Archive for the ‘Bethléem’ Category

Petite carte de Noël depuis Bethléem

5 décembre 2010

sur le site If Americans Knew

Le 7ème commandement: Le bien d’autrui tu ne prendras ni retiendras injustement.

29 octobre 2010
Comme Gaza, la Cisjordanie est un des territoires qui devrait faire partie du futur Etat palestinien à l’issue de l’aboutissement de discussions de paix. La Cisjordanie est cependant, comme on le sait, soumise à une incessante pression coloniale que rien ne semble en mesure d’endiguer.
Et ce n’est pas simplement une question de couleur politique des dirigeants du gang sioniste puisque la colonisation n’a jamais cessé malgré les changements de majorité parlementaire.
Tout le monde a compris que les sionistes ont décidé d’en finir avec la chimère d’un Etat palestinien. Ce que les palestiniens pourront au mieux espérer, c’est un camp de concentration autogéré à Gaza et des bantoustans en Cisjordanie.
Dans cette dernière région, le compte à rebours a sans doute commencé pour l’Autorité Palestinienne, cette institution qui dirige fictivement des lambeaux de Cisjordanie.
Fictivement, car c’est bel et bien la souveraineté de l’entité sioniste qui s’exerce sur place et tous les plans de développement envisagés n’y changeront rien et sont dores et déjà  voués à l’échec. Et ce n’est ni faute de talents, de bonne volonté ou de capitaux. C’est simplement que les autorités sionistes ne tolèreront pas l’édification de ce qui pourrait s’apparenter à une économie palestinienne, non étroitement dépendante de celle de l’Etat voyou. Seuls les dirigeants Palestiniens de l’équipe Abou Mazen semblent ne pas s’en rendre compte.
Un exemple de l’exercice de cette souveraineté sioniste sur la Cisjordanie nous est donné par le blog Potins de Palestine qui observait:

Le 21 février [2010], le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé la décision d’inscrire la Tombe de Rachel (Bethléem) et le Tombeau des Patriarches (Mosquée d’Abraham à Hébron) au patrimoine ISRAELIEN…cette décision a été soutenue par son cabinet. Depuis d’autres sites situés dans les TERRITOIRES PALESTINIENS vont être ajoutés : Tel Rumeida (dont les datations remontent jusqu’au Bronze ancien, et au Bronze moyen une Cité-Etat CANANEENE), Sussiya (sud d’Hébron), Qumran (site des manuscrits de la mer morte), Hérodion, Palais de David (Silwan, Jérusalem est).
C’est une nouvelle provocation envers les Palestiniens et de nouveau (encore et toujours) une atteinte au droit international : Convention de la Haye de 1954 et des Conventions de Genève. Ils ne connaissent plus de limites.

Potins de Palestine s’insurge à raison contre cette infraction supplémentaire au droit international. Mais quand on est capable de tuer – et d’en être fier – 9 humanitaires désarmés, c’est bien le signe qu’on n’a plus de limites. Et cette sauvagerie débridée n’est en rien un phénomène récent.

Forts de leur bon droit, les Palestiniens ont protesté auprès de l’UNESCO, l’organisme onusien chargé du patrimoine culturel.
Et l’UNESCO a joué son rôle en demandant aux autorités sionistes de retirer le Caveau des Patriarches et la Tombe de Rachel de l’inventaire du patrimoine de l’entité sioniste.
Vous imaginez bien que l’entité sioniste va obtempérer!

En fait,  Benjamin Netanyahou, le chef actuel du gang a réagi de manière prévisible:
Lundi, le premier ministre Benjamin Netanyahou a vivement critiqué la décision de l’UNESCO, l’organisation mondiale de la culture, de présenter le site de la tombe de Rachel comme une mosquée musulmane.
 « Cette volonté de séparer la nation d’Israël de son patrimoine culturel est absurde, » a déclaré le premier ministre.
 Oui, parce qu’un bruit court chez les sionistes qu’il n’y a pas de moquée à l’emplacement de la tombe de Rachel à Bethléem ou que cette mosquée a été édifiée et baptisée récemment pour « islamiser » le terrain en quelque sorte.
C’est faux, bien entendu, comme la plupart des assertions sionistes. Mais à force de répéter  leurs menteries en boucle, ils y croient à défaut de convaincre les autres, et l’UNESCO en particulier. 
Le bref aperçu historique que je vous propose ci-après nous aide au minimum  à comprendre comment a été récompensée la tolérance des autorités ottomanes et des Palestiniens Musulmans ou Chrétiens  

La tombe de Rachel, qui se trouve dans la partie nord de Bethléem est considérée comme un lieu sacré de pèlerinage pour les Chrétiens, les Musulmans ainsi que les Juifs. Rachel, l’épouse de Jacob mourut en couches alors qu’elle se rendait à Hébron et fut enterrée sur la route de Bethléem. La tombe fut négligée pendant des années avant d’être  restaurée par les Croisés. Elle était constitué d’un bâtiment cubique de 7m2, reposant sur quatre colonnes liées par des arcs brisés de 3,5 m de large pour 6,5 m de haut, le tout étant surmonté d’une coupole (description d’Amico en 1596). La bâtiment simple qui accueille la « tombe aujourd’hui » a été édifié par les Turcs en 1620 pendant la période ottomane et, les Musulmans la considérant comme sacrée pour sa relation avec Abraham en conservèrent les clefs. En 1841, Sir Moses Montefiore demanda au gouverneur Turc les clefs de la Qubbet Rahil ou mosquée Bilal Ibn Rabah, comme elle est nommé en arabe, qui furent données aux Juifs indigènes. Un vestibule carré avec un mirhab avait également été ajouté pour les Musulmans; on trouve aussi un cimetière musulman historique à l’ouest de ce sanctuaire. La tombe de Rachel est considérée comme un des monuments historiques de la cité de Bethléem et comme une partie de son patrimoine. De plus, les habitants de Bethléem et des touristes du monde entier de diverses religions ont toujours visité la tombe. Depuis deux ans, les forces d’occupation israéliennes empêchent les Musulmans et les Chrétiens de se rendre sur les lieux, niant le droit de culte des Palestiniens, refusant aux Musulmans le droit d’enterrer librement leurs morts dans le cimetière voisin et restreignant l’accès du sanctuaire aux Juifs dans une démarche préliminaire à l’annexion de cet endroit à la ville de Jérusalem. 

Hébron et Bethléem font notoirement partie de territoires dont personne ne considère qu’ils relèvent de la souveraineté « nationale » de l’Etat pseudo-juif mais plutôt de celle de l’Etat palestinien à venir.
Ce qui n’empêche pas un site (sioniste) voué à la désinformation d’écrire ce qui suit:

Nous devrions revendiquer la Mecque, ou une partie puisqu’il parait qu’Abraham (Ibrahim) est venu y sacrifier son fils Ismaël.
 Or, la question n’est pas de dire si les lieux considérés ont ou n’ont pas d’intérêt pour les gens de confession juive, mais de dire si les délinquants sionistes ont le droit de déclarer patrimoine national des édifices qui se trouvent en dehors du ressort de leur Etat dit  juif.
Car, si on prend au sérieux leurs crétineries, les sionistes vont peut être inscrire à leur patrimoine « national » la synagogue de Cavaillon, une des deux plus anciennes de France? Après tout, Cavaillon n’est pas plus dans le territoire de l’entité sioniste que ne le sont Hébron ou Bethléem. La France considère cette synagogue comme partie de son patrimoine et l’a classée Monument Historique. A-t-elle tort?
J’attends les protestations des délinquants sionistes.

Palestine: les routes de la dépossession

4 mai 2010
Quand les sionistes parlent sérieusement de leurs relations avec l’Autorité Palestinienne dirigée par Abou Mazen, ils n’évoquent pas un Etat palestinien à venir mais la nécessité d’assurer un développement économique de la Cisjordanie.
Développement pour lequel diverses parties seraient amenées à mettre leur main à la poche sauf… l’entité sioniste, ça va de soi.
L’avenir qu’ont dessiné les sionistes pour ce qu’il reste de la Palestine, ressemble bien à feu les bantoustans qu’avait prôné et mis en place le régime de Pretoria en Afrique du Sud. Démarche qui avait été unanimement rejetée (sauf par Ben Gourion.
La force des sionistes, outre qu’ils bénéficient de l’appui sans réserves ou presque de l’Occident est qu’ils n’annoncent pas clairement leurs projets. Ils se contentent de les réaliser sur le terrain. Quand la chose sera enfin nommée, il sera trop tard. Du moins c’est ce qu’ils imaginent dans leurs cerveaux malades.
Car le sionisme n’est rien moins que l’héritier des divers colonialismes qui ont sévi dans le monde depuis le 19ème siècle, colonialismes qui se sont illustré dans leur développement de techniques d’ingénierie sociale, de manipulation des populations. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas l’Angleterre qui a le plus développé ces techniques mais la France au moment de la colonisation de l’Algérie, puis du Maroc. Ces techniques ont connu un essor particulier pendant la guerre d’Algérie avant d’être recyclées, perfectionnées aux Etats Unis, en Afrique du Sud et dans l’entité sioniste (où Ben Gourion était l’ingénieur en chef).
Ces techniques ont une efficacité certaine voire redoutable mais, jusqu’à présent, elles ont toujours échoué face à une volonté populaire déterminée.
Cette notion du développement d’une entité palestinienne qui ne serait pas un Etat est à mettre à l’inventaire de ces techniques. Cet Etat est, en pratique,  rendu impossible par la présence des colonies sionistes qui grignotent ce territoire palestinien comme des métastases.
Il ne faut pas imaginer que ces colonies n’ont pour but que de ramener le « peuple juif » en « Judée Samarie » pour réaliser le titre de propriété attribué par Dieu à ceux qui suivent l’enseignement des rabbins. La finalité de ce peuplement est avant tout militaire, une population fidèle au régime sioniste en Cisjordanie (armée et formée au maniement des armes de surcroît) est la meilleure protection contre une offensive militaire terrestre qui pourrait venir, un jour, du pays arabe riverain, c’est-à-dire la Jordanie.
Vous me direz que la Jordanie a signé un traité de paix avec le régime de Tel Aviv. Je vous répondrai que gouverner, c’est prévoir et que les squatters de tel Aviv ne se font aucune illusion sur l’avenir à long terme de leurs relations avec leur environnement arabe, Jordanie comprise. Les sionistes forment d’ailleurs des projets de colonisation pour le Neguev, autre zone stratégique riveraine de l’Egypte et de la bande de Gaza. Au Néguev, ce sera un peu plus compliqué car si les sionistes ont fait, dit-on, fleurir le désert, le Néguev est lui resté désertique.
Pour que ce rôle militaire de colons puisse être effectif, il faut bien entendu cantonner la population autochtone. Ce cantonnement ne passe pratiquement plus par des actions brutales d’expulsion et de déportation mais par un pourrissement sélectif de la vie des gens dont on ne veut plus. Ce pourrissement passe par la limitation de leurs possibilités de se déplacer (pour aller aux champs, à l’école etc.) tandis qu’on facilité celles des colons. Des incitations à partir pour les uns, à venir pour les autres.
C’est ce contexte qui doit voir un développement des territoires palestiniens, tâche que l’Autorité palestinienne a prise à coeur avec un important programme de construction d’infrastructures routières.
Le problème est que, dans le contexte que vit en ce moment la Palestine occupée, ce programme sert en bonne partie les projets de colonisation sioniste. Ce qu’expose fort bien l’article ci-dessous publié par le magazine progressiste américain The Nation.

Les routes palestiniennes: consolidation de la structure étatique ou de l’annexion par Israël?
par Nadia Hijab & Jesse Rosenfeld, The Nation (USA) 30 avril 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le premier ministre de l’autorité palestinienne Salam Fayyad joue sa crédibilité politique sur l’avènement d’un Etat palestinien en 2011 sur l’ensemble de la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est, un programme accueilli avec enthousiasme par la communauté internationale. Les plans ambitieux de l’Autorité palestinienne comprennent des routes et d’autres infrastructures à travers la Cisjordanie, avec des fonds apportés par les Etats Unis, l’Europe et d’autres donateurs.

Fayyad a fait valoir que le développement fera de l’Etat palestinien une réalité impossible à ignorer. Cependant, beaucoup de ces nouvelles routes facilitent l’expansion des colonies israéliennes et ouvrent la voie à la confiscation des principales routes de Cisjordanie pour leur utilisation exclusive par les Israéliens.
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Pendant des décennies, Israël a entrepris ses propres projets d’infrastructures en Cisjordanie occupée et à Jérusalem Est. Ils comprennent un réseau routier ségrégé qui, avec le mur de séparation qu’Israël a commencé à édifier en 2002, sépare les secteurs palestiniens les uns des autres tout en rapprochant les colonies — toutes illégales selon le droit international – d’Israël.

Maintenant, armées d’informations provenant de sources onusiennes et de leurs propres recherches, des organisations non gouvernementales palestiniennes sonnent l’alarme. Leur contribution met en lumière à quel point les travaux routiers de l’Autorité Palestinienne facilitent l’objectif israélien d’annexer de vastes zones en Cisjordanie – rendant impossible un Etat palestinien viable.

Les routes en cours de construction dans le gouvernorat de Betlhléem en sont un très bon exemple du fait qu’elles complèteront la séparation d’avec la Cisjordanie palestinienne du bloc de colonisation de Gush Etzion, une des plus anciennes colonies israéliennes, absorbant au passage des secteurs supplémentaires de Bethléem. L’Autorité Palestinienne construit ces routes avec des financements de l’US Agency for International Development (USAID) et donc, en définitive, du contribuable US.

Les Palestiniens de Bethléem n’avaient pas intégré les implications des travaux routiers de l’USAD-Autorité Palestinienne jusqu’à une réunion organisée le mois dernier par Badil, l’organisation pour les droits des réfugiés. Des représentants des assemblées locales, des camps de réfugiés, des sièges de gouvernorat et d’ONG ont été choqués par les informations présentées, et appellent à une pause dans la construction de routes jusqu’à évaluation des risques.

Il est peu probable que l’Autorité palestinienne ou l’USAID favorisent consciemment les plans israéliens d’annexion. Pourtant, plusieurs facteurs conspirent pour aider Israël à tirer parti du soutien des donateurs à l’effort de développement palestinien pour prendre des terres aux Palestiniens. Par exemple, il est impossible de construire dans la plupart des secteurs sans la permission d’Israël – et cette permission n’est habituellement donnée que quand elle cadre avec les plans d’Israël.

En tant que ministre des travaux publics, Mohammad Shtayyeh défendait le plan de réhabilitation et de construction de routes de l’Autorité palestinienne. « Tous ces efforts ont amélioré l’infrastructure palestinienne et s’intègrent dans les plans du gouvernement, » disait-il. Mais il ajoutait, « ces travaux nécessitent un cadre politique qui mette un terme à l’occupation. » (Shtayyeh a démissionné de ses fonctions depuis). Quant à l’USAID, elle insiste sur la responsabilité de l’Autorité palestinienne pour le choix des projets tandis que son rôle se limite à l’évaluation techno-économique et au financement.

Mais des études de l’Applied Research Institute of Jerusalem (ARIJ), le respecté institut palestinien consacré aux ressources naturelles, révèle certains faits accablants: 32 % des routes de l’Autorité Palestinienne financées et mises en oeuvre par l’USAID entrent nettement dans le cadre d’une proposition de l’Israeli Civil Administration (l’autorité militaire d’occupation) présentée aux donateurs en 2004. Israël voulait que les donateurs financent quelque 500 kilomètres de routes pour desservir les Palestiniens auxquels elle interdisait le principal réseau routier (voir les diapositives ici). Les donateurs avaient rejeté cette proposition à l’époque, mais il s’avère aujourd’hui que les efforts de l’Autorité Palestinienne et de l’USAID ont réalisé 22 % de ce que prévoyait le plan israélien.

Quand il était mis en avant que beaucoup de ces routes alternatives pourraient faciliter l’extension des colonies, une ségrégation sur le mode de l’apartheid et l’annexion en évinçant les Palestiniens du principal réseau routier – en travaillant donc contre un Etat palestinien – Shtayyeh affirmait, « Nous ne voyons pas les choses ainsi. Les Israéliens empêchent les gens d’utiliser ces routes, et notre boulot est de trouver des moyens de survivre pour les gens. Ce qui ne signifie pas que ces routes sont des structures permanentes. »

L’Unité d’appui aux négociations de l’Organisation de Libération de la Palestine (NSU) a étudié avec soin les risques liés au développement d’une infrastructure sous occupation après la réaffirmation en 2004 par la Cour Internationale de Justice de l’illégalité du mur israélien en Cisjordanie occupée. La NSU a élaboré un guide sur la manière de construire sans se rendre complice de la colonisation israélienne.  Interrogé pour savoir si l’Autorité palestinienne était consciente du rôle que ces routes pouvaient jouer dans l’annexion par les colons, un membre de la NSU, s’exprimant sous condition d’anonymat car non autorisé à s’exprimer devant la presse, a déclaré à The nation, « Nous avons présenté un document donnant notre position au bureau du premier ministre et à Mohammad Shtayyeh, et ils sont bien conscients du problème. »

Lors d’une réunion avec Badil et d’autres ONG palestiniennes, il a été rapporté qu’ un haut responsable du ministère palestinien des travaux publics a critiqué certaines municipalités palestiniennes pour avoir exacerbé le problème en traitant directement avec les donateurs, sans se préoccuper de l’intérêt national. Il a aussi critiqué certaines organisations internationales d’aide et aurait dit que les bailleurs de fonds occidentaux insistent pour prendre en compte les colonies israéliennes. Par exemple, a-t-il dit, les financeurs allemands ont permis à la colonie israélienne de Psagot de se raccorder au réseau d’eaux usées de la ville palestinienne d’El-Bireh malgré les objections de l’Autorité palestinienne. Il a ajouté que l’USAID respecte les priorités de l’Autorité palestinienne « tant qu’Israël ne formule pas d’objections. »

Les routes vers la dépossession

Les accords d’Oslo entre Israël et l’OLP ont facilité la mise en place du réseau routier ségrégé d’Israël. L’Autorité Palestinienne, instituée prétendument pour une période « intérimaire » de cinq ans en 1994, avait le contrôle de la Zone A, quelque 17 % de la Cisjordanie. Israël et l’Autorité palestinienne partagent le contrôle de la Zone B, tandis qu’Israël maintient un contrôle total de la Zone C – environ 60 % de la Cisjordanie. Fait non accidentel, les Zones A et B comprennent quelque 96 % de la population palestinienne tandis que la Zone C comprend les colonies et l’essentiel des terres agricoles, dont la fertile vallée du Jourdain. En plus, Israël a seule le contrôle du développement dans Jérusalem Est occupée qu’elle a annexée de facto en 1967.

Israël continue à renforcer l’attribution d’un caractère permanent à ces arrangements intérimaires, le contrôle de la construction de routes étant un de ses principaux instruments. L’USAID explique que « seules » les routes situées dans les zones B et C (plus de 80 % de la Cisjordanie) demandent une coordination avec les officiels israéliens. Les routes situées en Zone B sont soumises à l’Israel’s District Civil Liaison pour une coordination en matière de sécurité tandis que les routes situées en Zone C sont soumises à « des permis de contruite et à une coordination sécuritaire » de sorte que le service de liaison puisse vérifier « leur conformité à des plans directeurs existants et la confirmation d’autorisation du tracé. »

Ingrid Jaradat Gassner, directrice de Badil, explique que l’Autorité palestinienne reçoit promptement des autorisations de l’administration civile israélienne pour les constructions en Zone C qui s’intègrent dans les schémas routiers israéliens. Elle ajoute que toutes les routes ne posent pas problème, mais que celles qui ne sont pas reliées aux routes principales ou se posent en substituts de routes préexistantes sont un sujet sérieux de préoccupation.

Après rejet par les bailleurs de fonds en 2004 de propositions pour un réseau routier alternatif, Israël a quand même construit les routes, les qualifiant plus tard de routes « tissu de vie. » A part leur caractère raciste, ces routes sont inutiles, » affirme Sarit Michaeli, porte parole de B’Tselem, l’organisation israélienne des droits de l’homme. « Les routes tissu de vie visent à résoudre des problèmes qui le plus souvent ont été imposés illégalement par Israël. »

Mi-2009, le Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) a estimé que les autorités israéliennes avaient ouvert environ 49 kilomètres de routes alternatives, dont 43 tunnels et passages souterrains, soulevant des préoccupations non seulement politiques mais aussi environnementales sur l’impact d’un réseau routier de plus sur une petite région comme la Cisjordanie. OCHA présente les routes tissu de vie comme un des mécanismes pour contrôler les déplacements des Palestiniens et faciliter ceux des colons Israéliens. B’Tselem estime qu’Israël a dépensé quelques 44,5 millions de dollars pour ce réseau routier tissu de vie – un faible prix à payer pour s’emparer de vastes zones de terre.

L’impact humain

Nidal Hatim, dramaturge Palestinien, journaliste sur le xeb et militant du mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS), ne peut pas emprunter la route principale entre Bethléem et son village de Battir tout près de cette ville. La route 60 est la principale autoroute nord-sud qui traverse le centre de la Cisjordanie. « Pour aller sur l’autoroute, nous devons passer par un checkpoint puis faire demi-tour », dit-il. « J’ai une pièce d’identité palestinienne de Cisjordanie, alors je ne peux pas franchir le checkpoint. » Au lieu de quoi, il emprunte une route secondaire cahoteuse qui est actuellement en cours de construction par l’Autorité palestinienne avec le soutien de l’USAID. La route passe du ciment bosselé dans les zones résidentielles au chemin poussiéreux de gravier, serpentant près de et sous les quatre voies de la Route 60 qui est utilisée principalement par des colons Israéliens. Traversant un tunnel presque terminé; la voiture cale un moment sur une pente raide non goudronnée au le long d’une oliveraie.

Selon Hassan Awaineh, membre du conseil municipal de Battir, le tunnel sera le seul point d’accès reliant les 22 000 habitants de Battir et des villages alentours à Bethléem.

Michaeli de B’Tselem affirme que le double système routier en Cisjordanie sera « à long terme le moyen de consolider le contrôle israélien. Le tunnel qui conduit à Battir pourra être contrôlé par une seule jeep de l’armée. »
Assis sous le porche de sa maison à Battir, surplombant la vallée où passe le train qui relie Jérusalem à Tel Aviv, Awaineh montre la gare désaffectée de Battit où des trains s’arrêtaient à l’époque de l’Empire Ottoman et du Mandat britannique. Depuis cette époque, Battir a vue près de la moitié de ses terres confisquées par Israël et les Palestiniens sont interdits d’activité à cet endroit. Awaineh se penche en avant, le soleil se reflète dans ses cheveux blancs, il soupire. « A la fin, ils rendront la vie difficile aux enfants qui vont à l’école, aux travailleurs qui vont sur leur lieu de travail et aux paysans qui vont dans leurs champs, » dit-il. « Les gens seront contraints d’aller à Bethléem.

« C’est un élément de la politique israélienne pour ‘éclaircir » les zones palestiniennes, » explique la collaboratrice de l’ONG. « Ce n’est pas un nettoyage ethnique en bonne et due forme mais plutôt un déplacement progressif [de population], exactement comme ce qui a été fait aux Palestiniens restés en Israël en 1948. » Ce qui arrive à Battir et à ses alentours dans la Zone C est déjà arrivé dans la zone de Jérusalem-Ramallah et ailleurs en Cisjordanie.

Comment ça marche

Un diaporama produit par OCHA sur les nouvelles évolutions dans la zone de Gush Etzion montre par l’image comment les routes construites par l’USAID et l’Autorité palestinienne rejoignent des routes de contournement israéliennes existantes ou prévues qui excluent les Palestiniens du principal réseau routier. Le diaporama a disparu du site web d’OCHA après avoir été présenté le mois dernier à une organisation qui alloue des fonds, mais une copie en a été obtenue par The Nation. ARIDJ a produit ses propres cartes qui montrent l’impact du développement de Gush Etzion. L’achèvement du mur de séparation coupera l’accès des Palestiniens à la route 60 entre Bethléem et Hébron. Israël repousse les palestiniens de plus en plus loin de la route 60 et vers d’autres routes comme la route 356 qu’Israêl a réhabilitée en partie. A point nommé pour Israël, l’Autorité Palestinienne a réhabilité un autre segment de la 356 avec l’aide de financements étrangers, et un troisième tronçon est en cours de réhabilitation par l’Autorité Palestinienne avec le soutien de l’USAID.

« Quand vous mettez toutes ces choses ensemble, il est peu probable que nous continuerons à utiliser encore bien longtemps la route 60, » affirme Gassner, la directrice de badil dans son bureau de Bethléem.

La situation empire. La réhabilitation de la route 356 a donné un nouveau souffle à plusieurs ces colonies juives du gouvernorat de Bethléem. ARIJ souligne que les colonies de Teqoa et Noqdim ont vu leur temps de trajet vers Jérusalem passer de 45 minutes à 15, encourageant des colons Israéliens à acheter des logements dans le secteur où les prix de l’immobilier ont augmenté de 70 %. Par contraste, les palestiniens qui seront repoussés de la route 60 vers la route 356 verront leur temps de trajet de Bethléhem à hébron quadrupler pour atteindre 100 minutes. Et bien sûr, Israël a rendu Jérusalem de plus en plus difficile à atteindre pour les Palestiniens de Cisjordanie.

Tollé dans les villages

Les palestiniens ont certes besoin, et ont le droit de disposer, d’une infrastructure sûre et qui fonctionne et les habitants en ont cruellement besoin. Il est également clair qu’Israël exerce un pouvoir absolu sur les territoires palestiniens occupés, mettant de nombreux obstacles sur la voie d’une action indépendante. En outre, les villages dépendent, pour l’aide au développement, des bonnes grâces de l’Autorité palestinienne, qui, à son tour, dépend des financements de donateurs tels que l’USAID.

Néanmoins, celles qui se trouvent en première ligne n’acceptent pas le développement à n’importe quel prix, et des militants exigent que la construction de routes soit suspendue afin qu’il puisse être procédé à une évaluation des risques. « Personne ne veut voir les mauvaises routes bâties du jour au lendemain, » explique Gassner.

Awaineh, qui est proche de l’Autorité Palestinienne est plus mesuré dans sa critique et se focalise sur le rôle d’Israël. Pourtant, quand on insiste, il est clair sur la nécessité de résister à l’isolement et au déplacement de sa communauté. « Nous devons encourager les gens à rester ici et à survivre. L’Autorité Palestinienne et l’USAID doivent construire des routes pour la population palestinienne, pas pour les colons au nom des Palestiniens. »

Quand une manifestation artistique indispose le lobby sioniste

19 août 2009
Burlington est une petite ville – un peu moins de 40 000 habitants – du Vermont aux Etats Unis. Une ville tranquille qui va vivre pourtant pour la troisième année consécutive un événement qui trouble quelque peu sa sérénité.
C’est que Burlington accueille pour la troisième fois un « art hop, » une manifestation artistique qui va envahir une bonne partie de la ville, galeries, commerces, lieux publics multipliant les possibilités de rencotrer les oeuvres et de discuter et échanger avec leurs créateurs.
Certes, il s’agit d’une invasion tout ce qu’il y a de pacifique, du genre à égayer notre quotidien et nos mirettes.
Sauf que, pour la troisième fois la controverse s’invite à Burlington à l’occasion de cette manifestation.
La raison? Simplement qu’un certain nombre d’oeuvres présentées recourent aux bons vieux clichés antisémites.
Et c’est pareil chaque année! Du coup, un des organisateurs a tenu à annoncer la couleur: attention, nous allons exposer des oeuvres antisémites!
Mais attention, il s’agit d’un antisémitisme dont la définition a été revue et corrigée par la clique sioniste: par exemple montrer des photos de Gaza en flammes suite aux tirs d’artiellerie des militaires sionistes, c’est de l’antisémitisme! Critiquer, même sans doute en termes relativement modérés la politique des gangsters de Tel Aviv, cest aussi de l’antisémitisme. D’une manière générale, produire une oeuvre écrite, picturale ou musicale inspirée par la tragédie du peuple Palestinien c’est encore de l’antisémitisme…
Alors comment faire pour ne pas passer pour antisémite quand on s’exprime sur la situation au Proche Orient?
Deux solutions, trois possibilités:
1) Concéder que les sionistes sont dans leur bon droit car cette terre leur a été promise par Dieu et l’Angleterre
2) Conclure que la faute incombe aux Palestiniens qui pourraient épargner leurs vies s’ils renonçaient à l’idée (antisémite) de tuer les Juifs.
3) Les deux à la fois

Des situations comme celle narrée dans cet article sont fréquentes aux Etats Unis où la vigilance sioniste est souvent tenue en éveil et parfois en échec par des organisations « grassroot, » terme difficile à traduire qui implique action et hommes/femmess de terrain et enracinement dans une « communauté, » c’est-à-dire un quartier, une ville, un village. Si vous avez un terme français adéquat, merci d’avance. La poltique de jumelage de Burlington privilégie d’ailleurs la solidarité puisque parmi ses villes soeurs se trouvent Moss Point, une ville du sud des Etats Unis ravagée par l’ouragan Katrina, Puerto Cabezas au Nicaragua et… Bethléem en Palestine occupée.

La France avec les mésaventures de Dieudonné ou celles toutes récentes de La Banlieue S’exprime n’est donc pas un cas particulier. Le vocabulaire et les argumentaires utilisés à leur encontre ont été fabriqués dans des think-tanks aux Etats Unis avant d’être validés par qui de droit pour être d’abord expérimentés Outre Atlantique où cependant la liberté d’expression reste encore mieux assurée qu’en France.

La controverse pourrait revisiter les rencontres artistiques de Burlington
Les organisateurs signalent une manifestation artistique liée au conflit israélo-palestinien
par Tim Johnson, Burlington Free Press (USA) 10 août 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
La controverse publique récurrente qui touche la South End Art Hop – un débat caractérisé par certaine comme celui entre la liberté d’expression et le discours haineux (hate speech) – pourrait atteindre des sommets pour la 3ème édition de cette manifestation annuelle qui se tiendra pendant deux jours le mois prochain.
Une « lettre ouverte » d’un des principaux organisateurs de ces rencontres artistiques annonce qu’une des galeries participantes, la galerie Flynndog, « exposera des oeuvres et leur associera une programmation, sur le thème du conflit israélo-palestinien au Moyen-Orient. »
La lettre est de Carlos Haase, directeur exécutif de la South End Arts + Business Association (SEABA), la principale organisatrice de la manifestation artistique. Parmi les destinataires de la lettre, se trouvent Yoram Samets qui se présente lui-même comme « un membre à déterminé (outspoken) de la communauté juive » et qui a critiqué certaines des oeuvres exposées ces deux dernières années comme « antisémites, » et Mark Hage, un membre de Vermonters for a Just Peace in Palestine/Israel,qui dément qu’elles aient eu un caractère antisémite.
Haase explique avoir écrit cette lettre « à la lumière de l’expérience de ces deux dernières années et par respect pour vos adhérents. » La lettre poursuit en affirmant que « SEABA est fortement engagée en faveur de la liberté d’expression artistique, » que SEABA ne porte pas de jugements sur les oeuvres exposées et que SEABA ne soutient aucun « des points de vue ou opinions exprimées dans les expositions. »
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La rencontre artistique porogrammée pour les 11 et 12 septembre proposera les travaux de centaines d’artistes présentés sur de très nombreux sites. En 2007, des peintures de Peter Schumann et une conférence en lien avec elles de l’écrivain Joel Koven avait été jugée « honteuse » par des critiques qui s’étaient plaints auprès de SEABA que cette présentation promouvait un agenda politique anti-Israël. Les peintures de Schumann avaient été inspirées par un séjour en Cisjordanie. Séparément, un groupe d’artistes s’était mobilisé pour défendrre la « liberté d’expression » à la rencontre artistique.
En 2008, des oeuvres du graphiste Rajie Cook avait suscité les critiques de la communauté juive. Samets affirme que ces deux années, les oeuvres d’art en question « avaient franchi la limite de l’art convenable pour devenir des proclamations politiques antisémites. »
Ce dont il était question n’était pas la liberté d’expresion mais l’expression de la haine, explique le rabbin James Glazier du Temple Sinai à South Burlington.
« La dernière chose que nous voulons, c’est que les gens en concluent que nous limitons la liberté d’expression, » dit-il. Ce que lui et d’autres détracteurs déplorent, poursuit-il, est la propagation de « vieux stéréotypes anti-juifs. » Il affirme que des caractérisations aussi désobligeantes d’autres groupes – les homosexuels ou les Afro-Américains par exemple – ne seraient pas tolérés dans cette ville.
Hage qui a contribué à l’organisation des expositions de Schumann et Cook a exprimé son désaccord avec les caractérisations de Samet et Glazier et affirmé que rien dans ces expositions n’était anti-juif.
« Je ne serais jamais partie prenante d’une exposition antisémité, » dit-il.
On ne sait pas vraiment si l’exposition mentionnée dans la lettre sera sujette aux mêmes critiques.
Cette année, déclare Hage, la seule exposition à la galerie Flynndog qui a trait à Israël et à la Palestine est une série de photographies intitulée « Gaza brûle. » Il précise que les photographies ont été prises pendant la guerre de Gaza en décembre et en janvier par Ayman Mohyeldine, correspondant d’Al-Jazeera, et par James Marc Leas, un avocat de Burlington. Mohyeldin doit donner une conférence à la galerie qui verra aussi la projection d’un documentaire d’Al-Jazeera sur la guerre.

>Brüno ou les trucs et la supercherie Sacha Baron Cohen

2 août 2009

>

Sacha Baron Cohen est supposé nous faire rire. N’ayant pas vu ses deux films, Borat et Brüno, qui vient de sortir dans les salles, je ne me prononcerai pas sur ce point.
Remarquons simplement que Sacha Baron Cohen tend à faire rire surtout au détriment de ceux qui ne peuvent ni répondre, ni se présenter tels qu’ils sont réellement. C’était le cas avec Borat dans lequel Baron Cohen aurait déclenché l’hilarité sur le dos des Kazakhs. Avec Brüno, nous restons dans la même veine puisque le personnage incarné par Baron Cohen est présenté comme étant un homosexuel Autrichien. A n’en pas douter, la réaction des homosexuels a toutes chances d’être très modérée, car le souvenir de l’Anschluss n’est pas loin et gare aux accusations d’antisémitisme.
Dans Borat, Sacha Baron Cohen semble avoir utilisé des séquences sans l’autorisation de citoyens Kazakhs qui disent avoir été abusés. Le même procédé se retrouve dans Brüno. En effet, dans le film, Brüno rencontre un chef terroriste dans un camp de réfugiés Palestiniens au Liban car il a pour projet de se faire enlever afin d’accéder à la notoriété internationale.
Il faut savoir que ces passages sont, s’après Sacha Baron Cohen, des séquences de type documentaire renvoyant à des comportements ou à des personnages réels. Le terroriste du film Brüno serait un authentique militant palestinien rencontré grâce notamment à l’aide de la CIA.
Or, comme dans Borat, non seulement le droit à l’image du supposé terroriste n’a pas été respecté, mais le terroriste en question n’en est pas un. Si Ayman Abu Aita est bien un militant Palestinien, c’est en tant que membre de l’aile politique du Fatah, un civil donc, qui se consacre à l’activité politique et à son travail dans le cadre d’une fondation d’aide à la construction de logements en Cisjordanie où il réside (dans un secteur sous contrôle des soldats sionistes).
C’est ce que nous explique un article du Guardian britannique dont je vous livre une traduction.

Un membre d’une organisation à but non lucratif de Bethléem stigmatisé comme terroriste par Brüno
Le militant chrétien envisage de poursuivre Sasha Baron Cohen
L’interview avait été filmée dans un hôtel, pas dans un camp de réfugiés

Par Rachel Shabi à Beit Jala, The Guardian (UK) 31 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
s
Ayman Abu Aita, qui envisage de participer aux élections palestiniennes, ignorait qu’il serait dans Brüno, le film à succès de Sacha Baron Cohen, où il est présenté comme étant un terroriste.
Pour un supposé terroriste, Ayman Abu Aita est remarquablement facile à trouver. Il a suffi d’un coup de téléphone pour organiser une rencontre avec cet homme décrit dans le film à succès Brüno comme un «chef d’une organisation terroriste.»
Il est assis, seul, à une longue table blanche dans le jardin de l’hôtel-restaurant Everest de Beit Jala, in village dans la montagne près de Bethléem. Ceci, dit-il, est le « lieu secret, » où il a rencontré Brüno, interprété par le comédien Britannique Sacha Baron Cohen.
Apprécié des touristes, le restaurant se trouve près d’une installation militaire israélienne, non loin des sinuosités du mur de séparation et de ses miradors.
«Comment a-t-il pu dire ça de moi ? demande Abu Aita. « Il a menti dès le débit et il ment encore maintenant.»
Abu Aita, 44 ans, de Beit Sahour, près de Bethléem, est décrit dans le film Brüno comme un membre de la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, l’aile militaire du mouvement Fatah. Maintenant Abu Aita projette de porter plainte pour diffamation, tandis que baron Cohen aurait reçu des menaces de la brigade.
Brüno, le personnage principal du film de Baron Cohen est un animateur de télévision Autrichien homosexuel et obsédé par la mode et qui, dans une brève séquence avec Abu Aita, demande à être enlevé afin de devenir célèbre. Il pense que les terroristes Palestiniens sont les «meilleurs» pour ce job parce que «al Qaïda est si 2001».
Promouvant son film récemment sur le talk show de David Letterman aux Etats Unis, Baron Cohen a expliquait que trouver un «terroriste» à interviewer pour le film avait demandé plusieurs mois et une certaine aide d’un contact à la CIA. Il décrivait les séculières [non religieuses] Brigades des Martyrs, dont la plupart ont signé un accord d’amnistie avec Israël en 2007, comme « les N°1 de l’attentat suicide par là-bas.»
Abu Aita explique : «Les Américains connaissent mon dossier. Je suis allé deux fois aux Etats Unis et je voyage souvent.» Il est un des représentants chrétiens du Fatah – de la branche politique du mouvement, insiste-t-il, pour le district de Bethléem. Il est aussi membre du conseil d’administration du Holy Land Trust, une organisation à but non lucratif qui œuvre dans le domaine du logement des Palestiniens. «Je suis un militant non-violent et je n’en ai pas honte, » dit-il.
L’interview avec Baron Cohen avait été arrangée par l’intermédiaire d’Awni Jubran, un journaliste de la Palestinian News Agency, PNN, qui avait reçu un appel du producteur du film. « Mon ami Awni m’avait dit qu’ils voulaient un qu’un militant Palestinien leur parle de la situation pour un documentaire, pour montrer aux jeunes à quoi ressemble la vie dans les territoires palestiniens,» déclare Abu Aita.
Il rencontrera Baron Cohen une semaine plus tard, accompagné de Jubran et de Sami Awad, fondateur du Holy Land Trust – bien que Baron Cohen les ait présentés comme étant des gardes du corps «du terroriste.» Abu Aita explique que l’équipe de Brüno avait choisi le lieu, qui est entièrement contrôlé par Israël – et qui est désigné dans le film comme étant le camp de réfugiés d’Aïn el-Hilweh au Liban.
«Nous faisons confiance aux gens et ne refusons jamais une opportunité de discuter de la cause palestinienne,» dit-il.
« Nous sommes allés dans une des chambres de l’hôtel en étage et avons parlé de la situation palestinienne pendant deux heures, » dit Abu Aita qui ajoute que Brüno semblait sérieux – même si sa connaissance du problème était limitée.
En toute fin de discussion, Baron Cohen avait posé deux questions sur al Qaïda et Oussama Ben Laden qu’Abu Aita avait trouvées curieusement hors de propos et qu’il avait demandé à l’interprète de répéter.
Et quand Brüno a demandé à être kidnappé, Abu Aita explique que sa véritable réponse a été éliminée au montage. «Cette question m’avait mis en colère,» déclare Abu Aita. « J’ai dit que, tout d’abord, je n’étais pas un terroriste. Ensuite que vous êtes mon hôte ici, alors je dois prendre soin de vous jusqu’à votre départ de mon pays.»
Abu Aita avait complètement oublié cet entretien jusqu’à la sortie du film et qu’il commence à recevoir un nombre incalculable d’appels de la part de Palestiniens indignés.
«Ils me demandaient comment j’avais pu permettre qu’on se moque ainsi de moi, comment j’avais pu l’accepter,» dit-il. «Ils sont mécontents que j’aie mis le peuple palestinien dans l’embarras, parce qu’on nous représente de cette manière fausse et dégoûtante.»
Abu Aita est candidat aux élections législatives palestiniennes prévues pour janvier 2010, et des candidats d’opposition se servent déjà de cet incident pour le discréditer. Il dit aussi pâtir de son apparition dans un fil gay où il y a de la nudité et des scènes de sexe explicites. «Par notre culture et nos traditions, nous refusons ce genre de choses, » explique Abu Aita.

Il est bien connu dans le secteur et plusieurs personnes attestent de son bon caractère et de son bon sens de l’humour. «Brüno peut faire des plaisanteries sur tout ce qu’il veut, mais ce n’est pas une plaisanterie,» affirme Abu Aita. «Me qualifier de terroriste n’est pas drôle – c’est un mensonge.»
Evoquant ses projets de poursuite en justice, l’officiel du Fatah affirme ne pas avoir signé d’autorisation d’utilises la séquence où il apparait dans le film. Son avocat, un Palestinien-Israélien de Nazareth indique que de tels cas aux USA peuvent aboutir à des indemnisations d’un million de dollars.

Un porte parole de Baron Cohen a refusé de s’exprimer sur ce sujet.

Brüno ou les trucs et la supercherie Sacha Baron Cohen

2 août 2009
Sacha Baron Cohen est supposé nous faire rire. N’ayant pas vu ses deux films, Borat et Brüno, qui vient de sortir dans les salles, je ne me prononcerai pas sur ce point.
Remarquons simplement que Sacha Baron Cohen tend à faire rire surtout au détriment de ceux qui ne peuvent ni répondre, ni se présenter tels qu’ils sont réellement. C’était le cas avec Borat dans lequel Baron Cohen aurait déclenché l’hilarité sur le dos des Kazakhs. Avec Brüno, nous restons dans la même veine puisque le personnage incarné par Baron Cohen est présenté comme étant un homosexuel Autrichien. A n’en pas douter, la réaction des homosexuels a toutes chances d’être très modérée, car le souvenir de l’Anschluss n’est pas loin et gare aux accusations d’antisémitisme.
Dans Borat, Sacha Baron Cohen semble avoir utilisé des séquences sans l’autorisation de citoyens Kazakhs qui disent avoir été abusés. Le même procédé se retrouve dans Brüno. En effet, dans le film, Brüno rencontre un chef terroriste dans un camp de réfugiés Palestiniens au Liban car il a pour projet de se faire enlever afin d’accéder à la notoriété internationale.
Il faut savoir que ces passages sont, s’après Sacha Baron Cohen, des séquences de type documentaire renvoyant à des comportements ou à des personnages réels. Le terroriste du film Brüno serait un authentique militant palestinien rencontré grâce notamment à l’aide de la CIA.
Or, comme dans Borat, non seulement le droit à l’image du supposé terroriste n’a pas été respecté, mais le terroriste en question n’en est pas un. Si Ayman Abu Aita est bien un militant Palestinien, c’est en tant que membre de l’aile politique du Fatah, un civil donc, qui se consacre à l’activité politique et à son travail dans le cadre d’une fondation d’aide à la construction de logements en Cisjordanie où il réside (dans un secteur sous contrôle des soldats sionistes).
C’est ce que nous explique un article du Guardian britannique dont je vous livre une traduction.

Un membre d’une organisation à but non lucratif de Bethléem stigmatisé comme terroriste par Brüno
Le militant chrétien envisage de poursuivre Sasha Baron Cohen
L’interview avait été filmée dans un hôtel, pas dans un camp de réfugiés

Par Rachel Shabi à Beit Jala, The Guardian (UK) 31 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
s
Ayman Abu Aita, qui envisage de participer aux élections palestiniennes, ignorait qu’il serait dans Brüno, le film à succès de Sacha Baron Cohen, où il est présenté comme étant un terroriste.
Pour un supposé terroriste, Ayman Abu Aita est remarquablement facile à trouver. Il a suffi d’un coup de téléphone pour organiser une rencontre avec cet homme décrit dans le film à succès Brüno comme un «chef d’une organisation terroriste.»
Il est assis, seul, à une longue table blanche dans le jardin de l’hôtel-restaurant Everest de Beit Jala, in village dans la montagne près de Bethléem. Ceci, dit-il, est le « lieu secret, » où il a rencontré Brüno, interprété par le comédien Britannique Sacha Baron Cohen.
Apprécié des touristes, le restaurant se trouve près d’une installation militaire israélienne, non loin des sinuosités du mur de séparation et de ses miradors.
«Comment a-t-il pu dire ça de moi ? demande Abu Aita. « Il a menti dès le débit et il ment encore maintenant.»
Abu Aita, 44 ans, de Beit Sahour, près de Bethléem, est décrit dans le film Brüno comme un membre de la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, l’aile militaire du mouvement Fatah. Maintenant Abu Aita projette de porter plainte pour diffamation, tandis que baron Cohen aurait reçu des menaces de la brigade.
Brüno, le personnage principal du film de Baron Cohen est un animateur de télévision Autrichien homosexuel et obsédé par la mode et qui, dans une brève séquence avec Abu Aita, demande à être enlevé afin de devenir célèbre. Il pense que les terroristes Palestiniens sont les «meilleurs» pour ce job parce que «al Qaïda est si 2001».
Promouvant son film récemment sur le talk show de David Letterman aux Etats Unis, Baron Cohen a expliquait que trouver un «terroriste» à interviewer pour le film avait demandé plusieurs mois et une certaine aide d’un contact à la CIA. Il décrivait les séculières [non religieuses] Brigades des Martyrs, dont la plupart ont signé un accord d’amnistie avec Israël en 2007, comme « les N°1 de l’attentat suicide par là-bas.»
Abu Aita explique : «Les Américains connaissent mon dossier. Je suis allé deux fois aux Etats Unis et je voyage souvent.» Il est un des représentants chrétiens du Fatah – de la branche politique du mouvement, insiste-t-il, pour le district de Bethléem. Il est aussi membre du conseil d’administration du Holy Land Trust, une organisation à but non lucratif qui œuvre dans le domaine du logement des Palestiniens. «Je suis un militant non-violent et je n’en ai pas honte, » dit-il.
L’interview avec Baron Cohen avait été arrangée par l’intermédiaire d’Awni Jubran, un journaliste de la Palestinian News Agency, PNN, qui avait reçu un appel du producteur du film. « Mon ami Awni m’avait dit qu’ils voulaient un qu’un militant Palestinien leur parle de la situation pour un documentaire, pour montrer aux jeunes à quoi ressemble la vie dans les territoires palestiniens,» déclare Abu Aita.
Il rencontrera Baron Cohen une semaine plus tard, accompagné de Jubran et de Sami Awad, fondateur du Holy Land Trust – bien que Baron Cohen les ait présentés comme étant des gardes du corps «du terroriste.» Abu Aita explique que l’équipe de Brüno avait choisi le lieu, qui est entièrement contrôlé par Israël – et qui est désigné dans le film comme étant le camp de réfugiés d’Aïn el-Hilweh au Liban.
«Nous faisons confiance aux gens et ne refusons jamais une opportunité de discuter de la cause palestinienne,» dit-il.
« Nous sommes allés dans une des chambres de l’hôtel en étage et avons parlé de la situation palestinienne pendant deux heures, » dit Abu Aita qui ajoute que Brüno semblait sérieux – même si sa connaissance du problème était limitée.
En toute fin de discussion, Baron Cohen avait posé deux questions sur al Qaïda et Oussama Ben Laden qu’Abu Aita avait trouvées curieusement hors de propos et qu’il avait demandé à l’interprète de répéter.
Et quand Brüno a demandé à être kidnappé, Abu Aita explique que sa véritable réponse a été éliminée au montage. «Cette question m’avait mis en colère,» déclare Abu Aita. « J’ai dit que, tout d’abord, je n’étais pas un terroriste. Ensuite que vous êtes mon hôte ici, alors je dois prendre soin de vous jusqu’à votre départ de mon pays.»
Abu Aita avait complètement oublié cet entretien jusqu’à la sortie du film et qu’il commence à recevoir un nombre incalculable d’appels de la part de Palestiniens indignés.
«Ils me demandaient comment j’avais pu permettre qu’on se moque ainsi de moi, comment j’avais pu l’accepter,» dit-il. «Ils sont mécontents que j’aie mis le peuple palestinien dans l’embarras, parce qu’on nous représente de cette manière fausse et dégoûtante.»
Abu Aita est candidat aux élections législatives palestiniennes prévues pour janvier 2010, et des candidats d’opposition se servent déjà de cet incident pour le discréditer. Il dit aussi pâtir de son apparition dans un fil gay où il y a de la nudité et des scènes de sexe explicites. «Par notre culture et nos traditions, nous refusons ce genre de choses, » explique Abu Aita.

Il est bien connu dans le secteur et plusieurs personnes attestent de son bon caractère et de son bon sens de l’humour. «Brüno peut faire des plaisanteries sur tout ce qu’il veut, mais ce n’est pas une plaisanterie,» affirme Abu Aita. «Me qualifier de terroriste n’est pas drôle – c’est un mensonge.»
Evoquant ses projets de poursuite en justice, l’officiel du Fatah affirme ne pas avoir signé d’autorisation d’utilises la séquence où il apparait dans le film. Son avocat, un Palestinien-Israélien de Nazareth indique que de tels cas aux USA peuvent aboutir à des indemnisations d’un million de dollars.

Un porte parole de Baron Cohen a refusé de s’exprimer sur ce sujet.

Une ville australienne adopte une motion condamnant les crimes sionistes et le blocus de Gaza

1 mars 2009

Après l’Angleterre, c’est au tour de l’Australie de nous donner une indication sur une tendance fondamentale qui va dans le sens d’un soutien plus grand de la part des peuples du monde à la cause palestinienne.

Une petite ville de la banlieue de Sydney vient en effet d’adopter une motion qui condamne sans ambages les actes de délinquance et de criminalité de l’Etat sioniste.

Il est vrai que cette ville avait déjà une certaine expérience en la matière puisqu’elle avait adopté en 2007, et malgré l’opposition de son maire et du lobby sioniste présent en Australie, une convention de jumelage avec Bethléem en Palestine occupée (lien dans le corps de l’article).

Un conseil municipal de Sydney condamne Israël pour ‘crimes de guerre’

Jewish Telegraphic Agency, 1er mars 2009

Sydney, Australie (JTA) – Un conseil municipal de la banlieue de Sydney a adopté une motion qui condamne Israël pour « crimes de guerre et violations des droits de l’Homme » à Gaza.

Marrickville, une ville de banlieue dont le conseil municipal avait signé un accord controversé de jumelage avec Bethléem en 2007 à voté par 9 voix contre 3 en faveur de la motion du 17 février.

La motion avait été proposée par la conseillère municipale Cathy peters qui a déclaré que ce problème lui « tenait à coeur » parce que son père était un réfugié Juif qui avait fui Berlin en 1938.

Dans une déclaration, Peters affirme, « Je suis horrifiée par les attaques d’Israël contre Gaza et je pense que le conseil municipal de Marrickville – en tenant compte en particulier de sa relation de jumelage avec bethléem – devrait prendre une position humanitaire contre l’oppression continue du peuple Palestinien par l’Etat d’Israël. »

Vic Alhadeff, responsable de l’exécutif du Jewish Board of Deputies a critiqué la motion.

« Elle est pleine d’inexactitudes, acceptant sans critique des assertions qui ont été démontrées comme étant de la propagande du Hamas, portant des accusations contre Israël sans aucune base dans les faits comme dans le droit international et ignorant les réalités sur le terrain, » a déclaré Alhadeff.

La motion appelle à « une levée permanente du blocus israélien de Gaza ; au démantèlement par Israël de toutes ses colonies dans les territoires occupés ; à négocier avec l’Autorité Palestinienne ; et à une enquête internationale indépendante sur les crimes de guerre et les ciolations des droits de l’Homme et des conventions de Genève par les forces d’occupation israéliennes.»

Un autre conseil municipal, Caterbury dans le secteur sud-ouest de Sydney, a également adopté la semaine dernière une motion qui condamne toute violence et est particulièrement inquiète de cette offensive israélienne disproportionnée, » selon un article du journal The Australian.

Par ailleurs, des militants ont lancé une campagne plus tôt ce mois-ci pour boycotter Max Brenner, le chocolatier à capitaux israéliens qui possède sept boutiques à Sydney.

«Optez pour une alternative à Max Brenner et mettez la pression sur les produits israéliens qui soutiennent les crimes de guerre et l’occupation, » lisait-on sur les tracts appelant au boycott.

>Une ville australienne adopte une motion condamnant les crimes sionistes et le blocus de Gaza

1 mars 2009

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Après l’Angleterre, c’est au tour de l’Australie de nous donner une indication sur une tendance fondamentale qui va dans le sens d’un soutien plus grand de la part des peuples du monde à la cause palestinienne.

Une petite ville de la banlieue de Sydney vient en effet d’adopter une motion qui condamne sans ambages les actes de délinquance et de criminalité de l’Etat sioniste.

Il est vrai que cette ville avait déjà une certaine expérience en la matière puisqu’elle avait adopté en 2007, et malgré l’opposition de son maire et du lobby sioniste présent en Australie, une convention de jumelage avec Bethléem en Palestine occupée (lien dans le corps de l’article).

Un conseil municipal de Sydney condamne Israël pour ‘crimes de guerre’

Jewish Telegraphic Agency, 1er mars 2009

Sydney, Australie (JTA) – Un conseil municipal de la banlieue de Sydney a adopté une motion qui condamne Israël pour « crimes de guerre et violations des droits de l’Homme » à Gaza.

Marrickville, une ville de banlieue dont le conseil municipal avait signé un accord controversé de jumelage avec Bethléem en 2007 à voté par 9 voix contre 3 en faveur de la motion du 17 février.

La motion avait été proposée par la conseillère municipale Cathy peters qui a déclaré que ce problème lui « tenait à coeur » parce que son père était un réfugié Juif qui avait fui Berlin en 1938.

Dans une déclaration, Peters affirme, « Je suis horrifiée par les attaques d’Israël contre Gaza et je pense que le conseil municipal de Marrickville – en tenant compte en particulier de sa relation de jumelage avec bethléem – devrait prendre une position humanitaire contre l’oppression continue du peuple Palestinien par l’Etat d’Israël. »

Vic Alhadeff, responsable de l’exécutif du Jewish Board of Deputies a critiqué la motion.

« Elle est pleine d’inexactitudes, acceptant sans critique des assertions qui ont été démontrées comme étant de la propagande du Hamas, portant des accusations contre Israël sans aucune base dans les faits comme dans le droit international et ignorant les réalités sur le terrain, » a déclaré Alhadeff.

La motion appelle à « une levée permanente du blocus israélien de Gaza ; au démantèlement par Israël de toutes ses colonies dans les territoires occupés ; à négocier avec l’Autorité Palestinienne ; et à une enquête internationale indépendante sur les crimes de guerre et les ciolations des droits de l’Homme et des conventions de Genève par les forces d’occupation israéliennes.»

Un autre conseil municipal, Caterbury dans le secteur sud-ouest de Sydney, a également adopté la semaine dernière une motion qui condamne toute violence et est particulièrement inquiète de cette offensive israélienne disproportionnée, » selon un article du journal The Australian.

Par ailleurs, des militants ont lancé une campagne plus tôt ce mois-ci pour boycotter Max Brenner, le chocolatier à capitaux israéliens qui possède sept boutiques à Sydney.

«Optez pour une alternative à Max Brenner et mettez la pression sur les produits israéliens qui soutiennent les crimes de guerre et l’occupation, » lisait-on sur les tracts appelant au boycott.

Azmi Bishara diffame-t-il l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid. La réponse d’un spécialiste.

28 mai 2007
Ronnie Kasrils, le ministre Sud-Africain des services de renseignements, est issu d’une famille juive Balte et c’est un vétéran de la lutte clandestine contre l’apartheid dans son pays. Ses prises de position en faveur des Palestiniens et sa condamnation nette du sionisme irritent le lobby sioniste dans son pays et, bien sûr, les chefs du gang sioniste à Tel Aviv. Kasrils est un marxiste, ce qui ne l’a pas empêché, au cours d’une récente visite effectuée en Palestine occupée d’inviter officiellement en Afrique du Sud Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de l’Autorité Palestinienne. C’est que Kasrils ne s’y trompe pas et sait parfaitement faire la différence entre un mouvement d’émancipation tel que le Hamas et l’idéologie sioniste qui charrie en son coeur même le racisme et l’apartheid. Et en tant que Sud-Africain, il sait parfaitement de quoi il parle. Ses propos apportent une réponse sans équivoque au Yedioth qui accuse Azmi Bishara, un membre Palestinien du parlement sioniste, de diffamer l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid de l’ancienne Afrique du sud. Il faut aussi se souvenir qu’alors que l’entité sioniste était une alliée fidèle du régime d’apartheid, les pays arabes ont généralement soutenu l’ANC telle l’Algérie où Mandela avait pu recevoir une formation militaire. Laissons donc la parole à Ronnie Kasrils.
z
(le texte provient du quotidien sud-africail Mail & Guardian du 21 mai 2007, via Random Pottins, le blog de l’historien Britannique Charlie Pottins) Traduit de l’anglais par Djazaïri
d
Voyager en Palestine, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où je me suis rendu récemment, c’est faire un voyage surréaliste à rebours dans l’état d’urgence de l’apartheid. On se décourage à devoir passer par une myriade de checkpoints – plus de 500 en Cisjordanie. Ils sont contrôlés par des soldats lourdement armés, jeunes mais à l’air sinistre, nerveusement attentifs à chaque mouvement, les doigts sur la gâchette.
Heureusement pour moi, que du fait que je circulais dans un véhicule de l’ambassade d’Afrique du Sud avec des documents officiels et une escorte, les délais de passage étaient brefs. Balayer du regard les files de palestiniens à pied ou en voiture c’était comme voir les files d’attente silencieuses et tristes devant les bureaux de passage de l’ancienne Afrique du Sud.
q
Le trajet d’une ville de Cisjordanie à une autre, qui pourrait prendre 20 minutes en voiture dure actuellement 7 heures pour les Palestiniens, soumis à de multiples vexations par de très jeunes soldats. Mon ami, la militante pour la paix Terry Boullata a quasiment abandonné son travail d’enseignant. Le monstrueux mur de l’apartheid s’interpose entre son domicile de Jérusalem Est et son école qui se trouvait de l’autre côté de la rue, lui imposant désormais un trajet d’une heure. Elle s’en tire mieux que les paysans de Qalqilya dont le bourg rural autrefois prospère est totalement cerné par le mur avec ses deux portes d’entrée. Ce sont les troupes d’occupation qui en ont la clef. Souvent elles ne sont même pas là pour permettre à quiconque d’entrer ou de sortir. Bethléem aussi est complètement enfermée par le mur avec deux points de passage. Les Israéliens ont ajouté l’insulte à la blessure en placardant les entrées avec des affiches pittoresques souhaitant la bienvenue aux touristes dans le lieu où est né le Christ.
s
La « barrière de sécurité, » selon les termes israéliens, a autant pour but de briser le moral des hommes que de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Comme un serpent, elle change de forme et coupe à travers les terres agricoles sous la forme d’une barrière d’acier et de fil de fer, avec des tours de guet, des fossés, des chemins de patrouille et des systèmes d’alarme. Elle aura 700 km de long et, d’une hauteur de 8 à 9 mètres par endroit, elle éclipse le mur de Berlin. La fonction de la barrière devient claire en rase campagne. Son tracé englobe de larges pans de la Cisjordanie pour incorporer en Israël les colonies juives illégales – dont certaines sont de grandes agglomérations – et annexer toujours plus de territoire palestinien.Les Israéliens affirment que l’objectif du mur est seulement de prévenir les attaques terroristes. Si c’était le cas, expliquent les Palestiniens, pourquoi n’a-t-il pas été construit le long de la frontière marquée par la ligne verte?
x
On ne peut que souscrire à l’observation du ministre Sud-Africain Essor Pahad qui a déclaré : « Il est devenu parfaitement évident que le mur et les checkpoints ont pour rôle principal d’améliorer la sécurité des colons et de leur faciliter les choses. »La Cisjordanie, 22 % de ce qui fut la Palestine historique, a vu sa superficie réduite de 10 à 12 % pour ses habitants et est scindée en plusieurs fragments dont la vallée du Jourdain qui est une zone de sécurité pour les colons Juifs et l’armée israélienne. Comme le bande de Gaza, le Cisjordanie est de fait une prison hermétiquement fermée. Il est choquant de découvrir que certaines routes sont interdites aux Palestiniens et réservées aux colons Juifs. J’essaye vainement de me souvenir de de quoi que ce soit d’aussi obscène dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La bande de Gaza offre un paysage désolé de pauvreté, de crasse et d’infrastructures bombardées.
x
De façon incongrue, nous avons pu prendre part à une réception donnée pour la journée de la libération de l’Afrique du Sud dans un restaurant avec vue sur le magnifique port et la plage. Des tirs résonnaient dans la rue, interrompant brièvement nos activités; c’étaient des milices ou d’autres groupes de personnes qui fêtaient la sortie d’hôpital d’un camarade blessé. De longues rangées de bateaux de pêche se balancent, inutiles, dans le port car les temps sont durs. Israël leur interdit de s’éloigner de plus de 3km de la côte rendant ainsi la pêche improductive. Pourtant, malgré tout, nos hôtes nous ont offert un banquet digne des meilleures traditions palestiniennes.
d
Nous repartons par l’aéroport de Tel Aviv où un fonctionnaire Israélien repère mon accent. « Êtes-vous Sud-Africain? » me demande-t-il avec l’accent typique de la région de Gauteng. Ce jeune homme a quitté Benoni alors qu’il était enfant en 1985. « Comment est Israël? » lui ai-je demandé. « C’est un endroit pourri [fucked place], » dit-il en riant, « je pars bientôt pour l’Australie. » « De l’autre côté du miroir? » me suis-je dit. J’ai fait exactement comme Alice, je suis allé de l’autre côté du miroir dans un monde surréaliste qui est infiniment pire que l’apartheid. Dans quelques heures je serai en Irlande du Nord, invité à voir Ian Paisley et Martin MC Guinness prêter serment pour le partage du pouvoir à Stormont. Même PW Botha et Ariel Sharon n’ont jamais été aussi extrémistes que Ian Paisley dans sa période la plus belliqueuse et sectaire. L’Irlande a été sous la botte anglaise pendant 800 ans, le régime d’apartheid sud-africain a duré 350 ans. Le projet colonial sioniste remonte aux années 1880. La classe dirigeante israélienne, corrompue et dépourvue de vision, ne peut plus continuer à diriger à l’ancienne manière. Les Palestiniens ne sont pas disposés à rester plus longtemps sous oppression.
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Ce qu’il faut, c’est l’unité des Palestiniens derrière leur gouvernement élu renforcé pat les luttes des Palestiniens et des Israéliens progressistes avec le soutien de la solidarité internationale. Les exigences immédiates sont la reconnaissance du gouvernement d’unité nationale, le levée des sanctions économiques et du bouclage des territoires Palestiniens, la inde 40 ans d’occupation militaire et la reprise des négociations pour une solution avec deux ÉtatsRemarquons pour finir que l’invitation du premier ministre Ismaïl Haniyeh en tant que chef du gouvernement d’unité nationale a été saluée par le président Mahmoud Abbas et sera honorée par notre gouvernement. Comme ils disent en arabe : « Inch Allah si Dieu le veut].

>Azmi Bishara diffame-t-il l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid. La réponse d’un spécialiste.

28 mai 2007

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Ronnie Kasrils, le ministre Sud-Africain des services de renseignements, est issu d’une famille juive Balte et c’est un vétéran de la lutte clandestine contre l’apartheid dans son pays. Ses prises de position en faveur des Palestiniens et sa condamnation nette du sionisme irritent le lobby sioniste dans son pays et, bien sûr, les chefs du gang sioniste à Tel Aviv. Kasrils est un marxiste, ce qui ne l’a pas empêché, au cours d’une récente visite effectuée en Palestine occupée d’inviter officiellement en Afrique du Sud Ismaïl Haniyeh, le premier ministre Hamas de l’Autorité Palestinienne. C’est que Kasrils ne s’y trompe pas et sait parfaitement faire la différence entre un mouvement d’émancipation tel que le Hamas et l’idéologie sioniste qui charrie en son coeur même le racisme et l’apartheid. Et en tant que Sud-Africain, il sait parfaitement de quoi il parle. Ses propos apportent une réponse sans équivoque au Yedioth qui accuse Azmi Bishara, un membre Palestinien du parlement sioniste, de diffamer l’entité sioniste en la comparant au régime d’apartheid de l’ancienne Afrique du sud. Il faut aussi se souvenir qu’alors que l’entité sioniste était une alliée fidèle du régime d’apartheid, les pays arabes ont généralement soutenu l’ANC telle l’Algérie où Mandela avait pu recevoir une formation militaire. Laissons donc la parole à Ronnie Kasrils.
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(le texte provient du quotidien sud-africail Mail & Guardian du 21 mai 2007, via Random Pottins, le blog de l’historien Britannique Charlie Pottins) Traduit de l’anglais par Djazaïri
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Voyager en Palestine, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie où je me suis rendu récemment, c’est faire un voyage surréaliste à rebours dans l’état d’urgence de l’apartheid. On se décourage à devoir passer par une myriade de checkpoints – plus de 500 en Cisjordanie. Ils sont contrôlés par des soldats lourdement armés, jeunes mais à l’air sinistre, nerveusement attentifs à chaque mouvement, les doigts sur la gâchette.
Heureusement pour moi, que du fait que je circulais dans un véhicule de l’ambassade d’Afrique du Sud avec des documents officiels et une escorte, les délais de passage étaient brefs. Balayer du regard les files de palestiniens à pied ou en voiture c’était comme voir les files d’attente silencieuses et tristes devant les bureaux de passage de l’ancienne Afrique du Sud.
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Le trajet d’une ville de Cisjordanie à une autre, qui pourrait prendre 20 minutes en voiture dure actuellement 7 heures pour les Palestiniens, soumis à de multiples vexations par de très jeunes soldats. Mon ami, la militante pour la paix Terry Boullata a quasiment abandonné son travail d’enseignant. Le monstrueux mur de l’apartheid s’interpose entre son domicile de Jérusalem Est et son école qui se trouvait de l’autre côté de la rue, lui imposant désormais un trajet d’une heure. Elle s’en tire mieux que les paysans de Qalqilya dont le bourg rural autrefois prospère est totalement cerné par le mur avec ses deux portes d’entrée. Ce sont les troupes d’occupation qui en ont la clef. Souvent elles ne sont même pas là pour permettre à quiconque d’entrer ou de sortir. Bethléem aussi est complètement enfermée par le mur avec deux points de passage. Les Israéliens ont ajouté l’insulte à la blessure en placardant les entrées avec des affiches pittoresques souhaitant la bienvenue aux touristes dans le lieu où est né le Christ.
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La « barrière de sécurité, » selon les termes israéliens, a autant pour but de briser le moral des hommes que de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Comme un serpent, elle change de forme et coupe à travers les terres agricoles sous la forme d’une barrière d’acier et de fil de fer, avec des tours de guet, des fossés, des chemins de patrouille et des systèmes d’alarme. Elle aura 700 km de long et, d’une hauteur de 8 à 9 mètres par endroit, elle éclipse le mur de Berlin. La fonction de la barrière devient claire en rase campagne. Son tracé englobe de larges pans de la Cisjordanie pour incorporer en Israël les colonies juives illégales – dont certaines sont de grandes agglomérations – et annexer toujours plus de territoire palestinien.Les Israéliens affirment que l’objectif du mur est seulement de prévenir les attaques terroristes. Si c’était le cas, expliquent les Palestiniens, pourquoi n’a-t-il pas été construit le long de la frontière marquée par la ligne verte?
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On ne peut que souscrire à l’observation du ministre Sud-Africain Essor Pahad qui a déclaré : « Il est devenu parfaitement évident que le mur et les checkpoints ont pour rôle principal d’améliorer la sécurité des colons et de leur faciliter les choses. »La Cisjordanie, 22 % de ce qui fut la Palestine historique, a vu sa superficie réduite de 10 à 12 % pour ses habitants et est scindée en plusieurs fragments dont la vallée du Jourdain qui est une zone de sécurité pour les colons Juifs et l’armée israélienne. Comme le bande de Gaza, le Cisjordanie est de fait une prison hermétiquement fermée. Il est choquant de découvrir que certaines routes sont interdites aux Palestiniens et réservées aux colons Juifs. J’essaye vainement de me souvenir de de quoi que ce soit d’aussi obscène dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La bande de Gaza offre un paysage désolé de pauvreté, de crasse et d’infrastructures bombardées.
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De façon incongrue, nous avons pu prendre part à une réception donnée pour la journée de la libération de l’Afrique du Sud dans un restaurant avec vue sur le magnifique port et la plage. Des tirs résonnaient dans la rue, interrompant brièvement nos activités; c’étaient des milices ou d’autres groupes de personnes qui fêtaient la sortie d’hôpital d’un camarade blessé. De longues rangées de bateaux de pêche se balancent, inutiles, dans le port car les temps sont durs. Israël leur interdit de s’éloigner de plus de 3km de la côte rendant ainsi la pêche improductive. Pourtant, malgré tout, nos hôtes nous ont offert un banquet digne des meilleures traditions palestiniennes.
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Nous repartons par l’aéroport de Tel Aviv où un fonctionnaire Israélien repère mon accent. « Êtes-vous Sud-Africain? » me demande-t-il avec l’accent typique de la région de Gauteng. Ce jeune homme a quitté Benoni alors qu’il était enfant en 1985. « Comment est Israël? » lui ai-je demandé. « C’est un endroit pourri [fucked place], » dit-il en riant, « je pars bientôt pour l’Australie. » « De l’autre côté du miroir? » me suis-je dit. J’ai fait exactement comme Alice, je suis allé de l’autre côté du miroir dans un monde surréaliste qui est infiniment pire que l’apartheid. Dans quelques heures je serai en Irlande du Nord, invité à voir Ian Paisley et Martin MC Guinness prêter serment pour le partage du pouvoir à Stormont. Même PW Botha et Ariel Sharon n’ont jamais été aussi extrémistes que Ian Paisley dans sa période la plus belliqueuse et sectaire. L’Irlande a été sous la botte anglaise pendant 800 ans, le régime d’apartheid sud-africain a duré 350 ans. Le projet colonial sioniste remonte aux années 1880. La classe dirigeante israélienne, corrompue et dépourvue de vision, ne peut plus continuer à diriger à l’ancienne manière. Les Palestiniens ne sont pas disposés à rester plus longtemps sous oppression.
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Ce qu’il faut, c’est l’unité des Palestiniens derrière leur gouvernement élu renforcé pat les luttes des Palestiniens et des Israéliens progressistes avec le soutien de la solidarité internationale. Les exigences immédiates sont la reconnaissance du gouvernement d’unité nationale, le levée des sanctions économiques et du bouclage des territoires Palestiniens, la inde 40 ans d’occupation militaire et la reprise des négociations pour une solution avec deux ÉtatsRemarquons pour finir que l’invitation du premier ministre Ismaïl Haniyeh en tant que chef du gouvernement d’unité nationale a été saluée par le président Mahmoud Abbas et sera honorée par notre gouvernement. Comme ils disent en arabe : « Inch Allah si Dieu le veut].

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