Archive for the ‘élections’ Category

Quand un journaliste Britannique raconte ses vacances en Iran

26 juillet 2009
Quand un journaliste n’est pas en service commandé, ça peut donner des choses intéressantes qui ont beaucoup à voir avec la liberté d’expression.
David Torrance se trouvait en vacances en Iran pendant la période électorale qui a vu des heurts violents entre partisans de M. Ahmadinedjad et partisans de son rival malheureux. Il n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, un sympathisant du régime de M. Ahmadinedjad et il semble même avoir quelque indulgence pour le régime sioniste.
Il n’empêche qu’il nous décrit une situation bien différente de celle qui a fleuri dans nos médiats et renvoie une image d’une société aux antipodes de la caricature de l’axe du mal chère à George W. Bush et à ses amis néoconservateurs. Ce sont ces mêmes gens « charmants, bien éduqués » que d’aucuns, encouragés par Benyamin Netanyahu, voudraient bien voir écrasés sous les bombes de l’entité sioniste avec ou sans la participation des USA et autres puissances occidentales.
Certes, ces bombes seraient destinées au régime iranien… Ca, il faudra le dire aux enfants qui périront sous elles.

L’Iran n’est pas une destination touristique, pour des raisons évidentes. Peut-être devrait-elle en être une
Par David Torrance, Sunday Herald (UK) 26 juillet 2009
Iran : le journaliste Ecossais David Torrance passait des vacances en Iran au moment le plus fort de l’agitation politique dans ce pays. Dans ce récit personnel de voyage, il réfléchit sur sa rencontre avec une nation étrangement en contradiction avec sa réputation «d’Axe du Mal.»
Je suis arrivé à Téhéran cent ans exactement après l’occupation de la ville par les Nationalistes révolutionnaires pendant ce qu’on a appelé la Révolution Constitutionnelle. Les troupes Cosaques occupaient encore la place centrale de la ville, mais plus pour très longtemps. Le Shah de Perse fut déposé et finit ses jours en exil.

Un détour historique commode. Je le sais, mais il prouve que la violence dans les rues de Téhéran n’est en rien une nouveauté dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Cette année marquait aussi le 30ème anniversaire d’une autre révolution, islamique celle là plutôt que constitutionnelle, dont les répercussions imprègnent encore les rues laides et polluées de la ville.
En conséquence, l’Iran est une destination de vacances improbable, qui a pourtant beaucoup à offrir. Téhéran est, pour le moins, riche en associations politiques tandis qu’Ispahan et Yezd sont des joyaux architecturaux du monde islamique protégés par l’UNESCO. Au sud, se trouve Chiraz d’où partent des touristes locaux (et quelques étrangers) pour visiter Persépolis, le monument étonnamment bien conservé du pouvoir impérial de Darius.
Mais en dépit des événements récents, à aucun moment je n’ai eu le sentiment de voyager dans une partie de ce que le président Bush avait mémorablement condamné comme «l’Axe du Mal,» ni dans ce que l’ancien président Iranien Rafsandjani présentait apparemment comme un pays «en crise» durant les dernières prières du vendredi à l’université de Téhéran. Seuls deux éléments venaient le rappeler : une affiche électorale déchirée de Moussavi dans le bazar d’Ispahan et la trace d’une ancienne recherche sur Google dans l’ordinateur d’un hôtel : «Où-est mon vote ?»
Pourtant, ce qui m’a frappé au niveau politique, c’est que la plupart des Iraniens sont aussi apathiques que les Ecossais quand on en vient aux inévitables conflits entre opposition et gouvernement. Les chauffeurs de taxi inclinaient plus à parler de leurs familles, les guides touristiques de leurs études toutes récentes ; et les passagers des trains de leur travail quotidien plutôt que du besoin de réformes libérales ou d’une plus grande démocratie.
Les Iraniens instruits sont, cependant, très conscients que leur pays a un problème d’image en Occident. La question « Comment voyez-vous l’Iran ? » revenait souvent et je la comprenais comme « Que pensez-vous de notre fou de président ? » Beaucoup ne sont manifestement pas des sympathisants du président Ahmadinedjad (« Il est mauvais pour les étudiants, » m’avait dit dans un train, un étudiant en droit, « il est mauvais pour l’Iran ») mais quand je demandais poliment s’il avait remporté honnêtement la dernière élection, la réponse sidérante était toujours un oui» sans équivoque.
Les élections en Iran ont rarement été entièrement libres ou honnêtes, je n’ai pourtant pas réussi à comprendre que les commentateurs Occidentaux aient accepté trop facilement les accusations de fraude électorale massive.
On peut considérer à Londres ou à Washington qu’Ahmadinedjad, mais ça ne signifie pas qu’il n’a pas de soutien [populaire] dans son pays. Ceci dit, il y a certainement eu quelques irrégularités ici ou là le jour du scrutin. « Il est parfaitement possible qu’il ait gagné, » m’explique un observateur averti de l’Iran. «Il a juste essayé de mettre la cerise sur le gâteau.»
Il reste pourtant difficile de convaincre que le régime d’Ahmadinedjad est moins répressif que celui de l’ancien Shah. Le musée Ehud Beret de Téhéran que j’ai visité, dresse le parallèle de manière tranchée. Logé dans l’ancien QG de la SAVAK, la fameuse police secrète du Shah, où étaient incarcérés et torturés les dissidents politiques, il ne fait pas particulièrement dans la subtilité. Des mannequins grandeur nature sont menottés aux barreaux tandis que d’autres scènes reconstituent – avec des détails à arracher des larmes – toutes les étapes horribles du processus d’interrogatoire.
Les Iraniens participant à la visite étaient captivés, et apparemment inconscients de l’évidente ironie. Plusieurs m’ont proposé de traduire le commentaire fait par un ancien prisonnier afin de s’assurer que je reçoive le message. « C’était un mauvais endroit, » m’informait un type ; « Qu’en pensez-vous ? » « Oui, vraiment mauvais, » opinais-je. « Que pensez-vous de notre révolution ? » ajoutait-il sur un ton inquisitorial. « Elle semblait avoir un soutien populaire, » fut mon inadéquate, mais nécessairement équivoque, réponse.
Autrement, cette rencontre avait été franchement sympathique. « Bienvenue en Iran, » c’était l’accueil habituel avant un flot de questions sur l’Ecosse, le Royaume Uni, ce que je gagnais et, bien sûr, ce que je pensais de l’Iran. Tout le monde, semble-t-il, apprenait –ou veut apprendre – l’anglais, même si visiter un pays anglophone relève pour la plupart de l’utopie.
J’ai vendu à un sympathique soldat Iranien un biller de banque écossais, tandis qu’à Chiraz un chauffeur de taxi m’a offert une cassette de sitar que nous avons écoutée pendant le trajet vers l’aéroport. «C’est bien de voir des Britanniques par ici,» m’a dit un marchand de tapis à Ispahan, « on n’en a pas vu beaucoup ces dernières semaine ; beaucoup de groupes de touristes ont annulé leurs séjours.» Il semblait sincèrement déçu.
Je n’ai ressenti qu’une seule manifestation d’hostilité. Alors que j’errais dans la gare routière de Chiraz le jour qui avait suivi une nouvelle éruption de violence dans la capitale, un chauffeur de taxi costaud, m’avait interpellé hargneusement, « Alors, vous allez à Téhéran ?» J’y allais, mais par pour y passer une journée de plus. Et quand je l’ai fait, en route pour Londres, la ville était inhabituellement tranquille. Lundi était férié, et la plupart des habitants de Téhéran se préparaient pour une journée de célébrations religieuses.
Sans surprise, il y a une part de propagande dans la gestion gouvernementale de l’information. Plusieurs quotidiens anglophones transmettent fidèlement la ligne gouvernementale (à la différence, semble-t-il, de plusieurs journaux en persan qui sont souvent à un article de la fermeture) ; tandis que la controversée chaîne satellitaire iranienne d’informations Press TV, tourne en boucle sur les écrans des hôtels.
A première vue, elle semble avoir un ton raisonnable et bénéficier de moyens enviables ; ce n’est qu’après l’énième émission détaillant les cruautés de l’Etat sioniste (Israël), sans oublier les interférences « étrangères » dans les affaires iraniennes que son agenda apparait évident. George Galloway y a même sa propre émission, une diatribe polémique ponctuée d’emails de Liverpool et d’appels téléphoniques d’expatriés Iraniens à Londres.
Mais d’autres aspects de la vie iranienne ne sont pas aussi oppressifs que ce qu’ils ont l’air au premier abord – le statut des femmes par exemple. Même si dans des villes conservatrices comme Yezd, on porte le voile intégral noir – une tenue détestable dans la chaleur estivale – dans la ville cosmopolite de Chiraz on ne porte en général que le foulard sur la tête et tellement repoussé en arrière que ce vêtement n’est plus guère que symbolique. Les femmes en Iran représentent environ 60 % des étudiants du pays et j’en ai vu beaucoup flâner aux alentours de l’université de Téhéran.
Les zones de tension à l’étranger, c’est assez naturel, se transforment souvent en des caricatures qui ont peu de relations avec la réalité. L’Iran en est un exemple. Pour des raisons évidentes, ce n’est pas une destination touristique mais peut-être devrait-elle en être une. C’est que ses habitants qui sont, pour parler d’une manière générale, charmants, bien éduqués et attirés par l’Occident prouvent aussi le danger qu’il y a à juger un pays par sa direction politique.

>Quand un journaliste Britannique raconte ses vacances en Iran

26 juillet 2009

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Quand un journaliste n’est pas en service commandé, ça peut donner des choses intéressantes qui ont beaucoup à voir avec la liberté d’expression.
David Torrance se trouvait en vacances en Iran pendant la période électorale qui a vu des heurts violents entre partisans de M. Ahmadinedjad et partisans de son rival malheureux. Il n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, un sympathisant du régime de M. Ahmadinedjad et il semble même avoir quelque indulgence pour le régime sioniste.
Il n’empêche qu’il nous décrit une situation bien différente de celle qui a fleuri dans nos médiats et renvoie une image d’une société aux antipodes de la caricature de l’axe du mal chère à George W. Bush et à ses amis néoconservateurs. Ce sont ces mêmes gens « charmants, bien éduqués » que d’aucuns, encouragés par Benyamin Netanyahu, voudraient bien voir écrasés sous les bombes de l’entité sioniste avec ou sans la participation des USA et autres puissances occidentales.
Certes, ces bombes seraient destinées au régime iranien… Ca, il faudra le dire aux enfants qui périront sous elles.

L’Iran n’est pas une destination touristique, pour des raisons évidentes. Peut-être devrait-elle en être une
Par David Torrance, Sunday Herald (UK) 26 juillet 2009
Iran : le journaliste Ecossais David Torrance passait des vacances en Iran au moment le plus fort de l’agitation politique dans ce pays. Dans ce récit personnel de voyage, il réfléchit sur sa rencontre avec une nation étrangement en contradiction avec sa réputation «d’Axe du Mal.»
Je suis arrivé à Téhéran cent ans exactement après l’occupation de la ville par les Nationalistes révolutionnaires pendant ce qu’on a appelé la Révolution Constitutionnelle. Les troupes Cosaques occupaient encore la place centrale de la ville, mais plus pour très longtemps. Le Shah de Perse fut déposé et finit ses jours en exil.

Un détour historique commode. Je le sais, mais il prouve que la violence dans les rues de Téhéran n’est en rien une nouveauté dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Cette année marquait aussi le 30ème anniversaire d’une autre révolution, islamique celle là plutôt que constitutionnelle, dont les répercussions imprègnent encore les rues laides et polluées de la ville.
En conséquence, l’Iran est une destination de vacances improbable, qui a pourtant beaucoup à offrir. Téhéran est, pour le moins, riche en associations politiques tandis qu’Ispahan et Yezd sont des joyaux architecturaux du monde islamique protégés par l’UNESCO. Au sud, se trouve Chiraz d’où partent des touristes locaux (et quelques étrangers) pour visiter Persépolis, le monument étonnamment bien conservé du pouvoir impérial de Darius.
Mais en dépit des événements récents, à aucun moment je n’ai eu le sentiment de voyager dans une partie de ce que le président Bush avait mémorablement condamné comme «l’Axe du Mal,» ni dans ce que l’ancien président Iranien Rafsandjani présentait apparemment comme un pays «en crise» durant les dernières prières du vendredi à l’université de Téhéran. Seuls deux éléments venaient le rappeler : une affiche électorale déchirée de Moussavi dans le bazar d’Ispahan et la trace d’une ancienne recherche sur Google dans l’ordinateur d’un hôtel : «Où-est mon vote ?»
Pourtant, ce qui m’a frappé au niveau politique, c’est que la plupart des Iraniens sont aussi apathiques que les Ecossais quand on en vient aux inévitables conflits entre opposition et gouvernement. Les chauffeurs de taxi inclinaient plus à parler de leurs familles, les guides touristiques de leurs études toutes récentes ; et les passagers des trains de leur travail quotidien plutôt que du besoin de réformes libérales ou d’une plus grande démocratie.
Les Iraniens instruits sont, cependant, très conscients que leur pays a un problème d’image en Occident. La question « Comment voyez-vous l’Iran ? » revenait souvent et je la comprenais comme « Que pensez-vous de notre fou de président ? » Beaucoup ne sont manifestement pas des sympathisants du président Ahmadinedjad (« Il est mauvais pour les étudiants, » m’avait dit dans un train, un étudiant en droit, « il est mauvais pour l’Iran ») mais quand je demandais poliment s’il avait remporté honnêtement la dernière élection, la réponse sidérante était toujours un oui» sans équivoque.
Les élections en Iran ont rarement été entièrement libres ou honnêtes, je n’ai pourtant pas réussi à comprendre que les commentateurs Occidentaux aient accepté trop facilement les accusations de fraude électorale massive.
On peut considérer à Londres ou à Washington qu’Ahmadinedjad, mais ça ne signifie pas qu’il n’a pas de soutien [populaire] dans son pays. Ceci dit, il y a certainement eu quelques irrégularités ici ou là le jour du scrutin. « Il est parfaitement possible qu’il ait gagné, » m’explique un observateur averti de l’Iran. «Il a juste essayé de mettre la cerise sur le gâteau.»
Il reste pourtant difficile de convaincre que le régime d’Ahmadinedjad est moins répressif que celui de l’ancien Shah. Le musée Ehud Beret de Téhéran que j’ai visité, dresse le parallèle de manière tranchée. Logé dans l’ancien QG de la SAVAK, la fameuse police secrète du Shah, où étaient incarcérés et torturés les dissidents politiques, il ne fait pas particulièrement dans la subtilité. Des mannequins grandeur nature sont menottés aux barreaux tandis que d’autres scènes reconstituent – avec des détails à arracher des larmes – toutes les étapes horribles du processus d’interrogatoire.
Les Iraniens participant à la visite étaient captivés, et apparemment inconscients de l’évidente ironie. Plusieurs m’ont proposé de traduire le commentaire fait par un ancien prisonnier afin de s’assurer que je reçoive le message. « C’était un mauvais endroit, » m’informait un type ; « Qu’en pensez-vous ? » « Oui, vraiment mauvais, » opinais-je. « Que pensez-vous de notre révolution ? » ajoutait-il sur un ton inquisitorial. « Elle semblait avoir un soutien populaire, » fut mon inadéquate, mais nécessairement équivoque, réponse.
Autrement, cette rencontre avait été franchement sympathique. « Bienvenue en Iran, » c’était l’accueil habituel avant un flot de questions sur l’Ecosse, le Royaume Uni, ce que je gagnais et, bien sûr, ce que je pensais de l’Iran. Tout le monde, semble-t-il, apprenait –ou veut apprendre – l’anglais, même si visiter un pays anglophone relève pour la plupart de l’utopie.
J’ai vendu à un sympathique soldat Iranien un biller de banque écossais, tandis qu’à Chiraz un chauffeur de taxi m’a offert une cassette de sitar que nous avons écoutée pendant le trajet vers l’aéroport. «C’est bien de voir des Britanniques par ici,» m’a dit un marchand de tapis à Ispahan, « on n’en a pas vu beaucoup ces dernières semaine ; beaucoup de groupes de touristes ont annulé leurs séjours.» Il semblait sincèrement déçu.
Je n’ai ressenti qu’une seule manifestation d’hostilité. Alors que j’errais dans la gare routière de Chiraz le jour qui avait suivi une nouvelle éruption de violence dans la capitale, un chauffeur de taxi costaud, m’avait interpellé hargneusement, « Alors, vous allez à Téhéran ?» J’y allais, mais par pour y passer une journée de plus. Et quand je l’ai fait, en route pour Londres, la ville était inhabituellement tranquille. Lundi était férié, et la plupart des habitants de Téhéran se préparaient pour une journée de célébrations religieuses.
Sans surprise, il y a une part de propagande dans la gestion gouvernementale de l’information. Plusieurs quotidiens anglophones transmettent fidèlement la ligne gouvernementale (à la différence, semble-t-il, de plusieurs journaux en persan qui sont souvent à un article de la fermeture) ; tandis que la controversée chaîne satellitaire iranienne d’informations Press TV, tourne en boucle sur les écrans des hôtels.
A première vue, elle semble avoir un ton raisonnable et bénéficier de moyens enviables ; ce n’est qu’après l’énième émission détaillant les cruautés de l’Etat sioniste (Israël), sans oublier les interférences « étrangères » dans les affaires iraniennes que son agenda apparait évident. George Galloway y a même sa propre émission, une diatribe polémique ponctuée d’emails de Liverpool et d’appels téléphoniques d’expatriés Iraniens à Londres.
Mais d’autres aspects de la vie iranienne ne sont pas aussi oppressifs que ce qu’ils ont l’air au premier abord – le statut des femmes par exemple. Même si dans des villes conservatrices comme Yezd, on porte le voile intégral noir – une tenue détestable dans la chaleur estivale – dans la ville cosmopolite de Chiraz on ne porte en général que le foulard sur la tête et tellement repoussé en arrière que ce vêtement n’est plus guère que symbolique. Les femmes en Iran représentent environ 60 % des étudiants du pays et j’en ai vu beaucoup flâner aux alentours de l’université de Téhéran.
Les zones de tension à l’étranger, c’est assez naturel, se transforment souvent en des caricatures qui ont peu de relations avec la réalité. L’Iran en est un exemple. Pour des raisons évidentes, ce n’est pas une destination touristique mais peut-être devrait-elle en être une. C’est que ses habitants qui sont, pour parler d’une manière générale, charmants, bien éduqués et attirés par l’Occident prouvent aussi le danger qu’il y a à juger un pays par sa direction politique.

Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009
Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009
Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

>Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009

>

Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

Les 12 règles pour de bonnes élections dans les pays en voie de développement

15 juin 2009
Les récentes élections au Liban et en Iran ont inspiré à Angry Arab l’énoncé de ces quelques règles basiques sur ce qu’est une bonne élection du point de vue de l’Occident en général, des Etats Unis en particulier.
d
Les règles de base des occidentaux pour les élections dans les pays en voie de développement
Quelques principes occidentaux pour l’évaluation des élections dans les pays en voie de développement.

1) Quand les candidats préférés des occidentaux gagnent, les élections sont libres et honnêtes. Et quand ils perdent, les élections sont certainement non libres et truquées.

2) Les protestations violentes contre les élections gagnées par les candidats préférés de l’Occident doivent être fermement condamnées et les manifestants qualifiés de terroristes, de voyous et de foule enragée (imaginez-vous si les partisans de l’opposition libanaise s’étaient lancés dans des manifestations violentes contre les résultats du scrution au Liban) ; tandis que les manifestations violentes contre les ennemis des Etats Unis (comme en Moldavie) doivent susciter l’admiration (et dans ces cas, les manifestants sont qualifiés de « militants de la démocratie».)
3) Ce n’est pas par opposition à des élections libres que les gouvernements occidentaux interfèrent dans les élections et financent des candidats via des organisations occidentales de promotion de la démocratie.
4) Les candidats (ou même les dictateurs) qui servent les intérêts occidentaux sont automatiquement qualifiés de « candidats réformistes » (même le tyran séoudien estprésenté comme animé d’un « esprit de réforme »), tandis que les candidats qui s’opposent aux intérêts politiques et économiques de l’Occident sont qualifiés d’ennemis de la réforme.
5) Les candidats dont le discours sur Israël n’est pas vigoureux sont toujours favorisés.
6) Les observateurs électoraux occidentaux sont toujours prêts à déclarer une élection injuste et truquée si leurs candidats préférés perdent.
7) La corruption des candidats pro-USA (comme la bande du 14 mars au Liban) est préférée à la non corruption de, par exemple, Mugabe.
8) Les états de services démocratiques des dictateurs s’améliorent immédiatement s’ils modifient leur politique envers les USA et s’ils manifestent la volonté de servir les intérêts politiques et économiques des USA.
9) Les pays dont les dictateurs ont fait un bon boulot en servant les intérêts politiques et économiques des Etats Unis n’ont pas besoin d’organiser des élections.
10) Si les candidats en faveur ne peuvent offrir la garantie d’une victoire électorale (comme l’instrument de l’Autorité Palestinienne Abou Mazen dont le mandat a expiré depuis deux mois), ils n’auront pas besoin d’organiser des élections et seront de toutes manières traités comme s’ils avaient remporté une élection.

11) Il n’est tout simplement pas logique d’assumer que les peuples des pays en voie de développement puissent jamais décider librement de faire des choix qui ne sont pas en phase avec les intérêts politiques et économiques des Etats Unis.


12) Les élections tenues sous occupation israélienne et étatsunienne sont libres et honnêtes si les candidats qui ont leur préférence l’emportent.

>Les 12 règles pour de bonnes élections dans les pays en voie de développement

15 juin 2009

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Les récentes élections au Liban et en Iran ont inspiré à Angry Arab l’énoncé de ces quelques règles basiques sur ce qu’est une bonne élection du point de vue de l’Occident en général, des Etats Unis en particulier.
d
Les règles de base des occidentaux pour les élections dans les pays en voie de développement
Quelques principes occidentaux pour l’évaluation des élections dans les pays en voie de développement.

1) Quand les candidats préférés des occidentaux gagnent, les élections sont libres et honnêtes. Et quand ils perdent, les élections sont certainement non libres et truquées.

2) Les protestations violentes contre les élections gagnées par les candidats préférés de l’Occident doivent être fermement condamnées et les manifestants qualifiés de terroristes, de voyous et de foule enragée (imaginez-vous si les partisans de l’opposition libanaise s’étaient lancés dans des manifestations violentes contre les résultats du scrution au Liban) ; tandis que les manifestations violentes contre les ennemis des Etats Unis (comme en Moldavie) doivent susciter l’admiration (et dans ces cas, les manifestants sont qualifiés de « militants de la démocratie».)
3) Ce n’est pas par opposition à des élections libres que les gouvernements occidentaux interfèrent dans les élections et financent des candidats via des organisations occidentales de promotion de la démocratie.
4) Les candidats (ou même les dictateurs) qui servent les intérêts occidentaux sont automatiquement qualifiés de « candidats réformistes » (même le tyran séoudien estprésenté comme animé d’un « esprit de réforme »), tandis que les candidats qui s’opposent aux intérêts politiques et économiques de l’Occident sont qualifiés d’ennemis de la réforme.
5) Les candidats dont le discours sur Israël n’est pas vigoureux sont toujours favorisés.
6) Les observateurs électoraux occidentaux sont toujours prêts à déclarer une élection injuste et truquée si leurs candidats préférés perdent.
7) La corruption des candidats pro-USA (comme la bande du 14 mars au Liban) est préférée à la non corruption de, par exemple, Mugabe.
8) Les états de services démocratiques des dictateurs s’améliorent immédiatement s’ils modifient leur politique envers les USA et s’ils manifestent la volonté de servir les intérêts politiques et économiques des USA.
9) Les pays dont les dictateurs ont fait un bon boulot en servant les intérêts politiques et économiques des Etats Unis n’ont pas besoin d’organiser des élections.
10) Si les candidats en faveur ne peuvent offrir la garantie d’une victoire électorale (comme l’instrument de l’Autorité Palestinienne Abou Mazen dont le mandat a expiré depuis deux mois), ils n’auront pas besoin d’organiser des élections et seront de toutes manières traités comme s’ils avaient remporté une élection.

11) Il n’est tout simplement pas logique d’assumer que les peuples des pays en voie de développement puissent jamais décider librement de faire des choix qui ne sont pas en phase avec les intérêts politiques et économiques des Etats Unis.


12) Les élections tenues sous occupation israélienne et étatsunienne sont libres et honnêtes si les candidats qui ont leur préférence l’emportent.

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