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A-t-on besoin de l’ONU pour traiter le dossier des armes chimiques syriennes?

11 septembre 2013

On entend certains commentateurs et le gouvernement français affirmer que c’est la menace crédible d’un recours à la force qui a amené la Russie à faire une proposition visant à détruire les stocks d’armes chimiques dont dispose ou disposerait l’armée syrienne.

Cette appréciation est fausse comme le montre le blogueur qui anime Moon of Alabama, un de ces sites indispensables pour comprendre le monde contemporain.

La vérité est que, comme au jeu d’échecs, les autorités russes ont exploité immédiatement une faille apparue dans le jeu de l’adversaire et ont avancé un pion dont le positionnement a désarçonné ce dernier.

L’analogie avec le jeu d’échecs s’arrête là, parce que le but de la diplomatie russe n’est pas de mettre en échec les Etats Unis et encore moins de les mettre mat (c’est-à-dire de les mettre à mort) mais de trouver un moyen pour sortir les Etats Unis de la logique de guerre dans laquelle ils se sont malencontreusement enferrés.

La France en est désormais réduite aux gesticulations oiseuses et belliqueuses du sieur Laurent Fabius qui est furieux de perdre l’occasion de faire sa guerre pour l’Etat prétendu juif. Après le report du vote au Congrès par le président Obama, c’est là le deuxième sévère camouflet subi par une diplomatie français prise en otage par les zélateurs de Tel Aviv.

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La paix, c’est pas la joie…

De fait, les possibilités offertes dorénavant à la diplomatie ne se limitent pas , tant s’en faut, à une résolution de l’ONU du genre « prête à être bafouée » par les prétendus garants du droit international que seraient la France et le Royaume Uni, deux régimes notoirement fauteurs de guerre.

Pas besoin de l’ONU pour régler la question de l’armement chimique syrien

Moon Of Alabama (USA) 10 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gregg Carlstrom résume le message confus d’Obama sur la Syrie:

Nous sommes  « sérieusement sceptiques  » devant l’offre, qu’à l’origine nous avions accidentellement proposé quelques heures plus tôt, pour résoudre pacifiquement un bras de fer sur une «ligne rouge» qui nous avions accidentellement fixée l’année dernière. À tout le moins, elle va retarder de plusieurs semaines, notre réponse à un massacre «déplorable», notre «moment munichois» qui, nous le promettons sera « incroyablement petit et très limité. »

Pour tous ceux qui ont suivi de près les évènements d’hier (et les questions à plus long terme), il est évident que l’administration Obama n’avait pas prévu un tel développement. Il n’a pas été le résultat d’une diplomatie intelligente mais celui d’une autre gaffe de Kerry dont la Russie s’est servie pour transformer une situation tendue en un schéma gagnant pour presque toutes les parties.

L’initiative russe qui utilisé des propos désinvoltes de Kerry a épargné à la Syrie une attaque imminente par les forces US qui aurait modifié l’équilibre sur le champ de bataille au profit des rebelles et des terroristes soutenus par l’étranger. Elle renforce la position d’Assad à l’international en tant que chef de l’Etat syrien. Elle sauve aussi l’administration Obama d’une sévère défaite au Congrès et de l’embarras d’une frappe unilatérale et illégale qui aurait été trop puissante pour être vue comme justifiée – aussi bien dans le monde qu’au niveau national – et trop peu importante pour calmer les bellicistes israéliens et les autres soutiens de l’insurrection.

Le Secrétaire Général de l’ONU, la Chine, la Grande Bretagne, la France et la Ligue Arabe ont salué l’initiative russe. La Syrie l’a acceptée. Comme on pouvait le prévoir, les insurgés syriens sont contre la proposition russe tout comme les Israéliens. Ils n’y pourront rien. L’élan de l’administration Obama vers la guerre est maintenant brisé et ne pourra être relancé. Aller vers la guerre nécessiterait maintenant une campagne de propagande complètement nouvelle basée sur une autre cause pseudo-rationnelle.

La France propose aujourd’hui une résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU pour adopter une proposition qui reste encore à définir. La France et la Grande Bretagne vont essayer de placer cette résolution sous le chapitre VII de [la charte de] l’ONU qui autoriserait en fin de compte le recours à la force contre la Syrie.

Ni la Russie, ni la Chine ne l’accepteront. Il n’y a en réalité aucun besoin d’une résolution de l’ONU même si la Russie préférerait avoir une déclaration du Conseil de Sécurité sur cette question ne serait-ce que pour ramener les Etats Unis dans le champ du droit international.

Les stocks chimiques de la Syrie peuvent être placés sous contrôle international par une remise immédiate des clefs des dépôts à des officiers chinois et russes. La Syrie pourrait alors entrer en contact avec l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) et demander à ses inspecteurs de travailler avec les officiers étrangers pour inventorier et vérifier les registres de stockage et concevoir des plans pour leur destruction finale. L’OIAC est une organisation légale internationale de plein exercice et non une agence de l’ONU. La Syrie adhérerait à l’OIAC en signant et en ratifiant la Convention sur les Armes Chimiques. La Syrie informerait le Secrétaire Général de l’ONU de ces démarches. Il n’y a aucune raison juridique pour impliquer les nations Unies ou le Conseil de Sécurité dans ces démarches.

La destruction des stocks syriens pourrait prendre du temps. On cherchera à éviter de transporter ces produits chimiques et on préférera construire une installation spécifique de traitement et d’incinération quelque part dans le désert syrien pour y détruire ces munitions et produits chimiques. Ce qui pourrait prendre, comme aux Etats Unis, une dizaine d’années voire plus.

Je ne vois pas par quel moyen les Etats Unis et leurs allies pourraient exercer une pression raisonnable pour une résolution sous le chapitre VII. La Syrie déclare, comme tant d’autres Etats avant elle, qu’elle va volontairement  faire la démarche de satisfaire à la convention sur les armes chimiques. Alors pourquoi donc devrait-elle, contrairement à d’autres pays avent elle, être menacée par la force de devoir le faire ? En cas de résolution sur les armes chimiques au Moyen Orient, la Russie et la Chine doivent insister pour qu’elle concerne tous les pays du Moyen Orient, dont bien sûr l’armement chimique israélien. C’est une demande raisonnable qui sera rejetée par les Etats Unis à qui on pourra à bon droit reprocher d’avoir fait échouer l’adoption de la résolution.

Si Obama est intelligent, il reconnaîtra que la Russie lui aura évité de ruiner son mandat présidentiel. Il devrait se servir de ce moment pour repenser sa stratégie syrienne, pour se dissocier de l’alliance saoudo-turco-israélienne qui veut détruire la Syrie et accepter finalement une solution diplomatique et politique pour le peuple syrien.

La guerre contre la Syrie ou le mensonge comme vertu

5 septembre 2013

Voilà maintenant un moment que j’ai commencé à traduire le texte que je vous propose, mais mon ordinateur n’a pas arrêté de me faire des misères, s’arrêtant souvent de manière impromptue et refusant obstinément de rédémarrer.

J’espère ne pas trop m’avancer en écrivant que j’arrive finalement au bout de cet article qui reste néanmoins intéressant parce que c’est un des rares articles de la presse grand public américaine qui met sérieusement en question les rapports des services secrets occidentaux supposés justifier une agression contre la Syrie.

Ce n’est donc pas pour rien si Vladimir Poutine a traité John Kerry de menteur, un menteur étant une personne qui assène une contre vérité en toute connaissance de cause.

Il aurait pu en dire autant du pitoyable Jean-Marc Ayrault qui cherche à embarquer la France dans une action criminelle et qui, dans ce but, se sert du chiffre proche de 1500 morts (1429) annoncé par le gouvernement des Etats Unis, mettant ainsi au placard les estimations de ses propres services.

Quitte à proférer un mensonge en effet, autant en proférer un très gros. 

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Alors, convaincus les enfants?

La décision par la France d’une action militaire (illégale) est donc soumise non seulement au bon vouloir des autorités américaines, mais aussi aux pseudo preuves produites par l’appareil de propagande de Washington. 

Aux yeux de certains, il y a trop de trous dans le dossier de l’attaque à l’arme chimique en Syrie

par Hannah Allam et Mark Seibel | McClatchy (USA) 3 septembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le dossier rendu public par l’administration Obama pour [justifier] une attaque contre la Syrie est truffé d’incohérences et repose principalement sur des preuves indirectes, ce qui nuit aux efforts de cette semaine pour rallier le soutien de l’opinion publique aux Etats Unis et à l’étranger pour une frappe contre le régime de Bachar al-Assad.

Le dossier exposé par le Secrétaire d’Etat John Kerry vendredi contenait des assertions qui ont été contestées par les Nations Unies, incohérent dans certains de ses aspects avec les rapports des services de renseignements français et britannique, ou n’ayant pas la transparence suffisante pour être pris pour argent comptant par les spécialistes de l’armement chimique.

Après les affirmations mensongères sur les armes [de destruction massive] qui avaient précédé l’invasion de l’Irak sous le commandement des Etats Unis, on attend des preuves extrêmement solides pour tout soutien à une intervention militaire. Et si peu contestent l’utilisation d’un agent chimique pendant l’attaque du 21 août dans la périphérie de Damas – et sans doute à une plus petite échelle auparavant –de nombreux secteurs de l’opinion demandent des preuves scientifiques et indépendantes avant de soutenir la version des Etats Unis selon laquelle le régime d’Assad a utilisé du gaz sarin dans une opération qui a tué 1429 personnes, dont plus de 400 enfants.

Quelques un des arguments des Etats Unis qui posent question:

L’administration Obama a rejeté la validité d’une équipe d’inspection de l’ONU en soutenant que ces enquêteurs étaient arrivés trop tard pour que leurs conclusions soient crédibles et qu’ils n’apporteraient aucune information dont les Etats Unis ne disposaient pas déjà.

Le porte  parole de l’ONU Farhan Haq a rétorqué qu’il était  «rare» qu’une telle enquête débute dans un laps de temps aussi court et il a affirmé que «ce genre de  délai d’à peine quelques jours n’affecte pas la possibilité de collecter des échantillons exploitables» selon le site web de l’ONU. Par exemple, a ajouté Haq, le sarin peut être décelé dans des prélèvements biomédicaux plusieurs mois après son utilisation.

Les Etats Unis affirment que du sarin a été utilisé lors de l’attaque du 21 août, citant à l’appui des tests positifs sur le sang et les cheveux des premières personnes à porter secours – des échantillons «qui ont été fournis aux Etats Unis,» a déclaré Kerry dimanche à la télévision sans préciser les modalités de recueil des échantillons.

Les spécialistes dissent que les preuves se dégradent avec le temps, mais il est tout simplement faux de prétendre qu’une enquête conduite cinq jours après une attaque présumée serait sans valeur. Comme l’observait un article du New York Times, deux organisations de défense des droits de l’homme avaient dépêché une équipe de médecine légale dans le nord de l’Irak en 1992 et avaient trouvé des traces probantes de gaz sarin ainsi que de gaz moutarde – quatre ans après une attaque à l’arme chimique.

Les assertions américaines ont aussi été contestées dans une synthèse des services de renseignements que le gouvernement britannique a rendue publique la semaine dernière. «Il n’y a pas de délai connu au-delà duquel des échantillons environnementaux ou physiologiques seraient dégradés au point de ne plus être exploitables,» selon le rapport qui a été distribué au parlement avant le vote qui a refusé une participation de la Grande Bretagne à toute frappe [contre la Syrie].

Un autre point contesté est celui du bilan des victimes causes par les attaques présumés du 21 août. Ni les propos de Kerry, ni la version déclassifiée du rapport des services secrets sur lequel il s’appuie n’expliquent comment il est parvenu à un bilan de 1429 morts, dont 426 enfants. L’unique référence [pour ce bilan] était «une évaluation gouvernementale préliminaire.»

Anthony Cordesman, un ancien haut fonctionnaire de la défense qui collabore maintenant avec le Center for Strategic and International Studies de Washington, s’est intéressé à ces discordances dans un essai publié dimanche.

Il a critiqué Kerry pour s’être «fourvoyé en donnant le chiffre beaucoup trop précis» de 1429, et il a observé que ce chiffre ne correspondait pas avec l’estimation britannique de «au moins 350 tués» ou avec celles d’autres sources de l’opposition syrienne, plus exactement de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme qui a confirmé 502 morts dont près d’une centaine d’enfants et des «dizaines» de combattants rebelles, et il [Cordesman] a exigé que Kerry divulgue les noms des victimes prises en compte dans le bilan établi par les USA.

“Le président Obama a alors été obliqé d’arrondir le nombre à ‘bien plus de 1 000 personnes’ – créant ainsi un nœud de contradictions sur les faits les plus basiques,» écrit Cordesman. Il ajoute que cette bévue n’était pas sans rappeler «les erreurs que les Etats Unis avaient commises en préparant le discours sur l’Irak  du Secrétaire d’Etat ‘Colin° Powell à l’ONU en 2003.

Une version déclassifiée d’un rapport des services de renseignements français sur la Syrie qui a été rendu public lundi n’a pas vraiment clarifié les choses; la France a confirmé seulement 281 tués même si elle partage largement l’avis des Etats Unis sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime pour l’attaque du 21 août.

Une autre assertion de l’administration américaine qui fait sourciller est celle selon  laquelle les services de renseignements US ont «recueilli de nombreux renseignements humains, électroniques et spatiaux » qui montrent que le régime avait préparé son attaque trois jours à l’avance. Le rapport US affirme que des militaires gouvernementaux se trouvaient dans une zone connue pour servir à «mélanger des armes chimiques, dont le sarin» et que les forces du régime s’étaient préparées pour l’attaque du 21 août en mettant des masques à gaz.

Cette affirmation soulève deux questions: pourquoi les Etats Unis n’ont-ils pas prévenu les rebelles de l’attaque imminente et sauvé ainsi des centaines de vies? Et pourquoi l’administration [Obama] est-elle restée silencieuse sur cette activité suspecte quand au moins en une occasion précédente les officiels US avaient provoqué un remue ménage international après avoir observé des agissements semblables ?

Le 3 décembre 2012, après que des officiels américains eurent affirmé avoir décelé que la Syrie mélangeait des ingrédients pour des armes chimiques, le président Barack Obama avait à nouveau averti Assad que l’utilisation de telles armes serait l’inacceptable franchissement de la ligne rouge qu’il avait imposée l’été de cette année là. La secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton avait renchéri, et l’ONU avait retiré de Syrie ses personnels non indispensables.

L’activité suspecte du mois dernier n’a cependant été évoquée publiquement qu’après l’attaque meurtrière. Et des personnalités de l’opposition affirment que les rebelles n’avaient pas été avertis à l’avance afin de pouvoir protéger les civils du secteur.

“Quand j’ai lu le memo de l’administration, c’était très convaincant, mais ils étaient au courant trois jour savant l’attaque et ils n’ont jamais prévenu personne dans le secteur,” déclare Radwan Ziadeh, un militant syrien d’opposition qui anime le Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. «Tout le monde [à Washington] avait cette preuve mais ils n’ont rien fait ? »

Chez les spécialistes en armes chimiques et d’autres analystes qui ont étudié de près le champ de bataille syrien, la principale réserve quant aux affirmations des Etats Unis, tient au fait qu’ils ne comprennent pas la méthodologie derrière le recueil d’informations. Ils disent que les preuves présentées indiquent l’utilisation d’une substance chimique, mais ils considèrent que des questions demeurent sur la manière dont les renseignements ont été collectés, l’intégrité de la chaîne de transmission des échantillons ainsi que sur les laboratoires impliqués.

Eliot Higgins, un Britannique qui fait la chronique de la guerre civile en Syrie sur la blog Brown Moses, une ressource documentaire fréquemment citée sur les armes observées sur le champ de bataille syrien, a écrit lundi un poste où il énumère en détail les photographies et les vidéos qui semblent étayer la thèse des USA selon laquelle le régime d’Assad dispose de munitions qui peuvent servir de vecteurs pour des armes chimiques. Mais il n’est pas allé jusqu’à franchir le pas.

Sur le blog, Higgins demande: “Comment savons-nous que ce sont des armes chimiques? C’est ce que nous ne savons pas. Comme je l’ai dit tout le temps, ce sont des munitions qu’on a lié à de présumées attaques chimiques, pas des munitions chimiques utilisées dans des attaques chimiques. Il revient en définitive à l’ONU de confirmer l’utilisation d’armes chimiques.»

Les lacunes du dossier ont déjà permis à la Russie de rejeter les preuves américaines comme «non concluantes,» le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov déclarant dans un discours lundi qu’on avait montré à Moscou «quelques éléments mais qu’il n’y avait rien de concret, pas de coordonnées géographiques ou de détails.. et aucune preuve que les tests [en laboratoire] avaient été pratiqués pas des professionnels » selon l’agence officieuse de presse RT news.

“Quand nous demandons plus d’éclaircissements, nous recevons la réponse suivante: ‘vous savez que ce sont des informations classifies; alors nous ne pouvons pas vous les montrer,’” a déclaré Lavrov. « Il n’y a donc toujours pas de faits concrets.»

Les propos de Lavrov venaient rappeler que la Russie, un des derniers alliés d’Assad, était lin d’être suffisamment convaincue pour  mettre un terme à ses blocages répétés des résolutions onusiennes contre le régime syrien.

Mais le scepticisme existe aussi chez des pays armes des Etats Unis, comme la Jordanie qui a refusé d’approuver une action [militaire] tant qu’elle n’aura pas étudié les conclusions des inspecteurs en armement chimique de l’ONU, et le Royaume Uni où le parlement a voté contre une intervention avant même la divulgation par les Etats Unis d’un rapport des services de renseignements qui contredisaient celui rendu public la veille par les autorités britanniques.

On ne sait pas trop quel a été le poids des preuves fournies dans la décision du parlement ; on est aussi très préoccupé [en Grande Bretagne] par toute éventuelle intervention conduite par les Etats Unis après l’expérience irakienne.

Les Etats Unis ont reçu un coup de pouce lundi donné par le chef de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a déclaré à une conférence de presse qu’il avait vu des « informations concrètes » qui l’ont convaincu de la responsabilité du régime d’Assad pour ce qui ressemble à une attaque chimique qui a tué des centaines de personnes en août.

Rasmussen a dit que si le monde ne réagissait pas, il enverrait un «signal dangereux aux dictateurs,» mais il a laissé aux Etats membres de l’OTAN le soin de décider de leurs propres réponses et il n’a pas plaidé pour une action autre que la protection de l’Etat membre qu’est la Turquie frontalière de la Syrie.

Les allies des Etats Unis dans le monde arabe et en Europe ont annoncé qu’ils préféraient repousser le moment d’une éventuelle frappe militaire après la publication de ses conclusions par l’équipe d’inspection de l’ONU. L’ONU a pour mandat de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées, mais pas de désigner le coupable. Les officiels de l’ONU ont indiqué qu’ils essayaient d’accélérer l e travail de l’équipe d’inspection tout en assurant l’intégrité de la procédure.

Syrie: seule l’opinion publique française peut empêcher la guerre

1 septembre 2013

Après la décision inattendue de Barack Obama de demander au Congrès l’autorisation d’attaquer la Syrie, certains se sont pris à espérer que cette autorisation lui serait refusée comme elle l’a été à David Cameron par les députés britanniques.

Si le gouvernement syrien a salué une « reculade historique« , on est bien conscient à Damas que l’hypothèse que l’autorisation d’attaquer la Syrie soit accordée par le Congrès des Etats Unis reste d’actualité.

L’idée qui prévaut est qu’en cas d’accord du Congrès, l’armée américaine procédera à des bombardements limités sur des cibles militaires sans toucher au coeur du régime syrien.

Vu qu’on sait à peu près comment les guerres commencent mais rarement comment elles évoluent et finissent, Je vais me hasarder à une autre hypothèse (farfelue je l’espère): si Barack Obama a décidé contre toute attente de se tourner vers le Congrès, c’est qu’il envisage une attaque d’ampleur qui visera à mettre à bas le régime et conduira nécessairement à occuper ou faire occuper militairement la Syrie.

A cela il y a plusieurs raisons. La première est que les sionistes fanatiques, Bernard-Botul-Henri Lévy en tête, ont décidé qu’il fallait mettre un terme au régime baathiste et l’ont clairement notifié au président des Etats Unis.

L’autre raison tient à la situation politico-militaire en Syrie même. Depuis quelques temps, l’armée gouvernementale prend le dessus partout où elle a décidé de passer à l’offensive, ainsi qu’on a pu le voir à Homs, à al Qussayr et dans la Ghouta. L’hypothèse d’un succès décisif et définitif de l’armée syrienne est un scénario inacceptable pour tous les prétendus « amis » de la Syrie comme Laurent Fabius, Barack Obama , Recep Tayyip Erdogan où les différents potentats du Golfe.

Laurent Fabius et Barack Obama ne souhaitent cependant pas une victoire des djihadistes ou takfiristes qu’ils ont pourtant encouragés à combattre le régime syrien. Or ces djihadistes, takfiristes et autres Frères Musulmans sont la véritable force militaire que le gouvernement syrien doit affronter, l’Armés Syrienne Libre ayant surtout une existence documentaire et de relations publiques.

Par ailleurs, l’opposition en cour dans les chancelleries occidentales, la fameuse Coalition au nom à rallonge,

« ne contrôle pas de manière significative les événements sur le terrain, il n’y a donc pas [d’opposition cohérente] pour empêcher [les organisations islamistes] d’occuper l’espace, et c’est ce qu’on observe constamment sur le terrain. »

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« Si Assad tombe, on ne sait pas trop ce qui comblera le vide. Ce serait probablement un mélange d’un peu de tout [car] aucune organisation n’est assez forte. Les combats continueraient donc, avec le renforcement des extrémistes dans tous les camps. »

Nous avons donc la situation paradoxale d’une coalition d’opposition qui est avant tout une réalité virtuelle qui existe surtout dans la communication et les réunions avec des dirigeants étrangers mais qui est pourtant reconnue et présentée comme le représentant authentique du peuple syrien. Un paradoxe qui avait un peu gêné  le ministre des affaires étrangères britanniques William Hague qui avait résolu le problème en qualifiant la coalition de « légitime mais pas populaire.« 

En cas de chute du régime, le scénario le plus probable est une Syrie scindée en fiefs (pas exclusivement selon des clivages confessionnels) qui passent leur temps à se combattre et poseraient un risque sécuritaire pour tous les Etats de la région.

Le seul moyen logique d’éviter un tel scénario est une occupation militaire

La dernière raison qui plaide pour l’hypothèse d’une intervention militaire décisive, c’est que les gouvernements français et américain sont allés beaucoup trop loin non seulement sur le plan du soutien politique et militaire aux forces d’opposition, mais aussi sur le plan rhétorique. Qu’on songe seulement à Lolo (Laurent Fabius) selon qui Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre, à John Kerry, le Secrétaire d’Etat US qui parle du président syrien comme d’un voyou et d’un assassin.

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Pour M. et Mme Kerry, dîner avec un voyou avait été une expérience agréable

Las but not least, Harlem Désir se laisse aller à dénoncer l’esprit munichois de l’UMP.

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Nos trois physionomistes ont le coup d’oeil pour reconnaître les « munichois »

Et quand ces gens, qu’ils s’appellent Harlem Désir, Bernard Kouchner, Bernard-Botul-Henri Lévy ou Benjamin Netanyahou parlent d’esprit munichois, c’est qu’ils sont prêts à tout et ne reculeront pas devant les crimes les plus abjects quitte à les affubler du doux nom de guerres humanitaires.

Seule l’opinion publique française peut aujourd’hui faire avorter les projets guerriers concoctés avec les néoconservateurs américains par les socialistes à la manière Guy Mollet. Si la France renonce à ses projets d’agression, on peut concevoir que l’es Etats Unis renoncent à agir dans un isolement quasi total.

 

PS: mon scénario est sans doute inepte (mais pas plus que les propos d’Harlem Désir après tout)

 

1 000 rabbins posent la question à Obama: peut-on compter sur vous pour agir en Syrie?

31 août 2013

On peut supposer que si le président Barack Obama faisait une téléconférence avec 1 000 curés ou 1 000 imams en simultané, il y aurait quelques remous dans les médias et qu’on s’interrogerait pour savoir si ce dirigeant a toute sa tête.

Qu’on se rassure, ce n’est pas à mille curés ou imams que le président des Etats Unis vient de s’adresser mais à mille rabbins à qui il a adressé, comme il le fait chaque années, ses vœux pour le nouvel an juif.

Mais pas seulement puisque Barack Obama a déclaré aux rabbins que la conclusion de la crise syrienne, c’est-à-dire le rôle de son action, allait montrer qu’on [« on », c’est l’Etat prétendu juif] pouvait compter sur lui.

Un propos qu’il a tenu en réponse à une question qui liait Syrie et Iran

Quelqu’un disait qu’Obama était le premier président juif des Etats Unis. Il ne s’était apparemment pas trompé.

Obama souhaite shana tova à 1 000 rabbins

Dans sa téléconférence annuelle avec  des rabbins, le président des Etats Unis declare que la conclusion de la crise syrienne montrera qu’on peut compter sur lui pour freiner le programme nucléaire de l’Iran

Par Yitzhak Benhorin, Yrediot Aharonoth (Sionistan) 21 août 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

 WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a abandonné quelques minutes la crise syrienne pour souhaiter à quelque 1 000 rabbins un heureux Rosh Hashana (nouvel an juif).

Un des rabbins qui a participé à la téléconférence annuelle a dit qu’Obama avait été interrogé sur la façon dont on pouvait compter sur le gouvernement des Etats Unis pour stopper le programme nucléaire iranien s’il ne réagissait pas à l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie. Obama a refusé de dire aux rabbins ce qu’il envisageait de faire en ce qui concerne la Syrie, mais il a affirmé que la conclusion de la crise actuelle montrerait qu’on peut compter sur lui.

Nous partageons les mêmes valeurs

Le dirigeant des Etats Unis a aussi évoqué le lien inaltérable entre les Etats Unis et Israël ainsi que les valeurs partagées par les deux pays, dont les valeurs juives de justice sociale. Obama a aussi mentionné la participation des Juifs à la lutte pour les droits civiques menée par Martin Luther King Jr. Les USA viennent de commémorer le cinquantième anniversaire du discours de King «J’ai fait un rêve.»

Pendant la téléconférence, Obama a aussi parlé des efforts de son administration pour promouvoir la réforme de la protection sociale et la paix entre Israël et les Palestiniens.

les mêmes valeurs

Vaut mieux l’écrire: Obama et moi, nous partageons les mêmes valeurs

 

Propagande sur la Syrie: nouvelle variation sur les gentils et les méchants

14 juillet 2013

On ne sait pas trop comment va évoluer le conflit en Syrie. Certes, les forces gouvernementales semblent avoir repris la main sur le terrain et infliger de sérieux revers aux forces d’opposition.

Et sur le plan politique intérieur, Bachar al-Assad vient de montrer qu’il avait les coudées franches puisqu’il a a été en capacité de faire d’importants changements de personnel dans les parti Baath, le parti auquel son pouvoir est adossé.

Enfin, certains de ses ennemis jurés sont en grande difficulté, comme le premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan voire même ont été éliminés de la scène politique comme l’émir du Qatar où le président Egyptien Mohamed Morsi.

syrie

Ceci dit, les Etats Unis et l’Arabie Saoudite n’ont pas renoncé à nuire à la Syrie et Barack Obama vient même d’annoncer que Washington respecterait son engagement de livrer des armes à l’opposition syrienne.

Pour surmonter les réticences exprimées par une partie de la classe politique aux Etats Unis, le discours public sur la Syrie été rectifié et les armes promises sont destinées aux rebelles modérés qu’on sait maintenant bien identifier puisqu’ils s’affrontent par les armes avec les « extrémistes ».

Comme le relève Moon of Alabama, ces affrontements relèvent plus de querelles locales que de divergences sur le fond.

Syrie: les insurgés « modérés”

Moon Of Alabama (USA) 13 juillet 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il est bien connu que les insurgés syriens ont reçu, avec l’aide des Etats Unis, de nombreuses nouvelles armes provenant de divers pays arabes:

Salim Idriss, chef du commandement militaire de l’Armée Syrienne Libre (ASL) a déclaré que les nouvelles armes ont permis à l’armée rebelle de «détruire plus de 90 véhicules blindés du régime syrien. »

Mais même ces nouvelles armes ne sont pas assez pour eux. Avec leurs soutiens arabes et «occidentaux», ils  continuent à faire pression pour plus d’armes. Obama semble être prêt à livrer plus d’armes :

Le président Barack Obama a dit vendredi au roi d’Arabie Saoudite  qu’il s’est engagé à apporter le soutien des Etats Unis aux rebelles syriens qui attendent les livraisons d’armes légères qui ont été bloquées à Washington.

Le Congrès a bloqué pour l’instant toute livraison officielle d’armes américaines. Pour amener certains leaders parlementaires à changer d’opinion, la guerre en Syrie doit maintenant être redéfinie. Sur la partie gauche de la scène, voici venir maintenant le «rebelle modéré.» Au lieu de demander des armes pour combattre le «dictateur sanguinaire », le «rebelle modéré» demandera désormais des armes pour combattre les «dangereux terroristes » qui ont été ses partenaires depuis le début.

Nous lisons en effet maintenant que les Talibans pakistanais montent une succursale en Syrie et on peut voir certains insurgés lever un gigantesque “drapeau Taliban” blanc à la frontière syro-turque. Soudain, nous avons de plus en plus d’informations sur les conflits entre les insurgés «modérés» et les «terroristes» :

Kamal Hamami, le commandant de l’Armée Syrienne Libre tués jeudi dans la province côtière de Lattaquié, sortait juste d’une réunion avec d’autres membres de l’organisation sur l’approvisionnement en armes.

La semaine dernière, des membres de l’Etat Islamique ont été accusés d’avoir décapité deux combattants de l’Armée Syrienne Libre et d’avoir laissé leurs têtes coupées à côté d’une poubelle dans un square de Dana, une ville tenue par les rebelles dans la province d’Idlib près de la frontière turque. Une attaque qui était intervenue après des affrontements qui avaient éclaté lors d’une manifestation contre l’Etat islamique, causant  la mort de 13 personnes.

Récemment, un combattant de la région, Abou al-Haytham,a affirmé que la dispute entre rebelles a commencé quant un combattant étranger membre de l’Etat Islamique a violé un garçon – « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase» dit-il – et les officiers de l’Armée Syrienne Libre s’étaient plaints.

Au moins quelques unes de ces histoires sont fausses. Mais elles vont servir pour une nouvelle poussée en vue d’armer les insurgés «modérés.»

Mais on a quelques raisons de douter que quelques affrontements localisés entre quelques factions motivées par le pillage témoignent d’une fracture importante entre les diverses organisations d’insurgés :

En dépit de frictions plus nombreuses, les factions modérées et les groupes djihadistes continuent à se coordonner sur le terrain, observe Charles Lister, analyste au IHS Jane’s Terrorism and Insurgency Center. Il  affirme que cela ne va sans doute pas changer même si l’ASL peut exploiter l’assassinat pour en tirer un bénéfice politique.

“Les forces modérées pourraient s’en servir de sorte à montrer à l’occident qu’elles sont disposées à rompre les relations avec les djihadistes afin d’obtenir plus d’aide occidentale,” dit-il.  «La réalité est très différente pour les officiers sur le terrain.»

Ces groupes travaillent ensemble depuis le début de l’insurrection.  Si les Syriens étaient en majorité plus modérés au début, il y avait quand même des extrémistes religieux qui baptisaient leurs bataillons du nom de guerriers sunnites historiques. Leurs différences avec les djihadistes étrangers qui combattent en Syrie sont moindres qu’avec la population syrienne en général. Le type tristement célèbre qui a été filmé en train de manger le poumon d’un soldat Syrien mort ? Un combattant local «modéré » de l’Armée Syrienne Libre. Est-il supposé recevoir plus d’armes parce qu’il affronte aussi d’autres djihadistes par rapport à sa part du butin ?

Laisser entendre qu’il y a les «bons» insurgés «modérés » est un procédé cousu de fil blanc. S’il existe  des différences idéologiques entre les diverses organisations, elles sont de l’ordre de la nuance. Par ailleurs, tout renforcement de l’armement de n’importe quel groupe d’insurgés donnera lieu à un renforcement de l’armement du régime et ne fera que coûter plus de vies et plus de sang.

La Syrie, le gaz sarin et la propagande neurotoxique

15 juin 2013

La Syrie est une nouvelle version de l’enfer sous la direction d’un Belzébuth nommé Bachar al-Assad.

«Bachar » comme l’appellent « François » (Hollande) et «Lolo» (Laurent Fabius) ne recule effectivement devant aucun moyen pour faire souffrir les pires tourments à la population de son pays.

Le bilan des victimes a en effet de quoi faire réfléchir et frémir : entre 80 000 et 93 000 morts depuis le commencement de la crise dans ce pays début 2011.

Ces 80 000 ou 93 000 morts annoncés par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) seraient tous des civils, simples passants (sunnites) ou manifestants pacifiques (sunnites également).

Du moins si on en croit les titres de la presse écrite ou audiovisuelle.

Parce que même l’OSDH annonce que parmi les 80 000 ou 93 000 morts estimés, se trouveraient 25,040 policiers et soldats de l’armée syrienne et 17,107 miliciens favorables au régime, soit 42 147 hommes.

C’est-à-dire que les forces gouvernementales représentent entre 52,7 % et 46,83 % de ceux qui ont perdu la vie dans ce conflit.

On est donc loin d’une armée et de milices sauvages qui s’en prendraient à peu de frais à des civils désemparés !

D’autant que pour atteindre les 100 %, il faut compter les pertes parmi les forces « rebelles » que l’OSDH a semble-t-il quelque peine à évaluer clairement.

Si ces pertes sont sensiblement équivalentes à celles subies par les forces gouvernementales, la part des civils parmi les victimes se trouve donc réduite à la portion congrue. 

Tant mieux !

Surtout que, comme on le sait et comme nous l’a dit le journal Le Monde, le régime de «Bachar» n’a pas hésité à recourir à l’arme chimique, ce que vient de confirmer le gouvernement des Etats Unis pour la plus grande joie de «Lolo », de «François» et de « William » (Hague) qui se sentent désormais libres de soulager leur conscience en armant ouvertement les rebelles à des fins humanitaires.

Comme le reste, tout cela n’est que propagande qui s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer les forces sur le terrain après les coups durs assénés aux «rebelles »  par l’armés syrienne à al Qusayr notamment.

L’article que je vous propose démonte incidemment la propagande sioniste qui nous montre périodiquement des exercices où on voit des civils s’entraîner à porter des masques à gaz parfaitement inutiles en cas d’attaque au gaz sarin.

Les experts en armement chimique restent sceptiques devant les affirmations des Etats Unis sur l’utilisation de gaz sarin par la Syrie

Par  Matthew Schofield | McClatchy Washington Bureau, 14 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Des experts en armes chimiques ont exprimé leur scepticisme vendredi au sujet des affirmations des Etats Unis selon lesquelles  le régime du président syrien Bachar al-Assad avait utilisé du sarin, un gaz neurotoxique, contre les rebelles à au moins quatre reprises ce printemps. Ces spécialistes disent que si l’utilisation d’une telle arme n’est pas impossible, ils n’ont pour l’instant pas constaté de signes caractéristiques d’une attaque au gaz sarin, malgré des mois de surveillance.

“C’est un peu comme Sherlock Holmes et le chien qui n’aboyait pas,” explique Jean Pascal Zanders, un éminent expert en matière d’armes chimiques qui encore récemment était directeur de recherche à l’European Union’s Institute for Security Studies. «Ce n’est pas seulement que nous ne pouvons pas prouver une attaque au sarin, c’est que nous ne constatons pas ce qu’on pourrait s’attendre à voir après une attaque au sarin.»

Au premier rang de ces éléments manquants, Zanders parle de photos et des vidéo prises avec des téléphones portables pendant les attaques ou juste après.

«Dans un monde où même l’exécution secrète de Saddam Hussein a été filmée par quelqu’un, il est illogique que nous ne voyions pas de vidéos, que nous ne voyions pas de photos montrant les cadavres des victimes montrant, et les visages rougis et les extrémités bleuies des personnes touchées », dit-il.

D’autres experts observent que s’ils étaient disposés à accorder à la communauté américaine du renseignement le bénéfice du doute, l’administration Obama doit encore offrir des détails sur les preuves qu’elle possède et sur la manière dont elle les a obtenues.

Le conseiller de la Maison Blanche pour la politique étrangère Benjamin Rhodes a donné les dates et les lieux des attaques présumées – le 19 dans le faubourg alepin de Khan al-Assal ; le 13 avril dans le quartier du Cheikh Maqsoud à Alep ; le 14 mai à Qasr Abou Samrah dans la province de Homs, et le 23 mai à Adra, à l’est de Damas. Mais il n’a donné aucun détail sur les combats qui s’étaient déroulés ni sur le nombre de tués dans chaque incident. Il a dit que les Etats Unis estimaient entre 100 et 150 le nombre total de morts.

« En fin de compte, sans plus d’informations, nous nous retrouvons dans l’obligation de faire confiance à l’intégrité de la communauté du renseignement américain dans sa démarche qui a abouti à une estimation avec un degré «élevé de confiance», écrit dans un email Greg Thielmann, directeur de recherche à la Washington Arms Control Association. Tout en disant  « mon intuition est qu’ils ont raison », il a également noté que la déclaration de la Maison Blanche a été « soigneusement et prudemment formulée » et qu’elle reconnaissait  l’absence d’une « chaîne continue de conservation des échantillons physiologiques prélevés sur ceux qui ont été exposés au sarin. « 

”Tous les doutes ne sont pas éliminés de mon esprit,” dit-il.

Philip Coyle, maître de recherche au Center for Arms Control and Non-Proliferation à Washington, observe que sans preuves publiques et solides, il est difficile pour les experts d’évaluer la validité de la déclaration de l’administration Obama. Il ajoute que de pour ce qu’on en sait, ce qui s’est produit ne ressemble pas à une série d’attaques au sarin à ses yeux.

«Sans échantillons sanguins, il est difficile de savoir», dit-il. « Mais j’avoue espérer qu’il n’y aura pas d’échantillon de sang, parce que j’ai encore bon espoir que le sarin n’a pas été utilisé. »

Même un partisan d’une assistance militaire aux rebelles par mes États-Unis a émis des doutes sur la motivation possible derrière l’annonce sur  la conclusion relative à l’utilisation d’armes chimiques.

Dans un plaidoyer passionné pour une implication américaine en Syrie, Anthony Cordesman, un expert en sécurité au Center for Strategic and International Studies à Washington, a écrit vendredi que « la« découverte »que la Syrie a utilisé des armes chimiques pourrait être un stratagème politique. » La phrase se trouvait dans un article qui présente des raisons stratégiques et humanitaires fortes pour une implication dans la crise, en particulier la récente participation Hezbollah libanais Hezbollah aux côtés d’Assad.

Les armes chimiques ont été au centre des discussions sur la Syrie depuis ce jour d’avril 2012 quand le président Barack Obama avait annoncé que l’usage de telles armes était une «ligne rouge» qui pourrait déclencher une implication militaire des Etats Unis. Depuis lors, les rebelles ont signalé l’usage probable d’agents chimiques en des dizaines d’occasions avec des niveaux de crédibilité variables.

Cependant, un seul rapport détaillé et indépendant sur une attaque chimique a été rendu public à ce jour – un long article dans le journal français Le Monde le mois dernier qui a amené les gouvernements britannique et français à écrire des lettres à l’ONU.

Zanders considère néanmoins qu’il y a beaucoup à redire sur cet article. Les photos et la vidéo qui accompagnent le reportage montrent des combattants rebelles qui se préparent à faire face à des attaques chimiques en portant des masques à gaz. Le sarin est absorbé par voie cutanée, et même de petites quantités peuvent tuer en quelques minutes.

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Mon masque à gaz me protège des armes chimiques de Bachar

Il fait aussi part de son scepticisme sur la description de la longue route qu’ont dû faire les victimes d’attaques chimiques pour être soignées, en passant par des trous dans les immeubles, sous des tirs nourris dans les rues, avant d’arriver dans des immeubles éloignés abritant des hôpitaux.

Zanders, qui a aussi dirigé le projet sur la guerre biologique et chimique au Stockholm International Peace Research Institute et a été le directeur de BioWeapons à Genève, observe que si le sarin avait été la substance chimique utilisée, les victimes seraient mortes bien avant d’avoir leur arrivée auprès des médecins pour recevoir des soins.

Zanders dit aussi être sceptique quant à l’utilisation de sarin là-bas parce qu’on n’a eu aucune information sur des secouristes ou des personnels soignants qui seraient morts du fait d’avoir été en contact avec des victimes. Les résidus du gaz sarin sont supposés persister sur les victimes et devraient infecter les secouristes qu’on voit souvent sur les vidéos rebelles démunis de protections en dehors de masques en papier.

Le Monde a rapporté qu’un médecin avait soigné une victime avec de l’atropine, ce qui est indiqué en cas d’empoisonnement par le sarin. Mais ce médecin a dit avoir injecté dans un bref intervalle quinze doses d’atropine, ce qui aurait tué le patient presque aussi sûrement que le sarin.

Samantha Power, pouvoir et abaissement aux Etats Unis

9 juin 2013

Ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.

Samantha Power n’est pas seulement une jolie femme, c’est aussi une universitaire qui s’est lancée dans l’action politique dans son pays, les Etats Unis.

Samantha Power

Samantha Power

Elle fait partie de l’équipe des fidèles de Barack Obama qui vient de la désigner pour succéder à Susan Rice comme ambassadrice des USA auprès de l’ONU, un poste pour lequel le choix présidentiel doit recevoir l’aval du Sénat.

Pour arriver à ce que beaucoup considéreraient comme le point culminant d’une carrière, où à tout le moins une étape décisive, Samantha Power a dû cependant compter sur d’autres atouts que ses compétences et la confiance de l’exécutif.

En effet, nous apprend le New York Times, la confirmation par le Sénat de Mlle Power n’a été garantie que tout récemment grâce à l’approbation explicite et publique de sa nomination par Michael B. Oren, ambassadeur de l’entité sioniste à Washington.

Une telle démarche de la part d’un diplomate étranger est non seulement incongrue mais tout simplement contraire aux usages diplomatiques et donnerait lieu à une manifestation de mécontentement dans tout Etat qui se respecte, c’est-à-dire dans tout pays qui n’est pas une république bananière.

 L’approbation formulée par M. Oren intervient après une période pendant laquelle Mlle Power a été mise à l’épreuve et a dû renier en pleurnichant au sens propre du terme, devant le gratin du lobby sioniste certaines prises de position qu’Abraham H. Foxman, le patron de l’Anti Defamation League [ADL, équivalent de la LICRA aux Etats Unis] qualifie en quelque sorte d’erreurs de jeunesse.

Le choix pour le poste à l’ONU reçoit le vote de confiance d’Israël

Par Mark Landler, The New York Times (USA) 7 juin 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON — Samantha Power, choisie par le président Obama pour être la prochaine ambassadrice aux Nations Unies, se heurte à la résistance de groupes pro-israéliens pour des propos qu’elle avait tenus à une époque sur Israël et les Palestiniens. Mais vendredi, elle a obtenu un vote de confiance inattendu de la part du représentant de l’Etat d’Israël aux Etats-Unis.

Michael B. Oren , l’ambassadeur d’Israël à Washington, a déclaré dans une interview que Mme Power, journaliste et universitaire qui a beaucoup écrit et traité des violations des droits de l’homme, avait une profonde compréhension des questions de sécurité d’Israël et de la sympathie pour ses préoccupations.

Normalement, a expliqué  M. Oren, un officiel du gouvernement israélien ne devrait pas faire de commentaires sur une nomination présidentielle qui requiert une confirmation du Sénat. Il a indiqué qu’il avait décidé de faire une exception dans son cas pour dissiper l’impression que le gouvernement israélien avait des réserves par rapport à elle.

Mercredi, M. Oren a posté des messages sur Twitter pour saluer  la nomination de Susan E. Rice comme conseillère à la sécurité nationale – une fonction qui ne nécessite pas de confirmation du Sénat – et pour louer son prédécesseur, Tom Donilon. Il avait gardé le silence sur  Mme Power

Vendredi, M. Oren a déclaré qu’Israël « fera bon accueil à quiconque sera désigné par le président et confirmé par le Sénat comme ambassadeur auprès des Nations Unies. » Mais il ajoutait: « Samantha Power et moi avons travaillé en étroite collaboration au cours des quatre dernières années sur des questions vitales pour la sécurité d’Israël. Elle connaît à fond ces questions et leur porte un intérêt extrême « .

Les commentaires de M. Oren pourraient apaiser les effets persistants de propos que Mme Power avait tenus avant d’entrer au gouvernement au sujet de la politique américaine envers Israël. Entre autres choses, elle avait déclaré que les Etats-Unis auraient besoin de prendre un engagement « mammouth » pour obtenir [la création d’]un Etat palestinien – une démarche qui pouvait  signifier s’aliéner les juifs américains, un groupe qu’elle présentait comme ayant un «poids politique et financier énorme.»

La Republican Jewish Coalition et la Zionist Organization of America avaient exprimé leur opposition à Mlle Power. Dans un communiqué, Morton A. Klein, the président au niveau national de la Zionist Organization [of America], avait dit, «Le bilan de Mlle Power montre avec clarté qu’elle est viscéralement hostile à Israël.»

Chuck Hagel, choisi par M. Obama pour le poste de Secrétaire à la Défense, avait également été accusé d’être anti-Israël. Il avait défendu son bilan et avait été confirmé par le Sénat avec une majorité relativement serrée.

Les officiels de la Maison Blanche disent ne pas avoir d’inquiétudes sur les perspectives [de confirmation au Sénat] de Mme Power, observant qu’elle n’a pas été mêlée à la dispute sur l’attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi en Libye et que son plaidoyer pour une intervention militaire en Libye lui vaudrait les faveurs des faucons comme le sénateur de l’Arizona, John McCain.

De fait, M. McCain a déclaré dans un communiqué publié mercredi, « je crois qu’elle est bien qualifiée pour ce poste important. » Et le vendredi, un autre faucon républicain, le sénateur Lindsay Graham de Caroline du Sud, a déclaré que  Mme Power était un «choix solide » [sic] pour représenter les Etats-Unis dans » une institution de plus en plus hostile « .

Mlle Power bénéficie de plusieurs soutiens juifs de premier plan, dont Alan Dershowitz, le professeur à la faculté de droit d’Harvard, et Joseph I. Lieberman, l’ancien sénateur du Connecticut.

Certains leaders pro-israéliens dissent comprendre les propos de Mlle Power comme des indiscrétions d’une jeune femme dans un milieu universitaire. Ils disent que son travail dans l’administration Obama, où elle était dans l’équipe de direction du national Security Council, a été marqué par un soutien constant à Israël et à l’alliance israélo-américaine.

Mlle Power a aussi cultivé les relations avec les organisations juives américaines, et a rencontré en 2011 40 dirigeants de ces organisations devant lesquels elle a exprimé ses regrets pour certains de ses [anciens] propos et s’est défendue avec des mots chargés d’émotion contre les accusations de parti pris anti-Israël.

«Ses opinions découlaient de l’environnement politique et culturel dans lequel elle se trouvait à l’époque,” explique Abraham H. Foxman, le directeur national de l’ Anti-Defamation League . Elle a mûri et a évolué, et j’ai hâte de travailler avec elle aux Nations Unies.»

Via Angry Arab

Pour Jeremy Salt, une seule option en Syrie: la victoire de l’armée et du gouvernement syriens

19 mai 2013

On connaît Jeremy Salt sur ce blog. Salt a la particularité d’être un universitaire américain, spécialiste du Moyen Orient, qui enseigne dans une université turque !

Son point de vue sur la Syrie est donc particulièrement autorisé.

Quand je dis point de vue, je ne parle pas d’opinions alimentées par les informations très partielles ou déformées et la conception qu’on a du bien et du mal. Pas besoin d’avoir fait des études pour ça, et ce mode de construction de l’opinion est précisément le pain quotidien des propagandistes et des politiciens habiles à manipuler les foules.

Un vrai point de vue est d’abord un point de vue informé qui est le résultat d’une mise en relation pertinente des informations importantes, c’est-à-dire qui définit l’objet sur lequel porte le point de vue parce que cet objet n’est pas un donné à priori.

Pour Jeremy Salt, sauf évènement imprévu, le conflit syrien tire vers sa fin.

Il tire à sa fin militairement par la victoire qui se dessine de l’armée gouvernementale.

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Samedi 19 mai l’armée syrienne a investi le centre d’al Qussayr

Il tire aussi à sa fin politiquement du fait de l’implosion de l’opposition d’une part et du choix fait par les Etats Unis d’une sortie de crise négociée avec la Russie.

Cette crise syrienne aura permis de voir quelles sont les puissances qui comptent en ce moment sur la scène internationale avec le retour prévisible de la Russie au premier plan et l’irruption de la Chine.

Si les Etats Unis restent, c’est évident, un acteur majeur (le plus important) on aura par contre pu constater la vanité de puissances comme la France ou la Grande Bretagne qui, peinant à suivre les orientations de leur maître de Washington, sont soit en retard, soit en avance d’un retournement de veste. Ainsi de cette dernière sortie du gouvernement français qui prétend interdire à l’Iran de participer aux négociations sur la Syrie.

Pathétique de la part d’un gouvernement français qui a longtemps cru qu’il pourrait procéder en Syrie comme il l’a fait en Libye alors qu’il n’aurait rien pu faire en Libye (et a Mali non plus) sans le soutien politique et militaire des Etats Unis.

Un gouvernement français qui n’a cessé de mettre de l’huile sur le feu en Syrie alors que les autorités iraniennes ont pris soin d’ouvrir leurs portes à toutes les parties.

 

La crise syrienne: L’Option

By Jeremy Salt à Ankara, The Palestine Chronicle 18 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Alors que toutes les options sont censées être toujours sur la table, Barack Obama s’éloigne clairement de l’éventualité d’une implication plus profonde en Syrie maintenant qu’il est évident que rien,  à part une intervention  militaire directe, ne fera tomber le régime de Damas. Au cours des derniers mois seulement, les groupes armés ont perdu des milliers d’hommes. Même si  le conflit va perdurer un certain temps encore, l’armée syrienne est en train de réduire progressivement l’insurrection.

Ceux qui sont derrière cette aventure sont en plein désarroi. Comme le Conseil national syrien avant elle, la Coalition nationale syrienne a implosé. Muadh al Khatib [ex chef de la coalition] est maintenant une voix en marge. Ghassan Hitto [en passe d’être limogé] est la seule personne au monde à être premier ministre d’un comité. Ces personnes sont une cause complètement perdue.

Dans le monde réel, et non pas le monde des illusions, on est horrifié par la vidéo qui montre un chef «rebelle» arracher  le coeur du corps d’un soldat mort et  mordre dedans. Ou peut-être étaient-ce les poumons ou le foie. Si les médias semblent hésiter là-dessus, ils semblent considérer important assez important de savoir de quel organe il s’agit exactement. Loin de nier cet acte sanguinaire, son auteur l’a revendiqué avant de se vanter de la façon dont il avait découpé en morceaux le corps de shabiha [shabiha : désignation habituelle des milices pro gouvernementales] faits prisonniers.

Le cannibalisme semble être une première mais sinon, il n’y a pas grand chose que les psychopathes des groups armés n’ont pas encore fait en Syrie. Mais peut-être ne doit-on pas appeler  psychopathes les gens qui font ce genre de choses ? Ce sont après tout exactement le genre de personnes qu’il faut pour faire une guerre aussi sauvage. La soi-disant Armée Syrienne Libre (ASL)a dit qu’elle  allait rechercher l’homme qui a découpé le cœur du soldat. Très bien. Elle pourrait aussi partir à la recherche des égorgeurs et des ‘rebelles’ qui ont décapité des gens.

Elle pourrait aussi traquer les homes qui ont tué des fonctionnaires avant de balancer leurs corps du tout du bureau de poste à Al Bab. Elle pourrait pourchasser leurs frères d’armes qui ont visé délibérément des civils avec des voitures piégées. Elle pourrait aussi traquer les assassins de l’imam et des 50 fidèles de la mosquée de Damas et elle pourrait pourchasser tous les violeurs et tous les ravisseurs, dont les Tchétchènes qui ont enlevé deux évêques  qui restent détenus à Alep tandis que les dirigeants Chrétiens des gouvernements occidentaux regardent ailleurs. Dans cette traque de tous les individus qui ont sali sa glorieuse réputation, l’ASL n’aura pas à aller chercher bien loin parce que beaucoup d’entre eux viennent de ses propres rangs. Ce ne sont pas les preuves qui manquent. Les médias regorgent de séquences vidéos sanguinolentes à la gloire des hauts faits de ces hommes qui sont fiers de leur bravoure et veulent la donner à voir au monde. Ce sont ces gens que le Qatar et l’Arabie Saoudite ont armés et financés pour prendre le contrôle de la Syrie.

Telle est la réalité derrière le récit bidon qu’ont refilé les médias pendant les deux dernières années. Les médias ont régurgité tous les mensonges et toutes les exagérations des ‘activistes’ et du soi-disant Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), selon qui la chute du ‘régime’ syrien était imminente et toutes les atrocités étaient du fait de l’armée syrienne. A l’exception de quelques reportages récemment publiés par Robert Fisk, pratiquement aucun média grand public n’a rapporté les combats vus de la perspective du gouvernement syrien et de son armée. Les journalistes passaient les frontières avec les groupes armés et rapportaient uniquement leur version des événements. C’est comme compter sur les journalistes ‘embedded’ avec l’armée des Etats Unis pour avoir un récit fiable de ce qui se passait en Irak. Et, encore comme en Irak, la même propagande se répète au sujet des armes chimiques.

La réalité devait finalement l’emporter. Ce n’est pas le ‘régime’ ou l’armé qui sont sur le point de s’effondrer mais l’insurrection. Seule une intervention militaire directe peut la sauver et, au vu des succès de l’armée syrienne et du ferme soutien apporté par la Russie au gouvernement syrien, elle est extrêmement improbable. Obama est exhorté à ‘faire plus’ mais il ne semble guère montrer d’inclination à se laisser aspirer plus avant dans ce bourbier. Les autres ne feront rien sans les Etats Unis à leur tête. L’Allemagne est opposée à une implication et l’Autriche a déclaré que fournir des armes aux ‘rebelles’, ce que la Grande Bretagne voulait faire, quand l’embargo de l’UE arrivera à terme le 31 mai, serait une violation du droit international.

Cette semaine, les projecteurs se sont tournés vers le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avec son voyage à Washington pour discuter de la Syrie avec Barack Obama. La Turquie a joué un rôle central dans l’évolution du conflit syrien. L’Arabie saoudite, le Qatar et la Libye ont fourni l’argent et les armes, mais c’est la Turquie qui a ouvert son territoire à la mobilisation des hommes armés qui passent la frontière pour faire tomber le «régime». Erdogan n’a pas reculé d’un pouce de la position qu’il a prise contre Bachar al Assad il ya plus de deux ans. Le seul cas démontré d’une attaque à l’arme chimique à été celle faite avec un mélange à base de chlore placé dans une ogive et tiré sur un barrage de l’armée syrienne à Khan al Assal, tuant un certain nombre de soldats et de civils. Erdogan, cependant, maintient que c’est l’armée syrienne qui a utilisé des armes chimiques et, ce faisant, a franchi la ligne rouge tracée par Obama. »Interrogé peu avant son départ pour Washington pour savoir s’il soutiendrait la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, il a répondu:« Nous dirions oui tout de suite ».

La semaine dernière, des voitures bourrées de plus d’une tonne de C4 et de TNT ont explosé dans la ville frontalière de Reyhanli dans la province de Hatay. Au moins 51 personnes ont été tuées. Les destructions ont été énormes. L’immeuble de la mairie et des dizaines de commerces ont été rasés. Dans les heurs qui ont suivi l’attentat, des voitures immatriculées en Syrie ont été détruites et des réfugiés Syriens ont été attaqués par des habitants fous de rage. Tout en s’affairant autour des décombres, ils maudissaient Erdogan. Cet attentat atroce suivait un modus operandi familier aux Syriens : une bombe explose suivie d’autres une fois que les gens se sont rassemblés atour du lieu de la première, ce qui permet de maximiser nombre de victimes.

En dépit des accusations du gouvernement turc pour qui l’attentat est l’oeuvre d’une organisation terroriste collaborant avec les services secrets syriens, seuls les groups armés ou un des gouvernements qui les soutient pouvait avoir un mobile evident de commettre ce crime. L’armée syrienne est en train d’écraser l’insurrection, le conseil des «traîtres» basé à Doha a implosé et les Russes et les Américains se sont assis pour discuter. L’attentat était clairement conçu pour attirer la Turquie à entrer directement dans le conflit de l’autre côté de la frontière. 

L’attentat de Reyhanli est intervenu une semaine après qu’Israël a lancé une série d’attaques aériennes sauvages contre la Syrie. Ce n’était pas une frappe avec un seul missile. Deux attaques en trois jours, qui ont duré des heurs avec un largage massif de bombes sur la périphérie de Damas, ce qui donne à penser que le but était de provoquer une riposte syrienne, ouvrant la voie à une guerre générale dans laquelle l’Iran pourrait être attaqué. Israël a prétendu que la cible était un chargement de missiles destiné au Hezbollah, mais alors qu’un centre de recherche militaire et une usine alimentaires de l’armée été touchés, rien n’indique que des missiles auraient été détruits. Ces attaques se sont avérée par la suite avoir été un échec politique et stratégique. Poutine a passé un savon à Netanyahou et l’a puni en fournissant ou en menaçant de fournir à la Syrie des missiles anti-aériens évolués de type S300. On peut mesurer l’arrogance d’Israël à son insistance pour dire qu’il lancerait d’autres attaques si nécessaire et qu’il détruirait le régime syrien s’il osait riposter.

Obama subit en ce moment aux Etats Unis des pressions pour “faire plus”. A Washington, les mêmes personnes qui appelaient à la guerre contre l’Irak appellent maintenant à un élargissement du conflit en Syrie. Le Sénateur Bob Menendez, un chaud partisan d’Israël, comme presque tous les élus au Congrès, a introduit un projet de loi pour que l’administration Obama fournisse des armes aux ‘rebelles’ (comme si ce elle ne le faisait pas déjà secrètement ou par son soutien aux livraisons d’armes effectuées par le Qatar et l’Arabie Saoudite).L’ancien rédacteur en chef du New York Times Bill Keller qui soutenait la guerre en Irak veut aussi que les Etats Unis arment les ‘rebelles’  et ‘défendent les civils qui sont massacrés dans leurs maisons’ en Syrie. Il ne parle bien entendu pas des civils qui ont été massacrés par les groupes armés.

Le Washington Post a été force de reconnaître que l’armée syrienne est en train de gagner cette guerre mais reste déconcerté par la tournure défavorable des évènements. ‘Que se passera-t-il si les USA n’interviennent pas en Syrie ?’ demande-t-il avant de donner les réponses. La Syrie se fracturera selon des lignes sectaires, avec le Jabhat al-Nosra contrôlant le nord et les ‘résidus du régime’ contrôlant des bandes de territoire à l’ouest. La guerre sectaire s’étendra à l’Irak – comme si elle n’était pas déjà une des conséquences de l’intervention américaine – et au Liban. Les armes chimiques seraient un des enjeux, ‘forçant probablement à  une nouvelle intervention israélienne pour empêcher leur acquisition par le Hezbollah ou al Qaïda.’. Si les Etats Unis n’interviennent pas pour empêcher tout ça, la Turquie et l’Arabie Saoudite ‘pourraient conclure que les Etats Unis ne sont plus un allié fiable.’

Il existe une autre réponse plus plausible à la question sur “ce qui va arriver”.  Cette réponse est que l’armée syrienne finira par expulser du pays les ‘rebelles’ survivants et que Bachar al-Assad en sortira plus populaire que jamais parce qu’il aura vaincu la plus grande menace de son histoire pour l’Etat syrien. Des élections se tiendront en 2014 et il sera élu président avec 75 % des suffrages. C’est du moins ce que prédit la CIA.

Erdogan est venu à Washington pour avertir lui aussi Obama de ‘faire plus’, mais il est clair que le président US ne veut pas faire grand-chose de plus. Les médias turcs ont rapporté qu’Obama a dit qu’Assad «doit partir» mais ce n’est pas ce qu’il a dit. Obama a choisi ses mots avec soin. Dans sa conférence de presse avec Erdogan, il n’a pas dit qu’Assad ‘doit partir’ mais que «he needs to go» et que « he ‘needs ‘to tranfer power to a transitional body. (transférer le pouvoir à une autorité de transition) [effectivement on traduirait de la même façon ‘he must’ et ‘he needs’ par ‘il doit’ alors qu’il existe une nuance intraduisible me semble-t-il]. La différence est des plus importantes. A titre personnel, Obama ne voudra pas terminer sa présidence englué dans une guerre ingagnable et impopulaire, une guerre qui pourrait en outre rapidement évoluer d’une crise régionale vers une crise mondiale.

Un sondage récemment conduit par Pew montre que le peuple américain en a assez des guerres au Moyen Orient et les discussions entre Kerry et Lavrov indiquent que cette fois, après avoir permis à l’accord de Genève de juillet 2012 de tomber à plat, les Etats Unis sont sérieux dans la recherche d’une sortie négociée de la crise même si d’autres [pays] ne le sont pas [sérieux]. S’il existe un danger de déraillement de la position des Etats Unis, il viendra plus probablement des rangs de leurs amis et alliés.

 

– Jeremy Salt est professeur associé d’histoire et de politique du Moyen Orient à l’université Bilkent d’Ankara en Turquie. 

Franklin Delano Roosevelt, un des vainqueurs du nazisme, était un fieffé antisémite!

12 avril 2013

Si on en croit Rafael Medoff (à ne pas confondre avec un escroc d’un autre genre, Bernard Madoff), Franklin Delano Roosevelt (FDR), l’artisan du New Deal et celui qui fit entrer les USA dans la guerre contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, était un antisémite.

Rafael Medoff donne des preuves de son affirmation en citant des propos de l’ancien président tenus le plus souvent en privé et qui reflètent une franche hostilité à l’égard des juifs.

L’antisémitisme de Roosevelt est aussi l’occasion pour Medoff de mettre en garde contre l’antisémitisme possible de Barack Obama puisque ce dernier

a parlé de sa profonde admiration pour Franklin Delano Roosevelt et de son désir de s’inspirer du style de leadership de FDR.

Medoff ne manque d’ailleurs pas de nous signaler que FDR na pas été le seul président des Etats Unis antisémite puisqu’il partageait cette qualité (au sens attributif de ce terme) avec son successeur Harry S. Truman.

Ce que ne dit pas l’article de Medoff, c’est que l’antisémite Truman est celui-là même qui fit le nécessaire pour que la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU recommandant [et non ordonnant] le partage de la Palestine soit adoptée en exerçant pressions et chantages sur certains pays.

Il avait fallu certes le convaincre avec des arguments sonnants et trébuchants, mais c’est une autre histoire.

Le fait est que c’est souvent chez les antisémites les plus virulents que les sionistes ont pu trouver une oreille attentive puisque leur souhait commun est de débarrasser le monde de la présence juive, celle-ci devant se situer dans l’Etat juif.

Ceux qui n’ont pas d’hostilité particulière envers les Juifs se contentent de dire qu’ils sont leurs concitoyens comme les autres et l’idée que leur patrie se trouverait quelque part au Moyen Orient leur échappe complètement.

Ce que les sionistes n’apprécient guère…

Pas plus qu’ils n’apprécient Roosevelt qui s’est contenté, avec ses alliés, de vaincre l’Allemagne nazie et le Japon mais n’a pas fait de «l’holocauste » sa priorité.

Et comment aurait-il pu faire sa priorité d’un phénomène qui doit son appellation à un feuilleton télévisé diffusé bien après sa mort ?

Je n’ai pas trouvé d’image, mais il n’empêche que le très sioniste Chaim Weizmann a bel et bien rencontré le très antisémite Franklin Delano Roosevelt à Washington en juillet 1942 selon une des énièmes variations de Medoff sur le sujet grâce auquel il a dû toucher le pactole.

Image

Maison Blanche 1943: rencontre tendue entre l’antisémite Roosevelt (assis) et le National Jewish Welfare Board. De gauche à droite: Walter Rothschild, l’aumônier militaire Aryeh Lev, Barnett Brickner et Louis Kraft

 

Ce que FDR disait sur les juifs en privé

Ses sentiments personnels à l’égard des juifs pourraient expliquer en partie la réaction circonspecte des Etats Unis face à l’holocauste

par Rafael Medoff, Los Angeles Times (USA) 7 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

En mai 1943, le président Franklin Roosevelt avait rencontré le premier ministre britannique Winston Churchill à la maison Blanche. C’était 17 mous après Pearl Harbour et un peu plus d’un an avant le Jour-J. Les deux leaders alliés avaient évalué l’effort de guerre en cours et échangé des idées sur leurs plans pour l’après-guerre. A un moment de la discussion, FDR avait présenté ce qu’il appelait «la meilleure manière de régler la question juive.»

Le vice président Henry Wallace, qui avait consigné la conversation dans son journal, observe que Roosevelt avait évoqué sur un ton approbateur un plan (recommandé par Isaiah Bowman, géographe et président de l’université John Hopkins) consistant à éparpiller les juifs dans le monde entier.» L’entré du journal ajoute : «Le président disait avoir essayé [ce plan] dans le Comté de Meriwether en Géorgie [où Roosevelt résidait dans les années 1920] et à Hyde Park sur la base de l’adjonction de cinq familles juives dans chaque endroit. Il soutenait que la population locale ne ferait pas d’objection s’il n’y en avait pas plus que ça.»

Ce passage sue la “meilleure manière” selon Roosevelt est condescendante et déplaisante et, si elle était venue de quelqu’un d’autre, aurait sans doute été considérée comme antisémite. Mais plus encore, le soutien de FDR à l’idée «d’éparpiller les juifs » est peut-être la clef qui permet de comprendre quelque chose qui a été au centre d’une controverse pendant des décennies : la réaction circonspecte du gouvernement américain à l’holocauste.

Voila le paradoxe. Le système d’immigration des Etats Unis avait sévèrement limité le nombre de juifs allemands pendant les années du nazisme à environ 26 000 par an – mais même ce quota n’était atteint qu’à hauteur de 25 % pendant la plus grande partie de l’époque hitlérienne parce que l’administration Roosevelt avait ajouté de nombreux critères supplémentaires exigés de candidats à l’immigration. Par exemple, à partir de 1941, le simple fait d’avoir laissé un proche parent en Europe pouvait être suffisant pour disqualifier un candidat à l’immigration – à partir de l’idée absurde que les nazis pourraient menacer le parent resté en arrière et par ce biais forcer l’immigrant à espionner pour Hitler.

Pourquoi le gouvernement des Etats Unis s’employait-il activement à décourager et à disqualifier les Juifs candidats à l’immigration aux Etats Unis ? Pourquoi le président n’avait-il pas instruit directement son Département d’Etat (qui administrait le système d’immigration) de remplir les quotas pour l’Allemagne t les pays occupés par les puissances de l’Axe jusqu’à la limite légale ?

A elle seule, cette disposition aurait sauvé 190 000 vies. Elle n’aurait pas nécessité d’affronter le Congrès ou des forces hostiles à l’immigration ; elle n’aurait entraîné qu’un risque politique minime pour le président.

Les décisions politiques de tout président sont modelées par un certain nombre de facteurs, certains politiques, d’autres personnels. Dans le cas de Roosevelt, tout un ensemble de propos tenus en privé sur les juifs dont certains que j’ai découverts récemment dans les Archives Centrales Sionistes à Jérusalem et auprès d’autres sources sont sans doute significatifs.

En 1923, en qualité de membre du conseil d’administration de Harvard ; Roosevelt avait conclu qu’il y avait trop d’étudiants juifs dans la faculté et avait participé à la mise en place d’un quota pour limiter le nombre d’inscrits.  En 1936, il avait suggéré en privé que les Juifs dominaient l’économie en Pologne et que c’est à eux qu’on devait faire le reproche de provoquer de l’antisémitisme dans ce pays. En 1941, il avait observé lors d’une réunion du cabinet qu’il y avait aussi trop de juifs parmi les employés de l’administration fédérale en Oregon. En 1943, il avait dit à des officiels du gouvernement dans l’Afrique du Nord libérée par les alliés que le nombre de juifs indigènes «devait certainement être limité» dans plusieurs professions afin «d’éviter les récriminations particulières et compréhensibles des allemands à l’égard des juifs en Allemagne.»

On a la preuve d’autres propos tenus également en privé par FDR, dont le rejet de requêtes en faveur de réfugiés juifs qu’il qualifiait de «lamentations juives» et «d’histoires à faire pleurer dans les chaumières [sob stuff] ;»  l’expression de sa fierté [en s’adressant à un sénateur] de «ne pas avoir de sang juif dans nos veines ;» et en caractérisant une manœuvre fiscale d’un éditeur juif de journaux de «sale tour de juif.» Mais le thème le plus commun dans les propos en privé de Roosevelt sur les juifs ont un rapport avec sa perception qu’ils étaient surreprésentés [overcrowding] dans beaucoup de professions et avaient une influence excessive.

Cette attitude concorde avec ce qu’on sait des opinions de FDR au sujet des immigrants en general et des immigrants asiatiques en particulier. Dans un entretien datant de 1920, il se plaignait des immigrants qui se «massent» dans les villes et il avait déclaré que «le remède à cela devrait être la répartition des étrangers un peu partout dans le pays.» Dans une série d’articles pour le Daily Telegraph de Macon (Géorgie) et pour le magazine Asia dans les années 20, il avait mis en garde contre l’octroi de la citoyenneté à des «immigrants non assimilables» et s’opposait à l’immigration japonaise pour la raison que «le mélange de sang asiatique avec le sang américain ou européen produit, neuf fois sur dix, des résultats des plus malencontreux.» Il recommandait qu’à l’avenir l’immigration soit restreinte à ceux qui ont «le sang de la bonne catégorie.»

La décision de FDR d’emprisonner des milliers d’américano-japonais dans des camps d’internement pendant la seconde guerre mondiale était cohérente avec sa perception des Asiatiques comme ayant des caractéristiques raciales innées qui les rendaient indignes de confiance. De la même manière, il voyait apparemment avec mépris ce qu’il semblait considérer comme les caractéristiques innées des juifs. Accueillir un nombre significatif d’immigrants juifs ou asiatiques ne semblaient pas s’accorder aisément avec la vision que FDR avait de l’Amérique.

D’autres présidents des USA ont eu leur lot de remarques peu amènes sur les juifs. Un journal tenu par Harry Truman recelait des propos tels que «Les juifs, à mon point de vue, sont très, très égoïstes.» Les dénonciations des juifs par Nixon comme étant «très agressifs et odieux» ont été révélées par la suite dans des enregistrements de conversations dans le Bureau Ovale.

Mais les révélations sur les sentiments de Franklin Roosevelt vont probablement choquer beaucoup de gens. Après tout, il a fait entrer l’Amérique dans la guerre contre Hitler. En outre, le personnage public de Roosevelt est indissociable de son image de libéral et d’humaniste, sa prétention à être attentif à «l’homme abandonné,» l’opprimé, le maltraité. Mais personne ne peut changer l’histoire de sa réponse à l’holocauste.

L’Holocaust Memorial Day va être observé à partir de dimanche soir. C’est l’occasion annuelle de réfléchir au génocide nazi et à la réaction du monde à ce dernier. Dans le cas des Etats Unis, il est consternant de penser qu’en partie à cause des préjugés personnels de Rossevelt, des gens innocents qui auraient pu être sauvés ont au contraire été abandonnés.

Rafael Medoff est le directeur et fondateur du David S. Wyman Institute for Holocaust Studies à Washington. Son dernier livre est « FDR and the Holocaust: A Breach of Faith. » Medoff s’exprimera dimanche lors de la cérémonie de l’ Holocaust Memorial Day au centre communautaire juif Alpert de Long Beach.

Armes chimiques syriennes et puissance de la propagande américaine

5 décembre 2012

En rentrant chez moi, tard dans la soirée d’hier, j’écoutais distraitement le journal télévisé de France 3 que ma femme était en train de regarder.

Il était question d’armes chimiques que l’armée syrienne s’affairait à préparer en mélangeant les deux substances dont la combinaison produit un gaz neurotoxique, d’où l’appellation d’arme binaire.

On nous disait aussi que le président Barack Obama et sa meute de roquets avaient sévèrement mis en garde les autorités syriennes contre l’utilisation de cet armement chimique contre la population de leur pays.

Je n’étais déjà pas franchement de bonne humeur mais j’ai senti comme une vague désespérance m’envahir avec cette question lancinante : les journalistes de France 3 sont-ils tout simplement bêtes où sont-ils consciemment complices de l’entreprise américaine de désinformation ?

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par l'armée de Saddam Hussein

Je vous assure que ceci est un puissant hypnotique produit par les savants fous de Saddam Hussein

Moon of Alabama nous propose un bon petit papier sur cette nouvelle manoeuvre propagandiste du régime de Washington et de ses caniches de l’OTAN.

Faudrait peut-être le signaler aux journalistes de France 3

Ce serait peut-être aussi le 8ème élément qu’on pourrait ajouter en tête des 7 prétendues choses à savoir sur la menace des armes chimiques syriennes d’après le magazine L’Express.

Les affirmations de Wired sur les armes de destruction massive syriennes sont mensongères

Par MoA (USA) 3 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Wired’s Danger Room propose un étrange article en exclusivité sur de supposées armes chimiques syriennes.

Les techniciens qui travaillent pour le régime d’Assad en Syrie ont commence à combiner les deux précurseurs chimiques nécessaires pour armer les charges militaires au gaz sarin, a déclaré à Danger Room un officiel américain au courant du dossier. Les observateurs internationaux sont aujourd’hui plus préoccupés que jamais par l’utilisation éventuelle par le gouvernement de Damas de son stock d’agents neurotoxiques pour massacrer sa propre population.

    …

Le gaz sarin comporte deux constituants chimiques principaux – l’isopropanol, ou alcool à brûler, et le methylphosphonyl difluoride. Le gouvernement syrien dispose de 500 tonnes de ces précurseurs qu’il stocke d’ordinaire séparément sous une forme dite «binaire» afin d’éviter une fuite accidentelle de gaz neurotoxique.

La semaine dernière, les choses ont changé. L’armée syrienne a commencé à combiner une partie de ces précurseurs binaires. «Ils ne l’ont pas fait sur l’ensemble de leur arsenal mais juste pour une petite quantité,» affirme l’officiel. «Nous n’avons pas de certitudes sur leurs intentions.»

Du fait apparemment de leur ignorance, les gens de Danger Room tombent dans le panneau de chaque stupide propagande du genre Un pays arabe va bientôt utiliser des armes de destruction massive.» Faut-il rappeler des affirmations semblables faites par des «officiels américains» il y a une dizaine d’années et qui se sont avérées mensongères ?

Dans ce cas précis, nous pouvons être certains que les affirmations sont mensongères. Personne en Syrie n’est en train de combiner des précurseurs binaires.

Il suffit de savoir comment les armes chimiques binaires fonctionnent réellement:

Les armes ou munitions chimiques binaires sont des armes chimiques dans lesquelles l’agent toxique n’est pas contenu à l’état actif dans l’arme, mais sous la forme de deux précurseurs chimiques physiquement séparés à l’intérieur de l’arme. Les précurseurs sont conçus pour être significativement moins toxiques que l’agent qui résulte de leur mélange, ce qui permet de stocker et transporter l’arme avec une plus grande sécurité. La sécurité apportée par les armes chimiques binaires est particulièrement importante pour les personnes qui résident  près des dépôts de munitions.

La réaction chimique a lieu quand l’arme est en vol. Le fait de tirer la munition provoque la rupture des capsules. Les rotations rapides de la munition pendant sa trajectoire mélangent entièrement les deux précurseurs qui entrent en interaction. Pour finir, une charge explosive vaporise et diffuse l’agent chimique.

L’armée syrienne n’a donc pas besoin de combiner les substances pour remplir les charges militaires parce que les précurseurs sont déjà stockés dans les munitions quand les obus ou les bombes pour l’aviation sont livrées aux unités qui sont supposées les utiliser. Les précurseurs sont stockés dans deux chambres séparées dans chaque munition qui peut ainsi être transportée et stockée en sécurité. Seul le tir de la munition ou le largage de la bombe provoquera la combinaison des précurseurs binaires.

Ce que l’officiel américain anonyme prétend n’est pas en train de se produire en Syrie. Si ceux qui écrivent dans Wired, Noah Shachtman et Spencer Ackerman (de fervents partisans d’Israël avant tout, fait-il constater), avaient un minimum de connaissances de la technologie de l’armement, ils ne seraient pas tombés dans le panneau de la déclaration stupide faite par un officiel américain anonyme.

L’affirmation selon laquelle “le régime Assad en Syrie a commencé à combiner les deux précurseurs chimiques” est complètement fausse. Que l’armée syrienne fasse ou pas quelque chose avec son armement stratégique, cette chose n’est pas ce que prétend «l’officiel américain» anonyme.


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