait cependant comprendre la surenchère anti-copte uniquement par la volonté de concurrencer les « islamistes » sur le terrain de l’attachement à la religion musulmane. Il faudrait aussi interroger les dynamiques au niveau des élites et s’intéresser à la concurrence comme aux alliances entre les élites coptes et non coptes sur le terrain économique. Il n’est pas nécessaire de séjourner longuement en Egypte pour constater la pauvreté dans laquelle vit une grande majorité de ses habitants. Comme on peut constater également l’importance des Coptes notamment dans le commerce lié à la fréquentation touristique de ce pays. Mais les Coptes sont présents aussi dans le grand business ainsi qu’on peut le voir avec l’entreprise Orascom.Tout ceci aurait pu évoluer différemment dans une société plus démocratique, capable de fixer un horizon de progrès pour la grande majorité de ses citoyens. Ce n’est pas le cas en Egypte et le populisme malsain d’un pouvoir entretient une fibre ultra-chauvine qu’on a vue à l’œuvre lors des matchs de qualification pour la dernière coupe du Monde de football mais qui s’exprime aussi à l’intérieur du pays. Un pouvoir tenu à bout de bras par les Etats Unis…

Certes, le pouvoir égyptien et ses affidés ne sont pas derrière les attentats anti-coptes mais ces agressions sont comme des coins qui viennent se ficher dans des fêlures de la société déjà présentes et contribuer à leur élargissement.Ce récent attentat est par ailleurs à situer dans le contexte de l’évolution de la situation en Irak avec les graves agressions qui ont touché des Chrétiens de ce pays. Déjà, la pseudo revendication islamiste avait évoqué les Coptes. Comme quoi, il y a bien un dessein pour les sociétés de la région et les Chrétiens qui en font partie. Et ce dessein n’a certainement pas été formé par des Musulmans et certes pas comme certains tenteront peut-être de le faire croire, par les Frères Musulman dont la vision politique est sans doute plus démocratique et plus moderne que celle de ceux qui sont actuellement aux manettes au Caire. Hors ce dessein, fomenté à l’étranger, il est impossible de comprendre comment des gens qui ont vécu plutôt sereinement dans la région depuis l’avènement du christianisme (car nous avons là les premiers Chrétiens de l’histoire) en viendraient tout à coup à être considérés comme des éléments à extirper.

Ce qu’on peut noter par contre, c’est qu’aujourd’hui un chef d’Etat comme le président Français Nicolas Sarkozy retrouve des accents qu’on croyait perdus et qui nous ramènent en plein 18ème et 19ème siècle quand les puissances occidentales dont la France (laïque ou pas) au premier chef se présentaient comme les protectrices des minorités chrétiennes de la région (sauf la minorité chrétienne palestinienne comme on le sait). Ce sont précisément ces interventions européennes qui ont ouvert les premières fêlures de ces sociétés. Fêlures que les mouvements de gauche de type séculier (nassérisme, baathisme notamment) ont paru colmater un temps dans une nouvelle dynamique. Ce fut une chance historique pour les pays arabes mais comme on le sait, l’échec  de ces partis a été scellé en 1967. Grâce à l’Occident et à un de ses rejetons.Nous sommes donc probablement à la veille de grandes manœuvres interventionnistes au Moyen Orient. Quoique ces manœuvres ont lieu depuis longtemps, avec la colonisation sioniste, les agressions sionistes contre le Liban, la Syrie, l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats Unis ; les sanctions onusiennes et/ou unilatérales contre l’Iran, les bombardements pratiqués quotidiennement par les Etats Unis au Pakistan !

J’ai personnellement l’impression que ce sont tous les habitants de la région, Musulmans en majorité, qui sont victimes d’agressions ! Pour conclure, je renvoie volontiers vers les intéressantes analyses de Yahia Gouasmi ou des Indigènes de la République.

La guerre des « civilisations » a commencé, et ce ne sont pas les Arabes ou les Musulmans qui l’ont déclenchée. Elle a commencé en réalité formellement avec la déclaration Balfour.

J’accuse

par Hani Shukrallah, Al-Ahram (Egypte) 1er Janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’hypocrisie et les bonnes intentions n’empêcheront pas le prochain massacre. Seules une introspection sans complaisance et une ferme résolution à affronter l’ignominie qui nous ronge le permettront.

Nous allons nous rejoindre dans un chœur de condamnations. Ensemble, Musulmans et Chrétiens, gouvernement et opposition, Eglise et Mosquée, clercs et laïcs – nous allons tous nous lever et proclamer d’une seule voix une dénonciation sans équivoque d’al Qaïda, des militants islamistes, et des fanatiques musulmans de toutes tendances, variantes et couleurs, certains d’entre nous feront peut-être même l’effort supplémentaire de dénoncer l’Islam salafiste, le fondamentalisme islamique dans son ensemble, et l’Islam wahhabite qui est certainement une importation saoudienne entièrement étrangère à notre culture nationale égyptienne.

Et une fois encore, nous allons affirmer l’unité éternelle des « deux composantes de notre nation, » et retrouver les accents de la révolution de 1919, avec sa bannière hissée montrant le croissant englobant la croix, offrant une expression symbolique de ce lien inaltérable.

Une bonne partie de tout cela ne sera que pure hypocrisie; une grande partie en sera nuancée de diverses manières de sorte à garder, juste sous la surface, une somme de préjugés étroits, un flagrant deux poids deux mesures et, en fait, une intolérance qui caractérise tant de ceux qui participent à la condamnation [de l’agression contre l’église].

Tout ceci sera vain. Nous sommes déjà passés par là, nous avons fait exactement la même chose, pourtant les massacres continuent, chacun plus horrible que le précédent, et le sectarisme et l’intolérance vont diffuser de plus en plus largement dans tous les secteurs et compartiments de notre société. Ce n’est pas si facile de vider l’Egypte de ses Chrétiens; leur présence ici est aussi vieille que le christianisme. Près d’un millénaire et demi de domination musulmane n’a pas éliminé la communauté nationale chrétienne, elle l’a plutôt maintenue suffisamment forte et suffisamment vigoureuse pour qu’elle joue un rôle essentiel dans le modelage de l’identité nationale, politique et culturelle de l’Egypte moderne.

Aujourd’hui cependant, deux cents ans après la naissance de l’Etat nation égyptien moderne, et au moment où nous entrons dans la deuxième décennie du 21ème siècle, ce qui semblait auparavant inimaginable semble ne plus être de l’ordre de l’inconcevable: une Egypte sans Chrétiens, où la croix aurait glissé hors de l’étreinte du croissant, et hors du drapeau qui symbolise notre identité nationale moderne. J’espère être mort depuis longtemps si ce jour doit arriver, mais mort ou vivant, ce sera une Egypte que je ne pourrais pas reconnaître et à laquelle je n’aurais aucun désir d’appartenir.

Je ne suis pas Zola, mais je peux aussi accuser. Et ce ne son pas les criminels sanguinaires d’al Qaïda où de n’importe quelle autre bande de truands impliqués dans l’horreur commise à Alexandrie qui me préoccupent.

J’accuse un gouvernement qui semble considérer qu’en faisant de la surenchère sur les islamistes il finira par les déborder.

J’accuse l’ensemble des députés et des officiels du gouvernement qui ne peuvent pas s’empêcher d’importer leurs propres mentalités sectaires au parlement, ou dans la multitude d’administrations publiques locales et nationales, à partir desquelles ils exercent sans contrôle une autorité à la fois brutale et désespérément inepte.

J’accuse ces personnages de l’Etat qui croient qu’en renforçant la tendance salafiste ils affaiblissent les Frères Musulmans, et qui aiment à l’occasion jouer sur les sentiments sectaires anti-coptes, un excellent moyen sans doute de détourner l’attention de problèmes politiques autrement plus importants.

Mais par dessus tout, j’accuse les millions de Musulmans supposés modérés parmi nous; ceux qui année après année sont de plus en plus marqués par les préjugés, le repli sur soi et l’étroitesse d’esprit.
J’accuse ceux d’entre nous qui accueilleraient avec colère une décision de stopper la construction d’un centre musulman près de Ground Zero à New York, mais applaudissent la police égyptienne quand elle interrompt la construction d’une cage d’escalier dans une église du district d’Omranya dans l’agglomération cairote.

J’étais dans les parages, et je vous ai entendu parler dans vos bureaux, dans vos clubs et dans vos soirées: « Les Coptes doivent recevoir une leçon, » « Les Coptes sont de plus en plus arrogants, » « les Coptes convertissent en secret des Musulmans, » et dans un même souffle, « les Coptes empêchent des Chrétiennes de se convertir à l’Islam, ils les kidnappent et les enferment dans des monastères. »

Je vous accuse tous parce que dans votre sectarisme aveugle, vous êtes même incapables lde voir a violence que vous faites subir à la logique et au simple bon sens, d’oser accuser le monde entier de double standard à notre encontre et, en même temps, d’être complètement incapable de montrer un minimum de prise de conscience de votre flagrant double standard .

Et enfin, j’accuse les intellectuels de gauche, Musulmans comme Chrétiens, qui, par complicité, peur ou manqué de volonté de faire ou de dire ce qui pourrait déplaire aux « masses », sont restés de côté, trouvant suffisant de s’associer à un futile chorus de dénonciation après l’autre, alors même que les massacres s’étendent et deviennent de plus en plus horribles.

Il y a quelques années, j’avais écrit un commentaire dans le quotidien arabe Al-Hayat sur un éditorialiste de journal égyptien. Cet éditorialiste, dont j’ai depuis oublié le nom, écrivait pour vanter le patriotisme d’un Copte Egyptien qui avait lui-même écrit pour dire qu’il préférait être tué de la main de ses compatriotes Musulmans plutôt que de chercher une intervention américaine pour le sauver.

M’adressant à ce Copte patriote, je lui posais simplement la question: où s’arrête cette volonté de sacrifice de soi pour le salut de la nation. Donner sa propre vie est peut-être une démarche assez noble et même louable, mais veut-il aussi donner la vie de ses enfants, de sa femme, de sa mère ? Combien d’Egyptiens Chrétiens, lui demandais-je, voulez-vous sacrifier avant de faire appel à une intervention étrangère, un million, deux millions, trois ou la totalité d’entre eux ?

Nos options, disais-je alors comme je continue à le dire aujourd’hui ne sont pas si réduites, si dépourvues d’imagination et de résolution que nous nous trouvions dans l’obligation de choisir entre voir tous les Coptes Egyptiens tués, un par un ou en masse, ou de nous précipiter vers l’Oncle Sam. Est-il vraiment si difficile de nous concevoir nous-mêmes en tant qu’êtres humains rationnels pourvus d’un minimum de cran afin d’agir pour déterminer notre destin, le destin de notre nation ?

C’est en fait la seule option qui se trouve devant nous, et nous ferions bien de nous en saisir avant qu’il soit trop tard.

Une bombe explose aux USA, dans l’indifférence générale!

5 novembre 2010
Il y a quelques jours, on a fait tout un foin sur de prétendus colis piégés circulant par la voie des airs, certains étant même, disait-on, destinés à une communauté religieuse juive et homosexuelle. Aucun de ces colis n’a, c’est heureux, jamais été sur le point d’exploser contrairement aux assertions de Brice Hortefeux qui a la même montre que l’artificier d’al Qaïda Péninsule Arabique.
Des bombes qui explosent, il y en a pourtant. Comme celle-ci qui vient de faire boum devant un magasin dans la banlieue de Houston au Texas.
Alerte rouge? Pas du tout.
Evacuation du magasin? Ah non, car les affaires continuent.

Qu’est-ce qui nous dit pourtant que cet attentat n’était pas l’oeuvre d’al Qaïda dans la péninsule Arabique?

Police de Houston: une bombe artisanale explose devant un Walmart au sud-ouest de Houston

khou.com (USA) 4 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

HOUSTON— La police de Hoston enquête sur l’explosion mercredi dernier d’une bombe artisanale à l’entrée principale du Walmart au sud-ouest de Houston.

La police a indiqué que quelqu’un avait placé une bouteille de plastique avec une bande de magnésium et un fluide près de  l’entrée principale du magasin situé sur Kirkwood à Westminster. La bombe artisanale a explosé vers 23h30.
La déflagration a été très forte, une unité de la police de Houston qui passait dans la rue l’a entendue et s’est précipitée sur les lieux.
Les artificiers de la police de Houston sont venus pour enquêter, mais le magasin n’a jamais été évacué.
La police a déclaré que l’engin explosif était placé dans un coin où elle était indétectable par les caméras de surveillance.

Aucun blessé n’a été signalé.

Source ‘gay’: la synagogue homosexuelle de Chicago n’a jamais été visée par des colis piégés

5 novembre 2010
Ce qui est bien avec la propagande, c’est que même quand tous ses éléments de réalité sont éliminés un à un, son empreinte en mémoire reste d’une acuité redoutable et que l’efficience du contenu de représentation surpasse celle des éléments de réalité.
On apprend maintenant que la synagogue « gay » de Chicago n’a en fait jamais été destinataire des colis piégés expédiés du Yémen. Cette information, répercutée par les dirigeants de la synagogue, provenait de toute une série de sources, dont la police ne fait bien entendu pas partie.
Connaître l’identité de ces sources serait sans doute très intéressant…
 

La dirigeante de la synagogue: nous n’avons pas été la cible de colis piégés
CNN (USA)  3 novembre 2010, traduit de l’anglais par Djazaïri

Une synagogue de Chicago qu’on pensait être destinataire d’un colis piégé n’a en réalité jamais été visée, a déclaré mercredi un dirigeant de la congrégation.
Lili Komblum, vice présidente d’Or Chadash, a déclaré qu’en dépit d’informations antérieures, un agent du FBI l’a informée que sa synagogue n’était pas un des objectifs visés dans la tentative avortée d’attentat à la bombe dont l’origine se trouve au Yémen.

Pendant le week-end, Komblum a déclaré avoir eu des informations de toute une série de sources qui l’ont amenée à croire qu’Or Chadash, qui assure des offices religieux pour la communauté ‘gay’, bisexuelle et transsexuelle, était concernée par le complot.

Un rabbin perplexe

3 novembre 2010
La synagogue de Chicago qui était, dit-on, visée par des colis piégés expédiés à son intention par al Qaïda fait savoir que son site a reçu récemment des dizaines de visites d’internautes Egyptiens.
On ne nous dit cependant pas si ces visites sont intervenues avant ou après les informations sur les colis piégés qui seraient, rappelons-le, partis du Yémen et non d’Egypte.
 Le rabbi Michael R. Zedek, qui officie dans cette synagogue, indique par ailleurs avoir appris que ce n’étaient pas deux colis piégés qui visaient son institution religieuse mais quatre.
Mais en fait, ce n’était pas la congrégation principale qui était visée par ces colis, mais Or Chadash, une congrégation beaucoup plus petite qui a la particularité d’accueillir en son sein des « gays » et des lesbiennes et qui est domiciliée dans la synagogue de Lakeside.

Larry Edwards, le rabbin d’Or Chadash, déclare dans une interview avoir appris seulement hier que sa congrégation était peut être visée. « Nous sommes plutôt perplexes à l’idée qu’une petite congrégation comme la nôtre ait pu se retrouver dans le collimateur de quelqu’un, » affirme le rabbin Edwards. « J’espère avoir plus d’informations. »

Il a quand même raison le rabbin Edwards d’être perplexe car sa congrégation ,finalement peu connue à Chicago, et encore moins aux Etats Unis a néanmoins su attirer l’attention de terroristes fanatisés du fin fond du Moyen-Orient.
Et ces fanatiques ont pu renseigner l’adresse du destinataire sur les colis sans se tromper et en évitant toute confusion avec la grande synagogue qui accueille le petit groupe de pratiquants homosexuels!
Aux visites égyptiennes, le site de la congrégation peut ajouter la mienne. J’ai voulu voir s’il était facile de constater la présence d’une congrégation « gay » et lesbienne sur le site de la synagogue. Eh bien non, ce n’est pas facile du tout et il vaut mieux en être informé à l’avance. La présence d’une telle congrégation, avec sa spécificité homosexuelle, n’est en effet mentionnée qu’une seule fois et est noyée au milieu d’un texte sur l’histoire de la synagogue. Personnellement, je l’ai trouvée en utilisant le moteur de recherche interne au site de la synagogue.
Il y a donc trois mystères: pourquoi avoir choisi une synagogue de Chicago, et pas de New York ou Miami par exemple? Pourquoi avoir spécifiquement ciblé une congrégation homosexuelle dissimulée en quelque sorte dans une plus vaste congrégation juive? Et enfin, comment ces fanatiques enturbannés ont-ils pu tout simplemnt avoir connaissance de l’existence de cette congrégation « gay » et lesbienne?
A la lecture de l’article du Wall Street Journal, on croit comprendre que la congrégation homosexuelle dispose d’un site internet. J’ai été personnellement incapable de le retrouver.
Il va falloir que j’aille faire un stage chez al Qaïda…

Tentatives d’attentats d’al Qaïda: mais que fait Brice Hortefeux?

30 octobre 2010
Si Oussama Ben Laden s’est adressé directement à Brice Hortefeux pour menacer la France, il est par contre passé à l’action contre les Etats Unis sans crier gare. On apprend en effet que:

Deux colis suspects ravivent la crainte du terrorisme aux USA

Si le risque induit par ces explosifs était sans doute relativement faible, il faut admettre que tout a été fait pour en maximiser le potentiel médiatique.
En effet, cette action survient juste après le dernier message « authentifié » d’Oussama Ben Laden et en pleine campagne de mi-mandat aux Etats Unis.
On nous dit par ailleurs que

L’explosif, dissimulé à chaque fois dans des cartouches d’encre pour imprimantes, était le même que celui utilisé dans une précédente attaque venue du Yémen et revendiquée par Aqpa [al Qaïda Péninsule Arabique], a dit une élue démocrate au fait des questions de sécurité.

En passant, je note une anomalie dans la désignation d’al Qaïda dans la région car jamais au grand jamais un mouvement islamiste fondamentaliste n’aurait envisagé de se désigner selon un terme référant à une nationalité ou une ethnie (arabique)
Cette précédente attaque venue du Yémen est celle de la tentative effectuée , rappelez-vous, par Umar Farouk Abdulmutallab l’homme au slip piégé. Cette tentative avait eu lieu, on s’en souvient, le jour de Noël, une date de nature à en maximiser également l’impact médiatique. Ce rappel de la tentative précédente n’est certes pas innocent et s’inscrit dans une démarche qui vise à optimiser le retentissement de la tentative d’attentat et de celle des mesures policières pour la déjouer.
Et si j’osais, il n’y a pas loin entre des testicules piégées et des cartouches d’encre piégées!
Mais non, non, j’ose quand même pas.
Tous les éléments de propagande sont en fait méticuleusement énumérés dans cet article que vous pouvez lire sur Le Point et qui commence par ce qui est peut être l’élément majeur:

La saisie vendredi de deux colis contenant des explosifs à destination de la communauté juive de Chicago accrédite la thèse d’une « menace terroriste crédible » contre le territoire américain.

Oui, parce que au cas où vous feriez partie des sceptiques, on vous dit tout de suite que les colis piégés étaient destinés à la communauté juive de Chicago. Pour mettre l’esprit critique sous l’éteignoir, et en même temps mobiliser les souvenirs les plus sombres de l’histoire, il n’y a pas mieux en magasin que d’affirmer que la communauté juive est menacée. Et à Chicago, où Emmanuel Rahm, ex chef de cabinet du président Obama est candidat aux élections municipales!
Le Yediot, un journal de l’entité sioniste fait même son titre sur:

Obama: des synagogues visées dans un possible complot terroriste

Le titre du Yediot n’est pas franchement affirmatif cependant. C’est que le Yediot, comme la plupart des journaux sionistes n’aime pas (plus) Obama et n’a pas trop envie de lui servir la soupe sur ce coup là.
En effet, alors qu’on dit un peu partout que les objets suspects étaient en provenance duYémen, le Yediot note bien ce qui suit:

Le gouvernement yémenite a fait part de son étonnement devant les informations qui lient son pays aux deux colis explosifs découverts sur des avions cargo à destination des Etats Unis. Dans une déclaration distribuée aux journalistes et publiée sur son site web officiel, le gouvernement affirme qu’aucun avion cargo UPS n’a décollé du Yémen à destination directe ou indirecte d’aéroports britanniques ou américains.

Et ne se gêne pas pour mettre Obama devant son petit mensonge car si

Obama a déclaré qu’un examen initial a déterminé que « ils [les colis] contenaient apparemment du matériel explosif »

Avant qu’Obama ne s’exprime, une source du FBI avait déclaré à Reuters que les tests initiaux pratiqués en Grande Bretagne n’avait pas révélé de présence d’explosifs.

Aucun des avions concernés ne venait donc du Yémen. D’où venaient-ils alors?

La réponse est connue pour au moins deux des avions:

L’un des appareils était en provenance de l’aéroport international Roissy-Charles de Gaulle de Paris (France, le deuxième était en provenance de l’aéroport international de Cologne (Allemagne) et devait repartir pour Louisville (Kentucky). La provenance de l’appareil posé à Newark n’a pas été indiqué mais certaines sources parlent du Yémen, sans qu’il soit à l’heure actuelle possible de le confirmer

Comme on l’a vu, nous pouvons confirmer en définitive qu’aucun avion ne venait du Yémen. Par contre l’un d’entre eux s’avère être parti d’un aéroport parisien.
Mais qu’est-ce que fabrique Brice Hortefeux?
Rien. Et pour cause puisqu’il n’y a eu ni explosifs, ni tentatives d’attentats. La propagande, ça fonctionne exactement comme le conditionnement pavlovien. Au début, le chien de Pavlov ne salive au son de la sonnette que quand celui ci se produit dans un certain intervalle temporel avec l’apparition de nourriture. Au bout d’un certain temps, on constate qu’il réagit au son de la sonnette seul.

Les Arabes parlent à Hortefeux

17 octobre 2010
Après avoir été mise en garde par Londres et Washington, la France vient d’être avertie par l’Arabie Séoudite d’un risque sérieux d’attentats en Europe qui pourraient être commis par al Qaïda péninsule arabique (oui, parce qu’en ce moment al Qaïda Maghreb Islamique est surtout préoccupé par l’interdiction du niqab et de la burqa. Pauvres journalistes et pauvres de nous!).
 
Cette alerte est certes une occasion pour Brice Hortefeux de faire peur à ceux qui s’obstinent à descendre dans les rues pour protester contre la politique sociale du gouvernement de M. Fillon. Mais personnellement, je ne la prendrais pas trop à la légère sachant que les Séoudiens, alliés des Etats Unis et de la Grande Bretagne ont tous les moyens pour lâcher, en accord avec les services secrets de Washington, leurs monstres terroristes partout où c’est dans leur intérêt commun.

L’ancien juge Jean-Louis Bruguière et la hasbara sioniste

4 juin 2010

Ce texte vient compléter un post antérieur sur les liens présumés avec le terrorisme de l’organisation caritative turque IHH, propriétaire du Mavi Marmara, le bateau dont neuf passagers ont été assassinés par les gangsters sionistes.
Ces liens ont été allégués par le fameux magistrat anti-terroriste Jean-Louis Bruguière dont les propos ont été largement repris par la presse et, bien sûr, par la propagande sioniste. C’est ainsi qu’on voit fleurir un peu partout, sur ce blog aussi, des commentaires faisant état des déclarations du fameux magistrat. Preuve que le manuel de la propagande sioniste est assez standardisé et que les cerveaux des internautes sionistes sont mis à jour très régulièrement par l’administrateur réseau.
L’article que je vous propose fait le point sur ces accusations et montre qu’elles sont infondées Oui, M. Bruguière vous avez marqué un point en ne vous basant sur aucune source que votre petit doigt mouillé qui vous sert à voir d’où vient le vent.

Qu’en est-il des liens présumés de l’organisation caritative turque avec les terroristes ?
Par Koray Caliskan, Mondoweiss (USA) 4 juin 2010, traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministère israélien des affaires étrangères a soutenu à plusieurs reprises que l’organisation caritative musulmane turque IHH, propriétaire du bateau Mavi Marmara avait été liée à divers réseaux terroristes. De nombreux journalistes ont réitéré cette affirmation, se référant parfois aux propos du juge Français Jean-Louis Bruguière sur les liens entre IHH et al Qaïda.
Antérieurement, le juge Bruguière était arrivé à des conclusions erronées qui lui avaient attiré des critiques venant de la gauche comme de la droite de la classe politique française, une performance difficile à accomplir. Dans son rapport controversé rendu public en 2006, il avait accusé des responsables politiques d’actes terroristes après avoir consulté seulement deux sources qui s’avérèrent être des ennemis de l’homme que le juge accusait. Aussi bien Le Figaro que Libération, des journaux situés idéologiquement aux antipodes l’un de l’autre, s’étaient rejoints pour discréditer ces accusations.
Cette fois, sans consulter aucune source, M. Bruguière montre du doigt une autre source de terrorisme, l’IHH. Selon l’ancien magistrat, désormais un politicien qui a brigué pour un poste dans la coalition de droite de Sarkozy, l’organisation caritative musulmane est liée à des réseaux terroristes. Il a, une fois de plus, tort. Cette fois pour trois solides raisons :

Un, l’IHH a aussi été active en Allemagne où à été conduite une enquête approfondie sur toutes les organisations caritatives musulmanes, dont IHH. En dépit de gros efforts et de recherches minutieuses soutenues par le gouvernement turc, aucun lien avec une quelconque organisation qui soutiendrait ne serait-ce qu’idéologiquement des formes quelconques de résistance active n’a été constaté. L’organisation est pacifiste, excluant de son recrutement toute personne qui prône la violence, même symbolique.

Deux, l’IHH est plus proche du parti Saadet, le rival politique de l’AKP et est plus proche de l’idéologie des Chrétiens Démocrates en Allemagne et d’autres pays européens. L’AKP aurait été encline à faire de son mieux pour discréditer l’organisation caritative de son rival et avec des raisons plus légitimes que celles de l’ancien juge Bruguière. Ils n’ont trouvé aucun lien [avec le terrorisme].

Trois, l’establishment ultra-laïque en Turquie déteste toutes les formes d’organisations politiques islamiques, dont l’IHH. Jusqu’à présent, aucune de ces organisations, pas même celles qui ont été assez innovantes pour accuser le président Abdullah Gul d’être un « agent des Etats Unis », n’oserait même imaginer que l’IHH a des liens avec al Qaïda.
Le ministre Israélien des affaires étrangères a une imagination bien plus débridée que les islamistes et les laïques Turcs, que les communistes et les conservateurs Français tous ensemble. Le temps est venu de se servir de cette imagination pour la paix, pas pour tuer ou accuser des militants pacifistes.

Koray Caliskan est vice président du département de sciences politiques et de relations internationales de l’université Bogazici à Istanbul.

 

 

Pourquoi le terroriste du vol 253 n’avait-il pas subi un contrôle par scanner corporel à l’aéroport dAmsterdam?

6 janvier 2010

L’attentat raté contre le vol 253 reliant Amsterdam à Détroit aux USA, s’il a été un fiasco pour le terrorisme international, n’en est pas moins un événement marquant pour les Etats Unis et donc pour le monde.

Je ne crois bien entendu pas à la revendication tombée à point nommé d’al Qaïda. D’abord pour des raisons techniques: je ne comprends pas comment une organisation accusée d’avoir précipité un avion sur le Pentagone et deux autres sur les tours jumelles de New York le 11 septembre 2001 se réorienterait ves des modalités d’action aussi rudimentaires: un pauvre garçon avec une petite quantité d’explosifs dissumulée dans son slip.
Ensuite en raison du témoignage désormais passé à la trappe de Kurt Haskell, un passager de ce vol, qui raconte comment le terroriste présumé a pu éviter les contrôles à l’embarquement grâce à l’intervention d’un tiers.
Et je ne reviendrai pas sur l’alerte donnée par le propre père du terroriste présumé.
Maintenant, on a bien vu comment la diplomatie des Etats Unis entend exploiter cette affaire en accroissant son ingérence dans un Yémen dont le gouvernement semble un peu effrayé par la tournure des événements. Car après tout, les autorités du Yémen n’ont eu de cesse d’alerter sur le danger représenté chez eux par la présence de cellules d’al Qaïda. Al Qaïda est, dans les pays arabes, le nom générique que donnent les régimes en place à leurs opposants un peu pugnaces; ou parfois tout simplement à des organisations de pur brigandage.
Mais il y a plus, car l’attentat raté donne l’occasion à ceux dont c’est le métier, ou parfois la responsabilité (voire les deux) de plaider avec énergie pour la mise en place dans les aéroports de contrôles obligatoires avec des scanners corporels perfectionnés. Mesure qui avait été rejetée un peu partout, en Europe comme aux Etats Unis.
D’ailleurs si Umar Farouk Abdulmutallab n’était pas passé par un contrôle scanner à l’aéroport d’Amsterdam (en dehors de l’intervention d’un bienfaiteur de l’humanité), c’est tout simplement parce que l’aéroport hollandais ne pratiquait pas ces contrôles sur les voyageurs à destination des Etats Unis.
Et pourquoi donc?
Parce que, peut-on lire dans Business Week:

« Les responsables de cet aéroport n’utilisaient pas les scanners sur les passagers à destination des Etats Unis à la demande des officiels US qui étaient préoccupés par [le respect de] la vie privée des Américains. »

Les mêmes autorités US qui demandent aujourd’hui des scanners partout et d’aucuns voient là une occasion en or de faire taire l’opposition de nombreux citoyens et organisations, ainsi que celle de nombreux élus de tous bords à la mise en place de ce genre de contrôles.!
Troublant, n’est-ce-pas?
Michel Chertoff, ancien responsable de la sécurité intérieure sous Bush junior, n’est pas le dernier à donner de la voix en faveur des scanners corporels. Il est vrai que ce sioniste convaincu, est aussi convaincu de son intérêt pécuniaire dans cette affaire puisqu’il utilise son passé de haut responsable de la sécurité aux USA pour vanter ces appareils dont, heureux hasard, il se trouve représenter commercialement l’un des constructeurs. (Y’en a vraiment qui ont du flair!)
Chertoff qui s’est recyclé dans les affaires liées à la sécurité est un bon exemple de l’émergence d’un nouveau type d’activité industrielle qui tire profit de l’externalisation par les Etats d’un certain nombre d’activités qui ont longtemps été considérées comme des prérogatives régaliennes. Il s’agit parfois de véritables empires « industriels », dont Blackwater est l’exemple le plus connu. Issus de rapports incestueux entre le monde des affaires et celui de la politique, cette évolution ne peut pas ne pas être sans conséquence sur la politique des Etats.

Lotfi Raissi: "Ce qu’ils avaient trouvé avec moi, c’était un profil, je suis Algérien, je suis Musulman, je suis instructeur de pilotage et qualifié sur Bœing 737"

27 novembre 2009
On s’en souvient (en fait non, on ne s’en souvient pas), Lotfi Raissi, un pilote de ligne Algérien qui résidait en Angleterre avait été injustement inculpé pour avoir joué un rôle décisif dans la formation des pirates de l’air qui avaient participé aux attentats du 11 septembre 2001 à New York  et à Washington.
C’était en fait la première personne arrêtée dans le cadre de « l’enquête » sur ces attentats. Incarcéré le 21 septembre 2001, il passera cinq mois en détention avant d’être finalement libéré.
Près de huit mois au cours desquels il fut livré en pâture à une opinion et des médiats impatients de voir les enquêtes déboucher sur l’arrestation des personnes impliquées dans ces attaques meurtrières.
Le Guardian britannique revient en détail sur cette affaire dont il révèle certains éléments nouveaux, qui relèvent de la forfaiture, que vous découvrirez dans l’article.
Lotfi Raissi n’en a cependant pas fini avec la justice britannique puisqu’il attend dans les jours qui viennent une décision du ministère britannique de la justice qui dira s’il obtiendra des excuses publiques et une indemnisation pour le préjudice physique (les agressions de la part de codétenus)  et moral subis.
Il faut savoir qu’une première demande d’indemnisation formulée par Raissi en 2007 avait été rejetée au motif d’arguties que je vous laisse apprécier alors qu’il avait été totalement innocenté.

Dans l’acharnement politico-judiciaire subi par Lotfi Raissi, il y a quelque chose de l’affaire Dreyfus, ce fameux officier Français jugé et condamné pour trahison mais surtout du fait de sa confession juive (je sais qu’en écrivant ça, je commets un sacrilège aux yeux de certains).

Raissi a certes eu plus de chance que Dreyfus puisqu’il a finalement été innocenté , au bout de cinq mois, par le tribunal qui avait géré son dossier depuis le début.
Et sa grande chance fut surtout, à la différence de Dreyfus déféré devant un Conseil de Guerre, d’avoir comparu devant une juridiction civile.
Il n’empêche qu’il a été victime du même acharnement que le capitaine Dreyfus et n’a dû son salut qu’à la probité de certains fonctionnaires et à l’intégrité du tribunal.
Doit-on en conclure que le Royaume Uni est islamo ou arabophobe comme la France du 19ème siècle était antisémite?
Oui et non à mon avis.
L’arabo et l’islamophobie sont des donnés réelle dans certains secteurs de la population et on admettra qu’elles sont encouragées par des politiciens ou des « intellectuels » de tout acabit.
Cependant, pas plus que la France du 19ème siècle n’était majoritairement antisémite, le Grande Bretagne n’est majoritairement islamo ou arabophobe. C’est certes quelque chose qui pourra se produire si les encouragements à la haine venus des élites perdurent et s’amplifient et s’insinuent dans les relais locaux qui sont le cœur de la société civile.
La preuve de ce que j’affirme est tout simplement le fait que aussi bien Raissi que Dreyfus ont pu obtenir que justice leur soit rendue dans le cadre des lois des pays où avaient éclaté leurs affaires respectives.
L’affaire Dreyfus en est d’ailleurs un exemple particulièrement éclatant compte tenu de l’importante mobilisation qui avait abouti à sa réhabilitation. Si l’antisémitisme était à l’époque un phénomène d’ampleur en France, l’opposition à ce genre d’idées n’était pas un phénomène moins ample.
En est-il et en sera-t-il de même de même pour l’islamo et l’arabophobie?

Difficile à dire, je le concède.

L’affaire Lotfi Raissi: comment un Algérien innocent avait été maintenu en prison pour son pseudo-lien avec al Qaïda

Exclusif: un carnet d’adresses avait été cité devant le tribunal pour justifier le maintien en détention du suspect du 11 septembre
Par Paul Lewis, The Guardian (UK) 22 novembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
Lofti Raissi était sur un tapis de course dans un gymnase de son quartier dans la banlieue ouest de Londres  lorsqu’il leva la tête et vit une séquence télévisée du crash du vol 11 d’American Airlines  dans la tour Nord du World Trade Centre.
Raissi un pilote Algérien de 27 ans ne pouvait pas savoir que dans quelques jours, il deviendrait la première personne au monde à être arrêtée pour les attentats du 11 septembre 2001 contre new York et le Pentagone, près de Washington.

Après une descente de police chez lui, il sera présenté comme «le chef instructeur» des pirates, chargé d’entraîner les pilotes à précipiter des avions contre les tours jumelles et le Pentagone, et il passera les cinq mois qui suivront dans la prison de haute sécurité de Belmarsh au sud-ouest de Londres dans l’attente d’une extradition vers les Etats Unis.

«Tout est allé si vite, je n’avais pas le temps de penser, » se souvient Raissi qui a maintenant 35 ans. « Je me demandais seulement: comment cela peut-il arriver à un innocent? »      
Jack Straw, le ministre de la justice, doit annoncer sans les semaines à venir si le gouvernement donnera une suite favorable à la bataille de longue haleine de Raissi pour des excuses officielles et une indemnisation.

La décision – un an après que la cour d’appel ait découvert des preuves que les autorités judiciaires avaient « contourné » la loi pour maintenir Raissi en détention – pourrait avoir de grandes conséquences sur la manière dont le Royaume Uni traite les suspects de terrorisme recherchés par des Etats étrangers.

Une enquête du Guardian a mis en lumière la manière dont Raissi, qui vivait au Royaume Uni pour obtenir un brevet européen de pilotage, a été accusé à tort devant un tribunal d’avoir des liens avec la haute hiérarchie d’al Qaïda. Le rôle que des officiels Britanniques ont joué dans la procédure a été mise à nu dans une correspondance auparavant inédite entre le FBI et les officiels de l’antiterrorisme britannique dans les jours et les semaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre.

La requête du FBI

Quatre jours après les attentats aux Etats Unis, le FBI adressa une lettre – intitulée Twin Towers Bombing – au sous-directeur de la branche antiterroriste de la police métropolitaine demandant « toute information disponible » sur Raissi.

Les agents fédéraux s’intéressaient à Raissi parce que des dossiers montraient qu’il s’était entraîné dans la même école de pilotage en Arizona – et à peu près à la même époque – que Hani Hanjour, le pirate qui pilotait l’avion qui s’est écrasé dans le Pentagone. C’était une coïncidence, mais Raissi figurait probablement parmi les milliers de personnes innocentes signalées par les services de renseignements du FBI lors de leur pêche aux indices.

La lettre contenait une curieuse référence à un carnet d’adresses que, avait rappelé le FBI à la police britannique, des agents avaient saisi au Royaume Uni pendant une opération qui s’était déroulée un mois plus tôt.

Envoyée par voie diplomatique, cette lettre était cependant rédigée avec prudence, notant que Raissi « pouvait » avoir été impliqué dans le 11 septembre et demandait à la police britannique de le surveiller discrètement. Sur six pages, une seule phrase contenait ces mots inscrits en gras et capitales d’imprimerie: « Le FBI demande que Raissi ne soit pas mis pour le moment en alerte sur l’intérêt des autorités US à son égard. » Cette phrase sous-entendait qu’il ne devait pas être arrêté.

Quelques jours après avoir reçu la lettre, la branche antiterroriste de la police métropolitaine tirait Raissi de son lit dans le village paisible de Coinbrook dans le Berkshire, ainsi que celle qui était sa femme à l’époque, Sonia, une danseuse Française de 25 ans.

Plusieurs heures avant le raid, des journalistes avaient été tuyautés sur la présence de Raissi sur une liste de suspects du FBI, c’est pourquoi son arrestation fit les gros titres dans le monde quand la police informa la presse qu’elle avait capturé un suspect lié au 11 septembre – et, affirmèrent certains, déjoué une attaque terroriste au cœur de Londres.

Au poste de police de Paddington Green, où Raissi était en cours d’interrogatoire, les choses étaient bien moins dramatiques. « Ce qu’ils avaient trouvé avec moi, c’était un profil, » avait expliqué Raissi. « Je suis Algérien, je suis Musulman, je suis instructeur de pilotage et qualifié sur Bœing 737. Il n’y avait rien d’autre.»

La police n’avait pas pu trouver suffisamment d’éléments pour inculper Raissi, mais une demande circonstanciée d’extradition avait été déposée par les autorités des Etats Unis qui l’accusaient d’avoir renseigné frauduleusement un formulaire de permis de pilotage en omettant de mentionner qu’il avait subi une opération du genou, une allégation dérisoire utilisée à d’autres fins.

‘Conspiration d’assassinat’

Assis dans le box des accusés au tribunal de Bow Street lors d’une audience de demande de liberté sous caution le 28 septembre 2001, Raissi avait entendu le procureur affirmer qu’il était en partie responsable du 11 septembre. Soutenant que la liberté sous caution devait lui être refusée, le procureur avait dit au juge que les allégations mineures relatives à sa demande de permis étaient seulement des « charges destinées à le maintenir en rétention. »

Par contre, le procureur représentant officiellement le gouvernement US, avait affirmé que la raison pour laquelle les USA voulaient son extradition était qu’il avait été identifié en tant que « chef instructeur » des pirates derrière les attentats du 11 septembre, une allégation présentée comme étayée par des preuves vidéos et des écoutes de communications.

Le Guardian a obtenu un document de réexamen par les services du procureur du dossier Raissi qui évalue l’action de son personnel et révèle pour la première fois la source des accusations graves.

Un peu avant l’audience, le procureur avait rencontré deux agents du FBI à l’extérieur du tribunal pour être briefé sur Raissi. « Les agents avaient informé le procureur que M. Raissi avait certainement été le chef instructeur, » indique le document.

Au tribunal, le procureur avait déclaré: « Ce que nous disons est que M. Raissi était, en fait, l’instructeur de quatre des pilotes responsables des détournements et celui qui nous intéresse particulièrement  est celui qui s’est écrasé contre le Pentagone, Hani Hanjour. Ce n’est pas un secret que nous voulons une accusation pour conspiration en vue d’assassinat. »

C’était la première salve tiré dans les près de cinq mois de comparutions qui suivront devant le tribunal et au cours desquelles le procureur cherchera à maintenir Raissi en détention.

Il affirme avoir été gravement traumatisé par son séjour à la prison de haute sécurité de Belmarsh où détenus et gardiens surent bien vite qu’il était soupçonné par le FBI pour les attentats du 11 septembre.

Après avoir été d’abord placé dans l’aile AA de Belmarsh – l’unité la plus sécurisée qui est un secteur assez sûr de la prison – Raissi fut transféré dans l’aile commune, dont un des gardiens avait affirmé qu’on l’avait « jeté aux chiens.» Raissi devint connu dans la prison sous le sobriquet de « Bin man » d’après Oussama bin Laden, et fut soumis en permanence à des injures racistes et à des menaces sur sa vie. Il a été poignardé deux fois.

Au tribunal, des affirmations selon lesquelles des écoutes téléphoniques le reliaient aux pirates de l’air et q’il avait sciemment modifié son registre de vol personnel pour dissimuler les heures qu’il avait passées à entraîner Hanjour se sont avérées mensongères. Les registres de l’école de pilotage en Arizona montraient qu’il n’était guère possible qu’il se soit entraîné le même jour que Hanjour et encore moins dans le même avion.

Une vidéo que la police présentait comme montrant Raissi avec Hanjour se révélera être une banale séquence filmée de Raissi avec son cousin.

L’accusation introduisit un nouvel élément de preuve crucial contre Raissi. Cette affirmation s’avéra fausse mais, pendant des mois, la pièce maîtresse du dossier, reliant Raissi à une branche algérienne du réseau al Qaïda.

Cette nouvelle preuve consistait en un carnet d’adresses récupéré au cours d’un raid antiterroriste à Islington, au nord de Londres, plus tôt dans l’année. Le procureur affirmait qu’il appartenait à Abu Doha, soupçonné d’être un haut responsable d’al Qaïda. Il contenait un numéro de téléphone associé à l’adresse de Raissi à Phœnix en Arizona.

La Doha connection

Le FBI présentait Doha comme un dangereux suspect  très impliqué dans al Qaïda. Connu sous le surnom du « docteur », on pensait que Doha avait eu un contact personnel avec Ben Laden dans un camp d’entraînement en Afghanistan et on disait qu’il appartenait à une cellule terroriste algérienne qui préparait des attentats en Europe.

Le connexion avec Doha s’avéra accablante pour Raissi et fut citée par les juges comme motif pour son maintien en détention. Mais deux mois plus tard, l’accusation découvrit que le carnet d’adresses n’appartenait probablement pas à Doha mais à un homme connu sous le nom d’Abdelaziz ou Adam Kermani. Habitué de la moquée de Finsbury park à Londres, Kermani, 36 ans, était un ancien boxeur Algérien poids mouche qui résidait au Royaume Uni depuis 1997. Kermani avait été locataire d’un appartement HLM à Islington pendant quatre ans.

En février 2001, après qu’on ait aperçu des présumés extrémistes Musulmans – dont, pense-t-on, Doha – en visite dans l’appartement, ce dernier avait été investi par la police. Kermani était absent, mais il inquiétait si peu qu’on ne l’a même pas questionné après la descente de police au cours de laquelle les agents avaient saisi un certain nombre de ses effets dont un carnet d’adresses bleu, avec son nom et son N° de dossier d’immigration imprimé sur la couverture.

L’accusation avait dit, à tort, que ce carnet d’adresses appartenait à Doha en se basant sur des informations fournies par les enquêteurs. Mais la branche antiterroriste de la police métropolitaine apportera une « clarification » sur le dossier Raissi et le propriétaire du carnet d’adresses dans une lettre datée du 13 décembre, un peu plus de deux mois après son arrestation.

Les policiers précisèrent aux services du procureur que si « on a souvent affirmé au tribunal » que Raissi était relié à Doha via le carnet d’adresses, ^les recherches ont établi que ce carnet « pourrait bien ne pas avoir appartenu à Doha, mais plus probablement à M. Abdelaziz Kermani. »

Le lendemain, l’accusation concéda devant le tribunal que le carnet d’adresses n’avait pas été trouvé au domicile de Doha, mais saisi dans l’appartement de Kermani. Mais, et c’est fondamental, au lieu de demander au juge de rejeter le lien avec Doha comme preuve sur laquelle on ne pouvait plus se baser, l’accusation ne retira pas l’allégation selon laquelle le carnet d’adresses prouvait le lien entre Raissi et Doha, maintenant la fausse connexion avec al Qaïda.

Quelques jours plus tard, le FBI envoyait un mémo à Scotland Yard dans lequel il reconnaissait que les investigations avaient établi que le carnet d’adresses « appartenait à Kermani et non à Abu Doha comme on le pensait au début. »

Raissi fut libéré sous caution le 12 février, douze lois après que les services du procureur aient été informés que le carnet d’adresses n’était plus considéré comme appartenant à Doha. Un mois plus tard, un juge de district annulait la procédure d’extradition, observant qu’il n’avait reçu «absolument aucune preuve » reliant Raissi au terrorisme.
Sept années après sa libération, Raissi dit avoir toujours espéré en la justice. « J’ai toujours dit que j’avais confiance en la justice britannique et la cour d’appel a montré que j’avais raison, » dit-il. « Je n’ai guère confiance dans les politiciens Britanniques et c’est maintenant à jack Straw de prouver que j’ai tort. »


%d blogueurs aiment cette page :