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Après avoir appelé à un "Islam de France", M. Sarkozy appellera-t-il à un "judaïsme de France"?

12 février 2011
Le départ du président Hosni Moubarak sous la pression du peuple égyptien est, vous n’avez pas besoin de moi pour le comprendre, un événement d’une portée considérable dont nous commencerons bientôt à voir les conséquences sur la situation politique au Moyen Orient. Et ce, quel que soit la nature du régime qui se mettra en place en Egypte car ce dernier ne pourra en aucun cas ignorer les aspirations de la population à la démocratie, la justice et à la restauration du rôle de la nation égyptienne dans le conflit qui déchire depuis des années le Proche Orient.
Les sionistes ont sans doute bien compris qu’ils ne pourront plus très longtemps compter sur l’Egypte pour compléter le cadenassage de la bande de Gaza.. Ils savent aussi que ce désagrément ne sera que le premier de toute une série dont il est difficile de prévoir l’ampleur et la nature même si le retour de l’Egypte dans le champ de bataille semble douteux (sauf si elle y est précipitée pat le régime sioniste).
Dans les chancelleries occidentales, mais pas seulement, on craint l’arrivée au pouvoir en Egypte du mouvement des Frères Musulmans en premier lieu parce qu’on est certain que ces derniers adopteraient une attitude résolument hostile à l’entité sioniste.
On ne discutera pas ici du bien fondé ou non de cette crainte. On retiendra seulement que le gros des inquiétudes concerne la pérennité des accords de Camp David qui participent de l’immunité dont jouit la colonie sioniste pour ses actes de brigandage et de meurtre.
On notera par contre l’étrange écho en Occident des appréhensions relatives aux événements en Egypte et en Tunisie puisque la même crainte d’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et donc, suppose-t-on, d’application du droit musulman (sharia, même si le mot sharia n’a pas le sens de droit ni de loi) s’exprime à l’intérieur même de la sphère occidentale.
Cette crainte se dit de manière plus ou moins feutrée en empruntant généralement le détour des questions d’intégration des minorités de confession musulmane ainsi qu’on a pu le voir avec les récents propos de Mme Angela Merkel, puis de David Cameron sur l’échec du multiculturalisme dans leurs pays respectifs.
Et comme par hasard, pas plus tard qu’hier M.Sarkozy tenait des propos similaires sur la situation en France.
Non, il n’ y a pas de hasard là dedans
Non plus dans le fait que M. Sarkozy a tenu ces propos quelques heures seulement après avoir levé le coude à la table du CRIF en compagnie du gouvernement de la république française presque au complet. Et si on a souvent relevé que M. Sarkozy avait évoqué les « racines juives » de la France, y voyant une entorse à la laïcité, ces propos de M. Sarkozy doivent être  cependant également entendus à la lumière de ce qu’il a dit par la suite sur « nos compatriotes musulmans ».
Quand M. Sarkozy évoque les « racines juives » de la France, il entend par là circonscrire ce qu’il entend par la France qui n’a pas à prouver sa qualité de « française » ni la légitimité de sa présence sur le sol de l’hexagone. Il indique par là que sa démarche de stigmatisation ne touchera pas la communauté juive de France.
J’ai comme l’impression que M. Sarkozy va bientôt prendre son rôle d’imam au sérieux et commencer à prêcher dans les mosquées de France et de Navarre.
Sérieusement, M. Sarkozy a carrément franchi ligne jaune en matière de laïcité. Il va bientôt réécrire le Coran et ajouter des hadiths à ceux qui sont reconnus comme authentiques.
Tant qu’il y est, il pourra promouvoir un judaïsme de France en demandant aux rabbins hexagonaux de supprimer du rituel la prière pour le soldat sioniste et celle pour le salut de l’Etat sioniste voyou et de leur substituer une prière pour le soldat français et une pour le salut de la république française (une prière pour la France est dite dans les synagogues consistoriales depuis Napoléon 1er qui a organisé ce culte. Nous sommes là de toutes façons loin de la laïcité).
Il ne demandera rien de tout ça au judaïsme puisque ce dernier fait partie des racines de la France.
Sarkozy ne fait en réalité preuve d’aucune originalité. Il ne fait qu’appliquer  sans ajouter grand chose de personnel un agenda qui n’a pas été défini à Paris.
Guy Konopnicki observe pour Marianne que lors de son discours au dîner du CRIF, M. Sarkozy semblait découvrir la teneur de ce qu’il était en train de lire. Bonnet d’âne pour le président incapable de bien réciter sa leçon!  Pour le coup c’est  bien un agenda en France mais pas de France. Et cet agenda a été défini par des néoconservateurs entre Washington, New York et Tel Aviv.
Impossible sinon de comprendre cette communauté de langage et cette égale urgence de thématiques identiques à Paris, à Berlin, à Londres mais aussi dans les Etats du Texas ou de Géorgie de l’autre côté de l’Atlantique. A la vérité, Sarkozy, Cameron et Merkel ont tout trois un train de retard sur leurs maîtres à penser aux Etats Unis.
Mother Jones, un organe de presse de gauche aux Etats Unis, tient une chronique régulière des délires de politiciens néoconservateurs qui, alors que le pays est en proie au chômage, à des déficits budgétaires énormes, au problème de centaines de milliers de « délogés » ne se préoccupent pratiquement plus que du risque d’application de la sharia aux Etats Unis.
Une communauté transatlantique de préoccupations voire de langage surprenante, d’autant que la communauté musulmane aux Etats Unis est peu importante. Et que par contre, un juge peut se permettre en Floride d’argumenter son verdict en se référant aux symboles cabalistiques tandis qu’un autre à Chicago prétend contraindre un père divorcé à élever sa fille dans le judaïsme.
Le discours de ces gens, Sarkozy, Merkel, Cameron etc. serait risible tant il est stupide s’il ne faisait pas, je le crains, le lit de futures guerres dans le monde, et de guerres civiles ou de persécutions telles que celles qu’avait connu le 20ème siècle et dont on pensait le retour impensable. Et tout ça pour l’Etat sioniste!

par Tim Murphy, Mother Jones (USA) 11 février 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
* La grande nouvelle pour l’Egypte (et pour la planète) cette semaine, a été le départ du dictateur Hosni Moubarak, ce qui a suscité de vives spéculations les Frères Musulmans qui prendraient le contrôle du pays et imposeraient une stricte loi islamique Ce n’est pas une certitude. Mais s’ils ne peuvent pas prendre l’Egypte, les Frères Musulmans ont cependant un assez bon lot de consolation:  selon Red State, « il y a des sympathisants, des partisans des Frères Musulmans et des fondamentalistes  qui font du sponsoring et s’expriment » cette semaine à la Conservative Political Action Conference (CPAC). Qui s’exprime aussi à la CPAC? La militante anti sharia Pamela Geller qui dit que les critiques sur sa personne sont à la base « la seconde vague des attentats du 11 septembre. » Dur, dur.
* Le député de Géorgie Mike jacobs a déclaré à des journalistes qu’il ne pouvait pas s’imaginer des règles de la sharia imposées aux braves gens de son Etat – mais pour s’en assurer, il a présenté en début de semaine un projet de loi pour empêcher la référence à des lois étrangères ou religieuses dans les tribunaux de l’Etat. Seize Etats au total ont adopté ou présenté une législation anti-sharia depuis février dernier.
* Je les ai représentés sur une carte
Votre Etat a-t-il interdit la sharia?
En bleu foncé : oui
En vert: en projet
En bleu ciel: tentative non aboutie
En rouge: pas de démarche en ce sens
* Bonne nouvelle à Mansfield au texas: votre école de district a obtenu une subvention fédérale de 1,3 million de dollars pour initier les élèves à une « très importante » langue et culture étrangères, un apport qui renforcera à coup sûr les compétences cognitives, la curiosité intellectuelle et les perspectives professionnelles [des élèves]. Mauvaise nouvelle: parce que la langue en question est l’arabe, un groupe de parents a averti du risque d’endoctrinement par les principes islamiques, et l’administration de l’école a gelé le programme pour une durée indéfinie. Si vous vous posez la question, oui, ça ressemble à un avenir gâché.
* moins 10 Gold stars pour Gretchen Carlson de Fox News qui a informé ses téléspectateurs que l’école avait l’intention de rendre l’arabe obligatoire pour les élèves de maternelle.. C’est fou! Et faux. Les cours d’arabe sont facultatifs, et seulement pour les classes d’enseignement secondaire qui auraient 20 minutes de « langue et civilisation arabes » par jour dans le cadre de leurs enseignements sur la société; les élèves de maternelle continueraient sans doute à manger de la purée. Tout cela a été expliqué en détail non seulement dans la mise au point faite par l’école, mais dans le document d’information qui avait été diffusé avant la controverse, et dans le dossier de subvention lui-même. J’ai trouvé tout ça en 12 secondes sur Google.
* Sarah Posner a réalisé une interview avec le député du Wyoming Gerald Gay qui prévient que si les Américains ne combattent pas la sharia maintenant, « on aura bientôt le museau du chameau sous la tente. » (regardez cette vidéo où Gay fait exploser une réplique du Congrès).
* Le gourou de la communication chez les Républicains, Frank Luntz a animé un de ses  groupes de discussion et a découvert qu’une forte proportion détecteurs conservateurs – 10 sur les 25 électeurs de l’Iowa avec lesquels il a discuté – pensaient qu’Obama est secrètement musulman.- ce qui veut dire que le groupe de discussion de Luntz était en fait plutôt modéré.
* Et puis, notez le sur vos agendas, les auditions du député Peter king sur la « radicalisation » de la communauté musulmane américaine sont pour le 7 mars. Quels sont ceux qui brillent par leur absence de la liste des témoins retenus par cet élu au Congrès? Les fonctionnaires chargés de faire respecter la loi sur le terrain.
* Info de dernière minute. Dans une interview aujourd’hui avec Suzy Khimm de MoJo, l’ancien élu au Congrès du Colorado, Tom Tancredo, a soutenu que les immigrés Musulmans ne s’assimileront pas parce que leur objectif est d’instaurer la loi islamique. « Qu’est-ce que vous faites avec des gens qui viennent avec comme objectif la promotion de la sharia qui n’est compatible en aucune façon avec la constitution des Etats Unis? » Que pouvez-vous faire? Il a aussi évoqué Winston Churchill. Lisez l’ensemble de l’interview ici.
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Révolution du jasmin ou révolution du sang? A propos d’une révolution confisquée.

23 janvier 2011

Les effluves de la révolution du jasmin ont non seulement masqué l’odeur du sang versé mais il semble qu’elles aient tourné la tête à un certain nombre de commentateurs. Côté arabe, c’est encore un enthousiasme en panne de superlatifs quoique commencent à se manifester les premiers indices de la désillusion.
On les pardonnera bien volontiers. Mais que dire de l’article d’Olivier Roy qui écrit dans le New York Times:

La caractéristique nouvelle de cette révolution populaire pacifique pour renverser une dictature dans le monde arabe est qu’elle n’a rien d’islamique.

Les choses ne se sont pourtant pas passées de manière absolument pacifique et, surtout, la révolution populaire a été interrompue, peut-être provisoirement, par un pronunciamiento à l’instigation des Etats Unis.
Et il faut simplement observer que si le mouvement de protestation est et était éminemment politique dans sa signification, il n’en était qu’au début de sa phase de politisation au moment où le président Ben Ali a été renversé. Dans des circonstances qui rappellent d’ailleurs celles qui avaient amené le même Ben Ali à déposer feu l’ex « Combattant suprême » Habib Bourguiba qui lui même avait évincé le monarque Lamine Bey.

Ce petit détour historique est utile pour comprendre que même si les pays arabes ont d’énormes points communs, et ceux du Maghreb encore plus puisqu’il s’agit du même peuple, il n’empêche qu’ils n’ont pas une histoire identique et qu’il est improbable que l’exemple tunisien diffuse par simple « contagion » ou mimétisme (à la différence de certains comportements comme l’immolation par le feu qui ont diffusé même hors du monde arabe)..
Le mouvement populaire tunisien est par ailleurs parti de régions qu’on peut qualifier de périphériques, à l’écart de l’énorme métropole qu’est Tunis à l’échelle du pays, de la pointe est de la Numidie, ce territoire qui cultive de temps immémoriaux le goût de la justice et de l’égalité.
Mouvement politique donc, mais pas politisé. Et l’absence qu’évoque Roy de slogans en faveur d’un état islamique ou anti américains [alors que jusqu’à présent, c’est la France qui joue un rôle majeur en Tunisie !] nous rappelle simplement ce fait brut que la révolte est celle des pauvres et des jeunes qui cherchent précisément à avoir la possibilité de vivre plus dignement.
Il n’y a pas eu non plus appel de la part des manifestants à nationaliser ou au contraire à privatiser des entreprises. Nous avons d’abord été devant un mouvement qui disait que c’en était assez de la république des copains et des cousins incarnée par le Rassemblement Constitutionnel Destourien (R.CD) et qu’on voulait la république de tous.
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Comment? C’est une autre affaire et c’est là normalement qu’interviennent les partis politiques qui peuvent proposer telle ou telle mise en forme idéologique de la contestation ainsi qu’une pratique en vue d’atteindre les objectifs assignés par l’idéologie.
Or, en dehors de deux partis de figuration, les partis étaient interdits d’activité en Tunisie, interdiction que le gouvernement de M. Ben Ali a fait scrupuleusement respecter. Nous sommes donc devant une scène politique congelée depuis des années à l’intérieur du pays et qui a survécu en exil avec la présence à l’étranger de partis de gauche et du parti islamiste.  Ces organisations n’ont bien entendu guère pu encadrer une jeunesse des classes populaires qui s’est trouvée à la pointe de la lutte. On relèvera en passant qu’aucun de ces partis n’a eu un impact significatif sur la communauté tunisienne en France, une communauté qui était par ailleurs fermement encadrée par le Rassemblement R.CD le parti au pouvoir aujourd’hui dissous. Il est vrai que beaucoup de muets ont soudainement retrouvé la parole…

Si on en revient au contenu des slogans protestataires/insurrectionnels ; rappelons qu’en Iran par exemple, la société avait de longue date été travaillée idéologiquement par les Mollahs mais aussi par d’autres mouvances même si ce sont les Mollahs qui ont fini par l’emporter. En Algérie, le Front Islamique du Salut ou ses précurseurs avaient bien labouré le terrain idéologique avant d’obtenir les succès électoraux que l’on sait.

La scène politique tunisienne a donc été congelée pendant des années et on va bien voir quels plats tenteront encore les citoyens Tunisiens une fois décongelés et lesquels seront encore comestibles. C’est là une inconnue majeure même s’il semble bien que Washington incline pour un rôle significatif des islamistes. La presse anglo-saxonne tend en effet à multiplier les articles sur le mouvement islamiste al-Nahda et, comme le signale le World Socialist Web Site, le New York Times vient même de lui consacrer un papier très favorable 

Si la révolution a été confisquée en Tunisie, elle n’est cependant pas terminée. Les choses se noueront vraiment quand chacun des camps aura pu se mettre vraiment en ordre de marche et que les rapports de force sur le terrain pourront être évalués. En dehors du peuple révolté et de ses exigences mises en action plus qu’en mots, nous avons pour l’instant surtout  l’expression des représentants des élites tunisoises, c’est-à-dire pour l’essentiel des membres de professions libérales ou des professeurs. C’est un syndicat enseignant qui appelle à la grève demain et pas un syndicat des ouvriers du bâtiment, du textile ou de l’hôtellerie.

Comme souvent dans les révolutions, il y plus d’une révolution en même temps qui renvoient à des acteurs (à des classes sociales dirait un marxiste) différents.
Le meilleur (ou le pire) est sans doute encore à venir pour ce pays. Si le meilleur vient, espérons le, à l’emporter, ce sera à coup sûr un exemple salutaire pour tous les peuples de la région.

Après la révolution de jasmin, la révolution des sacs plastiques?

20 janvier 2011
Le mouvement populaire en Tunisie a débouché sur une révolution avortée et confisquée, du moins pour l’instant. Un coup d’état militaire opéré avec le soutien, voire à l’instigation des Etats Unis qui viennent de damer le pion à l’ancienne métropole coloniale.

Il reste cependant très probable que la vie politique sera beaucoup plus ouverte que sous la férule de M. Ben Ali.
Et puis, l’histoire n’est pas écrite et tout peut arriver, même que les forces populaires parviennent in fine à changer radicalement et durablement le régime en Tunisie. Tout dépendra bien sûr de la capacité des partis dits d’opposition à mobiliser, à agir et à montrer un chemin.

En attendant, il y en a au moins un qui partage mon point de vue, c’est Ferox le destructeur qui nous le résume rapidement dans une planche dont il a le secret.

Islamisme radical et trous de mémoire

1 janvier 2011
En cette époque où d’aucuns évoquent la montée d’un islamisme radical dont les conséquences seraient visibles un peu partout dans le monde musulman et représenterait une menace sur le sol même de l’Occident par communautés immigrées interposées, cet article vient opportunément nous rafraîchir la mémoire.
Il s’agit en fait d’une dépêche de l’Agence France presse que nous n’aurons, je suppose, guère de chances de voir reproduite dans la presse hexagonale.
Cette banale dépêche nous rappelle tout simplement que ces islamistes, présentés aujourd’hui comme un danger pour l’Occident, ont été fortement encouragés et aidés par ce même Occident désireux de mettre en échec l’emprise communiste en Afghanistan.
Ces choses là sont en fait connues et archi-connues et seul le fonctionnement actuel de nos médiats, où un événement chasse vite l’autre et où la vie des vedettes du cinéma peut occuper autant voire plus de place que des événements politiques majeurs, peut expliquer la déconnexion savamment entretenue entre ce qui se passe aujourd’hui et des faits survenus il y a à peine une trentaine d’années.
La dépêche nous apprend quand même de petites choses (à moi tout du moins). Par exemple la promptitude de la réaction occidentale et de sa décision de soutenir des mouvements qui déjà à l’époque étaient marqués de l’étiquette « islamique » ou « islamiste ». Où encore que le gouvernement français était dès le départ partie prenante de cette opération visant à contrecarrer les efforts soviétiques en Afghanistan.
Et vous vous souvenez peut-être de ce philosophe chevelu qui encourageait la résistance face à ce qu’on appelait à l’époque l’invasion soviétique (tandis qu’aujourd’hui encore, on ne parle pas d’invasion occidentale en Afghanistan). Eh oui, c’est le même qui fustige aujourd’hui le péril islamofasciste qu’il voit même en la personne d’un « ami » de Bernard Kouchner!

L’Occident s’était rapidement entendu pour soutenir la résistance afghane en 1980: archives britanniques
AFP, Times of India 30 décembre  2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Londres: Les puissances occidentales s’étaient réunies secrètement peu après l’invasion soviétique de l’Afghanistan et avaient élaboré des plans pour aider la résistance islamique, selon des archives britanniques de 1980 rendues publiques.

De hauts responsables de Grande Bretagne, de France, de l’Allemagne de l’Ouest de l’époque et des Etats Unis s’étaient réunis à Paris le 15 janvier de cette année pour discuter de la réponse de l’Occident à l’invasion du 24 décembre 1979.

L’ouverture au public, après trente années passées dans les caves des National Archives,  de documents secrets intervient alors que les alliés occidentaux se préparent à entrer dans une nouvelle année de conflits en Afghanistan, à combattre les insurgés islamistes.

Le conseiller à la sécurité nationale des Etats Unis, Zbigniew Brezinski figurait parmi les participants à la réunion ainsi que Robert Armstrong, , secrétaire du cabinet, le haut fonctionnaire de rang le plus élevé.
Il [Brezinski] avait dit que l’aide aux Moudjahidine devait être coordonnée par « nos amis » – un euphémisme pour le MI6, le service britannique de renseignements extérieurs, et ses équivalents chez les alliés.
Le compte rendu de la réunion de Paris par Armstrong notait que s’il existait une volonté d’éviter le déclenchement d’une guerre frontalière dans les régions tribales instables du Pakistan, il était cependant possible de faire beaucoup de choses.

Il observait que les puissances présentes à la réunion avaient conclu que « il serait dans l’intérêt de l’Occident d’encourager et de soutenir la résistance. »

Tant qu’il y avait des Afghans désireux de continuer à  résister à l’invasion soviétique et tant que les Pakistanais accepteraient de voir leur territoire utilisé, la résistance devait être soutenue, disait Armstrong.

« Cela rendrait plus difficile le processus de pacification de l’Afghanistan par les Soviétiques, et ce processus prendrait beaucoup plus de temps que ce qu’il aurait dû autrement [sans notre aide à la résistance], » disait-il.

Armstrong ajoutait que « l’existence d’un mouvement de guérilla en Afghanistan sera au coeur de la résistance islamique, que nous devrions avoir la volonté de voir perdurer. »

Il suggérait que la meilleure manière d’organiser le soutien à la résistance était de passer par « un représentant d’un de nos amis » rencontrant des responsables de ses homologues Français et US.
La résistance des moudjahidine conduisit finalement à la montée en puissance de l’Islam radical en Afghanistan, ce qui fournira le terreau du développement du réseau al-Qaïda.
Après les attentats de septembre 2001 aux Etats Unis, les forces de l’OTAN ont renversé le régime taliban en Afghanistan mais continuent à combattre une insurrection islamiste qui a des bases de repli au Pakistan.

2010 s’est avérée une année de pertes record dans cette campagne avec la mort de plus de 700 soldats étrangers, soit deux par jour en moyenne.

Le scandaleux Alfred Grosser (d’après la propagande sioniste)

6 novembre 2010
Le Spiegel, ce grand magazine allemand, nous propose un texte intéressant mais non signé, ce qui laisse entendre qu’il reflète la position de ce magazine sur la question qui est traitée (à moins qu’il ait été purement et simplement dicté par une tierce partie, ce qui me semble plus probable)..
Le thème de cet article porte sur la commémoration prochaine à Francfort sur le Main de la Nuit de Cristal, ce déchaînement antisémite qui avait ouvert les yeux de beaucoup de gens sur les intentions du régime allemand de l’époque.
L’invité d’honneur, et orateur de choix, de cette commémoration n’est autre qu’Alfred Grosser, un illustre politologue Français d’origine allemande natif justement de Francfort sur le Main. Outre le fait d’être né dans cette ville, Alfred Grosser a doublement vocation à assumer ce rôle honorifique : il est lui-même issu d’une famille juive qui s’était réfugiée en France en 1933 et il a été un des artisans infatigables de la réconciliation entre les peuples français et allemand.
Une autorité intellectuelle et morale absolument indiscutables, apparemment.
Je dis apparemment, parce que l’article nous apprend qu’en fait, M. Grosser est une personnalité controversée.
Suives mon regard : quand il y a controverse, que des propos sont controversés, qu’un individu est lui-même controversé, c’est que la hasbara (la pédagogie du mensonge) sioniste n’est pas loin.
Et effectivement, on apprend avec effarement qu’Alfred Grosser est « tristement célèbre  [infamous] pour ses propos antisionistes. » Propos qui, ça va de soi, le disqualifient pour prendre la parole lors de cet événement hautement symbolique qu’est la commémoration de la Nuit de Cristal.
Le Conseil Central des Juifs en Allemagne, qui a déjà subi les foudres de Grosser, aurait bien voulu voir révoquée l’invitation de Grosser. Le problème est que c’est la mairie qui invite, pas eux. Car il s’agit bien d’une commémoration organisée par la mairie et non par la communauté juive et que sa vocation n’est pas de se souvenir d’un événement « juif » mais d’un événement qui concerne tous les habitants de Francfort et bien au-delà.
Certains seront heureux d’apprendre que, d’après l’article qui prétend se référer à des amis de Grosser, ce dernier serait « le prototype de l’Européen : Allemand, Français, Juif, intellectuel »
Adieu l’Europe judéo-chrétienne !
Alfred GROSSER

Der Spiegel (Allemagne) 5 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le politologue Allemand Alfred Grosser est bien connu pour son action en faveur de l’amélioration des relations franco-allemandes. Il est aussi tristement célèbre [sic] pour ses propos antisionistes. Il a néanmoins été choisi pour participer la semaine prochaine à Francfort, à la commémoration de la Nuit de Cristal. Un scandale se prépare.
Le trouble monte à Francfort. Mardi prochain, comme chaque année, la « Nuit de Cristal, » le pogrom nazi du 9 novembre 1938 sera commémoré à la Paulskirche [église où siégea le premier parlement allemand en 1848]. Et l’orateur principal, parmi tout ce monde, sera un homme connu pour avoir comparé ce que les nazis ont fait aux Juifs à ce que les Israéliens font aux palestiniens. Il a dit : « En tant qu’enfant Juif sans une école de Francfort, j’ai été méprisé et même frappé. Je ne peux pas comprendre comment des Juifs peuvent mépriser autrui. »

Alfred Grosser est né à Francfort en 1925. Son père, Paul Grosser était médecin, Juif, social démocrate et franc maçon, assez lucide pour émigrer en France après la prise du pouvoir par les nazis. Il est mort là bas en 1934. Son fils Alfred acquit la citoyenneté française, étudia la science politique et la civilisation allemande et, vers l’âge de 30 ans, obtint une chaire au prestigieux Institut d’Etudes Politiques de Paris. Il se fit rapidement un nom au titre de défenseur acharné de l’entente franco-allemande. Il a reçu plusieurs distinctions dont le prix de la paix décerné par les libraires Allemands, le Grand Prix de l’Académie des Sciences morales et politiques et le «Grand Ordre du mérite» de la République Fédérale d’Allemagne.

Grosser a été régulièrement invité dans des émissions de débats à la télévision et a été un orateur bien accueilli dans des conférences et des réunions. On ne saurait mettre en question sa promotion d’une normalisation des relations franco-allemandes. Ses amis le considèrent comme le prototype de l’Européen : Allemand, Français, Juif, intellectuel. Ses détracteurs soulignent ce qui se trouve tout particulièrement au centre de ses intérêts et de ses activités : Alfred Grosser lui-même. En 2003, par exemple, il avait quitté le conseil d’administration du magazine français L’Express, expliquant sa démarche par le fait que la rédaction « n’avait qu’avec réticence » publié ses notes de lecture sur un livre israélien, et publié dans le numéro suivant un tas de lettres de lecteurs « qui protestaient contre moi. »

Personne ne sait encore ce que Grosser dira le 9 novembre dans la Paulskirche. Mais le simple fait qu’il ait été convié à faire ce discours a amené du ressentiment entre la maire de Francfort Petra Roth et les deux vice- présidents du Conseil Central des Juifs en Allemagne, Dieter Graumann et Salomon Korn.
Sans surprise, de chaque côté on a une version différente sur la façon dont s’est faite l’invitation. Un proche du maire dit que c’était une idée de Korn. De leur côté, Korn et Graumann affirment qu’on ne leur a jamais demandé leur avis. La première fois qu’ils ont entendu parler de l’invitation, disent-ils, c’est par les journaux.
Le Secrétaire général du Conseil central, Stephan Kramer, a demandé à Roth d’annuler l’invitation de Grosser. Il estime qu’il est «irrévérencieux [sic] de laisser Alfred Grosser prendre la parole à cette date, à cet endroit.»

Il est sans doute trop tard. Les invitations à la commémoration ont déjà été envoyées. Seul Grosser lui-même, semble-t-il, peut éviter le scandale – en revenant lui-même sur son engagement. Ce qui, cependant, n’a guère de chances d’arriver.

Grosser a longtemps été controversé. En septembre 2009, il avait donné une interview au Kölner Stadt-Anzeiger, dans laquelle il accusait le Conseil Central de museler les critiques d’Israël. « Dès qu’une voix se lève contre Israël, elle est immédiatement étiquetée « antisémite »… les pires sont le Conseil Central des Juifs. » La République Fédérale, affirme Grosser, est « si intimidée… que devant la Knesset, le président (Allemand) et la chancelière ne font référence qu’au terrorisme du Hamas. »
Dans un entretien accordé au magazine Stern en octobre 2007, il avait dit  » que les Allemands ont le droit d’être critique à propos de tout, mais pas d’Israël, » et qu’il y a un club qui s’en prend régulièrement aux Allemands quand ils disent quelque chose contre Israël. » S’ils le font néanmoins, « le club dit tout de suite : ‘Je vais vous asséner Auschwitz sur la tête’. Je trouve que c’est intolérable. » En 1998, ce même club s’en était pris à l’écrivain martin Walser au moment où on lui remettait le prix pour des libraires pour la paix, provoquant ainsi la « dispute Walser-Bubis » dans la Paulskirche de Francfort – le lieu même où Grosser prendra la parole.

(Note de la rédaction: dans ce discours, Walser avait parlé du « fardeau historique » du pays et dit « quand les media me parlent tous les jours de ce passé, je me rends compte que quelque chose au fond de moi s’oppose à cette exposition permanente de ce qui est notre honte. » Il avait aussi évoqué » « l’instrumentalisation » d’Auschwitz. Ce discours avait été critiqué par Ignatz Bubis, alors président du Conseil Central des Juifs en Allemagne qui avait accusé Walser de commettre un « crime intellectuel. »

Une variante moderne d’antisémitisme

Les antisionistes de droite ou de gauche ressemblent assez à Walser et Grosser quand ils reprochent à l’Allemagne d’être sous « l’emprise du lobby israélien.» Grosser a bien sûr plus d’influence. En qualité de Juif, on ne peut le soupçonner de céder à un ressentiment antisémite. Quand il dit, par exemple, « que les politiques israéliennes encouragent l’antisémitisme, » il ne fait dans ce cas que critiquer Israël. Même si c’est une variante moderne de l’accusation classique – que les Juifs sont en tort.

Questionnée sur les déclarations passées de Grosser, la maire de Francfort répond que certaines informations étaient déjà connues » et que «certaines sont nouvelles.» Elle renvoie à la «position claire et incontestable de la ville de Francfort vis-à-vis d’Israël et en particulier aux relations amicales avec la ville de Tel Aviv.»
Concernant Grosser, Roth déclare qu’il a « un lien personnel avec Francfort sur le Main, » et qu’il a aussi « œuvré pendant plusieurs décennies à la réconciliation des peuples, et qu’il a réussi une grande chose avec la nouvelle relation franco-allemande, » ce qui lui a valu le prix des libraires pour la paix en 1975. « C’est tout ça qui nous a incités, 35 ans après cette cérémonie, à inviter M. Grosser à prendre la parole à la Paulskirche le 9 novembre, » a-t-elle expliqué.

Dénigrement du Conseil Central des Juifs

Au bureau de la maire, on croit, semble-t-il, que Grosser reste très impliqué dans la réconciliation. Mais tout ça est du passé. Aujourd’hui, il se demande pourquoi les Juifs n’ont rien appris de leur histoire.


Le Conseil Central des Juifs n’est pas heureux de la situation à laquelle il doit faire face. « Nous ne l’avons pas invité, et nous ne pouvons pas révoquer son invitation, » déclare un haut responsable. Nous sommes dans l’impasse. » Le responsable dit que le Conseil sera dénigré qu’il participe à la commémoration où qu’il s’en retire. »
Ils [le Conseil] vont donc y aller et voir ce que dit Grosser. « Nous n’annoncerons pas publiquement comment nous allons nous comporter pendant cet événement dans la ville de Francfort, le 9 novembre dans la Paulskirche. Mais nous agirons de manière appropriée. »

Ce pourrait être une soirée intéressante.

A chacun son kit: kit de propagande ou kit pour explosifs, à vous de choisir

3 octobre 2010

Un Français (d’origine algérienne) âgé de 28 ans a été arrêté à Naples en Italie. L’arrestation a eu lieu il y a deux semaines mais a été tue jusqu’à sa divulgation ce jour. On nous précise même que l’arrestation a été effectuée près de la gare centrale de Naples (sous entendu, il préparait peut-être un attentat à cet endroit).
En soi, l’apparition  de cette information en quelque sorte périmée au moment où enflent des rumeurs d’attentats en France et en Allemagne (pas en Italie, curieusement) et à la date anniversaire de l’attentat de la rue Copernic a de quoi laisser perplexe.
Ce qui rend plus perplexe encore, c’est qu’on nous indique que ce Franco-Algérien, qui aurait combattu en Afghanistan, était en possession d’un « kit » pour la fabrication d’explosifs.  C’est ce mot kit que je trouve étrange car un kit, ce n’est habituellement comme l’explique le Larousse q’un:

Ensemble des pièces détachées constitutives d’un objet, vendues avec un plan de montage, et que l’on assemble soi-même.

Ce qui veut dire qu’un kit de fabrication de bombe, ce n’est rien d’autre qu’un produit « à monter soi même » standardisé et produit en plus ou moins grande série, ne nécessitant généralement pas de compétence technique particulière chez l’utilisateur.

Je serais curieux (à titre purement intellectuel, évidemment) de connaître les éléments constitutifs de ce kit et, surtout, si la substance explosive en fait partie.

Lecteurs curieux, Djazaïri peut vous proposer son propre kit de fabrication d’explosifs.

Blocus de Gaza: prompte réaction de l’Union Européenne et de la France

15 juin 2010
Voilà une information qui vient à point nommé démentir les ragots sur l’inaction de l’Union Européenne face au blocus de Gaza et l’agression contre la flottille humanitaire par les sionistes.
L’Union Européenne n’est absolument pas inactive devant ce blocus puisqu’elle en est partie prenante ainsi que vient le démontrer la décision des autorités françaises, sur requête de la Commission Européenne, d’arrêter la diffusion en France via Eutelsat de la chaîne Al-Aqsa TV.
Il paraîtrait que les programmes de la chaîne en question 

« incitent à la haine ou à la violence pour des raisons de religion ou de nationalité », avait-il expliqué. Et la France entend « être irréprochable dans la lutte contre les incitations à la haine, quelles qu’elles soient », 

selon un porte parole du ministère français des affaires étrangères.
Je ne regarde pas cette chaîne, mais il semble bien que pour éviter des problèmes avec l’Union Européenne, il vaut mieux mettre sous blocus toute une population et assassiner des militants humanitaires. On est même au contraire récompensé par des exonérations douanières ou une adhésion en fanfare à l’OCDE.

Haïti: la manifestation hostile à Sarkozy occultée par la presse française

20 février 2010
C’est bizarre, mais j’ai l’impression que la presse française n’a pas rendu compte de cet épisode de la récente visite de M. Sarkozy en Haïti.
Cette visite a peut-être été un succès comme l’écrit France Soir, mais est-ce une raison pour omettre de parler du comité d’accueil qui attendait le chef de l’Etat français?
En l’occurence le présence de manifestants hostiles; présence dont était informé le protocole présidentiel puisque l’itinéraire de M. Sarkozy a dû être modifié.
La presse canadienne en rend cependant compte en français comme on peut le voir sur le site de Cyberpresse Canada
Sinon, il faut chercher dans les blogs, comme d’hab.

Ahmadinejad à l’ONU: l’oukase d’Angela Merkel à Sarkozy et à l’Union Européenne

24 septembre 2009
Alors que le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad s’exprimait mercredi 23 septembre devant l’Assemblée Générale de l’ONU, une douzaine de délégations, dont la française et l’américaine ont quitté la salle pour protester contre un discours «antisémite. »
Il est vrai que des pays comme la France et l’Allemagne s’y connaissent en matière d’antisémitisme pour l’avoir pratiqué à grande échelle voici quelques dizaines d’années.
Selon l’AFP, un diplomate français a indiqué qu’
une position européenne commune avait été concertée sur ce point.
Ce que ni l’AFP, ni le diplomate français ne précisent, c’est que cette sortie est en réalité un oukase de l’Allemagne :

L’Allemagne quittera l’Assemblée Générale de l’ONU si le président Mahmoud Ahmadinejad nie l’holocauste dans le discours qu’il prononcera mercredi, et elle [Merkel ou l’Allemagne?] veut que les autres membres de l’Union Européenne fassent de même, a déclaré le ministre Allemand des affaires étrangères.

Le président Sarkozy a peut-être joué les gros bras avec M. Ahmadinejad, par contre il n’a eu d’autre choix que d’obtempérer au vouloir de Mme Merkel.
Mme Merkel qui serait mieux inspirée de donner un bout de territoire allemand aux Juifs en réparation des crimes commis par ses compatriotes ; je propose le Pays de Bade. Et si la France veut bien donner un morceau de territoire pour racheter les crimes de la France de Vichy, je suggère l’Alsace, territoire limitrophe du pays de Bade.

Ces deux pays pourront ainsi expier leurs méfaits à leurs propres frais et non à ceux des Palestiniens.

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