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Les bulletins de vote du référendum catalan imprimés à Tel Aviv?

24 septembre 2017

Le site d’informations espagnol El Conficencial Digital nous avait déjà gratifiés d’un article sur les liaisons dangereuses entre le gouvernement régional catalan et l’entité sioniste, cette dernière encourageant de manière fort peu discrète les aspirations indépendantistes de Carles Puigdemont, le président de la Généralité de Catalogne.

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Carles Puigdemont à Yad Vashem

El Confidencial revient sur ces relations en avançant la thèse que les bulletins de vote nécessaires au prochain référendum qui doit, selon l’exécutif catalan, décider de l’indépendance de la région seraient imprimés dans l’entité sioniste.

Une hypothèse qui en vaut bien une autre, même si personnellement j’ai un peu de mal à y croire (voir ma note un peu plus bas). Elle traduit au minimum l’irritation croissante de certains secteurs d’opinion à l’égard d’une entité qui joue le jeu de la désagrégation d’un Etat espagnol qui est pourtant un de ses alliés, au même titre que les autres pays européens.

NB: à la différence de l’article précédent, celui-ci n’est pas signé.

Les services de renseignements cherchent les bulletins de vote du référendum en Israël

El Confidencial Digital (Espagne) 22 septembre 2017 traduit de l’espagnol par Djazaïri

   Ils examinent l’hypothèse qu’ils auraient été imprimés hors de l’Union Européenne. La police locale catalane [Mossos] suspecte que les urnes ont été acquises en Serbie ou en Russie.

Mardi dernier, la Guardia Civil [gendarmerie espagnole] a saisi dix millions de bulletins imprimés pour le référendum d’indépendance. Une opération qui porte un coup déterminant à la logistique du 1-O [1er octobre, date prévue du référendum en Catalogne]. Toutefois, le gouvernement suspecte la Généralité [gouvernement catalan] d’avoir un ‘plan B’. Les bulletins pourraient être imprimés dans un pays hors Union Européenne et devraient être expédiés en Catalogne par bateau quelques jours avant la consultation.

Depuis que le Parquet espagnol [Fiscalia General del Estado] a donné l’ordre aux forces de sécurité de saisir les bulletins, les urnes et le matériel destiné au référendum, la surveillance policière des imprimeries soupçonnées de collaborer avec la Généralité est constante.

L’action policière n’avait rien donné jusqu’à mardi dernier quand la Guardia Civil a arrêté deux hommes d’affaires après avoir inspecté un local industriel dans la commune de Bigues i Riells, dans la province de Barcelone. Sur place, ont été découverts 10 millions de bulletins de vote avec la question soumise au référendum et les cases pour répondre oui ou non.

Les scrutins référendaires saisis par la Garde civile.

Un coup dévastateur pour le 1-O

Des sources de la sécurité d’Etat estiment que la saisie porte un coup décisif à la logistique du référendum car le nombre de bulletins couvrait amplement l’effectif total du corps électoral convoqué à la consultation.

La Guardia Civil continue ses contrôles et ses inspections surprise dans les entreprises soupçonnées de collaborer à l’organisation du 1-O. Cependant, dans le gouvernement espagnol, on soupçonne le govern [gouvernement] de la Généralité de déployer une stratégie de « leurre ».

Enquête du CNI [Centro Nacional de Inteligencia, renseignements et contre-espionnage] à l’étranger

Les soupçons ne sont pas sans fondement. Ils se basent, comme l’ont indiqué des sources fiables à El Confidencial, sur une piste d’enquête ouverte ces dernières semaines par les services de renseignements. Les bulletins de vote sont imprimés dans un autre pays. Un pays non membre de l’Union Européenne ? avec la complicité présumée des autorités L’Etat en question.

L’origine de cette piste est inconnue, mais des sources proches de l’enquête confirment l’existence d’une « recherche » à l’étranger en quête d’imprimeries travaillant pour le compte de la Généralité.

Selon ces sources, les pistes suivies par l’enquête mènent vers différents pays, tous extracommunautaires. L’un d’eux est Israël.

Les liens d’Israël avec la Catalogne

Selon des rapports des services de renseignements espagnols, Israël n’a jamais caché sa sympathie pour la cause catalane. Jordi Pujol [Pujol a présidé la Généralité de Catalogne pendant 23 ans] en était arrivé au point de se déclarer sioniste et avait été invité à faire un discours devant le parlement israélien.

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Jordi Pujol et les Juifs. Construire la terre promise

L’an dernier, Artur Mas assurait, pendant le gala de remise d’un prix de l’amitié entre Israël et la catalogne que, « Comme en Israël, il y a aussi en Catalogne un peuple déterminé à être libre » . Pendant sa présidence, Mas se rendit plusieurs fois en Israël.

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Artur Mas glisse son bulletin ans l’urne

Les marques d’affection vont dans les deux sens. Ce fut du moins reconnu par Santiago Vidal quand il affirma que, parmi les pays qui s’étaient montrés disposés à aider une Catalogne naissante [nouvellement indépendante], il y avait Israël. L’aide parviendrait sous forme de prêts pour l’économie selon l’ex-député catalan.

Puigdemont lui-même s’est occupé personnellement de plusieurs actions diplomatiques en direction d’Israël. L’ambassadeur d’Israël en Espagne a été reçu pour un dîner « en privé » au palais de Sant Jaume [siège de la Généralité] avec le président de la Généralité. Les sujets abordés pendant cette rencontre n’ont fait l’objet d’aucune communication officielle.

Une ‘opération de leurre’

Ce que soupçonnent les services de renseignements, c’est que la Généralité a conçu une opération ‘leurres’. La manœuvre consiste à charger une des imprimeries locales de la fabrication des bulletins.

Parallèlement, une entreprise étrangère serait chargée de la confection de tout le matériel imprimé pour la réalisation de la consultation. Pendant que les services de sécurité se concentrent sur la recherche et la saisie des bulletins en territoire espagnol, les bulletins authentiques resteraient cachés dans un pays tiers jusqu’aux quelques jours qui précèdent le référendum.

On soupçonne que ces bulletins pourraient arriver en Catalogne par bateau à travers un des ports de la région. Une autre hypothèse envisagée par les services de renseignements est qu’ils sont déjà arrivés sur le territoire catalan et sont cachés.

Dans l’un ou l’autre des deux scénarios, l’étape suivante consistera à les distribuer discrètement dans les centres de vote du 1-O. L’opération, en termes logistiques, n’est pas très complexe. La Guardia Civil a transporté les dix millions de bulletins de vote confisqués mardi dans sept fourgonnettes.

Autre mystère, les urnes : une piste les situe en Russie ou en Serbie

Une autre des inconnues qui entourent le 1-O et que les services de sécurité essayent de résoudre est l’endroit où se trouvent les plus de 6 000 urnes nécessaires à la réalisation du référendum. Ces dernières semaines, a été envisagée la possibilité que les urnes soient stockées dans un pays étranger. Ou même dans une ambassade étrangère en territoire catalan.

El Confidencial Digital a eu accès à des sources dans la direction des Mossos d’Escuadra [police catalane] qui révèlent que les soupçons sur les pays d’origine des urnes portent sur la Russie et la Serbie où elles auraient été fabriquées sur commande de la Généralité.

Le transfert des urnes vers les bureaux de vote est, au moins en termes logistiques, beaucoup plus complexe que celui des bulletins. Principalement en raison de l’infrastructure nécessaire pour transporter plus de 6 000 urnes à travers une Catalogne où de nombreux contrôles de police sont en recherche d’urnes, de bulletins et de matériels en relation avec le 1-0.

 

Quand l’AFP ment. A propos de la visite d’une ministre Espagnole "antisémite" en Palestine

8 février 2011
Trinidad Jimenez est la ministre espagnole des affaires étrangères. Elle effectue en ce moment une tournée au Proche Orient qui l’a amenée en Cisjordanie et tout particulièrement à Hébron où son gouvernement coopère avec l’Autorité Palestinienne d’Abou Mazen pour des travaux de restauration de la ville.
Trinidad Jimenez
On trouve à Hébron une colonie juive, quelques centaines de voleurs ultrasionistes qui imposent des contraintes exceptionnelles aux indigènes.
Ces faits sont assez bien connus et la responsable de la diplomatie espagnole ne les ignore pas, c’est évident.
C’est peut-être pour cette raison que Mme Jimenez a profité de son passage à Hébron pour, nous dit une dépêche de l’Agence France Presse, dialoguer avec ces colons. Ce qui donne ce titre sur Romandie News, un des rares sites francophones à parler de ce déplacement de la ministre espagnole:

La chef de la diplomatie espagnole dialogue avec des colons de Hébron

On peut cependant lire que la ministre a été accueillie par des slogans hostiles de colons

« venus lui dire que la communauté juive de Hébron est la plus vieille du monde et que les projets de construction de quartiers financés par l’Espagne ne font qu’accentuer la haine contre notre présence », a déclaré à l’AFP le responsable local des colons, Noam Arnon. »

C’est-à-dire le discours habituel des colons: nous sommes chez nous en Palestine qui n’est pas la patrie des palestiniens.
A lire la dépêche AFP, on a l’impression qu’en dépit de slogans hostiles dont on ignore la teneur, un bref dialogue a eu lieu entre Trinidad Jimenez et un leader des colons sionistes.
Or, si on en croit le quotidien sioniste Yediot, il n’y a eu absolument aucun dialogue entre les colons et la ministre qui a refusé de les rencontrer.
De son côté, El Diario Montanes, un journal espagnol qui parle de cette visite de la ministre n’évoque lui non plus aucun dialogue entre la ministre et les colons sionistes.
Par contre aussi bien le Yediot qu’El Diario Montanes parlent non seulement de slogans hostiles de la part des colons mais d’insultes caractérisées.
On lit ainsi dans le Yediot:

Les manifestants tenaient des pancartes où on lisait, « il y a 500 ans, l’Espagne avait expulsé les Juifs vers Hébron. L’Espagne veut-elle expulser les Juifs une deuxième fois? »

Pour mémoire, ou plutôt pour histoire, rappelons que l’Espagne n’avait pas expulsé les Juifs vers Hébron tout particulièrement et que dans un même élan, elle avait expulsé les Musulmans.
Mais ça encore, c’est du « light » parce qu’il y avait aussi du « lourd ». La ministre Espagnole a bien entendu, rapporte le Yediot, été qualifiée également d’antisémite, de personne qui hait les Juifs [jew hater, preuve que les antisémites n’en ont pas forcément contre les Juifs] et de scélérate [villain].
El Diario Montanes répare une petite omission du Yediot et signale que Mme Jimenez a également été traitée de nazie.
Ce n’est plus Radio Paris ment, Radio Paris est allemand, mais AFP ment! (mais n’est pas allemande pour autant).

"Luces errantes" une chanson d’ismael Serrano pour Gaza

29 novembre 2010
C’est quoi la différence entre la presse française et la presse d’un pays comparable comme l’Espagne?
La différence est énorme et ne tient pas seulement  à ce que que vérité en deçà des Pyrénées serait erreur au delà. Voyez par exemple comment la presse espagnole rend compte de la journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien, et comparez avec le sort que lui a réservé la presse française.
Vous avez raison, il est impossible de comparer puisque la presse française ne souffle mot de cette journée décidée par l’ONU en 1977.
Ci-dessous, je vous propose une dépêche de l’agence espagnole EFE, reprise par le quotidien Publico comme par d’autres journaux espagnols tout à fait ordinaires, c’est-à-dire non militants.
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Avec « Lumières errantes », Ismael Serrano soutient les réfugiés de Gaza
Début de la campagne « Chaîne d’aide humanitaire » pour recueillir des fonds destinés au peuple palestinien
EFE – PUBLICO (Espagne) 29/11/2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

C’est avec la chanson Lumières Errantes (Luces Errantes) que l’auteur compositeur interprète Ismael Serrano a apporté son soutien à la campagne pour aider les enfants réfugiés dans la bande de Gaza que vient de lancer le Comité Espagnol de l’Agence de l’ONU pour les Réfugiés de Palestine (UNRWA).

Pour marquer la journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien, cet organisme de l’ONU a lancé la campagne Chaîne d’Aide Humanitaire avec laquelle elle espère recueillir des fonds par la construction d’une chaîne humaine virtuelle d’aide humanitaire » à laquelle in peut adhérer sur le site www.yotambienmesumo.org.
Luces Errantes raconte la situation qu’affrontent quotidiennement les réfugiés dans cette région. Les bénéfices retirés de la vente de la chanson de Serrano, qui s’est déplacé à Ramallah pour l’enregistrer, iront également à l’amélioration de la santé, de l’éducation et de l’alimentation des enfants réfugiés de Gaza.

La chaîne humaine unit à travers le réseau (internet) des acteurs sociaux en Espagne et en Amérique Latine qui font une contribution économique et deviennent des « convoyeurs de l’aide humanitaire. »

L’agence de l’ONU rappelle que dans cette région (Gaza), les jeunes « affrontent des situations très graves comme le conflit armé, la pauvreté, la crise économique et les restrictions de la mobilité de la population. »

Les réfugiés de Palestine sont la population qui connaît l’exil depuis le plus longtemps – 61 ans – et près d’un réfugié sur trois dans le monde est palestinien, explique la campagne de l’UNRWA.

2 X 18 = 36 Numérologie et justice aux Etats Unis

8 juillet 2010

Un article qui se passe presque de commentaire. mais soulève quelques questions. Je ne sais pas comment on peut appeler ce qui s’est passé pour ce malheureux Flavio Santisteban. Certes, il a été le protagoniste d’un accident qui a causé finalement la mort de quatre personnes. Mais comme il est noté, c’était un accident où sa responsabilité n’était pas en cause car quiconque connaît un peu le code de la route, sait que lors d’un choc par l’arrière entre deux véhicules, c’est le véhicule situé à l’arrière qui est en tort, sauf circonstances particulières.

Si les attendus du jugement avaient été le fait d’un juge musulman, on aurait parlé d’islamisation de la justice américaine. Et là, de quoi faut-il parler?
On peut parler de justice inique. Certes. On peut parler de chai, de numérologie. Mais encore ?
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JUSTICE – Incarcéré en Floride
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Un juge se sert de concepts de la « tradition juive » pour condamner un hispanique
par Manuel Aguilera à Miami, El Mundo (Espagne) 29 juin 2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri
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« Ils ont été sans pitié parce que s’est un crève la faim latino. Ils l’ont condamné comme si c’était un tueur en série. » Rosario Yara, impuissante, se lamente à Lanzarote, du sort de son fils Flavio condamné à 36 ans de détention dans une prison du nord de la Floride.
Flavio Santisteban, né à Cuba de parents espagnols, conduisait son camion sur une autoroute de Miami le 11 février 2004. D’après son témoignage, il a senti un choc à l’arrière et est sorti de l’autoroute. Une fois dans la zone d’arrêt d’urgence, il est sorti de son véhicule pour aller aider les quatre personnes dans le véhicule avec lequel avait eu lieu la collision.
Il avait pu entendre leurs voix et constater qu’iesle allaient bien, mais en une seconde la tragédie s’était précipitée. Le chargement qu’il transportait dans son camion explosa et le feu ravagea les lieux de l’accident.
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Ce dont se rappelle ensuite Flavio, c’est de son réveil avec des brûlures corporelles à l’hôpital. Là, avec son épouse Cari Ann, elle aussi cubaine d’origine espagnole, il apprendra que les quatre passagères du véhicule étaient décédés.
« Dès le tout début, les avocats nous ont dit que Flavio n’avait aucune responsabilité, que c’était un accident, » se souvient Cari Ann. Trois avocats, apparemment sous contrat avec la compagnie qui assurait ‘entreprise de Flavio, étaient chargés de sa défense au tribunal civil.
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C’est là que Flavio et son épouse apprirent que les quatre victimes de l’accident – Gloria Meryl Halpern, Anita Epstein, Alain B. Klein et Deborah Klein – appartenaient à des familles juives dotées d’un grand pouvoir économique.
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Les avocats ne permirent pas à Flavio de témoigner au prétexte que son manque de maîtrise de la langue anglaise pourrait jouer en sa défaveur. Finalement, le juge Jeffrey Streitfeld, d’origine juive, (comme les victimes) statua que les familles avaient droit à une indemnisation supérieure à 31 millions de dollars.
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L’épouse et la mère de Flavio accusent le juge de n’être pas impartial et de s’être impliqué personnellement dans cette affaire. Ce juge a demandé à sa collègue Mily Rodriguez-Powell de porter aussi l’affaire au pénal. L’accusé a été condamné pour quatre chefs d’homicide. « Je ne suis pas avocate, mais on m’a dit que pour augmenter le montant de l’indemnisation au civil, être condamné au pénal aide beaucoup, » déplore Cari-Ann.
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Changement de conducteur dans le véhicule des victimes
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Le comportement du juge – qui a créé la suspicion chez la famille et sur lequel elle base ses allégations – a comme premier aspect mystérieux le changement surprenant d’identité du conducteur du véhicule des victimes.
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Quand la patrouille autoroutière est arrivée sur le lieu des faits, elle a noté sur son rapport que la conductrice était Deborah Klein, dont l’autopsie a révélé qu’elle avait une grande quantité de barbituriques dans le sang.
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Comme par magie, un deuxième rapport d’enquête, apparu au cours du procès, affirme que la conductrice était Gloria Mery Halpen et que Deborah se trouvait sur le siège arrière.
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C’est un des détails qui ont amené Armando Valladares (opposant anticastriste connu) à s’impliquer dans ce dossier. Valladares a passé 22 ans en prison à Cuba. Il en était sorti à la demande instante du président français François Mitterrand et deviendra par la suite ambassadeur des Etats Unis à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU.
Il lutte maintenant pour corriger ce qu’il considère comme « une injustice qui s’abat sur les plus faibles. » Avec une photo du véhicule carbonisé, qui n’avait pas été accepté comme preuve par le juge, il pointe les traces de choc qui prouveraient que le responsable de l’accident était la conductrice de la voiture, pas celui du camion.
Mais ce qui est le plus frappant, c’est la phrase, prononcée devant les caméras en train de filmer, par laquelle Streitfeld a condamné Santisteban, et fait référence à des concepts religieux et à la numérologie de la tradition juive.
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‘La tradition juive » s’est avérée déterminante
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« Dans la tradition juive, existe un concept de Haï, 18, qui signifie vie. C’est quelque chose que je tiens à garder à l’esprit dans l’imposition d’une sentence pour la perte de la vie par quatre personnes juives. C’est ma décision d’imposer une sentence de double Haï, 36 ans dans la prison d’Etat de Floride, » avait affirmé le juge tandis que le condamné écoutait la traduction dans un casque.
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Le mot hébreu ‘haï » qui signifie vivant comme en arabe

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Maintenant, Rosario Yara, la mère de Flavio qui avait émigré d’Espagne pour fuir la répression franquiste après la guerre et avait dû ensuite faire de même avec la répression castriste, livre une nouvelle bataille.
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J’ai demandé l’intervention d’Enrique Mugica, le médiateur espagnol, tandis que sa belle fille se bat avec les tribunaux en Floride. « Ca a été un abus de pouvoir par des personnes très puissantes contre un malheureux, » se lamente Valaldares qui se rendra bientôt en Espagne pour chercher des soutiens à la cause de Flavio.

S’ils font ça avec les Européens, qu’est-ce qu’ils ne feront pas avec les Palestiniens?

1 juin 2010

La question que pose Maria Antonia Tapial, la mère d’un Espagnol qui se trouvait dans le Mavi Marmara, le bateau où a eu lieu le carnage exécuté par les terroristes sionistes, mérite d’être posée.
Les media occidentaux ne se la posent cependant pas, et on a peine à croire que, parmi toutes les personnes détenues par les autorités sionistes, figurent un écrivain de renom, Henning Mankell, un prix Nobel de la paix, Mairead Corrigan, et plusieurs dizaines de députés Européens.
Imaginons une seconde que ces gens aient été arrêtés par les Palestiniens. Non, je n’ose même pas imaginer: l’ultimatum, puis les destroyers, les frégates, les bombardiers et, bien entendu, les chalands de débarquement pour libérer les détenus et punir les pirates.
Mais quand il s’agit de Sion, ce ne sont que gesticulations et profil rase mottes.
Les trois Espagnols dont il est question ici ont eu de la chance: ils sont vivants et en bonne santé. Et personne n’ira dire, sauf un sioniste fou furieux, qu’ils travaillent pour une succursale de Ben Laden. Et ils vont (bientôt?) rentrer chez eux et parler. On verra bien si la presse occidentale fera là encore la sourde oreille.

« S’ils font ça avec les Européens, qu’est-ce qu’ils ne feront pas avec les Palestiniens?
Les parents des deux coopérants et le journaliste Espagnol protestent contre Israël
par Mariangela PAONE – Madrid – 01/06/2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La dernière chose qu’a écrite le militant madrilène de 35 ans Manuel Tapial sur sa page Facebook avant que ses parents aient pu avoir à nouveau des nouvelles directement fut: « Dernière minute, 14 bateaux israéliens cernent la Flotte pour la Liberté de Gaza! » Tapial se trouvait à bord du Mavi Marmara, le bâtiment principal de la flottille d’aide humanitaire destinée à briser le blocus israélien de Gaza. Il voyageait avec plus de 600 personnes de 40 nationalités réparties dans six bateaux. Ils transportaient des médicaments, des matériaux de construction, des livres, cent maisons préfabriquées et quelques 500 fauteuils roulants électriques pour handicapés. Tapial emportait de plus des centaines de livres de récits de réfugiés traduits de l’espagnol vers l’arabe.

Il était trois heures du matin. Tapial était resté près de huit jours sans pouvoir communiquer par téléphone. Au moment où l’armée israélienne a abordé le bateau turc face aux côtes de Gaza, Manuel chatait avec son père, Manuel Espinar, 60 ans.

Dix heures se sont écoulées sans que personne en Espagne, ni les parents de Tapial, ni ceux de sa compatriote catalane Laura Arau, 30 ans, et ceux du journaliste valencien David Segarra, 33 ans, qui travaillait pour la chaîne hispanoaméricaine Telesur, ne sache s’ils étaient vivants ou morts. On savait que pendant l’attaque plusieurs coopérants avaient péri, mais le gouvernement israélien n’avait pas encore établi leur nombre exact ni leur nationalité.

A la mi journée, pendant son intervention lors d’une conférence de presse à Madrid, quelqu’un a donné à Manuel Espinar un bout de papier avec un court message: « Diego Lopez Garrido dit que tous les trois vont bien. » Le message du Secrétaire d’Etat pour l’Union Européenne fut confirmé peu de temps après.

« Le bateau va au port israélien d’Ashdod. Une fois sur place, soit ils les arrêtent, soit ils les expulsent, » a précisé Espinar dans la soirée. Le père de Tapial a participé hier, avec 300 autres personnes, à la manifestation de protestation qui s’est déroulée devant le ministère des affaires étrangères à Madrid.

Espinar préside l’association Solidarité, Culture et paix qu’il a fondée il y a 14 ans et pour laquelle travaillent son fils Manuel et Laura. « S’ils font ça avec les Européens, qu’est-ce qu’ils ne feront pas avec les Palestiniens?, qu’est-ce qu’ils ne leur ont pas fait depuis les 62 ans d’existence d’Israël comme nation?, s’est demandée la mère de manuel, Maria Antonia Tapial. « J’ai passé un très mauvais moment sans nouvelles de mon fils. Mais je me préoccupe aussi du sort de tant de Palestiniens qui meurent chaque jour et dont aucun media ne parle. C’est comme si la vie d’un Européen valait plus que la leur. »

A Valence, Cristina Soler, la mère du journaliste David Segarra, s’est exprimée en des termes semblables: « Mon premier sentiment ce matin était le désespoir, à en vouloir mourir. Le second a été une immense fierté pour ce jeune homme qui, sans y être aucunement obligé, est allé risquer sa vie pour aider des personnes qu’il n’a jamais rencontrées, » rapporte Ignacio Zafra.

Segarra s’était joint en janvier à un convoi qui tentait d’introduire de l’aide humanitaire à Gaza via l’Egypte. Il avait passé 48 heures dans la bande de Gaza et tourné Les zèbres de Gaza, l’ébauche d’un documentaire sur les mécanismes psychologiques qui permettaient aux enfants de surmonter la guerre, comme peindre des ânes pour qu’ils ressemblent à des zèbres. Il tente maintenant d’achever ce travail.

Sionisme et apartheid: la presse espagnole enfonce le clou

26 mars 2010
L’Espagne, comme d’autres pays à vrai dire, a été accusée de connaître un regain d’antisémitisme. Et il faut dire que cette accusation n’est pas exactement passée comme une lettre à la poste et qu’elle a suscité une réaction de la presse espagnole.
Je l’avais déjà noté dans un précédent post où je vous proposais un article du journal El Pais. Cette fois, c’est La Vanguardia, le grand quotidien hispanophone de Barcelone qui s’y met en publiant un long article qui porte sur l’apartheid dans l’entité sioniste. Cet article est le fait d’un spécialiste puisque rédigé par un guide touristique qui exerce en Afrique du Sud et a donc quelque compétence pour comparer la situation de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et ce que subissent actuellement les Palestiniens. La vanguardia n’est pourtant pas un journal particulièrement pro palestinien!
L’article donne des indications précises sur les relations entre l’entité sioniste et le régime d’apartheid sud africain. Il met notamment en relief le rôle de l’institution communautaire juive, partie prenante du régime d’apartheid et fer de lance de la mise en relation de l’Afrique du Sud avec l’entité sioniste. Il souligne aussi le rôle de personnalités juives, dont le chanteur Johnny Clegg est une des figures les plus connues, dans la lutte contre l’apartheid. Ces Juifs, nombreux au demeurant, n’étaient par contre pas intégrés dans le système communautariste juif d’Afrique du Sud. Ils n’agissaient pas en tant en qualité de Juifs mais en tant que militants de gauche ou tout simplement antiracistes.
On peut lire que John Vorster, futur premier ministre Sud Africain, interné par les Britanniques pendant la seconde guerre mondiale pour cause de sympathies pour le nazisme, n’en sera pas moins couvert d’éloges par des dignitaires du régime sioniste comme Moshe Dayan ou Yitzhak Rabin.
Et que Shimon Peres (prix Nobel de la paix!), chargé en tant que ministre de la défense de la coopération militaire avec Pretoria, ne regrette rien puisque, dit-il, « Il faut oublier le passé, » « Le passé ne m’intéresse pas. »
Shimon Peres est un de ceux qui somment pourtant le monde entier d’entretenir la mémoire de l’holocauste…
Apartheid en Israël
Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et voyage aujourd’hui en Israël observera des choses désagréablement familières.
par Jaume Saladrigas au Cap, La vanguardia (Esp) 23 mars 2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Il est courant de lire des articles sur le malaise que ressentent les politiques Israéliens devant l’actuel climat d’antisémitisme qui, selon eux, s’est installé en Espagne. Par antisémitisme, certains entendent les opinions opposées ou qui interrogent les actions de l’actuelle administration israélienne. L’Etat hébreu est celui de l’apartheid, entend-on souvent. Pourquoi les autorités israéliennes s’indignent-elles chaque fois que quelqu’un en vient à faire des comparaisons avec l’ancien système d’apartheid en Afrique su Sud? Et dites-moi en quoi est-il antisémite de dire quelque chose de ce genre?Dans les années 1950, DF Malan, premier ministre d’Afrique du Sud, créa un système de lois qui rappelaient celles de Nuremberg, à l’époque d’Hitler: la loi sur l’état civil qui classait la population en fonction de la race. Des lois qui interdisaient les relations sexuelles ou matrimoniales entre personnes de races différentes. Des lois qui excluaient les noirs du monde du travail blanc.

Les origines de l’antisémitisme des Afrikaners remonte à une décennie avant 1948,année qui vit le Parti Nationaliste remporter pour la première fois des élections législatives. DF Malan avait déclaré son opposition à l’acceptation par l’Afrique du Sud de réfugiés Juifs supplémentaires venant d’Allemagne. A cette fin, il proposa des lois anti-immigration. Dans un discours au parlement, il défendit ainsi sa position: « On m’accuse souvent de discrimination envers les Juifs pour le simple fait d’être Juifs. Je vous dis en toute sincérité que c’est le cas; je les discrimine parce qu’ils sont Juifs. »

La présence de communautés juives en Afrique du Sud est antérieure aux événements de la seconde guerre mondiale. Au 19ème siècle, arrivèrent des familles entières ou ce qui restait de familles décimées qui fuyaient les pogroms en Lituanie et en Lettonie. Avec Staline, les persécutions contre les Juifs s’accentuèrent, ce qui provoqua une deuxième vague de réfugiés vers l’Afrique du Sud. Avec la découverte en 1860 des riches gisements de diamants de Kimberly et l’enrichissement notable de certains membres de la communauté juive, l’antisémitisme s’accrut. Les préjugés, les clichés: « le Juif est avare » étaient déjà à l’époque très répandus. La guerre anglo-boer à la fin du 19ème siècle servit aussi d’argument à des politiciens mal intentionnés. Ces derniers ne tardèrent pas à accuser les Juifs de s’enrichir aux dépens des perdants [les Boers]. Hendrik Verwoerd, rédacteur en chef de l’influent journal Die Transvaler et fondateur du mouvement Apartheid, soutenait que les Juifs en Afrique du Sud et dans le monde poursuivaient le même objectif: contrôler l’ensemble de l’économie. Les outils de communication (presse et radio) entre les mains de l’appareil du parti Nationaliste ne rataient aucune occasion de lancer une campagne antisémite. Il faut se souvenir que les Afrikaners s’étaient montrés favorables à la cause d’Hitler randis que les Sudafricains d’origine anglaise – dont étaient isus presque tous les membres du gouvernement – soutenaient le camp allié.
Don Krausz, survivant de l’holocauste (sa famille a eu moins de chance) et président de l’association des survivants de l’holocauste en Afrique du Sud, le rappelle bien: « Les Afrikaners, et en particulier les adhérents ou sympathisants du Parti Nationaliste, nous haïssaient. La presse afrikaans était un calque du journal hitlérien « Der Stürmer ». Les Juifs vivaient dans une anxiété constante sous la menace des Afrikaners. A Potschefstroom, d’où est ma femme, les milices des Chemises Grises jetaient des pierres sur les magasins juifs. Ou pire encore, ils y mettaient le feu ou les faisaient exploser. Ces gens là seront au pouvoir en 1948. Peu de ministres n’avaient pas la nostalgie du IIIème Reich et du nazisme. »

Après la guerre, le Parti nationaliste remporta les élections de 1948 et lança un vaste processus de transformation politique. Peu importaient les différends avec les anglophones (représentés par le Parti de l’Unité et le Parti Progressiste; l’opposition). Ensemble, il s’agit maintenant de construire une société nouvelle. L’apartheid est l’affaire de tous. La même année, le parlement, avec l’appui de tous les partis, opposition comprise, approuvait un nouveau système de lois pour l’Afrique du Sud. Un Ordre Nouveau: l’apartheid. La communauté juive d’Afrique du Sud n’avait rien à craindre. Le train de nouvelles lois ségrégationnistes ne touchait pas aux Juifs. Il s’agissait de créer un Etat dans lequel il serait possible de construire deux sociétés distinctes et différentes entre elles: les blancs d’un côté, les noirs et le reste des communautés non blanches de l’autre (à l’époque l’Afrique du Sud avait un déficit important en matière de population d’origine européenne). Et eux, les Juifs, étaient blancs.

Que s’était-il passé? Qu’est-ce qui avait changé entre les Afrikaners et la communauté juive? En 1961, le Parti nationaliste obtint l’approbation majoritaire au parlement d’un nouveau statut et de la décision de proclamer la république. Ce changement avait contrarié le Royaume Uni qui n’y pouvait cependant pas grand chose. Sauf exercer une pression maximum pour expulser l’Afrique du Sud du Commonwealth britannique, ce qui se produisit effectivement. Les blancs d’Afrique du Sud – qu’ils soient Boers ou d’origine anglo-saxonne – et Israël s’étaient toujours vues comme deux nations authentiquement démocratiques et soucieuses de défendre les valeurs occidentales dans un environnement le plus souvent hostile. En conséquence elles exigeaient le respect mutuel.

L’Afrique du Sud percevait sa destinée somme quelque chose de très proche de celle d’Israël. « Les Israéliens sont une minorité qui vit entourée de 200 millions de fanatiques musulmans qui, en outre, reçoivent l’appui de pays communistes. Un îlot de gens civilisés entourés de 200 millions d’Arabes barbares et sauvages. Quant aux Afrikaners, 5 millions de personnes au milieu de centaines de millions de noirs aidés par les communistes, » avait déclaré en une occasion John Vorster dont les propos seront répétés des années plus tard par le premier ministre PW Botha.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le futur premier ministre d’Afrique du Sud, John Vorster, fut interné dans un camp de concentration allié. Vorster était un admirateur fervent des nazis, chose qui ne cadrait pas bien avec un pays comme l’Union Sud Africaine qui était en guerre aux côtés des alliés. Trois décennies plus tard, en 1976, il se rendait à Jérusalem. en qualité de premier ministre cette fois. Le gouvernement de  Yitzhak Rabin, Menahem Begin et le légendaire général Moshe Dayan ne tarissaient pas d’éloges à l’égard de leur hôte.

Israël et l’Afrique du Sud oublièrent leurs divergences idéologiques du passé et inaugurèrent une relation cordiale et très fructueuse. A l’époque Israël et l’Afrique du Sud ont travaillé à des projets en vue de développer des tecnologies militaires de très haut niveau. Israël apportait à l’Afrique du Sud une aide militaire dans le conflit contre l’Angola. L’ennemi à combattre était le communisme.

Dans les années 1970 et 1980, quand la communauté internationale, sous la pression d’organismes comme l’ONU, décida d’imposer des sanctions économiques à Pretoria, PW Botha, le premier ministre du pays, durcit encore plus l’apartheid et en conséquence, l’Afrique du Sud s’enfonça dans une spirale de l’horreur. Les manifestations, les révoltes, les arrestations, les exécutions et les assassinats politiques firent parti du quotidien. Les grandes multinationales étrangères choisirent de quitter l’Afrique du Sud. L’occident tourna le dos à l’Afrique du Sud. Rien de tout cela n’ébranla le gouvernement. Dans le même temps, les passeports sud africains ne permettaient plus de voyager à l’étranger, sauf en Israël, l’ami fidèle.

Alon Liel, ax ambassadeur israélien à Prétoria, a délaré dans une interview que ce fut précisément l’Etat d’Israël qui assuma la responsabilité d’aider l’Afrique du Sud à se doter du potentiel militaire nécessaire (le plus important du continent). L’Afrique du Sud avec ses énormes réserves de trésorerie issues de sa puissante industrie minière, put financer divers programmes de développement technologique en Israël et, en contrepartie, des scientifiques Israéliens apportèrent leur savoir faire à l’Afrique du Sud. C’est ainsi, par exemple, que ces deux pays obtinrent la technologie essentielle pour développer leur arsenal nucléaire. Peu de gens en étaient informés.  Du côté israélien, Shimon Peres et Rabin le savaient (mais ils essayaient de le cacher). Ces deux hommes, avant d’être des politiciens, faisaient partie de l’équipe de techniciens militaires qui travaillait avec le gouvernement de Prétoria.

Antérieurement à la mise en place d’obstacles aux frontières, de checkpoints et autres dispositifs pour contrôler la population palestinienne qui entrait et sortait quotidiennement d’Israël, des spécialistes de la sécurité anti terroriste Sudafricains apportèrent une aide logistique à leurs coreligionnaires Israéliens. La même chose s’est produite avec la construction de ce qui est peut-être le plus important symbole de la répression et de la ségrégation raciale en Israël: le Mur. La gigantesque clôture de béton et d’acier qui serpente autour d’un périmètre qui ne cesse de s’agrandir.

Vers 1986, sous la pression de la situation internationale, des sanctions économiques, des résolutions successives de l’ONU condamnant à chaque fois l’apartheid, Israël décida de prendre ses distances avec le régime de Prétoria. Cette évolution des relations avec l’Afrique du Sud préoccupa les responsables de l’appareil sécuritaire en Israël. « Qui aurait pu penser? Est-ce que nous sommes tous soudain devenus fous? Comment allons-nous faire sans l’assistance militaire de l’Afrique du Sud? Que va devenir notre industrie aéronautique? Nous ne pourrons pas survivre sans son soutien. N’oubliez pas que les Sudafricains, depuis les années 1970 n’ont cessé de nous aider et sont nos meilleurs clients. »

Aujourd’hui, quand on évoque des personnalités juives Sudafricaines, les noms qui nous viennent à l’esprit sont ceux d’Helen Suzman, une éminente militante anti apartheid ou celui de Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature. Et peut-être aussi celui de Johnny Clegg, musicien de rock célèbre dans les années 1980. Tous trois s’opposèrent à l’apartheid. Rares sont cependant ceux qui connaissent le nom de Percy Yutar.

Yutar appartenait à l’autre bord. C’était le procureur qui en 1963 a réussi à mettre Nelson mandela derrière les barreaux. Il avait fait valoir des preuves qui incriminaient apparemment Mandela dans un prétendu sabotage et de vouloir conspirer contre l’Etat. Mandela purgea une peine de 27 ans et Percy Yutar fut récompensé par le gouvernement avec le poste de procureur général de l’Etat Libre d’Orange et, peu après, du Transvaal. Pendant des dizaines d’années, la Fédération Sioniste et le Groupe des Députés Juifs d’Afrique du Sud honorèrent des hommes comme Percy Yutar, Juif anti communiste et bon Sudafricain.

Pour Alon Liel, l’image que le monde devait avoir (et continuer à avoir) des Juifs d’Afrique du Sud est le modèle classique des militants contre l’apartheid. Les Juifs déploraient dans leur majorité le racisme mais insuffisamment. C’est que ce système leur apportait deux garanties fondamentales: un bon niveau de vie et une vie sans crainte du communisme. Devant les atrocités endurées au quotidien par les noirs et les autres communautés non blanches, les Juifs liés à l’establishment ont détourné le regard. Les choses iront mieux pour nous, disaient-ils, si nous les laissons telles quelles.

« Il faut oublier le passé, » recommandait Shimon Peres lors d’un entretien avec un correspondant Sudafricain. Shimon Peres parlait en connaissance de cause. Ce n’est pas pour rien qu’il a été ministre de la défense à l’époque de la visite de Vorster à Jérusalem et deux fois premier ministre dans les années 1980, à l’époque précisément où les relations entre l’Etat hébreu et l’Afrique du Sud blanche étaient au mieux .Peres goûte peu le charabia moraliste. « Je ne regarde jamais en arrière. Le passé ne m’intéresse pas. Je ne peux pas le modifier, à quoi bon m’en préoccuper maintenant? » Quand on lui demande comment il est possible que deux nations aux idéologies aussi différentes, antagonistes, aient pu s’apporter un soutien mutuel et s’il a douté à l’occasion, il répond: « Toutes les situations ne correspondent pas forcément à un idéal. Toute décision tient compte de deux alternatives imparfaites. Le mouvement noir en Afrique du Sud encensait Arafat depuis des années, et Arafat était notre ennemi chez nous. A la vérité, nous n’avions pas le choix. Nous n’avons cependant jamais cessé de dénoncer l’apartheid. Nous ne l’avons jamais soutenu. »

Personne en Israël n’a honte du passé. Le sous directeur général du ministère des affaires étrangères, Gideon Meyer, le justifie ainsi: « Notre handicap majeur a toujours été la sécurité. Aucune nation au monde n’est plus menacée que la nôtre. Il en est ainsi depuis ses tout premiers jours, depuis la naissance de l’Etat d’Israël. La géopolitique d’Israël en est le résultat. »

Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et se rend aujourd’hui en Israël observera des choses étrangement familières. Il n’existe certes pas en Israël de pancartes où on annonce aux noirs l’interdiction de ceci ou de cela, « blancs seulement », « non européens seulement ». Le fait est que ça revient au même; en Israël comme en Afrique du Sud par le passé, prévaut un climat de ségrégation raciale. Les Israéliens préfèrent cependant ne pas s’en rendre compte.

Les soldats de l’Etat hébreu humilient très souvent les Palestiniens qui se présentent aux checkpoints, les postes frontaliers. Les colons s’amusent à tracer des peintures xénophobes sur les humbles demeures des Palestiniens à Hébron. La police de jérusalem Ouest exerce son autorité de manière routinière, interpelle systématiquement toutes les personnes d’apparence arabe et contrôlent leurs identités. Certaines colonies et communautés juives refusent complètement l’entrée de « leur » zone aux palestiniens. L’argument qui justifie ce refus est l’appartenance à deux mondes culturellement distincts.Le maire d’un de ces hameaux de colons juifs en est venu à proposer que les palestiniens portent un quelconque signe distictif qui les identifie comme tels. Renversement de la notion de ghetto? Possible. Dans les années 1990, des groupes d’extrême droite juifs avaient exigé que les commerçants qui employaient des Palestiniens licencient ces derniers. Ceux qui s’étaient pliés à cette exigence  avaient reçu un autocollant où on lisait « nous n’employons pas d’Arabes. » Dans les matchs de football qui opposent des équipes israéliennes et palestiniennes, les supposrters juifs crient « mort aux Arabes. »

Celui qui a le rare honneur (ou selon le cas, tout le contraire) d’être invité à dîner chez une famille juive de la classe moyenne, il se peut qu’avec le dessert  – peut-être que c’est l’été et que nous soyons sur la terrasse à profiter du parfun que répandent les citronniers du jardin du voisin – la conversation animée porte sur la cause palestinienne. Nos amphitryons disutent, tentent de nous convaincre qu’en réalité les Palestiniens ne « méritent » pas d’avoir leur propre Etat. L’intifada et les attentats suicide justifient mille fois les 37 années d’occupation de leurs terres. Des crimes contre les Palestiniens? Certainement pas. Les criminels sont les Palestiniens.

Ca rappelle beaucoup les discussions sur les noirs qu’il y a vingt ou trente ans, j’avais avec des gens que je connaissais en Afrique du Sud. Les mêmes clichés, les mêmes préjugés, la même étroitesse d’esprit. On fait régulièrement des enquêtes d’opinion en Israël. Les Israéliens sont une majorité pour penser que les Arabes sont des gens « sales », « primitifs »,faisant peu de cas de la vie humaine et d’un naturel violent.Rehavam Ze’evi, ancien ministre du tourisme sous Sharon, avait proposé l’expulsion de tous les Arabes du territoire juif. Dans le plus pur style de l’apartheid. Même la presse juive l’avait traité de raciste. Ze’evi est mort en 2001, victime d’un attentat terroriste.

La liste d’exemples est longue qui démontre de manière claire qu’Israël, actuellement, continue à se prévaloir de pratiques propres à l’apartheid sud africain. « Il y a toujours eu des fanatiques pour exiger un Grand Israël, » explique Krausz, survivant de l’holocauste qui réside à Johannesbourg. « Il y a des types, des tarés, il n’y a pas d’autre mot, qui insistent pour prouver que c’est dans la Bible; cette terre est à nous, par la volonté divine. C’est du fascisme. »

Hirsch Goodman avait décidé d’émigrer en Israël. C’était il y a trente ans, peu après avoir terminé son service militaire (obligatoire en Afrique du Sud). Son fils, après avoir achevé son service dans l’armée israélienne a émigré en Afrique du Sud. « L’armée l’avait envoyé dans les territoires occupés et il dit qu’il n’oubliera jamais ce qu’on l’a obligé à faire, » déclare Goodman qui travaillait comme analyste des systèmes de sécurité à l’université de Tel Aviv. Selon lui, le terme « apartheid » est peut être un peu exagéré. « Si Israël persiste à vouloir se maintenir dans les territoires occupés, sans doute devrons nous accepter ce terme. Nous ne pourrons alors plus parler d’Etat démocratique. Ce qui arrivera alors seront des formes distinctes de développement et la discrimination systématique dans tous les domaines: éducation, santé, légal. Mais on ne peut pas dire aujourd’hui que nous pratiquons l’apartheid alors que 76 % de la population d’Israël désire sincèrement un accord avec le peuple palestinien. Il est vrai que nous discriminons les Arabes, ceux qui sont venus d’Ethiopie et d’autres, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut nous coller l’étiquette de racistes. Je déteste qu’on banalise le mot apartheid. C’est quelque chose de trop affreux. »

La sculpture "antisémite" qui fait réagir l’ambassade sioniste en Espagne

18 février 2010

Le sculpteur Espagnol Eugenio Merino nous administre une nouvelle preuve de la montée de l’antisémitisme en Espagne, comme un peu partout dans le monde d’ailleurs.
Ce sont deux oeuvres de cet artiste qui ont provoqué le mécontentement de l’ambassade sioniste à Madrid.
L’une d’entre elles représente un pistolet mitrailleur de type Uzi (fabriqué dans l’entité sioniste) qui se transforme en candélabre, un des symboles du judaïsme (et de l’Etat voyou également).

 

Un symbole d’une paix à  venir nous dit l’artiste dont on attend de voir si l’oeuvre en question sera du goût de ceux qui ont plaidé voire milité pour la diffusion des fameuses caricatures de « Mahomet ».

Reste que ce n’est pas cette sculpture qui a le plus irrité la diplomatie sioniste mais celle-ci:

Cette sculpture montre trois personnes en prière: un musulman courbé sur un tapis avec, à genoux sur son dos un prêtre catholique qui porte lui-même sur ses épaules un juif debout.
Selon le sculpteur, cette oeuvre représente la coopération des trois religions dans l’accession à la même finalité qu’est Dieu.
On a un peu de peine à se le figurer, c’est vrai! 
Mais qu’a pu y voir d’offensant l’ambassade sioniste aussi bien pour les Juifs que pour l’Etat qu’elle représente?  Quels sont les stéréotypes  relatifs aux juifs supposés être véhiculés par cette sculpture?
Et pourquoi n’y a-t-il pas eu de réaction virulente côté catholique ou côté musulman? Car après tout, c’est le musulman qui porte les deux autres sur son dos.
En fin d’article, on apprend que cette statue a été achetée pour être offerte à une certaine Fondation Shimon Peres qui prêche la non violence. Encore le culot sioniste.

Une sculpture de l’artiste Catalan Eugenio Merino offense Israël
L’artiste affirme que « L’escalier vers le ciel » qui est exposé à l’ARCO n’est pas antisémite mais reflète l’alliance des civilisations
La vanguardia (Espagne) 17/02/2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Madrid (Agences) – L’ambassade d’Israël à Madrid a publié un communiqué soulignant son rejet des oeuvres que l’artiste catalan Eugenio Merino présente sur le stand de la galerie AND à la manifestation culturelle ARCOmadrid. Concrètement, elle expose son dégoût pour l’oeuvre intitulée Escalier vers le ciel, qui montre trois croyants (un musulman, un curé et un juif) priant empilés l’un sur l’autre.

L’ambassade israélienne considère que l’oeuvre de Merino comporte des éléments insultants pour les Juifs, les Israéliens et certainement pour d’autres. » « Des valeurs comme la liberté d’expression ou la liberté artistique servent parfois de simples déguisements pour les préjugés, les stéréotypes ou de la provocation pour le plaisir de provoquer, » affirme-t-elle. Elle signale également qu’un message « offensant n’est pas moins douloureux quand ils se prétend être une oeuvre artistique. » « Nous considérons que nous sommes devant un de ces cas et nous sommes conscients que ce type de provocation a du succès, c’est précisément pourquoi le bon sens ne peut les laisser sans réponse, » dit-elle.

Il y a toujours le problème de où on met l’un [des personnages] et où on met l’autre, iet l faut trancher, » explique Merino.
Après avoir pris connaissance de la réaction d’Israël, Merino a affirmé que son oeuvre représentait une « image positive » et que « celui qui veut la voir comme négative, c’est son problème. » L’artiste dit ne pas être « antisémite » et se consacrer uniquement à l’art. « Je me consacre à l’art et j’accepte qu’on pense ce qu’on veut. J’ai réalisé en tout cas une pièce qui est censée parler de l’unité des religions et de l’alliance des civilisations.

Dans le même ordre d’idée, il explique qu’avec la religion il y a toujours « problème » et il précise avoir essayé d’être « respectueux au maximum. » « J’accepte leur critique mais ils doivent accepeter mon travail, » déclare l’artiste qui considère que son oeuvre n’est pas « agressive » parce qu’elle a un « air certain de religiosité. » « Il y a toujours une opinion ou une interprétation que je ne peux pas contrôler. Ce que les autres pensent dépend de nombreux éléments que je ne peux contrôler, comme le lieu où ils ont vécu. La lecture de l’oeuvre est très claire: c’est une tour où les trois grandes religions collaborent pour arriver à une même finalité. La même finalité est Dieu, » explique Merino qui admet que « toute cette polémique » ne l’intéresse pas.

« Elles ont en commun un ensemble de livres et de prophètes qu’elles partagent, et j’ai simplement proposé une alliance et l’acceptation de toutes les valeurs des uns et des autres, » déclare l’artiste pour qui la provocation « est en toute oeuvre d’art. »

En ce qui concerne une autre oeuvre, installée aussi dans la galerie ADN et dans laquelle apparaissent un candélabre et une mitraillette, il reconnait qu’elle est peut-être un peu « plus agressive. » Mais dans le fod, elle parle aussi de paix, » insiste-t-il. « La mitraillette est un Uzi, une mitraillette israélienne. Je propose une vision où les éléments sont recyclés pour être transormés en quelque chose d’autre qui ne tue pas, » explique-t-il. « Je peux accepter qu’on me dise que mon travail n’est pas exactement ce qu’il parait être, mais en fin de compte ce que j’ai dit, c’est ce que j’ai fait, et c’est ce qu’elle est, » conclut-il.

Une collectionneuse juive a acheté l’oeuvre
Interrogé sur l’acquisition de l’oeuvre par une collectionneuse juive belge, Merino dit ignorer le destin final de cette pièce.

A ce sujet, Miguel Angel Sanchez, directeur de la galerie ADN, indique que l’acheteuse lui avait parlé de son intention de placer l’oeuvre dans une institution ou une fondation, avant de préciser « que ce n’étaient que des propos informels. »

Le galeriste s’est montré satisfait de la vente réalisée puisque cette oeuvre sera envoyée dans une institution, la Fondation Shimon Peres, » une fondation internationale pour les enfants qui promeut la tolérance et la non violence. »

En espagnol, holocauste se dit holocausto: sur une période assez méconnue de l’histoire

2 février 2010
Quand l’histoire est narrée par des gens sérieux, ça a quand même un autre aspect que quand cette narration est le fait de spécialistes de la mémoire, qui ne sont cependant ni psychologues, ni neurologues.
L’article que je vous propose est en réalité un compte rendu de lecture, réalisé par un historien  renommé sur le travail de Matthew Carr sur l’expulsion des Maures d’Espagne suite à la Reconquista.
On sait ou on croit savoir ce que fut le rôle de l’Inquisition dans l’Espagne de cette époque. La mémoire, encore elle, rappelle spontanément la pression qu’elle exerça sur les Juifs, entraînant des conversions le plus souvent forcées et/ou l’exil. La même mémoire omet cependant le plus souvent de rappeler que les Musulmans Espagnols et, de manière générale toutes sortes d’hérétiques, furent au centre de l’attention de cette institution de l’église catholique. Nombreux furent d’ailleurs les Juifs qui trouvèrent refuge à l’époque en Afrique du Nord ou dans l’Empire Ottoman Ce sont les fameux Juifs Sefardim ou Séfarades (Espagnols) terme qu’on emploie souvent à tort pour désigner l’ensemble des Juifs originaires de l’aire arabo-musulmane. L’action de l’inquisition contre Juifs et Musulmans Espagnols est bien documentée dans le livre « L’Inquisition espagnole » de Bartolomé Bennassar.
L’objet du livre évoqué un peu plus loin n’est pas le sort des Juifs mais celui des Musulmans et il aborde la transition qui s’est opérée en Espagne entre une période de « convivialité » entre Chrétiens et Musulmans pour aboutir à l’expulsion pure et simple des derniers Ibères de confession musulmane.
En soi, c’est déjà intéressant. Mais ce qui l’est plus encore, ce sont les analogies qu’on peut faire avec la situation présente en Europe avec des communautés musulmanes perçues et/ou présentées comme des menaces tantôt à l’identité nationale tantôt à la sécurité nationale, voire les deux. Très intéressant, aussi ce lien qu’on ne peut s’empêcher d’établir entre le sort réservé aux Musulmans Espagnols et celui que réservera plus tard aux Juifs l’Allemagne nazie.
L’auteur rappelle effectivement que, comme l’Allemagne nazie des siècles après, l’Espagne de l’époque était obsédée par l’idée de pureté raciale. Est-ce un hasard si les Wisigoths qui dominèrent l’Espagne jusqu’à la conquête musulmane étaient un peuple germanique; comme les Vandales qui laissèrent leur nom à l’Andalousie? On sait que cette obsession de la pureté raciale s’était traduite par la notion de « sang bleu » supposé caractériser le liquide qui coulait dans les veines des aristocrates Espagnols… mais pas seulement. Ce sang bleu désignait en réalité la couleur des veines visible sous la peau d’un individu bien blanc, ce que n’étaient pas toujours les Musulmans d’Espagne. Quoique le mystique Ibn Arabi, le maître spirituel de l’émir Algérien Abd-el-Kader,  ait été décrit comme un blond aux yeux bleus du plus pur « type » germanique (Cf. Henri Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Gallimard 1964).
Ceci n’est pas la seule analogie entre l’Espagne inquisitrice et l’Allemagne hitlérienne puisque l’Espagne avait envisagé, nous dit l’auteur, toutes sortes de solutions pour résoudre le problème morisque ou arabe, celle qui fut retenue finalement, étant l’expulsion qu’un moine Chrétien du 17ème siècle qualifiait de « holocauste à l’amiable. » Tiens encore un point commun avec le nazisme sauf qu’à l’époque, les motifs de la solution finale en question avaient bien à voir avec le religieux..
Et le parallèle ne s’arrête peut-être pas là puisque, comme on le sait, la famille régnante à l’époque en Espagne appartenait à la dynastie des Habsbourg, une famille germanique qui régna également sur l’Autriche. Presque tout le parcours d’Hitler: Autriche, Allemagne, Alsace (intégrée au Reich par Hitler) et Espagne (nationalistes Espagnols soutenus par les nazis dans la guerre civile qui les opposé aux républicains).
Les implications du livre de Matthew carr sont alarmantes car il laisse entendre que les leçons de ce qui s’est passé pendant la deuxième guerre mondiale n’ont pas été tirées  [pas étonnant avec toute la pédagogie bidon à ce sujet] et qu’un discours de stigmatisation de même nature que celui qui visait les Juifs se parle aujourd’hui au sujet des Musulmans.. Tisser le lien entre la période du nazisme, l’époque de l’expulsion des Musulmans d’Espagne et ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux en Europe, particulièrement en France avec la règlementation du port des signes religieux ou des vêtements dits islamiques est à la fois une source d’inquiétude mais peut-être aussi un moyen de mettre en perspective des discours qui prétendent référer aux valeurs des droits de l’homme et de la démocratie. Et d’enfin stimuler la pensée et non la bêtise universelle.

Rejetés
par Andrew Wheatcroft, New York Times (USA) 29 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

BLOOD AND FAITH (Le sang et la foi)
L’épuration de l’Espagne musulmane, par Matthew Carr, 350 pp. The New Press

Qui se souvient des derniers survivants de l’Espagne musulmane, que les Espagnols appelaient avec mépris Morisques ( «petits Maures »)? Ils font l’objet depuis une trentaine d’années d’études impressionnantes mais, à ce jour, aucune n’a pu franchir les murs du ghetto académique. Dans son livre équilibré et très complet, Matthew Carr présente leur tragique destinée à un public plus large.

« Blood and faith » est un splendide travail de synthèse. L’histoire commence avec les dix années de guerre – une croisade – pour s’emparer du royaume maure de Grenade. La victoire chrétienne de 1492 donna le signal de départ d’une longue épuration ethnique de la Sainte Espagne. Les Juifs Espagnols en furent les premières victimes; ils furent rapidement contraints à l’exil. L’autre minorité ethnique et religieuse de la péninsule ibérique, les Maures d’Espagne, posèrent un problème plus complexe.

Les maures vivaient depuis des siècles en Espagne et étaient réputés pour leur ardeur au travail et leurs compétences en tant qu’agriculteurs et artisans. Tout aristocrate propriétaire terrien connaissait le vieil adage qui disait « Quiconque a un Maure a de l’or, » et des fortunes aristocratiques ont été construites sur ce principe simple: « Plus de Maures, plus de profit. »

La lente rupture de ce vivre ensemble (convivencia) débuta avec le conquête de Grenade. El 1492, les Grenadins Musulmans furent intégrés contre leur gré dans l’Espagne chrétienne, ce qui n’alla pas sans difficultés. Pour la plupart, ils livrèrent sans relâche des combats d’arrière-garde pour défendre leur culture, leur foi musulmane et leurs institutions sociales, résistant à la conversion forcée au christianisme par tous les moyens possibles.

Ils représentaient un véritable danger pour l’Espagne chrétienne. La longue façade maritime de Grenade était une frontière ouverte aux Turcs Ottomans, les ennemis mortels de l’Espagne. En 1568, après plusieurs petites révoltes, une longue et sauvage guerre civile commença. Elle fur réprimée dans le sang vers 1571, marquant un point de non retour pour chaque camp. Au moins 80 000 Musulmans – hommes, femmes et enfants – furent déportés au coeur du pays chrétien. Sans rien résoudre. Certains auteurs de l’époque opposaient les « paisibles » Maures d’Aragon et de Castille avec les « sauvages » de Grenade, mais cette distinction s’avéra vite sans importance. Tous les Musulmans, paisibles ou sauvages, furent de plus en plus considérés par leurs voisins Chrétiens comme malfaisants et dangereux.
Qu’était un Morisque à leurs yeux? Un assassin, un voleur de grand chemin ou un bandit. Tous les Morisques devinrent des souillures pour l’Espagne catholique romaine, avec leurs rites musulmans secrets et leur mépris des valeurs de la majorité. Et comme les Juifs en 1492, ils étaient impurs, leur sang évidemment était un agent de corruption; leur simple présence en Espagne une abomination.

Dans les quatre décennies qui suivirent, les dirigeants Espagnols planifièrent de purger le pays de la menace musulmane. Des méthodes très diverses furent envisagées – noyade, castration, exil sur les côtes glaciales de Terre-Neuve. Au fil du temps, la résolution du gouvernement se renforça. La question n’était plus si, mais quand et comment. Finalement, entre 1609 et 1614, environ 300 000 Musulmans furent envoyés à marche forcée vers les côtes et embarqués dans des bateaux pour l’Afrique du Nord.

Carr, auteur de « Une histoire du terrorisme » relate de manière réaliste cette rupture, sans diaboliser cependant les Chrétiens ou les Musulmans. Il laisse entendre que le développement de la défiance mutuelle et la spirale de la violence furent les premières étincelles de l’expulsion finale. Il est pourtant impossible de lire son livre sans lui trouver une résonance dans notre époque.

Dans sa conclusion, « Un avertissement de l’histoire? », le message de Carr est net. le discours catastrophiste actuel en Europe – qui donne libre cours à  des prophéties de désastre démographique causé par des Musulmans prolifiques – qui s’oriente vers l’idée d’un « holocauste à l’amiable, »  ainsi qu’un moine Dominicain du 17ème siècle appelait la solution finale de l’Espagne à son problème insoluble. Nous devrions être plus avisés..

Le dernier livre d’Andrew Wheatcroft est “The Enemy at the Gate: Habsburgs, Ottomans, and the Battle for Europe.” [L’ennemi à nos portes: les Habsbourg, les Ottomans et la bataille pour l’Europe]

Milton Herndon est-il le combattant noir antifasciste sur cette photo?

23 décembre 2009

Voici un post qui sort de ma thématique habituelle. Quoique je trouve qu’il s’inscrit bien dans la problématique histoire – mémoire, deux termes que d’aucuns voudraient confondre.

En effet, la mémoire de la guerre civile espagnole a bien enregistré la participation, côté républicain, de troupes russes dépêchées par Staline, mais aussi de volontaires internationaux dont des personnalités connues comme André Malraux, George Orwell ou Jean-Pierre Aumont.
La présence de combattants Afroaméricains est par contre évoquée plus discrètement, au point que personnellement je n’en avais jamais entendu parler. Or, cette participation était d’autant plus intéressante qu’elle prouvait le degré de politisation dans la communauté noire des USA et qu’elle s’était exercée dans le cadre d’une brigade multiraciale commandée par un noir. Quelque chose d’invraisemblable dans les Etats Unis de l’époque.
Vous trouverez ici plus d’informations en français sur ce groupe de combat antifasciste.

La quête de l’Espagne pour identifier un soldat noir qui avait combattu le fascisme pendant la guerre civile
par Giles Tremlett, The Guardian (UK) 20 décembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Volontaire dans les Brigades Internationales qui avaient combattu pendant la guerre civile espagnole, le soldat noir non identifié sur la photo fut un des premiers Américains à mourir en combattant le fascisme.

Aujourd’hui les autorités espagnoles veulent mettre un nom sur ce visage pour pouvoir présenter cette photo au président Barack Obama lors de sa visite en Espagne l’an prochain.

La photo noir et blanc de ce volontaire Afroaméricain appartient à une extraordinaire collection de photographies de la guerre civile qui a été acquise récemment par l’Etat espagnol.
« Nous savons seulement qu’il était arrivé avec le brigade Abraham Lincoln des volontaires Américains et qu’il est mort pendant la bataille de Brunete [juillet 1937], » explique Sergi Centelles, dont le père, Agusti, a pris la photo.

Ce soldat faisait partie des un peu plus de 90 Afroaméricains qui s’étaient portés volontaires pour défendre le gouvernement républicain élu contre une insurrection militaire de droite qui déclencha une guerre civile qui dura trois annés.
L’Allemagne d’Adolf Hitler et l’Italie de Benito Mussolini envoyèrent des troupes pour soutenir l’armée rebelle du général Francisco Franco, le futur dictateur. Des volontaires de gauche et antifascistes du monde entier rejoignirent les Russes envoyés par Staline pour aider à défendre la république.
Obama a défendu le concept de « guerres justes » dans son discours de réception du prix Nobel de la paix ce mois-ci.

L’Association des Brigades Abraham Lincoln, sise à New York et la bibliothèque Tamiment de l’université de New York ont épluché leurs archives de la guerre civile pour voir s’il était possible d’identifier l’homme sur la photo, qui a probablement été prise en février 1937. Deux candidats possibles ont émergé: Milton Herndon, dont le frère Angelo avait gagné un procès retentissant devant la Cour Suprême pour « incitation à l’insurrection, » et l’aviateur Paul Williams.

« Il s’agit d’une des huit ou neuf photos que mon père a prises des Américains marchant dans Barcelone, » explique Sergi Centelles.

La photographie est restée cachée pendant quatre décennies après qu’Agusti Centelles, connu comme le « Robert Capa Espagnol, » ait fui l’Espagne quand il apparut que les forces franquiste étaient sur le point de remporter la guerre civile en 1939.

« Mon père avait emmené ces photos avec lui dans une valise parce qu’il craignait qu’elles soient utilisées pour identifier des gens et entreprendre des représailles, » déclare Sergi Centelles.
Le photographe s’était servi de la valise comme oreiller dans un camp de réfugiés en France pour éviter qu’on la lui vole. Il s’installera par la suite chez une famille française à Carcassone dans le sud de la France, mais il devra fuir à nouveau après le déclenchement de la seconde guerre mondiale et que les occupants Allemands aient appris qu’il utilisait son appareil photo pour prendre des photographies destinées à de faux passeports.

« La Gestapo le recherchait, alors il a franchi les Pyrénées pour rentrer en Espagne, » déclare Sergi Centelles. « Il avait laissé sa valise derrière lui, en demandant à la famille française de ne la donner à personne d’autre qu’à lui-même.

« Elle fut transmise du grand-père, à sa mort, à son fils et, quand il mourut lui aussi, à son petit fisl. »
Agusti Centelles envoyait un présent à la famille à chaque Noël, en signe qu’il était encore vivant.

L’Espagne n’a pas accordé de passeport au photographe avant 1962, année où la famille s’est rendue à Carcassonne pour vérifier que la valise s’y trouvait encore. C’est seulement en 1976, un an après le décès de Franco, qu’il osera récupérer la valise et la ramener à la maison.

Elle contenait des centaines de photos de la guerre civile, dont une de l’écrivain George Orwell avec un groupe d’autres volontaires internationaux.

Le mélange racial dans les Brigades Internationales figurait une volonté d’atteinde à un niveau d’égalité raciale jamais vu par ailleurs dans les armées occidentales des années 1930.

« Nous savons qu’il y avait un certain nombre de volontaires Afroaméricains et que beaucoup ont été maltraités de retour dans leur pays, comme si les gens pensaient qu’ils étaient communistes, » explique Sergi Centelles.

« Nous avons quatre ou cinq noms de candidats plausibles, mais ce que nous voulons réellement est trouver leurs familles. »

* Si vous savez qui est l’homme sur la photo, ou si vous pouvez fournir des informations qui pourraient aider à son identification, contactez SVP giles.tremlett@guardian.co.uk

Benito Cabo, ou la réponse du journal El Pais aux pressions sionistes

30 septembre 2009
Eugenio Suarez, chroniqueur littéraire du journal espagnol El Pais a choisi tout récemment d’offrir au lectorat une nouvelle revue « critique » d’un roman de l’écrivain Benito Cabo paru voici deux ans.
Il explique qu’il le signale à nouveau parce que c’est selon lui un livre intéressant qui, toujours selon lui, n’a malheureusement pas rencontré le succès qu’il méritait.



On peut légitimement s’étonner d’une sollicitude assez inhabituelle chez les journalistes et donc hésiter à se contenter de cette explication.
Si la qualité du livre ne semble pas douteuse, il faut situer le regain d’intérêt d’El Pais à son égard à la lumière des accusations d’antisémitisme qui ont été proférées à l’encontre de ce journal par l’entité sioniste et la fameuse Anti Defamation League (ADL), accusations fondées sur la façon dont ce quotidien, mais aussi El Mundo un autre titre espagnol important,  a rendu compte de l’agression sioniste contre Gaza. Les sionistes mettent notamment en cause la caricature que vous trouverez par ce lien. La traduction (correcte) de la légende, je la laisse aux bons soins de nos amis de Sion.
Et il va aussi de soi que l’ADL a constaté une sensible poussée d’antisémitisme en Espagne (comme d’ailleurs en Norvège, en Suède et en vérité un peu partout).


Cet article est donc en réalité une réponse assez élégante aux accusations formulées par l’entité sioniste et ses suppôts.
On aimerait d’ailleurs que ce roman rencontre un vif succès et qu’il soit traduit en français, d’autant qu’il est absolument fidèle à la réalité historique.

Une précision toutefois : Ion Victor Antonescu, le chef de l’Etat roumain de l’époque, s’il a pactisé avec Hitler, si son armée a procédé au massacre de Juifs et livré des Juifs réclamés par le régime nazi, semble avoir protégé ses concitoyens de confession israélite dans une démarche qui le rapproche de Philippe Pétain. L’opération d’évacuation décrite dans le livre n’avait d’ailleurs été rendue possible que par la vieille amitié d’Antonescu avec le président des communautés juives de Roumanie.



Nazis et Juifs bras dessus bras dessous
Par Eugenio SUÁREZ, El Pais (Esp) le 21/09/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri


Il y a 70 ans débutait la guerre mondiale et un de ses chapitres collatéraux les plus terrifiants fut l’extermination des Juifs. Penser au mot nazi évoque immédiatement son contraire : Juif. Pour sa rareté – du moins pour moi – je crois intéressant de rendre compte d’un livre curieux qui n’ayant pas rencontré d’écho médiatique à ce jour, n’a été tiré qu’en un nombre restreint d’exemplaires. Comme il en faut pour tous les goûts [« hay gente pa tó »], je me permets de le signaler à nouveau au nom de la curiosité qu’il peut susciter.

Il traite de circonstances qui sont restées secrètes ou connues de très peu de gens, de pactes, d’accords et de communauté d’intérêts entre Hitler et les Juifs sionistes. Le livre, sous forme romancée, comporte des documents en annexe avec de solides références sur les faits présentés. Son titre : El expediente Sión [Le dossier Sion], publié par les éditions Depha en 2007. Son auteur : Benito Cabo, un Asturien d’Avilés, licencié en droit de la Complutense [université de Madrid], qui réside et travaille à Madrid. Voilà pour les références.

Le récit commence avec l’affrètement d’un vieux bateau nommé Sparta, qui quitta en 1941 le port roumain de Constantza avec à bord 769 Juifs Roumains qui aspiraient – moyennant un prix très élevé – à se rendre au port de Haïfa en Palestine. Deux années s’étaient donc écoulé depuis l’éclatement du conflit et la signature du pacte germano-soviétique suivis par le déclenchement des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS. Connaissant l’antisémitisme nazi que j’ai vécu à la fin de cette guerre en qualité de correspondant de presse à Budapest, j’avais vu, soit dit en passant, des choses de manière très directe lorsque j’avais hébergé certains de ces êtres sans défense avec une étoile jaune cousue sur leurs vêtements.
Le navire se nommait en réalité Struma comme le confirme la documentation, il battait pavillon panaméen ; et l’odyssée de sa cargaison humaine en Méditerranée pendant 74 jours, est relatée avec minutie dans le livre. Comment est-il possible que près d’un millier de Juifs aient tenté l’aventure d’atteindre la terre promise d’Israël en cette période et dans de telles conditions ?
Lorsque, après un voyage difficile, ils furent en vue de la terre de Palestine, les autorités britanniques – haïes par les Arabes et par les Juifs – qui exerçaient un dur protectorat (je suis allé là bas) soupçonnant la manœuvre, refusèrent la permission d’accoster et le bateau renta alors de rallier Istanbul. Là bas, les Turcs, cédant à une exigence anglaise, le refoulèrent implacablement. Et, terme d’un périple difficile de plus de deux mois, à dix milles d’Istanbul, un sous marin russe tira une torpille qui coula le navire. Une seule personne en réchappa, dont le nom apparait dans le livre et qui vit maintenant aux Etats Unis.

LA grille d’’interprétation proposée par le récit est incroyable et en même temps vraisemblable. Les Juifs sionistes entrent en contact avec les autorités allemandes via l’ambassadeur d’Allemagne à Ankara, Franz Von Papen, ex-chancelier de la république de Weimar et allié fidèle d’Hitler.
La proposition était simple : l’Allemagne soutient l’installation des Juifs en Palestine, où un commando spécial attaquera la cité portuaire d’Haïfa ; les Juifs de toute l’Europe afflueraient en Israël pour fonder un Etat autonome et une base allemande qui couperait l’alimentation en pétrole arabe, neutraliserait le canal de Suez et les forces britanniques se retrouveraient enfermées dans un piège mortel. De son côté, Rommel empêcherait la retraite des troupes britanniques, le tout réalisé avant l’intervention des Etats Unis sur le continent européen. Le Royaume Uni se verrait obligé de demander ou d’accepter la paix et l’armée allemande aurait les mains libres pour affronter le véritable ennemi : la Russie soviétique. Le Führer avait approuvé le projet, faisant la distinction entre sionistes et Juifs en général, voués à l’extermination selon son idéologie politique.

Je ne veux pas gâcher l’intérêt du récit, vraiment passionnant, à pat le phénomène contagieux qui n’a pas épargné l’auteur et qui consiste à employer des mots vulgaires pour décrire des situations érotiques non nécessaires et qui affaiblissent une partie de la narration.
Intéressante sans doute, par son caractère véridique, la surprenante alliance d’une partie du peuple juif avec ses bourreaux
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