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Antisionisme=Antisémitisme, les Etats Unis et la France sont synchrones

28 décembre 2019

Si en France, l’Assemblée Nationale a adopté une résolution non contraignante (ça on le verra surtout quand auront lieu les premiers procès) assimilant l’antisionisme à l’antisémitisme, aux Etats Unis c’est le président Donald Trump qui a signé un décret, un texte contraignant donc, qui interdit de critiquer l’entité sioniste sur les campus universitaires. L’hostilité au sionisme était ici aussi assimilé à de l’antisémitisme.

 Ce texte, qui n’a pas eu à passer par le législateur, est loin de faire l’unanimité et il sera certainement contesté juridiquement pour son caractère non constitutionnel. Les membres de la communauté juive, même sioniste, ne voient pas non plus toujours ce texte d’un très bon oeil. En effet, ce texte correspond à la vision trumpienne des Juifs comme un peuple foncièrement allogène , une communauté dirigée par des millionnaires, dont la nature est de faire allégeance à l’entité sioniste.

C’est dire que des voix s’élèvent contre ce texte et, du côté antisioniste, font savoir qu’il est hors de question qu’il soit respecté.

Opinon: Je suis juive, je combats l’antisémitisme et je soutiens les droits des Palestiniens

Par Phyllis Bennis, The Los Angeles Times (USA) 26 décembre 2019 traduit de l’anglais par Djazaïri

Quand j’étais une gamine juive qui grandissait dans la banlieue de Los Angeles, nous pensions qu’être juif signifiait soutenir Israël.

Phyllis-Bennis-in-Berkeley

Phyllis Bennis 

On n’avait pas vraiment le choix. Si vous vous identifiez comme juif, comme moi et la plupart de mes amis, l’éducation religieuse que nous recevions, les groupes de jeunes auquel nous participions et les camps d’été où nous jouions étaient tous fondés sur une seule chose. Ce n’était pas Dieu – c’était le sionisme, le projet politique de colonisation du peuple juif en Israël.

Nous ne demandions jamais – et personne ne nous l’a jamais enseigné à l’école du dimanche – qui vivait déjà sur cette terre, longtemps connue sous le nom de Palestine, lorsque les Juifs européens arrivèrent vers la fin du XIXe siècle et commencèrent à y construire des colonies.

Ma propre rupture avec le sionisme est survenue un peu après mes vingt ans, suite à la lecture des lettres du fondateur du sionisme, Theodor Herzl, qui implorait Cecil Rhodes, l’architecte britannique du vol de terres en Afrique, de soutenir son projet en Palestine. Leurs projets étaient tous  deux «de nature coloniale », assurait Herzl à Rhodes.

Aujourd’hui, les jeunes Juifs posent des questions difficiles à un âge plus précoce, et un plus grand nombre d’entre eux ont activement critiqué Israël pour ses attaques contre les Palestiniens et les droits des Palestiniens.

Quand la Maison Blanche de Trump dit que critiquer ou boycotter l’État d’Israël est antisémite et émet un décret exécutif visant à faire taire la critique d’Israël sur les campus universitaires, de nombreux étudiants juifs refusent d’y adhérer . Une étudiante juive de 20 ans et membre de Hillel [association universitaire juive] à l’Université de Caroline du Nord a déclaré au New York Times qu’elle craignait que le décret « assimile faussement l’antisionisme à l’antisémitisme » et vise à éliminer la critique d’Israël.

Jared Kushner, gendre et conseiller de Trump, affirme que le décret a pour but de garantir que les Juifs sont protégés par «l’interdiction de la discrimination fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale» du Civil Rights Act. Il dit que le décret exécutif ne définit pas les Juifs comme une nationalité, mais il n’en affirme pas moins que «l’antisionisme est de l’antisémitisme». Cette formulation revient à qualifier d’antisémites les Juifs – ainsi que les Palestiniens et autres – qui ne soutiennent pas le sionisme.

Les juifs sont de toutes races, couleurs et ethnies. Le point de vue de Trump / Kushner est une façon insidieuse de prétendre que les Juifs sont tous liés à Israël ou ont tous des responsabilités envers Israël. Cette accusation de « double loyauté » est l’un des plus vieux clichés antisémites.

Bien sûr, même si l’administration Trump essaie de faire taire les critiques d’Israël, le véritable antisémitisme monte , en particulier pendant l’administration Trump. Nous savons à quoi il ressemble.

L’antisémitisme ressemble à l’attaque contre une synagogue près de San Diego. Il ressemble à Pittsburgh où le meurtrier présumé de la synagogue Tree of Life accusait les Juifs de «ramener des envahisseurs qui tuent les nôtres» et de soutenir l’installation de réfugiés. C’est comme les gens du Klan et les nazis scandant «les Juifs ne nous remplaceront pas» à Charlottesville.

Cet antisémitisme virulent n’émane pas des partisans des droits des Palestiniens. Il vient des suprémacistes blancs violents qui agissent de plus en plus ouvertement et fièrement à travers les États-Unis. Ces mêmes antisémites se délectent toujours du soutien du président, qui les a appelés «des gens très bien» après Charlottesville.

Le véritable antisémitisme émane également directement de la Maison Blanche elle-même – d’un président qui dit aux républicains juifs qu’il n’attend pas leur soutien parce qu’il n’a pas besoin de leur argent , qui invite à une fête de la Maison Blanche pour Hanoukka un pasteur chrétien qui dit que les juifs qui ne se convertissent pas au christianisme « vont en enfer » et qui affirme que les juifs «devront voter pour moi, vous n’avez pas le choix» parce que les démocrates proposent des hausses d’impôts aux millionnaires et aux milliardaires.

Essayer de museler la critique d’Israël alors que le gouvernement israélien devient de plus en plus répressif contre les droits des Palestiniens ne marchera pas, surtout quand la Maison Blanche elle-même est cernée par l’antisémitisme. Des organisations juves et d’autres associations étudiants progressistes affirment déjà leur intention de lutter contre ce déni de la liberté d’expression.

De même, marteler que l’antisionisme est de l’antisémitisme n’en fait pas une vérité. Une nouvelle génération de jeunes juifs – et tout un tas d’entre nous qui ne sont plus si jeunes – savent que c’est faux.

Phyllis Bennis membre de l’Institute for Policy Studies et siège au bureau national de Jewish Voice for Peace.

Un antisémite Canadien qui échappe de peu au licenciement

16 septembre 2011

C’est de manière très sobre que le Toronto Star rapporte cette histoire d’enseignant universitaire accusé d’avoir tenu des propos antisémites pendant une conférence et dont des organisations communautaires juives ont exigé le licenciement..

C’est que ce journal, qui a « sorti » l’affaire pour le grand public est un peu gêné aux entournures sur ce sujet. Parce qu’au Canada, depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper, on ne rigole pas avec ce qui pourrait s’apparenter de loin à des propos antisémites. Par exemple, si vous posez le pied à Montréal ou à Halifax, essayez de vous garder de critiquer un peu vigoureusement les politiques du régime sioniste. Vous encourriez les foudres du B’nai Brith et donc de l’Etat canadien.

Beaucoup moins de componction par contre dans le compte rendu que fait de l’incident la magazine US Time qui considère que l’étudiante qui a incriminé l’enseignant était « perdue », c’est—dire qu’elle n’avait pas compris le propos de son professeur faute d’avoir été attentive. Time note aussi que, au lieu de lever le doigt et de demander une clarification (d’un propos cependant très clair), elle s’est précipitée hors de la salle pour aller alerter une organisation juive qui active sur le campus. Time observe aussi sans détour que l’étudiante n’a absolument pas présenté d’excuses par la suite pour le tort qu’elle a causé à un professeur chevronné

Pour sa part, Gawker écrit :

Sarah Grunfeld, une étudiante de 22 ans peu douée pour l’écoute était incapable de comprendre ce qu’il venait juste de dire. Elle s’est précipitée hors du cours et a informé une organisation juive du campus que le professeur Johnston était un antisémite virulent. Une indignation prévisible s’ensuivit ! Le professeur Johnston vient de passer une semaine à expliquer que ce qu’il a réellement dit est le contraire de ce que Grunfeld a pensait qu’il avait dit.

Elle ne regrette vraiment rien, miss Grunfeld, ainsi que le démontre un communiqué publié originalement sur le Toronto Star (qui l’a, fait curieux, retiré de son site). Elle y affirme notamment que le professeur n’a pas clarifié son propos (dont vous verrez qu’il était très clair) tenu devant 450 étudiants « impressionnables. »

« Impressionnable », est un de ces mots qu’affectionne la propagande sioniste quand elle ne veut pas qu’un sujet soit traité d’une manière qui ne lui convient pas. C’est un adjectif qui va bien pour des enfants mais qu’on a du mal à appliquer à des étudiants âgés de 22 ans.

Et non seulement miss Grunfeld n’a pas présenté ses excuses à l’enseignant, mais elle estime que c’est à ce dernier d’en présenter conformément à ce que lui auraient promis Martin Singer, doyen de la faculté et Rhonda Lenton, vice doyenne. Elle est par contre un peu gênée aux entournures et accuse maintenant les autres de la même incapacité de comprendre dont elle a fait preuve pendant le cours (il n’y avait quand même pas 450 antisémites impressionnables dans l’amphithéâtre). Pour ce genre de personnes, nul doute que la meilleure défense, c’est l’attaque.

La capacité de nuisance  de Mlle Grunfeld tient, vous l’aurez compris, aux relations qu’elle entretient avec des organisations « juives » qui se chargent de traquer non seulement l’antisémitisme à l’université mais aussi de contrer l’antisionisme.

Or, voyez-vous, si la lutte contre l’antisémitisme est une cause on ne peut plus légitime, cette dernière gagnerait beaucoup à éviter d’être confondue avec la cause sioniste et à employer les méthodes «commando» des sionistes qui visent et touchent le plus souvent des personnes absolument innocentes.

Un professeur Juif forcé de se defendre contre des accusations d’antisémitisme

Par Brendan Kennedy, The Toronto Star (Canada) 14 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une étudiante qui écoute à moitié, un campus hypersensible et la vitesse de circulation des ragots sur internet ont conspiré cette semaine pour créer un très dangereux jeu du téléphone « arabe » pour un professeur de l’université de York.

Cameron Johnston, qui enseigne à York depuis plus de 30 ans a été oblige de répondre à des allégations selon lesquelles il aurait tenu des propos antisémites pendant une conférence lundi après midi suite à la mauvaise interprétation de ses propos par une étudiante et a dû envoyer des courriel à des organisations juives et à la presse.

Johnson donnait une conférence d’introduction aux sciences sociales sur le “Soi, la culture et la société” dans laquelle il a expliqué à 500 étudiants environ que le cours allait se centrer sur les textes et non sur les opinions, et qu’en dépit de ce qu’ils ont pu entendre ailleurs, toutes les opinions ne sont pas légitimes.

“Tous les Juifs devraient être stérilisés” peut être un exemple d’opinion inacceptable et dangereuse, a dit Johnston aux étudiants.

Il n’avait alors pas remarqué que Sarah Grunfeld s’était ruée vers la sortie. Grunfeld, une étudiante de 22 ans en année terminale à York, avait compris que l’exemple cité par Johnston était son opinion personnelle.

Elle a contacté Oriyah Barzilay, le président de Hasbara [pédagogie du mensonge en hébreu] à York – une organisation de soutien à Israël sur le campus – qui a ensuite envoyé un communiqué de presse aux media et à d’autres organisations communautaires juives, pour appeler au licenciement de Johnston.

Des blogs et des groupes sur Facebook ont repris le communiqué, et en quelques heures les allégations se répandaient dans la communauté juive de la ville, surtout par le biais d’internet.

La sensibilité à l’antisémitisme est particulièrement forte à York qui a une importante population juive et une histoire de relations tendues entre partisans et détracteurs d’Israël sur le campus.

“Je suis terriblement bouleversé,” a déclaré Johnston ce mardi. « Je suis très fier du fait que tout au long de ma carrière d’enseignant, j’ai pris position pour les grandes valeurs qui constituent la richesse de l’humanité»

Johnston, qui est juif, dit que sa religion a probablement influé sur son choix des mots et pourquoi il a recouru à « cet exemple d’opinion complètement répréhensible » qui a un précédent historique.

Pendant la seconde guerre mondiale, les scientifiques Nazis avaient expérimenté la stérilisation de masse sur des prisonniers Juifs dans les camps de concentration.

“Je pense que c’est une très bonne chose que les gens soient sensible à l’égard de ce genre de propos, et je pense que c’est très bien que des personnes réagissent immédiatement pour qu’ils soient traités si elles pensent que les paroles qu’elles ont entendues sont antisémites », déclare Johnston. « Mais dans ce cas précis, c’es une mésinterprétation.»

Ironie du sort, Johnston voulait faire comprendre à ses étudiants que les idées ont des conséquences.

“Alors je suis assez choqué de voir que les conséquences – ce dont je parlais dans ma conférence – ont été que j’ai été perçu comme un exemple de [porteur de] préjugé. »

Grunfeld a déclaré mardi qu’elle a peut-être mal compris le contexte et l‘intention des propos de Johnston, mais que ce fait est sans importance.

“Les mots “Les Juifs devraient être stérilisés,” sont quand même sortis de sa bouche, donc, indépendamment du contexte, je continue à penser que c’est assez grave. »

Grunfeld a aussi fait part de son scepticisme quant au fait que Johnston est juif.

Questionnée directement par un journaliste pour savoir si elle croyait que Johnston était juif, elle est restée floue.

“Qu’il le soit ou pas, personne ne le saura,” a-t-elle dit.”… Peut-être a-t-il pensé que parce qu’il est juif il pouvait parler mal d’autres Juifs. »

Sheldon Goodman, co-président pour le grand Toronto du Centre for Israel and Jewish Affairs, qui parle au nom de la communauté juive organisée de la ville, a qualifié l’incident de “méprise malheureuse.”

“Cet événement nous rappelle de manière opportune qu’il faut être très prudent avant de conclure qu’une déclaration ou un acte est antisémite, » a-t-il dit.

Sionisme et antisémitisme, judaïsme et sionisme

29 juin 2010

Les sionistes ont deux points communs avec les antisémites: le premier est l’assimilation du sionisme au judaïsme. Ce qui sépare principalement sionistes et antisémites, c’est que ces derniers affublent le judaïsme et ses adhérents de toutes sortes d’autres turpitudes inscrites dans ce qu’ils considèrent comme la « race » juive. Cette conception du judaïsme comme autre chose qu’une religion est justement l’autre point commun entre sionistes et antisémites.
S’il est évident que le judaïsme entretient une relation avec le sionisme, il serait erroné de concevoir cette relation comme nécessaire et elle n’est qu’une des virtualités  à laquelle des circonstances politiques particulières, celles des 19ème et 20ème siècles européens, ont permis de prendre corps.
Ce caractère non nécessaire et contingent du lien entre judaïsme et sionisme est clairement démontré par le caractère récent de l’époque qui a vu naître et se développer le sionisme politique. Il est également démontré par le scepticisme voire la franche hostilité rencontrée initialement par le sionisme dans de nombreuses communautés juives. L’opposition juive au sionisme se manifeste dès les origines de ce mouvement politique à visée étatique, traduisant ainsi le sentiment de nombreux Juifs surtout en Occident, au point d’en freiner l’implantation.

Les choses ont certes changé, surtout grâce ou à cause de la seconde guerre mondiale et à la politique de l’Allemagne nazie envers les Juifs. Cependant l’opposition au sionisme reste encore présente dans le judaïsme. On a souvent parlé des Juifs ultra orthodoxes de Naturei Karta, mais cette organisation n’est pas la seule à affirmer une opposition au sionisme d’un point de vue religieux. C’est également le cas des Juifs de Satmar, d’autres ultra orthodoxes qui sont tout de même autre chose qu’un groupuscule marginal.

Le New York Times nous présente de son côté une autre mouvance juive antisioniste incarnée par l’American Council for Judaïsm. Une présentation qui donne l’occasion à ce journal de rappeler que l’opposition au sionisme était quelque chose de tout à fait commun dans les organisations juives d’Outre Atlantique, jusqu’aux années 1940 qui ont vu le sionisme l’emporter.

Si Samuel G. Freedman nous parle de ce Council tout à fait anecdotique sur le plan de ses effectifs d’adhérents, c’est simplement à titre de témoin d’une époque de l’histoire idéologique juive très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Et aussi, parce que comme le perçoivent les observateurs, si des Juifs ne se sont jamais intéressés vraiment à l’entité sioniste, les agressions commises par l’entité sioniste, dont la récente attaque contre la flottille pour Gaza, amènent de plus en plus de juifs aux USA à s’interroger voire à se détourner du sionisme. L’histoire ne se répète pas, dit-on, et si le Council for American Judaïsm n’a pas forcément un bel avenir en tant qu’organisation, tout ou partie des idées qu’il incarne sont de plus en plus d’actualité.

 
Des Juifs Américains qui rejettent le sionisme disent que les événements servent leur cause
par SAMUEL G. FREEDMAN, New York Times (USA) 25 juin 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un jour, il y a près de vingt ans, Stephen Naman se préparait à assister le rabbin de son temple du juif réformé à transférer la congrégation dans de nouveaux locaux. M. Naman n’avait qu’une seule requête: Le rabbin pouvait-il cesser de disposer le drapeau israélien sur l’autel?

 « Nous n’allons pas à la synagogue pour prier un drapeau, » se souvient avoir dit M. Naman, 63 ans, lors d’une récente interview par téléphone.
Ce rabbin avait accepté la requête. Donc, après avoir été muté six ou sept ans plus tard en Caroline du Nord et avoir rejoint un temple là-bas, M. Naman avait demandé au rabbin de retirer le drapeau israélien. Cette fois, la réaction fut plus prévisible.
« Le rabbin dit que ce serait terrible, » raconte M. Naman, un cadre en retraite d’une société de papeterie qui réside maintenant près de Jacksonville en Floride, « et qu’il serait gêné d’être le rabbin d’une telle congrégation. »

Aussi choquante que puisse paraître l’insistance de M. Naman à séparer Israël du judaïsme, elle correspond en réalité à une tendance cohérente à l’intérieur du débat juif. Qu’on l’appelle antisionisme ou non sionisme – tous ces termes sont contestés et chargés- la volonté de séparer l’Etat juif de l’identité juive a des racines séculaires.
 
Ces 68 dernières années, cette position a été la plate forme officielle de l’organisation dont M. Naman est le président, l’American Council for Judaïsm. Et si l’instauration de l’Etat d’Israël et sa centralité pour les Juifs Américains a marginalisé cette organisation des décennies durant, les vives critiques d’Israël qui se développent en ce moment chez nombre de Juifs Américains ont donné un caractère significatif, voire prophétique, à l’organisation de M. Naman.
 
Ce n’est pas que les adhésions affluent à l’American Council. La liste de diffusion électronique de l’organisation atteint à peine le millier de contacts, et son site web a reçu seulement 10 000 visiteurs uniques l’an dernier. Son budget n’est que de 55 000 dollars. Comme M. Naman l’admet, l’histoire d’opposition au sionisme de son organisation la rend « radio active » même pour des organisations juives américaines progressistes comme J Street et Peace Now.

Pourtant, les arguments que l’American Council for Judaïsm a soulevé avec constance contre le sionisme et Israël sont revenus au premier plan ces dix dernières années, avec l’effondrement du processus de paix d’Oslo, les guerres d’Israël au Liban et à Gaza et, plus récemment, l’attaque meurtrière contre une flottille qui tentait de briser le blocus naval sur le régime du Hamas. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec toutes les positions de l’American Council pour reconnaître que, pour une certaine faction [sic] des Juifs Américains, elles sont redevenues au goût du jour.

« Mon sentiment est qu’ils pensent que les événements démontrent qu’ils avaient toujours eu raison, » explique par téléphone Jonathan D. Sama, historien à l’université Brandeis et auteur d’un livre important, « American Judaïsm. » « Tout ce qu’ils avaient prophétisé- la double loyauté, la malfaisance du nationalisme – est devenu réalité.

« Je serais surpris si beaucoup de gens passaient à l’ACJ en tant qu’organisation à cause de sa réputation, » poursuit-il. « Mais il est certain que si l’holocauste a mis en avant les problèmes de la vie juive dans la diaspora, ces dernières années ont mis en lumière le fait que le sionisme n’est pas une panacée. »

M. Naman a grandi dans une famille du Texas profondément impliquée dans l’organisation et, en conséquence, a vécu toutes les évolutions du pendule politique.
 
« Nous étions ostracisés et calomniés, » dit-il. « Mais nous sentions alors, et nous sentons encore aujourd’hui, que nos positions sont crédibles. Elles ont été justifiées et confortées par ce qui s’est passé. »

Sur ce point, et c’est un euphémisme, il y a désaccord. Si les sionistes Américains qui s’opposent à l’occupation de la Cisjordanie sont flétris de critiques par la partie conservatrice de la communauté juive américaine, qui a tendu à dominer les principales organisations communautaires et de lobbying, les ennemis convaincus du sionisme de l’American Council suscitent la rage et l’indignation.
 
Cependant, le rejet de Sion remonte à la Torah elle même, avec son récit des Hébreux se rebellant contre Moïse pendant le trajet vers la terre Promise et réclamant de rentrer en Egypte. Avant la création du mouvement sioniste moderne par Théodore Herzl au début du 20ème siècle, l’injonction biblique au retour en Israël était généralement perçue dans un sens théologique plutôt que comme une instruction concrète.

Avant l’holocauste, la plupart des dirigeants juifs orthodoxes rejetaient le sionisme, affirmant que l’exil était une punition divine et qu’Israël ne pourrait être restaurée qu’avec l’évènement du messie. Le mouvement réformé soutenait que le judaïsme était une religion, pas une nationalité.
 
« Ce pays est notre Palestine, » déclarait un rabbin réformé à Charleston (Caroline du sud) en 1841, « cette ville est notre Jérusalem, cette maison de Dieu notre temple. » La plateforme de 1885 du mouvement réformé renvoyait le « retour en Palestine » au niveau d’e celui des reliques comme le sacrifice animal.
 
C’est seulement quand les dirigeants de la Réforme, à la veille de la seconde guerre mondiale, révisèrent leur position que la faction antisioniste fit scission, pour finalement former l’American Council for Judaïsm en 1942. Son discours était à la fois idéaliste et méprisant – une formation proposée en 1952 présentait le sionisme comme raciste, auto-ségrégé et anti-américain – et il fut une époque où l’American Council se flattait d’avoir des dirigeants comme Lessing J. Rosenwald, héritier de la fortune Sears, et 14 000 adhérents.

Si les guerres de 1967 et 1973 poussèrent le Council vers l’obsolescence, les guerres controversées d’Israël depuis l’an 2000 l’ont fait sortir de la tombe. On peut entendre des échos de ses positions chez Tony Judt, l’historien qui a lancé un appel à un Etat binational en Palestine; chez Tony Kushner, dont le scénario pour le film « Munich » présentait l’Amérique comme la véritable patrie d’un Israélien; chez Michael Chabon, dont le roman « The Yiddish Policeman’s Union » parodiait le sionisme; et dans le désengagement vis-à-vis d’Israël qui se fait jour chez une partie des jeunes Juifs non orthodoxes, tel Peter Beinart remarqué récemment pour un essai dans The New York Review of Books.

La vérité des chiffres, qui ne fait donc pas débat, est que seule une infime proportion des Juifs Américains a rejeté l’exil ici pour émigrer en Israël.
 
« Je pense que nous représentons une majorité silencieuse, » déclare Allan C. Brownfeld, membre de longue date du Council et rédacteur en chef de ses publications, Issues et Special Interest Report. « Nous sommes Américains par la nationalité et Juifs par la religion. Et si nous souhaitons le bien d’Israël, nous ne la voyons pas comme notre patrie. »

Hedy Epstein, ou le casse tête de l’holocauste

23 janvier 2010
Hedy Epstein n’est pas franchement sioniste. A cause de l’antisionisme de ses parents qu’elle n’a pas revus depuis que, à l’âge de 14 ans, elle a pu fuir l’Allemagne nazie dans une opération d’évacuation d’enfants Juifs, le kindertransport.
Elle est si peu sioniste qu’elle a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps par sa présence à la marche pour Gaza. Cette dame âgée aujourd’hui de 85 ans a pris cependant conscience assez tardivement de ce qui se jouait entre Palestiniens et sionistes. Sa détermination n’en est que plus forte, ce qui lui vaut pas mal d’inimitiés parmi ses coreligionnaires qui adhèrent au sionisme. Ainsi, en juin 2009 avait-elle été victime d’une agression physique près de son domicile par une petite frappe mandatée par les sionistes.
Hedy Epstein au Caire en décembre 2009

Aujourd’hui, Hedy Epstein est devenue définitivement insupportable pour les sionistes qui contestent sa qualité de survivante de l’holocauste.
D’où cet article assez savoureux sur la définition de ce qu’est un survivant de l’holocauste. Une tâche ardue car la notion d’holocauste [à la différence de la notion de génocide par exemple] n’est en rien une notion historique ou produite par les historiens ou même des juristes, c’est plutôt la pièce du credo d’une religion dans laquelle ne peuvent s’exprimer que ceux qui ont été dûment ordonnés. Le plus étonnant est que même les responsable du culte ont quelque mal à s’y retrouver, tel un certain professeur David Cesarini, historien spécialiste de l’holocauste qui conclut pour s’éviter une migraine que « Les deux termes, ‘holocauste’ et ‘survivant’ sont devenus cruellement imprécis. »
Notez bien que c’est lui qui le dit.

Querelle sur la définition de survivant de l’holocauste
par Leon Symons, Jewish Chronicle (UK)14 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une querelle a éclaté sur le signification de l’expressio survivant de l’holocauste depuis qu’une grand-mère âgée de 85 ans s’est présentée ainsi tout en critiquant les actions israéliennes contre les Palestiniens.
Née en Allemagne, Hedy Epstein a été attaquée par un haut responsable de la Fédération Sioniste qui ne lui reconnait que la qualité de réfugiée « brandie comme un trophée » pour participer à la calomnie contre Israël.

La querelle a éclaté pendant des échanges tendus dans un débat sur internet sur l’existence d’une définition exacte de ce terme par les historiens.
Jonathan Hoffman, vice président de la Fédération Sioniste, écrit dans son blog sur le site de la Jewish Chronicle: « Hedy Epstein est une réfigiée.’ Elle n’est pas une survivante.’ L’appeler survivante est une insulté pour les authentiques survivants et leurs familles. Hedy Epstein ne s’est jamais trouvée dans un camp, dans un ghetto ou dans une allée de la mort. »

Il reconnait que Mme Epstein est venue d’Allemagne en Angleterre avec le kindertransport le 18 mai 1939 et poursuit ainsi: « La définition d’un ‘survivant’ par Yad Vashem est une personne qui s’est troubée dans un camp, ou en Allemagne ou dans un pays occupé après le déclenchement de la guerre. Epstein ne répond pas à cette définition.

« Si elle – et les gens qui se servent d’elle – sont disposés à la qualiifier de ‘survivante’ pour donner du poids à leur mensonges sur Israël, il est alors parfaitement logique de relever qu’elle n’est pas une ‘survivante’ mais une ‘réfugiée.’ En utilisant son statut pour comme moyen pour calomnier Israël, elle – et ceux qui se servent d’elle – ont fait de son statut une question qui intéresse l’opinion publique. »

Cet article a attiré plus de 40 commentaires qui vont de ceux qui qualifient M. Hoffman de « révisionniste de l’holocauste » à ceux qui disent que la seule r aison pour attirer l’attention sur elle était le fait qu’elle prenait parti pour les Palestiniens et que tout ça « c’était de la politique. »

S »exprimant depuis son domicile dans le Missouri, Mme Epstein a déclaré n’avoir adopté ce terme qu’après avoir été présentée comme une survivante par un musée dédié à l’holocauste. L’United States Holocaust Museum de Washington lui avait aussi appliqué ce terme. « Pour commencer, ce n’est pas un terme par lequel je me présentais. Il est parfois gênant parce qu’il m’appose une étiquette et que je suis beaucoup d’autres choses, » dit-elle.

Elle a grandi dans le village de Kippenheim où on l’appelait « sale juive » et où on l’a renvoyée de l’école après l’accession au pouvoir de Hitler en 1933, alors qu’elle avait huit ans.

« Mon père avait été envoyé à Dachau avant qu’on m’envoie en Angleterre, j’avais quatorze ans. C’est la dernière fois que j’ai vu mes parents et eux ainsi que la plupart de mes proches ont été tués dans des camps en France et à Auschwitz. » Après l’Angleterre, elle est allée chez un oncle et une tante en Amérique.
Elle dit que sa position sur Israël s’enracinait dans l’antisionisme de ses parents. Mais elle y prêta peu d’attention jusqu’aux massacres de réfugiés Palestiniens par des miliciens Chrétiens Libanais dans les camps de Sabra et Chatila en 1982.

Elle s’est rendue cinq fois en Cisjordanie et se trouvait en Egypte la semaine dernière pour la marche pour la liberté de Gaza. Elle est allée en Israël pour visiter le Mémorial de l’Holocauste où le nom de ses parents est inscrit.

Elle reconnaît: « Mes opinions ont été influencées par ce que j’ai vu et vécu. J’ai su depuis ma tendre enfance à quoi ressemblaient la persécution et l’oppression. Certains survivants de l’holocauste sont en désaccord avec mes opinions, d’autres pas. »

Et elle souligne un autre paragraphe de défintion de Yad Vashem qui indique: « On peut aussi définir les survivants de la shoah comme des Juifs qui ont vécu n’importe quel laps de temps sous la domination nazie, directe ou indirecte, et y ont survécu… ainsi que des Juifs qui ont quitté l’Allemagne par la contrainte dans les années 1930, après l’accession au pouvoir des Nazis. Aucune définition historique n’est complètement saticfaisante. »

CE QUE DISENT LES SPECIALISTES

Les spécialistes ne sont d’accord que sur une chose: il n’ya pas de définition unique de qui est un survivant de l’holocauste.
Tout le monde s’accorde que cette c atégorie comprend ceux qui étaient dans des camps et ont été arrêtés dans l’Europe occupée par les Nazis entre 1933 et 1945. Mais certains adoptent une définition plus large.

La Claims Conference de New York par exemple, cite diverses classifications par le gouvernement allemand concernant ceux qui peuvent faire une réclamation dans le cadre de différents programmes et sont donc des survivants.
La position de Lord Janner, président de l’Holocaust Educational Trust, est sans équivoque: « Si Hedy Epstein était dans le kindertransport, elle est une survivante de l’holocauste. Ce qu’elle fait est peut-être répugnant et triste mais les enfants du kindertransport sont des survivants. »

Historien et spécialiste de l’holocauste, le professeur David Cesarini déclare: « Il n’y a pas une définition unique du survivant de l’holocauste. Il est techniquement plus correct de décrire ceux qui sont venus en Grande Bretagne en 1938-39 comme d’anciens réfugiés de la persécution nazie. Mais s’ils se perçoivent comme des survivants, je ne vois pas pourquoi ils ne devraient pas avoir le droit de se penser et de parler d’eux-mêmes en tant que tels. Les deux termes, ‘holocauste’ et ‘survivant’ sont devenus cruellement imprécis. »

Denis McShane, député et président de la commission d’enquête parlementaire sur l’antisémitisme, déclare: « Mon interprétation serait quelqu’un qui a été dans les camps de la mort ou les camps de prisonniers. »

La baronne Deech déclare: « Ma réponse première serait quelqu’un qui se trouvait dans les camps ou en Europe. Mais cette femme n’aurait jamais été dans le kindertransport et n’aurait pas eu à fuir si ce n’est à cause des Nazis, alors je dirais qu’elle est fondée à se présenter comme une survivante. »

Deborah Lipstadt, qui avait gagné un procès en diffamation intenté par le négateur de l’holocauste David Irving il y a dix ans, est d’accord: « C’est quelqu’un dont la vie a été gravement perturbée par l’holocauste ou qui a dû quitter l’Allemagne précipitamment. Dans son cas, cependant, ce statut a été pressé comme un citron. »

Marek Edelman: de l’antinazisme à l’antisionisme, l’exemplarité d’une vie

3 octobre 2009

Marek Edelman, un des commandants de l’insurrection du ghetto de Varsovie contre les occupants nazis, vient de décéder à l’âge de 90 ans.
Comme il est normal, vos journaux en rendent compte. C’est le cas du journal Le Monde où on peut lire ce qui suit:

Bien que la majorité des survivants juifs ait émigré en Israël, lui a décidé de rester en Pologne. « Il fallait bien que quelqu’un reste ici pour s’occuper de tous ceux qui y ont péri », répondait-il.

L’Associated Press quand à elle, nous signale que:

Vendredi, l’ancien ambassadeur d’Israël en Pologne Shevach Weiss a rendu hommage à Marek Edelman. « Il restera dans ma mémoire comme un héros combattant, un homme d’un grand courage », a-t-il dit. « Il n’a jamais cessé de lutter pour la liberté humaine et la liberté de la Pologne

Si le Nouvel Observateur fait dans une sobriété tout à fait inhabituelle s’agissant d’un survivant de la « shoah » , le Parisien Libéré quant à lui rappelle que:

Connu pour son franc-parler, au risque de choquer, Marek avait suscité l’indignation en Israël en 2002 en demandant aux organisations palestiniennes de cesser les attentats-suicide, faisant un parallèle entre leur combat et celui qu’il avait mené au sein du ghetto.

Vos journaux se gardent bien, en effet, de rappeler que Marek Edelman était un antisioniste notoire comme on peut le constater en lisant ce texte bien documenté paru sur InfoPalestine.
Et comment ne pas relever l’hypocrisie de l’ambassadeur sioniste en Pologne, lui dont le régime honnissait Marek Edelman ainsi qu’on peut s’en apercevoir en allant sur le site de l’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France qui reproduit un texte où on peut lire ceci:

Mais quand des Juifs, et surtout des Juifs héroïques comme Marek Edelman, s’expriment ouvertement contre le sionisme et, en particulier, s’ils dénoncent l’impérialisme israélien et défendent ses victimes, comment peuvent-ils être accusés d’être antisémites?

 C’est donc un antisémite qui vient de rendre l’âme. Et, qu’on s’en rassure ou s’en inquiète, le flambeau de cet antisémitisme là a de dignes héritiers.

>Sionisme appliqué. Leçon N°1: comment tuer un journal trop libre.

7 août 2009

>

Ce post traite aussi à sa manière de ce qui vient d’arriver au site web La banlieue s’exprime devenu inaccessible suite à des pressions sionistes sur l’hébergeur.
Aux Etats Unis, il existe des journaux gratuits, hebdomadaires, mensuels et peut-être quotidiens allez savoir.
La belle affaire, me direz-vous : en France aussi nous avons des journaux gratuits comme 20 minutes ou Métro par exemple.
Oui, mais le mot qui correspond à gratuit aux Etats Unis est le mot « free » qui veut dire aussi en anglais «libre.» C’est plus qu’une nuance.
Ces journaux n’ont rien de marginal et sont souvent ancrés dans une réalité locale, universitaire, citadine ou rurale. Ils représentent dans certains cas de véritables contrepoids, certes insuffisants, face aux poids lourds de la presse aux Etats Unis.

C’est un de ces journaux « free » qui me donne l’occasion de vous offrir une véritable leçon de sionisme appliqué, où comment tuer un journal parce qu’il ne se contente pas, au choix, de verser dans l’éloge de l’entité sioniste ou de se contenter de parler des chiens écrasés ou de proposer des recettes de cuisine.
La méthode est exposée dans le détail ; elle ne s’embarrasse pas de considérations juridiques sur la liberté d’expression, elle essaye seulement de ne pas rater et de tuer coup sûr.
Elle exige du praticien du culot et un entregent non négligeable car, comme on le comprend en lisant attentivement, ce n’est pas seulement le média condamné par les sionistes qui est visé mais également ceux qui ont des relations avec lui, annonceurs ou points de distribution.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase sioniste a été la publication d’un article d’Israël Shamir, l’ex militaire sioniste devenu un antisioniste virulent. Certes Shamir tend à verser dans l’imagerie antisémite mais il le fait justement parce qu’il est d’origine juive (je crois qu’il a abandonné le judaïsme pour aller vers le christianisme orthodoxe).
La façon qu’a Shamir de parler des juifs m’a rappelé un souvenir de lycée. En terminale, j’avais lu plusieurs ouvrages de Karl Marx et j’avais été frappé par le mépris fréquent que manifestait Karl Marx envers l’esprit allemand. J’avais donc entrepris d’interroger mon professeur de philosophie à ce sujet et voici quelle fut sa réponse (bénie soit votre sagesse Patrick V., je vous dois beaucoup) : «Sûrement parce que c’est le peuple qu’il connaît le mieux.»
Je pense que c’est ainsi que s’explique en partie (il y aussi des causes purement politiques) la hargne de Shamir envers les Juifs, simplement parce que c’est le groupe religieux ou national (les Ashkénazes) qu’il connaît le mieux pour en faire ou en avoir fait partie.

Vous me direz : on a la même chose en France avec ce qui vient de se passer avec le site La banlieue s’exprime animé par Ahmed Moualek.
J’en conviens tout à fait, sauf que dans l’affaire La banlieue s’exprime qui est un site qui ne dépend pas de recettes publicitaires, la pression sioniste a tapé d’une manière qui serait impossible aux Etats Unis sauf à être frappé par le Patriot Act.

Le lobby sioniste a donc une longueur d’avance en France par rapport aux USA.

Un traitement pro-palestinien de l’information met le Post au fond du trou
Par Lander Burr, Point Reyes Light (USA) 30 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

En mai 2008, le Coastal Post, un mensuel gratuit de Bolinas, avait publié un article qui qualifiait les Juifs exerçant dans les médiats «d’exécuteurs volontaires de nos libertés.» L’article intitulé Carter et le nid de guêpes – le défi à la colère du lobby juif, avait causé un tollé. Don Deane, le directeur de la publication du Coastal Post avait été traité d’antisémite et le journal avait perdu 30 annonceurs après que des tracts et des campagnes de lettres avaient incité au boycott du journal. La controverse a soulevé des questions sur ce que signifie être antisémite et comment répondre à des contenus déplaisants. Dans son combat pour continuer à paraître, Dean a sollicité l’aide de l’organisme à but non lucratif Project Censored pour savoir si le Coastal Post figurait parmi un ensemble plus vaste de publications menacées pour leur couverture du conflit israélo-palestinien.
Accroître la couverture informative
En 2006, Deane avait décidé de combattre ce qu’il voyait comme un biais pro-israélien dans la couverture médiatique de le crise du Moyen-Orient.« Il est certain que le journal a traité ce dossier assez régulièrement depuis deux ou trois ans, » déclare Deane, 66 ans, un ancien de la protection judiciaire de la jeunesse qui possède le Smiley’s Saloon à Bolinas. Et si une tendance a contribué au ton des articles, ce serait celle qui consiste à avoir de la sympathie pour les civils et contre les violations des droits de l’homme qui ont été perpétrés par les autorités israéliennes.»
Cette évolution a incité certains lecteurs à se plaindre que les articles du journal étaient radicalement pro-palestiniens et même antisémites. Des exemplaires du Coastal Post avaient été volés sur les présentoirs et des courriers expédiés aux annonceurs pour les prier instamment de cesser leurs relations commerciales avec la publication.
Même si Deane signale que seulement 10 % des articles et éditoriaux du Coastal Post se rapportent à la politique proche-orientale, certains lecteurs trouvent cette couverture excessive.
«C’est un bourdonnement persistant à l’oreille,» explique Suzan Berns, directrice régionale pour North Bay du Jewish Community Relations Council. « C’est comme si il y avait une insistance exagérée sur Israël dans un journal local.»
Carter et le nid de guêpes
En mai 2008, Deane avait publié Carter and the Swarm. L’article, rédigé par Israel Shamir, né en Sibérie, qui condamnait la critique par les Juifs du livre de Jimmy Carter paru en 2006 qui soutenait que le contrôle israélien sur la Palestine faisait obstacle à un accord de paix.
Des lecteurs avaient été outrés par ce texte qui, à un moment, compare les Juifs à des moustiques suceurs de sang qui s’attaquent à carter.
Jonathan Bernstein, directeur régional de l’Anti Defamation League, considère que Shamir s’est discrédité lui-même en faisant référence à des stéréotypes sur les Juifs comme l’obsession pour l’argent, l’égoïsme et un contrôle excessif sur le gouvernement.
« En le lisant superficiellement, on pourrait prétendre que Shamir tente d’affirmer que des Juifs «très puissants» essaient de faire taire quiconque est en désaccord avec eux au sujet d’Israël, » avait écrit Bernstein dans une lettre à Deane. «Même si c’était ce qu’il voulait dire, nous ne comprenons pas pourquoi il recourt à des images et à des mensonges nocifs sur le peuple juif. En conséquence, nous avons lieu de nous demander si la promotion de ce genre de stéréotypes et l’encouragement à l’hostilité [bigotry] envers les Juifs n’est pas son objectif.»
Les retombées
Après l’édition de mai, les vols d’exemplaires du journal se sont intensifiés. Craig Slater, le distributeur du Coastal Post, indique que des lots ont été dérobés dans environ 20 emplacements. Des milliers d’exemplaires ont disparu rien que dans un magasin d’alimentation à Fairfax.
En juillet 2008, le Dr Michael Frauzblau, un habitant de West marin, s’était rendu devant le conseil municipal de San Rafael et avait plaidé en vain le retrait du Coastal Times de l’Hôtel de ville. Frautzblau qualifiait la ligne éditoriale du journal d’antisioniste et d’antisémite.
Dans le N° du Coastal Post de novembre 2008, le Dr Edward W. Miller, un chroniqueur qui écrit régulièrement sue le conflit israélo-palestinien, avait évoqué les malheurs du journal. Le Coastal Post a perdu un tiers de ses annonceurs et de 10 à 12 de ses points de distribution suite à des appels et à des courriers de personnes écrivant aux annonceurs pour qu’ils cessent de placer des annonces publicitaires. Whole Foods à Mill Valley a retiré le numéro de mai en raison de protestations de consommateurs. Un des portes parole de l’entreprise a indiqué qu’actuellement qu’elle ne proposait plus le Coastal Post.
La montée des pertes publicitaires a provoqué une crise financière fin 2008. Dans une année typique, les dépenses du journal s’élevaient à environ 20 000 dollars. Deane estime que le journal a perdu au moins 14 000 dollars en revenus publicitaires.
«Perdre la publicité nous a vraiment mis au fond du trou, » dit-il.En réaction aux énormes difficultés du Coastal Post, des habitants du secteur ont organisé une campagne de lettres pour «Sauver le Coastal Post.» L’organisation de campagne comprend des membres de la Marine Peace and Justice Coalition, quatorze membres de Friends of Palestine et l’American Civil Liberties Union. La lettre inclut un formulaire de souscription et invite les gens à placer des annonces dans le journal et à trouver de nouveaux points de distribution.»
Même si la campagne de souscription a bien marché, Deane a été contraint de réduire ses coûts. Il n’envoie plus de numéros dans les boîtes à lettres de Bolinas. Les libraires de Bolinas et Stinson Beach ou Point Reyes Station disent ne plus recevoir le journal. Dean a essayé de s’adapter aux incertitudes financières du journal et accepte de ne l’imprimer que quand il a suffisamment d’argent. Jusqu’ici, le journal a continué à paraître chaque mois.
Antisémitisme
Dean comme le Coastal Post ont été déclarés antisionistes et antisémites à la fois, ce qui soulève des questions sur la différence entre ces termes et sur le fait de savoir si le journal et son éditeur méritent l’une et l’autre étiquettes.
«Je pense que ce qui peut intéresser les gens, c’est de savoir quand quelqu’un a franchi la limite entre la critique légitime d’Israël et la promotion de l’antisémitisme, » explique Bernstein.
Bernstein constate que les progressistes hésitent souvent à séparer l’antisionisme de l’antisémitisme. «Dans la zone de la baie (Bay Area), de nombreux leaders progressistes ne sont pas assez prompts à donner de la voix contre l’antisémitisme quand ils l’observent, » dit-il. «Ils ont peur qu’on les voie comme soutenant Israël. Ce qui leur a interdit d’être des leaders progressistes responsables.»
« L’antisémitisme n’a absolument rien à voir avec la critique d’Israël, même les critiques d’Israël les plus virulentes,» affirme Joel Beinin, professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Stanford. « l’antisémitisme est hostile aux Juifs en tant que peuple. C’est une condamnation générale [des Juifs] ».
En février 2009, Deane avait écrit des excuses pour le texte de Shamir, admettant que le texte ne faisait pas la distinction entre Juifs et sionistes.»
«L’argumentation politique et sa terminologie étaient embrouillées, peu claires et, par moment, choquantes pour les lecteurs,» écrivait-il. « Ces gens [ceux qui ont lancé une campagne contre le journal]ne voyaient pas un plaidoyer pour Carter – qu’on l’aime ou pas – ils ont été irrités par les connotations qu’ils considéraient empreintes de préjugés et de mauvais aloi. De cela, je m’excuse sincèrement.»
Mais Bernstein pense que les excuses étaient à côté de la plaque ; «Ca sonne assez comme une échappatoire,» dit-il. «Il s’excuse auprès des gens qui ont été offensés ; il ne s’excuse pas pour le caractère offensant du texte.»
Tactique
Les problèmes du Coastal Post ont continué en 2009. Depuis le début de l’année, Gerardo Joffe a écrit cinq lettres demandant instamment à des commerces de cesser de placer des encarts publicitaires dans le journal. Joffe est le fondateur de Facts and Logic About the Middle East (FLAME), qui publie des points de vue pro-israéliens par voie publicitaire et des lettres aux annonceurs dans tout le pays.
Joffe explique que ses lettres reflètent ses opinions personnelles mais reconnaît que, à cause de sa position dans FLAME, les lettres ont été écrites au nom de son organisation. Au moins une de ces lettres comportait un formulaire d’annulation à envoyer au Coastal Times.
«Il est difficile de comprendre pourquoi vous, qui nous l’espérons n’êtes pas imbibé du poison de l’antisémitisme, voudriez continuer à soutenir ce genre de journal,» écrivait Joffe dans une des lettres. Vos clients actuels ou potentiels vous identifieront inévitablement avec les points de vue malsains de Deane.»
A peu près au même moment où les lettres de Joffe étaient envoyées, quelqu’un a commencé à coller des tracts sur les présentoirs du Coastal Post et à les afficher dans les commerces locaux. Les tracts pressaient les habitants de Marin de ne pas acheter le journal et comportaient des extraits de ce qui était jugé comme un discours raciste.»
Joffe n’a jamais envoyé de courrier directement au Coastal Post. « Je pensais qu’écrire à Deane aurait été inutile. D’après ce qu’il écrit, il semble camper sur ses préjugés, ses biais et ses croyances, » déclare Joffe. «Je ne serais pas capable de le faire changer de positions.»
Mais Deane maintient qu’il publie des façons de voir divergentes.
«Nous sommes heureux de présenter une variété de points de vue,» déclare Deane.
Un échantillonnage d’articles, de chroniques et de lettres à la rédaction dans 10 numéros du Coastal Post parus entre 2007 et 2009 montre que la majorité des articles étaient critiques envers la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, mais les lettres à la rédaction étaient majoritairement favorables à Israël.
Au total, 39 articles traitaient du conflit israélo-palestinien dont le tiers étaient favorables à la politique israélienne tandis que 2/3 critiquaient l’action de ce pays envers les Palestiniens. Dans le courrier des lecteurs, le résultat était inverse : près des 2/3 des 19 lettres étaient pro-israéliennes tandis que seulement le tiers condamnait les méthodes israéliennes.
Allen Barnett, membre fondateur de la Marine Peace and Justice Coalition avait envoyé une lettre à Deane pour critiquer des articles qui flirtaient avec l’antisémitisme. Les lettres de Barnett furent publiées.
Bernstein indique que l’Anti-Defamation League ne soutient pas les boycotts.
«De manière générale, l’ADL est opposée aux boycotts, » explique Bernstein. « Notre approche consiste d’abord à engager un dialogue avec les gens et d’expliquer pourquoi ce qu’ils font peut être porteur de haine ou de divisions et nous les encourageons à débattre et à dialoguer mais d’une manière qui est constructive et unificatrice.»
Ann Brick, juriste pour l’American Civil Liberties Union (ACLU) de Californie du Nord déclare que Dean avait le droit constitutionnel [First Amendment Right] de publier des articles et que des gens comme Joffe avaient le même droit d’appeler des annonceurs au boycott. Mais elle précise que l’ACLU soutenait la libre échange des idées. «C’est une question délicate, une zone compliquée en termes d’opinion sur la liberté de parole,» dit-elle. «L’intérêt de la liberté d’expression est probablement mieux servi en faisant en sorte que les deux points de vue soient entendus ou lus, plutôt que par des tentatives pour faire taire une des parties au débat. Plus d’expressions est toujours mieux que moins d’expressions.»
Tendances
The Berkeley Daily Planet, un hebdomadaire gratuit, a récemment vécu des campagnes de boycott similaires à celle du Coastal Post.

« Quelques individus d’East Bay menacent de ruiner le Berkeley Daily Planet à moins qu’il cesse de publier des critiques de la politiques israélienne et des campagnes d’opinion et des idées qu’ils taxent d’antisémites, » écrivait en juin le journaliste Richard Brenneman dans un article.
Les annonceurs du Daily Planet avaient reçu plusieurs lettres d’un homme nommé John Sinkinson, un dirigeant de FLAME. Joffe affirme que les lettres n’étaient en aucune manière coordonnées.

«La capacité des boycotts organisés à détruire des journaux n’a jamais été aussi forte dans l’histoire, » explique Brenneman. «On se demande combien de journaux rejettent automatiquement tout ce qui peut être considéré comme critique.»Le Daily Planet avait effectué sa propre étude du courrier des lecteurs, des chroniques et des commentaires pour jauger l’importance et la tendance da sa couverture du conflit israélo-palestinien.

Sur 36 numéros parus entre le 2 juin 2006 et le 7 mai 2009, l’étude a constaté que sur un total de 869 lettres, 49 portaient sur Israël. Parmi ces dernières, 34 étaient critiques envers Israël tandis que 15 étaient favorables au gouvernement israélien.
Deane a récemment contacté le professeur Peter Phillips de l’université d’Etat de Sonoma et directeur de Project Censored. Ce projet promeut la liberté d’expression dans les médiats et a conduit plusieurs études de partialité. Deane voudrait que Phillips étudie s’il existe une plus largement tendance à s’attaquer aux journaux parce qu’ils critiquent Israël.
«Il est possible que nous nous penchions là dessus,» déclare Phillips. Mon point de vue est que toute interférence avec la libre circulation de l’information dans la société est une censure. »

Dean explique que la controverse autour du Coastal Post a été intéressante pour lui. « Je n’en reviens pas que moi-même et le journal ayons été accusés en termes de racisme et de préjugés,» dit-il. «Si vous allez au delà de la réaction personnelle que vous pouvez avoir devant quelque chose qui est nébuleux et difficile à distinguer clairement, et que vous commencez à considérer les implications plus larges du 1er amendement et du droit que les gens ont de lire ou d’écrire, ça devient plus important. S’il est question d’un seul journal, c’est une anomalie. Si c’est deux ou plus, alors c’est quelque chose qui doit nous inquiéter.»

Sionisme appliqué. Leçon N°1: comment tuer un journal trop libre.

7 août 2009
Ce post traite aussi à sa manière de ce qui vient d’arriver au site web La banlieue s’exprime devenu inaccessible suite à des pressions sionistes sur l’hébergeur.
Aux Etats Unis, il existe des journaux gratuits, hebdomadaires, mensuels et peut-être quotidiens allez savoir.
La belle affaire, me direz-vous : en France aussi nous avons des journaux gratuits comme 20 minutes ou Métro par exemple.
Oui, mais le mot qui correspond à gratuit aux Etats Unis est le mot « free » qui veut dire aussi en anglais «libre.» C’est plus qu’une nuance.
Ces journaux n’ont rien de marginal et sont souvent ancrés dans une réalité locale, universitaire, citadine ou rurale. Ils représentent dans certains cas de véritables contrepoids, certes insuffisants, face aux poids lourds de la presse aux Etats Unis.

C’est un de ces journaux « free » qui me donne l’occasion de vous offrir une véritable leçon de sionisme appliqué, où comment tuer un journal parce qu’il ne se contente pas, au choix, de verser dans l’éloge de l’entité sioniste ou de se contenter de parler des chiens écrasés ou de proposer des recettes de cuisine.
La méthode est exposée dans le détail ; elle ne s’embarrasse pas de considérations juridiques sur la liberté d’expression, elle essaye seulement de ne pas rater et de tuer coup sûr.
Elle exige du praticien du culot et un entregent non négligeable car, comme on le comprend en lisant attentivement, ce n’est pas seulement le média condamné par les sionistes qui est visé mais également ceux qui ont des relations avec lui, annonceurs ou points de distribution.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase sioniste a été la publication d’un article d’Israël Shamir, l’ex militaire sioniste devenu un antisioniste virulent. Certes Shamir tend à verser dans l’imagerie antisémite mais il le fait justement parce qu’il est d’origine juive (je crois qu’il a abandonné le judaïsme pour aller vers le christianisme orthodoxe).
La façon qu’a Shamir de parler des juifs m’a rappelé un souvenir de lycée. En terminale, j’avais lu plusieurs ouvrages de Karl Marx et j’avais été frappé par le mépris fréquent que manifestait Karl Marx envers l’esprit allemand. J’avais donc entrepris d’interroger mon professeur de philosophie à ce sujet et voici quelle fut sa réponse (bénie soit votre sagesse Patrick V., je vous dois beaucoup) : «Sûrement parce que c’est le peuple qu’il connaît le mieux.»
Je pense que c’est ainsi que s’explique en partie (il y aussi des causes purement politiques) la hargne de Shamir envers les Juifs, simplement parce que c’est le groupe religieux ou national (les Ashkénazes) qu’il connaît le mieux pour en faire ou en avoir fait partie.

Vous me direz : on a la même chose en France avec ce qui vient de se passer avec le site La banlieue s’exprime animé par Ahmed Moualek.
J’en conviens tout à fait, sauf que dans l’affaire La banlieue s’exprime qui est un site qui ne dépend pas de recettes publicitaires, la pression sioniste a tapé d’une manière qui serait impossible aux Etats Unis sauf à être frappé par le Patriot Act.

Le lobby sioniste a donc une longueur d’avance en France par rapport aux USA.

Un traitement pro-palestinien de l’information met le Post au fond du trou
Par Lander Burr, Point Reyes Light (USA) 30 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

En mai 2008, le Coastal Post, un mensuel gratuit de Bolinas, avait publié un article qui qualifiait les Juifs exerçant dans les médiats «d’exécuteurs volontaires de nos libertés.» L’article intitulé Carter et le nid de guêpes – le défi à la colère du lobby juif, avait causé un tollé. Don Deane, le directeur de la publication du Coastal Post avait été traité d’antisémite et le journal avait perdu 30 annonceurs après que des tracts et des campagnes de lettres avaient incité au boycott du journal. La controverse a soulevé des questions sur ce que signifie être antisémite et comment répondre à des contenus déplaisants. Dans son combat pour continuer à paraître, Dean a sollicité l’aide de l’organisme à but non lucratif Project Censored pour savoir si le Coastal Post figurait parmi un ensemble plus vaste de publications menacées pour leur couverture du conflit israélo-palestinien.
Accroître la couverture informative
En 2006, Deane avait décidé de combattre ce qu’il voyait comme un biais pro-israélien dans la couverture médiatique de le crise du Moyen-Orient.« Il est certain que le journal a traité ce dossier assez régulièrement depuis deux ou trois ans, » déclare Deane, 66 ans, un ancien de la protection judiciaire de la jeunesse qui possède le Smiley’s Saloon à Bolinas. Et si une tendance a contribué au ton des articles, ce serait celle qui consiste à avoir de la sympathie pour les civils et contre les violations des droits de l’homme qui ont été perpétrés par les autorités israéliennes.»
Cette évolution a incité certains lecteurs à se plaindre que les articles du journal étaient radicalement pro-palestiniens et même antisémites. Des exemplaires du Coastal Post avaient été volés sur les présentoirs et des courriers expédiés aux annonceurs pour les prier instamment de cesser leurs relations commerciales avec la publication.
Même si Deane signale que seulement 10 % des articles et éditoriaux du Coastal Post se rapportent à la politique proche-orientale, certains lecteurs trouvent cette couverture excessive.
«C’est un bourdonnement persistant à l’oreille,» explique Suzan Berns, directrice régionale pour North Bay du Jewish Community Relations Council. « C’est comme si il y avait une insistance exagérée sur Israël dans un journal local.»
Carter et le nid de guêpes
En mai 2008, Deane avait publié Carter and the Swarm. L’article, rédigé par Israel Shamir, né en Sibérie, qui condamnait la critique par les Juifs du livre de Jimmy Carter paru en 2006 qui soutenait que le contrôle israélien sur la Palestine faisait obstacle à un accord de paix.
Des lecteurs avaient été outrés par ce texte qui, à un moment, compare les Juifs à des moustiques suceurs de sang qui s’attaquent à carter.
Jonathan Bernstein, directeur régional de l’Anti Defamation League, considère que Shamir s’est discrédité lui-même en faisant référence à des stéréotypes sur les Juifs comme l’obsession pour l’argent, l’égoïsme et un contrôle excessif sur le gouvernement.
« En le lisant superficiellement, on pourrait prétendre que Shamir tente d’affirmer que des Juifs «très puissants» essaient de faire taire quiconque est en désaccord avec eux au sujet d’Israël, » avait écrit Bernstein dans une lettre à Deane. «Même si c’était ce qu’il voulait dire, nous ne comprenons pas pourquoi il recourt à des images et à des mensonges nocifs sur le peuple juif. En conséquence, nous avons lieu de nous demander si la promotion de ce genre de stéréotypes et l’encouragement à l’hostilité [bigotry] envers les Juifs n’est pas son objectif.»
Les retombées
Après l’édition de mai, les vols d’exemplaires du journal se sont intensifiés. Craig Slater, le distributeur du Coastal Post, indique que des lots ont été dérobés dans environ 20 emplacements. Des milliers d’exemplaires ont disparu rien que dans un magasin d’alimentation à Fairfax.
En juillet 2008, le Dr Michael Frauzblau, un habitant de West marin, s’était rendu devant le conseil municipal de San Rafael et avait plaidé en vain le retrait du Coastal Times de l’Hôtel de ville. Frautzblau qualifiait la ligne éditoriale du journal d’antisioniste et d’antisémite.
Dans le N° du Coastal Post de novembre 2008, le Dr Edward W. Miller, un chroniqueur qui écrit régulièrement sue le conflit israélo-palestinien, avait évoqué les malheurs du journal. Le Coastal Post a perdu un tiers de ses annonceurs et de 10 à 12 de ses points de distribution suite à des appels et à des courriers de personnes écrivant aux annonceurs pour qu’ils cessent de placer des annonces publicitaires. Whole Foods à Mill Valley a retiré le numéro de mai en raison de protestations de consommateurs. Un des portes parole de l’entreprise a indiqué qu’actuellement qu’elle ne proposait plus le Coastal Post.
La montée des pertes publicitaires a provoqué une crise financière fin 2008. Dans une année typique, les dépenses du journal s’élevaient à environ 20 000 dollars. Deane estime que le journal a perdu au moins 14 000 dollars en revenus publicitaires.
«Perdre la publicité nous a vraiment mis au fond du trou, » dit-il.En réaction aux énormes difficultés du Coastal Post, des habitants du secteur ont organisé une campagne de lettres pour «Sauver le Coastal Post.» L’organisation de campagne comprend des membres de la Marine Peace and Justice Coalition, quatorze membres de Friends of Palestine et l’American Civil Liberties Union. La lettre inclut un formulaire de souscription et invite les gens à placer des annonces dans le journal et à trouver de nouveaux points de distribution.»
Même si la campagne de souscription a bien marché, Deane a été contraint de réduire ses coûts. Il n’envoie plus de numéros dans les boîtes à lettres de Bolinas. Les libraires de Bolinas et Stinson Beach ou Point Reyes Station disent ne plus recevoir le journal. Dean a essayé de s’adapter aux incertitudes financières du journal et accepte de ne l’imprimer que quand il a suffisamment d’argent. Jusqu’ici, le journal a continué à paraître chaque mois.
Antisémitisme
Dean comme le Coastal Post ont été déclarés antisionistes et antisémites à la fois, ce qui soulève des questions sur la différence entre ces termes et sur le fait de savoir si le journal et son éditeur méritent l’une et l’autre étiquettes.
«Je pense que ce qui peut intéresser les gens, c’est de savoir quand quelqu’un a franchi la limite entre la critique légitime d’Israël et la promotion de l’antisémitisme, » explique Bernstein.
Bernstein constate que les progressistes hésitent souvent à séparer l’antisionisme de l’antisémitisme. «Dans la zone de la baie (Bay Area), de nombreux leaders progressistes ne sont pas assez prompts à donner de la voix contre l’antisémitisme quand ils l’observent, » dit-il. «Ils ont peur qu’on les voie comme soutenant Israël. Ce qui leur a interdit d’être des leaders progressistes responsables.»
« L’antisémitisme n’a absolument rien à voir avec la critique d’Israël, même les critiques d’Israël les plus virulentes,» affirme Joel Beinin, professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Stanford. « l’antisémitisme est hostile aux Juifs en tant que peuple. C’est une condamnation générale [des Juifs] ».
En février 2009, Deane avait écrit des excuses pour le texte de Shamir, admettant que le texte ne faisait pas la distinction entre Juifs et sionistes.»
«L’argumentation politique et sa terminologie étaient embrouillées, peu claires et, par moment, choquantes pour les lecteurs,» écrivait-il. « Ces gens [ceux qui ont lancé une campagne contre le journal]ne voyaient pas un plaidoyer pour Carter – qu’on l’aime ou pas – ils ont été irrités par les connotations qu’ils considéraient empreintes de préjugés et de mauvais aloi. De cela, je m’excuse sincèrement.»
Mais Bernstein pense que les excuses étaient à côté de la plaque ; «Ca sonne assez comme une échappatoire,» dit-il. «Il s’excuse auprès des gens qui ont été offensés ; il ne s’excuse pas pour le caractère offensant du texte.»
Tactique
Les problèmes du Coastal Post ont continué en 2009. Depuis le début de l’année, Gerardo Joffe a écrit cinq lettres demandant instamment à des commerces de cesser de placer des encarts publicitaires dans le journal. Joffe est le fondateur de Facts and Logic About the Middle East (FLAME), qui publie des points de vue pro-israéliens par voie publicitaire et des lettres aux annonceurs dans tout le pays.
Joffe explique que ses lettres reflètent ses opinions personnelles mais reconnaît que, à cause de sa position dans FLAME, les lettres ont été écrites au nom de son organisation. Au moins une de ces lettres comportait un formulaire d’annulation à envoyer au Coastal Times.
«Il est difficile de comprendre pourquoi vous, qui nous l’espérons n’êtes pas imbibé du poison de l’antisémitisme, voudriez continuer à soutenir ce genre de journal,» écrivait Joffe dans une des lettres. Vos clients actuels ou potentiels vous identifieront inévitablement avec les points de vue malsains de Deane.»
A peu près au même moment où les lettres de Joffe étaient envoyées, quelqu’un a commencé à coller des tracts sur les présentoirs du Coastal Post et à les afficher dans les commerces locaux. Les tracts pressaient les habitants de Marin de ne pas acheter le journal et comportaient des extraits de ce qui était jugé comme un discours raciste.»
Joffe n’a jamais envoyé de courrier directement au Coastal Post. « Je pensais qu’écrire à Deane aurait été inutile. D’après ce qu’il écrit, il semble camper sur ses préjugés, ses biais et ses croyances, » déclare Joffe. «Je ne serais pas capable de le faire changer de positions.»
Mais Deane maintient qu’il publie des façons de voir divergentes.
«Nous sommes heureux de présenter une variété de points de vue,» déclare Deane.
Un échantillonnage d’articles, de chroniques et de lettres à la rédaction dans 10 numéros du Coastal Post parus entre 2007 et 2009 montre que la majorité des articles étaient critiques envers la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, mais les lettres à la rédaction étaient majoritairement favorables à Israël.
Au total, 39 articles traitaient du conflit israélo-palestinien dont le tiers étaient favorables à la politique israélienne tandis que 2/3 critiquaient l’action de ce pays envers les Palestiniens. Dans le courrier des lecteurs, le résultat était inverse : près des 2/3 des 19 lettres étaient pro-israéliennes tandis que seulement le tiers condamnait les méthodes israéliennes.
Allen Barnett, membre fondateur de la Marine Peace and Justice Coalition avait envoyé une lettre à Deane pour critiquer des articles qui flirtaient avec l’antisémitisme. Les lettres de Barnett furent publiées.
Bernstein indique que l’Anti-Defamation League ne soutient pas les boycotts.
«De manière générale, l’ADL est opposée aux boycotts, » explique Bernstein. « Notre approche consiste d’abord à engager un dialogue avec les gens et d’expliquer pourquoi ce qu’ils font peut être porteur de haine ou de divisions et nous les encourageons à débattre et à dialoguer mais d’une manière qui est constructive et unificatrice.»
Ann Brick, juriste pour l’American Civil Liberties Union (ACLU) de Californie du Nord déclare que Dean avait le droit constitutionnel [First Amendment Right] de publier des articles et que des gens comme Joffe avaient le même droit d’appeler des annonceurs au boycott. Mais elle précise que l’ACLU soutenait la libre échange des idées. «C’est une question délicate, une zone compliquée en termes d’opinion sur la liberté de parole,» dit-elle. «L’intérêt de la liberté d’expression est probablement mieux servi en faisant en sorte que les deux points de vue soient entendus ou lus, plutôt que par des tentatives pour faire taire une des parties au débat. Plus d’expressions est toujours mieux que moins d’expressions.»
Tendances
The Berkeley Daily Planet, un hebdomadaire gratuit, a récemment vécu des campagnes de boycott similaires à celle du Coastal Post.

« Quelques individus d’East Bay menacent de ruiner le Berkeley Daily Planet à moins qu’il cesse de publier des critiques de la politiques israélienne et des campagnes d’opinion et des idées qu’ils taxent d’antisémites, » écrivait en juin le journaliste Richard Brenneman dans un article.
Les annonceurs du Daily Planet avaient reçu plusieurs lettres d’un homme nommé John Sinkinson, un dirigeant de FLAME. Joffe affirme que les lettres n’étaient en aucune manière coordonnées.

«La capacité des boycotts organisés à détruire des journaux n’a jamais été aussi forte dans l’histoire, » explique Brenneman. «On se demande combien de journaux rejettent automatiquement tout ce qui peut être considéré comme critique.»Le Daily Planet avait effectué sa propre étude du courrier des lecteurs, des chroniques et des commentaires pour jauger l’importance et la tendance da sa couverture du conflit israélo-palestinien.

Sur 36 numéros parus entre le 2 juin 2006 et le 7 mai 2009, l’étude a constaté que sur un total de 869 lettres, 49 portaient sur Israël. Parmi ces dernières, 34 étaient critiques envers Israël tandis que 15 étaient favorables au gouvernement israélien.
Deane a récemment contacté le professeur Peter Phillips de l’université d’Etat de Sonoma et directeur de Project Censored. Ce projet promeut la liberté d’expression dans les médiats et a conduit plusieurs études de partialité. Deane voudrait que Phillips étudie s’il existe une plus largement tendance à s’attaquer aux journaux parce qu’ils critiquent Israël.
«Il est possible que nous nous penchions là dessus,» déclare Phillips. Mon point de vue est que toute interférence avec la libre circulation de l’information dans la société est une censure. »

Dean explique que la controverse autour du Coastal Post a été intéressante pour lui. « Je n’en reviens pas que moi-même et le journal ayons été accusés en termes de racisme et de préjugés,» dit-il. «Si vous allez au delà de la réaction personnelle que vous pouvez avoir devant quelque chose qui est nébuleux et difficile à distinguer clairement, et que vous commencez à considérer les implications plus larges du 1er amendement et du droit que les gens ont de lire ou d’écrire, ça devient plus important. S’il est question d’un seul journal, c’est une anomalie. Si c’est deux ou plus, alors c’est quelque chose qui doit nous inquiéter.»

Une affaire Bruno Guigue en Allemagne?

9 avril 2008
Une affaire Bruno Guigue en Allemagne ? Comme dans l’affaire française, nous avons un fonctionnaire d’Etat aux prises avec des groupements qui exigent sa révocation au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Comme en France, on reproche à ce fonctionnaire des positions qu’il présente dans des articles et des livres indépendamment de son emploi dans le service public. Comme Bruno Guigue, le fonctionnaire en question appartient au ministère de l’intérieur de son pays!
L’affaire est toutefois plus transparente qu’en France car ceux qui montrent du doigt ne le font pas anonymement, il s’agit d’organisations juives allemandes et de la puissante
Anti-Defamation League américaine. L’intervention de cette organisation montre à quel point on est vigilant outre-Atlantique au musèlement des voix qui, en dépit de leur appartenance aux appareils d’Etat, remettent en cause le soutien accordé par les pays européens à l’entité sioniste et à l’axe américano-sioniste.

Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de Ludwig Watzal. Ce dernier est dépeint par certains comme proche de l’extrême droite ou encore d’une droite « traditionnaliste » telle qu’incarnée en France par M. de Villiers. Le hic, car hic il y a, c’est que M. Watzal, s’il avait été proche d’une extrême droite type Front national n’aurait jamais pu accéder à un emploi de fonctionnaire en Allemagne, et certainement pas au niveau qui est le sien ; ou encore que la droite « traditionnaliste » de M. de Villiers est franchement pro sioniste (au nom du combat contre la supposée menace islamique). Et puis M. Watzal est fonctionnaire dans le service allemand précisément chargé d’éduquer au civisme et de la prévention du racisme, dont le super racisme que serait l’antisémitisme.
J’ai surtout l’impression que M. Watzal
désapprouve les agissements du sionisme au nom de principes qui sont universels : justice, égalité et que l’alignement de son pays derrière les USA lui insupporte quelque peu. Cet alignement, initialement conséquence de la défaite du nazisme, reste matérialisé en Allemagne par une forte présence militaire américaine ; présence qui trace la frontière de ce qu’est l’indépendance allemande. Et on comprend qu’un Allemand, même hostile au nazisme, puisse trouver cela insupportable plus de soixante années après la mort d’Adolf Hitler et près de vingt ans après la chute du mur de Berlin.
Et ça, c’est trop pour les organisations sionistes. L’Anti-Defamation League américaine, va jusqu’à s’appuyer sur une définition de l’European Union Agency for Fundamental Rights [une agence de l’Union Européenne] organisme selon lequel, dixit l’ADL du moins, l’antisémitisme « peut aussi viser l’Etat d’Israël, conçu comme une collectivité juive. »
Effectivement, l’ADL a beau jeu de parler de l’antisémitisme qui viserait l’entité sioniste conçue comme une collectivité juive. D’après cette définition et comme, par ailleurs, l’entité sioniste se définit elle-même comme un Etat juif que tout le monde est sommé de reconnaître en tant que tel, il s’ensuit donc que critiquer l’entité sioniste ne peut qu’être le reflet de conceptions antisémites.

La boucle est bouclée. Sauf quand même, sauf erreur de ma part, que la fameuse European Union Agency for Fundamental Right n’a jamais posé la définition indiquée par l’Anti-Defamation League. L’agence ayant même été accusée d’antisémitisme masqué pour avoir refusé de publier une étude qu’elle avait pourtant elle-même commandé au Berlin Research Centre on anti-Semitism. L’European Union Agency for Fundamental Rights reprochait en fait à cette étude de manquer de fiabilité mais refusait aussi d’accepter une définition de l’antisémitisme référant également à l’antisionisme ou à l’anti américanisme.
Fait intéressant,
l’Agence met à disposition du public le texte du Berlin Research Centre on anti-Semitism tout en avertissant qu’il ne reflète pas ses vues sur la question de l’antisémitisme et qu’elle a retiré du texte mis en ligne tous les logos qui pourraient faire croire qu’il s’agit d’une publication officielle.
s
Ce n’est quand même pas ça qui va arrêter ces filous de l’ADL, rompus à la manipulation des textes, aux traductions tronquées/truquées ou aux citations inventées.

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Des Juifs Allemands font pression pour la révocation d’un fonctionnaire
JTA – Jewish Telegraphic Agency 4 avril 2008, traduit de l’anglais par Djazaïri

Des leaders Juifs d’Allemagne ont demandé au ministre de l’intérieur d’intervenir contre un fonctionnaire fédéral qu’ils accusent d’écrits antisémite.
Ils expliquent dans une lettre à Wolfgang Schaeuble, ministre Allemand de l’intérieur, qu’un employé de l’agence fédérale pour l’éducation civique a « passé les bornes » de l’antisémitisme avec ses déclarations sur Israël, le conflit israélo-palestinien et Haim Saban, l’homme d’affaires Israélo-Américain. La lettre émane de la Communauté Juive de Berlin et du Conseil de Coordination des Organisations Non Gouvernementales contre l’antisémitisme.Une autre lettre, envoyée à Schaeuble par le Conseil Central des Juifs d’Allemagne, suggère que cet employé, Ludwig Watzal, ne devrait pas travailler pour un service fédéral et demande au ministre de « faire un exemple. »
Le ministère fédéral de l’intérieur a confirmé à JTA que les lettres avaient été reçues le 27 mars. Le ministre répondra dans le courant de ce mois.Dans un article de 2004 intitulé « Une israélisation du monde ? » Watzal laisse entendre que des attaques contre des civils peuvent être justifiées ; « Si les USA israélisent encore plus leurs politiques intérieure et étrangère, les conflits à la palestinienne deviendront globalisés. »En mars, Watzal a publié une déclaration en défense avec pour titre « Duperies, manipulations et diffamations,» dans laquelle il évoque une « nouvelle campagne organisée de diffamation contre moi par des extrémistes antiallemands et néoconservateurs, ayant pour but de détruire ma carrière.» L’Anti-Defamation League (ADL) s’est aussi lancée dans l’arène avec une lettre à Thomas Kruger, le supérieur de Watzal. Selon l’ADL, les propos de Watzal sont antisémites d’après la définition publiée par l’Agence de l’Union Européenne pour les Droits Fondamentaux (European Union Agency for Fundamental Rights). D’après cette définition, l’antisémitisme « peut aussi viser l’Etat d’Israël, conçu comme une collectivité juive. »
Un membre du parlement, Gert Weisskirchen, est d’accord avec ces critiques et déclare que les propos de Watzal ont « franchi la ligne. »

>Une affaire Bruno Guigue en Allemagne?

9 avril 2008

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Une affaire Bruno Guigue en Allemagne ? Comme dans l’affaire française, nous avons un fonctionnaire d’Etat aux prises avec des groupements qui exigent sa révocation au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Comme en France, on reproche à ce fonctionnaire des positions qu’il présente dans des articles et des livres indépendamment de son emploi dans le service public. Comme Bruno Guigue, le fonctionnaire en question appartient au ministère de l’intérieur de son pays!
L’affaire est toutefois plus transparente qu’en France car ceux qui montrent du doigt ne le font pas anonymement, il s’agit d’organisations juives allemandes et de la puissante
Anti-Defamation League américaine. L’intervention de cette organisation montre à quel point on est vigilant outre-Atlantique au musèlement des voix qui, en dépit de leur appartenance aux appareils d’Etat, remettent en cause le soutien accordé par les pays européens à l’entité sioniste et à l’axe américano-sioniste.

Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de Ludwig Watzal. Ce dernier est dépeint par certains comme proche de l’extrême droite ou encore d’une droite « traditionnaliste » telle qu’incarnée en France par M. de Villiers. Le hic, car hic il y a, c’est que M. Watzal, s’il avait été proche d’une extrême droite type Front national n’aurait jamais pu accéder à un emploi de fonctionnaire en Allemagne, et certainement pas au niveau qui est le sien ; ou encore que la droite « traditionnaliste » de M. de Villiers est franchement pro sioniste (au nom du combat contre la supposée menace islamique). Et puis M. Watzal est fonctionnaire dans le service allemand précisément chargé d’éduquer au civisme et de la prévention du racisme, dont le super racisme que serait l’antisémitisme.
J’ai surtout l’impression que M. Watzal
désapprouve les agissements du sionisme au nom de principes qui sont universels : justice, égalité et que l’alignement de son pays derrière les USA lui insupporte quelque peu. Cet alignement, initialement conséquence de la défaite du nazisme, reste matérialisé en Allemagne par une forte présence militaire américaine ; présence qui trace la frontière de ce qu’est l’indépendance allemande. Et on comprend qu’un Allemand, même hostile au nazisme, puisse trouver cela insupportable plus de soixante années après la mort d’Adolf Hitler et près de vingt ans après la chute du mur de Berlin.
Et ça, c’est trop pour les organisations sionistes. L’Anti-Defamation League américaine, va jusqu’à s’appuyer sur une définition de l’European Union Agency for Fundamental Rights [une agence de l’Union Européenne] organisme selon lequel, dixit l’ADL du moins, l’antisémitisme « peut aussi viser l’Etat d’Israël, conçu comme une collectivité juive. »
Effectivement, l’ADL a beau jeu de parler de l’antisémitisme qui viserait l’entité sioniste conçue comme une collectivité juive. D’après cette définition et comme, par ailleurs, l’entité sioniste se définit elle-même comme un Etat juif que tout le monde est sommé de reconnaître en tant que tel, il s’ensuit donc que critiquer l’entité sioniste ne peut qu’être le reflet de conceptions antisémites.

La boucle est bouclée. Sauf quand même, sauf erreur de ma part, que la fameuse European Union Agency for Fundamental Right n’a jamais posé la définition indiquée par l’Anti-Defamation League. L’agence ayant même été accusée d’antisémitisme masqué pour avoir refusé de publier une étude qu’elle avait pourtant elle-même commandé au Berlin Research Centre on anti-Semitism. L’European Union Agency for Fundamental Rights reprochait en fait à cette étude de manquer de fiabilité mais refusait aussi d’accepter une définition de l’antisémitisme référant également à l’antisionisme ou à l’anti américanisme.
Fait intéressant,
l’Agence met à disposition du public le texte du Berlin Research Centre on anti-Semitism tout en avertissant qu’il ne reflète pas ses vues sur la question de l’antisémitisme et qu’elle a retiré du texte mis en ligne tous les logos qui pourraient faire croire qu’il s’agit d’une publication officielle.
s
Ce n’est quand même pas ça qui va arrêter ces filous de l’ADL, rompus à la manipulation des textes, aux traductions tronquées/truquées ou aux citations inventées.

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Des Juifs Allemands font pression pour la révocation d’un fonctionnaire
JTA – Jewish Telegraphic Agency 4 avril 2008, traduit de l’anglais par Djazaïri

Des leaders Juifs d’Allemagne ont demandé au ministre de l’intérieur d’intervenir contre un fonctionnaire fédéral qu’ils accusent d’écrits antisémite.
Ils expliquent dans une lettre à Wolfgang Schaeuble, ministre Allemand de l’intérieur, qu’un employé de l’agence fédérale pour l’éducation civique a « passé les bornes » de l’antisémitisme avec ses déclarations sur Israël, le conflit israélo-palestinien et Haim Saban, l’homme d’affaires Israélo-Américain. La lettre émane de la Communauté Juive de Berlin et du Conseil de Coordination des Organisations Non Gouvernementales contre l’antisémitisme.Une autre lettre, envoyée à Schaeuble par le Conseil Central des Juifs d’Allemagne, suggère que cet employé, Ludwig Watzal, ne devrait pas travailler pour un service fédéral et demande au ministre de « faire un exemple. »
Le ministère fédéral de l’intérieur a confirmé à JTA que les lettres avaient été reçues le 27 mars. Le ministre répondra dans le courant de ce mois.Dans un article de 2004 intitulé « Une israélisation du monde ? » Watzal laisse entendre que des attaques contre des civils peuvent être justifiées ; « Si les USA israélisent encore plus leurs politiques intérieure et étrangère, les conflits à la palestinienne deviendront globalisés. »En mars, Watzal a publié une déclaration en défense avec pour titre « Duperies, manipulations et diffamations,» dans laquelle il évoque une « nouvelle campagne organisée de diffamation contre moi par des extrémistes antiallemands et néoconservateurs, ayant pour but de détruire ma carrière.» L’Anti-Defamation League (ADL) s’est aussi lancée dans l’arène avec une lettre à Thomas Kruger, le supérieur de Watzal. Selon l’ADL, les propos de Watzal sont antisémites d’après la définition publiée par l’Agence de l’Union Européenne pour les Droits Fondamentaux (European Union Agency for Fundamental Rights). D’après cette définition, l’antisémitisme « peut aussi viser l’Etat d’Israël, conçu comme une collectivité juive. »
Un membre du parlement, Gert Weisskirchen, est d’accord avec ces critiques et déclare que les propos de Watzal ont « franchi la ligne. »

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