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Sionisme, magie et occultisme: le point de vue de David Shasha

11 juillet 2010
Je n’ai pas lu Buchner, une lacune impardonnable qui témoigne des limites de mon érudition et que n’a pas manqué de me reprocher un commentateur sioniste qui observe que je ne suis pas germaniste. Je le confesse, je ne comprends absolument pas l’allemand, ce qui m’interdit, à la différence de ce commentateur, de lire Mein Kampf dans le texte original. Autant dire que je ne vais pas me dépêcher pour lire l’un ou l’autre. En passant, nos amis sionistes devraient lire Collodi, ils comprendraient pourquoi leur nez s’allonge de jour en jour.
 
Buchner s’inscrivait dans un argument pour montrer l’importance des thèmes bibliques dans la révolution française. Comme si le recours à Buchner s’imposait dans ce cas précis car de nombreux mouvements politiques ont subi peu ou prou une influence religieuse, qu’il s’agisse de mouvements à visée émancipatrice comme la révolution française ou conservateurs comme la révolution nationale du Maréchal Pétain.
Ces procédés argumentatifs témoignent du caractère magique de la pensée sioniste : que la Bible ait pu être une des sources d’inspiration des révolutionnaires (avec l’antiquité grecque ou romaine ne l’oublions pas ainsi que l’importance de la raison) serait supposer refléter le rôle décisif du judaïsme via son livre sacré. Sauf que l’inspiration politique chez les Chrétiens vient de la Bible conçue comme Ancien et Nouveau Testaments, ce dernier étant rejeté par le judaïsme. Le fait que les peuples puisent dans les matériaux culturels à leur disposition, phénomène tout à fait ordinaire, deviendrait presque un de ces miracles avec lesquels la Bible nous a familiarisés. De même, la pensée magique des sionistes fait dériver l’Islam et le Coran de la Bible. Venant d’un Musulman, un tel propos aurait été jugé blasphématoire. Sans aller jusque là, ils s’agit surtout d’un blasphème contre la vérité.
En quoi tout cela justifie-til que des gens prétendent accaparer la Palestine au détriment du peuple indigène ? Mystère et boule de gomme.
Soit dit en passant, la Torah ne joue dans le judaïsme contemporain qu’un rôle de fétiche puisque la place première revient au Talmud, la fameuse Torah orale.
Comment comprendre autrement que par une pensée magique l’arrivée de Freud et d’Einstein dans la discussion ? Ni l’un ni l’autre n’étaient d’ailleurs franchement sionistes. Pour ne nous en tenir qu’à Freud, ce dernier était un libre penseur conservateur Autrichien issu d’une famille juive, inventeur d’une doctrine étrange qui a eu un succès encore plus étrange (sauf en termes thérapeutiques où elle s’est avérée de peu d’utilité).

Cette pensée magique est inscrite profondément dans la mentalité sioniste et si on a pu s’en apercevoir avec ce juge qui argumente son verdict à partir de la numérologie de la Kabbale, David Shasha, directeur du centre pour le patrimoine séfarade va très loin dans ce sens. Pour lui, le judaïsme qui inspire (et est inspiré par) le sionisme est surtout un culte qui mêle magie et occultisme. Maintenant, on comprend mieux le fonctionnement du juge numérologue.

 
Thèmes mystiques dangereux dans le judaïsme
Par David Shasha, The Huffington Post (USA) 11 juillet 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

 
Le mouvement concerté d’attaque des écrits de Moïse Maïmonide, peut-être le plus important des sages de l’histoire juive post-talmudique, trouve son origine dans les cercles rabbiniques ashkénazes et a été mis en pratique par une interdiction promulguée par leurs disciples en Espagne chrétienne. Il est intimement lié au triomphe de l’occultisme mystique dans le judaïsme. La bataille entre l’humanisme de Maïmonide, fondé sur la science et le rationalisme philosophique, et l’occultisme kabbaliste ashkénaze, est le plus important facteur dans notre démarche pour comprendre plus largement la civilisation juive.

  Au centre de cette controverse, se trouve l’épineuse question de l’authenticité juive.
 
Dans la conclusion de son livre de 1983, Problems and Parables of Law: Maimonides and Nahmanides on the Reasons for the Commandments, Josef Stern nous donne un aperçu fascinant sur la manière dont ce « choc des civilisations » s’est joué:
 
« L’explication par Maimonide des huqqim [les lois bibliques dont on pensait qu’elles n’avaient pas d’explication rationnelle] essayait d’aboutir à la fin du mythe dans le judaïsme. Elle a conduit, au contraire, à travers son influence intellectuelle sur Nahamides juste une génération après, à la ressuscitation de ces mêmes mythes. »

 Les prises de position de type socio-historique sont caractéristiques des travaux universitaires contemporains sur Maïmonide. Les supposées innovations de Maïmonide sont souvent blâmées pour l’échec de son projet.
 
Dans son étude de 2006, ‘Maimonides’ Confrontation with Mysticism, » Menachem Kellner adopte une approche qui est devenue la norme dans la plupart des cercles intellectuels juifs, et il écrit:
« Le monde juif dans lequel vivait Maïmonide ne prisait guère la vision austère, abstraite et exigeante de la Torah qu’il prêchait. Des témoignages émanant de sources très variées montrent qu’à l’époque de Maïmonide, les Juifs – gens du commun comme érudites – acceptaient l’astrologie, l’usage magique des noms divins, l’invocation des anges, etc. »
 
Dans une noble tentative pour élever la pensée de Maïmonide, l’argumentation de Kellner donne bizarrement crédit aux positions des anti-Maïmonide.
Dans la conclusion du livre, il observe:
D’un autre côté, le monde qui a la préférence des opposants à Maïmonide est un monde « enchanté ». Nombre d’opposants à Maimonide, à son époque et de nos jours, admettent en fait l’efficacité des charmes et des amulettes, et craignent le mal qui vient des démons et du mauvais œil. Mais ce n’est pas sur ce point que je soutiens qu’ils vivent dans un monde enchanté. Leur monde n’est pas un monde qui peut être expliqué en termes de résultats invariant de lois de la nature de source divine; ce n’est pas un monde qui peut être compris rationnellement. C’est un monde dans lequel la notion de miracle perd toute signification, dès lors que tout ce qui arrive tient du miracle. Dans un tel monde, les instructions divines, et le contact avec le divin en général, doit être médiatisé par une élite religieuse qui est la seule à pouvoir percevoir la véritable réalité cachée par la nature. C’est l’opposé d’une religion de responsabilisation dans la mesure où elle retire aux Juifs la maîtrise de leur destin et, en effet, la met entre les mains des rabbins.

Nous pouvons voir la tension au cœur de l’argument de Kellner, une tension qui le pousse à accepter l’authenticité absolue de la tradition mystico-occulte de la Kabbale et à rejeter la validité pour les Juifs du rationalisme de Maïmonide.

Le mot hébreu « Kabbalah » veut dire littéralement « accepter » [comme en arabe, NdT] et est utilisé dans le sens de « tradition. » Dans ce qui était connu à une époque comme un judaïsme « normatif » – un terme que les érudits du judaïsme contemporain ont âprement contesté et rejeté- la Kabbale était comprise dans le sens de transmission de la tradition talmudique par les académies de Palestine et de Babylone. Ce processus trouve son apogée dans l’œuvre de Maimonide, dont les compilations synthétisant les lois juives intégrées avec les principes de la science et de la rationalité représentent cette vigoureuse fusion que nous avons appelée « humanisme religieux. »

Le livre de Kellner contient une préface du professeur de l’Université Hébraïque Moshe Idel, l’universitaire peut-être le plus influent dans le monde du judaïsme, lauréat du prestigieux Israel Prize et référence incontournable dans l’univers des études juives. Idel a inlassablement promu tendance antirationnelle, pro magie et néo paganiste de la tradition juive qu’on appelle aussi Kabbale.
 
Comme nous le voyons dans un passage de son travail fondateur de 1998, « La Kabbale: Nouvelles Perspectives » :
 
La Kabbale peut être considérée comme un élément de la restructuration de ces aspects de la pensée rabbinique dont le système de Maïmonide rejetait le caractère authentique. Loin d’être une complète innovation, la Kabbale a représenté historiquement un effort continu pour systématiser des éléments préexistants de mysticisme, de mythes et de théurgie juifs en réaction pure et simple au défi rationaliste.
Le projet intellectuel d’Idel a été conçu pour affirmer l’authenticité de la kabbale mystico-occulte et sape la validité des normes rationnelles de l’humanisme religieux. Idel soutient que la vision commune de la Kabbale théurgico-mystique comme apport étranger au talmudisme rationaliste, illustrée par l’œuvre de Maïmonide en tant qu’héritier de la tradition sépharade andalouse, est erronée:

 Il est cependant possible de supposer que, si les idées transmises dans ces cercles [kabbalistes] inconnus faisaient partie d’une ancienne conception du monde [weltanschauung], leurs affinités avec la mentalité rabbinique seraient plus structurelles et aisément intégrées dans la structure mystique du judaïsme. Selon cette hypothèse, il est inutile d’expliquer pourquoi les anciens Juifs avaient adopté les doctrines gnostiques, pourquoi ils les ont transmises et, finalement, comment de judaïsme « gnostique » a été revivifié à l’époque médiévale par les autorités juives conservatrices. Par ailleurs, la démarche d’étude du mysticisme juif selon les axes que j’ai proposés a un avantage méthodologique manifeste: elle postule une évolution relativement interne du mysticisme juif qui peut être démontrée en utilisant le matériau hébraïque découvert dans les différentes strates de la littérature juive et qui, en conséquence, peuvent aussi être réfutés par l’analyse philologique ou historique des textes. 

C’est cette assertion finale qui est la plus critique pour la compréhension de l’identité juive contemporaine.
Une dialectique se trouve au cœur de la vision sioniste: la négation de la Diaspora et l’imposition d’une ancienne authenticité juive antérieure à la Diaspora. Comme l’explique l’historien Yitzhak Baer dans son livre de 1936 « Galut » [Diaspora]:
Notre place dans le monde ne soit pas être mesurée à l’aune de ce monde. Notre histoire suit ses propres lois, maintenant ses tendances les plus intimes devant les dangers extérieurs de la dispersion, de la désintégration, de la sécularisation et de la pétrification morale et religieuse.
 
Comme son ami Ben-Zion Dinur, Baer était connu pour son antipathie pour la tradition maimonidéo-andalouse de cosmopolitisme éclairé ainsi que pour son zèle sioniste. Dans la pensée de Baer, le judaïsme est quelque chose à part du reste du monde, il est à la base un occultisme qui a été préservé et transmis selon sa propre logistique au cours des siècles.

La nature problématique de la culture juive en Israël peut être identifiée comme la tentative paradoxale de réintégrer les juifs dans le concert des nations, mais de le faire par un processus occulte qui reste étranger à la civilisation universelle et aux normes de la science et de la rationalité.

Le danger inhérent à l’approche magico-mythique est à la base épistémologique. Ce point avait été traité de manière éloquente par l’écrivain Argentin Jose Luis Borges dans sa nouvelle « La Bibliothèque de Babel »:
 

Une des habitudes de l’esprit est l’invention d’horribles fantaisies. Il a inventé l’enfer, la prédestination, la prédestination à l’enfer, les idées platoniques, la chimère, le sphinx, la particularité des nombres transfinis (où les parties sont équipotentes à l’ensemble), les masques, les miroirs, les opéras, la monstrueuse Trinité: le Père, le Fils et le Saint-Esprit, tous articules dans un organisme unique… J’ai essayé de sauver de l’oubli une moindre horreur: l’immense bibliothèque contradictoire, dont les déserts verticaux de livres courent le risque incessant de métamorphose, qui affirment tout, nient tout et embrouillent tout – comme un Dieu devenu fou.

 
Ce texte de Borges est étrangement confirmé par l’état de choses actuel dans le judaïsme. Ayant repris sa terre ancestrale aux Arabes indigènes, le sionisme a recouru à une tradition juive occulte basée sur le concept « totalisant » d’un judaïsme mythique. Etranger aux traditions progressistes de la Diaspora qui ont permis au judaïsme d’évoluer en absorbant les influences extérieures afin de survivre, comme le fit Maimonide, la pensée sioniste a cherché à faire un saut en arrière dans le temps pour retrouver une tradition juive véritablement « authentique » et a découvert cette tradition dans l’antirationalisme des rabbins ashkénazes.

 Ce qui a conduit au rejet de l’humanisme séfarade juif tel que formulé par Maïmonide et à l’affirmation d’un chauvinisme juif ethnocentrique basé sur le mysticisme magique de la théurgie de la Kabbale. C’est un judaïsme qui rejette les principes d’une lecture critique du passé juif et nous a menés à cette sorte de pureté idéologique et de nationalisme militants qui est devenu caractéristique de l’impasse insoluble au Moyen Orient. Même si ce processus occulte a été sécularisé par le sionisme, il est visible que les valeurs idéologiques de la mystique continuent à animer l’auto-perception des juifs dans un sens nationaliste.
 

Un svastika dans une synagogue? Pourquoi pas?

4 mai 2009

Je laisse ce point à vos sagaces recherches, mais l’article que je vous propose ne peut que conforter l’idée que ce qu’on appelle le judaïsme est une religion relativement récente, postérieure au christianisme et en aucun cas sa matrice.

Vous aviez sans doute comme moi l’habitude de considérer l’étoile de David comme un symbole caractéristique du judaïsme.

Eh bien, non car ce symbole était avant tout soit de nature décorative, soit à caractère magique et c’est d’abord du dehors du judaïsme que ce symbole a été initialement accolé à cette religion.

Et ce sont le sionisme et le nazisme qui imposeront son caractère général, au point que l’étoile de David apparait aujourd’hui comme le principal symbole juif et qu’elle figure sur le drapeau de l’entité sioniste.

Il aurait été amusant de voir le judaïsme adoptant le svastika (croix gammée) comme symbole.

Impossible ? Voire, puisque nous apprenons dans cet article l’usage du svastika au côté de l’étoile de David comme motif décoratif (ou magique ?) dans une ancienne synagogue.

Etoile de David : Du talisman mystique au symbole sioniste
Dans un livre publié 27 ans après la mort de ce savant juif, le professeur Gershom Scholem soutient que l’étoile de David n’était pas un symbole juif ancien mais plutôt un symbole magique qui n’a été adopté par les Juifs qu’au XIXème siècle.
par Moshe Ronen, Yediot (Sionistan) 3 mai 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Peu de livres sont publiés soixante ans après avoir été écrits. C’est le cas du livre du professeur Gershom Scholem « Magen David – History of a Symbol » qui vient seulement d’être publié, 27 ans après le décès de l’auteur.

Le professeur Scholem, un des plus grands érudits juifs de notre temps, spécialiste de la Kabbale et du mysticisme juif et un des fondateurs de l’université hébraïque de Jérusalem a étudié pendant cinquante ans l’histoire de l’étoile de David. Il a publié un court résumé de son étude en 1949, peu de temps après que ce symbole ait été choisi pour figurer sur le drapeau du nouvel Etat [l’entité sioniste].

Dans son article, le professeur Scholem établissait que L’étoile de David n’est pas un symbole juif et n’est donc pas le ‘symbole du judaïsme.’»
L’étude a récemment été publiée dans un livre du professeur Avraham Shapira. Ce nouveau livre fouille les aspects religieux, mystique et national de l’étoile de David.

Protection magique contre le danger

Selon Scholem, le symbole de l’hexagramme a été auparavant connu comme sceau de Salomon et utilisé aussi bien comme motif décoratif que comme symbole auquel on attribuait des pouvoirs magiques. Sa première trace documentée se trouve sur le sceau de Yehosua Ben Assiyahu
à l’époque du dernier royaume il y a 2700 ans.

On le retrouvera encore gravé en relief dans une synagogue de Capharnaüm bâtie pendant le 3ème siècle de notre ère à côté d’un autre symbole, un svastika. Personne ne pense que ces deux symboles graphiques aient été plus que de simples décorations.

Au cours de la période du second Temple, c’est le chandelier à sept branches plutôt que l’étoile de David qui était considéré comme un symbole juif. Selon Scholem, le sceau de Salomon est initialement apparu dans la mystique juive au 6ème siècle après JC sur un talisman contenant deux lions avec une étoile de David au milieu.

Au fil des générations, le sceau de Salomon est apparu en deux versions : un pentagone (polygone à cinq côtés) et un hexagone (polygone à six côtés).

Drapeau juif à Prague
Jusqu’au début du 19ème siècle, le symbole était utilisé à des fins magiques pour protéger du danger et apparaissait principalement sur et dans les mezuzot. Le premier livre qui évoquait ce symbole en tant que « étoile de David » avait été écrit au 14ème siècle par le petit fils de Maïmonide, le rabbin David Ben Yehuda HaHasid.

L’usage officiel de l’étoile de David comme symbole juif a commencé à Prague. Le professeur Scholem écrit qu’elle avait été choisie soit par la communauté juive locale, soit par les autorités chrétiennes comme moyen de caractériser les Juifs qui, plus tard, l’accepteront et l’adopteront. En 1354, l’empereur Charles IV octroya aux Juifs le privilège de hisser leur propre drapeau, et ce drapeau contenait l’étoile de David. Un de ces drapeaux peut encore être vu dans la nouvelle synagogue du vieux Prague.

De Prague, où l’étoile de David était imprimée sur les couvertures des livres et gravée sur les pierres tombales, le symbole s’est diffusé dans le reste de l’Europe et s’est fait progressivement connaître comme le symbole du judaïsme.

Le premier congrès sioniste de Bâle en 1897 choisira le drapeau sioniste, qui arbore une étoile de David bleue.

Mais le professeur Scholem affirme que ce symbole n’est véritablement devenu chargé de sens que pendant l’holocauste, après que les nazis l’utilisèrent pour maquer les Juifs, le sacralisant de la sorte. Selon Scholem, cet usage a donné au symbole graphique un sens spirituel de sacralité qu’il n’avait jamais eu auparavant.

>Un svastika dans une synagogue? Pourquoi pas?

4 mai 2009

>

Je laisse ce point à vos sagaces recherches, mais l’article que je vous propose ne peut que conforter l’idée que ce qu’on appelle le judaïsme est une religion relativement récente, postérieure au christianisme et en aucun cas sa matrice.

Vous aviez sans doute comme moi l’habitude de considérer l’étoile de David comme un symbole caractéristique du judaïsme.

Eh bien, non car ce symbole était avant tout soit de nature décorative, soit à caractère magique et c’est d’abord du dehors du judaïsme que ce symbole a été initialement accolé à cette religion.

Et ce sont le sionisme et le nazisme qui imposeront son caractère général, au point que l’étoile de David apparait aujourd’hui comme le principal symbole juif et qu’elle figure sur le drapeau de l’entité sioniste.

Il aurait été amusant de voir le judaïsme adoptant le svastika (croix gammée) comme symbole.

Impossible ? Voire, puisque nous apprenons dans cet article l’usage du svastika au côté de l’étoile de David comme motif décoratif (ou magique ?) dans une ancienne synagogue.

Etoile de David : Du talisman mystique au symbole sioniste
Dans un livre publié 27 ans après la mort de ce savant juif, le professeur Gershom Scholem soutient que l’étoile de David n’était pas un symbole juif ancien mais plutôt un symbole magique qui n’a été adopté par les Juifs qu’au XIXème siècle.
par Moshe Ronen, Yediot (Sionistan) 3 mai 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Peu de livres sont publiés soixante ans après avoir été écrits. C’est le cas du livre du professeur Gershom Scholem « Magen David – History of a Symbol » qui vient seulement d’être publié, 27 ans après le décès de l’auteur.

Le professeur Scholem, un des plus grands érudits juifs de notre temps, spécialiste de la Kabbale et du mysticisme juif et un des fondateurs de l’université hébraïque de Jérusalem a étudié pendant cinquante ans l’histoire de l’étoile de David. Il a publié un court résumé de son étude en 1949, peu de temps après que ce symbole ait été choisi pour figurer sur le drapeau du nouvel Etat [l’entité sioniste].

Dans son article, le professeur Scholem établissait que L’étoile de David n’est pas un symbole juif et n’est donc pas le ‘symbole du judaïsme.’»
L’étude a récemment été publiée dans un livre du professeur Avraham Shapira. Ce nouveau livre fouille les aspects religieux, mystique et national de l’étoile de David.

Protection magique contre le danger

Selon Scholem, le symbole de l’hexagramme a été auparavant connu comme sceau de Salomon et utilisé aussi bien comme motif décoratif que comme symbole auquel on attribuait des pouvoirs magiques. Sa première trace documentée se trouve sur le sceau de Yehosua Ben Assiyahu
à l’époque du dernier royaume il y a 2700 ans.

On le retrouvera encore gravé en relief dans une synagogue de Capharnaüm bâtie pendant le 3ème siècle de notre ère à côté d’un autre symbole, un svastika. Personne ne pense que ces deux symboles graphiques aient été plus que de simples décorations.

Au cours de la période du second Temple, c’est le chandelier à sept branches plutôt que l’étoile de David qui était considéré comme un symbole juif. Selon Scholem, le sceau de Salomon est initialement apparu dans la mystique juive au 6ème siècle après JC sur un talisman contenant deux lions avec une étoile de David au milieu.

Au fil des générations, le sceau de Salomon est apparu en deux versions : un pentagone (polygone à cinq côtés) et un hexagone (polygone à six côtés).

Drapeau juif à Prague
Jusqu’au début du 19ème siècle, le symbole était utilisé à des fins magiques pour protéger du danger et apparaissait principalement sur et dans les mezuzot. Le premier livre qui évoquait ce symbole en tant que « étoile de David » avait été écrit au 14ème siècle par le petit fils de Maïmonide, le rabbin David Ben Yehuda HaHasid.

L’usage officiel de l’étoile de David comme symbole juif a commencé à Prague. Le professeur Scholem écrit qu’elle avait été choisie soit par la communauté juive locale, soit par les autorités chrétiennes comme moyen de caractériser les Juifs qui, plus tard, l’accepteront et l’adopteront. En 1354, l’empereur Charles IV octroya aux Juifs le privilège de hisser leur propre drapeau, et ce drapeau contenait l’étoile de David. Un de ces drapeaux peut encore être vu dans la nouvelle synagogue du vieux Prague.

De Prague, où l’étoile de David était imprimée sur les couvertures des livres et gravée sur les pierres tombales, le symbole s’est diffusé dans le reste de l’Europe et s’est fait progressivement connaître comme le symbole du judaïsme.

Le premier congrès sioniste de Bâle en 1897 choisira le drapeau sioniste, qui arbore une étoile de David bleue.

Mais le professeur Scholem affirme que ce symbole n’est véritablement devenu chargé de sens que pendant l’holocauste, après que les nazis l’utilisèrent pour maquer les Juifs, le sacralisant de la sorte. Selon Scholem, cet usage a donné au symbole graphique un sens spirituel de sacralité qu’il n’avait jamais eu auparavant.


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