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Ils n’ont pas vengé Oussama ben Laden!

15 mai 2011

Nous venons d’assister aux premières actions meurtrières visant à venger la mort d’Oussama ben Laden au cours d’un raid mené par les forces spéciales US à Abbottābād au Pakistan

En l’espèce, il s’agit de deux attentats commis au Pakistan contre une école de police et un centre de formation paramilitaire et tuant près de 80 personnes.

Après tout, le chef d’al Qaïda ne méritait-il pas d’être vengé de manière spectaculaire ?

Pourtant, si on en croit l’article que je vous propose, ce double attentat n’avait rien à voir avec des représailles pour la mort d’Oussama ben Laden dans un pays où, nous explique l’article, on éprouvait assez peu de sympathie pour le chef d’al Qaïda.

Le double attentat s’expliquerait tout simplement par des réalités politiques et militaires propres à la région où il a été commis.

Propagande, quand tu nous tiens

Les Pakistanais émettent des doutes sur le rôle des Talibans dans l’attentat pour venger ben Laden

Par Ariel Zirulnick, Christian Science Monitor 13 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les Talibans Pakistanais ont revendiqué le double attentat suicide de vendredi matin au nord-ouest du Pakistan qui a cause la mort d’au moins 80 personnes, affirmant qu’ils avaient pour but de venger la mort de ben Laden.

“C’était le premier acte de vengeance pour le martyre d’Oussama; Attendez-vous à des attaques plus importantes au Pakistan et en Afghanistan,” a déclaré le porte parole des Talibans pakistanais Ensanullah Ehsan, d’après l’Agence France Presse (AFP).

Mais malgré la colère de l’opinion pour le raid des Etats Unis qui a tué ben Laden dans son compound d’Abbottābād, les attaques prétendument vengeresses des talibans ne semblent pas résonner comme telles chez les Pakistanais. 

La police locale a dit au New York Times qu’elle doutait que les Talibans soient vraiment responsables de cette action, qu’ils considèrent comme une réaction ç une attaque de l’armée pakistanaise contre des militants Talibans dans la région montagneuse voisine appelée Mohmand et a été effectuée par un groupuscule qui combat l’armée dans la région.

Sikandar Hayat Khan Sherpao, un membre de l’assemblée provinciale de Khyber-Pakhtunhwa, explique que le centre d’entrainement a été la cible fréquente d’attaques par des militants. « Fondamentalement, la menace vient de Mohmand où il existe encore des poches de militants qui restent actives, » dit-il.

“Je pense que cette attaque ne vient pas en représailles pour l’incident d’Abbottābād. C’est surtout que depuis un mois et demi, une nouvelle opération militaire a commencé à Mohmand où l’armée fait campagne contre les militants, » dit-il. « Alors on peut voir cette attaque comme une riposte à l’opération en cours à Mohmand. »

De fait, le Washington Post a annoncé qu’une source Taliban s’exprimant sous couvert d’anonymat a contesté le motif de l’attaque déclaré par son organisation, déclarant qu’elle « avait pour but de punir l’armée pour l’offensive de Mohmand, pas pour la mort de ben Laden. »

Les attentats ont eu lieu à Shabqadar Tehsil, dans le district de Charsadda au nord-ouest du Pakistan, une région tribale que le Pakistan a du mal à contrôler et est devenue un refuge pour les organisations militantes.

Selon le Washington Post, les forces spéciales US ont participé la formation de forces paramilitaires dans ces installations. Les organisations militantes pakistanaises sont farouchement opposées à la coopération entre les gouvernements et les forces de sécurité des Etats Unis et du Pakistan.

On s’attendait à des attentats vengeurs – la semaine dernière, les Talibans Pakistanais avaient menace d’attaquer les forces de sécurité du pays – mais il y a eu peu de manifestations après la mort de ben Laden. Il n’y a guère se sympathie pour lui chez la majorité es pakistanais qui ont eu plus de tués dans des attentats à la bombe ces dernières années que les Américains n’en ont eu le 11 septembre, rapporte l’AFP.

L’indignation de l’opinion a surtout découlé du fait que les Etats Unis ont réalisé le raid sans l’accord et à l’insu du Pakistan, pas du fait que le raid s’est soldé par la mort de ben Laden. Le fait qu’une attaque contre des Pakistanais ait été une réponse à des actions unilatérales des Etats Unis ne peut qu’accroître la colère de la population contre les Etats Unis, selon le Washington Post.

 Le premier ministre pakistanais, Yousuf Raza Gilani, a laissé entendre cette semaine dans un entretien exclusive avec Time magazine, que la colère de plus en plus forte de l’opinion pourrait l’obliger à agir contre les intérêts des Etats unis.

« Je ne suis pas un dictateur militaire; je suis une personnalité publique, » a déclaré le premier ministre à Time, qui s’exprimait dans le palais où il réside sur les hauteurs d’Islamabad. « Si l’opinion publique est contre vous [voulant dire par là ses alliés Américains], alors je ne pas lui résister et rester de votre côté. Je dois être avec mon opinion publique. »

Le Pakistan se retrouve dans une situation difficile depuis le raid contre ben Laden – alors que les Etats Unis exigent des explications pour savoir comment ben Laden pouvait avoir vécu dans le pays pendant des années sans être repéré, l’opinion pakistanaise exige de son gouvernement qu’il pose des limites à ce que les Etats Unis peuvent faire en territoire pakistanais.

Le journal pakistanais The Nation avait rapport avant l’attentat que le chef de l’armée, le général Ashfaq Parvez Kayani allait probablement diminuer la dépendance vis-à-vis des Etats Unis pour la formation et assistance en matière de sécurité et coopérer désormais au niveau du minimum nécessaire pour garantir que le Pakistan continuera à recevoir de l’aide US. Dans le même temps, les Etats Unis exigent que l’armée rompe ses liens avec des organisations militantes – une exigence qui sera difficile à satisfaire.

La liste des demandes américaines équivaut à une transformation du jour au lendemain de la posture stratégique adoptée de longue date par le Pakistan et qui consiste à se servir d’organisations comme instruments contre ses voisins. Ces demandes interviennent au moment où le général Kayani fait face à une montée de la pression anti-américaine de la part des généraux de son haut commandement qui veulent une ligne dure, ont déclaré deux personnes que nous avons rencontrées avec lui.

 Eliminer les dirigeants de ces organisations – des auxiliaires de longue date de l’armée et des services secrets pakistanais – entraînerait un tel retour de flamme de la part des militants qu’il pourrait s’en suivre une « guerre civile » au Pakistan, déclare un ancien haut responsable Pakistanais qui a été consulté par le général Kayani après le raid contre ben Laden. Dans les rangs hiérarchiques subalternes, beaucoup éprouvent plus de sympathie pour les groupes militants que pour les Etats Unis.

Variations sur la mort d’Oussama ben Laden

7 mai 2011

Le Christian Science Monitor revient sur les variations qui ont affecté le récit sur l’exécution/assassinat d’Oussama ben Laden et recense les quatre aspects sur lesquels les autorités de Washington l’ont fait évoluer.

On notera au passage que certains aspects de cette opération frisent le comique ou le surréalisme selon la façon dont on préfère classer les œuvres de fiction.

A ceux qui crient à la théorie du complot (comme si les complots ou les conspirations n’existaient pas), on peut rappeler les menteries de Colin Powell devant les instances de l’ONU et devant les caméras du monde entier, n’hésitant pas à exhiber un flacon d’urine pour justifier une action militaire de l’ONU contre l’Irak. Powell n’obtiendra pas la résolution, mais l’Irak sera néanmoins ravagé par la soldatesque américaine et ses collaborateurs. Où encore celles toutes récentes de Susan Rice, ambassadrice des Etats Unis à l’ONU, plaquant ses propres fantasmes sexuels sur le comportement des troupes libyennes face à la rébellion contre le colonel Kadhafi.

Pourtant, nous sommes encore une fois sommés de croire le gouvernement US sur parole sous peine d’être accusés d’être des adeptes des théories du complot ou même tout simplement d’anti-américanisme.

Et l’histoire bidonnée d’un valeureux commando yankee prenant tous les risques pour sauver le soldat Ryan la patrie n’est pourtant en rien une nouveauté. On s’en souvient peut-être, le sauvetage héroïque de la soldate Jessica Lynch prisonnière de l’ennemi en Irak après avoir combattu bravement. Les étudiants de l’Institut de Journalisme de Bordeaux ont beau écrire que la manipulation médiatique du sort de Jessica Lynch avait traumatisé la presse américaine, nous savons que c’est le genre de traumatisme dont beaucoup de journalistes se remettent facilement Comme on le voit dans l’article, ils en sont réduits à taquiner les responsables de l’armée quand ces derniers leur livrent une ouvelle version toujours plus « vraie » de ce qui s’est passé à Abbottabad. 

La seule vraie question est pourquoi maintenant et quelles seront les répercussions de l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden sur les orientations de la politique étrangère de Washington où le débat semble faire rage au sommet de l’Etat.

Le raid contre Oussama ben Laden: quatre modifications récentes du récit

par Anna Mulrine, The Christian Science Monitor (USA) 7 mai 2011traduit de l’anglais par Djazaïri

La détermination de ce qui s’est exactement passé dans le compound d’Oussama ben Laden aux toutes premières heures de l’attaque du commando US a amené à quelques brusques réaménagements du récit. Lors d’un briefing au Pentagone vendredi, des journalistes ont taquiné les officiels de l’armée, leur disant qu’ils étaient impatients d’entendre la cinquième nouvelle version de la manière dont s’est déroulée l’attaque du cerveau terroriste. 

Voici les quatre dernières évolutions de l’intrigue dans l’histoire ben Laden

1. Les derniers instants de ben Laden

Les informations divulguées par la Maison Blanche en cette fin de semaine visaient à mettre un terme à la question de savoir si M. ben Laden était armé, et s’il a combattu.

Ces questions s’étaient faites de plus en plus insistantes après que la maison Blanche ait donné des informations nettement contradictoires  – et en premier lieu que ben Laden s’était servi d’une de ses épouses comme bouclier humain. Cette version avait été ensuite démentie par un autre officiel de la Maison Blanche.

Selon les derniers éléments communiqués par l’administration, ben Laden a été trouvé au troisième étage de son compound, devant la porte d’entrée de sa chambre. Quand il s’est retourné et à commencé à reculer, il a été atteint de deux balles, une à la tête, l’autre dans la poitrine. Le commando a par la suite découvert un fusil AK-47 et un pistolet dans la chambre de ben Laden, selon les informations.

“Il reculait,” a déclaré un official US au Washington Post ce qui, a-t-il ajouté, est considéré comme un acte de résistance  légitimant l’usage des armes par le commando US. « Va-t-il prendre une arme ? » a déclaré cet officiel. « On ne sait pas pourquoi il recule, [ou] ce qu’il fait quand il retourne à l’intérieur. »

Le raid a mobilisé 79 commandos US et un chien de l’armée, qui a pus servir à la détection d’explosifs – et qui a peut-être été équipé de lunettes de protection connues sous le nom de « doggles ». Le recours aux chiens est de plus en plus fréquent dans les dangereuses régions d’Afghanistan, où ils réussissent plus souvent à déceler les bombes cachées sous les routes que les matériels de haute technologie envoyés sur le terrain par le Pentagone, affirment des officiels de l’armée US.

2. La planque de la CIA

Malgré les efforts acharnés des agents du renseignement pour confirmer la présence de ben Laden dans le compound d’Abbottabad au Pakistan, au moins un des membres du commando Navy Seal a apparemment été surprise que les USA aient finalement mis la main sur leur homme.

Un micro émettant en direct porté par un Navy Seal sur place l’aurait enregistré disant “Damn, c’est lui,” quand il a rencontré ben Laden au troisième étage de son compound », a déclaré un haut responsable militaire au Monitor.

Des articles parus dans deux grands journaux indiquent l’étendue des moyens mis en œuvre par les agents de la CIA pour essayer de confirmer la présence de ben Laden, allant jusqu’à louer une maison voisine quelques mois plus tôt. La maison avait été truffée de matériel d’observation sophistiqué et de fenêtres à glaces sans tain, mais les agents de la CIA disent avoir été néanmoins incapables ne serait-ce que de prendre une photo de ben Laden ou de confirmer définitivement qu’il se trouvait dans le compound avant le raid du commando US.

“On peut le créditer de son aptitude à déjouer l’espionnage,” a déclaré au Washington Post un ancien agent de la CIA au sujet du refus obstiné de ben Laden de mettre un pied dehors.

3. Ben Laden continuait à comploter

Les officiels US ont commence à donner des détails dans la soirée de jeudi sur le trésor que sont les documents découverts dans le compound de ben Laden à Abbottabad. Ces documents indiquent que malgré l’extrême lenteur de ses voies de communications, ben Laden continuait à diriger les opérations globales de son organisation terroriste, y compris des projets d’attentats contre des objectifs vulnérables aux Etats Unis.

Un bloc-notes manuscrit saisi pendant le raid du commando US contenait les grandes lignes d’un plan d’al Qaïda pour faire dérailler un train sur un pont, peut-être à Noël, ou pendant le discours du président Obama sur l’état de l’Union, ou pour le 10ème anniversaire des attentats du 11 septembre, a déclaré un officiel au new York Times.

De son côté, al Qaïda a apparemment mis hors jeu les théories de la conspiration selon lesquelles ben Laden est toujours en vie. L’organisation terroriste a confirmé la mort de ben Laden – et a promis de le venger. « Nous disons avec force que le sang du combattant de la guerre sainte, le cheikh Oussama ben Laden, Dieu le bénisse, nous est précieux ainsi qu’à tous les Musulmans et n’aura pas été versé en vain. Nous resterons, si Dieu le veut, une malédiction qui poursuivra les Américains et leurs agents, qui les suivra à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs pays.

L’organisation a ajouté qu’un dernier message de ben Laden, dont elle dit qu’il a été enregistré la semaine dernière sera diffuse dans les prochains jours.

4. Le Pakistan savait-il?

C’est l’opinion du sénateur Démocrate du Michigan Carl Levin, président de la Commission sénatoriale des forces armées, qui ouvre une enquête parlementaire sur ce que le gouvernement pakistanais savait au sujet de l’enclave suburbaine de ben Laden. Elle se situait juste en bas de la route où se trouve l’académie militaire pakistanaise.

“Je pense qu’à haut niveau – l’échelon supérieur des services de renseignements – , ils le savaient, » a déclaré le sénateur Levin à ABC News. « Je ne peux pas le prouver. Je pense simplement qu’il est contre-intuitif de ne pas le penser. »

Un haut responsable de l’armée pakistanaise a averti que toute autre opération commando américaine de ce genre dans le pays serait une violation de la souveraineté pakistanaise et nuirait aux relations entre les deux pays. Pour l’instant, l’armée des Etats Unis n’a pas reçu de demande de retrait d’un seul de ses « un peu moins de 300 » soldats actuellement dans le pays, a déclaré vendredi aux journalistes le colonel Dave Lapan, porte parole du Pentagone,

“Nous n’avons été alertés d’aucune nouvelle décision sur la taille de nos effectifs au Pakistan,” a-t-il dit, ajoutant que leur nombre est fluctuant.“

Mort d’Oussama ben laden: une version alternative (avec plus d’action)

5 mai 2011

Pour ceux qui aiment les versions alternatives d’une même histoire, je vous propose la version pakistanaise de la mort d’Oussama ben Laden. 

Une version où on a manifestement plus le sens du show qu’à Washington (où le show était à la maison Blanche) et dans laquelle les GI’s n’ont guère plus que le rôle d’employés de pompes funèbres.

Oussama ben Laden tué à Abbottabad près d’islamabad au Pakistan

par Yang Lina, Xinhuanet (Chine) 2 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Islamabad, 2 mai (Xinhua) – La télévision pakistanaise en ourdou Geo News a cité des officiels des services de renseignements pakistanais qui affirment que le terroriste le plus recherché au monde, Oussma ben Laden, avait été tué au cours d’une opération de recherches lancée par les forces pakistanaises après qu’un hélicoptère de l’armée pakistanaise a été abattu dans les premières heures du lundi à Abbottabad, une ville de montagne à quelque 60 kilomètres au nord d’islamabad, la capitale du Pakistan.

Vers 1h 20 du matin, heure locale, un hélicoptére pakistanais a été abattu par des inconnus dans le secteur de Sikandarabad à Abbottabad. Les forces pakistanaises ont lancé une opération de recherches dans le voisinage et se sont heurtés à un groupe d’inconnus armés. Un échange de tirs s’en est suivi des deux côtés.

A la fin de l’échange de tirs, les forces pakistanaises ont arrêté plusieurs femmes et enfants Arabes ainsi que d’autres personnes armées qui ont ensuite avoué aux forces pakistanaises s’être trouvées avec Oussama ben Laden quand l’échange de tirs a eu lieu et que ben Laden avait été tué dans la fusillade.

La presse locale a rapporté qu’une fois le corps de ben Laden récupéré, deux hélicoptères US se sont rendus sur place et ont emporté la dépouille mortelle de ben Laden.

Des premières informations faisaient état d’au moins une personne tuée et de deux autres blesses dans le crash. Au moins deux maisons nt été prises dans l’énorme incendie causé par le crash de l’hélicoptère.

Une équipe de secours s’est précipitée sur les lieux peu de temps après que le crash ait été signalé et les forces armées ont bouclé le secteur pour lancer une opération de recherché.

Des sources de Xinhua disent avoir essayé de se rendre dans la zone après l’incident, mais aucun journaliste n’a été admis à y pénétrer.

“Personne ne sait si ben Laden a été tué après ce crash d’hélicoptère », indiquent les sources.


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