Sur la Syrie, l’opinion publique américaine préfère Vladimir Poutine à Hillary Clinton et Barack Obama

3 novembre 2016

On a ici un sondeur déçu par le résultat d’une enquête réalisée par son institut. En effet, alors même que le souhait profond de cet universitaire est que l’opinion publique américaine mette dans un même sac le président syrien Bachar al-Assad et Daesh, il se trouve la dite opinion publique, même exposée aux arguments classiques de l’impérialisme, préfèrent placer en tête de ses priorités la défaite de Daesh.

Et pire encore, cette opinion publique américaine aimerait que son gouvernement se rapproche de celui de la Russie pour une lutte plus efficace.

Le sondage est fait par un institut universitaire, ce qui a sans doute empêché l’auteur de ce papier d’en manipuler les résultats.

Les Américains détestent plus l’Etat Islamique que Poutine ou Assad. Voici comment sont structurées leurs préférences politiques

par Shibley Telhami, The Washington Post (USA) 1er novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Même si l’élection présidentielle aux Etats Unis n’a guère porté sur de réelles questions politiques, le conflit en Syrie et la lutte contre l’Etat Islamique ont figuré parmi les problèmes politiques sensibles souvent débattus pendant l’année écoulée par Donald Trump et Hillary Clinton. Si tous deux ont souligné la menace que représente l’Etat Islamique, ils ont divergé sur la manière concrète de lui faire face.

Une nouvelle enquête d’opinion sur les questions sensibles [critical issues] de l’Université du Maryland – conduite par Nielsen Scarborough auprès d’un échantillon représentatif au niveau national de 1528 électeurs inscrits avec une marge d’erreur de 2,5 % – apporte un éclairage nouveau sur la façon dont l’opinion publique américaine se positionne sur ces questions. Il s’avère que les Américains souhaitent mettre de côté les divergences avec la Russie pour unir les efforts contre l’Etat Islamique (ISIS dans l’enquête). Ce qui ne signifie pas que les Américains ont confiance en la Russie ou qu’ils aiment son président, Vladimir Poutine. En fait, les Américains n’aiment pas Poutine: les Démocrates l’identifient dans une réponse à une question ouverte comme étant la personne la plus détestée parmi les responsables politiques qu’ils soient américains ou étrangers tandis que les Républicains le considèrent comme la quatrième personnalité la plus détestée, tout près de Kim Jong Un mais loin derrière leurs cibles intérieures que sont le Président Obama et Mme Clinton.

Nommez SVP un dirigeant national ou étranger que vous détestez (répondants démocrates en bleu, républicains en rouge)

En dépit de l’expression de cette animosité à l’égard de Poutine, l’opinion américaine est encline à mettre de côté les différences avec la Russie pour affronter l’Etat Islamique, malgré même le fait que Moscou travaille aussi avec les opposants aux Etats Unis que sont le régime syrien du président Bachar al-Assad, le Hezbollah et l’Iran. Et alors que les Américains continuent à exprimer des réserves quant à une extension de l’engagement militaire US en Syrie, l’électorat de Trump exprime des vues beaucoup plus bellicistes non seulement par rapport à l’électorat de Clinton mais aussi par rapport aux déclarations de Trump.

Commençons par les attitudes à l’égard des relations avec la Russie sur la Syrie. Les Américains, quelles que soient leurs tendances partisanes sont d’accord sur une question : le degré auquel ils voudraient voir une plus grande coopération russo-américaine. Pour deux tiers des personnes interrogées, le niveau actuel de coopération est plus faible que celui qu’elles souhaiteraient, c’est le cas de 72 % des républicains et de 65 % des démocrates.

Dans l’ensemble, comment décririez vous le niveau actuel de la coopération russo-américaine dans le conflit syrien (les barres tout en bas correspondent à ceux qui la jugent insuffisante)

Après avoir rappelé aux personnes interrogées le fait que les Etats Unis et la Russie soutiennent des camps opposés dans le conflit syrien même si les deux pays veulent vaincre l’Etat islamique, nous avons demandé aux personnes quelle était la meilleure façon de vaincre l’Etat Islamique. Quelque 60 % – dont 2/3 des républicains et une majorité des Démocrates – ont indiqué préférer que soient mises de côté les divergences avec la Russie pour se concentrer sur la lutte contre l’Etat Islamique.

Quelle est selon vous la meilleure façon pour l’Amérique de combattre Daesh?

A l’évidence, un des facteurs qui sous-tend ces attitudes est le fait que l’opinion a identifié depuis des mois, dès novembre 2014,l’Etat Islamique comme étant la principale menace pour les intérêts américains. En fait, dans la présente enquête, la lutte contre l’Etat Islamique supplante même l’immigration et le déficit commercial comme priorité pour l’opinion américaine. Quand on leur a demandé de choisir leurs plus grandes priorités parmi un certain nombre de problèmes qui comprenaient la montée en puissance de la Chine et l’affirmation russe, la lutte contre l’Etat Islamique est arrivée en tête avec 53 % des répondants l’identifiant comme une de leurs deux plus grandes priorités.

Parmi les problèmes suivants, lesquels devraient être les plus grandes priorités des Etats Unis?

Cet accent mis par l’opinion publique sur la menace de l’Etat Islamique prime sur toutes les autres préoccupations, même celles qui portent sur l’assurance [retrouvée] de la Russie. Il devance aussi les inquiétudes du public relativement à Assad. Il est bien sûr possible que le public américain, distrait par sa campagne présidentielle, n’ait pas accordé suffisamment d’attention aux informations sur les bombardements de la Russie et di gouvernement syrien qui ont tué beaucoup de civils et détruit des hôpitaux. Il est aussi peu probable qu’une grande partie du public ait été informé des arguments selon lesquels Assad avait un intérêt à l’ascension de l’Etat Islamique afin de détourner les énergies locales et internationales qui se seraient, sinon, concentrées sut son éviction. Mais la crise syrienne dure depuis plusieurs années et les informations des médias américains se sont concentrées sur les atrocités et les réfugiés bien avant le début de la campagne électorale. Beaucoup d’Américains ont une aversion profonde pour Assad (il est classé sixième sur la liste des personnalités les plus détestées) et veulent voir un changement de régime en Syrie. Dans une question qui portait spécifiquement sur ce sur quoi ils aimeraient que les Etats Unis se concentrent en Syrie, 35 % des répondants disent qu’ils considèrent comme une priorité la défaite et la fin du régime Assad. Cependant 52 % considèrent que vaincre l’Etat Islamique est la première priorité contre seulement 2 % pour qui l’éviction d’Assad est la principale priorité.

Quel devrait être le premier objectif de l’engagement militaire américain en Syrie? (1 % des républicains et 3 % des Démocrates pensent que l’éviction d’Assad devrait être le premier objectif).

La préférence pour une coopération avec la Russie peut être aussi vue comme un choix entre deux mauvaises alternatives. Deux tiers des répondants craignent de donner un soutien militaire significatif aux rebelles syriens qui peuvent avoir dans leurs rangs des éléments islamistes autres que ceux de l’Etat Islamique ou d’al Qaïda. Même avoir présenté aux répondants une série d’arguments classiques pour ou contre l’envoi d’une importante force militaire terrestre américaine pour aider à vaincre l’Etat Islamique, 63 % des Américains restent opposés à une telle mesure.

Etes-vous favorable au déploiement d’importantes forces terrestres américaines en Syrie et en Irak pour combattre Daesh?

S’il existe un dossier solide pour soutenir que lutter contre Assad ou contrer la politique étrangère russe  devrait être au moins aussi important que combattre l’Etat Islamique – ou que la menace de l’Etat Islamique est peut-être exagérée compte tenu des autres priorités des Etats Unis dans le monde – cette enquête montre que les Américains ne l’ont pas entendu. Pour l’instant, confronter l’Etat Islamique l’emporte sur tout le reste, y compris l’hostilité à l’égard de Poutine et Assad.

Shibley Telhami est professeur titulaire de la chaire Sadate et directeur de Critical Issues Poll à l’université du Maryland Critical Issues Poll. Il est professeur associé à la Brookings Institution.

Femmes de pouvoir mais invisibles et innommables pour le judaïsme ultra-orthodoxe

1 novembre 2016

Un article qui vaut petit rappel sur l’attitude extrême du judaïsme ultra-orthodoxe à l’égard de l’image de la femme qui ne peut même pas être représentée dans un journal. Et on ne parle pas ici de femmes en bikini…

D’ailleurs, souvent, elles ne peuvent pas même être nommées!

Les contorsions de la presse ultra-orthodoxe juive dans ses informations sur Hillary Clinton

Dans les principales publications ultra-orthodoxes, les femmes n’existent tout simplement pas

Par Lourdes Baeza, El Pais (Espagne) 1er novembre 2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Informer sur les élections aux Etats Unis sans montrer une seule image de la candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, ne semble pas être une tâche facile mais les publications ultra-orthodoxes israéliennes parviennent à le faire. De fait, elles suivent pratiquement au jour le jour la campagne présidentielle américaine depuis des mois non seulement sans publier une seule photo d’elle mais aussi sans mentionner son nom. On pourrait dire que si elle dépendait de ses propres sources d’informations, la majorité des Juifs les plus extrémistes pourraient croiser Hillary Clinton dans la rue sans la reconnaître.

Le code moral strict qui régit les principales publications haredies -ultra-orthodoxes- exigent qu’il en soit ainsi. Montrer des images de femme va à l’encontre de l’orthodoxie juive et viole le principe de pudeur en vigueur dans une grande partie de cette communauté ultra-religieuse qui représente déjà environ 11 % des 8,5 millions d’habitants qui peuplent Israël selon les derniers chiffres officiels. La solution consiste à parler d’elle en illustrant les informations avec des photographies de son concurrent, de la Maison Blanche ou même de son mari, Bill Clinton.

Aux Etats Unis, où sont également édités plusieurs journaux ultra-orthodoxes, cette catégorie de journaux peut surprendre à l’occasion et oser publier des images d’Hillary Clinton comme celle qu’a publiée en août dernier le magazine haredi Yated Ne’man, dont le siège se trouve à New York. Sur la photo, on voit seulement un bras de la candidate nord-américaine et son visage est opportunément dissimulé par le pupitre depuis lequel elle prononce un discours de campagne en Floride. Astuces ou audace – selon les points de vue – qui ne sont pas de mise en Israël.

Image de Clinton lors d'un rassemblement en Août qui a publié un environnement Haredi.

Portrait osé de Hillary Clinton dans la magazine newyorkais Yated Ne’man

Hamodia, le quotidien doyen de la presse israélienne ultra-orthodoxe n’a même pas publié d’images de Golda Meir, la première femme à devenir chef du gouvernement et qui fut premier ministre de l’Etat hébreu de 1969 à 1974. Pour Hamodia, il n’y a pas d’exceptions. Ni à l’époque, ni maintenant. L’an dernier, quand fut connue la photo officielle des membres du cabinet actuel de Netanyahou, Hamodia avait choisi de ne l’inclure dans aucune de ses éditions parce qu’y figuraient trois femmes ministres : celle des sports et de la culture, Miri Regev; celle de la justice, Ayelet Shakef et celle des affaires sociales, Gila Gamliel.

Hamodia s’était limité à publier la liste des ministres en omettant les noms des femmes membres du cabinet et ne se référant à elles que par la dénomination de leur portefeuille. Dans le même cas, d’autres publications haredies israéliennes connues comme Behadrei Haredimm – dont la rédaction se trouve à Bnei Brak, une des villes israéliennes peuplées en majorité d’ultra-orthodoxes – avaient préféré se servir de Photoshop pour effacer les visages des femmes ministres. « Nous ne montrons pas des photos de femmes par respect pour nos lecteurs et pour la tradition. Peu importe qui elles sont. Même si Mme Clinton est élue président, sa photo n’apparaîtra jamais dans notre magazine, » assure Meni Schwartz, rédacteur en chef de Behadrei Haredim.

Une pratique également habituelle chez Ha Meyaser, la troisième des principales publications ultra-orthodoxes du pays et qui a été fondée par un député de la Knesset – le parlement d’Israël – membre du parti religieux Union de la Torah. Ha Meyaser s’était fait connaître internationalement parce qu’en janvier 2015, dans la photo de la marche solidaire qui avait vu nombre de dirigeants politiques mondiaux défiler dans les rues de Paris pour protester contre les attentats contre l’hebdomadaire français Charlie-Hebdo, la rédaction avait carrément refabriqué une photo pour ses lecteurs en éliminant de la photo originale toutes les femmes qui y étaient présentes. Parmi elles, la chancelière allemande Angela Merkel et la maire de Paris Anne Hidalgo.

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Anne Hidalgo,à l’extrême gauche de la photo, Angela Merkel et Federica Mogherini (chef de la diplomatie de l’UE) entre Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie ont été effacées de la photo publiée dans le journal ultra-orthodoxe

Il existe des publications ultra-orthodoxes comme Kikar Hashabbat qu mettent des photos de femmes sous réserve qu’elles respectent certaines normes de pudeur au niveau de l’habillement. Mais ce sont des exceptions et elles sont moins populaires chez les ultra-orthodoxes que Hamodia, Behadrei Haredim ou Ha Meyaser. « Je ne pense pas que le fait que Hillary Clinton soit élue à la présidence des Etats Unis y change quoi que ce soit. »

« Ils ont empêché pendant des années les femmes de faire partie de leurs listes de candidats à la Knesset. Dans certains domaines, nous pouvons changer les choses mais pas dans celui des moyens de communication, » reconnaît le rabbin Uri Regev qui dirige l’organisation Hiddush de promotion du pluralisme religieux.

La Turquie, bazar à fournitures pour Daesh

29 octobre 2016

Je vous livre l’article tel quel: il parle d’un rapport de l’UE qui ne révèle que la pointe de l’iceberg du trafic qui permet aux ennemis de la Syrie d’équiper les factions terroristes, « l’Etat Islamique » (Daesh) en particulier.

Le bazar turc de l’Etat Islamique

Les djihadistes se procurent les plus de 700 composants pour la fabrication de leurs explosifs auprès d’une dizaine d’entreprises situées en Turquie

Par E. Urreiztieta/A. Escriva, El Mundo (Espagne le 29 octobre 2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Un rapport de l’Union Européenne sur la guerre en Syrie montre la Turquie comme un grand trou noir – ou encore « goulot de bouteille » – lorsqu’il est question du contrôle de la fourniture des produits avec lesquels l’Etat islamique (EI ou Daesh) fabrique les IED (Engins explosifs improvisés ou bombes artisanales) utilisés en Syrie et en Irak. Même si les composants sont fabriqués dans d’autres pays, c’est par la Turquie que transite la plus grande partie des détonateurs ou des substances chimiques répertoriés dans le rapport et qui finissent entre les mains des islamistes (700 composants retrouvés dans des localités comme Kobané ou Mossoul). Les autorités turques n’ont cependant pas répondu aux questions posées par un organisme indépendant dont l’objectif était de retracer l’itinéraire des éléments avec lesquels les djihadistes assemblent leurs engins explosifs.

«Les autorités turques ont refusé de répondre aux demandes répétées d’informations et ont ainsi laissé les enquêteurs dans l’incapacité de documenter le circuit emprunté par plusieurs marques de cordeau détonant qui avaient transité par Ankara puis atteint Kobané en Syrie,  » lit-on dans le document que El Mundo a pu consulter. Et ce n’était pas un cas unique. Des entreprises iraniennes, libanaises, indiennes, japonaises, turques également ou encore autrichiennes ont ignoré les requêtes de l’Union Européenne pour qu’elles transmettent des données relatives à des matériels qu’elles ont fabriqué ou vendu et qui ont terminé, après être passés par les installations d’un ou plusieurs intermédiaires dans les stocks de l’EI. Ces réponses négatives ont rendu encore plus difficile le travail déjà compliqué de suivre les étapes de certains produits qui, ou bien ne nécessitant pas de permis pour la vente ou l’exportation, ou bien peuvent être employés pour un usage civil comme dans les mines ou l’industrie, ou encore qui, même s’ils nécessitent un certain type d’autorisation ne sont pas soumis à la même surveillance que les armes.

Les données restent néanmoins significatives : l’examen de 700 composants utilisés par l’EI dans la fabrication de ses IED a permis d’identifier 51 entreprises de 20 pays impliquées dans la vente , la production ou la réception de « matériel critique » qui est le terme appliqué pour qualifier certaines substances chimiques comme la pâte d’ aluminium, le nitrate d’ammonium ou l’ urée, le cordeau détonant, les détonateurs, les câbles, les roquettes, des sprays de vaseline [la vaseline entre dans la fabrication de certains explosifs, NdT], des téléphones mobiles ou des composants électroniques qui servent à l’ activation à distance.

Selon les chercheurs, « il n’y a aucune preuve suggérant un transfert direct entre les pays et les sociétés mentionnées dans l’enquête » vers l’EI. « Dans tous les cas identifiés, les producteurs ont cédé les composants légalement à des sociétés légales de négoce et de distribution. Ces sociétés, à leur tour, ont vendu à de plus petites entreprises commerciales qui apparaissent comme le maillon faible pour les personnes ou organisations soutenant ou associées à l’Etat islamique,  » lit-on dans le rapport.

Il s’ensuit que, pour les rédacteurs du rapport, la loi ne suffit pas. En fait, à ce stade, il y a un élément sur lequel ils attirent une attention toute particulière et qui leur permet de délivrer un certain nombre d’avertissements et de reproches importants. « Peut-être le résultat le plus important de ce rapport,  » disent-ils, « il a à voir avec la rapidité avec laquelle les forces de l’ EI peuvent acheter des composants pour leurs IDE . Ils peuvent le faire en un mois, ce qui en dit long sur l’insuffisance du contrôle par les gouvernements et les entreprises concernées « 

 «La seule exigence d’une licence ne suffit pas à empêcher l’acquisition de matériels tel que des détonateurs ou le cordeau détonant par l’EI », dénoncent-ils. Et ils soulignent : «Et on a trop peu conscience de l’utilisation potentielle qu’un terroriste peut faire de certains matériels accessibles aux civils. »

L’enquête a débuté en Juillet 2014 et a duré plus de 20 mois, jusqu’en Février 2016. Paradoxalement, les données recueillies n’ont pas empêché que, quelques semaines plus tard, le 18 Mars de cette année, les gouvernements européens ont convenu de laisser à la Turquie le la gestion de la destination des réfugiés fuyant la guerre en Syrie.

Selon les enquêteurs, après la prise de Mossoul en Juin 2014, l’EI a fabriqué et déployé « à une échelle quasi-industrielle des engins explosifs improvisés dans les territoires dont il s’était emparé..

La fonction de ces engins était de rendre plus risquée toute action offensive que ses ennemis voudraient entreprendre d’augmenter le risque d’une attaque de fonctionnement de leurs ennemis souhaitent à entreprendre et retarder le retour des populations déplacées. Les combats dans les villes irakiennes d’Al Rabia, Kirkouk, Mossoul, Tikrit et dans la ville syrienne de Ayn al-Arab ont permis de localiser l’emplacement des conteneurs et la collecte du matériel qui a été à la base de l’enquête et qui a été apporté par, entre autres institutions, la police fédérale irakienne,  le Conseil de sécurité de la province du Kurdistan et les Unités de Protection de Syrie [milice à dominante kurde].

Fûts de substances chimiques dans un dépôt de Daesh

Le résultat détaillé est révélateur : quand on parle d’activateurs chimiques, apparaissent sept sociétés turques, quatre irakiennes, et une pour chacun des pays suivants : Brésil, Roumanie, Chine, Russie, Belgique, Pays – Bas et Emirats Arabes Unis. Quant aux entreprises qui ont produit ou vendu du cordon détonant, deux sont turques, une libanaise et quatre Indiennes. Les détonateurs ont leur origine en Inde, en Autriche et en République tchèque, et les câbles dans quatre entreprises turques

Cependant, malgré les différentes nationalités mentionnés, le plus gros problème se trouve en Turquie, qui est considéré comme le «goulot d’étranglement» ou la zone grise de cette situation

« Sur les 13 sociétés turques identifiés, huit sont des intermédiaires qui ont redistribué des composants qui ont été fabriqués au Brésil, en Chine, en Inde, aux Pays-Bas, en Roumanie et dans la Fédération de Russie, » précise le rapport.

Dans le cas de l’Inde, « sept entreprises de ce pays ont fabriqué la plupart des détonateurs, des cordeaux détonants et des mèches. La réglementation indienne exige une licence pour ce genre de matériel. Tous les composants avec leurs papiers en règle ont été légalement exportés de l’Inde vers le Liban ou la Turquie, » peut-on lire. Ainsi, « les preuves suggèrent que les forces de l’EI se procurent les composants en Turquie et les transfèrent ensuite vers la Syrie et l’Irak. »

Un exemple tiré du rapport pourrait décrire ce qui se passe exactement quand les composants précités entrent en territoire turc. Les chercheurs ont détaillé le cheminement du contenu de certains dépôts découverts pendant la deuxième bataille de Tikrit, entre Mars et Avril 2015, et où la pâte d’aluminium avait été mélangée avec du nitrate d’ammonium pour la fabrication d’explosifs . Les étiquettes indiquaient que ces produits avaient été fabriqués par les firmes Aldoro au Brésil, Alba Aluminium en Roumanie et Sunrise en Chine.

Ces trois sociétés avaient vendu à trois sociétés turques sises à Istanbul. L’un des importateurs, Gultas Kimya, a répondu à l’UE qu’il vend seulement en Turquie, pas en Syrie ou en Irak, des marchés vers lesquels, comme l’ont reconnu certaines entreprises, le gouvernement turc a interdit l’exportation – ; qu’il n’a autorisé aucun de ses clients à réexporter la pâte d’aluminium qu’il avait importée; qu’il ne contrôle pas la revente par ses clients et qu’il ne connaît pas de loi qui l’obligerait à interdire à ses clients de revendre à des tiers .

La deuxième société importatrice a déclaré avoir vendu le produit à l’ Azerbaïdjan et la troisième, Metkim, a reconnu être incapable de déterminer à quel client elle avait vendu le matériel. De toute évidence, les auteurs du rapport ne pouvaient pas déterminer la «chaîne de traçabilité» de la pâte d’aluminium, tout comme ils ne pouvaient pas trouver – et dans le cas suivant, la Turquie n’était pas le pays de passage, comment a pu arriver dans un dépôt de l’EI à Kobané une grande quantité de cordeau détonant fabriqué en Inde , mais qui avait été d’abord dans les stocks du gouvernement syrien.

En ce qui concerne les composants électroniques que l’EI utilise généralement pour commander ses engins à distance, le chemin est différent. Par exemple, pour activer les bombes en Irak, les terroriste de l’auto-proclamé Etat islamique utilisent un modèle Nokia 105 type RM-908. Les mobiles  utilisés à cette fin  qui ont pu être saisis avaient été fabriquées en Suisse, au Japon et aux États-Unis, mais huit de ces dix appareils avaient été achetés par l’EI aux Emirats Arabes Unis et deux dans la ville d’Erbil, dans le Kurdistan irakien. Le rapport conclut en définitive à des failles juridiques et dans le contrôle, mais aussi, et ce n’est pas volontaire, l’extrême difficulté de restreindre l’utilisation de certains produits quand ils sont utilisés et fabriqués dans des dizaines de pays.

L’Amérique devenue folle en couverture du magazine L’OBS

27 octobre 2016

Le magazine L’Obs (ex Nouvel Observateur) fait la couverture de son numéro du 27 octobre sur les élections aux Etats Unis.

Le gros titre que nous pouvons lire en gros caractères de couleur rouge (rouge sang?) pose la question de savoir pourquoi l’Amérique est devenue folle. Un titre qui vient légender un portrait d’un Donald Trump  qui occupe toute la couverture, grimaçant et pointant un doigt qu’on peut à bon droit interpréter comme menaçant.

Les caractères plus petits en blanc nous rappellent quand même que Donald Trump n’est pas le seul candidat au prochain scrutin présidentiel puisque sous le nom du milliardaire candidat nous pouvons lire celui de sa concurrente, Hillary Clinton.

La différence de traitement réservé aux deux candidats manifeste dans le choix de la photo d’un des candidats et pas des deux se retrouve dans le sous-titrage en caractères blancs et plus petits sous le titre en rouge: Donald Trump est résumé par un aspect de son comportement, celui d’être bonimenteur tandis que pour Mme Clinton on nous parle du regard que portent sur elle les électeurs.

Un bonimenteur nous dit le Larousse est  une « Personne qui tient des propos habiles et trompeurs ».

« Bonimenteur » contre « mal aimée », on aura compris vers qui penche, avec des réserves ou pas, le coeur de la rédaction de L’Obs.

Pourtant, pour illustrer un peu mieux cette Amérique devenue folle, L’Obs aurait pourtant pu choisir aussi une photo de Mme Clinton. Par exemple celle ci-dessous qui montre une Hillary Clinton qui exulte à la nouvelle de la mort de Mouammar Kadhafi assassiné dans les conditions que l’on sait suite à l’agression de la Libye par l’OTAN, c’est-à-dire les Etats Unis.

Hillary Clinton  exulte en apprenant la nouvelle de la mort du Colonel Kadhafi

Cette photo est extraite de la vidéo d’un entretien avec la chaîne de télévision CBS:

Ce qu’il y a de positif chez Donald Trump par rapport à Hillary Clinton c’est que, à la différence de cette dernière, il n’a pas de morts sur la conscience et qu’il semble nettement moins belliqueux, affichant notamment une volonté de dialogue avec la Russie.

Et puis L’Obs aurait pu compléter sa une en sous titrant après le « bonimenteur » Trump, la « mal aimée » Clinton, l’oubliée Jill Stein. la candidate écologiste est en effet la grande oubliée des médias américains, mais aussi français et de L’Obs en particulier.

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Le Dr Jill Stein candidate du Green Party

On peut lire ici une interview acccordée par Jill Stein à Slate.

Outre Jill Stein, le Figaro nous apprend l’existence de deux autres candidats: le libertarien Gary Johnson et le républicain Evan McMullin.

 

Le régime sioniste et l’indépendance de la Catalogne

23 octobre 2016

Je vous propose un long article du journal espagnol en ligne El Confidencial qui est un organe de presse politiquement situé au centre droit.

Cet article où on sent bien l’attachement à l’unité de l’Espagne mise à mal par divers séparatismes dont le plus puissant s’exprime en Catalogne, nous parle de l’importance particulière qu’accordent certains secteurs indépendantistes catalans à la relation avec l’entité sioniste.

Cette dernière serait en effet appelée, dans l’éventualité d’une accession de la Catalogne à l’indépendance complète, à participer au financement de l’économie du nouvel Etat dans la phase délicate qui suivra la coupure du lien avec Madrid.

Cette attente à l’égard de l’entité sioniste se fonde évidemment sur un raisonnement digne de l’antisémitisme de base qui associe Juifs, ici l’Etat juif et argent.  Et qui tient pour un fait la grande influence de cet Etat juif auprès de Washington par l’intermédiaire du fameux lobby dont personne nulle part, antisémite ou pas, ne nie réellement l’existence, la classe politique française faisant exception.

Il est touchant de voir le gouvernement espagnol, dont le soutien à l’entité sioniste s’est rarement démenti en particulier quand la droite est aux affaires, manœuvrer de manière pitoyable pour essayer de contrer le rapprochement Tel Aviv – Barcelone au lieu de taper du poing sur la table comme il devrait le faire devant un processus qui contribue à saper son autorité et renforce le séparatisme.

Mais rien ne saurait surprendre de la part de ceux que le régime sioniste et ses lobbies ont acheté et qui ont eux-mêmes introduit le ver dans le fruit qu’ils prétendent défendre en appelant paradoxalement à l’aide celui qui précisément participe quand il n’est pas à l’origine de la destruction du fruit. Ce fait évident en Espagne l’est aussi en France avec ces polticards qui font appel à des soi-disant experts de la sécurité basés à Tel Aviv qui se retrouvent aux premières loges pour mener tranquillement leurs agissements terroristes.

On remarquera toutefois que la volonté de rapprochement avec l’entité sioniste caractérise surtout la droite nationaliste tandis que d’autres tendances la considèrent d’un oeil défavorable voire même franchement hostile.

Carles Puigdemont mise sur Israël et Margallo bloque la nomination du consul honoraire en Catalogne

Puigdemont a invité secrètement à dîner l’ambassadeur d’Israël et un secteur dynamique de la communauté juive de Barcelone se mobilise en faveur de l’indépendance.

Par Ignacio Cembrero, El Confidencial (Espagne) 10 octobre 2016 traduit de l’espagnol par Djazaïri

José Antonio Sanchez Molina, un avocat barcelonais, éloigné du nationalisme catalan, et connu pour ses liens avec le judaïsme a été désigné au début de cette année consul honoraire à Barcelone par l’ambassade d’Israël en Espagne. Neuf mois après cette désignation, il attend toujours l’approbation du ministre des affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo pour ouvrir le consulat et accomplir sa nouvelle mission.

Un porte-parole de l’ambassade d’Israël a confirmé la « demande d’ouverture d’un consulat honoraire » avec Sanchez Molina à sa tête et le ministère des affaires étrangères a assuré que, malgré le retard pour l’accréditation, « il n’y avait aucun problème. » Le résultat favorable « est sur le point d’être communiqué » à Israël, ont affirmé des sources autorisées au ministère des affaires étrangères.

L’Eta hébreu disposait déjà d’un consulat honoraire à Barcelone, approuvé par un ordre signé par le roi Juan Carlos le 8 juin 1994 et inauguré en grande pompe par Jordi Pujol, alors président de la Généralité. Il avait été dirigé par le Juif de Mellila David Melul Benarroch jusqu’à sa démission en 1997 pour raisons personnelles. A l’époque, Israël n’avait eu à attendre que quelques semaines pour son ouverture. A ce jour, il dispose de deux consulats honoraires en Andalousie et en Estrémadure.

« L’épisode consulaire n’est qu’un point de friction de plus entre une Généralité aux mains des nationalistes qui aspirent à se concilier des sympathies et plus tard la reconnaissance d’une hypothétique république catalane, et les affaires étrangères qui tentent, avec un certain succès, de neutraliser les initiatives des indépendantistes, » observent des sources diplomatiques espagnoles.

Les nationalistes espèrent que l’Etat d’Israël leur accordera des crédits quand ils auront perdu le soutien de la Banque Centrale Européenne.

De tous les scénarios dans lesquels se déroule ce bras de fer, le plus houleux est peut-être la relation israélo-catalane. A en croire les déclarations de l’ancien parti Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), rebaptisé depuis juillet dernier Parti Démocrate Catalan (PDC), Israël est la principale puissance de laquelle est attendu qu’elle donne un coup de main si arrive la période incertaine de transition vers l’indépendance. Ils espèrent que d’autres pays, comme les républiques baltes, les traitent avec bienveillance mais elles n’ont pas le même poids.

Said Alami, journaliste palestinien qui réside à Madrid, se souvient que lors d’un point de presse à la veille des Jeux Olympiques de 1992, Jordi Pujol avait déclaré se sentir « sioniste ». Près d’un quart de siècle plus tard, en mai de cette année, Artur Mas, son successeur à la tête de Convergence, affirmait la même position. « Comme en Israël, il y a aussi en Catalogne un peuple déterminé à être libre, » a-t-il dit lors de sa réception du prix de l’Association Catalane des Amis d’Israël (ACAI) et de la Communauté Israélite de Barcelone à l’occasion de Yom Ha’atzmaut (fête de l’indépendance d’Israël).

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Artur Mas à Yad Vashem

Trois amis du nationalisme

Le 23 septembre, à l’université de Barcelone, Mas fit l’ouverture de la conférence de Victor Terradellas, président de la fondation CATMon qui a pour objet de promouvoir la reconnaissance internationale de la Catalogne. Terradellas donna une conférence sur les « alliés naturels » de la Catalogne nationaliste. Il cita en premier lieu Israël, en second lieu les Etats Unis où cinq membres du Congrès de droite se sont prononcés pour l’indépendance de la Catalogne, et enfin l’Allemagne.

Les municipalités indépendantistes catalanes ne participent plus à la Red de Juderias [une association qui s’intéresse à la préservation et à la valorisation du patrimoine séfarade dans les villes et les villages où exista une communauté juive avant l’expulsion des Juifs] mais pas Barcelone.

« On espère séduire les Etats Unis avec l’aide d’Israël et de son ‘lobby’ juif », explique un ancien collaborateur de CATMon qui demande à rester anonyme. « Quant à l’Allemagne, les gens de Convergence ont à l’esprit l’idée de la répétition du rôle qu’avait joué le Chancelier Helmut Kohl, » ajoute-t-il. En décembre 1991, le Démocrate-Chrétien Helmut Kohl avait poussé l’Union Européenne à reconnaître l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie, début du démembrement de la Yougoslavie et de la guerre dans les Balkans.

L’Etat hébreu figure en bonne place dans bon nombre de documents élaborés par les nationalistes pour préparer la transition [vers l’indépendance]. Entrer en relation avec les services de renseignements d’Israël pour connaître leur organisation et leurs services de sécurité » est un des objectifs des futurs services secrets de Catalogne, l’Agence Nationale de Sécurité, comme l’a révélé El Confidencial et comme l’a dénoncé le mouvement Ciudadanos au Parlement.

Le ministre des affaires étrangères a bloqué l’ouverture d’un consulat honoraire à Barcelone. Margallo a demandé à l’ambassadeur [de l’entité sioniste, NdT] de ne pas cligner de l’œil en direction des nationalistes catalans.

Dans une autre information, révélée par El Confidencial en 2015, on signale que les membres de la future force aérienne catalane devraient se former en Israël qui est le pays « qui assure la meilleure formation possible. » La Généralité a signé il y a longtemps un accord de coopération scientifique avec l’Agence Industrielle Israélienne pour la Recherche et le Développement (Matimop).

Israël remplacerait la BCE?

Les nationalistes espèrent aussi obtenir une aide d’Israël pour qu’une Catalogne nouvellement indépendante ne soit pas asphyxiée. Le juge Santiago Vida, sanctionné par le Consejo General del Poder Judicial [équivalent du conseil supérieur de la magistrature] pour avoir collaboré à la rédaction d’une constitution catalane a reconnu par exemple dans un entretien accordé au « Periodic Delta »: Nous ne pourrons pas aller vers la Banque Centrale Européenne pour financer la dette parce que nous ne serons pas encore membres de l’Union Européenne. » La solution « est qu’un autre Etat solvable, et nous parlons d’Israël et de l’Allemagne, nous fournissent des financements pendant un certain temps, » ajoutait-il. Dans les cercles nationalistes on spécule, sans véritable fondement, sur un crédit-relais israélien d’environ vingt milliards d’euros.

Israël n’est pas resté tout à fait insensible, du moins dans un premier temps, au champ de sirènes qui émanait du palais de la Généralité et de Convergencia. Une hypothétique république catalane serait un de ses plus fidèles alliés en Europe. Mas l’a prouvé pendant le voyage qui l’amena en Israël en novembre 2013 quand il était encore ‘président.’ Il visita Jérusalem Est une ville occupée aux yeux de la communauté internationale, où les dirigeants étrangers ont pour règle de ne pas aller. En outre, il n’avait entretenu aucun contact avec des représentants palestiniens.

« De façon consciente ou inconsciente, Mas a contribué à légitimer l’occupation, » avait alors déploré Xavier Abu Eid, porte-parole de l’Autorité Palestinienne. Huit mois après cette visite, Convergencia obtint, avec le soutien du Parti Populaire, que le Parlement repousse une motion qui appelait à la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien. « J’aimerais bien que les Palestiniens jouissent des mêmes droits que les Espagnols qui vivent en catalogne ou au Pays basque, » avait alors déclaré à ce journaliste [l’auteur de l’article, NdT] Musa Amer Odeh, ambassadeur de Palestine à Madrid.

Un ambassadeur au Parlement

Alon Bar, qui était alors ambassadeur d’Israël en Espagne, proclama sa neutralité dans le conflit entre gouvernement et nationalistes catalans, ce qui déplut au ministère des affaires étrangères. « Je préfère ne pas m’exprimer sur le débat sur l’indépendance, » avait-il déclaré avec prudence en 2013 à une chaîne de journaux. « Je sais qu’il y a beaucoup de Catalans qui pensent qu’Israël est un modèle, » avait-il ajouté. L’ambassadeur avait accepté de comparaître en deux occasions, en mai 2012 et en juin 2013, devant la commission de l’Action Extérieure du Parlement de Catalogne comme s’il s’agissait du parlement d’un Etat [indépendant].

Une frange dynamique de la communauté juive de Catalogne a joué un rôle important dans ce rapprochement du nationalisme avec Israël. Dans l’Assemblée Nationale Catalane, une organisation civile qui promeut l’indépendance, il y a une section juive mais pas de section musulmane alors que le poids démographique de cette communauté en Catalogne représente 50 fois celui de la communauté juive. L’Association Catalane des Amis d’Israël participe aussi aux manifestations nationalistes, à commencer par la Diada [fête nationale catalane]. Son président, Toni Florido, répète fréquemment : « Je sais qu’Israël ne sera pas hostile à ce que décidera le peuple de Catalogne. »

Cette visite en Israël sonna comme un premier avertissement pour le gouvernement espagnol sur les intentions de Convergence. Il se mobilisa donc pour en limiter la portée : pour empêcher que le premier ministre Benjamin Netanyahou reçoive Mas, Garcia-Margallo appela Alon Bar [l’ambassadeur sioniste à Madrid], l’ex-président [chef du gouvernement] José maria Aznar contacta personnellement Netanyahou – avec qui il entretient des liens étroits – et il y eut même à l’époque une intervention du directeur des services de renseignements, le Général Félix Sanz Roldan; auprès de son homologue du Mossad (services secrets israéliens), selon certaines sources diplomatiques et proches de l’ancien chef du gouvernement espagnol. On fit même appel au magnat juif américain Sheldon Adelson, qui alors projetait la création d’un Eurovegas à Madrid, pour qu’il intercède auprès de Netanyahou avec qui il est lié par une grande amitié.

Netanyahou avait accepté au dernier moment, mais pas le Président de l’époque, Shimon Peres, qui était resté sur ses positions. Devant ses interlocuteurs espagnols, il expliqua qu’il avait reçu d’autres présidents de régions autonomes et qu’il n’y avait aucune raison de fermer la porte à Mas. Il évita par contre la présence d’emblèmes officiels dans le lieu où il fut photographié avec son hôte. « Israël est clairement un compagnon de voyage choisi par la Catalogne, » avait dit Mas à Peres, un chef d’Etat doté de peu de pouvoirs.

Daniel Kutner, né à Buenos Aires en 1955, a succédé à Alon Bar en qualité d’ambassadeur israélien en Espagne en août 2015. Avant de présenter ses lettres de créances au Roi, il avait été reçu au début de l’automne par Garcia-Margallo. La Catalogne avait monopolisé leur conversation. Le ministre avait souligné la « déloyauté » à l’Etat des nationalistes et il lui avait demandé de ne pas faire comme son prédécesseur qui avait donné des signaux d’encouragement [aux nationalistes] .

Au cas où les choses n’auraient pas été claires, Kutner reçut plusieurs appels téléphoniques quand, à la veille de la campagne électorale de décembre 2015, il avait effectué son premier déplacement à Barcelone. Les membres du gouvernement espagnol lui avaient fait part de leur préoccupation. Ils craignaient que les dirigeants nationalistes avec lesquels l’ambassadeur avait prévu de s’entretenir puissent profiter de sa présence pour essayer de démontrer, juste avant les élections, la sympathie d’Israël pour leur cause. En fin de compte, Kutner annula tous ses rendez-vous avec les responsables politiques catalans, y compris avec les non nationalistes, et il ne rencontra que la déléguée du gouvernement, maria de Llanos de Luna Tobarra. Il avait alors également écarté l’idée de proposer une quelconque personnalité au profil nationaliste à la fonction de consul honoraire – les noms de Lluis Bassat, Carlos Villarrubi ou David Madi furent évoqués – et il opta pour l’avocat Sanchez Molina.

Dîner secret avec Puigdemont

Pendant les 14 mois que dura sa mission en Espagne, Kutner ne commit qu’une ‘infidélité’ à l’égard de Garcia-Margallo. Il accepta, à la mi-avril dernière, l’invitation du ‘président’ Carles Puigdemont pour un dîner secret – « en privé », selon des sources à la Généralité – en son siège sur la place Sant Jaume. En raison de son caractère privé, les sources officielles de la Généralité ont refusé de s’exprimer sur ce qui a été abordé pendant ce ‘souper.’

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Palais de la Généralité à Barcelone

Ce dîner discret – la venue de Kutner ne figurait pas dans l’agenda des visiteurs du Palais de la Généralité – est révélateur des dissensions que suscitent dans le nationalisme les efforts pour resserrer les liens avec Israël. L’ambassadeur israélien était venu en compagnie de son adjoint, le conseiller Yinan Cohen, mais ce n’était pas Raul Romeva, le ‘conseiller’ pour les affaires extérieures qui était assis à côté de Puigdemont. La place était occupée par son numéro deux, Aleix Villaforo i Oliver, de Esquerra Republicana de Catalunya, secrétaire général du département qui chapeaute Romeva.

Romeva a refusé d’expliquer à notre journal les raisons de son absence, mais un de ses anciens collaborateurs nous a expliqué que l’ex-eurodéputé de Iniciativa per Catalunya, qui s’était montré très critique au Parlement Européen contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie et le blocus de gaza, avait refusé de s’asseoir en face d’un représentant d’Israël. Trois mois plus tôt, son amie, la religieuse et militante nationaliste Teresa Forcades avait été expulsée d’Israël juste après avoir atterri à l’aéroport de Tel Aviv. Un porte-parole de Romeva a cependant souligné à notre journal que la relation entre la Généralité et l’Etat hébreu est « très cordiale. »

Les autorités israéliennes sont préoccupées par l’animosité de la gauche catalane, qu’elle soit ou pas nationaliste. Le quotidien ‘Maariv’ de Tel Aviv a publié en février dernier des câbles envoyés par les ambassades israéliennes sur le mouvement citoyen Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui veut qu’Israël soit sanctionné pour l’occupation. « Le phénomène (…) en Espagne est gênant et inquiétant, mais pour le moment il reste circonscrit à de petites villes, » dont beaucoup sont catalanes, signalait un câble diplomatique. « Quand il atteindra Barcelone et qu’il diffusera parmi les élus, l’affaire atteindra un niveau très différent, » avertissait-il.

Kutner a mis entre parenthèses le rapprochement entre Israël et le nationalisme catalan mais ce dernier continue sa déconnexion d’avec le reste de l’Espagne, également dans le domaine du tourisme culturel. Quatre municipalités catalanes à majorité indépendantiste, Gérone, Tortosa, Besalu et Castello d’Empuries ont annoncé en juillet dernier leur sortie de la Red de Juderias (réseau des quartiers juifs) de España, dont le siège se trouvait dans la capitale de la province de Gérone. Elles ont essayé d’entraîner Barcelone, la seule municipalité catalane qui reste membre de cette association mais la mairesse Ada Colau a refusé.

Le plaidoyer sioniste en chanson de Bob Dylan

16 octobre 2016

Bob Dylan vient de recevoir le prix Nobel de littérature. Il a dû en être le premier surpris parce que même s’il a un répertoire dans l’ensemble intéressant, j’ai personnellement du mal à le considérer comme à l’origine d’une œuvre littéraire dont la qualité justifierait une telle reconnaissance.

On peut par exemple trouver dans son œuvre une chanson dont le but est de plaider la cause de l’entité sioniste si injustement critiquée par certains suite à l’invasion du Liban en 1982. Je vous laisse apprécier le texte de cette chanson qui n’est qu’une resucée pompeuse de l’argumentaire sioniste de base.

Exhumation d’une chanson pro-israélienne oubliée de Bob Dylan

Ecrite après la guerre du Liban en 1982, la chanson de Dylan Neighborhood Bully » (la terreur du quartier) assimile Israël a un ‘homme en exil’ qui est injustement qualifié de terreur parce qu’il repousse les attaques incessantes dont il est l’objet.

Par Gabe Friedman, Haaretz (entité sioniste) 24.05.2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

JTA (Jewish Telegraphic Agency).” « J’étais tellement plus vieux alors, je suis plus jeune maintenant, » chantait Bob Dylan en 1964 dans « My back pages. »

Vieillissement à l’envers ou pas, le légendaire chanteur folk juif aura 75 ans ce mardi.

Si la juidéité de Dylan a été examinée et réexaminée des années durant, on a accordé assez peu d’attention à sa chanson de 1983 « Neighborhood Bully » – une rare déclaration franche et massive de soutien à Israël par un rocker américain connu.

Les paroles (reproduites intégralement ci-dessous) assimilent Israël à un « homme en exil » qui est injustement qualifié de brute parce qu’il repousse les attaques incessantes de ses voisins.

Dylan avait enregistré la chanson dans son second album studio « Infidels » après sa brève expérience de Chrétien born-again [un Juif revenu au christianisme! NdT] à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

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Pochette de l’album « Infidels » produit par Mark Knopfler (Dire Straits)

Certaines des paroles auraient pu être reprises de discours du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui présente souvent Israël comme assiégé.

Rarement interprétée par Dylan sur scène, cette chanson fait intégralement partie du répertoire de la propagande sioniste qui ne l’a pas du tout oubliée.

Vous trouverez ci-après le texte original de Dylan et une traduction en vis-à-vis. J’ai repris la traduction du site Debriefing.org après y avoir apporté quelques modifications. La traduction n’est pas parfaire, tant s’en faut, mais le texte original n’est pas bon non plus.

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Quand les sionistes essayèrent de tuer le président des Etats Unis

13 octobre 2016

C’est presque chaque jour qu’on en apprend un peu plus sur les agissements des sionistes dont l’Etat voyou est le « combat de sa vie » pour Nicolas Sarkozy et dont François Hollande est follement amouraché.

On savait que ces bandes criminelles avaient tué, outre de nombreux anonymes, Lord Moyne,  le représentant de la reine d’Angleterre au Caire en pleine guerre contre le nazisme, qu’ils avaient assassiné en 1947 le Comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois chargé d’une mission de paix en Palestine, qu’ils avaient tenté une attaque aérienne sur Londres au départ de Paris …

On apprend maintenant qu’ils avaient aussi essayé en 1947 de tuer Harry Truman qui était rien moins que le président des Etats Unis.

Ce qui n’empêche pas les responsables politiques de multiplier les déclarations sur les liens « unbreakable » et « unshakable » entre l’entité sioniste et les Etats Unis.

Peut-être par peur de se faire liquider ?

 L’auteur de l’article, Richard Silverstein, est un Juif très critique du sionisme mais pas nécessairement antisioniste ainsi qu’on le comprend en faisant attention à son vocabulaire. Il est par contre très bien informé sur le sionisme, son histoire, son actualité et son unité en dépit de ses apparentes tendances divergentes.

Les Israéliens du Groupe Stern avaient envoyé une lettre piégée au Président Truman à la Maison Blanche

par Richard Silverstein | Tikun Olam (USA) 11 octobre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

J’ai interviewé un militant à Kansas City, Jeremy Rothe-Kushel en prévision d’un article sur son arrestation à la demande de la fédération juive locale pendant un discours de Dennis Ross. Jeremy est un chercheur enthousiaste et j’aime parler avec des gens comme lui parce qu’inévitablement j’apprends des choses sur l’histoire du sionisme que je ne savais pas. Comme ce qui suit…

En 1947, le Yishouv [la population sioniste avant la création de l’Etat juif] était dans la tourmente. David Ben Gourion poursuivait son plan de proclamation d’un Etat juif. Il était en compétition avec des extrémistes juifs qui avaient leurs propres plans pour libérer la Palestine du joug de l’Empire Britannique. Si Ben Gourion les considérait comme des rivaux dangereux, il savait aussi qu’ils étaient le méchant flic sui faisait pendant à son bon flic. Leur existence même et les ravages qu’ils provoquaient dans l’appareil colonial britannique donnaient à Ben Gourion l’allure d’un modéré par comparaison. A ce titre, ils étaient extrêmement utiles. Le fait que Ben Gourion pardonna beaucoup de ces terroristes pour les crimes qu’ils perpétrèrent après la création de l’Etat d’Israël et n’en poursuivit aucun en justice est le signe qu’ il était en collusion directe avec eux ou bien qu’ils servaient si bien ses buts qu’il se sentit obligé de leur accorder le pardon.

Au moment même où tout cela se passait, l’ONU essayait d’appliquer son propre plan de partition de la région entre des enclaves juives et arabes. Les extrémistes juifs de l’Irgoun et tout particulièrement de l’organisation dissidente, le Lehi (ou Groupe Stern), trouvaient Ben Gourion par trop accommodant. Ils avaient la conviction qu’il n’y avait pas grand-chose à gagner à négocier avec la puissance coloniale. Ils cherchaient au contraire à mettre les Britanniques à genoux et les forcer ainsi à abandonner le Mandat et libérer la Palestine.

Le Lehi en particulier s’était lancé, tout comme l’OLP dans les années 1970, dans des actions terroristes spectaculaires. La spécialité du Lehi était l’assassinat. Leur attaque la plus choquante fut l’assassinat au Caire de Lord Moyne. Ils assassinèrent aussi le Comte Folke von Bernadotte, le membre de la famille royale de Suède qui avait sauvé des Juifs pendant l’holocauste et avait été désigné par l’ONU pour faire avancer les négociations entre les protagonistes pour qu’ils acceptent la partition. Il y eut aussi des échecs retentissants comme les séries de lettres piégées envoyées aux domiciles et aux bureaux de ministres, anciens ou en fonction, des affaires étrangères britanniques, et à d’autres hauts responsables britanniques. Plusieurs d’entre elles explosèrent blessant des employés des services postaux ou des fonctionnaires du gouvernement. Aucune, fort heureusement, ne blessa une des cibles visées.

Nous savons, comme un fait historique, que les terroristes juifs visèrent les Britanniques. Mais on sait rarement qu’ils avaient aussi élargi leurs objectifs pour inclure des officiels américains. Margaret Truman et le chef du service du courrier de la maison Blanche ont écrit chacun un livre (celui de Mme Truman est une biographie de son père, et celui du chef du service du courrier est un livre de souvenirs sur ses dizaines d’années au service de plusieurs présidents). Tous deux ont noté qu’en 1947, une série de lettres piégées avait été découverte et que les services secrets les avaient faites exploser avant qu’elles parviennent à leur victime désignée.

Pendant l’été 1947, ce qu’on appelait le Groupe Stern de terroristes en Palestine avait essayé d’assassiner papa avec du courrier. Un certain nombre d’enveloppes couleur crème d’environ 20 cm sur 15 arrivèrent à la maison Blanche, adressées au Président et à plusieurs de ses collaborateurs. A l’intérieur de chacune d’entre elles, se trouvait une enveloppe plus petite avec l’inscription « Personnel et confidentiel ». A l’intérieur de cette seconde enveloppe se trouvait de la gélignite [plastic] en poudre, une pile crayon et un détonateur qui devait faire exploser la gélignite à l’ouverture de l’enveloppe. Heureusement, la salle du courrier à la Maison Blanche était alertée sur la possibilité qu’arrivent des lettres de ce genre. Au mois de juin, au moins huit d’entre elles avaient été adressées à des membres du gouvernement britannique, dont le ministre des affaires étrangères Ernest Bevin et l’ancien ministre des affaires étrangères Anthony Eden. La police britannique en avait fait exploser une de manière contrôlée et avait conclu qu’elle pouvait ruer, au à tout le moins mutiler quiconque aurait eu la malchance de l’ouvrir. Le service du courrier avait remis les lettres aux services secrets et elles furent désamorcées par leurs experts en explosifs.

Le président Truman et sa fille Margaret

Après la publication du livre de Mme Truman, Nathan Yelin-Mor, le dernier chef du Lehi, dénonça Truman et son récit. Il qualifiait de mensongères ses assertions et la mit au défi de le poursuivre en justice. Yelin-Mor était soit un imbécile, soit un avocat finaud. Parce qu’il n’est pas possible à un auteur de vous poursuivre si vous affirmez qu’une histoire relatée dans son livre est inexacte. Sur quelles bases ? Vous exprimez votre opinion, une liberté garantie par la loi. A contrario, Yelin-Mor aurait pu poursuivre en justice Margaret Truman pour diffamation et essayer de prouver que son histoire était fausse et qu’elle savait qu’elle était fausse. C’est ce qu’on appelle diffamation. Mais bien sûr, Yelin-Mor savait qu’il aurait perdu cette bataille. Il n’alla donc pas en justice.

Le chef du Lehi soutenait que son organisation n’avait aucune raison d’attaquer les Etats Unis parce qu’Israël avait besoin d’autant d’alliés que possible dans sa lutte pour devenir un Etat indépendant. Cette affirmation était hypocrite parce que Truman n’a jamais été un chaud partisan de l’Etat d’Israël. En réalité, il avait fait de nombreuses déclarations qui témoignaient de son profond scepticisme devant la thèse selon laquelle le nouvel Etat permettrait d’aboutir à une quelconque résolution pacifique du conflit. S’il est vrai qu’il finit par acquiescer et permit à ses représentants de voter en faveur de la résolution onusienne de partition et que les Etats Unis reconnurent le nouvel Etat, le Lehi n’avait aucune possibilité de le savoir en 1947.

Si le Lehi avait sombré dans le néant après 1948, alors rien de tout ça n’aurait plus eu d’importance particulière. Mais Yitzhak Shamir, le chef du Lehi, et Menahem Begin, le chef de l’Irgoun, devinrent premiers ministres. Leurs successeurs ont assumé les rênes du pouvoir et dirigé Israël pendant une bonne partie de ces quarante dernières années. Israël est devenu un Etat qui incarne la vision de ces anciens terroristes israéliens.
L’assassinat a fini par devenir la signature des méthodes d’Israël pour débarrasser la Terre de ses ennemis politiques parmi les Arabes. A ce jour, le Mossad et le Shabak [sécurité intérieure] pratiquent le meurtre comme politique d’Etat (lisez mon article sur Mint Press qui relate l’assassinat d’Omar Zayed par Yossi Cohen du Mossad).

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Omar Zayed assassiné en 2016 en Bulgarie par les terroristes sionistes

En outre, les héritiers d’extrême droite du Lehi et de l’Irgoun rejettent aussi le pragmatisme de la vieille gauche travailliste qui voulait faire avancer son projet de façon graduelle. Si le Parti Travailliste était une main de fer dans un gant de velours, le Likoud est la main de fer sans gant d’aucune sorte prête à frapper durement pour la suprématie juive, le nettoyage ethnique et le maximalisme dans tous les domaines. Bibi Netanyahou, c’est Avraham Stern en costume.

Ce que Begin a accompli à une relativement petite échelle à Deir Yacine, Ben Gourion l’a fait à grande échelle avec la Nakba. Les guerres israéliennes de conquête qui suivirent en 1956 et 1967 et l’aventurisme militaire d’Israël à Gaza et au Liban depuis le tournant du siècle sont dans la même veine que la vision terroriste des débuts avec Israël comme Etat garnison qui domine la région et impose sa volonté à quiconque ose être en désaccord.

L’histoire, c’est pas du cinéma

11 octobre 2016

C’est bizarre, un article du Daily Mail qui cite sans arrêt The Guardian. Bref, passons, je creuserai ça peut-être une autre fois.

L’intérêt de l’article que je vous propose est de montrer que dans la région où il est né, Oskar Schindler, le héros du fameux film de Steven Spielberg, « La liste de Schindler » ne fait pas l’unanimité.

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Il est vrai que si Schindler est né en Tchécoslovaquie, c’était un Allemand des Sudètes, une province annexée par l’Allemagne en 1938 en application des accords de Munich.

Alors on ne s’étonnera pas si Oskar Schindler a laissé dans sa région natale, d’où les Allemands sont partis après la capitulation de l’Allemagne un souvenir, disons, mitigé. On garde en en effet de lui l’image d’un buveur invétéré, d’un accro aux jeux d’argent et d’un coureur de jupons.

Bon, on peut trouver ça pas bien mais le fond de l’affaire n’est-il pas quand même l’action humanitaire de Schindler qui sauva quand même plus d’un millier de Juifs, ses employés, d’un sort funeste ?

 Certes. Mais même ce point très important ne fait pas l’unanimité et laisse sceptiques un certain nombre de personnes qui ne sont pas emballées du tout à l’idée de rendre hommage à la mémoire de l’industriel.

Le combat pour sauver l’usine de la liste de Schindler où l’industriel avait protégé des Nazis 1 200 Juifs est menacé parce que les Tchèques se souviennent de lui comme d’un escroc coureur de jupons.

Le projet pour préserver le site de Brněnec, en République Tchèque, n’est pas populaire chez les gens du coin.

Ils se souviennent d’Oskar Schindler pour ses beuveries, son goût pour le jeu et les femmes

Il avait donné refuge dans son usine à des Juifs qui devaient aller dans la chambre à gaz.

Un écrivain de la région a créé un fonds mémoriel pour empêcher la disparition du site.

Par Gareth Davies, The Daily Mail (UK) 11 octobre 2016 traduit de l’anglais par Dkazaïri

L’usine de la liste de Schindler où l’industriel Oskar Schindler avait protégé 1 200 Juifs des Nazis est menacée parce que les Tchèques se souviennent de lui comme d’un escroc coureur de jupons.

Un écrivain local tente désespérément de rassembler l’argent nécessaire pour restaurer l’ancienne usine textile aujourd’hui en état de délabrement.

As the site stands dilapidated, it is a far cry from the place Schindler transported his Jewish workers to from his factories in Krakow, Poland in late 1944

L’ancienne usine Schindler à Brnenec

Jaroslav Novak est aussi le président de la fondation de la Shoah et de l’Oskar Schindler Memorial Endowment Memorial Foundation qui veut la transformer en musée.

Mais le projet rencontre une vive opposition parce que beaucoup d’habitants du petit village de Brněnec en République Tchèque considèrent Schindler – immortalisé dans le film de Spielberg de 1993 – comme un escroc synonyme de jeu d’argent, coureur de jupons et gros buveur.

Pas découragé, M. Novak, 49 ans, cherche à obtenir des financements auprès de l’Union Européenne ainsi que d’organisations juives internationales pour lancer le projet avant que le site disparaisse.

C’est le seul camp de concentration nazi en République Tchèque dont le bâti d’origine a subsisté, » dit-il.

« On ne peut pas permettre qu’il disparaisse et avec lui toute l’histoire de Schindler.

‘Je combats pour ça depuis 20 ans. Mais ça n’intéresse tout simplement pas les gens.’

Un gros obstacle est le coût – avec un coût de conversion estimé à 5,7 millions d’euros.

Et même si M. Novak, qui est originaire de la ville voisine de Svitavy où Shindler est né, est sur le point de persuader le ministère tchèque de la culture de classer l’usine, le principal obstacle auquel il est confronté est celui d’obtenir l’adhésion de certains habitants de la région.

Schindler est mort en 1974 et est honoré avec son épouse Emilie au Musée de l’Holocauste de Yad Vashem.

Schindler next to the tree planted in his honor in the Avenue of the Righteous

Oskkar Schindler devant l’arbre planté en son honneur dans l’allée des Justes à Yad Vashem

Mais les habitants de la région parlent encore de lui comme d’un ‘gauner’, un terme allemand qui signifie escroc à cause de qu’ils appellent son goût pour l’alcool et les femmes et ses dettes de jeu.

L’opposition est si forte dans la région, l’actuel propriétaire refuse de permettre que la maison natale de Schindler soit ornée d’une plaque et un mémorial dans un parc de l’autre côté de la rue a été vandalisé avec un swastika quelques jours après son inauguration en 1994.

Jitka Gruntova, une ancienne députée communiste, a écrit un livre extrêmement critique sur Schindler qu’elle qualifie de’ traître’ et de ‘criminel de guerre’.

Elle soutient aussi que sa réputation est basée sur une ‘légende fabriquée’ et ajoute : ‘Je n’ai trouvé aucune preuve que Schindler a sauvé des prisonniers.

‘Je suis arrivée à la conclusion qu’il s’était simplement sauvé lui-même – principalement en écrivant après-guerre un synopsis de ses prétendues activités.

‘Je ne nie pas que certains témoignages plaident en sa faveur mais ils sont, puis-je dire, faits par des personnes qui appartenaient à son cercle rapproché,’ selon The Guardian.

Elle n’est pas non plus la seule à critiquer l’industriel.

Dans le petit musée de sa ville natale, où le souvenir de Schindler est marqué par une petite exposition qui occupe une seule pièce, l’historien résident Radoslav Fikejz impute l’opposition au communisme dans la Tchécoslovaquie du lendemain de la guerre.

‘C’est un très gros problème parce que nous avons encore 40 ans de communisme dans nos mentalités,’ a-t-il déclaré à The guardian.

« le problème est aussi que Schindler était un Allemand des Sudètes et les gens ont peur d’une question qui est – que se passera-t-il quand les Allemands reviendront?

‘Mais c’est irréaliste.

‘Oui, Schindler était un Nazi, un criminel de guerre et un espion

‘Mais j’ai rencontré 150 Juifs qui étaient sur sa liste et se trouvaient au camp de Brněnec et ils disent que ce qui importe, c’est qu’ils sont en vie.’

Le site dans son état de délabrement est bien loin de ce qu’il était à l’époque où Schindler y amenait les ouvriers juifs de ses usines à Cracovie en Pologne, fin 1944.

Ils étaient transférés au motif illusoire que c’étaient des techniciens hautement qualifiés qui allaient fabriquer des obus pour l’effort de guerre allemand.

Mais en fait, la migration organisée par Schindler avait pour but de les empêcher d’être massacrés dans l’holocauste.

Après une longue bataille juridique, la fondation du mémorial est maintenant détentrice du site qui produisait des marchandises pour Skoda et Ikea avant de fermer en 2009.

Tomas Kraus, directeur de la fédération des communautés juives en République Tchèque appuie l’initiative de M. Novak pour créer un musée.

‘C’est une histoire très complexe,’ a-t-il dit à The Guardian.

‘Schindler avait été un malfaisant avant de devenir un sauveur et un héros. Mais il n’était pas le seul dans ce cas.

‘Il y en a eu beaucoup d’autres comme lui – il était seulement le plus célèbre.’

Sur les crimes de guerre russes à Alep

9 octobre 2016

Le blogueur américain Moon of Alabama est sans doute un des observateurs les plus perspicaces de la situation en Syrie et de l’escalade à laquelle on assiste dans ce pays entre la Russie et les Etats Unis, la diplomatie française ne dédaignant pas le rôle d’idiot utile de l’Oncle Sam.

Ici, Moon of Alabama analyse la dernière évolution sur le plan diplomatique avec les accusations de crimes de guerre portées par le Secrétaire d’Etat américain John Kerry à l’encontre de l’armée russe en Syrie.

Et le blogueur fait parfaitement le lien entre la situation intérieure aux Etats Unis et ce moment politique dont un point culminant aura été le veto opposé par la Russie à un projet de résolution déposé par la France à l’ONU.

Une administration Obama désespérée recourt au mensonge et peut-être plus.

Moon of Alabama (USA) 8 octobre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le 28 septembre, la mission diplomatique française à l’ONU a affirmé que deux hôpitaux d’Alep-est avaient été bombardés. Elle documentait l’événement avec la photo de bâtiments détruits à Gaza. Les Français ont par la suite effacé ce tweet.

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Ce n’est pas la première fois que de telles affirmations mensongères et manipulations sont faites par des officiels occidentaux. Mais habituellement ils évitent les mensonges purs et simples.

Pas le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis John Kerry. Dans un point de presse hier, avant les discussions sur une nouvelle résolution de l’ONU avec le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, il a déclaré (à 1″ dans la vidéo) au sujet de la Syrie :

La nuit dernière, le régime a attaqué encore un autre hôpital, 20 personnes ont péri et 100 ont été blessées. Et la Russie et le régime doivent au monde plus qu’une explication sur la raison pour laquelle ils continuent à frapper des hôpitaux, des structures de soins et des femmes et des enfants. Ce sont des actes qui exigent une enquête appropriée pour crimes de guerre. Et ceux qui les commettent devront et doivent être tenus pour responsables de ces actions.

Aucune organisation de l’opposition n’a soutenu qu’un événement d’une telle gravité s’était produit. Aucune. Aucune agence de presse n’en a trace. L’officine de désinformation du MI-6, l’OSDH [Observatoire Syrien des Droits de l’Homme] en Grande Bretagne, qui recense avec une certaine fiabilité toutes les pertes annoncées et est souvent cité par les « médias occidentaux » n’a rien dit concernant un événement de ce genre en quelque lieu en Syrie.

Le grave incident affirmé par Kerry ne s’est pas produit. Kerry l’a inventé. (Etait-il prévu qu’il se produise et Kerry a-t-il omis la note de service ?). Kerry s’est servi de ce mensonge pour appeler à une enquête et des sanctions pour crime de guerre. Il l’a fait devant des caméras, pendant un événement officiel avec un hôte étranger dans le contexte d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU.

C’est grave. C’est presque aussi grave que les affirmations mensongères de Colin Powell sur les armes de destruction massive en Irak devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Les premiers reportages, comme celui-ci sur CBSNEWS répètent les assertions de Kerry:

Kerry a déclaré que les forces syriennes ont touché un hôpital la nuit dernière, tuant 20 personnes et en blessant 100, décrivant ainsi ce qui serait la plus récente frappe par Moscou ou son allié de Damas sur une cible civile.

Mais l’article du New York Times qui traite de l’événement, s’il parle bien de la demande par Kerry d’une enquête pour crime de guerre, ne mentionne pas ses affirmations sur le bombardement de l’hôpital. Il n’en dit rien. Pour l’auto-proclamé « journal de référence », le mensonge de Kerry n’a jamais existé. Même chose au Washington Post dont l’article ne mentionne pas l’affirmation mensongère de Kerry.

La dernière dépêche de l’AP rédigée par Matthew Lee omet aussi le mensonge. C’est bizarre parce que Matt Lee en est à l’évidence conscient. Le point de presse quotidien du Département d’Etat a un long passage sur cet aspect. La vidéo (à 3″ »30′) montre que c’est Matt qui pose ces questions:

QUESTION:  Okay. Sur la Syrie et les propos du Secrétaire d’Etat dans la matinée : Savez-vous de quel bombardement il parlait dans ses propos sur un hôpital bombardé dans la nuit à Alep?

MR KIRBY: I think the Secretary’s referring actually to a strike that we saw happen yesterday on a field hospital in the Rif Dimashq Governorate. I’m not exactly positive that that’s what he was referring to, but I think he was referring to actually one that was –

Je crois que le Secrétaire d’Etat faisait en réalité allusion à une frappe dont nous avons appris qu’elle s’est produite hier sur un hôpital de campagne dans le gouvernorat de Damas Rif. Je ne suis pas tout à fait certain que c’est à cela qu’il faisait allusion, mais je pense qu’il faisait allusion à un bombardement qui…

QUESTION: pas un bombardement sur Alep?

MR KIRBY:  Je crois que c’était – je pense que c’était – je crois qu’il – je suppose qu’il – je suppose qu’il s’est un peu trompé sur la localisation en faisant allusion à…-

QUESTION:  mais vous n’avez pas de certitude cependant?

MR KIRBY: Non. Pour ce que j’en sais d’après mes informations, c’est qu’il faisait plus probablement allusion à un bombardement hier dans le gouvernorat mais c’était peut-être une erreur de bonne foi.

QUESTION: Si nous pouvions – si nous avions la possibilité de trancher avec certitude sur ce dont il parlait…

MR KIRBY: Je ferai tout mon possible, Matt.

Le passage dure encore. Mais il n’y a pas eu de bombardement dans le Rif de Damas, ni à Alep. Par la suite, Kirby, le porte-parole du Département d’Etat reconnaît pour l’essentiel que Kerry a menti : « Je ne peux pas le confirmer. »

Il s’avère aussi que Kerry n’a pas la moindre preuve d’un quelconque crime de guerre et aucune possibilité crédible d’initier une procédure criminelle internationale sur de tels crimes. Et dans quel but ? Pour intimider la Russie ? Peu de chances que ça marche, ce serait une démarche sans espoirs et Kerry devrait le savoir.

Kerry est désespéré ; Il a complètement perdu la main en Syrie. La Russie joue le premier rôle et fera tout ce qu’i soit être fait. L’administration Obama, à part commencer une guerre mondiale, n’a plus aucun moyen d’influer significativement sur l’action de la Russie.

Kerry n’est qu’un instrument parmi d’autres de l’administration Obama. Dans la journée, le directeur de la National Intelligence des Etats Unis James Clapper a émis d’autres accusations contre la Russie :

La communauté du renseignement des Etats Unis est convaincue que le gouvernement russe a dirigé les récentes intrusions dans les courriers électroniques de personnes et d’institutions américaines, dont ceux d’organisations politiques américaines. La récente divulgation du contenu d’e-mails présumés piratés sur des sites comme DCLeaks et WikiLeaks et par Guccifer 2.0 correspondent bien aux méthodes et aux motivations d’agissements dirigés par les Russes. Ces piratages et ces divulgations ont pour but d’interférer avec le processus électoral aux Etats Unis. Une telle activité n’est pas nouvelle de la part de Moscou – les Russes ont utilisé des procédés et des techniques semblables à travers l’Europe et l’Eurasie pour, par exemple, influencer l’opinion publique dans ces régions. Nous croyons, sur la base de l’étendue et de la précision de ces agissements, que seuls de hauts responsables officiels russes pouvaient avoir autorisé ces activités.

Traduction : « NOUS NE SAVONS pas du tout (« Nous sommes convaincus », « nous croyons », « dirigées ») qui a commis ces piratages et NOUS N’AVONS pas la moindre preuve (« correspondent bien », « sur la base de l’étendue et de la précision ») que la Russie est impliquée, alors laissez-moi vous jeter un peu de poudre aux yeux et essayer de vous embobiner tous autant que vous êtes. »

L’ancien ambassadeur de Grande Bretagne Craig Murray qualifie cela de flagrant mensonge néocon. C’est pourtant à l’évidence le DNC (Democratic National Committee)  qui a manipulé le processus électoral en, en contradiction avec son mandat, promouvant Clinton face à Sanders. Les hackers en ont simplement donné la preuve. Il est également facile de voir pourquoi ces accusations sont lancées maintenant. Murray :

Que l’administration Obama fasse une accusation formelle contre la Russie sans se baser sur une seule preuve est, en soi, étonnant. Mais elle est motivée par le désespoir. WikiLeaks a déjà annoncé disposer d’un énorme stock d’autres éléments relatifs aux manigances d’Hillary. La Maison Blanche cherche simplement à les discréditer à l’avance en les associant mensongèrement entièrement aux services secrets russes.

L’administration Obama est en train de perdre. Sur la Syrie comme sur les élections, elle ne peut plus affirmer ses volontés. Trump, en dépit de tous les propos grossiers qu’il peut tenir, a une chance significative d’accéder à la présidence. Lui (-44%) et Clinton (-41%) sont plus détestés par l’électorat américain que Poutine (-38%). N’importe quelle solution en Syrie sera plus à l’avantage de la Russie que de Washington.

Un tel désespoir peut être dangereux. Mentir sur la Russie est une manière pour Kerry de s’accrocher désespérément. Le président et ses collègues au Pentagone et à la CIA ont des moyens plus énergiques [kinetic] de s’exprimer. Iraient-ils jusqu’à ordonner quelque chose de vraiment stupide ?

Le sionisme ou l’antisémitisme en miroir

25 septembre 2016

Le sionisme n’est que l’antisémitisme en miroir. On le savait depuis Theodor Herzl mais l’actualité nous en donne un nouvel aperçu avec cet ancien cadre dirigeant d’un parti d’extrême droite hongrois qui se prépare à faire son « aliya », c’est-à-dire à aller rejoindre ceux qui squattent la Palestine aux dépens de la population autochtone.

L’article que je vous propose commence par une question : pourquoi cet ancien antisémite va-t-il s’installer en Palestine occupée?

La réponse est simple et vous l’aurez devinée : cet individu a découvert qu’il avait des grands-parents maternels juifs et que donc, conformément à la croyance nazie et à la halacha (loi juive) il en a conclu qu’il était lui-même juif.

Si ce raisonnement est effectivement conforme aux convictions et aux pratiques du judaïsme et du sionisme, ce n’est sans doute qu’un subterfuge.

En effet, si on peut admettre qu’il soit possible d’ignorer que ses grands-parents maternels étaient juifs, on se demande comment, sauf à être orphelin, on peut ignorer que sa propre mère était juive surtout quand on sait qu’elle a été internée au camp de concentration d’Auschwitz dont elle est une rescapée.

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Csanad Szegedi

Le dénommé Csanad Szegedi a évidemment toujours su qu’il était juif (au sens talmudique et donc biologique du terme). Il a reçu une mission qui consistait à participer au développement d’un mouvement d’extrême droite en Hongrie et c’est ce qu’il a fait puisqu’il a très vite fait partie de l’encadrement de ce mouvement. L’implication de sionistes dans les mouvances d’extrême droite en Europe n’est en rien une exclusivité hongroise et on a pu la constater en Angleterre avec l’English Defence League et en Allemagne avec le mouvement Pegida.

Une fois sa mission accomplie, eh bien sa récompense, son cadeau, est la possibilité de « retour » à Sion.

Et comme il le dit lui-même, il a une longue expérience politique dont il serait heureux de faire profiter AUSSI à des organisations sionistes EN Israël. »

Effectivement, après avoir servi des organisations sionistes en Hongrie, ne serait-il pas une bonne chose de continuer dans l’entité sioniste elle-même ?

Pourquoi cet ancien antisémite quitte-t-il la Hongrie pour Israël ?

Par Sam Kestenbaum, The Jewish Forward (USA) 25 septembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un ancien député du parti d’extrême droite hongrois Jobbik en Hongrie, qui a démissionné après avoir découvert ses racines juives, va maintenant émigrer en Israël.

Dans une interview accordée au site en hébreu Ma’ariv, Csanad Szegedi a dit qu’il veut discuter avec des organisations israéliennes pour coordonner la lutte contre le type d’antisémitisme dont il était auparavant le partisan.

Dans une traduction de l’entretien en anglais publiée par le Jerusalem Post, Szegedi a déclaré ne pas être inquiet pour sa sécurité en déménageant en Israël et qu’il espérait vivre à Jérusalem.

Szegedi, qui a été un membre fondateur d’une organisation extrémiste inspirée de la garde collaborationniste des Croix fléchées hongroises, a déclaré, « Il y a beaucoup plus d’éléments positifs que d’éléments négatifs dans le fait d’être un Juif, et le plus grand cadeau pour n’importe quel Juif, c’est l’existence de l’Etat d’Israël. »

Quand il était un jeune politicien, Szegedi avait rapidement gravi les échelons du parti Jobbik et il avait même représenté le parti au parlement européen et e avait été vice-président. Le magazine Tablet l’avait qualifié de « un des antisémites les plus connus de Hongrie et une des voix les plus écoutées dans l’extrême droite européenne. »

Mais en 2012, Szegedi a découvert – et révélé au monde – ses propres racines juives. Ses grands-parents maternels étaient juifs, sa mère était une rescapée d’Auschwitz et son grand-père avait été prisonnier dans un camp de travail.

Szegedi a étudié le judaïsme et a observé quelques prescriptions religieuses. Il s’est aussi rendu en Israël un certain nombre de fois – et dans le cours du weekend il a révélé qu’il avait entamé la procédure d’immigration.

Dans l’interview avec Maariv, Szegedi a envisagé la possibilité de revenir à la politique en Israël.

« j’ai de nombreuses années d’expérience en politique, » a-t-il dit, « et je serais heureux d’en faire profiter aussi à des organisations sionistes en Israël. »


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