Archive for the ‘Pologne’ Category

Des soldats Polonais en Afghanistan déboussolés

8 novembre 2010
Après tout, que font les Polonais dans cette galère afghane?

Un modèle de GPS défectueux indique aux soldats Polonais en Afghanistan qu’ils sont en Afrique
Des soldats polonais qui combattent les Talibans en Afghanistan ont reçu un matériel GPS qui leur dit qu’ils sont en Afrique ou dans une petite ville polonaise plutôt qu’en Afghanistan.
par Matthew Day à Varsovie, The Daily Telegraph (UK) 8 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Selon un officier Polonais de haut rang cité par le journal Gazeta Wyborcza, à cause de ce matériel ,certaines unités appartenant aux 2 600 hommes du contingent polonais en Afghanistan, se sont tout simplement égarés. »
Des défauts de l’antenne du récepteur GPS ont apparemment fait que ces appareils montraient des informations au hasard; indiquant aux soldats qu’ils étaient dans divers pays africains ou à Zielona Gora, une petite ville de l’ouest de la Pologne.
Le matériel aurait parfois mis plus de quinze minutes à répondre à une demande, et sa batterie aurait une autonomie d’à peine deux heures.

Ces révélations surviennent dans le contexte d’une enquête de la justice polonaise sur la corruption dans les achats pour l’armée. Les magistrats veulent savoir pourquoi ke ministèe de la défense a acheté ces récepteurs en dépit de leurs performances médiocres lors des essais sur le terrain.

Cinéma ou histoire…

2 novembre 2010

D’après les diverses informations disponibles, cet article ne recèle en fait aucun scoop car tout ce qu’il évoque est public depuis des années. Et qu’aucune preuve décisive n’est parvenue à étayer définitivement la thèse d’ l’une ou l’autre partie, chacun se renvoyant à la tête des accusations de collaboration avec les autorités nazies…

On retiendra surtout qu’il existe une controverse qui pour l’instant n’a pas été tranchée, ni par l’histoire ni par la justice et qui ressurgit aujourd’hui. L’affaire est d’autant plus curieuse qu’elle concerne le pianiste dont la vie avait été traitée à l’écran par un cinéaste dont on a reparlé récemment pour ses démêlés avec la justice américaine.

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Le pianiste Wladyslaw Szpillman dont « l’histoire » a été portée à l’écran par Roman Polanski

Cet article repose, et je crois que ce n’est pas inutile, la question de la confusion entre art cinématographique, mémoire et histoire.

Le pianiste du ghetto de Varsovie accusé d’avoir collaboré avec le Gestapo

Par Kate Connolly, The Guardian (UK) 3 novembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Berlin : Il était devenu un héros national après l’immortalisation de l’histoire de sa survie dans le ghetto de Varsovie dans « Le Pianiste », un film récompensé aux Oscars – mais les exploits de guerre de feu le pianiste Polonais Wladyslaw Szpillman sont au centre d’une querelle après des accusations venues d’outre-tombe, selon lesquelles il aurait collaboré avec la Gestapo.

Andrzej, le fils de Szpillman a engagé une procédure judiciaire pour obtenir le retrait d’un livre qui contient des allégations de Wiera Gran, une chanteuse Polonaise connue pour ses spectacles de cabaret d’avant et d’après-guerre, selon lesquelles Szpillman avait « constitué un gang » qui avait essayé de la tuer.

Gran, décédée en 2007, l’accusait aussi d’avoir collaboré avec la Gestapo) l’époque où ils étaient tous deux enfermés – avec des centaines de milliers d’autres Juifs – dans le ghetto de Varsovie pendant l’occupation nazie.

L’autobiographie de Szpillman, Le Pianiste, qui décrit sa survie, en partie grâce à un officier Allemand mélomane, avait été adaptée en 2002 par le cinéaste Roman Polanski dans un film lauréat de plusieurs récompenses.

‘Juste après la guerre, mon père a publié son journal sous le titre « Mort d’une ville, » et aucun des survivants du ghetto n’avait critiqué sa version des événements,’ a déclaré Andrzej Szpillman à Der Spiegel. « Mon père était une victime des nazis, pas un collaborateur. »

Le livre, « Accusée: Wiera Gran » de la journaliste Agata Tuszynska, a été décrit par la presse polonaise comme un essai de réhabilitation de la chanteuse. Ses éditeurs en font la promotion avec le slogan: « L’autre face de l’histoire de Wladyslaw Szpillman. »

Tuszynska cite des notes personnelles rédigées par Gran dans lesquelles elle évoque Szpillman comme « l’homme de la Gestapo », et l’accuse aussi d’avoir agi en tant que policier Juif dans la réinstallation des Juifs de Varsovie [probablement à Treblinka, NdT].

Le fils de Szpillman, lui-même producteur et compositeur, a accusé Tuszynska d’essayer de faire de la publicité à un livre sur une chanteuse qui, contrairement à Szpillman, est aujourd’hui peu connue en Pologne. Il affirme qu’elle est derrière tout ça en répétant les accusations d’une femme qui n’est plus en vie pour répondre de ses accusations.

« Je ne veux pas voir salir le nom de mon père, qui est une figure emblématique, » a-t-il dit, ajoutant que toutes ces accusations avaient été répercutées sur des sites antisémites.

Les historiens du ghetto de Varsovie disent qu’il y avait déjà de l’animosité entre Gran et Szpillman et d’autres artistes à l’époque où ils vivaient dans le ghetto dont la chanteuse s’était échappée.

En punition pour leur collaboration, plusieurs des artistes avec lesquels elle avait joué dans des spectacles de cabaret avaient été condamnés à mort pendant la guerre par des membres des mouvements clandestins juifs et polonais.

En 1947, Szpillman était au tribunal quand Gran a été traduite en justice pour collaboration en temps de guerre avec les nazis. Mais faute de preuves, l’affaire avait été classée sans suites. Plus tard, Gran fera face à des accusations semblables après son émigration en Israël et sera contrainte de quitter sa nouvelle patrie et d’aller en France où elle travaillera avec Maurice Chevalier et Charles Aznavour.

Szpillman avait à peine dissimulé Gran sous le personnage de « Mme K » dans « Le Pianiste », offrant un portrait peu flatteur d’un personnage attirant physiquement mais moralement douteux.

Plusieurs survivants célèbres du ghetto qui ont connu personnellement Szpillman, comme l’ancien ministre Polonais des affaires étrangères Wladyslaw Bartoszexski, ont condamné ces allégations, les qualifiant « d’infondées et honteuses. »

 

Tzipi Livni et Ehud Barak wanted in Poland

27 janvier 2010

Les assassins Tzipi Livn et Ehud Barak ne sont pas recherchés qu’en Grande Bretagne.Ils le sont également en Pologne. La différence est qu’en Pologne ils ne le sont pas encore à titre officiel mais par des Polonais solidaires avec le peuple palestinien. Ce qui est franchement de mauvais augure pour les dirigeants sionistes compte tenu du fait que la Pologne s’avère être un des plus sûrs alliés européens de l’entité sioniste, Auschwitz oblige.

Pas la peine de chercher cette information dans les journaux français.
Au fait, où en est l’enquête sur l’inscription volée à Auschwitz?

Livni, Barak ‘recherchés pour crimes de guerre’ en Pologne
Des membres de la Knesset en visite à Cracovie  surpris de voir des affiches contre la dirigeante de l’opposition et du ministre de la défense sur des panneaux d’affichage à travers la ville.
par Tzvika Brot, Yediot (Sionistan) 27 janvier 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les dirigeants israéliens sont toujours recherchés en Europe, mais pas de manière positive: des membres de la Knesset en visite en Pologne pour les cérémonies marquant la Journée internationale de l’Holocauste ont été surpris de voir des affiches contre le Ministre de la Défense Ehud Barak et la dirigeante de l’opposition, Tzipi Livni  dans la ville de Cracovie, mardi soir.

On pouvait lire en anglais sur ces affiches placardées ça et là, non loin de l’hôtel des députés israéliens :« Recherché pour crimes de guerre », avec proposition d’une récompense de 10.000 euros en échange d’informations sur Barak ou de l’arrivée prévue de Livni en Europe. Les annonces comportait une adresse de site Web pour les personnes intéressées à fournir des informations sur les responsables israéliens.

Plusieurs membres de la délégation israélienne – dont les députés Israel hasson, Yohanan Plesner et Rachel Adatto, du parti Kadima et Uri Orbach du parti Habayit Hayehudi – ont repéré les affiches sur un certain nombre de panneaux d’affichage de la cité polonaise. Tous quatre ont cherché à les arracher avant de décider de laisser les responsables de la sécurité s’occuper de cette affaire.

« Il n’est pas douteux que ceci ait été fait en réaction à notre visite, » a déclaré un des députés qui participent, en compagnie de 150 parlementaires de l’ensemble du continent, à un événement organisé par European Friends of Israel (EFI),.

« 65 ans après, nous constatons encore qu’avoir raison ne suffit pas, » a déclaré le député Hasson. « Nous devons nous en souvenir devant les nouveaux défis, comme les négateurs de l’holocauste, ceux qui insultent l’holocauste et toutes sortes d’antisémites. »

Les députés ont informé les membres de la sécurité à propos de ces affiches. Le député Plesner a indiqué qu’il tiendrait au courant le responsable de la sécurité à la Knesset, mais les responsables de la sécurité ont estimé que les affiches étaient une provocation locale comme celles qui ont eu lieu dans d’autres pays à travers le monde. Les élus de la Knesset ont signalé qu’une plainte serait déposée auprès des autorités polonaises.

 Incidemment, les députés n’ont pas pu s’empêcher d’observer que les affiches contre Livni étaient plus grandes que celles contre Barak.

Kalvarisky, ou les problèmes de conscience d’un spoliateur

3 janvier 2010
Dans leur majorité, les sionistes, comme beaucoup de délinquants, vivent en paix avec leur conscience: voler, assassiner ne sont des problèmes moraux pour eux que dans la mesure où quelqu’un, c’est-à-dire leur victime, les « oblige » à le faire. C’est tout le drame de la « conscience » sioniste que rend l’expression « Tuer et pleurer. » Golda Meir avait formulé ce pseudo-drame de conscience de manière moins elliptique en accusant les Arabes de les obliger, eux sionistes, à tuer leurs enfants tant il est « vrai » que les Palestiniens sont allés chercher les colons sionistes en Roumanie, en France ou en Pologne pour les soumettre à ce cruel dilemme.
Il est cependant arrivé que des sionistes éprouvent de réelles difficultés avec leur concience et cela semble avir été le cas d’un certain Haim Margaliot Kalvarisky, agronome de son état, qui était missionné pour acheter des terres aux Arabes en vue de les livrer à la colonisation.
Dans le texte que je vous propose, on nous montre une personne qui semble réellement souffrir de participer à ce qu’elle-même appelle la dépossession (qu’on peut traduire aussi par spoliation) des paysans Palestiniens.
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Haim Margaliot Kalvarisky

Vous me direz que ces terres sont légalement achetées, en quoi peut-il être question de « dépossession »? Simplement parce que ces terres ne sont pas achetées aux payasans considérés qui n’en sont souvent que les métayers ou les fermiers, parfois depuis plusieurs générations, mais à de gros propriétaires absentéistes. Et que non seulement la cession de la terre entraîne l’exclusion des paysans indigènes, mais une terre devenue « juive » ne pourra ultérieurement être cédée à un non Juif.
On remarquera aussi qu’acheter une parcelle de terre ne signifie pas normalement qu’elle en vienne à acquérir un statut d’extra-territorialité: ainsi si demain vous achetez un lopin de terre dans le Cantal, vous auriez quelques problèmes avec les pouvoirs publics si vous le proclamiez en tant que partie d’un territoire désormais non soumis aux lois de la république française (c’est la principale différence entre immigration et colonisation).
Kalvarisky n’a rencontré, dans sa tentative désespérée de trouver une issue satisfaisante pour tous, qu’indifférence et méfiance auprès de l’establishment sioniste. On comprend pourquoi.
Le dilemme du spoliateur
par Abigail Jacobson, Haaretz (Sionistan) 31 déc. 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
Malheureusement pour la mémoire d’Haim Margaliot Kalvarisky (1868 – 1947) – qui achetait des terres en Galilée pendant l’époque pré-étatique pour le compte de la Jewish Colonization Association – la discussion sur sa vie s’est récemment passé de la rubrique culturelle des journaux au tribunal. La famille de Kalvarisky a décidé de poursuivre en justice l’écrivain Alon Hilu pour avoir, selon elle, rendu compte de manière déformée de la personnalité de son proche dans son roman « Ahuzat Dajani » (‘LaMaison Dajani’). La dispute entre les Kalvariskys et Hilu soulève naturellement certaines questions fondamentales sur le degré de liberté qu’un auteur peut prendre dans une fiction historique;elle offre aussi, cependant, une opportunité de sauver de l’oubli une figure historique qui a été quelque peu oubliée, et pas par accident.
Kalvarisky est né en Pologne en 1867 et est venu en Eretz Israël en 1895. Agronome de formation, il a passé de nombreuses années à manager des communautés agricoles en Galilée. Une partie de son travail consistait à acheter des terres aux habitants Arabes de la région pour y développer la colonisation juive,mais diverses sources, dont de nombreuses trouvées dans les Archives Centrales Sionistes – indiquent clairement qu’il a sincèrement et profondément ambivalent au sujet de la relation du mouvement sioniste avec les Arabes. En 1919, il devint le principal agent de liaison du mouvement avec les dirigeants Arabes et fonda même « l’Arab National Society, » qui était financée par le mouvement sioniste dans le but de contrebalancer les activités des dites organisations islamo-chrétiennes qui s’opposaient au sionisme dans les premières années du mandat britannique sur la Palestine.
Finalement, Kalvarisky devint un des principaux militants de l’organisation Brit Shalom qui plaidait pour la promotion de la compréhension mutuelle entre Juifs et Arabes en Palestine.
Dans la mémoire collective palestinienne, Kalvarisky est perçu comme un agent sioniste qui a persuadé, parfois par la corruption, des Arabes de vendre leurs terres aux Juifs. En revanche, sa personnalité a pratiquement disparu de la mémoire collective sioniste, peut-être à cause de son engagement ultérieur dans Brit Shalom. Mais la distinction binaire entre le « collaborateur sioniste » et un homme qui refuse de se conformer à l’idéologie sioniste est trop simpliste, et elle ne rend pas justice à la personnalité complexe de Kalvarisky qui, encore jeune, était conscient de l’accroissement des tensions entre Juifs et Arabes en Palestine.
En 1919, à l’invitation du prince Hachémite Fayçal, Kalvarisky présenta au Congrès Général Syrien un plan pour un accord judéo-arabe. Le plan contenait ses points à première vue contradictoires. Dans sa première partie, Kalvarisky déclare que « La Palestine est la patrie de tous ses citoyens:Musulmans, Chrétiens et Juifs sont tous citoyens avec des droits égaux. »
La seconde partie reprend l’esprit de la Déclaration Balfour et reconnaît la Palestine comme le foyer national du peuplejuif qui a besoin d’un territoire afin de réaliser ses aspirations nationales et culturelles. Cependant, poursuit Kalvarisky, aucune religion ne doit avoir de prééminence en Palestine, et les membres de toutes les confessions doivent avoir un statut égal et ne pas faire l’objet de discrimination. Selon ce concept, l’immigration juive en Palestine ne devait pas être soumise à restriction parce qu’aussi bien le capital que la main d’oeuvre juifs étaient profitables au territoire – et à ses habitants (Central Zionist Archives document A113/1).
Adopté dans son principe par le Congrès Syrien, le plan de Kalvarisky reflète les contradictions internes auxquelles il a été confronté. D’un côté, il acceptait l’esprit de la Déclaration Balfour; de l’autre, il appelait à l’égalité pour tous les habitants de la Palestine. Pourtant Kalvarisky lui-même ne semble pas avoir pensé que son plan était contradictoire en soi. Quand il le présenta au comité intérimaire sioniste [la représentation politique provisoire de la communauté juive pré-étatique] en juin 1919, il soutint que « l’accord judéo-arabe n’exigeait pas de nous d’abandonner quoi que ce soit de notre programme fondamental. Eretz Israël devra être notre foyer national, l’hébreu devra être reconnu comme langue de ce territoire à côté de l’arabe..? L’immigration juive et la colonisation devront être complètement libres… Et en même temps, nous ne devons pas ignorer les besoins de nos voisins. Parce que nous ne devons pas construire notre foyer national sur la destruction de celui des autres. Si nous suivons cette règle – que nous ne devrions pas faire aux Arabes ici ce que nous ne voulons pas que les Gentils nous fassent dans la diaspora – je suis sûr que cet accord avec les Arabes peut entrer dans les faits et sera une bénédiction pour nous. » (CZA 8777/J1, pgs. 108-109).
La ‘question arabe’
L’expression la plus claire de l’ambivalence de Kalvarisky quant à son rôle dans le mouvement sioniste peut s’observer dans les tout premiers moments de la session de ce même comité. Débutant avec une touche personnelle, Kalvarisky expliqua comment sa propre histoire personnelle avait contribué à sa prise de conscience de la « question arabe: » « La question des Arabes m’est apparue dans toute sa gravité dès le premier achat de terre que j’ai effectué ici, quand j’ai eu pour la première fois à me confronter au fait de déposséder des habitants Arabes de leur terre pour permettre à nos frères de s’y établir… J’ai alors vu à quel point le bédouin est attaché à sa terre. Pendant mes 25 ans de travail de colonisation, j’ai dépossédé de nombreux Arabes de leurs terres et vous comprenez que ce travail – déposséder des gens de la terre où ils, et peut-être leurs ancêtres, sont nés – n’est pas du tout quelque chose de facile, spécialement quand le spoliateur ne considère pas les spoliés comme un troupeau de moutons mais plutôt comme des personnes avec un coeur et une âme.
« Je devais pratiquer ces dépossessions parce que le Yishouv [la communauté juive pré-étatique] l’ exigeait de moi,maisj’ai toujours essayé de les faire en douceur de sorte à ce que le dépossédé ne le ressente pas trop durement…J’ai aussi essayé de faire en sorte que le dépossédé ne quitte pas sa terre les mains vides et de m’assurer que les effendis – qui étaient toujours les pourvoyeurs, les intermédiaires entre acheteurs et vendeurs – ne les volent pas… Dès le début de mon travail ici, je suis entré en contact avec les Arabes et la question arabe » (CZA 8777/J1, pgs. 104-105).
Ces lignes pourraient avoir valeur d’exemple de la fameuse maxime israélienne « tuer et pleurer, » et pourtant, personne ne peut ignorer le courage de Kalvarisky quand il utilise le mot « dépossession » : un terme fort et sans ambigüité dans le contexte du débat sur les achats de terres par les sionistes.
En opposition à l’état d’esprit des dirigeants sionistes des débuts de la colonisation juive en Palestine, la personnalité de Kalvarisky apparaît particulièrement fascinante. Elle rejoint celles d’autres, comme les journalistes et militants de Jaffa Nissim Malul et Shimon Moyal qui ont oeuvré pour le mouvement sioniste mais se sont exprimés avec force contre son traitement des Arabes et son refus de reconnaître la « question arabe. » Les écrits, les lettres et les discours de Kalvarisky témoignent de façon répétée de son ambivalence devant sa propre entreprise – des actes immoraux vis-à-vis des Arabes mais aussi une mission à caractère national. Sa vision du problème, aussi naïve qu’elle puisse sembler, reste hautement pertinente par rapport à nombre de dilemmes auxquels la société israélienne doit aujourd’hui faire face.

Auschwitz, mémoire et histoire

20 décembre 2009
Le camp de concentration d’Auschwitz est à nouveau d’actualité. Non pas, fort heureusement, parce qu’on y entasserait à nouveau des êtres humains à raison de leur origine ethnique ou religieuse mais parce que le pannonceau portant la devise nazie « Le travail rend libre » vient d’être dérobé.
Ce vol a suscité une indignation légitime un peu partout dans le monde.
La vice premier ministre de l’entité sioniste Sylvan Shalom a ainsi déclaré :«Il s’agit d’un acte abominable qui relève d’une véritable profanation». Et Avner Shalev, le président du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, a voulu y voir une «déclaration de guerre»
Pour Shimon Peres, le président honoraire du gang sioniste: « L’inscription possède une profonde signification pour les Juifs comme pour les non Juifs en tant que symbole de plus d’un million de vies qui ont péri à Auschwitz. »
Dans cette dernière déclaration, nous avons en apparence des propos d’une portée universelle puisque M. Peres affirme que l’inscription possède une profonde signification pour les Juifs comme pour les non Juifs. En apparence seulement cependant, car cette signification est à relier à ces plus d’un million de vies qui ont péri à Auschwitz, soit le nombre de Juifs exterminés à Auschwitz communément admis.
Et il est vrai que dans la « mémoire », telle celle qu’on inculque aux enfants à l’école, Auschwitz reste le lieu emblématique de l’extermination des Juifs.
Alors pourquoi n’assiste-t-on pas en ce moment à une dénonciation massive d’un acte antisémite?
Eh bien, et ce vol a été une occasion pour moi d’enrichir mes connaissances, pour la raison qu’expose le maire de la commune d’Oświęcim qui jouxte le fameux camp de concentration:

 « Celà n’a aucun sens [de le qualifier d’acte antisémite] », dit-il. « Il y avait des Juifs dans le camp, mais 90 % de ceux qui étaient détenus dans le camp n’étaient pas Juifs – ils étaient Polonais, Russes et autres Catholiques. C’est seulement après la conférence de Wansee en 1942 que les Nazis ont envoyé des Juifs ici. Alors le motif antisémite est illogique à mes yeux. »

Le même élu municipal ne comprend pas comment l’objet a pu être volé dans ce lieu hautement sécurisé:

« La sécurité est serrée, barrières, clôtures de barbelés, des appareils électroniques et des caméras. Et le pannonceau était au milieu du camp. Une personne ordinaire ne peut pénétrer. Même si un chien passe, l’alarme se déclenché. Celui qui a fait ça était probablement familier avec le système de surveillance. Il n’ya pas d’autre explication », dit-il.

Bel exemple de deux mémoires finalement incompatibles: celle des victimes juives du camp qui exclut de facto les souffrances des autres détenus d’Auschwitz, et celle des riverains du camp qui incluent la souffrance juive dans celle d’une humanité plus large, au risque de remettre en cause le caractère unique (et donc non universel) de la souffrance juive.

Marek Edelman: de l’antinazisme à l’antisionisme, l’exemplarité d’une vie

3 octobre 2009

Marek Edelman, un des commandants de l’insurrection du ghetto de Varsovie contre les occupants nazis, vient de décéder à l’âge de 90 ans.
Comme il est normal, vos journaux en rendent compte. C’est le cas du journal Le Monde où on peut lire ce qui suit:

Bien que la majorité des survivants juifs ait émigré en Israël, lui a décidé de rester en Pologne. « Il fallait bien que quelqu’un reste ici pour s’occuper de tous ceux qui y ont péri », répondait-il.

L’Associated Press quand à elle, nous signale que:

Vendredi, l’ancien ambassadeur d’Israël en Pologne Shevach Weiss a rendu hommage à Marek Edelman. « Il restera dans ma mémoire comme un héros combattant, un homme d’un grand courage », a-t-il dit. « Il n’a jamais cessé de lutter pour la liberté humaine et la liberté de la Pologne

Si le Nouvel Observateur fait dans une sobriété tout à fait inhabituelle s’agissant d’un survivant de la « shoah » , le Parisien Libéré quant à lui rappelle que:

Connu pour son franc-parler, au risque de choquer, Marek avait suscité l’indignation en Israël en 2002 en demandant aux organisations palestiniennes de cesser les attentats-suicide, faisant un parallèle entre leur combat et celui qu’il avait mené au sein du ghetto.

Vos journaux se gardent bien, en effet, de rappeler que Marek Edelman était un antisioniste notoire comme on peut le constater en lisant ce texte bien documenté paru sur InfoPalestine.
Et comment ne pas relever l’hypocrisie de l’ambassadeur sioniste en Pologne, lui dont le régime honnissait Marek Edelman ainsi qu’on peut s’en apercevoir en allant sur le site de l’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France qui reproduit un texte où on peut lire ceci:

Mais quand des Juifs, et surtout des Juifs héroïques comme Marek Edelman, s’expriment ouvertement contre le sionisme et, en particulier, s’ils dénoncent l’impérialisme israélien et défendent ses victimes, comment peuvent-ils être accusés d’être antisémites?

 C’est donc un antisémite qui vient de rendre l’âme. Et, qu’on s’en rassure ou s’en inquiète, le flambeau de cet antisémitisme là a de dignes héritiers.

>Irez-vous voir le film "Les insurgés" avec Daniel Craig?

13 décembre 2008

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On annonce pour janvier 2009 la sortie d’un film d’Edward Zwick : « Les insurgés, » avec l’acteur Britannique Daniel Craig en tête d’affiche.

Ce film relate « l’épopée » des frères Bielski, trois Polonais qui dirigeaient une organisation juive de résistance contre les forces nazies.

Avant de prendre la décision d’aller voir ce film, prenez donc connaissance du post que vous trouverez en cliquant ici.

Irez-vous voir le film "Les insurgés" avec Daniel Craig?

13 décembre 2008
On annonce pour janvier 2009 la sortie d’un film d’Edward Zwick : « Les insurgés, » avec l’acteur Britannique Daniel Craig en tête d’affiche.

Ce film relate « l’épopée » des frères Bielski, trois Polonais qui dirigeaient une organisation juive de résistance contre les forces nazies.

Avant de prendre la décision d’aller voir ce film, prenez donc connaissance du post que vous trouverez en cliquant ici.

>On ne nait pas escroc, on le devient. mais attend-on l’âge de 80 ans pour devenir escroc?

21 novembre 2007

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Cette affaire fait grand bruit aux Etats-Unis. Un Juif héros de l’holocauste vient de tomber entre les mains de la police pour une vulgaire affaire d’escroquerie au préjudice d’une vieille dame. Très précis sur les faits reprochés, l’article qui suit mentionne l’incrédulité des proches de l’accusé mais aussi d’un historien spécialiste es études holocaustiques et d’un écrivain qui a commis un livre d’entretiens avec le même accusé.

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Selon moi, l’article appelle plusieurs remarques.
La première est que, si l’accusation est fondée, il me semble improbable de voir une vocation d’escroc naître à 80 ans. A mon sens, une démonstration de la culpabilité d’Aron Bielski, alias Bell, serait de nature à semer le doute sur une bonne partie de la biographie et des faits d’armes de l’individu. Le groupe de résistance « juive polonaise » auquel Aron Bielski alias Bell appartenait avait, dit-on, la singularité de privilégier le sauvetage de personnes par rapport aux actions de combat proprement dit contre l’occupant Nazi. Le groupe Bielski accueillait en effet dans son campement de la forêt polonaise des centaines de réfugiés fuyant les persécutions nazies. La question qu’on peut aujourd’hui se pose est la suivante : cette aide était-elle gratuite ou intéressée? Simone Veil a son idée sur la question, elle qui a préfacé le livre basé sur des entretiens avec l’escroc Bielski alias Bell. A-t-elle raison ou tort, l’histoire le dira peut-être.
Deuxième remarque : l’article nous indique que « Aucun Juif n’était repoussé » du camp et que « Sauver un Juif est bien plus important que de tuer des Allemands.» Soit, très bonne chose, mais qu’en était-il exactement des non Juifs qui cherchaient refuge?
Car il y eut des non Juifs persécutés par les Nazis, dont la victime (Catholique nous dit l’article) d’Aron Bielski alias Bell qui fut elle même internée avec des Juifs.
Enfin, on relèvera la grave erreur de l’article qui décrit la victime comme une «Catholique survivante de l’holocauste. » Or comme chacun sait, l’holocauste ne concerne pas les Catholiques en tant que victimes éventuelles, ce statut étant réservé à qui de droit.

Tout au plus un Catholique peut-il être un bourreau, un complice (passif ou actif) ou encore un « Juste » parmi les Nations. Les Nations désignant tout ce qui n’est pas Juif et « Juste » tout non Juif ayant sauvé des Juifs (un non Juif ayant sauvé des non Juifs ne saurait bien entendu pas figurer parmi les « Justes » en question).


Un héros de l’holocauste accusé d’escroquerie

par Brian Sokoloff AP, traduit de l’anglais par Djazaïri

Star News online (USA), 20 novembre 2007

En Europe orientale, pendant la deuxième guerre mondiale, le jeune Aron Bielski et ses trois frères aînés avait organisé ce qui fut, à tous points de vue, la plus grande opération armée de sauvetage de Juifs par des Juifs durant l’holocauste.Les frères Bielski furent acclamés comme des héros et leurs exploits ont été relatés dans des livres, un documentaire et une production hollywodienne dont la sortie est prévue l’an prochain. Mais aujourd’hui, le dernier survivant des frères Bielski est désigné sous un nom bien différent, celui d’escroc. Agé de 80 ans et connu sous le nom d’Aaron Bell, il a été arrêté sur l’accusation d’avoir grugé une vieille femme de 93 ans, une Catholique survivante de l’holocauste. Bell et son épouse, Henryka, 58 ans, sont accusés d’avoir rusé pour obtenir de la vieille femme le contrôle d’une somme de plus de 250 000$ qu’elle possédait dans divers comptes bancaires. Selon la police, le couple a alors convaincu la femme de l’emmener pour des vacances dans sa Pologne natale, au lieu de quoi ils l’ont placée dans une maison de repos là bas avant de s’en retourner à Palm Beach pour dépenser son argent, presque jusqu’au dernier centime.

Pour ces accusations, le couple risque 90 ans de prison.

L’avocat de Bell a fermement démenti ces allégations et déclaré que la vieille femme devenait sénile.

Alors que les Nazis envahissaient ce qui était l’Union Soviétique en 1941, tuant ou arrêtant des Juifs par milliers, les frères Bielski avaient fui leurs domiciles près de Stankiewicze, dans la Belarus actuelle, pour se cacher dans la forêt, décidés à résister, à combattre et à sauver des vies. Le campement des frères grossit pour accueillir des centaines de combattants, des familles, des enfants et des personnes âgées. Aucun Juif n’était repoussé. En définitive, leur mouvement de partisans sauva quelque 1200 Juifs.

« Sauver un Juif est bien plus important que de tuer des Allemands, » disait Tuvia Bielski à ses compagnons. La plupart des autres groupes de résistance s’attachaient seulement à pourchasser les Nazis, à tuer des collaborateurs et à chercher vengeance, » explique Christian Gerlach, professeur d’histoire à l’université de Pittsburgh et qui a étudié l’holocauste de manière approfondie. «D’une certaine manière, c’est ce qui faisait du groupe Bielski une unité différente, » selon Gerlach. Tuvia Bielski avait la haute main sur le commandement du camp. Asael Bielski dirigeait principalement le groupe de combat. Zus Bielki était chargé de la reconnaissance. Aron jouait surtout le rôle d’estafette – il connaissait la forêt mieux que personne.
« Des milliers de personnes sont encore sur cette terre grâce aux décisions que lui et ses frères aînés avaient prises, » explique Michael Bielski, 55 ans, le fils de Tuvia Bielski qui vit à Bonita Springs.

Asael fut tué en 1944 dans les rangs de l’Armée Rouge lors de son entrée en Allemagne. Les frères survivants émigrèrent aux Etats-unis dans les années 50, pour s’établir dans la région de New-York où ils exercèrent des métiers manuels avant de réussir dans les activités du taxi et du transport routier. Aaron a pris sa retraite en Floride dans les années 90.
Des proches disent être choqués des accusations portées contre Aaron Bell.« Je n’y crois pas, » déclare Zvi Bielski, le fils de Zus, 56 ans qui réside à New York City. « Ca ne lui ressemble absolument pas. Je l’aime profondément. Il a été très proche de moi. Mon père était comme un père pour lui pendant la guerre. Je n’arrive par à m’imaginer ce qui s’est passé. »

Les autorités indiquent que les Bell se sont liés d’amitié avec la vieille Janina Zaniewska qui avait été à l’époque emprisonnée en Pologne par les Nazis avec des Juifs. Elle résidait dans la même copropriété que les Bell. Les époux l’ont convaincue de leur donner une procuration sur ses comptes en banque, expliquent les enquêteurs.

Selon la police, en mai, les Bell sont partis en Pologne avec Zaniewska au motif fallacieux de l’emmener visiter de vieux amis. Les Bell l’ont déposée dans une maison de repos et sont rentrés à Palm Beach. La police a été contactée en août par par un directeur de banque qui se demandait pourquoi les Bell retiraient l’argent de Zaniewska. La police a par la suite retrouvé Zaniewska dans la maison de repos.
« Dieu merci vous m’avez retrouvée, » a-t-elle dit aux autorités selon la police. Zaniewska est rentrée le 4 octobre. Les procureurs accusent le couple d’avoir voulu escroquer Zaniewska, d’exploitation d’une personne âgée et de vol.

« L’ensemble de la thèse selon laquelle les Bell ont envoyé cette pauvre dame en Pologne de sorte à pouvoir lui voler son argent est tout bonnement absurde, » déclare Steven Gomberg, avocat du couple.Il explique que les Bell étaient très à l’aise financièrement et aidaient simplement Zaniewska en matière financière en raison de ses capacités mentales diminuées.« Nous avons ici des gens, des personnes âgées nonagénaires qui perdent leurs facultés et qui disposent d’avoirs financiers qui doivent être protégés et n’ont malheureusement personne d’autre, » explique Gromberg. Et d’ajouter : « Rien n’a été volé. Elle n’a pas perdu un centime ».

Pour Ewa Chyra, directrice de la maison de repos en pologne, Zaniewska « avait conscience du lieu où elle se trouvait, de ce qui se passait et de qui l’avait emmenée ici. »
Zaniewska a raconté différentes histoires, ce qui pouvait amener quelqu’un à mettre en doute ses dires, » explique Chyra. « Son humeur changeait souvent, de l’euphorie à la dépression, et sa conduite dépendait beaucoup de son humeur. Elle peut être tout autant une personne très sympathique, bavarde, spirituelle… mais aussi basculer à l’exact opposé et être agressive et suspicieuse. »
Pour Robert Montgomery, avocat de Zaniewska, elle a « toutes ses facultés, » mais a été la victime des Bell.« Ils lui ont volé de l’argent, aucun doute sur ce point, ils l’ont pratiquement dépouillée, » déclare Montgomery. « Ils ont profité d’elle.»

Aaron Bell n’a pas répondu à de nombreux messages téléphoniques. Le N° de téléphone de Zaniewski est sur liste rouge et les tentatives pour la rencontrer dans sa copropriété ont été infructueuses.

Peter Duffy, qui s’est entretenu durant des heures avec Aaron Bell pour le livre « Les frères Bielski, » paru en 2003, a déclaré : Je ne peux tout simplement pas accepter que c’est ce qui s’est passé réellement. Ca n’a aucun sens. »

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—Les journalistes d’investigation d’Associated Press Randy Herschaft et Monka Mathur ont contribué à cet article depuis New York et le journaliste d’AP Ryan Lucas depuis Varsovie.

On ne nait pas escroc, on le devient. mais attend-on l’âge de 80 ans pour devenir escroc?

21 novembre 2007
Cette affaire fait grand bruit aux Etats-Unis. Un Juif héros de l’holocauste vient de tomber entre les mains de la police pour une vulgaire affaire d’escroquerie au préjudice d’une vieille dame. Très précis sur les faits reprochés, l’article qui suit mentionne l’incrédulité des proches de l’accusé mais aussi d’un historien spécialiste es études holocaustiques et d’un écrivain qui a commis un livre d’entretiens avec le même accusé.
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Selon moi, l’article appelle plusieurs remarques.
La première est que, si l’accusation est fondée, il me semble improbable de voir une vocation d’escroc naître à 80 ans. A mon sens, une démonstration de la culpabilité d’Aron Bielski, alias Bell, serait de nature à semer le doute sur une bonne partie de la biographie et des faits d’armes de l’individu. Le groupe de résistance « juive polonaise » auquel Aron Bielski alias Bell appartenait avait, dit-on, la singularité de privilégier le sauvetage de personnes par rapport aux actions de combat proprement dit contre l’occupant Nazi. Le groupe Bielski accueillait en effet dans son campement de la forêt polonaise des centaines de réfugiés fuyant les persécutions nazies. La question qu’on peut aujourd’hui se poser est la suivante : cette aide était-elle gratuite ou intéressée? Simone Veil a son idée sur la question, elle qui a préfacé le livre basé sur des entretiens avec l’escroc Bielski alias Bell. A-t-elle raison ou tort, l’histoire le dira peut-être.
Deuxième remarque : l’article nous indique que « Aucun Juif n’était repoussé » du camp et que « Sauver un Juif est bien plus important que de tuer des Allemands.» Soit, très bonne chose, mais qu’en était-il exactement des non Juifs qui cherchaient refuge?
Car il y eut des non Juifs persécutés par les Nazis, dont la victime (Catholique nous dit l’article) d’Aron Bielski alias Bell qui fut elle même internée avec des Juifs.
Enfin, on relèvera la grave erreur de l’article qui décrit la victime comme une «Catholique survivante de l’holocauste. » Or comme chacun sait, l’holocauste ne concerne pas les Catholiques en tant que victimes éventuelles, ce statut étant réservé à qui de droit.
Tout au plus un Catholique peut-il être un bourreau, un complice (passif ou actif) ou encore un « Juste » parmi les Nations. Les Nations désignant tout ce qui n’est pas Juif et « Juste » tout non Juif ayant sauvé des Juifs (un non Juif ayant sauvé des non Juifs ne saurait bien entendu pas figurer parmi les « Justes » en question).


Un héros de l’holocauste accusé d’escroquerie

par Brian Sokoloff AP, traduit de l’anglais par Djazaïri

Star News online (USA), 20 novembre 2007
En Europe orientale, pendant la deuxième guerre mondiale, le jeune Aron Bielski et ses trois frères aînés avait organisé ce qui fut, à tous points de vue, la plus grande opération armée de sauvetage de Juifs par des Juifs durant l’holocauste.Les frères Bielski furent acclamés comme des héros et leurs exploits ont été relatés dans des livres, un documentaire et une production hollywodienne dont la sortie est prévue l’an prochain. Mais aujourd’hui, le dernier survivant des frères Bielski est désigné sous un nom bien différent, celui d’escroc. Agé de 80 ans et connu sous le nom d’Aaron Bell, il a été arrêté sur l’accusation d’avoir grugé une vieille femme de 93 ans, une Catholique survivante de l’holocauste. Bell et son épouse, Henryka, 58 ans, sont accusés d’avoir rusé pour obtenir de la vieille femme le contrôle d’une somme de plus de 250 000$ qu’elle possédait dans divers comptes bancaires. Selon la police, le couple a alors convaincu la femme de l’emmener pour des vacances dans sa Pologne natale, au lieu de quoi ils l’ont placée dans une maison de repos là bas avant de s’en retourner à Palm Beach pour dépenser son argent, presque jusqu’au dernier centime.
Pour ces accusations, le couple risque 90 ans de prison.
L’avocat de Bell a fermement démenti ces allégations et déclaré que la vieille femme devenait sénile.
Alors que les Nazis envahissaient ce qui était l’Union Soviétique en 1941, tuant ou arrêtant des Juifs par milliers, les frères Bielski avaient fui leurs domiciles près de Stankiewicze, dans la Belarus actuelle, pour se cacher dans la forêt, décidés à résister, à combattre et à sauver des vies. Le campement des frères grossit pour accueillir des centaines de combattants, des familles, des enfants et des personnes âgées. Aucun Juif n’était repoussé. En définitive, leur mouvement de partisans sauva quelque 1200 Juifs.
« Sauver un Juif est bien plus important que de tuer des Allemands, » disait Tuvia Bielski à ses compagnons. La plupart des autres groupes de résistance s’attachaient seulement à pourchasser les Nazis, à tuer des collaborateurs et à chercher vengeance, » explique Christian Gerlach, professeur d’histoire à l’université de Pittsburgh et qui a étudié l’holocauste de manière approfondie. «D’une certaine manière, c’est ce qui faisait du groupe Bielski une unité différente, » selon Gerlach. Tuvia Bielski avait la haute main sur le commandement du camp. Asael Bielski dirigeait principalement le groupe de combat. Zus Bielki était chargé de la reconnaissance. Aron jouait surtout le rôle d’estafette – il connaissait la forêt mieux que personne.
« Des milliers de personnes sont encore sur cette terre grâce aux décisions que lui et ses frères aînés avaient prises, » explique Michael Bielski, 55 ans, le fils de Tuvia Bielski qui vit à Bonita Springs.
Asael fut tué en 1944 dans les rangs de l’Armée Rouge lors de son entrée en Allemagne. Les frères survivants émigrèrent aux Etats-unis dans les années 50, pour s’établir dans la région de New-York où ils exercèrent des métiers manuels avant de réussir dans les activités du taxi et du transport routier. Aaron a pris sa retraite en Floride dans les années 90.
Des proches disent être choqués des accusations portées contre Aaron Bell.« Je n’y crois pas, » déclare Zvi Bielski, le fils de Zus, 56 ans qui réside à New York City. « Ca ne lui ressemble absolument pas. Je l’aime profondément. Il a été très proche de moi. Mon père était comme un père pour lui pendant la guerre. Je n’arrive par à m’imaginer ce qui s’est passé. »
Les autorités indiquent que les Bell se sont liés d’amitié avec la vieille Janina Zaniewska qui avait été à l’époque emprisonnée en Pologne par les Nazis avec des Juifs. Elle résidait dans la même copropriété que les Bell. Les époux l’ont convaincue de leur donner une procuration sur ses comptes en banque, expliquent les enquêteurs.
Selon la police, en mai, les Bell sont partis en Pologne avec Zaniewska au motif fallacieux de l’emmener visiter de vieux amis. Les Bell l’ont déposée dans une maison de repos et sont rentrés à Palm Beach. La police a été contactée en août par par un directeur de banque qui se demandait pourquoi les Bell retiraient l’argent de Zaniewska. La police a par la suite retrouvé Zaniewska dans la maison de repos.
« Dieu merci vous m’avez retrouvée, » a-t-elle dit aux autorités selon la police. Zaniewska est rentrée le 4 octobre. Les procureurs accusent le couple d’avoir voulu escroquer Zaniewska, d’exploitation d’une personne âgée et de vol.
« L’ensemble de la thèse selon laquelle les Bell ont envoyé cette pauvre dame en Pologne de sorte à pouvoir lui voler son argent est tout bonnement absurde, » déclare Steven Gomberg, avocat du couple.Il explique que les Bell étaient très à l’aise financièrement et aidaient simplement Zaniewska en matière financière en raison de ses capacités mentales diminuées.« Nous avons ici des gens, des personnes âgées nonagénaires qui perdent leurs facultés et qui disposent d’avoirs financiers qui doivent être protégés et n’ont malheureusement personne d’autre, » explique Gromberg. Et d’ajouter : « Rien n’a été volé. Elle n’a pas perdu un centime ».
Pour Ewa Chyra, directrice de la maison de repos en pologne, Zaniewska « avait conscience du lieu où elle se trouvait, de ce qui se passait et de qui l’avait emmenée ici. »
Zaniewska a raconté différentes histoires, ce qui pouvait amener quelqu’un à mettre en doute ses dires, » explique Chyra. « Son humeur changeait souvent, de l’euphorie à la dépression, et sa conduite dépendait beaucoup de son humeur. Elle peut être tout autant une personne très sympathique, bavarde, spirituelle… mais aussi basculer à l’exact opposé et être agressive et suspicieuse. »
Pour Robert Montgomery, avocat de Zaniewska, elle a « toutes ses facultés, » mais a été la victime des Bell.« Ils lui ont volé de l’argent, aucun doute sur ce point, ils l’ont pratiquement dépouillée, » déclare Montgomery. « Ils ont profité d’elle.»
Aaron Bell n’a pas répondu à de nombreux messages téléphoniques. Le N° de téléphone de Zaniewski est sur liste rouge et les tentatives pour la rencontrer dans sa copropriété ont été infructueuses.
Peter Duffy, qui s’est entretenu durant des heures avec Aaron Bell pour le livre « Les frères Bielski, » paru en 2003, a déclaré : Je ne peux tout simplement pas accepter que c’est ce qui s’est passé réellement. Ca n’a aucun sens. »
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—Les journalistes d’investigation d’Associated Press Randy Herschaft et Monka Mathur ont contribué à cet article depuis New York et le journaliste d’AP Ryan Lucas depuis Varsovie.

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