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Antisionisme=Antisémitisme, les Etats Unis et la France sont synchrones

28 décembre 2019

Si en France, l’Assemblée Nationale a adopté une résolution non contraignante (ça on le verra surtout quand auront lieu les premiers procès) assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme, aux Etats Unis c’est le président Donald Trump qui a signé un décret, un texte contraignant donc, qui interdit de critiquer l’entité sioniste sur les campus universitaires. L’hostilité au sionisme était ici aussi assimilé à de l’antisémitisme.

 Ce texte, qui n’a pas eu à passer par le législateur, est loin de faire l’unanimité et il sera certainement contesté juridiquement pour son caractère non constitutionnel. Les membres de la communauté juive, même sioniste, ne voient pas non plus toujours ce texte d’un très bon oeil. En effet, ce texte correspond à la vision trumpienne des Juifs comme un peuple foncièrement allogène , une communauté dirigée par des millionnaires, dont la nature est de faire allégeance à l’entité sioniste.

C’est dire que des voix s’élèvent contre ce texte et, du côté antisioniste, font savoir qu’il est hors de question qu’il soit respecté.

Opinon: Je suis juive, je combats l’antisémitisme et je soutiens les droits des Palestiniens

Par Phyllis Bennis, The Los Angeles Times (USA) 26 décembre 2019 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand j’étais une gamine juive qui grandissait dans la banlieue de Los Angeles, nous pensions qu’être juif signifiait soutenir Israël.

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Phyllis Bennis 

On n’avait pas vraiment le choix. Si vous vous identifiez comme juif, comme moi et la plupart de mes amis, l’éducation religieuse que nous recevions, les groupes de jeunes auquel nous participions et les camps d’été où nous jouions étaient tous fondés sur une seule chose. Ce n’était pas Dieu – c’était le sionisme, le projet politique de colonisation du peuple juif en Israël.

Nous ne demandions jamais – et personne ne nous l’a jamais enseigné à l’école du dimanche – qui vivait déjà sur cette terre, longtemps connue sous le nom de Palestine, lorsque les Juifs européens arrivèrent vers la fin du XIXe siècle et commencèrent à y construire des colonies.

Ma propre rupture avec le sionisme est survenue un peu après mes vingt ans, suite à la lecture des lettres du fondateur du sionisme, Theodor Herzl, qui implorait Cecil Rhodes, l’architecte britannique du vol de terres en Afrique, de soutenir son projet en Palestine. Leurs projets étaient tous  deux «de nature coloniale », assurait Herzl à Rhodes.

Aujourd’hui, les jeunes Juifs posent des questions difficiles à un âge plus précoce, et un plus grand nombre d’entre eux ont activement critiqué Israël pour ses attaques contre les Palestiniens et les droits des Palestiniens.

Quand la Maison Blanche de Trump dit que critiquer ou boycotter l’État d’Israël est antisémite et émet un décret exécutif visant à faire taire la critique d’Israël sur les campus universitaires, de nombreux étudiants juifs refusent d’y adhérer . Une étudiante juive de 20 ans et membre de Hillel [association universitaire juive] à l’Université de Caroline du Nord a déclaré au New York Times qu’elle craignait que le décret « assimile faussement l’antisionisme à l’antisémitisme » et vise à éliminer la critique d’Israël.

Jared Kushner, gendre et conseiller de Trump, affirme que le décret a pour but de garantir que les Juifs sont protégés par «l’interdiction de la discrimination fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale» du Civil Rights Act. Il dit que le décret exécutif ne définit pas les Juifs comme une nationalité, mais il n’en affirme pas moins que «l’antisionisme est de l’antisémitisme». Cette formulation revient à qualifier d’antisémites les Juifs – ainsi que les Palestiniens et autres – qui ne soutiennent pas le sionisme.

Les juifs sont de toutes races, couleurs et ethnies. Le point de vue de Trump / Kushner est une façon insidieuse de prétendre que les Juifs sont tous liés à Israël ou ont tous des responsabilités envers Israël. Cette accusation de « double loyauté » est l’un des plus vieux clichés antisémites.

Bien sûr, même si l’administration Trump essaie de faire taire les critiques d’Israël, le véritable antisémitisme monte , en particulier pendant l’administration Trump. Nous savons à quoi il ressemble.

L’antisémitisme ressemble à l’attaque contre une synagogue près de San Diego. Il ressemble à Pittsburgh où le meurtrier présumé de la synagogue Tree of Life accusait les Juifs de «ramener des envahisseurs qui tuent les nôtres» et de soutenir l’installation de réfugiés. C’est comme les gens du Klan et les nazis scandant «les Juifs ne nous remplaceront pas» à Charlottesville.

Cet antisémitisme virulent n’émane pas des partisans des droits des Palestiniens. Il vient des suprémacistes blancs violents qui agissent de plus en plus ouvertement et fièrement à travers les États-Unis. Ces mêmes antisémites se délectent toujours du soutien du président, qui les a appelés «des gens très bien» après Charlottesville.

Le véritable antisémitisme émane également directement de la Maison Blanche elle-même – d’un président qui dit aux républicains juifs qu’il n’attend pas leur soutien parce qu’il n’a pas besoin de leur argent , qui invite à une fête de la Maison Blanche pour Hanoukka un pasteur chrétien qui dit que les juifs qui ne se convertissent pas au christianisme « vont en enfer » et qui affirme que les juifs «devront voter pour moi, vous n’avez pas le choix» parce que les démocrates proposent des hausses d’impôts aux millionnaires et aux milliardaires.

Essayer de museler la critique d’Israël alors que le gouvernement israélien devient de plus en plus répressif contre les droits des Palestiniens ne marchera pas, surtout quand la Maison Blanche elle-même est cernée par l’antisémitisme. Des organisations juves et d’autres associations étudiants progressistes affirment déjà leur intention de lutter contre ce déni de la liberté d’expression.

De même, marteler que l’antisionisme est de l’antisémitisme n’en fait pas une vérité. Une nouvelle génération de jeunes juifs – et tout un tas d’entre nous qui ne sont plus si jeunes – savent que c’est faux.

Phyllis Bennis membre de l’Institute for Policy Studies et siège au bureau national de Jewish Voice for Peace.

De deux explications (et non justifications), l’antisémitisme est la plus simple à Jersey City comme ailleurs

21 décembre 2019

Cet article traite d’une polémique consécutive à l’attaque qui a visé un magasin casher à Jersey City, une des deux plus grandes villes de l’Etat du New Jersey aux Etats Unis.

L’attaque qui a causé la mort de 6 personnes (un policier, trois civils et les deux assaillants) a été menée par un homme et une femme présentés, à tort semble-t-il, comme liés à une organisation nommée Black Israelites qui soutient que les véritables israélites sont noirs. Un tel lien aurait été commode parce qu’il pouvait permettre de donner un mobile idéologique à l’attaque, c’est-à-dire agresser de «faux israélites» sur la base d’une idéologie haineuse.

Dire autre chose impose cependant d’aller vers un peu de complexité et c’est précisément ce qu’a fait une élue locale de Jersey City qui siège au conseil chargée des affaires scolaires. Cette personne, Joan Terrell Paige a ainsi expliqué sur Facebook que l’attaque avait une motivation plus concrète et immédiate qui tient au démarchage agressif de promoteurs immobiliers juifs dans un quartier noir de la ville. L’élue locale donne d’ailleurs un aperçu des méthodes employées.

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Joan Terrell Paige

Ce que l’article ne dit pas, c’est que l’objectif des promoteurs est non seulement d’acquérir toutes les maisons mais aussi de constituer un ensemble d’habitation au peuplement homogène.

A aucun moment, évidemment, Mme Terrell Paige ne justifie le meurtre sur une base antisémite ou autre. Son propos est plutôt de demander qu’on analyse la situation concrète des habitants de la ville afin de mettre fin à des pratiques qui génèrent d’énormes tensions dont on a vu une conséquence tragique. Ses propos lui valent d’être dénoncée comme antisémite et sommée de démissionner de sa fonction élective.

Invoquer l’antisémitisme est certes facile et assez confortable intellectuellement. Mais on a quand même du mal à comprendre comment une communauté très influente dans un Etat (le New Jersey est souvent appelé ironiquement le Jew Jersey) pourrait se présenter comme une minorité persécutée et en danger.

Ceux qui sont en danger sont peut-être plus ceux dont parle Joan Terrell Paige.

Appels à la démission de l’élue de Jersey City qui a critiqué les Juifs après la fusillade antisémite

par Jack Davis, The Western Journal (USA) 19 décembre 2019 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des élus locaux et au niveau de l’État exigent la démission d’une membre du conseil de l’éducation de Jersey City qui s’en est prise à la communauté juive de la ville après les tirs du 10 décembre contre un supermarché casher.

Un agent de police et trois autres personnes avaient été tuées après que les tireurs présumés, David Anderson et Francine Graham eurent ouvert le feu – d’abord sur un cimetière et ensuite au JC Kosher Supermarket.

Les deux assaillants étaient noirs. Des officiels ont affirmé que l’attaque était motivée par l’antisémitisme.

Le post retiré depuis de Joan Terrell Paige, qui est noire, sur Facebook a été sauvegardé sur des captures d’écran, selon Fox News.

«Où étaient toute cette foi et cet espoir quand des propriétaires noirs ont été menacés, intimidés et harcelés par des brutes «JE VEUX ACHETER VOTRE MAISON» de la communauté juive? a écrit Terrell Paige. «Ils venaient avec effronterie dans les propriétés des noirs du quartier Ward F et agitaient des sacs d’argent.»

Teerrel Paige qui affirmait dans le message sur Facebook s’exprimer à titre personnel et non en qualité de membre du Conseil de l’Éducation de Jersey City, expliquait que les propriétaires noirs de maisons dans le secteur étaient menacés, intimidés et harcelés par des nouveaux venus juifs qui, disait-elle, avaient promis de «RAMENER DES TRAFIQUANTS DE DROGUE ET DES PROSTITUÉES POUR VIVRE A CÔTÉ DE VOUS» si les propriétaires ne vendaient pas leurs maisons.

Dans le post, elle disait que la fusillade avait été organisée avec une valeur de déclaration politique.

«M. Anderson et Mlle Graham sont allés directement au supermarché casher,» a-t-elle écrit. «Je pense qu’ils savaient qu’ils n’en sortiraient qu’en body bag.

«Quel message envoyaient-ils? Sommes-nous assez courageux pour explorer la réponse à leur message? Sommes-nous assez courageux pour faire cesser les agressions contre les quartiers noirs aux Etats Unis? avait-elle ajouté.

«Mon peuple a droit au respect et à vivre en paix dans cette ville.»

Joan Terrell est un membre élu du Conseil de l’éducation de Jersey City, elle dit que les meurtres des Juifs à Jersey City peuvent être justifiés@jcps_district pic.twitter.com/H5o0yqpcnO

– Reagan Battalion (@ReaganBattalion) 17 décembre 2019

Le maire de Jersey City Steven Fulop a exprimé son indignation totale; il a appelé Terrell Paige à démissionner et a qualifié ses propos «d’ignorance».

J’ai vu ça et je suis peiné par l’ignorance que démontrent ses propos. Ses propos ne représentent ni Jersey City ni les sentiments dans la communauté. La communauté afro-américaine à Greenville a été tout simplement incroyable par l’aide qu’elle a apporté à ses voisins la semaine dernière.

— Steven Fulop (@StevenFulop) December 17, 2019

J’ai aussi dit que je n’allais pas mâcher mes mots. Mon opinion est qu’elle devrait démissionner. Ce genre de langage n’a pas de place dans nos écoles et pas de place parmi des officiels élus. Imaginez qu’elle ait dit ça à propos de n’importe quelel autre communauté – quelle aurait été la réaction? Le même standard devrait s’appliquer ici.

— Steven Fulop (@StevenFulop) December 17, 2019

https://t.co/QMLOlBuarR

Le gouverneur démocrate Phil Murphy a aussi appelé à la démission de Terrell Paige.

«Nous ne laisserons pas l’antisémitisme et la haine rester sans réponse dans nos quartiers,» a-t-il dit. A la lumière des propos de Mlle Terrll-Paige, je l’exhorte à démissionner immédiatement du Conseil de l’Education de Jersey City.»

— Governor Phil Murphy (@GovMurphy) December 18, 2019

Ils n’ont pas été les seuls à aller sur les réseaux sociaux pour dire leur colère suite aux propos [de Terrell-Paige]

La longue diatribe de Joan Terrell, membre élue du Conseil de l’Éducation de Jersey City, ne fait que montrer l’ancrage d’un antisémitisme sordide dans cette ville! @jcps district devrait y être attentif – est-ce ainsi que vous voulez être représentés?!

Il y a des gens vraiment malades par ici.pic.twitter.com/FipklqzSvv

— Dov Hikind (@HikindDov) December 17, 2019

[Dov Hikind nous est quelqu’un de familier]

Le président du Conseil de l’Éducation, Sudhan Thomas, a déclaré que Terrell Paige ne reflète pas le point de vue du Conseil de l’Éducation.

La haine et n’importe quelle forme d’intolérance n’ont leur place à Jersey City,» a affirmé Thomas dans un communiqué.

Mais Terrell-Paige a refusé de s’excuser, selon Politico.

A la question de savoir si elle regrettait ses propos, elle répondu à Politico, «Non, je ne les regrette pas.»

Les 7 péchés capitaux de la hasbara sioniste

19 mai 2018

Marc Lamont Hills’attache ici à rétablir la vérité sur 7 mythes qui servent souvent d’arguments aux partisans de l’entité sioniste.

Un pense-bête utile pour tous ceux qui ont à cœur la cause de la Palestine

7 mythes sur le conflit israélo-palestinien

Par Marc Lamont Hill, The Huffington Post (USA) 17 mai 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Mark Lamont Hill

Lundi, un jour avant le 70e anniversaire de la fondation d’Israël, l’administration Trump a tenu sa promesse de déplacer l’ambassade des Etats Unis à Jérusalem . Cet événement a été suivi par des manifestations palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza, les soldats israéliens tuant plus de 50 Palestiniens, y compris des enfants, et en blessant plus de 1.000 autres. Depuis lors, les débats font rage entre les experts, les décideurs et les citoyens ordinaires au sujet du conflit entre Israël et la Palestine. Malheureusement, beaucoup de ces discussions mobilisent les mêmes points de discussion périmés et problématiques. Voici sept des plus dommageables :

  1. Ces gens se battent depuis toujours.

C’est un des arguments les plus souvent répétés et inexacts sur le conflit. La vérité est que les Arabes et les Juifs ne se battent pas depuis toujours. Au contraire, on peut dater la confrontation à la fin du 19ème siècle ou, plus précisément, au début de la période du mandat britannique après la Première Guerre mondiale. En plus d’être historiquement inexacte, une telle affirmation pose le problème comme étant quelque chose d’insoluble et d’inextricable, en plus de renforcer les vieilles idées sur les Arabes qui seraient barbares et fondamentalement violents.

  1. C’est un conflit religieux

Cela aussi est inexact. Les Palestiniens ne sont pas un monolithe religieux. Bien que majoritairement musulmane, la communauté palestinienne a toujours compris des musulmans, des chrétiens et des juifs. En outre, avant la colonisation sioniste à la fin de l’Empire ottoman, la diversité religieuse était une caractéristique de la Palestine historique. Même après le début de l’immigration juive, les colons sionistes étaient principalement laïques [au sens de non pratiquants ou non particulièrement engagés dans l’action religieuse NdT], tout comme les indigènes palestiniens.

Mais ce n’est pas seulement une question d’exactitude historique. En définissant le conflit comme religieux, nous sommes incités à le considérer comme une querelle intestine entre deux partis tout aussi fervents qui sont en possession de textes religieux concurrents ou d’interprétations scripturaires divergentes. Pour le dire simplement, cela ne concerne pas la religion. Il s’agit de vols de terres, d’expulsions et de nettoyage ethnique par des colons étrangers sur des terres indigènes.

  1. C’est très compliqué.

D’une certaine manière, le problème est en effet compliqué. Après plus d’un siècle de conflit, il y a certainement beaucoup de subtilités autour des diverses, revendications de la vérité, politiques et solutions. Trop souvent, cependant, l’affirmation que « c’est compliqué » sert d’excuse pour éluder une réalité très simple : il s’agit de 70 ans de lutte d’un peuple qui a été expulsé, assassiné, volé, emprisonné et occupé. Bien qu’il y ait certainement un besoin de traiter les points les plus subtils du conflit, nous ne devons jamais perdre de vue ce point fondamental et d’une grande simplicité.

  1. Les Palestiniens persistent à refuser des offres équitables.

Cet argument présume à tort que tout accord qui inclut le partage de terres volées avec les victimes de ce vol pourrait être équitable. Mais même en termes relatifs et pragmatiques, ce n’est pas vrai. Repensez à la proposition disproportionnée de partage des Nations Unies de 1947 qui accordait 55% de la terre à la population juive, alors même qu’elle ne représentait que 33% de la population et possédait 7% de la terre. Ou regardez les négociations de 2008 entre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et l’ancien Premier ministre israélien, Ehud Olmert, qui ne permettaient pas l’établissement d’un territoire palestinien contigu ni un véritable règlement de la dispute sur Jérusalem. Les Palestiniens ne se sont jamais vu offrir un accord qui permette un Etat véritablement indépendant, fertile, viable et sûr.

  1. Les Palestiniens ne veulent pas la paix

Cet argument joue sur les récits orientalistes qui représentent les Arabes comme étant intrinsèquement violents, irrationnels, prémodernes et indignes de la démocratie ou de la diplomatie occidentale. L’argument blâme également les Palestiniens pour avoir résisté à la brutalité de l’occupation et de la répression. Les personnes sous occupation ont le droit légal et moral de se défendre. Leur demander de ne pas résister c’est leur demander de mourir en silence. Les Palestiniens veulent la paix. Mais la justice est toujours une condition préalable de la paix.

 

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A l’image de ce jeune qui joue de la guitare sur les ruines de sa maison à Gaza, le peuple palestinien est un peuple résilient

  1. Israël a le droit d’exister !

Cette revendication est un produit de la hasbara, ou propagande, américaine et israélienne. Premièrement, cet argument n’est mobilisé que de manière rhétorique par rapport à Israël, par opposition à la Palestine ou à pratiquement tous les autres États-nations. Après tout, personne ne demande systématiquement qu’Israël et ses soutiens reconnaissent le «droit à l’existence» de la Palestine en tant qu’idée abstraite, espace physique ou nation indépendante. Plus important encore, cependant, cette revendication obscurcit une vérité plus fondamentale : aucun pays n’a le droit d’exister, seuls les peuples ont ce droit. En naturalisant l’idée que les États-nations ont un « droit d’exister », nous réduisons notre capacité à proposer une critique morale de l’histoire de son origine par Israël (ou de toute colonie).

Si un pays a un droit naturel d’exister, il est plus difficile de contester les moyens par lesquels ce pays obtient des terres, comment il interagit avec les populations autochtones ou respecte la règle de droit au niveau international et national. Après tout, il avait le droit d’exister, n’est-ce pas ? L’argument du «droit d’exister» réifie aussi l’État-nation, faisant oublier son émergence relativement récente en tant que construction politique imaginaire. En d’autres termes, l’idée des nations et du nationalisme est relativement nouvelle. (C’est pourquoi l’ensemble de l’argument « il n’y a jamais eu un pays appelé Palestine » est à la fois anhistorique et malhonnête). Cet argument limite également notre capacité à imaginer le monde selon des termes différents et des formations politiques différentes, y compris la reconstitution de la Palestine historique (ou Israël contemporain) comme une démocratie unique pour TOUS les citoyens, sans distinction de race, classe, sexe ou religion.

  1. Vous êtes antisémite !

L’antisémitisme est un phénomène bien réel dans le monde entier. Et nous devons être vigilants pour traiter et détruire l’antisémitisme partout où il se manifeste. Trop souvent, cependant, cette allégation est dirigée contre quiconque critique ou proteste contre les pratiques de l’État-nation israélien.

Dans ces conditions, les allégations d’antisémitisme ne sont plus guère qu’une réaction de défense destinée à stopper la discussion. Plus important encore, c’est un élément clef de la stratégie sioniste : assimiler le judaïsme au sionisme  et à l’État israélien lui-même . Dans cette logique, critiquer Israël, c’est critiquer le judaïsme. De tels arguments ignorent également le fait que la tradition juive est une de celles qui prônent la justice et l’équité, et ses principes sont en opposition fondamentale avec les actions du gouvernement israélien.

Espérons que nous pourrons dépasser ces arguments et aller vers des discussions plus profondes et plus nuancées sur la construction de la paix, de la justice et de la liberté dans la région.

Marc Lamont Hill est titulaire de la chaire Steve Charles de Media, Cities and Solutions à la Temple University, commentateur politique sur CNN et ancien animateur de HuffPost Live.

Extrême-Droite: philosémitisme et islamophobie

24 octobre 2017

La digue intellectuelle et morale qui contrariait la montée de l’extrême-droite en Europe est en passe d’être bientôt contournée, voire retournée par les partis représentatifs de ce courant de pensée.

Cette digue, c’était l’antisémitisme professé plus ou moins ouvertement par ces mouvements, un antisémitisme qui n’avait en principe plus droit de cité depuis la deuxième guerre mondiale et la déportation quasi-systématique des Juifs européens par le Troisième Reich.

Cette marginalisation de l’extrême-droite était-elle basée sur un principe humaniste intangible, à savoir l’égalité foncière de tous les hommes, qui avait été bafoué par le régime nazi ? Ou reposait-elle sur la stigmatisation d’un crime contre une population particulière sans qu’il en découle un principe général applicable à toutes les populations minoritaires ?

On a longtemps pu croire à la réalité du principe intangible. Mais ces dernières années nous ont au contraire apporté la preuve, s’il en fallait une, que tel n’était pas le cas et que c’est au contraire le caractère relatif du souvenir du sort des Juifs qui prévaut.

Cette démonstration nous est apportée par l’évolution de l’extrême-droite européenne qui a renoncé, à un rythme différent selon les pays, à l’antisémitisme qui la caractérisait, pour passer au « philosémitisme », tout en élaborant son discours islamophobe.

En soi, cela ne suffit pas à gagner des électeurs. Mais ça suffit à vous ouvrir la porte des studios des radios et des télévisions sans lesquels les messages politiques restent lettre morte dans les sociétés de communication de masse que sont les nations occidentales.

L’islamophobie n’a par contre évidemment pas cette vertu d’endiguement que possède l’antisémitisme.

L’article que je vous propose fait le point sur cette thématique du nouveau philosémitisme et de l’islamophobie qui caractérisent l’extrême-droite européenne actuelle.

On reprochera peut-être à l’auteur sa grande naïveté, ou pseudo naïveté car si je veux bien croire que l’extrême droite instrumentalise les juifs et le sionisme à ses propres fins, il aurait peut-être dû se poser la question du rôle du lobby sioniste et de l’entité sioniste elle-même dans l’ascension de l’extrême-droite et dans la promotion des discours islamophobes produits dans des cercles qui vont au-delà de cette mouvance politique.

Ce qui vaut pour l’Europe vaut aussi pour ses développements américain et australien.

La montée de la nouvelle extrême-droite : les ‘philosémites’ européens utilisent les Juifs pour combattre les Musulmans

L’extrême-droite redéfinit les Juifs comme les ‘victimes exemplaires de la menace de l’Islam,’ ainsi que l’affirme un analyste, le soutien à Israël en étant le corollaire. Mais l’antisémitisme reste très présent.

Par Michael Colborne, Haaretz (Sionistan) 21 octobre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il y a près d’une trentaine d’années, Heinz-Christian Strache était arrêté lors d’une marche aux flambeaux avec une organisation inspirée de la Jeunesse Hitlérienne. Mais ces jours-ci, le dirigeant du mouvement autrichien d’extrême droite Parti de la Liberté, – qui, après le scrutin de dimanche, devrait entrer dans le nouveau gouvernement de droite de l’Autriche – a l’air de vouloir devenir le meilleur ami d’Israël.

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Heinz-Christian Strache du FPÖ (Parti de la Liberté Autricien)

Strache s’est rendu à plusieurs reprises en Israël au nom du Parti de la Liberté, mais les responsables gouvernementaux d’Israël ont évité de rencontrer le chef d’un parti dont le premier dirigeant était un ancien officier SS. Strache a même écrit au Premier Ministre Benjamin Netanyahou plus tôt dans l’année, promettant de transférer l’ambassade d’Autriche de la banlieue de Tel Aviv vers Jérusalem, et de soutenir le droit d’Israël à construire dans les colonies de Cisjordanie.

Israël a « le droit de construire partout où c’est nécessaire sur la terre d’Israël, » écrivait Strache.

 

Strache est loin d’être le seul leader européen d’extrême droite qui soit perçu comme étant devenu un adepte du prétendu philosémitisme. Selon Geert Wilders, porte-drapeau des islamophobes néerlandais, Israël est « la première ligne de défense de l’Occident » contre l’islam. Selon sa propre compte, Wilders a visité Israël plus de 40 fois. En France, la dirigeante du Front National d’extrême droite, Marine Le Pen, a déclaré aux membres de la plus importante communauté juive d’Europe que son parti était «le meilleur bouclier pour vous protéger».

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Geert Wilders

Mais que ce soit en Autriche, en Allemagne, en France ou même en Bulgarie – où un parti ouvertement d’extrême-droite fait partie du gouvernement depuis mai – les dirigeants d’extrême droite utilisent les communautés juives, réelles ou imaginaires, comme des instruments pour diaboliser les musulmans et les autres minorités.

Cette évolution des extrémistes de droite vers le philosémitisme est cependant en grande partie une nouveauté, compte tenu en particulier du fait que beaucoup de ces partis comportent encore beaucoup d’éléments antisémites qui ne cessent de se manifester.

« Les positions pro-israéliennes et le philosémitisme sont relativement récents au sein de la droite radicale européenne, même pour la partie occidentale de l’Europe », a déclaré à Haaretz par courrier électronique Cas Mudde, professeur de sciences politiques à l’Université de Géorgie (USA).

Mudde, qui étudie les mouvements d’extrême droite en Europe, note également que les partis d’extrême droite comme le Parti de la liberté et le Front national qui ont adopté des positions philosémites «les ont développées dans le cadre de leur programme islamophobe».

Il y a plus de dix ans, Mudde écrivait dans une étude sur les partis populistes de la droite radicale en Europe, soulignant la position de nombreux extrémistes de droite sur les Juifs. Les Juifs, dit Mudde, sont considérés comme incarnant une modernité à défendre. D’autre part, l’importante minorité Rom d’Europe est considérée comme une population barbare vivant en marge de la modernité, tandis que les Musulmans sont considérés comme des barbares vivant dans la modernité – l’ennemi déjà présent à l’intérieur, selon l’extrême droite.

Par conséquent, le «tournant philosémite» de nombreux partis d’extrême droite, selon les mots du sociologue Rogers Brubaker, provient directement des préoccupations de ces partis à l’égard de l’islam. Ecrivant plus tôt cette année, Brubaker soutient que l’extrême droite en est venue à redéfinir les juifs en tant que «Européens» et «victimes exemplaires de la menace de l’islam»

L’antisémitisme fait encore rage

Mais tout le monde dans ces nouveaux partis philosémites ne semble pas avoir reçu la consigne. Avant les élections présidentielles françaises d’avril et de mai, Marine Le Pen a dû repousser les accusations selon lesquelles deux de ses compagnons de route étaient des sympathisants nazis qui organisaient des soirées «pyjama rayé» – en référence aux vêtements que les Juifs étaient obligés de porter dans les camps de concentration.

En Autriche, Strache fait semblant de dénoncer l’antisémitisme qui règne encore dans son parti ; ce mois-ci, il a dû suspendre un conseiller local du Parti de la Liberté qui a fait un salut nazi. En plus de cela, des militants autrichiens ont récemment publié une liste de ce qu’ils disent être plus de 60 incidents antisémites et racistes impliquant des personnalités du Parti de la liberté depuis 2013.

« S’il [le Parti de la Liberté] a vraiment changé d’idéologie, est une question à laquelle lui seul peut répondre, » a déclaré la politologue Alexandra Siegl à l’Agence France-Presse.

Mais parfois le masque semble glisser un peu. Quelques jours avant le vote autrichien qui a vu le Parti de la Liberté égaler son meilleur résultat, Strache a interrogé les motivations de l’un des donateurs du futur Chancelier Sebastian Kurz – l’homme d’affaires juif Georg Muzicant, fils de l’ancien président de la communauté juive de Vienne.

Strache a déclaré que le soutien financier de Muzicant pour Kurz était une preuve de Verstrickungen – enchevêtrements – un mot dans ce contexte impliquant une conspiration juive. Pour sa part, Kurz a déclaré que les commentaires de Strache étaient « déshonorants », bien qu’il semble toujours susceptible de former un gouvernement de coalition avec lui.

Fort en Bulgarie

En Bulgarie, sur les frontières souvent oubliées de l’Europe, un parti d’extrême-droite siège déjà dans un gouvernement de coalition – un parti qui utilise l’expérience de la Bulgarie pendant l’Holocauste pour attaquer les minorités les plus dénigrées du pays.

Les Patriotes Unis de Bulgarie, une coalition de trois partis d’extrême-droite, se sont frayés un chemin jusqu’au gouvernement après que les élections de cette année ont laissé le Premier Ministre Boyko Borisov, qui sortait de son troisième mandat, sans autre partenaire possible pour une coalition.

Patriotes Unis et leurs dirigeants islamophobes et anti-Roms sont de fiers promoteurs du rôle de la Bulgarie dans la sauvetage des Juifs des camps de la mort en Allemagne. En mars 1943, Boris III, le roi de la Bulgarie alliée aux nazis, refusa que les 50 000 Juifs bulgares soient déportés dans les camps. Presque tous ont survécu à la guerre et, avec le temps, sont partis pour Israël.

Aujourd’hui, il y a à peine 2 000 Juifs en Bulgarie et seulement deux synagogues an activité. Pourtant, les leaders de la communauté juive ont alerté cette année sur une augmentation des propos et des incidents antisémites, notamment la destruction de pierres tombales juives dans le cimetière central de Sofia le mois dernier et des manifestations en mémoire d’un général nazi notoire, Hristo Lukov.

Rien de tout cela n’a découragé les patriotes unis.

« Les Juifs en Bulgarie sont un exemple d’intégration réussie », a déclaré un député de Patriotes Unis au parlement bulgare à l’occasion de Rosh Hashanah, en lisant une déclaration du parti. Les Juifs, a déclaré le député, sont « un exemple que tous les groupes minoritaires de notre patrie devraient suivre », faisant un reproche subtil aux Roms et aux Turcs de Bulgarie, qui représentent ensemble près de 20% de la population bulgare.

Mais l’approche de l’histoire des Juifs en Bulgarie par Patriotes Unis occulte quelques points essentiels. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Juifs bulgares ont été forcés de porter des étoiles jaunes, de respecter des couvre-feux stricts et de remettre bijoux et autres objets de valeur. Et pendant la guerre, la Bulgarie a occupé la Macédoine, la Thrace et une partie de la Serbie – et n’a rien fait pour empêcher 11 000 juifs de ces régions d’être envoyés à la mort.

Ce n’est pas quelque chose dont Patriotes Unis aime parler.

Dans une déclaration, le parti a affirmé qu’aujourd’hui « les ennemis de la Bulgarie, activement soutenus par bezrodnitsi  » – un terme poétique pour les gens qui se sont éloignés de la nation – « tentent de lancer une accusation honteuse contre les Bulgares » en attirant l’attention sur ces 11 000 Juifs qui ont été déportés vers la mort.

C’est une attitude qui déconcerte la communauté juive actuelle de la Bulgarie. Tom Junes, historien et membre de la Fondation d’Etudes Sociales et Humaines de Sofia, un think-tank non gouvernemental, a rapporté à Haaretz quelque chose qu’un collègue juif bulgare lui avait dit : « Si j’ai cinq enfants et que tu en tues un, Je suis censé te remercier de ne pas avoir tué les quatre autres?

Patriotes Unis devra s’habituer à entendre plus de questions comme celle-ci. Le 75e anniversaire du refus de Boris III d’expulser les Juifs de Bulgarie tombe en mars, juste au moment où la Bulgarie assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, suivie, par coïncidence, par l’Autriche. Certains des politiciens d’extrême droite les plus fervents d’Europe pourraient se retrouver eux-mêmes et leur philosémitisme ostensible, à être plus observés que ce à quoi ils s’attendaient.

L’étoile dite de David, symbole du judaïsme ou du sionisme et des antisémites?

14 janvier 2017

L’article date certes quelque peu puisqu’il a été publié en pleine campagne électorale aux Etats Unis mais il traite de questions historiques qui débordent largement l’actualité immédiate.

L’article parle en effet de ce qu’on appelle l’étoile de David qui est considérée habituellement comme le symbole du judaïsme et nous explique que ce n’est qu’assez récemment que les communautés juives ont commencé à adopter ce symbole.

D’abord imposé par Charles IV, le souverain de Prague, cette étoile se généralisera bien plus tard, au 19ème siècle, chez les Juifs allemands émancipés qui voulaient ainsi avoir un signe pour se distinguer de leurs compatriotes chrétiens qui pour leur part disposaient du symbole de la croix.

Le svastika, ou croix gammée, aurait pu devenir le symbole du judaïsme, si Charles IV en avait décidé ainsi!

Vous tirerez les conclusions que vous voudrez

Qu’est-ce que l’Etoile de David et quelle est sa signification pour les Juifs?

par Lauren Markoe, Religion News Service, Deseret News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’utilisation récente par Donald Trump d’une étoile à six branches dans un tweet considéré généralement comme antisémite a soulevé de nombreuses questions sur l’Etoile de David, un symbole du judaïsme. Elle orne les synagogues dans le monde entier et est au centre du drapeau israélien. Mais elle a longtemps été utilisée pour dénigrer les Juifs.

D’où vient cette étoile et en quoi est-elle juive? Explications.

Q – Cette étoile remonte-t-elle au roi David de la Bible?

R – C’est ça. Mais n’allez pas chercher dans la Bible des références à l’Etoile de David. Selon la légende [biblique], c’est le « Magen David », le « bouclier de David » en hébreu qui avait la forme d’une étoile à six branches ou qui avait un motif avec cette forme par repoussage Mais on n’en a aucune preuve pour l’attester, qu’elle soit écrite ou archéologique. Et pendant des centaines d’années, c’est la menorah [chandelier] qui a été le symbole le plus habituel du judaïsme.

Q – Alors d’où vient cette étoile?

R – « Le triangle symétrique entrecroisé était un symbole répandu au Proche Orient dans l’antiquité, » explique le rabbin hassidique Pinchas Taylor dans une vidéo sur ses origines. On peut en trouver des exemples dans les cultures anciennes hindoue, perse et shinto entre autres – et dans des anciens décors juifs également. Elle semble pointer à la fois en direction du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité et de tous les côtés de l’univers. Les mystiques pensaient qu’elle avait des pouvoirs spéciaux [magiques, NdT].

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Le chandelier (menorah) est le symbole le plus ancien du judaïsme

Q: Quand les Juifs ont-ils commencé à se servir de l’étoile?

R – Certains Européens, notamment à Prague, l’utilisaient dans les années 1600. Mais son adoption généralisée par les communautés juives n’intervint pas avant le début du 19ème siècle, d’abord chez les Juifs allemands, selon Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’université Brandeis.

« Les chercheurs pensent que les Juifs allemands récemment émancipés adoptèrent le symbole par opposition à la croix qui symbolisait si visiblement le christianisme allemand, » écrit Sarna dans son livre « American Juidaism ». L’Etoile de David fit sa première apparition dans le vitrail d’une fenêtre à la Baltimore Hebrew Congregation en 1845. Peu après, « elle devint une affirmation visible de judéité » sur les livres, les objets de cérémonie et les pierres tombales.

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Le vitrail de la synagogue de la Baltimore Hebrew Congregation

Q: Est-ce pour cette raison que les Nazis s’en servirent pour identifier les Juifs?

R – Oui, mais les Nazis ne furent pas du tout les premiers à faire porter aux Juifs un signe d’identification. Dans le monde islamique, le Calife Omar II (qui régna de 717 à 720) obligea les juifs, comme les Chrétiens, à porter des « signes distinctifs ». Dans toute l’Europe médiévale, les Juifs devaient porter des écussons – souvent jaunes – et parfois des chapeaux pointus.

Les nazis obligeaient les Juifs à porter des écussons jaunes, bien que la couleur était parfois différente dans certains territoires sous contrôle du IIIème Reich. L’étoile séparait et isolait les Juifs, les désignant ainsi pour la déportation vers les camps de concentration. Un Juif découvert sans son étoile jaune pouvait écoper d’une amende, mis en prison ou tué.

Q – Quel est le lien entre l’étoile et Israël?

R – Le mouvement sioniste adopté l’Etoile de David pour symbole en 1897. Il devint le drapeau de l’Etat d’Israël peu de temps après sa création en 1948. L’étoile est représentée entre une bande bleue sur le dessus et une autre en dessous qui sont supposées évoquer le tallit, le châle de prière juif, qui est habituellement bleu et blanc.

Q – Qu’en est-il de l’affirmation de Trump selon qui il n’y a rien d’antisémite dans l’étoile à 6 branches tweetée par son équipe de campagne?

R – L’équipe de campagne de Trump a écrit les mots « Candidate la plus corrompue de l’histoire! » à l’intérieur d’une étoile à six branches sur fond de billets de banque et à côté d’une photo d’Hillary Clinton. Etant donné qu’une bonne partie du discours antisémite reproche aux Juifs de manipuler l’économie mondiale, la présence de l’étoile associée à de l’argent a été immédiatement vue par les Juifs ainsi que par les non Juifs comme franchement antisémite.

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Le tweet litigieux du candidat Donald Trump

Pour être plus précis, l’image provenait d’un forum de discussion où s’expriment volontiers les poncifs et les diatribes des antisémites et des suprématistes blancs

L’explication fournie par l’équipe de campagne, une étoile de shériff, a été largement tournée en ridicule.

 

Un antisémite Canadien qui échappe de peu au licenciement

16 septembre 2011

C’est de manière très sobre que le Toronto Star rapporte cette histoire d’enseignant universitaire accusé d’avoir tenu des propos antisémites pendant une conférence et dont des organisations communautaires juives ont exigé le licenciement..

C’est que ce journal, qui a « sorti » l’affaire pour le grand public est un peu gêné aux entournures sur ce sujet. Parce qu’au Canada, depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper, on ne rigole pas avec ce qui pourrait s’apparenter de loin à des propos antisémites. Par exemple, si vous posez le pied à Montréal ou à Halifax, essayez de vous garder de critiquer un peu vigoureusement les politiques du régime sioniste. Vous encourriez les foudres du B’nai Brith et donc de l’Etat canadien.

Beaucoup moins de componction par contre dans le compte rendu que fait de l’incident la magazine US Time qui considère que l’étudiante qui a incriminé l’enseignant était « perdue », c’est—dire qu’elle n’avait pas compris le propos de son professeur faute d’avoir été attentive. Time note aussi que, au lieu de lever le doigt et de demander une clarification (d’un propos cependant très clair), elle s’est précipitée hors de la salle pour aller alerter une organisation juive qui active sur le campus. Time observe aussi sans détour que l’étudiante n’a absolument pas présenté d’excuses par la suite pour le tort qu’elle a causé à un professeur chevronné

Pour sa part, Gawker écrit :

Sarah Grunfeld, une étudiante de 22 ans peu douée pour l’écoute était incapable de comprendre ce qu’il venait juste de dire. Elle s’est précipitée hors du cours et a informé une organisation juive du campus que le professeur Johnston était un antisémite virulent. Une indignation prévisible s’ensuivit ! Le professeur Johnston vient de passer une semaine à expliquer que ce qu’il a réellement dit est le contraire de ce que Grunfeld a pensait qu’il avait dit.

Elle ne regrette vraiment rien, miss Grunfeld, ainsi que le démontre un communiqué publié originalement sur le Toronto Star (qui l’a, fait curieux, retiré de son site). Elle y affirme notamment que le professeur n’a pas clarifié son propos (dont vous verrez qu’il était très clair) tenu devant 450 étudiants « impressionnables. »

« Impressionnable », est un de ces mots qu’affectionne la propagande sioniste quand elle ne veut pas qu’un sujet soit traité d’une manière qui ne lui convient pas. C’est un adjectif qui va bien pour des enfants mais qu’on a du mal à appliquer à des étudiants âgés de 22 ans.

Et non seulement miss Grunfeld n’a pas présenté ses excuses à l’enseignant, mais elle estime que c’est à ce dernier d’en présenter conformément à ce que lui auraient promis Martin Singer, doyen de la faculté et Rhonda Lenton, vice doyenne. Elle est par contre un peu gênée aux entournures et accuse maintenant les autres de la même incapacité de comprendre dont elle a fait preuve pendant le cours (il n’y avait quand même pas 450 antisémites impressionnables dans l’amphithéâtre). Pour ce genre de personnes, nul doute que la meilleure défense, c’est l’attaque.

La capacité de nuisance  de Mlle Grunfeld tient, vous l’aurez compris, aux relations qu’elle entretient avec des organisations « juives » qui se chargent de traquer non seulement l’antisémitisme à l’université mais aussi de contrer l’antisionisme.

Or, voyez-vous, si la lutte contre l’antisémitisme est une cause on ne peut plus légitime, cette dernière gagnerait beaucoup à éviter d’être confondue avec la cause sioniste et à employer les méthodes «commando» des sionistes qui visent et touchent le plus souvent des personnes absolument innocentes.

Un professeur Juif forcé de se defendre contre des accusations d’antisémitisme

Par Brendan Kennedy, The Toronto Star (Canada) 14 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une étudiante qui écoute à moitié, un campus hypersensible et la vitesse de circulation des ragots sur internet ont conspiré cette semaine pour créer un très dangereux jeu du téléphone « arabe » pour un professeur de l’université de York.

Cameron Johnston, qui enseigne à York depuis plus de 30 ans a été oblige de répondre à des allégations selon lesquelles il aurait tenu des propos antisémites pendant une conférence lundi après midi suite à la mauvaise interprétation de ses propos par une étudiante et a dû envoyer des courriel à des organisations juives et à la presse.

Johnson donnait une conférence d’introduction aux sciences sociales sur le “Soi, la culture et la société” dans laquelle il a expliqué à 500 étudiants environ que le cours allait se centrer sur les textes et non sur les opinions, et qu’en dépit de ce qu’ils ont pu entendre ailleurs, toutes les opinions ne sont pas légitimes.

“Tous les Juifs devraient être stérilisés” peut être un exemple d’opinion inacceptable et dangereuse, a dit Johnston aux étudiants.

Il n’avait alors pas remarqué que Sarah Grunfeld s’était ruée vers la sortie. Grunfeld, une étudiante de 22 ans en année terminale à York, avait compris que l’exemple cité par Johnston était son opinion personnelle.

Elle a contacté Oriyah Barzilay, le président de Hasbara [pédagogie du mensonge en hébreu] à York – une organisation de soutien à Israël sur le campus – qui a ensuite envoyé un communiqué de presse aux media et à d’autres organisations communautaires juives, pour appeler au licenciement de Johnston.

Des blogs et des groupes sur Facebook ont repris le communiqué, et en quelques heures les allégations se répandaient dans la communauté juive de la ville, surtout par le biais d’internet.

La sensibilité à l’antisémitisme est particulièrement forte à York qui a une importante population juive et une histoire de relations tendues entre partisans et détracteurs d’Israël sur le campus.

“Je suis terriblement bouleversé,” a déclaré Johnston ce mardi. « Je suis très fier du fait que tout au long de ma carrière d’enseignant, j’ai pris position pour les grandes valeurs qui constituent la richesse de l’humanité»

Johnston, qui est juif, dit que sa religion a probablement influé sur son choix des mots et pourquoi il a recouru à « cet exemple d’opinion complètement répréhensible » qui a un précédent historique.

Pendant la seconde guerre mondiale, les scientifiques Nazis avaient expérimenté la stérilisation de masse sur des prisonniers Juifs dans les camps de concentration.

“Je pense que c’est une très bonne chose que les gens soient sensible à l’égard de ce genre de propos, et je pense que c’est très bien que des personnes réagissent immédiatement pour qu’ils soient traités si elles pensent que les paroles qu’elles ont entendues sont antisémites », déclare Johnston. « Mais dans ce cas précis, c’es une mésinterprétation.»

Ironie du sort, Johnston voulait faire comprendre à ses étudiants que les idées ont des conséquences.

“Alors je suis assez choqué de voir que les conséquences – ce dont je parlais dans ma conférence – ont été que j’ai été perçu comme un exemple de [porteur de] préjugé. »

Grunfeld a déclaré mardi qu’elle a peut-être mal compris le contexte et l‘intention des propos de Johnston, mais que ce fait est sans importance.

“Les mots “Les Juifs devraient être stérilisés,” sont quand même sortis de sa bouche, donc, indépendamment du contexte, je continue à penser que c’est assez grave. »

Grunfeld a aussi fait part de son scepticisme quant au fait que Johnston est juif.

Questionnée directement par un journaliste pour savoir si elle croyait que Johnston était juif, elle est restée floue.

“Qu’il le soit ou pas, personne ne le saura,” a-t-elle dit.”… Peut-être a-t-il pensé que parce qu’il est juif il pouvait parler mal d’autres Juifs. »

Sheldon Goodman, co-président pour le grand Toronto du Centre for Israel and Jewish Affairs, qui parle au nom de la communauté juive organisée de la ville, a qualifié l’incident de “méprise malheureuse.”

“Cet événement nous rappelle de manière opportune qu’il faut être très prudent avant de conclure qu’une déclaration ou un acte est antisémite, » a-t-il dit.

"Gène" juif, judaïsme, antisémitisme et philosémitisme

26 janvier 2011
Vous vous souvenez sans doute de Thilo Sarrazin?
Non? Si vous l’avez oublié, ce n’est pas le cas de ceux qui avaient mené campagne contre lui en l’accusant d’antisémitisme. Ces gens à la haine tenace ne se contentent pas de la victoire qu’ils ont remportée sur lui puisque maintenant ils s’en prennent à son épouse qui serait une mauvaise enseignante (apparemment on veut faire supporter à cette dame le poids d’une forme  d’échec de l’école d’aujourd’hui
que nous constatons avec la montée de l’illettrisme dans tous les pays développés).
Or, Thilo Sarrazin, en véritable islamophobe qu’il est, n’est pas antisémite au sens où il détesterait les Juifs, mais philosémite, c’est-à-dire qu’il les apprécie voire même qu’il les encense, ce que note à juste titre le site juif.org..
En bon philosémite idéaliste, il n’a donc dû trouver qu’une seule explication à ce qui singulariserait la « réussite » des Juifs dans les domaines financiers, culturel ou scientifique, c’est qu’ils appartiendraient à un peuple distinct [élu?], une race en quelque sorte dotée d’une particularité génétique. On a cependant peu relevé que Sarrazin mettait sur le même plan comme peuples dotés d’un géne particulier, « peuple » juif et peuple basque. 

Le premier problème avec son argument est qu’il rappelle trop les thèses en vigueur sous le nazisme. Et le second problème est que c’est un type de croyance largement répandu chez les élites juives, notamment celles qui adhèrent au sionisme.
Impossible cependant, pour ces mêmes élites juives, de rester silencieuses voire même de faire mine d’approuver les propos de Thilo Sarazin après que ce dernier ait été dénoncé pour antisémitisme par de hauts responsables politiques Allemands.

Je signalais notamment qu’un certain Stephan Kramer, dirigeant communautaire Juif de son état, s’était fendu de la déclaration suivante:

« Quelqu’un qui tente de définir les Juifs par une particularité génétique est consumé par une manie raciste, »

Je vous renvoie aux liens qui figurent sur le post où se trouve la citation et je vous invite à lire l’article qui suit, tiré de Forward, un journal créé en 1897qui représente des orientations plutôt progressistes dans la communauté juive des Etats Unis.
Vous me direz après qui est consumé par une manie raciste. C’est à cette question que, bien involontairement, Thilo Sarazin a permis de répondre
.

Racines familiales
De nouveaux tests ADN révèlent un lien de sang juif caché
par Elie Dolgin, Forward (USA) 18 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

En avril dernier, Joseph Pickrell a envoyé un échantillon de sa salive à la société californienne de testing génétique 23andMe. Après avoir consacré des années à l’étude de l’ADN d’autres personnes, cet étudiant de 27 ans, en doctorat à l’université de Chicago, avait décidé d’en savoir plus sur ses propres origines génétiques.

Les résultats qui lui sont parvenus montraient que les origines de Pickrell étaient majoritairement d’Europe du nord avec un peu de sang méditerranéen. A ce moment là, « je me suis juste dit que c’était à peu près vrai, » explique Pickrell.

Avec 11 de ses amis et collègues qui avaient fait le même test, Pickrell a alors établi son profil génétique au moyen d’un algorithme informatique conçu pour démêler plus précisément les lignages génétiques. Curieusement, l’analyse suggérait que deux personnes sur les onze avaient une origine ashkénaze: Dan Vorhaus, avocat installé à New York, et Pickrell. Cette découverte était logique pour Vorhaus, un Juif qui a grandi dans Bay Area. Mais pour Pickrell, qui a été élevé dans le catholicisme dans la banlieue nord de Chicago, c’était un choc.

Pickrell s’est tourné vers sa mère. « Elle a dit, ‘Attends un peu, ça éveille quelque chose chez moi,' » se souvient Pickrell. Elle a passé quelques coups de fil, et recoupé les informations: le père de son père – l’arrière grand père maternel de Pickrell – avait grandi dans le judaïsme en Pologne avant de migrer aux Etats Unis où il épousa une Catholique et abandonna son éducation juive.
« C’est amusant que j’ai pu sortir ça du placard  par la génétique, » déclare Pickrell.
Les tests ADN pour révéler des origines juives sont proposés depuis des dizaines d’années par des sociétés comme Family Tree DNA  à Houston et DNA Tribes à Arlington en Virginie. Ils ont par exemple montré que beaucoup d’Hispano-Américains descendaient probablement de Juifs qui avaient été contraints de se convertir ou de dissimuler leur religion il y a plus de 500 ans en Espagne et au Portugal. Pourtant, alors que les techniques habituelles de techerche de l’ascendance parviennent à mettre en évidence des origines juives remontant à plusieurs siècles, aucune n’aurait pu déceler le pedigree sémitique relativement récent de Pickrell.

C’est parce que la plupart des tests ADN reposaient traditionnellement sur deux petites parties du génome: le chromosome Y, qui est transmis pratiquement sans modifications du père au fils, et l’ADN mitochondrial que les mères transmettent fidèlement à leurs rejetons.Comme ces portions d’ADN restent relativement stables d’une génération à la suivante, elles sont particulièrement utiles pour tester l’ascendance directe en ligne maternelle d’une part et paternelle d’autre part: cependant ces tests ignorent dans l’ensemble la majorité du patrimoine génétique d’un individu et ne peuvent pas détecter les signatures génétiques qui franchissent les barrières de genre.

Mais le test proposé par 23andMe est différent. Disponible sur le marché depuis quelques années seulement, il mesure près d’un million de « lettres » distinctes d’ADN disséminées dans l’ensemble du génome pour révéler les origines ancestrales et les facteurs de risque d’environ une centaine de maladies. Et avec un prix de vente de 99 dollars facturé par la compagnie en décembre – bien moins cher que des tests similaires – plus de gens se sont précipités^pour utiliser ce service et ont reçu des résultats surprenants.

Selon Mike Macpherson, généticien chez 23andMe, environ 2 % des 40 000 Européens d’origine non ashkénaze qui ont utilisé les services de l’entreprise présentent une signature génétique fiable qui appartient au patrimoine ashkénaze.
CeCe Moore, une généalogiste amateur de 41 ans qui gère une société de production télévisuelle à Orange County en Californie, est un de ces clients. En 2008, Moore a faite tester son ADN mitochondrial et le chromosome Y de son père sans trouver de traces de patrimoine génétique juif. Puis, l’an dernier, elle a obtenu une lecture de son ADN par 23and Me et appris qu’une partie, petite mais significative, de son génome semblait être d’origine ashkénaze.

Comme elle avait toujours ét surtout au milieu de Juifs, « les gens pensaient que j’étais juive, » explique Moore qui a été éduquée dans la foi des Témoins de Jéovah. « Alors c’est amusant de vois que même si ça remonte assez loin, il y a quelque chose de juste là dedans. »

Mais Richard Villems, du laboratoire d’anthropologie moléculaire de l’université de Tartu en Estonie, qui étudie les origines génétiques des communautés juives, invite à la prudence et à ne pas sauter directement à des conclusions basées seulement sur l’ADN, tout particulièrement parce que plus on s’éloigne dans le temps, plus les signaux génétiques sont faibles. « Je pense qu’aucune prétention de ce genre [quant à des origines juives] ne tiendrait devant un tribunal, » dit-il.

Même si les données génétiques peuvent renvoyer à des origines ashkénazes; il est impossible d’exclure l’éventualité d’un ancêtre oublié depuis longtemps avec des racines moyen orientales non juives, dit-il.

Sauf s’il existe des indices concordants. Du moment que Pickrella eu confirmation que son arrière grand-mère était juive, « alors ça colle, » explique Villems. « Sans une telle connaissance de l’histoire familiale; le génotype seul ne permettrait pas d’identifier cette ‘goutte de sang’ comme ashkénaze. »

Pickrell dit ne pas envisager du tout d’aller à la synagogue. Et comme ‘les gènes ne définissent pas les Juifs, » selon Edward Reichman, médecin et rabbin orthodoxe à la Yeshiva University de New York, la communauté juive dans son ensemble ne le reconnaîtra pas non plus. Mais selon Bennett Greenspan, président et PDG de Family Tree DNA, beaucoup de gens qui apprennent par leur ADN avoir une origine sémitique finissent souvent par se convertir au judaïsme.

Elliot Dorff, un rabbin conservateur, spécialiste d’éthique à l’American Jewish University de Los Angeles, salue ces conversions. « Nous voudrions vraiment encourager ces personnes à redécouvrir leurs racines juives, » dit-il. Même si des personnes qui se sont trouvées des origines juives par l’ADN ne sint pas juives au sens strict, halachiquement parlant, Dorff a observé que de nombreuses personnes dans cette situation ressentaient déjà un lien profondément ancré avec la religion.
Malheureusement, tout le monde n’a pas des proches en vie qui peuvent corroborer les découvertes des tests ADN. Rick Voss, un avocat de 66 ans établi à Atlanta, a toujours soupçonné sue des grands parents paternels pouvaient être Juifs et, l’an dernier, les résultats du test de 23andMe ont montré que Voss lui-même était moitié juif. Mais comme le père et les grands parents de Voss sont morts depuis des dizaines d’années, il ne peut pas leur demander de précisions. « Ce genre de confirmation est complètement inaccessible, » déclare Voss qui a grandi dans le protestantisme dans la région de Chicago. Néanmoins, observe Voss, la découverte par l’ADN qu’il a probablement des racines juives « a une certaine signification psychologique. »
Heureusement pour Pickrell, il a été en mesure d’obtenir des réponses plus concrètes sur son odyssée personnelle à travers l’histoire orale de la famille. Il est prompt à constater cependant que si les anciens n’avaient pas été vivants pour confirmer les découvertes basées sur l’ADN, « encore une génération et cette information aurait été presque complètement perdue. »

Elie Dolgin collabore avec la revue Nature Medicine à New York

Tuerie de Tucson, American Renaissance, antisémitisme et idéologues juifs de la race

11 janvier 2011
On l’a vu, l’éventualité de motivations antisémites a été évoqué dans les conjectures sur les motivations de Jared Lee Loughner, le tueur de Tucson en Arizona. Outre le fait que Mein Kampf était présenté comme son livre favori par Loughner sur sa page personnelle sur inernet, on a évoqué son appartenance à une organisation d’antisémite d’extrême droite, American Renaissance.
Le problème, ainsi que je l’indiquais dans mon post précédent, est que le tireur de Tucson est semble-t-il lui-même de mère juive et que Samuel Jared Taylor, le leader d’American Renaissance dément l’affiliation de Jared Lee Loughner à son organisation.
Vous noterez toutefois qu’ils partagent le même prénom!
Si on s’intéresse à American Renaissance, on doit remarquer que l’Anti Defamation League (équivalent de la LICRA aux Etats Unis) note bien l’idéologie raciste que reflète le magazine publié par ‘American Renaissance qui évite cependant, toujours d’après l’Anti Defamation League, la bigoterie et les stéréotypes grossiers qui caractérisent d’autres publications racistes.  Et, conclut l’ADL, Samuel Jared Taylor « s’interdit d’être antisémite. »
J’ai presque l’impression que l’ADL le trouve sympa ce Jared là. Bon, il n’est pas antisémite, mais peut-être qu’il est seul de son espèce dans cette organisation raciste, suprémaciste (pour la suprématie de la race blanche).
La réaction irritée d’un lecteur Texan du Daily Mail de Londres nous permet d’aller un peu plus loin. En effet, ce lecteur du nom de Karl Ketzer s’insurge contre la présentation par ce journal anglais d’American renaissance comme une organisation antisémite:

Ainsi, un service du gouvernement des Etats Unis diffuse un document affirmant que le tireur suspect a un « lien possible » avec American Renaissance, et le Daily Telegraph [Ketzner n’a pas fait attention au nom du journal auquel il adresse un commentaire] donne à ce mensonge un statut de fait? Est-ce cela qu’on fait passer pour du journalisme au Royaume Uni? Par rapport à votre affirmation selon laquelle American Renaissance est « antisémite », avez-vous seulement essayé de vérifier sur son site internet avant de publier un tel non sens? Si vous aviez-vous fait l’effort de vérifier, vous auriez découvert que le rabbin Mayer Schiller a été un des orateurs lors de la toute première conférence d’American Renaissance en 1994, et qu’à cette conférence fondatrice, participaient des intellectuels Juifs comme Paul Gottfried, Michael Levin, Michael Hart, Lawrence Auster, Eugene Valberg, and Robert Weissberg. Vous auriez pu feuilleter d’anciens numéros du magazine mensuel American Renaissance et y trouver des articles d’auteurs Juifs tels que Nicholas Stix. Un vrai journaliste aurait pris son téléphone et appelé certains de ces auteurs et orateurs Juifs. Honte au Daily Telegraph d’avoir publié de telles sottises.

Ketzer nous suggère d’aller vérifier sur le site internet d’American Renaissance et ses dires s’avèrent tout à fait fondés: cette organisation extrémiste raciste s’abreuve intellectuellement auprès d’idéologues racistes… Juifs.

On comprend mieux la modération de l’Anti Defamation League!
Résultat d’une brève visite sur le site d’American Renaissance:
Introduction de l’article du rabbin Mayer Schiller « La séparation: existe-t-il une alternative?  Ce qui doit être fait pour préserver la civilisation occidentale » (American Renaissance, février 1995.
Si la tendance actuelle se poursuit, quelque part vers le milieu du siècle prochain, la majorité des habitants de cette nation seront des non blancs. Comme on l’a montré de manière répétée dans les pages d’American renaissance, le présence d’un grand nombre de non blancs change irrévocablement la physionomie d’une école, d’un quartier ou d’un Etat. Les blancs trouvent en général ces changements si désagréables qu’ils s’en vont tout simplement. Cependant, ils ne peuvent le faire que parce qu’il y a encore beaucoup de secteurs dans le pays qui sont blancs en majorité écrasante. Qu’adviendra-t-il si les blancs deviennent une minorité?
 En fait, ce rabbin réfléchit beaucoup pour en arriver à la proposition de la solution classique du ghetto et de la séparation., ce qu’il appelle le « désengagement à l’amiable » (amicable disengagement).
Robert Weissberg, un universitaire, a  de son côté discouru en 2000 sur le thème « Les relations entre Noirs et Juifs » lors d’une conférence où un certain Bruno Gollnisch avait également pris la parole.
Michael Levin est sans doute le plus brillant cerveau d’American Renaissance et son livre Why Race Matters (pourquoi la race est importante) semble remporter tous les suffrages.
 Une belle brochette d’idéologues racistes (mais pas antisémites) et qui illustre bien les nouvelles tendances des mouvements d’extrême droite.
La tuerie de Tucson est décidément on ne peut plus emblématique de l’évolution actuelle des Etats Unis.

Alerte: graffiti antisémites dans l’Etat qui se dit juif

19 novembre 2010
L’édition francophone du Jerusalem Post nous informe de la découverte de croix gammées sur les murs d’une école maternelle d’une localité dont la population, nous dit wikipedia, est « à 99,99 % d’origine juive ». Il importe de signaler ce dernier point parce que l’article du Jerusalem Post, tout en admettant qu’il ne s’agit pas du tout d’une première, évoque comme précédent un incident qui s’était produit dans un quartier judéo-arabe de Jaffa avec la présence, quel heureux hasard de croix gammées et de drapeaux palestiniens. Ce quartier, c’est Ajami où la « justice » sioniste vient d’admettre comme légale la construction de logements strictement réservés aux Juifs.
L’idée est de faire croire que ce sont des Palestiniens qui réalisent ces graffiti. Il n’en est rien et nous savons bien que ce genre de graffiti est une des formes d’expression préférées de ceux qui squattent indûment la Palestine, notamment à Haïfa.
Jerusalem Post  (entité sioniste)19/11/2010
Plusieurs croix gammées ont été tagguées sur les murs d’une école maternelle à Kfar Saba dans la nuit de jeudi à vendredi. Les résidents locaux ont également signalé aux autorités la découverte de nombreux autres graffitis représentant le symbole nazi peints sur plusieurs bâtiments de la région.
Une équipe mandatée par la municipalité de la ville est arrivée sur les lieux pour nettoyer les souillures. La police a ouvert une enquête sur les circonstances de l’incident.
Cet acte de vandalisme contre des propriétés publiques en Israël n’est pas un phénomène nouveau. En avril, la police de Tel Aviv a ouvert une enquête afin de déterminer les responsables du taggage de croix gammées et de drapeaux palestiniens sur une synagogue située à Ajami, un quartier judéo-arabe de Jaffa.

Après les protocoles des sages de Sion…

10 novembre 2010

… le protocole d’Ottawa.


Ce protocole est spécifiquement dédié à la lutte contre l’antisémitisme qui reste une plaie tenace au Canada comme dans le reste du monde. Et il a été adopté pour conclure la deuxième conférence annuelle de la Coalition interparlementaire de lutte contre l’antisémitisme (CILA).
Curieusement, alors que cette conférence concernait strictement l’antisémitisme, le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney a cru bon de déclarer ce qui suit:
Par exemple, dans le cadre du protocole, on incite les dirigeants de groupes confessionnels à lutter contre la haine et la discrimination, y compris l’antisémitisme, ainsi que les gouvernements à réaffirmer leur appui envers la convention sur le génocide et à l’adopter; on encourage l’établissement d’un groupe de travail international chargé de reconnaître et de surveiller la présence de la haine sur Internet; on réclame l’élaboration d’un mécanisme global en vue de documenter tous les crimes haineux, y compris les crimes antisémites.
Jason Kenney parle de haine en général, dont l’antisémitisme et son propos est donc en contradiction flagrante avec le thème de la conférence ainsi qu’avec le suite de son propos:
le protocole s’inscrit dans les récentes initiatives du Canada : nous sommes devenus membre du Groupe de travail pour la coopération internationale en matière de sensibilisation, de commémoration et de recherche au sujet de l’Holocauste et nous avons lancé de nouveaux programmes en vue de promouvoir l’intégration des Canadiens de toutes origines et la cohésion sociale.
L’affaire concerne bien l’antisémitisme et l’holocauste en particulier dont le gouvernement canadien se promet d’oeuvrer à la sensibilisation, au canada comme ailleurs. C’est ce qu’on appelle avoir l’esprit prosélyte.
Vous ne direz que le ministre parle quand même  « de nouveaux programmes en vue de promouvoir l’intégration des Canadiens de toutes origines et la cohésion sociale. » Il n’est donc pas question que d’antisémitisme!
Et pourtant si, car il est en fait question d’éduquer les masses « de toutes origines » à l’holocauste et à l’incomparabilité de l’antisémitisme, c’est-à-dire de les transformer en adeptes de cette nouvelle religion commune de l’Occident.

Pour ceux qui n’ont pas compris, le premier ministre Stephen Harper expose les choses on ne peut plus clairement:

Voilà, Mesdames et Messieurs, l’objet de notre intervention d’aujourd’hui : notre détermination commune à confronter cette terrible haine. Le travail que nous avons entrepris, dans nos propres pays et en collaboration les uns avec les autres, est un signe d’espoir.
« Notre action commune est un signe d’espoir, tout comme l’existence et la persistance de la patrie juive. Et c’est ici que l’histoire sert non pas à nous alerter mais à nous inspirer.
Comme je l’ai dit à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de l’État d’Israël, Israël apparaît comme une lumière, dans un monde émergeant d’une obscurité profonde. Contre toute attente, cette lumière n’a pas été éteinte. Elle brille confortée par les principes universels de toutes les nations civilisées – la liberté, la démocratie et la justice.
En collaborant plus étroitement dans la famille des nations civilisées, nous affirmons et renforçons ces principes. Et nous déclarons notre foi dans l’avenir de l’humanité, dans la puissance du bien sur le mal.

Donc, rien de neuf : un faux plaidoyer humaniste vient remplacer un écrit antisémite apocryphe.


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