Archive for the ‘Clinton’ Category

Le lobby sioniste "possède" Mme Clinton et c’est pourquoi il la préfère au sénateur Obama.

28 février 2008

Pourquoi la guerre contre Obama

par Robert Parry, Baltimore Chronicle (USA) 26 février 2008, traduit de l’anglais par Djazaïri

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Alors que des esprits cyniques continuent à voir l’appel au « changement » de Barack Obama comme une vaine rhétorique, des familiers des cercles de Washington commencent à penser que sa capacité à lever d’importantes somme d’argent auprès d’environ un million de donateurs, la plupart étant de petits donateurs, pourrait fragiliser l’emprise que l’argent lié à des intérêts particuliers a depuis longtemps sur le gouvernement des Etats-Unis.
Cette prise de conscience de plus en plus répandue que le mouvement politique d’Obama pourrait représenter un changement plus révolutionnaire qu’on ne voulait bien l’admettre suscite une résistance croissante chez les défenseurs du statu quo – et incitent à des attaques plus dures contre Obama.

Actuellement, la ligne de front pour l’establishment de Washington est la bataille électorale présidentielle d’Hillary Clinton qui a été abasourdie par l’intelligence politique d’Obama comme par son extraordinaire capacité à lever des fonds par internet. Les dons venus de la base électorale d’Obama ont annulé la prodigieuse avance de Mme Clinton avec les gros donateurs.
Les lobbies puissants – depuis l’AIPAC aux représentants de l’industrie de l’armement et autres – sont également conscients de l’intérêt de maintenir leur domination sur le financement de la campagne en ne diluant pas leur argent dans l’immense réservoir des petits donateurs d’Obama. Il est de leur intérêt direct de freiner l’élan d’Obama et de démoraliser au plus vite la base qui le soutient.
Alors, les néoconservateurs et d’autres mouvements idéologiques – largement dépendants des financements venant des mêmes intérêts particuliers – s’impliquent maintenant dans la campagne électorale de Mme Clinton pour démolir Obama en le dépeignant comme non patriotique, inexpérimenté et probablement « crypto-musulman. »
Le 25 février, William Kristol, éditorialiste néoconservateur du New York Times attaquait le patriotisme d’Obama en citant la décision du sénateur de l’Illinois de ne plus arborer sur son revers le pin du drapeau américain car, selon Obama, il a vu comment George W. Bush avait exploité le drapeau pour précipiter la nation dans la guerre avec l’Irak.
« Vous savez, la vérité est que juste après le 11 septembre j’avais un pin, » avait répondu Obama en octobre 2007 quand on lui avait posé la question sur le non port du pin au drapeau. « Comme nous parlons de la guerre en Irak qui est devenue un substitut selon moi au véritable patriotisme qui consiste à se prononcer sur des questions importantes pour notre sécurité nationale, j’ai décidé de ne plis porter ce pin sur ma poitrine. »
Dans un édito intitulé « C’est Tout pour Lui,» Kristol raillait cette explication comme un exemple aussi bien des proclamations douteuses de patriotisme d’Obama que de sa suffisance.
« Mettons de côté l’affirmation selon laquelle ‘se prononcer sur des questions’ constitue le vrai patriotisme » écrivait Kristol. « Ce qui est frappant c’est qu’Obama n’a pas pu d’empêcher de donner une explication grandiose… La vanité morale a prévalu. Il voulait expliquer qu’il était trop bien – trop patriote ! – pour porter un pin avec le drapeau sur sa poitrine. »
Kristol s’en est pris ensuite à Michelle Obama pour la façon dont elle avait exprimé son enthousiasme devant la mobilisation populaire pour un changement politique qui a entouré la campagne de son mari : « Pour la première fois de ma vie d’adulte, je suis vraiment fière de mon pays, » avait-elle dit.
Kristol écrivait : « Est-il vraiment possible que les Etats-Unis n’aient rien accompli depuis [le milieu des années 1980] qui puisse la rendre fière ? C’est apparemment le cas.» [New York Times, 25 fév. 2008]

Les malheurs financiers de Clinton

Pendant ce temps, la campagne de Clinton – après avoir consommé plus de 130 millions de dollars et nécessité un emprunt d’urgence de cinq millions dans les ressources personnelles des Clinton – l’a ramenée tête basse vers certains des intérêts particuliers déterminés à préserver le statu quo à Washington.
Par exemple, Jonathan Mantz, le directeur financier de la campagne Clinton a rencontré des donateurs de l’ American Israel Public Affairs Committee [AIPAC] dans le salon d’un hôtel de Washington au moment ces soutiens d’Israël se trouvaient dans cette ville pour affaires, rapportait le Wall Street Journal du 14 février.
La démarche avait du sens car ces membres du groupe de pression pro israélien restent inquiets de la proposition par Obama de discussions à haut niveau avec l’Iran, de son opposition à la guerre contre l’Irak et à son moindre palmarès dans le soutien à Israël comparativement à Hillary Clinton et à John McCain.
Un ancien officiel Israélien m’a expliqué que le gouvernement israélien pense que ça peut marcher avec Obama, Clinton ou McCain mais que le lobby israélien aux USA est fermement opposé à Obama, lui préférant Clinton parce que « ils la possèdent. » Selon cet officiel, le lobby a quelques inquiétudes aussi avec Mc Cain à cause de sa ligne indépendante.
Comme d’autres lobbies puissants, l’AIPAC est inquiet de la capacité d’Obama à collecter d’importantes sommes d’argent auprès d’Américains moyens, limitant ainsi pour les politiciens de Washington le besoin de demander l’obole au réseau légendaire de donateurs fortunés de l’AIPAC. [Pour des précisions, voir Consortiumnews.com’s “How Far Will the Clintons Go?”]

Après avoir perdu 11 primaires consécutives, la campagne de Clinton se transforme désormais en stratégie de la « bouche d’égout, » qui consiste à balancer tout ce qu’elle a sous la main sur Obama.

Ces dernières semaines, les représentants de Clinton ont fait circuler des rumeurs sur les liens d’Obama avec des personnes portant des noms arabes et sur les contributions financières qu’il a reçues de la part de personnes qui étaient des étudiants extrémistes dans les années 1970 (malgré qu’ils aient aujourd’hui les cheveux gris et fassent partie des la classe moyenne). Certains regroupent ces attaques sous le titre, « Les scandales d’Obama. »

Le 26 février, Matt Drudge rapportait sur son site de potins qu’un membre de l’équipe Clinton avait envoyé par courriel une photo d’Obama prise en 2006 au cours d’un voyage au Kenya et sur laquelle on le voit portant un turban et d’autres vêtements traditionnels des sages Somaliens. Ce qui a renforcé des rumeurs antérieures selon lesquelles Obama était secrètement Musulman en dépit de sa longue appartenance à une église chrétienne de Chicago.David Plouffe, directeur de campagne d’Obama a dénoncé la mise en circulation de cette photo par l’équipe Clinton et son objectif « honteux et offensant de provoquer la peur. »
L’équipe Clinton a nié avoir eu connaissance de la manière dont la photo a été diffusée, mais Maggie Williams, sa directrice de campagne s’en est prise à l’équipe d’Obama pour sa réaction excessive. « Si les responsables de la campagne de Barack Obama veulent suggérer qu’une photo de lui vêtu d’habits somaliens traditionnels est de nature à semer le trouble, ils devraient avoir honte, » a-t-elle déclaré.

Les deux visages d’Hillary

La sénatrice Clinton elle-même a semblé tiraillée entre montrer aux électeurs son visage le plus doux ou laisser parler sa nature combative profonde.
A la fin du débat au Texas, le 21 février, la sénatrice Clinton avait tendu la main vers Obama et exprimé à quel point elle se sentait « honorée » d’être sur la même estrade que lui. Mais elle a bien vite changé de tactique et lancé de dures attaques contre Obama.
Le 23 février, réagissant à des tracts distribués par le camp d’Obama dans l’Ohio et critiquant ses positions sur l’accord de libre échange nord-américain (ALENA) et l’obligation de souscription qui figure dans son plan pour l’assurance santé, Clinton a tancé son rival.

« Honte à vous, Barack Obama, » avait crié Clinton, avant de lui ordonner de « me rencontrer en Ohio et de débattre sur votre tactique et votre comportement dans cette campagne. »

Certains observateurs ont trouvé que l’explosion de Clinton ressemblait à celle d’une reine en colère grondant un jeune serviteur maladroit, ou à celle d’une principale de collège ramenant un élève à l’administration de l’école en le tirant par l’oreille
« Assez de discours et de grands rassemblements pour ensuite recourir à des tactiques inspirées directement du scénario de Karl Rove, » ajoutait-elle, suggérant que les tracts qui forçaient le contraste entre les positions des deux concurrents étaient en quelque sorte un concept nouveau ou diabolique.
En réalité, les tracts d’Obama étaient d’un genre tout à fait classique, plus inspirés de Tom Paine que de Karl Rove. Si le scénario de Karl Rove avait été utilisé, les tracts auraient été présentés comme venant du camp pro Clinton et auraient soutenu la légalisation de la pornographie pédophile.

Mais la campagne de Clinton en était encore à la phase de rodage. Le 24 février, pendant une étape dans le Rhode Island, Clinton a moqué les discours d’Obama appelant au changement :
« Maintenant, je pourrais simplement rester ici et dire, « Rassemblons-nous. Soyons unis. Le ciel s’ouvrira. La lumière descendra. Les chœurs célestes chanteront et chacun saura que nous devons faire ce qui est juste et le monde sera parfait. »
Devant les rires sous cape de ses partisans, Clinton ajoutait, « Je suis peut être un peu vieille, mais je n’ai aucune illusion sur la difficulté de la tâche. Ce n’est pas un coup de baguette magique qui fera disparaître les intérêts particuliers. »
Même si cette ligne d’attaque de Clinton est populaire chez certains de ses partisans – ridiculiser la naïveté supposée des jeunes partisans d’Obama – Obama n’a jamais donné à penser que contrer les groupes d’intérêts bien établis à Washington serait facile.
Obama a affirmé que seul un peuple américain mobilisé peut élire des représentants pour apporter le changement et qu’ensuite le peuple doit rester vigilant pour se prémunit d’un retour en arrière.

S’il est vrai qu’Obama n’énumère pas toutes les difficultés à venir, son argumentation est au moins aussi réaliste que celle de Clinton selon qui cet obstructionnisme républicain peut être surmonté « en travaillant dur. » Cette stratégie avait échoué lamentablement lorsque son premier plan pour l’assurance santé était tombé à l’eau en dépit de ses efforts.
D’ores et déjà, cependant, la réussite d’Obama à sortir de la dépendance financière vis-à-vis des lobbies est peut-être le développement le plus significatif de cette période électorale.
Cette réussite explique aussi la guerre lancée contre Obama – et la montée de l’hystérie chez les personnalités de l’establishment devant la déferlante suscitée par sa candidature.


Robert Parry a révélé de nombreux aspects de l’affaire « Contras-Iran » dans les années 1980 pour Associated Press et Newsweek.

>Le lobby sioniste "possède" Mme Clinton et c’est pourquoi il la préfère au sénateur Obama.

28 février 2008

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Pourquoi la guerre contre Obama
par Robert Parry, Baltimore Chronicle (USA) 26 février 2008, traduit de l’anglais par Djazaïri
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Alors que des esprits cyniques continuent à voir l’appel au « changement » de Barack Obama comme une vaine rhétorique, des familiers des cercles de Washington commencent à penser que sa capacité à lever d’importantes somme d’argent auprès d’environ un million de donateurs, la plupart étant de petits donateurs, pourrait fragiliser l’emprise que l’argent lié à des intérêts particuliers a depuis longtemps sur le gouvernement des Etats-Unis.
Cette prise de conscience de plus en plus répandue que le mouvement politique d’Obama pourrait représenter un changement plus révolutionnaire qu’on ne voulait bien l’admettre suscite une résistance croissante chez les défenseurs du statu quo – et incitent à des attaques plus dures contre Obama.

Actuellement, la ligne de front pour l’establishment de Washington est la bataille électorale présidentielle d’Hillary Clinton qui a été abasourdie par l’intelligence politique d’Obama comme par son extraordinaire capacité à lever des fonds par internet. Les dons venus de la base électorale d’Obama ont annulé la prodigieuse avance de Mme Clinton avec les gros donateurs.
Les lobbies puissants – depuis l’AIPAC aux représentants de l’industrie de l’armement et autres – sont également conscients de l’intérêt de maintenir leur domination sur le financement de la campagne en ne diluant pas leur argent dans l’immense réservoir des petits donateurs d’Obama. Il est de leur intérêt direct de freiner l’élan d’Obama et de démoraliser au plus vite la base qui le soutient.
Alors, les néoconservateurs et d’autres mouvements idéologiques – largement dépendants des financements venant des mêmes intérêts particuliers – s’impliquent maintenant dans la campagne électorale de Mme Clinton pour démolir Obama en le dépeignant comme non patriotique, inexpérimenté et probablement « crypto-musulman. »
Le 25 février, William Kristol, éditorialiste néoconservateur du New York Times attaquait le patriotisme d’Obama en citant la décision du sénateur de l’Illinois de ne plus arborer sur son revers le pin du drapeau américain car, selon Obama, il a vu comment George W. Bush avait exploité le drapeau pour précipiter la nation dans la guerre avec l’Irak.
« Vous savez, la vérité est que juste après le 11 septembre j’avais un pin, » avait répondu Obama en octobre 2007 quand on lui avait posé la question sur le non port du pin au drapeau. « Comme nous parlons de la guerre en Irak qui est devenue un substitut selon moi au véritable patriotisme qui consiste à se prononcer sur des questions importantes pour notre sécurité nationale, j’ai décidé de ne plis porter ce pin sur ma poitrine. »
Dans un édito intitulé « C’est Tout pour Lui,» Kristol raillait cette explication comme un exemple aussi bien des proclamations douteuses de patriotisme d’Obama que de sa suffisance.
« Mettons de côté l’affirmation selon laquelle ‘se prononcer sur des questions’ constitue le vrai patriotisme » écrivait Kristol. « Ce qui est frappant c’est qu’Obama n’a pas pu d’empêcher de donner une explication grandiose… La vanité morale a prévalu. Il voulait expliquer qu’il était trop bien – trop patriote ! – pour porter un pin avec le drapeau sur sa poitrine. »
Kristol s’en est pris ensuite à Michelle Obama pour la façon dont elle avait exprimé son enthousiasme devant la mobilisation populaire pour un changement politique qui a entouré la campagne de son mari : « Pour la première fois de ma vie d’adulte, je suis vraiment fière de mon pays, » avait-elle dit.
Kristol écrivait : « Est-il vraiment possible que les Etats-Unis n’aient rien accompli depuis [le milieu des années 1980] qui puisse la rendre fière ? C’est apparemment le cas. » [New York Times, 25 fév. 2008]
Les malheurs financiers de Clinton
Pendant ce temps, la campagne de Clinton – après avoir consommé plus de 130 millions de dollars et nécessité un emprunt d’urgence de cinq millions dans les ressources personnelles des Clinton – l’a ramenée tête basse vers certains des intérêts particuliers déterminés à préserver le statu quo à Washington.
Par exemple, Jonathan Mantz, le directeur financier de la campagne Clinton a rencontré des donateurs de l’ American Israel Public Affairs Committee [AIPAC] dans le salon d’un hôtel de Washington au moment ces soutiens d’Israël se trouvaient dans cette ville pour affaires, rapportait le Wall Street Journal du 14 février.
La démarche avait du sens car ces membres du groupe de pression pro israélien restent inquiets de la proposition par Obama de discussions à haut niveau avec l’Iran, de son opposition à la guerre contre l’Irak et à son moindre palmarès dans le soutien à Israël comparativement à Hillary Clinton et à John McCain.
Un ancien officiel Israélien m’a expliqué que le gouvernement israélien pense que ça peut marcher avec Obama, Clinton ou McCain mais que le lobby israélien aux USA est fermement opposé à Obama, lui préférant Clinton parce que « ils la possèdent. » Selon cet officiel, le lobby a quelques inquiétudes aussi avec Mc Cain à cause de sa ligne indépendante.
Comme d’autres lobbies puissants, l’AIPAC est inquiet de la capacité d’Obama à collecter d’importantes sommes d’argent auprès d’Américains moyens, limitant ainsi pour les politiciens de Washington le besoin de demander l’obole au réseau légendaire de donateurs fortunés de l’AIPAC. [Pour des précisions, voir Consortiumnews.com’s “How Far Will the Clintons Go?”]

Après avoir perdu 11 primaires consécutives, la campagne de Clinton se transforme désormais en stratégie de la « bouche d’égout, » qui consiste à balancer tout ce qu’elle a sous la main sur Obama.
Ces dernières semaines, les représentants de Clinton ont fait circuler des rumeurs sur les liens d’Obama avec des personnes portant des noms arabes et sur les contributions financières qu’il a reçues de la part de personnes qui étaient des étudiants extrémistes dans les années 1970 (malgré qu’ils aient aujourd’hui les cheveux gris et fassent partie des la classe moyenne). Certains regroupent ces attaques sous le titre, « Les scandales d’Obama. »
Le 26 février, Matt Drudge rapportait sur son site de potins qu’un membre de l’équipe Clinton avait envoyé par courriel une photo d’Obama prise en 2006 au cours d’un voyage au Kenya et sur laquelle on le voit portant un turban et d’autres vêtements traditionnels des sages Somaliens. Ce qui a renforcé des rumeurs antérieures selon lesquelles Obama était secrètement Musulman en dépit de sa longue appartenance à une église chrétienne de Chicago.
David Plouffe, directeur de campagne d’Obama a dénoncé la mise en circulation de cette photo par l’équipe Clinton et son objectif « honteux et offensant de provoquer la peur. »
L’équipe Clinton a nié avoir eu connaissance de la manière dont la photo a été diffusée, mais Maggie Williams, sa directrice de campagne s’en est prise à l’équipe d’Obama pour sa réaction excessive. « Si les responsables de la campagne de Barack Obama veulent suggérer qu’une photo de lui vêtu d’habits somaliens traditionnels est de nature à semer le trouble, ils devraient avoir honte, » a-t-elle déclaré.
Les deux visages d’Hillary
La sénatrice Clinton elle-même a semblé tiraillée entre montrer aux électeurs son visage le plus doux ou laisser parler sa nature combative profonde.
A la fin du débat au Texas, le 21 février, la sénatrice Clinton avait tendu la main vers Obama et exprimé à quel point elle se sentait « honorée » d’être sur la même estrade que lui. Mais elle a bien vite changé de tactique et lancé de dures attaques contre Obama.
Le 23 février, réagissant à des tracts distribués par le camp d’Obama dans l’Ohio et critiquant ses positions sur l’accord de libre échange nord-américain (ALENA) et l’obligation de souscription qui figure dans son plan pour l’assurance santé, Clinton a tancé son rival.

« Honte à vous, Barack Obama, » avait crié Clinton, avant de lui ordonner de « me rencontrer en Ohio et de débattre sur votre tactique et votre comportement dans cette campagne. »
Certains observateurs ont trouvé que l’explosion de Clinton ressemblait à celle d’une reine en colère grondant un jeune serviteur maladroit, ou à celle d’une principale de collège ramenant un élève à l’administration de l’école en le tirant par l’oreille
« Assez de discours et de grands rassemblements pour ensuite recourir à des tactiques inspirées directement du scénario de Karl Rove, » ajoutait-elle, suggérant que les tracts qui forçaient le contraste entre les positions des deux concurrents étaient en quelque sorte un concept nouveau ou diabolique.
En réalité, les tracts d’Obama étaient d’un genre tout à fait classique, plus inspirés de Tom Paine que de Karl Rove. Si le scénario de Karl Rove avait été utilisé, les tracts auraient été présentés comme venant du camp pro Clinton et auraient soutenu la légalisation de la pornographie pédophile.
Mais la campagne de Clinton en était encore à la phase de rodage. Le 24 février, pendant une étape dans le Rhode Island, Clinton a moqué les discours d’Obama appelant au changement :
« Maintenant, je pourrais simplement rester ici et dire, « Rassemblons-nous. Soyons unis. Le ciel s’ouvrira. La lumière descendra. Les chœurs célestes chanteront et chacun saura que nous devons faire ce qui est juste et le monde sera parfait. »
Devant les rires sous cape de ses partisans, Clinton ajoutait, « Je suis peut être un peu vieille, mais je n’ai aucune illusion sur la difficulté de la tâche. Ce n’est pas un coup de baguette magique qui fera disparaître les intérêts particuliers. »
Même si cette ligne d’attaque de Clinton est populaire chez certains de ses partisans – ridiculiser la naïveté supposée des jeunes partisans d’Obama – Obama n’a jamais donné à penser que contrer les groupes d’intérêts bien établis à Washington serait facile.
Obama a affirmé que seul un peuple américain mobilisé peut élire des représentants pour apporter le changement et qu’ensuite le peuple doit rester vigilant pour se prémunit d’un retour en arrière.
S’il est vrai qu’Obama n’énumère pas toutes les difficultés à venir, son argumentation est au moins aussi réaliste que celle de Clinton selon qui cet obstructionnisme républicain peut être surmonté « en travaillant dur. » Cette stratégie avait échoué lamentablement lorsque son premier plan pour l’assurance santé était tombé à l’eau en dépit de ses efforts.
D’ores et déjà, cependant, la réussite d’Obama à sortir de la dépendance financière vis-à-vis des lobbies est peut-être le développement le plus significatif de cette période électorale.
Cette réussite explique aussi la guerre lancée contre Obama – et la montée de l’hystérie chez les personnalités de l’establishment devant la déferlante suscitée par sa candidature.

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Robert Parry a révélé de nombreux aspects de l’affaire « Contras-Iran » dans les années 1980 pour Associated Press et Newsweek
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La preuve de l’efficacité de la torture : sous la torture nazie, des résistants Français ont révélé les endroits où se cachaient leurs compagnons

10 novembre 2007
Le texte d’Alan Dershowitz que je vous propose vient en soutien à la candidature au poste d’attorney général ‘ministre de la justice) de Michael Mukasey. Ce dernier vient d’ailleurs comme Dershowitz l’avait prévu d’accéder à ce poste. Comme Dershowitz, Mukasey est un sioniste notoire mais ce qui avait mis en péril sa candidature n’était pas son sionisme affiché mais son refus de prendre position sur le supplice de la baignoire et dire s’il s’agit ou non selon lui de torture.
Pour sa part, Alan Dershowitz n’est pas embarrassé par cette question. Il répond franchement que oui, le supplice de la noyade simulée est une torture et que oui, le président des Etats-Unis doit avoir le droit d’ordonner légalement des actes de torture non mortels si la torture permet d’épargner des vies humaines (américaines s’entend).
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Dershowitz cite à l’appui les pratiques actuellement en vigueur dans l’entité sioniste et celles qu’affectionnait le régime nazi. Vous me l’enlevez de la bouche : oui, la boucle est bouclée, le sionisme est décidément un cousin du nazisme au point que c’est l’exemple du IIIème Reich qui est venu spontanément à l’esprit de notre distingué juriste.
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Les Démocrates et le supplice de la noyade simulée
Le parti perdra la présidentielle s’il se définit lui même comme mou sur le terrorisme
par ALAN DERSHOWITZ, Wall Street Journal, 7 novembre 2007. Traduit de l’anglais par Djazaïri
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J’ai récemment eu l’occasion de discuter de la guerre que mène l’administration Bush contre le terrorisme avec un des anciens responsables de premier plan dans la planification de cette guerre. Il m’a demandé quelles étaient, selon moi, les plus grosses erreurs commises par le gouvernement.
Je lui ai répondu qu’après les attentats du 11 septembre, il n’avait pas fait immédiatement une proposition d’ouverture politique aux Démocrates. Le président Roosevelt avait invité les Républicains à entrer dans son cabinet au moment où les USA se préparaient à combattre les Allemands et les Japonais, et le président Lincoln avait intégré des opposants politiques dans ses efforts pour sauvegarder l’union. La création d’un front politique unifié contre un ennemi extérieur peut amoindrir le bénéfice partisan attendu d’un effort de guerre victorieux mais elle contribue à maintenir la cohésion nationale alors que les disputes partisanes peuvent contrecarrer cet effort.
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Au moment où ils se dirigent vers une reconquête inévitable de la Maison Blanche, les Démocrates semblent faire la même erreur. La plupart des candidats Démocrates à la présidence cherchent à tirer un avantage pour leur parti de ce que de nombreux Américains voient comme des échecs de Bush dans la guerre contre le terrorisme et particulièrement dans son extension en Irak et plus tard probablement en Iran.
Ce positionnement pacifiste veut séduit l’aile gauche de l’électorat démocrate, qui peut avoir une certaine influence sur le résultat des primaires démocrates mais qui a bien moins de chances de déterminer l’issue de l’élection générale. La majorité des Américains – Démocrates, Républicains, indépendants ou indécis – veulent un président à la fois fort et habile sur les questions de sécurité nationale et qui usera de tous ses pouvoirs légaux pour empêcher de nouveaux actes de terrorisme.
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Des centaines de milliers d’Américains peuvent bien regarder les films de Michael Moore ou applaudir dans les manifestations de Cindy Sheehan, mais ils sont des dizaines de millions à vouloir que les Moores et les Sheehans de notre pays aient le moins d’influence possible sur notre politique de sécurité nationale. C’est pourquoi, de manière surprenante, Rudy Giulani semble avoir un bon impact auprès de plusieurs segments de l’électorat, depuis les centristes du Parti Démocrate aux Républicains et même une partie de la droite religieuse.
On peut trouver bizarre de voir qu’un candidat, parvenu à une notoriété nationale en tant que maire de New York, et avec un bilan mitigé dans cette fonction, pourrait être l’objet du choix de tant de personnes sur des questions de sécurité, en dépit de son manque d’expérience au niveau national et international. Mais le Rudy d’après le 11 septembre renvoie l’image de la fermeté et de la légitimité absolue de la défense de l’Amérique.
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Je ne veux pas dire que les candidats Démocrates devraient chercher à imiter M. Giulani. Mais ils ne peuvent ignorer la fermeté de sa position sur la sécurité nationale s’ils veulent remporter l’élection de 2008 qu’on ne doit pas confondre avec les primaires dans certains Etats particuliers. Des candidats démocrates marginaux bénéficient certainement d’un positionnement à gauche sur les questions de sécurité nationale mais les candidats sérieux – les candidats qui veulent avoir une chance réaliste quelconque de dominer l’élection générale – ne doivent pas se laisser éloigner, écarter ou même entraîner loin d’un fort engagement pour la sécurité nationale,
Considérez par exemple la question controversée et émotionnellement chargée du recours à la torture pour obtenir des informations pour empêcher des actions terroristes imminentes – le fameux scénario de la bombe à retardement. Je ne parle pas de l’usage routinier de la torture dans l’interrogatoire de suspects ou des sévices par humiliation sexuelle , infamies qui se sont produites à Abou Ghraib. Je parle de ces rares situations décrites par l’ancien président Clinton dans une interview à la radio publique nationale :
« Vous avez attrapé quelqu’un dont vous savez qu’il est le 2ème adjoint d’Oussama ben Laden. Et vous savez qu’ils préparent une opération aux USA ou dans un pays européen dans les trois prochains jours. Et vous savez que ce type le sait. C’est tout à fait l’exemple le plus clair. Et vous pensez que vous pouvez tirer quelque chose de ce type en le droguant à fond, en le passant à la baignoire ou en le travaillant autrement, »
Il avait dit que le Congrès devrait définir un statut spécial « qui permettrait au président à obtenir des informations dans un cas tel que je viens de le préciser, informations qui dans tous les cas pourraient être soumises à la Foreign Intelligence Surveillance Court. » Le président devrait « prendre la responsabilité personnelle » d’autoriser la torture dans une situation extrême de ce genre. Le sénateur John McCain a dit lui aussi qu’en tant que président il prendrait la responsabilité dans cette situation qui n’a que « une chance sur un million » de se produire.
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Malgré mon opposition personnelle au recours à la torture, je suis certain que n’importe quel président – et même n’importe quel leader d’une nation démocratique – autoriserait en fait certaines formes de torture contre un terroriste capturé s’il était convaincu que c’est la seule façon d’obtenir l’information nécessaire pour empêcher une attaque imminente qui causerait de nombreuses pertes. Le seul sujet à débat est de savoir s’il devrait le faire ouvertement en assumant sa responsabilité ou secrètement en ayant la possibilité de le nier. La première approche semble plus cohérente avec le modèle démocratique, la deuxième avec l’hypocrisie politique typique.
Certains affirment que question de la torture n’a pas à être posée car elle ne marche jamais – elle ne donne que des informations fausses. Ce n’est tout simplement pas vrai comme le prouvent des membres authentiques de la résistance française qui, sous la torture nazie, ont révélé les endroits où se trouvaient leurs compagnons et leurs proches.
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Le genre de tortures dont parlait le président Clinton n’a pas pour but d’obtenir des aveux pour des crimes passés mais au contraire d’obtenir en temps réel des renseignements considérés comme nécessaires pour empêcher un acte terroriste visant à une tuerie de masse. La question posée au terroriste capturé n’est pas « L’as-tu fait? » Au lieu de quoi, on demande au suspect de révéler une information de nature vérifiable comme le lieu où se trouve celui qui va commettre l’attentat.
Récemment, des responsables des services de sécurité israéliens se sont trouvés confrontés à une situation de bombe à retardement. Quelques jours avant Yom Kippour, ils avaient reçu une information crédible selon laquelle un attentat suicide était en préparation contre une synagogue bondée pendant le jour le plus sacré du calendrier juif. Après des échanges de tirs au cours desquels un soldat Israélien avait été tué, le chef de la cellule terroriste à Naplouse avait été capturé. Son interrogatoire avait permis de localiser la bombe destinée à l’attentat suicide sans un appartement de Tel Aviv. Israël nie recourir à la torture et je suis conscient de l’absence de preuves qu’ils l’aient utilisée pour soutirer une information vitale dans cette affaire.
Mais alors, si les méthodes légales d’interrogatoire avaient échoué à découvrir la cache du candidat à l’attentat suicide? Quelles autres formes de pression devraient être employées dans cette situation?
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Ce qui nous amène à la noyade simulée. Michael Mukasey, dont la confirmation comme attorney général semble désormais assurée, a parfaitement raison de dire, en matière de droit constitutionnel, que le problème de la « noyade simulée » ne peut pas être tranché dans l’abstrait. Selon les précédents qui font jurisprudence – je suis en désaccord avec certains – la cour doit examiner la nature des intérêts gouvernementaux en jeu et le choc des consciences que pourraient provoquer les actions du gouvernement dans une affaire et ensuite décider au cas par cas. Dans plusieurs affaires impliquant des actions au moins aussi dures que la simulation de noyade, les tribunaux n’ont pas décelé d’infraction aux procédures régulières.
Les membres de la commission judiciaire qui ont voté contre le juge Mukasey en raison de sa réticence à soutenir une interdiction absolue de la simulation de noyade et d’autres formes de torture devraient s’entendre poser cette question directe : Autoriseriez-vous le recours à la noyade simulée ou à d’autres formes de torture non mortelles si vous aviez la conviction que c’est le seul moyen de sauver la vie de milliers d’Américains dans une situation du genre qu’ont affronté les autorités israéliennes à la veille de Yom Kippour? Si, oui par quels moyens? Si non, seriez-vous prêts à assumer la responsabilité que des milliers d’Américains meurent alors qu’on aurait pu l’empêcher?
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Peut-être les campagnes politiques et les auditions de confirmation ne sont-elles pas les forums adéquats pour mener des débats difficiles et subtils sur les choix tragiques auxquels peut avoir à faire face un président ou un attorney général. Mais ce ne sont pas non plus des cadres appropriés pour des prises de position publiques hypocrites de la part de personnalités politiques qui, en privé, opteraient certainement pour la torture s’ils étaient convaincus de sa nécessité pour sauver de nombreuses vies américaines. Ce qu’il faut, c’est reconnaître que les responsables gouvernementaux doivent trouver le juste équilibre entre la sécurité de l’Amérique et les droits de nos ennemis.
A moins que le parti Démocrate – et particulièrement son candidat éventuel à la présidence – soit perçu comme ferme et habile en matière de défense nationale et de prévention du terrorisme, la Maison Blanche sous Bush aura sans doute prouvé avoir fait le bon choix politique en refusant de faire de la guerre contre le terrorisme une affaire politicienne. Les Démocrates peuvent perdre l’élection présidentielle s’ils sont perçus comme le parti de MoveOn.org, de Michael Moore, de Cindy Sheehan, de Dennis Kucinich et de ces sénateurs qui ont voté contre le juge Mukasey parce qu’ils refusaient de prendre position sur un sujet difficile lié à la sécurité nationale. Ils gagneront s’ils sont perçus comme au moins aussi fermes mais beaucoup plus habiles sur la manière de traiter avec les vraies menaces contre nos intérêts nationaux.
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M. Dershowitz enseigne à la faculté de droit de Harvard. Il a écrit récemment de « Finding Jefferson: A Lost Letter, a Remarkable Discovery, and the First Amendment in an Age of Terrorism, » à paraître cette semaine chez John Wiley & Sons.

>La preuve de l’efficacité de la torture : sous la torture nazie, des résistants Français ont révélé les endroits où se cachaient leurs compagnons

10 novembre 2007

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Le texte d’Alan Dershowitz que je vous propose vient en soutien à la candidature au poste d’attorney général ‘ministre de la justice) de Michael Mukasey. Ce dernier vient d’ailleurs comme Dershowitz l’avait prévu d’accéder à ce poste. Comme Dershowitz, Mukasey est un sioniste notoire mais ce qui avait mis en péril sa candidature n’était pas son sionisme affiché mais son refus de prendre position sur le supplice de la baignoire et dire s’il s’agit ou non selon lui de torture.
Pour sa part, Alan Dershowitz n’est pas embarrassé par cette question. Il répond franchement que oui, le supplice de la baignoire est une torture et que oui, le préssident des Etats-Unis doit avoir le droit d’ordonner légalement des actes de torture non mortels si la torture permet d’épargner des vies humaines (américaines s’entend).
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Dershowitz cite à l’appui les pratiques actuellement en vigueur dans l’entité sioniste et celles qu’affectionnait le régime nazi. Vous me l’enlevez de la bouche : oui, la boucle est bouclée, le sionisme est décidément un cousin du nazisme au point que c’est l’exemple du IIIème Reich qui est venu spontanément à l’esprit de notre distingué juriste.
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Les Démocrates et le supplice de la baignoire
Le parti perdra la présidentielle s’il se définit lui même comme mou sur le terrorisme
par ALAN DERSHOWITZ, Wall Street Journal, 7 novembre 2007. Traduit de l’anglais par Djazaïri
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J’ai récemment eu l’occasion de discuter de la guerre que mène l’administration Bush contre le terrorisme avec un des anciens responsables de premier plan dans la planification de cette guerre. Il m’a demandé quelles étaient, selon moi, les plus grosses erreurs commises par le gouvernement.
Je lui ai répondu qu’après les attentats du 11 septembre, il n’avait pas fait immédiatement une proposition d’ouverture politique aux Démocrates. Le président Roosevelt avait invité les Républicains à entrer dans son cabinet au moment où les USA se préparaient à combattre les Allemands et les Japonais, et le président Lincoln avait intégré des opposants politiques dans ses efforts pour sauvegarder l’union. La création d’un front politique unifié contre un ennemi extérieur peut amoindrir le bénéfice partisan attendu d’un effort de guerre victorieux mais elle contribue à maintenir la cohésion nationale alors que les disputes partisanes peuvent contrecarrer cet effort.
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Au moment où ils se dirigent vers une reconquête inévitable de la Maison Blanche, les Démocrates semblent faire la même erreur. La plupart des candidats Démocrates à la présidence cherchent à tirer un avantage pour leur parti de ce que de nombreux Américains voient comme des échecs de Bush dans la guerre contre le terrorisme et particulièrement dans son extension en Irak et plus tard probablement en Iran.
Ce positionnement pacifiste veut séduit l’aile gauche de l’électorat démocrate, qui peut avoir une certaine influence sur le résultat des primaires démocrates mais qui a bien moins de chances de déterminer l’issue de l’élection générale. La majorité des Américains – Démocrates, Républicains, indépendants ou indécis – veulent un président à la fois fort et habile sur les questions de sécurité nationale et qui usera de tous ses pouvoirs légaux pour empêcher de nouveaux actes de terrorisme.
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Des centaines de milliers d’Américains peuvent bien regarder les films de Michael Moore ou applaudir dans les manifestations de Cindy Sheehan, mais ils sont des dizaines de millions à vouloir que les Moores et les Sheehans de notre pays aient le moins d’influence possible sur notre politique de sécurité nationale. C’est pourquoi, de manière surprenante, Rudy Giulani semble avoir un bon impact auprès de plusieurs segments de l’électorat, depuis les centristes du Parti Démocrate aux Républicains et même une partie de la droite religieuse.
On peut trouver bizarre de voir qu’un candidat, parvenu à une notoriété nationale en tant que maire de New York, et avec un bilan mitigé dans cette fonction, pourrait être l’objet du choix de tant de personnes sur des questions de sécurité, en dépit de son manque d’expérience au niveau national et international. Mais le Rudy d’après le 11 septembre renvoie l’image de la fermeté et de la légitimité absolue de la défense de l’Amérique.
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Je ne veux pas dire que les candidats Démocrates devraient chercher à imiter M. Giulani. Mais ils ne peuvent ignorer la fermeté de sa position sur la sécurité nationale s’ils veulent remporter l’élection de 2008 qu’on ne doit pas confondre avec les primaires dans certains Etats particuliers. Des candidats démocrates marginaux bénéficient certainement d’un positionnement à gauche sur les questions de sécurité nationale mais les candidats sérieux – les candidats qui veulent avoir une chance réaliste quelconque de dominer l’élection générale – ne doivent pas se laisser éloigner, écarter ou même entraîner loin d’un fort engagement pour la sécurité nationale,
Considérez par exemple la question controversée et émotionnellement chargée du recours à la torture pour obtenir des informations pour empêcher des actions terroristes imminentes – le fameux scénario de la bombe à retardement. Je ne parle pas de l’usage routinier de la torture dans l’interrogatoire de suspects ou des sévices par humiliation sexuelle , infamies qui se sont produites à Abou Ghraib. Je parle de ces rares situations décrites par l’ancien président Clinton dans une interview à la radio publique nationale :
« Vous avez attrapé quelqu’un dont vous savez qu’il est le 2ème adjoint d’Oussama ben Laden. Et vous savez qu’ils préparent une opération aux USA ou dans un pays européen dans les trois prochains jours. Et vous savez que ce type le sait. C’est tout à fait l’exemple le plus clair. Et vous pensez que vous pouvez tirer quelque chose de ce type en le droguant à fond, en le passant à la baignoire ou en le travaillant autrement, »
Il avait dit que le Congrès devrait définir un statut spécial « qui permettrait au président à obtenir des informations dans un cas tel que je viens de le préciser, informations qui dans tous les cas pourraient être soumises à la Foreign Intelligence Surveillance Court. » Le président devrait « prendre la responsabilité personnelle » d’autoriser la torture dans une situation extrême de ce genre. Le sénateur John McCain a dit lui aussi qu’en tant que président il prendrait la responsabilité dans cette situation qui n’a que « une chance sur un million » de se produire.
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Malgré mon opposition personnelle au recours à la torture, je suis certain que n’importe quel président – et même n’importe quel leader d’une nation démocratique – autoriserait en fait certaines formes de torture contre un terroriste capturé s’il était convaincu que c’est la seule façon d’obtenir l’information nécessaire pour empêcher une attaque imminente qui causerait de nombreuses pertes. Le seul sujet à débat est de savoir s’il devrait le faire ouvertement en assumant sa responsabilité ou secrètement en ayant la possibilité de le nier. La première approche semble plus cohérente avec le modèle démocratique, la deuxième avec l’hypocrisie politique typique.
Certains affirment que question de la torture n’a pas à être posée car elle ne marche jamais – elle ne donne que des informations fausses. Ce n’est tout simplement pas vrai comme le prouvent des membres authentiques de la résistance française qui, sous la torture nazie, ont révélé les endroits où se trouvaient leurs compagnons et leurs proches.
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Le genre de tortures dont parlait le président Clinton n’a pas pour but d’obtenir des aveux pour des crimes passés mais au contraire d’obtenir en temps réel des renseignements considérés comme nécessaires pour empêcher un acte terroriste visant à une tuerie de masse. La question posée au terroriste capturé n’est pas « L’as-tu fait? » Au lieu de quoi, on demande au suspect de révéler une information de nature vérifiable comme le lieu où se trouve celui qui va commettre l’attentat.
Récemment, des responsables des services de sécurité israéliens se sont trouvés confrontés à une situation de bombe à retardement. Quelques jours avant Yom Kippour, ils avaient reçu une information crédible selon laquelle un attentat suicide était en préparation contre une synagogue bondée pendant le jour le plus sacré du calendrier juif. Après des échanges de tirs au cours desquels un soldat Israélien avait été tué, le chef de la cellule terroriste à Naplouse avait été capturé. Son interrogatoire avait permis de localiser la bombe destinée à l’attentat suicide sans un appartement de Tel Aviv. Israël nie recourir à la torture et je suis conscient de l’absence de preuves qu’ils l’aient utilisée pour soutirer une information vitale dans cette affaire.
Mais alors, si les méthodes légales d’interrogatoire avaient échoué à découvrir la cache du candidat à l’attentat suicide? Quelles autres formes de pression devraient être employées dans cette situation?
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Ce qui nous amène à la baignoire. Michael Mukasey, dont la confirmation comme attorney général semble désormais assurée, a parfaitement raison de dire, en matière de droit constitutionnel, que le problème de la « baignoire » ne peut pas être tranché dans l’abstrait. Selon les précédents qui font jurisprudence – je suis en désaccord avec certains – la cour doit examiner la nature des intérêts gouvernementaux en jeu et le choc des consciences que pourraient provoquer les actions du gouvernement dans une affaire et ensuite décider au cas par cas. Dans plusieurs affaires impliquant des actions au moins aussi dures que la baignoire, les tribunaux n’ont pas décelé d’infraction aux procédures régulières.
Les membres de la commission judiciaire qui ont voté contre le juge Mukasey en raison de sa réticence à soutenir une interdiction absolue de la baignoire et d’autres formes de torture devraient s’entendre poser cette question directe : Autoriseriez-vous le recours à la baignoire ou à d’autres formes de torture non mortelles si vous aviez la conviction que c’est le seul moyen de sauver la vie de milliers d’Américains dans une situation du genre qu’ont affronté les autorités israéliennes à la veille de Yom Kippour? Si, oui par quels moyens? Si non, seriez-vous prêts à assumer la responsabilité que des milliers d’Américains meurent alors qu’on aurait pu l’empêcher?
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Peut-être les campagnes politiques et les auditions de confirmation ne sont-elles pas les forums adéquats pour mener des débats difficiles et subtils sur les choix tragiques auxquels peut avoir à faire face un président ou un attorney général. Mais ce ne sont pas non plus des cadres appropriés pour des prises de position publiques hypocrites de la part de personnalités politiques qui, en privé, opteraient certainement pour la torture s’ils étaient convaincus de sa nécessité pour sauver de nombreuses vies américaines. Ce qu’il faut, c’est reconnaître que les responsables gouvernementaux doivent trouver le juste équilibre entre la sécurité de l’Amérique et les droits de nos ennemis.
A moins que le parti Démocrate – et particulièrement son candidat éventuel à la présidence – soit perçu comme ferme et habile en matière de défense nationale et de prévention du terrorisme, la Maison Blanche sous Bush aura sans doute prouvé avoir fait le bon choix politique en refusant de faire de la guerre contre le terrorisme une affaire politicienne. Les Démocrates peuvent perdre l’élection présidentielle s’ils sont perçus comme le parti de MoveOn.org, de Michael Moore, de Cindy Sheehan, de Dennis Kucinich et de ces sénateurs qui ont voté contre le juge Mukasey parce qu’ils refusaient de prendre position sur un sujet difficile lié à la sécurité nationale. Ils gagneront s’ils sont perçus comme au moins aussi fermes mais beaucoup plus habiles sur la manière de traiter avec les vraies menaces contre nos intérêts nationaux.
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M. Dershowitz enseigne à la faculté de droit de Harvard. Il a écrit récemment de « Finding Jefferson: A Lost Letter, a Remarkable Discovery, and the First Amendment in an Age of Terrorism, » à paraître cette semaine chez John Wiley & Sons.

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