Archive for the ‘Fatah’ Category

La collaboration du Fatah à l’agression sioniste

31 janvier 2009
A Gaza, des ONG dénoncent la répression du Hamas, nous apprend le journal Le Monde daté du 30 janvier. Et il semble bien que le Hamas ait fait preuve d’une brutalité extrême à l’encontre de membres du Fatah, principale composante de l’Autorité Palestinienne dirigée (?) par Abou Mazen.
C’est de cela que rend compte l’article du Monde qui cite des témoignages et des déclarations d’organisations palestiniennes pour les droits de l’Homme.
Si ces condamnations sont nécessaires, il importe de situer l’action des militants du Hamas dans le contexte de l’agression sioniste avec ses bombardements quasi incessants d’artillerie, terrestre ou de marine, ses raids aériens et l’action de ses unités d’infanterie.
Ce sont ces éléments de contexte qui manquent dans l’article du Monde. Et justement, un article du journal espagnol El pais nous fournit ces éléments de contexte. S’il stigmatise en termes moraux le comportement des membres du Hamas à l’encontre des partisans du Fatah, il nous donne un singulier aperçu des agissements d’au moins une partie d’entre eux, agissements qu’on ne peut appeler autrement que collaboration active avec l’ennemi en temps de guerre.
D’où parfois une « justice » expéditive mais aussi des militants du Fatah tués après avoir ouvert le feu sur des membres du Hamas. De ce point de vue, la façon de faire des militants du Hamas n’est en rien une
nouveauté parmi les mouvements de résistance confrontés à un ennemi impitoyable.
C’est tout ceci qu’évoque d’une manière assez détaillée l’article ci-dessous qui montre à quel point le Fatah est désormais discrédité et fait plus partie du problème que de la solution pour la Palestine, même si des militants du Fatah ont effectivement pris les armes pour lutter contre l’agression sioniste.

L’autre sale guerre de Gaza
Le Hamas a tué une centaine de présumés collaborateurs du Fatah
Par Juan Miguel MUÑOZ – Gaza – El Pais (Espagne) le 23/01/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri

C’est un mélange de revanche, de division politique abyssale entre Palestiniens, de haines, d’intérêts personnels et d’instincts les plus primaires. Pendant les 23 jours qu’a duré le déchaînement incessant d’Israël contre Gaza, le Hamas et le Fatah ont réglé leurs comptes au milieu du chaos.
Une guerre extrêmement sale. Tandis que les combattants tiraient des roquettes, des dizaines de collaborateurs d’Israël informaient l’armée de ce pays sur des objectifs à atteindre. Il est certain que de nombreuses personnes sont mortes à cause de cette aide à l’ennemi. Mais la réaction de la milice islamiste a été dure et brutale. Plus d’une centaine de membres de cette cinquième colonne ont été exécutés.
Le 1er janvier, date anniversaire de la création du Fatah, plusieurs centaines de ses membres sont sortis dans les rues. Certains distribuaient des caramels – manière traditionnelle de fêter une bonne nouvelle – pour signifier la bienvenue des bombardements de l’aviation israélienne. Masleh Reqab, professeur d’économie à Khan Younès, assure que « des membres du Fatah exilés en Egypte téléphonaient à leurs familles pour leur annoncer qu’ils rentreraient à Gaza d’ici trois ou quatre jours. » On en était seulement au cinquième jour des affrontements et beaucoup parmi eux pensaient que le Hamas ne résisterait pas à des bombardements aussi violents. Mais le Hamas a tenu bon.
Dans quelques quartiers de Gaza, les partisans de Fatah ont tenté de contrôler les rues par la force des armes. Les policiers du gouvernement Hamas] n’ont jamais cessé de patrouiller, mais sans les uniformes blancs qui en faisaient des cibles faciles pour les hélicoptères et les avions israéliens. Leur objectif était d’empêcher le renforcement des membres armés du parti du président Palestinien Mahmoud Abbas. Et aussi les pillages parce que les portes de centaines de magasins avaient été soufflées par les bombes et qu’ainsi les marchandises étaient à la portée de n’importe quel voleur. Cependant, la tenue civile des policiers a accru le désordre.

Le Hamas n’a pas pour habitude d’être clément quand il est question de soutien à l’ennemi sioniste. Les tirs dans les jambes des collaborateurs, considérés comme des traîtres absolus par les fondamentalistes ont été fréquents pendant ces jours d’anarchie. «Il y avait des hommes qui apparaissaient soudain avec une charrette pour vendre des fruits secs et espionner la maison d’un dirigeant du Hamas. D’autres s’en retournaient sans dommages aucuns dans des secteurs où les militaires Israéliens étaient déjà déployés. « Il est pratiquement impossible qu’ils n’aient pas apporté une aide à l’ennemi, » affirme une source proche du mouvement islamiste. Une bonne partie d’entre eux s’est retrouvée derrière les barreaux, mais à beaucoup d’autres, plus téméraires, il est arrivé bien pire.
« Des collaborateurs ont été pris en flagrant délit en train de tirer sur des combattants du Hamas pendant la guerre. Ceux là ont été tués immédiatement. Les miliciens en ont exécuté plus d’une centaine. Certains, déjà bien connus, ont été assignés à résidence chez eux avec l’avertissement qu’on leur tirerait dessus s’ils quittaient leurs domiciles, » ajoute la même source.

Ehab el Ghosein, porte parole du ministère de l’intérieur, ne confirme ni ne dément. « Nous avons arrêté, » a-t-il affirmé hier, « de nombreuses personnes pour collaboration avec Israël. Ces dizaines de personnes sont en cours d’interrogatoire. Les tuer est illégal, même s’il s’agit de collaborateurs. Mais des événements se sont produits à la faveur de ces jours de confusion. » El Ghosein indique que le ministre de l’intérieur et Saïd Siam, un des chefs de la direction du Hamas, ont pu être victimes de certains de ces collaborateurs. « Une enquête est en cours, » précise-t-il.
Pendant ces journées de guerre, les dirigeants du Hamas n’ont pas disparu dans une clandestinité absolue. On pouvait en voir beaucoup à la télévision, assistant à des funérailles. Ce qui a pu faciliter le travail de ceux qui ont désigné l’emplacement de la maison ou Siam, tenant de la ligne dure du Hamas, se réunissait avec d’autres chefs de son parti. Dans certains cas, les collaborateurs ont disposé d’appareils dotés d’un signal laser pour désigner le bâtiment que détruisaient ensuite les avions israéliens.

C’est une vieille histoire qui remonte aux années 1990. Et dans la lutte sanglante pour le pouvoir que se livrèrent le Fatah et le Hamas pendant un an, jusqu’en juin 2007, lorsque les islamistes prirent le pouvoir à Gaza, il y eut également de nombreuses tentatives d’assassinat de militants du Hamas, dont le premier ministre Ismaïl Haniyeh, qui fut l’objet d’au moins deux tentatives de meurtre. Les affrontements avaient atteint une violence inouïe en ces jours de juin. Et avec des vengeances des uns contre les autres au cours desquelles le sang coula abondamment.

>La collaboration du Fatah à l’agression sioniste

31 janvier 2009

>

A Gaza, des ONG dénoncent la répression du Hamas, nous apprend le journal Le Monde daté du 30 janvier. Et il semble bien que le Hamas ait fait preuve d’une brutalité extrême à l’encontre de membres du Fatah, principale composante de l’Autorité Palestinienne dirigée (?) par Abou Mazen.
C’est de cela que rend compte l’article du Monde qui cite des témoignages et des déclarations d’organisations palestiniennes pour les droits de l’Homme.
Si ces condamnations sont nécessaires, il importe de situer l’action des militants du Hamas dans le contexte de l’agression sioniste avec ses bombardements quasi incessants d’artillerie, terrestre ou de marine, ses raids aériens et l’action de ses unités d’infanterie.
Ce sont ces éléments de contexte qui manquent dans l’article du Monde. Et justement, un article du journal espagnol El pais nous fournit ces éléments de contexte. S’il stigmatise en termes moraux le comportement des membres du Hamas à l’encontre des partisans du Fatah, il nous donne un singulier aperçu des agissements d’au moins une partie d’entre eux, agissements qu’on ne peut appeler autrement que collaboration active avec l’ennemi en temps de guerre.
D’où parfois une « justice » expéditive mais aussi des militants du Fatah tués après avoir ouvert le feu sur des membres du Hamas. De ce point de vue, la façon de faire des militants du Hamas n’est en rien une
nouveauté parmi les mouvements de résistance confrontés à un ennemi impitoyable.
C’est tout ceci qu’évoque d’une manière assez détaillée l’article ci-dessous qui montre à quel point le Fatah est désormais discrédité et fait plus partie du problème que de la solution pour la Palestine, même si des militants du Fatah ont effectivement pris les armes pour lutter contre l’agression sioniste.

L’autre sale guerre de Gaza
Le Hamas a tué une centaine de présumés collaborateurs du Fatah
Par Juan Miguel MUÑOZ – Gaza – El Pais (Espagne) le 23/01/2009 traduit de l’espagnol par Djazaïri

C’est un mélange de revanche, de division politique abyssale entre Palestiniens, de haines, d’intérêts personnels et d’instincts les plus primaires. Pendant les 23 jours qu’a duré le déchaînement incessant d’Israël contre Gaza, le Hamas et le Fatah ont réglé leurs comptes au milieu du chaos.
Une guerre extrêmement sale. Tandis que les combattants tiraient des roquettes, des dizaines de collaborateurs d’Israël informaient l’armée de ce pays sur des objectifs à atteindre. Il est certain que de nombreuses personnes sont mortes à cause de cette aide à l’ennemi. Mais la réaction de la milice islamiste a été dure et brutale. Plus d’une centaine de membres de cette cinquième colonne ont été exécutés.
Le 1er janvier, date anniversaire de la création du Fatah, plusieurs centaines de ses membres sont sortis dans les rues. Certains distribuaient des caramels – manière traditionnelle de fêter une bonne nouvelle – pour signifier la bienvenue des bombardements de l’aviation israélienne. Masleh Reqab, professeur d’économie à Khan Younès, assure que « des membres du Fatah exilés en Egypte téléphonaient à leurs familles pour leur annoncer qu’ils rentreraient à Gaza d’ici trois ou quatre jours. » On en était seulement au cinquième jour des affrontements et beaucoup parmi eux pensaient que le Hamas ne résisterait pas à des bombardements aussi violents. Mais le Hamas a tenu bon.
Dans quelques quartiers de Gaza, les partisans de Fatah ont tenté de contrôler les rues par la force des armes. Les policiers du gouvernement Hamas] n’ont jamais cessé de patrouiller, mais sans les uniformes blancs qui en faisaient des cibles faciles pour les hélicoptères et les avions israéliens. Leur objectif était d’empêcher le renforcement des membres armés du parti du président Palestinien Mahmoud Abbas. Et aussi les pillages parce que les portes de centaines de magasins avaient été soufflées par les bombes et qu’ainsi les marchandises étaient à la portée de n’importe quel voleur. Cependant, la tenue civile des policiers a accru le désordre.

Le Hamas n’a pas pour habitude d’être clément quand il est question de soutien à l’ennemi sioniste. Les tirs dans les jambes des collaborateurs, considérés comme des traîtres absolus par les fondamentalistes ont été fréquents pendant ces jours d’anarchie. «Il y avait des hommes qui apparaissaient soudain avec une charrette pour vendre des fruits secs et espionner la maison d’un dirigeant du Hamas. D’autres s’en retournaient sans dommages aucuns dans des secteurs où les militaires Israéliens étaient déjà déployés. « Il est pratiquement impossible qu’ils n’aient pas apporté une aide à l’ennemi, » affirme une source proche du mouvement islamiste. Une bonne partie d’entre eux s’est retrouvée derrière les barreaux, mais à beaucoup d’autres, plus téméraires, il est arrivé bien pire.
« Des collaborateurs ont été pris en flagrant délit en train de tirer sur des combattants du Hamas pendant la guerre. Ceux là ont été tués immédiatement. Les miliciens en ont exécuté plus d’une centaine. Certains, déjà bien connus, ont été assignés à résidence chez eux avec l’avertissement qu’on leur tirerait dessus s’ils quittaient leurs domiciles, » ajoute la même source.

Ehab el Ghosein, porte parole du ministère de l’intérieur, ne confirme ni ne dément. « Nous avons arrêté, » a-t-il affirmé hier, « de nombreuses personnes pour collaboration avec Israël. Ces dizaines de personnes sont en cours d’interrogatoire. Les tuer est illégal, même s’il s’agit de collaborateurs. Mais des événements se sont produits à la faveur de ces jours de confusion. » El Ghosein indique que le ministre de l’intérieur et Saïd Siam, un des chefs de la direction du Hamas, ont pu être victimes de certains de ces collaborateurs. « Une enquête est en cours, » précise-t-il.
Pendant ces journées de guerre, les dirigeants du Hamas n’ont pas disparu dans une clandestinité absolue. On pouvait en voir beaucoup à la télévision, assistant à des funérailles. Ce qui a pu faciliter le travail de ceux qui ont désigné l’emplacement de la maison ou Siam, tenant de la ligne dure du Hamas, se réunissait avec d’autres chefs de son parti. Dans certains cas, les collaborateurs ont disposé d’appareils dotés d’un signal laser pour désigner le bâtiment que détruisaient ensuite les avions israéliens.

C’est une vieille histoire qui remonte aux années 1990. Et dans la lutte sanglante pour le pouvoir que se livrèrent le Fatah et le Hamas pendant un an, jusqu’en juin 2007, lorsque les islamistes prirent le pouvoir à Gaza, il y eut également de nombreuses tentatives d’assassinat de militants du Hamas, dont le premier ministre Ismaïl Haniyeh, qui fut l’objet d’au moins deux tentatives de meurtre. Les affrontements avaient atteint une violence inouïe en ces jours de juin. Et avec des vengeances des uns contre les autres au cours desquelles le sang coula abondamment.

>Moi, bouclier humain du Hamas

30 janvier 2009

>

Non, ce n’est pas le hamas qui utilise des civils comme boucliers humains. Ce sont en réalité les sionistes qui sont adeptes de cette pratique et l’exemple proposé ci-dessous vient encore documenter ce fait attesté par ailleurs.
Ce témoignage d’un protagoniste involontaire des combats dans la bande de gaza est instructif. Il nous rappelle la disproportion de force entre d’une part des terroristes sionistes équipés entre autres d’artillerie et d’hélicoptères dotés de missiles et, d’autre part les résistants Palestiniens essentiellement équipés d’armes légères.
Le témoin -bouclier humain qui rapporte la mort de trois militants du Hamas nous permet de constater l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour éliminer trois jeunes combattants assiégés. Et la manière dont ils seront finalement tués, enterrés vivants dans une maison rasée par un bulldozer.
Je ne sais pas si les Nazis utilisaient ce genre de méthodes. Je ne crois pas.
Par témoin-bouclier humain interposé, The Independent veut nous faire comprendre que les militants du hams avaient eu tort de se retrancher dans un secteur civil. Oui, les militants du Hamas devraient faire la guerre comme au XIXème siècle, se mettre en ligne sur un champ découvert face aux gangsters sionistes et les canarder à coup d’artillerie, de F16 et de blindés (et vice-versa).
Le problème est que le Hamas n’a ni blindés, ni avions, ni artillerie. C’est-à-dire qu’il faudrait que les membres du Hamas se suicident (ce qui, du point de vue sioniste serait la moindre des choses car, selon eux, les militants du Hamas n’aiment que la mort alors que les sionistes aiment la vie).
Et ce ne sont certainement pas les militants du Hamas qui sont en mesure de choisir le lieu des combats; ce lieu leur a été imposé, c’est la prison dans laquelle sont concentrés plus d’un million de Palestiniens.
s
Moi, bouclier humain terrorisé : l’histoire de Majdi Abed Rabbo
par Donald McIntyre à Jabalya, Gaza The Independent (UK) 30 janvier 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Alors que la bataille faisait rage dans Gaza, des soldats israéliens ont forcé Majdi Abed Rabbo à risquer sa vie en tant qu’intermédiaire dans leur chasse contre trois combattants de Hamas. Voici son histoire…

Après une autre fusillade intense de 45 minutes, Majdi Abed Rabbo s’est vu ordonner une fois de plus de négocier un trajet dangereux à travers le toit déjà sérieusement endommagé de sa maison, passant par une béance dans le mur avant de descendre lentement vers le premier étage de la maison mitoyenne en ruines. Ne sachant pas si les hommes étaient morts ou vivants, il cria pour la deuxième fois ce jour là : « Je suis Majdi. N’ayez pas peur. »
Les trois hommes –munis de fusils Kalachnikov AK-47, en tenues camouflées et portant des bandeaux marqués de l’insigne des brigades Izzedine el Qassam – étaient toujours vivants, mais l’un d’entre eux, sévèrement blessé, persuada M. Abed Rabbo de serrer son bandage improvisé autour de son bras droit. Le plus jeune, 21 ans peut-être – se tenait à couvert derrière une pièce de maçonnerie effondrée d’où il pouvait voir les soldats Israéliens qui avaient envoyé le visiteur. M. Abed Rabbo leur dit avec nervosité : « Ils m’ont renvoyé pour que je puisse récupérer vos armes. Ils m’ont dit que vous étiez morts. » C’est le plus jeune qui lui a répondu d’un ton plein de défi : « Dis à l’officier, ‘viens ici si tu es un homme.’’

Quand les soldats sont arrivés vers 22h, M. Abed Rabbo, 40 ans, ne soupçonnait pas que pendant les prochaines 24 heures il ferait quatre voyages à rendre cardiaque, à faire la navette sur un terrain de plus en plus dangereux entre les forces israéliennes et trois militants du Hamas, assiégés mais déterminés, qui étaient devenus ses nouveaux et gênants voisins. Il se rappellera de tous les détails d’un épisode qui, dans son récit, s’approche de ce qu’il y a de plus mélodramatique dans le genre film de guerre, mais qui était bien trop réel pour un homme qui, à la fin, a perdu sa maison et a cru (à tort) avoir perdu son épouse et ses enfants. Il a aussi été aux premières loges pour assister aux derniers moments de la résistance des hommes des brigades Qassam devant les attaques incessants de l’infanterie israélienne et les tirs d’hélicoptère Apache.
Aucun civil n’a été tué dans cet épisode, comme cela é été trop souvent le cas pendant l’opération « plomb durci. » Par contre, il offre un rare aperçu détaillé d’un véritable engagement entre l’armée israélienne et des combattants du Hamas. Et s’il contribue à conforter l’affirmation d’Israël selon laquelle le Hamas opère dans des zones civiles bâties, il donne également à comprendre que ses propres commandants étaient prêts a utiliser des civils comme boucliers humains pour protéger les troupes israéliennes.
Bien sûr, c’est la version des événements par un homme. Mais comme les soldats l’ont découvert plus tard après vérification, M. Abed Rabbo est un ancien membre des services de renseignements contrôlés par le Fatah et qui reste salarié de l’Autorité Palestinienne à Ramallah. Il pense que les miliciens du Hamas n’avaient pas le droit de se trouver dans la maison d’à côté. Mais il objecte fermement à son utilisation par les militaires Israéliens. « J’aurais pu être tué, » dit-il.
Les soldats étaient arrivés le 5 janvier, au deuxième jour de leur offensive terrestre, avec un Palestinien dont il connaissait seulement le patronyme, Daher. Après lui avoir dit d’enlever son pantalon et de remonter sa chemise afin de s’assurer qu’il n’était pas armé, les soldats lui dirent de faire sortir sa femme, Wijdan, 39 ans, et sa famille. Ensuite, avec M. Abed Rabbo, escorté sous la menace des armes par trois soldats, sa famille restant dans la cour, les soldats fouillèrent la maison de fond en comble. Le soldat arabophone assigné à M. Abed Rabbo lui posa alors des questions sur la maison mitoyenne. Il leur dit qu’il pensait qu’elle était vide. Alors, dit-il, un des soldats un gros marteau avec lequel ils dirent à M. Abed Rabbo de faire un trou dans le mur entre les deux toits qui donnent sur les logements du dessous.
Un officier arriva et ordonna la fouille de la maison d’à côté. L’officier avança en premier, descendant les escaliers avec précaution en se tenant sur le côté avec son fusil M16 pointé vers le bas, suivi de M. Abed Rabbo et des soldats qui lui pointaient leurs fusils dans le dos. Tout à coup, l’officier s’est retourné et a commencé à crier un ordre à ses hommes. « Nous sommes remontés. Les soldats me tiraient et je suis tombé deux fois, » déclare M. Abed Rabbo. « Nous sommes revenus sur le toit de ma maison. » Ce qu’avait entrevu l’officier devint évident quand les soldats, désormais en alerte maximale et hors de la cour de la maison de M. Abed Rabbo, se sont soudain trouvés sous le feu. Il fut emmené de l’autre côté de la rue dans une mosquée déjà pleine de soldats où on le ligota et le fit asseoir. Après 15 minutes de silence, les militants du Hamas rouvrirent le feu. « Les soldats prirent position aux fenêtres de la mosquée et commencèrent à riposter. Je criais au soldat qui parlait l’arabe, ‘Ma femme et mes enfants son en danger.’ » M. Abed Rabbo dit qu’on lui a alors dit « tais toi » ou « je te tue. » « Je me suis effondré et me suis mis à pleurer, » ajoute-t-il. « Je sentais que ma famille était morte.»
Il est resté détenu les deux jours suivants, parfois ligoté, restant avec l’unité israélienne pendant ses déplacements dans la zone, souvent au milieu d’intenses échanges de tirs. A un moment, on lui a dit d’ouvrir les portières de deux voitures devant une autre maison aux fins de contrôle, avant d’appeler les femmes qui vivaient dans la maison à descendre. Puis, dans l’après-midi, on lui ordonna d’aller dans le bâtiment endommagé où se trouvaient les combattants du Hamas. « Je leur ai dit que je n’irai pas. Ils me tueront peut-être. J’ai une femme. J’ai des enfants, » Mais, poursuit-il, l’officier israélien lui dit qu’il avait « tiré dix roquettes et qu’il les avait tués. » On lui ordonna alors, coups de pied et coups de crosse à l’appui, d’entrer dans la maison et de rapporter les armes. « Je suis entré chez moi et j’ai vu que ma famille n’était pas là. J’ai cherché s’il y avait des traces de sang mais il n’y avait rien. J’étais vidé. En descendant les escaliers, je lançais « Je suis Majdi » pour ne pas qu’ils me prennent pour un Israélien et me tirent dessus. »
En approchant de la porte de l’appartement, il vit un milicien, son AK-47 pointé, montant la garde sur le seuil de la porte et deux autres derrière lui. Restant devant l’entrée, il leur dit que les Israéliens pensaient qu’ils avaient été tués. « Ils m’ont demandé où se trouvait l’armée et j’ai dit, « Ils sont partout ‘» ajoute-t-il. «Ils m’ont demandé de partir.»
Les soldats, cachés derrière le mur d’une maison cent mètres plus loin, lui dirent de se déshabiller complètement pour montrer qu’il n’avait dissimulé aucune arme en quittant la maison. Plus tard, on lui demandera de faire un troisième voyage – le deuxième tout seul – vers le réduit des miliciens. M. Abed Rabbo dit que l’officier Israélien l’insultait et le frappait quand il lui faisait son compte rendu. Peu de temps après, un hélicoptère Apache tira trois missiles qui détruisirent la maison où se trouvaient les miliciens, endommageant sérieusement sa propre maison. La nuit était tombée quand il se remit en marche sous les ordres des soldats, mais M. Abed Rabbo les persuada que l’itinéraire par les décombres de son toit n’était pas praticable dans l’obscurité. « Je n’arrêtais pas de demander après ma famille et ils disaient tout le temps ‘ils sont OK, ils sont OK’. » C’était incroyable, mais les miliciens toujours vivants, ouvrirent à nouveau le feu.
M. Abed Rabbo fut alors emmené dans une autre maison où on lui ordonna de rester, mains liées, dans le froid et « inquiet pour ma famille, ma maison. » Les soldats Israéliens vinrent le récupérer vers 18h30, l’assurant qu’ils les avaient tués la nuit dernière » et lui disant d’aller voir. « Je leur ai dit, ‘Comment puis-je y aller ? Mon toit est détruit. C’est très dangereux,’’ leur expliquait-il. Mais n’ayant pas le choix, il parvint à atteindre les escaliers et à descendre prudemment, appelant comme il l’avait fait deux fois auparavant. « Je voyais que tout était détruit. Ils étaient tous blessés mais le pire était celui qui avait eu une hémorragie. Il levait un doigt en l’air et disait ‘Il n’est de Dieu que Dieu.’ L’un d’entre eux gisait sous les décombres mais était encore vivant. Celui qui était en meilleure condition disait qu’ils ne se rendraient en aucun cas, qu’ils deviendraient des martyrs. L’un m’a donné son nom et m’a demandé de transmettre un message à sa famille. »
M. Abed Rabbo explique que les Israéliens ont commencé à tirer alors qu’il était encore sur place et il a fui la maison. « Je suis revenu vers les soldats. Je leur ai menti. J’ai dit, ‘ Ils ont dit que si je revenais ils me tueraient.’»
Les soldats israéliens utilisaient maintenant un mégaphone pour dire en arabe aux miliciens : « Vous avez des familles. Sortez et nous vous emmènerons à l’hôpital et nous vous soignerons. Le quartier est rempli de forces spéciales. Tous les dirigeants du Hamas se cachent sous terre. »
Selon M. Abed Rabbo : « pendant qu’ils parlaient comme ça, les hommes du Hamas ont encore ouvert le feu, l’officier m’a poussé contre un mur et m’a dit, ‘Tu m’as menti. Il y a plus de trois hommes là dedans’.»
Les soldats ordonnèrent ensuite à deux autres habitants d’aller dans la maison avec des appareils photo et de la photographier ainsi que les combattants du Hamas. Après, l’armée envoya un chien à l’intérieur qui revint blessé et mourut peu après. Il fut alors dit aux miliciens : « Vous avez quinze minutes pour sortir sans vêtements et les mains en l’air. Si vous ne le faites pas, nous écroulerons la maison sur vous. »
Au bout de quinze minutes, dit M. Abed Rabbo, un bulldozer s’est avancé dans le secteur entre les maisons et la mosquée, détruisant une bonne partie de sa maison avant de démolir systématiquement celle où les miliciens se cachaient. C’était mardi après-midi.
Avant d’être emmené, M. Abed Rabbo a pu parfaitement voir sa maison en ruines, la maison mitoyenne pulvérisée et les corps des trois miliciens du Hamas gisant dans les décombres.

Moi, bouclier humain du Hamas

30 janvier 2009
Non, ce n’est pas le hamas qui utilise des civils comme boucliers humains. Ce sont en réalité les sionistes qui sont adeptes de cette pratique et l’exemple proposé ci-dessous vient encore documenter ce fait attesté par ailleurs.
Ce témoignage d’un protagoniste involontaire des combats dans la bande de gaza est instructif. Il nous rappelle la disproportion de force entre d’une part des terroristes sionistes équipés entre autres d’artillerie et d’hélicoptères dotés de missiles et, d’autre part les résistants Palestiniens essentiellement équipés d’armes légères.
Le témoin -bouclier humain qui rapporte la mort de trois militants du Hamas nous permet de constater l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour éliminer trois jeunes combattants assiégés. Et la manière dont ils seront finalement tués, enterrés vivants dans une maison rasée par un bulldozer.
Je ne sais pas si les Nazis utilisaient ce genre de méthodes. Je ne crois pas.
Par témoin-bouclier humain interposé, The Independent veut nous faire comprendre que les militants du hams avaient eu tort de se retrancher dans un secteur civil. Oui, les militants du Hamas devraient faire la guerre comme au XIXème siècle, se mettre en ligne sur un champ découvert face aux gangsters sionistes et les canarder à coup d’artillerie, de F16 et de blindés (et vice-versa).
Le problème est que le Hamas n’a ni blindés, ni avions, ni artillerie. C’est-à-dire qu’il faudrait que les membres du Hamas se suicident (ce qui, du point de vue sioniste serait la moindre des choses car, selon eux, les militants du Hamas n’aiment que la mort alors que les sionistes aiment la vie).
Et ce ne sont certainement pas les militants du Hamas qui sont en mesure de choisir le lieu des combats; ce lieu leur a été imposé, c’est la prison dans laquelle sont concentrés plus d’un million de Palestiniens.
s
Moi, bouclier humain terrorisé : l’histoire de Majdi Abed Rabbo
par Donald McIntyre à Jabalya, Gaza The Independent (UK) 30 janvier 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Alors que la bataille faisait rage dans Gaza, des soldats israéliens ont forcé Majdi Abed Rabbo à risquer sa vie en tant qu’intermédiaire dans leur chasse contre trois combattants de Hamas. Voici son histoire…

Après une autre fusillade intense de 45 minutes, Majdi Abed Rabbo s’est vu ordonner une fois de plus de négocier un trajet dangereux à travers le toit déjà sérieusement endommagé de sa maison, passant par une béance dans le mur avant de descendre lentement vers le premier étage de la maison mitoyenne en ruines. Ne sachant pas si les hommes étaient morts ou vivants, il cria pour la deuxième fois ce jour là : « Je suis Majdi. N’ayez pas peur. »
Les trois hommes –munis de fusils Kalachnikov AK-47, en tenues camouflées et portant des bandeaux marqués de l’insigne des brigades Izzedine el Qassam – étaient toujours vivants, mais l’un d’entre eux, sévèrement blessé, persuada M. Abed Rabbo de serrer son bandage improvisé autour de son bras droit. Le plus jeune, 21 ans peut-être – se tenait à couvert derrière une pièce de maçonnerie effondrée d’où il pouvait voir les soldats Israéliens qui avaient envoyé le visiteur. M. Abed Rabbo leur dit avec nervosité : « Ils m’ont renvoyé pour que je puisse récupérer vos armes. Ils m’ont dit que vous étiez morts. » C’est le plus jeune qui lui a répondu d’un ton plein de défi : « Dis à l’officier, ‘viens ici si tu es un homme.’’

Quand les soldats sont arrivés vers 22h, M. Abed Rabbo, 40 ans, ne soupçonnait pas que pendant les prochaines 24 heures il ferait quatre voyages à rendre cardiaque, à faire la navette sur un terrain de plus en plus dangereux entre les forces israéliennes et trois militants du Hamas, assiégés mais déterminés, qui étaient devenus ses nouveaux et gênants voisins. Il se rappellera de tous les détails d’un épisode qui, dans son récit, s’approche de ce qu’il y a de plus mélodramatique dans le genre film de guerre, mais qui était bien trop réel pour un homme qui, à la fin, a perdu sa maison et a cru (à tort) avoir perdu son épouse et ses enfants. Il a aussi été aux premières loges pour assister aux derniers moments de la résistance des hommes des brigades Qassam devant les attaques incessants de l’infanterie israélienne et les tirs d’hélicoptère Apache.
Aucun civil n’a été tué dans cet épisode, comme cela é été trop souvent le cas pendant l’opération « plomb durci. » Par contre, il offre un rare aperçu détaillé d’un véritable engagement entre l’armée israélienne et des combattants du Hamas. Et s’il contribue à conforter l’affirmation d’Israël selon laquelle le Hamas opère dans des zones civiles bâties, il donne également à comprendre que ses propres commandants étaient prêts a utiliser des civils comme boucliers humains pour protéger les troupes israéliennes.
Bien sûr, c’est la version des événements par un homme. Mais comme les soldats l’ont découvert plus tard après vérification, M. Abed Rabbo est un ancien membre des services de renseignements contrôlés par le Fatah et qui reste salarié de l’Autorité Palestinienne à Ramallah. Il pense que les miliciens du Hamas n’avaient pas le droit de se trouver dans la maison d’à côté. Mais il objecte fermement à son utilisation par les militaires Israéliens. « J’aurais pu être tué, » dit-il.
Les soldats étaient arrivés le 5 janvier, au deuxième jour de leur offensive terrestre, avec un Palestinien dont il connaissait seulement le patronyme, Daher. Après lui avoir dit d’enlever son pantalon et de remonter sa chemise afin de s’assurer qu’il n’était pas armé, les soldats lui dirent de faire sortir sa femme, Wijdan, 39 ans, et sa famille. Ensuite, avec M. Abed Rabbo, escorté sous la menace des armes par trois soldats, sa famille restant dans la cour, les soldats fouillèrent la maison de fond en comble. Le soldat arabophone assigné à M. Abed Rabbo lui posa alors des questions sur la maison mitoyenne. Il leur dit qu’il pensait qu’elle était vide. Alors, dit-il, un des soldats un gros marteau avec lequel ils dirent à M. Abed Rabbo de faire un trou dans le mur entre les deux toits qui donnent sur les logements du dessous.
Un officier arriva et ordonna la fouille de la maison d’à côté. L’officier avança en premier, descendant les escaliers avec précaution en se tenant sur le côté avec son fusil M16 pointé vers le bas, suivi de M. Abed Rabbo et des soldats qui lui pointaient leurs fusils dans le dos. Tout à coup, l’officier s’est retourné et a commencé à crier un ordre à ses hommes. « Nous sommes remontés. Les soldats me tiraient et je suis tombé deux fois, » déclare M. Abed Rabbo. « Nous sommes revenus sur le toit de ma maison. » Ce qu’avait entrevu l’officier devint évident quand les soldats, désormais en alerte maximale et hors de la cour de la maison de M. Abed Rabbo, se sont soudain trouvés sous le feu. Il fut emmené de l’autre côté de la rue dans une mosquée déjà pleine de soldats où on le ligota et le fit asseoir. Après 15 minutes de silence, les militants du Hamas rouvrirent le feu. « Les soldats prirent position aux fenêtres de la mosquée et commencèrent à riposter. Je criais au soldat qui parlait l’arabe, ‘Ma femme et mes enfants son en danger.’ » M. Abed Rabbo dit qu’on lui a alors dit « tais toi » ou « je te tue. » « Je me suis effondré et me suis mis à pleurer, » ajoute-t-il. « Je sentais que ma famille était morte.»
Il est resté détenu les deux jours suivants, parfois ligoté, restant avec l’unité israélienne pendant ses déplacements dans la zone, souvent au milieu d’intenses échanges de tirs. A un moment, on lui a dit d’ouvrir les portières de deux voitures devant une autre maison aux fins de contrôle, avant d’appeler les femmes qui vivaient dans la maison à descendre. Puis, dans l’après-midi, on lui ordonna d’aller dans le bâtiment endommagé où se trouvaient les combattants du Hamas. « Je leur ai dit que je n’irai pas. Ils me tueront peut-être. J’ai une femme. J’ai des enfants, » Mais, poursuit-il, l’officier israélien lui dit qu’il avait « tiré dix roquettes et qu’il les avait tués. » On lui ordonna alors, coups de pied et coups de crosse à l’appui, d’entrer dans la maison et de rapporter les armes. « Je suis entré chez moi et j’ai vu que ma famille n’était pas là. J’ai cherché s’il y avait des traces de sang mais il n’y avait rien. J’étais vidé. En descendant les escaliers, je lançais « Je suis Majdi » pour ne pas qu’ils me prennent pour un Israélien et me tirent dessus. »
En approchant de la porte de l’appartement, il vit un milicien, son AK-47 pointé, montant la garde sur le seuil de la porte et deux autres derrière lui. Restant devant l’entrée, il leur dit que les Israéliens pensaient qu’ils avaient été tués. « Ils m’ont demandé où se trouvait l’armée et j’ai dit, « Ils sont partout ‘» ajoute-t-il. «Ils m’ont demandé de partir.»
Les soldats, cachés derrière le mur d’une maison cent mètres plus loin, lui dirent de se déshabiller complètement pour montrer qu’il n’avait dissimulé aucune arme en quittant la maison. Plus tard, on lui demandera de faire un troisième voyage – le deuxième tout seul – vers le réduit des miliciens. M. Abed Rabbo dit que l’officier Israélien l’insultait et le frappait quand il lui faisait son compte rendu. Peu de temps après, un hélicoptère Apache tira trois missiles qui détruisirent la maison où se trouvaient les miliciens, endommageant sérieusement sa propre maison. La nuit était tombée quand il se remit en marche sous les ordres des soldats, mais M. Abed Rabbo les persuada que l’itinéraire par les décombres de son toit n’était pas praticable dans l’obscurité. « Je n’arrêtais pas de demander après ma famille et ils disaient tout le temps ‘ils sont OK, ils sont OK’. » C’était incroyable, mais les miliciens toujours vivants, ouvrirent à nouveau le feu.
M. Abed Rabbo fut alors emmené dans une autre maison où on lui ordonna de rester, mains liées, dans le froid et « inquiet pour ma famille, ma maison. » Les soldats Israéliens vinrent le récupérer vers 18h30, l’assurant qu’ils les avaient tués la nuit dernière » et lui disant d’aller voir. « Je leur ai dit, ‘Comment puis-je y aller ? Mon toit est détruit. C’est très dangereux,’’ leur expliquait-il. Mais n’ayant pas le choix, il parvint à atteindre les escaliers et à descendre prudemment, appelant comme il l’avait fait deux fois auparavant. « Je voyais que tout était détruit. Ils étaient tous blessés mais le pire était celui qui avait eu une hémorragie. Il levait un doigt en l’air et disait ‘Il n’est de Dieu que Dieu.’ L’un d’entre eux gisait sous les décombres mais était encore vivant. Celui qui était en meilleure condition disait qu’ils ne se rendraient en aucun cas, qu’ils deviendraient des martyrs. L’un m’a donné son nom et m’a demandé de transmettre un message à sa famille. »
M. Abed Rabbo explique que les Israéliens ont commencé à tirer alors qu’il était encore sur place et il a fui la maison. « Je suis revenu vers les soldats. Je leur ai menti. J’ai dit, ‘ Ils ont dit que si je revenais ils me tueraient.’»
Les soldats israéliens utilisaient maintenant un mégaphone pour dire en arabe aux miliciens : « Vous avez des familles. Sortez et nous vous emmènerons à l’hôpital et nous vous soignerons. Le quartier est rempli de forces spéciales. Tous les dirigeants du Hamas se cachent sous terre. »
Selon M. Abed Rabbo : « pendant qu’ils parlaient comme ça, les hommes du Hamas ont encore ouvert le feu, l’officier m’a poussé contre un mur et m’a dit, ‘Tu m’as menti. Il y a plus de trois hommes là dedans’.»
Les soldats ordonnèrent ensuite à deux autres habitants d’aller dans la maison avec des appareils photo et de la photographier ainsi que les combattants du Hamas. Après, l’armée envoya un chien à l’intérieur qui revint blessé et mourut peu après. Il fut alors dit aux miliciens : « Vous avez quinze minutes pour sortir sans vêtements et les mains en l’air. Si vous ne le faites pas, nous écroulerons la maison sur vous. »
Au bout de quinze minutes, dit M. Abed Rabbo, un bulldozer s’est avancé dans le secteur entre les maisons et la mosquée, détruisant une bonne partie de sa maison avant de démolir systématiquement celle où les miliciens se cachaient. C’était mardi après-midi.
Avant d’être emmené, M. Abed Rabbo a pu parfaitement voir sa maison en ruines, la maison mitoyenne pulvérisée et les corps des trois miliciens du Hamas gisant dans les décombres.

%d blogueurs aiment cette page :