Archive for the ‘Somalie’ Category

Mais qui veut vendre des armes en Somalie?

26 juillet 2010
Encore une histoire que peu de journaux se sont empressés de rapporter. Elle n’a a peu près intéressé que la presse locale du coin d’où est originaire Joseph O’Toole, le comparse Américain et, bien entendu, la presse sioniste qui semble tout près de s’offusquer de ce qui ressemble à un kidnapping, même s’il s’agit plus en réalité d’une souricière.
Le « héros » juif de cette affaire est un certain Chanoch Miller, un ancien ingénieur et officier de l’armée de l’air sioniste. Comme beaucoup d’ex militaires sionistes, il s’est recyclé dans le négoce. Non, pas le négoce de betteraves ou de tissu car ce serait gâcher du talent et des années d’études, mais le négoce d’armes.
Chanoch Miller vient en effet de se faire coincer par les autorités des Etats Unis alors qu’il était sur le point de livrer 700 fusils d’assaut Kalashnikov en Somalie. Des fusils achetés en Bosnie.

Et si Miller et O’Toole n’avaient pas été arrêtés?

Eh bien, comme l’écrit le blogueur Canadien Xymphora:

« si les Américains devaient intervenir en Somalie, ils découvriraient ces fusils dont on ferait certainement remonter l’origine vers une organisation terroriste islamique de Bosnie (qui pourrait alors être attaquée pour hébergement d’une organisation terroriste islamique), justifiant ainsi l’invasion américaine dans le cadre de la ‘guerre contre le terrorisme.’

Inside Intel/ Un homme, un plan, un quasi kidnapping, Panama
Comment le marchand d’armes israélien Chanoch Miller esr-il tombé dans le piège tendu par des agents Américains en Amérique Centrale pour finir dans une prison de Floride?
par Yossi Melman, Haaretz (Sionistan) 15 juillet 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les preuves pour le procès du marchand d’armes Chanoch Miller, qui se trouve dans une prison de Floride du Sud, indiquent des des agents de la police des frontières des Etats Unis l’ont forcé à se rendre aux USA contre son gré. En d’autres termes, il a été pratiquement kidnappé.

Miller est en attente de son jugement et est inculpé d’avoir conspiré pour exporter des armes des USA vers la Somalie, de blanchiment d’argent et d’avoir enfreint l’embargo du Conseil de Sécurité de l’ONU qui prohibe la vente d’armes à cet Etat africain déliquescent.

Des informations sur son arrestation et les charges retenues contre lui ont déjà été publiées dans la presse israélienne, mais de nouveaux détails sur l’incident ont été connus récemment.

Le partenaire de Miller dans cette vente d’armes, Joseph O’Toole, un colonel en retraite de l’US Air Force qui réside à San Diego, a été arrêté presque en même temps.

Miller a témoigné avoir fait des affaires avec O’Toole  pendant plus de quinze ans. O’Toole a tout un passé d’implication dans de sombres affaires de ventes d’armes. A la fin des années 1980, il avait été jugé (l’affaire sera classée en 1991) pour son rôle dans la vente d’armes aux Contras (rebelles anti sandinistes) au Nicaragua, dans ce qui sera connu comme l’affaire Iran-Contra.

En échange d’une commission de 4 000 dollars, O’Toole a introduit Miller auprès d’une troisième personne qui était supposée arranger la location d’avions afin de transporter, pour commencer, environ 2 000 fusils d’assaut Kalashnikov de Bosnie vers la Somalie du nord.
Les trois comparses prévoyaient d’organiser une centaine de vols vers la Somalie.

Malheureusement pour Miller, le « troisième homme » était un informateur de la police de l’air et des frontières des Etats Unis et il suivait des instructions des agents pour tendre un piège aux deux hommes.

Blake Schnitker, l’agent du département des enquêtes criminelles du Pentagone, qui a supervisé l’enquête, a été entedu le 2 juillet lors d’une audience du tribunal.

Schnitker a reconnu que Miller a voyagé du Panama vers les USA contre son gré, et sans savoir qu’un piège lui avait été tendu.

Sa déposition et l’acte d’inculpation montrent qu’à travers O’Toole, et ensuite directement, Miller a échangé des courriels avec l’informateur dont les autorités n’ont pas révélé l’identité. L’informateur avait dit à Miller qu’il disposait de 200 fusils Kalashnikov dans son entrepôt en Floride et de 500 autres dans un entrepôt au Panama.

Miller lui avait demandé d’expédier 200 fusils au panama et, de là bas, expédier par avion la totalité des 700 fusils en Somalie. En échange, Miller avait viré 116 000 dollars de son compte ches Israel Discount Bank vers le compte de l’informateur, qui était sous supervision et contrôle des autorités judiciaires américaines.

Sur demande de l’informateur, tous deux avaient arrangé une rencontre au panama. Miller était parti d’Israël pour le Canada puis pour le Brésil et enfin le Panama. Mais à son arrivé le 18 juin à l’aéroport de Panama, les douaniers sur place l’ont informé qu’il n’était pas autorisé à entrer sur le territoire. Dans sa déposition, Schnitker indiquait que tout avait été fait en coordination entre les autorités US et panaméennes.

A l’aéroport, se trouvaient deux agents de la police de l’air et des frontières US déjà en position, nommés Skidmore et Al Dangelis, qui suivaient Miller. Les documents du tribunal ne donnent pas le prénom de Skidmore.

Miller avait demandé à être renvoyé par avion en Israël, mais les autorités panaméennes l’ont informé qu’il pouvait seulement prendre un vol vers le pays dont il venait, le Brésil. Son passeport israélien fut confisqué et il a été retardé plusieurs heures à l’aéroport.

Ensuite, on lui a donné une carte d’embarquement délivrée par American Airlines, qui déssert le Brésil via Miami. Miller a signalé ne pas avoir de visa pour les Etats Unis mais les fonctionnaires panaméens l’ont rassuré en lui disant que tout irait bien.

Faute d’autre possibilité, Miller a accepté, ne se doutant toujours pas qu’il était suivi.

Skidmore et D’Angelis embarquèrent dans l’avion avc Miller. A leur atterrissage à l’aéroport international de Miami, ils arrêtèrent Miller et le transférèrent pour interrogatoire par des agents du Pentagone.

Dans son ordinateur portable, les agents Américains ont trouvé de nombreux documents, dont des documents vierges à en-tête du ministère de la défense du Tchad – des faux visant à berner les autorités et les amener à croire que les armes étaient destinées au Tchad et non à la Somalie.

Des éléments découverts dans l’ordinateur portable indiquaient que Miller préparait aussi l’envoi d’armes en Guinée. San avocat, Daniel Friedman, a demandé la libération sous caution de Miller, mais le procureur a objecté et l’a présenté comme  dangereux pour la sécurité publique. Le juge a décidé le maintien en détention.

Miller, 54 ans, a étudié l’ingénierie aéronautique à l’université technologique d’Haïfa dans le cadre du programme de formation supérieure des officiers, et a servi dans l’unité de conception aéronautique au siège de l’armée de l’air, dans ses locaux de Kirya à Tel Aviv. Il a été libéré de l’armée avec le grade de capitaine et, avec deux associés, il a créé Radom, une entreprise qui travaillait avec le ministère de la défense et l’armée de l’air, ainsi qu’à l’étranger pour notamment la modernisation des forces aériennes du Tchad.

Il y a trois ans, Miller a vendu sa participation dans Radom pour devenir un marchand d’armes indépendant. Il est marié et père de trois filles et un garçon. Une de ses filles s’est rendue en Floride pour être près  de lui et lui rendre visite en prison deux fois par semaine. Le consul Israélien à Miami, Mazal Saidiyan; l’a aussi rencontré à la prison mais, à part ça, il ne semble pas qu’Israël ait l’intention d’intervenir en sa faveur.

Miller risque jusqu’à 75 ans de prison et une amende de deux millions de dollars. Son avocat et sa famille ont refusé de s’exprimer sur le contenu de cet article.

>Les pirates Somaliens, al Qaïda, Bush et Obama

11 avril 2009

>

Je vous avais déjà parlé des actes de piraterie pratiqués au large des côtes somaliennes. L’actualité me donne l’occasion d’y revenir puisque cette piraterie fait encore la une des organes de presse en France comme ailleurs.

Un certain nombre de puissances, dont la France, se sont coalisées pour lutter contre le phénomène qui a touché 130 navires marchands en 2008.

Aux Etats-Unis, les récents événements ont cependant provoqué un débat sur la politique à suivre en la matière. Ce débat se focalise sur une organisation «extrémiste» nommée Shabab (jeunesse):

Des responsables Etatsuniens affirment que l’organisation, qui contrôle une partie de la Somalie, pose un dilemme. Ils soulignent son expansion rapide, les liens entre ses dirigeants el le réseau terroriste al Qaïda, et la présence d’Etatsuniens et d’Européens dans ses rangs. Mais ils déclarent qu’il n’y a aucune preuve que l’organisation prépare des attentats hors de Somalie.

Les mêmes responsables critiquent de manière à peine voilée l’administration Obama qui a adopté une approche plus prudente et moins agressive [que l’administration Bush] de ces questions de sécurité.

On voit bien que la piraterie est un des dossiers peau de banane dont a hérité Obama. On se souviendra, c’est quand même assez récent, que le gouvernement Bush avait encouragé l’armée éthiopienne à renverser par la force l’Union des Tribunaux Islamiques qui gouvernait une partie du territoire somalien et en contrôlait la capitale. Il était reproché justement à cette Union des Tribunaux d’avoir partie liée à al Qaïda.

Si on suit bien la logique étatsunienne, les pirates se rattachent à une organisation liée à al Qaïda ; l’Union des Tribunaux Islamiques était aussi liée à al Qaïda.

Déduction logique : les actes de piraterie auraient du culminer lorsque les Tribunaux Islamiques étaient au pouvoir.

Le problème est que c’est exactement le contraire qui s’était passé ainsi que nous le rappelle cet article tiré des archives du Sydney Morning Herald.

Au passage, rappelons que le mot « sharia » ne signifie pas loi en arabe. La sharia n’est donc d’aucune façon la «loi» islamique pas plus qu’il n’existe qu’une loi dite islamique, la pluralité étant de règle dans ce domaine.

La crainte de la loi islamique effraye les pirates

Par Colin Freeman à Mogadiscio et Justin Stares à Bruxelles
Sydney Morning Herald (Australie) 17 octobre 2006
traduit de l’anglais par Djazaïri

Le nouveau pouvoir islamique en Somalie a débarrassé le pays des pirates qui terrorisaient les navires de plaisance et les cargos au large de ses côtes.

Depuis que ce pays d’Afrique orientale a sombré dans l’anarchie il y a 15 ans, ses 4 000 kilomètres de côtes offraient un refuge pour des pirates armés qui utilisent des embarcations à grande vitesse pour s’emparer des bateaux de passage.

Mais depuis que la nouvelle Union des Tribunaux Islamiques a pris le contrôle de Mogadiscio et d’une grande partie du sud du pays, la piraterie a été pratiquement éliminée sous la menace de sévères punitions aux termes de la sharia.

Cette répression a été soulignée dans un rapport récent du Merchant International Group, spécialisé dans le conseil aux entreprises sur le commerce dans les points chauds autour du globe.

« L’emprise du pouvoir islamiste à travers les tribunaux islamiques mérite une attention particulière, » déclare l’organisation. « Plus de 40 attaques contre des bateaux avaient été signalées dans et autour des eaux somaliennes entre mars 2005 et juillet 2003, mais pas un seul acte de piraterie n’a été rapporté dans ce secteur dans les mois qui ont suivi [la prise de pouvoir des tribunaux).

La piraterie somalienne a fait la une en novembre dernier quand, à 70 miles nautiques de la côte, des embarcations chargées de bandits armés de mitrailleuses et de lance grenades avaient attaqué le Seabourn Spirit, un navire de croisière de luxe battant pavillon américain.

Les touristes à bord ont relaté comment ils avaient craint pour leurs vies jusqu’à ce que l’équipage parvienne à faire fuir les pirates en utilisant un sonic gun spécial qui émet un bruit à fort volume à en crever les tympans.

En guise de précaution, le Bureau Maritime International a conseillé aux navires de ne pas s’approcher à moins de 160 kilomètres de la côte somalienne.

La chute du nombre d’incidents de piraterie reflète le succès de l’Union des Tribunaux Islamiques à rester l’ordre et la loi sur la terre ferme. Jusqu’en été, la Somalie était largement sous le contrôle de seigneurs de la guerre rivaux. On pense que la plupart des organisations de pirates dépendaient des milices des seigneurs de la guerre.

Alors que leurs détracteurs disent que l’Union des Tribunaux Islamiques est un mouvement lié à al Qaïda qui prévoit d’introduire de strictes restrictions de la vie sociale dans le style des Talibans, dont l’interdiction des films et de la musique, de nombreux Somaliens ordinaires considèrent que c’est la seule alternative à l’anarchie.

La chute des actes de piraterie est attribuée à la menace de punir quiconque est impliqué par l’exécution ou l’amputation.

Les pirates Somaliens, al Qaïda, Bush et Obama

11 avril 2009

Je vous avais déjà parlé des actes de piraterie pratiqués au large des côtes somaliennes. L’actualité me donne l’occasion d’y revenir puisque cette piraterie fait encore la une des organes de presse en France comme ailleurs.

Un certain nombre de puissances, dont la France, se sont coalisées pour lutter contre le phénomène qui a touché 130 navires marchands en 2008.

Aux Etats-Unis, les récents événements ont cependant provoqué un débat sur la politique à suivre en la matière. Ce débat se focalise sur une organisation «extrémiste» nommée Shabab (jeunesse):

Des responsables Etatsuniens affirment que l’organisation, qui contrôle une partie de la Somalie, pose un dilemme. Ils soulignent son expansion rapide, les liens entre ses dirigeants el le réseau terroriste al Qaïda, et la présence d’Etatsuniens et d’Européens dans ses rangs. Mais ils déclarent qu’il n’y a aucune preuve que l’organisation prépare des attentats hors de Somalie.

Les mêmes responsables critiquent de manière à peine voilée l’administration Obama qui a adopté une approche plus prudente et moins agressive [que l’administration Bush] de ces questions de sécurité.

On voit bien que la piraterie est un des dossiers peau de banane dont a hérité Obama. On se souviendra, c’est quand même assez récent, que le gouvernement Bush avait encouragé l’armée éthiopienne à renverser par la force l’Union des Tribunaux Islamiques qui gouvernait une partie du territoire somalien et en contrôlait la capitale. Il était reproché justement à cette Union des Tribunaux d’avoir partie liée à al Qaïda.

Si on suit bien la logique étatsunienne, les pirates se rattachent à une organisation liée à al Qaïda ; l’Union des Tribunaux Islamiques était aussi liée à al Qaïda.

Déduction logique : les actes de piraterie auraient du culminer lorsque les Tribunaux Islamiques étaient au pouvoir.

Le problème est que c’est exactement le contraire qui s’était passé ainsi que nous le rappelle cet article tiré des archives du Sydney Morning Herald.

Au passage, rappelons que le mot « sharia » ne signifie pas loi en arabe. La sharia n’est donc d’aucune façon la «loi» islamique pas plus qu’il n’existe qu’une loi dite islamique, la pluralité étant de règle dans ce domaine.

La crainte de la loi islamique effraye les pirates

Par Colin Freeman à Mogadiscio et Justin Stares à Bruxelles
Sydney Morning Herald (Australie) 17 octobre 2006
traduit de l’anglais par Djazaïri

Le nouveau pouvoir islamique en Somalie a débarrassé le pays des pirates qui terrorisaient les navires de plaisance et les cargos au large de ses côtes.

Depuis que ce pays d’Afrique orientale a sombré dans l’anarchie il y a 15 ans, ses 4 000 kilomètres de côtes offraient un refuge pour des pirates armés qui utilisent des embarcations à grande vitesse pour s’emparer des bateaux de passage.

Mais depuis que la nouvelle Union des Tribunaux Islamiques a pris le contrôle de Mogadiscio et d’une grande partie du sud du pays, la piraterie a été pratiquement éliminée sous la menace de sévères punitions aux termes de la sharia.

Cette répression a été soulignée dans un rapport récent du Merchant International Group, spécialisé dans le conseil aux entreprises sur le commerce dans les points chauds autour du globe.

« L’emprise du pouvoir islamiste à travers les tribunaux islamiques mérite une attention particulière, » déclare l’organisation. « Plus de 40 attaques contre des bateaux avaient été signalées dans et autour des eaux somaliennes entre mars 2005 et juillet 2003, mais pas un seul acte de piraterie n’a été rapporté dans ce secteur dans les mois qui ont suivi [la prise de pouvoir des tribunaux).

La piraterie somalienne a fait la une en novembre dernier quand, à 70 miles nautiques de la côte, des embarcations chargées de bandits armés de mitrailleuses et de lance grenades avaient attaqué le Seabourn Spirit, un navire de croisière de luxe battant pavillon américain.

Les touristes à bord ont relaté comment ils avaient craint pour leurs vies jusqu’à ce que l’équipage parvienne à faire fuir les pirates en utilisant un sonic gun spécial qui émet un bruit à fort volume à en crever les tympans.

En guise de précaution, le Bureau Maritime International a conseillé aux navires de ne pas s’approcher à moins de 160 kilomètres de la côte somalienne.

La chute du nombre d’incidents de piraterie reflète le succès de l’Union des Tribunaux Islamiques à rester l’ordre et la loi sur la terre ferme. Jusqu’en été, la Somalie était largement sous le contrôle de seigneurs de la guerre rivaux. On pense que la plupart des organisations de pirates dépendaient des milices des seigneurs de la guerre.

Alors que leurs détracteurs disent que l’Union des Tribunaux Islamiques est un mouvement lié à al Qaïda qui prévoit d’introduire de strictes restrictions de la vie sociale dans le style des Talibans, dont l’interdiction des films et de la musique, de nombreux Somaliens ordinaires considèrent que c’est la seule alternative à l’anarchie.

La chute des actes de piraterie est attribuée à la menace de punir quiconque est impliqué par l’exécution ou l’amputation.


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