Archive for the ‘Hezbollah’ Category

La guerre sunnites- chiites n’aura pas lieu

5 décembre 2010

Un bon article encore d’Antiwar cette fois sur le prétendu désir de guerre arabe contre l’Iran, d’après les fuites diplomatiques révélées par WikiLeaks. Si nous savons en effet depuis longtemps que les régimes arabes corrompus souhaitent intimement que les occidentaux et les sionistes agressent militairement l’Iran, tout un chacun sait que ce n’est pas ce que veulent les peuples arabes dans leur majorité. Parce que le chef d’Etat le plus populaire chez les Arabes en ce moment est sans doute Mahmoud Ahmadinejad (ou alors le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan). Et que l’aura du Hezbollah, pourtant chiite, est à son summum dans tous les pays arabes dits sunnites.

Le mythe d’une confrontation chiite-sunnite/perse-arabe

par Arshin Adib-Moghaddam, Antiwar (USA) 30 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Existe-t-il un axe chiite menaçant la stabilité de l’ouest de l’Asie et de l’Afrique du Nord? Existe-t-il une animosité arabo-perse ancrée dans l’histoire et sous-tendant les relations internationales dans la région? Est-elle multiséculaire et est-elle aujourd’hui perçue comme une lutte pour la suprématie régionale? Si on en croit les commentaires des médiats sur la dernière vague de documents publiés par WikiLeaks, alors tel est le cas. « Israël voit les informations de WikiLeaks sur l’Iran comme une aubaine pour sa propagande, » lit-on sur un titre de Reuters. « Coupez la tête du serpent: comment les dirigeants Arabes exhortent les Etats Unis à attaquer l’Iran », affirme le Daily Mail. « Israël affirme que WikiLeaks montre la ‘cohésion’ sur l’Iran, » proclame l’Agence France Presse (AFP). « Les Etats Arabes stigmatisent l’Iran, » titre le Guardian. Un thème est commun à tous ces gros titres: il existe apparemment un consensus « arabe » ou « sunnite » en faveur d’une guerre contre l’Iran.

Il est très simple de démentir ce mythe selon lequel il existe une fracture chiites-sunnites ou une sorte d’éternel affrontement préparant à une future guerre avec l’Iran.

A priori, la Syrie « arabe sunnite » a des relations très cordiales avec l’Iran « perse et chiite. ». De son côté, l’Iran « chiite et perse » est accusé de soutenir le Hamas « arabe et sunnite ». Apparemment, le Hezbollah « arabe et chiite » est un fidèle allié de l’Iran non arabe mais chiite. » La Turquie « sunnite » et non arabe est à la pointe des efforts pour une solution diplomatique au dossier nucléaire iranien. L’Egyptien Hosni Moubarak, un dirigeant laïque [secular] selon les normes en vigueur et à aucun titre « sunnite », accuse l’Iran de soutenir les « Frères Musulmans », une organisation créée plus de 70 ans avant la révolution de 1979 en Iran, par des nationalistes « arabes » et des islamistes « sunnites. » Sayyid Qotb un des dirigeants des Frères musulmans et référence centrale pour de nombreux mouvements « islamistes » contemporains a été très lu par les Iraniens et ses livres ont été traduits par l’ayatollah Ali Khamenei, l’actuel chef suprême de l’entité à priori « chiite perse » d’Iran.

Le problème pour les Etats qui veulent la guerre avec l’Iran n’est pas un quelconque renouveau chiite, mais leur propre déficit de légitimité. Cette situation est aggravée par le fait que la popularité de Hassan Nasrallah surpasse celle des dirigeants actuels de la région, notamment de ceux qui sont perçus comme trop dépendants des Etats Unis ou trop asservis à Israël. Ce qui n’a rien à voir avec l’alliance de l’Iran avec le Hezbollah, bien entendu, ni avec la philosophie démocratique ou non de Nasrallah; mais avec le fait que Nasrallah est perçu comme quelqu’un qui tient tête à Israël. C’est la même raison qui sous tend la relative popularité des dirigeants Iraniens et du Hamas. Leurs politiques populistes entrent en résonance avec les aspirations de beaucoup de monde dans la région. Ceci est très bien rendu dans un livre récent d’Elaleh Rostami-Povey intitulé Iran’s Influence (Zed, 2010). Le livre s’appuie sur une recherche de terrain approfondie et toute une série d’entretiens réalisés en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Il montre clairement que la popularité des dirigeants politiques de la région est liée à leur opposition à la politique israélienne en Palestine et aux guerres conduites par les Etats Unis en Irak et en Afghanistan. En bref, tenir tête à la politique étrangère américaine et à Israël est la manière la plus sûre d’accéder à la popularité politique.

Un sondage effectué en juin 2010 par Zogby International et l’université du Maryland et couvrant l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Maroc, le Liban et les Emirats Arabes Unis conforte cette observation. Le sondage révèle un fort soutien au programme nucléaire iranien, chez les Egyptiens tout particulièrement, Il suggère aussi qu’Israël et les Etats Unis sont perçus par respectivement 88 % et 77 % des sondés comme les plus fortes menaces pour la sécurité de leurs pays. A l’inverse, seulement 10 % considèrent l’Iran comme une menace. Ce qui a beaucoup à voir avec la perception de l’Iran comme poursuivant une politique étrangère indépendante et s’en tenant à des principes sur la Palestine, et que plus généralement, ce pays tient tête à l’hégémonie israélienne.

L’analyse des politiques dans le monde ne doit pas commencer ou s’arrêter avec les proclamations des gouvernements, notamment parce que les « guerres » à grande échelle ne sont plus le monopole des Etats. Bien plus de personnes ont été tuées en Irak après la fin des combats importants entre armées nationales que pendant la guerre proprement dite. La plupart d’entre elles ont été tuées par des acteurs non étatiques, toute une série d’entreprises privées, d’affiliés à al Qaïda et de milices sectaires. Et plus de personnes ont péri le 11 septembre que dans l’attaque contre Pearl Harbour. En outre, les guerres actuellement en cours en Irak et en Afghanistan ont débordé de leur contexte régional, des bombes ont explosé dans des capitales ailleurs dans le monde. Les Etats ne peuvent plus contenir les guerres [sur le champ de bataille] et il y aura toujours un effet « boomerang. » Cette nouvelle réalité de la politique internationale implique une nouvelle logique centrale: la prévention de toute nouvelle confrontation militaire doit devenir une question de principe, pas seulement de stratégie. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle où les guerres entre deux pays engendrent facilement de multiples confrontations régionales ou même globales, avec des victimes un peu partout. De sorte qu’aujourd’hui « notre » sécurité est de plus en plus entremêlée à celle des Irakiens, des Afghans, des Palestiniens, des Israéliens, des Coréens et des Iraniens. Leur sort est devenu le nôtre t il est temps que cela se reflète dans la diplomatie internationale. C’est pourquoi il est inutile de déformer et de simplifier à l’excès la complexité des mondes « islamiques » dans des catégories comme chiites, sunnites, Perses ou Arabes. N’oublions pas que c’étaient Saddam Hussein et le Shah d’Iran qui croyaient aussi à une confrontation atavique entre « Arabes » et « Perses ». L’idéologie officielle du premier reposait sur une haine viscérale de la menace « perse » contre le « monde arabe ». D’un autre côté, le Shah d’Iran s’était auto-intronisé « Lumière des Aryens » et célébrait le patrimoine iranien non musulman (i.e. préislamique) de façon mégalomane. A coup sûr, leurs idéologies appartiennent à ce vieux « Moyen Orient » dont plus personne ne veut le retour parmi ceux qui s’intéressent à cette région.

La propagande sioniste prise d’une compulsion de répétition

28 octobre 2010
On apprend que les autorités du Nigeria viennent de procéder à la saisie d’une cargaison d’armes sur le port de Lagos. Conformément à son devoir d’informer, le Nouvel Observateur nous livre le point de vue d’une partie qui a forcément quelque chose à dire à ce sujet:
Des responsables militaires israéliens ont affirmé jeudi sous couvert de l’anonymat que les armes provenaient d’Iran et était destinée à la Bande de Gaza.
Voilà, le Nouvel Observateur a fait son boulot, dans le plus strict respect de l’éthique journalistique à la française.
Ils font quand même mieux que Guysen news chez qui ce sont carrément les services secrets nigérians qui affirment l’origine iranienne des armes.
Les services secrets nigérians ont déclaré qu’ils avaient intercepté treize containers contenant des armes diverses en provenance de l’Iran. Des sources du ministère israélien de la défense pensent que cela fait partie d’une nouvelle voie de contrebande de l’Iran à destination du Hamas dans la Bande de Gaza.
Selon les médias nigérians, le bateau, qui provenait d’Iran, a accosté au port de Lagos pour quelques heures seulement, chargeant treize containers à bord.
Selon le porte parole du State Security service (SSS), Marilyn Ogar,  »en ouvrant le premier container, des lances roquettes, des grenades et d’autres explosifs ont été découverts », ajoutant que les armes étaient cachées parmi des caisses de matériau de construction.
Bon, ces armes iraniennes ont été transportées sur un bateau battant pavillon des îles Marshall et opéré par un important armateur français. Les îles Marshall sont, rappelons-le, un Etat de la Micronésie dans l’océan Pacifique, dont la monnaie est le dollar US et qui dépend pour sa défense des Etats Unis dont il est indépendant depuis une vingtaine d’années seulement.
Franchement, les Iraniens auraient pu trouver mieux pour se livrer à leur trafic.
Si les sionistes francophones sont décidément les plus effrontés, force est de constater qu’un media sioniste comme Vos Iz Neias essaye de mieux coller à la réalité des faits et n’arrive pas lui-même à gober la manoeuvre propagandiste:
Les officiels de l’armée [sioniste] n’ont pas donné de preuves pour soutenir leurs affirmations, citant des « raisons de sécurité. » Cependant, cette information est apparue d’emblée comme en conflit avec les affirmations des douanes nigérianes selon lesquelles les armes, dont des roquettes de 107 mm, étaient destinées à ce pays d’Afrique Occidentale riche en pétrole.
D’ailleurs  Guysen, qui se distingue décidément, omet de préciser que si la saisie des conteneurs armes vient seulement d’être effectuée, ces conteneurs ont été débarqués en juillet.
Par ailleurs tous les articles qui rendent compte de cette affaire signalent que le bateau venait d’Inde, de Mumbai exactement. Aucun ne mentionne une escale dans un port iranien, information que l’armateur français aurait sans doute immédiatement révélé si tel avait été le cas et que les journalistes se seraient empressés de répercuter.
Or, rien de tel dans la presse.
De même, Owei Azazi, conseiller à la sécurité nationale du Nigeria se garde bien d’adopter les conclusions proposées par Guysen (mais aussi portées à notre connaissance par le Nouvel Observateur):

« A ce stade, la seule chose que nous pouvons dire est que nous avons une quantité d’armes qui a été découverte dans le port par les services de sécurité. Nous ne voulons pas aller aux conclusions sur le calibre des munitions, leur destination et d’où elles proviennent. »

En fait, la seule mention en référence au Proche orient peut être trouvée dans des propos tenus par le président de la république fédérale du Nigeria:

Le président Goodluck Jonathan a déclaré que les importateurs de ces armes, décrites comme semblables à celles utilisées par les insurgés en Afghanistan, avaient des motifs sinistres.

Le président effectue une simple comparaison. Ce qui nous amène à évoquer ces armes caractéristiques des insurgés Afghans:
Parlons donc du fusil AK 47, c’est le fameux fusil d’assaut Kalashnikov, produit initialement en URSS puis Russie, mais aussi en Bulgarie, en Roumanie, en Chine etc.
Le fameux fusil sur la photo ci-dessous:

L’homme  en tenue de combat à gauche sur la photo est armé d’un fusil AK 47. Vous avez raison, ce n’est pas un insurgé Afghan, c’est un membre des forces de sécurité nigérianes qui surveille l’opération d’inventaire du chargement d’un conteneur d’armes.
Si vous cliquez sur la photo pour l’agrandir, vous verrez un peu mieux les roquettes, ces obus de mortier de 107 mm. Nous en avons déjà vues de semblables par ailleurs, souvenez-vous.
Oui, c’était en novembre 2009, la piraterie sioniste avait arraisonné un bateau qui, disait-elle, transportait des armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.
Cette fois, c’est plus le Hezbollah mais le Hamas. Mais c’est toujours l’Iran et toujours les mêmes roquettes. Dommage qu’aucune photo ne permette d’identifier N° de lot et année de fabrication, c’étaient peut-être les mêmes!
Quant aux insurgés (les Talibans) Afghans, s’ils utilisent bien des roquettes calibre 107 mm, elles ont un aspect assez différent si on en juge d’après cette photo de projectiles saisis par l’armée britannique en Afghanistan.:

On ne sait pas d’où les sionistes tiennent que ces roquettes sont de fabrication iranienne. Les Iraniens avaient aussi été accusés, on s’en souvient, d’armer les insurgés Irakiens. Même un site US hostile à l’Iran est bien obligé d’admettre qu’aucune preuve de faits de ce genre n’a jamais été apportée.

La police vient de procéder à trois arrestations, on en saura donc sans doute bientôt plus. Mais dores et déjà, le gouvernement nigérian s’oriente vers une piste essentiellement locale, d’une ou de plusieurs organisations, militantes et religieuses qui auraient envisagé de perpétrer des attentats à l’explosif dans des lieux stratégiques à Abuja, la capitale fédérale. 

Les craintes sont évidemment très fortes au Nigeria, d’autant que ce pays est, on le sait, frappé lui aussi par une forme de piraterie et a connu (et connait) des enlèvements de techniciens étrangers en dépit de l’absence sur place du fameux al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).
Il convient de ne pas oublier que le sud pétrolier a connu une longue insurrection qui ne s’est achevée qu’en 2009, entraînant au passage une sensible diminution de la production d’or noir.

octobre 2009: les rebelles Nigerians déposent les armes sous conditions

Ces événements importants, qui ont concerné également les intérêts français, ont finalement rencontré peu d’écho ici. Sans doute y manquait-il la composante « islamique » aujourd’hui presque indispensable.

Guysen et le Nouvel Observateur ne se sont jamais intéressés à cette information diffusée sur ce modeste blog en été 2010 et qui signalait un trafic d’armes vers la corne de l’Afrique.

Le sionisme et la menace juive

11 mai 2010
L’article que je vous propose fait la synthèse d’une récente conférence donnée par Alan Dershowitz à l’université de Tel Aviv.
Vous ne savez pas qui est Alan Dershowitz? Eh bien, c’est un professeur de droit Américain, pardon Juif Américain qui est également un sioniste extrémiste très influent aux Etats Unis.

Stop, stop, stop!
Quoi? Pourquoi est-ce que je précise que Dershowitz est Juif?
Ben, oui, parce que je suis antisémite! Confidence, je suis même un islamofasciste!

Mais non, ce n’est pas moi qui donne cette précision, mais l’article du Yediot. Si vous faites bien attention, vous verrez que dans le petit texte sous le titre de l’article, Alan Dershowitz est présenté comme un « éminent juriste Américain. » Mais à la première ligne de l’article proprement dit, nous lisons « l’éminent juriste Juif Américain. » C’est à dire qu’il a deux nationalités: américaine et juive car, si j’ai tout compris de ce qu’écrit un commentateur sur ce blog, on ne se convertit pas au judaïsme, puisque le mot conversion n’existe pas en hébreu, mais on se naturalise juif.

Bien, Dershowitz a donc deux nationalités
Pas Noam Chomsky par contre. Lui, n’est que Juif! Pas Américain, non, pas Américain.
Norman Finkelstein lui, il est Américain et Juif. Mais il n’est Juif que pour critiquer le régime sioniste!

Ca veut dire quoi, ce bazar? Ca veut dire que du point de vue sioniste, le sionisme et l’antisionisme sont la même histoire juive, un truc entre Juifs où les autres, les Arabes et les Musulmans « radicaux », ne réprésentent pas une aussi grande menace que ces Juifs qui s’acharnent contre l’Etat sioniste. Tout au plus, donnent-ils du grain à moudre aux Norman Finkelstein, Noam Chomsky, Gilad Atzmon et consorts.
Car ce que ces gens menacent au fond, ce n’est pas le territoire de l’entité sioniste mais une identité juive dont le lien avec le régime sioniste a acquis un caractère central, plus important que les rouleaux de la Torah ou les Dix Commandements puisque de nombreux partisans de l’entité sioniste se déclarent tout à la fois Juifs et athées. Seule l’existence de cet Etat voyou semble permettre un tel miracle (un de plus!). Or, ces Juifs non sionistes attestent de la possibilité d’être Juif sans s’estimer lié à la voyoucratie sioniste.


Pour continuer sur Dershowitz, il est amusant d’observer qu’il s’offusque de la comparaison que feraient certains de ces mauvais Juifs entre les méthodes de l’armée sioniste et celle de la Gestapo. Et là, on peut dire que Dershowitz fait preuve d’un culot digne du sioniste qu’il est car n’avait-il pas lui même plaidé publiquement en faveur du recours à la torture aux Etats Unis? Oui car, après tout, la torture a fait ses preuves lorsque pratiquée par les Allemands (ce n’est pas moi qui le dit, mais Dershowitz lui-même).
Avant de vous laisser découvrir l’intégralité du merdier mental qui constitue l’éminence d’Alan Dershowitz, je voudrais attirer votre attention sur un point qui est la constante accusation selon laquelle les miliciens du Hamas ou du Hezbollah se planquent avec leurs roquettes au milieu des civils. Oui, afin que des civils, dont des enfants, soient massacrés par l’armée sioniste contrainte malgré elle à commettre des boucheries. Le point de vue des sionistes, c’est effectivement que ce n’est jamais de leur faute: les Arabes, ces sadomasochistes s’ingénient à faire souffrir les terroristes sionistes en les obligeant à écrabouiller leurs enfants sous les bombes.
On sait ce qu’il en est en réalité comme on peut le constater ici, et encore .

Dershowitz: des Juifs ont initié le terrorisme juridique contre Israël
 Abordant la détérioration de l’image d’Israël, l’éminent juriste Américain accuse des Juifs et d’anciennes organisations israéliennes de gauche d’affirmer que les méthodes de l’armée israélienne sont pires que celles de la Gestapo.
par, Anat Shalev, Yediot Aharonoth (Sionistan) 11 mai 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ce mardi, l’éminent juriste Juif Américain a accusé des responsables Juifs de gauche et des organisations dans le monde entier de diffamer le nom d’Israël et de causer plus de dégâts que ceux créés par les mouvements islamiques et pro palestiniens.

Dershowitz, qui est connu pour soutenir ardemment l’Etat d’Israël, s’est exprimé au cours d’un symposium à l’université de Tel Aviv intitulé « La délégitimation d’Israël comme menace stratégique. »
 

Parlant de l’admission d’Israël à l’OCDE, il a expliqué que les détours que l’Etat juif a du emprunter avant de pouvoir être admis étaient un autre volet de la campagne d’incitation.

Selon Dershowitz, les pays qui étaient opposés à l’admission de l’Etat juif – comme l’Irlande ou l’Espagne – qui connaissent un échec économique, persistent à critiquer Israël dont il dit qu’elle est responsable de nombreuses évolutions technologiques et inventions. Au lieu d’en être félicitée, a-t-il dit, Israël est l’objet de tentatives de délégitimation.

Selon Dershowitz, des organisations comme le Hamas et le Hezbollah se servent d’une stratégie qu’il présente comme « la stratégie de l’enfant mort » afin de renforcer l’image négative d’Israël au niveau militaire.

Un des éléments visuels les plus forts dans les media est une mère tenant dans ses bras un enfant mort, ce qui se rapproche de l’image de Marie tenant l’enfant Jésus, a-t-il expliqué.

L’éminent juriste, connu pour ses critiques sévères contre le juge Richard Goldstone, qui a rédigé le rapport de l’ONU sur l’opération Plomb Durci, a aussi déclaré que le Hamas et le Hezbollah savaient qu’Israël répondrait aux tirs de missiles contre des enfants israéliens en route vers l’école. C’est pourquoi il dispose les lanceurs de roquettes au milieu des populations civiles, a-t-il dit, dans le but de causer la mort d’autant de bébés que possible tandis que les caméras d’al-Jazeera sont prêtes à diffuser les images dans le monde entier. Ceci ne figure pas dans le rapport Goldstone, a déclaré Dershowitz.

‘Israël présentée comme un occupant nazi’

 Dershowitz a accusé le linguiste juif et anarchiste Noam Chomsky de créer une atmosphère hostile au sein de nombreuses organisations et campus universitaires américains.

Ils créent un récit qui présente toujours Israël comme un occupant nazi, a-t-il dit, tout en fermant les yeux devant les faits qui contredisent ces mêmes affirmations, comme les liens entre Haj Muhammed Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, et le dirigeant nazi Adolf Hitler pendant la seconde guerre mondiale.
 

Selon l’éminent juriste, ces actes sont du « terrorisme juridique » qui vise à diffamer le nom d’Israël.

Il en est venu à expliquer que les plus grands ennemis d’Israël n’étaient pas les Musulmans radicaux qui, a-t-il dit, n’ont fait que renforcer leurs revendications, mais plutôt les Juifs et les Israéliens dans le monde entier qui se servent de leur origine pour renforcer leurs attaques incessantes contre Israël.

Selon Dershowitz, le politologue Américain Norman Finkelstein ne s’identifie lui-même comme Juif que lorsqu’il attaque Israël, comme le fait le musicien ex Israélien Gilad Atzmon qui vit en Grande Bretagne et proclame que les méthodes de l’armée israélienne sont pires que celles de la Gestapo.

Dershowitz a affirmé qu’Israël doit lancer une véritable guerre contre l’incitation, partout où c’est possible – à l’ONU, à la Cour Internationale de Justice et partout ailleurs. Israël peut perdre dans les votes, a-t-il dit, mais ne ratera aucune opportunité de faire entendre ses revendications.

Il a expliqué qu’en raison d’un environnement hostile à Israël dans le monde universitaire américain, il est souvent félicité par des membres des directions [d’universités] pour le fait de s’exprimer en faveur du pays [l’entité sioniste]. Ils me le disent à voix basse, a-t-il dit, avant d’expliquer que bien qu’ils soutiennent Israël, ils ne se sentent pas à l’aise de l’exprimer en public.

Synthèse d’un important discours du secrétaire général du Hezbollah libanais

18 février 2010

Le compte à rebours pour la fin de l’entité sioniste a commencé en 1948. Et j’ajoute à l’intention de nos amis sionistes: chose promise, chose due!

Discours stratégique et déroute israélienne
CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)
18 février 2010
C’est au terme de la semaine consacrée à honorer la mémoire des martyrs de la révolution islamique au Liban, les martyrs du Hezbollah et notamment ses trois dirigeants, Sheikh Ragheb Harb, Sayyid Abbas al-Moussawi et le dirigeant combattant Imad Moughnieh, que Sayyid Hassan Nasrullah, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé un discours historique devant une foule toujours aussi fidèle et enthousiaste, annonçant la nouvelle stratégie de la résistance.
Analystes politiques et stratèges militaires, de tous bords, reconnaissent qu’une nouvelle phase du conflit opposant la nation arabo-musulmane à l’entité coloniale sioniste est désormais en cours : celle de la riposte au coup pour coup, celle de la capacité de la résistance islamique à riposter aussi durement que l’ennemi israélien. Sayyid Nasrullah n’a pas hésité à confirmer ce que les responsables israéliens disent depuis la fin de la guerre de juillet 2006 : oui, nous nous armons, oui, nos nouvelles armes sophistiquées peuvent atteindre toute la Palestine occupée. Mais au-delà de cette confirmation, le chef de la résistance arabe a annoncé que le Hizbullah était en mesure de riposter au coup pour coup : « Si vous attaquez l’aéroport du martyr Rafiq al-Hariri à Beyrouth, nous attaquerons l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv, si vous attaquez nos centrales électriques, nous attaquerons vos centrales électriques, si vous attaquez nos usines, nous attaquerons vos usines », tout en faisant remarquer que si la population au Liban était habituée à vivre sans électricité, les israéliens ne le sont pas.
Pour la première fois depuis l’occupation et la colonisation de la Palestine, il y a 62 ans, un dirigeant arabe, et quel dirigeant ! remet Israël à sa place, non pas en lançant de vagues « menaces », comme le faisaient auparavant des chefs enthousiastes mais impuissants, mais en promettant, comme le promettent toujours les « hommes de Dieu », les combattants du Hezbollah et leur dirigeant, que toute attaque israélienne sera immédiatement suivie d’une attaque de même niveau. Il ne s’agit pas, comme l’a rappelé Sayyid Nasrullah, d’occasionner des trous dans quelques maisons de Tel Aviv, si c’est à cela que les dirigeants israéliens pensent, non, il s’agit de bombarder plusieurs immeubles de Tel Aviv si un seul immeuble de la banlieue sud de Beyrouth est bombardé. Pour faire encore plus comprendre les choses et assurer que ses paroles ne sont pas gratuites, il a précisé l’importance stratégique pour les Israéliens de toute la zone située au sud de Haïfa, autour de Tel Aviv : c’est là où se trouvent la majeure partie de la population israélienne, des agglomérations industrielles, les principales centrales électriques, les sièges de plusieurs centres vitaux pour la colonie sioniste : militaires, administratifs et de recherches stratégiques.
Ce discours historique et stratégique n’a pas été diffusé sur les chaînes israéliennes, la censure militaire d’un pays jugé démocratique par la « communauté internationale », ayant sévèrement agi. Seuls quelques passages du discours ont été diffusés, mais ce qui est encore plus significatif, est le silence des dirigeants israéliens. Même Lieberman, toujours prêt à bavarder, n’a pas bronché. Car ce que le dirigeant de la résistance leur a annoncé, sans détours, c’est que le Hezbollah est armé de telle manière qu’il peut riposter à toute attaque, et nul ne l’en empêchera. Il ripostera aussi loin et aussi durement à toute attaque sioniste. Il est évident que ni les dirigeants sionistes, ni leurs alliés, ne s’attendaient à un tel discours. Concernant son armement, le Hizbullah leur a fait comprendre plusieurs choses : d’abord, le Liban n’avait besoin de personne pour s’armer, la résistance a et aura ce qu’il faut (et si cela ne leur plaît pas, qu’ils boivent la mer, a-t-il ajouté). Ceci en réponse aux Etats-Unis et à la France et tous les Etats qui promettent d’équiper l’armée libanaise, dans un souci de conflit interne. Depuis des mois, les responsables militaires américains font la navette et des discours, promettant d’équiper l’armée libanaise, mais de manière à maintenir la supériorité militaire aérienne, terrestre et maritime, favorable à la colonie sioniste. Donc, le Liban n’a pas besoin de tous ces Etats qui marchandent la sécurité d’un pays. Grâce à la résistance islamique qui a su s’armer, ce marchandage n’a plus de raison d’être. Ils vendront ce qu’ils veulent à l’armée libanaise, d’autres armes sont là pour protéger le pays.
Sayyid Hassan Nasrullah a également fait comprendre aux parties libanaises internes que ni l’ONU, ni la communauté internationale, ni les Etats-Unis, ni la France « amie » du Liban, ne le protègeront contre les attaques israéliennes. C’est sur ses propres forces qu’il faut compter, comme pour la guerre de libération du Liban, de 1982 jusqu’à la libération. Il a expliqué que la communauté internationale ne respecte que le puissant : Israël n’a jamais appliqué une résolution de l’ONU ou du conseil de Sécurité, ni en Palestine, ni dans aucun pays arabe. C’est pourquoi il faut acquérir cette puissance, et c’est ce que le Hezbollah a fait. Dorénavant, avant toute attaque, il faudra réfléchir mille fois, et non une seule. A ce propos, le dirigeant de la résistance islamique a expliqué pourquoi les sionistes sont actuellement dans une impasse : ils ne peuvent faire la guerre alors qu’ils veulent la faire. Depuis leur défaite en 2006 (Liban) et 2009 (Gaza), ils réfléchissent à une guerre qu’ils veulent victorieuse, rapide et décisive. Il est évident que plus le temps passe, moins ils pourront la mener, car les résistants, palestiniens et libanais, et même la Syrie et l’Iran, profitent de ces moments de déroute israélienne, pour s’armer, s’équiper, réfléchir sur de nouvelles stratégies, récupérer des renseignements sur le front intérieur, bref, les résistants se préparent.
Le dirigeant de la résistance islamique a fait également remarquer aux Libanais que la stratégie militaire du Liban devait être unique, puisque les Libanais ne cessent d’évoquer qu’ils sont uniques : puisque vous l’êtes, puisque vous ne cessez de le clamer, adoptez donc cette nouvelle stratégie de défense, unique dans le monde : l’alliance entre la résistance, l’armée et le peuple résistant. Car, sur le plan intérieur, quelques personnalités politiques réclament encore la démilitarisation du Hezbollah, jugeant même que tant que le parti de la résistance existe, Israël prendra le prétexte d’attaquer le Liban. N’ayant pas encore tiré les leçons de l’histoire, en retard d’un demi-siècle et de deux guerres, ces voix discordantes représenteront, si elles maintiennent leur discours, un appel à l’agression israélienne, comme l’a expliqué Sayyid Hassan Nasrullah. Et dans une telle situation, elles vont inexorablement à leur perte.
Ce discours historique du chef de la résistance, non seulement libanaise, mais arabe et musulmane, contre l’ennemi sioniste, aura certainement un impact décisif sur toute décision américano-sioniste dans la région. Alors que les dirigeants sionistes ne cessent, depuis la fin de la guerre contre la bande de Gaza, de menacer haut et fort toutes les résistances et les pays qui refusent leur diktat, les voilà servis : ils ont déjà reçu la réponse du ministre syrien des affaires étrangères, qui a remis Lieberman à sa place, le traitant en plus de voyou, et ils reçoivent aujourd’hui la réponse du Hezbollah. Vous voulez la guerre ? Osez donc la faire. Vous voulez attaquer et détruire ? Osez donc ! Nous sommes prêts, « le martyr Imad Mughnieh vous a préparé des dizaines de milliers de combattants prêts pour le martyre ». Nous vous attendons, dans les vallées, les montagnes, les villages, les ruelles et les maisons. Et en plus, nous avons les moyens et nous riposterons de la même manière.
Tant il est vrai que le discours de Sayyid Nasrullah a inauguré une nouvelle étape dans la lutte de libération de la Palestine, il est encore plus vrai que les sionistes sont en pleine déconfiture, notamment avec l’assassinat du responsable des Brigades Sheikh Izzidine al-Qassam, à Dubaï. A présent, c’est le Mossad lui-même, considéré comme la fine fleur des renseignements dans le monde, qui se retrouve coincé et remis en cause, même par les Israéliens. Au premier abord, son opération semblait réussie : il réussit à faire entrer neuf agents dans un pays arabe et assassine en quelques minutes le martyr Mabhouh, avant de quitter le pays dans l’heure qui suit. Mais Dubaï, pays allié des Etats-Unis et qui se trouve dans le camp de la normalisation avec Israël, ne peut accepter ce défi. Ses caméras réussissent à désigner les coupables, entrés dans le pays avec des passeports falsifiés, passeports entre autres européens. Il est vrai que les puissances alliées des Israéliens ne réagissent pas à l’assassinat lui-même, au contraire, si l’opération n’avait laissé aucune trace, ils l’auraient bénie, mais le Mossad a laissé de lourdes traces, mondialement découvertes. Colère apparente ou véritable des chancelleries européennes ? La Grande-Bretagne et la France devront réagir à cet acte de banditisme international, ce qui pose le problème du trafic de passeports par le Mossad, présent dans toutes les capitales et villes européennes, et même dans les aéroports. Mais aussi trafic de passeports falsifiés d’Israéliens eux-mêmes. Le Mossad agit-il contre ses propres citoyens ? Le Mossad et son dirigeant, présenté cependant une semaine auparavant, comme un des meilleurs chefs de ce service, semblent avoir perdu la main. Ce qui est certain, c’est que l’assassinat du martyr Mabhouh commence, avant même la riposte promise du Hamas, par avoir de lourdes conséquences sur l’Etat colonial, qui n’a pas encore entièrement résorbé l’affaire du rapport Goldstone.
Il va sans dire que les promesses de venger les martyrs, le martyr Imad Mughnieh (Hezbollah) et le martyr Mabhoud (Hamas) ne vont certainement pas laisser les dirigeants sionistes dormir tranquilles. Eux qui déjà se plaignaient de mal dormir parce que les Palestiniens augmentent en nombre tous les jours (déclaration de leur dirigeante Golda Meier), les voilà qui devront prendre toutes les précautions avant de circuler, dans et hors de la colonie. Sayyid Nasrullah le leur a rappelé : nous ne sommes pas pressés, nous prendons notre temps, notre vengeance sera à la mesure du dirigeant martyr (c’est-à-dire immense). Il a ajouté : Nous avions eu, ces deux dernières années, de nombreuses possibilités de frapper des petites cibles, mais nous choisissons nos cibles et nous dirons : voici la riposte du Hezbollah à l’assassinat de notre dirigeant martyr. Nous choisirons le lieu, le moment et la cible.. Et s’adressant à ceux qui le questionnent ou qui pensent que la riposte est incertaine, il a répondu : que personne ne fasse pression sur nous, que personne ne fasse de la surenchère ! Notre ennemi est inquiet, laissez-le s’inquiéter, tous les jours, en tout lieu et pour toute cible.. Et aujourd’hui, pour la commémoration de l’assassinat de Hajj Imad, je le dis : « nous voulons une cible de la taille de Imad Mughnieh, non pas par vengeance, mais pour protéger nos dirigeants, nos cadres et toute la cause qu’a défendue Ima Mughnieh. »
Quand donc les Israéliens comprendront que ce pays, la Palestine, ne pourra jamais être pour eux un lieu de sécurité ? Tant que cette colonie existe, ceux qui y vivent en colons sont menacés par la résistance, de plus en plus puissante et capable.
 Transmis par CIREPAL


Canada: organisation d’un concours du parti le plus pro-sioniste

19 novembre 2009
Une affaire fait grand bruit au Canada. Le parti Conservateur au pouvoir vient en effet de distibuer à des électeurs des prospectus de nature électorale aux frais du parlement.
Cette pratique est légale et ne doit pas toucher plus de 10 % du corps électoral d’une circonscription.
Les conservateurs disposant de plus de parlementaires, majorité oblige, ont donc une plus grande latitude que les autres formations politiques pour remplir les boîtes à lettres de leurs électeurs potentiels.
Ceci est un premier motif de mécontentement des élus de l’opposition qui demandent une réforme, et non une abolition, de ce dispositif.
Les conservateurs viennent tout juste d’utiliser cette procédure pour envoyer des prospectus à une fraction de l’électorat, en l’espèce l’électorat juif.
Ne me demandez pas comment ils savent que tel électeur est juif et l’autre non; probablement en utilisant les bonnes vieilles méthodes inspirées des lois de Nuremberg.
Mais ce n’est pas ça que dénoncent les opposants libéraux de M. Harper, le premier ministre.
Non, ce qu’ils reprochent à ces prospectus, c’est leur contenu:

Le document, qui fait l’éloge des actions entreprises par le gouvernement Harper pour défendre les intérêts de la communauté juive et d’Israël, dénonce certaines actions ou déclarations du Parti libéral à cet égard. On peut notamment y lire que le Parti libéral a «volontairement participé à la réunion antisémite de Durban I», qu’il a tenté de retirer le Hezbollah de la liste des organisations terroristes et que Michael Ignatieff a accusé Israël de crimes de guerre lors du conflit avec le Liban en 2006.

Notez que, sur le tract, la question porte sur qui est apte à représenter et à défendre lesvaleurs de la communauté juive du canada (et non les valeurs du Canada).

Pour les libéraux, il s’agit tout simplement d’une accusation d’antisémitisme qu’ils récusent en essayant de montrer qu’eux aussi sont des prosionistes patentés.

Non seulement ils rappellent que ce sont les Libéraux qui ont inscrit au Canada le hamas et le Hezbolla sur la liste des organisations terroristes et que,

Quant à la déclaration de Michael Ignatieff à l’émission Tout le monde en parle, selon laquelle le massacre de Cana était un crime de guerre, «il s’est par la suite excusé publiquement», a insisté M. Cotler. À noter que cette déclaration de M. Ignatieff en 2006 avait fait des vagues au sein de la communauté juive du Parti libéral, au point où la femme de M. Cotler avait déchiré sa carte de membre.

 Michael Ignatieff, c’est ce politicien, juriste spécialiste du droit de la guerre, dont l’humanité parvient parfois à ressurgir avant d’être réprimée par l’esprit tribal.
Voilà donc où en sont les politiciens Occidentaux: à rivaliser ouvertement  dans leurs proclamations d’amour envers un régime de voleurs et d’assassins.
Jusqu’à nier que le massacre commis à Qana au Liban fut purement et simplement un crime de guerre.
S’il existe un terrorisme en armes, il existe aussi un terrorisme de la pensée tel celui dont font preuve ces politiciens Canadiens.

Le bombardement impuni d’une synagogue par… par qui, au fait?

13 novembre 2009
Le blog Jews Sans Frontières attire notre attention sur un article du magazine allemand Der Spiegel.
Il s’agit d’un reportage sur la petite communauté juive restée au Liban et dont le nombre décline encore en raison du vieillissement et de l’émigration.
Ainsi Lisa Srour est la dernière personne de confession juive à résider rue des Juifs au centre ville de Beyrouth, dans un quartier qui abritait autrefois plusieurs centaines de familles.
Chaque guerre a été à la source de départs vers l’exil et Der Spiegel rappelle que 11 Juifs ont été tués pendant la guerre civile libanaise au milieu des années 1980.
Il aurait été cependant utile que Der Spiegel nous rappelle le nombre total des victimes de la guerre civile, sans parler de celles causées par l’invasion sioniste, mais passons…
La guerre civile n’a cependant pas dissuadé Lisa Srour de rester au Liban, elle qui explique:
La guerre civile faisait rage, ses parents sont morts et ses frères ont émigré. Mais Sour ne voulait pas tourner le dos à sa patrie – pas même en 1982, quand les Israéliens marchèrent sur le liban er que le premier ministre Menahem Begin proposa la citoyenneté israélienne aux Juifs orientaux qui restaient encore. « Pourquoi aurais-je accepté cela? demande Srour. « Je suis une Libanaise et je le resterai. »
Selon Der Spiegel, on estime actuellement la communauté juive au Liban entre 50 et 300 âmes qui appartiennent à une des 18 confessions reconnues par l’Etat.
Une communauté restreinte et déclinante qui entend cependant essayer d’enrayer ce déclin, notamment en restaurant une synagogue sérieusement endommagée avec l’appui des expatriés Juifs Libanais.
La reconstruire signifie qu’elle a été détruite ou sérieusement touchée.
Question à 1 million d’Euros: qui a sérieusement endommagé la plus grande et plus ancienne synagogue de la capitale du Liban?
Patience car Der Spiegel, s’il répond à cette question ne le fait qu’après s’être demandé si le Hezbollah, membre du gouvernement libanais et dont l’accord est indispensable, permettrait cette reconstruction, lui qui est l’ennemi juré de l’entité sioniste.
La réponse ne tarde pas:
En septembre 2008, un porte parole de l’organisation avait déclaré: « Nous respectons le judaïsme, tout comme nous respectons le christianisme. Notre problème est seulement avec Israêl. » Et donc, en juillet 2009, les travaux de rénovation ont commencé.
Il faut vraiment aller au coeur de l’article pour avoir la réponse à la question à 1 million d’Euros:
Même si la synagogue est à quelques minutes à peine de chez elle, Mme Srour ne s’y est pas rendue depuis longtemps. Elle dit ne tout simplement pas supporter d’en voir les ruines. Ironie du sort, les pilotes Israéliens avaient bombardé ce lieu de culte parce qu’ils pensaient que des armes palestiniennes y étaient cachées. »
D’où a bien pu leur venir cette idée?

A propos d’une mise en garde de Shimon Peres contre le Hezbollah et le narcotrafic en Amérique latine

11 novembre 2009
La diplomatie sioniste est hyperactive en ce moment. Ainsi Netanyahou, le premier ministre, vient de se rendre à Washington et à Paris tandis que Shimon Peres, le président honoraire du gang, visite le Brésil et l’Argentine. Et qu’un émissaire s’est rendu aux Iles Salomon pour comprendre pourquoi cet Etat a été le seul d’Océanie à voter à l’ONU en faveur du rapport Goldstone.
C’est la visite de Shimon Peres en Amérique Latine qui va m’intéresser ici. Peres a le sens de la formule, c’est le moins qu’on puisse dire: ne vient-il pas d’offrir au président Lula 100 ans d’amitié entre le Brésil et l’entité sioniste?
On remarquera que si le sens du mot « amitié » est aussi perverti dans son esprit que celui du mot « paix ,» les Brésiliens ont sans doute tout intérêt à refuser cette offre.
On se dira aussi que M. Peres est bien présomptueux d’imaginer que l’entité sioniste existera encore dans un siècle.
Dans l’immédiat, amitié pour M. Peres, cela veut dire vendre des armes. Quoi de plus naturel pour un prix Nobel de la paix? Cela signifie aussi mettre en garde les autorités brésiliennes contre l’infiltration du Hezbollah en Amérique du Sud
Selon le régime sioniste, en effet:

L’organisation terroriste chiite trafique de la drogue, des diamants et des armes dans le triangle frontalier entes le Brésil, le Paraguay et l’Argentine, afin de financer des cellules terroristes qui préparent des attentats contre des cibles juives.

Si préparer des attentats contre des cibles juives est à coup sûr quelque chose de condamnable, on peine à comprendre pourquoi il faudrait organiser d’importants réseaux de trafics illicites pour organiser une attaque à la bombe contre un centre culturel juif par exemple. Ce genre d’opérations n’est certainement pas à ce point coûteux qu’il soit nécessaire de prendre en plus des risques avec les douanes et les polices de trois pays.
Mais bon, on sait que les « fous de Dieu » ont des problèmes avec la logique, alors pourquoi pas.

Mais si Lula est bien informé, et si c’est le cas de ses homologues d’Amérique latine, je pense qu’il sait fort bien à quoi s’en tenir sur qui fait quoi en matière de trafics divers et variés.

Ainsi vient-on d’apprendre en Uruguay, la découverte d’un important stock d’armes et de munitions dans une des villas appartenant à un certain Saul Feldman, 64 ans, financier de son état.

Ce sont plusieurs centaines d’armes essentiellement de gros calibre qui ont été découvertes par hasard par des pompiers venus éteindre un incendie qui s’était déclaré dans la maison: grenades anti-tanks, grenades à fragmentation, lance-roquettes RPG7, fusils mitrailleurs AK 47, M16, Uzi etc. ainsi que quelques 40 000 munitions.

La police s’est ensuite rendue à sa résidence principale pour l’interpeller, chose qui n’est pas allée de soi, puisque, lit-on dans le journal uruguayen Espectador :

Lorsque les agents sont allés le chercher, Feldman, un expert comptable de 64 ans, était en train de sortir de sa voiture. Questionné à ce sujet, il a décliné son identité et a répondu à la police: « Justement, je voulais aller là-bas. Attendez-moi, je vais chercher un sac. »
Il rentra donc dans la maison et, au bout de quinze minutes Mario Morena, un des agents, s’es penché à la fenêtre pour l’appeler. C’est à ce moment que Feldman lui a tiré un coup de feu en pleine poitrine et le tua avant de se retrancher dans la maison.
S’ensuivit une véritable bataille mettant aux prises le comptable aux forces spéciales venues en renfort. Et c’est seulement vers 9h du matin que Feldman fut tué par les forces de l’ordre.

Les policiers découvrirent que la maison comportait une pièce blindée et des masques de respiration avec lesquels il a résisté à l’attaque au gaz lacrymogène du samedi.

Les hypothèses sur la destination des armes sont diverses. Comme il est établi que les armes n’ont pas appartenu et n’ont pas été volées à l’armée ou à la police, le trafic d’armes est le scénario le plus probable. On suppose, en particulier, que les armes pourraient être destinées au narcotrafic au Brésil qui est engagé dans une lutte contre la police de ce pays.

Selon les premières informations, Feldman appartenait à une importante bande de délinquants et il possédait dans sa maison une pièce blindée où il a passé une bonne partie de la nuit.  Une des hypothèses étudiées les mieux assurées est que Feldman était un maillon d’une bande de trafiquants d’armes qui opèrent au Brésil, selon Canal 4. Les armes proviennent de l’étranger pour la plupart et ne sont pas en usage dans l’armée uruguayenne, leur puissance de feu étant considérable.

On peut lire également dans Defensa.com que:

Le délinquant abattu, Saul Feldman, un économiste à la double-nationalité israélo-uruguayenne, possédait quatre jeux de documents d’identité, obtenus légalement mais avec de faux certificats de naissances, et autant de noms, ainsi que la responsabilité d’une société financière.

Sa résistance aux forces de l’ordre a par ailleurs été si farouche que:

La justice et la police enquêtent sur les antécédents de Feldman et sur les informations selon lesquelles il aurait reçu un entraînement militaire en Israël…

Bizarre pour un trafiquant de stupéfiants aux ordres du Hezbollah.

Inutile de chercher ces informations dans un journal français, elles n’y sont pas et n’y seront jamais.

Iran et trafic d’armes pour le Hezbollah: grossière propagande sioniste

4 novembre 2009
L’entité sioniste vient d’intercepter un bateau battant pavillon d’Antigua et propriété d’un armateur allemand, chargé d’une importante cargaison d’armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais.
Il s’agit, selon Benjamin Netanyahu, le chef du gang sioniste, d’une « nouvelle preuve (…) que l’Iran continue à fournir des armes à des organisations terroristes qui veulent frapper des localités israéliennes et tuer des civils « 
Passons sur le fait que le principal reproche fait à l’armée sioniste par le rapport Goldstone est précisément de tuer quantité de civils (avec des armes certes acquises légalement grâce à la générosité des contribuables allemands et étatsuniens).
Mais quelles preuves apporte donc M. Netanyahu à l’appui de l’acte de piraterie que sa marine vient de commettre?
Eh bien, la preuve irréfutable qu’est cette photo par exemple reproduite par le Yediot:
Il s’agit de caisses renfermant des roquettes de 107 mm en provenance d’Iran.
Du moins si on en croit la propagande, car l’objet sur la photo soulève un certain nombre de questions.
Il s’agit certes bien d’une roquette dont on peut distinguer, au fond de la caisse, le dispositif de détonation.
On observera qu’il s’agit de matériel d’occasion puisqu’on peut lire sur l’engin sa date de fabrication: 2007.
Mais il y a quelque chose de plus gênant que de voir les Iraniens refiler du matériel d’occasion à leurs amis du Hezbollah.
On sait que l’Iran ne peut acheter d’armes auprès des puissances occidentales. Ce pays doit donc s’en remettre pour son approvisionnement en matériel guerrier à des Etats comme la Corée du Nord, la Chine, la Russie ou encore à son propre potentiel industriel.
Il ne vous aura cependant pas échappé que toutes les inscriptions sur la roquette sont en anglais, et qu’on ne trouve aucune inscription en russe, en coréen, en chinois ou en persan.
Or, l’Iran est un pays qui accorde une grande importance à sa langue et on ne saurait comprendre que les industriels de ce pays n’apposent pas ne serait-ce qu’une inscription symbolique en persan. Comme il est étrange qu’on ne trouve pas d’inscription en cyrillique, en coréen ou en chinois sur des produits qui portent des numéros de référence!
On ne dira pas non plus que ces munitions ont été produites ainsi expressément pour être expédiées discrètement au Hezbollah, cette hypothèse ne cadrerait pas avec la date de fabrication en 2007 (nous sommes fin 2009 je le rappelle).
Ce problème des inscriptions unilingues en langue anglaise n’avait pas échappé aux participants d’un forum britannique qui discutaient du même sujet en 2007 (sauf que les armes iraniennes avaient été cette fois trouvées en Irak).
Les forumistes observaient malicieusement que dès 1997, des armes iraniennes de toutes sortes portant des inscriptions en persan avaient été récupérées auprès d’une des factions combattantes dans la Corne de l’Afrique.
Ce genre d’objection a été prévu par les propagandistes qui renvoient vers le site de DIOMIL, alias le pool des industries de défense de l’Iran.
Sur ce site on peut voir en effet des photos de toutes sortes de munitions dont les inscriptions sont entièrement en anglais et en caractères latins.
Pourtant, outre que le calibre 107 n’est pas représenté sur ce site, ce dernier pose un certain nombre de problèmes.
Le copyright du site situe sa création en 2006 et depuis cette date ses gestionnaires n’ont toujours pas eu le temps d’en proposer une version en arabe et surtout en persan. Faut-il encore rappeler l’importance de la langue nationale en Iran?
Il s’agit donc vraisemblablement d’un site bidon à l’image de la propagande de Tel Aviv qui s’agite, pure coîncidence, le jour où le rapport Goldstone est examiné à l’ONU.

>Khaled Meshaal, leader du Hamas : "Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse."

2 avril 2008

>

A ma connaissance, on trouve peu d’interview de Khaled Meshaal, le leader du Hamas palestinien en exil, dans la presse française. Tout au plus des extraits de ses propos quand ils sont relatifs au sujet qui intéressent cette presse, comme le sort de Gilad Shalit, ce bandit sioniste capturé par la résistance palestinienne, ou encore la position du Hamas sur le sacro-saint droit à l’existence de l’entité sioniste.
Dans cette interview accordée au quotidien espagnol El Pais, K. Meshaal nous donne des éléments de la stratégie de son mouvement dans la confrontation avec l’entité sioniste.
On n’y trouvera pratiquement aucune référence religieuse, en dehors de celle qui tient aux valeurs qui animent le mouvement Hamas et lui commandent de traiter correctement son unique prisonnier sioniste. On trouvera bien entendu une référence aux martyrs (Chahid, plur. chouhada). Cette référence est aujourd’hui bien galvaudée en Europe comme en France et tend à entrer dans le champ sémantique du fanatisme. Peut-être est-il venu le temps de débaptiser toutes les rues et avenues de France dui rappellent le souvenir des martyrs de la résistance française à l’occupation nazie.
Et il est vrai que, en lisant les propos de Khaled Meshaal, j’avait l’impresion de lire ceux que pourraient tenir les responsables de n’importe quel mouvement de résistance. Et personnellement, ils m’ont beaucoup fait penser à la démarche du F.L.N. algérien qui a abouti aux négociations avec le gouvernement français puis aux accords d’Evian.
Rien de nouveau donc, sauf le contexte qui, comme toujours, appelle les résistants à faire preuve d’imagination, d’abnégation et d’endurance.
s
Interview: Khaled Meshaal – Leader du Hamas en exil
«La politique des Etats-Unis a échoué en Irak, en Palestine et au Liban.»

EL PAÍS (Esp) 1er avril 2008, traduit de l’espagnol par Djazaïri

ÁNGELES ESPINOSA, ENVOYEE SPECIALE – Damas – 31/03/2008
s
« Israël ne veut pas payer le prix pour la paix,» assure Khaled Meshaal, leader du Hamas en exil. Mais cet activiste reconverti en politique ne s’attend pas à ce qu’on le croie et il s’efforce d’argumenter ses déclarations. Il cite le rejet par Israël de tous les plans de paix qu’ils fussent arabes ou internationaux, le fait qu’elle [l’entité sioniste, NDT] a ignoré la trêve unilatérale que le Mouvement de Résistance Islamique avait décrété en 2005, ou le blocus contre son gouvernement élu en 2005. Mais il fait porter également la responsabilité aux Etats-Unis dont il considère que la politique « a échoué en Irak, en Palestine et au Liban. » On ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas, » conclut-il.
Meshaal (né à Ramallah en 1956) reçoit EL PAÍS dans son bureau de Mezzeh, un quartier résidentielle de Damas, où il a trouvé refuge après avoir été victime en 1997 d’une tentative d’assassinat en Jordanie par deux agents du Mossad. Cette histoire et comment ils lui injectèrent un poison puis l’intervention du roi Hussein afin que le gouvernement israélien fournisse l’antidote en échange de la libération de ses deux espions semble sortie d’un film d’action. Cependant, malgré l’attentat récent contre un membre du Hezbollah dans la capitale syrienne, les mesures de sécurité sont discrètes et celui qui est peut-être l’un des hommes plus détestés d’Israël assure ne pas avoir de peur de la mort.
s
Question. Que pensez-vous des résultats du récent sommet arabe en ce qui concerne la Palestine ?
Réponse. Les résolutions sont positives parce qu’elles soulignent la condamnation de l’occupation israélienne, reconnaissent le droit du peuple palestinien à la résistance et demandent la fin du blocus de Gaza. Mais les sommets arabes manquent de la capacité à mettre en pratique leurs résolutions. Je ne pense pas seulement à celui de Damas. Dans ce moment de divergences et de divisions entre les Arabes, ce qui a été obtenu nous apparait comme un succès.
Q. Considérez-vous toujours comme valable l’initiative de paix arabe de 2002 dont il a été également fait mention ?
R. Nous avions déjà dit à l’époque qu’elle n’aboutirait pas parce qu’Israël allait la repousser et que l’administration américaine ne la prendrait pas au sérieux. Et c’est ce qui s’est passé depuis 2002. Israël ne veut pas la paix. Elle veut conserver la terre, continuer à ignorer les droits arabes et palestiniens et en même temps obtenir la sécurité. Elle ne veut payer le prix de la paix. Pour preuve, Israël a rejeté toutes les initiatives arabes, palestiniennes et internationales. Aussi, six ans après avoir lancé leur initiative de paix, les leaders arabes doivent reconsidérer leur offre. Selon la loi du marché, si quelqu’un présente sa marchandise pendant longtemps et que personne ne l’achète, son prix baisse. Israël doit savoir que les Arabes ont d’autres alternatives. Ce qui ne signifie pas déclencher une guerre contre Israël. Mais l’alternative existe qui consiste à nous respecter nous-mêmes, de soutenir la résistance, de faire sentir à Israël qu’elle ne peur obtenir la sécurité sans donner leurs droits aux Arabes.
Q. Voulez-vous dire qu’il n’y a pas de solution négociée au problème palestinien ?
R. Aucun occupant ne recule de son propre gré, ils ne le font que contraints par la force. Il en découle que les négociations avec Israël sans l’appui de la force sont dépourvues de sens. On n’obtient pas leur retrait en respectant leurs valeurs. Si l’occupant avait une éthique, il n’aurait pas pris les terres des autres. Il faut les obliger à mettre fin à l’occupation. De plus, ce sont les forts qui font la paix, et non le faible avec le fort.
Q. Et cependant vous écartez l’alternative de la guerre…
R. Cette alternative n’est pas possible actuellement à cause du déséquilibre des forces entre les Arabes et Israël. Et les Arabes doivent soutenir l’alternative de la résistance. Avec l’appui économique et matériel des pays arabes, musulmans et d’autres amis de la nation (palestinienne), la résistance est capable de faire front à l’occupation et d’obliger Israël à se retirer. C’est déjà arrivé auparavant en deux occasions : dans le sud du Liban en l’an 2000 et à Gaza en 2005.
Q. Mais les Palestiniens sont embarqués dans une lutte fratricide. Comment l’expliquer ? N’est-ce-pas un obstacle à votre objectif d’un Etat indépendant ?
R. Il est certain que nous avons un problème au niveau de la direction palestinienne. Nous savons tous que la cause de cette division est l’ingérence étrangère, israélienne et américaine pour être plus précis. Il y a également des palestiniens corrompus qui tirent bénéfice de la situation. Cette division nous affaiblit en tant que palestiniens et ne nous aide pas à parvenir à l’Etat palestinien. C’est une partie du défi que nous affrontons. Nous, au Hamas, avons tenté la réconciliation en diverses occasions, mais la présidence palestinienne l’a refusée. Nous sommes parvenus à un accord récemment à Sanaa mais elle [l’Autorité Palestinienne] a immédiatement fait volte face. Les Etats-Unis et Israël empêchent d’entamer un dialogue inter palestinien. Les USA et Israël ont fixé deux alternatives à Mahmoud Abbas : ou la relation avec le Hamas, ou la relation avec eux. Le facteur externe rend difficile et retarde la solution du problème interne, mais nous continuerons à travailler pour trouver une solution à travers le dialogue. Au final, c’est le peuple palestinien qui décidera cat il sait bien qui accepte et qui refuse le dialogue, qui est souverain et indépendant et qui dépend d’Israël et des Etats-Unis.
Q. Alors vous n’avez pas eu d’opportunité pour parler avec Mahmoud Abbas pendant le sommet arabe ?
P. Il a refusé de nous rencontrer.
Q. Cependant d’autres leaders l’ont fait…
R. Ca a posé des problèmes à certains et pas à d’autres. J’ai eu des réunions avec divers chefs d’Etat et ministres des affaires étrangères.
Q. Qu’avez-vous obtenu de ces rencontres ? Avez-vous trouvé des dispositions à vous donner plus de soutien ?
R. Certains comprennent que le problème ne vient pas de nous mais de l’Autorité palestinienne et sont conscients de l’influence négative des Etats-Unis et d’Israël sur cette dernière. Beaucoup, tant sur la scène arabe qu’internationale, sont conscients qu’on ne peut ignorer le Hamas, que la politique d’isolement et de blocus contre le Hamas a échoué, et qu’on ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas.
Q. Pensez-vous que le nouveau voyage de Condoleeza Rice dans la région contribuera à débloquer la situation ?
R. Au contraire, les efforts des Etats-Unis visent à empêcher qu’il y ait accord. Rice vient pour faire pression sur les négociateurs palestiniens afin qu’ils acceptent n’importe quel accord même s’il est vide de contenu L’administration américaine n’est pas intéressée par un règlement définitif ; elle cherche seulement un succès superficiel qui la serve pour les prochaines élections. Elle est venue au moment de la tenue du sommet [arabe] pour approfondir les divisions arabes. Et aussi pour empêcher tout accord entre les Palestiniens.
Q. Les choses changeront-elles avec un nouveau président, probablement Démocrate, à la Maison Blanche ?
R. Il y a peu de différences entre les administrations américaines. Dans l’histoire du conflit arabo-israélien, il n’y a pas eu de différences significatives. Peut-être y-a-t-il eu des différences par rapport à l’Irak, mais pas par rapport au problème palestinien. Tous les présidents rivalisent dans leur soutien à Israël. La politique des Etats-Unis dans la région a échoué et va continuer à échouer. C’est ce qui s’est passé en Irak, mais aussi en Palestine et au Liban. Elle ne réussira jamais parce qu’elle n’a rien à offrir, parce qu’elle n’est ni neutre ni objective.
Q. Vous avez mentionné les trois pays qui ont des mouvements actifs de résistance aux politiques des Etats-Unis (Hamas, Hezbollah et la milice de Moqtada al Sader). Existe-il une ligne d’action concertée ?
R. Il n’y a pas de front commun. Chaque cas est différent. En Palestine comme au Liban, la résistance contre l’occupation est très claire. La situation irakienne est plus compliquée et le mouvement de résistance ne de limite pas à un seul groupe ou une seule personne. Le seul point commun est que nous ne nous soumettons pas à l’hégémonie des Etats-Unis et d’Israël. Au contraire, la résistance grandit à l’ombre de l’échec de ces deux derniers et en l’absence d’une solution politique.
Q. Les Etats-Unis vous accusent de recevoir de l’aide de l’Iran. Quel type de relations entretenez-vous avec ce pays ?
R. En tant que mouvement de résistance, nous sommes ouverts à tous. Nos relations ne sont pas limitées à l’Iran. Nous avons des relations avec les pays arabes, les pays musulmans – dont l’Iran -, les pays européens et d’autres. Nous acceptons tout appui à notre peuple. Nous ne demandons pas de l’aide pour le Hamas mais pour le peuple palestinien. En ce moment même, ce sont 18 000 fonctionnaires que le gouvernement de Salam Fayyad ne rétribue pas, et 100 000 travailleurs qui sont au chômage à cause de la politique de sanctions. Nous voulons les aider. Pour cela, nous acceptons n’importe quelle aide qui nous est offerte sans conditions.
Q. Que vous faut-il pour coexister avec Israël. Est-ce possible avec le retrait aux frontières de 1967 ?

R. Il y a un consensus national pour l’établissement d’un Etat palestinien dans les territoires de 1967, avec Jérusalem comme capitale, le droit au retour [des réfugiés] et l’élimination de toutes les colonies. Israël l’a rejeté. Le problème n’est pas la position palestinienne ou arabe mais la position israélienne. Nous acceptons un Etat dans les frontières de 1967, mais Israël le refuse, les Etats-Unis appuient ce refus et la communauté internationale reste silencieuse. De nombreux interlocuteurs étrangers nous demandent d’arrêter de lancer des missiles et de déclarer une trêve. Nous y sommes disposés car nous sommes la victime, la partie agressée dont la terre est occupée. Israël est l’agresseur et l’occupant. Si Israël cesse son agression, nous sommes disposés à proclamer une trêve mais ce doit être une trêve globale, à Gaza et en Cisjordanie, bilatérale et simultanée, et non unilatérale. Il faut lever le blocus de Gaza et ouvrir les points de passage pour qu’il y ait une situation viable pour le peuple palestinien. L’Egypte, la Russie et quelques (médiateurs) Européens ont essayé mais Israël continue à s’y opposer. Israël veut d’abord un cessez le feu palestinien et être libre de décider de ce qu’elle fera.
Q. D’accord, mais comment justifiez-vous les attentats suicide ?
R. Nous considérons que les opérations de martyre sont une réaction aux tueries israéliennes. La preuve est qu’elles n’ont pas commencé avant le massacre de la mosquée d’Abraham à Hébron en 1994. Il y a douze ans, nous avions proposé aux Israéliens de tenir les civils hors du conflit, mais ils rejetèrent notre proposition. C’est pourquoi nous considérons que toutes les actions de la résistance palestinienne, dont celles d’immolation, sont de l’auto-défense. De plus, Israël dispose d’un arsenal très moderne alors que nous ne disposons que d’un armement élémentaire. Il en résulte que le Palestinien qui ne trouve pas de meilleure arme, se fait exploser lui même contre l’ennemi.
Q. Alors ce genre d’attentats ne sera plus justifié à la fin de l’occupation ?
R. Naturellement. Mais il a une double morale. Pourquoi n’a-t-on pas la même réaction internationale quant Israël perpètre un massacre de Palestiniens ?
Q. Vous avez dit que Gilad Shalit, le soldat Israélien capturé à gaza il y a deux ans était en vie. Sa libération ne pourrait-elle pas servir de geste de bonne volonté pour débloquer la situation ?
R. Malgré le fait que Gilad Shalit a été arrêté au combat, et non comme le fait Israël avec les hommes politiques palestiniens qu’elle séquestre et tue, nous le traitons très bien parce que nous avons une éthique et des valeurs religieuses. Israël torture pourtant les 11.000 palestiniens qu’elle détient dans ses prisons. Nous sommes prêts à le libérer pour peu qu’Israël libère les prisonniers et les prisonnières que nous lui avons demandés.
Q. Combien sont-ils ?
R. Bous avons présenté une liste de 1000 personnes. La communauté internationale doit respecter l’être humain. Si Gilad Shalit est un être humain, les prisonniers et prisonnières palestiniens le sont aussi Ce qui fait obstacle à la libération de Shalit, c’est le caprice israélien, le refus d’Olmert (le premier ministre israélien Ehud Olmert) de libérer nos prisonniers. C’est pourquoi j’impute à Olmert la responsabilité la prolongation de la détention de Gilad Shalit.
Q. Israël avait tenté de vous assassiner lorsque vous résidiez en Jordanie. Aujourd’hui, après l’attentat contre Imad Moughniye, ici à Damas, ne craignez-vous pas pour votre vie ?
R. Nous ne craignons pas la mort. Nous voulons vivre dignement. Il est de notre devoir de résister à l’occupant, de défendre nos droits et de servir notre peuple pour qu’il puisse se libérer de l’occupation. Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse. Le peuple palestinien n’a peur de rien car sa cause est juste. Ce sont les Israéliens qui ont peur parce que l’occupant n’est jamais tranquille.

Khaled Meshaal, leader du Hamas : "Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse."

2 avril 2008
A ma connaissance, on trouve peu d’interview de Khaled Meshaal, le leader du Hamas palestinien en exil, dans la presse française. Tout au plus des extraits de ses propos quand ils sont relatifs au sujet qui intéressent cette presse, comme le sort de Gilad Shalit, ce bandit sioniste capturé par la résistance palestinienne, ou encore la position du Hamas sur le sacro-saint droit à l’existence de l’entité sioniste.
Dans cette interview accordée au quotidien espagnol El Pais, K. Meshaal nous donne des éléments de la stratégie de son mouvement dans la confrontation avec l’entité sioniste.
On n’y trouvera pratiquement aucune référence religieuse, en dehors de celle qui tient aux valeurs qui animent le mouvement Hamas et lui commandent de traiter correctement son unique prisonnier sioniste. On trouvera bien entendu une référence aux martyrs (Chahid, plur. chouhada). Cette référence est aujourd’hui bien galvaudée en Europe comme en France et tend à entrer dans le champ sémantique du fanatisme. Peut-être est-il venu le temps de débaptiser toutes les rues et avenues de France dui rappellent le souvenir des martyrs de la résistance française à l’occupation nazie.
Et il est vrai que, en lisant les propos de Khaled Meshaal, j’avait l’impresion de lire ceux que pourraient tenir les responsables de n’importe quel mouvement de résistance. Et personnellement, ils m’ont beaucoup fait penser à la démarche du F.L.N. algérien qui a abouti aux négociations avec le gouvernement français puis aux accords d’Evian.
Rien de nouveau donc, sauf le contexte qui, comme toujours, appelle les résistants à faire preuve d’imagination, d’abnégation et d’endurance.
s
Interview: Khaled Meshaal – Leader du Hamas en exil
«La politique des Etats-Unis a échoué en Irak, en Palestine et au Liban.»

EL PAÍS (Esp) 1er avril 2008, traduit de l’espagnol par Djazaïri

ÁNGELES ESPINOSA, ENVOYEE SPECIALE – Damas – 31/03/2008
s
« Israël ne veut pas payer le prix pour la paix,» assure Khaled Meshaal, leader du Hamas en exil. Mais cet activiste reconverti en politique ne s’attend pas à ce qu’on le croie et il s’efforce d’argumenter ses déclarations. Il cite le rejet par Israël de tous les plans de paix qu’ils fussent arabes ou internationaux, le fait qu’elle [l’entité sioniste, NDT] a ignoré la trêve unilatérale que le Mouvement de Résistance Islamique avait décrété en 2005, ou le blocus contre son gouvernement élu en 2005. Mais il fait porter également la responsabilité aux Etats-Unis dont il considère que la politique « a échoué en Irak, en Palestine et au Liban. » On ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas, » conclut-il.
Meshaal (né à Ramallah en 1956) reçoit EL PAÍS dans son bureau de Mezzeh, un quartier résidentielle de Damas, où il a trouvé refuge après avoir été victime en 1997 d’une tentative d’assassinat en Jordanie par deux agents du Mossad. Cette histoire et comment ils lui injectèrent un poison puis l’intervention du roi Hussein afin que le gouvernement israélien fournisse l’antidote en échange de la libération de ses deux espions semble sortie d’un film d’action. Cependant, malgré l’attentat récent contre un membre du Hezbollah dans la capitale syrienne, les mesures de sécurité sont discrètes et celui qui est peut-être l’un des hommes plus détestés d’Israël assure ne pas avoir de peur de la mort.
s
Question. Que pensez-vous des résultats du récent sommet arabe en ce qui concerne la Palestine ?
Réponse. Les résolutions sont positives parce qu’elles soulignent la condamnation de l’occupation israélienne, reconnaissent le droit du peuple palestinien à la résistance et demandent la fin du blocus de Gaza. Mais les sommets arabes manquent de la capacité à mettre en pratique leurs résolutions. Je ne pense pas seulement à celui de Damas. Dans ce moment de divergences et de divisions entre les Arabes, ce qui a été obtenu nous apparait comme un succès.
Q. Considérez-vous toujours comme valable l’initiative de paix arabe de 2002 dont il a été également fait mention ?
R. Nous avions déjà dit à l’époque qu’elle n’aboutirait pas parce qu’Israël allait la repousser et que l’administration américaine ne la prendrait pas au sérieux. Et c’est ce qui s’est passé depuis 2002. Israël ne veut pas la paix. Elle veut conserver la terre, continuer à ignorer les droits arabes et palestiniens et en même temps obtenir la sécurité. Elle ne veut payer le prix de la paix. Pour preuve, Israël a rejeté toutes les initiatives arabes, palestiniennes et internationales. Aussi, six ans après avoir lancé leur initiative de paix, les leaders arabes doivent reconsidérer leur offre. Selon la loi du marché, si quelqu’un présente sa marchandise pendant longtemps et que personne ne l’achète, son prix baisse. Israël doit savoir que les Arabes ont d’autres alternatives. Ce qui ne signifie pas déclencher une guerre contre Israël. Mais l’alternative existe qui consiste à nous respecter nous-mêmes, de soutenir la résistance, de faire sentir à Israël qu’elle ne peur obtenir la sécurité sans donner leurs droits aux Arabes.
Q. Voulez-vous dire qu’il n’y a pas de solution négociée au problème palestinien ?
R. Aucun occupant ne recule de son propre gré, ils ne le font que contraints par la force. Il en découle que les négociations avec Israël sans l’appui de la force sont dépourvues de sens. On n’obtient pas leur retrait en respectant leurs valeurs. Si l’occupant avait une éthique, il n’aurait pas pris les terres des autres. Il faut les obliger à mettre fin à l’occupation. De plus, ce sont les forts qui font la paix, et non le faible avec le fort.
Q. Et cependant vous écartez l’alternative de la guerre…
R. Cette alternative n’est pas possible actuellement à cause du déséquilibre des forces entre les Arabes et Israël. Et les Arabes doivent soutenir l’alternative de la résistance. Avec l’appui économique et matériel des pays arabes, musulmans et d’autres amis de la nation (palestinienne), la résistance est capable de faire front à l’occupation et d’obliger Israël à se retirer. C’est déjà arrivé auparavant en deux occasions : dans le sud du Liban en l’an 2000 et à Gaza en 2005.
Q. Mais les Palestiniens sont embarqués dans une lutte fratricide. Comment l’expliquer ? N’est-ce-pas un obstacle à votre objectif d’un Etat indépendant ?
R. Il est certain que nous avons un problème au niveau de la direction palestinienne. Nous savons tous que la cause de cette division est l’ingérence étrangère, israélienne et américaine pour être plus précis. Il y a également des palestiniens corrompus qui tirent bénéfice de la situation. Cette division nous affaiblit en tant que palestiniens et ne nous aide pas à parvenir à l’Etat palestinien. C’est une partie du défi que nous affrontons. Nous, au Hamas, avons tenté la réconciliation en diverses occasions, mais la présidence palestinienne l’a refusée. Nous sommes parvenus à un accord récemment à Sanaa mais elle [l’Autorité Palestinienne] a immédiatement fait volte face. Les Etats-Unis et Israël empêchent d’entamer un dialogue inter palestinien. Les USA et Israël ont fixé deux alternatives à Mahmoud Abbas : ou la relation avec le Hamas, ou la relation avec eux. Le facteur externe rend difficile et retarde la solution du problème interne, mais nous continuerons à travailler pour trouver une solution à travers le dialogue. Au final, c’est le peuple palestinien qui décidera cat il sait bien qui accepte et qui refuse le dialogue, qui est souverain et indépendant et qui dépend d’Israël et des Etats-Unis.
Q. Alors vous n’avez pas eu d’opportunité pour parler avec Mahmoud Abbas pendant le sommet arabe ?
P. Il a refusé de nous rencontrer.
Q. Cependant d’autres leaders l’ont fait…
R. Ca a posé des problèmes à certains et pas à d’autres. J’ai eu des réunions avec divers chefs d’Etat et ministres des affaires étrangères.
Q. Qu’avez-vous obtenu de ces rencontres ? Avez-vous trouvé des dispositions à vous donner plus de soutien ?
R. Certains comprennent que le problème ne vient pas de nous mais de l’Autorité palestinienne et sont conscients de l’influence négative des Etats-Unis et d’Israël sur cette dernière. Beaucoup, tant sur la scène arabe qu’internationale, sont conscients qu’on ne peut ignorer le Hamas, que la politique d’isolement et de blocus contre le Hamas a échoué, et qu’on ne peut parvenir à la paix dans la région sans le Hamas.
Q. Pensez-vous que le nouveau voyage de Condoleeza Rice dans la région contribuera à débloquer la situation ?
R. Au contraire, les efforts des Etats-Unis visent à empêcher qu’il y ait accord. Rice vient pour faire pression sur les négociateurs palestiniens afin qu’ils acceptent n’importe quel accord même s’il est vide de contenu L’administration américaine n’est pas intéressée par un règlement définitif ; elle cherche seulement un succès superficiel qui la serve pour les prochaines élections. Elle est venue au moment de la tenue du sommet [arabe] pour approfondir les divisions arabes. Et aussi pour empêcher tout accord entre les Palestiniens.
Q. Les choses changeront-elles avec un nouveau président, probablement Démocrate, à la Maison Blanche ?
R. Il y a peu de différences entre les administrations américaines. Dans l’histoire du conflit arabo-israélien, il n’y a pas eu de différences significatives. Peut-être y-a-t-il eu des différences par rapport à l’Irak, mais pas par rapport au problème palestinien. Tous les présidents rivalisent dans leur soutien à Israël. La politique des Etats-Unis dans la région a échoué et va continuer à échouer. C’est ce qui s’est passé en Irak, mais aussi en Palestine et au Liban. Elle ne réussira jamais parce qu’elle n’a rien à offrir, parce qu’elle n’est ni neutre ni objective.
Q. Vous avez mentionné les trois pays qui ont des mouvements actifs de résistance aux politiques des Etats-Unis (Hamas, Hezbollah et la milice de Moqtada al Sader). Existe-il une ligne d’action concertée ?
R. Il n’y a pas de front commun. Chaque cas est différent. En Palestine comme au Liban, la résistance contre l’occupation est très claire. La situation irakienne est plus compliquée et le mouvement de résistance ne de limite pas à un seul groupe ou une seule personne. Le seul point commun est que nous ne nous soumettons pas à l’hégémonie des Etats-Unis et d’Israël. Au contraire, la résistance grandit à l’ombre de l’échec de ces deux derniers et en l’absence d’une solution politique.
Q. Les Etats-Unis vous accusent de recevoir de l’aide de l’Iran. Quel type de relations entretenez-vous avec ce pays ?
R. En tant que mouvement de résistance, nous sommes ouverts à tous. Nos relations ne sont pas limitées à l’Iran. Nous avons des relations avec les pays arabes, les pays musulmans – dont l’Iran -, les pays européens et d’autres. Nous acceptons tout appui à notre peuple. Nous ne demandons pas de l’aide pour le Hamas mais pour le peuple palestinien. En ce moment même, ce sont 18 000 fonctionnaires que le gouvernement de Salam Fayyad ne rétribue pas, et 100 000 travailleurs qui sont au chômage à cause de la politique de sanctions. Nous voulons les aider. Pour cela, nous acceptons n’importe quelle aide qui nous est offerte sans conditions.
Q. Que vous faut-il pour coexister avec Israël. Est-ce possible avec le retrait aux frontières de 1967 ?

R. Il y a un consensus national pour l’établissement d’un Etat palestinien dans les territoires de 1967, avec Jérusalem comme capitale, le droit au retour [des réfugiés] et l’élimination de toutes les colonies. Israël l’a rejeté. Le problème n’est pas la position palestinienne ou arabe mais la position israélienne. Nous acceptons un Etat dans les frontières de 1967, mais Israël le refuse, les Etats-Unis appuient ce refus et la communauté internationale reste silencieuse. De nombreux interlocuteurs étrangers nous demandent d’arrêter de lancer des missiles et de déclarer une trêve. Nous y sommes disposés car nous sommes la victime, la partie agressée dont la terre est occupée. Israël est l’agresseur et l’occupant. Si Israël cesse son agression, nous sommes disposés à proclamer une trêve mais ce doit être une trêve globale, à Gaza et en Cisjordanie, bilatérale et simultanée, et non unilatérale. Il faut lever le blocus de Gaza et ouvrir les points de passage pour qu’il y ait une situation viable pour le peuple palestinien. L’Egypte, la Russie et quelques (médiateurs) Européens ont essayé mais Israël continue à s’y opposer. Israël veut d’abord un cessez le feu palestinien et être libre de décider de ce qu’elle fera.
Q. D’accord, mais comment justifiez-vous les attentats suicide ?
R. Nous considérons que les opérations de martyre sont une réaction aux tueries israéliennes. La preuve est qu’elles n’ont pas commencé avant le massacre de la mosquée d’Abraham à Hébron en 1994. Il y a douze ans, nous avions proposé aux Israéliens de tenir les civils hors du conflit, mais ils rejetèrent notre proposition. C’est pourquoi nous considérons que toutes les actions de la résistance palestinienne, dont celles d’immolation, sont de l’auto-défense. De plus, Israël dispose d’un arsenal très moderne alors que nous ne disposons que d’un armement élémentaire. Il en résulte que le Palestinien qui ne trouve pas de meilleure arme, se fait exploser lui même contre l’ennemi.
Q. Alors ce genre d’attentats ne sera plus justifié à la fin de l’occupation ?
R. Naturellement. Mais il a une double morale. Pourquoi n’a-t-on pas la même réaction internationale quant Israël perpètre un massacre de Palestiniens ?
Q. Vous avez dit que Gilad Shalit, le soldat Israélien capturé à gaza il y a deux ans était en vie. Sa libération ne pourrait-elle pas servir de geste de bonne volonté pour débloquer la situation ?
R. Malgré le fait que Gilad Shalit a été arrêté au combat, et non comme le fait Israël avec les hommes politiques palestiniens qu’elle séquestre et tue, nous le traitons très bien parce que nous avons une éthique et des valeurs religieuses. Israël torture pourtant les 11.000 palestiniens qu’elle détient dans ses prisons. Nous sommes prêts à le libérer pour peu qu’Israël libère les prisonniers et les prisonnières que nous lui avons demandés.
Q. Combien sont-ils ?
R. Bous avons présenté une liste de 1000 personnes. La communauté internationale doit respecter l’être humain. Si Gilad Shalit est un être humain, les prisonniers et prisonnières palestiniens le sont aussi Ce qui fait obstacle à la libération de Shalit, c’est le caprice israélien, le refus d’Olmert (le premier ministre israélien Ehud Olmert) de libérer nos prisonniers. C’est pourquoi j’impute à Olmert la responsabilité la prolongation de la détention de Gilad Shalit.
Q. Israël avait tenté de vous assassiner lorsque vous résidiez en Jordanie. Aujourd’hui, après l’attentat contre Imad Moughniye, ici à Damas, ne craignez-vous pas pour votre vie ?
R. Nous ne craignons pas la mort. Nous voulons vivre dignement. Il est de notre devoir de résister à l’occupant, de défendre nos droits et de servir notre peuple pour qu’il puisse se libérer de l’occupation. Un chef est celui qui se sacrifie, pour sa cause et pour son peuple, et non l’inverse. Le peuple palestinien n’a peur de rien car sa cause est juste. Ce sont les Israéliens qui ont peur parce que l’occupant n’est jamais tranquille.


%d blogueurs aiment cette page :