Archive for the ‘New York Times’ Category

Ethique du journalisme et conflit du Proche orient

8 avril 2010
Cet article issu du blog de Philip Weiss donne un aperçu concret du traitement différentiel de l’information relative au conflit palestino-sioniste. Il révèle aussi de manière éclatante ce que signifie une approche journalistique « équilibrée » des événements en Palestine occupée: cet « équilibre » ne peut se trouver qu’au détriment  de la vérité. On notera l’ironie à peine voilée de l’auteur de l’article qui observe qu’un journaliste qui s’était livré à une telle approche « équilibrée » au prix d’un travestissement éhonté des faits, n’en a pas moins été récompensé par un poste d’enseignant dans une prestigieuse université aux Etats Unis.

L’incident de ‘Beita’ en 1988 met en lumière une occupation cruelle et le manque de détermination des journalistes

par David Samel, 6 avril 2010, Mondoweiss (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

C’est aujourd’hui le douzième anniversaire d’un de ces innombrables événements tragiques de l’histoire du conflit israélo-palestinien. Il est bon de le revisiter parce qu’il est caractéristique du racisme, de la cruauté, de l’injustice et même de l’insanité de l’occupation. Une série d’articles du New York Times saisit la chronologie des événements et, tout aussi important, comment ces événements ont été révélés et discutés par les articles du journal.
L’incident s’était produit le 16 avril 1988 dans et autour du village cisjordanien de Beita. L’intifada avait commencé quelques mois plus tôt, et le bilan des tués s’élevait à 122 palestiniens tués par l’armée israélienne qui avait perdu un seul soldat. En plus des pertes palestiniennes, il y avait eu un nombre inconnu d’arrestations, de tortures routinières de prisonniers, et de membres brisés délibérément par les troupes israéliennes en vertu d’une politique délibérée du ministre de la défenses, le futur prix Nobel de la paix, Yitzhak Rabin.

Ce qui avait amené cet incident à faire la une du New York Times était le fait qu’Israël venait de perdre son premier civil, une adolescente nommée Tirza Porat. Dans un article intitulé « Une jeune fille Israélienne tuée à coups de pierres en réunion, » John Kifner rapportait que Tiza avait été « lapidée à mort par des villageois palestiniens » alors qu’elle randonnait avec des amis dans le cadre d’une « sortie de vacances ». Le corps de l’article révélait que deux palestiniens avaient aussi été tués, mais le titre de l’article ne laissait aucun doute quant à la vie qui avait la plus grande importance.

Les randonneurs Israéliens avaient rapporté que leur groupe de 18 personnes, dont deux étaient des gardes armés, avait été confronté près de Beita à de jeunes palestiniens qui lançaient des pierres et que le « pandemonium [apocalypse] avait éclaté… quand une femme s’était précipitée, lançant une grosse pierre à la tête d’un des gardes Israéliens. » Des responsables de l’armée avaient déclaré que le « crâne [de Tirza] avait été fracassé par des coups répétés, apparemment avec des pierres. » Selon le général Amram Mitzna, commandant pour la Cisjordanie, « De nombreuses pierres avaient été lancées sur les enfants qui ont aussi été battus. Suite à quoi, la jeune fille a été tuée et deux ou trois des adolescents de la randonnée ont été grièvement blessés. »

Israël; qui a infligé tant de souffrances pour réprimer un soulèvement contre 21 ans d’occupation, se retrouvait alors « victime » d’une infime fraction de cette souffrance et la réaction fut immédiate et extrême. Le ministre des affaires religieuses Zevulun Hammer, faisait écho avec le point de vue supposé religieux, appelant l’armée à « couper les bras de ces sauvages et à écraser la tête de cette vipère de la mort. »

Le lendemain, les obsèques de Tirza se transformèrent en spectacle public. Les autres colons appelaient à la « vengeance » et à l’expulsion des Arabes. Le premier ministre Yitzhak Shamir mit de l’huile sur le feu en disant aux participants aux funérailles, « Toute la nation est en colère » et « Dieu vengera son sang ». Un rabbin ajouta que le village de Beita « devait être éliminé de la surface de la terre. » Le ministre de la justice Avraham Sharir recommandait ma démolition de maisons et l’expulsion de centaines de personnes sur simple suspicion d’avoir une responsabilité.

Israël commença immédiatement l’application de ce genre de justice. Un troisième jeune Palestinien fut tué, cette fois par l’armée [sioniste], qui expliquera que le garçon tentait de fuir, probablement devant les soldats armés qui le poursuivaient en lui tirant dessus. L’armée détruisit aussi plusieurs maisons dans le village.

Pourtant, le jour même des funérailles, le récit des randonneurs avait commencé à s’effondrer avec le retrait du corps de Tirza d’une balle tirée par un garde Israélien. D’autres informations avaient pu être obtenues des randonneurs Israéliens qui affirmaient que les gardes Israéliens avaient tiré plusieurs coups de feu hors du village et répétaient que les problèmes commencèrent quand une femme atteignit avec une pierre un garde Israélien, un adepte de Meir Kahane nommé Roman Aldubi.  Aldubi avait un tel passé de violence contre les Arabes, y compris par arme à feu, qu’il devint le premier citoyen juif à être soumis aux « pouvoirs d’état d’urgence utilisés habituellement pour contrôler les Arabes, » selon le New York Times. Un des randonneurs Israéliens avait confié à ABC News que la sortie avait un message politique pour la population indigène: « Nous devions leur montrer que le pays est à nous. »

Le jour suivant, un article du New York Times confirmait que Tirza avait été en fait tuée par une balle perdue titée par Aldubi, le garde Israélien. Il s’avérait aussi aue la femme qui avait touché Aldubi avec une pierre était la soeur du jeune paysan dont le nom n’a pas été donné, qu’Aldubi venait d’assassiner. L’article révélait qu’Aldubi avait aussi blessé par balle dans le ventre un autre paysan. La réponse de l’armée à ces révélations fut de démolir huit maisons de plus dans le village, soit un total de 14 maisons détruites.

Selon le commandant de l’armée israélienne, Aldubi avait utilisé les jeunes randonneurs Israéliens comme boucliers humains. Il avait dit aux enfants de « former un cordon, une barrière autour de lui de sorte que personne ne puisse l’atteindre » et il avait commencé à tirer, tuant un Palestinien et en blessant un autre. Dans la mêlée qui avait suivi, certains villageois palestiniens avaient protégé les jeunes Israéliens de la foule en colère. Ils avaient désarmé les gardes Israéliens, mais au lieu de servir de ces armes eux-mêmes, ils avaient tenté de les détruire.

Le 10 avril, quatre jours après l’incident, et alors que les faits les plus importants étaient déja connus, un éditorial du New York Times exprimait une incertitude sur la question de savoir si Tirza avait été « tuée par des pierres lancées par des Palestiniens ou par une balle provenant de l’arme d’un protecteur Israélien. » Son propre journaliste avait déjà confirmé cette dernière version. L’éditorial savait à qui imputer la faute: « les deux côtés en étaient responsables, » même si une attention bien plus considérable avait été consacrée à l’attaque arabe.
Le jour suivant, quand la responsabilité pour l’événement était devenue assez claire, le ministre du commerce Ariel Sharon proposa l’évacuation de tout le village de Beita, « le dynamitage de toutes ses maisons et la construction de nouvelles colonies ». Israël expulsa alors 12 palestiniens, dont six de Beita, vers le Liban Sud, arracha des centaines d’amandiers et d’oliviers en guise de punition collective, enseignant aux villageois de Beita à ne pas se désigner comme des victimes de la violence des colons.

Une semaine environ après l’incident, le premier ministre Shamir tint un discours dans lequel il refusait d’accepter la reconnaissance par ses propres militaires que Tirza avait été tuée par un projectile israélien et non par des jets de pierres palestiniens. « Aujourd’hui encore, alors que nous vivons dans notre propre pays, « des gens au coeur malfaisant et insensible tirent des flèches empoisonnées sur nos jeunes pendant qu’ils se promènent à la campagne, la transformant en vallée de la mort. »

Quand la pression est retombée, et que la fièvre du début est revenue à la normale, les autorités israéliennes ont puni la partie coupable. Non, pas Aldubi. On estima que cet ‘assassin de trois personnes avait assez souffert et il ne fut pas poursuivi en justice. Mais une peine de prison fut infligée à la soeur, enceinte, du premier Palestinien tué par Aldubi, pour l’avoir frappé à la tête avec une pierre.

Résumons donc les faits. Un groupe de colons illégaux fait une randonnée délibérément provocatrice vers un village arabe pour montrer qui est le maître. Ils permettent à une tête brûlée avec une histoire de violence d’agir comme garde armé et, c’était prévisible, il assassine deux Palestiniens, tire sur deux autres, et tue accidentellement une jeune fille Israélienne. Le New York Times impute la même part de responsabilité aux deux parties. L’armée israélienne tue un troisième jeune Palestinien parce qu’il « s’enfuit » et démolit 14 maisons, la plupart, voire toutes, après avoir appris qui était responsable de la mort de l’israélienne. Celui qui a tué trois personnes est laissé en liberté tandis que la soeur, enceinte, d’une des victimes palestiniennes va en prison et que six hommes du village sont expulsés du pays.

Non moins significatif était le fait que cet article était un article de suivi sur les turbulents villageois de Deita, rédigé par par John Brinkley et publié par le New York Times quatre mois plus tard. Dans une étrange démarche pour se conformer à la politique « équilibrée » du New York Times, Brinkley avait réduit le nombre de tués Palestiniens à un au lieu de trois. Pour faire bonne mesure, Brinkley ajoutait qu’au moment il est devenu clair que Turza avait été tuée par un autre colon et non lapidée à mort, « Israël avait déjà exercé sa vengeance, « en dynamitant 14 maisons et en expulsant six habitants au Liban.

Dès lors que les articles de son propre journal avaient rapporté de manière précise aussi bien le bilan des tués que le fait qu’Israël avait exigé vengeance même après avoir appris la vérité sur la mort de Tirza, il est diffcile de croire que les erreurs de Brinkley étaient fortuites. Il a simplement réécrit l’histoire pour la rendre plus acceptable pour sa propre sensibilité. C’est le genre de journalisme qui a amené Brinkley à exercer comme professeur à Stanford après 23 ans de carrière au New York Times.

Depuis plus de 20 ans avant cet incident, et 20 autres années depuis, c’est ce que l’occupation a signifié pour des millions de palestiniens. Ils ont dû endurer l’obscénité d’une dictature militaire imposée par une puissance étrangère avec une idéologie raciste flagrante qui les perçoit comme des sous-hommes pour avoir osé être nés sur une terre convoitée par un autre peuple. Quand ils se rebellent, même alors qu’ils sont victimes de l’hostilité israélienne, ils sont jugés coupables d’insubordination et sujets à des punitions collectives très dures.

Qui plus est, les choses ont empiré ces 22 dernières années. Elles continueront à se dégrader tant qu’un « peuple » insistera sur son droit à la domination absolue sur l’autre.

Un peu plus sur la manipulation des "djihadistes" qui voulaient faire sauter des synagogues à New York

25 mai 2009
Le blogueur canadien Xymphora pense que, aux USA, la guerre des pouvoirs publics contre la drogue est aussi une guerre contre les noirs dans la mesure où, quand ces derniers se font arrêter, ils subissent souvent de lourdes sentences alors que leurs homologues blancs tendent plutôt à bénéficier d’actions de réhabilitation.

Là où je tomberais certainement d’accord avec lui, c’est pour dire que la drogue, la répression de son commerce et de sa consommation sont un puissant moyen de contrôle policier sur ce qu’on appelle les minorités visibles.
Mais le sujet de ce post n’est pas la drogue mais, toujours grâce à Xymphora, un éclairage complémentaire sur
le complot terroriste ourdi par quatre candidats au martyre en phase finale d’exécution d’attentats contre des synagogues newyorkaises.
L’article que je vous propose est tout à fait révélateur des méthodes des agents des services de police qui agissent pour les néoconservateurs étatsuniens. On notera en particulier que, pratiquement dès le début, l’imam de la mosquée fréquentée par les quatre comparses avait identifié l’informateur qui a joué le rôle essentiel de la mise en échec du plan terroriste. Logique imparable de l’imam qui n’est pas allé dénoncer cet individu louche à la police parce qu’il avait compris qu’il travaillait pour un quelconque service gouvernemental. Ce qu’on appelle le flair apporté par une expérience à des titres divers (comme détenu puis comme aumônier) du milieu carcéral et de la petite délinquance.

Leurs voisins et l’imam doutent que les quatre accusés soient des terroristes
Ils décrivent ces hommes comme généreux, croyants, mais perturbés
par Emily Stewart, Poughkeepsie Journal (USA) 22 mai 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Newburgh – Des amis décrivent trois des suspects accusés de préparer le destruction d’avions militaires à la base aérienne de Stewart et de faire sauter des édifices religieux juifs à New York comme des hommes généreux qui prenaient soin de leurs parents malades et ne faisaient pas de prosélytisme religieux.
Le quatrième suspect, Laguerre Payen, était sous traitement contre la
paranoïa, selon un responsable d’une mosquée de Newburgh où Payen priait parfois.
Mercredi, des agents fédéraux ont arrêté quatre habitants de Newsburgh, James Cromitie, David Williams, Onta Williams et Payen, les accusant de conspirer pour utiliser des armes de destruction massive sur le territoire des USA et de conspirer pour acquérir des missiles anti-aériens, a indiqué le bureau du procureur fédéral.
Selon des voisins de la résidence Belvedere Housing à Newburgh, Cromitie fumait de la marijuana et buvait de l’alcool. Ils ont aussi expliqué qu’il n’était pas assez intelligent pour organiser un complot terroriste.
David Williams vivait aussi dans cette résidence avec sa mère et l’aidait à prendre en charge son petit frère en phase cancéreuse terminale, déclare Manny Colon, un voisin âgé de 42 ans.
«Je pense qu’ils ont simplement été pris dans quelque chose qui leur passait au dessus de la tête, » dit-il. « Je ne pense pas qu’ils l’aient organisé d’eux-mêmes.»
Colon dit connaître Onta Williams depuis 22 ans et être l’ami de Cromitie depuis 20 ans et il pense que quelqu’un les a contraints à se mettre dans ce complot. Il dit ne pas connaître Payen.
«J’ai été choqué quand j’ai entendu parler», a déclaré Salahuddin Mustafa Muhammad, l’imam de la mosquée al-Ikhlas où Cromitie et Payen venaient de temps en temps. Il les décrit tous deux comme pauvres et nécessiteux.
Leurs difficultés financières les ont peut-être rendus susceptibles d’implication dans le complot terroriste, » dit-il.
Selon Muhammad, un homme d’une quarantaine d’années a commencé à fréquenter la mosquée il y a plus d’un an et a commencé à adopter des opinions extrémistes, à parler du djihad, ou guerre sainte, aux fidèles. Il essayait aussi d’encourager les membres de la mosquée à s’engager dans des activités non spécifiées et leur proposait 25 000 dollars pour le faire.
Muhammad n’a pas donné le nom de cet homme mais pense qu’il s’agissait d’un provocateur.
Muhammad explique que des fidèles étaient venus le voir pour se plaindre de cet homme mais qu’il n’avait pas informé la police parce qu’il pensait que cet homme était un agent provocateur d’un service gouvernemental qui tentait d’appâter des fidèles de la mosquée. Muhammad indique avoir averti les fidèles de se tenir à l’écart de cet homme.
Il laisse entendre que Cromitie et Payen n’ont peut-être pas suivi ce conseil.
«Cet individu allait avoir quelqu’un, et finalement il a eu quelqu’un, » dit Mohammad. « C’est un cas de piège par ruse.»
Selon Muhammad, cet homme est peut-être bien l’informateur qui a tuyauté le FBI sur le complot.
Payen, né en Haïti, est venu à la moquée pour la première fois en mars après avoir passé cinq mois en prison. A l’époque, il était sans domicile, en situation de séjour irrégulier et avait précédemment échappé à l’expulsion, déclare Hamin Rashada, l’imam assistant de la mosquée.
Il était aussi sous traitement pour la paranoïa.
«Il avait de graves problèmes psychologiques,» affirme Rashada.
Cromitie venait lui aussi à la moquée de temps en temps et était connu des membres de la mosquée sous le nom d’Abdur Rahman. Il était venu à la moquée pour la première fois il y a environ deux ans après avoir été libéré de prison. On ne l’avait plus revu à la mosquée depuis plusieurs mois mais il est réapparu il y a environ cinq semaines.
Muhammad est aumônier à la prison d’Etat où il s’était converti à l’Islam il y a longtemps, alors qu’il était détenu. Il est devenu un responsable respecté dans le quartier [community], apportant son aide à d’autres anciens détenus. Depuis 1985, il exerce en tant qu’aumônier à la Fiskhill Correctional Facility, la prison de niveau de sécurité moyen de Beacon, et assure le service d’aumônerie un jour par semaine au Bard College.
Les deux imams indiquent que rien dans la conduite de ces hommes ne les a amenés à suspecter qu’ils pourraient être impliqués dans le terrorisme. Rashada a aidé Payen à obtenir une chambre dans un foyer qui hébergeait également plusieurs libérés sur parole. C’était une des actions de Rashada pour aider à la réhabilitation de ces hommes.
Descente dans un appartement
Ce mercredi, la chambre de Payen était en désordre et sale, avec des papiers et des boîtes répandues un peu partout, explique Rashada qui était là quand la police a fait une descente dans la maison où il logeait. Il y avait des emballages de poulet sur le micro-onde et une bouteille d’urine derrière la porte.
Après l’arrestation de Payen et Cromitie, des habitants ont dit à Rashada que Payen leur avait demandé comment se procurer des armes lourdes et de l’aide pour trouver un chauffeur sûr. Aucun d’entre eux n’avait accepté de l’aider parce qu’ils ne voulaient pas avoir de problèmes avec la loi.
John Morgan qui tient un commerce à Broadway et dit avoir été l’ami des quatre hommes les décrit comme «des frères humbles.» Selon lui, c’étaient des gens affables qui faisaient de gros efforts pour se sortir d’une vie de crime, de drogues et de violence. Il dit douter qu’ils aient été réellement impliqués dans du terrorisme contre les Etats Unis.
Les quatre hommes avaient tous un casier judiciaire.
En janvier 2003, LaGuerre Payen avait été inculpé d’agression et de vols qualifiés allant des vols de portefeuilles aux coups de feu tirés sur la tête d’adolescents avec un pistolet à billes
(BB gun) à Spring Valley.
Il était accusé d’avoir tiré avec l’arme sur un garçon de 16 ans qui passait sur la route Monsey en août 2002. Payen était aussi accusé d’avoir volé deux femmes – dont une à main armée – pas loin de son domicile au 59 Collins Ave. A Spring Valley.
Payen avait été condamné pour agression au deuxième degré, avait purgé 15 mois en prison puis remis en liberté conditionnelle sous contrôle des services de l’immigration, selon le dossier du ministère public.
Onta Williams avait été condamné dans le Comté d’Orange à entre un et six ans de prison en 2003 pour avoir tenté de receler de la drogue.
David Williams avait purgé une peine d’une année de détention dans une prison d’Etat pour tentative de recel d’armes et de drogue.
Cromitie avait purgé une triple peine de prison pour vente et possession de drogue, dont une peine exécutée sous le nom de David Anderson.
« Ils avaient de gros problèmes, » explique Morgan qui habite à New Windsor. « Ils étaient confrontés à la drogue, la violence, la liberté conditionnelle ; deux d’entre eux avaient des enfants. « Ils avaient bien trop de problèmes dans leurs vies pour s’occuper de donner une leçon à l’Amérique. Sincèrement, c’est une fabrication.»

>Un peu plus sur la manipulation des "djihadistes" qui voulaient faire sauter des synagogues à New York

25 mai 2009

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Le blogueur canadien Xymphora pense que, aux USA, la guerre des pouvoirs publics contre la drogue est aussi une guerre contre les noirs dans la mesure où, quand ces derniers se font arrêter, ils subissent souvent de lourdes sentences alors que leurs homologues blancs tendent plutôt à bénéficier d’actions de réhabilitation.

Là où je tomberais certainement d’accord avec lui, c’est pour dire que la drogue, la répression de son commerce et de sa consommation sont un puissant moyen de contrôle policier sur ce qu’on appelle les minorités visibles.
Mais le sujet de ce post n’est pas la drogue mais, toujours grâce à Xymphora, un éclairage complémentaire sur
le complot terroriste ourdi par quatre candidats au martyre en phase finale d’exécution d’attentats contre des synagogues newyorkaises.
L’article que je vous propose est tout à fait révélateur des méthodes des agents des services de police qui agissent pour les néoconservateurs étatsuniens. On notera en particulier que, pratiquement dès le début, l’imam de la mosquée fréquentée par les quatre comparses avait identifié l’informateur qui a joué le rôle essentiel de la mise en échec du plan terroriste. Logique imparable de l’imam qui n’est pas allé dénoncer cet individu louche à la police parce qu’il avait compris qu’il travaillait pour un quelconque service gouvernemental. Ce qu’on appelle le flair apporté par une expérience à des titres divers (comme détenu puis comme aumônier) du milieu carcéral et de la petite délinquance.

Leurs voisins et l’imam doutent que les quatre accusés soient des terroristes
Ils décrivent ces hommes comme généreux, croyants, mais perturbés
par Emily Stewart, Poughkeepsie Journal (USA) 22 mai 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Newburgh – Des amis décrivent trois des suspects accusés de préparer le destruction d’avions militaires à la base aérienne de Stewart et de faire sauter des édifices religieux juifs à New York comme des hommes généreux qui prenaient soin de leurs parents malades et ne faisaient pas de prosélytisme religieux.
Le quatrième suspect, Laguerre Payen, était sous traitement contre la
paranoïa, selon un responsable d’une mosquée de Newburgh où Payen priait parfois.
Mercredi, des agents fédéraux ont arrêté quatre habitants de Newsburgh, James Cromitie, David Williams, Onta Williams et Payen, les accusant de conspirer pour utiliser des armes de destruction massive sur le territoire des USA et de conspirer pour acquérir des missiles anti-aériens, a indiqué le bureau du procureur fédéral.
Selon des voisins de la résidence Belvedere Housing à Newburgh, Cromitie fumait de la marijuana et buvait de l’alcool. Ils ont aussi expliqué qu’il n’était pas assez intelligent pour organiser un complot terroriste.
David Williams vivait aussi dans cette résidence avec sa mère et l’aidait à prendre en charge son petit frère en phase cancéreuse terminale, déclare Manny Colon, un voisin âgé de 42 ans.
«Je pense qu’ils ont simplement été pris dans quelque chose qui leur passait au dessus de la tête, » dit-il. « Je ne pense pas qu’ils l’aient organisé d’eux-mêmes.»
Colon dit connaître Onta Williams depuis 22 ans et être l’ami de Cromitie depuis 20 ans et il pense que quelqu’un les a contraints à se mettre dans ce complot. Il dit ne pas connaître Payen.
«J’ai été choqué quand j’ai entendu parler», a déclaré Salahuddin Mustafa Muhammad, l’imam de la mosquée al-Ikhlas où Cromitie et Payen venaient de temps en temps. Il les décrit tous deux comme pauvres et nécessiteux.
Leurs difficultés financières les ont peut-être rendus susceptibles d’implication dans le complot terroriste, » dit-il.
Selon Muhammad, un homme d’une quarantaine d’années a commencé à fréquenter la mosquée il y a plus d’un an et a commencé à adopter des opinions extrémistes, à parler du djihad, ou guerre sainte, aux fidèles. Il essayait aussi d’encourager les membres de la mosquée à s’engager dans des activités non spécifiées et leur proposait 25 000 dollars pour le faire.
Muhammad n’a pas donné le nom de cet homme mais pense qu’il s’agissait d’un provocateur.
Muhammad explique que des fidèles étaient venus le voir pour se plaindre de cet homme mais qu’il n’avait pas informé la police parce qu’il pensait que cet homme était un agent provocateur d’un service gouvernemental qui tentait d’appâter des fidèles de la mosquée. Muhammad indique avoir averti les fidèles de se tenir à l’écart de cet homme.
Il laisse entendre que Cromitie et Payen n’ont peut-être pas suivi ce conseil.
«Cet individu allait avoir quelqu’un, et finalement il a eu quelqu’un, » dit Mohammad. « C’est un cas de piège par ruse.»
Selon Muhammad, cet homme est peut-être bien l’informateur qui a tuyauté le FBI sur le complot.
Payen, né en Haïti, est venu à la moquée pour la première fois en mars après avoir passé cinq mois en prison. A l’époque, il était sans domicile, en situation de séjour irrégulier et avait précédemment échappé à l’expulsion, déclare Hamin Rashada, l’imam assistant de la mosquée.
Il était aussi sous traitement pour la paranoïa.
«Il avait de graves problèmes psychologiques,» affirme Rashada.
Cromitie venait lui aussi à la moquée de temps en temps et était connu des membres de la mosquée sous le nom d’Abdur Rahman. Il était venu à la moquée pour la première fois il y a environ deux ans après avoir été libéré de prison. On ne l’avait plus revu à la mosquée depuis plusieurs mois mais il est réapparu il y a environ cinq semaines.
Muhammad est aumônier à la prison d’Etat où il s’était converti à l’Islam il y a longtemps, alors qu’il était détenu. Il est devenu un responsable respecté dans le quartier [community], apportant son aide à d’autres anciens détenus. Depuis 1985, il exerce en tant qu’aumônier à la Fiskhill Correctional Facility, la prison de niveau de sécurité moyen de Beacon, et assure le service d’aumônerie un jour par semaine au Bard College.
Les deux imams indiquent que rien dans la conduite de ces hommes ne les a amenés à suspecter qu’ils pourraient être impliqués dans le terrorisme. Rashada a aidé Payen à obtenir une chambre dans un foyer qui hébergeait également plusieurs libérés sur parole. C’était une des actions de Rashada pour aider à la réhabilitation de ces hommes.
Descente dans un appartement
Ce mercredi, la chambre de Payen était en désordre et sale, avec des papiers et des boîtes répandues un peu partout, explique Rashada qui était là quand la police a fait une descente dans la maison où il logeait. Il y avait des emballages de poulet sur le micro-onde et une bouteille d’urine derrière la porte.
Après l’arrestation de Payen et Cromitie, des habitants ont dit à Rashada que Payen leur avait demandé comment se procurer des armes lourdes et de l’aide pour trouver un chauffeur sûr. Aucun d’entre eux n’avait accepté de l’aider parce qu’ils ne voulaient pas avoir de problèmes avec la loi.
John Morgan qui tient un commerce à Broadway et dit avoir été l’ami des quatre hommes les décrit comme «des frères humbles.» Selon lui, c’étaient des gens affables qui faisaient de gros efforts pour se sortir d’une vie de crime, de drogues et de violence. Il dit douter qu’ils aient été réellement impliqués dans du terrorisme contre les Etats Unis.
Les quatre hommes avaient tous un casier judiciaire.
En janvier 2003, LaGuerre Payen avait été inculpé d’agression et de vols qualifiés allant des vols de portefeuilles aux coups de feu tirés sur la tête d’adolescents avec un pistolet à billes
(BB gun) à Spring Valley.
Il était accusé d’avoir tiré avec l’arme sur un garçon de 16 ans qui passait sur la route Monsey en août 2002. Payen était aussi accusé d’avoir volé deux femmes – dont une à main armée – pas loin de son domicile au 59 Collins Ave. A Spring Valley.
Payen avait été condamné pour agression au deuxième degré, avait purgé 15 mois en prison puis remis en liberté conditionnelle sous contrôle des services de l’immigration, selon le dossier du ministère public.
Onta Williams avait été condamné dans le Comté d’Orange à entre un et six ans de prison en 2003 pour avoir tenté de receler de la drogue.
David Williams avait purgé une peine d’une année de détention dans une prison d’Etat pour tentative de recel d’armes et de drogue.
Cromitie avait purgé une triple peine de prison pour vente et possession de drogue, dont une peine exécutée sous le nom de David Anderson.
« Ils avaient de gros problèmes, » explique Morgan qui habite à New Windsor. « Ils étaient confrontés à la drogue, la violence, la liberté conditionnelle ; deux d’entre eux avaient des enfants. « Ils avaient bien trop de problèmes dans leurs vies pour s’occuper de donner une leçon à l’Amérique. Sincèrement, c’est une fabrication.»

>Tentatives d’attentats de New Yok ou l’art de la manipulation "d’idiots utiles"

24 mai 2009

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Comme il se doit, de nombreux organes de presse ont rapporté l’arrestation de quatre personnes qui préparaient des attentats à l’explosif contre deux synagogues de New York et la destruction d’avions militaires au moyen de missiles du type Stinger.

Pour mener ce genre d’opérations d’envergure, on s’attendrait à avoir affaire à des terroristes de gros calibre, affiliés à un réseau capable de fournir un objet aussi peu banal qu’un missile sol-air.

Pourtant, on peut lire dans le journal La Voix du Nord qu’en guise de terroristes aguerris, nous sommes confrontés à quatre individus dont certains se sont convertis à l’Islam en détention (pour délits de droit commun).

L’un d’entre eux, James Cromitie se présente comme étant « d’origine afghane » et que, «il était ému par la guerre là bas, selon la déclaration sous serment [des enquêteurs]. Il dit que s’il devait mourir en martyr, il irait au paradis et parlait de vouloir faire quelque chose à l’Amérique. »

Bon, je ne sais pas vous, mais moi je pense que James n’est pas un prénom afghan, pas plus que Cromitie n’est un patronyme de Kaboul ou de Kandahar.


Par ailleurs, au vu de sa photo, le visage de Cromitie n’évoque pas vraiment celui de quelqu’un dont les deux parents seraient afghans. On nous aurait dit d’origine algérienne, marocaine, libyenne, j’aurais dit « OK» mais afghan… Cependant, il est vrai qu’aux USA un « coloured » est un « coloured » ; après tout, aux premiers temps de l’immigration des italiens aux Etats Unis, ces derniers n’ont-ils pas échappé de peu à la classification dans la rubrique des populations de couleur ?
Quoi qu’il en soit, le quotidien Ouest-France nous offre un scoop sur Cromitie et ses acolytes :
Se voyaient-ils déjà au paradis, entourés de 70 vierges, selon une croyance bien établie chez les kamikazes ?
Cette croyance est plus sûrement établie à mon avis à Ouest-France que chez les apprentis kamikazes. D’ailleurs je ne comprends pas comment on peut abattre un avion avec un missile dans le cadre d’une opération kamikaze puisque le kamikaze est supposé emporter sa victime avec lui dans le trépas. Mais à Ouest France, on doit avoir une logique particulière et on confond aussi allègrement martyr et kamikaze.
Pour rester dans l’esprit Ouest-France, je propose qu’on rebaptise « rue des kamikazes » toutes les rues des villes de France qui portent la plaque « rue des martyrs de la résistance. »
Excusez cette digression et revenons au fond de l’affaire. On voit bien que ces attentats sont une affaire cousue de fil blanc, avec des terroristes manipulés de bout en bour par le FBI, et qui tombe à point nommé, au lendemain de la visite du premier ministre sioniste et au moment où le président Obama clarifie sa position sur la prison de Guantanamo Bay à Cuba.
C’est la grille d’analyse que nous propose Graham Rayman dans un blog du Village Voice en orientant son intérêt non pas vers la personnalité des terroristes présumés mais vers celle du policier qui a géré le dossier.
Une lecture édifiante.

Attentat contre la synagogue : les états de services douteux de l’agent du FBI

par Graham Rayman, 21 mai 2009, Village Voice (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

L’agent du FBI qui a eu un rôle de premier plan dans l’arrestation hier de quatre hommes pour préparation d’attentats terroristes à New York présente des états de services assez intéressants – et équivoques.

L’agent spécial Robert Fuller, dont le nom apparait au début de la plainte fédérale pour crime dans cette affaire, avait eu un rôle dans l’échec du FBI à interpeller deux des pirates de l’ait du 11 septembre, avait vu un de ses informateurs s’immoler par le feu devant la Maison Blanche, et était impliqué ans l’erreur d’identification comme terroriste d’un ressortissant canadien, suivie de l’arrestation en secret et de la torture de ce dernier – une affaire qui fait actuellement l’objet d’une importante procédure judiciaire.

Fuller est présenté comme le principal agent responsable de l’arrestation hier de quatre hommes dont les officiels indiquent qu’ils allaient faire sauter deux synagogues et voulaient abattre un avion militaire. Mais comme dans d’autres cas de terroristes nationaux et apparemment stupides, c’est un informateur du FBI qui a fourni des armes (neutralisées)
aux quatre suspects. Dans les semaines à venir, nous en saurons plus sur à quel point les quatre suspects ont été incités par l’informateur à commettre les supposés actes terroristes. C’est le Southern District de New York qui est chargé des poursuites. (James Margolin, un porte parole du FBI a déclaré que le FBI ne s’exprimerait pas sur cette affaire parce que Fuller est susceptible de témoigner dans la procédure en cours).

Fuller avait précédemment été impliqué dans l’affaire du canadien en tant que personne qui avait interrogé un adolescent afghan blessé nommé Omar Khadr. Pendant l’interrogatoire mené par Fuller, Khadr avait de manière douteuse identifié Maher Arar, un citoyen canadien, comme étant quelqu’un qu’il avait vu en Afghanistan. Arar fut par la suite expédié en Syrie où il fut emprisonné et torturé pendant un an. Il est démontré aujourd’hui qu’Arar ne pouvait pas se trouver en Afghanistan au moment où Khadr, soumis à d’intenses pressions par Fuller, a déclaré l’avoir vu là bas.

En janvier, Fuller s’est retrouvé à la barre des témoins au procès de Khadr à Guantanamo Bay. Il a témoigné que pendant l’interrogatoire dans la base aérienne de Bagram en Afghanistan, Khadr avait identifié Arar d’après une photo et avait déclaré l’avoir vu en Afghanistan.

Cependant, lors du contre interrogatoire, Fuller a révélé que Khadr n’avait pas vraiment identifié Arar. Au lieu de quoi, il avait dit que le visage d’Arar lui « semblait familier, » et puis que « à un moment » il avait l’impression de reconnaître le visage sur la photo, selon le témoignage de Fuller.
«Nous ne savions pas ce qui se passait, si cela s’est produit quelques heures ou quelques jours plus tard, » déclare Kerry Pither, un journaliste canadien dont le livre Dark Days: The story of four Canadians tortured in the name of fighting terror porte sur l’affaire Arar.

« Khadr devait avoir environ quatorze ans, ne voyait que d’un œil et souffrait de blessures sérieuses, » explique Watt. « C’était complètement ridicule. »

Selon Steven Watt, un des avocats d’Arar en association maintenant avec l’ACLU (union des avocats pour les droits civiques), l’identification par Khadr aurait du être accueillie avec beaucoup de suspicion…
Une commission d’enquête canadienne a déjà établi qu’Arar se trouvait au Canada au moment où Fuller indique qu’il était supposé être en Afghanistan aux dires de Khadr.

« Fuller a à l’évidence des états de services douteux, » déclare Pither. « Même si ses affirmations sur les dires de Khadr étaient vraies, il est hors de doute que Khadr aurait dit n’importe quoi. Il avait dit qu’il dirait n’importe quoi pour être mieux soigné.»
Le « transfert extraordinaire » d’Arar a été une sacrée histoire au Canada. Il a été la première personne traitée de la sorte à s’exprimer publiquement et à demander des comptes.

Sa procédure contre le gouvernement canadien a débouché sur 10 millions de dollars de dommages et intérêts. Il a aussi reçu des excuses sur une télévision nationale de la part du premier ministre canadien (imaginez un président étatsunien faire la même chose).

Ces excuses avaient été faites après qu’un ministre canadien de haut niveau ait eu la possibilité d’examiner le dossier des services secrets étatsuniens sur Arar – confirmant, selon Pither, une fois pour toutes qu’Arar était innocent. La procédure d’Arar contre le gouvernement des USA est en cours.

Fuller faisait aussi partie de l’équipe chargé de pister deux des pirates du 11 septembre en août 2001, avant les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center.

Le New York Observer avait relaté que, après que la CIA ait informé le FBI que les deux pirates de l’air, Khalid al-Midhar et Nawaf al-Hamzi, se trouvaient aux Etats Unis, Fuller avait reçu comme mission de les arrêter le 23 août 2001, 19 jours avant les attentats.

Un autre agent du FBI, rapportait l’Observer, avait qualifié la mission de « routinière, » voulant dire par là que Fuller avait trente jours pour les arrêter. Fuller a sondé des bases de données locales, fait des vérifications à l’hôtel newyorkais de Midhar puis laissé tomber. Procédure normale, disent les documents, sauf qu’il aurait dû chercher dans des bases de données commerciales, ce qu’il ne fit pas.
Il dira plus tard avoir consulté la base de données
ChoicePoint le 4 ou le 5 septembre, mais la commission sur le 11 septembre conclura par la suite que le FBI n’avait consulté cette base de données qu’après les attentats, indiquait le journal.

Et en novembre 2004, Mohamed Alanssi, un informateur avec qui Fuller travaillait, se rendait sur le trottoir situé devant la Maison Blanche et s’immolait par le feu. La lettre d’Alanssi expliquant son suicide était adressée à Fuller qui, à l’époque, était son agent traitant depuis trois ans, selon une déposition qu’il avait faite sous servent devant un tribunal.
Alanssi, 52 ans, désespéré et émotionnellement déséquilibré, disait dans cette lettre décousue qu’il voulait rentrer chez lui au Yémen pour vois sa femme avant de témoigner publiquement au tribunal. Alanssi se plaignait que ses agents traitants n’aient pas tenu leurs promesses de le rémunérer, de lui obtenir la citoyenneté étatsunienne et de protéger son identité, écrivait le Washington Post à l’époque.
«Pourquoi ne vous souciez-vous pas de ma vie et de celle de ma famille, » écrivait-il. « Une fois que j’aurai témoigné ma famille sera tuée au Yémen, moi aussi je serai un homme mort.»

Alanssi avait déclaré au Washington Post que le FBI l’avait payé 100 000 dollars en 2003. « Ca a été ma grosse erreur de coopérer avec le FBI. Le FBI a déjà détruit ma vie et ma vie de famille et nous a mis dans une situation très dangereuse… Je ne suis pas fou pour détruire ma vie et celle da ma famille pour avoir 100 000 dollars, » disait-il.

Un article de 2004 du New York Times rapportait que le FBI avait utilisé Alanssi dans des poursuites contre 20 personnes.
«La bizarrerie des actions de M. Alanssi a également mis en totale évidence une autre faiblesse des enquêtes où est mise une forte pression : les relations contraintes qui sont souvent à la base des accords entre les enquêteurs et leurs informateurs peuvent évoluer brusquement de manière incontrôlable,’ écrivait William Glaberson dans le New York Times.

Alanssi a survécu mais grièvement brûlé sur plus de 30 % de son corps.

Tentatives d’attentats de New Yok ou l’art de la manipulation "d’idiots utiles"

24 mai 2009
Comme il se doit, de nombreux organes de presse ont rapporté l’arrestation de quatre personnes qui préparaient des attentats à l’explosif contre deux synagogues de New York et la destruction d’avions militaires au moyen de missiles du type Stinger.

Pour mener ce genre d’opérations d’envergure, on s’attendrait à avoir affaire à des terroristes de gros calibre, affiliés à un réseau capable de fournir un objet aussi peu banal qu’un missile sol-air.

Pourtant, on peut lire dans le journal La Voix du Nord qu’en guise de terroristes aguerris, nous sommes confrontés à quatre individus dont certains se sont convertis à l’Islam en détention (pour délits de droit commun).

L’un d’entre eux, James Cromitie se présente comme étant « d’origine afghane » et que, «il était ému par la guerre là bas, selon la déclaration sous serment [des enquêteurs]. Il dit que s’il devait mourir en martyr, il irait au paradis et parlait de vouloir faire quelque chose à l’Amérique. »

Bon, je ne sais pas vous, mais moi je pense que James n’est pas un prénom afghan, pas plus que Cromitie n’est un patronyme de Kaboul ou de Kandahar.


Par ailleurs, au vu de sa photo, le visage de Cromitie n’évoque pas vraiment celui de quelqu’un dont les deux parents seraient afghans. On nous aurait dit d’origine algérienne, marocaine, libyenne, j’aurais dit « OK» mais afghan… Cependant, il est vrai qu’aux USA un « coloured » est un « coloured » ; après tout, aux premiers temps de l’immigration des italiens aux Etats Unis, ces derniers n’ont-ils pas échappé de peu à la classification dans la rubrique des populations de couleur ?
Quoi qu’il en soit, le quotidien Ouest-France nous offre un scoop sur Cromitie et ses acolytes :
Se voyaient-ils déjà au paradis, entourés de 70 vierges, selon une croyance bien établie chez les kamikazes ?
Cette croyance est plus sûrement établie à mon avis à Ouest-France que chez les apprentis kamikazes. D’ailleurs je ne comprends pas comment on peut abattre un avion avec un missile dans le cadre d’une opération kamikaze puisque le kamikaze est supposé emporter sa victime avec lui dans le trépas. Mais à Ouest France, on doit avoir une logique particulière et on confond aussi allègrement martyr et kamikaze.
Pour rester dans l’esprit Ouest-France, je propose qu’on rebaptise « rue des kamikazes » toutes les rues des villes de France qui portent la plaque « rue des martyrs de la résistance. »
Excusez cette digression et revenons au fond de l’affaire. On voit bien que ces attentats sont une affaire cousue de fil blanc, avec des terroristes manipulés de bout en bour par le FBI, et qui tombe à point nommé, au lendemain de la visite du premier ministre sioniste et au moment où le président Obama clarifie sa position sur la prison de Guantanamo Bay à Cuba.
C’est la grille d’analyse que nous propose Graham Rayman dans un blog du Village Voice en orientant son intérêt non pas vers la personnalité des terroristes présumés mais vers celle du policier qui a géré le dossier.
Une lecture édifiante.

Attentat contre la synagogue : les états de services douteux de l’agent du FBI

par Graham Rayman, 21 mai 2009, Village Voice (USA) traduit de l’anglais par Djazaïri

L’agent du FBI qui a eu un rôle de premier plan dans l’arrestation hier de quatre hommes pour préparation d’attentats terroristes à New York présente des états de services assez intéressants – et équivoques.

L’agent spécial Robert Fuller, dont le nom apparait au début de la plainte fédérale pour crime dans cette affaire, avait eu un rôle dans l’échec du FBI à interpeller deux des pirates de l’ait du 11 septembre, avait vu un de ses informateurs s’immoler par le feu devant la Maison Blanche, et était impliqué ans l’erreur d’identification comme terroriste d’un ressortissant canadien, suivie de l’arrestation en secret et de la torture de ce dernier – une affaire qui fait actuellement l’objet d’une importante procédure judiciaire.

Fuller est présenté comme le principal agent responsable de l’arrestation hier de quatre hommes dont les officiels indiquent qu’ils allaient faire sauter deux synagogues et voulaient abattre un avion militaire. Mais comme dans d’autres cas de terroristes nationaux et apparemment stupides, c’est un informateur du FBI qui a fourni des armes (neutralisées)
aux quatre suspects. Dans les semaines à venir, nous en saurons plus sur à quel point les quatre suspects ont été incités par l’informateur à commettre les supposés actes terroristes. C’est le Southern District de New York qui est chargé des poursuites. (James Margolin, un porte parole du FBI a déclaré que le FBI ne s’exprimerait pas sur cette affaire parce que Fuller est susceptible de témoigner dans la procédure en cours).

Fuller avait précédemment été impliqué dans l’affaire du canadien en tant que personne qui avait interrogé un adolescent afghan blessé nommé Omar Khadr. Pendant l’interrogatoire mené par Fuller, Khadr avait de manière douteuse identifié Maher Arar, un citoyen canadien, comme étant quelqu’un qu’il avait vu en Afghanistan. Arar fut par la suite expédié en Syrie où il fut emprisonné et torturé pendant un an. Il est démontré aujourd’hui qu’Arar ne pouvait pas se trouver en Afghanistan au moment où Khadr, soumis à d’intenses pressions par Fuller, a déclaré l’avoir vu là bas.

En janvier, Fuller s’est retrouvé à la barre des témoins au procès de Khadr à Guantanamo Bay. Il a témoigné que pendant l’interrogatoire dans la base aérienne de Bagram en Afghanistan, Khadr avait identifié Arar d’après une photo et avait déclaré l’avoir vu en Afghanistan.

Cependant, lors du contre interrogatoire, Fuller a révélé que Khadr n’avait pas vraiment identifié Arar. Au lieu de quoi, il avait dit que le visage d’Arar lui « semblait familier, » et puis que « à un moment » il avait l’impression de reconnaître le visage sur la photo, selon le témoignage de Fuller.
«Nous ne savions pas ce qui se passait, si cela s’est produit quelques heures ou quelques jours plus tard, » déclare Kerry Pither, un journaliste canadien dont le livre Dark Days: The story of four Canadians tortured in the name of fighting terror porte sur l’affaire Arar.

« Khadr devait avoir environ quatorze ans, ne voyait que d’un œil et souffrait de blessures sérieuses, » explique Watt. « C’était complètement ridicule. »

Selon Steven Watt, un des avocats d’Arar en association maintenant avec l’ACLU (union des avocats pour les droits civiques), l’identification par Khadr aurait du être accueillie avec beaucoup de suspicion…
Une commission d’enquête canadienne a déjà établi qu’Arar se trouvait au Canada au moment où Fuller indique qu’il était supposé être en Afghanistan aux dires de Khadr.

« Fuller a à l’évidence des états de services douteux, » déclare Pither. « Même si ses affirmations sur les dires de Khadr étaient vraies, il est hors de doute que Khadr aurait dit n’importe quoi. Il avait dit qu’il dirait n’importe quoi pour être mieux soigné.»
Le « transfert extraordinaire » d’Arar a été une sacrée histoire au Canada. Il a été la première personne traitée de la sorte à s’exprimer publiquement et à demander des comptes.

Sa procédure contre le gouvernement canadien a débouché sur 10 millions de dollars de dommages et intérêts. Il a aussi reçu des excuses sur une télévision nationale de la part du premier ministre canadien (imaginez un président étatsunien faire la même chose).

Ces excuses avaient été faites après qu’un ministre canadien de haut niveau ait eu la possibilité d’examiner le dossier des services secrets étatsuniens sur Arar – confirmant, selon Pither, une fois pour toutes qu’Arar était innocent. La procédure d’Arar contre le gouvernement des USA est en cours.

Fuller faisait aussi partie de l’équipe chargé de pister deux des pirates du 11 septembre en août 2001, avant les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center.

Le New York Observer avait relaté que, après que la CIA ait informé le FBI que les deux pirates de l’air, Khalid al-Midhar et Nawaf al-Hamzi, se trouvaient aux Etats Unis, Fuller avait reçu comme mission de les arrêter le 23 août 2001, 19 jours avant les attentats.

Un autre agent du FBI, rapportait l’Observer, avait qualifié la mission de « routinière, » voulant dire par là que Fuller avait trente jours pour les arrêter. Fuller a sondé des bases de données locales, fait des vérifications à l’hôtel newyorkais de Midhar puis laissé tomber. Procédure normale, disent les documents, sauf qu’il aurait dû chercher dans des bases de données commerciales, ce qu’il ne fit pas.
Il dira plus tard avoir consulté la base de données
ChoicePoint le 4 ou le 5 septembre, mais la commission sur le 11 septembre conclura par la suite que le FBI n’avait consulté cette base de données qu’après les attentats, indiquait le journal.

Et en novembre 2004, Mohamed Alanssi, un informateur avec qui Fuller travaillait, se rendait sur le trottoir situé devant la Maison Blanche et s’immolait par le feu. La lettre d’Alanssi expliquant son suicide était adressée à Fuller qui, à l’époque, était son agent traitant depuis trois ans, selon une déposition qu’il avait faite sous servent devant un tribunal.
Alanssi, 52 ans, désespéré et émotionnellement déséquilibré, disait dans cette lettre décousue qu’il voulait rentrer chez lui au Yémen pour vois sa femme avant de témoigner publiquement au tribunal. Alanssi se plaignait que ses agents traitants n’aient pas tenu leurs promesses de le rémunérer, de lui obtenir la citoyenneté étatsunienne et de protéger son identité, écrivait le Washington Post à l’époque.
«Pourquoi ne vous souciez-vous pas de ma vie et de celle de ma famille, » écrivait-il. « Une fois que j’aurai témoigné ma famille sera tuée au Yémen, moi aussi je serai un homme mort.»

Alanssi avait déclaré au Washington Post que le FBI l’avait payé 100 000 dollars en 2003. « Ca a été ma grosse erreur de coopérer avec le FBI. Le FBI a déjà détruit ma vie et ma vie de famille et nous a mis dans une situation très dangereuse… Je ne suis pas fou pour détruire ma vie et celle da ma famille pour avoir 100 000 dollars, » disait-il.

Un article de 2004 du New York Times rapportait que le FBI avait utilisé Alanssi dans des poursuites contre 20 personnes.
«La bizarrerie des actions de M. Alanssi a également mis en totale évidence une autre faiblesse des enquêtes où est mise une forte pression : les relations contraintes qui sont souvent à la base des accords entre les enquêteurs et leurs informateurs peuvent évoluer brusquement de manière incontrôlable,’ écrivait William Glaberson dans le New York Times.

Alanssi a survécu mais grièvement brûlé sur plus de 30 % de son corps.

Les graines de l’antisémitisme

13 décembre 2008

L’Agence Juive et le Yediot Aharonot, un des principaux quotidiens de l’entité sioniste s’émeuvent de la commercialisation par une chaîne de magasins aux Etats-Unis de graines de tournesol grillées.

Le Yediot écrit :

Des magasins appartenant à une famille russe stockent et vendent des dizaines de paquets comportant une étiquette représentant un Juif d’apparence sinistre et avide. Pour l’Agence Juive : brusque montée d’antisémitisme aux Etats-Unis en raison de la crise financière globale.

Un peu plus loin :

Amos Hermon, chef de la Task Force contre l’antisémitisme de l’Agence Juive explique que ce n’est pas la première fois que des symboles anti juifs sont utilisés par des Russes. « Ce que nous voyons ici est l’utilisation de représentations identiques à celles qui étaient d’usage dans l’Allemagne nazie et en Europe orientale avant et pendant la seconde guerre mondiale, » a-t-il déclaré.

« Le fabricant a choisi consciemment de susciter et d’invoquer des sentiments antisémites, pensant ainsi accroître ses ventes. »



Je ne connais pas la langue de ces Russes taxés sans vergogne d’antisémites mais si on en croit le Yediot on lit sur la partie gauche de l’étiquette :

Shalom d’Israël »

Et sur la partie droite, une phrase en argot qui dirait :

Crachez-les partout » par allusion aux « sales Juifs.»

Bon, je ne suis pas russophone, mais j’ai l’impression que crachez-les partout concerne la partie non comestible de la graine et que « sales juifs » ne figure pas sur l’étiquette.

On a là un exemple type de fabrication d’un événement antisémite qu’on a même le culot de mettre en lien avec la crise financière globale (au fait pourquoi la crise financière devrait-elle s’accompagner d’une montée de l’antisémitisme ?). La propagande sioniste a effectivement besoin de l’antisémitisme et c’est au microscope qu’elle le traque, quitte éventuellement à en semer elle-même les graines.

Car ces graines avec leur emballage au goût pour le moins douteux ne sont vendues que dans quatre magasins de New York, une ville peuplée de plusieurs millions d’habitants !

Ensuite, rien ne dit que les emballages en question soient utilisés pour la commercialisation de ces graines dans d’autres réseaux de distribution, aux Etats-Unis ou ailleurs.

Et ce que le Yediot comme l’Agence Juive se sont bien gardés de dire, c’est que si les commerces incriminés appartiennent bien à une famille russe, en l’occurrence la famille Shnayder, cette dernière est juive ashkénaze. D’ailleurs les magasins de la famille Shnayder se trouvent à Brooklyn, c’est-à-dire un quartier où les Juifs sont nombreux et constituent probablement l’essentiel de la clientèle.

Maintenant, voyons si cette manifestation « antisémite » va faire le tour du monde de l’information…

>Les graines de l’antisémitisme

13 décembre 2008

>

L’Agence Juive et le Yediot Aharonot, un des principaux quotidiens de l’entité sioniste s’émeuvent de la commercialisation par une chaîne de magasins aux Etats-Unis de graines de tournesol grillées.

Le Yediot écrit :

Des magasins appartenant à une famille russe stockent et vendent des dizaines de paquets comportant une étiquette représentant un Juif d’apparence sinistre et avide. Pour l’Agence Juive : brusque montée d’antisémitisme aux Etats-Unis en raison de la crise financière globale.

Un peu plus loin :

Amos Hermon, chef de la Task Force contre l’antisémitisme de l’Agence Juive explique que ce n’est pas la première fois que des symboles anti juifs sont utilisés par des Russes. « Ce que nous voyons ici est l’utilisation de représentations identiques à celles qui étaient d’usage dans l’Allemagne nazie et en Europe orientale avant et pendant la seconde guerre mondiale, » a-t-il déclaré.

« Le fabricant a choisi consciemment de susciter et d’invoquer des sentiments antisémites, pensant ainsi accroître ses ventes. »



Je ne connais pas la langue de ces Russes taxés sans vergogne d’antisémites mais si on en croit le Yediot on lit sur la partie gauche de l’étiquette :

Shalom d’Israël »

Et sur la partie droite, une phrase en argot qui dirait :

Crachez-les partout » par allusion aux « sales Juifs.»

Bon, je ne suis pas russophone, mais j’ai l’impression que crachez-les partout concerne la partie non comestible de la graine et que « sales juifs » ne figure pas sur l’étiquette.

On a là un exemple type de fabrication d’un événement antisémite qu’on a même le culot de mettre en lien avec la crise financière globale (au fait pourquoi la crise financière devrait-elle s’accompagner d’une montée de l’antisémitisme ?). La propagande sioniste a effectivement besoin de l’antisémitisme et c’est au microscope qu’elle le traque, quitte éventuellement à en semer elle-même les graines.

Car ces graines avec leur emballage au goût pour le moins douteux ne sont vendues que dans quatre magasins de New York, une ville peuplée de plusieurs millions d’habitants !

Ensuite, rien ne dit que les emballages en question soient utilisés pour la commercialisation de ces graines dans d’autres réseaux de distribution, aux Etats-Unis ou ailleurs.

Et ce que le Yediot comme l’Agence Juive se sont bien gardés de dire, c’est que si les commerces incriminés appartiennent bien à une famille russe, en l’occurrence la famille Shnayder, cette dernière est juive ashkénaze. D’ailleurs les magasins de la famille Shnayder se trouvent à Brooklyn, c’est-à-dire un quartier où les Juifs sont nombreux et constituent probablement l’essentiel de la clientèle.

Maintenant, voyons si cette manifestation « antisémite » va faire le tour du monde de l’information…

Les graines de l’antisémitisme

13 décembre 2008

L’Agence Juive et le Yediot Aharonot, un des principaux quotidiens de l’entité sioniste s’émeuvent de la commercialisation par une chaîne de magasins aux Etats-Unis de graines de tournesol grillées.

Le Yediot écrit :

Des magasins appartenant à une famille russe stockent et vendent des dizaines de paquets comportant une étiquette représentant un Juif d’apparence sinistre et avide. Pour l’Agence Juive : brusque montée d’antisémitisme aux Etats-Unis en raison de la crise financière globale.

Un peu plus loin :

Amos Hermon, chef de la Task Force contre l’antisémitisme de l’Agence Juive explique que ce n’est pas la première fois que des symboles anti juifs sont utilisés par des Russes. « Ce que nous voyons ici est l’utilisation de représentations identiques à celles qui étaient d’usage dans l’Allemagne nazie et en Europe orientale avant et pendant la seconde guerre mondiale, » a-t-il déclaré.

« Le fabricant a choisi consciemment de susciter et d’invoquer des sentiments antisémites, pensant ainsi accroître ses ventes. »



Je ne connais pas la langue de ces Russes taxés sans vergogne d’antisémites mais si on en croit le Yediot on lit sur la partie gauche de l’étiquette :

Shalom d’Israël »

Et sur la partie droite, une phrase en argot qui dirait :

Crachez-les partout » par allusion aux « sales Juifs.»

Bon, je ne suis pas russophone, mais j’ai l’impression que crachez-les partout concerne la partie non comestible de la graine et que « sales juifs » ne figure pas sur l’étiquette.

On a là un exemple type de fabrication d’un événement antisémite qu’on a même le culot de mettre en lien avec la crise financière globale (au fait pourquoi la crise financière devrait-elle s’accompagner d’une montée de l’antisémitisme ?). La propagande sioniste a effectivement besoin de l’antisémitisme et c’est au microscope qu’elle le traque, quitte éventuellement à en semer elle-même les graines.

Car ces graines avec leur emballage au goût pour le moins douteux ne sont vendues que dans quatre magasins de New York, une ville peuplée de plusieurs millions d’habitants !

Ensuite, rien ne dit que les emballages en question soient utilisés pour la commercialisation de ces graines dans d’autres réseaux de distribution, aux Etats-Unis ou ailleurs.

Et ce que le Yediot comme l’Agence Juive se sont bien gardés de dire, c’est que si les commerces incriminés appartiennent bien à une famille russe, en l’occurrence la famille Shnayder, cette dernière est juive ashkénaze. D’ailleurs les magasins de la famille Shnayder se trouvent à Brooklyn, c’est-à-dire un quartier où les Juifs sont nombreux et constituent probablement l’essentiel de la clientèle.

Maintenant, voyons si cette manifestation « antisémite » va faire le tour du monde de l’information…

>J’ai dit bizarre, comme c’est bizarre !

19 novembre 2008

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Certains d’entre vous ont peut être vu le film «Une étrangère parmi nous» réalisé en 1993 par Sidney Lumet avec la comédienne Mélanie Griffith dans le rôle d’une femme flic immergée dans le monde des Juifs hassidiques.
J’ai eu personnellement la nausée en voyant ce film qui cumule les poncifs racistes. La police est en effet chargée d’enquêter sur un assassinat commis dans cette communauté et l’agent chargée de l’enquête entretient un étrange rapport de suspicion – séduction avec un charmant monsieur de la dite communauté. Il va sans dire que la fliquette, qui est à la fois jolie et Gentille [au sens de non juive] est présentée comme quelqu’un de déluré [malgré elle car c’est quand même une gentille fille].

Le suspense est double dans ce film passablement ennuyeux :
1er motif de suspense : la fliquette va-t-elle réussir à séduire notre jeune spécialiste des écritures et à le détourner de la voie droite.
2ème motif de suspense : notre spécialiste des écritures talmudiques est-il coupable d’assassinat ?
Rassurez-vous, l’agent interprété par Mélanie Griffith ne réussira pas à faire chavirer le charmant Hassidim et ce dernier n’a pas de sang sur les mains.
Et c’est là qu’intervient l’autre lieu commun raciste de ce film : les responsables du crime ne sont autres que des maffieux Italiens, correspondant à ce que Marlon Brando appelait le personnage du Rital fabriqué par Hollywood.
Conclusion : la communauté hassidique peut sembler étrange au premier abord, mais c’est une communauté que rien ne saurait détourner de la voie droite, que le malin soit incarné par une jolie [et Gentille] femme ou par l’appât du gain.
C’est ce tableau d’austérité impeccable que met à mal cet article du New York Times qui relate la mise au jour de ce qui semblerait être la commission assez fréquente d’abus sexuels sur de jeunes élèves d’écoles talmudiques par des membres du corps enseignant.
En elles-mêmes, ces informations ne présentent ni plus ni moins d’intérêt que celles qui portent sur des abus commis dans d’autres institutions, religieuses ou non.
Elles sont cependant intéressantes car elles ont tout l’air d’une première s’agissant d’une communauté qui se veut extrêmement fermée à ceux qui lui sont « étrangers » comme la femme flic du film.
Surtout, il faut noter la résistance qu’oppose celui par qui le scandale est arrivé à fournir les informations que la justice lui demande au prétexte de la confidentialité qu’il doit aux victimes qui lui ont rapporté ce qu’elles ont subi.
Cet individu n’est pourtant ni médecin, ni avocat, ni prêtre. C’est un élu local [du parti Démocrate] qui devrait savoir que dissimuler un crime est un délit passible de poursuites. Or, il se dit prêt à aller en prison plutôt que de dire ce qu’il sait à la police.
Etrange comportement qu’on ne peut comprendre à mon avis que par le fait qu’il appartienne lui-même à la communauté juive orthodoxe. Et que peut-être préfère-t-il passer dix années de sa vie derrière les barreaux plutôt qu’encourir les foudres de clercs qui semblent avoir un pouvoir démesuré car, nous dit l’article, les victimes craignent d’être exclues « d’une communauté où les personnes perçues comme fauteurs de troubles risquent d’y laisser leur emploi, leur logement et même leurs perspectives de mariage ».
Si M. Hikind s’avérait être considéré comme un « fauteur de troubles,» il faut donc comprendre que lui aussi, ainsi que sa famille pourraient bien y laisser des plumes et qu’à côté de ça, dix années de prison ne seraient qu’une sinécure.
Enfin, il faut constater que le New York Times a publié cet article dans ses pages locales et qu’il n’a donné lieu à pratiquement aucune reprise par d’autres journaux ou agences dans le reste du pays [tenez moi au courant si vous en trouvez plus d’une].

Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit bizarre, bizarre.
Moi, j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre ! »

Citation à comparaître pour plaintes d’abus sexuels
Par Paul Vitello, New York Times (USA) 13 novembre 2008 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un an après avoir invité les auditeurs de son émission de radio à discuter d’une question explosive – les abus sexuel sur des enfants dans la communauté juive orthodoxe – l’élu local Dov Hikind dit avoir collecté plus de 1.000 plaintes et les noms de 60 personnes désignées en tant que prédateurs sexuels.
Il dit avoir gardé ces histoires enfermées à double tour dans son bureau de Brooklyn car les gens qui lui ont dit être victimes lui ont fait jurer le secret, de crainte d’être exclus d’une communauté où les personnes perçues comme fauteurs de troubles risquent d’y laisser leur emploi, leur logement et même leurs perspectives de mariage.
Mais un avocat connu qui représente une demi douzaine d’anciens élèves de yeshiva [école talmudique] qui affirment dans une procédure au civil avoir été abusés sexuellement par un enseignant de Borough Park à Brooklyn, ont obtenu que M. Hikind soit cité à comparaître cette semaine et exigé qu’il livre ces dossiers.
M. Hikind a refusé. « Je ferai dix ans de prison d’abord, » a-t-il affirmé mercredi.
Ce conflit en justice a révélé la profondeur des tensions à l’intérieur de la communauté orthodoxe dont la presse juive hebdomadaire a fait état, et a été le sujet de discussion presque exclusif sur certains sites web juifs orthodoxes comme
failedmessiah.com et unorthodoxjews.blogspot.com dans les mois qui ont suivi l’évocation des abus sexuels par M. Hikind.
« J’ai été choqué et accablé devant la magnitude du problème, » a déclaré M. Hikind, Juif orthodoxe et Démocrate qui représente politiquement la communauté orthodoxe prédominante à Borough Park.
Les victimes sont venues se présenter dans son bureau à un rythme régulier pour raconter leurs histoires, dit-il. « Des enseignants et des rabbins qui commettent des abus à l’école, » dit-il. « Pédophiles dans la rue. Inceste à la maison.»
Michael G. Dowd, l’avocat qui a fait citer Hikind à comparaître, a été un avocat très en vue de plaignants qui affirmaient avoir été abusés sexuellement par des prêtres catholiques. Il représente six hommes qui disent avoir été abusés sexuellement par le rabbin Yehuda Kolko qui enseignait à la yeshiva Torah Temimah de Brooklyn. Le rabbin Kolko, déféré en justice pour abus sexuels en 2006, avait plaidé coupable d’une accusation moins grave et n’exerce plus dans l’école.
La citation introduite par M. Dowd demande que l’élu local fournisse non seulement les plaintes que M. Hikind pourrait avoir reçu à l’encontre du rabbin Kolko, mais aussi « l’ensemble des informations sur des abus sexuels dans n’importe quelle yeshiva et par n’importe quel rabbin ou employé d’une yeshiva à New York. » M. Dowd affirme que ces informations sont cruciales pour prouver les affirmations de ses clients selon lesquelles les abus sexuels étaient chose courante et couverts de manière routinière par les administrateurs des yeshivas.
Il a qualifié le refus de M. Hikind de « fourvoiement. » Tout en disant avoir envisagé de faire imposer l’exécution de la citation, il affirme également comprendre l’hésitation à affronter le pouvoir qui domine la communauté orthodoxe. « Les grands rabbins ont le même pouvoir pour faire taire les gens que celui dont disposait l’église catholique il y a 50 ou 60 ans, » a-t-il expliqué.
M. Hikind a indiqué que chaque plainte qui lui a été soumise l’était en confidentialité absolue, entendu que « en aucunes circonstances leurs noms ne seraient connus dans la communauté. »
« Pour rien au monde, alors que des gens sont venus me voir et m’ont ouvert leurs cœurs, ont partagé avec moi les choses les plus intimes et privées, dans l’espoir que je ferai quelque chose pour traite le problème plus large et plus global, je ne trahirai leur confiance, » a-t-il affirmé.
M. Hikind explique avoir réagi a ce qui se disait dans la communauté sur des abus sexuels non rendus publics lorsqu’il décida de consacrer une série de trois émissions à ce sujet dans son programme radio hebdomadaire qui est diffusé le samedi soir sur
WMCAAM (570). Les appels furent immédiats et nombreux, émanant non seulement de Brooklyn mais aussi des alentours de New York comme du New Jersey.
Il a essayé de demander aux leaders de la communauté de Borough Park de s’associer à lui pour participer au traitement de ce problème, avec un succès mitigé. « Il existe un tabou culturel sur ce genre de choses et particulièrement sur l’idée de présenter aux autorités séculières [c’est-à-dire à la police et à la justice] des affaires d’abus sexuels, » a-t-il expliqué.
En septembre, le rabbin Benzion Twerski, un psychologue clinicien qui avait initialement accepté de diriger une équipe sur ce dossier, avait démissionné au bout d’une semaine. Dans une lettre à un hebdomadaire juif, il précisait avoir démissionné sous la pression de ses enfants qui lui avaient dit se sentir « honteux » de sa participation.
Selon M. Hikind, parmi toutes les personnes qui ont dit être victimes, « 99 % n’iront pas en aucun cas devant la police – c’est juste une réalité. »
Mais Joe Engelman, 23 ans, qui a grandi dans la communauté orthodoxe de Williamsburg, Brooklyn, et a contribué à créer l’association de victimes baptisée Survivors for Justice considère qu’en dépit « de ses bonnes intentions, » M. Hikind manifeste l’incompréhension classique au sujet des prédateurs sexuels immergés dans des communautés fermées comme le clergé catholique ou l’univers orthodoxe. « La communauté ne peut pas faire sa propre police, » explique-t-il. « Cela a été démontré de façon répétée.»
Sur son propre cas, M. Engelman a déclaré qu’une plainte qu’il avait portée à l’attention de la direction de l’United Talmudical Academy à l’encontre d’un enseignant qui l’avait violé quand il avait huit ans avait abouti à une brève suspension de l’enseignant et à sa reprise de fonctions subséquente. M. Engelman a depuis engagé une procédure au civil contre l’enseignant et l’école.
Le professeur Marci Hamilton, professeur associé à la Yeshiva University School of Law et spécialiste des abus sexuels de la part de clercs religieux, considère que le refus de M. Hikinfd de livrer les noms des prédateurs présumés, ou même de l’ensemble de son dossier, était « scandaleux.»
Elle a précisé que Charles J. Hynes, le procureur du district de Brooklyn, « aurait déjà dû réunir un grand jury » pour enquête.
John Schmetterer, le porte parole de M. Hynes a déclaré : « Si quelqu’un a des informations sur un crime sexuel, il ou elle doit donner cette information à notre unité chargée des crimes sexuels et nous effectuerons les investigations nécessaires. »

J’ai dit bizarre, comme c’est bizarre !

19 novembre 2008
Certains d’entre vous ont peut être vu le film «Une étrangère parmi nous» réalisé en 1993 par Sidney Lumet avec la comédienne Mélanie Griffith dans le rôle d’une femme flic immergée dans le monde des Juifs hassidiques.
J’ai eu personnellement la nausée en voyant ce film qui cumule les poncifs racistes. La police est en effet chargée d’enquêter sur un assassinat commis dans cette communauté et l’agent chargée de l’enquête entretient un étrange rapport de suspicion – séduction avec un charmant monsieur de la dite communauté. Il va sans dire que la fliquette, qui est à la fois jolie et Gentille [au sens de non juive] est présentée comme quelqu’un de déluré [malgré elle car c’est quand même une gentille fille].

Le suspense est double dans ce film passablement ennuyeux :
1er motif de suspense : la fliquette va-t-elle réussir à séduire notre jeune spécialiste des écritures et à le détourner de la voie droite.
2ème motif de suspense : notre spécialiste des écritures talmudiques est-il coupable d’assassinat ?
Rassurez-vous, l’agent interprété par Mélanie Griffith ne réussira pas à faire chavirer le charmant Hassidim et ce dernier n’a pas de sang sur les mains.
Et c’est là qu’intervient l’autre lieu commun raciste de ce film : les responsables du crime ne sont autres que des maffieux Italiens, correspondant à ce que Marlon Brando appelait le personnage du Rital fabriqué par Hollywood.
Conclusion : la communauté hassidique peut sembler étrange au premier abord, mais c’est une communauté que rien ne saurait détourner de la voie droite, que le malin soit incarné par une jolie [et Gentille] femme ou par l’appât du gain.
C’est ce tableau d’austérité impeccable que met à mal cet article du New York Times qui relate la mise au jour de ce qui semblerait être la commission assez fréquente d’abus sexuels sur de jeunes élèves d’écoles talmudiques par des membres du corps enseignant.
En elles-mêmes, ces informations ne présentent ni plus ni moins d’intérêt que celles qui portent sur des abus commis dans d’autres institutions, religieuses ou non.
Elles sont cependant intéressantes car elles ont tout l’air d’une première s’agissant d’une communauté qui se veut extrêmement fermée à ceux qui lui sont « étrangers » comme la femme flic du film.
Surtout, il faut noter la résistance qu’oppose celui par qui le scandale est arrivé à fournir les informations que la justice lui demande au prétexte de la confidentialité qu’il doit aux victimes qui lui ont rapporté ce qu’elles ont subi.
Cet individu n’est pourtant ni médecin, ni avocat, ni prêtre. C’est un élu local [du parti Démocrate] qui devrait savoir que dissimuler un crime est un délit passible de poursuites. Or, il se dit prêt à aller en prison plutôt que de dire ce qu’il sait à la police.
Etrange comportement qu’on ne peut comprendre à mon avis que par le fait qu’il appartienne lui-même à la communauté juive orthodoxe. Et que peut-être préfère-t-il passer dix années de sa vie derrière les barreaux plutôt qu’encourir les foudres de clercs qui semblent avoir un pouvoir démesuré car, nous dit l’article, les victimes craignent d’être exclues « d’une communauté où les personnes perçues comme fauteurs de troubles risquent d’y laisser leur emploi, leur logement et même leurs perspectives de mariage ».
Si M. Hikind s’avérait être considéré comme un « fauteur de troubles,» il faut donc comprendre que lui aussi, ainsi que sa famille pourraient bien y laisser des plumes et qu’à côté de ça, dix années de prison ne seraient qu’une sinécure.
Enfin, il faut constater que le New York Times a publié cet article dans ses pages locales et qu’il n’a donné lieu à pratiquement aucune reprise par d’autres journaux ou agences dans le reste du pays [tenez moi au courant si vous en trouvez plus d’une].

Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit bizarre, bizarre.
Moi, j’ai dit bizarre, comme c’est bizarre ! »

Citation à comparaître pour plaintes d’abus sexuels
Par Paul Vitello, New York Times (USA) 13 novembre 2008 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un an après avoir invité les auditeurs de son émission de radio à discuter d’une question explosive – les abus sexuel sur des enfants dans la communauté juive orthodoxe – l’élu local Dov Hikind dit avoir collecté plus de 1.000 plaintes et les noms de 60 personnes désignées en tant que prédateurs sexuels.
Il dit avoir gardé ces histoires enfermées à double tour dans son bureau de Brooklyn car les gens qui lui ont dit être victimes lui ont fait jurer le secret, de crainte d’être exclus d’une communauté où les personnes perçues comme fauteurs de troubles risquent d’y laisser leur emploi, leur logement et même leurs perspectives de mariage.
Mais un avocat connu qui représente une demi douzaine d’anciens élèves de yeshiva [école talmudique] qui affirment dans une procédure au civil avoir été abusés sexuellement par un enseignant de Borough Park à Brooklyn, ont obtenu que M. Hikind soit cité à comparaître cette semaine et exigé qu’il livre ces dossiers.
M. Hikind a refusé. « Je ferai dix ans de prison d’abord, » a-t-il affirmé mercredi.
Ce conflit en justice a révélé la profondeur des tensions à l’intérieur de la communauté orthodoxe dont la presse juive hebdomadaire a fait état, et a été le sujet de discussion presque exclusif sur certains sites web juifs orthodoxes comme
failedmessiah.com et unorthodoxjews.blogspot.com dans les mois qui ont suivi l’évocation des abus sexuels par M. Hikind.
« J’ai été choqué et accablé devant la magnitude du problème, » a déclaré M. Hikind, Juif orthodoxe et Démocrate qui représente politiquement la communauté orthodoxe prédominante à Borough Park.
Les victimes sont venues se présenter dans son bureau à un rythme régulier pour raconter leurs histoires, dit-il. « Des enseignants et des rabbins qui commettent des abus à l’école, » dit-il. « Pédophiles dans la rue. Inceste à la maison.»
Michael G. Dowd, l’avocat qui a fait citer Hikind à comparaître, a été un avocat très en vue de plaignants qui affirmaient avoir été abusés sexuellement par des prêtres catholiques. Il représente six hommes qui disent avoir été abusés sexuellement par le rabbin Yehuda Kolko qui enseignait à la yeshiva Torah Temimah de Brooklyn. Le rabbin Kolko, déféré en justice pour abus sexuels en 2006, avait plaidé coupable d’une accusation moins grave et n’exerce plus dans l’école.
La citation introduite par M. Dowd demande que l’élu local fournisse non seulement les plaintes que M. Hikind pourrait avoir reçu à l’encontre du rabbin Kolko, mais aussi « l’ensemble des informations sur des abus sexuels dans n’importe quelle yeshiva et par n’importe quel rabbin ou employé d’une yeshiva à New York. » M. Dowd affirme que ces informations sont cruciales pour prouver les affirmations de ses clients selon lesquelles les abus sexuels étaient chose courante et couverts de manière routinière par les administrateurs des yeshivas.
Il a qualifié le refus de M. Hikind de « fourvoiement. » Tout en disant avoir envisagé de faire imposer l’exécution de la citation, il affirme également comprendre l’hésitation à affronter le pouvoir qui domine la communauté orthodoxe. « Les grands rabbins ont le même pouvoir pour faire taire les gens que celui dont disposait l’église catholique il y a 50 ou 60 ans, » a-t-il expliqué.
M. Hikind a indiqué que chaque plainte qui lui a été soumise l’était en confidentialité absolue, entendu que « en aucunes circonstances leurs noms ne seraient connus dans la communauté. »
« Pour rien au monde, alors que des gens sont venus me voir et m’ont ouvert leurs cœurs, ont partagé avec moi les choses les plus intimes et privées, dans l’espoir que je ferai quelque chose pour traite le problème plus large et plus global, je ne trahirai leur confiance, » a-t-il affirmé.
M. Hikind explique avoir réagi a ce qui se disait dans la communauté sur des abus sexuels non rendus publics lorsqu’il décida de consacrer une série de trois émissions à ce sujet dans son programme radio hebdomadaire qui est diffusé le samedi soir sur
WMCAAM (570). Les appels furent immédiats et nombreux, émanant non seulement de Brooklyn mais aussi des alentours de New York comme du New Jersey.
Il a essayé de demander aux leaders de la communauté de Borough Park de s’associer à lui pour participer au traitement de ce problème, avec un succès mitigé. « Il existe un tabou culturel sur ce genre de choses et particulièrement sur l’idée de présenter aux autorités séculières [c’est-à-dire à la police et à la justice] des affaires d’abus sexuels, » a-t-il expliqué.
En septembre, le rabbin Benzion Twerski, un psychologue clinicien qui avait initialement accepté de diriger une équipe sur ce dossier, avait démissionné au bout d’une semaine. Dans une lettre à un hebdomadaire juif, il précisait avoir démissionné sous la pression de ses enfants qui lui avaient dit se sentir « honteux » de sa participation.
Selon M. Hikind, parmi toutes les personnes qui ont dit être victimes, « 99 % n’iront pas en aucun cas devant la police – c’est juste une réalité. »
Mais Joe Engelman, 23 ans, qui a grandi dans la communauté orthodoxe de Williamsburg, Brooklyn, et a contribué à créer l’association de victimes baptisée Survivors for Justice considère qu’en dépit « de ses bonnes intentions, » M. Hikind manifeste l’incompréhension classique au sujet des prédateurs sexuels immergés dans des communautés fermées comme le clergé catholique ou l’univers orthodoxe. « La communauté ne peut pas faire sa propre police, » explique-t-il. « Cela a été démontré de façon répétée.»
Sur son propre cas, M. Engelman a déclaré qu’une plainte qu’il avait portée à l’attention de la direction de l’United Talmudical Academy à l’encontre d’un enseignant qui l’avait violé quand il avait huit ans avait abouti à une brève suspension de l’enseignant et à sa reprise de fonctions subséquente. M. Engelman a depuis engagé une procédure au civil contre l’enseignant et l’école.
Le professeur Marci Hamilton, professeur associé à la Yeshiva University School of Law et spécialiste des abus sexuels de la part de clercs religieux, considère que le refus de M. Hikinfd de livrer les noms des prédateurs présumés, ou même de l’ensemble de son dossier, était « scandaleux.»
Elle a précisé que Charles J. Hynes, le procureur du district de Brooklyn, « aurait déjà dû réunir un grand jury » pour enquête.
John Schmetterer, le porte parole de M. Hynes a déclaré : « Si quelqu’un a des informations sur un crime sexuel, il ou elle doit donner cette information à notre unité chargée des crimes sexuels et nous effectuerons les investigations nécessaires. »

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