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Argentine: le chef de la diplomatie Hector Timerman dit ses quatre vérités à l’entité sioniste

9 mars 2013

La presse argentine se fait assez largement l’écho d’un épisode diplomatique pour le moins tendu entre le ministère des affaires étrangères argentin et son équivalent de l’entité sioniste.

Cet épisode est initialement relaté par le journal sioniste Haaretz dans un article dont je vous livre la traduction intégrale. L’incident en question concerne l’accord conclu par l’Argentine avec l’Iran pour relancer les relations bilatérales en levant, sans les annuler, l’obstacle que représentent les poursuites judiciaires engagées par la justice argentine contre plusieurs hauts responsables Iraniens, dont l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi.

J’ignore pourquoi Haaretz a publié cet article, mais on remarquera que le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, tient un langage qu’on aurait peine à imaginer dans la bouche d’un François Hollande qui, après avoir reçu Benjamin Netanyahou, vient de recevoir en grande pompe Shimon Peres, un autre criminel sioniste.

François Hollande a même saisi l’occasion pour se fendre d’une nouvelle déclaration sur la Syrie en présence du chef du gang sioniste..

Si des masques n’étaient pas encore tombés, c’est maintenant chose faite.

Le ministre argentin des affaires étrangères accuse Israël de donner «des munitions aux antisémites,» rapportent des sources

Les propos d’Hector Timerman ont été tenus dans le cadre de critique acerbes contre l’ambassadrice d’Israël après qu’Israël ait essayé d’obtenir des explications sur l’accord irano-argentin pour créer une ‘commission de la vérité’ pour enquêter sur l’attentat à l’explosif contre des locaux associatifs juifs à Buenos Aires en 1994.

Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan) 6 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministre des affaires étrangères argentin Hector Timerman a accusé Israël de donner «des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté» dans le cadre d’une critique d’une dureté exceptionnelle contre Shavit  Dorit ambassadrice d’Israël, selon certaines sources.

L’incident a été provoqué par les démarches d’Israël pour obtenir des explications sur un accord signé entre l’Argentine et l’Iran l ya deux semaines environ.

L’accord crée une «commission de la vérité» pour enquêter sur l’attentat de 1994 contre l’AMIA, le centre communautaire juif de Buenos Aires. 

Quand Israël a eu connaissance de l’accord, son ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur argentin pour lui manifester sa désapprobation dans un entretien au cours duquel le directeur général adjoint du ministère pour l’Amérique latine, Itzhak Shoham, a fait part de son opposition à l’accord et a exigé des explications. 

Ce qui a provoqué la fureur des Argentins et, en réaction, Timerman a convoqué Shavit le 31 janvier pour lui exprimer son mécontentement. 

Selon des sources au ministère des affaires étrangères qui ont pu voir le compte tendu de la rencontre rédigé par Shavit, Timerman était “contrarié et vraiment en colère» du fait qu’Israël ait exigé que l’ambassadeur d’Argentine donne des explications. Il s’est apparemment lancé dans un long monologue dans lequel il a pourfendu Israël pour s’être ingéré dans les affaires internes de l’Argentine et il a même accusé ce genre de comportement d’encourager l’antisémitisme. Shavit avait à peine pu placer un mot pour répondre, vu qu’il l’interrompait constamment, selon nos sources. 

«Israël n’a aucun droit à exiger des explications: nous sommes un Etat souverain,” lui aurait dit Timerman. Israël ne parle pas au nom du peuple juif et ne le représente pas. Les Juifs qui ont voulu ou veulent vivre en Israël sont partis là-bas, et ils en sont les citoyens ; ceux qui vivent en Argentine sont des citoyens argentins. L’attentat visait l’Argentine, et le désir d’Israël de s’impliquer dans cette affaire ne fait que donner des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté.» 

Convoquer l’ambassadeur d’Argentine puis faire fuiter cet évènement dans la presse était une conduite inacceptable, avait-il apparemment poursuivi. «L’Argentine ne convoque  pas l’ambassadeur israélien pour des explications. Si nous voulions, nous pourrions vous convoquer ici deux fois par mois pour exiger des explications sur une opération militaire à Gaza ou sur la construction dans les colonies. Mais nous ne le faisons pas, parce que nous ne voulons pas intervenir dans vos décisions souveraines.» 

Shavit a répondu avec colère, selon nos sources. «En tant qu’Etat juif, Israël se considère dans une certaine mesure comme responsable du bien-être de [tous les] Juifs et traque l’antisémitisme partout dans le monde,» aurait-elle dit à Timerman. «Israël a par conséquent aidé les Juifs à quitter l’Union Soviétique, a fait venir les Juifs d’Ethiopie et, à certains moments, a aussi aidé les Juifs en Argentine. Vous savez sûrement de quoi je parle,» a-t-elle apparemment ajouté, en référence à la propre histoire familiale de Timerman.

Dans les années 1980, le père de Timerman, lui-même Juif, avait été arrêté par la junte militaire de droite qui dirigeait alors le pays parce qu’il était un journaliste qui soutenait la gauche. Il avait été détenu en prison en confinement solitaire mais avait été finalement relâché suite à l’intervention de l’ambassadeur d’Israël en Argentine et de son équipe – dont certains membres sont aujourd’hui de hauts fonctionnaires au ministère des affaires étrangères. Ils avaient abouti à un accord secret avec la junte aux termes duquel le père de Timerman serait autorisé à quitter le pays. Il était parti en Israël pendant quelques années mais était rentré en Argentine après la chute de la dictature.

 Shavit aurait souligné qu’Israël n’essayait pas d’interférer dans les décisions de l’Argentine, mais voulait des explications compte tenu des similitudes entre l’attentat contre l’AMIA et celui qui avait visé l’ambassade israélienne à Buenos Aires deux ans auparavant. La police et les services dé sécurité argentins pensent que l’Iran et le Hezbollah étaient derrière les deux attentats. Timerman a décidé de faire celui qui ne comprenait pas, selon nos sources. 

“Je ne sais pas s’il y a un lien quelconque entre les deux attentats,” a-t-il dit apparemment. «Si Israël a une quelconque information à ce sujet, je vous demande de nous la donner le plus vite possible.» 

Mais malgré le ton acrimonieux de cette rencontre, les officiels du ministère des affaires étrangères disent qu’elle s’est terminée par un accord pour que les deux parties essayent de calmer le jeu et de poursuivre la discussion sereinement par la voie diplomatique.

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Dorit Shavit: nous avons le même drapeau!
Hector Timerman: sur notre drapeau brille un soleil radieux alors que sur le vôtre luit une étoile morte.

Comme je l’ai dit, les informations publiées par Haaretz ont eu un fort écho dans la presse argentine. Le ministre Argentin a d’ailleurs essuyé la critique des cercles sionistes et des milieux politiques traditionnellement très favorables à l’entité sioniste.

Interviewé par une station radio de son pays au sujet de ce désaccord avec le régime sioniste, Hector Timerman ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à renvoyer à certaine vérités :

Le ministre des affaires étrangères Hector Timerman se demande s’il doit  «s’aplatir (j’ai ainsi traduit le mot ‘cagar’ qui a une connotation très vulgaire) parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël,» faisant référence aux démarches de ce pays qui a secouru son père, le journaliste Jacobo Timerman, qui avait été mis en prison par le régime militaire.

C’est en ces termes que Timerman s’est exprimé quant il a été interrogé sur Radio Continental au sujet de l’opposition d’Israël à l’accord signé avec le régime de Mahmoud Ahmadinejad pour juger les Iraniens mis en cause dans l’attentat contre l’association mutuelle israélite perpétré à Buenos Aires en 1994.

 «Mon père était prisonnier, disparu, et il faut que j’aille leur témoigner de ma gratitude. Ou alors,je dois modifier la politique extérieur de l’Argentine et me mettre à plat ventre devant ceux de l’AMIA parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël ? Je n’ai aucune dette. Quand on sauve une personne qui est persécutée, il n’y a pas de dette,» a affirmé le ministre.

Timerman a également demandé à son interlocuteur à la radio ; «Qu’est-ce qu’elle veut [l’ambassadrice sioniste], que je fasse un chèque à Israël pour ce qu’il a fait ?» Loin de clore la polémique, le chef de la diplomatie a insisté : «Pourquoi ne demande-t-elle pas à Marcos Weinstein (président de l’Association des Familles de Disparus Juifs en Argentine) ce qu’il pense du rôle d’Israël avec la dictature ?»

 «Je ne me sens en dette à vis-à-vis de personne, ni de rien et vis-à-vis de tous en même temps. Beaucoup de gens ont aidé mon père, comme il y a eu beaucoup de gens que mon père a aidés,» a conclu Timerman.

Un incident diplomatique qui a permis à ce diplomate de relever deux traits importants de l’histoire du sionisme : son empressement à attiser l’antisémitisme et son soutien à la dictature argentine, un soutien qui s’était exprimé localement par l’intermédiaire de la DAIA, équivalent du CRIF en Argentine.

Je ne sais pas vous, mais moi j’échangerais bien Hector Timerman contre Laurent Fabius (on me souffle que Cristina Fernandez de Kirchner n’est pas du tout d’accord).

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Le parlement argentin dit oui à la réconciliation avec l’Iran

28 février 2013

Ne comptez pas trop sur la presse française pour vous parler de la ratification par le parlement argentin d’un accord conclu entre l’Argentine et l’Iran pour traiter un dossier judiciaire qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis 1994.

La version officielle étant en France que l’Iran est un pays isolé sur la scène internationale même si on a vu récemment Mahmoud Ahmadinejad en visite en Egypte, une première depuis la chute du régime impérial, et si tout le monde avait répondu présent pour la conférence des pays Non Alignés convoquée à Téhéran en août 2012. Dans les deux cas, ces succès de la diplomatie iranienne ont fait enrager nos propagandistes bellicistes qui craignent de se voir privés d’une occasion d’en découdre avec la république islamique.

La ratification de l’accord par le parlement argentin ouvre la voie à une normalisation complète des relations avec l’Iran et donc à leur développement, chose qui sera profitable aux deux pays mais qui est peut-être surtout dans l’intérêt d’une Argentine dont la volonté d’échapper aux griffes de la finance internationale ne fait pas que des heureux.

L’accord prévoit aussi d’examiner la procédure judiciaire conduite par les magistrats et la police argentines depuis 1994. Un examen qui ne débouchera pas sur de grandes révélations pour la simple raison que ceux qui ont les clefs de l’énigme de l’attentat contre l’AMIA sont ceux-là mêmes qui se trouvent derrière la fausse piste iranienne.

L’Argentine approuve un accord avec l’Iran sur l’attentat contre l’AMIA

Le Parlement autorise une commission de juristes à examiner la procédure judiciaire qui accuse Téhéran de l’attentat

EFE , El Pais (Espagne) 28 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Après plus de treize heures de débat, le parlement argentin a ratifié l’accord avec l’Iran pour enquêter sur l’attentat contre l’AMIA, l’association israélite, qui avait été perpétré en 1994 à Buenos Aires.

Le projet du gouvernement de Cristina Fernandez a été approuvé par 131 voix pour et 113 contre, dans une journée tendue marquée par la mobilisation des familles des victimes de l’attentat contre l’AMIA

Des centaines de personnes ont défilé avec les organisations politiques et associatives devant le parlement argentin en rejet de l’accord avec l’Iran au cours d’une manifestation organisée par l’Association pour l’élucidation du massacre impuni de l’AMIA, avec parmi elles des proches des 85 personnes tuées dans l’attentat, avec la participation de la Délégation des Associations Israélites d’Argentine (DAIA, équivalent de la LICRA), le bras politique de la communauté juive locale

Manifestants de la communauté juive qui disent non au traité et non à la vérité sur l'attentat contre l'AMIA

Buenos Aires: manifestation d’organisations juives qui disent non à l’accord et non à la vérité sur l’attentat contre l’AMIA

Lors d’une cérémonie devant l’entrée du parlement, les organisateurs ont lu un document pour exiger que soit mis «un terme à l’impunité dans le cas AMIA » et pour rejeter l’accord avec l’Iran, qu’ils ont stigmatisé en tant que «nouvel acte de dissimulation et d’impunité »» dont l’objectif est de fermer définitivement ce dossier. »

L’accord conclu en janvier dernier avec l’Iran, et ratifié par le Sénat, prévoit la création d’une commission de juristes pour examiner la procédure judicaire sur l’attentat et interroger à Téhéran ceux qui sont accusés d’avoir fait exploser le siège de l’AMIA à Buenos Aires, Argentine.

Selon le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, l’accord permettra aux Iraniens d’interroger uniquement nécessaire pour la Justice pesant sur les mandats d’arrêt en Argentine avec «alerte rouge» par Interpol permettra d’interroger uniquement les Iraniens recherchés par la justice argentine et sur lesquels pèsent des mandats d’arrêt internationaux avec ‘alerte rouge’ à Interpol.

Ces personnes recherchées sont le ministre Iranien de la défense, Ahmad Vahidi ; l’ex ministre de l’information Ali Fallahijan ; l’ex conseiller du gouvernement Mohsen Rezai, l’ex attaché de l’ambassade iranienne à Buenos Aires, Ahmad Reza Ashgari

Mais l’accord exclut d’interroger l’ancien vice ministre des affaires étrangères pour l’Afrique, Hadi Soleimanpour ; l’ancien chef de l’Etat iranien, Ali Akbar Rafsanjani et l’ancien ministre des affaires étrangères Ali Akbar Velayati, recherchés par la justice argentine depuis 2006, mais sans ‘alerte rouge’ à Interpol.

L’attentat contre l’AMIA fut la deuxième attaque terroriste contre les intérêts juifs en Argentine, après l’explosion d’une bombe devant l’ambassade d’Israël à Buenos Aires qui avait tué 29 personnes en 1992.

Relations avec l’Iran: le gouvernement argentin à la lutte avec le lobby sioniste

11 février 2013

L’attentat  meurtrier perpétré en 1994 contre l’AMIA (Association Mutuelle Israélite) à Buenos Aires avait permis au sionisme de prendre en main fermement la communauté juive organisée en Argentine et porté un coup sévère à des relations avec l’Iran promises sinon à un bel avenir.

Il suffit pour comprendre l’ampleur du problème de signaler que la justice argentine a fini par inculper plusieurs hauts responsables Iraniens dont Ahmad Vahidi, l’actuel ministre de la défense de la république islamique.

Il n’en reste pas moins que le dossier judiciaire à charge contre l’Iran est vide et que les inculpations faites par la justice argentine résultent de pressions à la fois internes, le lobby sioniste en Argentine, et externes, l’entité sioniste et surtout le gouvernement des Etats Unis.

On l’aura compris, les accusations contre l’Iran étaient d’abord motivées politiquement pour des intérêts qui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’Etat argentin.

Depuis 1994, la situation politique a cependant évolué en Argentine, une évolution qui s’est accélérée sous la direction de l’actuelle présidente, Cristina Fernanda de Kirchner et qui se traduit par une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats Unis.

Sur le plan international, cette évolution s’est traduite par une volonté de relance des relations avec l’Iran.

Mme Kirchner ne pouvait cependant pas ignorer la difficulté induite par la procédure judiciaire pendante même si, comme on le comprendra, elle a sans doute son opinion sur la réalité de l’implication de l’Iran dans l’attentat contre l’ AMIA.

D’où une idée ingénieuse qui va ouvrir la voie à une relance des relations entre les deux pays sans faire cependant fi du problème judiciaire : les deux diplomaties se sont en effet entendues sur un mémorandum d’entente.

Cet mémorandum qui doit être validé par le parlement argentin a pour but de permettre à la justice de suivre son cours :

L’accord avec la république Islamique annoncé par la même CFK à la fin janvier, stipule que le juge et le procureur chargés du dossier pourront se rendre, avec l’autorisation de la Cour Suprême de Justice, à Téhéran où ils soumettront à l’interrogatoire les inculpés signalés par une «note rouge» à Interpol, dans le respect des normes du code pénal argentin. Les résultats de l’enquête pourront être utilisés pour décider du statut des suspects au regard de la procédure. Il permettra aussi la constitution d’une commission de juristes de pays tiers qui veilleront à la validité de la procédure. L’accord est suspendu à l’approbation des parlements des deux pays.

Comme on le voit, les deux pays ont fait des gestes significatifs afin de surmonter un obstacle des plus épineux et faire avancer la vérité, ce dont tout le monde devrait se réjouir.

Le conditionnel est de mise car deux pays ont déjà fait connaître leur désaccord : l’entité sioniste et les Etats Unis !

A ces voix étatiques, il faut ajouter celles des organisations juives argentines dont la DAIA (équivalent de la LICRA) et l’AMIA.

Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010

Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010

Les propos de Guillermo Borger, président de cette dernière organisation, ont eu le don d’irriter Mme Kirchner. En effet, pour justifier son désaccord avec la procédure imaginée par les autorités argentines et iraniennes, M. Borger a prévenu que sa ratification par le parlement argentin ouvrirait la voie à un troisième attentat.

Je vous laisse lire la réaction courroucée de Mme Kirchner qui somme M. Borger de donner les informations en sa possession à ce sujet tout en observant qu’aucune des parties signataires ne saurait être derrière ce troisième attentat qui se profilerait selon le dirigeant associatif Juif.

Sous-entendu de la présidente : ce sont les partie hostiles à cet accord qui pourraient avoir intérêt à ce futur troisième attentat.

De là à penser que la présidente argentine a sa propre opinion sur la nature des auteurs de l’attentat contre l’AMIA, il y a un pas que je n’hésite pas à franchir.

CFK «préoccupée» par l’avertissement donné par le dirigeant de l’AMIA au sujet d’un troisième attentat

Pagina 12 (Argentine) 9 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La présidente Cristina Kirchner s’est déclarée «choquée» par le propos du président de l’AMIA, Guillermo Borger, qui a affirmé hier que le mémorandum d’entente signé par l’Argentine avec l’Iran pour faire la lumière sur l’attentat de 1994 contre l’association juive «allait ouvrir la voie à un troisième attentat.» Via Twitter, la présidente lui a demandé «Qu’est-ce que vous savez pour (pouvoir faire] une affirmation aussi terrible ?» et a considéré que «le peuple et la justice ont doivent et méritent de savoir ce dont il a connaissance.»

Hier, quand on l’a questionné sur l’accord – qui doit être débattu à partir de mercredi par les trois commissions du Sénat-, Borger a prévenu que «aller de l’avant vers cet accord ouvre la voie à un troisième attentat parce que ce serait nous soumettre complètement.» Cette critique était dans la même ligne que celle du président de la DAIA, Julio Schlosser, qui a rejeté lui aussi le mémorandum et a considéré que le texte officiel manque de «la clarté que mérite l’affaire.»

Devant cette affirmation, la président s’est demandée : «Qui serait l’auteur intellectuel et matériel [de l’attentat] ?» parce que, a-t-elle ajouté, «il est évident que ce ne pourrait en aucun cas être un des pays signataires» de l’accord conclu en Ethiopie. «Ce seraient ceux qui s’opposent à l’accord ? Des pays, des services de renseignements. Qui ?,» a-t-elle insisté.

«Mais en plus – a-t-elle ajouté-, quel(s) sera ou seront les objectifs… ou serions-nous les objectifs ? Me viennent en tête avec une douleur lancinante les mots de Zulema Yoma affirmant que la mort de son fils fut le troisième attentat terroriste après les bombes contre l’ambassade d’Israël et l’AMIA. J’an ai la chair de poule.»

La présidente a observé que Borger est «une personne respectable» mais elle a affirmé cependant avoir lu «avec beaucoup d’inquiétude» ses déclarations. Raison pour laquelle elle a dit que « le peuple argentin en général et la justice en particulier doivent et méritent de savoir ce dont a connaissance Guillermo Borger» qui l’a amené à faire cet avertissement.

Incidemment, les péripéties relatives aux relations irano-argentines nous permettent de mieux comprendre la nature de l’entité sioniste

On peut en effet lire dans le journal argentin Clarin que le même Guillermo Borger, président de l’Association Mutuelle Israélite Argentine, qui est un citoyen argentin, est allé faire part de ses doléances relatives à l’accord irano-argentin à … l’ambassade des Etats Unis à Buenos Aires.

Ce fait n’est qu’une indication de plus que, contrairement à ce qu’on nous serine, le véritable Etat juif n’est pas l’entité sioniste mais les Etats Unis : non seulement le pseudo Etat juif aurait disparu depuis un certain temps sans l’appui diplomatique, militaire et économique des Etats Unis mais les organisations communautaristes juives présentes dans un certain nombre de pays de par le monde savent parfaitement à quelle porte il convient de frapper pour obtenir gain de cause.

Rien n’a vraiment changé depuis l’époque du règne de l’Empereur Guillaume II !

Retrouvailles entre l’Iran et l’Argentine

29 septembre 2012

Voilà une information typique de ce que la presse française tend à escamoter ou à aborder superficiellement alors qu’elle touche à quelque chose de très important.

Ce quelque chose n’est rien moins que le rapprochement en cours entre l’Argentine et l’Iran en dépit d’un contentieux très lourd puisque neuf Iraniens, dont un ministre en exercice et un ancien président de la république, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice argentine.

Ces mandats d’arrêt concernent un attentat qui avait visé le siège d’une importante association juive à Buenos Aires et dont l’Iran avait été accusé conjointement avec le Hezbollah.

Le dossier contre l’Iran est vide mais il s’agit d’une affaire dont les contours judiciaires avaient été tracés immédiatement par l’entité sioniste et le gouvernement des Etats Unis dans le sens de la désignation du gouvernement iranien et de l’organisation libanaise comme respectivement commanditaire et auteur du crime.

Vous trouverez sur ce blog des informations sur cette affaire qui était venue nuire à des relations irano-argentines qui étaient sur le point de connaître un développement remarquable.

Les deux gouvernements veulent aujourd’hui s’entendre sur une démarche permettant de faire la lumière sur l’attentat, ce qui indispose grandement le régime sioniste pour qui la vérité est celle qu’il a dictée dès le début et qu’il a imposée en utilisant ses relais habituels (je crois qu’on appelle ça des sayanim).

 

L’Argentine d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et elle affirme son indépendance vis-à-vis de la tutelle du FMI et donc des Etats Unis. Il en découle une indépendance sur un autre plan qui est celui de la diplomatie qui rejoint ainsi celle d’autres pays comme Cuba ou le Nicaragua.

Et j’imagine que l’Argentine a un intérêt bien concret à vouloir retisser des liens avec la république islamique.

On voit une fois de plus que, contrairement à ce que nous racontent nos journaux, l’Iran n’est pas du tout un pays isolé sur la scène internationale.

L’Argentine et l’Iran renouent le dialogue après six années de tension

Les relations s’étaient dégradées après l’émission par l’Argentine d’un mandat d’arrêt contre des terroristes iraniens

Par Alejandro Rebossio, El Pais (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’Argentine et l’Iran ont renoué le dialogue politique ce jeudi. Les deux pays mettent ainsi fin à six années de tension liées au mandat d’arrêt international émis par la justice de Buenos Aires contre 9 iraniens qui ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de leur pays et qui sont accusés d’avoir perpétré l’attentat contre le siège de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA) dans la capitale sud américaine en 1994, un attentat qui avait coûté la vie à 85 personnes.

Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad avait proposé cette semaine un dialogue pour « parvenir à la vérité » sur l’attentat terroriste contre l’AMIA, et la présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner a accepté mardi la proposition lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU à New York. La présidente a précisé que tout accord conclu avec l’Iran sera soumis à l’approbation du parlement argentin. Dans son allocution jeudi à l’ONU, Ahmadinejad a souhaité la fin des «malentendus» avec l’Argentine, dont il impute la responsabilité à des tierces parties, et il a suggéré la mise en place d’une commission pour identifier les auteurs de l’attentat. L’Iran réfute toute participation à l’attentat dont on suppose qu’il a aussi impliqué le Hezbollah, le mouvement libanais de guérilla pro iranien. L’actuel ministre iranien de la défense, Ahmad Vahidi, est une des neuf personnes recherchées par la justice argentine, tout comme l’ancien président Ali Rafsanjani.

Finalement, les ministres des affaires étrangères des deux pays, l’iranien Ali Akbar Salehi et l’argentin  Héctor Timerman, qui appartient en outre à l’importante communauté juive de son pays (250 000 personnes). En effet, une organisation judéo-argentine a rejeté la reprise du dialogue avec l’Iran au motif que la proposition du gouvernement iranien était une «blague». Les ministres se sont engagés à organiser le mois prochain à Genève une rencontre entre des représentants de leurs institutions judiciaires pour explorer la création d’un mécanisme juridique pour établir la vérité sur l’AMIA «qui ne soit pas en contradiction » avec les systèmes judiciaires de l’un et de l’autre pays, ainsi que l’a expliqué le gouvernement argentin. De plus, les deux gouvernements ont proposé de maintenir les discussions jusqu’à l’aboutissement à une solution «mutuellement satisfaisante» sur «toutes les questions liées à l’attentat.»

Hector Timerman et Ali Akbar Salehi

La reprise du dialogue entre l’Argentine et l’Iran a provoqué un malaise en Israël et aux Etats Unis, deux pays qui cherchent à isoler Téhéran à cause de son développement présumé de l’arme nucléaire. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a fait savoir qu’il était «très déçu» par la rencontre entre les ministres de l’Argentine et de l’Iran. «L’expérience nous enseigne que l’Iran n’arrive pas les mains propres dans le dialogue sur sa responsabilité dans les actes terroristes dans le monde, comme celui de l’AMIA, pas plus qu’il ne l’est par rapport à son programme nucléaire,» a déclaré le gouvernement israélien dans un communiqué émis par son ambassade à Buenos Aires.

Malgré la déception de Tel Aviv, les ministres des affaires étrangères d’Argentine et d’Israël, Timerman et Avigdor Lieberman se sont rencontrés vendredi à Tel Aviv. Timerman a fait part de sa «surprise» devant les déclarations du gouvernement de Netanyahou et il a affirmé que «le ministre  Liberman et les membres de sa délégation avaient indiqué ne pas être au courant» du communiqué dont a eu connaissance Buenos Aires. Il a également souligné que «la résolution pacifique des conflits correspond à la volonté du peuple argentin.»

Les Etats Unis ont eux aussi fait connaître leur position sur la décision de l’Argentine, dont les relations avec l’Iran contrastent avec les liens étroits que ce pays asiatique entretient avec Cuba, le Venezuela, l’Equateur et le Nicaragua dans le cadre de sa stratégie pour élargir son influence en Amérique latine. La Secrétaire d’Etat adjointe des Etats Unis pour les affaires de l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, a déclaré vendredi que « ce n’est pas le moment pour un rapprochement avec l’Iran, mais au contraire de rester fermement unis derrière les résolutions de l’ONU.» [la plupart des sanctions infligées à l’Iran sont unilatérales et hors cadre onusien, NdT] Le président des Etats Unis, Barack Obama, a affirmé mardi à l’ONU qu’il ferait « ce qu’il devait faire» pour éviter que l’Iran obtienne son arme nucléaire.


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