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Trump Vs Biden, fascisme à l’ancienne contre fascisme du XXIème siècle

27 juillet 2020

Je vous propose une analyse de la situation politique aux Etats Unis telle qu’elle est comprise par Glen Ford de Black Agenda Report.

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Glen Ford

Black Agenda Report se présente comme un média d’information, d’analyse et de commentaire politique de la gauche noire. L’article est extrait de leur site, Black Agenda Report dispose aussi d’une page Facebook.

D’après Glen Ford, c’est en tout cas ce que j’ai compris, Donald Trump en tant que figure du passé, d’un fascisme à l’ancienne, est un accident dans le paysage politique des Etats Unis, du moins c’est ainsi que le perçoivent les élites économiques et financières. Ces dernières auraient opté pour un nouveau modèle qui inclut le management de la diversité susceptible de permettre à une infime minorité richissime de maintenir son contrôle de l’État. Ce modèle n’est pas moins fasciste (ou fascistoïde dirait Emmanuel Todd) puisque son principe est le pouvoir de cette minorité d’ultra-riches, le militarisme et la guerre perpétuelle.

Pendant que cette élite dirige, le reste de la population est lancé dans une course vers le bas, la descente dont parle Emmanuel Todd dans son livre sur les luttes de classes en France au XXIème siècle.

Glen Ford a-t-il lu Todd où s’agit-il simplement d’une convergence qui résulte de l’analyse,

 

Qui est le fasciste le plus dangereux?

Par Glen Ford, Black Agenda Report (USA) Editor 23 Juillet 2020 traduit de l’anglais par Djazaïri

La plupart des gauchistes américains sont incohérents dans l’emploi du terme fascisme, et les Démocrates ont complètement détruit le sens de ce mot.

«Dans leur vison politique caricaturale, fasciste signifie simplement «Trump».

Après la prise d’une première tête de pont autour des bâtiments fédéraux à Portland, en l’Oregon, Donald Trump menace d’envoyer ses über alles Storm Troopers [Sections d’Assaut] de la sécurité intérieure dans les villes du pays qui, selon lui, sont «dirigés par des démocrates très libéraux [à gauche dans la terminologie américaine]… par la gauche radicale». La prochaine sur la liste est Chicago, où 150 agents fédéraux devraient être déployés dans les prochains jours. Des agents de la sécurité intérieure ont déjà été envoyés à Seattle et à Washington DC, et Trump a évoqué la nécessité de «dominer» le terrain à Philadelphie, Detroit, Baltimore et Oakland. Pendant ce temps, le ministère américain de la Justice prévoit d’étendre son intervention urbaine «Operation Legend», qui vise actuellement la criminalité locale à Kansas City, Missouri.

Tout comme d’autres présidents américains ont historiquement utilisé l’armée comme instrument pour leur réélection, organisant des attaques contre des pays désignés par les Etats Unis comme «voyous» et «terroristes» pour consolider leur assise électorale, Donald Trump fait campagne en tant que shérif qui fera régner la loi et l’ordre dans les vastes régions du pays occupées le mois dernier par les hordes inspirées de «Black Lives Matter». Bien que l’intervention armée de Trump dans les affaires locales et étatiques semble politiquement en contradiction avec ses sympathies confédérées, son déploiement massif d’agents de la force publique paraît légal.

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Le drapeau confédéré est généralement perçu comme un symbole raciste

Leur comportement dans la rue, cependant, est une autre affaire. «Des agents fédéraux non identifiés dans des véhicules banalisés enlèvent des manifestants pacifiques dans les rues, les transportent vers des lieux inconnus, sans les informer des raisons de leur arrestation, puis les relâchent sans trace de d’une procédure d’arrestation», a déclaré Marjorie Cohn, ancienne présidente de la National Lawyers Guild. «Ces actions rappellent la police secrète des dictatures qui kidnappe e t« fait disparaître» les opposants au régime. Elles sont conçues pour dissuader les gens d’exercer leur droit au premier amendement de protester contre le racisme et la suprématie blanche.»

Oui, ça «rappelle» la police secrète à d’autres époques et dans d’autres pays, mais les agents de la sécurité intérieure se comportent en fait comme le font les flics locaux un peu partout aux États-Unis. La police de Chicago a fait fonctionner pendant des années un centre de torture pas si secret dans lequel des hommes noirs disparaissaient jusqu’à ce qu’ils avouent des crimes qu’ils n’avaient pas commis. Les villes du pays déploient régulièrement des «escouades» de policiers en civil qui sautent de véhicules banalisés pour enlever des gens dans les rues de leur quartier. Et la  plupart des flics locaux chargés de réprimer les manifestations anti-police retirent leurs badges et marques d’identification. Les équipes SWAT (unités d’élite de la police) locales et fédérales portent régulièrement des masques pour cacher leurs identités. Cela aussi «rappelle» le fascisme, mais cela n’a pas commencé avec Trump en janvier 2017.

De fait Trump est plutôt amateur dans le domaine de l’art sinistre de la répression intérieure, son expérience passée se limitant à terroriser les locataires de ses immeubles d’habitation et les «apprentis» dans les émissions de télé-réalité. Les outils de répression étatique déployés par Trump en tant que The Mad White Avenger étaient déjà beaucoup utilisés par les anciens présidents. Le FBI de Barack Obama a coordonné la répression par la police nationale des sites d’Occupy, il y a près de dix ans – une vaste opération impliquant les actions synchronisées d’un président démocrate noir, de maires principalement démocrates et de leurs chefs de police. La maire noire de Baltimore avait qualifié les personnes qui avaient pris part à la rébellion de Freddie Gray de 2015 de «voyous» – déshumanisant ainsi ses propres électeurs – tout comme  Obama, dont les procureurs fédéraux avaient exigé et obtenu des peines sévères pour les accusés de dégradations matérielles.

Obama a marqué un tournant dans l’histoire de l’État policier quand il a obtenu l’adoption par le Congrès d’une législation autorisant la détention pour une durée indéfinie de citoyens américains sans faire l’objet d’un procès ou d’une accusation – un saut dans l’abîme que même George W. Bush n’avait pas osé faire.

Les outils de répression étatique déployés par Trump en tant que The Mad White Avenger étaient déjà beaucoup utilisés par les anciens présidents.

Les libertariens en matière de droits civiques sont à juste titre préoccupés par le fait que le ministère de la Justice de Trump se coordonne avec la police locale pour se servir de Facebook pour accuser ceux qui protestent contre l’assassinat de George Floyd de crimes graves – un autre signe avant-coureur du fascisme. Mais les polices locales utilisent depuis des années Facebook comme outil d’enquête de premier ordre. Et les groupes de travail de la police fédérale- police de New-York sous le titre «Operation Crew Cut» s’étaient grandement appuyés sur des déclarations faites sur Facebook pour inculper plus de 100 jeunes dans deux quartiers HLM de Harlem en 2014 et 120 autres jeunes noirs et à la peau bronzée du Bronx en 2016– un raid présenté comme la plus grande opération de «répression des gangs» de l’histoire de New York. Est-il fasciste d’utiliser Facebook contre des dissidents politiques, mais normal quand il s’agit d’expédier les «suspects habituels» (jeunes de couleur ) dans le goulag de l’incarcération de masse? Ou est-cet fasciste seulement quand Trump le fait?

Si la plupart des gauchistes américains sont incohérents dans l’emploi du terme fascisme,les Démocrates ont complètement détruit le sens de ce mot.

Comme je l’ai écrit dans des articles précédents (voir «91ll Legacy: Two Contending Fascisms », 15 septembre 2018), le système Jim Crow du sud des États-Unis a servi de modèle à l’État racial d’Adolph Hitler. Le Sud ségrégationniste entièrement sous les lois Jim Crow, correspondait en fait plus étroitement à la définition largement répandue du fascisme que la plupart des fascismes européens du XXe siècle:

* Nationalisme poussé à l’extrême

* Recours fréquent au pouvoir de la foule

* Oppression d’un «Autre» interne comme principe organisateur

* Militarisme

* La domination politique des éléments les plus réactionnaires de la bourgeoisie

“ le système Jim Crow du sud des États-Unisa servi de modèleà l’État racial d’Adolph Hitler”

Donald Trump est un fasciste américain à l’ancienne, du genre Jim Crow – mais qui est également désireux d’utiliser tous les outils modernes de répression politique et raciale pour préserver un système capitaliste dans sa phase de déclin final. La politique ouvertement raciste de Trump (avec l’oppression d’un «Autre»interne comme principe organisateur») le rend incompatible avec la doctrine de la «diversité» managériale adoptée par nécessité par les multinationales. Il entre donc en tension avec le régime capitaliste au 21e siècle – mais est extrêmement utile comme repoussoir, c’est pourquoi il a été l’adversaire préféré des démocrates liés au monde des affaires en 2016 et 2020. N’ayant rien à offrir à leur base si ce n’est une austérité sans fin («la course vers le bas ”) et la guerre, les démocrates liés au monde du business ont fait de Trump le seul enjeu de leurs campagnes.

Le capital multinational et l’État sécuritaire (CIA, etc.) trouvent Trump totalement indigne de confiance en tant que gestionnaire de l’empire américain – c’est pourquoi ils ont concocté le Russiagate en collaboration avec les démocrates.

Les républicains sont depuis plusieurs générations les vassaux des grandes compagnies pétrolières, tandis que les démocrates sont le parti privilégié du capitalisme financier qui domine désormais tous les secteurs capitalistes, y compris les médias et la haute technologie. Au sein du duopole électoral, les Noirs n’ont d’autre choix que les Démocrates, tandis qu’environ la moitié des Blancs choisissent les Républicains, ouvertement le parti des Blancs bien avant l’avènement de Trump, l’intrus impulsif. Cependant, le duopole institutionnel fonctionne mieux pour tous les secteurs du capital lorsque les partis du duopole jouent en «tag team» [en collusion], échangeant périodiquement les rênes du pouvoir exécutif avec le moins de perturbations possible pour l’ordre capitaliste. {C’est ce qu’ils appelaient le «génie» du système. ) L’humiliation de l’establishment corporatif républicain  par Donald Trump en 2016 – avec l’aide décisive des démocrates et des grands médias – a déstabilisé le duopole politique, le mécanisme institutionnel qui, avec les médias liés au monde des affaires, médiatise les divergences entre les secteurs capitalistes et construit un récit politique commun ( mensonges) pour la consommation populaire. Le résultat a été une scission ouverte et destructrice de la classe dirigeante, les instruments étatiques de la  sécurité nationale (CIA, etc.) collaborant ouvertement avec les démocrates pour rendre politiquement illégitime un président en exercice.

“ le duopole institutionnel fonctionne mieux pour tous les secteurs du capital lorsque les partis du duopole jouent en «tag team» [en collusion]’”

La bonne nouvelle, c’est que la guerre civile interne à la classe dirigeante a délégitimé non seulement Trump mais l’ordre impérial US lui-même. Une fois perdue, la légitimité politique peut rarement être intégralement recouvrée – et certainement pas par un ordre capitaliste en bout de course en proie à un écheveau de contradictions accumulées en son stade terminal, et dont le domaine impérial se réduit progressivement.

La mauvaise nouvelle est que la gauche US est si faible qu’elle a été incapable de proposer un discours qui explique les crises multiples qui ont été si dévastatrices pour le peuple américain, ou même d’accomplir a minima nos obligations de solidarité avec les victimes de l’impérialisme US dans le monde. Imaginant le fascisme dans les termes d’une caricature personnifiée par Trump, les gauchistes américains semblent croire que anti-Trump égale antifascisme, alors qu’en fait Trump représente un avatar de Jim Crow que les champions du capital cherchent à écarter depuis un demi-siècle afin d’exercer leur pouvoir plus efficacement. Ces champions du capital ont, par contre, construit un ordre fasciste du 21ème siècle dans lequel un tout petit nombre de milliardaires peut exercer le pouvoir sans réelle opposition, tandis qu’une bonne partie du monde est enfermé et contraint à une «course vers le bas» et que la moitié de l’humanité vit dans la terreur d’interminables guerres américaines.

Le président Obama était un agent de ce fascisme – qui n’est pas une caricature de presse, et tue des millions de gens. Il en est ainsi de tous les Démocrates du jeu institutionnel. Ils sont les plus dangereux parce que si peu de gens les considèrent comme des fascistes, en dépit de leur servilité abjecte à l’égard de la dictature du monde des affaires, de l’État carcéral et des guerres sans fin. Nous battrons Trump pour la simple raison qu’il ne représente pas la véritable classe dirigeante capitaliste. L’oligarchie veut qu’il soit battu – et elle veut que nous la remerciions d’oeuvrer pour ses propres intérêts et se débarrasser de son propre problème: le genre de service que rend l’oligarque Michael Bloomberg quand il achète le contrôle de l’infrastructure du Parti Démocrate ainsi que la loyauté d’une partie substantielle de la (pseudo) classe politique noire.

Certains gauchistes américains, incapables de sortir de leur vision caricaturale craignent que Donald Trump refuse de quitter la Maison Blanche si le scrutin lui est défavorable en novembre. Ils imaginent que les généraux de l’armée américaine soutiendront un coup de force de Trump dans un scénario de «Sept jours en mai» à l’envers. Complètement ridicule! Un coup de force militaire ne pourrait venir que du J-SOC, le Joint Special Operations Command qui supervise les forces d’opérations spéciales de toutes les branches de l’armée, comme les Bérets Verts (armée de terre) et les SEALS (marine). Les unités d’opérations spéciales ont toujours travaillé main dans la main avec la CIA – de fait, les Bérets Verts sont souvent appelés «l’armée de la CIA». Donald Trump, le candidat de «l’arrêt des des changements de régimes» [no more regime changes] en 2016 s’est ainsi gagné un ennemi implacable dans la CIA.

Si un coup de force quelconque devait se produire en novembre, ce serait en faveur des Démocrates. Et beaucoup de gens qui se présentent comme de gauche applaudiront, se figurant la CIA comme un allié dans la lutte contre le «fascisme.»

Supporters de l’équipe de football du Betar, supporters de la haine raciale

31 janvier 2010
Depuis quelques années le football est le prétexte à de nombreuses dérives chauvines qui s’expriment lors de compétitions internationales, nationales et même parfois locales. Des exemples récents en ont été fournis par les matchs qualificatifs pour la coupe du monde 2010 entre les équipes d’Algérie et d’Egypte, ou encore dans un match comptant pour le championnat de France. Un certain nombre de facteurs convergents expliquent ces dérives: le rôle de plus en plus important de l’argent dans ce sport et les activités qui en dépendent, même dans des pays en voie de développement, les encouragements des couches dirigeantes toutes heureuses de canaliser le ressentiment de leurs concitoyens vers des boucs émissaires étrangers; une politique plus ou moins consciente qui cherche à détourner les gens de la politique et de leurs véritables problèmes. Une démarche facilitée aujourd’hui par l’existence de media de masse, télévisuels notamment.
Nous sommes désormais fort éloignés de l’époque où le sport, dont le football, prolongeait la politique tout en respectant sur le terrain l’éthique et les valeurs sportives ainsi que le démontrèrent en leur temps l’équipe de football du FLN ou les athlètes Américains John Carlos et Tommie Smith aux JO de 1968.
On sait l’importance accordée par Hitler aux performances sportives de la race supérieure ou encore le rôle joué par le sport en tant que vitrine des réussites du communisme. Le sport peut effectivement accompagner les idées porteuses de haine ou sectaires comme celles qui prônent l’amitié. L’article que je vous propose évoque justement un club de football emblématique d’une idéologie sectaire, le sionisme. Ce club est celui du Betar Jérusalem, fondé justement par le Betar, c’est-à-dire le mouvement sioniste dirigé par un fasciste  que Mussolini appréciait au point d’accueillir dans son pays une école navale du Betar. Un parti qui a vu entre autres figurer dans ses rangs les respectables Tzipora Livni et Ehoud Olmert ou encore le « spécialiste » du proche orient Frédéric Encel.
Miliciens du Betar en uniforme à Berlin en 1936

Le match entre un club de football qui représente l’extrême droite juive et un autre qui comporte des joueurs Arabes déchaîne les passions.
par RICARDO MIR DE FRANCIA, El Periodico (Espagne) 31 janvier 2010 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Plus d’un Barcelone-Real Madrid, ce serait une sorte de Celtic-Rangers, un duel qui transcende l’aspect purement sportif pour cheminer dans les méandres piégés de la religion, de la politique et de l’identité nationale. Aucun match de football ne suscite autant de passions en Israël que ceux disputés entre le Betar Jerusalem, l’équipe de la droite ultranationaliste juive, et Bnei Sakhnin, le vaisseau amiral de la minorité arabe [autochtones Palestiniens, NdT] en Israël. Les deux équipes se sont affrontées la semaine dernière dans la ville sainte. Sur la pelouse, un match qu’on peut oublier, sur les gradins, un cri répété: « Guerre, guerre, guerre. »
La rivalité qui oppose les supporters des deux formations, surtout les plus extrémistes d’entre eux, est apparue avec évidence quand la modeste équipe de Bnei Sakhnin, club d’une petite ville de 25 000 habitants en Galilée, a remporté pour la première fois la coupe d’Israël en 2004. La Famille, ainsi que se fait appeler le groupe des ultras du Betar, avait fait paraitre alors un communiqué dans le journal à plus grand tirage du pays, annonçant la mort du football israélien. Jamais un joueur Arabe n’a évolué au Betar, à la différence de celui de Sakhnin où Arabes et Juifs portent le même maillot.

Haine contre les Arabes
« Les supporters du Betar sont très à droite, ils détestent simplement les Arabes, » nous dit à l’entrée du stade un jeune homme d’une vingtaine d’années, vêtu de la chemise jaune et noire de l’équipe locale et qui tient à la main une boisson à la vodka. Son ami essaye de le faire taire. Cette présentation ne lui plait pas. Il veut expliquer. « Le club de Sakhnin représente le terrorisme arabe. Ils veulent faire de ce pays un émirat islamique. Israël est synonyme de liberté et nous sommes des patriotes. » 
A l’intérieur du stade, les notes de l’hymne israélien, la Hatikva (L’espoir), précèdent le coup d’envoi. C’est le prélude à tout un répertoire d’amabilités proférées contre les 200 supporters seulement de Bnei Sakhnin qui ont accompagné leur équipe. « Nous allons brûler la terre sous leurs pieds », « Muhammad n’est pas un prophète, ce n’est qu’un Arabe », ou « Guerre, guerre… nous parlons de Gaza ». Dans le public, quelques femmes, de nombreuses kippas de Juifs religieux. Pendant la mi-temps, certains vont  à la recherche d’un espace pour prier entre le bar et les toilettes. Faute de châle de prière, ils se couvrent la tête avec le drapeau du Betar.
Les chants de la Famille emplissent le stade Teddy Kollek, appelé populairement L’Enfer. En plus d’une occasion, ces chants ont coûté des sanctions au club. Pour certains supporters, ce sont des motifs constants de honte. « Si vous voulez voir le plus mauvais visage d’Israël, vous êtes au bon endroit, » nous dit un supporter. Comme quand ils avaient interrompu la minute de silence à l’occasion du douzième anniversaire de la mort d’Itzhak Rabin, en chantant le nom de son assassin et en acclamant les colons.
L’ultranationalisme du betar est imprimé dans ses gènes. Depuis sa création en 1936, le club a été associé au Betar, un mouvement de jeunesse fondé par Zeev Jabotinsky, le père du sionisme révisionniste et l’idéologue de la droite israélienne. Ses militants, qui adopteront comme tenue officielle la chemise noire de l’Italie fasciste de Mussolini, fourniront les premiers membres de l’équipe.
A ses débuts, l’équipe fut temporairement interdite de stades après l’arrestation et la déportation par les autorités mandataires britanniques de certains de ses joueurs pour leurs activités politiques. La ligne de démarcation entre le Betar et des organisations comme l’Irgoun ou le Lehi – guerillas de libération nationale pour certains, organisations terroristes pour d’autres – n’a jamais été claire. Leurs dirigeants, Menahem Begin et Itzhak Shamir passèrent par le Betar, de même que d’autres futurs premiers ministres ou dirigeants comme Ehud Olmert et Tzipi Livni.

Demande de pardon

Cet ADN politique distingue le Betar d’autres clubs israéliens dont une partie du nom est Hapoel ou Maccabi, issus des mouvements de jeunesse de la gauche sioniste. Il n’y a pas longtemps qu’Aviram Baruchyan, le capitaine du Betar, a dû demander pardon aux supporters après avoir décalré qu’il lui plairait de voir un Arabe jouer dans son équipe.
Dans les gradins, le débat est ouvert. « C’est un sujet très sensible. Les supporters exercent une forte ression pour maintenir le caractère juif de l’équipe, » déclare un supporter quadragénaire venu avec son fils. Son ami relativise le problème. éQuand le chien aboie, il ne mord pas. Pourquoi pas un joueur Arabe s’il est bon? Ils finiraient par s’y faire, » affirme-t-il. Le sujet est clos. 1 à 0 pour le Betar et tout le monde à la maison pour dormir.


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