Archive for the ‘caricature’ Category

Des "brêles" au Danemark. Retour sur un attentat déjoué

2 janvier 2011
Je voulais vous parler de l’attentat sanglant qui a visé tout récemment une église à Alexandrie en Egypte et, comme support, j’avais prévu d’utiliser un très bel article, en forme de « J’accuse » à la manière d’Emile Zola, de Hani Shukrallah paru dans le journal égyptien al Ahram. J’avais achevé la traduction et je m’attelais au commentaire introductif quand… mon ordinateur a planté. Et bien sûr, je n’avais pas sauvegardé le travail! je n’ai pas le courage de refaire le boulot tout de suite, j’espère pouvoir recommencer d’ici deux ou trois jours à moins que ce texte n’ait entre temps été mis ailleurs à la disposition des lecteurs francophones.

En attendant, je vous propose un petit retour sur l’attentat déjoué contre le siège du quotidien danois qui avait publié les fameuses caricatures sur le prophète de l’Islam.  L’article que je vous propose s’attarde sur un des protagonistes du complot, un certain Munir Awad, un ressortissant Suédois d’origine libanaise.
Le moins qu’on puisse effectivement dire, c’est que le plan dont le but aurait été de commettre un massacre était dès le départ destiné à échouer. Il est même tout à fait étonnant que des cerveaux du terrorisme « islamique » se soient adressés à quelqu’un que n’importe quel banlieusard aurait qualifié au minimum de « brêle ».
Mais nous dit-on en conclusion de l’article, cette tentative a suscité la peur et elle a donc en quelque sorte réussi puisque la peur est l’essence même du terrorisme.Certes, mais il n’y a pas que le terrorisme qui mette la peur au coeur de son business…
Avant de vous laisser lire, si vous le souhaitez, l’article du Local suédois, je voudrais juste faire deux remarques sur les fameuses caricatures. La première est que la colère des Musulmans aurait été mieux employée contre des atteintes autrement plus graves que les dessins minables parus dans le Jyllands-posten. La deuxième est que, contrairement à ce qui est souvent affirmé, ces caricatures renvoient moins à la liberté d’expression caractéristique des Lumières occidentale qu’à l’imagerie médiévale qui identifiait le prophète de l’Islam à l’Antéchrist, au mal..
 

Un expert: le plan terroriste au Danemark  était « destiné à l’échec. »
The Local (Suède) 1er janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un complot déjoué cette semaine qui visait à massacrer le personnel d’u journal danois était voué à l’échec parce que les liens des suspects avec des extrémistes islamistes étaient très bien connus, a déclaré samedi un spécialiste du terrorisme.
Un des cinq hommes arrêtés mercredi était « si exposé publiquement et si bien connu des services de renseignements que le complot contre le Jyllands-Posten était pratiquement destiné à échouer, » a déclaré à l’édition en ligne du journal Politiken Magnus Ranstorp, un spécialiste du terrorisme au Swedish National Defence College.

Munir Awad, un Suédois de 29 ans né au Liban était l’un des cinq hommes arrêtés mercredi pour avoir ourdi ce que les officiels Danois ont qualifié de plan pour « tuer le plus de personnes possible » dans une attaque contre le siège du quotidien Jyllands-Posten.

Ce journal avait publié en septembre 2005 une dizaine de dessins du prophète de l’islam qui ont suscité des manifestations violentes et parfois meurtrières dans le monde, ainsi que des menaces contre le journal.
Quatre hommes, dont Awad et deux autres hommes vivant à Stockholm – ont été arrêtés dans les faubourgs de Copenhague et un autre a été interpellé à son domicile dans la capitale suédoise.
Les quatre personnes vivant en Suède étaient sous surveillance depuis des mois, a annoncé cette semaine le Sapo, les services secrets suédois.
Le ministère suédois des affaires étrangères a confirmé vendredi qu’Awad avait été arrêté en Somalie en 2007 et au pakistan en 2009 et que des officiels Suédois étaient intervenus en sa faveur.
Awad avait remercié publiquement le Sapo pour avoir obtenu sa libération de Somalie où il avait été détenu il y a trois ans avec son épouse enceinte âgée de 17 ans.

« Nous savons que le Sapo nous a ramenés à la maison et nous lui en sommes très reconnaissants,é avait-il dit à l’époque à un journal suédois.

Au Pakistan, Awad, son épouse et leur fils âgé de deux ans avaient été arrêtés en compagnie de mehdi Ghezali, un Suédois qui avait passé deux années dans le centre de détention US de Guantanamo Bay, a déclaré à l’AFP le porte parole du ministère Anders Jörle.
Les informations en Suède indiquent aussi qy’il avait partagé par intermittence un appartement à Stockholm avec deus membres du mouvement islamiste Al-Shabab qui ont été condamnés en décembre à de la prison par un tribunal suédois pour avoir « planifié des crimes terroristes » en Somalie.

« Il est probablement le dernier homme que des professionnels du terrorisme enverraient pour une mission au Danemark, » déclare Ranstorp qui ajoute s’être douté que les suspects du complot déjoué au Danemark étaient certainement des « semi-amateurs. »
Petter nessar du Norwegian Defence Research Establishment a déclaré par ailleurs que si Awad et ses complices présumés n’étaient peut-être pas un choix idéal pour réaliser un attentat professionnel, « des cellules terroristes doivent utiliser les ressources qu’elles peuvent se procurer. »
« Et même si les terroristes n’ont pas réussi à mener à accomplir cette opération… elle a eu un effet évident. Les gens sont effrayés et c’est l’essence même du terrorisme, » a-t-il déclaré à Politiken.

Danemark: "Moquez vous des Musulmans, pas de la famille royale"

5 octobre 2010
Un article intéressant sur la colère de dessinateurs Danois qui ont vu une exposition de leurs oeuvres interdite.
No comment, sauf pour rappeler à certains esprits un peu trop hexagonaux que non seulement le Danemark n’est pas une république, mais que ce n’est pas non plus un Etat laïque. Le protestantisme luthérien est en effet religion d’Etat au royaume de Danemark avec la Reine comme autorité suprême.

Dispute royale autour d’une exposition d’artistes Danois
AFP, The Age (Australie) 6 octobre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Danois, prompts à évoquer la liberté d’expression pour justifier des productions artistiques jugées offensantes par les musulmans ne sont pas aussi libéraux quand il s’agit de moquer la famille royale, a affirmé ce mardi une organisation d’artistes Danois.

« Il n’y a pas de liberté d’expression sauf quand il s’agit de ridiculiser une minorité musulmane, »  a déclaré à l’AFP Jan Egesborg, un des co fondateurs de l’organisation danoise d’art satirique Surrend.

L’organisation a exprimé son indignation devant l’annulation par le musée Gamle By de la ville d’Aarhus, au centre ouest du pays, d’une exposition parce qu’elle comprenait des caricatures de la famille royale à caractère explicitement sexuel.

Surrend a condamné le deux poids deux mesures dans un pays qui a maintes fois insisté sur l’importance de la liberté d’expression quand il s’agissait de Musulmans irrités par la publication par un journal danois de douze caricatures du prophète Mohammed.

Pour protester contre l’annulation de l’exposition, l’organisation a recouvert ce mardi le centre de Copenhague d’affiches où figuraient ensemble les dessins sur la reine Margrethe et d’autres membres de la famille royale dans une scène d’orgie et le plus connu des dessins sur le prophète Mohammed, où on le voit avec un turban en forme de bombe avec une mèche allumée.

« Moquez vous des Musulmans, pas de la famille royale, » peut-on lire sur l’affiche.

« C’est le comble de l’hypocrisie que le Danemark, qui prétend être en pointe dans le combat pour la liberté d’expression, censure une affiche sur la famille royale, » affirme Egesborg.

L’organisation a aussi critiqué le Jyllands-Posten, le journal qui a publié les caricatures de Mohammed en 2005, déclenchant des protestations à travers le monde musulman, mais qui a été le seul grand media danois à refuser de publier l’affiche sur la famille royale.

« C’est le même journal qui a critiqué d’autres media pour avoir refusé de reéditer les caricatures du prophète… et qui soutient la décision du musée d’annuler l’exposition de Surrend, » affirme Egesborg.

Le curateur du musée d’Aarhus, Thomas Bloch, a reconnu avoir exigé le retrait du poster avec la famille royale qu’il décrit comme « satirique et vraiment pornographique. »

Benito Cabo, ou la réponse du journal El Pais aux pressions sionistes

30 septembre 2009
Eugenio Suarez, chroniqueur littéraire du journal espagnol El Pais a choisi tout récemment d’offrir au lectorat une nouvelle revue « critique » d’un roman de l’écrivain Benito Cabo paru voici deux ans.
Il explique qu’il le signale à nouveau parce que c’est selon lui un livre intéressant qui, toujours selon lui, n’a malheureusement pas rencontré le succès qu’il méritait.



On peut légitimement s’étonner d’une sollicitude assez inhabituelle chez les journalistes et donc hésiter à se contenter de cette explication.
Si la qualité du livre ne semble pas douteuse, il faut situer le regain d’intérêt d’El Pais à son égard à la lumière des accusations d’antisémitisme qui ont été proférées à l’encontre de ce journal par l’entité sioniste et la fameuse Anti Defamation League (ADL), accusations fondées sur la façon dont ce quotidien, mais aussi El Mundo un autre titre espagnol important,  a rendu compte de l’agression sioniste contre Gaza. Les sionistes mettent notamment en cause la caricature que vous trouverez par ce lien. La traduction (correcte) de la légende, je la laisse aux bons soins de nos amis de Sion.
Et il va aussi de soi que l’ADL a constaté une sensible poussée d’antisémitisme en Espagne (comme d’ailleurs en Norvège, en Suède et en vérité un peu partout).


Cet article est donc en réalité une réponse assez élégante aux accusations formulées par l’entité sioniste et ses suppôts.
On aimerait d’ailleurs que ce roman rencontre un vif succès et qu’il soit traduit en français, d’autant qu’il est absolument fidèle à la réalité historique.

Une précision toutefois : Ion Victor Antonescu, le chef de l’Etat roumain de l’époque, s’il a pactisé avec Hitler, si son armée a procédé au massacre de Juifs et livré des Juifs réclamés par le régime nazi, semble avoir protégé ses concitoyens de confession israélite dans une démarche qui le rapproche de Philippe Pétain. L’opération d’évacuation décrite dans le livre n’avait d’ailleurs été rendue possible que par la vieille amitié d’Antonescu avec le président des communautés juives de Roumanie.



Nazis et Juifs bras dessus bras dessous
Par Eugenio SUÁREZ, El Pais (Esp) le 21/09/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri


Il y a 70 ans débutait la guerre mondiale et un de ses chapitres collatéraux les plus terrifiants fut l’extermination des Juifs. Penser au mot nazi évoque immédiatement son contraire : Juif. Pour sa rareté – du moins pour moi – je crois intéressant de rendre compte d’un livre curieux qui n’ayant pas rencontré d’écho médiatique à ce jour, n’a été tiré qu’en un nombre restreint d’exemplaires. Comme il en faut pour tous les goûts [« hay gente pa tó »], je me permets de le signaler à nouveau au nom de la curiosité qu’il peut susciter.

Il traite de circonstances qui sont restées secrètes ou connues de très peu de gens, de pactes, d’accords et de communauté d’intérêts entre Hitler et les Juifs sionistes. Le livre, sous forme romancée, comporte des documents en annexe avec de solides références sur les faits présentés. Son titre : El expediente Sión [Le dossier Sion], publié par les éditions Depha en 2007. Son auteur : Benito Cabo, un Asturien d’Avilés, licencié en droit de la Complutense [université de Madrid], qui réside et travaille à Madrid. Voilà pour les références.

Le récit commence avec l’affrètement d’un vieux bateau nommé Sparta, qui quitta en 1941 le port roumain de Constantza avec à bord 769 Juifs Roumains qui aspiraient – moyennant un prix très élevé – à se rendre au port de Haïfa en Palestine. Deux années s’étaient donc écoulé depuis l’éclatement du conflit et la signature du pacte germano-soviétique suivis par le déclenchement des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS. Connaissant l’antisémitisme nazi que j’ai vécu à la fin de cette guerre en qualité de correspondant de presse à Budapest, j’avais vu, soit dit en passant, des choses de manière très directe lorsque j’avais hébergé certains de ces êtres sans défense avec une étoile jaune cousue sur leurs vêtements.
Le navire se nommait en réalité Struma comme le confirme la documentation, il battait pavillon panaméen ; et l’odyssée de sa cargaison humaine en Méditerranée pendant 74 jours, est relatée avec minutie dans le livre. Comment est-il possible que près d’un millier de Juifs aient tenté l’aventure d’atteindre la terre promise d’Israël en cette période et dans de telles conditions ?
Lorsque, après un voyage difficile, ils furent en vue de la terre de Palestine, les autorités britanniques – haïes par les Arabes et par les Juifs – qui exerçaient un dur protectorat (je suis allé là bas) soupçonnant la manœuvre, refusèrent la permission d’accoster et le bateau renta alors de rallier Istanbul. Là bas, les Turcs, cédant à une exigence anglaise, le refoulèrent implacablement. Et, terme d’un périple difficile de plus de deux mois, à dix milles d’Istanbul, un sous marin russe tira une torpille qui coula le navire. Une seule personne en réchappa, dont le nom apparait dans le livre et qui vit maintenant aux Etats Unis.

LA grille d’’interprétation proposée par le récit est incroyable et en même temps vraisemblable. Les Juifs sionistes entrent en contact avec les autorités allemandes via l’ambassadeur d’Allemagne à Ankara, Franz Von Papen, ex-chancelier de la république de Weimar et allié fidèle d’Hitler.
La proposition était simple : l’Allemagne soutient l’installation des Juifs en Palestine, où un commando spécial attaquera la cité portuaire d’Haïfa ; les Juifs de toute l’Europe afflueraient en Israël pour fonder un Etat autonome et une base allemande qui couperait l’alimentation en pétrole arabe, neutraliserait le canal de Suez et les forces britanniques se retrouveraient enfermées dans un piège mortel. De son côté, Rommel empêcherait la retraite des troupes britanniques, le tout réalisé avant l’intervention des Etats Unis sur le continent européen. Le Royaume Uni se verrait obligé de demander ou d’accepter la paix et l’armée allemande aurait les mains libres pour affronter le véritable ennemi : la Russie soviétique. Le Führer avait approuvé le projet, faisant la distinction entre sionistes et Juifs en général, voués à l’extermination selon son idéologie politique.

Je ne veux pas gâcher l’intérêt du récit, vraiment passionnant, à pat le phénomène contagieux qui n’a pas épargné l’auteur et qui consiste à employer des mots vulgaires pour décrire des situations érotiques non nécessaires et qui affaiblissent une partie de la narration.
Intéressante sans doute, par son caractère véridique, la surprenante alliance d’une partie du peuple juif avec ses bourreaux
.

Le caricaturiste Danois a-t-il vraiment échappé à une tentative d’assassinat?

18 février 2008
On a « su »récemment qu’un complot visant à assassiner Kurt Westergaard, un des caricaturistes qui avait exercé son « talent » pour salir le prophète de l’Islam vient d’être déjoué par la police du Danemark.
Si personnellement je désapprouve ces caricatures, je dois dire que je désapprouve également toutes les réactions qui ont consisté à proférer des imprécations voire des menaces à l’encontre des dessinateurs et des organes de presse qui leur ont permis de s’exprimer de la sorte. A mon avis, les Musulmans ont des problèmes plus urgents à traiter que de s’emporter contre des minables.
La seule réponse valable aurait été celle de l’argumentation intellectuelle afin de renvoyer les sots à leur sottise. Malheureusement la voix de ceux qui plaidaient de manière positive a été noyée dans le brouhaha de gesticulateurs souvent hypocrites. Gesticulateurs dont on s’attendrait à ce qu’ils mobilisent les peuples de l’Islam en faveur de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Palestine, ce qu’ils se gardent trop souvent de faire.
s
Bon, revenons à cette affaire de tentative d’assassinat qui, soit dit en passant, aurait incité la presse danoise à rééditer les fameuses caricatures. La police danoise a procédé à l’arrestation de trois suspects : un Danois d’origine marocaine et deux ressortissants Tunisiens. Ce projet d’assassinat a été condamné, et c’est une bonne chose, par l’ensemble des responsables des organisations politiques et religieuses de ce pays, dont le président de la Communauté islamique, la plus influente organisation musulmane du royaume scandinave. « Il ne sert pas notre objectif que des gens se substituent aux lois, bien au contraire, a affirmé ce dernier, appelant la classe politique et les médias à «ne pas utiliser cet exemple misérable pour jeter de l’huile sur le feu».

Je souscris entièrement mais je ne peux m’empêcher de ma poser la question suivante : y-a-t-il eu réellement un projet d’assassinat de ce minable dessinateur?
ss
En effet, on apprend que le Danemark veut expulser les terroristes [les deux non Danois du moins] sans les juger. Notons au passage comment on colle facilement l’étiquette terroriste sur le dos de quelqu’un, fut-il un délinquant, pour peu qu’il soit musulman. Bref, poursuivons.

C’est sur la recommandation du service de renseignement de la police [PET] que le gouvernement a décidé d’expulser les deux Tunisiens, résidents réguliers au Danemark depuis plus de sept ans, estimant qu’ils représentent un danger pour la sécurité de l’État. Et ce, sur la base de lois antiterroristes adoptées en 2002 et inspirées de celles décidées aux Etats-Unis par l’administration Bush.
C’est curieux, allez-vous me dire : mais où est passé le Danois d’origine marocaine. Et il est vrai qu’il a eu tendance à disparaître au fil des dépêches d’actualité.

Ne vous inquiétez pas, on l’a retrouvé et on nous apprend que cet individu âgé de 40 ans a été « relâché faute de preuves » et qu’aucune poursuite n’est engagée contre lui ni contre ses présumés complices d’ailleurs.
Pas de preuves pour des poursuites judiciaires, c’est malgré tout suffisamment de preuves pour pratiquer une expulsion de personnes manifestement abusivement qualifiées de terroristes et qui risquent d’en subir les conséquences une fois de retour en Tunisie.
Une victoire facile pour la police danoise et pour tous ceux qui veulent entretenir un climat de peur vis-à-vis des Musulmans dans un royaume où apparemment tout ne va pas pour le mieux.

>Le caricaturiste Danois a-t-il vraiment échappé à une tentative d’assassinat?

18 février 2008

>

On a « su »récemment qu’un complot visant à assassiner Kurt Westergaard, un des caricaturistes qui avait exercé son « talent » pour salir le prophète de l’Islam vient d’être déjoué par la police du Danemark.
Si personnellement je désapprouve ces caricatures, je dois dire que je désapprouve également toutes les réactions qui ont consisté à proférer des imprécations voire des menaces à l’encontre des dessinateurs et des organes de presse qui leur ont permis de s’exprimer de la sorte. A mon avis, les Musulmans ont des problèmes plus urgents à traiter que de s’emporter contre des minables.
La seule réponse valable aurait été celle de l’argumentation intellectuelle afin de renvoyer les sots à leur sottise. Malheureusement la voix de ceux qui plaidaient de manière positive a été noyée dans le brouhaha de gesticulateurs souvent hypocrites. Gesticulateurs dont on s’attendrait à ce qu’ils mobilisent les peuples de l’Islam en faveur de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Palestine, ce qu’ils se gardent trop souvent de faire.
s
Bon, revenons à cette affaire de tentative d’assassinat qui, soit dit en passant, aurait incité la presse danoise à rééditer les fameuses caricatures. La police danoise a procédé à l’arrestation de trois suspects : un Danois d’origine marocaine et deux ressortissants Tunisiens. Ce projet d’assassinat a été condamné, et c’est une bonne chose, par l’ensemble des responsables des organisations politiques et religieuses de ce pays, dont le président de la Communauté islamique, la plus influente organisation musulmane du royaume scandinave. « Il ne sert pas notre objectif que des gens se substituent aux lois, bien au contraire, a affirmé ce dernier, appelant la classe politique et les médias à «ne pas utiliser cet exemple misérable pour jeter de l’huile sur le feu».

Je souscris entièrement mais je ne peux m’empêcher de ma poser la question suivante : y-a-t-il eu réellement un projet d’assassinat de ce minable dessinateur?
ss
En effet, on apprend que le Danemark veut expulser les terroristes [les deux non Danois du moins] sans les juger. Notons au passage comment on colle facilement l’étiquette terroriste sur le dos de quelqu’un, fut-il un délinquant, pour peu qu’il soit musulman. Bref, poursuivons.

C’est sur la recommandation du service de renseignement de la police [PET] que le gouvernement a décidé d’expulser les deux Tunisiens, résidents réguliers au Danemark depuis plus de sept ans, estimant qu’ils représentent un danger pour la sécurité de l’État. Et ce, sur la base de lois antiterroristes adoptées en 2002 et inspirées de celles décidées aux Etats-Unis par l’administration Bush.
C’est curieux, allez-vous me dire : mais où est passé le Danois d’origine marocaine. Et il est vrai qu’il a eu tendance à disparaître au fil des dépêches d’actualité.

Ne vous inquiétez pas, on l’a retrouvé et on nous apprend que cet individu âgé de 40 ans a été « relâché faute de preuves » et qu’aucune poursuite n’est engagée contre lui ni contre ses présumés complices d’ailleurs.
Pas de preuves pour des poursuites judiciaires, c’est malgré tout suffisamment de preuves pour pratiquer une expulsion de personnes manifestement abusivement qualifiées de terroristes et qui risquent d’en subir les conséquences une fois de retour en Tunisie.
Une victoire facile pour la police danoise et pour tous ceux qui veulent entretenir un climat de peur vis-à-vis des Musulmans dans un royaume où apparemment tout ne va pas pour le mieux.

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