Archive for the ‘Los Angeles’ Category

Espionnage des mosquées et fabrication de terroristes aux USA, le cas Craig Monteilh

7 décembre 2010

Je vous avais déjà parlé des activités d’espionnage que pratiquent certains services de sécurité dans les mosquées. De même, j’avais déjà évoqué cette étrange pratique policière qui consiste à entrer en contact avec un quidam, musulman au moins nominalement de préférence, pour lui instiller des idées d’attentats auxquelles il n’avait pas pensé spontanément. Bien entendu, pour aider au processus de maturation, un peu (ou beaucoup d’argent) ainsi qu’un accès incroyablement facile à du matériel meurtrier sont d’une utilité non négligeable. Pourquoi ne pas convaincre par exemple un esprit fragile de passer à l’action en échange de la prise en charge financière d’une greffe d’organes dont son petit frère a cruellement besoin ?
C’est de ça entre autres dont parle cet article qui traite d’une affaire qui fait grand bruit aux Etats Unis où un faux converti à l’Islam avait été chargé par le FBI d’infiltrer une mosquée de la région de Los Angeles. Cette taupe a été si loin dans son travail d’appel au meurtre que les fidèles sont allés le dénoncer au FBI sans que leur dénonciation soit suivie d’effets.
Le pot aux roses a éclaté au grand jour aujourd’hui et la taupe s’est mise à parler publiquement, soit de peur d’être liquidée par le FBI, soit pour engranger encore plus d’argent ; où même les deux.
 
La taupe du FBI dans une mosquée de Californie sape la confiance entre les Musulmans et le FBI
Updated: 2 minutes ago
par Mara Gay AOL News 5 USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

Craig Monteilh alias Farouk al-Aziz
 
Quand Farouk al-Aziz a, allègue-t-on, tenté d’inciter des fidèles d’une mosquée californienne) faire sauter un centre commercial, ils l’ont signalé au FBI, mais rien ne s’est passé.
C’est semble-t-il parce que al-Aziz était en réalité Craig Monteilh, un informateur rémunéré par le FBI, un repris de justice envoyé pour infiltrer la mosquée et dénoncer un terroriste potentiel. Mais c’est au contraire la démarche du FBI consistant à espionner la mosquée qui a été mise au jour, une affaire qui a fragilisé les relations entre le FBI et les Musulmans.
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Elle a aussi suscité d’âpres questions chez des détracteurs qui affirment que les procédés utilisés par le FBI avec les communautés musulmanes s’apparentent parfois à des pièges, à de la provocation.
« La question est celle-ci: ces ‘complots’ présumés auraient-il existé sans une implication active du FBI? » a déclaré aujourd’hui à AOL Ibrahim Hooper, porte parole du Council on American-Islamic Relations. « Et nous voyons trop souvent qu’ils sont en réalité fabriqués par le FBI et utilisés de sorte à y attirer des gens qui autrement, n’auraient jamais choisi de leur propre chef de commettre ce genre d’actions. »
Dans l’affaire californienne, rapportée par le Washington Post ce week-end, le FBI a payé Monteilh -un faussaire condamné- 177 000 dollars pendant plus d’un an pour qu’il contribue à élaborer un dossier pour terrorisme contre Ahmadullah Sais Niazi, un membre d’une mosquée d’Irvine. Mais le dossier est tombé à l’eau quand Niazi et d’autres à la mosquée se sont tellement inquiétés des propos de Monteil relatifs à un djihad violent qu’ils l’ont signalé au FBI et ont même demandé un ordre de contrainte à son encontre.
« Ils avaient déclaré que Farouk leur avait dit avoir accès à des armes et qu’ils devraient faire sauter un centre commercial, » a déclaré au Washington Post Hussam Ayloush, directeur exécutif du Council on American-Islamic Relations à Los Angeles. « Ils étaient convaincus que cet homme était un terroriste. »
 
En septembre, le Département de la Justice a classé sans suite le dossier contre Niazi dont il était allégué qu’il avait été enregistré avec Monteilh donnant son accord pour faire sauter des immeubles, selon le Washington Post. Et maintenant, pour aggraver les choses pour le FBI, Monteilh parle publiquement de son histoire, affirmant que des agents du FBI lui avaient appris comment piéger des Musulmans et avaient tenu des propos désobligeants sur l’Islam.
Le FBI a refusé de s’exprimer spécifiquement sur l’affaire Monteilh mais a déclaré que les accusations de ciblage des communautés musulmanes par le FBI étaient fausses.
« Le FBI n’enquête pas sur la religion, » a déclaré aujourd’hui à AOL News Laura Eimiller, porte parole du FBI à Los Angeles. « Sous entendre que le FBI a lancé une enquête en se basant sur une appartenance ethnique ou religieuse est ridicule. »
Mais Alicia McWilliams, dont le neveu a été un des quatre homes condamnés cette année pour une tentative d’attentats contre des synagogues dans le Bronx, New York, a déclaré que le FBI piège des gens qui appartiennent aux couches vulnérables de la société. McWilliams affirme que des informateurs du FBI avaient ciblé son neveu parce qu’il était jeune, noir, « dans une mauvaise passe », impressionnable et qu’on lui avait proposé de financer la greffe de foie pour son frère s’il acceptait de participer au complot.
 
« On ne fait pas de cadeau dans les quartiers pauvres,» a-t-elle déclaré aujourd’hui à AOL News. « Ils se servent de criminels pour fabriquer des criminels. »
Robert Turner, qui enseigne le droit à l’université de Virginie et est le directeur associé de son Center for National Security Law, considère que le FBI avait probablement une raison de penser que Niazi préparait quelque chose et avait demandé à Monteilh de le surveiller lui, mais pas toute la mosquée.
Turner affirme que le FBI est conscient de l’importance d’avoir de bonnes relations avec les Musulmans Américains. « Le FBI sait que les Musulmans patriotes sont dans une situation qui peut leur permettre de nous aider à éviter un nouveau 11 septembre, » a-t-il déclaré à AOL News.
Selon lui, Monteilh – qui a été arrêté pour vol qualifié d’automobiles après que le FBI ait rompu toutes relations avec lui – ment probablement sur la vision de l’Islam par le FBI. »Il me semble que Monteilh s’est dit, « Qu’est-ce que je pourrais raconter qui va vraiment embarrasser le FBI ? Je ne trouve rien de crédible là dedans. »
Pourtant, les procédés du FBI ont continue à susciter la controverse. Le mois dernier, par exemple, Mohamed Osman Mohamud, un Américain de 19 ans d’origine somalienne a été arrêté sur la présomption d’avoir conduit une camionnette bourrée d’explosifs – fournis par des agents du FBI – destinée à une cérémonie d’illumination d’arbre de Noël à Portland, en Oregon. Et déjà, les avocats de Mohamud avaient indiqué qu’ils plaideraient la manipulation pout sa défense.  
Lynne Jackson, le co-fondateur de Project Salam, une organisation d’aide juridique pour les Musulmans, affirme que le recours à des informateurs infiltrés dans les communautés islamiques était devenu un problème de respect des libertés publiques comparable à la peur des Rouges pendant la guerre froide.
« Ce sont des préjugés contre les Musulmans. C’est comme dans les années 1950, sauf qu’à la place des communistes, ce sont les Musulmans, » dit-elle. « Le gouvernement s’en prend aux Musulmans à cause de ce qu’ils pensent même quand ils n’ont rien fait du tout.
Hooper de l’organisation CAIR affirme que l’utilisation d’informateurs par le FBI mine la confiance entre les Musulmans Américains et les forces de l’ordre.
 
« Le principe de base est que le FBI a besoin d’avoir des canaux de communication ouverts en direction de la communauté musulmane américaine afin que nous puissions travailler ensemble contre quiconque menace la sécurité de notre nation, » dit-il.
Mais, ajoute-t-il, « tant que les Musulmans Américains se sentiront mis à part et soupçonnés en tant que communauté entière, l’atmosphère restera froide. »

Du supposé crime antisémite au véritable crime d’une mafia en plein boom

3 décembre 2009
Google News a procédé à un nettoyage efficace, mais on peut quand même retrouver la trace de ce que, aux USA, on qualifie de « hate crime, » une notion extensible à l’infini qui permet aux autorités judiciaires d’inculper ou de poursuivre des gens qui ont commis des délits ou des crimes qui n’entrent pas nécessairement dans la rubrique des délits ou crimes racistes.
Cette notion, qui a sans doute une utilité, je ne le conteste pas complètement, est, une fois inscrite dans le droit, le principal levier qu’utilisent les responsables du lobby sioniste aux USA pour menacer ou engager des procédures contre tel ou tel mal pensant. Parfois, elle sert simplement à stigmatiser le discours de l’autre et à le rendre inaudible et infréquentable.

Pardonnez ce détour, et revenons maintenant à ce « hate crime » qui avait fait deux blessés par balles le 29 octobre dernier dans le parking souterrain d’une synagogue de Los Angeles. Après des publications journalistiques initialement abondantes sur ce crime, on peine aujourd’hui à retrouver ces fameux articles qui parlaient de « hate crime, » de crime antisémite. Tout ce que j’ai pu retrouver, c’est un article de synthèse sur ce genre de crimes et qui inclut ce qui s’est passé à la synagogue.
C’est que maintenant, il n’est plus question de crime antisémite mais, plus banalement si j’ose dire, de l’action d’une bande criminelle originaire de l’entité sioniste, une mafia qui est en plein boom en ce moment en Californie.
La récente fusillade liée à la mafia israélienne
Los Angeles Daily News (USA) 3 décembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
Deux hommes victimes de tirs aux jambes dans une synagogue de North Hollywood il y a cinq semaines – dont l’un qui apparemment était au mauvais endroit au mauvais moment, ont été « kneecapped » (tirer aux genoux, avertissement mafieux) dans le cadre d’un avertissement « relié à une organisation criminelle, » affirme un officier supérieur de la police de Los Angeles (LAPD).
L’activité du crime organisé israélien à Los Angeles « a un peu empiré » récemment, et le 29 octobre une fusillade ) la synagogue sépharade Adat Yeshurun Valley de Sylvan Street en a été un exemple, déclare Michael P. Downing, sous-chef de la police de Los Angeles.
Downing a tenu ces propos en début de semaine pendant une interview accordée au Jerusalem Post à Tel Aviv où il participait à la conférence Safe City Solutions (solutions pour la sécurité urbaine) traitant du crime organisé et du terrorisme.
Downing, qui dirige le bureau de l’anti-terrorisme et du renseignement criminel du LAPD, était de retour mercredi à Los Angeles lorsqu’il a donné une interview au Los Angeles Times où il a précisé ses assertions au sujet de la fusillade de la synagogue.
« C’est une piste que nous suivons, mais nous n’avons pas encore fait nos conclusions définitives, » a déclaré Downing au Times. Personne n’est absolument certain que la fusillade était reliée au crime organisé, a-t-il dit.
Les tirs s’étaient produits vers 18h20 le 29 octobre dans un parking sous les locaux de la synagogue située 12405 Sylvan Street, avait indiqué la police.
Les deux victimes venaient juste d’arriver dans deux véhicules distincts pour le service religieux du matin et ont reçu des tirs dans les jambes après être sortis de leurs voitures, avait déclaré Michael Moore, sous-chef du LAPD. Il avait précisé que le tireur n’avait pas parlé aux victimes avant d’ouvrir le feu.
« Les enquêteurs que, en ne faisant pas de sommation, le tireur avait tenté de tuer l’homme et que son arme a mal fonctionné, » avait déclaré Richard French, porte parole du LAPD.
« Alors qu’il essayait de faire fonctionner son arme, la seconde victime a vu et entendu ce qui se passait et s’est approchée du tireur, » avait expliqué French, et « à ce moment, le suspect a tiré sur les deux victimes. »
Le tireur s’est ensuite enfui à pied. Aucune arrestation n’a été effectuée.
Des sources judiciaires ont indiqué au Times que le deuxième homme est considéré comme ayant été au mauvais endroit au mauvais moment.
Au début, les autorités avaient craint que les tirs soient liés au terrorisme ou à un crime raciste mais avaient écarté cette éventualité quelques heures après la fusillade.
« Ca ne cadrait pas, » a déclaré Downing au jerusalem Post. « Les deux victimes ont reçu des balles aux genoux. Ce qui ne colle pas avec une action terroriste. Ca ressemblait à une frappe ciblée, chirurgicale. »
Il a expliqué que les victimes « avaient été ciblées en manière de dernier avertissement en lien avec une organisation criminelle ».
Quant aux activités de cette organisation criminelle, on peut lire dans le San Francisco Chronicle du 2 décembre que:

Le crime organisé israélien était responsable d’un nombre croissant d’escroqueries immobilières, de vente de drogues et d’autres crimes.

Downing n’a pas quantifié cette augmentation, disant seulement qu’elle était « un peu plus qu’une petite hausse. »

Les pauvres jouent, les colons sionistes gagnent

27 juillet 2009
Aux Etats Unis comme un peu partout dans le monde, beaucoup de gens aiment à s’adonner aux diverses formes de jeux de hasard dans l’espoir, c’est compréhensible, de décrocher un jour la timbale.
Si les riches font de gros paris sur les champs de courses ou vont flamber au casino, les moins aisés et les pauvres se rabattent plus volontiers sur des jeux où on mise surtout de petites sommes comme le loto ou les divers jeux à gratter proposés en France par la Française des Jeux.
Aux Etats Unis, il n’existe pas de monopole étatique sur les jeux qui sont donc proposés par des sociétés privées mais pas seulement. Ainsi, découvre-t-on dans l’article que je vous propose aujourd’hui, un Etat comme la Californie accorde à des associations des licences pour gérer des établissements de jeux pour peu que les gains en soient reversés à des bonnes œuvres.
Dans l’affaire qui nous intéresse, il s’agit d’un hall ou salle de bingo en activité dans une ville pauvre de Californie où vivent surtout ce qu’on appelle des Latinos, c’est-à-dire ceux qui parlent espagnol, mais ne sont pas Espagnols mais… Mexicains, Nicaraguayens, Dominicains etc. Je ne savais pas trop ce qu’est le bingo, mais c’est apparemment une sorte de loto où, dans le cas qui nous occupe ici, le gros lot s’élève à 500 dollars.
De petits gains pour de petites mises mais, comme dit l’adage, les petits ruisseaux font les grandes rivières et la salle de bingo rapporte des millions de dollars à son propriétaire.
Et comme on peut le lire, chaque dollar est dépensé utilement afin d’aider au logement de personnes qui en ont bien besoin. Peut-on en effet supporter qu’un colon fraîchement débarqué de Toronto au Canada, ou de Miami en Floride puisse passer plus que quelques semaines dans un appartement de Tel Aviv ou d’Eilat ?
Bien sûr que non ! C’est pourquoi l’argent des mal logés de la banlieue de Los Angeles peut et doit servir à offrir un logement décent à ces colons en manque d’espace fut-ce au prix de l’expulsion d’indigènes qui ne savent pas qu’ils ne sont pas chez eux.
Etrange paradoxe qui voit des pauvres, exploités par des riches, participer, le plus souvent inconsciemment, aux malheurs d’autres personnes ; sans qu’ils en retirent par ailleurs un bénéfice substantiel.
C’est Partouche [Baatouche], patron de casinos français qui disait, je crois : « Si vous voulez gagner au casino, il faut en acheter un.
»
Si pour l’heure, les colons sionistes gagnent, ils ne tarderont pas à s’apercevoir qu’ils jouent en réalité à la roulette russe.

Parier contre la paix : comment les dollars du bingo financent les colonies israéliennes
Par Chris McGreal, The Guardian (UK) 19 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pour les parieurs gagnants qui sont en veine au hall de bingo caritatif d’Hawaiian Gardens au cœur d’une des villes les plus pauvres de Californie, le gros lot est de 500$. Les perdants s’en vont sans guère plus que l’assurance que leurs dollars iront à une bonne cause.
Mais les véritables gagnants et perdants vivent à des milliers de kilomètres de là, là où les bénéfices de ce tirage de nombres rituel du soir financent ce que des critiques qualifient de forme de nettoyage ethnique par des organisations extrémistes.

Chaque dollar dépensé au bingo par les habitants en majorité Latinos d’Hawaiian Gardens aux alentours de Los Angeles, contribue à financer des colonies juives sur le sol palestinien dans certaines des zones les plus sensibles de Jérusalem Est occupée, notamment le quartier musulman de la vieille ville, et dans des villes de Cisjordanie comme Hébron où l’armée israélienne a expulsé par milliers des Arabes de leurs propriétés.
Ces 20 dernières années, le hall de bingo a injecté des dizaines de millions de dollars dans ce que ses détracteurs – dont des rabbins qui officient dans le secteur d’Hawaiian Gardens – qualifient de stratégie motivée idéologiquement pour accaparer des terres pour Israël ainsi que pour subventionner des organisations américaines influentes et des thinktanks qui soutiennent les gouvernements israéliens les plus bellicistes.
Mais l’opération bingo, propriété d’un médecin juif millionnaire, Irving Moskowitz a pris un caractère plus significatif ces dernières semaines quand le président Barack Obama a fixé une limite à Israël en exigeant l’arrêt de la construction de colonies que la Maison Blanche considère comme un obstacle majeur à la paix. « Moskowitz prend des millions dans la ville la plus pauvre de Californie et les envoie dans les colonies, » explique Haim Dov Beliak, un rabbin qui officie à Hawaiian Gardens et qui fait partie des personnalités religieuses de Californie qui ont fait campagne pour bloquer le transfert des fonds vers les colonies.
« L’argent que Moskowitz met dans les colonies a changé la donne. Moskowitz a contribué à construire un noyau dur du mouvement de colonisation qui comporte peut-être entre 50 000 et 70 000 membres.
« Il ne paye pas tout mais il avance l’argent pour les avant-gardes qui créent les points de colonisation Ce qui lie les mains d’Israël. Ce qui lie les mains de l’administration Obama. Si l’administration veut être sérieuse avec l’arrête de la colonisation, elle doit commencer par Hawaiian Gardens.»
Moskowitz est un médecin retraité de 80 ans et un millionnaire orthodoxe qui a bâti sa fortune en achetant et en vendant des hôpitaux. En 1988, il a aussi acheté le hall de bingo en perte de vitesse d’Hawaiian Gardens qui, selon la règlementation californienne, ne peut servir qu’à des opérations à but non lucratif et donc, Moskowitz l’a placé sous l’aile d’une fondation caritative qu’il a créée à son propre nom.
La fondation, qui n’a pas répondu à nos demandes d’entretien, présente l’opération bingo comme d’un grand apport pour la communauté locale à travers des dons à de nombreuses organisations comme la banque alimentaire d’Hawaiian Gardens ainsi qu’à des bourses d’études. Elle a aussi donné de l’argent pour des actions de secours lors de catastrophes naturelles en Amérique Centrale, au Kosovo et aux Etats Unis.
Mais les déclarations d’impôts montrent que l’essentiel des dons va à ce que la fondation présente comme une «aide caritative» à un ensemble d’organisations en Israël.
«La disparition de nombreux parents du Dr Moskowitz pendant l’holocauste a renforcé sa conviction qu’Israël doit être maintenue en tant que refuge sûr pour le peuple juif dans le monde entier. En Israël, la fondation appuie toute une série d’organisations qui activent dans les domaines religieux, éducatif, culturel et de services d’urgence, » indique la fondation sur son site web.
Ce qu’elle ne dit pas c’est que la destination centrale des dons consiste en un certain nombre d’organisations juives déterminées à revendiquer le territoire palestinien pour Israël et à s’assurer que Jérusalem Est occupée restera entre les mains de l’Etat juif.
Beliak calcule que la fondation a donné aux colons juifs bien plus de 110 millions d’euros, à commencer par la construction il y a 20 ans de 113 logements sur des terres confisquées à des Palestiniens par le gouvernement israélien.
Beliak a participé au lancement de la Coalition for Justice in Hawaiian Gardens & Jerusalem pour arrêter le flux financier du hall de bingo vers les colonies juives. Ses recherches dans les documents fiscaux montrent que les dons de la fondation Moskowitz comprennent des bourses pour Beit Hadassah, une colonie juive militante au cœur de la ville cisjordanienne d’Hébron.
Des milliers d’Arabes ont été expulsés de leurs maisons et commerces autour de Beit Hadaasah soi-disant pour leur propre sécurité après l’assassinat non loin de là de 29 Palestiniens en 1994 par Baruch Goldstein, un colon d’origine américaine. Goldstein avait été lui-même tué et sa tombe est considérée comme un lieu saint par certains colons. Moskowitz a trouvé des excuses à l’acte de Goldstein en reprochant aux Palestiniens de l’avoir poussé à aller trop loin.
La fondation a également donné plus de 3,5 millions d’euros à Ateret Cohanim, une organisation de droite qui loge des Juifs dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Dans d’autres secteurs de Jérusalem Est, Moskowitz a financé des colonies juives situées de manière à coincer ou à isoler des quartiers palestiniens dans le cadre d’une stratégie plus large du gouvernement israélien visant à assurer un contrôle total de la ville par les Israéliens.
«Moskowitz a été pionnier dans la tentative de rompre la continuité des centre de peuplement arabe dans Jérusalem, » explique Beliak. « Les conséquences sont radicalement différentes d’avec l’action d’acheter ici ou là une petite parcelle de terrain. Il s’agit d’orientations politiques et de faits sur le terrain et toutes les administrations [US] l’ont autorisé à le faire.»
Une des organisations les plus litigieuses parmi celles soutenues par Moskowitz est la Fondation City of David au cœur du quartier arabe de Jérusalem, où environ 1500 Palestiniens risquent l’expulsion au nom soi-disant de la préservation archéologique d’un site où ; selon l’organisation, le roi David aurait créé une ville y a 3000 ans.
Quatre ans plus tôt, Doron Spielman, directeur de la fondation City of David, avait dit au Guardian que « le but de notre organisation est d’accroître autant que possible la présence juive dans ce quartier… Nous ne pouvons pas escompter que des Juifs puissent y être en sécurité si c’est un quartier arabe.»
A cette fin, des Palestiniens ont été expulsés de leurs domiciles, parfois par la force des armes, tandis que d’autres se battent devant les tribunaux pour se cramponner à leurs biens.
Moskowitz ne fait pas mystère de son hostilité envers les Palestiniens. Il était opposé aux accords d’Oslo, les comparant à l’apaisement [des Nazis par Chamberlain]. En 1996, il avait déclaré au Los Angeles Times que les discussions de paix représentaient un «glissement vers des concessions, la reddition et le suicide d’Israël.»
Il avait été aussi un adversaire résolu du retrait des colons juifs de la bande de Gaza il y a quatre ans et avait fourni des fonds aux colons pour lutter contre ce retrait.
Actuellement, Moskowitz est en train de construire un hall de bingo bien plus grand à Hawaiian Gardens, ce qui augmentera le flux d’argent.
Beliak est particulièrement irrité par le fait que cette collecte de fonds se déroule sans interférences des autorités américaines. A contrario, dit-il, les associations caritatives musulmanes qui collectent des fonds pour aider les Palestiniens ont fait l’objet d’enquêtes ciblées, fermées et certains de leurs administrateurs emprisonnés parce qu’ils apportaient une aide humanitaire à Gaza aidant indirectement le Hamas.
« Après [le 11 septembre] 2001, il y a eu tout un discours sur la supposée manière dont les Musulmans [aux USA] utilisaient ces œuvres caritatives pour soutenir la violence.
« Rien de rie n’a jamais étayé substantiellement ces suppositions. Mais là, ils avaient une situation où quelqu’un utilisait de l’argent pour soutenir des colons, de l’argent en faveur de l’extrémisme, de la violence et ils l’ont complètement ignoré, » explique Beliak.

>Les pauvres jouent, les colons sionistes gagnent

27 juillet 2009

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Aux Etats Unis comme un peu partout dans le monde, beaucoup de gens aiment à s’adonner aux diverses formes de jeux de hasard dans l’espoir, c’est compréhensible, de décrocher un jour la timbale.
Si les riches font de gros paris sur les champs de courses ou vont flamber au casino, les moins aisés et les pauvres se rabattent plus volontiers sur des jeux où on mise surtout de petites sommes comme le loto ou les divers jeux à gratter proposés en France par la Française des Jeux.
Aux Etats Unis, il n’existe pas de monopole étatique sur les jeux qui sont donc proposés par des sociétés privées mais pas seulement. Ainsi, découvre-t-on dans l’article que je vous propose aujourd’hui, un Etat comme la Californie accorde à des associations des licences pour gérer des établissements de jeux pour peu que les gains en soient reversés à des bonnes œuvres.
Dans l’affaire qui nous intéresse, il s’agit d’un hall ou salle de bingo en activité dans une ville pauvre de Californie où vivent surtout ce qu’on appelle des Latinos, c’est-à-dire ceux qui parlent espagnol, mais ne sont pas Espagnols mais… Mexicains, Nicaraguayens, Dominicains etc. Je ne savais pas trop ce qu’est le bingo, mais c’est apparemment une sorte de loto où, dans le cas qui nous occupe ici, le gros lot s’élève à 500 dollars.
De petits gains pour de petites mises mais, comme dit l’adage, les petits ruisseaux font les grandes rivières et la salle de bingo rapporte des millions de dollars à son propriétaire.
Et comme on peut le lire, chaque dollar est dépensé utilement afin d’aider au logement de personnes qui en ont bien besoin. Peut-on en effet supporter qu’un colon fraîchement débarqué de Toronto au Canada, ou de Miami en Floride puisse passer plus que quelques semaines dans un appartement de Tel Aviv ou d’Eilat ?
Bien sûr que non ! C’est pourquoi l’argent des mal logés de la banlieue de Los Angeles peut et doit servir à offrir un logement décent à ces colons en manque d’espace fut-ce au prix de l’expulsion d’indigènes qui ne savent pas qu’ils ne sont pas chez eux.
Etrange paradoxe qui voit des pauvres, exploités par des riches, participer, le plus souvent inconsciemment, aux malheurs d’autres personnes ; sans qu’ils en retirent par ailleurs un bénéfice substantiel.
C’est Partouche [Baatouche], patron de casinos français qui disait, je crois : « Si vous voulez gagner au casino, il faut en acheter un.
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Si pour l’heure, les colons sionistes gagnent, ils ne tarderont pas à s’apercevoir qu’ils jouent en réalité à la roulette russe.

Parier contre la paix : comment les dollars du bingo financent les colonies israéliennes
Par Chris McGreal, The Guardian (UK) 19 juillet 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pour les parieurs gagnants qui sont en veine au hall de bingo caritatif d’Hawaiian Gardens au cœur d’une des villes les plus pauvres de Californie, le gros lot est de 500$. Les perdants s’en vont sans guère plus que l’assurance que leurs dollars iront à une bonne cause.
Mais les véritables gagnants et perdants vivent à des milliers de kilomètres de là, là où les bénéfices de ce tirage de nombres rituel du soir financent ce que des critiques qualifient de forme de nettoyage ethnique par des organisations extrémistes.

Chaque dollar dépensé au bingo par les habitants en majorité Latinos d’Hawaiian Gardens aux alentours de Los Angeles, contribue à financer des colonies juives sur le sol palestinien dans certaines des zones les plus sensibles de Jérusalem Est occupée, notamment le quartier musulman de la vieille ville, et dans des villes de Cisjordanie comme Hébron où l’armée israélienne a expulsé par milliers des Arabes de leurs propriétés.
Ces 20 dernières années, le hall de bingo a injecté des dizaines de millions de dollars dans ce que ses détracteurs – dont des rabbins qui officient dans le secteur d’Hawaiian Gardens – qualifient de stratégie motivée idéologiquement pour accaparer des terres pour Israël ainsi que pour subventionner des organisations américaines influentes et des thinktanks qui soutiennent les gouvernements israéliens les plus bellicistes.
Mais l’opération bingo, propriété d’un médecin juif millionnaire, Irving Moskowitz a pris un caractère plus significatif ces dernières semaines quand le président Barack Obama a fixé une limite à Israël en exigeant l’arrêt de la construction de colonies que la Maison Blanche considère comme un obstacle majeur à la paix. « Moskowitz prend des millions dans la ville la plus pauvre de Californie et les envoie dans les colonies, » explique Haim Dov Beliak, un rabbin qui officie à Hawaiian Gardens et qui fait partie des personnalités religieuses de Californie qui ont fait campagne pour bloquer le transfert des fonds vers les colonies.
« L’argent que Moskowitz met dans les colonies a changé la donne. Moskowitz a contribué à construire un noyau dur du mouvement de colonisation qui comporte peut-être entre 50 000 et 70 000 membres.
« Il ne paye pas tout mais il avance l’argent pour les avant-gardes qui créent les points de colonisation Ce qui lie les mains d’Israël. Ce qui lie les mains de l’administration Obama. Si l’administration veut être sérieuse avec l’arrête de la colonisation, elle doit commencer par Hawaiian Gardens.»
Moskowitz est un médecin retraité de 80 ans et un millionnaire orthodoxe qui a bâti sa fortune en achetant et en vendant des hôpitaux. En 1988, il a aussi acheté le hall de bingo en perte de vitesse d’Hawaiian Gardens qui, selon la règlementation californienne, ne peut servir qu’à des opérations à but non lucratif et donc, Moskowitz l’a placé sous l’aile d’une fondation caritative qu’il a créée à son propre nom.
La fondation, qui n’a pas répondu à nos demandes d’entretien, présente l’opération bingo comme d’un grand apport pour la communauté locale à travers des dons à de nombreuses organisations comme la banque alimentaire d’Hawaiian Gardens ainsi qu’à des bourses d’études. Elle a aussi donné de l’argent pour des actions de secours lors de catastrophes naturelles en Amérique Centrale, au Kosovo et aux Etats Unis.
Mais les déclarations d’impôts montrent que l’essentiel des dons va à ce que la fondation présente comme une «aide caritative» à un ensemble d’organisations en Israël.
«La disparition de nombreux parents du Dr Moskowitz pendant l’holocauste a renforcé sa conviction qu’Israël doit être maintenue en tant que refuge sûr pour le peuple juif dans le monde entier. En Israël, la fondation appuie toute une série d’organisations qui activent dans les domaines religieux, éducatif, culturel et de services d’urgence, » indique la fondation sur son site web.
Ce qu’elle ne dit pas c’est que la destination centrale des dons consiste en un certain nombre d’organisations juives déterminées à revendiquer le territoire palestinien pour Israël et à s’assurer que Jérusalem Est occupée restera entre les mains de l’Etat juif.
Beliak calcule que la fondation a donné aux colons juifs bien plus de 110 millions d’euros, à commencer par la construction il y a 20 ans de 113 logements sur des terres confisquées à des Palestiniens par le gouvernement israélien.
Beliak a participé au lancement de la Coalition for Justice in Hawaiian Gardens & Jerusalem pour arrêter le flux financier du hall de bingo vers les colonies juives. Ses recherches dans les documents fiscaux montrent que les dons de la fondation Moskowitz comprennent des bourses pour Beit Hadassah, une colonie juive militante au cœur de la ville cisjordanienne d’Hébron.
Des milliers d’Arabes ont été expulsés de leurs maisons et commerces autour de Beit Hadaasah soi-disant pour leur propre sécurité après l’assassinat non loin de là de 29 Palestiniens en 1994 par Baruch Goldstein, un colon d’origine américaine. Goldstein avait été lui-même tué et sa tombe est considérée comme un lieu saint par certains colons. Moskowitz a trouvé des excuses à l’acte de Goldstein en reprochant aux Palestiniens de l’avoir poussé à aller trop loin.
La fondation a également donné plus de 3,5 millions d’euros à Ateret Cohanim, une organisation de droite qui loge des Juifs dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem. Dans d’autres secteurs de Jérusalem Est, Moskowitz a financé des colonies juives situées de manière à coincer ou à isoler des quartiers palestiniens dans le cadre d’une stratégie plus large du gouvernement israélien visant à assurer un contrôle total de la ville par les Israéliens.
«Moskowitz a été pionnier dans la tentative de rompre la continuité des centre de peuplement arabe dans Jérusalem, » explique Beliak. « Les conséquences sont radicalement différentes d’avec l’action d’acheter ici ou là une petite parcelle de terrain. Il s’agit d’orientations politiques et de faits sur le terrain et toutes les administrations [US] l’ont autorisé à le faire.»
Une des organisations les plus litigieuses parmi celles soutenues par Moskowitz est la Fondation City of David au cœur du quartier arabe de Jérusalem, où environ 1500 Palestiniens risquent l’expulsion au nom soi-disant de la préservation archéologique d’un site où ; selon l’organisation, le roi David aurait créé une ville y a 3000 ans.
Quatre ans plus tôt, Doron Spielman, directeur de la fondation City of David, avait dit au Guardian que « le but de notre organisation est d’accroître autant que possible la présence juive dans ce quartier… Nous ne pouvons pas escompter que des Juifs puissent y être en sécurité si c’est un quartier arabe.»
A cette fin, des Palestiniens ont été expulsés de leurs domiciles, parfois par la force des armes, tandis que d’autres se battent devant les tribunaux pour se cramponner à leurs biens.
Moskowitz ne fait pas mystère de son hostilité envers les Palestiniens. Il était opposé aux accords d’Oslo, les comparant à l’apaisement [des Nazis par Chamberlain]. En 1996, il avait déclaré au Los Angeles Times que les discussions de paix représentaient un «glissement vers des concessions, la reddition et le suicide d’Israël.»
Il avait été aussi un adversaire résolu du retrait des colons juifs de la bande de Gaza il y a quatre ans et avait fourni des fonds aux colons pour lutter contre ce retrait.
Actuellement, Moskowitz est en train de construire un hall de bingo bien plus grand à Hawaiian Gardens, ce qui augmentera le flux d’argent.
Beliak est particulièrement irrité par le fait que cette collecte de fonds se déroule sans interférences des autorités américaines. A contrario, dit-il, les associations caritatives musulmanes qui collectent des fonds pour aider les Palestiniens ont fait l’objet d’enquêtes ciblées, fermées et certains de leurs administrateurs emprisonnés parce qu’ils apportaient une aide humanitaire à Gaza aidant indirectement le Hamas.
« Après [le 11 septembre] 2001, il y a eu tout un discours sur la supposée manière dont les Musulmans [aux USA] utilisaient ces œuvres caritatives pour soutenir la violence.
« Rien de rie n’a jamais étayé substantiellement ces suppositions. Mais là, ils avaient une situation où quelqu’un utilisait de l’argent pour soutenir des colons, de l’argent en faveur de l’extrémisme, de la violence et ils l’ont complètement ignoré, » explique Beliak.

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