Archive for the ‘Hosni Moubarak’ Category

Football Algérie-Egypte, la défaite finale des chauvins

9 février 2011
On s’en souvient, les matchs Algérie Egypte comptant pour les éliminatoires de le dernière coupe du monde avaient donné lieu à des incidents et à une virulente campagne hostile à l’Algérie. Le coup d’envoi de cette campagne avait été donné par un certain Amr Adib, présentateur vedette d’un talk show sur la télévision égyptienne. Larbi.org explique bien quel a été le rôle de cet individu et ses procédés.
Cet enfant chéri du régime Moubarak qui n’a pas lésiné à encourager toutes sortes de dérives chauvines dans l’opinion égyptienne a senti le vent tourner et il a donc entrepris de se montrer avec ceux qui manifestent pour la démocratie place de la Libération au Caire.
Mal lui en a pris ainsi que le rapporte sur son blog Hossam el-Hamalawy, un journaliste de gauche qui travaille dans l’édition anglophone du quotidien cairote Al-Ahram.
On entend surtout « barra! »: dehors! et « Imchi! »: dégage!
Hossam el-Hamalawy écrit:

Hier, le bouffon sensationnaliste Amr Adeeb, qui avait presque provoqué une guerre entre l’Egypte et l’Algérie pour un match de football, qui s’est toujours porté à la défense de Moubarak, a essayé de se montrer place tahrir, dans une démarche opportuniste. Il a été immédiatement expulsé par les révolutionnaires présents sur la place.
Et au nom du peuple égyptien, je voudrais m’excuser auprès de nos frères et soeurs Algériens pour toutes les saloperies qu’a proférées Adib sur la nation algérienne en novembre dernier [en fait 2009].

Indépendamment de ses opinions politiques, une personne comme Hossam el-Hamlawy symbolise à mon avis tout ce qu’il peut y avoir de bon dans le peuple égyptien comme dans les autres peuples du monde arabe. Ce sont ces voix qui doivent primer et non celles qui exaltent un chauvinisme qui en soi est mauvais et dont le but n’est en réalité que de renforcer le pouvoir des oppresseurs.
Et puis, ces incidents dont nous parlons tout comme ceux qui avaient entouré le parcours de l’équipe de France en Afrique du Sud montrent qu’il serait bon de ramener le sport, le football surtout, à ce qu’il est: un jeu
Merci à l’Arabe en colère.

Craintes sionistes et dilemme égyptien des Etats Unis

29 janvier 2011
Alors que le peuple égyptien appelle son président à imiter M. Ben Ali et à quitter le pouvoir, sinon le pays, le gouvernement des Etats Unis, plongé dans un sérieux dilemme, appelle le chef de l’Etat égyptien à la réforme. Sans se rendre compte que la seule réforme qui vaille, c’est celle du président Moubarak lui-même avec son système.
On notera au passage que seuls les naïfs penseront que les troubles en Egypte sont consécutifs à ceux de Tunisie car nous sommes en réalité devant une nouvelle phase d’une contestation qui est tout sauf nouvelle.
Les Etats Unis vont peut-être se décider à lâcher le chef de l’Etat égyptien dans l’espoir de préserver son système et surtout leurs intérêts. Pour l’instant, ils sont pris à leur propre piège d’incantation démocratique et font mine d’encourager la démocratisation de l’Egypte quand bien même celle-ci signifierait un repositionnement de ce pays sur la scène régionale, repositionnement qui se fera nécessairement au détriment de l’entité sioniste avec laquelle Washington entretient un lien « unbreakable ».
Outre un coup d’état militaire (l’armée égyptienne es la première bénéficiaire de l’aide allouée par les USA à l’Egypte), il reste une seule carte en réalité entre les mains des Etats Unis au cas où le régime du Caire ne parviendrait pas à surmonter l’épreuve de force avec son peuple. Cette carte, c’est Mohamed El Baradei, l’ancien chef de l’AIEA, une figure d’opposition modérée que les autorités viennent d’assigner à résidence. Le problème, c’est que plus les Américains attendent avant de signifier à Moubarak qu’il a fait son temps, moins la carte El Baradei aura de valeur car son poids politique auprès de l’opinion publique égyptienne est certainement inversement proportionnel à sa notoriété à l’étranger.
Les choses sont donc compliquées pour les Etats Unis et l’entité sioniste dont les appels au respect de la démocratie sont nettement moins appuyés que ceux qu’ils adressaient il n’y a guère longtemps aux autorités iraniennes sommées de respecter le verdict des urnes, sommation accompagnée de vifs encouragements à la « twitter » révolution (peu importe d’ailleurs si twitter est loin d’être le réseau social le plus utilisé en Iran!).
Les sionistes sont très clairs sur les motifs de leurs réserves devant le mouvement populaire égyptien. On peut ainsi lire sur le blog politique Salon (via Angry Arab):

« J’ai questionné Eisner sur le soutien précédent de The Israel Project à une manifestation « Pour la liberté en Iran » organisée en septembre 2009 au lendemain des manifestations du mouvement Vert, qui mettait l’accent sur les nobles idéaux des droits de l’homme et de la démocratie. Pourquoi l’organisation ne soutient-elle pas les mêmes idéaux en Egypte? « Il y a une très grande différence entre les gouvernements d’Egypte et d’Iran. Le gouvernement égyptien a un traité de paix avec Israël et l’a respecté, » déclare Eisner qui observe également l’hostilité de l’Iran à l’égard d’Israël. Il déclare qu’à sa connaissance, The Israel Project ne prévoit aucune action de soutien aux manifestations égyptiennes, indiquant qu’elles seront certainement considérées comme une affaire interne au peuple égyptien. ». 

Algérie – Egypte: stop au chauvinisme. Non à la guerre du foot-ball.

16 novembre 2009
Il y a deux jours, l’équipe algérienne de foot-ball algérienne a été battue au Caire par son homologue égyptienne.
Il n’y a pas grand chose à dire sur le match ou sur l’arbitrage (sauf peut-être qu’il n’y avait pas six minutes d’arrêts de jeu).
Ceci dit, le match a été plutôt correct sur le terrain.
Par contre, la veille, des pseudo supporters Egyptiens avaient caillassé les joueurs Algériens. Nous avons tous sous les yeux l’image de ce joueur au visage ensanglanté.
Psychologiquement, les Verts n’étaient donc pas au mieux pour aborder le match.
La protection par la police égyptienne était-elle suffisante?
Apparemment non, mais qui pouvait s’attendre à un comportement aussi bête et dangereux de la part de supporters d’un pays hôte?
Ce caillassage et la défaite de l’équipe nationale ont déclenché une grande déception puis une explosion de colère en Algérie où des locaux appartenant à une entreprise égyptienne de téléphonie ont été sacccagés voire incendiés. La résidence d’un cadre Egyptien travaillant dans une cimenterie à proximité de M’sila a été attaquée, et Dieu sait ce qui se serait passé si les forces de l’odre n’étaient intervenues à temps.
Un appel au boycott de l’opérateur téléphonique Djezzy circule même sur internet. Comme si Djezzy avait une quelconque responsabilité dans cette affaire. Et comme si ce n’était pas Djezzy qui avait implanté le premier véritable réseau de téléphonie mobile en Algérie.
Alors certes, le comportement de ces supporters Egyptiens était honteux et criminel et doit trouver une réponse judiciaire.
Certes les esprits de ces supporters avaient été chauffés à blanc par une presse belliciste et chauvine (en matière de sports seulement). Les autorités égyptiennes n’ont pas non plus été très apaisantes; mais qu’attendre du régime de Hosni Moubarak?
Mais les Algériens n’avaient pas le droit, nous n’avons pas le droit, de sombrer dans ce chauvinisme imbécile.
Nous n’avons pas le droit, et ne devons pas, nous en prendre à des personnes dont le seul tort est d’être de nationalité égyptienne.
A croire que certains en Algérie comme en Egypte veulent une guerre du foot-ball comme celle qui avait vu  s’affronter le Salvador et le Honduras après un match qualificatif pour la coupe du monde de 1970 au Mexique (une guerre qui causa 5 000 morts!).
Les joueurs Algériens ont, pour leur part, été corrects sur le terrain du Caire et je suis certain qu’ils le resteront lors du match retour.

Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009
Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009
Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

>Sur le rôle des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran

21 juin 2009

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Des partisans de Moussavi arborent une affichette écrite, bien pratique pour la presse occidentale, en anglais.
En attendant de voir si les troubles qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran débouchent sur une crise durable du régime voire sa chute, on constate que le dogme du trucage du score qui donne la victoire au rival du président Ahmadinedjad est battu en brèche, et pas seulement sans la blogosphère « alternative. »
Ainsi, on peut lire dans le
Washington Post (traduction ici) qu’un sondage indépendant créditait le président sortant d’une confortable avance sur son rival Mir Hosein Mousavi. On rappellera par ailleurs que Mahmoud Ahmadinedjad avait accédé pour la première fois à la présidence avec un score voisin de celui qu’il vient d’obtenir. Il avait certes obtenu ce score au deuxième tour…
Cependant, comme l’écrit Angry Arab, une bonne élection dans le tiers-monde doit correspondre aux douze critères posés par les Etats Unis et l’Occident. Et Ahmadinedjad ne répond à aucun de ces critères à la différence de, disons, de Zine el-Abidine Ben Ali (94,49 % des voix en 2004), de Hosni Moubarak (88,5 % des voix en 2005), d’Abdelaziz Bouteflika (90,24 % des voix en 2009) ou de… Jacques Chirac (82,21 % des voix en 2002).
Dans aucun de ces cas, nous n’avons observé plus que de timides réactions avant de passer à autre chose.
C’est que l’Iran est un pays qui dérange, pas à cause de sa stratégie de maîtrise du nucléaire (qui ne gêne réellement que les sionistes) mais par ses ressources en hydrocarbures et sa position stratégique au carrefour des grands flux énergétiques entre le nord et le sud, l’orient et l’occident.
D’où l’implication des USA dans ce qui se passe actuellement en Iran. C’est tout le sens de cet article de Paul Craig Roberts qui milite, preuves à l’appui, en faveur de la thèse du rôle des Etats Unis dans ce qui se passe en ce moment en Iran.
J’ajouterai simplement que j’ai l’impression que l’administration Obama est un peu gênée par des événements qui risquent de remettre en cause sa stratégie iranienne. Car, rappelons le, les choix d’ingérence en Iran ont été faits non par l’administration actuellement en fonction à Washington mais par celle de George W. Bush.

Les manifestations iraniennes sont-elles une autre « révolution colorée » orchestrée par les USA ?
par Paul Craig Roberts – Counter Punch (USA) 20 Juin 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un certain nombre de commentateurs ont exprimé leur croyance en la pureté des idéaux de Mousavi, Montazeri, et de la jeunesse occidentalisée de Téhéran.
Le plan de déstabilisation de la CIA, annoncé il ya deux ans (voir ci-dessous), n’aurait d’aucune manière influencé les événements.
On prétend qu’Ahmadinedjad a volé l’élection, parce que le résultat a été déclaré trop peu de temps après la fermeture des bureaux de vote pour que tous les bulletins aient été comptés. Pourtant, Mousavi a proclamé sa victoire plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote.

Cette déstabilisation est un classique de la CIA visant à discréditer un résultat contraire à ses attentes. Elle force à une déclaration précipitée du résultat. Plus était long l’intervalle de temps entre la déclaration anticipée de victoire et la publication des scores électoraux, et plus Mousavi avait de temps pour donner l’impression que les autorités se servaient de ce délai pour manipuler le vote. Il est étonnant que cette astuce ne soit pas perçue par les gens.
Ainsi de l’accusation formulée par le grand ayatollah Montazeri selon qui l’élection a été truquée; ce dernier est celui qui avait été initialement choisi pour succéder à Khomeini avant de s’effacer devant l’actuel guide suprême [Khamenei]. Il voit dans les manifestations une opportunité de régler ses comptes avec Khamenei. Montazeri a incité à contester l’élection, qu’il soit ou non manipulé par la CIA qui a une longue histoire réussie de manipulation de politiciens aigris. Il ya une lutte de pouvoir entre les ayatollahs. Beaucoup se rangent contre Ahmadinedjad parce qu’il les accuse de corruption, s’appuyant ainsi sur le monde rural iranien où les gens croient que le style de vie des ayatollahs est le signe d’un excès de pouvoir et de richesses. A mon avis, les attaques d’Ahmadinedjad contre les ayatollahs sont opportunistes. Cependant, elles rendent étranges les dires de ses détracteurs américains selon lesquels il est un conservateur réactionnaire aligné sur les ayatollahs.
Les commentateurs « expliquent » les élections iraniennes en se basant sur leurs propres illusions, fantasmes, émotions et intérêts. Que les résultats des sondages annonçant la victoire d’Ahmadinedjad soient fiables ou non, il n’existe, pour l’heure, aucune preuve en dehors de suppositions, que le scrutin a été truqué. Par contre, nous avons des informations crédibles selon lesquelles la CIA a œuvré depuis deux ans pour déstabiliser le gouvernement iranien.
Le 23 mai 2007, Brian Ross et Richard Esposito rapportaient sur ABC News : « La CIA a reçu l’approbation secrète du président pour monter une opération secrète [« black » operation] pour déstabiliser le gouvernement iranien, ont déclaré à ABC News d’anciens et d’actuels responsables de la communauté du renseignement.»
Le 27 mai, le Telegraph de Londres rapportait de son côté : «M. Bush a signé un document officiel approuvant des plans de la CIA pour une campagne de propagande et de désinformation visant à déstabiliser et finalement renverser le régime théocratique des Mollahs.» Quelques jours auparavant, le Telegraph signalait le 16 Mai 2007, que le néoconservateur belliciste de l’administration Bush John Bolton avait déclaré au Telegraph qu’une intervention militaire américaine contre l’Iran serait «une option ultime» en cas d’échec des sanctions économiques et des tentatives pour fomenter une révolution populaire.  »
Le 29 juin 2008, Seymour Hersh écrivait dans le New Yorker : «Selon des sources militaires, du renseignement et du Congrès, actuellement en exercice ou non, à la fin de l’année dernière, le Congrès a accédé à une demande du président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l’Iran. Ces opérations, pour lesquelles le président avait demandé plus de 400 millions de dollars, étaient décrites dans un relevé de conclusions présidentiel signé par Bush et sont conçues pour déstabiliser le leadership religieux de ce pays.»
De nombreux participants aux manifestations de Téhéran sont sans aucun doute sincères. Ces manifestations ont également toutes les caractéristiques des manifestations orchestrées par la CIA en Géorgie et en Ukraine. Il faut être complètement aveugle pour ne pas le voir.
Daniel McAdams présente quelques points révélateurs. Par exemple, le néoconservateur Kenneth Timmerman écrivait la veille du scrutin que « on parle d’une ‘révolution verte’ à Téhéran. » Comment Timmerman peut-il le savoir s’il n’y a pas un plan orchestré ? Pourquoi une ‘révolution verte’ aurait-elle été préparée avant le scrutin, en particulier si Mousavi et ses partisans étaient si confiants dans la victoire comme ils le prétendent ? Cela ressemble à une preuve définitive que les Etats Unis sont impliqués dans les manifestations concernant l’élection.
Timmerman poursuit en écrivant que « le National Endowment for Democracy a dépensé des millions de dollars, pour la promotion de révolutions ‘colorées’. . . . . Une partie de cet argent semble s’être retrouvé entre les mains d’organisations pro Mousavi qui ont des liens avec des organisations non gouvernementales hors d’Iran et qui sont financées par le National Endowment for Democracy. » La propre fondation néoconservatrice de Timmerman, la Foundation for Democracy est « une organisation privée à but non lucratif créée en 1995 avec des subventions de la Natinal Endowment for Democracy (NED) pour promouvoir la démocratie et des normes des droits de l’homme internationalement reconnues en Iran.»

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