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Craintes sionistes et dilemme égyptien des Etats Unis

29 janvier 2011
Alors que le peuple égyptien appelle son président à imiter M. Ben Ali et à quitter le pouvoir, sinon le pays, le gouvernement des Etats Unis, plongé dans un sérieux dilemme, appelle le chef de l’Etat égyptien à la réforme. Sans se rendre compte que la seule réforme qui vaille, c’est celle du président Moubarak lui-même avec son système.
On notera au passage que seuls les naïfs penseront que les troubles en Egypte sont consécutifs à ceux de Tunisie car nous sommes en réalité devant une nouvelle phase d’une contestation qui est tout sauf nouvelle.
Les Etats Unis vont peut-être se décider à lâcher le chef de l’Etat égyptien dans l’espoir de préserver son système et surtout leurs intérêts. Pour l’instant, ils sont pris à leur propre piège d’incantation démocratique et font mine d’encourager la démocratisation de l’Egypte quand bien même celle-ci signifierait un repositionnement de ce pays sur la scène régionale, repositionnement qui se fera nécessairement au détriment de l’entité sioniste avec laquelle Washington entretient un lien « unbreakable ».
Outre un coup d’état militaire (l’armée égyptienne es la première bénéficiaire de l’aide allouée par les USA à l’Egypte), il reste une seule carte en réalité entre les mains des Etats Unis au cas où le régime du Caire ne parviendrait pas à surmonter l’épreuve de force avec son peuple. Cette carte, c’est Mohamed El Baradei, l’ancien chef de l’AIEA, une figure d’opposition modérée que les autorités viennent d’assigner à résidence. Le problème, c’est que plus les Américains attendent avant de signifier à Moubarak qu’il a fait son temps, moins la carte El Baradei aura de valeur car son poids politique auprès de l’opinion publique égyptienne est certainement inversement proportionnel à sa notoriété à l’étranger.
Les choses sont donc compliquées pour les Etats Unis et l’entité sioniste dont les appels au respect de la démocratie sont nettement moins appuyés que ceux qu’ils adressaient il n’y a guère longtemps aux autorités iraniennes sommées de respecter le verdict des urnes, sommation accompagnée de vifs encouragements à la « twitter » révolution (peu importe d’ailleurs si twitter est loin d’être le réseau social le plus utilisé en Iran!).
Les sionistes sont très clairs sur les motifs de leurs réserves devant le mouvement populaire égyptien. On peut ainsi lire sur le blog politique Salon (via Angry Arab):

« J’ai questionné Eisner sur le soutien précédent de The Israel Project à une manifestation « Pour la liberté en Iran » organisée en septembre 2009 au lendemain des manifestations du mouvement Vert, qui mettait l’accent sur les nobles idéaux des droits de l’homme et de la démocratie. Pourquoi l’organisation ne soutient-elle pas les mêmes idéaux en Egypte? « Il y a une très grande différence entre les gouvernements d’Egypte et d’Iran. Le gouvernement égyptien a un traité de paix avec Israël et l’a respecté, » déclare Eisner qui observe également l’hostilité de l’Iran à l’égard d’Israël. Il déclare qu’à sa connaissance, The Israel Project ne prévoit aucune action de soutien aux manifestations égyptiennes, indiquant qu’elles seront certainement considérées comme une affaire interne au peuple égyptien. ». 

Tu tweetes ou tu tweetes pas?

13 octobre 2010

La contestation du scrutin qui avait conduit à la réélection du président Iranien Mahmoud Ahmadinejad promettait d’être une révolution colorée de plus mais, surtout, la une des premières révolutions par le tweet, une tweet révolution!

Peu importait d’ailleurs si le taux d’équipement informatique personnelle en Iran est sans doute sensiblement inférieur à celui qu’on peut observer dans des pays comme la France, les Etats Unis ou la Belgique.

 Concernant l’Iran, personne, sauf peut-être L’Express, ne s’était d’ailleurs posé la question de savoir qui utilise vraiment Tweeter. L’intérêt de cette question déborde d’ailleurs le cas de l’Iran.

La société Sysomos a non seulement posé cette question mais tenté d’y répondre. Et les conclusions de son enquête sont édifiantes:

Qui s’intéresse vraiment à Twitter ?

Phénomène de société encensé par la presse, Twitter s’est imposé en quelques mois comme le gadget communicatif incontournable. Pourtant, il semble que l’intérêt des foules pour les «informations » qui peuvent y circuler ne soit pas à la hauteur de la réputation du site de microblogging. Ainsi, la société Sysomos vient d’achever une étude portant sur plus d’1.2 milliards de tweets afin de décrypter la manière dont les utilisateurs consomment Twitter. Et les résultats sont pour le moins surprenants.

Sur l’ensemble des tweets examinés, 71 % n’entraînent aucune réaction, qu’il s’agisse d’une simple réponse ou d’une reprise ailleurs (un « retweet »). Concernant les 29 % de messages qui entraînent une réaction, 23 % sont des réponses directes et seulement 6 % des retweets. Pour aller encore plus loin, l’étude précise que 92.4 % de ces retweets s’effectuent dans l’heure qui suit la parution du message original, contre uniquement 1.63 % pour l’heure suivante. Si l’on s’attarde sur les 23 % de réponses directes, 96.9 % d’entre elles sont publiées durant la première heure. Enfin, pour ce qui est des tweets qui ont généré une réponse, 85 % n’en ont obtenu qu’une seule !

Evidemment, cette étude ne vise pas à démontrer l’inutilité de Twitter qui reste un vecteur d’information très apprécié et utilisé par les internautes. Cependant, il apparaît évident que Twitter délivre une information instantanée qui, au-delà de la première heure de publication, est déjà obsolète. Parce que le monde peut changer en 24 secondes


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