Archive for the ‘Mahmoud Ahmadinejad’ Category

Tu tweetes ou tu tweetes pas?

13 octobre 2010

La contestation du scrutin qui avait conduit à la réélection du président Iranien Mahmoud Ahmadinejad promettait d’être une révolution colorée de plus mais, surtout, la une des premières révolutions par le tweet, une tweet révolution!

Peu importait d’ailleurs si le taux d’équipement informatique personnelle en Iran est sans doute sensiblement inférieur à celui qu’on peut observer dans des pays comme la France, les Etats Unis ou la Belgique.

 Concernant l’Iran, personne, sauf peut-être L’Express, ne s’était d’ailleurs posé la question de savoir qui utilise vraiment Tweeter. L’intérêt de cette question déborde d’ailleurs le cas de l’Iran.

La société Sysomos a non seulement posé cette question mais tenté d’y répondre. Et les conclusions de son enquête sont édifiantes:

Qui s’intéresse vraiment à Twitter ?

Phénomène de société encensé par la presse, Twitter s’est imposé en quelques mois comme le gadget communicatif incontournable. Pourtant, il semble que l’intérêt des foules pour les «informations » qui peuvent y circuler ne soit pas à la hauteur de la réputation du site de microblogging. Ainsi, la société Sysomos vient d’achever une étude portant sur plus d’1.2 milliards de tweets afin de décrypter la manière dont les utilisateurs consomment Twitter. Et les résultats sont pour le moins surprenants.

Sur l’ensemble des tweets examinés, 71 % n’entraînent aucune réaction, qu’il s’agisse d’une simple réponse ou d’une reprise ailleurs (un « retweet »). Concernant les 29 % de messages qui entraînent une réaction, 23 % sont des réponses directes et seulement 6 % des retweets. Pour aller encore plus loin, l’étude précise que 92.4 % de ces retweets s’effectuent dans l’heure qui suit la parution du message original, contre uniquement 1.63 % pour l’heure suivante. Si l’on s’attarde sur les 23 % de réponses directes, 96.9 % d’entre elles sont publiées durant la première heure. Enfin, pour ce qui est des tweets qui ont généré une réponse, 85 % n’en ont obtenu qu’une seule !

Evidemment, cette étude ne vise pas à démontrer l’inutilité de Twitter qui reste un vecteur d’information très apprécié et utilisé par les internautes. Cependant, il apparaît évident que Twitter délivre une information instantanée qui, au-delà de la première heure de publication, est déjà obsolète. Parce que le monde peut changer en 24 secondes

L’Etat qui a boycotté le discours du président Obama à l’ONU

25 septembre 2010
Le discours de M. Ahmadinejad, le chef de l’Etat iranien, à l’ONU a suscité des réactions irritées et scandalisées en Europe et aux Etats Unis. Le discours de M. Ahmadinejad a d’ailleurs été marqué par la sortie ostensible des délégués des USA, du Canada et de l’ensemble des pays membres de l’Union Européenne, dont la France. (ceci dit, cette sortie, comme d’autres auparavant, était nécessairement prévue avant le discours du président Iranien).
Il est assez amusant de constater, en allant sur les sites des journaux qui ont laissé s’exprimer des commentaires qu’un nombre non négligeable de lecteurs, parfois très sévères à l’égard du leader Iranien, admettent cependant partager ses soupçons sur la version officielle des attentats du 11 septembre.
Certains s’insurgent des propos du président Iranien, au nom des personnes tuées à New York (et au Pentagone, ne l’oublions pas) dont la mémoire exigerait un silence respectueux.
C’est cependant oublier un peu vite, comme l’a rappelé M. Ahmadinejad, que les attentats du 11 septembre ont servi à justifier deux guerres (Irak et Afghanistan) qui ont causé la perte de centaines de milliers de vies humaines, causé le déplacement de millions de personnes et entraîné d’immenses destructions. Autant de raisons pour souhaiter que toute la lumière soit faite sur ces fameux attentats du 11 septembre dont la version officielle est pourtant devenue aujourd’hui une vérité théologique au même titre que le discours sur « l’holocauste ».
A l’occasion du discours de Nick Clegg, le N°2 du gouvernement britannique, modifié à la va-vite pour fustiger les assertions du président Iranien, le Daily Mail de Londres présente une abondante couverture photo de l’Assemblé Générale. On y voit sans surprise des délégations quitter la salle au moment de la prise de parole de M. Ahmadinejad mais aussi des délégués s’agglutinant nombreux sur l’aile de la salle de l’Assemblée Générale pour être au plus près du président Obama lors de son discours..
Pourtant, quelques places avaient été laissées vides au moment où M. Obama s’exprimait pour parler de démocratie et de droits de l’homme. Ces places étaient celles de la délégation de l’Etat sioniste qui a boycotté, sans faire d’éclats contrairement à ses domestiques d’Europe et d’Amérique du Nord, le discours du président des Etats Unis.
La délégation suédoise quitte l’assemblée pendant le discours de M. Ahmadinejad
Des exemplaires du Coran et de la Bible en main, M. Ahmadinejad affirme que « On ne peut pas brûler la vérité »
Délégués massés pour écouter le discours de M. Obama
Les délégués de l’Etat sioniste n’étaient pas dans la salle au moment du discours de M. Obama

Iran: où était l’opposition lors de la commémoration de l’anniversaire de la République Islamique?

14 février 2010
Quand on en vient à l’Iran, nous avons le plus souvent droit à une approche simpliste de ce pays de 70 millions d’habitants: dictature, dictature intégriste, menace iranienne, nucléaire iranien.
S’agissant des deux derniers points, on ne peut s’empêcher de remarquer que la dernière fois que l’Iran a été à l’initiative d’un conflit armé remonte à bien loin. J’ai beau chercher dans mes souvenirs, je n’en trouve pas trace en dehors de l’intervention des forces impériales iraniennes au Dhofar (sultanat d’Oman) pour mater une rébellion communiste. Pour ne rien vous cacher, cette participation iranienne avait alors été vue d’un bon oeil par les puissances occidentales. On citera aussi la présence de Pasdarans au Liban pour épauler le Hezbollah naissant [dans leur suffisance, les Occidentaux ignorent d’ailleurs que les liens entre Chiites Libanais et Chiites Iraniens ne sont pas seulement idéologiques et religieux, mais laissons les dans leur ignorance]. En ce qui concerne le programme nucléaire, je dirai que la seule erreur de l’Iran a été de signer le Traité de Non Prolifération (TNP) nucléaire. L’Iran aurait dû faire comme l’entité sioniste, l’Inde ou le Pakistan, évitant ainsi d’avoir à se soumettre à des contrôles que les Etats Unis, la France ou le Royaume Uni ne trouveront jamais suffisants, sauf à placer l’Iran sous statut de protectorat.
Et la démocratie? Je ne sais pas si l’Iran est aussi démocratique que la France, mais il est clair qu’Ahmadinejad est tout sauf un dictateur. Et que le régime iranien est bien plus démocratique que n’importe lequel des régimes musulmans alliés des Etats Unis et de l’Occident en général: Maroc, Tunisie, Egypte, Arabie Séoudite, Oman. Ou encore que l’Algérie dont je ne sais si elle figure parmi les alliés des Etats Unis comme certains esprits naïfs à Alger aiment à se l’imaginer ou à se l’entendre dire. Sans oublier que, à côté de feu le régime du Shah, le régime iranien actuel fait figure de démocratie avancée, non seulement par les apparences qu’on associe à la démocratie (multipartisme, élections) mais aussi par la démocratisation de l’accès aux soins ou à l’éducation, notamment des filles qui sont maintenant majoritaires dans l’enseignement supérieur iranien.
Ce sont probablement ces caractéristiques qui sous tendent en partie des évolutions des demandes de la société civile qui se traduiront tôt ou tard par une évolution, tranquille ou brutale d’un régime. C’est la rançon normale des succès des gouvernements issus de la Révolution Islamique.
Jeudi dernier, c’était justement l’anniversaire de l’avènement de la République Islamique d’Iran, fêtée avec éclat dans la capitale. On s'(attendait à une présence vigoureuse de l’opposition, le fameux mouvement Vert qui a contesté (à tort comme on le sait) l’honnêteté du scrutin qui a abouti à la réélection de M. Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. Or l’opposition a été quasiment absente. Si l’explication de cette absence réside en partie dans l’important dispositif de sécurité déployé dans la capitale iranienne, le magazine TIME nous apporte un autre élément d’explication: simplement que beaucoup des manifestants potentiels d’opposition ont mis à profit les cinq jours de congés liés à la commémoration pour… partir en vacances, qui à Dubaï, qui à Istamboul, qui dans les stations balnéaires de la Caspienne.
Notons qu’il s’agit d’une indication précieuse sur la nature de l’opposition à M. Ahmadinejad: des citadins aisés pour l’essentiel. Tandis que les partisans du président se trouveraient plus dans les couches populaires, paysannes et ouvrières notamment.
Eh oui, même en république islamique la situation politique a quelque chose à voir avec la lutte des classes…

Anniversaire de la révolution iranienne: Où était l’opposition?
par la rédaction de TIME (USA) 11 février 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

La circulation était incroyablement fluide dans le nord de Téhéran pour le 31ème anniversaire de la révolution islamique de ce pays. Un trajet qui dure normalement une heure et demie s’effectuait en trente minutes. C’est des quartiers de ce secteur que provenaient certains des manifestants anti-gouvernementaux les plus fervents après l’élection présidentielle contestée de juin. Mais apparemment, de nombreux habitants – qui font partie des couches sociales les plus aisées de la ville – ont profité du début de ces cinq jours de congés pour réserver des séjours vers des destinations touristiques comme Dubaï, Istamboul ou des cités iraniennes en bordure de la mer Caspienne, peut-être pour éviter la violence qui avait accompagné les fêtes religieuses de décembre. Un voyagiste indiquait que des vols pour Dubaï avaient été réservé des semaines à l’avance pour ces congés. Ce qui expliquerait en partie le silence relatif de l’opposition en ce jour que beaucoup s’attendaient à voir comme un jour d’affrontements bruyants, voire incendiaires, dans la capitale iranienne.

Le trafic se concentrait en centre ville. Des centaines de milliers d’Iraniens, près d’un million selon une estimation, se trouvaient autour de la place Azadi de Téhéran ce jeudi matin pour commémorer la révolution de 1979. En majorité, ceux qui participaient à la cérémonie pro-gouvernementale étaient des familles, dont des enfants et des personnes âgées. Certains avaient emprunté des autocars gratuits, mais beaucoup avaient pris le métro de Téhéran, gratuitement également. Dans les artères principales qui aboutissent à de vastes places publiques, des kiosques s’alignaient sur des kilomètres traduisant l’ambiance de carnaval qui caractérise habituellement les périodes de fêtes en Iran. Un stand présentait un clud de jeunes karatekas à l’entraînement sur des tapis de gymnastique, tandis qu’un autre accueillait une émission en direct de la radio publique iranienne. Dans chaque bloc d’immeubles, on trouvait un camion ou une tente avec des gens offrant gratuitement des juis de fruits ou des casse-croûtes que de nombreux marcheurs se bousculaient pour obtenir. Des pancartes étaient mises gratuitement à disposition, arborant des slogans de soutien aux positions du Guide Suprême, l’appel à l’unité et, bien sûr, le slogan « A bas l’Amérique ».

L’opposition avait essayé d’organiser des manifestations pour l’anniversaire de la révolution, mais on ne voyait guère, si ce n’est aucune, trace de la présence du mouvement Vert autour de la place Azadi quand les cérémonies ont débuté vers 11h. Près de l’estrade où le président Ahmadinejad devait prendre la parole, l’espace était bouclé par une clôture. Néanmoins, tout le monde pouvait entrer dans cette zone à condition de se plier à un contrôle de sécurité. Lors d’un discours auquel a assisté TIME, il n’y a eu apparemment qu’un seul incident lié à la contestation – une grande pancarte montrant l’ayatollah Khomeini le visage barré d’un X rapidement confisquée par le service d’ordre.

Entre les chants révolutionnaires crachés par les hauts parleurs (installés jusqu’à plusieurs kilomètres de la place), des tonnes de confetti étaient répandus sur la place depuis la Tour Azadi tandis que des parachutistes en larguaient depuis le ciel. Certains des parachutes étaient attachés à de longs drapeaux iraniens qui ont flotté dans la foule quand les parachutistes se sont posés. Ahmadinejad est arrivé et a fait un discours de plus d’une heure où il a martelé les importants progrès de l’Iran, dont ses avancées dans le domaine nucléaire. Le président n’a pas évoqué le scrutin de juin 2009 qui est toujours contesté par l’opposition – l’orateur précédent l’avait déjà fait pour lui. Des sites web d’opposition ont signalé des slogans « Mort au dictateur » pendant le discours, mais Time n’a pas constaté de perturbation de ce genre.

Il était facile de voir comme toute tentative de perturbation aurait pu être enrayée. Sur la rue de la Révolution, qui s’étire vers l’est depuis la place Azadi, des dizaines de milliers de policiers ainsi de des Basiji (paramilitaires) montaient la garde. Dans une rue adjacente, se trouvait une rangée de 20 basiji regroupés près de leurs motocyclettes, en train de discuter et de rire – en contraste évident avec les manifestations précédentes au cours desquelles les basiji étaient constamment sur la brèche pour réagir aux manifestations d’opposition dans diverses places de la ville. En fait, le Mouvement Vert, et son organisation tant vantée de type viral, a sans doute été mis en échec par le régime cette fois ci. Mercredi soir encore, des manifestants potentiels se contactaient mutuellement pour essayer de deviner si les endroits où ils avaient prévu de se rassembler avaient été ciblés [par les autorités}.

L’opposition a-t-elle échoué à manifester sa présence? Le leader d’opposition mehdi Kharroubi avait annoncé sa présence sur la place Sadeghiyeh, au nord-ouest de la place Azadi; CNN.com a diffusé une vidéo en provenance d’un partisan de Kharroubi, montrant des images de ce qui semble être une manifestation avant qu’une paire de mains tente de recouvrir l’objectif de la caméra. Certains informations prétendent que les Basiji ont réprimé la manifestation de Kharroubi. D’autres manifestants avaient prévu de se rassembler place Haft-e-Tir, au nord-est de la place Azadi. Par ailleurs, des vidéos ont circulé sur des sites web d’opposition montrant des gens en train de déchirer des affiches gouvernementales et chantant des slogans dans le métro. La télévision publique a aussi mentionné de petites manifestations de quelques centaines de personnes en marge de la grande manifestation.

Cependant, si perturber ou éclipser le rassemblement pro gouvernemental était l’objectif principal, les sympathisants de l’opposition risquent d’être déçus. Tous les affrontements de rue qui ont eu lieu étaient des cas isolés et peu importants. La plupart des Iraniens n’en ont rien su.

Les nouveaux protocoles des Sages de Sion

6 février 2010
Tikun Olam attire notre attention sur une des dernières brillantes pensées d’Elie Wiesel, cet étrange prix Nobel de la paix.
Wiesel vient en effet de lancer une espèce d’appel pour alerter sur la menace contre l’humanité [c’est-à-dire l’entité sioniste dans le vocabulaire de M. Wiesel] que représente l’Iran qui, dit-on, veut se doter de l’arme atomique. Une quarantaine de lauréats du prix Nobel soutiendraient déja cet appel à la guerre, appelons les choses par leur nom.
M. Wiesel demande que le président Iranien, M. Mahmoud Ahmadinejad soit déféré devant la cour internationale de justice de La Haye « pour incitation au génocide. » pas moins.
Par ailleurs, M. Wiesel ne se gêne pas pour donner un avis circonstancié sur le rapport Goldstone qui porte sur l’opération « plomb durci » menée par les terroristes sionistes contre les palestiniens enfermés dans la bande de Gaza. Cette lumière de la pensée a notamment affirmé que le rapport Goldstone est « un crime contre le peuple Juif
Il en reparlera probablement avec ses amis antisémites.
Dans la connerie, M. Wiesel a peut être une sérieuse concurrent en la personne d’une certaine Anne Bayefsky, membre d’un organisme appelé Hudson Institute, un think-tank sioniste aux Etats Unis (des gens qui réfléchissent à la meilleure manière d’amener les Etats Unis  à faire la guerre dans l’intérêt du gang sioniste).
Pour Mme Bayefsky, le rapport Goldstone n’est pas moins que l’équivalent pour le 21ème siècle des protocoles des Sages de Sion!

Fin programmée de l’entité sioniste en 2024 selon l’écrivain hollandais Leon De Winter

7 octobre 2009
No future pour l’entité sioniste selon l’écrivain néerlandais Leon De Winter qui fixe l’échéance fatale à 2024. Du moins dans son dernier roman qui a provoqué de sacrées secousses en Allemagne. Il en ferait probablement autant en France s’il était traduit dans la langue de Molière, ce qui ne devrait sans doute pas trop tarder.

Mais attention, De Winter n’est ni antisioniste ni pro arabe ou pro palestinien. En effet, De Winter se présente lui-même comme un sioniste néerlandais qui, s’il dit adorer l’entité sioniste et son armée, est d’accord avec Mahmoud Ahmadinejad en ce sens qu’il aurait préféré que l’Etat juif voie le jour ailleurs, par exemple au Surinam, ex colonie hollandaise, au Montana ou mieux encore dans l’ex république Démocratique Allemande (RDA).

Tout ça sent bien l’antisémitisme, et il y a tout lieu de penser que De Winter n’est en réalité que le faux nez d’un Mahmoud Ahmadinejad devenu écrivain. Et comme, dit-on, Mahmoud Ahmadinejad serait juif, cette hypothèse farfelue à priori semble finalement tout à fait plausible.

Si je me garderai bien de fixer l’échéance à 2024 comme le fait De Winter, il est néanmoins clair que son roman, tout en faisant appel bien entendu à sons sens de la fiction, extrapole comme il l’explique lui-même à partir de tendances lourdes actuelles.
Et sa conclusion est sans appel : la majorité des Juifs subsistant dans ce qui restera dans l’entité sioniste (dont ceux qui ont un casier judiciaire) chercheront à rentrer chez eux en… Russsie. Tiens, tiens !
A part ça, l’interview de De Winter nous nontre quelqu’un très au fait des problèmes politiques du Proche Orient mais qui a du mal à se départir d’une vision à la fois européo et judéocentrique. Ce qui donne finalement un discours assez étrange.
Mais après tout, nous avons ici affaire à un écrivain et non à un spécialiste des questions de stratégie. Quoique, il pourrait sans doute en remontrer à certains.
L’avenir d’Israël?
Questions-réponses avec le réalisateur et romancier Leon De Winter
Christian Science Monitor (USA) 6 octobre 2009traduit de l’anglais par Djazaïri
Nathan Gardels: Pour ceux d’entre nous qui n’ont pas eu l’occasion de lire votre livre “Droit au retour” qui imagine Israël en 2024, quel tableau en brossez-vous ?
Leon De Winter: Je décris un Israël qui est pour l’essentiel le Grand Tel Aviv et la partie nord du Néguev, dont Dimona. Le Nord n’en fait plus partie, le Sud et Jérusalem non plus. Le pays s’est effondré à cause de la pression externe – des bombardements incessants de roquettes – qui a conduit les familles à s’en aller, et à cause d’une érosion interne : les Arabes Israéliens et les Juifs ultra orthodoxes se sont éloignés du centre juif sécularisé de la nation. Ceux qui ont un casier judiciaire, les vieux, et ceux qui veulent simplement rester et défendre le pays quoi qu’il advienne ont été laissés en arrière [c.à.d. dans le grand Tel Aviv].
Mais ce n’est que le cadre, le contexte. Le livre est centré sur Bram Mannheim, un Juif d’origine hollandaise qui a fait l’aliyah à l’âge de 18 ans et devient très jeune un professeur réputé. Il enseigne l’histoire du Moyen Orient à l’université de Tel Aviv. Mais le malheur le frappe quand, en 2008, il s’installe à Princeton avec son épouse et leur jeune fils pour enseigner là bas. Son fils âgé de quatre ans disparait. Soudainement.
Son mariage se brise, sa vie s’arrête et il devient temporairement fou, un psychotique qui vagabonde à travers les USA. Son vieux père le retrouve et le ramène à Tel Aviv. En 2024, Bram dirige un petit bureau qui aide les parents dont les enfants ont aussi disparu dans sa cité ghetto juive appelée Israël. Et, après un attentat dévastateur, apparemment exécuté par un jeune Juif qui avait disparu au même moment que son enfant, Bram reprend espoir, commence à penser que son fils est peut être encore vivant, exactement comme ces autres garçons Juifs qui ont été kidnappés et entrainés à devenir des commandos kamikazes musulmans, des gosses Juifs qui reviendront en Israël pour tuer leurs parents.
Gardels: Votre livre a provoqué une vive émotion en Allemagne où il vient juste de paraître. Certains critiques vous accusent d’avoir une vision sombre de l’avenir à l’instar de voix de plus en plus nombreuses qui soutiennent que la création d’Israël était une erreur dès le début.
De Winter: Permettez moi d’être clair sur mes allégeances personnelles (qui ne sont pas toujours identiques à mes allégeances en qualité d’écrivain): je suis un admirateur du projet sioniste, de la nécessité historique, pour le dire en termes marxistes, de créer un havre de sécurité pour les Juifs Européens en réaction à l’antisémitisme du 19ème siècle.
Ce fut une aventure haletante – mais elle ne s’est pas réalisée dans un vide géographique, culturel ou historique. Elle s’est réalisée alors que le monde musulman se réveillait lentement du coup énorme que lui avaient asséné des forces européennes colossales, à commencer par la facile marche de Napoléon sur l’Egypte en 1798, et que les intellectuels Arabes et Musulmans cherchaient leurs propres réponse sur les motifs de l’effondrement de leur univers.
Il y avait des arguments très forts en faveur d’un Etat juif en Palestine (un nom donné par les Romains à la région – jusqu’à récemment, il n’y a jamais eu de tribu arabe se désignant palestinienne), mais maintenant, des décennies plus tard, si ce n’était que de moi, j’aurais choisi une autre région, comme l’ancienne colonie hollandaise du Surinam, ou le Montana, ou le Nouveau Mexique.
Ou mieux: une région avec de l’or et du pétrole sous terre. Exactement comme les Etats Unis d’Amérique, Israël est l’expression d’une idée et, en tant que telle, elle peut être discutée, son existence peut même être déniée – contrairement à la Chine ou à la France qui sont des entité historiques et non des concepts intellectuels par nature. Mais Israël est là, j’aime y aller, l ‘admirer, je suis ému aux larmes quand j’entends son hymne national ou que je vois ses avions de combat, et en même temps, je suis très inquiet pour son avenir.
Les choses auraient été plus faciles si elle avait été crée juste après la deuxième guerre mondiale dans ce qui devait devenir très vite la République Démocratique Allemande. N’aurait-ce pas été une manière élégante pour les Allemands de payer une partie de leur dette envers les Juifs ?
Gardels: Comment répondez-vous aux critiques qui disent que vous faites du tort à Israël en prédisant un sombre avenir à l’Etat juif ?
De Winter; Aurait-ce été plus réaliste, si j’avais écrit un roman montrant comment, en 2024, les Juifs vont faire du tourisme à La Mecque, comment les princes Saoudiens apprécieront leurs séjours dans les suites luxueuses du Hilton de Tel Aviv, comment le désert jordanien fleurira ; comment les bidonvilles du Caire auront été transformés en banlieues coquettes et que le Moyen Orient respirera la paix, la joie et la félicité ?
J’ai simplement suivi et approfondi les tendances actuelles. J’ai fait mon boulot de manière très réaliste. Je crains qu’Israël ne voie pas son premier centenaire. Pas par manque de vitalité ou d’engagement, mais parce qu’après plusieurs décennies dans une région où ils ont été accueillis avec de la violence, des guerres et de la haine, les Juifs Israéliens concluront qu’ils aiment plus leurs enfants que leur pays.
Gardels : Qu’est-ce qui vous a incité à écrire un tel livre ?
De Winter Des nuits sans sommeil.
Gardels: Que doit-il se produire – ou ne pas se produire – vers 2024 pour que votre vision ne devienne pas réalité?
De Winter: Un miracle, de préférence. L’arrivée du messie serait une bonne surprise, ne croyez-vous pas ? Si ce n’est pas possible, une révolution de la société civile dans le monde arabe serait aussi un événement positif – désolé, ça fait aussi partie de la solution miraculeuse. Je veux dire qu’il n’y a pas de solution. C’est un vieux conflit tribal, atavique. Il n’y a guère de conflits de ce genre dans notre monde actuel, mais ils ont été fondamentaux dans le développement de notre monde : la lutte pour la terre.
Autrefois, ces conflits se résolvaient très simplement. Un groupe exterminait l’autre. Fin du conflit. Nous n’acceptons plus ce genre de traitement du problème, à juste raison. Nous demandons du bon sens, des compromis. Mais ce conflit se définit par deux groupes avec de très fortes revendications et traditions. Ils excluent l’un chez l’autre l’idée de raison. Ils doivent abandonner certains aspects de leurs revendications qu’ils considèrent comme sacrés. Du temps, plus de temps pourrait aider, si le peuple iranien parvient à transformer la révolution chiite en révolution civile – ce serait un événement étonnant, avec de vastes répercussions pour le monde entier.
Gardels : Vous avez dit que vous ne vivriez pas en Israël. Pourquoi ? Comment Israël a-t-elle évolué ?
De Winter: Je ne veux pas vivre là bas parce que je pense que d’autres pays ont le droit, eux aussi, d’avoir pour citoyens des Juifs comme moi, entêtés, pénibles, qui sont toujours à se plaindre
Gardels: Où selon vous vivra la majorité des Juifs dans 20 ans? A nouveau en Europe ? Aux USA ?
De Winter: Dans mon roman, les Juifs qui restent encore à Tel Aviv veulent tous aller à Moscou, comme dans une pièce de Tchékhov. Poutine est président de la Russie pour la troisième fois. En 20024, on le considère comme l’homme d’Etat le plus important dans le monde. La Russie est riche ; dans les principales villes russes, des Juifs jouent à nouveau dans des orchestres symphoniques, il y a des restaurants chics, la nui, les rues sont illuminées et des femmes sont en manteau de vison avec des hommes vêtus élégamment vont au théâtre, et ils goûtent de magnifiques petits gâteaux, des petits fours, dans des cafés avec des chandeliers.
Malgré le vieil antisémitisme russe, il y a eu un lien très fort entre les Juifs et la Russie – il y a une mélancolie partagée par les Juifs et les Russes, un sens de l’écoulement dramatique du temps, et l’attente d’une terre lointaine, au delà de l’horizon. Donc, les Juifs de mon roman rêvent de rentrer chez eux à Moscou.
Leon de Winter est un cinéaste Hollandais et un des romanciers néerlandais les plus appréciés. Il est issu d’une famille de Juifs orthodoxes qui, grâce à un réseau de résistance catholique, échappa à la capture par les nazis. Dans ses romans, dont « Zionoco » et « God’s Gym, » les protagonistes sont en quête de leur identité juive. Son nouveau roman sujet à controverse s’intitule « Droit au retour. » Il n’est pour l’instant disponible qu’en néerlandais et en allemand.


Nathan Gardels est rédacteur en chef de New perspectives Quarterly et de The Global Viewpoint Network

Les origines et le "sang" juifs de Mahmoud Ahmadinejad

4 octobre 2009
Le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad serait d’origine juive titre le magazine Le Point qui reprend un article du Daily Telegraph britannique.
Le Journal du Dimanche va plus loin en titrant Ahmadinejad aurait du sang juif, ce qui sous-entend clairement une conception raciale et non strictement religieuse du judaïsme.
Si Ahmadinejad avait été issu d’une famille catholique, le Journal du Dimanche aurait-il intitulé son article « Ahmadinejad aurait du sang catholique » ?
Bien sûr que non, pas plus qu’on n’a du sang bouddhiste, communiste ou social-démocrate.
Passons sur ce détail et approfondissons la question des origines familiales juives de M. Ahmadinejad.
La webzine Le Post signale comme les autres l’origine britannique de cette information et reproduit l’article initial du Daily Telegraph qui comporte une photo du dirigeant Iranien brandissant ses papiers d’identité. C’est ce cliché qui, moyennant un recours aux technologies de traitement de l’image, aurait permis aux journalistes Anglais de connaître le patronyme d’origine, typiquement juif, de M. Ahmadinejad : Sabourjian (tailleur de vêtements).
Remarquez que d’après Meir Javedanfar cité par 20 minutes, Sabourjian n’est en rien un patronyme typiquement juif et qu’il est porté aussi bien par des familles juives que par des familles musulmanes (tiens, comme mon propre patronyme, alors que je ne me connais aucune ascendance juive).
Cette origine juive supposée de M. Ahmadinejad donne bien entendu aux commentateurs l’occasion de faire de la psychanalyse de comptoir (ou plutôt de bazar) et de gloser sur la radicalité des nouveaux convertis. Elle expliquerait le discours antisioniste et prétendument antisémite du président Iranien.
Sauf quand même que les positions antisionistes de l’Iran ne doivent rien à M. Ahmadinejad et qu’elles remontent au début de la révolution islamique. M. Ahmadinejad s’inscrit en réalité en continuité avec ce qu’a été la politique du régime depuis sa création par l’ayatollah Khomeiny.
Sauf aussi que dans le cas de M. Ahmadinejad, ce sont ses parents qui se seraient convertis et qu’il aurait lui grandi comme un musulman Iranien lambda
Maintenant quelle peut bien être l’importance du fait que M. Ahmadinejad soit issu d’une famille juive comme le Daily Telegraph le prétend ?
Du point de vue musulman, ce fait n’a aucune importance du moment que l’appartenance à la confession musulmane est sincère, ce qui ne peut être mis en doute à priori. Après tout, les Musulmans d’aujourd’hui ont tous des ancêtres plus ou moins lointains qui étaient Chrétiens, Juifs, Hindouistes, Zoroastriens, idolâtres etc. L’Islam est une religion, pas une race.
Pour ceux que ça intéresse, il faut aussi savoir que ce n’est pas la première fois qu’une source d’information prétend que M. Ahmadinejad est issu d’une famille juive. Sur le site d’opposition au régime de Téhéran, Iran Resist, vous trouverez une analyse d’une première tentative d’intoxication de ce genre (en janvier 2009) qui visait à présenter le dirigeant Iranien comme un crypto-juif
Les objectifs des informations qui nous sont présentées en ce moment ne semblent guère différents : monter les Musulmans, notamment les Arabes, contre le crypto-juif qui présiderait aux destinées de l’Iran et encourager à la psychologisation et à la personnalisation des tensions dans les relations entre l’Iran et les puissances occidentales.
Bref, la continuation de l’œuvre de diabolisation de M. Mahmoud Ahmadinejad

Dixit Tzipora Livni: la "shoah" n’est pas la cause de la création de l’entité sioniste

28 septembre 2009
Si les représentants européens à l’ONU, boycott oblige, n’ont pas pu entendre Mahmoud Ahmadinejad conclure son discours en s’écriant « Vive l’amour, vive la spiritualité,» ils ont été par contre emballés par celui de Benjamin Netanyahu, le premier ministre sioniste.
Et là où les représentants occidentaux ont littéralement eu le souffle coupé, c’est quand le dit premier ministre a exhibé les plans d’Auschwitz-Birkenhau et les minutes de la conférence de Wansee où avait été planifiée la solution finale, un peu comme quand Colin Powell avait exhibé son flacon d’urine.
M. Netanyahu n’est pas allé jusqu’à infliger à son auditoire une lecture des minutes où ce dernier aurait vainement cherché les mots « extermination, » mais son but était de poser l’identité Hitler-Ahmadinejad, le second niant les agissements reprochés à son alter ego européen.
Le tout se comprenant dans la signification de règlement (partiel) de dette vis-à-vis des Juifs que représente la création de l’entité sioniste consécutive à l’holocauste.
Citons M. Netanyahu :

L’Organisation des Nations Unies a été créée après le carnage de la Seconde Guerre mondiale et les horreurs de l’Holocauste. Elle a été chargée d’empêcher toute récurrence deces événements horribles.

Si on le comprend bien, l’ONU n’a pour objet que la protection des Juifs !
Cependant, nous savons que le sionisme et la création de l’entité sioniste n’ont pas de relation de nature essentielle avec les persécutions nazies. Ces dernières ont surtout fourni aux sionistes une opportunité de concrétiser leurs plans.
Dire cela n’est plus aujourd’hui le privilège des antisionistes car même Tzipora Livni, la patronne de Kadima et ministre des affaires étrangères au moment de l’agression contre Gaza, le dit :

« Ne laissons pas le monde croire que l’Etat hébreu a été créé à cause de la Shoah »,
a expliqué Livni. «C’est une grave erreur de vouloir comparer le moindre évènement historique à la Shoah : nous ne devons pas minimiser l’acte le plus horrible advenu au peuple juif. (…) Les Juifs d’Israël en 2009 ne sont pas les Juifs d’Europe en 1939, et j’ai tenu à rappeler cela à Netanyahou. « 

Mme Livni aurait du dire « Ne laissons plus croire…, » mais le résultat est le même et c’est tout un aspect de la fantasmagorie vendue à l’Occident par les sionistes qui commence à se déliter.

Ahmadinejad à l’ONU: l’oukase d’Angela Merkel à Sarkozy et à l’Union Européenne

24 septembre 2009
Alors que le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad s’exprimait mercredi 23 septembre devant l’Assemblée Générale de l’ONU, une douzaine de délégations, dont la française et l’américaine ont quitté la salle pour protester contre un discours «antisémite. »
Il est vrai que des pays comme la France et l’Allemagne s’y connaissent en matière d’antisémitisme pour l’avoir pratiqué à grande échelle voici quelques dizaines d’années.
Selon l’AFP, un diplomate français a indiqué qu’
une position européenne commune avait été concertée sur ce point.
Ce que ni l’AFP, ni le diplomate français ne précisent, c’est que cette sortie est en réalité un oukase de l’Allemagne :

L’Allemagne quittera l’Assemblée Générale de l’ONU si le président Mahmoud Ahmadinejad nie l’holocauste dans le discours qu’il prononcera mercredi, et elle [Merkel ou l’Allemagne?] veut que les autres membres de l’Union Européenne fassent de même, a déclaré le ministre Allemand des affaires étrangères.

Le président Sarkozy a peut-être joué les gros bras avec M. Ahmadinejad, par contre il n’a eu d’autre choix que d’obtempérer au vouloir de Mme Merkel.
Mme Merkel qui serait mieux inspirée de donner un bout de territoire allemand aux Juifs en réparation des crimes commis par ses compatriotes ; je propose le Pays de Bade. Et si la France veut bien donner un morceau de territoire pour racheter les crimes de la France de Vichy, je suggère l’Alsace, territoire limitrophe du pays de Bade.

Ces deux pays pourront ainsi expier leurs méfaits à leurs propres frais et non à ceux des Palestiniens.

La légitimité d’Ahmadinejad, l’holocauste et la propagande occidentale

23 septembre 2009
La propagande anti Ahmadinejad bat actuellement à nouveau son plein dans la presse occidentale.
On avait reproché, sans preuves d’aucune sorte, au président Iranien d’avoir truqué les résultats du dernier scrutin présidentiel au préjudice, au choix, du peuple iranien ou de Moussavi, son rival malheureux.
Si en bruit de fond, nous avons toujours droit à la menace nucléaire iranienne, merveilleusement personnifiée par cet ingénieur-président, n’oublions pas cet autre bruit qui court au sujet de l’antisémitisme présumé ou avéré de M. Ahmadinejad.
Certes, aucun de ceux qui accusent le dirigeant Iranien d’antisémitisme n’est capable d’expliquer pourquoi ce monstre ne commence pas par s’en prendre brutalement à ses propres concitoyens de confession juive.

Mais allez comprendre les antisémites et leur esprit tordu !
Maintenant, dit-on, le président Iranien en remet une couche sur l’holocauste dont il nierait la réalité. A croire que nos journalistes en sont restés à un niveau de lecture ne dépassant guère celui du CM2 car il suffit de lire les déclarations d’Ahmadinejad pour s’apercevoir qu’il ne nie en rien, jusqu’à plus ample informé, un holocauste qu’il demande simplement à établir de manière aussi précise que possible par les méthodes scientifiques classiques. Est-ce vraiment trop demander ?
Quand Ahmadinejad demande où s’est produit cet holocauste s’il a eu lieu, ce n’est pas pour en nier l’existence mais pour que l’auditeur réponde de lui-même à la question : pas en Iran, pas en Palestine, pas au Liban mais en Europe.
Et que si c’est l’holocauste qui justifie le droit du peuple élu à obtenir réparation de la part d’un peuple qui n’est pour rien dans ce qui s’est passé en Europe pendant la deuxième guerre mondiale, alors il convient de laisser les historiens faire leur boulot sans à-priori (ce qui est normalement de règle dans la démarche scientifique). Ahmadinejad parle de ce sujet d’autant plus tranquillement que ce sont les Européens antisémites qui ont procédé à la persécution des Juifs et non les Iraniens et que, selon lui et en accord avec toutes les sources historiques, «L ‘occupation de la Palestine n’a rien à voir avec l’histoire de l’holocauste.» et le prétendre, est comme le dit M. Ahmadinejad, «une affirmation infondée et sans fondement ».
Au reste, l’holocauste (Oh, j’oubliais le H majuscule !) a-t-il existé ?
L’évidence historique atteste qu’il n’y a rien eu de tel qu’un sacrifice religieux pendant la deuxième guerre mondiale et que les nazis n’ont pas agi selon des motivations religieuses. Ceux qui emploient le terme holocauste pour désigner les persécutions nazies nous emmènent délibérément non sur le terrain historique mais sur celui de la religion et du mythe (bien vu président Ahmadinejad).
En matière religieuse, il est question plus de croire que de savoir.

La question légitime à propos de l’holocauste n’est donc pas combien de morts, ni de savoir si une tentative d’extermination complète a bien eu lieu, mais plutôt de savoir pourquoi on nous emmène sur le terrain religieux. Les aborigènes d’Australie ont bien été exterminés, mais parle-t-on d’holocauste dans ce cas ? Les Indiens d’Amérique du Nord ont aussi été exterminés, mais quand a-t-on parlé d’holocauste à leur sujet ? Et qui essaye d’interdire qu’on tente d’évaluer le nombre de morts parmi eux ? Les Indiens des Antilles, où sont-ils ?

Pour sortir un peu de cette polémique, j’en viens à l’article que je vous propose et qui donne les détails d’un sondage post-électoral sur le sentiment des Iraniens par rapport à la dernière élection présidentielle, sur le président réélu et sur les relations entre l’Iran et les Etats Unis.
Un sondage qui confirme entre autres la légitimité du président Ahmadinejad, la confiance du peuple en ses institutions. Et qui confirme également l’ampleur du score du président sortant dans le droit fil des résultats d’un sondage préélectoral du même genre.
Le sondage rappelons-le a été réalisé sous la supervision d’une ensemble d’universités pilotées par celle du Maryland aux Etats Unis. Le page web originale donne toutes indications sur la méthodologie suivie ainsi qu’un accès au rapport complet, ce que ne font pas toujours les sondeurs, faut-il le rappeler.
Ce genre de sondages, ainsi que le résultat de la dernière présidentielle iranienne, explique à mon avis au moins en partie les raisons de la relative modération des USA devant la perspective d’entrer en guerre contre l’Iran. En effet, autant il est assez facile d’attaquer un pays dont le régime ne dispose pas de réel soutien dans la majorité de la population (par exemple l’Irak de Saddam Hussein), autant il est problématique de s’en prendre à un Etat où la population adhère à ses institutions.
Ce qui va donc au-delà de la personnalité d’Ahmadinejad ; car de dernier, sa popularité devrait-elle s’effondrer, n’en resterait pas moins le président légitime de l’Iran.
Après tout, s’avise-t-on de contester la légitimité de M. Sarkozy quand il est au plus bas dans les sondages ? De même, a-t-on contesté la légitimité de M. Blair au Royaume Uni alors qu’il a quitté son poste quand il l’a voulu en dépit d’une popularité en berne ?

Les Iraniens sont favorables à des relations diplomatiques avec les Etats Unis mais font peu confiance à Obama
World Public Opinion (USA) 18 septembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
Selon un nouveau sondage d’opinion des Iraniens par WorlPublicOpinion.org, six Iraniens sur dix sont favorables à une restauration des relations diplomatiques entre leur pays et les Etats Unis, une position qui est contradiction directe avec celle que le gouvernement iranien a adoptée pendant une trentaine d’années. Ils sont aussi nombreux à être favorables à des discussions directes.
Cependant, les Iraniens ne semblent pas partager l’engouement international pour Barack Obama. Ils ne sont que 16 % à dire avoir confiance en lui pour agir de manière juste dans les affaires du monde. C’est le score le plus bas observé parmi les vingt pays sondés par WPO sur cette question au printemps.
Malgré son récent discours du Caire, où Obama avait insisté sur son respect pour l’Islam, un quart seulement des Iraniens sont convaincus de sa sincérité. Et trois sur quatre (77 %) continuent à avoir une perception défavorable du gouvernement des Etats Unis.“Si les Iraniens sont en majorité prêts à traiter avec Obama, ils ne lui font guère confiance,” explique Steven Kull, directeur de WPO.
Dans le même temps, existent des signes d’assouplissement. La confiance en Obama est trois fois plus fréquente que celle envers George W. Bush obtenait la confiance de seulement 6 % des Iraniens dans un sondage WPO de 2008. Le pourcentage d’opinions défavorables sur le gouvernement des USA est huit points plus bas que les 85 % d’opinions défavorables de 2008 (WPO).
Concernant Mahmoud Ahmadinejad, l’enquête montre que huit Iraniens sur dix le considèrent comme le président légitime du pays. Ahmadinejad qui se rendra aux Etats Unis ce mardi et s’exprimera devant l’Assemblée générale de l’ONU, a été au centre de grandes manifestations à Téhéran après la contestation par les partisans de l’opposition de la validité de sa réélection en juin.
WorldPublicOpinion.org (WPO) a interrogé 1300 Iraniens entre le 27 août et le 10 septembre 2009. Les entretiens ont été réalisés par téléphone (huit foyers iraniens sur dix disposent du téléphone) par un institut professionnel de sondage situé hors d’Iran et qui a employé des locuteurs de langue maternelle farsi. La marge d’erreur est de 3,1 %. WPO, un projet coopératif qui implique des centres de recherche à travers le monde, est managé par le Program on International Policy Attitudes à l’université du Maryland.
Depuis 1979, le gouvernement iranien est resté opposé au rétablissement complet des relations diplomatiques avec les Etats Unis rompues après le renversement du régime du chah soutenu par les USA et la prise de contrôle par l’Iran de l’ambassade US à Téhéran. Cependant, WPO constate que 63 % des Iraniens interrogés disent être favorables au rétablissement des relations diplomatiques. 27 % seulement sont contre. A la question de savoir s’ils sont pour ou contre des négociations directes et inconditionnelles entre les gouvernements des deux pays, 60 % disent être pour. 30 % sont contre.
Le sondage montre qu’Obama n’est pas perçu avec sympathie par la majorité des Iraniens. Quelque 71 % n’ont pas ou peu confiance dans l’action d’Obama eu égard aux affaires internationales. Ils sont nombreux également à douter de son attitude envers l’Islam, avec 59 % qui disent penser qu’il ne respecte pas cette religion et à peine 25 % qui pensent qu’il la respecte.
Les Iraniens montrent un niveau élevé de défiance envers les Etats Unis. Huit sur dix considèrent que les Etats Unis cherchent à affaiblir et diviser le monde musulman (proportion stable par rapport à l’enquête 2008).
Trois sur quatre considèrent que les Etats Unis ont pour objectif d’imposer la culture américaine aux sociétés musulmanes.
Mais il y aussi des signes positifs. Si les Iraniens pensent majoritairement que les Etats Unis n’ont pas vraiment l’intention d’aboutir à la création d’un Etat palestinien indépendant, la proportion qui pense que c’est leur intention a doublé, passant de 12 à 25 % – ce qui suggère que les efforts d’Obama pour stopper la colonisation israélienne ont eu un certain impact. De même, les opinions envers le peuple américain sont très largement positives, avec 51 % des personnes interrogées qui expriment des sentiments favorables envers les Américains (13 % très favorables).
A une question sur la perspective de voir «l’Iran coopérer avec les USA pour combattre les Talibans qui opèrent en Afghanistan près de la frontière avec l’Iran, “un pourcentage substantiel de 43 % y est favorable contre 41 % qui y sont opposés.”Alors qu’un quart (26 %) des Iraniens dit soutenir les attaques contre les troupes US dans l’Afghanistan voisin, 49 % y sont opposés (41 % fortement opposés) – peut-être en partie en raison des frictions antérieures entre l’Iran et les Talibans.
La plupart des Iraniens expriment leur acceptation du résultat de l’élection présidentielle. 81 % disent considérer Ahmadinejad comme le président légitime de l’Iran, et 62 % disent avoir très confiance dans les résultats électoraux proclamés, tandis que 21 M disent avoir une certaine confiance. 13 % seulement disent avoir peu ou pas confiance dans les résultats.
Plus généralement, huit sur dix (81 %) disent être satisfaits du processus par lequel les autorités sont élues, mais seulement la moitié d’entre eux (40 %) disent en être très satisfaits.
Parmi les 87 % des répondants qui ont indiqué avoir voté à l’élection présidentielle de juin, 55 % disent avoir voté pour Ahmadinejad. Seulement 14 % ont répondu avoir voté pour Moussavi, le principal candidat d’opposition, et 26 % ont refusé de répondre.
Interrogés sur leur vote si in nouveau scrutin devait se tenir, 49 % des sondés disent qu’ils voteraient pour Ahmadinejad, 8 % pour Moussavi, 13 % disent qu’ils n’iraient pas voter, et 26 % refusent de répondre. “La proportion très élevée de personnes qui refusent de répondre sur leur préférence de vote – ce que nous n’avons constaté pour aucune autre question – suggère que les gens sont un peu mal à l’aise avec ce sujet,” explique Kull de WPO. « De sorte que ces observations sur les préférences de vote ne sont pas une base solide pour estimer le vote réel.»

Huit sondés sur 10 déclarent qu’Ahmadinejad est honnête, mais un peu moins de la moitié – 48 % – disent qu’il est très honnête. Interrogés à propos des institutions gouvernementales de la république islamique, de grandes majorités se dégagent pour exprimer au moins une certaine confiance dans les institutions les plus importantes. Le président est perçu de manière plus positive, avec 84 % des répondants qui s’estiment très (64 %) ou assez (20 %) confiants.
Dans l’ensemble, la plupart des Iraniens soutiennent leur système actuel de gouvernement. Neuf sur dix disent être satisfaits su système de gouvernement iranien, même si seulement 41 % disent en être très satisfaits. Six sur dix approuvent le système par lequel un corps d’érudits en matière religieuse a la capacité de censurer des lois qu’ils jugent contraires au Coran, tandis qu’un sur quatre exprime son opposition. Une courte majorité (55 %) considère que la manière dont le Guide Suprême est élu est cohérente avec les principes démocratiques, même si les 3/5èmes des répondants disent ne pas être gênés par l’étendue de ses pouvoirs.

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