Archive for the ‘Torah’ Category

Rouleaux de la Torah à prix cassés!

3 janvier 2011
Je ne vais pas faire trop de commentaires ici, les faits sont assez parlants, une véritable métaphore de l’organisation de la criminalité. J’ai traduit par ‘rénover’ ce qui veut sans doute dire ‘maquiller’ comme dans le vol de voitures
Notez bien que vous avez le rabbin et les membres d’une bande arabe. A aucun moment on ne nous dit que le rabbin fait partie de la bande. Pardi, c’est lui le chef de la bande!

Le rabbin dirige un réseau de trafic de rouleaux de la Torah
Trois membres arabes d’une bande, un rabbin d’Elad arrêtés après que des policiers infiltrés révèlent qu’ils travaillaient ensemble pour voler, restaurer et revendre des rouleaux de la Torah à des prix cassés.
par Eli Senyor, Yediot Aharonot (Sionistan) 2 janvier 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri 

Coopération interreligieuse et nationalités dans le monde du crime. Au terme d’une longue enquête par infiltration, un rabbin et trois Arabes ont été arrêtés ce weekend sur présomption de vol d’une dizaine de rouleaux de la Torah.

On soupçonne le rabbin et un certain nombre d’autres personnalités religieuses d’avoir commandé auprès des membres arabes de la bande des dizaines de livres volés, certains d’une valeur s’élevant à 28 190 dollars pièce. Les quatre hommes ont été arrêtés et la police doit procéder à l’arrestation d’autres suspects impliqués dans cette affaire.

L’enquête a été conduite ces dernières semaines par des agents de police infiltrés en attendant que la bande commette une erreur de nature à la démasquer. Toute l’affaire a commencé après l’accumulation d’informations selon lesquelles des rouleaux de la Torah étaient disponibles à prix réduits sur le marché ultra-orthodoxe.

Après le lancement de l’enquête, les pistes ont amené les enquêteurs à s’intéresser à un rabbin de la ville d’Elad qu’on soupçonne d’avoir dirigé le réseau de trafic de livres sacrés. Aves les progrès de l’enquête, il est apparu clairement que le rabbin avait l’habitude de « commander » des livres à une bande de cambrioleurs Arabes qui lui donnaient les rouleaux dérobés dans les synagogues.

Le rabbin payait seulement quelques dizaines de shekels [1 shekel = 0,21 €] pour chaque rouleau et après les voir ‘rénovés’, il les vendait dans divers cercles religieux qui ne savaient qu’ils achetaient en réalité le produit de vols.

Des communications téléphoniques enregistrées par la police ont montré clairement que le rabbin savait que la bande avec laquelle il était en relation volait les rouleaux dans des synagogues mais ne semblait apparemment pas gêné par ce fait.

Alors qu’elle surveillait les membres de la bande, la police les a vus effectuer le travail préparatoire à une effraction dans une synagogue du centre de Jérusalem. Après avoir réuni suffisamment de preuves, le rabbin a été arrêté avec les trois membres de la bande. 70 rouleaux de la Torah, peut-être volés, ont aussi été saisis.

D’autre suspects, qui ont aidé à la rénovation et la vente des livres après les vols, ont été également arrêtés. Le tribunal a décidé de prolonger le maintien en détention du rabbin et des trois membres de la bande.

Hanoucca revisitée par David Shasha

2 décembre 2010

Je vous avais déjà proposé un texte de David Shasha dans lequel ce dernier s’en prenait aux doctrines cabalistiques qu’il associait d’ailleurs au sionisme. David Shasha revient à la charge en traitant maintenant de Hanoucca, la fête juive dite des lumières.

Un texte instructif et à méditer

Notes sur Hanoucca: les Macchabées et les ‘traditions inventées’ par le sionisme

par David Shasha, Mondoweiss (USA)1er décembre 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

 
1. Le fête juive de Hanoucca, un mot hébreu signifiant « consacré », est une petite fête juive sans aucune source biblique.

2. Hanoucca est une fête historique qui commémore la victoire d’une famille sacerdotale appelée les Macchabées sur les Séleucide gréco-syriens en 165 av. JC. Ces Macchabées ne cherchaient pas seulement à vaincre les occupants grecs, mais aussi à défaire leurs alliés Juifs, ceux qu’on appelait les « Juifs hellénisants. »

 3. Nos sources rabbiniques ne nous ont pas gardé d’informations historiques fiables. Mais les rabbins ont déterminé les exigences légales de la fête, la simple prescription d’allumer des bougies pendant huit nuits dans le Tractate Shabbat du Talmud babylonien. Cette discussion juridique, notre seule source juive « officielle » pour cette fête, est annexée à une discussion bien plus large sur le problème complexe de l’allumage de bougies pour le Sabbat.

4. Notre source historique pour cette fête est un apocryphe, Le Livre des macchabées 4.52 ff. qui nous parle de la reconsécration du Temple le 25 kislev, date traditionnelle pour Hanoucca.
5. Les rabbins qui ont canonisé les écrits hébraïques à Yavneh vers 100 après JC ont omis d’inclure Le Livre des Macchabées dans leur Bible. On peut spéculer de bien des manières sur cette exclusion du Livre des macchabées de la Bible massorétique.

6. Les rabbins considéraient la dynastie hasmonéenne comme usurpatrice de la fonction sacerdotale dans le Temple et dans le royaume. Les Hasmonéens étaient des prêtres issus du peuple et qui n’appartenaient pas au lignage Zadokite et ils avaient pris sur eux de diriger la rébellion contre Antiochos et les Syro-Grecs. Du point de vue rabbinique, tous les résultats positifs obtenus par la défaite des Séleucides étaient contraires à le lettre même de la loi juive concernant la succession sacerdotale telle qu’explicitée par les sources rabbiniques.

7. Nous pouvons maintenant examiner le lignage hasmonéen et son impact sur la culture juive dans le judaïsme pharisien et post-pharisien. En gros, les premiers Hasmonéens sont restés fidèles aux traditions légales juives sur le modèle rabbinique. Mais au fil des générations, les hasmonéens ont continué à accroître leurs pouvoirs et à oublier les traditions qui avaient animé la rébellion au début. Au nadir du pouvoir hasmonéen, l’usurpation du trône par l’usurpateur Iduméen Hérode; qui était en principe un membre du clan hasmonéen par son mariage dans la famille, marqua le couronnement de plusieurs décennies d’hellénisation des prêtres du Temple.

8. Il convient donc d’observer que les rabbins étaient tout sauf satisfaits des spécimens physiques de la dynastie hasmonéenne qui peuplaient l’enceinte du Temple à leur époque. Il semblerait donc logique que les rabbins aient cherché à expurger les traces historiques de la révolte des macchabées et les raisons pour la célébration de la fête de Hanoucca.

9. Mais les rabbins ne pouvaient pas supprimer une fête qui avait des racines populaires aussi bien dans les masses juives que dans l’élite sacerdotale. ILS ont alors élaboré le récit hagiographique d’une fiole d’huile qui avait été découverte dans les vestiges du temple et qui était la seule huile « pure » à utiliser pour allumer la Menora, le candélabre hébraïque: selon les rabbins, cette huile, en quantité suffisante pour un jour, avait duré les huit jours de la cérémonie de reconsécration. Il est curieux de noter que la menora du temple comportait sept branches tandis que la Menora de Hanoucca en a neuf.

10. Le récit de la fiole d’huile a été occulté à dessein des fondements historiques de la fête qui, en plus du Livre des macchabées, apparait au chapitre 7 du livre 12 des Antiquités Judaïques de Flavius Josèphe. Nos sources historiques ne nous disent rien de la fiole d’huile mais nous parlent longuement des macchabées et de leur guerre contre les Syriens.

11. Comme on le sait, les rabbins étaient divisés sur leurs propres aspirations et désirs concernant l’indépendance juive. Il y avait une faction emmenée par R. Akiba qui continuait à lutter pour l’indépendance juive tandis qu’une autre faction, emmenée par le rabbin Yohanan Ben Zakkai, voulait faire la paix avec les occupants et à développer une nouvelle expérience nationale juive basée sur l’étude et la pratique des traditions écrites et orales de la foi hébraïque. Selon ce modèle, les Juifs vivraient en paix avec les Romains en échange de la liberté religieuse et de l’autonomie communautaire.

12. La fête de Hanoucca, d’évidence une fête nationaliste, une fête qui était plus politique que spirituelle, fut mise au second plan du calendrier liturgique. Les rabbins s’intéressaient moins à l’indépendance politique qu’à la restauration de l’étude de la Torah par les Macchabées La Hanoucca rabbinique est une fête contemplative qui souligne la chaleur des liens familiaux et la liberté de culte obtenue pour les Juifs par la révolte des macchabées.

13. Avec la double émergence de nouvelles tendances à l’époque moderne, le nationalisme juif sous la forme du sionisme et l’attention accrue portée aux modèles de comportements des Gentils et à l’assimilation, la fête de Hanoucca, à la place assez mineure dans le calendrier juif comme nous l’avons dit, prend un rôle significatif nouveau.

14. Pour les sionistes, la révolution des macchabées était un modèle historique alternatif au récit standard des rabbins. Avec les macchabées; les sionistes ont trouvé un modèle historique valide sur lequel baser leur propre nationalisme judéen. Au lieu de maintenir les codes et les croyances des sages talmudistes, les sionistes ont re-constitué une « nation » juive sur des « traditions inventées » qui étaient profondément informées par le paradigme des Macchabées.

15. Dans le récit sioniste, les Macchabées hellénisants ont été scotomisés et les Macchabées nationalistes mis en valeur. L’évolution qui a conduit à Hérode puis à la destruction finale du Temple de Jérusalem en 70 après JC a été effacée, tout comme le modèle d’évolution de R. Yoahanan Ben Zakkai et l’émergence d’un nouveau judaïsme humaniste basé sur le rassemblement pendant cette période de sources de la tradition écrite et orale sous la forme des écritures massorétiques et de la Mishna, aboutissant à l’œuvre majeure du formalisme rabbinique, le Talmud de Babylone.

16. Le sionisme s’est perçu lui-même comme héritier de la révolution des Macchabées, et non des rabbins. Le quiétisme des rabbins a été éliminé au profit d’une nouvelle agressivité qui faisait peu de cas des implications culturelles et religieuses de cette réorientation de la vie juive. Le sionisme a été une tentative de restauration de la vie nationale juive au détriment des impératifs religieux élaborés dans la diaspora par les Sages Juifs.

17. Le degré croissant d’assimilation des Juifs dans la société gentille a fait de Hanoucca une fête qui vise à rivaliser avec Noël, une grande fête chrétienne qui est, avec le jour de l’an, au cœur même de la définition du christianisme. Au cours du siècle dernier, Noël a pris d’énormes proportions et a servi de moteur au consumérisme occidental.

18. Ainsi, les Juifs qui se sentaient mal à l’aise avec leur propre religion se sont tournés vers Hanoucca comme un vers une fête « jumelle » qui se tient à proximité de Noël.

19. Donc, en résumé, Hanoucca est une fête juive très mineure dont la signification a été obscurcie par la manière dont le judaïsme a utilisé le matériau historique source et par la manière dont les rabbins juifs ont cherché à imposer leur propre empreinte sur la définition de la fête. Les Juifs modernes ont reformulé cette fête et lui ont donné un nouveau sens qui n’a à la base aucun lien inhérent avec le sens historique ou avec le sens religieux (s) de la commémoration, transformant ainsi Hanoucca en une «grande» fête juive.

David Shasha est directeur du Center for Sephardic Heritage à Brooklyn, New York. Il a écrit des articles pour le Huffington Post et publie une letter électronique hebdomadaire, Sephardic Heritage Update.Pour vous abonner à la newsletter visitez: http://groups.google.com/group/Davidshasha,.

L’Indiana Jones de la Torah

7 mars 2010
Un récit de plus relatif à l’exploitation par des gens sans scrupules de ce qui touche au génocide commis par les nazis, passé du statut d’événement historique, monstrueux certes, à axiome religieux communément désigné par les termes shoah et holocauste. Deux termes qui signent à la fois la privatisation de cet événement et son rejet hors de l’histoire, dans la sphère de l’inconnaissable et de l’inexplicable par la rationalité de l’historien. L’escroquerie qui nous est présentée ici est à rapprocher de celles qui peuvent toucher ce qu’on appelle les saintes reliques. Il ne s’agit pas de quelque chose propre au judaïsme mais qui peut toucher toutes les religions, celle de l’holocauste également bien entendu.
                                       Le rabbin Menachem Youlus, Indiana Jones de la Torah 
Une escroquerie obscène?
par Menachem Z. ROSENSAFT, New York Post 6 mars 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri

Certaines escroqueries ne sont pas seulement scandaleuses mais obscènes. C’est complètement le cas avec le rabbin Menachem Youlus, ce copiste de la Torah de Washington DC qui affirme avoir « sauvé » plus de 1 000 rouleaux de la Torah perdus dans l’holocauste.

Il existe des preuves massives qu’il n’a rien fait de ce genre – et que les congrégations qui lui ont acheté de tels rouleaux ont gaspillé leur argent. Examinons les faits:

* Youlus jure avoir découvert les rouleaux de la Torah dans une fosses commune dans l’ouest de l’Ukraine, dans une « housse mortuaire [body bag] de la Gestapo ». Je peux vous certifier que la Gestapo n’utilisait pas de housses mortuaires pour ses victimes juives, et encore moins pour les Torahs. Et il ne donne aucune preuve de ce qu’il affirme.

En outre, il a en réalité fourgué les deux rouleaux de Torah trouvés dans des « fosses communes » à cinq congrégations distinctes.

* Il dit en avoir trouvé un autre sous le plancher d’un baraquement au camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne. Impossible, les soldats Britanniques ont entièrement détruit par le feu tous les baraquements de Belsen en mai 1945 pour contenir une épidémie de typhus.

* Il prétend en avoir déterré un autre dans ce qui était le cimetière d’Oswiecim, la ville polonaise adjacente au camp de la mort d’Auschwitz, qu’il a miraculeusement réuni aux quatre parchemins disparus que des Juifs d’Oswiecim avaient emporté dans le camp et avaient confié à la garde d’un prêtre d’origine juive qui resta à Oswiecim après la guerre avant de les vendre finalement à Youlus. Là encore, on ne trouve aucune trace d’une personne correspondant de près ou de loin à la description d’un tel prêtre qui aurait vécu à Oswiecim ou à ses alentours.

Au début de cette année, le Washington Post magazine a publié un article fouillé et méticuleux qui met en question la sincérité de Youlus. Depuis lors, il ne s’est pas présenté avec un seul document ou témoin à l’appui de ses affirmations.

Et il n’existe aucune preuve historique, de quelque nature, que les Nazis, qui brîlaient et profanaient régulièrement les rouleaux de la Torah, aient jamais enterré des accessoires sacrés juifs dans des fosses communes auprès des Juifs assassinés.
N’importe quelle exploitation de l’holocauste à des fins bassement commerciales est ignoble. Fabriquer de fausses histoires liées à l’holocauste pour des rouleaux de la Torah est méprisable.

Cependant, loin d’avoir été montré du doigt, Youlus continue apparemment à exercer impunément comme scribe.

Certains notables Juifs le soutiennent encore publiquement

Carol Pristoop, directeur exécutif du Pearlstone Conference and Retreat Center, a déclaré au Baltimore Jewish Times que même si les actions de Youlus « sont éventuellement une fraude… Cet homme, de bien des manières, fait une mitzvah [une bonne action]. »

Le Dr Moshe Shualy, responsable du rituel à la Chizuk Amuno Congregation de Baltimore, dit qu’il considère que Youlus « est crucifié. » Il demande: « Devrions-nous le juger parce qu’il dit des choses qui ne semblent pas tenir debout? »

Et Robert Kushner, qui a acheté un des rouleaux de la Torah de la fosse commune pour la congrégation Beth El de South Hills, Pennsylvanie, veut qu’on laisse Youlus tranquille sepuis qu’il a reçu un document sous serment dans lequel Youlus réitère simplement son récit initial sur la provenance des rouleaux. « Quoi qu’il puisse être, » a déclaré Kushner à la Pittsburgh Jewish Chronicle, « je ne peux me résoudre à croire qu’un rabbin orthodoxe prêterait serment et confirmerait un mensonge. »

Affolant.

Youlus a ramassé des milliers de dollars sous de faux prétextes auprès de gens qui lui ont fait confiance, tels des adolescents idéalistes qui lui ont donné une partie de leurs cadreaux de  bar et bat mitzvah pour son association Save a Torah [sauver une Torah].

Au lieu d’être cru sur parole, Youlus devrait faire l’objet d’une enquête soigneuse. Où a-t-il eu ses rouleaux, et par qui? Ont-ils été volés, et si oui, à qui appartiennent-ils?

Au minimum, Menachem Youlus a trahi la confiance d’individus de bonne foi qui pensaient contribuer à la sauvegarde de rouleaux de la Torah pour en fait découvrir qu’ils ont involontairement participé à faciliter une escroquerie absolument méprisable. Lui et sa fondation Save a Torah doivent maintenant être mis devant leurs responsabilités, devant la loi et moralement.

Menachem Z. Rosensaft est professeur associé de droit à la faculté de droit de Cornell et vice président de l’American Gathering of Jewish Holocaust Survivors and Their Descendants.

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