Archive for the ‘mémoire’ Category

Plus jamais ça, salopes! Ou, leçon tirée de l’holocauste à Yad Vashem.

30 décembre 2010
Comme il a instrumentalisé l’antisémitisme au profit de son projet colonial en Palestine, le sionisme se sert aussi du souvenir des persécutions subies par les Juifs du fait du nazisme. Ce qu’on appelle holocauste ou shoah, c’est-à-dire le sort fait aux Juifs à cette époque fait l’objet d’une inculcation quasi-obligée dans nombre de pays et les autorités sionistes s’efforcent, comme il se doit, d’inculquer également cette « mémoire » dans les pays arabes.
Les Palestiniens ne sont pas exclus de ce programme et eux aussi sont invités à compatir aux malheurs de ceux qui les ont spoliés de leur patrie (même s’il n’y a pas d’identité entre les victimes du nazisme et la plupart des sionistes patentés.
Max Blumenthal nous parle par exemple de ce groupe de vieilles dames Palestiniennes qui vient de visiter le centre Yad Vashem dédié au génocide juif. Ces personnes âgées étaient venues à l’instigation d’une organisation fondée par une ressortissante sioniste dont le fils a été tué en combattant les Palestiniens. Elles étaient justement accompagnées de plusieurs ressortissantes sionistes ayant perdu un être cher dans des violences liées au conflit palestino-sioniste.
Palestiniennes en visite à Yad Vashem
Sans remettre en cause la sincérité des membres de l’association qui a fait l’invitation, force est de constater avec Max Blumenthal que la leçon holocaustique a tourné plutôt court puisque:

A l’entrée du musée, elles ont été entourées par un groupe de jeunes Juifs Israéliens qui les ont reconnues comme Arabes. « Sharmoutai, » leur ont crié à maintes reprises les jeunes Israéliens, utilisant le terme argotique arabe pour prostituées ou salopes.

Qu’est-ce que tu vends Abraham? Quoi, du "savon de l’holocauste"?

27 mars 2010
Je pensais pouvoir me dispenser de traduire cet article parce que la presse canadienne francophone évoque aussi cette information. Seulement, l’article publié en français omet certains détails importants, par exemple qu’Abraham Botines,  le commerçant incriminé, est lui-même de confession juive, un Juif d’origine espagnole peut-on lire. Ensuite que le dit commerçant ne propose pas seulement une savonnette confectionnée à partir de graisse humaine mais aussi une tresse de cheveux supposée provenir d’un camp de concentration nazi.
Botines est au mieux un petit filou qui trompe son ennui en vendant de fausses reliques mais cette fois il rique d’avoir des ennuis car il a le B’nai Brith et d’autres organisations juives sur le dos. C’est que sa savonnette jette un trouble certain parce qu’il est désormais de notoriété publique que les nazis n’ont pas procédé à la fabrication de savon à partir de graisse humaine, extraite de cadavres de juifs notamment. L’article nous dit certes que les nazis auraient procédé à des expérimentations de fabrication sans passer cependant à l’échelle industrielle. Mais contrairement à ce qui nous est affirmé ici, il n’existe aucune véritable preuve à ce sujet. D’un point de vue logique, il semble difficile de collecter suffisamment de graisse sur des corps de personnes le plus souvent extrêmement amaigries par les privations et le travail forcé.
La réalité des camps de concentration était bien assez affreuse pour qu’il soit inutile d’en rajouter.
Alors si vous n’avez pas l’esprit assez macabre pour collectionner des savonnettes de ce genre mais que vous aimez collectionner les casques ou les uniformes nazis, une seule adresse pour vous, le marché aux puces de Tel Aviv.

Le commerçant justifie la vente de « savon de l’holocauste »
par CBC News (Canada) 26 mars 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

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La police de Montréal indique qu’elle va procéder à des vérifications et discuter aves les organisations juives locales avant de décider d’enquêter sur un magasin qui vend une barre de savon dont le commerçant prétend qu’elle est faite à base de graisse de victimes de l’holocauste.
Le propriétaire de ce magasin d’articles de collection de Montréal justifie sa décision de vendre une barre de savon qu’il présente comme fabriquée à partir de la graisse de victimes de l’holocauste.

Des organisations juives de Montréal dénoncent ce magasin du quartier Plateau-Mont-Royal où la barre de savon de couleur beige est exposée.

Un svastika est gravé sur la savonnette présentée dans une boîte en verre avec une étiquette qui indique « Pologne 1940. »

Abraham Botines, un Juif d’origine espagnole qui exploite cette curieuse boutique depuis 1967 reconnaît ne pas savoir si la savonnette est réellement faite à partir de restes humains.

« J’ai 73 ans et je collectionne des objets de l’holocauste et de la seconde guerre mondiale parce que j’appartiens à cette époque, » a déclaré Botines à The Canadian Presse au cours d’un entretien vendredi dans le magasin encombré.

« Dans ma vie, j’ai eu beaucoup d’objets curieux – c’est-à-dire des choses qui sont difficiles à trouver… et mes objets à moi, mes enfants, ils n’ont aucun intérêt. »
Mais Botines dit tout net qu’il vend des objets de collection et non une idéologie odieuse.

Après l’arrivée de journalistes sans son magasin vendredi matin, la savonnette controversée a été mise à l’abri des regards.

Botines dit qu’elle ne pourra être vue maintenant que par des collectionneurs séreux.

« C’est ma savonnette et je suis libre d’en faire ce que je veux, » dit-il.

La plupart des spécialistes de l’holocauste affirment que les histoires qui ont circulé pendant des années sur la production de masse par les nazis de savon à partir des restes de Juifs et d’autres qui ont péri dans les camps de concentration sont fausses même s’il existe des preuves que les nazis ont testé la fabrication de savon à partir de restes humains.

Les organisations juives ont néanmoins été irritées par la découverte de ce savon, évoquée pour la première fois par CBC News.

Vrai ou faux, ce savon est un scandale et « cette personne, et d’autres comme lui, ne contribuent en aucune façon à la préservation de l’histoire, » affirme Alice Herscovitch, directrice de l’Holocaust Centre de Montréal. « A mon sens, la vente d’objets qui glorifient le nazisme et la haine n’apporte rien. Ils ne nous aident certainement pas à nous souvenir. »

L’idée est aussi dégoûtante, dit-elle.

« Ce sont des articles qu’on ne devrait pas trouver dans le commerce, promuvoir par la vente. »

Tresse de cheveux à vendre

La vente d’articles ornés d’un svastika n’est pas illégale au Canada, contrairement à la vente de savon fait à partir d’ingrédients humains, déclare Anita Bromberg, chef du service juridique de B’nai Brith Canada.

Affirmer une telle chose à propos d’une savonnette, si cela s’avère faux, est également illégal car c’est une fraude, ajoute-t-elle.

« C’est tout simplement profondément insultant, » déclare Bromberg qui travaille à Toronto. « Je ne peux même pas imaginer que quelqu’un puisse même faire semblant de dire qu’il collectionne ça pour son intérêt historique. »
Botines vend aussi une tresse de cheveux étiquetée comme provenant d’un « camp d’extermination » nazi.

Il affirme qu’il ne vendrait aucun de ces articles à un néo-nazi.

Vendredi, la police de Montréal a indiqué qu’elle vérifierait les faits avec les organisations juives locales avant de décider de l’éventuelle ouverture d’une enquête.

« Il est très important de valider d’abord l’information, » explique le commandant Paul Chablo, de la police de Montréal. « C’est une chose de dire que cet objet est mis en vente, [mais] est-ce que c’est seulement vrai?… S’il y a quelque chose de vrai là dedans, bien sûr que nous voudrons ouvrir une enquête. »

Une enquête comprendrait une analyse du savon en laboratoire, précise Chablo.

Mémoire et histoire des Croisades

7 février 2010

Un bon papier qui traite de deux livres qui viennent de paraitre en Angleterre et qui s’intéressent aux croisades. Cette note de lecture nous rappelle une fois de plus qu’il ne faut pas confondre mémoire et histoire. Il est notamment rappelé que les croisades n’ont pas concerné que les actions militaires catholiques contre les contrées musulmanes, que ce soit la Palestine ou l’Espagne mais aussi des populations hérétiques ou païennes dont un exemple fut la croisade contre les Albigeois en France.

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200 hérétiques furent envoyés au bûcher après la prise de la forteresse de Montségur (Ariège) en 1244. Cet épisode marque la fin de la croisade contre les Albigeois

Et voyez-vous, ce n’était certainement pas à cette croisade que pensait George W. Bush quand il a utilisé ce terme pour décrire sa guerre contre le terrorisme (voir infra).


Ces deux livres rappellent aussi que, autant les Européens avaient mené des guerres avec des motifs religieux, autant l’historiographie musulmane regardait ces affrontements comme la guerre des Francs, ne mettant donc pas le religieux au centre de l’affrontement.
Ils ont aussi le mérite de montrer l’évolution du contenu de la Reconquista espagnole: au départ un processus ordinaire de tentatives par des chefs d’Etat d’accroître leurs domaines par la guerre avant de se transformer sous l’impulsion du pape en guerre de reconquête religieuse. Evolution qui s’inscrivait elle-même dans celle des rapports de force à l’intérieur de l’Europe et de l’affirmation du pouvoir spirituel et temporel de la papauté. On oublie en effet trop souvent que les Etats Pontificaux ont existé jusqu’au 19ème siècle avant d’être réduits au seul Vatican
Cet article complète donc utilement le précédent publié sur ce blog.
Et je suis désolé, mais les Juifs sont encore de la partie puisqu’ils étaient présents en Palestine à l’époque et figuraient, au même titre que les Musulmans, parmi les ennemis des Francs. Ce fait avait été signalé par Amin Maalouf dans son livre Les croisades vues par les Arabes (Editions J’ai Lu): « Bien des gens furent tués. Les Juifs furent rassemblés dans leur synagogue et les Franj les y brûlèrent vifs. Ils détruisirent aussi les monuments des saints et le tombeau d’Abraham – la paix soit sur lui! » (chronique d’Ibn al-Qalanissi). Dans son livre, A. Maalouf  évoquait lui aussi les cas de cannibalisme pratiqué par les Francs:« Les nôtres faisaient bouillir les païens adultes dans les marmites, rapporte Raoul de Caen. Ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés.»

Les Croisades: La Guerre pour la Terre Sainte par Thomas Asbridge et Combattants de la foi [Holy Warriors]: Une Histoire Moderne des Croisades par Jonathan Philips.

Malise Ruthwen est admirative devant deux livres qui interrogent la manière dont les conflits modernes en sont venus à revêtir le langage des guerres saintes médiévales.
par Malise Ruthven, The Observer (UK) 3 Janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’historien Marc Bloch, qui mourut en martyr fusillé par les Nazis, observait que « une fois qu’une corde sensible a té touchée, la limite entre le passé et le présent n’est plus régulée par une chronologie mathématiquement mesurable. » Bien que nous nous approchions du millénaire de la Première Croisade lancée par le pape Urbain II en 1095, l’esprit de ce conflit archétypique entre un catholicisme militant et ses religions rivales en Ibérie, dans le sud de la France, en Méditerranée orientale et dans la Baltique reste vivant. Après les attentats du 11 septembre, Goerge W. Bush avait dit: « Cette croisade… cette guerre contre le terrorisme sera longue. » Comme le remarque Jonathan Philips, ses propos incendiaires étaient une aubaine pour la propagande d’Oussama Ben Laden qui parlait depuis des années des attaques des Juifs et des Croisés contre l’Islam.

Thomas Ashbridge fait la même observation. Comment est-il possible, demande-t-il, que ce langage médiéval de guerre sainte ait pu se frayer une place dans les conflits modernes, comme s’il existait une sorte de « continuum de haine et de discorde allant de la lutte médiévale pour le contrôle de la Terre sainte aux affrontements actuels au Proche et au moyen Orient ». Sa conclusion est que les Croisades sont un puissant, inquiétant et dangereux exemple de la « possibilité d’une appropriation, d’une déformation et d’une manipulation de l’histoire » à des fins politiques. Comme Philips, il relève que l’idée de croisade exprimée dans l’expression arabe al-hurrub as-salabiyya (« les guerres de la croix ») n’est apparue que pendant les luttes nationalistes du 19ème siècle. Les contemporains Musulmans des Croisés l’expression moins chargée émotionellement et plus profane de « Guerre des Francs. »

Ces deux ouvrages nous ramènent à une époque de l’histoire de l’Occident où la croyance en la vie après la mort était centrale. Philips décrit une société « saturée par la croyance religieuse », où la peur de la damnation était universelle. Le châtiment éternel faisait partie de la vie quotidienne. Pratiquement chaque église contenait des fresques ou des sculptures représentant les horreurs de l’enfer – des démons arrachant les yeux de pécheurs hurlant de douleur, des êtres humains écorchés vifs et rôtissant pour l’éternité – qui contrastaient avec la tranquillité et la sécurité du paradis de ceux qui ont été sauvés. Le message de l’église était terriblement simple: il n’y avait pas d’échappatoire devant les conséquences du péché. Urbain II, n Français ambitieux et déterminé, lança le mouvement avec une nouvelle formule sensationnelle: nettoyer l’ardoise en allant à la croisade. Tous les mauvaises actions, par vice ou par violence,qui faisaient partie des risques du métier pour les guerriers du Moyen-Age seraient effacées. Pour les membres de la chevalerie, « ce qui était clair par dessus tout était qu’ils pouvaient continuer à combattre – mais leurs énergies devaient se diriger vers les ennemis de Dieu plutôt que contre leurs coreligionnaires Chrétiens. »

Et qui étaient ces ennemis de Dieu? Les plus évidents étaient les Turcs Seldjoukides qui avançaient en territoire byzantin. Le prétexte avancé par Urbain pour appeler aux armes fut une requête de l’empereur Alexus à Constantinople, dont les territoires anatoliens (aujourd’hui à l’est de la Turquie) étaient en train de passer sous le contrôle de ces envahisseurs semi-nomades. Ces empiètements se produisaient cependant depuis plusieurs décennies déjà sans guère troubler la papauté, tandis que la ville sainte de Jérusalem, le lieu de la passion du Christ, le site de sa crucifixion et sa tombe, étaient sous autorité musulmane depuis des siècles sans provoquer de scandale, les pèlerins Chrétiens étant généralement libres de s’y rendre.

La première croisade, ainsi qu’Asbridge l’avait expliqué dans un ouvrage antérieur publié en 2004, avait pour objectif réel de consolider et d’étendre le pouvoir papal dans les territoires d’Europe occidentale livrés à l’anarchie et aux luttes de factions. La croisade réorienta les énergies des seigneurs antagonistes, « canalisant leur soif de sang hors des frontières de l’occident Latin pour le « bien de la Chrétienté. » Philips souligne cet aspect en traitant de manière beaucou plus complète qu’Asbridge les croisades autorisées par le pape en dehors du Moyen orient – contre les Etats musulmans en Ibérie, contre les païens de la Baltique et l’hérésie cathare dans le sud de la France.

Le résultat en fut une configuration politique, religieuse et culturelle que nous tenons aujourd’hui pour acquise: l’échec en Outremer (le Moyen orient actuel) où les royaumes latins furent condamnés à disparaitre, dépendants de la continuité du ravitaillement venu d’Europe; mais succès en Ibérie où l’idéologie de la croisade revitalisa la Reconquista espagnole. Comme l’explique Asbridge dans une conclusion magistrale, les distances énormes liées au montage d’expéditions militaires ou même au maintien de contacts réguliers avec les royaumes levantins situés à des milliers de kilomètres, s’avérèrent insurmontables lorsque l’orient musulman se rallia à la cause de la victoire sur les intrus Francs.

L’autre affrontement majeur entre les Latins et les Musulmans se termina par une victoire chrétienne en raison de la proximité de l’Ibérie avec le reste de l’Europe. Mais l’idéologie fut aussi déterminante ainsi que le fait apparaitre clairement Philips: les dirigeants Catalans et Castillans combattaient les Musulmans Espagnols depuis des dizaines d’années avec l’objectif limité d’accroître leurs possessions territoriales et d’obtenir des avantages commerciaux; mais après le lancement de la deuxième croisade par le Pape Eugène III en 1145, la campagne militaire ibérique devint ouvertement religieuse, les seigneurs Chrétiens s’assurant une pléthore d’indulgences papales et d’autres récompenses d’ordre spirituel.

La ferveur religieuse ajoutait de l’héroïsme au conflit, mais aussi la cruauté. Les deux auteurs illustrent leurs récits de détails à glacer le sang, tirés de sources musulmanes et franques: les têtes décapitées de prisonniers exhibées sur des piques pour humilier et enrager l’ennemi; des champs de bataille où les chevaux morts ressemblent à des hérissons à cause de la quantité de flèches qui les ont transpercés; des sièges en hiver où les gens « rendus fous par la faim coupent des morceaux dans les fesses des Sarrasins morts pour les faire griller et les manger insuffisamment cuits. »

Mais on a aussi des exemples touchants de respect et même de collaboration par delà la division religieuse, avec des situations de tolérance et de respect qui démentent les images du fanatisme médiéval. Asbridge est convaincu que le conflit était entre les Francs et les Levantins plutôt qu’entre Chrétiens et Musulmans. « Une chose est claire: dans l’Orient latin, la division principale n’était pas entre Chrétiens et Musulmans mais entre Francs (c’est-à-dire les catholiques Romains) et les non-Francs (qu’ils soient Chrétiens orientaux, Juifs ou Musulmans). »

L’intention réelle du pape sera révélée par la quatrième croisade lorsque les Croisés mirent à sac Constantinople au cours d’une campagne visant à installer un régime fantoche, qui ne dura guère, pour étendre le règne du pape sur les branches orientales du christianisme. Selon le propre témoignage d’un Byzantin, les Francs ne voyaient pas de mal à violer des nonnes, « à arracher des enfants à leurs mères ou des mères à leurs enfants, à traiter la vierge [Marie] de manière licencieuse et honteuse, ne craignant ni la colère divine ni la vengeance des hommes. » Un autre auteur Grec opposait la brutalité des occidentaux avec le traitement humain que le héros Musulman Saladin réserva aux habitants de Jérusalem, qu’il reprit en 1187 (avant que l’Islam la reperde brièvement en 1229).

Asbridge donne cependant à comprendre que, en dépit de toute son énergie pour unifier l’Islam (ce qu’il parvint à faire en éliminant le brillante civilisation qui avait fleuri en Egypte sous le régne des Chiites Fatimides), Saladin n’avait ni la volonté ni les moyens d’achever la conquête du littoral palestinien. » Ce sera la tâche du bien plus brutal et fanatique sultan mamelouk Baïbars qui avait stoppé l’invasion mongole à Ayn en 1260, de créer les conditions qui aboutiront au départ définitif des Francs de Palestine en 1291.

Pourtant, malgré les toutes les batailles et les sièges, les échanges commerciaux se poursuivaient sans faiblir. Le voyageur Musulman Espagnol Ibn Jubayr, qui séjourna au levant au début des années 1180, découvrait en Galilée occidentale des Musulmans vivant dans des fermes et des hameaux bien organisés près des Francs.Il laissait même entendre que ses coreligionnaires avaient plus de chance d’être traités avec justice par un propriétaire terrien Franc que par un de la même religion. L’ordre militaire des Templiers, qui occupait le Mont du Temple à Jérusalem, permettait aux Musulmans de prier individuellement à la mosquée al-Aqsa, tandis que même en pleine chaleur du combat un chevalier pouvait se voir accorder la faveur de satisfaire un besoin naturel avant de retourner dans la mêlée.

Ces deux livres renferment des récits passionnants qui entrent inévitablement en résonance avec des événements contemporains. Chacun des deux auteurs a publié d’autres livres – Asbridge sur la première Croisade, et Philips sur le désastre de la Quatrième. Tous deux s’appuient sur une connaissance précise des sources, sans pour autant se répéter. Si on peut extraire un message commun du fracas de ces batailles lointaines, c’est que des parcelles d’humanité peuvent survivre à la furie inspirée par les appropriations concurrentes d’un dieu abrahamique jaloux.

Parmi les livres de Malise Ruthven, Islam in the world (Granta) et Fundamentalism: A Very Short Introduction (Oxford)

USA – Mémoire de l’holocauste: quand un professeur veut forcer une élève juive à porter l’étoile jaune

27 janvier 2010
Nous avons connu en France une dérive liée à l’inculcation de la mémoire de l’holocauste avec la proposition de M. Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire de l’un des 11 000 enfants juifs français morts en déportation. Cette idée avait provoqué une levée de boucliers et suscité de vives critiques de la part de Mme Simone Veil.
De manière toute aussi grotesque, mais à une échelle heureusement infiniment plus réduite, c’est un collège des environs de Houston aux Etats Unis qui, croyant faire acte de pédagogie, a tenu à imposer dans le cadre d’un « cours » sur la mémoire de l’holocauste le port de l’étoile jaune à un certain nombre d’élèves, dont une élève juive.
Résultat: une gamine traumatisée et une maman très en colère. Comme on dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions. On ne sait plus quoi faire pour donner substance à cet « enseignement » de la mémoire, du coup on fait n’importe quoi quitte à aller dans une surenchère malsaine et trop souvent morbide.
Un projet pédagogique sur l’holocauste bouleverse une famille
par Mayra Moreno KIAH TV (USA) 26 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
Une leçon d’histoire en collège a mis une élève en larmes. La leçon porte sur l’holocauste et consiste entre autres à porter une étoile de David. Cependant, un parent affirme que cela a amené sa fille à le ressentir plus comme la lettre écarlate [marque d’infamie].
Myriam Youngblood est choquée par la méthode de la leçon d’histoire qu’elle considère inadmissible. Sa fille, élève à la Dekaney High School lui a dit avoir été forcée de faire quelque chose qui l’a mise mal à l’aise.
« (Elle) devait porter une étoile de David jaune portant la mention « Jude » comme celles que devaient porter nos ancêtres pendant l’holocauste, » déclare Myriam Youngblood.
Fière de ses origines juives, sa fille était en larmes et sa famille a été bouleversée. Youngblood a passé la matinée de mardi à appeler l’administration scolaire. Nous avons appelé également et avons eu un contact avec le directeur de la communication. On nous a dit que la principale était trop occupée pour s’exprimer devant une caméra. Au lieu de quoi, on nous a donné une déclaration écrite:
« Le but du projet du souvenir de l’holocauste à la Dekaney High School est de commémorer et d’honorer les personnes qui ont été victimes de l’holocauste… Les élèves qui ne voulaient pas participer à l’activité devaient en parler à leur professeur pour se voir affecter une tâche de substitution. »
Youngblood affirme que ce n’est pas vrai.
« Son professeur m’a dit qu’elle devait porter l’étoile exactement comme si c’était un devoir écrit. « (Si elle ne le faisait pas) elle aurait un zéro. » [a failing grade]
Youngblood dit comprendre que le professseur souhaitait développer la sensibilisation concernant le génocide et le racisme mais son sentiment est que le projet pédagogique est allé trop loin.
« Faire porter à une élève juive une étoile de David qui servait de signe pour marquer l’infériorité de notre peuple n’est pas acceptable. » déclare Youngblood.
Youngblood a finalement reçu un appel de la principale du collège. Elle lui a présenté ses excuse ainsi qu’à sa fille et lui a dit qu’elle n’aura pas zéro et n’a pas à porter l’étoile de David.

Licencié de Yad Vashem pour faute professionnelle

23 avril 2009

On le sait, l’Institut Yad Vashem, dédié à la mémoire de l’holocauste, est un passage obligé pour les dirigeants qui visitent l’entité sioniste. Il s’agit d’un institut voué à la mémoire, à ne pas confondre avec l’histoire, des persécutions subies par les Juifs du fait du régime nazi. La mémoire est toujours orientée et subjective, elle ne sélectionne que ce qui est conforme avec nos actions présentes et ce que nous envisageons pour l’avenir. Quand je dis « nous,» ce nous n’embrasse pas toute l’humanité mais seulement des personnes particulières ou des groupements particuliers.

Yad Vashem est l’illustration même de cette mémoire particulière et par essence orientée, sauf que dans ce cas précis il est question de transformer cette mémoire particulière en phénomène universel.

Or, ce qui vient de se passer à Yad Vashem illustre fort bien tout cela. En effet, cette institution vient de renvoyer un de ses guides car ce dernier, dans l’animation pédagogique des visites, évoquait la présence antérieure aux sionistes du peuple Palestinien, avec comme illustration de ses propos les ruines du village de Deir Yacine visibles lorsqu’on quitte l’institut Yad Vashem.

Donc, ce guide a un gros problème de mémoire, ce qui est une faute professionnelle. D’autant qu’il est inacceptable de comparer l’holocauste à un autre événement.

Oui, car l’holocauste est un phénomène anhistorique, imperméable à l’analyse rationnelle et qui ne peut donc faire l’objet que d’une approche en termes religieux. Je ne vous dirai pas selon les termes de quelle religion.

Yad Vashem licencie un employé qui a comparé l’holocauste à la nakba

par Yoav Stern, Haaretz (Sionistan) 23 avril 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Yad Vashem a licencié un guide-instructeur qui a comparé le traumatisme des survivants de l’holocauste des juifs avec le traumatisme vécu par le peuple palestinien pendant la guerre d’indépendance d’Israël.

Itamar Shapira, 29 ans, de Jérusalem, a été licencié avant la Pâque juive de son poste de guide à l’Autorité pour la Mémoire des Martyrs et héros de l’holocauste après un dépôt de plainte par un enseignant qui accompagnait des élèves d’une yeshiva (école talmudique) d’Efrat. Shapira travaillait à Yad Vashem depuis trois ans et demi.

C’est la première fois que Yad Vashem renvoie un guide pour des divergences politiques, a affirmé un responsable de l’institution ce mercredi.

Shapira a confirmé, dans une conversation téléphonique avec Haaretz, qu’il avait parlé à des visiteurs du massacre de 1948 à Deir Yacine.
Il a dit l’avoir fait parce que les ruines du village arabe, aujourd’hui, une partie du quartier Guivat Shaoul de Jérusalem, peuvent être vues quand on quitte Yad Vashem.

« Yad Vashem parle de l’arrivée des survivants de l’holocauste et de la création ici d’un refuge pour les Juifs du monde. J’ai dit il y avait des gens qui avaient vécu sur cette terre et indiqué qu’il existe d’autres traumatismes qui donnent à d’autres nations des sources de motivation », a déclaré Shapira.

« L’holocauste nous motivés pour créer un État juif et le traumatisme de la nation palestinienne du traumatisme la motive dans sa recherche de l’autodétermination, de l’identité, de la terre et de la dignité, comme le sionisme l’a fait», dit-il.

Un responsable de Yad Vashem explique que l’institution est opposée à tout usage politique de l’holocauste, particulièrement par un guide spécialisé dans ce domaine.


La position de l’institution est que l’holocauste ne peut être comparé à aucun autre événement et que chaque visiteur doit tirer ses propres conclusions politiques.


Iris Rosenberg, porte parole de Yad Vashem, a déclaré qu’après avoir reçu Shapira dans une audience au cours de laquelle il a refusé d’accepter les instructions de sa hiérarchie et de changer ses méthodes pédagogiques, il a été décidé de mettre un terme à son emploi comme guide à l’école d’études de l’holocauste dépendante de l’institut.

« Yad Vashem n’aurait pas agi de manière professionnelle si Itamar Shapira avait poursuivi son travail éducatif pour l’institut, » a déclaré Rosenberg.

Yad Vashem emploie des salariés et des bénévoles venus de tous les horizons politiques, qui savent séparer leurs opinions personnelles de leur travail, a-t-elle ajouté.

Shapira affirme que Yad Vashem ne choisit d’examiner que certains des événements qui se sont déroulés pendant la guerre d’indépendance. « C’est de l’hypocrisie. J’ai seulement tenté de mettre les visiteurs devant des faits et non des conclusions politiques. Si Yad Vashem choisit d’ignorer les faits, par exemple le massacre de Deir Yacine, ou la nakba [« la catastrophe », le terme palestinien pour ce qui leur est arrivé après 1948], cela veut dire que l’institution a peur de quelque chose et que son approche historique est partiale, » déclare Shapira.

>Licencié de Yad Vashem pour faute professionnelle

23 avril 2009

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On le sait, l’Institut Yad Vashem, dédié à la mémoire de l’holocauste, est un passage obligé pour les dirigeants qui visitent l’entité sioniste. Il s’agit d’un institut voué à la mémoire, à ne pas confondre avec l’histoire, des persécutions subies par les Juifs du fait du régime nazi. La mémoire est toujours orientée et subjective, elle ne sélectionne que ce qui est conforme avec nos actions présentes et ce que nous envisageons pour l’avenir. Quand je dis « nous,» ce nous n’embrasse pas toute l’humanité mais seulement des personnes particulières ou des groupements particuliers.

Yad Vashem est l’illustration même de cette mémoire particulière et par essence orientée, sauf que dans ce cas précis il est question de transformer cette mémoire particulière en phénomène universel.

Or, ce qui vient de se passer à Yad Vashem illustre fort bien tout cela. En effet, cette institution vient de renvoyer un de ses guides car ce dernier, dans l’animation pédagogique des visites, évoquait la présence antérieure aux sionistes du peuple Palestinien, avec comme illustration de ses propos les ruines du village de Deir Yacine visibles lorsqu’on quitte l’institut Yad Vashem.

Donc, ce guide a un gros problème de mémoire, ce qui est une faute professionnelle. D’autant qu’il est inacceptable de comparer l’holocauste à un autre événement.

Oui, car l’holocauste est un phénomène anhistorique, imperméable à l’analyse rationnelle et qui ne peut donc faire l’objet que d’une approche en termes religieux. Je ne vous dirai pas selon les termes de quelle religion.

Yad Vashem licencie un employé qui a comparé l’holocauste à la nakba

par Yoav Stern, Haaretz (Sionistan) 23 avril 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Yad Vashem a licencié un guide-instructeur qui a comparé le traumatisme des survivants de l’holocauste des juifs avec le traumatisme vécu par le peuple palestinien pendant la guerre d’indépendance d’Israël.

Itamar Shapira, 29 ans, de Jérusalem, a été licencié avant la Pâque juive de son poste de guide à l’Autorité pour la Mémoire des Martyrs et héros de l’holocauste après un dépôt de plainte par un enseignant qui accompagnait des élèves d’une yeshiva (école talmudique) d’Efrat. Shapira travaillait à Yad Vashem depuis trois ans et demi.

C’est la première fois que Yad Vashem renvoie un guide pour des divergences politiques, a affirmé un responsable de l’institution ce mercredi.

Shapira a confirmé, dans une conversation téléphonique avec Haaretz, qu’il avait parlé à des visiteurs du massacre de 1948 à Deir Yacine.
Il a dit l’avoir fait parce que les ruines du village arabe, aujourd’hui, une partie du quartier Guivat Shaoul de Jérusalem, peuvent être vues quand on quitte Yad Vashem.

« Yad Vashem parle de l’arrivée des survivants de l’holocauste et de la création ici d’un refuge pour les Juifs du monde. J’ai dit il y avait des gens qui avaient vécu sur cette terre et indiqué qu’il existe d’autres traumatismes qui donnent à d’autres nations des sources de motivation », a déclaré Shapira.

« L’holocauste nous motivés pour créer un État juif et le traumatisme de la nation palestinienne du traumatisme la motive dans sa recherche de l’autodétermination, de l’identité, de la terre et de la dignité, comme le sionisme l’a fait», dit-il.

Un responsable de Yad Vashem explique que l’institution est opposée à tout usage politique de l’holocauste, particulièrement par un guide spécialisé dans ce domaine.


La position de l’institution est que l’holocauste ne peut être comparé à aucun autre événement et que chaque visiteur doit tirer ses propres conclusions politiques.


Iris Rosenberg, porte parole de Yad Vashem, a déclaré qu’après avoir reçu Shapira dans une audience au cours de laquelle il a refusé d’accepter les instructions de sa hiérarchie et de changer ses méthodes pédagogiques, il a été décidé de mettre un terme à son emploi comme guide à l’école d’études de l’holocauste dépendante de l’institut.

« Yad Vashem n’aurait pas agi de manière professionnelle si Itamar Shapira avait poursuivi son travail éducatif pour l’institut, » a déclaré Rosenberg.

Yad Vashem emploie des salariés et des bénévoles venus de tous les horizons politiques, qui savent séparer leurs opinions personnelles de leur travail, a-t-elle ajouté.

Shapira affirme que Yad Vashem ne choisit d’examiner que certains des événements qui se sont déroulés pendant la guerre d’indépendance. « C’est de l’hypocrisie. J’ai seulement tenté de mettre les visiteurs devant des faits et non des conclusions politiques. Si Yad Vashem choisit d’ignorer les faits, par exemple le massacre de Deir Yacine, ou la nakba [« la catastrophe », le terme palestinien pour ce qui leur est arrivé après 1948], cela veut dire que l’institution a peur de quelque chose et que son approche historique est partiale, » déclare Shapira.


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