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Relance de l’enquête sur l’attentat contre l’Association Mutuelle Israélite Argentine en 1994: un ancien ministre (juif nous dit la presse sioniste) impliqué

1 juillet 2013

L’affaire de l’attentat meurtrier  contre l’Association Mutuelle Israélite Argentine perpétré en 1994 a récemment refait surface en France suite à l’élection présidentielle iranienne.

En effet, Hassan Rohani, le successeur de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de l’Iran a beau avoir une réputation de modéré en comparaison de son impétueux prédécesseur, il n’en reste pas moins accusé par les organisations juives et sionistes d’être un des instigateurs de cet attentat.

Des accusations à ce propos ont en effet surgi sous forme d’un dossier dans une feuille de chou néoconservatrice américaine avant d’être reprises comme il se doit par le reste des médias sionistes, dans l’entité sioniste par le Yediot Aharonot ou en France par le site du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF).

Ce blog a consacré quelques articles au sujet de l’attentat contre l’AMIA, un crime que le gouvernement iranien n’avait aucun intérêt à commettre ou à ourdir puisque une de ses conséquences fut un coup d’arrêt à des relations diplomatiques et commerciales en plein développement.

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Les locaux de l’AMIA après l’attentat de 1994

Après des années d’enquêtes bâclées et orientées qui ont servi de base à des poursuites judiciaires contre de hauts responsables iraniens, comme le ministre de la défense Ahmad Vahidi ou l’ancien président Hachemi Rafsanjani, le gouvernement de Mme Kirchner semble décidé à remettre l’enquête sur de bons rails et s’est assuré de la coopération de la république islamique d’Iran.

Cette réorientation de l’approche de l’affaire avait donné lieu à des propos acerbes tenus par Hector Timerman, le chef de la diplomatie argentine et par la présidente à l’égard de certains dirigeants de la communauté juive argentine.

Après les paroles, c’est maintenant le temps des actes puisque la justice argentine vient de décider le lancement d’une enquête sur les agissements du ministre de l’intérieur de l’époque, un Juif nous dit le Jerusalem Post, qui aurait soudoyé un témoin capital.

Cette information n’est pas reprise par la grande presse occidentale, pas plus aux Etats Unis qu’en France.

Or l’attentat contre l’AMIA est un des crimes brandis pour démontrer que l’Iran est un Etat terroriste qu’il faut étrangler économiquement avant de l’attaquer militairement pour satisfaire les exigences de la clique de cinglés qui gouverne à Tel Aviv.

Notez que le titre du Jerusalem Post parle d’un « officiel » et pas d’un ministre et d’un attentat sans préciser qu’il s’agit de celui contre l’AMIA!

Un ex officiel juif du gouvernement argentin va faire l’objet d’une enquête concernant un attentat

par JTA, Jerusalem Post (entité sioniste) 1er juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

BUENOS AIRES, Argentine  – L’ex ministre de l’intérieur juif de l’Argentine va faire l’o’bjet dd’une enquête pour ses liens avec l’attentat contre l’Association Mutuelle Israélite (AMIA)

La cour d’appel fédérale de Buenos Aires a ordonné la semaine dernière une enquête sur Carlos Vladimir Corach en relation avec le versement illégal de 400 000 dollars à Carlos Telleldin, un mécanicien auto qui figurait parmi les accusés pour l’attentat de 1994 qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés.

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Carlos Vladimir Corach

Telleldin, qui aurait été le fournisseur du véhicule piégé qui avait fait sauter le centre communautaire juif n’a pas été inculpé.

Les trois juges de la cour d’appel ont appelé le juge fédéral Ariel Lijo à enquêter sur «l’existence d’allégations concrètes impliquant Carlos Vladimir Corach qui n’ont pas fait l’objet d’investigations jusqu’à présent » au sujet de payements illégaux à Telleldin.

Corach était ministre de l’intérieur du gouvernement de Carlos Menem dans les années 1990. Il a été le responsable de l’acquisition du bâtiment dédié au musée de l’holocauste à Buenos Aires et avait été le principal orateur lors de son inauguration.

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Habillons en Hitler le nouveau chef de l’Etat iranien

20 juin 2013

Il y a eu beaucoup d’emballement en Occident autour de l’élection du nouveau président iranien, M. Hassan Rohani, présenté comme quelqu’un de plus modéré que Mahmoud Ahmadinejad. «Rohani, modéré et favori des Occidentaux, élu président» peut-on lire sur le site de RTL.

Parce que Rohani est, dit-on, un proche de Hachemi Rafsanjani, lui-même réputé être un modéré et qui avait lui-même été président de la république islamique d’Iran.

Ce curieux emballement de l’Occident pour un clerc, un dignitaire religieux qui vient succéder à un laïc, a de quoi laisser perplexe, il a quelque peu décontenancé les dirigeants sionistes qui ont l’œil rivé sur la fameuse ligne tracée par Benjamin Netanyahou devant une Assemblée Générale de l’ONU ravalée par lui au rang de réunion de crétins.

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Il était donc urgent pour la clique sioniste de pouvoir rapidement habiller en Hitler le président fraîchement élu.

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Comment forcer Rohani à porter lui aussi le képi nazi?

Alors les officines sionistes se sont décarcassées et ont «trouvé» le mal absolu qui habite Hassan Rohani.

On peut en effet lire dans le Yediot Aharonot, ce journal de l’entité sioniste, que

Un journal américain affirme que le président élu était membre de la commission spéciale qui avait ourdi l’attentat de 1994 contre un centre communautaire juif [de Buenos Aires] qui avait tué 85 personnes

L’attentat dont il est question est celui qui avait visé l’Association Mutuelle Israélite Argentine dont le régime iranien avait été accusé après une enquête bâclée qui avait vu l’immixtion des services sionistes et de ceux des Etats Unis. La justice argentine avait même émis des mandats d’arrêt internationaux contre certains dirigeants Iraniens, dont Rafsanjani (le fameux modéré).

Cette affaire a énormément nui à des relations irano-argentines qui étaient à l’époque en plein essor, notamment dans le domaine nucléaire, l’Argentine étant un des rares pays à avoir développé sa propre technologie dans ce domaine.

Les deux pays sont en voie de régler ce problème de manière intelligente sans renoncer au droit à la justice et à la vérité, ce qui déplaît à tous ceux qui sont hostiles au gouvernement iranien, à  celui de Mme Kirchner ou aux deux.

L’accusation portée par le journal américain fait donc d’une pierre deux coups : remettre le dossier de l’AMIA à l’ordre du jour médiatique et diaboliser le nouveau chef de l’Etat avant qu’il ait vraiment commencé à articuler sa politique.

Mais au fait, quel est ce journal américain auquel se réfère le Yediot ?

Il s’agit du Washington Free Beacon.

Franchement je n’en avais jamais entendu parler et je trouve quand même étrange qu’un média  publié à des milliers de kilomètres des Etats Unis se réfère à un journal dont la notoriété est sans commune mesure avec celle du Washington Post, du New York Times ou même de la Billings Gazette.

Alors je suis allé sur le site de ce journal qui propose en effet tout un dossier sur la responsabilité supposée de Hasan Rohani dans l’attentat perpétré en Argentine.

La « Une » sur internet de ce journal reflète nettement des positions [néo] conservatrices. Un des titres est par exemple :

Liz Cheney : Obama a raison : il est très loin d’être l’homme ou le leader qu’est Dick Cheney.

En fait, on a vraiment l’impression d’être devant une feuille de chou subventionnée pour donner un semblant d’écho médiatique dans le microcosme cher à Raymond Barre.

Le Washington Free Beacon [sûrement ‘free’ parce qu’il est gratuit] est une publication du Center for American Freedom, une officine néoconservatrice qui permet de rémunérer toutes taxes déduites des pseudo journalistes, sociologues et politologues.

Le président du Center for American Freedom est un certain Michael Goldfarb qui est entre autres aussi  conseiller à l’Emergency Committee for Israel.

Ces gens cumulent en effet des fonctions à différents niveaux hiérarchiques dans diverses institutions pseudo-académiques ou d’incitation à la censure sur tout ce qui gêne le régime sioniste. Il va sans dire que ce cumul de fonctions s’accompagne d’un cumul de rémunérations.

Un autre individu présent à la tête de ce Center for American Freedom est William Kristol, une figure bien connue du néoconservatisme après un passage par le trotskysme (incidemment les trotskystes occidentaux sont généralement favorables aux interventions militaires humanitaires en Libye ou en Syrie). Kristol est, faut-il le préciser, un inconditionnel de l’Etat prétendu juif.

On peut enfin citer Jaime Sneider , connu pour un éditorial dans lequel il dénonçait feu Edward Saïd pour avoir jeté une pierre à travers la frontière entre le Liban et la Palestine occupée.

Voilà : la source sur laquelle s’appuie le journal sioniste n’est rien d’autre qu’une émanation d’une officine sioniste qui agit au cœur su système politique et médiatique américain pour promouvoir des objectifs qui n’ont pas grand-chose à voir avec la sécurité ou la prospérité des Etats Unis

Argentine: le chef de la diplomatie Hector Timerman dit ses quatre vérités à l’entité sioniste

9 mars 2013

La presse argentine se fait assez largement l’écho d’un épisode diplomatique pour le moins tendu entre le ministère des affaires étrangères argentin et son équivalent de l’entité sioniste.

Cet épisode est initialement relaté par le journal sioniste Haaretz dans un article dont je vous livre la traduction intégrale. L’incident en question concerne l’accord conclu par l’Argentine avec l’Iran pour relancer les relations bilatérales en levant, sans les annuler, l’obstacle que représentent les poursuites judiciaires engagées par la justice argentine contre plusieurs hauts responsables Iraniens, dont l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi.

J’ignore pourquoi Haaretz a publié cet article, mais on remarquera que le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, tient un langage qu’on aurait peine à imaginer dans la bouche d’un François Hollande qui, après avoir reçu Benjamin Netanyahou, vient de recevoir en grande pompe Shimon Peres, un autre criminel sioniste.

François Hollande a même saisi l’occasion pour se fendre d’une nouvelle déclaration sur la Syrie en présence du chef du gang sioniste..

Si des masques n’étaient pas encore tombés, c’est maintenant chose faite.

Le ministre argentin des affaires étrangères accuse Israël de donner «des munitions aux antisémites,» rapportent des sources

Les propos d’Hector Timerman ont été tenus dans le cadre de critique acerbes contre l’ambassadrice d’Israël après qu’Israël ait essayé d’obtenir des explications sur l’accord irano-argentin pour créer une ‘commission de la vérité’ pour enquêter sur l’attentat à l’explosif contre des locaux associatifs juifs à Buenos Aires en 1994.

Par Barak Ravid, Haaretz (Sionistan) 6 février 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le ministre des affaires étrangères argentin Hector Timerman a accusé Israël de donner «des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté» dans le cadre d’une critique d’une dureté exceptionnelle contre Shavit  Dorit ambassadrice d’Israël, selon certaines sources.

L’incident a été provoqué par les démarches d’Israël pour obtenir des explications sur un accord signé entre l’Argentine et l’Iran l ya deux semaines environ.

L’accord crée une «commission de la vérité» pour enquêter sur l’attentat de 1994 contre l’AMIA, le centre communautaire juif de Buenos Aires. 

Quand Israël a eu connaissance de l’accord, son ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur argentin pour lui manifester sa désapprobation dans un entretien au cours duquel le directeur général adjoint du ministère pour l’Amérique latine, Itzhak Shoham, a fait part de son opposition à l’accord et a exigé des explications. 

Ce qui a provoqué la fureur des Argentins et, en réaction, Timerman a convoqué Shavit le 31 janvier pour lui exprimer son mécontentement. 

Selon des sources au ministère des affaires étrangères qui ont pu voir le compte tendu de la rencontre rédigé par Shavit, Timerman était “contrarié et vraiment en colère» du fait qu’Israël ait exigé que l’ambassadeur d’Argentine donne des explications. Il s’est apparemment lancé dans un long monologue dans lequel il a pourfendu Israël pour s’être ingéré dans les affaires internes de l’Argentine et il a même accusé ce genre de comportement d’encourager l’antisémitisme. Shavit avait à peine pu placer un mot pour répondre, vu qu’il l’interrompait constamment, selon nos sources. 

«Israël n’a aucun droit à exiger des explications: nous sommes un Etat souverain,” lui aurait dit Timerman. Israël ne parle pas au nom du peuple juif et ne le représente pas. Les Juifs qui ont voulu ou veulent vivre en Israël sont partis là-bas, et ils en sont les citoyens ; ceux qui vivent en Argentine sont des citoyens argentins. L’attentat visait l’Argentine, et le désir d’Israël de s’impliquer dans cette affaire ne fait que donner des munitions aux antisémites qui accusent les Juifs de double loyauté.» 

Convoquer l’ambassadeur d’Argentine puis faire fuiter cet évènement dans la presse était une conduite inacceptable, avait-il apparemment poursuivi. «L’Argentine ne convoque  pas l’ambassadeur israélien pour des explications. Si nous voulions, nous pourrions vous convoquer ici deux fois par mois pour exiger des explications sur une opération militaire à Gaza ou sur la construction dans les colonies. Mais nous ne le faisons pas, parce que nous ne voulons pas intervenir dans vos décisions souveraines.» 

Shavit a répondu avec colère, selon nos sources. «En tant qu’Etat juif, Israël se considère dans une certaine mesure comme responsable du bien-être de [tous les] Juifs et traque l’antisémitisme partout dans le monde,» aurait-elle dit à Timerman. «Israël a par conséquent aidé les Juifs à quitter l’Union Soviétique, a fait venir les Juifs d’Ethiopie et, à certains moments, a aussi aidé les Juifs en Argentine. Vous savez sûrement de quoi je parle,» a-t-elle apparemment ajouté, en référence à la propre histoire familiale de Timerman.

Dans les années 1980, le père de Timerman, lui-même Juif, avait été arrêté par la junte militaire de droite qui dirigeait alors le pays parce qu’il était un journaliste qui soutenait la gauche. Il avait été détenu en prison en confinement solitaire mais avait été finalement relâché suite à l’intervention de l’ambassadeur d’Israël en Argentine et de son équipe – dont certains membres sont aujourd’hui de hauts fonctionnaires au ministère des affaires étrangères. Ils avaient abouti à un accord secret avec la junte aux termes duquel le père de Timerman serait autorisé à quitter le pays. Il était parti en Israël pendant quelques années mais était rentré en Argentine après la chute de la dictature.

 Shavit aurait souligné qu’Israël n’essayait pas d’interférer dans les décisions de l’Argentine, mais voulait des explications compte tenu des similitudes entre l’attentat contre l’AMIA et celui qui avait visé l’ambassade israélienne à Buenos Aires deux ans auparavant. La police et les services dé sécurité argentins pensent que l’Iran et le Hezbollah étaient derrière les deux attentats. Timerman a décidé de faire celui qui ne comprenait pas, selon nos sources. 

“Je ne sais pas s’il y a un lien quelconque entre les deux attentats,” a-t-il dit apparemment. «Si Israël a une quelconque information à ce sujet, je vous demande de nous la donner le plus vite possible.» 

Mais malgré le ton acrimonieux de cette rencontre, les officiels du ministère des affaires étrangères disent qu’elle s’est terminée par un accord pour que les deux parties essayent de calmer le jeu et de poursuivre la discussion sereinement par la voie diplomatique.

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Dorit Shavit: nous avons le même drapeau!
Hector Timerman: sur notre drapeau brille un soleil radieux alors que sur le vôtre luit une étoile morte.

Comme je l’ai dit, les informations publiées par Haaretz ont eu un fort écho dans la presse argentine. Le ministre Argentin a d’ailleurs essuyé la critique des cercles sionistes et des milieux politiques traditionnellement très favorables à l’entité sioniste.

Interviewé par une station radio de son pays au sujet de ce désaccord avec le régime sioniste, Hector Timerman ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à renvoyer à certaine vérités :

Le ministre des affaires étrangères Hector Timerman se demande s’il doit  «s’aplatir (j’ai ainsi traduit le mot ‘cagar’ qui a une connotation très vulgaire) parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël,» faisant référence aux démarches de ce pays qui a secouru son père, le journaliste Jacobo Timerman, qui avait été mis en prison par le régime militaire.

C’est en ces termes que Timerman s’est exprimé quant il a été interrogé sur Radio Continental au sujet de l’opposition d’Israël à l’accord signé avec le régime de Mahmoud Ahmadinejad pour juger les Iraniens mis en cause dans l’attentat contre l’association mutuelle israélite perpétré à Buenos Aires en 1994.

 «Mon père était prisonnier, disparu, et il faut que j’aille leur témoigner de ma gratitude. Ou alors,je dois modifier la politique extérieur de l’Argentine et me mettre à plat ventre devant ceux de l’AMIA parce que je suis supposé avoir une dette envers Israël ? Je n’ai aucune dette. Quand on sauve une personne qui est persécutée, il n’y a pas de dette,» a affirmé le ministre.

Timerman a également demandé à son interlocuteur à la radio ; «Qu’est-ce qu’elle veut [l’ambassadrice sioniste], que je fasse un chèque à Israël pour ce qu’il a fait ?» Loin de clore la polémique, le chef de la diplomatie a insisté : «Pourquoi ne demande-t-elle pas à Marcos Weinstein (président de l’Association des Familles de Disparus Juifs en Argentine) ce qu’il pense du rôle d’Israël avec la dictature ?»

 «Je ne me sens en dette à vis-à-vis de personne, ni de rien et vis-à-vis de tous en même temps. Beaucoup de gens ont aidé mon père, comme il y a eu beaucoup de gens que mon père a aidés,» a conclu Timerman.

Un incident diplomatique qui a permis à ce diplomate de relever deux traits importants de l’histoire du sionisme : son empressement à attiser l’antisémitisme et son soutien à la dictature argentine, un soutien qui s’était exprimé localement par l’intermédiaire de la DAIA, équivalent du CRIF en Argentine.

Je ne sais pas vous, mais moi j’échangerais bien Hector Timerman contre Laurent Fabius (on me souffle que Cristina Fernandez de Kirchner n’est pas du tout d’accord).

Le parlement argentin dit oui à la réconciliation avec l’Iran

28 février 2013

Ne comptez pas trop sur la presse française pour vous parler de la ratification par le parlement argentin d’un accord conclu entre l’Argentine et l’Iran pour traiter un dossier judiciaire qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis 1994.

La version officielle étant en France que l’Iran est un pays isolé sur la scène internationale même si on a vu récemment Mahmoud Ahmadinejad en visite en Egypte, une première depuis la chute du régime impérial, et si tout le monde avait répondu présent pour la conférence des pays Non Alignés convoquée à Téhéran en août 2012. Dans les deux cas, ces succès de la diplomatie iranienne ont fait enrager nos propagandistes bellicistes qui craignent de se voir privés d’une occasion d’en découdre avec la république islamique.

La ratification de l’accord par le parlement argentin ouvre la voie à une normalisation complète des relations avec l’Iran et donc à leur développement, chose qui sera profitable aux deux pays mais qui est peut-être surtout dans l’intérêt d’une Argentine dont la volonté d’échapper aux griffes de la finance internationale ne fait pas que des heureux.

L’accord prévoit aussi d’examiner la procédure judiciaire conduite par les magistrats et la police argentines depuis 1994. Un examen qui ne débouchera pas sur de grandes révélations pour la simple raison que ceux qui ont les clefs de l’énigme de l’attentat contre l’AMIA sont ceux-là mêmes qui se trouvent derrière la fausse piste iranienne.

L’Argentine approuve un accord avec l’Iran sur l’attentat contre l’AMIA

Le Parlement autorise une commission de juristes à examiner la procédure judiciaire qui accuse Téhéran de l’attentat

EFE , El Pais (Espagne) 28 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Après plus de treize heures de débat, le parlement argentin a ratifié l’accord avec l’Iran pour enquêter sur l’attentat contre l’AMIA, l’association israélite, qui avait été perpétré en 1994 à Buenos Aires.

Le projet du gouvernement de Cristina Fernandez a été approuvé par 131 voix pour et 113 contre, dans une journée tendue marquée par la mobilisation des familles des victimes de l’attentat contre l’AMIA

Des centaines de personnes ont défilé avec les organisations politiques et associatives devant le parlement argentin en rejet de l’accord avec l’Iran au cours d’une manifestation organisée par l’Association pour l’élucidation du massacre impuni de l’AMIA, avec parmi elles des proches des 85 personnes tuées dans l’attentat, avec la participation de la Délégation des Associations Israélites d’Argentine (DAIA, équivalent de la LICRA), le bras politique de la communauté juive locale

Manifestants de la communauté juive qui disent non au traité et non à la vérité sur l'attentat contre l'AMIA

Buenos Aires: manifestation d’organisations juives qui disent non à l’accord et non à la vérité sur l’attentat contre l’AMIA

Lors d’une cérémonie devant l’entrée du parlement, les organisateurs ont lu un document pour exiger que soit mis «un terme à l’impunité dans le cas AMIA » et pour rejeter l’accord avec l’Iran, qu’ils ont stigmatisé en tant que «nouvel acte de dissimulation et d’impunité »» dont l’objectif est de fermer définitivement ce dossier. »

L’accord conclu en janvier dernier avec l’Iran, et ratifié par le Sénat, prévoit la création d’une commission de juristes pour examiner la procédure judicaire sur l’attentat et interroger à Téhéran ceux qui sont accusés d’avoir fait exploser le siège de l’AMIA à Buenos Aires, Argentine.

Selon le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, l’accord permettra aux Iraniens d’interroger uniquement nécessaire pour la Justice pesant sur les mandats d’arrêt en Argentine avec «alerte rouge» par Interpol permettra d’interroger uniquement les Iraniens recherchés par la justice argentine et sur lesquels pèsent des mandats d’arrêt internationaux avec ‘alerte rouge’ à Interpol.

Ces personnes recherchées sont le ministre Iranien de la défense, Ahmad Vahidi ; l’ex ministre de l’information Ali Fallahijan ; l’ex conseiller du gouvernement Mohsen Rezai, l’ex attaché de l’ambassade iranienne à Buenos Aires, Ahmad Reza Ashgari

Mais l’accord exclut d’interroger l’ancien vice ministre des affaires étrangères pour l’Afrique, Hadi Soleimanpour ; l’ancien chef de l’Etat iranien, Ali Akbar Rafsanjani et l’ancien ministre des affaires étrangères Ali Akbar Velayati, recherchés par la justice argentine depuis 2006, mais sans ‘alerte rouge’ à Interpol.

L’attentat contre l’AMIA fut la deuxième attaque terroriste contre les intérêts juifs en Argentine, après l’explosion d’une bombe devant l’ambassade d’Israël à Buenos Aires qui avait tué 29 personnes en 1992.

Relations avec l’Iran: le gouvernement argentin à la lutte avec le lobby sioniste

11 février 2013

L’attentat  meurtrier perpétré en 1994 contre l’AMIA (Association Mutuelle Israélite) à Buenos Aires avait permis au sionisme de prendre en main fermement la communauté juive organisée en Argentine et porté un coup sévère à des relations avec l’Iran promises sinon à un bel avenir.

Il suffit pour comprendre l’ampleur du problème de signaler que la justice argentine a fini par inculper plusieurs hauts responsables Iraniens dont Ahmad Vahidi, l’actuel ministre de la défense de la république islamique.

Il n’en reste pas moins que le dossier judiciaire à charge contre l’Iran est vide et que les inculpations faites par la justice argentine résultent de pressions à la fois internes, le lobby sioniste en Argentine, et externes, l’entité sioniste et surtout le gouvernement des Etats Unis.

On l’aura compris, les accusations contre l’Iran étaient d’abord motivées politiquement pour des intérêts qui n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’Etat argentin.

Depuis 1994, la situation politique a cependant évolué en Argentine, une évolution qui s’est accélérée sous la direction de l’actuelle présidente, Cristina Fernanda de Kirchner et qui se traduit par une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats Unis.

Sur le plan international, cette évolution s’est traduite par une volonté de relance des relations avec l’Iran.

Mme Kirchner ne pouvait cependant pas ignorer la difficulté induite par la procédure judiciaire pendante même si, comme on le comprendra, elle a sans doute son opinion sur la réalité de l’implication de l’Iran dans l’attentat contre l’ AMIA.

D’où une idée ingénieuse qui va ouvrir la voie à une relance des relations entre les deux pays sans faire cependant fi du problème judiciaire : les deux diplomaties se sont en effet entendues sur un mémorandum d’entente.

Cet mémorandum qui doit être validé par le parlement argentin a pour but de permettre à la justice de suivre son cours :

L’accord avec la république Islamique annoncé par la même CFK à la fin janvier, stipule que le juge et le procureur chargés du dossier pourront se rendre, avec l’autorisation de la Cour Suprême de Justice, à Téhéran où ils soumettront à l’interrogatoire les inculpés signalés par une «note rouge» à Interpol, dans le respect des normes du code pénal argentin. Les résultats de l’enquête pourront être utilisés pour décider du statut des suspects au regard de la procédure. Il permettra aussi la constitution d’une commission de juristes de pays tiers qui veilleront à la validité de la procédure. L’accord est suspendu à l’approbation des parlements des deux pays.

Comme on le voit, les deux pays ont fait des gestes significatifs afin de surmonter un obstacle des plus épineux et faire avancer la vérité, ce dont tout le monde devrait se réjouir.

Le conditionnel est de mise car deux pays ont déjà fait connaître leur désaccord : l’entité sioniste et les Etats Unis !

A ces voix étatiques, il faut ajouter celles des organisations juives argentines dont la DAIA (équivalent de la LICRA) et l’AMIA.

Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010

Guillermo Borger (2ème à partir de la gauche) à un colloque du CRIF en 2010

Les propos de Guillermo Borger, président de cette dernière organisation, ont eu le don d’irriter Mme Kirchner. En effet, pour justifier son désaccord avec la procédure imaginée par les autorités argentines et iraniennes, M. Borger a prévenu que sa ratification par le parlement argentin ouvrirait la voie à un troisième attentat.

Je vous laisse lire la réaction courroucée de Mme Kirchner qui somme M. Borger de donner les informations en sa possession à ce sujet tout en observant qu’aucune des parties signataires ne saurait être derrière ce troisième attentat qui se profilerait selon le dirigeant associatif Juif.

Sous-entendu de la présidente : ce sont les partie hostiles à cet accord qui pourraient avoir intérêt à ce futur troisième attentat.

De là à penser que la présidente argentine a sa propre opinion sur la nature des auteurs de l’attentat contre l’AMIA, il y a un pas que je n’hésite pas à franchir.

CFK «préoccupée» par l’avertissement donné par le dirigeant de l’AMIA au sujet d’un troisième attentat

Pagina 12 (Argentine) 9 février 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La présidente Cristina Kirchner s’est déclarée «choquée» par le propos du président de l’AMIA, Guillermo Borger, qui a affirmé hier que le mémorandum d’entente signé par l’Argentine avec l’Iran pour faire la lumière sur l’attentat de 1994 contre l’association juive «allait ouvrir la voie à un troisième attentat.» Via Twitter, la présidente lui a demandé «Qu’est-ce que vous savez pour (pouvoir faire] une affirmation aussi terrible ?» et a considéré que «le peuple et la justice ont doivent et méritent de savoir ce dont il a connaissance.»

Hier, quand on l’a questionné sur l’accord – qui doit être débattu à partir de mercredi par les trois commissions du Sénat-, Borger a prévenu que «aller de l’avant vers cet accord ouvre la voie à un troisième attentat parce que ce serait nous soumettre complètement.» Cette critique était dans la même ligne que celle du président de la DAIA, Julio Schlosser, qui a rejeté lui aussi le mémorandum et a considéré que le texte officiel manque de «la clarté que mérite l’affaire.»

Devant cette affirmation, la président s’est demandée : «Qui serait l’auteur intellectuel et matériel [de l’attentat] ?» parce que, a-t-elle ajouté, «il est évident que ce ne pourrait en aucun cas être un des pays signataires» de l’accord conclu en Ethiopie. «Ce seraient ceux qui s’opposent à l’accord ? Des pays, des services de renseignements. Qui ?,» a-t-elle insisté.

«Mais en plus – a-t-elle ajouté-, quel(s) sera ou seront les objectifs… ou serions-nous les objectifs ? Me viennent en tête avec une douleur lancinante les mots de Zulema Yoma affirmant que la mort de son fils fut le troisième attentat terroriste après les bombes contre l’ambassade d’Israël et l’AMIA. J’an ai la chair de poule.»

La présidente a observé que Borger est «une personne respectable» mais elle a affirmé cependant avoir lu «avec beaucoup d’inquiétude» ses déclarations. Raison pour laquelle elle a dit que « le peuple argentin en général et la justice en particulier doivent et méritent de savoir ce dont a connaissance Guillermo Borger» qui l’a amené à faire cet avertissement.

Incidemment, les péripéties relatives aux relations irano-argentines nous permettent de mieux comprendre la nature de l’entité sioniste

On peut en effet lire dans le journal argentin Clarin que le même Guillermo Borger, président de l’Association Mutuelle Israélite Argentine, qui est un citoyen argentin, est allé faire part de ses doléances relatives à l’accord irano-argentin à … l’ambassade des Etats Unis à Buenos Aires.

Ce fait n’est qu’une indication de plus que, contrairement à ce qu’on nous serine, le véritable Etat juif n’est pas l’entité sioniste mais les Etats Unis : non seulement le pseudo Etat juif aurait disparu depuis un certain temps sans l’appui diplomatique, militaire et économique des Etats Unis mais les organisations communautaristes juives présentes dans un certain nombre de pays de par le monde savent parfaitement à quelle porte il convient de frapper pour obtenir gain de cause.

Rien n’a vraiment changé depuis l’époque du règne de l’Empereur Guillaume II !

L’Argentine met en échec les fonds vautours

15 décembre 2012

Le 12 octobre dernier, une dépêche AFP évoquait le sort de l’ARA Libertad, un magnifique voilier école de la marine de guerre argentine bloqué par la justice ghanéenne dans le port de Tema au Ghana.

La justice ghanéenne donnait ainsi droit à une requête émise par des fonds spéculatifs, dit fonds « vautours » qui réclament le remboursement d’emprunts accordés à l’Etat argentin.

La dépêche AFP précisait que:

Selon l’Argentine, l’immobilisation de la frégate viole la Convention de Vienne, son bâtiment militaire jouissant d’une immunité diplomatique. Mais, selon le tribunal de commerce d’Accra, l’Argentine avait déjà levé cette immunité en contractant sa dette auprès du fonds NML.

Intraitable, le gouvernement argentin a contre attaqué en saisissant à son tour une juridiction, internationale cette fois,  le Tribunal international du droit de la mer, basé à Hambourg, en Allemagne.

Cristina Fernandez: tant que je serai présidente, la linerté, la diginté et la souveraineté de l'Argentine ne seront prisonnières d'aucu fonds vautour

Cristina Fernandez: tant que je serai présidente, la liberté, la dignité et la souveraineté de l’Argentine ne seront prisonnières d’aucun fonds vautour

Comme l’explique The Guardian, les développements juridiques de l’affaire de la frégate argentine ont d’énormes implications pour les pays en grave difficulté financière qui cherchent à réduire le fardeau de la dette. Et l’importance de l’enjeu a parfaitement été comprise par ces manifestants de Buenos Aires qui brandissent une bannière affirmant que la frégate ne sera ni livrée, ni vendue.

La frégate ne sera pas livrée, ni vendue

La frégate ne sera ni livrée, ni vendue

Il faut comprendre comment fonctionnent les fonds vautours, tel que NML, celui qui a obtenu l’immobilisation du bateau argentin. NML, dont l’actionnaire principal est un certain Paul E. Singer, avait acheté des bons du trésor argentin peu de temps avant que l’Argentine se retrouve en cessation de paiement, c’est-à-dire à un moment où aucun « investisseur » n’aurait choisi de s’en porter acquéreur.

Paul E. Singer, le vautour le plus recherché

Paul E. Singer, le vautour le plus recherché

L’idée étant bien sûr de se faire rembourser l’intégralité d’une dette que le fonds vautour a achetée en réalité à un prix cassé. Ainsi NML avait-il pu s’adjuger 400 % de bénéfice dans un litige semblable avec le Pérou. Mais pour empocher les énormes bénéfices, il faut bien entendu s’abstenir de participer à une restructuration de la dette publique et saisir des tribunaux afin de contraindre le débiteur à payer. L’immobilisation voire la saisie de bateaux ou autres avoirs du pays débiteur étant un des moyens susceptibles d’être décidés par des tribunaux.

Ces fonds vautour s’ingénient aussi à empêcher tout règlement de la dette de leurs victimes tant qu’ils n’ont pas perçu ce qu’ils estiment être leur dû.

On apprend (pas par la presse française, je vous rassure) que le tribunal de Hambourg vient d’ordonner la libération immédiate et inconditionnelle du bateau ainsi que son ravitaillement autant que de besoin. Le tribunal motive sa décision selon les termes mêmes de l’argumentaire argentin.

Il s’agit d’une victoire importante pour l’Argentine dans le bras de fer qui l’oppose aux financiers véreux et plus généralement aux marchés financiers.

Il faut juste espérer que la société NML non seulement n’empochera jamais les jolis bénéfices qu’elle cherche à obtenir mais qu’elle ne reverra jamais la couleur de l’argent que ce fonds vautour a  « investi ».

Il reste que les relations entre le Ghana et l’Argentine ont certainement pâti sérieusement de cet incident. Le gouvernement ghanéen a beau arguer de l’indépendance de la justice de son pays, on ne peut que s’étonner de voir un  tribunal ghanéen donner suite à la requête de financiers véreux dans un dossier qui ne concerne ni de près, ni de loin le Ghana. Le tribunal d’Accra aurait pu, par exemple, se déclarer incompétent, ou encore, se référer à la jurisprudence sur les navires de guerre.

Ce qu’il n’a pas fait car si la justice ghanéenne est indépendante de l’Etat ghanéen, il n’est pas sûr qu’elle le soit de certains intérêts privés et étrangers. Et elle ne s’est certainement pas montrée très compétente sur ce dossier.

En dialoguant avec l’Iran, l’Argentine fait enrager le régime sioniste

4 novembre 2012

Emilio Marin est un journaliste argentin qui publie depuis 1987 un édito hebdomadaire dans le journal La Arena qui parait dans la ville de Santa Rosa dans la Pampa. Emilio Marin collabore aussi avec un certain nombre d’organes de presse, le plus souvent de gauche mais aussi de type universitaire.

Emilio Marin

Il nous propose un article extrêmement intéressant dans lequel il offre un aperçu assez complet de l’évolution des relations entre l’Argentine et l’Iran à partir de l’attentat contre l’AMIA (l’association mutuelle israélite de Buenos Aires) à la  récente relance des discussions entre les deux pays.

Emilio Marin n’est ni chiite, ni crypto chiite (sa barbe renvoie plus sûrement à Fidel Castro et Che Guevara). Il n’empêche qu’il expédie rondement les accusations contre l’Iran dans l’affaire de l’AMIA qui reposent sur une enquête bâclée à dessein sur fond de corruption du pouvoir et de manœuvres américaines et sionistes.

Emilio Marin évoque une des raisons de cette reprise des relations : un Iran qui cherche à rompre son isolement et une Argentine en quête de débouchés pour ses productions, agricoles notamment.

Il y a bien sûr d’autres aspects qu’Emilio Marin ne fait en fin de compte que suggérer qui sont ceux de la réorientation de la diplomatie argentine vers une plus grande autonomie à l’égard de Washington dans un processus qui travaille une bonne partie de l’Amérique latine, et une volonté de rejeter les oukases imposés par la finance mondiale. Et qui dit finance mondiale, dit FMI, Banque Mondiale, dollar et donc Etats Unis et le reste du monde capitaliste.

Aussi bien sur le volet diplomatique qu’économique, l’Argentine joue une partie serrée dans laquelle les adversaires de sa politique utiliseront  tous les moyens qu’ils jugent bons pour la ramener dans ce qu’ils estiment être le droit chemin.

Un dialogue irano-argentin cordial à Genève

Les deux pays en avaient décidé ainsi aux Nations Unies et ils ont tenu leur première réunion à Genève. L’objectif est d’apurer les conflits et de trouver une solution au contentieux sur l’AMIA. Une décrispation des relations qui a deux ennemis puissants.

Par Emilio Marin, La Arena (Argentine) 3 novembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Les relations entre l’Argentine et l’Iran se sont améliorées petit à petit depuis 2010. Les deux parties ont cherché à surmonter les obstacles qui se dressent entre elles depuis que, en juillet 1994, s’était produit un attentat brutal à Buenos Aires contre l’AMIA, une association israélite. 85 personnes avaient trouvé la mort. Une enquête judiciaire avec une forte interférence des services secrets d’Israël et des Etats Unis avait accusé sans preuves l’Iran d’être le présumé responsable. C’est alors qu’avait commencé le déclin de cette relation et la méfiance entre les deux pays.

L’Argentine avait réclamé en 2006 auprès d’Interpol l’extradition de hauts responsables accusés d’être les commanditaires de l’attentat. Parmi eux, entre autres, l’ex président Ali Rafsandjani, l’actuel ministre de la défense Ahmad Vahidi, l’ambassadeur de l’époque à Buenos Aires, Hadi Soleimanpour, qui est maintenant vice ministre des relations extérieures, chargé des affaires africaines. Téhéran avait rejeté cette demande et les relations furent de fait réduites au minimum.

Les représentations diplomatiques des deux pays ont été ramenées au niveau de chargés d’affaires. A Buenos Aires, c’est Ali Pakdaman qui représente l’Iran.

Ces requêtes judiciaires infondées résultaient de l’instruction menée par le magistrat Juan José Galeano, en pleine époque menemiste (du président Carlos Menem) qui ne se distinguait pas précisément par la qualité ou par l’indépendance de la justice. Galeano avait fini par être destitué par le Conseil de la magistrature et ce qu’on lui reprochait avait en partie à voir avec sa gestion de ce dossier. Il avait payé 400 000 dollars, sur des fonds réservés à la SIDE (services secrets argentins) à Carlos Telleldín un des prisonniers [en relation avec l’attentat] afin qu’il charge certains accusés et qu’il en disculpe d’autres. A la fin, tous s’étaient retrouvés libres mais un des éléments de ce dossier scandaleux restait inchangé : l’accusation selon laquelle l’attentat avait été décidé par l’Iran et exécuté par ses agents du Hezbollah libanais. Les pièces de ce puzzle ne s’emboîtaient pas, mais la SIDE, la CIA et le Mossad firent en sorte qu’on les voie comme allant bien ensemble. Galeano limogé de ses fonctions à la justice le dossier sera repris tel quel par Rodolfo Canicoba Corral et le procureur de la république Alberto Nisman, qui maintiendront la pression judiciaire contre Téhéran.

On avait atteint le fond en matière de relations entre les deux pays. Le commerce bilatéral était tombé moins de 50 millions de dollars, presque rien. Le président Néstor Kirchner, puis Cristina Fernández étaient allés à l’Assemblée générale de l’ONU avec des dirigeants de la communauté israélite dans leurs délégations officielles. Et dans leurs discours, ils avaient réclamé les extraditions à Téhéran. En l’absence de réponse positive, à l’instar des Etats Unis et d’Israël, la représentation argentine avait quitté l’Assemblée Générale au moment où le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad avait commencé son discours. L’Argentine participait au boycott et aux sanctions de l’ONU sur l’accusation contre l’Iran pour un autre fait non démontré : que son programme nucléaire pacifique aurait des visées militaires.

Parlons un peu

Après ce tableau peu reluisant, a commencé à poindre un vent contraire dans les relations bilatérales à partir de 2010. Comme tout est lié, les choses avaient commencé par le commerce et les nécessités économiques. Les exportations argentines étaient en augmentation, passant à 84 millions de dollars en 2008, 371 millions en 2009, 1 455 millions en 2010 et 1 189 millions en 2011. Le chiffre sera supérieur en 2012.

La république achète surtout des denrées alimentaires, de la farine et de l’huile de soja, du blé, du maïs et d’autres produits. Et le gouvernement argentin, heureux d’un fort excédent dans les échanges, a en vue un dispositif semblable à celui qui le lie au Venezuela. L’Iran est un grand producteur de pétrole dont le client principal était jusqu’alors l’Union Européenne. Les multiples sanctions imposées par ce bloc impérialiste, aligné sur les Etats Unis, laisse une partie de la production iranienne disponible pour d’autres marchés comme la Chine ou ceux d’autres pays membres du Mouvement des Non Alignés.

Ce ne sont pas seulement les échanges avec l’Iran qui se sont améliorés mais aussi les relations politiques. A la 66ème Assemblée Générale de l’ONU, en 2011, Cristina Fernández avait proposé à son homologue de tenir le procès des responsables de l’attentat contre l’AMIA dans un pays tiers. Même si l’Iran n’a pas donné de suite favorable, insistant sur le fait qu’il n’avait rien à voir avec cet acte, cela revenait dans les faits à un assouplissement de l’exigence par Buenos Aires d’obtenir l’extradition d’un ancien président et d’un ministre en exercice, entre autres accusés.

Cristina Fernandéz et Hector Timerman

A la veille de la 67ème Assemblée, en septembre dernier, Ahmadinejad avait demandé à l’Argentine une réunion au niveau ministériel pour essayer de trouver une solution à ce différend. Il trouva un écho chez la présidente Argentine qui dans son discours à l’Assemblée répondit favorablement à cette demande. Et le 27 septembre, dans le palais de cristal newyorkais, les deux chefs de la diplomatie, Héctor Timerman et Alí Akbar Salehi, ainsi que le vice ministre des affaires étrangères Eduardo Zuain et un autre fonctionnaire Iranien.

Revenir en arrière du chemin vers la mésentente n’est jamais facile. A cette occasion, les diplomates ont dialogué et consigné leur accord de principe dans un document qui disait deux choses. Qu’ils chercheraient une solution légale compatible avec la législation de chaque pays. Et qu’ils poursuivraient le dialogue par l’intermédiaire dé délégués au siège genevois de l’ONU, jusqu’à aboutir à un accord sur le dossier de l’AMIA.

Le premier dialogue en territoire suisse a eu lieu le 29 octobre. La délégation venue de Buenos Aires comprenait le vice ministre des affaires étrangères Zuain, la responsable du Trésor [avec rang de ministre] Angelina Abbona et la directrice du service juridique du ministère des affaires étrangères, Susana Ruiz Cerutti.

Il n’y a pas eu de grandes nouveautés, ni d’informations précises de ce qui a été discuté. Ce n’est pas de l’excès de zèle mais plutôt un signe de responsabilité de la part des deux parties, pour avancer pas à pas et éviter de faire capoter un processus très compliqué, avec des ennemis puissants à l’affût. Ce qui est positif, c’est qu’ils se sont parlé à nouveau, sans que personne ne quitte la partie.

Oiseaux de mauvais augure.

Un certain nombre d’oiseaux de mauvais augure machinent et manœuvrent pour que rien de positif ne sorte de Genève.

L’un d’entre eux est le gouvernement des Etats Unis, qui a intérêt à isoler, à sanctionner et éventuellement à agresser l’Iran sous le prétexte jamais démontré d’un programme nucléaire à visées militaires. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), dirigée par le japonais Yukiya Amano, n’a pas été en mesure de dissiper tous les doutes en dépit de l’autorisation par Téhéran d’une inspection de tous les sites nucléaires.

On peut comparer avec Israël, l’autre grand ennemi de la réconciliation irano-argentine, qui ne montre pas ses installations nucléaires à Dimona et dans d’autres centrales, alors qu’on sait avec une quasi certitude qu’elle dispose de 200 armes nucléaires.

Le Département d’Etat a été un peu plus discret dans son travail de sape contre le dialogue de Genève et celui qui l’a précédé à New York. Mais il n’y a pas eu de changement de politique. Il y a plutôt une division du travail avec son allié sioniste qui a endossé le rôle du «méchant» qui lui va si bien.

Quand Timerman a rencontré à New York son collègue Israélien Avigdor Lieberman le 28 septembre, à peine 24 heures après en avoir fait de même avec son homologue Iranien, il fut surpris parce que l’ambassade d’Israël à Buenos Aires avait diffusé un document déplorant la rencontre entre officiels Argentins et Iraniens. Le communiqué parlait de «la grande désillusion» israélienne du fait de cette rencontre, ce qui revenait à une ingérence dans les affaires intérieures de notre pays et ç une attitude déloyale à l’égard de Timerman qui représentait habituellement le point de vue le plus pro-israélien au palais San Martin.

A l’approche de la date de la réunion des délégués Argentins et Iraniens à Genève, le 29 octobre, Israël a recommencé à tirer à l’artillerie lourde contre cette démarche. Le même calibre, ou à peu près, que celui qu’elle utilise pour bombarder les Palestiniens à Gaza.

C’est l’ambassadrice de Tel Aviv à Buenos Aires, Dorit Shavit, qui avait parlé en premier pour chicaner les autorités argentines : «nous attendons que vous ne soyez pas naïfs avec l’Iran» (La Nacion, 14/10).

Puis était arrivé au siège du ministère des affaires étrangères le directeur général du Département Amérique latine du ministère israélien, Itzhak Shoham, qui avait fait pression contre le dialogue avec la république islamique. Il avait été reçu par le sous-secrétaire à la politique latino-américaine au ministère, Diego Tettamanti et par le directeur du Département Afrique du Nord et Moyen Orient, Hernán Plorutti.

Finalement, le jour même où les délégations se sont rencontrées au Palais des Nations de Genève, on a pu entendre «La Nacion» (29/10) tirer à boulets rouges avec un éditorial. Les deux premières lignes disaient : «la décision du gouvernement de négocier avec le régime de Téhéran viole la constitution, affecte notre souveraineté et profite aux auteurs de l’attentat.»

Il aurait aussi bien pu être écrit par Benjamin Netanyahou et publié dans une gazette de l’armée israélienne. Cet éditorial se résumait à une défense inconditionnelle de l’Etat sioniste et à une critique féroce de Cristina [Fernandéz, la présidente]. Résultat : objectivité zéro, comme chez les dirigeants de l’AMIA et de la DAIA [équivalent du CRIF en Argentine].

La justice ghanéenne au service des fonds vautours

22 octobre 2012

Curieux le titre d’Afrique Expansion. J’aurais plutôt écrit que la frégate est l’otage de fonds spéculatifs. Pas de la dette argentine.

Et il est triste de voir un pays comme le Ghana s’inscrire dans le jeu de ces fonds spéculatifs, dits fonds vautours, et de  puissances qui ont étranglé tant de pays du tiers-monde,  participant de la sorte à la contre-offensive des pays capitalistes contre l’Argentine et la volonté de ce pays de s’émanciper de la mainmise pesante  des banquiers et du dollar. 

Le trois-mâts argentin ARA Libertad bloqué dans le port de Tema

La frégate Libertad, toujours bloquée au Ghana, otage de la dette argentine

Afrique ExpansionVendredi, 12 Octobre 2012 13:54 AEM
Par Chris Stein

TEMA (Ghana), 12 oct 2012 (AFP) – Depuis dix jours, le Libertad, majestueux trois-mâts école de la Marine argentine, est retenu dans le principal port du Ghana, otage d’un vieux différend entre Buenos Aires et les créanciers privés de la dette argentine qui tourne à la crise diplomatique.

La frégate, dont la libération a été refusée jeudi par le tribunal de commerce d’Accra, est devenue en quelques jours le pôle d’attraction du port de Tema, à 25 km à l’est d’Accra, où sont attendus deux vice-ministres argentins.

« Je n’avais jamais vu ce genre de bateau avant, » observe Sadick Mohammad, qui s’affaire sur un chalutier amarré à côté du navire-école.

« C’est un bateau de l’ancien temps, » ajoute-t-il, impressionné, en regardant les mâts qui s’élèvent à plus de 50 mètres au-dessus du pont.

L’équipage de 200 membres, majoritairement argentins, compte aussi des ressortissants de plusieurs pays sud-américains et au moins un Sud-Africain, selon l’armée argentine.

Les marins sont autorisés à quitter le navire et ils peuvent circuler librement, mais ils se mélangent peu aux Ghanéens du port, selon Sadick Mohammad.

« Non, non,non, je ne leur parle pas, » dit-il.

Abdul Wahab, un chauffeur routier, raconte que chaque jour, des navettes vont et viennent avec les marins. Un des chauffeurs de bus lui a confié les déposer au très chic hotel Labadi d’Accra.

Jeudi après-midi, un autre chauffeur, Joseph Sacquah, s’apprêtait à déposer des marins dans le centre commercial de la capitale ghanéenne.

D’autres font les cent pas sur le pont, ou font passer le temps en faisant de la corde à sauter.

Libéré « demain » contre 20 millions de dollars

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Le « ARA Libertad », qui se trouvait en Afrique de l’Ouest pour une mission d’entraînement, est retenu depuis le 2 octobre sur ordre d’un tribunal ghanéen suite au recours du fonds spéculatif NML, porteur de titres de dette argentins.

Selon l’Argentine, l’immobilisation de la frégate viole la Convention de Vienne, son bâtiment militaire jouissant d’une immunité diplomatique. Mais, selon le tribunal de commerce d’Accra, l’Argentine avait déjà levé cette immunité en contractant sa dette auprès du fonds NML.

Buenos Aires a rééchelonné ou remboursé 93% de sa dette, les 7% restants étant pour l’essentiel entre les mains de fonds spéculatifs souvent qualifiés de « fonds vautours ».

Selon des documents provenant du tribunal ghanéen, NML réclame plus de 370 millions de dollars (285 millions d’euros) à l’Argentine.

NML a gagné deux procès contre Buenos Aires, à New York en 2006 puis devant la cour suprême britannique en 2011, ces deux tribunaux ayant considéré l’immunité de l’Argentine comme invalide.

L’Argentine a pour l’instant seulement remboursé 270.000 dollars (208.000 euros) en août dernier, dit le document.

Selon l’avocat ghanéen de NML, Ace Ankomah, le Libertad peut être libéré « demain » si l’Argentine rembourse 20 millions de dollars (15,4 millions d’euros), mais Buenos Aires ne semble pas avoir l’intention de payer.

Dans un communiqué, le ministère argentin de la Défense a accusé le Ghana de mettre en jeu sa responsabilité internationale en détenant le navire militaire et a annoncé l’envoi au Ghana des vice-ministres de la Défense et des Affaires étrangères pour négocier.

A Tema, où quelques marins improvisent une partie de football, seuls quelques cordages retiennent le Libertad au quai. Pas un seul vigile ghanéen en vue pour surveiller le bateau.

Mais tenter de fuir sans autorisation serait une erreur, estime Ramadan Adjin-Tettey, un superviseur du port spécialiste en hydrographie, les navires ne pouvant quitter Tema sans l’escorte d’une annexe.

« Ils ne sont pas familiers de ce terrain-là », dit-il.

Retrouvailles entre l’Iran et l’Argentine

29 septembre 2012

Voilà une information typique de ce que la presse française tend à escamoter ou à aborder superficiellement alors qu’elle touche à quelque chose de très important.

Ce quelque chose n’est rien moins que le rapprochement en cours entre l’Argentine et l’Iran en dépit d’un contentieux très lourd puisque neuf Iraniens, dont un ministre en exercice et un ancien président de la république, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice argentine.

Ces mandats d’arrêt concernent un attentat qui avait visé le siège d’une importante association juive à Buenos Aires et dont l’Iran avait été accusé conjointement avec le Hezbollah.

Le dossier contre l’Iran est vide mais il s’agit d’une affaire dont les contours judiciaires avaient été tracés immédiatement par l’entité sioniste et le gouvernement des Etats Unis dans le sens de la désignation du gouvernement iranien et de l’organisation libanaise comme respectivement commanditaire et auteur du crime.

Vous trouverez sur ce blog des informations sur cette affaire qui était venue nuire à des relations irano-argentines qui étaient sur le point de connaître un développement remarquable.

Les deux gouvernements veulent aujourd’hui s’entendre sur une démarche permettant de faire la lumière sur l’attentat, ce qui indispose grandement le régime sioniste pour qui la vérité est celle qu’il a dictée dès le début et qu’il a imposée en utilisant ses relais habituels (je crois qu’on appelle ça des sayanim).

 

L’Argentine d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et elle affirme son indépendance vis-à-vis de la tutelle du FMI et donc des Etats Unis. Il en découle une indépendance sur un autre plan qui est celui de la diplomatie qui rejoint ainsi celle d’autres pays comme Cuba ou le Nicaragua.

Et j’imagine que l’Argentine a un intérêt bien concret à vouloir retisser des liens avec la république islamique.

On voit une fois de plus que, contrairement à ce que nous racontent nos journaux, l’Iran n’est pas du tout un pays isolé sur la scène internationale.

L’Argentine et l’Iran renouent le dialogue après six années de tension

Les relations s’étaient dégradées après l’émission par l’Argentine d’un mandat d’arrêt contre des terroristes iraniens

Par Alejandro Rebossio, El Pais (Espagne) 29 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

L’Argentine et l’Iran ont renoué le dialogue politique ce jeudi. Les deux pays mettent ainsi fin à six années de tension liées au mandat d’arrêt international émis par la justice de Buenos Aires contre 9 iraniens qui ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de leur pays et qui sont accusés d’avoir perpétré l’attentat contre le siège de l’Association Mutuelle Israélite Argentine (AMIA) dans la capitale sud américaine en 1994, un attentat qui avait coûté la vie à 85 personnes.

Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad avait proposé cette semaine un dialogue pour « parvenir à la vérité » sur l’attentat terroriste contre l’AMIA, et la présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner a accepté mardi la proposition lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU à New York. La présidente a précisé que tout accord conclu avec l’Iran sera soumis à l’approbation du parlement argentin. Dans son allocution jeudi à l’ONU, Ahmadinejad a souhaité la fin des «malentendus» avec l’Argentine, dont il impute la responsabilité à des tierces parties, et il a suggéré la mise en place d’une commission pour identifier les auteurs de l’attentat. L’Iran réfute toute participation à l’attentat dont on suppose qu’il a aussi impliqué le Hezbollah, le mouvement libanais de guérilla pro iranien. L’actuel ministre iranien de la défense, Ahmad Vahidi, est une des neuf personnes recherchées par la justice argentine, tout comme l’ancien président Ali Rafsanjani.

Finalement, les ministres des affaires étrangères des deux pays, l’iranien Ali Akbar Salehi et l’argentin  Héctor Timerman, qui appartient en outre à l’importante communauté juive de son pays (250 000 personnes). En effet, une organisation judéo-argentine a rejeté la reprise du dialogue avec l’Iran au motif que la proposition du gouvernement iranien était une «blague». Les ministres se sont engagés à organiser le mois prochain à Genève une rencontre entre des représentants de leurs institutions judiciaires pour explorer la création d’un mécanisme juridique pour établir la vérité sur l’AMIA «qui ne soit pas en contradiction » avec les systèmes judiciaires de l’un et de l’autre pays, ainsi que l’a expliqué le gouvernement argentin. De plus, les deux gouvernements ont proposé de maintenir les discussions jusqu’à l’aboutissement à une solution «mutuellement satisfaisante» sur «toutes les questions liées à l’attentat.»

Hector Timerman et Ali Akbar Salehi

La reprise du dialogue entre l’Argentine et l’Iran a provoqué un malaise en Israël et aux Etats Unis, deux pays qui cherchent à isoler Téhéran à cause de son développement présumé de l’arme nucléaire. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a fait savoir qu’il était «très déçu» par la rencontre entre les ministres de l’Argentine et de l’Iran. «L’expérience nous enseigne que l’Iran n’arrive pas les mains propres dans le dialogue sur sa responsabilité dans les actes terroristes dans le monde, comme celui de l’AMIA, pas plus qu’il ne l’est par rapport à son programme nucléaire,» a déclaré le gouvernement israélien dans un communiqué émis par son ambassade à Buenos Aires.

Malgré la déception de Tel Aviv, les ministres des affaires étrangères d’Argentine et d’Israël, Timerman et Avigdor Lieberman se sont rencontrés vendredi à Tel Aviv. Timerman a fait part de sa «surprise» devant les déclarations du gouvernement de Netanyahou et il a affirmé que «le ministre  Liberman et les membres de sa délégation avaient indiqué ne pas être au courant» du communiqué dont a eu connaissance Buenos Aires. Il a également souligné que «la résolution pacifique des conflits correspond à la volonté du peuple argentin.»

Les Etats Unis ont eux aussi fait connaître leur position sur la décision de l’Argentine, dont les relations avec l’Iran contrastent avec les liens étroits que ce pays asiatique entretient avec Cuba, le Venezuela, l’Equateur et le Nicaragua dans le cadre de sa stratégie pour élargir son influence en Amérique latine. La Secrétaire d’Etat adjointe des Etats Unis pour les affaires de l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, a déclaré vendredi que « ce n’est pas le moment pour un rapprochement avec l’Iran, mais au contraire de rester fermement unis derrière les résolutions de l’ONU.» [la plupart des sanctions infligées à l’Iran sont unilatérales et hors cadre onusien, NdT] Le président des Etats Unis, Barack Obama, a affirmé mardi à l’ONU qu’il ferait « ce qu’il devait faire» pour éviter que l’Iran obtienne son arme nucléaire.

La communauté syrienne en Argentine redoute une intervention militaire étrangère en Syrie

14 février 2012

L’Argentine comporte une importante communauté d’origine syro-libanaise qui s’intéresse naturellement à ce qui se passe dans le pays d’origine.

D’après cet article du journal argentin La Nacion, les sentiments dans cette communauté sont mitigés, favorables à une démocratisation du pays mais également marqués par une forte crainte de voir une intervention militaire étrangère qui mettrait fin à un chapitre d’une histoire qui n’a apparemment pas que de mauvais côtés selon certains qui sont peut-être plus nombreux qu’on ne le pense.

Ces craintes sont fondées et je ne vois personnellement pas comment on peut attendre quoi que ce soit de bon de la part des forces qui sont soutenues par les monarchies arabes. Ces forces vont en effet des Frères Musulmans revanchards à ce qu’on appelle al Qaïda, c’’est-à-dire en réalité des desperados de tout acabit stipendiés par les clans wahhabites qui dirigent démocratiquement l’Arabie saoudite.

Bien sûr, l’opposition syrienne n’est pas composée seulement de ces gens là, mais ces fondamentalistes pro saoudiens sont dotés d’une cohésion qui fait défaut à la mosaïque qui compose l’opposition. Dans cette mosaïque, nous trouvons d’ailleurs, en plus des forces que nous venons de citer, des gens qui ne se revendiquent nullement d’une identité religieuse mais qui n’en sont pas plus démocrates ou paisibles pour autant.

Parce que, en soi, la référence religieuse ne permet en rien de stigmatiser un mouvement politique pas plus que son caractère irréligieux ou non religieux n’en fait ipso facto une force de progrès et démocratique. Ce qui doit être regardé, ce sont les schémas institutionnels de représentation, de consultation, de contrôle ainsi que les orientations économiques et sociales.

Si nous considérons ce qu’on appelle la mouvance des Frères Musulmans, il est clair que malgré un certain nombre de positions communes, on ne saurait confondre Nahda en Tunisie, les Frères Egyptiens ou ceux qui sont à l’œuvre en Syrie. En dehors de leur insistance sur la morale, leur seul véritable point commun est l’adhésion à l’économie de marché. Tout le reste n’est qu’inconsistance même dans leur antisionisme affiché. On a par exemple pu voir les contorsions du Tunisien Ghannouchi lorsqu’il était pressé de question sur l’entité sioniste aux Etats Unis. De même les Frères Egyptiens ne semblent pas prêts à dénoncer les accords de « paix » avec le régime sioniste. Il est vrai qu’ils doivent composer avec les militaires. 

Maintenant, il faut s’attendre à voir la confrérie égyptienne se différencier car sous son apparent monolithisme elle abrite des tendances en réalité presque opposées dont certaines arriveront sans doute bientôt à maturité.

Curieusement, en Tunisie, c’est l’armée et le chef de l’Etat Moncef Marzouki qui doivent composer avec Nahda, à tel point que la Tunisie s’est retrouvée à la pointe du combat contre le régime de Damas en chassant l’ambassadeur de Syrie à Tunis. C’est que Marzouki a beau être un démocrate, c’est un démocrate dans l’abstrait, c’est-à-dire qu’il a omis de réfléchir la démocratie avec l’économie. Or, les choix économiques faits en Tunisie «révolutionnaire» sont identiques à ceux de l’époque de la dictature de M. Ben Ali dans un contexte cependant plus difficile qui implique de ne pas fâcher bailleurs de fonds et investisseurs. Ces derniers se trouvent comme on le sait dans les pays de l’axe anti-syrien, que ce soit en Europe, en Amérique ou au Moyen Orient.

Bon, j’ai un peu divagué. Pour revenir à l’article que je vous propose, il faut rappeler que la communauté arabe d’Argentine (syro-libanaise essentiellement) a joué un rôle considérable dans la popularisation de la lutte de libération nationale algérienne en Amérique Latine. A ce titre, elle est chère à notre cœur.

La communauté syrienne en Argentine redoute une intervention étrangère

Elle croit qu’une intervention étrangère risque d’être une issue plus douloureuse ; elle est aussi préoccupée par l’islamisme

par Julieta Cuneo, La Nacion (Argentine) 14 février 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

«Nous vivons le conflit avec inquiétude : nous sommes enfants et petits enfants de Syriens, nous avons des amis et de la famille là-bas, et nous ne pouvons éviter de ressentir de la douleur devant ce qui se passe.»

C’est ainsi que Daniel Hosain, le président de la Asociación Pan Alauita Islámica de Beneficencia, exprime les sentiments de la communauté syrienne en Argentine par rapport au conflit que vit depuis près d’un an la terre de ses ancêtres.

Les Syro-libanais, le troisième groupe d’immigrants les plus nombreux après les Italiens et les Espagnols, représentent près de 10 % de la population totale de l’Argentine avec plus de 3,5 millions de personnes. Ils sont la troisième ou quatrième génération de descendants, mais ils maintiennent les liens avec leur patrie d’origine à travers de multiples associations, organismes et entités dont ils sont membres.

En dépit de prises de position en général conformes à la ligne officielle [du gouvernement syrien], la majorité s’accorde à dire qu’il est difficile de juger d’aussi loin. «Il faut être très prudent dans sa réflexion ; il importe de remarquer que nous sommes des Argentins élevés dans une mentalité occidentale et, à part le fait que nous maintenions un contact, la réalité syrienne ou du Moyen Orient en général est quelque chose qui nous dépasse, » explique Hosain.

Ces précautions prises, au moment d’énumérer les scénarios possibles, tous s’accordent à dire que tant que le conflit durera, la souffrance sera présente, mais ils préviennent qu’une intervention étrangère serait une issue tout autant douloureuse.

«Ce qui va se passer dépend du peuple syrien et de l’évolution au niveau mondial. Le scénario envisageable le plus négatif serait qu’encore plus d’innocents continuent à mourir. Pour moi, c’est une seconde patrie, et je ne voudrais pas voir la destruction du pays où sont nés mes grands-parents, un pays qui a une riche culture millénaire, » déclare Laïla Zay Abbas, petite fille de Syriens qui a visité le pays de ses aïeux en 2010.

 «Je ne veux pas une Syrie divisée, ou occupée ou sous le coup d’une intervention étrangère : je ne veux pas d’une Syrie qui ressemble à l’Irak, » déclare à La Nacion le cheikh Mohsen Ali, directeur de la maison pour la diffusion de l’Islam en Argentine et une des principales autorités islamiques du pays.

«Il y a des revendications populaires qui sont justes et doivent être entendues d’urgence, mais il ne faut pas prendre pour argent comptant l’idée d’un peuple syrien soumis qui veut se débarrasser de la tyrannie. La Syrie a sa propre idiosyncrasie qui doit être respectée, » ajoute-t-il.

Les représentants diplomatiques Syriens en Argentine sont d’accord pour dire que l’inquiétude est généralement grande, mais ils assurent qu’il est important d’observer que les affrontements, qui ont fait pour l’instant près de 6 000 morts selon l’ONU, ne touchent pas tout le pays.

«Les combats se déroulent dans des lieux précis et circonscrits, où le gouvernement intervient pour contrôler la situation,» explique à La Nacion le consul de la république arabe syrienne à Buenos Aires, Adnan Asaad.

«Dans les villes où il n’y a pas de terroristes qui provoquent des désordres, la vie continue normalement – ajoute-t-il. Mes enfants vont bien, mes êtres chers vont bien. La vie se poursuit normalement dans beaucoup d’endroits : si ce n’était pas le cas, je ne serais pas aussi tranquille.»

Le consul admet en outre que «on ne peut contester qu’au début les gens sont descendus dans la rue et qu’il y a eu des mouvements populaires pour réclamer des réformes,» et il affirme que « ses réformes sont en cours d’examen, » mais il affirme qu’après la reconnaissance des revendications populaires du début, «les extrémistes sont arrivés.»

CORDE SENSIBLE

Avec les extrémistes – que toutes les sources consultées s’accordent à qualifier de factions fondamentalistes islamiques, Asaad touche une corde sensible qui nourrit la colère et la peur aussi bien chez ceux qui sont nés en Syrie que chez leurs descendants.

C’est qu’une des plus grandes craintes de la communauté syrienne est qu’au milieu de ce conflit, finisse par se perdre ce qu’ils présentent comme une des valeurs importantes de la Syrie : son caractère d’Etat laïque.

« En Syrie, toutes les religions sont représentées et toutes cohabitent en harmonie, ce qui est un motif de grande fierté pour nous. Le conflit est très loin d’impliquer des questions interreligieuses,» explique Ali.

Il y a cependant maintenant une peur latente qu’une des conséquences du conflit soit que cette paix interreligieuse, une exception parmi les pays du moyen orient, disparaisse à jamais.

 «Il y a aujourd’hui des endroits où les gens de ma famille religieuse – les Alaouites, une branche minoritaire de l’Islam à laquelle appartient le président Bachar al-Assad – a peur. Certains proches de ma famille ont été assassinés pour le simple fait d’être des Alaouites, » déclare Abbas.

L’autre grande crainte est que l’annonce éventuelle d’une intervention militaire étrangère finisse par produire un effet opposé à celui qu’elle cherche à produite. « Il est certain que les gens veulent des réformes et vont les obtenir, mais elles doivent se faire de manière pacifique dans le respect de la volonté du peuple et du droit à l’autodétermination nationale,» explique le consul.

«Personnellement, j’espère que la raison va l’emporter et que la volonté et le désir du peuple seront respectés ainsi que la sécurité et l’intégrité [du pays].  Je crois que finalement devra arriver ce que le peuple a décidé et pas ce que quelqu’un à l’extérieur aura dit qu’il doit se passer, » conclut Hosain.


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