Archive for the ‘Pakistan’ Category

Selon un Seymour Hersh déchaîné, le programme pour l’Irak est de "transformer les mosquées en cathédrales".

19 janvier 2011
Voilà que Seymour Hersh donne dans la théorie du complot, une formulation qui prête habituellement à sourire et vise souvent à discréditer les tenants de certaines thèses sur la genèse de conflits ou l’identité d’auteurs d’attentats. Un simple exemple: comment Saddam Hssein, tenant lui-même de ce genre de théories farfelues, a-t-il pu penser une seconde que Tony Blair et George W. Bush avaient comploté pour agresser son pays et mettre un terme à son pouvoir?
Reste que Seymour Hersh n’est pas exactement le premier venu quand on parle de journalisme et on voit mal qui pourrait lui donner des leçons de professionnalisme et de déontologie . Et pourtant, comme le note le titre de l’article, Hersh est vraiment déchaîné et en lisant cette synthèse d’une conférence qu’il a prononcée au Qatar, on comprendra aisément pourquoi: l’inquiétude de quelqu’un qui aime la liberté et la paix et qui estime qu’elles sont menacées par son propre pays et dans son propre pays.
Seymour Hersh prépare un livre dans lequel il reviendra en détail sur les points qu’il a abordés oralement. Un livre qui fera sans doute l’événement.
Pour conclure, ce n’est pas pour rien que la hasbara sioniste s’est occupée avec soin de l’article de wikipedia consacré à Hersh 

Seymour Hersh déchaîné
par Blake Hounshell, Foreign Policy (USA) 18 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans un discours présenté comme une discussion sur les époques Bush et Obama, le journaliste du New Yorker, Seymour Hersh s’est livré ici ce lundi à une diatribe décousue matinée de théorie du complot dans laquelle il exprimait sa déception par rapport au président Obama et son insatisfaction quant aux orientations de la politique étrangère des Etats Unis.

« Juste au moment où nous avions besoin d’un noir en colère, » a-t-il commencé, le bras levé crânement au dessus du podium, « nous ne l’avons pas eu. »

Il a bien vite disparu sur le chemin de la Maison Blanche.

Hersh, dont les articles sur les graves abus commis par l’armée des Etats Unis au Vietnam et en Irak lui ont valu une notoriété mondiale et de hautes distinctions journalistiques, a déclaré être en train d’écrire un livre sur ce qu’il appelle les « années Cheney-Bush » et qu’il ne voyait guère de différence entre cette période et l’administration Obama.

Il a expliqué qu’il tenait à jour une « checklist » des politiques agressives US qui persistaient, dont la torture et la politique de « rendition » [transfert] de suspects de terrorisme dans des pays alliés qui reste en vigueur selon lui.
Il a aussi accusé la politique étrangère des Etats Unis d’avoir été détournée par une cabale de « croisés » néoconservateurs du bureau de l’ancien vice président et maintenant dans le monde des services chargés des opérations spéciales.

« Ce dont je parle en réalité c’est de la manière dont huit ou neuf néoconservateurs, des extrémistes si vous voulez, ont renversé le gouvernement américain, en ont pris le contrôle, » a-t-i précisé au sujet de son prochain livre. « ce n’est pas seulement que les néocons ont pris le contrôle, mais la facilité avec laquelle ils l’ont fait – comment le Congrès a disparu, comment la presse est devenue une partie de ce contrôle, comment l’opinion a acquiescé. »

Hersh a évoqué ensuite les nombreux pillages qui eurent lieu à Bagdad après la chute de Saddam Hussein en 2003. « Dans la clique Cheney, l’attitude consistait à dire, « De quoi? De quoi ils s’inquiètent, les politiciens et les journalistes, ils se préoccupent de quelques pillages?… Ils ne saisissent donc pas? Nous allons transformer les moquées en cathédrales. Et quand nous aurons tout le pétrole, tout le monde s’en foutra. »

« C’est cette attitude, » a-t-il poursuivi. « Nous allons transformer les mosquées en cathédrales. C’est l’attitude qui prévaut, je suis ici pour l’affirmer, dans une grande partie du Joint Special Operations Command. (JSOC) »

Il a ensuite soutenu que le général Stanley McChrystal qui a dirigé le JSOC avant de devenir brièvement le commandant en chef de l’armée US en Afghanistan, et son successeur, le contre amiral William Mc Raven ainsi que de nombreux membres du JSOC sont membres, ou au moins sympathisants, des Chevaliers de Malte ».

Hersh faisait sans doute référence à l’Ordre Souverain de Malte, une organisation catholique romaine vouée à la défense de la foi et l’assistance aux pauvres et aux malheureux, » selon son site internet.

“Beaucoup d’entre eux sont membres de l’Opus Dei,” a poursuivi Hersh. « Ils savent bien ce qu’ils font – et ce n’est pas une attitude atypique de quelques militaires – c’est, au pied de la lettre, une croisade. Ils se voient eux-mêmes comme les protecteurs des Chrétiens. Ils les protègent contre les Musulmans comme au 13ème siècle. Et c’est leur fonction. »

“Ils ont des signes discrets d’appartenance, ces pièces de monnaie qui circulent de l’un à l’autre, qui sont de pièces de croisés » a-t-il poursuivi. « Ils ont des insignes qui reflètent bien l’idée que c’est une guerre culturelle… En ce moment, il y a un énorme, un immense sentiment anti musulman dans la communauté militaire. »
Hersh a rapporté avoir récemment discuté avec “un homme du milieu des renseignements… quelqu’un en rapport avec les activités du JSOC”  de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie. « Il disait, ‘Oh mon Dieu, c’était un si bon allié. »

« La Tunisie va changer la donne, » a ajouté ensuite Hersh. « Ca va flanquer la frousse à plein de gens. »

Evoquant le Pakistan, Hersh, après avoir rappelé ses liens amicaux avec benazir Bhutto, a parlé d’une rencontre lors d’un dîner avec Asif Ali Zardari, l’époux de la premier ministre disparue, au cours de laquelle Hersh a affirmé que le président du Pakistan avait manifesté brutalement son dédain pour son propre peuple.

Hersh a décrit un voyage qu’il avait fait dans le Swat où l’armée pakistanaise venait juste de déloger des insurgés Talibans qui s’étaient emparé de cette vallée pittoresque, un lieu de villégiature traditionnel pour la classe moyenne citadine. Hersh a expliqué avoir interrogé Zaradari sur les villages de tentes qu’il avait vus le long de la route et où des gens vivaient dans des conditions difficiles et insalubres.

« Eh bien, ces gens ici au Swat, c’est ce qu’ils méritent, » avait répliqué le président Pakistanais, selon Hersh. A la question du pourquoi, Zardari avait répondu, selon Hersh, « Parce qu’ils ont soutenu les Talibans. » (Note: cette conversation de Hersh n’est pas rapportée dans son article de 2009 du New Yorker sur les armes nucléaires pakistanaises, probablement parce qu’elle n’était pas vérifiable).

Le journaliste chevronné a également soutenu que le chef de poste de la CIA à Islamabad, qui a été récemment rappelé après l’apparition de son nom dans des documents judiciaires pakistanais et dans la percutante presse pakistanaise, avait été en fait limogé pour avoir contesté les plans du général David Petraeus qui a pris en mains l’été dernier la guerre en Afghanistan après la mise à l’écart expéditive du général McChrystal.

Selon Hersh, « Au moment où Petraeus faisait un rapport très optimiste qu’il remettait au président en décembre, le chef de poste venait tout juste de déclarer à l’interne que ce rapport faisait fausse route. Il avait simplement dit: ‘C’est du total aveuglement. Cette politique fait fausse route.’ Il est sorti des clous. On l’a sorti. »

« J’ai cessé de me faire des illusions sur la CIA, a déclaré Hersh. « Ils sont entraînés à mentir, un point c’est tout. Ils mentiront à leur président, ils mentiront certainement au Congrès, et ils mentiront au peuple américain. C’est tout simple. »

Hersh s’exprimait à l’invitation de la Georgetown University’s School of Foreign Service qui possède un campus annexe au Qatar.

Faisal Shahazad ou l’histoire du pigeon de Times Square. Ou encore, le terroriste qui oublie ses clefs!

6 mai 2010
Quand on lit l’article du First Post sur Faisal Shahzad, le présumé auteur de la tentative d’attentat à la voiture piégée le 1er mai dernier à New York, on est en droit de se poser des questions sur l’individu en question. Sommes nous devant un diplômé de l’enseignement supérieur (en informatique, SVP, ce qui peut aider à concevoir des détonateurs) qui plus-est formé dans un centre d’entraînement terroriste au Pakistan? O^ù sommes nous devant un pigeon, le dindon d’une  farce pas très drôle?
Le blogueur Canadien Xymphora, dont je vous livre l’analyse sur cette même page, penche franchement pour l’hypothèse du pigeon.
A vous de juger…
Shahzad et son projet chaotique d’attentat à Times Square
Les plans de Faisal se sont effondrés quand il a perdu les clefs du véhicule prévu pour sa fuite
par Tim Edwards, The First Post (UK) 6 mai 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un plan concocté à la hâte, exécuté de manière chaotique, tels sont les détails qui ressortent au moment où les enquêteurs US reconstituent les journées qui ont précédé la tentative d’attentat à l’explosif à Times Square par Faisal Shahzad ce samedi 1er mai.

Shahzad, qui coopère avec les agents du contre terorisme, avait semble-t-il quitté son domicile dans le Connecticut au volant de sa Nissan Pathfinder décrépite de 1993 pour se rendre à Times Square, New York, pour repérer la meilleur endroit pour la garer.

Il est retourné à New York le 30 avril pour y laisser son véhicule prévu pour la fuite, un Izuzu noir.

Le lendemain, 1er mai, Shahzad est revenu pour exécuter sa tentative d’attentat vouée à l’échec. Il a garé sa Nissan, bourrée de feux d’artifice, de pétrole et de bombonnes de propane à Times Square, puis il s’est enfui. Dans une scène qui aurait pu être directement tirée de Four Lions, la nouvelle comédie de Chris Morris sur les malheureux terroristes islamistes, Shahzad, en route pour son véhicule prévu pour la fuite s’est rendu compte qu’il avait oublié ses clefs de voiture – et les clefs de son domicile – dans la Nissan et a dû emprunter les transports en commun pour rentrer chez lui. On supposé qu’il a dû entrer par effraction dans son propre domicile.

Entre temps, les enquêteurs US démêlent l’écheveau très compliqué des relations entre organisations militantes pakistanaise et tentent de relier Shahzad aux militants Talibans des régions frontalières incontrôlées de ce pays.

Shahzad, 30 ans, fils d’un officier supérieur en retraite de l’armée de l’air pakistanaise, a visité son pays d’origine à 13 reprises depuis sa venue aux Etats Unis avec un visa étudiant il y a onze ans. Aujourd’hui citoyen US, il coopère avec les enquêteurs et on pense qu’il leur a parlé de ses contacts avec les Talibans pakistanais.

Un enquêteur du contre terrorisme a déclaré au Washington Post: « Il y a un greave problème de diagramme de Venn là dedans. » On considère qu’il y a de plus en plus de contacts et de coopération entre les organisations qui militent à l’intérieur du Pakistan – qui s’intéressent surtout à la lutte contre le contrôle du Cachemire par l’Inde – les Talibans Afghans basés au Pakistan et al Qaïda.

Une complication supplémentaire tient au fait que les services secrets pakistanais, l’ISI, ont leurs propres liens avec des organisations militantes, notamment Lashkar-i-Taiba, qui s’intéresse surtout au cachemire, et dont on pense qu’il a perpétré le raid de type commando et le massacre de Bombay l’an dernier.

Une requête des Etats Unis pour que le Pakistan les aide à s’entretenir avec les parents de Shahzad n’a pas encore été satisfaite car ils n’ont pu être localisés. Des habitants ont déclaré au Washington Post que la famille de Shahzad a disparu dans la nuit de mardi: on ignore s’ils sont partis de leur plein gré.

Portrait d’un pigeon

par Xymphora (Canada) 6 mai 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il a dû être très facile de manipuler Faisal Shahzad. Néo Américain, quelque peu ambitieux, avec de la famille au pakistan et de gros problèmes financiers. Un sympathique agent du gouvernement entre en rapport avec lui et en appelle à son patriotisme et à son goût de l’aventure, et en plus propose de bien le payer (voyez cet article). Première mission: infiltrer un camp d’entraînement « terroriste » au Pakistan (peu de chances que Shahzad sache que le camp est en fait dirigé par la CIA). Seconde mission: acheter une voiture d’occasion à bas prix sur Craiglist [site d’annonces classées]. Troisième mission: acheter des feux d’artifice. Quatrième mission: rester chez soi à attendre de nouvelles instructions. Shahzad, en voyant sa voiture à la télévision a tout à coup eu cette sensation à la Lee harvey Oswald et a conclu qu’il vaudrait mieux quitter le pays avant de mourir dans une fusillade.

Malgré une foultitude de caméras et de systèmes de vidéosurveillance à Times Square, il n’existe pas la moindre preuve de sa présence sur place avec la voiture. L’absence totale d’indices dans la voiture plaide pour une opération gouvernementale. Assez bizarrement, c’est aussi le cas de l’inefficacité complète du dispositif explosif – même sans entraînement, Shahzad aurait pu faire mieux – et le fait que la bombe ait été imitée de la voiture piégée inepte d’Edimbourg (que Shahzad ne pouvait pas avoir connue pour la copier – on veut nous faire croire que c’est le résultat du même médiocre centre pakistanais de formation à la fabrication de bombes!).

Ils disent qu’ils parlent, mais qu’en sait-on? Ils le tiennent complètement, il est susceptible d’être désigné comme un ‘ennemi combattant », perdant ainsi tous ses droits, et les sympathiques autorités pakistanaises détiennent sa famille pour continuer à le faire chanter. Les pigeons se retrouvent toujours sans une situation sans issue.

Je soupçonne fortement le caractère bidon du problème de la « liste d’interdiction de vol » [no fly list], un moyen pour les autorités américaines de contraindre des compagnies aériennes récalcitrantes à s’aligner [sur la version officielle]. Toute l’histoire de sa capture est bizarroïde, depuis le fait avancé selon lequel le FBI ‘l’aurait perdu‘ en quelque sorte, jusqu’à l’histoire maintenant complètement enterrée de l’implication de l’armée américaine (qu’a donc bien pu devenir le posse comitatus? principe de non intervention de l’armée dans les frontières de l’Etat fédéral). Gawker a enquêté sur la transformation du récit, et la tentative de plaider pour une erreur de bonne foi est ridicule (et notez la référence à un drone à la fin de l’article de Gawker:parler de retour de flamme d’un drone sur le peuple américain est particulièrement ironique compte tenu des tueries illégales avec des drones commises par les Américains au Pakistan).

Mohamed Binyam n’est pas franchement louche…

10 février 2009

… mais il est franchement basané.

A mon avis il n’y a que Coluche pour expliquer ce qui est arrivé à ce jeune homme es-réfugié au Royaume Uni.


Un guide en ligne pour fabriquer une bombe H, rédigé par la rédactrice de la rubrique culinaire… la «preuve» qui a conduit cet homme à Guantanamo

Par Jason Lewis, Mail on Sunday (UK) 8 février 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ‘résident’ en Grande Bretagne détenu à Guantanamo Bay a été identifié comme terroriste après avoir avoué avoir visité un site web « humoristique » où on expliquait comment fabriquer une bombe atomique, a-t-on appris hier soir.

Binyam Mohamed, un ancien demandeur d’asile au Royaume Uni, a reconnu avoir lu les ‘instructions’ après avoir, selon des allégations, été battu, pendu par les poignets pendant une semaine et menacé d’un pistolet braqué sur la tête dans une prison pakistanaise.

Ce sont ces aveux qui ont apparemment convaincu le CIA qu’elle détenait un terroriste de premier plan d’Al Qaïda.

Mais le Mail on Sunday est en mesure de révéler que l’article incriminé – intitulé « Comment fabriquer une bombe H – avait d’abord été publié dans un magazine satirique étatsunien avant d’être inséré par la suite dans toute une série de sites web.

Rédigé par Barbara Ehrenreich, chargée de la rubrique culinaire de la publication, le journaliste de Rolling Stome Peter Biskind et le scientifique Michio Kaku, l’article affirme qu’une arme nucléaire peut être fabriquée en ‘utilisant une pompe à vélo’ et de l’uranium liquide ‘versé d ans un baquet et bien touillé.’

Malgré son aspect franchement satirique, l’article a amené la CIA à accuser Mohamed, un concierge âgé de trente ans, d’ourdir un attentat à la bombe sale avant de le soumettre à son ‘programme extraordinary rendition.’

Pendant ses huit années de détention, Mohamed aurait été transféré dans des centres secrets de torture de la CIA au Pakistan, au Maroc, dans une prison gérée par les USA, connue sous le nom de Dark Prison, près de Kaboul puis finalement à Guantanamo Bay.

Le ministère des affaires étrangères [britannique] refuse de rendre publics des documents classifiés concernant l’incarcération de Mohamed.

La semaine dernière, la Haute Cour a décidé que les 42 documents des services de renseignements devaient rester secrets. Cependant, les magistrats ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix car le gouvernement les avait informés d’une ‘menace’ des USA de cesser toute coopération avec le Royaume Uni en matière de renseignement si les documents étaient divulgués par la Cour.

M. Miliband a alors été forcé de défendre cette argumentation devant le parlement en insistant sur le fait que les Etats-Unis avaient besoin ‘d’être assurés que leurs secrets étaient en sécurité avec nous.’

Néanmoins, des détails sur ce que Mohamed a dit à ses interrogateurs, mis au jour par notre journal, risquent de susciter des doutes supplémentaires sur la position de M. Miliband.

Nous sommes en mesure de révéler que le texte qui a apparemment causé les tourments de Mohamed ne pouvait en aucune façon être utilisé par un terroriste pour fabriquer une arme atomique. L’article satirique, publié dans le magazine Seven Days, indique que ses rédacteurs s’étaient vus accorder trois jours pour ‘concocter une bombe H réalisable. C’est ce qu’ils on fait et nous avons décidé de partager avec vous leurs secrets culinaires.’

Et d’ajouter : ‘Ce n’est pas que Seven Days soutienne le terrorisme. Ce n’est pas le cas. Nous préférerions mourir à cause de poisons familiers comme les radiations de basse intensité, les micro-ondes, le DDT ou les colorants alimentaires plutôt qu’inopinément, disons comme otages de nationalistes Lituaniens brandissant une bombe artisanale.’

La recette est très détaillée et ouvertement grotesque. On instruit le candidat à la fabrication d’une bombe de liquéfier l’uranium gazeux en le ‘soumettant à de la pression,’ en ajoutant que : ‘Vous pouvez utiliser une pompe à vélo à cette fin.’

Les instructions poursuivent : « Faites alors une centrifugeuse maison simple. Remplissez le quart d’un baquet ordinaire avec de l’hexafluoride d’uranium liquide.

’Attachez une corde de deux mètres à l’anse du baquet. Maintenant faites tourner la corde (et le baquet) autour de votre tête aussi vite que possible. Faites le pendant environ 45 minutes.

‘Ralentissez progressivement puis posez très délicatement le baquet au sol. L’U235 – un isotope d’uranium qui peut servir à déclencher une réaction en chaîne explosive – sera monté au sommet où on peut le récupérer comme on le fait avec de la crème. Répétez cette étape jusqu’à obtention des cinq kilogrammes d’uranium nécessaires’.

Hier soir, Clive Stafford Smith, l’avocat de Mohamed, a confirmé que cet article jouait un rôle central dans les assertions selon lesquelles son client planifiait un attentat à la bombe sale.

‘Des preuves déclassifiées corroborent les dires de Binyam selon lesquels il a été menacé – à l’époque où la Maison Blanche était obsédée par l’idée que des terroristes puissent accéder à des matériaux nucléaires,’ a-t-il ajouté. ‘Binyam leur a parlé d’un site web appelé ‘Comment fabriquer une bombe H’ qu’il avait visité une fois sur internet. Il avait dit que c’était de l’humour mais ils ont pensé que c’était du sérieux.

‘Je spécule, mais je pense que cette information a été envoyée directement à la Maison Blanche et d’est là que la paranoïa a démarré. Elle a autorisé les «méthodes d’interrogatoire améliorées» sur Binyam ainsi que son inclusion dans le programme «rendition.» C’est ainsi qu’ils ont commis la grave erreur de penser que c’était un terroriste important, le contraire d’un concierge de Londres.

‘Ce qui explique pourquoi ils ont pris quelqu’un d’insignifiant pour le soumettre aux pires tortures subies par un prisonnier des Etats-Unis ces sept dernières années.’

Mohamed Binyam n’est pas franchement louche…

10 février 2009

… mais il est franchement basané.

A mon avis il n’y a que Coluche pour expliquer ce qui est arrivé à ce jeune homme es-réfugié au Royaume Uni.


Un guide en ligne pour fabriquer une bombe H, rédigé par la rédactrice de la rubrique culinaire… la «preuve» qui a conduit cet homme à Guantanamo

Par Jason Lewis, Mail on Sunday (UK) 8 février 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ‘résident’ en Grande Bretagne détenu à Guantanamo Bay a été identifié comme terroriste après avoir avoué avoir visité un site web « humoristique » où on expliquait comment fabriquer une bombe atomique, a-t-on appris hier soir.

Binyam Mohamed, un ancien demandeur d’asile au Royaume Uni, a reconnu avoir lu les ‘instructions’ après avoir, selon des allégations, été battu, pendu par les poignets pendant une semaine et menacé d’un pistolet braqué sur la tête dans une prison pakistanaise.

Ce sont ces aveux qui ont apparemment convaincu le CIA qu’elle détenait un terroriste de premier plan d’Al Qaïda.

Mais le Mail on Sunday est en mesure de révéler que l’article incriminé – intitulé « Comment fabriquer une bombe H – avait d’abord été publié dans un magazine satirique étatsunien avant d’être inséré par la suite dans toute une série de sites web.

Rédigé par Barbara Ehrenreich, chargée de la rubrique culinaire de la publication, le journaliste de Rolling Stome Peter Biskind et le scientifique Michio Kaku, l’article affirme qu’une arme nucléaire peut être fabriquée en ‘utilisant une pompe à vélo’ et de l’uranium liquide ‘versé d ans un baquet et bien touillé.’

Malgré son aspect franchement satirique, l’article a amené la CIA à accuser Mohamed, un concierge âgé de trente ans, d’ourdir un attentat à la bombe sale avant de le soumettre à son ‘programme extraordinary rendition.’

Pendant ses huit années de détention, Mohamed aurait été transféré dans des centres secrets de torture de la CIA au Pakistan, au Maroc, dans une prison gérée par les USA, connue sous le nom de Dark Prison, près de Kaboul puis finalement à Guantanamo Bay.

Le ministère des affaires étrangères [britannique] refuse de rendre publics des documents classifiés concernant l’incarcération de Mohamed.

La semaine dernière, la Haute Cour a décidé que les 42 documents des services de renseignements devaient rester secrets. Cependant, les magistrats ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix car le gouvernement les avait informés d’une ‘menace’ des USA de cesser toute coopération avec le Royaume Uni en matière de renseignement si les documents étaient divulgués par la Cour.

M. Miliband a alors été forcé de défendre cette argumentation devant le parlement en insistant sur le fait que les Etats-Unis avaient besoin ‘d’être assurés que leurs secrets étaient en sécurité avec nous.’

Néanmoins, des détails sur ce que Mohamed a dit à ses interrogateurs, mis au jour par notre journal, risquent de susciter des doutes supplémentaires sur la position de M. Miliband.

Nous sommes en mesure de révéler que le texte qui a apparemment causé les tourments de Mohamed ne pouvait en aucune façon être utilisé par un terroriste pour fabriquer une arme atomique. L’article satirique, publié dans le magazine Seven Days, indique que ses rédacteurs s’étaient vus accorder trois jours pour ‘concocter une bombe H réalisable. C’est ce qu’ils on fait et nous avons décidé de partager avec vous leurs secrets culinaires.’

Et d’ajouter : ‘Ce n’est pas que Seven Days soutienne le terrorisme. Ce n’est pas le cas. Nous préférerions mourir à cause de poisons familiers comme les radiations de basse intensité, les micro-ondes, le DDT ou les colorants alimentaires plutôt qu’inopinément, disons comme otages de nationalistes Lituaniens brandissant une bombe artisanale.’

La recette est très détaillée et ouvertement grotesque. On instruit le candidat à la fabrication d’une bombe de liquéfier l’uranium gazeux en le ‘soumettant à de la pression,’ en ajoutant que : ‘Vous pouvez utiliser une pompe à vélo à cette fin.’

Les instructions poursuivent : « Faites alors une centrifugeuse maison simple. Remplissez le quart d’un baquet ordinaire avec de l’hexafluoride d’uranium liquide.

’Attachez une corde de deux mètres à l’anse du baquet. Maintenant faites tourner la corde (et le baquet) autour de votre tête aussi vite que possible. Faites le pendant environ 45 minutes.

‘Ralentissez progressivement puis posez très délicatement le baquet au sol. L’U235 – un isotope d’uranium qui peut servir à déclencher une réaction en chaîne explosive – sera monté au sommet où on peut le récupérer comme on le fait avec de la crème. Répétez cette étape jusqu’à obtention des cinq kilogrammes d’uranium nécessaires’.

Hier soir, Clive Stafford Smith, l’avocat de Mohamed, a confirmé que cet article jouait un rôle central dans les assertions selon lesquelles son client planifiait un attentat à la bombe sale.

‘Des preuves déclassifiées corroborent les dires de Binyam selon lesquels il a été menacé – à l’époque où la Maison Blanche était obsédée par l’idée que des terroristes puissent accéder à des matériaux nucléaires,’ a-t-il ajouté. ‘Binyam leur a parlé d’un site web appelé ‘Comment fabriquer une bombe H’ qu’il avait visité une fois sur internet. Il avait dit que c’était de l’humour mais ils ont pensé que c’était du sérieux.

‘Je spécule, mais je pense que cette information a été envoyée directement à la Maison Blanche et d’est là que la paranoïa a démarré. Elle a autorisé les «méthodes d’interrogatoire améliorées» sur Binyam ainsi que son inclusion dans le programme «rendition.» C’est ainsi qu’ils ont commis la grave erreur de penser que c’était un terroriste important, le contraire d’un concierge de Londres.

‘Ce qui explique pourquoi ils ont pris quelqu’un d’insignifiant pour le soumettre aux pires tortures subies par un prisonnier des Etats-Unis ces sept dernières années.’

>Mohamed Binyam n’est pas franchement louche…

10 février 2009

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… mais il est franchement basané.

A mon avis il n’y a que Coluche pour expliquer ce qui est arrivé à ce jeune homme es-réfugié au Royaume Uni.


Un guide en ligne pour fabriquer une bombe H, rédigé par la rédactrice de la rubrique culinaire… la «preuve» qui a conduit cet homme à Guantanamo

Par Jason Lewis, Mail on Sunday (UK) 8 février 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ‘résident’ en Grande Bretagne détenu à Guantanamo Bay a été identifié comme terroriste après avoir avoué avoir visité un site web « humoristique » où on expliquait comment fabriquer une bombe atomique, a-t-on appris hier soir.

Binyam Mohamed, un ancien demandeur d’asile au Royaume Uni, a reconnu avoir lu les ‘instructions’ après avoir, selon des allégations, été battu, pendu par les poignets pendant une semaine et menacé d’un pistolet braqué sur la tête dans une prison pakistanaise.

Ce sont ces aveux qui ont apparemment convaincu le CIA qu’elle détenait un terroriste de premier plan d’Al Qaïda.

Mais le Mail on Sunday est en mesure de révéler que l’article incriminé – intitulé « Comment fabriquer une bombe H – avait d’abord été publié dans un magazine satirique étatsunien avant d’être inséré par la suite dans toute une série de sites web.

Rédigé par Barbara Ehrenreich, chargée de la rubrique culinaire de la publication, le journaliste de Rolling Stome Peter Biskind et le scientifique Michio Kaku, l’article affirme qu’une arme nucléaire peut être fabriquée en ‘utilisant une pompe à vélo’ et de l’uranium liquide ‘versé d ans un baquet et bien touillé.’

Malgré son aspect franchement satirique, l’article a amené la CIA à accuser Mohamed, un concierge âgé de trente ans, d’ourdir un attentat à la bombe sale avant de le soumettre à son ‘programme extraordinary rendition.’

Pendant ses huit années de détention, Mohamed aurait été transféré dans des centres secrets de torture de la CIA au Pakistan, au Maroc, dans une prison gérée par les USA, connue sous le nom de Dark Prison, près de Kaboul puis finalement à Guantanamo Bay.

Le ministère des affaires étrangères [britannique] refuse de rendre publics des documents classifiés concernant l’incarcération de Mohamed.

La semaine dernière, la Haute Cour a décidé que les 42 documents des services de renseignements devaient rester secrets. Cependant, les magistrats ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix car le gouvernement les avait informés d’une ‘menace’ des USA de cesser toute coopération avec le Royaume Uni en matière de renseignement si les documents étaient divulgués par la Cour.

M. Miliband a alors été forcé de défendre cette argumentation devant le parlement en insistant sur le fait que les Etats-Unis avaient besoin ‘d’être assurés que leurs secrets étaient en sécurité avec nous.’

Néanmoins, des détails sur ce que Mohamed a dit à ses interrogateurs, mis au jour par notre journal, risquent de susciter des doutes supplémentaires sur la position de M. Miliband.

Nous sommes en mesure de révéler que le texte qui a apparemment causé les tourments de Mohamed ne pouvait en aucune façon être utilisé par un terroriste pour fabriquer une arme atomique. L’article satirique, publié dans le magazine Seven Days, indique que ses rédacteurs s’étaient vus accorder trois jours pour ‘concocter une bombe H réalisable. C’est ce qu’ils on fait et nous avons décidé de partager avec vous leurs secrets culinaires.’

Et d’ajouter : ‘Ce n’est pas que Seven Days soutienne le terrorisme. Ce n’est pas le cas. Nous préférerions mourir à cause de poisons familiers comme les radiations de basse intensité, les micro-ondes, le DDT ou les colorants alimentaires plutôt qu’inopinément, disons comme otages de nationalistes Lituaniens brandissant une bombe artisanale.’

La recette est très détaillée et ouvertement grotesque. On instruit le candidat à la fabrication d’une bombe de liquéfier l’uranium gazeux en le ‘soumettant à de la pression,’ en ajoutant que : ‘Vous pouvez utiliser une pompe à vélo à cette fin.’

Les instructions poursuivent : « Faites alors une centrifugeuse maison simple. Remplissez le quart d’un baquet ordinaire avec de l’hexafluoride d’uranium liquide.

’Attachez une corde de deux mètres à l’anse du baquet. Maintenant faites tourner la corde (et le baquet) autour de votre tête aussi vite que possible. Faites le pendant environ 45 minutes.

‘Ralentissez progressivement puis posez très délicatement le baquet au sol. L’U235 – un isotope d’uranium qui peut servir à déclencher une réaction en chaîne explosive – sera monté au sommet où on peut le récupérer comme on le fait avec de la crème. Répétez cette étape jusqu’à obtention des cinq kilogrammes d’uranium nécessaires’.

Hier soir, Clive Stafford Smith, l’avocat de Mohamed, a confirmé que cet article jouait un rôle central dans les assertions selon lesquelles son client planifiait un attentat à la bombe sale.

‘Des preuves déclassifiées corroborent les dires de Binyam selon lesquels il a été menacé – à l’époque où la Maison Blanche était obsédée par l’idée que des terroristes puissent accéder à des matériaux nucléaires,’ a-t-il ajouté. ‘Binyam leur a parlé d’un site web appelé ‘Comment fabriquer une bombe H’ qu’il avait visité une fois sur internet. Il avait dit que c’était de l’humour mais ils ont pensé que c’était du sérieux.

‘Je spécule, mais je pense que cette information a été envoyée directement à la Maison Blanche et d’est là que la paranoïa a démarré. Elle a autorisé les «méthodes d’interrogatoire améliorées» sur Binyam ainsi que son inclusion dans le programme «rendition.» C’est ainsi qu’ils ont commis la grave erreur de penser que c’était un terroriste important, le contraire d’un concierge de Londres.

‘Ce qui explique pourquoi ils ont pris quelqu’un d’insignifiant pour le soumettre aux pires tortures subies par un prisonnier des Etats-Unis ces sept dernières années.’


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