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Irak 2003 – Iran 2013?

27 mars 2013

Nous sommes peut-être encore nombreux à penser que le pétrole était une des principales motivations de la guerre entreprise par les Etats Unis contre l’Irak en 2003.

J’écris «nous» parce que je le pensais encore avant de lire un article de Muhammad Idrees Ahmad dont je vous propose une traduction.

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Muhammad Idrees Ahmad

L’exposé de Muhammad Idrees Ahmad est limpide et on est obligé, après lecture, d’admettre que le pétrole n’était en aucun cas un motif décisif de cette agression. On peut par ailleurs apprendre que  l’exploitation du pétrole irakien est plus aujourd’hui l’affaire des sociétés chinoises que des firmes américaines qui n’ont plus sur place qu’une activité assez marginale (en dehors des société de services pétroliers comme Halliburton).

Si la guerre contre l’Irak s’est soldée par la défaite du régime irakien de l’époque, elle a eu aussi pour conséquence un affaiblissement [relatif] des Etats Unis dont l’économie a été mise à mal par les dépenses de toutes sortes induites par ce conflit qui était venu s’ajouter à l’intervention en Afghanistan. De la même manière, la domination politique des Etats Unis dans le monde commence à être remise en cause par l’émergence de nouveaux acteurs qui cherchent à ajuster leur rang diplomatique à leur force économique.

Une situation qui n’a rien d’inédite, si on veut bien se souvenir que l’Angleterre était sortie affaiblie des deux guerres mondiales qui l’avaient pourtant vue victorieuse.

 Si j’ai bien compris la thèse de l’auteur de l’article, l’entrée en guerre contre l’Irak s’explique en premier lieu par la rencontre d’un homme, George W. Bush, animé d’un esprit messianique qui mêle doctrine religieuse et mysticisme démocratique et d’une bande de penseurs néoconservateurs cherchant avant tout à agir dans ce qu’ils considéraient être l’intérêt de l’entité sioniste.

Pour résumer, l’invasion de l’Irak était une intervention visant à servir des objectifs définis par une tendance particulière du sionisme, le sionisme révisionniste dont le pouvoir en place à Tel Aviv incarne l’évolution contemporaine.

Ces gens là, comme tout fasciste qui se respecte, pensent que seule la force leur permettra d’exister, d’exister au Moyen Orient pour ce qui concerne les fascistes Juifs.

Cette même logique qui a conduit les Etats Unis et leurs alliés à envahir puis à occuper et détruire l’Irak reste à l’œuvre aujourd’hui, s’étant simplement fixée un autre ennemi à abattre d’urgence, à savoir le régime iranien.

Comme en 2003, signale l’auteur, personne n’imagine vraiment que Washington va entrer en guerre contre l’Iran.

Et pourtant…

Toute une série de personnages et de causes ont conduit les USA à la guerre contre l’Irak

Par Muhammad Idrees Ahmad, The National (EAU) 23 mars 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dix ans après «choc et effroi», les raisons derrière l’invasion de l’Irak n’ont toujours pas été expliquées de façon satisfaisante.

Des journalistes, des intellectuels, des soldats et des idéologues se sont tous trituré les méninges pour donner des réponses. Le pétrole, l’impérialisme, le militarisme, la démocratie, Israël et l’économie de marché ont été proposés en guise d’explications.

Certaines d’entre elles s’excluent mutuellement, et elles semblent toutes mettre en lumière plus qu’elles ne satisfont le besoin qu’ont les humains de la simplification. D’un autre côté, entre les mains des universitaires les explications tendent inévitablement vers le «complexe» (le marqueur obligatoire pour séparer l’homme ordinaire du mandarin).

Dire que les causes de la guerre contre l’Irak sont assez simples à expliquer ne veut pas dire qu’elles sont simples. Mais le manque de simplicité ne signifie pas non plus indétermination [du fait d’une trop grande quantité de causes]. La réalité peut être complexe mais est tout à fait dans le domaine de l’explicable.

On n’a pas besoin de souscrire à la notion tolstoïenne de l’histoire – une force insondable, sans agents, prédestinée et avec des causes infinies – pour accepter qu’un phénomène aussi compliqué qu’une guerre puisse avoir des causes multiples. Celle contre l’Irak en avait beaucoup. Chacune de celles mentionnées plus haut ont joué un certain rôle dans les calculs des décideurs politiques ; mais elles n’ont pas toutes la même importance. Les acteurs décisifs n’étaient pas animés par les mêmes motifs, pas plus qu’ils n’avaient forgé leurs décisions simultanément.

George W Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld voulaient la guerre, mais elle fut conçue par les néoconservateurs. Le 11 septembre 2001 en fut le catalyseur, mais ce sont les néoconservateurs qui s’employèrent à l’instrumentaliser.

Le désir des néoconservateurs de renverser le régime irakien préexistait à celui de M. Bush, M. Cheney ou M. Rumsfeld. Le changement de régime était une doctrine officielle aux Etats Unis depuis 1998 et une doctrine officieuse depuis plus longtemps encore. Mais les moyens imaginés étaient la pression diplomatique, l’étranglement économique et l’action secrète – pas l’invasion et l’occupation.

M. Bush commença à recevoir des briefings sur ce sujet seulement dans le cours de sa campagne présidentielle. Les Vulcans – le groupe chargé de réfléchir à la politique étrangère – étaient animés par Condoleeza Rice qui, dans un document de situation pour les affaires étrangères avait soutenu que la puissance militaire irakienne était «considérablement affaiblie» et que les Etats Unis pouvaient vivre même avec un Irak nucléaire.

M. Cheney avait passé les années 1990 à se plaindre de la politique de sanctions [‘’sanctions-happy’’] de l’administration Clinton. Il dirigeait aussi USA*Engage, un consortium d’industriels qui faisait pression pour l’abrogation de l’Iraq Libya Sanctions Act de 1996, un cadeau du lobby israélien.

M. Rumsfeld avait manifesté peu d’intérêt pour l’Irak dans la quinzaine d’années entre sa tristement célèbre poignée de mains avec Saddam Hussein et sa signature d’une lettre rédigée par le Project for the New American Century, un think tank néoconservateur. A l’hiver 2001, M. Bush, M. Cheney et M. Rumsfeld étaient cependant tous convaincus de la nécessité de la guerre.

Le 11 septembre explique partiellement ce changement d’état d’esprit. Mais il n’avait pas pour autant rendu la guerre inévitable. Il fallait encore manipuler l’opinion publique, surmonter les obstacles bureaucratiques. Il fallait mettre l’Irak sur l’agenda en le présentant comme une menace imminente. C’est seulement ainsi qu’une guerre préventive pouvait être justifiée.  A cette fin, la conjonction de liens présumés de l’Irak avec al Qaïda et sa possession d’armes de destruction massive (ADM) était nécessaire. Ensemble, cela constituait une menace qui renvoyait au rang d’exercice d’irresponsabilité pointilleuse toute recherche de preuves supplémentaires. Comme le soulignait l’argumentaire de la Maison Blanche, la preuve décisive risquait fort d’être le champignon d’une explosion atomique.

Un inventaire des articles parus dans le sillage immédiat du 11 septembre et liant l’Irak aux attentats révèle qu’ils provenaient Presque exclusivement des cercles néoconservateurs.

La plupart des articles que j’ai pu lire citent les assertions non étayées d’une seule personne, l’idéologue néoconservatrice Laurie Mylroie. Ses théories étaient promues avec ardeur au sein du gouvernement par Paul Wolfowitz qui avait aussi chargé son protégé, Douglas Feith, de trouver du matériel pour appuyer les assertions de Mlle Myrloie.

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Paul Wolfowitz: « je peux aussi chanter La Marseillaise « 

M. Feith avait créé deux groupes à cet effet – le Policy Counterterrorism Evaluation Group et l’Office of Special Plans – pour fabriquer la connexion Irak – al Qaïda et des preuves sur les ADM irakiennes présumées. Il était assisté par des exilés et des escrocs  de l’ Iraqi National Congress et, plus important selon moi, par la correspondante du New York Times Judith Miller, co-auteure avec Mlle Myrloie d’un livre sur l’Irak publié en 1991.

Pendant ce temps, la cheville ouvrière néoconservatrice Richard Perle s’était arrangée pour que M. Cheney soit briefé personnellement en plusieurs occasions par Bernard Lewis, un doyen de l’orientalisme, qui assurait au vice président revanchard que le seul langage que les Arabes comprenaient était la force. « Choc et effroi » était donc le corollaire obligé.

Quid du pétrole ? Malgré sa plausibilité au premier abord, la thèse de la «guerre pour le pétrole » ne semble résister ni à l’épreuve des faits ni à l’analyse. En 2003, l’Irak ne refusait pas de vendre son pétrole mais était sous embargo. Les sociétés pétrolières avaient passé une dizaine d’années à faire pression non pour la guerre, mais pour une levée des sanctions. Leur état d’esprit a pu changer en 2003, mais il existait beaucoup de moyens moins coûteux et moins aléatoires que la guerre.

A au moins trois reprises dans les six mois qui avaient précédé l’entrée en guerre, Saddam Hussein avait fait des efforts désespérés pour maintenir son pouvoir en offrant aux Etats Unis un accès privilégié au pétrole irakien. Les compagnies pétrolières n’avaient pris le train en marche qu’une fois la guerre devenue inévitable, et encore pas sans appréhension. Elles craignaient toutes la déstabilisation qui pouvait s’ensuivre.

Pour M. Cheney et M. Rumsfeld, la première motivation n’était pas le pétrole, mais l’effet d’exemplarité de la guerre – une affirmation sanglante de la puissance militaire des Etats Unis pour intimider quiconque envisagerait de nuire aux USA en livrant des ADM à des terroristes. Pour Bush, selon des gens très proches de lui, la motivation principale était des plus simplistes, une croyance messianique dans le combat contre un régime «diabolique» – un régime qui avait précédemment tourmenté son père. Il était aussi flatté par des conseillers et des exilés Irakiens qui l’encourageaient à endosser son nouveau rôle de guide de l’humanité, de libérateur des peuples, de diffuseur de la démocratie.

M.Bush, M. Cheney et M. Rumsfeld auraient peut-être pu décider d’entrer en guerre contre l’Irak sans l’encouragement des néoconservateurs. Mais sans leur aide, il est peu probable que le parti de la guerre eut pu surmonter la résistance d’establishments militaires, diplomatiques et du renseignement hésitants. Par leur cohésion sociale, leur cohérence idéologique et leur domination sur l’appareil de la sécurité nationale, et avec les ressources et le soutien institutionnel du lobby israélien, les néoconservateurs avaient des atouts dont ne disposait aucune autre faction.

Dans la longue série de textes produits par les néoconservateurs pendant la décennie qui avait précédé – en particulier les deux documents politiques rédigés par M. Perle, M. Feith et David Wurmser pour le premier gouvernement benjamin Netanyahou – des idées que M. Wurmser avait par la suite développées dans son livre Tyranny’s Ally – ces motivations [pour la guerre] sont affirmées sans équivoque.

Le néoconservatisme s’enracine idéologiquement dans le sionisme révisionniste et c’est pourquoi Israël est sa grande priorité. Pour les néocons, la guerre est désirable parce qu’elle fragmenterait un Etat arabe potentiellement puissant et laisserait l’Iran,  le véritable ennemi juré d’Israël dans une situation plus vulnérable. Elle renforcerait aussi l’isolement des Palestiniens, les rendant plus enclins au compromis. Pour eux, la route de Jérusalem passait par Bagdad.

Près d’un million de morts Irakiens plus tard, avec plus de 3 000 milliard de dollars perdus et 5 000 soldats tués, on ne sait pas toujours vraiment si les Etats Unis en ont tiré une quelconque leçon. La guerre du Vietnam avait été suivie de beaucoup d’introspection ; ce ne fut guère le cas avec l’Irak. La rhétorique reste belliqueuse et l’enthousiasme pour la guerre a à peine faibli.

La guerre contre l’Irak semblait improbable jusqu’à ce qu’elle se produise. Dans ses mémoires, M. Feith regrette que ses démarches pour mettre l’Irak dans le collimateur de l’administration n’aient suscité que dérision aussi tardivement qu’à l’été 2001. Le 11 septembre avait tout changé.

De la même manière, une guerre contre l’Iran semble improbable aujourd’hui ; et c’est ce qui a encouragé les politiciens US à se lancer dans une stratégie de la corde raide avec l’Iran sans avoir peur des conséquences. Tout cela pourrait changer rapidement si un «évènement catalyseur – un nouveau Pearl Harbour» venait à rompre l’équilibre.

Si on doit tirer une leçon de la guerre contre l’Irak, c’est que l’histoire est contingente et que les idées ont des conséquences. Seul ce qui est inerte répond à la volonté humaine. Avec la prépondérance de leur puissance de destruction, les Etats Unis ont le devoir de ne pas être esclaves des circonstances.

Muhammad Idrees Ahmad est un spécialiste de sociologie politique d’origine pakistanaise qui vit en Angleterre. A côté d’activités académiques il collabore avec divers médias tels Le Monde Diplomatique, Asia Times, IPS News, et Political Insight

Avec les Sikhs, Obama a un problème de turban

8 août 2012

Après la tuerie d’Aurora dans le Colorado, pendant la projection du dernier Batman, un autre massacre a secoué l’Amérique.

Cependant, alors que les motifs du tueur d’Aurora restent flous, l’auteur de la tuerie d’Oak Creek dans le Wisconsin avait des motivations clairement racistes puisqu’il s’en est pris à des fidèles d’un lieu de culte sikh. Des fidèles qu’il aurait peut-être confondus avec des Musulmans compte tenu 1) de leur teint de peau souvent plus ou moins basané et 2) du fait que les Sikhs de sexe masculin ne se départissent jamais de leur turban.

 Comme l’explique Ali Abunimah, les choses sont peut-être un peu plus compliquées. Outre le fait que aucune communauté religieuse ou ethnique ne saurait être considérée comme collectivement coupable d’un crime quelconque (ici le 11 septembre), Ali Abunimah rappelle que les Sikhs sont victimes d’une montée généralisée du racisme aux Etats Unis.

Et que ce racisme n’a pas le temps de s’arrêter sur la question de savoir si les Sikhs sont ou pas une variété de Musulmans.

Et que, fait intéressant relevé par Ali Abunimah, le président Obama a lui-même entériné la  validité de la confusion musulmans/sikhs ainsi bien sûr que l’idée qu’il y aurait quelque chose de suspect à être de confession musulmane.

Abunimah en veut pour preuve qu’en 2010, pour son voyage en Inde,  le président Obama avait annulé la visite d’un lieu saint sikh, le Temple d’Or d’Amritsar, pour éviter d’avoir à porter un turban. Ce n’est là qu’une des démarches du marketing politique d’Obama pour éviter d’être confondu avec un Musulman, l‘auteur de l’article en donne d’autres exemples dans un de ses articles.

J’ai déjà ce qu’il me faut comme chapeau, merci.

Obama éprouve plus de sympathie pour les Israéliens tués en Bulgarie que pour les Sikhs Américains assassinés dans le Wisconsin

par Ali Abunimah, Electonic Intifada 6 août 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dès que la nouvelle de l’attentat à la bombre qui avait tué des touristes Israéliens en Bulgarie le 18 juillet, le président US Barack Obama l’avait condamné dans les termes les plus vifs – même si on ignorait, et on ignore encore, qui en est l’auteur et ses motivations.

La déclaration d’Obama ne laisait place à aucune ambiguïté :

Je condamne fermement cet attentat terroriste barbare contre des Israéliens en Bulgarie. Mes pensées et mes prières vont aux familles de ceux qui ont été tués et blessés, et au peuple d’Israël, à celui de Bulgarie et à toute autre nation dont les citoyens ont été meurtris pas ce terrible évènement. Ces attaques contre des civils innocents, dont des enfants, sont absolument scandaleuses. Les Etats Unis se tiendront auprès de leurs alliés pour leur apporter toute l’assistance nécessaire pour identifier et traduire en justice les auteurs de cet attentat. Au moment où Israël est tragiquement une fois de plus la cible du terrorisme, les Etats Unis réaffirment leur engagement inébranlable pour la sécurité d’Israël et leur profonde amitié et solidarité avec le peuple israélien.

De tels sentiments vis-à-vis de cette tuerie de gens innocents sont compréhensibles. Mais pourquoi Obama s’est-il refusé jusqu’à présent à condamner dans des termes aussi forts le déchaînement meurtrier de Wade Michael page qui a tué hier six personnes au temple sikh d’Oak Creek dans le Wisconsin ?

Obama n’appellera pas ça du “terrorisme”

Dans une déclaration de la Maison Blanche diffusée hier, Obama a qualifié le massacre du Wisconsin d’“ acte de violence insensé. “ Dans une autre déclaration, il l’a qualifié de “fusillade tragique.”

Il a depuis été confirmé que le FBI traite cette attaque comme une affaire de “terrorisme domestique” et qu’il est maintenant clair que le tueur avait une longue histoire de militantisme et de conceptions suprématistes blancs.

Pourtant, dans d’autres propos tenus aujourd’hui, Obama a traité cette attaque simplement comme un autre (tout aussi horrible) massacre par arme à feu comme c’est arrivé le 20 juillet à Aurora dans le Colorado.

Ainsi que le rapporte ABC:

Le président Obama a déclaré aujourd’hui qu’il a le «cœur brisé» par les tirs meurtriers au centre religieux sikh et il a renouvelé son appel à réduire la violence à travers le pays.

 «Je pense que nous comprenons tous que ce genre d’évènements terribles et tragiques surviennent avec trop de régularité pour que nous ne nous livrions pas à une introspection et que nous n’examinions pas des moyens supplémentaires pour parvenir à réduire la violence, » a dit le président aux journalistes dans le bureau ovale quand on l’ questionné sur l’homme armé qui a tué six personnes à Oak Creek dimanche.

Le président avait tenu des propos semblables après la fusillade meurtrière d’Aurora dans le Colorado le mois dernier, mais il n’a pas proposé de renforcer le contrôle sur les armes. «Ce que je veux faire, c’est réunit les responsables du maintien de l’ordre, les leaders communautaires, les leaders religieux, les élus à tous les niveaux pour voir comment nous pouvons progresser durablement, » a-t-il déclaré aujourd’hui.

Obama hésite à montrer du doigt le racisme

Selon ABC, Obama a poursuivi:

 » Nous ne savons pas encore complètement ce qui a motivé cet individu dans l’accomplissement de cet acte terrible. S’il s’avère, comme les premières informations l’ont indiqué que cela a pu être motivé d’une quelconque manière par l’ethnie de ceux qui fréquentaient le temple, Je pense que le peuple américain a un sentiment immédiat de rejet de ce genre d’attitude», a déclaré le président. « Il sera très important pour nous de réaffirmer une fois de plus que dans ce pays, indépendamment de notre apparence, d’où nous venons, de qui nous adorons, nous sommes un seul peuple et nous sommes attentifs les uns aux autres et nous nous respectons mutuellement.

Les propos du président sont intervenus après qu’il ait signé le the “Honoring America’s Veterans and Caring for Camp Lejeune Families Act” à la Maison Blanche.

 Page était un ancien soldat de l’US Army.

Silence devant l’incitation au racisme

Cette honteuse timidité d’Obama à condamner sans détours ce qui s’est passé dans le Wisconsin n’est guère surprenante. Après tout, c’est un président qui a une liste de Musulmans à tuer, dont des citoyens Américains.

Mais ne serait-ce que pour les apparences, ne pouvait-il vraiment pas montrer pour ses concitoyens la même indignation que celle qu’il a manifestée pour des Israéliens ?

Est-il convenable qu’Obama condamne en tant que «terrorisme barbare» ce qui est arrivé à des israéliens en Bulgarie  tandis qu’il a seulement le «cœur bisé» par le carnage du Wisconsin, comme s’il n’était qu’un simple spectateur et non le président des Etats Unis ?

Quand Obama déclare que «nous sommes tous un seul peuple » où chacun doit être attentif aux autres indépendamment de notre apparence, c’est lui qui devrait mettre en  pratique ce qu’il prêche.

Obama a refusé avec constance d’affronter le racisme déchaîné par sa candidature et son élection subséquente qui était intervenue au moment du pic du dénigrement des Musulmans post-11 septembre et de la déshumanisation des gens de couleur inhérente au bellicisme à l’étranger.

Sa réponse aux accusations selon lesquelles il est musulman n’a jamais été ‘et alors quoi, si j’étais musulman ?’ mais toujours sur la ligne de ‘non, je suis un Chrétien comme vous.’

Il y a deux ans, des militants de droite avaient inventé la fausse controverse de la «mosquée de Ground Zero» pour créer de la peur et de la haine dans la marche vers les élections de mi-mandat. Ce que j’ai toujours trouvé plus effrayant que le tapage fait par ces clowns islamophobes, c’est le silence des responsables élus, particulièrement des Démocrates qui prétendent porter des valeurs libérales [progressistes]et inclusives.

Qui ne dit mot consent, et la montée des marchands de peur raciste – qui n’a pas visé que les Muaulmans – n’a cessé de s’amplifier.

Ni les Sikhs, ni les Musulmans ne sont collectivement coupables

Les Sikhs ont été parmi les premières victimes de la réaction raciste de l’après 11 septembre . Il est courant de dire qu’ils sont pris par erreur pour des musulmans qui sont les véritables cibles de ces attaques. Ceci est faux. Les musulmans ne sont pas plus coupables collectivement que les sikhs ou tout autre groupe. Mais, plus important, les brutes racistes ne sont pas intéressés par ces distinctions.

En 2010, lorsqu’il s’était rendu en inde, Obama avait refusé de visiter le principal lieu saint du sikhisme, le Temple d’Or d’Amritsar, parce qu’il ne voulait pas être photographié arborant une coiffe sikh (un turban) et être pris pour un Musulman par des Américains incultes à son retour au pays.

Obama avait cédé devant les racistes alors, comme il le fait maintenant de manière méprisable. La différence est que aujourd’hui du sang a été versé dans le Wisconsin, et le temps pour ce  genre de couardise aurait dû être révolu.


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