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Après avoir appelé à un "Islam de France", M. Sarkozy appellera-t-il à un "judaïsme de France"?

12 février 2011
Le départ du président Hosni Moubarak sous la pression du peuple égyptien est, vous n’avez pas besoin de moi pour le comprendre, un événement d’une portée considérable dont nous commencerons bientôt à voir les conséquences sur la situation politique au Moyen Orient. Et ce, quel que soit la nature du régime qui se mettra en place en Egypte car ce dernier ne pourra en aucun cas ignorer les aspirations de la population à la démocratie, la justice et à la restauration du rôle de la nation égyptienne dans le conflit qui déchire depuis des années le Proche Orient.
Les sionistes ont sans doute bien compris qu’ils ne pourront plus très longtemps compter sur l’Egypte pour compléter le cadenassage de la bande de Gaza.. Ils savent aussi que ce désagrément ne sera que le premier de toute une série dont il est difficile de prévoir l’ampleur et la nature même si le retour de l’Egypte dans le champ de bataille semble douteux (sauf si elle y est précipitée pat le régime sioniste).
Dans les chancelleries occidentales, mais pas seulement, on craint l’arrivée au pouvoir en Egypte du mouvement des Frères Musulmans en premier lieu parce qu’on est certain que ces derniers adopteraient une attitude résolument hostile à l’entité sioniste.
On ne discutera pas ici du bien fondé ou non de cette crainte. On retiendra seulement que le gros des inquiétudes concerne la pérennité des accords de Camp David qui participent de l’immunité dont jouit la colonie sioniste pour ses actes de brigandage et de meurtre.
On notera par contre l’étrange écho en Occident des appréhensions relatives aux événements en Egypte et en Tunisie puisque la même crainte d’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et donc, suppose-t-on, d’application du droit musulman (sharia, même si le mot sharia n’a pas le sens de droit ni de loi) s’exprime à l’intérieur même de la sphère occidentale.
Cette crainte se dit de manière plus ou moins feutrée en empruntant généralement le détour des questions d’intégration des minorités de confession musulmane ainsi qu’on a pu le voir avec les récents propos de Mme Angela Merkel, puis de David Cameron sur l’échec du multiculturalisme dans leurs pays respectifs.
Et comme par hasard, pas plus tard qu’hier M.Sarkozy tenait des propos similaires sur la situation en France.
Non, il n’ y a pas de hasard là dedans
Non plus dans le fait que M. Sarkozy a tenu ces propos quelques heures seulement après avoir levé le coude à la table du CRIF en compagnie du gouvernement de la république française presque au complet. Et si on a souvent relevé que M. Sarkozy avait évoqué les « racines juives » de la France, y voyant une entorse à la laïcité, ces propos de M. Sarkozy doivent être  cependant également entendus à la lumière de ce qu’il a dit par la suite sur « nos compatriotes musulmans ».
Quand M. Sarkozy évoque les « racines juives » de la France, il entend par là circonscrire ce qu’il entend par la France qui n’a pas à prouver sa qualité de « française » ni la légitimité de sa présence sur le sol de l’hexagone. Il indique par là que sa démarche de stigmatisation ne touchera pas la communauté juive de France.
J’ai comme l’impression que M. Sarkozy va bientôt prendre son rôle d’imam au sérieux et commencer à prêcher dans les mosquées de France et de Navarre.
Sérieusement, M. Sarkozy a carrément franchi ligne jaune en matière de laïcité. Il va bientôt réécrire le Coran et ajouter des hadiths à ceux qui sont reconnus comme authentiques.
Tant qu’il y est, il pourra promouvoir un judaïsme de France en demandant aux rabbins hexagonaux de supprimer du rituel la prière pour le soldat sioniste et celle pour le salut de l’Etat sioniste voyou et de leur substituer une prière pour le soldat français et une pour le salut de la république française (une prière pour la France est dite dans les synagogues consistoriales depuis Napoléon 1er qui a organisé ce culte. Nous sommes là de toutes façons loin de la laïcité).
Il ne demandera rien de tout ça au judaïsme puisque ce dernier fait partie des racines de la France.
Sarkozy ne fait en réalité preuve d’aucune originalité. Il ne fait qu’appliquer  sans ajouter grand chose de personnel un agenda qui n’a pas été défini à Paris.
Guy Konopnicki observe pour Marianne que lors de son discours au dîner du CRIF, M. Sarkozy semblait découvrir la teneur de ce qu’il était en train de lire. Bonnet d’âne pour le président incapable de bien réciter sa leçon!  Pour le coup c’est  bien un agenda en France mais pas de France. Et cet agenda a été défini par des néoconservateurs entre Washington, New York et Tel Aviv.
Impossible sinon de comprendre cette communauté de langage et cette égale urgence de thématiques identiques à Paris, à Berlin, à Londres mais aussi dans les Etats du Texas ou de Géorgie de l’autre côté de l’Atlantique. A la vérité, Sarkozy, Cameron et Merkel ont tout trois un train de retard sur leurs maîtres à penser aux Etats Unis.
Mother Jones, un organe de presse de gauche aux Etats Unis, tient une chronique régulière des délires de politiciens néoconservateurs qui, alors que le pays est en proie au chômage, à des déficits budgétaires énormes, au problème de centaines de milliers de « délogés » ne se préoccupent pratiquement plus que du risque d’application de la sharia aux Etats Unis.
Une communauté transatlantique de préoccupations voire de langage surprenante, d’autant que la communauté musulmane aux Etats Unis est peu importante. Et que par contre, un juge peut se permettre en Floride d’argumenter son verdict en se référant aux symboles cabalistiques tandis qu’un autre à Chicago prétend contraindre un père divorcé à élever sa fille dans le judaïsme.
Le discours de ces gens, Sarkozy, Merkel, Cameron etc. serait risible tant il est stupide s’il ne faisait pas, je le crains, le lit de futures guerres dans le monde, et de guerres civiles ou de persécutions telles que celles qu’avait connu le 20ème siècle et dont on pensait le retour impensable. Et tout ça pour l’Etat sioniste!

par Tim Murphy, Mother Jones (USA) 11 février 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
* La grande nouvelle pour l’Egypte (et pour la planète) cette semaine, a été le départ du dictateur Hosni Moubarak, ce qui a suscité de vives spéculations les Frères Musulmans qui prendraient le contrôle du pays et imposeraient une stricte loi islamique Ce n’est pas une certitude. Mais s’ils ne peuvent pas prendre l’Egypte, les Frères Musulmans ont cependant un assez bon lot de consolation:  selon Red State, « il y a des sympathisants, des partisans des Frères Musulmans et des fondamentalistes  qui font du sponsoring et s’expriment » cette semaine à la Conservative Political Action Conference (CPAC). Qui s’exprime aussi à la CPAC? La militante anti sharia Pamela Geller qui dit que les critiques sur sa personne sont à la base « la seconde vague des attentats du 11 septembre. » Dur, dur.
* Le député de Géorgie Mike jacobs a déclaré à des journalistes qu’il ne pouvait pas s’imaginer des règles de la sharia imposées aux braves gens de son Etat – mais pour s’en assurer, il a présenté en début de semaine un projet de loi pour empêcher la référence à des lois étrangères ou religieuses dans les tribunaux de l’Etat. Seize Etats au total ont adopté ou présenté une législation anti-sharia depuis février dernier.
* Je les ai représentés sur une carte
Votre Etat a-t-il interdit la sharia?
En bleu foncé : oui
En vert: en projet
En bleu ciel: tentative non aboutie
En rouge: pas de démarche en ce sens
* Bonne nouvelle à Mansfield au texas: votre école de district a obtenu une subvention fédérale de 1,3 million de dollars pour initier les élèves à une « très importante » langue et culture étrangères, un apport qui renforcera à coup sûr les compétences cognitives, la curiosité intellectuelle et les perspectives professionnelles [des élèves]. Mauvaise nouvelle: parce que la langue en question est l’arabe, un groupe de parents a averti du risque d’endoctrinement par les principes islamiques, et l’administration de l’école a gelé le programme pour une durée indéfinie. Si vous vous posez la question, oui, ça ressemble à un avenir gâché.
* moins 10 Gold stars pour Gretchen Carlson de Fox News qui a informé ses téléspectateurs que l’école avait l’intention de rendre l’arabe obligatoire pour les élèves de maternelle.. C’est fou! Et faux. Les cours d’arabe sont facultatifs, et seulement pour les classes d’enseignement secondaire qui auraient 20 minutes de « langue et civilisation arabes » par jour dans le cadre de leurs enseignements sur la société; les élèves de maternelle continueraient sans doute à manger de la purée. Tout cela a été expliqué en détail non seulement dans la mise au point faite par l’école, mais dans le document d’information qui avait été diffusé avant la controverse, et dans le dossier de subvention lui-même. J’ai trouvé tout ça en 12 secondes sur Google.
* Sarah Posner a réalisé une interview avec le député du Wyoming Gerald Gay qui prévient que si les Américains ne combattent pas la sharia maintenant, « on aura bientôt le museau du chameau sous la tente. » (regardez cette vidéo où Gay fait exploser une réplique du Congrès).
* Le gourou de la communication chez les Républicains, Frank Luntz a animé un de ses  groupes de discussion et a découvert qu’une forte proportion détecteurs conservateurs – 10 sur les 25 électeurs de l’Iowa avec lesquels il a discuté – pensaient qu’Obama est secrètement musulman.- ce qui veut dire que le groupe de discussion de Luntz était en fait plutôt modéré.
* Et puis, notez le sur vos agendas, les auditions du député Peter king sur la « radicalisation » de la communauté musulmane américaine sont pour le 7 mars. Quels sont ceux qui brillent par leur absence de la liste des témoins retenus par cet élu au Congrès? Les fonctionnaires chargés de faire respecter la loi sur le terrain.
* Info de dernière minute. Dans une interview aujourd’hui avec Suzy Khimm de MoJo, l’ancien élu au Congrès du Colorado, Tom Tancredo, a soutenu que les immigrés Musulmans ne s’assimileront pas parce que leur objectif est d’instaurer la loi islamique. « Qu’est-ce que vous faites avec des gens qui viennent avec comme objectif la promotion de la sharia qui n’est compatible en aucune façon avec la constitution des Etats Unis? » Que pouvez-vous faire? Il a aussi évoqué Winston Churchill. Lisez l’ensemble de l’interview ici.
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L’Amérique entre les tueurs nés et les "homegrown terrorists"

24 janvier 2011
La Russie vient d’être punie pour s’être mêlée au delà de l’acceptable des affaires afghanes. Eh oui, ces Tchétchènes, ces Arabes ou encore ces Arabes Tchétchènes puisqu’un suspect potentiel pour l’attentat qui vient de semer mort et désolation dans un aéroport de Moscou était de type arabe (comme Patrick Bruel ou Enrico macias si vous voulez).
Du point de vue russe, les Tchétchènes ne sont pas des étrangers et la Tchétchénie est une république autonome à l’intérieur de la fédération de Russie. C’est un peu la même chose pour les quelques cinq millions de Musulmans qui ont la citoyenneté des Etats Unis, sauf bien sûr qu’ils n’ont pas d’Etat fédéré à eux.
Quand ces Musulmans se comportent mal, c’est-à-dire qu’ils se mettent à échafauder et à réaliser des attentats terroristes, on parle aux Etats Unis de « homegrown terrorism », littéralement le terrorisme qui a grandi à la maison par opposition au terrorisme en provenance de l’étranger.
Cette appellation « homegrown terrorism » renvoie aujourd’hui nécessairement à ceux qui sont tentés par une violence dite « djihadiste », inspirée par al Qaïda notamment. Et non, on ne l’applique pas à Jared Loughner dont l’acte meurtrier relèverait de la démence au sens où l’entend la faculté. Et oui, on a oublié Timothy McVeigh qui était mu par des idées « suprématistes », rien à voir donc avec le djihad.
Le « homegrown terrorism » fait beaucoup parler de lui aux Etats Unis où des politiciens s’évertuent à le présenter comme la menace N°1 compte tenu de la rapide radicalisation des Musulmans aux Etats Unis. Une commission parlementaire va d’ailleurs prochainement s’intéresser à ce dossier et on peut déjà préjuger de ses conclusions…
L’article que je vous propose veut faire un sort à ces accusations et il y parvient plutôt bien. Il attire notamment l’attention sur l’extrême isolement de la plupart de ceux qui ont été interpellés dans le cadre de la lutte anti terroriste et de leur singulier amateurisme. La manipulation de ces individus par le FBI n’est qu’effleurée.
L’article se veut consensuel, imputant aux politiciens de « gauche » comme de droite la responsabilité du discours sur l’importance croissante du terrorisme endogène (c’est ainsi que j’ai traduit le plus souvent homegrown) avec l’argument étrange selon lequel le discours de gauche pense ainsi prouver le bien fondé de sa critique de la politique extérieure des Etats Unis. J’aurais aimé que l’auteur de l’article nous en dise plus sur ces politiciens de gauche qui tirent la sonnette d’alarme sur  le terrorisme endogène pour cette raison.
Car si ce journaliste s’était sonné un peu plus de peine, il se serait aperçu que ceux qu’il décrit comme de droite et ceux qu’il déclare représenter la « gauche » ont en réalité un point commun: ils représentent directement ou indirectement le lobby sioniste aux Etats Unis.
En bon djihadiste extrémiste, je forme le voeu de vous proposer tantôt un article éclairant à ce sujet
NB: « Tueurs nés » est le titre d’un film d’Oliver Stone 

Le mythe du terrorisme islamique endogène aux Etats Unis
par Romesh Ratnesar, Time (USA) 24 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un spectre hante les Etats Unis. « C’est ‘une de ces choses qui me maintient éveillé la nuit, » avait déclaré le mois dernier le procureur général Eric Holder. La député de Caroline du Nord Sue Myrick, membre de la commission du renseignement à la chambre des représentants, a averti le président Obama qu’il « ne faisait aucun doute » que le problème était devenu une « menace globale. »Le nouveau président de la commission parlementaire sur la sécurité intérieure, Peter King, prévoit d’organiser le mois prochain des auditions sur ce danger « qui menace notre sécurité à tous. »

Ils insistent sur une série d’exemples d’activités djihadistes par des citoyens des Etats Unis de confession musulmane: l’homme d’origine somalienne qui à Portland en Oregon avait essayé de faire exploser une bombe factice fournie par le FBI pendant une cérémonie d’illumination de sapin de Noël en décembre, l’attentat manqué l’été dernier à Times Square par un Pakistanais naturalisé, les 14 hommes accusés en août dernier d’apporter un soutien à des militants islamistes en Somalie.

Et puis il y a Anwar al-Awlaki, le web-imam originaire de  Falls Church (Virginie) établi au Yémen dont les officiels du renseignement affirment qu’il joue maintenant le rôle de commandant régional pour al Qaïda, avec pour mission de recruter des Musulmans Américains impressionnables pour qu’ils prennent les armes contre leur pays. Aux yeux de certains, al-Awlaki et ses semblables représentent l’avant-garde d’une évolution encore plus sinistre: la « radicalisation » croissante des cinq millions de Musulmans qui vivent aux USA selon les estimations. « La radicalisation a lieu en Amérique, » écrivait Myrick dans sa lettre à Obama. « L’impressionnante augmentation du taux d’arrestation de Musulmans pour implication dans des activités terroristes depuis mai 2009 rend ce fait tout à fait évident. »

Ce n’est en fait pas évident. Même si les actes extrémistes violents commis par des Musulmans US semblent avoir augmenté, ce n’est pas le cas de leur efficacité [à nuire]. Les Américains Musulmans restent plus modérés, divers et intégrés que les populations musulmanes de toute autre société occidentale. En dépit des efforts des propagandistes d’al Qaïda comme al-Awlaki, les preuves de l’existence à l’intérieur des Etats Unis d’une sympathie même ténue pour l’ennemi sont minuscules. La paranoïa sur le terrorisme endogène surestime donc énormément la force d’al Qaïda et traduit l’incapacité de nos dirigeants à évaluer honnêtement les véritables menaces contre la sécurité de l’Amérique.

Ceux qui tirent la sonnette d’alarme sur la menace du terrorisme endogène taisent souvent un fait saillant: malgré tout le tapage fait autour des cas de djihadisme endogène, pas un seul civil n’a été tué par un terroriste islamique sur le sol des Etats Unis depuis le 11 septembre 2001 (le massacré perpétré par le major Nidal hasan à Fort Hood au Texas en 2009 ne correspond pas à la définition commune du terrorisme: ses motifs n’étaient pas entièrement idéologiques, pas plus qu’il n’a visé délibérément des civils). La cause en est un certain nombre de facteurs, dont l’attaque de l’armée contre la direction d’al Qaïda, des mesures mécuritaires intérieures renforcées, une bonne gestion policière et une certaine dose de chance. Mais le fait que tous les plans terroristes endogènes aient été mis en échec avant leur réalisation démontre l’inconséquence des terroristes eux-mêmes. Dans presque chaque cas – y compris celui de Faisal Shahzad, qui avait été le plus près de r éussir avec l’attentat à Times Square – on a découvert que ces terroristes locaux avaient agi presque entièrement seuls. Il n’y avait pas de vaste conspiration. Les attentats terroristes ne demandent peut-être pas beaucoup d’argent ou d’ingéniosité, mais un loup solitaire n’a guère de chances d’exécuter les frappes qui tuent en masse et que redoutent le plus les spécialistes de l’anti terrorisme.
Certes, des individus violents – d’Hasan à Jared Lee Loughner – restent capables de provoquer le chaos. Mais il n’existe aucune preuve que de nombreux Musulmans Américains soient enclins à agir ainsi. Même si des voix alarmistes citent en exemple l’aliénation des jeunes Musulmans en Europe de l’Ouest comme un précurseur de ce qui va se passer aux Etats Unis, la probabilité que ça se passe ainsi ici est très faible. Une enquête Gallup réalisée en 2009 avait constaté que les Américains Musulmans se montraient beaucoup plus satisfaits de leurs conditions de vie que leurs correligionaires d’autres pays occidentaux – et encore plus que les populations de n’importe quel pays majoritairement musulman à la seule exception de l’Arabie saoudite. Ces dix dernières années, moins de 200 personnes ont été inculpées aux Etats Unis pour présomption d’activités djihadistes. L’an dernier, un rapport très complet de la Rand Corporation concluait qu’à peine 1 Américain Musulman sur 30 000 pouvait être considéré comme ayant rejoint le djihad, « ce qui suggère une population musulmane américaine qui reste hostile à l’idéologie djihadiste et aux incitations à la violence. »

Alors pourquoi le mythe du terrorisme endogène persiste-t-il? En partie parce que, comme toute représentation politique solidifiée, elle sert les intérêts des grandes gueules à chaque extrémité du spectre politique. A droite, la menace d’un terrorisme se formant au pays participe à la perpétuation d’une lutte incessante à l’échelle des civilisations contre l’extrémisme islamique. A gauche, la notion d’Américains Musulmans se lançant dans le djihad colle bien avec l’idée que la politique étrangère des Etats Unis fabrique une nouvelle génération de terroristes.

Et pourtant, al Qaïda est plus faible et moins capable aujourd »hui qu’il ne l’était avant le 11 septembre ; son attrait pour les Musulmans moyens dans le mondetend à se rétrécir plutôt qu’) s’accroître. Les faits que les émules d’Oussama ben Laden comme al-Awlaki aient atteint une telle notoriété atteste de l’éviscération du leadership d’al Qaïda. Les Etats Unis sont devant des défis beaucoup plus importants et urgents pour le bien être et la sécurité de leurs citoyens, et il s’agit de rien d’autre que la facilité avec laquelle des individus instables peuvent obtenir légalement des armes mortelles.
Répondre à ce danger contribuera plus à la protection des Américains que ne le pourra jamais l’obsession de la menace fantomatique du terrorisme endogène.

Le 7ème commandement: Le bien d’autrui tu ne prendras ni retiendras injustement.

29 octobre 2010
Comme Gaza, la Cisjordanie est un des territoires qui devrait faire partie du futur Etat palestinien à l’issue de l’aboutissement de discussions de paix. La Cisjordanie est cependant, comme on le sait, soumise à une incessante pression coloniale que rien ne semble en mesure d’endiguer.
Et ce n’est pas simplement une question de couleur politique des dirigeants du gang sioniste puisque la colonisation n’a jamais cessé malgré les changements de majorité parlementaire.
Tout le monde a compris que les sionistes ont décidé d’en finir avec la chimère d’un Etat palestinien. Ce que les palestiniens pourront au mieux espérer, c’est un camp de concentration autogéré à Gaza et des bantoustans en Cisjordanie.
Dans cette dernière région, le compte à rebours a sans doute commencé pour l’Autorité Palestinienne, cette institution qui dirige fictivement des lambeaux de Cisjordanie.
Fictivement, car c’est bel et bien la souveraineté de l’entité sioniste qui s’exerce sur place et tous les plans de développement envisagés n’y changeront rien et sont dores et déjà  voués à l’échec. Et ce n’est ni faute de talents, de bonne volonté ou de capitaux. C’est simplement que les autorités sionistes ne tolèreront pas l’édification de ce qui pourrait s’apparenter à une économie palestinienne, non étroitement dépendante de celle de l’Etat voyou. Seuls les dirigeants Palestiniens de l’équipe Abou Mazen semblent ne pas s’en rendre compte.
Un exemple de l’exercice de cette souveraineté sioniste sur la Cisjordanie nous est donné par le blog Potins de Palestine qui observait:

Le 21 février [2010], le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé la décision d’inscrire la Tombe de Rachel (Bethléem) et le Tombeau des Patriarches (Mosquée d’Abraham à Hébron) au patrimoine ISRAELIEN…cette décision a été soutenue par son cabinet. Depuis d’autres sites situés dans les TERRITOIRES PALESTINIENS vont être ajoutés : Tel Rumeida (dont les datations remontent jusqu’au Bronze ancien, et au Bronze moyen une Cité-Etat CANANEENE), Sussiya (sud d’Hébron), Qumran (site des manuscrits de la mer morte), Hérodion, Palais de David (Silwan, Jérusalem est).
C’est une nouvelle provocation envers les Palestiniens et de nouveau (encore et toujours) une atteinte au droit international : Convention de la Haye de 1954 et des Conventions de Genève. Ils ne connaissent plus de limites.

Potins de Palestine s’insurge à raison contre cette infraction supplémentaire au droit international. Mais quand on est capable de tuer – et d’en être fier – 9 humanitaires désarmés, c’est bien le signe qu’on n’a plus de limites. Et cette sauvagerie débridée n’est en rien un phénomène récent.

Forts de leur bon droit, les Palestiniens ont protesté auprès de l’UNESCO, l’organisme onusien chargé du patrimoine culturel.
Et l’UNESCO a joué son rôle en demandant aux autorités sionistes de retirer le Caveau des Patriarches et la Tombe de Rachel de l’inventaire du patrimoine de l’entité sioniste.
Vous imaginez bien que l’entité sioniste va obtempérer!

En fait,  Benjamin Netanyahou, le chef actuel du gang a réagi de manière prévisible:
Lundi, le premier ministre Benjamin Netanyahou a vivement critiqué la décision de l’UNESCO, l’organisation mondiale de la culture, de présenter le site de la tombe de Rachel comme une mosquée musulmane.
 « Cette volonté de séparer la nation d’Israël de son patrimoine culturel est absurde, » a déclaré le premier ministre.
 Oui, parce qu’un bruit court chez les sionistes qu’il n’y a pas de moquée à l’emplacement de la tombe de Rachel à Bethléem ou que cette mosquée a été édifiée et baptisée récemment pour « islamiser » le terrain en quelque sorte.
C’est faux, bien entendu, comme la plupart des assertions sionistes. Mais à force de répéter  leurs menteries en boucle, ils y croient à défaut de convaincre les autres, et l’UNESCO en particulier. 
Le bref aperçu historique que je vous propose ci-après nous aide au minimum  à comprendre comment a été récompensée la tolérance des autorités ottomanes et des Palestiniens Musulmans ou Chrétiens  

La tombe de Rachel, qui se trouve dans la partie nord de Bethléem est considérée comme un lieu sacré de pèlerinage pour les Chrétiens, les Musulmans ainsi que les Juifs. Rachel, l’épouse de Jacob mourut en couches alors qu’elle se rendait à Hébron et fut enterrée sur la route de Bethléem. La tombe fut négligée pendant des années avant d’être  restaurée par les Croisés. Elle était constitué d’un bâtiment cubique de 7m2, reposant sur quatre colonnes liées par des arcs brisés de 3,5 m de large pour 6,5 m de haut, le tout étant surmonté d’une coupole (description d’Amico en 1596). La bâtiment simple qui accueille la « tombe aujourd’hui » a été édifié par les Turcs en 1620 pendant la période ottomane et, les Musulmans la considérant comme sacrée pour sa relation avec Abraham en conservèrent les clefs. En 1841, Sir Moses Montefiore demanda au gouverneur Turc les clefs de la Qubbet Rahil ou mosquée Bilal Ibn Rabah, comme elle est nommé en arabe, qui furent données aux Juifs indigènes. Un vestibule carré avec un mirhab avait également été ajouté pour les Musulmans; on trouve aussi un cimetière musulman historique à l’ouest de ce sanctuaire. La tombe de Rachel est considérée comme un des monuments historiques de la cité de Bethléem et comme une partie de son patrimoine. De plus, les habitants de Bethléem et des touristes du monde entier de diverses religions ont toujours visité la tombe. Depuis deux ans, les forces d’occupation israéliennes empêchent les Musulmans et les Chrétiens de se rendre sur les lieux, niant le droit de culte des Palestiniens, refusant aux Musulmans le droit d’enterrer librement leurs morts dans le cimetière voisin et restreignant l’accès du sanctuaire aux Juifs dans une démarche préliminaire à l’annexion de cet endroit à la ville de Jérusalem. 

Hébron et Bethléem font notoirement partie de territoires dont personne ne considère qu’ils relèvent de la souveraineté « nationale » de l’Etat pseudo-juif mais plutôt de celle de l’Etat palestinien à venir.
Ce qui n’empêche pas un site (sioniste) voué à la désinformation d’écrire ce qui suit:

Nous devrions revendiquer la Mecque, ou une partie puisqu’il parait qu’Abraham (Ibrahim) est venu y sacrifier son fils Ismaël.
 Or, la question n’est pas de dire si les lieux considérés ont ou n’ont pas d’intérêt pour les gens de confession juive, mais de dire si les délinquants sionistes ont le droit de déclarer patrimoine national des édifices qui se trouvent en dehors du ressort de leur Etat dit  juif.
Car, si on prend au sérieux leurs crétineries, les sionistes vont peut être inscrire à leur patrimoine « national » la synagogue de Cavaillon, une des deux plus anciennes de France? Après tout, Cavaillon n’est pas plus dans le territoire de l’entité sioniste que ne le sont Hébron ou Bethléem. La France considère cette synagogue comme partie de son patrimoine et l’a classée Monument Historique. A-t-elle tort?
J’attends les protestations des délinquants sionistes.

De Nuremberg à Nuremberg puis… Dialectique de la haine raciale

14 octobre 2010

A ceux qui croient que les responsables Européens des persécutions commises par le nazisme ont été sanctionnés, notamment à Nuremberg, et que la page a été tournée moyennant une vigilance nécessaire pour que plus jamais ne se reproduisent de telles horreurs, je dis: détrompez-vous.

Car le véritable châtiment est encore à venir, la punition pour avoir persécuté le peuple élu est en fait en cours d’exécution et verra bientôt son accomplissement.

 C’est du moins ce que je crois comprendre en lisant un édito paru dans le Yediot., un journal de l’entité sioniste Et c’est vraiment un jour de chance parce qu’un site tenu par des merdeux sionistes me dispense d’avoir à le traduire moi-même en français. 

On trouve dans ce texte ce vieux principe biblico-talmudique qui veut que la vengeance juive est exercée par des Gentils contre d’autres Gentils. Ici, les Gentils punis sont les méchants Européens et les Gentils agents de la punition sont les méchants Musulmans. Le texte se donne même un petit air de resucée de la Bible. En fait c’est une resucée des textes bibliques même si l’auteur prétend s’être donné la peine de réfléchir.

 Europe, prépare-toi, au déluge! 
Op-ed : Lettre ouverte aux Européens, qui ont tué des Juifs et qui sont maintenant aux prises avec l’islam radical

Par Avi Rath, Yediot Aharonot (Sionistan) 7 octobre 2010

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Avi Rath

Bonsoir l’Europe!
Bonjour à vous, cher continent. Depuis un certain temps maintenant, j’ai eu l’intention de vous écrire quelques mots, en tant que voisin proche ici au Moyen-Orient qui aime voyager à travers vos beaux paysages, et dont les racines sont profondément enfouies dans le continent.
Vous avez été notre foyer pendant des milliers d’années, et particulièrement pendant les 1000 ans passés.
Nous avons connu de bons moments de relations amicales, ainsi que la prospérité économique, culturelle et spirituelle. Pourtant, nous avions également connu des jours difficiles de haine, les expulsions, l’humiliation et les diffamations de sang. Oh, nous n’avons jamais connu de tels jours.

D’une façon ou d’une autre, nous avons survécu; tant vous que nous. À notre grand regret et honteusement pour vous, nous n’avons pas été ceux qui ont choisi de mettre fin  à notre relation avec vous, cher continent. Nous aurions pu maintenir des relations amicales et de coopération pendant de nombreuses années, mais pour des raisons que vous avez choisies, vous avez voulu mettre fin, littéralement, à ce partenariat.

Le plan a été conçu sur votre sol, les camps y ont été construits ! Et les trains ont voyagé en direction de ces camps, sur votre sol! Les tombes ont été creusées sur votre sol et le sang a coulé dans vos cours d’eau. Dans un cours laps de temps, vous avez mis fin à 1000 ans, d’une présence juive significative! Vous avez assassiné et expulsé des millions de fidèles citoyens juifs. Non seulement, vous les avez éliminé, mais vous avez aussi éliminé l’ensemble de leurs contributions à la culture, à l’économie, l’art, les sciences humaines, aux universités, la littérature, la médecine, l’éducation, le commerce, la banque, et la vie en général.

Pendant longtemps, j’ai eu l’intention de vous écrire, cependant ce n’était pas mis au point. Or, cette semaine, après avoir vu deux choses, j’ai décidé que je devais dire quelques mots.

Tout d’abord, j’ai vu des rapports rédigés par toutes sortes d’experts en démographie et sociologie, qui prétendent que d’ici quelques années, vous l’Europe, vous deviendrez musulmane. Dans quelques états européens, 50% de toutes les naissances sont musulmanes. Si on ajoute à cela, la faible natalité des non musulmans d’Europe – où vous le blanc, le Chrétien d’Europe, vous vous transformerez en continent musulman.

Vous essayez en effet, de vous engager dans des batailles d’arrière-garde contre ce phénomène – contre des mosquées en Suisse, contre la burqa en France, contre l’immigration, et contre toutes sortes d’autres choses. Personne ne pourra interdire à une femme musulmane de mettre un voile. En effet, les femmes européennes  libérales, éclairées et légèrement vêtues se rendent compte qu’un jour pourrait venir où l’islam radical gagnera assez de force pour mettre fin à tout ceci.

La deuxième chose que j’ai pu voir, était l’avis émis par les Etats pour mettre en garde leurs citoyens qui voyagent, aux vues de la position de l’Europe, par crainte du terrorisme. Quelqu’un a déjà noté (et ce n’était pas nécessairement un Juif) que, bien que les Musulmans ne soient pas tous des terroristes, pour quelque raison, la plupart des terroristes sont des Musulmans.

Lentement, notre cher continent, vous commencez à comprendre ce que vous avez  à faire ici. Vous commencez à comprendre quel est le genre de religion et de culture que véhicule l’islam radical. Soudainement, vous découvrez la haine et la culture des martyrs, ainsi que l’intolérance et l’isolement, l’aliénation face à la véritable démocratie, et l’évitement des droits de l’homme et de la femme.

Tout à coup, l’islam radical est coincé comme un os dans la gorge de l’Europe. Vous ne pouvez pas l’éjecter – parce que cela soulèverait immédiatement des cris de racisme, des droits de l’homme, et le brouhaha habituel – mais vous ne pouvez pas l’avaler non plus, parce que la culture blanche, démocratique, libérale et chrétienne de l’Europe ne peut pas contenir ces éléments radicaux culturels et religieux. Cela se terminera par une explosion majeure, à plus d’un titre. Chers continent, il n’y a pas de vide dans le monde. Vous avez expulsé et vous avez exterminé, et  vous avez obtenu le monde musulman à la place. Au début, c’était agréable, d’obtenir un peu d’atmosphère et de brise proche oriental, cependant le temps passant, la tempête islamiste radicale est arrivée et menace maintenant de vous emporter, notre cher voisin. Maintenant vous commencez à dormir dans le lit que vous avez fait. Tout à coup, vous découvrez les femmes voilées, les yeux zélés, et des mosquées à chaque coin. Tout à coup, vous avez besoin de composer avec des taux de natalité élevés, une culture avec des caractéristiques radicales que vous avez cultivées, et le terrorisme, et la violence que vous avez ignorée. Vous ne pouvez pas le nier plus longtemps. La confrontation est déjà là. Malheureusement, nous sommes déjà des experts sur la question, même si là aussi, il ne manque pas de naïfs, d’individus bien-pensants.

La première fois que le Créateur a décidé de raser le monde comme résultat de notre conduite, il a accepté d’accorder une autre chance à l’humanité. Il a demandé à Noé d’entrer dans l’arche afin de créer une nouvelle base pour le monde et de produire une humanité plus digne. L’arche fut la chance pour le monde; un abri momentané.
Donc, chère Europe, serez-vous assez sage pour vous préparer à l’avance une Arche de Noé physique et culturelle pour survivre et vous préserver ? Ou, est ce que votre agressivité, votre arrogance, votre hypocrisie, ne vous permettant pas de reconnaître le désastre que vous avez amené sur vous, vous transformeront en un continent vivant sur le temps emprunté ?

Cordialement,

Votre voisin juif du Moyen-Orient

 

Olivier Besancenot, Ilhem Moussaïd. Polémiques sur la candidate de gauche "voilée": quelques notes sur la république et la laïcité

10 février 2010
J’écoutais distraitement tout à l’heure l’émission « Le téléphone sonne » sur France Inter qui avait pour invité Olivier Besancenot, le leader du Nouveau Parti Anticapitaliste.
Mon attention a cependant été attirée par un sujet qui semble faire polémique: la présence sur une liste du NPA pour les régionales d’Ilhem Moussaïd, une candidate qui arbore ce qu’on présente d’abord comme un voile et qui s’avère n’être qu’un foulard.
Olivier Besancenot évite assez adroitement les pièges qui lui sont tendus par les journalistes, en essayant notamment de rappeler les véritables entorses à la laïcité qui sont commises en France. Il insiste notamment sur les propos de Sarkozy qui mettait en quelque sorte le curé au dessus de l’instituteur, et sur les financements publics qui vont aux écoles privées, catholiques pour l’essentiel.
Je n’avais pas capté qu’il y avait un deuxième invité dans l’émission en la personne d’un cadre du parti Socialiste d’origine maghrébine.
Là où le marxiste Besancenot s’avérait mesuré, ne laissant rien paraître de sa position personnelle avant un débat interne à son parti, le militant socialiste y allait de son couplet sur les signes religieux (alors que le foulard est un vêtement et non un signe), le respect de la laïcité, les valeurs républicaines et patati et patata. La république comme remède à tous les maux. Ce foulard l’indispose, et c’est peu dire.
C’est ce qu’on doit leur apprendre dans les universités d’été du PS. La république est née hier (au moment de la l’élection de Martine Aubry à la tête du PS sans doute), a toujours été sociale et jamais ni belliciste ni colonialiste.
Olivier Besancenot joue sur du velours en rappelant que dans la région Ile de France où ce jeune cadre socialiste est candidat, la Région (aux mains du PS)subventionne les écoles privées bien au delà de ce que demande la loi. Ca c’est du républicain concret.
O. Besancenot n’est pas allé jusqu’à rappeler la présence rituelle de ceux qui nous gouvernent au dîner (républicain) du CRIF (où toutes les couches sociales de la république sont représentées). Une présence où on ne se contente pas seulement de lever le coude mais où on s’aventure aussi à tenir des discours éminemment politiques.
On peut même lire que l’association Ni Putes, Ni Soumises (comme si une pute était le contraire d’une femme soumise) va intenter une action en justice contre le NPA au motif de cette candidature! Ces gens, journalistes ou politiciens qui ont lancé la polémique médiatique sur le foulard que porte cette jeune femme ont semble-t-il quelques problèmes avec l’histoire de France.
Tous ces culs bénis de la République et de la laïcité semblent en effet faire preuve d’une mémoire particulièrement défaillante que leur a insuffisamment rafraîchie M. Besancenot. Ou plutôt ils méconnaissent et l’histoire de la laïcité et plus simplement l’histoire de la république.
Car sinon ces pseudo-laïques se souviendraient qu’un certain Henri Grouès, alias Abbé Pierre, tout curé qu’il fut s’était présenté aux élections législatives de 1946 et avait obtenu un siège de député. On peut consulter sur le site de l’Assemblée Nationale une reproduction de sa profession de foi qui comporte la photo ci-dessous.
Pas de doute, nous sommes bien devant le portrait d’un curé.
Tiens je crois que c’est l’Abbé Pierre qui sort de l’Assemblée Nationale!?
Contrairement à ce que j’imaginais (c’est ça les problèmes avec la mémoire), la France de 1946 n’était pas une république et n’était pas non plus laïque.
Bon, mais il n’y a pas que l’abbé. Il y a aussi le Dr Philippe Grenier. L’histoire du Dr Grenier est assez connue mais vaut bien d’être rappelée car ce médecin fut le premier député Musulman à l’Assemblée Nationale française.
Tiens, la une d’un grand journal de l’époque montrant le Dr Grenier à la chambre des députés. Il avait vraiment tout pour plaire en 2010!
Oui, sauf que c’était en 1896. Mais la France n’était peut-être pas républicaine à l’époque?
Détrompez-vous la France était républicaine en 1946 comme en 1896. En 1896, nous sommes sous la troisième république, celle qui adoptera les principes de l’instruction publique laïque et obligatoire ainsi que les lois de séparation des églises et de l’Etat.
Trop de choses à retenir pour la mémoire défaillante de certains.
Et puis heureusement que Simone de Beauvoir n’a jamais eu l’idée de se lancer en politique, elle qui arborait souvent un signe religieux islamique ostentatoirement ostensible.
Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir

En espagnol, holocauste se dit holocausto: sur une période assez méconnue de l’histoire

2 février 2010
Quand l’histoire est narrée par des gens sérieux, ça a quand même un autre aspect que quand cette narration est le fait de spécialistes de la mémoire, qui ne sont cependant ni psychologues, ni neurologues.
L’article que je vous propose est en réalité un compte rendu de lecture, réalisé par un historien  renommé sur le travail de Matthew Carr sur l’expulsion des Maures d’Espagne suite à la Reconquista.
On sait ou on croit savoir ce que fut le rôle de l’Inquisition dans l’Espagne de cette époque. La mémoire, encore elle, rappelle spontanément la pression qu’elle exerça sur les Juifs, entraînant des conversions le plus souvent forcées et/ou l’exil. La même mémoire omet cependant le plus souvent de rappeler que les Musulmans Espagnols et, de manière générale toutes sortes d’hérétiques, furent au centre de l’attention de cette institution de l’église catholique. Nombreux furent d’ailleurs les Juifs qui trouvèrent refuge à l’époque en Afrique du Nord ou dans l’Empire Ottoman Ce sont les fameux Juifs Sefardim ou Séfarades (Espagnols) terme qu’on emploie souvent à tort pour désigner l’ensemble des Juifs originaires de l’aire arabo-musulmane. L’action de l’inquisition contre Juifs et Musulmans Espagnols est bien documentée dans le livre « L’Inquisition espagnole » de Bartolomé Bennassar.
L’objet du livre évoqué un peu plus loin n’est pas le sort des Juifs mais celui des Musulmans et il aborde la transition qui s’est opérée en Espagne entre une période de « convivialité » entre Chrétiens et Musulmans pour aboutir à l’expulsion pure et simple des derniers Ibères de confession musulmane.
En soi, c’est déjà intéressant. Mais ce qui l’est plus encore, ce sont les analogies qu’on peut faire avec la situation présente en Europe avec des communautés musulmanes perçues et/ou présentées comme des menaces tantôt à l’identité nationale tantôt à la sécurité nationale, voire les deux. Très intéressant, aussi ce lien qu’on ne peut s’empêcher d’établir entre le sort réservé aux Musulmans Espagnols et celui que réservera plus tard aux Juifs l’Allemagne nazie.
L’auteur rappelle effectivement que, comme l’Allemagne nazie des siècles après, l’Espagne de l’époque était obsédée par l’idée de pureté raciale. Est-ce un hasard si les Wisigoths qui dominèrent l’Espagne jusqu’à la conquête musulmane étaient un peuple germanique; comme les Vandales qui laissèrent leur nom à l’Andalousie? On sait que cette obsession de la pureté raciale s’était traduite par la notion de « sang bleu » supposé caractériser le liquide qui coulait dans les veines des aristocrates Espagnols… mais pas seulement. Ce sang bleu désignait en réalité la couleur des veines visible sous la peau d’un individu bien blanc, ce que n’étaient pas toujours les Musulmans d’Espagne. Quoique le mystique Ibn Arabi, le maître spirituel de l’émir Algérien Abd-el-Kader,  ait été décrit comme un blond aux yeux bleus du plus pur « type » germanique (Cf. Henri Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Gallimard 1964).
Ceci n’est pas la seule analogie entre l’Espagne inquisitrice et l’Allemagne hitlérienne puisque l’Espagne avait envisagé, nous dit l’auteur, toutes sortes de solutions pour résoudre le problème morisque ou arabe, celle qui fut retenue finalement, étant l’expulsion qu’un moine Chrétien du 17ème siècle qualifiait de « holocauste à l’amiable. » Tiens encore un point commun avec le nazisme sauf qu’à l’époque, les motifs de la solution finale en question avaient bien à voir avec le religieux..
Et le parallèle ne s’arrête peut-être pas là puisque, comme on le sait, la famille régnante à l’époque en Espagne appartenait à la dynastie des Habsbourg, une famille germanique qui régna également sur l’Autriche. Presque tout le parcours d’Hitler: Autriche, Allemagne, Alsace (intégrée au Reich par Hitler) et Espagne (nationalistes Espagnols soutenus par les nazis dans la guerre civile qui les opposé aux républicains).
Les implications du livre de Matthew carr sont alarmantes car il laisse entendre que les leçons de ce qui s’est passé pendant la deuxième guerre mondiale n’ont pas été tirées  [pas étonnant avec toute la pédagogie bidon à ce sujet] et qu’un discours de stigmatisation de même nature que celui qui visait les Juifs se parle aujourd’hui au sujet des Musulmans.. Tisser le lien entre la période du nazisme, l’époque de l’expulsion des Musulmans d’Espagne et ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux en Europe, particulièrement en France avec la règlementation du port des signes religieux ou des vêtements dits islamiques est à la fois une source d’inquiétude mais peut-être aussi un moyen de mettre en perspective des discours qui prétendent référer aux valeurs des droits de l’homme et de la démocratie. Et d’enfin stimuler la pensée et non la bêtise universelle.

Rejetés
par Andrew Wheatcroft, New York Times (USA) 29 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

BLOOD AND FAITH (Le sang et la foi)
L’épuration de l’Espagne musulmane, par Matthew Carr, 350 pp. The New Press

Qui se souvient des derniers survivants de l’Espagne musulmane, que les Espagnols appelaient avec mépris Morisques ( «petits Maures »)? Ils font l’objet depuis une trentaine d’années d’études impressionnantes mais, à ce jour, aucune n’a pu franchir les murs du ghetto académique. Dans son livre équilibré et très complet, Matthew Carr présente leur tragique destinée à un public plus large.

« Blood and faith » est un splendide travail de synthèse. L’histoire commence avec les dix années de guerre – une croisade – pour s’emparer du royaume maure de Grenade. La victoire chrétienne de 1492 donna le signal de départ d’une longue épuration ethnique de la Sainte Espagne. Les Juifs Espagnols en furent les premières victimes; ils furent rapidement contraints à l’exil. L’autre minorité ethnique et religieuse de la péninsule ibérique, les Maures d’Espagne, posèrent un problème plus complexe.

Les maures vivaient depuis des siècles en Espagne et étaient réputés pour leur ardeur au travail et leurs compétences en tant qu’agriculteurs et artisans. Tout aristocrate propriétaire terrien connaissait le vieil adage qui disait « Quiconque a un Maure a de l’or, » et des fortunes aristocratiques ont été construites sur ce principe simple: « Plus de Maures, plus de profit. »

La lente rupture de ce vivre ensemble (convivencia) débuta avec le conquête de Grenade. El 1492, les Grenadins Musulmans furent intégrés contre leur gré dans l’Espagne chrétienne, ce qui n’alla pas sans difficultés. Pour la plupart, ils livrèrent sans relâche des combats d’arrière-garde pour défendre leur culture, leur foi musulmane et leurs institutions sociales, résistant à la conversion forcée au christianisme par tous les moyens possibles.

Ils représentaient un véritable danger pour l’Espagne chrétienne. La longue façade maritime de Grenade était une frontière ouverte aux Turcs Ottomans, les ennemis mortels de l’Espagne. En 1568, après plusieurs petites révoltes, une longue et sauvage guerre civile commença. Elle fur réprimée dans le sang vers 1571, marquant un point de non retour pour chaque camp. Au moins 80 000 Musulmans – hommes, femmes et enfants – furent déportés au coeur du pays chrétien. Sans rien résoudre. Certains auteurs de l’époque opposaient les « paisibles » Maures d’Aragon et de Castille avec les « sauvages » de Grenade, mais cette distinction s’avéra vite sans importance. Tous les Musulmans, paisibles ou sauvages, furent de plus en plus considérés par leurs voisins Chrétiens comme malfaisants et dangereux.
Qu’était un Morisque à leurs yeux? Un assassin, un voleur de grand chemin ou un bandit. Tous les Morisques devinrent des souillures pour l’Espagne catholique romaine, avec leurs rites musulmans secrets et leur mépris des valeurs de la majorité. Et comme les Juifs en 1492, ils étaient impurs, leur sang évidemment était un agent de corruption; leur simple présence en Espagne une abomination.

Dans les quatre décennies qui suivirent, les dirigeants Espagnols planifièrent de purger le pays de la menace musulmane. Des méthodes très diverses furent envisagées – noyade, castration, exil sur les côtes glaciales de Terre-Neuve. Au fil du temps, la résolution du gouvernement se renforça. La question n’était plus si, mais quand et comment. Finalement, entre 1609 et 1614, environ 300 000 Musulmans furent envoyés à marche forcée vers les côtes et embarqués dans des bateaux pour l’Afrique du Nord.

Carr, auteur de « Une histoire du terrorisme » relate de manière réaliste cette rupture, sans diaboliser cependant les Chrétiens ou les Musulmans. Il laisse entendre que le développement de la défiance mutuelle et la spirale de la violence furent les premières étincelles de l’expulsion finale. Il est pourtant impossible de lire son livre sans lui trouver une résonance dans notre époque.

Dans sa conclusion, « Un avertissement de l’histoire? », le message de Carr est net. le discours catastrophiste actuel en Europe – qui donne libre cours à  des prophéties de désastre démographique causé par des Musulmans prolifiques – qui s’oriente vers l’idée d’un « holocauste à l’amiable, »  ainsi qu’un moine Dominicain du 17ème siècle appelait la solution finale de l’Espagne à son problème insoluble. Nous devrions être plus avisés..

Le dernier livre d’Andrew Wheatcroft est “The Enemy at the Gate: Habsburgs, Ottomans, and the Battle for Europe.” [L’ennemi à nos portes: les Habsbourg, les Ottomans et la bataille pour l’Europe]

Quelques centaines de millions de terroristes Musulmans

8 janvier 2010
Dans la mise en garde contre le danger posé par le terrorisme dit islamique, le djihad global dans le vocabulaire des milieux néoconservateurs, la coutume est de préciser que ce danger lié à l’islamisme radical ne doit pas donner lieu à amalgame avec l’ensemble des Musulmans qui sont majoritairement pacifiques ou du moins « modérés. » Un musulman modéré étant celui qui accepte la dictature quand elle convient à l’Occident et se satisfait des ingérences de ce même Occident.
 Quel Musulman ne se sentirait-il pas rassuré par le fait qu’on se garde de le mettre, lui, dans la minorité des perturbateurs et des fanatiques dangereux?
Très bien, mais qu’est-ce que veulent dire dans la bouche de ces politiciens et autres spécialistes les termes ‘majoritairement,’ ‘dans leur grande majorité’ etc.?
En fait il ne s’agit de rien d’autre qu’une déclaration hypocrite qu’on contredit généralement immédiatement après l’avoir faite.
Comme on peut le constater dans une déclaration publique, sur Fox News, faite par Ed Koch, l’ancien maire de New York et sur laquelle le site TPM attire notre attention.
Dans la séquence ci-dessous, l’ancien maire qui réagit à tentative d’attentat d’Umar Farouk Abdulmutallab (surnommé aux Etats Unis ‘underbomber’ en référence à la dissimulation d’explosifs dans son slip) explique que :

Bien sûr, l’immense majorité des Musulmans, ils sont 400 millions, ne sont pas des terroristes. Mais il y en a des centaines de millions qui le sont. Ils veulent tuer tous les Chrétiens, tous les Juifs, tous les Hindous qui ne veulent pas se convertir. Et on doit en parler.

Le chiffre de 400 millions m’a interloqué. En effet les statistiques donnent un peu plus d’un milliard de Musulmans dans le monde. Se pourrait-il qu’Ed Koch se trompe à ce point sur le nombre de Musulmans dans le monde? Il est effectivement possible que ses sources de la hasbara l’aient induit en erreur. L’autre possibilité est qu’il voulait dire que sur l’ensemble des Musulmans, 400 millions ne seraient pas, selon lui, des terroristes. Si c’est la bonne éventualité, alors d’après Ed Koch, c’est en fait la majorité des Musulmans qui doit être classée dans la rubrique terrorisme.
Quoi qu’il en soit, l’estimation à plusieurs centaines de millions du nombre de terroristes islamofascistes évoque plus une guerre de civilisations qu’une simple guerre contre le terrorisme.
D’autant que les cibles de ces islamofascites sont dans l’ordre: les Chrétiens (tous), les Juifs (tous), les Hindous (tous).
Il est d’ailleurs intéressant de voir comment cette petite liste correspond tout à fait aux préoccupations actuelles du sionisme. En dehors de l’entité sioniste, les Juifs sont surtout présents dans des pays Chrétiens, priés de déclarer la guerre à l’Iran. Tandis que l’Inde est un pays dans lequel le sionisme met beaucoup d’espoirs en sa qualité de puissance de premier plan de demain.
Curieusement, ces trois acteurs semblent avoir été impliqués dans l’attentat manqué du vol 253: les Etats Unis puissance chrétienne (selon Bush), le sionisme en tant que représentant auto-proclamé du judaïsme (avec la société basée à Tel Aviv chargée d’assurer la sécurité, ou plutôt, l’insécurité à l’aéroport d’Amsterdam et l’hindouisme en la personne de ce monsieur « bien habillé » qui a aidé l’underbomber Nigérian à embarquer sans encombre dans l’avion à destination de Détroit.
Cette propagande sioniste est vraiment lourdingue mais d’une certaine efficacité cependant, au moins aux Etats Unis, grâce à son rabâchage sur certaines chaînes de télévision où certains journaux. Gardons en mémoire aussi que quand la presse parle d’émotion de l’opinion etc., elle parle avant tout des réactions de ses confrères et des politiciens amenés à intervenir dans la presse. Et ceci dans un contexte où la pluralité de la presse et des médias s’avère de plus en plus relever de la fiction.
Si on prend par exemple la menace iranienne, sa représentation se construit d’abord dans les cercles autorisés des politiques et des médiats pour être présentée à une opinion à qui on assure que ce sont ses sentiments dont la fameuse presse parle. Le plus difficile étant de créer le climat émotionnel, la peur, le plus favorable à l’émergence des opinions recherchées que des sondages judicieusement élaborés et réalisés aux moments opportuns viendront confirmer. Le site Les Mots sont Importants vous propose un certain nombre d’exemples de construction de l’opinion dans une démocratie moderne, la France en l’espèce.

L’holocauste par le mariage

1 janvier 2010
Un texte d’Aliza Lavi, paru dans l’édition de ce jour d’un grand journal de l’entité sioniste nous donne l’occasion de revenir sur le caractère étrange de la conception du judaïsme par le sionisme. Cette personne, fort mignonne au demeurant, saisit l’occasion des fiançailles de Chelsea, la fille de Bill et Hillary Clinton avec le fils d’une riche famille juive américaine pour souligner le danger des mariages entre juifs et non juifs.

D’aucuns apprécieront sa comparaison de ce genre de mariages avec ce qu’on appelle l’holocauste, soit la tentative d’extermination des Juifs européens par le nazisme. L’auteur nous apprend qu’il y a eu en réalité plusieurs holocauste antérieurs en raison de ces fameux mariages mixtes.

Bon, elle ne pousse pas le bouchon jusqu’à taxer Mlle Clinton d’antisémite, mais on n’en passe pas loin.

La conception du judaïsme manifestée par ce texte n’est en rien spirituelle mais à mi-chemin entre une conception raciale et nationale tout simplement parce que l’auteure tente de résoudre à sa manière des contradictions qui restent cependant insolubles.

En effet, Aliza Lavi met en garde contre le danger à relativement court terme que posent les mariages mixtes à la communauté juive américaine, elle reconnait implicitement que ce danger est d’autant plus grand que les portes de la conversion au judaïsme restent le plus souvent à peine entrouvertes pour ceux qui souhaiteraient adhérer à la religion juive. Elle plaide donc pour un rabbinat plus ouvert à l’accueil des convertis car cet accueil doit se faire selon la loi juive. Mais comme ce sont les rabbins qui décident de ce qu’est l’application de la loi juive, il faut que retirer cette affaire aux religieux en désignant… des rabbins plus flexibles. Les positions de Mme Lavi ont moins à voir avec un motif spirituel qu’avec un motif national. Et c’est donc la nation, c’est-à-dire l’entité sioniste qui doit prendre cette affaire en charge sous peine de perdre ses « enfants au profit d’autres religions, d’autres peuples et d’autres nations ». En une seule phrase, nous retrouvons l’intrication de ces trois termes; religion, peuple et nation.

On pointera certaines erreurs, par volonté ou ignorance, de Mme Lavi. Elle signale par exemple que, contrairement au christianisme et à l’Islam, le judaïsme n’est pas prosélyte. Ce n’est certes plus le cas, mais il n’en a pas toujours été ainsi et l’action prosélyte du judaïsme dans le Maghreb antique est bien connue. La fin du prosélytisme date de la prise en main de ce qu’on appelle judaïsme aujourd’hui par le rabbinat et la mise au pas d’une forme de judaïsme universaliste et non sectaire (le karaïsme).

Elle note concomitamment que le judaïsme, n’a été prosélyte ni par la persuasion et encore moins par la force. Cette affirmation n’a de valeur que lorsque le judaïsme est dépourvu d’Etat, ce qui a généralement été le cas avant l’instauration de l’Etat sioniste. Mais si nous prenons le cas du Yémen ancien, avec présence d’un Etat juif, nous observons un comportement tout à fait différent avec un roi Juif qui donne aux Chrétiens le choix entre la conversion au judaïsme ou la mort.
Le fiancé de Chelsea Clinton
Le problème des mariages mixtes n’est pas une question religieuse, mais une affaire nationale
par Aliza Lavi, Yedioth Aharonoth (Sionistan) le 1er janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
Chelsea Clinton, la fille d’une des familles les plus en vue de la classe politique américaine, a choisi un Juif pour mari. Le futur époux, Marc Mezvinsky, appartient à une famille du monde des affaires et de la politique. Preuve supplémentaire qu’on peut trouver des juifs au cœur même de l’establishment américain. L’ancien président et l’actuelle secrétaire d’Etat seront les beaux parents d’un Juif.
Avec toute notre reconnaissance et notre vieille amitié pour Bill et Hillary Clinton, et en dépit du fait que l’image de cette dernière joue le rôle d’exemple pour de nombreuses femmes dans le monde – on pourrait envisager cette même histoire sous un angle opposé et la considérer comme un motif de préoccupation.
Un type, membre d’une famille juive, fait un mariage mixte. On n’a aucune indication selon laquelle Chelsea Clinton envisage de se convertir au judaïsme. Et peut-être Marc, comme beaucoup de Juifs de sa génération; va-t-il épouser la femme qu’il aime sans se poser des questions en apparence obsolètes.
Bill et Hillary Clinton sont des amis sincères d’Israël et du peuple juif. Quand Hillary s’est exprimée, en qualité de première dame, le jour en mémoire de Yitzhak Rabin, elle avait commencé son discours par des citations de section hebdomadaire de la Torah. Peu de politiciens Israéliens le font. Ce faisant, Hillary montrait sa proximité intime avec le peuple juif et son patrimoine. Pendant la bataille pour la restitution des avoirs des victimes de l’holocauste conservés dans les banques suisses, c’est Hillary qui avait engagé Bill à agir pour le bien de la justice historique. Mais néanmoins, nos enfants ne peuvent pas se marier dans la famille Clinton.
Le nombre de mariages mixtes dans la diaspora a augmenté de 200 % ces 50 dernières années. Environ 55 % des mariages conclus par des Juifs sont mixtes. Dans un quart des familles, les enfants de la prochaine génération ne seront plus Juifs et auront, au mieux, une vague lien avec leurs racines juives. Une projection dans l’avenir montre qu’en l’espace de quelques générations, la communauté juive américaine aura pratiquement disparu, en dehors de sa composante religieuse et ultra orthodoxe.
Il y a des limites
Certains diront que je suis vieux jeu et raciste. Certains diront, « Pensez-vous vraiment que nous avons le droit de faire obstacle? » Et il y a ceux qui, comme certains de mes amis, qui disent qu(il y a si peu de différences entre les jeunes gens d’aujourd’hui qu’elle-même ne s’était pas rendue compte que sa fille s’était fiancée avec un Gentil avant que d’assister au mariage à l’église du frère de son futur gendre.
Ma réponse à ces arguments est la suivante: Oui, il y a des limites. La faculté du peuple juif à continuer à exister et à survivre à travers les générations repose, entre autres, sur le maintien du mariage à l’intérieur, et seulement à l’intérieur, de la communauté. L’assimilation et les mariages mixtes ont détruit des communautés complètes avant même l’holocauste.
La judaïsme, contrairement au christianisme et à l’Islam, n’est pas une religion missionnaire. Elle ne cherche pas à augmenter le nombre de ses croyants, ni par la persuasion et surtout pas en recourant à la force. Mais ce n’est pas non plus une religion fermée dans laquelle les gens ne peuvent pas entrer. Ceux qui souhaitent la rejoindre peuvent le faire, aux conditions de la loi juive. Ceux qui veulent épouser un homme ou une femme de confession juive peuvent se convertir. Les gens font des choses bien plus difficiles par amour.
Malheureusement, cette bataille semble presque perdue dans la communauté juive des Etats Unis. Mais du moins devrions nous, en Israël, parler en conséquence de ces mariages mixtes. avec plus de retenue et de façon moins colorée. En même temps, nous devons œuvrer à la nomination de juges rabbiniques qui soient sensibles et comprennent les nécessités de l’heure, qui permettront à ceux qui le veulent de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas un problème religieux mais un problème national. Ce n’est pas l’affaire des religieux. C’est l’affaire des juifs Israéliens qui risquent de perdre leurs enfants au profit d’autres religions, d’autres peuples et d’autres nations.

Jésus, le Musulman

25 décembre 2009
En ces temps de fêtes de Noël, un article rafraîchissant sur l’importance de Jésus et de Marie dans la religion musulmane. Rien de nouveau, bien entendu, pour ceux qui sont un peu au fait de la religion musulmane mais un rappel salutaire notamment en ces temps de « débat » sur l’identité nationale en France.
Dans cet article, il y a deux choses. D’une part, l’auteur fait le point sur la place de Jésus dans l’Islam et dans le Coran, en signalant convergences et divergences avec le christianisme. D’autre part, l’article évoque une réflexion sur les festivités de Noël et les Musulmans de Grande Bretagne. Cette réflexion intéresse aussi la France, en gardant bien en tête cependant que le Royaume Uni n’est pas un pays  laïque puisque le christianisme Anglican y est religion d’Etat.
Jésus en Islam
Par Mehdi Hassa, The Guardian (UK) 24 décembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Musulmans n’adorent pas Jésus mais ils le révèrent et croient en lui autant que les Chrétiens

 « Alors vous me dites que vous croyez en Jésus comme en Muhammad [Mahomet] ? » Je me souviens du regard perplexe de mon ami Chrétien il y a quelques années. Je lui avais lancé une bombe théologique en lui révélant que Jésus était considéré par les Musulmans comme un envoyé de Dieu.

 « Non seulement nous croyons en Jésus, «  avais-je répondu, faisant une pause pour maximiser l’effet dramatique, « nous croyaons aussi en sa naissance virginale. » Les yeux de mon ami s’étaient écarquillés de surprise, il en était bouche bée. »

Les Chrétiens, peut-être parce qu’ils s’appellent eux-mêmes Chrétiens et croient dans le christianisme, aiment s’approprier le Christ. C’est donc une énorme surprise pour beaucoup d’entre eux – dont mon ami – de découvrir que la deuxième confession du monde par le nombre, l’Islam, s’en revendique aussi.

Jésus, ou Aïssa, ainsi qu’on le désigne en arabe, est considéré par l’Islam comme un prophète Musulman plutôt que comme le fils de Dieu, ou l’incarnation de Dieu. Il est cité nommément dans pas moins de 25 dfférents versets du Coran et décrit comme le « Verbe » et « l’Esprit » de Dieu. Aucun autre prophète cité par le Coran, pas même Muhammad, n’ a droit à cet honneur particulier.
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En fait, l’Islam révère aussi bien Jésus que sa mère, Marie (Joseph n’apparaît nulle part dans le récit coranique de la naissance du Christ). » « Ala différence des Evangiles canoniques, le Coran s’intéresse plus à sa naissance miraculeuse qu’à l’étape ultérieure de la Passion, » écrit le professeur Tarif Khalidi dans son livre fascinant ‘Le Jésus Musulman.’ « C’es pourquoi il est souvent évoqué comme ‘le fils de Marie’ et pourquoi sa mère et lui apparaissent souvent ensemble. » En fait, Marie, ou Myriam, ainsi qu’on la connaît dans le Coran, est considérée par les Musulmans comme occupant la position spirituelle la plus élevée parmi les femmes. Elle est la seule femme mentionnée nominativement dans le livre sacré de l’Islam et un chapitre du Coran porte son nom en titre.

Mais la signification réelle de Marie est que l’Islam la considère dans sa virginité et fait sienne le concept chrétien de naissance virginale. « Elle était la femme élue, choisie pour donner naissance à Jésus, sans un mari, » déclare Cheikh Ibrahim Mogra, imam à Leicester et secrétaire général adjoint du Muslim Council de Grande Bretagne.

Pour les Musulmans, cependant, la naissance virginale n’atteste pas de la divinité de Jésus mais seulement de son importance unique en qualité de prophète et de messie. La Trinité est rejetée par l’Islam comme le sont la crucifixion et lé résurrection. Le Coran fustige le christianisme pour la pratique répandue parmi ses sectes qui consiste à déifier Jésus (et Marie) et amène sa critique sous la forme d’une interrogation de Jésus par Dieu :

Et quand Dieu dit : O Jésus, fils de Marie ! As-tu dit à l’humanité : Prenez ma mère et moi comme deux dieux à côté de Dieu ? il répondit : Gloire à Toi ! Il ne me revenait pas de dire ce que je n’avais pas le droit [de dire]. Si je l’avais dit, Tu le saurais. »

Les Musulmans chérissent et vénèrent Jésus le prophète – mais, je me le demande souvent, ne nous contentons-nouspa d’hommages de pure forme à sa vie et à son héritage ? Où, par exemple, est léquivaleent islamique de Noël ? Pourquoi les Musulmans celèbrent-ils la naissance du prophète Muhammad et non celle du prophète Jésus ? « Nous aussi, à notre manière, devrions célébrer la naissance de Jésus… [parce que] il est si spécial pour nous, » déclare Mogra.

Ces dernières années, la presse britannique de droite a pris position contre les tentatives d’autorités locales « politiquement correctes » de minimiser voire même de supprimer Noël. La tentative de la ville de Birmingham de rebaptiser ses festivités annuelles « Winterval » et les illuminations avec une thématique Harry Potter appelées « Luminos » à Luton en sont des exemples connus.On a souvent le sentiment que ce genre de décisions est motivé par la crainte que des manifestations ostensibles de la foi chrétienne pourraient offenser la sensibilité des Musulmans Britanniques mais, compte tenu de l’importance de Jésus en Islam, de telles craintes sont déplacées et contre productives. Mogra, qui dirige la commission des relations interreligieuses du MCB renchérit : « Changer le nom de Noël est une idée ridicule. » Il ajoute : « La Grande Bretagne est grande quand elle célèbre les diverses fpetes religieuses de los diverses communautés religieuses. Elles devraient garder leur nom et nous devrions toutes les célébrer. »
Au milieu des tensions entre l’Occident Chrétien et l’Orient Musulman, je pense qu’insister ensemble sur Jésus pourrait aider à réduire le fossé croissant entre les deux plus grandes communautés religieuses du monde. D’autres souscrivent. « Nous ne devons pas nous disputer sur Jésus. Il est spécial aux yeux des Musulmans et des Chrétiens, » déclare Mogra. « Il est plus grand que la vie. Nous pouvons le partager »

L’identité de rupture de M. Nicolas Sarkozy

9 décembre 2009
Dans sa récente tribune parue dans le journal Le Monde, le président Nicolas Sarkozy reconnaît explicitement ce qui auparavant n’était qu’implicite: le débat sur l’identité nationale a pour thème central la situation de l’Islam en France.
Selon M. Sarkozy, « dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s’inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique ».
Ce discours aurait été bien accueilli par les dirigeants musulmans hexagonaux.
Ce que ces dirigeants ne semblent pas comprendre, c’est que la notion de « défi » évoquée par M. Sarkozy est purement subjective et que son interprétation dépendra des circonstances. Là où untel passe devant un minaret en lui jetant un regard indifférent, l’autre ressent une vision insupportable etc.
M. Sarkozy écrit que « Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation. »
Mais dans la réalité qu’en est-il vraiment alors que seule la supposée ostentation musulmane est en réalité pointée du doigt, exactement comme dans la fameuse loi dite du foulard sur les signes religieux à l’école.
Ce que les responsables musulmans n’ont pas noté, peut-on les en blâmer, est que ce texte de M. Sarkozy, marque une véritable rupture avec toute l’histoire de la république française et donc avec l’identité française contemporaine.
Certes la tournure est habile, la civilisation chrétienne n’est apparemment pas placée sur le même plan que la république puisque dans la phrase nous avons d’abord « civilisation chrétienne » puis, séparés par une virgule « les valeurs de la république. »
Apparemment pas d’identité, c’est le cas de le dire, entre les deux. Sauf que le reste de la phrase les reprend dans un même segment, les plaçant en réalité à égalité.
En quoi est-ce une rupture?
Tout simplement parce que la république française s’est constituée et s’est affermie contre l’église catholique. Restaurations monarchiques et épisode de la Commune de 1871 avaient convaincu Thiers ou Jules Ferry d’asseoir définitivement la république en combattant le plus efficacement possible l’église catholique, alliée des monarchistes. La IIIème république inaugurée en 1871 s’achèvera avec l’arrivée au pouvoir de Philippe Pétain…
La consolidation de la république passait par une prise de contrôle de la société pour la soustraire à l’influence de l’église. Une étape marquante de cette prise de contrôle de la société fut l’instauration d’une école publique gratuite puis obligatoire et laïque et enfin la loi de séparation de l’église et de l’Etat. Cette mise au pas de l’église fut d’ailleurs bien reçue par les autres confessions qui avaient à l’époque droit de cité en France: le judaïsme et le protestantisme. Les Musulmans colonisés n’avaient eux pas voix au chapitre.
Cette construction contre le religieux, ici le catholicisme, n’est pas un paradigme qu’on pourrait généraliser à d’autres vielles démocraties parlementaires européennes. Il s’agit d’un processus propre à l’histoire de la France, et donc constitutif de son identité.
Comment raccrocher cette identité là à la civilisation chrétienne? Disons qu’il faut faire confiance au sorcier Sarkozy.
Attention, il n’est pas dans mon intention de nier l’extrême importance de l’héritage chrétien de la France (ou de l’Angleterre, de l’Irlande, de la Tchéquie etc.) mais simplement se souligner l’incongruité de le raccrocher d’une manière ou d’une autre à la république qui s’est construite contre l’église.
M. Sarkozy vient peut-être de briser une digue et Dieu sait si la république y résistera car une brèche est ouverte dans laquelle les clercs ne tarderont sans doute pas à s’engouffrer.
Et ces clercs ne sont pas et ne seront pas musulmans car, en dépit de leur nombre, le poids politique des musulmans dans la société française est proche de zéro.
Et la question de l’Islam en France est, avant d’être une question religieuse ou culturelle, d’abord une question éminemment politique qui tient au droit de cité des adeptes réels ou supposés de cette religion.
Une question « d’intégration » comme on aime à le dire dans les cercles néo-coloniaux .(Sauf que ces cercles mettent en question l’intégré putatif et non l’intégrateur récalcitrant).

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