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Trump Vs Biden, fascisme à l’ancienne contre fascisme du XXIème siècle

27 juillet 2020

Je vous propose une analyse de la situation politique aux Etats Unis telle qu’elle est comprise par Glen Ford de Black Agenda Report.

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Glen Ford

Black Agenda Report se présente comme un média d’information, d’analyse et de commentaire politique de la gauche noire. L’article est extrait de leur site, Black Agenda Report dispose aussi d’une page Facebook.

D’après Glen Ford, c’est en tout cas ce que j’ai compris, Donald Trump en tant que figure du passé, d’un fascisme à l’ancienne, est un accident dans le paysage politique des Etats Unis, du moins c’est ainsi que le perçoivent les élites économiques et financières. Ces dernières auraient opté pour un nouveau modèle qui inclut le management de la diversité susceptible de permettre à une infime minorité richissime de maintenir son contrôle de l’État. Ce modèle n’est pas moins fasciste (ou fascistoïde dirait Emmanuel Todd) puisque son principe est le pouvoir de cette minorité d’ultra-riches, le militarisme et la guerre perpétuelle.

Pendant que cette élite dirige, le reste de la population est lancé dans une course vers le bas, la descente dont parle Emmanuel Todd dans son livre sur les luttes de classes en France au XXIème siècle.

Glen Ford a-t-il lu Todd où s’agit-il simplement d’une convergence qui résulte de l’analyse,

 

Qui est le fasciste le plus dangereux?

Par Glen Ford, Black Agenda Report (USA) Editor 23 Juillet 2020 traduit de l’anglais par Djazaïri

La plupart des gauchistes américains sont incohérents dans l’emploi du terme fascisme, et les Démocrates ont complètement détruit le sens de ce mot.

«Dans leur vison politique caricaturale, fasciste signifie simplement «Trump».

Après la prise d’une première tête de pont autour des bâtiments fédéraux à Portland, en l’Oregon, Donald Trump menace d’envoyer ses über alles Storm Troopers [Sections d’Assaut] de la sécurité intérieure dans les villes du pays qui, selon lui, sont «dirigés par des démocrates très libéraux [à gauche dans la terminologie américaine]… par la gauche radicale». La prochaine sur la liste est Chicago, où 150 agents fédéraux devraient être déployés dans les prochains jours. Des agents de la sécurité intérieure ont déjà été envoyés à Seattle et à Washington DC, et Trump a évoqué la nécessité de «dominer» le terrain à Philadelphie, Detroit, Baltimore et Oakland. Pendant ce temps, le ministère américain de la Justice prévoit d’étendre son intervention urbaine «Operation Legend», qui vise actuellement la criminalité locale à Kansas City, Missouri.

Tout comme d’autres présidents américains ont historiquement utilisé l’armée comme instrument pour leur réélection, organisant des attaques contre des pays désignés par les Etats Unis comme «voyous» et «terroristes» pour consolider leur assise électorale, Donald Trump fait campagne en tant que shérif qui fera régner la loi et l’ordre dans les vastes régions du pays occupées le mois dernier par les hordes inspirées de «Black Lives Matter». Bien que l’intervention armée de Trump dans les affaires locales et étatiques semble politiquement en contradiction avec ses sympathies confédérées, son déploiement massif d’agents de la force publique paraît légal.

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Le drapeau confédéré est généralement perçu comme un symbole raciste

Leur comportement dans la rue, cependant, est une autre affaire. «Des agents fédéraux non identifiés dans des véhicules banalisés enlèvent des manifestants pacifiques dans les rues, les transportent vers des lieux inconnus, sans les informer des raisons de leur arrestation, puis les relâchent sans trace de d’une procédure d’arrestation», a déclaré Marjorie Cohn, ancienne présidente de la National Lawyers Guild. «Ces actions rappellent la police secrète des dictatures qui kidnappe e t« fait disparaître» les opposants au régime. Elles sont conçues pour dissuader les gens d’exercer leur droit au premier amendement de protester contre le racisme et la suprématie blanche.»

Oui, ça «rappelle» la police secrète à d’autres époques et dans d’autres pays, mais les agents de la sécurité intérieure se comportent en fait comme le font les flics locaux un peu partout aux États-Unis. La police de Chicago a fait fonctionner pendant des années un centre de torture pas si secret dans lequel des hommes noirs disparaissaient jusqu’à ce qu’ils avouent des crimes qu’ils n’avaient pas commis. Les villes du pays déploient régulièrement des «escouades» de policiers en civil qui sautent de véhicules banalisés pour enlever des gens dans les rues de leur quartier. Et la  plupart des flics locaux chargés de réprimer les manifestations anti-police retirent leurs badges et marques d’identification. Les équipes SWAT (unités d’élite de la police) locales et fédérales portent régulièrement des masques pour cacher leurs identités. Cela aussi «rappelle» le fascisme, mais cela n’a pas commencé avec Trump en janvier 2017.

De fait Trump est plutôt amateur dans le domaine de l’art sinistre de la répression intérieure, son expérience passée se limitant à terroriser les locataires de ses immeubles d’habitation et les «apprentis» dans les émissions de télé-réalité. Les outils de répression étatique déployés par Trump en tant que The Mad White Avenger étaient déjà beaucoup utilisés par les anciens présidents. Le FBI de Barack Obama a coordonné la répression par la police nationale des sites d’Occupy, il y a près de dix ans – une vaste opération impliquant les actions synchronisées d’un président démocrate noir, de maires principalement démocrates et de leurs chefs de police. La maire noire de Baltimore avait qualifié les personnes qui avaient pris part à la rébellion de Freddie Gray de 2015 de «voyous» – déshumanisant ainsi ses propres électeurs – tout comme  Obama, dont les procureurs fédéraux avaient exigé et obtenu des peines sévères pour les accusés de dégradations matérielles.

Obama a marqué un tournant dans l’histoire de l’État policier quand il a obtenu l’adoption par le Congrès d’une législation autorisant la détention pour une durée indéfinie de citoyens américains sans faire l’objet d’un procès ou d’une accusation – un saut dans l’abîme que même George W. Bush n’avait pas osé faire.

Les outils de répression étatique déployés par Trump en tant que The Mad White Avenger étaient déjà beaucoup utilisés par les anciens présidents.

Les libertariens en matière de droits civiques sont à juste titre préoccupés par le fait que le ministère de la Justice de Trump se coordonne avec la police locale pour se servir de Facebook pour accuser ceux qui protestent contre l’assassinat de George Floyd de crimes graves – un autre signe avant-coureur du fascisme. Mais les polices locales utilisent depuis des années Facebook comme outil d’enquête de premier ordre. Et les groupes de travail de la police fédérale- police de New-York sous le titre «Operation Crew Cut» s’étaient grandement appuyés sur des déclarations faites sur Facebook pour inculper plus de 100 jeunes dans deux quartiers HLM de Harlem en 2014 et 120 autres jeunes noirs et à la peau bronzée du Bronx en 2016– un raid présenté comme la plus grande opération de «répression des gangs» de l’histoire de New York. Est-il fasciste d’utiliser Facebook contre des dissidents politiques, mais normal quand il s’agit d’expédier les «suspects habituels» (jeunes de couleur ) dans le goulag de l’incarcération de masse? Ou est-cet fasciste seulement quand Trump le fait?

Si la plupart des gauchistes américains sont incohérents dans l’emploi du terme fascisme,les Démocrates ont complètement détruit le sens de ce mot.

Comme je l’ai écrit dans des articles précédents (voir «91ll Legacy: Two Contending Fascisms », 15 septembre 2018), le système Jim Crow du sud des États-Unis a servi de modèle à l’État racial d’Adolph Hitler. Le Sud ségrégationniste entièrement sous les lois Jim Crow, correspondait en fait plus étroitement à la définition largement répandue du fascisme que la plupart des fascismes européens du XXe siècle:

* Nationalisme poussé à l’extrême

* Recours fréquent au pouvoir de la foule

* Oppression d’un «Autre» interne comme principe organisateur

* Militarisme

* La domination politique des éléments les plus réactionnaires de la bourgeoisie

“ le système Jim Crow du sud des États-Unisa servi de modèleà l’État racial d’Adolph Hitler”

Donald Trump est un fasciste américain à l’ancienne, du genre Jim Crow – mais qui est également désireux d’utiliser tous les outils modernes de répression politique et raciale pour préserver un système capitaliste dans sa phase de déclin final. La politique ouvertement raciste de Trump (avec l’oppression d’un «Autre»interne comme principe organisateur») le rend incompatible avec la doctrine de la «diversité» managériale adoptée par nécessité par les multinationales. Il entre donc en tension avec le régime capitaliste au 21e siècle – mais est extrêmement utile comme repoussoir, c’est pourquoi il a été l’adversaire préféré des démocrates liés au monde des affaires en 2016 et 2020. N’ayant rien à offrir à leur base si ce n’est une austérité sans fin («la course vers le bas ”) et la guerre, les démocrates liés au monde du business ont fait de Trump le seul enjeu de leurs campagnes.

Le capital multinational et l’État sécuritaire (CIA, etc.) trouvent Trump totalement indigne de confiance en tant que gestionnaire de l’empire américain – c’est pourquoi ils ont concocté le Russiagate en collaboration avec les démocrates.

Les républicains sont depuis plusieurs générations les vassaux des grandes compagnies pétrolières, tandis que les démocrates sont le parti privilégié du capitalisme financier qui domine désormais tous les secteurs capitalistes, y compris les médias et la haute technologie. Au sein du duopole électoral, les Noirs n’ont d’autre choix que les Démocrates, tandis qu’environ la moitié des Blancs choisissent les Républicains, ouvertement le parti des Blancs bien avant l’avènement de Trump, l’intrus impulsif. Cependant, le duopole institutionnel fonctionne mieux pour tous les secteurs du capital lorsque les partis du duopole jouent en «tag team» [en collusion], échangeant périodiquement les rênes du pouvoir exécutif avec le moins de perturbations possible pour l’ordre capitaliste. {C’est ce qu’ils appelaient le «génie» du système. ) L’humiliation de l’establishment corporatif républicain  par Donald Trump en 2016 – avec l’aide décisive des démocrates et des grands médias – a déstabilisé le duopole politique, le mécanisme institutionnel qui, avec les médias liés au monde des affaires, médiatise les divergences entre les secteurs capitalistes et construit un récit politique commun ( mensonges) pour la consommation populaire. Le résultat a été une scission ouverte et destructrice de la classe dirigeante, les instruments étatiques de la  sécurité nationale (CIA, etc.) collaborant ouvertement avec les démocrates pour rendre politiquement illégitime un président en exercice.

“ le duopole institutionnel fonctionne mieux pour tous les secteurs du capital lorsque les partis du duopole jouent en «tag team» [en collusion]’”

La bonne nouvelle, c’est que la guerre civile interne à la classe dirigeante a délégitimé non seulement Trump mais l’ordre impérial US lui-même. Une fois perdue, la légitimité politique peut rarement être intégralement recouvrée – et certainement pas par un ordre capitaliste en bout de course en proie à un écheveau de contradictions accumulées en son stade terminal, et dont le domaine impérial se réduit progressivement.

La mauvaise nouvelle est que la gauche US est si faible qu’elle a été incapable de proposer un discours qui explique les crises multiples qui ont été si dévastatrices pour le peuple américain, ou même d’accomplir a minima nos obligations de solidarité avec les victimes de l’impérialisme US dans le monde. Imaginant le fascisme dans les termes d’une caricature personnifiée par Trump, les gauchistes américains semblent croire que anti-Trump égale antifascisme, alors qu’en fait Trump représente un avatar de Jim Crow que les champions du capital cherchent à écarter depuis un demi-siècle afin d’exercer leur pouvoir plus efficacement. Ces champions du capital ont, par contre, construit un ordre fasciste du 21ème siècle dans lequel un tout petit nombre de milliardaires peut exercer le pouvoir sans réelle opposition, tandis qu’une bonne partie du monde est enfermé et contraint à une «course vers le bas» et que la moitié de l’humanité vit dans la terreur d’interminables guerres américaines.

Le président Obama était un agent de ce fascisme – qui n’est pas une caricature de presse, et tue des millions de gens. Il en est ainsi de tous les Démocrates du jeu institutionnel. Ils sont les plus dangereux parce que si peu de gens les considèrent comme des fascistes, en dépit de leur servilité abjecte à l’égard de la dictature du monde des affaires, de l’État carcéral et des guerres sans fin. Nous battrons Trump pour la simple raison qu’il ne représente pas la véritable classe dirigeante capitaliste. L’oligarchie veut qu’il soit battu – et elle veut que nous la remerciions d’oeuvrer pour ses propres intérêts et se débarrasser de son propre problème: le genre de service que rend l’oligarque Michael Bloomberg quand il achète le contrôle de l’infrastructure du Parti Démocrate ainsi que la loyauté d’une partie substantielle de la (pseudo) classe politique noire.

Certains gauchistes américains, incapables de sortir de leur vision caricaturale craignent que Donald Trump refuse de quitter la Maison Blanche si le scrutin lui est défavorable en novembre. Ils imaginent que les généraux de l’armée américaine soutiendront un coup de force de Trump dans un scénario de «Sept jours en mai» à l’envers. Complètement ridicule! Un coup de force militaire ne pourrait venir que du J-SOC, le Joint Special Operations Command qui supervise les forces d’opérations spéciales de toutes les branches de l’armée, comme les Bérets Verts (armée de terre) et les SEALS (marine). Les unités d’opérations spéciales ont toujours travaillé main dans la main avec la CIA – de fait, les Bérets Verts sont souvent appelés «l’armée de la CIA». Donald Trump, le candidat de «l’arrêt des des changements de régimes» [no more regime changes] en 2016 s’est ainsi gagné un ennemi implacable dans la CIA.

Si un coup de force quelconque devait se produire en novembre, ce serait en faveur des Démocrates. Et beaucoup de gens qui se présentent comme de gauche applaudiront, se figurant la CIA comme un allié dans la lutte contre le «fascisme.»

S’inspirer de Dresde et d’Hiroshima pour une guerre totale contre l’Islam

11 mai 2012

J’ai voulu poster ce message ce matin, mais mon ordinateur a bogué. Du coup, j’ai été devancé sur cette info par le blog Big Browser.

Mais je vous propose néanmoins cette traduction intégrale d’un article de Wired sur le sujet.

En janvier 2011, j’avais publié un article sur le journaliste américain Seymour Hersh et sa vision apocalyptique selon laquelle l’armée des Etats Unis était travaillée par une tendance chrétienne désireuse d’en découdre avec l’Islam et, pourquoi pas, de christianiser ou rechristianiser les terres d’Islam.

Le livre où Hersh doit revenir en détail sur cette thèse n’est pas encore paru.

En attendant, Noah Shachtman et Spencer Ackerman ont levé un lièvre qui va parfaitement dans le sens du propos de Hersh : un groupe d’officiers, dont certains ont eu la charge de la formation de la fine fleur de l’armée des Etats Unis, énoncent en détail et ouvertement les principes d’une guerre « civilisations » qui s’inspirerait des modèles de Dresde ou d’Hiroshima.

Comment peut-on appeler une civilisation qui érigerait en modèle les horreurs qu’ont subies ces deux villes ?

Ce qu’on a enseigné aux officiers de l’armée des Etats Unis: s’appuyer sur l’exemple de « Hiroshima » pour une guerre totale contre l’Islam.

par Noah Shachtman et Spencer Ackerman, Wired (USA) 10 mai 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri 

La présentation par le lieutenant colonel Matthew A. Dooley au Joint Staff Forces College [école supérieure interarmes] d’un « modèle de concept opérationnel de contre djihad » [PDF] prône des mesures violentes dans une guerre contre l’Islam.

L’armée des Etats Unis a enseigné à ses futures chefs qu’une “guerre totale” contre les 1,4 milliard de Musulmans serait nécessaire pour protéger l’Amérique des terroristes islamiques, selon des documents obtenus par Danger Room. Une des options envisagées pour ce conflit consiste à tirer les leçons de «Hiroshima» pour raser des cités entières en une seule fois, en visant «la population civile chaque fois que c’est nécessaire.»

Le cours, signalé pour la première fois par Danger Room le mois dernier et propose au Joint Forces Staff College a depuis été supprimé par les hiérarques du Pentagone. C’est seulement maintenant cependant, que le contenu détaillé de ce cours a été révélé. Danger Room a reçu des centaines de pages de contenus d’enseignement et de documents de référence transmis par une source familière avec les enseignements prodigués.

Le directeur du Joint Forces Staff College a récemment ordonné à l’ensemble des forces armées de contrôler l’ensemble de ses contenus de formation afin de s’assurer qu’ils ne contiennent pas des matériaux haineux de ce genre. Cette procédure n’est pas encore achevée. Mais l’officier qui a fait les conférences, le Lt. Col. Matthew A. Dooley, conserve son poste au Norfolk Virginia College, dans l’attente d’une enquête. Les commandants, lieutenants colonels, capitaines et colonels qui ont assisté aux cours de Dooley et ont écouté ses enseignements incendiaires semaine après semaine, ont depuis été affectés à des missions de plus haut niveau dans divers secteurs de l’armée des Etats Unis.

Pendant une bonne partie de ces dix dernières années, une  petite clique d’experts autoconsacrés du contre terrorisme s’est frayé un chemin à l’intérieur de l’armée des Etats Unis, des services de renseignements et des forces de l’ordre, essayant de convaincre autant de monde que possible que le véritable ennemi terroriste de l’Amérique n’était pas al Qaïda – mais la religion musulmane elle-même. Dans son enseignement, Dooley faisait intervenir ces démagogues islamophobes en tant que conférenciers invités. Et il adoptait leurs arguments pour son affreuse conclusion finale.

“Nous en sommes maintenant venus à comprendre que ce qu’on appelle “Islam modéré” n’existe pas,” observait Dooley dans un exposé en juillet 2011 [PDF] qu’il avait conclu avec une proposition de manifeste à l’intention des ennemis de l’Amérique. « Il est donc temps pour les Etats Unis de clarifier nos véritables intentions. Cette idéologie barbare ne sera pas plus longtemps tolérée. L’Islam doit changer sinon nous aiderons à son autodestruction.»

Nous n’avons pas pu joindre Dooley à ce sujet. Le porte parole du Joint Forces Staff College, Stuart Williams, a refusé de discuter de la teneur des conférences de Dooley ou de son statut dans l’école. Mais à la question de savoir si Dooley était responsable du contenu d’enseignement, il a répondu, « Je ne sais pas si je le [Dooley] classerais parmi les responsables. Le responsable serait plutôt le commandant de l’école, le Maj. Gen. Joseph Ward.

Ce qui rend le général deux étoiles coupable d’un enseignement assez choquant. Dans le même exposé, Dooley définit un plan possible en quatre phases pour réaliser une transformation par la force de la religion musulmane. La phase trois comprend des objectifs éventuels comme l’islam réduit au statut de culte » et « l’Arabie Saoudite menacée de famine. » (une suggestion particulièrement ironique avec les informations de ce jour selon lesquelles les services secrets ont fait échouer le tout dernier projet d’attentat d’al Qaïda).

Les lois internationales qui protègent les civils en temps de guerre « n’ont plus de pertinence, » poursuit Dooley. Ce qui ouvre la possibilité d’appliquer « les précédents historiques de Dresde, Tokyo, Hiroshima et Nagasaki » aux villes les plus sacrées de l’Islam, et d’aller vers « la destruction de La Mecque et Médine.»

Les alliés idéologiques de Dooley ont à maintes reprises expliqué que les Musulmans “ordinaires” sont dangereux parce qu’ils sont “violents par nature.” Ce ne sont pourtant que quelques uns parmi les membres les plus fanatisés d’al Qaïda qui ont pu être pris à songer anéantir des villes entières.

“Certaines de ces actions soumises ici à l’examen ne seront jamais vues comme ‘politiquement correctes’ aux yeux de beaucoup,” ajoute Dooley. En définitive, nous en Occident avons peu de marge pour trancher cette affaire, sauf à faire une guerre totale.»

Dooley, qui exerce au Joint Forces Staff College depuis août 2010, commençait sa session de huit semaines de séminaire par une histoire sommaire de l’Islam en deux parties. Ces deux parties étaient assurées par David Falua, un ancien professeur d’histoire à West Point. « Malheureusement, si nous en restions là, vous n’auriez pas un bon équilibre des points de vue, pas plus que vous n’auriez un aperçu précis de la manière dont l’Islam se définit lui-même, » disait Dooley à ses étudiants. Au cours des quelques semaines qui suivaient, il invitait un trio de conférenciers bien connus pour leur vision incendiaire de l’Islam.

Shireen Burki avait déclaré pendant la champagne électorale d e2008 que “Obama est le candidat rêvé de ben Laden. » Dans sa conférence au Joint Forces Staff College, elle disait aux étudiants que « l’islam est une religion conquérante/impérialiste. » [PDF]

Stephen Coughlin soutenait dans sa thèse de master de 2007 que la déclaration du président d’alors, George W. Bush, faisant proclamation d’amitié avec la grande majorité des Musulmans dans le monde avait eu « un effet paralysant sur ceux qui étaient chargés de définir la doctrine de l’ennemi. » [PDF]. Coughlin avait en conséquence été relevé de ses fonctions de consultant à l’état-major interarmes, mais avait continué à donner des conférences au naval War College et au Field Office du FBI à Washington. Dans son propos au séminaire de Dooley [PDF], Coughlin suggérait que al Qaïda avait joué un rôle dans le mouvement qui a renversé l’homme fort Egyptien, Hosni Moubarak et le dictateur Libyen Mouammar Kadhafi. Ces événements s’inséraient dans un plan des islamistes pour conquérir le monde, ajoutait-il. Et Coughlin se gaussait de ceux qui ne voyaient pas ce complot aussi clairement que lui, en les accusant de « complexification. »

Coughlin intitulait sa conférence “Imposer la loi islamique – ou – Ce ne sont pas les Droïdes que vous cherchez ! »

Un ancien employé du FBI, John Guandolo, a déclaré l’an dernier au site web conspirationniste World Net Daily, qu’Obama était seulement le dernier président à tomber sous l’influence des extrémistes islamiques. « Le niveau de pénétration dans les trois dernières administrations est très profond, » soutenait Guandolo. Dans son matériel de référence pour le cours au Joint Forces Staff College, Guandolo ne parlait pas seulement des Musulmans contemporains comme d’ennemis. Il justifiait même les Croisades, écrivant qu’elles « avaient été lancées après des siècles d’incursions musulmanes dans les territoires de l’Occident.»

Un article de Guandolo  intitulé “Réponses habituelles de l’ennemi quand il est confronté à la vérité” [PDF] faisait partie des centaines de présentations, de documents, de vidéos et de liens internet distribués électroniquement aux élèves du Joint Forces Staff College. Dans ce trésor documentaire, un article qui soutient que « il existe une injonction permanente aux Musulmans pour haïr et mépriser Juifs et Chrétiens » [PDF]. Comme par exemple une vidéo de Serge Trifkovic, un ancien professeur qui a comparu comme témoin de la défense dans plusieurs procès de dirigeants Serbes de Bosnie condamnés pour crimes de guerre, dont le génocide de Musulmans. Ul lien internet intitulé «A regarder avant qu’elle soit  retirée» est supposé montrer le président Obama – qui est le commandant en chef des officiers supérieurs qui suivent le cours – en train de reconnaître qu’il est Musulman.

Dooley ajoutait un avertissement selon lequel ses opinions ne sont “pas la ligne officielle du gouvernement des Etats Unis” et ont pour but de “générer une discussion et une réflexion dynamiques.” Mais il expliquait à ses collègues officiers de l’armée que la présumée reconnaissance par Obama pouvait bien faire du commandant en chef une sorte de traître. « Selon des estimations prudentes, » 10 % des Musulmans dans le monde, « un chiffre stupéfiant de 140 millions de personnes… détestent tout ce en quoi vous croyez et ne coexisteront jamais avec vous sauf si vous vous soumettez » à l’Islam. Il ajoutait, « Votre serment en tant que soldat professionnel vous force à choisir votre camp ici. » On ne sait pas trop si la « guerre totale » de Dooley contre les Musulmans concerne aussi son commandant en chef « Musulman. »

Quand le haut commandement du Pentagone a eu connaissance de la présentation de Dooley, l’officier de rang le plus élevé dans le pays, le chef d’état major interarmes, le général Martin Dempsey, a donné l’ordre à chaque responsable militaire et officier supérieur de se débarrasser de tout le matériel d’instruction du même genre islamophobe. Dempsey a donné cet ordre parce que la Maison Blanche avait déjà donné instruction à l’ensemble de l’appareil sécuritaire fédéral – militaire et civil – de réorganiser sa formation antiterroriste après avoir eu connaissance des formations du FBI qui diabolisaient l’Islam.

A ce moment, Dooley avait déjà présenté sa vision apocalyptique d’une guerre religieuse mondiale. Flynn a ordonné à un officier de haut rand, le général major Frederick Rudesheim d’enquêter pour savoir avec précision comment Dooley  s’est débrouillé pour pouvoir proposer sa longue présentation dans un cursus sanctionné officiellement par le Département d’Etat. Les conclusions de cette enquête sont attendues pour le 24 mai.

L’ironie veut que Dooley et ses conférenciers invités dressent un tableau inquiétant  de l’islamisme extrémiste au moment même où ses adeptes les plus notoires craignent son implosion. Des documents récemment déclassifiés par le gouvernement des Etats Unis révèlent qu’Oussama ben Laden s’interrogeait sur les méthodes brutales et a mauvaise image d’’al Qaïda qui éloignent la grande majorité des Musulmans du choix de mener une guerre sainte. Il avait peu de chances de savoir que des officiers de l’armée des Etats Unis réfléchissaient aux moyens d’en déclencher une.

La marine de guerre américaine à la pointe du combat contre le narco-trafic

21 octobre 2011

Il parait que le gouvernement des Etats unis lutte contre le trafic de drogue et que son armée est à la pointe de ce combat.

Elle a en fait le nez en plein dedans si on en croit une dépêche AP reprise par le Centre Daily Times et qui nous apprend que :

64 marins de la marine de guerre vont être révoqués pour usage de drogues

Ces 64 marins de la 3ème Flotte des Etats Unis basée à San Diego consommaient une substance synthétique nommée «spice» qui imite les propriétés de la marijuana.

49 de ces marins ne faisaient pas qu’en consommer puisqu’ils en vendaient. Les marins qui consomment cette substance sont donc forcément plus nombreux, et encore, on ignore si tous les dealers ont été interpellés. Six de ces marins ont reconnu consommer en outre de la cocaïne et un a été détecté comme consommant des métamphétamines.

Le piquant de cette affaire est qu’elle concerne surtout des marins qui sont affectés sur un dock flottant mais aussi, pour 45 d’entre eux, sur le porte-avions USS Carl Vinson.

Personnellement, ce bateau ne me disait rien mais la dépêche nous rappelle que c’est ce porte-avions qui a fait office d’entreprise de pompes funèbres pour Oussama ben Laden, précipitant son corps dans l’océan en respectant cependant, une fadaise de plus ou de moins, le rite musulman.

D’après le vice-amiral Gerald R. Beaman, la politique de la marine à l’égard de la drogue est celle de la « tolérance zéro » parce que :

 « L’abus de drogue met en danger les vies et les missions et affaiblit le moral et la disponibilité de l’unité. »

Si on comprend bien ce monsieur, il semble y avoir néanmoins une certains tolérance puisqu’il évoque les effets nocifs de « l’abus » de drogue et non le caractère illicite de ce genre de substances. L’alcool aussi est un facteur de danger, mais je n’ai jamais entendu dire que l’armée américaine l’avait prohibé.

En tout cas, il était temps de faire le ménage car Barack Obama doit se rendre le 11 novembre sur l’USS Carl Vinson où il a été convié à assister à un match de basket-ball entre l’équipe de l’Etat du Michigan et celle de Caroline du Nord.

Parce que le 11 novembre, c’est la fin de la première guerre mondiale et la journée des anciens combattants aux Etats unis.

Après s’être agenouillé à l’ONU, Obama insulte la communauté noire des Etats Unis

30 septembre 2011
Si on en croit le journal Le Figaro, le président Barack Obama tente de récupérer l’électorat juif, ce qui expliquerait son alignement complet sur les thèses de Benyamin Netanyahou lors de ses dernières génuflexions oratoires à la tribune de l’ONU.
Ce même Figaro nous apprend que le discours d’Obama n’a pas forcément emporté la conviction d’un électorat juif traditionnellement enclin à voter démocrate. Ainsi, à la dernière présidentielle, 3/4 des électeurs Juifs du 9ème district  de New York avaient choisi de voter pour l’actuel président des Etats Unis et les voix de l’électorat juif vont le plus souvent aux candidats du parti Démocrate.
 
Mais quand on voit le poids numérique de cet électorat aux Etats Unis, 2 % de la population de ce pays, on a du mal à comprendre pourquoi Obama se préoccupe tant de cette masse insignifiante même si, écrit le Figaro, les électeurs Juifs peuvent jouer un rôle décisif dans certains Etats clefs.
Certes, mais ce rôle est-il plus décisif que celui d’autres groupes humains, noirs ou latinos par exemple?

Permettez moi d’en douter.

D’ailleurs, Barack Obama qui s’aplatit devant les prétendus dirigeants de la communauté juive retrouve toute sa superbe devant les cadres de la communauté noire des Etats Unis et ne se gêne pas pour les insulter ainsi que le relève Craig Crawford:

Barack Obama accuse les leaders noirs de porter des « pantoufles » au lieu de « chaussures de marche » et les exhorte à arrêter de se plaindre, de cesser de râler, d’arrêter de pleurer. » Peu importe si certaines des personnes présentes avaient en fait marché dans les années 1960 [dans le cadre de la lutte pour les droits civiques] alors qu’Obama n’était qu’un enfant.’

Perdre l’électorat noir? Même pas peur, nous dit l’audacieux Velran Barack Obama.
En fait, la clef du goût pour l’électorat juif que manifeste Obama, comme tous les autres candidats putatifs à la présidentielle, ne réside pas du tout dans le poids électoral des Juifs et cette clef nous est livrée vers la fin de l’article du Figaro:

Surtout, la Maison-Blanche redoute les défections des puissants donateurs juifs, qui avaient tant fait financièrement pour sa première campagne. «Beaucoup de Juifs qui avaient donné des tonnes d’argent sont très peu enthousiastes pour le refaire», a confié sans ambages un leveur de fonds d’Obama au journal New York.

Notez bien le « surtout » qui nous fait comprendre que c’est l’aspect financier qui aurait dû faire le titre du Figaro et pas une prétendue défection de l’électorat juif. car ce qui compte pour Obama comme pour les autres, ce ne sont pas les électeurs Juifs lambda, épiciers, techniciens ou professeurs, mais les grands électeurs que sont les financiers et les fameux « leveurs de fonds » (fundraisers), souvent spécialistes de l’évasion fiscale, légale ou non, et du blanchiment d’argent.

En fait, et sans qu »il fut nécessaire d’amender la constitution américaine, ce pays a adopté une méthode de suffrage censitaire qui soumet au choix des citoyens des candidats préalablement sélectionnés sur les critères qui importent à de grands électeurs.
La démocratie représentative est préservée dans sa forme, mais guère plus.

Le problème toutefois est qu’Obama a été élu par des gens qui pensaient qu’il allait régler les problèmes dont souffre leur pays et dont ils pâtissent, l’accès à l’emploi ou à la santé par exemple. Ce dernier point était d’ailleurs un de ses thèmes principaux de campagne d’Obama (comme de Bill Clinton avant lui).
Or, Barack Obama n’a tenu aucun de ses engagements, pas même celui de fermer Guantanamo, et a continué à diriger la pays d’une manière fort peu différente de celle de son prédécesseur républicain, s’engageant aussi dans de nouveaux conflits militaires.

Il est donc logique que sa popularité dans l’électorat général s’effondre:

La popularité d’Obama dégringole. Les Américains en ont assez que la Maison Blanche fasse copain-copain avec les banquiers de Wall Street.

Parce que les banquiers, en nombre d’électeurs, ça ne pèse pas non plus très lourd…

Or les banquiers et l’électorat « juif » [c’est-à-dire en réalité les donateurs dont il est question plus haut] sont les deux principales préoccupations de M. Obama ainsi qu’il est apparu dans un lapsus au cours d’un discours récent.La gaffe est rapportée entre autres par le Daily Mail:

‘Si demander à un millionnaire de payer le même niveau d’impôt qu’un Juif, un concierge, fait de moi un guerrier en faveur des travailleurs, je le considère comme une marque d’honneur. Je n’ai pas de problème avec ça. Il est juste temps,’ a-t-il dit.

Le Daily Mail indique que Rush Limbaugh, un commentateur politique de droite très connu aux Etats Unis a moqué un président Obama qui semble considérer que les Juifs payent trop d’impôts tout comme les concierges.

Une gaffe qui a peut-être contribué à amenuiser l’attrait d’une candidature Obama pour « l’électorat » juif. Un électorat qui de toute façon n’aura que l’embarras du choix puisque presque tous les candidats à la candidature semblent privilégier le bien être du soldat sioniste à celui du chômeur de l’Alabama ou du sans domicile de Californie.


De Truman à Obama, le poids de plus en plus insupportable du lobby sioniste

25 septembre 2011

J’ai brièvement évoqué ici le discours sioniste d’Obama à la tribune des Nations Unies. En soi, le comportement d’Obama ne diffère cependant pas fondamentalement de celui de ses prédécesseurs dans une tradition qui remonte au président Harry Truman et qui consiste à se soumettre au lobby sioniste.

Une des  différences pourtant est que cette pression est plus forte que jamais compte tenu de l’isolement croissant de l’entité sioniste attesté par les votes à l’ONU mais aussi par les récentes évolutions des diplomaties égyptienne et turque. De ce fait, l’entité sioniste tend à s’arcbouter sur son pré carré traditionnel, les Etats Unis et l’Europe pour l’essentiel.

L’autre différence est que la soumission au lobby n’est plus suffisante pour garantir une victoire électorale via les fonds de campagne et un traitement médiatique privilégié. Et ce, pour la simple raison que tous ceux qui aspirent à la magistrature suprême à Washington font dans la surenchère sioniste, affirmant que tel ou tel rival n’est pas assez favorable à l’Etat voyou et cherchent à donner des gages de leur adhésion au sionisme le plus fanatique.

Parce que leur élection dépendra effectivement des likoudniks Juifs Américains qui sont les véritables dirigeants de l’entité sioniste. Banquiers, financiers, avocats, patrons de presse, producteurs audiovisuels, patrons de loteries ou de casinos, responsables associatifs, ces ultra nationalistes suprématistes sont capables d’activer les relais qui leur appartiennent ou qui dépendent d’eux pour faire ou défaire les réputations politiques. Ils sont capables de fournir les partisans « pour » et « contre » un candidat et de décider lesquels pourront parler le plus fort en fonction du comportement des candidats à la présidentielle.

Ce qui donne une démocratie dévergondée avec le paradoxe d’une liberté individuelle qui reste vivante mais où les individus citoyens n’ont plus guère le choix qu’entre des candidats ,et donc des projets, adoubés par le lobby sioniste.

Lawrence of Cyberia nous rappelle opportunément le rôle déterminant d’un prédécesseur d’Obama dans la genèse de ce conflit du Proche Orient qui a vu pour la première fois un président US s’humilier en reniant publiquement tous les principes par lui-même affichés. (George W. Bush avait au moins laissé à Colin Powell le soin de se ridiculiser en brandissant son flacon d’urine à l’ONU)

Et que l’histoire de l’entité sioniste n’est rien d’autre que celle d’une injustice commise aux dépends su peuple palestinien au mépris des règles de droit. Du brigandage pur et simple.

NB. Les extraits des ouvrages de Quigley et Hadawi compotent des annotations qui renvoient à leurs sources. Je ne les ai pas reprises, vous les retrouverez sur le site don j’ai tiré l’article.

 

Sur la raison pour laquelle la Micronésie s’oppose à l’autodétermination palestinienne

Par Lawrence of Cyberia, 21 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ira Glunts a posté aujourd’hui un message dans Mondoweiss au sujet des reactions palestiniennes au discours d’Obama devant l’assemblée générale de l’ONU. Il a relevé la réaction d’Hanan Ashrawi qui citait  les efforts que les Etats Unis sont prêts à faire pour empêcher une reconnaissance internationale d’un Etat de palestine.

Ce que j’entendais était incroyable. C’était comme si les palestiniens occupaient Israël. Il n’y avait aucune empathie avec les palestiniens, il n’a parlé que des problèmes israéliens.

Il nous a dit qu’il n’était pas facile de parvenir à la paix, merci mais nous le savons. Il a parlé des droits universels – Bien, ces mêmes droits s’appliquent aux Palestiniens.

{Les Américains] exercent d’énormes pressions sur tous les membres de l’ONU, ils usent de la menace et de la coercition. J’aimerais qu’ils investissent autant d’énergie dans une démarche de promotion de la paix, pas de menaces.

Après avoir lu ce texte, la comparaison évidente qui m’est venue à l’esprit était avec la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU du 29 novembre 1947 qui avait adopté la proposition de partition de la Palestine. Je veux parler des menaces et de la coercition exercées par les Etats Unis sur les Etats membres les plus dépendants, afin de s’assurer que l’ONU recommanderait une partition de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe, en dépit des objections de la grande majorité de la population palestinienne, et malgré le fait que le comité spécial de l’ONU sur la Palestine avait déjà conclu que la création d’un foyer national juif en Palestine contre la volonté du peuple palestinien « pourrait bien être contraire » au principe d’autodétermination [note 1] en contradiction avec la propre charte de l’ONU.[2]

Extrait de John Quigley’s Palestine and Israel: A Challenge to Justice, (Duke University Press, 1990, pp.36-7, 39):

Le 25 novembre 1947, le comité ad hoc avait approuvé la recommandation de partition faite par la sous commission I par un vote de 25 voix contre 16 avec 17 abstentions. Si elle suffisait pour présenter le plan en sous commission, cette marge n’atteignait pas la majorité des deux tiers exigible pour un passage devant l’Assemblée Générale. A ce stade, les Eats Unis étaient apparus comme le plus agressif des partisans de la partition. La majorité des pays européens, dont l’Union Soviétique, la soutenaient mais la plupart des pays du Tiers Monde la voyaient comme une violation des droits des Arabes.]

Les Etats Unis obtinrent de l’Assemblé Générale que le vote soit retardé afin “d’avoir le temps de rallier certaines républiques d’Amérique latine à leurs vues.”  Les officiels US, « sur instructions directes de la Maison Blanche, » usèrent de « toutes les formes de pressions, directes et indirectes » pour “faire en sorte que la majorité nécessaire “ soit obtenue, selon l’ancien sous-secrétaire d’Etat Sumner Welles. Des membres du Congrès des Etats Unis avaient menacé plusieurs pays du tiers Monde d’une réduction de l’aide économique. Dans une ultime tentative de compromis et une concession majeure, plusieurs pays arabes avaient propose un plan de gouvernement fédéré pour la Palestine. Semblable à une proposition minoritaire du comité spécial, ce plan appelait à une fédération des composantes juive et arabe. La Colombie avait demandé de renvoyer la question devant le comité ad hoc pour de nouvelles démarches afin d’atteindre une solution acceptable aussi bien par les Arabes que par les Juifs de Palestine.

On avait peu de raisons de croire, fin 1947, que le délicat arrangement prévu par le plan de partition pourrait s’attirer un niveau de coopération suffisant de la part des parties arabe et juive. Mais l’Assemblée Générale s’engagea vers un vote sur le plan de partition. Le 29 novembre, elle adopta un projet de résolution comprenant le plan de partition, la résolution 181. La résolution obtint de justesse la majorité des deux tiers – 33 pour, 13 contre et 10 abstentions.

Parmi les pays qui changèrent leurs votes entre le 25 et le 29 novembre et qui permirent d’atteindre la majorité des deux tiers, se trouvaient le Libéria, les Philippines et Haïti. Tous fortement dépendants financièrement des Etats Unis, ils avaient subi des pressions pour modifier leurs votes. Certains délégués avaient accusé les officiels US «d’intimidation diplomatique». Sans une « pression terrible» des Etats Unis sur des “gouvernements qui ne peuvent pas courir le risque de représailles américaines” expliquait un éditorialiste anonyme, la résolution “n’aurait jamais été adoptée.”

La réalité de ces pressions est devenue un fait de notoriété publique, à tel point qu’un groupe de stratégie politique du Département d’Etat s’était inquiété que « le prestige de l’ONU » puisse en souffrir en raison du « caractère notoire et du ressentiment envers les activités des groupes de pression US, dont des membres du Congrès qui ont cherché à imposer le point de vue américain sur la partition à des délégations étrangères. »

Extrait de Sami Hadawi‘s, Bitter Harvest: A Modern History of Palestine, fourth edition, pp 75 & 76:

Le rôle joué par les Etats Unis – gouvernement et personnes privées – pour aboutir à in vote majoritaire à l’Assemblée générale est illustré au mieux par la citation de sources américaines:

1.L’Hon. Lawrence H. Smith a déclaré au Congrès. “Regardons le dossier, M. le président, et voyons ce qui s’est passé à la session de l’Assemblée Générale de l’ONU avant le vote sur la partition. Une majorité des deux tiers était nécessaire pour l’adoption de la résolution. A deux reprises, l’Assemblée était sur le point de voter et par deux fois le vote fut reporté. Il était évident qu’un délai était nécessaire parce que ceux qui proposaient lé résolution (les USA et l’URSS) n’avaient pas suffisamment de voix. Dans l’intervalle, des sources fiables rapportent qu’une pression intense a été exercée sur les délagués de trois petites nations par des représentants des Etats unis et par des officiels ‘aux plus hauts échelons à Washington’. C’est une accusation grave. Quand la question a finalement été soumise aux voix le 29 novembre, que s’est-il passé ? Les votes décisifs en faveur de la partition ont été apportés par Haïti, le Libéria et les Philippines. Ces voix avaient suffi pour faire une majorité des deux tiers.

Dans un premier temps, ces pays s’étaient opposes à cette proposition… la pression exercée par nos délégués, par nos officiels, et par des personnes privées de notre pays constituent une conduite répréhensible contre ces pays et contre nous. »

2. Le journaliste Drew Pearson avait expliqué dans un éditorial qu’en fin de compte, ‘beaucoup de gens avaient usé de leur influence pour forcer la main aux votants. Harvey Firestone, qui possède des plantations d’hévéa au Libéria s’est occupé du gouvernement du Libéria. Adolphe Berle, conseiller du président Haïtien a retourné son vote… L’ambassadeur de Chine, [la Chine d’avant le communisme] Wellington Koo avait averti son gouvernement… L’ambassadeur de France avait plaidé en faveur de la partition auprès de son gouvernement miné par la crise.”

“Peu de gens le savent, » avait-il écrit après la partition, ‘mais le président Truman avait pesé plus que jamais de tout son poids sur le département d’Etat avant de faire basculer le vote aux nations Unies sur le partage de la Palestine. Truman avait convoqué le Secrétaire d’Etat par intérim Lovell mercredi à la Maison Blanche, puis vendredi encore pour l’avertir qu’il exigerait de lui qu’il s’explique complètement si des nations qui s’alignent habituellement sur les Etats Unis manquaient à le faire sur la Palestine… »

Sumner Welles avait affirmé: «Sur ordre direct de la Maison Blanche, toutes les formes de pressions, directes ou indirectes, ont été exercées par des officiels Américains sur ces pays, à l’exclusion des pays musulmans, dont on savait qu’ils étaient opposés à la partition ou hésitants. Des diplomates ou des intermédiaires ont été utilisés par la Maison Blanche pour faire s’assurer de réunir au moins la majorité nécessaire »

4. Pour James Forrestal, alors Serétaire à la Défense, “Les méthodes qui avaient été utilisées … pour exercer une coercition et contraindre les autres nations de l’Assemblée Générale frôlaient le scandale’…

Sir Zafrulla Khan, ancien ministre des affaires étrangères du Pakistan et chef de la délégation de ce pays à l’ONU en novembre 1947.

En écoutant en direct le discours d’adieu de Kofi Annan sur une chaîne d’informations américaine diffuse dans le monde entier, quelqu’un a été trrès étonné d’entendre M. Annan baser ses cinq postulats pour une paix future sur ces citations de feu le président Truman. M.Truman n’avait pas grand-chose d’un Woodrow Wilson ou d’un Wendel Wilkie et encore moins d’un oracle.

Une des questions qui alimentait le désarroi de M. Annan était la Palestine. Voici un récit de première main, tire des memoires de Sir Zafrulla Khan, ancien minister des affaires étrangères du Pakistan, sur le rôle pas si visionnaire que ça que M. Truman joua dans la partition de la Palestine en 1948 à l’ONU.

“Le facteur décisif fut le rôle du président Truman qui ,en qualité de vice président assuma la présidence des Etats Unis à la mort du président Roosevelt au printemps 1945. Truman voulait être élu président à l’élection de 1948 mais il n’avait pas l’ensemble de son parti derrière lui. Les Juifs [sic] avaient une position forte dans la ville de new York, et l’Etat du même nom devait aller dans la même direction politique  que la ville.  Le vote juif dans la ville pouvait s’avérer déterminant. Le président Truman est alors devenu un partisan résolu de la partition de la Palestine. La délégation US à l’ONU ne s’en réjouissait pas vraiment. Le conseiller juridique de la délégation avait fait connaître au président ses doutes sur la compétence de l’Assemblée Générale pour décider de la partition d’un pays. Mais le président étai resté ferme sur ses positions en faveur des Juifs [sic].

“Le débat en plénière avait démarré dans une atmosphère très tendue. Il atteint son étape finale mercredi avant Thanksgiving. Un pointage soigneux avait confirmé l’impression qui ressortait des discours prononcés pendant la plénière, que la résolution n’avait pas l’appui d’une majorité des deux tiers.

Le matin, avant le début des débats à l’Assemblée, j’avais en tant que chef de la délégation pakistanaise appelé M. Dennis, le chef de la délégation du Libéria qui m’avait assuré que les instructions de son gouvernement étaient de voter contre la partition et ‘il) avait ajouté : mais nous subissons de fortes pressions des Etats Unis. Il faudrait faire que le vote ait lieu aujourd’hui, parce que je ne sais pas ce qui pourrait arriver demain. »

“Le général Romulo, ministre Philippin des affaires étrangères était allé à la tribune et avait condamné fermement la partition dans un discours d’une éloquence flamboyante. Le représentant Haïtien avait déclaré qu’il voterait contre la partition.

“Vers l’heure du déjeuner, la rumeur a circulé que le président [de l’Assemblée] n’avait pas l’intention de faire procéder au vote ce jour-là. Le Dr Fadhil Jamali ; ministre Irakien des affaires étrangères et le chef de la délégation pakistanaise appelèrent le président et découvrirent qu’il avait décidé de reporter le vote à vendredi.

Ses excuses étaient fragiles, mais il resta ferme. A la fin de la réunion de l’après-midi, il ajourna la session jusqu’à vendredi matin. Jeudi, le président Truman appela personnellement au téléphone certains chefs d’Etat et les persuada de modifier leur position sur la question de la partition de la Palestine pour passer d’une opposition à un soutien.

Entre autres, le Libéria, Haïti et les Philippines changèrent de position.

“La résolution fut adoptée, les dés étaient jetés, et les Arabes et les Juifs étaient partis pour un affrontement de plusieurs générations. Le président Truman restera dans l’histoire comme l’homme d’Etat qui prit la décision de larguer les premières bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, et dont la détermination a poussé à la partition de la Palestine par le truchement des Nations Unies.

M.J. AS’AD
Karachi

– Dawn Newspaper, (Pakistan) 19 Dec 2006

Alors, pour poser les choses clairement: les Etats Unis qui, à une époque, ont contraint des membres de l’ONU à accorder à Israël sa partie de la solution à deux Etats alors qu’aucun consensus évident n’existait sur cette étape, tente aujourd’hui de forcer des membres de l’ONU à ne PAS établir la partie palestinienne de la solution à deux Etats, alors même qu’existe un large consensus en sa faveur. Et ce sont les mêmes Etats Unis qui ont été ces 20 dernières années les seuls médiateurs d’un « processus de paix » supposé chercher à aboutit à l’établissement de cette solution à deux Etats. Faut-il vraiment se poser la question de savoir pourquoi ce processus a échoué ?

Notes:

[1]  En ce qui concerne le principe de l’autodétermination, bien que la reconnaissance internationale a été renforcée à la fin de la Première Guerre mondiale et a été respecté à l’égard des autres territoires arabes, à l’époque de la création des mandats « A », il n’a pas été appliqué à la Palestine, à cause évidemment de l’intention de rendre possible la création d’un foyer national juif là-bas. En fait, on peut  dire que le foyer national juif et  Mandat sui generis sur la Palestine allaient à l’encontre de ce principe.

– UN Special Committee on Palestine (UNSCOP), Report to the General Assembly, 3 September 1947. Paragraph 176.

[2]  Les buts des Nations Unies sont les suivants :

1.    Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;

2.    Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;

3.    Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;

4.    Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

– Charte de l’Organisation des Nations Unies, Article 1.

Barack Obama et les 900 rabbins

23 septembre 2011

Barack Obama vient de tenir un discours tout à fait stupéfiant à la tribune de l’ONU, pour rejeter la demande d’admission d’un Etat palestinien à l’ONU, reproduisant telles quelles les thèses de la hasbara sioniste. « Prisonnier du lobby juif » écrit Mouaffaq Matar dans un article repris par Courrier International.

Sur ce point, on dira que sa condition de prisonnier ne le distingue guère de la plupart des autres acteurs de la vie politique de son pays, notamment des candidats putatifs à la prochaine élection présidentielle dont le thème de campagne principal n’est ni le chômage, ni la pauvreté qui frappe de nombreux citoyens US mais le soutien au régime sioniste. Chacun accusant effectivement son ou ses rivaux potentiels de ne pas soutenir suffisamment les autorités de Tel Aviv.

En ce sens, Obama pense avoir marqué un point à l’ONU et il n’a donc pas traîné pour aller rendre compte aux véritables électeurs d’une « démocratie en Amérique » de plus en plus chimérique.

Washington – Obama appelle 900 rabbins et les assure de l’Alliance américano-israélienne

Washington – Un jour après avoir fait ce qu’on a appelé « son discours sioniste » à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York, le président US Barack Obama était de retour à la maison Blanche où il a tenu  une téléconférence avec 900 rabbins orthodoxes, conservateurs et réformés à travers tous les Etats Unis un peu avant le nouvel an juif.

Pendant cette communication de 30 minutes, Obama a assuré aux rabbins que l’alliance entre les USA et Israël était plus solide que jamais.

« Le premier ministre Netanyahou sait qu’il peut compter sur les Etats Unis, » a déclaré Obama aux rabbins. « Nous n’abandonnerons pas la recherche d’une paix juste et durable qui mettra un terme au conflit. »Il a ensuite observé que « les liens entre les Etats Unis et Israël sont incassables [unbreakable] et que l’engagement envers la sécurité d’Israël est à toute épreuve. Depuis ma prise de fonctions, je n’ai pas fait que discourir, nous avons agi. »
Source: Vos Iz Neias (USA) 23 septembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Oussama où la victoire d’Hollywood sur Bollywood

9 mai 2011

La façon de communiquer et même de gouverner quand on est président des Etats Unis a franchement quelque chose de Hollywood, et Barack Obama ne déroge pas à la règle même quand il vient annoncer solennellement à son peuple l’assassinat d’Oussama ben Laden.

Rien d’étonnant si cette façon de procéder remonte à Ronald Reagan qui avait fait une carrière au cinéma avant de se lancer dans la politique et de devenir président des Etats Unis.

Quand la poudre parle, Oussama se tait.

Eh oui, la loi du plus fort est toujours la meilleure.

Par Casey Chan, Gizmodo (USA) 8 mai 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

Ce n’est pas de l’info. Pas du tout en fait. J’au simplement trouvé cette histoire très intéressante. Comme c’st le cas depuis l’époque Reagan, les photographes n’étaient pas autorisés à prendre des photos pendant le discours télévisé en direct du président Obama. Alors comment avons-nous pu avoir des photos ? Eh bien, Obama a reproduit le discours pour les photographes !

Nos soldats viennent de retuer Oussama ben Laden

Voilà ce qui s’est passé selon Jason Reed, un photographe de l’agence Reuters.

Tandis que le président Obama prononçait son discours de neuf minutes devant l’unique camera d’un grand réseau de télévisions, les photographes ont été maintenus en dehors de la pièce et on leur a demandé de respecter un silence absolu. Une fois qu’Obama n’était plus à l’antenne, nous avons été escortés devant le téléprompteur et le président a alors répété pour nous son arrivée vers le pupitre et les trente premières secondes de sa déclaration.

Le fait que ce soit une reconstitution ne change pas vraiment grand-chose pour moi — AP et Reuters révèlent toutes deux quelles photos ont été arrangées – J’aime juste le côté travail en coulisses de toute la démarche. Oh, et bien sûr, j’aime l’idée d’un Obama effectuant une deuxième fois son impressionnante sortie du bureau [ovale].

Via Xymphora

Quand les Etats Unis refusaient que les Talibans livrent Oussama ben Laden

9 mai 2011

Barack Obama dit avoir vécu les 40 minutes les plus longues de sa vie en assistant en direct à l’opération Geronimo qui s’est (ou se serait) soldée par l’élimination d’Oussama ben Laden,. » l’exception peut-être de la méningite de Sasha quand elle avait trois mois et que j’attendais que le docteur me dise qu’elle allait bien », a déclaré M. Obama, en référence à sa fille ».

Quel homme attentionné ce cher président des Etats-Unis !

Personnellement, je ne sais pas comment il a pu vivre en direct les 40 longues minutes qu’a duré l’assassinat du chef d’al Qaïda puisque, selon Leon Panetta, le directeur de la CIA, il y a eu 25 minutes d’interruption de la retransmission de l’action du commando US. Et cette interruption est survenue précisément au moment où les soldats pénétraient dans le « complexe » d’Oussama ben Laden. Quand vous lisez «complexe » (ou compound), comprenez maison ! Parce que ce « compound » n’est qu’une maison, grande peut-être, mais rien qu’une maison.

Alors, si on lit un peu entre les lignes, on comprend que le président Obama n’a rien vu et qu’il raconte soit ce qu’on lui a dit de raconter, soit un récit de fiction dont il est un des co-auteurs !

On retiendra de toute cette affaire, qu’elle soit vraie (peu probable) ou fausse (très probable) que les autorités américaines qui prétendent défendre l’état de droit s’asseoient sur ce même droit quand ça les arrange. Et en viennent à applaudir à un meurtre en se flattant , qui plus est, d’avoir vécu en direct la mort de l’incarnation du Mal.

Notez qu’en Allemagne, un magistrat a lancé une action en justice contre Mme Angela Merkel pour s’être réjouie publiquement d’un acte qui se veut ouvertement être un assassinat et une infraction au droit international et même aux lois des Etats-Unis.

Et que Rowan Williams,  l’archevêque de Canterbury a fait part de son malaise devant le fait que la justice n’a pas été rendue. Ce qui ne signifie bien sûr pas une que l’archevêque ne considère pas Oussama Ben Laden  comme irréprochable, tant s’en faut, car « quand vous avez affaire à quelqu’un qui était manifestement un criminel de guerre, au vu des atrocités commises, il est important qu’on voie la justice rendue »

T

Tiens, il y en a un qui regarde pas!

Quand on voit cette photo, on imagine qu’un événement d’une portée historique considérable s’est produit.(par exemple la bataille de Stalingrad, le débarquement des Alliés en Normandie en 1944, ce qui expliquerait la tension palpable chez ces responsables politiques  et militaires, le regard rivé sur un écran de télévision.

Ben non, c’était juste 1) le prétendu assassinat d’Oussama ben Laden, 2) l’assassinat d’un « pauvre type » qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment 3) je le mentionne pour la forme,  l’assassinat d’Oussama ben Laden, un chef de guerre malade (non, pas fou, malade des reins) dont l’armée comptait cependant  plus d’un million d’hommes d’active, des bombardiers lourds de type B52 ou encore des centaines de tanks Bradley sans parler des hélicoptères d’assaut et autres pièces d’artillerie.

Blague à part, beaucoup de gens qui avaient encore une image positive d’Oussama ben Laden n’ont cependant jamais cru qu’il était l’instigateur d’attentats du 11 septembre qu’il n’a jamais revendiqués.

C’était exactement la position du régime Taliban en Afghanistan à la veille de l’attaque menée contre leur pays par les Etats-Unis et leurs alliés après les attentats du 11 septembre. On s’en souvient, les Talibans avaient proposé au président Bush de livrer ben Laden à un pays tiers à définir en commun sous réserve de fourniture d’éléments à charge par le gouvernement des Etats-Unis.

Lisez ou relisez cet article de The Independent , prêtez un peu attention au propos des uns (les Talibans) et de l’autre (George W. Bush) et répondez ensuite à cette question : qui montre ici un attachement à la règle de droit ?

Bush rejette l’offre des Talibans de livrer ben Laden

Début de la deuxième semaine de bombardements;
La presse visite un village touché par un missile

par Andrew Buncombe, The Independent (UK) 15 octobre 2001 traduit de l’anglais par Djazaïri

Après une semaine de frappes épuisantes contre des objectifs en Afghanistan, les Talibans ont réitéré leur offre de livrer Oussama ben Laden, uniquement pour la voir rejetée par le président Bush.

L’offre faite hier par Haji Abdul Kabir, le vice premier ministre Taliban, de livrer M. ben Laden si les Etats Unis arrêtaient leurs bombardements et donnaient des éléments de preuves contre le dissident d’origine saoudienne, n’était pas nouvelle mais suggrérait que les Talibans étaient de plus en plus préoccupés par les frappes aériennes, qui ont endommagé une bonne partie des leus infrastructures militaires et de communications.

Cette démarche est intervenue au moment où les Talibans accordaient aux journalistes étrangers un accès sans précédent et pour la première fois à l’intérieur du pays. Des journalistes ont été escortés jusqu’au village de Karam dans le sud de l’Afghanistan où, selon les Talibans, près de 200 civils ont été tués mercredi dernier par un bombardement américain.

Les journalistes ont constaté des preuves tangibles que de nombreux civils ont été tués dans l’attaque, sans être cependant en mesure de confirmer le nombre de morts. « Je demande à l’Amérique de ne pas nous tuer, » plaidait Hussain Khan, qui dit avoir perdu quatre enfants dans l’attaque. Dans les décombres d’une maison, les restes d’un bras émergeaient d’un tas de briques. Une jambe avait été découverte non loin.

Un autre viel homme dit: “Nous sommes de pauvres gens, ne nous attaquez pas. Nous n’avons rien à voir avec Oussama ben Laden. Nous sommes des gens innocents. » Washington ne s’est pas exprimé sur ce bombardement.

M. Kabir a déclaré: “Si l’Amérique revenait sur sa politique actuelle, alors nous pourrions négocier, » M. ben Laden pourrait être livré à un pays tiers pour être jugé, a-t-il dit. « Nous pourrions discuter du nom de ce pays tiers. »

Mais alors que les avions militaires américains commençaient la deuxième semaine de la champagne de bombardements, Washington a rejeté d’un revers de main l’offre des talibans.  « Quand j’ai dit pas de négociations, ça voulait dire pas de négociations, » a déclaré M. Bush. « Nous savons qu’il est coupable. Livrez-le. Il est inutile de discuter innocence ou culpabilité.”

Auparavant, dans des propos qui figurent dans un discours filmé projeté pendant une reunion de la Société Américaine des Anesthésistes, M. Bush avait dit que sont pays vivait « un des moments les plus sombres de notre histoire. Je vais être clair à ce sujet. Nous gagnerons la guerre contre le terrorisme et nous continuerons aussi à mener d’importants batailles au pays. »

Dans la bataille sur le front intérieur, l’inquiétude croissante en Amérique sur la flambée d’infections à l’anthrax et la menace du bioterrorisme. Cinq autres cas chez des employés de l’éditeur de tabloïds en Floride – où un homme est décédé de la maladie – ont été confirmés. Deux Etats, le New York et la Floride ont désormais rapporté des cas confirmés de maladie et un troisième a signalé la découverte de spores d’anthrax à la poste.

Plusieurs des membres du cabinet de M. Bush ont essayé d’apaiser les craintes au sujet de l’anthrax lors de leurs prestations dans des talk shows télévisés, mais John Ashcroft, le procureur général, a déclaré qu’il existait une possibilité que ces cas soient liés à m. ben Laden. « Nous devrions envisager l’éventualité d’un lien [avec M. ben Laden], » a-t-il dit. « Il est prématuré pour l’instant de trancher sur l’existence d’un lien direct. »

M. Ashcroft a déclaré que certains de ceux qui ont un lien avec les attentats du 11 septembre sont peut-être encore en fuite à l’intérieur du territoire des Etats Unis. 3je pense qu’il est très improbable que tous les individus associés ou impliqués dans les événements terroristes du 11 septembre et d’autres événements terroristes qui ont pu être pré-positionnés et pré-programmés aient été appréhendés, » a-t-il dit.

Il y a eu un accroissement des craintes d’attaque biologique en Grande Bretagne hier quant il a été signalé qu’un homme non identifié avait pulvérisé de la poudre dans le crypte de la cathédrale de Canterbury.

En Afghanistan, des avions US ont encore frappe des objectifs proches de la ligne de dront Taliban au nord de Kaboul où ils combattent l’Alliance du Nord. Dans un revirement qui pourrait laisser penser qu’ils sont sous pression, les Talibans ont appelé leurs ennemis à se joindre à la guerre contre l’Amérique.

Abdullah Abdullah, ministre des affaires étrangères de l’Alliance du Nord, a déclaré que ses forces retardaient leur progression vers Kaboul dans l’attente de la mise en place d’un accord dur la façon de diriger l’Afghanistan après la chute des talibans.

Une personne a trouvé la mort dans des manifestations anti-US qui se sont déroulées au Pakistan où la police a ouvert le feu sur des manifestants qui essayaient d’investir la base aérienne de Jacobabad dans le sud du pays, une des deux bases que le gouvernement pakistanais a mis à disposition des forces US.

Au Nigeria, des émeutes au cours de manifestations de Musulmans contre les frappes aériennes auaraint coûté la vie de près de 200 personnes dans la ville de Kano,

Ce député Canadien qui ne croit pas à l’existence des photos du corps d’Oussama ben Laden

5 mai 2011

Le président US Barack H. Obama vient de décider de ne pas rendre publiques des photos du corps d’Oussama ben Laden. La raison en serait que les autorités de Washington ne veulent pas que la vision d’un corps dans un bien triste état suite à l’exécution ou assassinat commis par les GI’s n’enfièvre les esprits de, comment qu’y disait tout alors sur RTL ?… La rue arabe !

Voilà il s’agit de ménager la rue arabe. Ce dont la dite rue est déjà fort reconnaissante à M. Obama.

Pourtant, si M. Obama voulait éviter de heurter la « rue arabe », peut-être demanderait-il à ses forces armées de cesser de bombarder la dite rue quand elle se trouve à Tripoli en Libye, où encore mettrait-il en balance tout le poids politique et économique des Etats Unis pour  faire pression sur le gouvernement sioniste dans le cadre du pseudo processus de paix au Moyen Orient.

Il faut donc croire les Etats Unis sur parole, cette dernière étant tout à fait crédible comme l’a prouvé récemment Mme Susan Rice ou avant elle, M. Colin Powell. Susan Rice et Colin Powell ne sont pourtant pas les deux premiers bureaucrates venus.

Des enregistrements audio et, autrefois vidéo, étaient supposés attester qu’Oussama ben Laden était vivant. C’est aujourd’hui la parole de M. Obama qui vaut aujourd’hui certificat de décès du chef d’al Qaïda.

Et ce certificat, gare à qui voudra le contester même sur un ton mesuré ainsi que le montrent les remous suscités par les déclarations de Thomas Mulcair, un député Canadien qui met en doute l’existence des photos d’’Oussama ben Laden. Et Mulcair fait même un peu plus que ça, puisqu’il s’interroge aussi sur la légalité de cet assassinat tant au regard des lois des Etats Unis que du droit international.

La réaction de Thomas Mulcair serait illustrative des théories du complot. Je dirais personnellement que nous avons d’une part les théories du complot et les complots eux-mêmes, ces derniers étant certainement plus nombreux que les premières (car par définition les complots sont le plus souvent secrets.

Thomas Mulcair doute de l’existence des photos d’Oussama Ben Laden

La Presse Canadienne – 4 mai 2011

OTTAWA — On s’attendait à ce que des députés néophytes du Nouveau Parti démocratique (NPD) commettent un faux pas, mais c’est finalement le lieutenant québécois de Jack Layton qui aura été le premier à susciter une certaine forme de controverse, mercredi, en affirmant qu’il doutait que les États-Unis détiennent des photos du corps d’Oussama Ben Laden.

Thomas Mulcair y est allé d’une déclaration qui a tout pour plaire aux adeptes de la théorie du complot. Sur les ondes de CBC, le député d’Outremont a lancé que la version des faits du président Barack Obama était incomplète, voire fausse.

Le président américain a déclaré qu’il avait vu les photos du corps d’Oussama Ben Laden, mais que leur publication pourrait nuire aux intérêts des États-Unis.

Thomas Mulcair, un politicien d’expérience, s’est montré sceptique.

Lors d’une entrevue qu’il a accordée à l’émission «Power and Politics», il a déclaré qu’il ne croyait pas à l’existence de ces clichés en fonction des informations qui ont été divulguées jusqu’à présent.

Les États-Unis ont annoncé que Ben Laden a été abattu dimanche lors d’une opération terrestre au Pakistan et que sa dépouille avait été lancée à l’eau.

M. Mulcair a plaidé qu’une «analyse complète» de l’opération militaire américaine s’imposait afin de savoir si celle-ci s’inscrivait dans un contexte de légitime défense ou s’il s’agissait d’un «assassinat ciblé».

«Cela a des implications sur le plan des lois américaines et sur le plan des lois internationales», a signalé le néo-démocrate.

Le NPD a réagi promptement afin de se distancier des propos de Thomas Mulcair. Le porte-parole en matière d’Affaires étrangères, Paul Dewar, a indiqué que le parti ne doutait aucunement de la version des faits du président Obama.

«Nous n’avons aucune raison de remettre en question la véracité des déclarations du président Obama, a indiqué M. Dewar. Comme l’a dit Jack Layton l’autre jour, nous sommes heureux que les États-Unis aient localisé Oussama Ben Laden.»

Paul Dewar a ajouté que le NPD était en accord avec la décision prise par l’administration Obama, qui a refusé de publier les photos de la dépouille de l’ancien ennemi numéro un des États-Unis.

«Il doit y avoir un équilibre entre le droit du public à l’information et les questions de sécurité publique», a plaidé M. Dewar.

Après le certificat de naissance d’Obama, le certificat de décès d’Oussama!

2 mai 2011

Après avoir échoué à assassiner Mouammar Kadhafi, en réussissant cependant à tuer un de ses fils, Saif  al-Arab et trois de ses petits enfants, le président des Etats Unis vient d’annoncer que ses forces armées ont tué Oussama ben Laden au cours d’une opération menée au Pakistan.

Et tenez vous bien le terroriste le plus recherché au monde se planquait à seulement quelques kilomètres de la capitale pakistanaise avec une vingtaine de collaborateurs ou parents. Pour continuer dans le foutage de gueule, on apprend que la maison où il se trouvait, une grande bâtisse qualifiée de « compound » pour faire plus guerrier, se situe dans une zone résidentielle où logent surtout des officiers Pakistanais à la retraite.

Pour renforcer tous ces éléments de discrétion, la maison de Ben Laden n’était que huit fois plus grande que les autres!

Bon, si vous ne le saviez pas, le président US Barack H. Obama est déjà en pleine campagne électorale pour un deuxième mandat. Et après avoir dû produire son certificat de naissance comme preuve incontestable de sa citoyenneté mise encore en doute après plus de deux ans de mandat (!), voilà qu’il se croit obligé d’exhiber le certificat de décès d’Oussama ben Laden!


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