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Le livre pour enfants qui fait peur aux sionistes

2 décembre 2017

Un beau texte de Steven Salaita, un universitaire américano-palestinien dont la carrière avait été mise à mal du fait de ses prises de position hostiles au régime sioniste au moment où ce dernier agressait Gaza une fois de plus en 2014 [opération dite Bordure Protectrice].

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Steven Salaita

On avait présenté sa critique des agissements criminels de l’entité sioniste comme une manifestation d’antisémitisme…

Salaita nous parle ici d’un petit livre pour enfants des iraniennes Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi  en forme d’abécédaire et titré P est pour la Palestine.

Evidemment.

Et M est pour Meftah, la clef de leurs maisons que les palestiniens ont emportée avec eux dans leur exil.

Un abécédaire de la Palestine

Ce petit livre a pourtant suscité des réactions fortes aussi bien dans la presse juive que dans la presse d’extrême-droite et la presse tabloïd newyorkaise.

Steven Salaita nous explique pourquoi ce livre fait peur à ceux qui soutiennent l’entité sioniste.

Pourquoi un livre pour enfants fait-il perdre la tête aux sionistes ?

Par Steven Salaita, MondoWeiss (USA) 1er décembre 2017, traduit de l’anglais par Djazaïri

En ces temps de prolifération nucléaire, de brutalité policière, de résurgence du nazisme et d’énormes inégalités, les sionistes ont réussi à trouver le véritable ennemi : un livre pour enfants. Le titre incriminé, P is for Palestine [P pour Palestine], a récemment été publié par Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi après une longue campagne de financement participatif. Les sionistes ont réagi comme si c’était la charte du Hamas.

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Golbarg Bashi et Golrokh Nafisi

Ma femme et moi avons acheté le livre pour notre fils de cinq ans. C’était un achat logique. Deux de ses grands-parents sont palestiniens, après tout. Le gamin n’était pas particulièrement excité par le livre, mais il l’aime. Je ressens la même chose. Le texte est un inventaire d’objets culturels et géographiques en ordre alphabétique, encadré par des illustrations (souvent belles). Rempli d’une imagerie culturelle romantique il faut environ cinq minutes pour le lire.

En d’autres termes, c’est un livre pour enfants typique. La seule façon dont il diffère de ses nombreux pairs sur le marché de la «diversité» est que le pays étranger qu’il magnifie est la Palestine. Par conséquent, il est ipso facto intolérable aux organisations professionnelles sionistes.

Nous pourrions simplement relier ce nouvel accès d’angoisse sioniste à un sentiment accru d’inquiétude devant le net déclin du prestige d’Israël dans le monde, poussé par un mouvement BDS [Boycott, Désinvestissement, Sanctions] en plein essor. Cela aide à expliquer la réaction excédée à un document politique écrit au crayon de couleur.

Il y a plus que ça à l’œuvre, cependant. Quelque chose à propos du P pour la Palestine a touché une corde sensible. Depuis quand parle-t-on d’un livre pour enfants dans le New York PostPage Six », un magazine people, pas moins), Forward , Ha’aretz , le New York Daily News et Breitbart ? Chaque fois que les partisans d’Israël se fâchent, de nombreuses publications se font une joie d’amplifier leurs griefs. Le fait que l’indignation ait commencé immédiatement après la publication du livre illustre comment la Palestine peut brusquement créer ou modifier un cycle de l’information aux États-Unis.

Mais quelque chose semble un peu plus désespéré dans ce procédé, presque comme si une Palestinienne en images dessinées avait la capacité spéciale de faire survenir une maladie grave et mortelle. Cela a probablement à voir avec la nature du genre. Les livres pour enfants ne sont pas simplement un divertissement précieux ; nous les imaginons comme des conduits pour la transmission de certaines valeurs. Depuis la prédiction dramatique de David Ben Gourion selon laquelle les futures générations d’enfants palestiniens oublieraient la Nakba [catastrophe de la proclamation de l’Etat juif et de l’exode palestinien], enseigner et apprendre sur la Palestine a été un point sensible pour les sionistes (voyez comment la chose est abordée dans les écoles secondaires et les universités).

Dit simplement, rien ne menace plus Israël que la survie de l’identité palestinienne à travers les générations successives, ce qui est exactement ce que le P est pour la Palestine essaye d’accomplir. Les sionistes ne s’opposent pas à son contenu ; ils s’opposent à sa simple existence comme document de la mémoire historique. Les sionistes expriment constamment leur mépris pour les Palestiniens qui refusent de valider Israël. Même les keffiehs et les falafels en caricature deviennent une menace existentielle.

M est pour Meftah, la clef de la maison perdue mais qu’on espère retrouver

P est pour la Palestine rend manifeste quelque chose que les sionistes craignent mais ne peuvent pas contrôler : de Santiago à Toronto, d’Athènes à Oslo, d’Abou Dhabi à Alep, les Palestiniens continuent de réclamer et d’honorer leur terre ancestrale. Les sionistes le savent et ne peuvent rien faire pour l’empêcher. Le livre fournit une cible visible à leur angoisse existentielle.

Israël possède une armée dévastatrice, d’une base territoriale sans cesse plus importante et d’une économie avancée, mais il est affligé d’un psychisme remarquablement fragile. Il n’y a pas d’autre raison pour que ses fidèles piquent une crise sur un livre pour enfants en autoédition. Les sondages ont montré à maintes reprises que l’attachement des Juifs américains à Israël, en particulier les jeunes, est en déclin. Dans le même temps, les Palestiniens sont unis par le désir de récupérer leur patrie.

Nous ne devons pas non plus négliger le public auquel P est pour la Palestine est destiné. Pendant 70 ans, Israël a infligé une misère indicible aux enfants palestiniens. Le désir de l’État [juif] de pureté ethnique a politisé les notions d’enfance dans l’imaginaire dominant. Le livre transforme vraisemblablement les enfants palestiniens en le genre de créatures politiques que les sionistes sont obligés de haïr.

Les États-nations sont fragiles. L’indigénéité ne l’est pas. Elle s’affirme constamment devant les forces qui veulent sa destruction. À son tour, elle s’attribue sans cesse le pouvoir de détruire – et elle le fait sans armes ou sans tromperie, mais avec la simple intemporalité de l’être.

P est aussi pour la paranoïa. Dans la mesure où le fétichisme politique de certains exige que les Palestiniens capitulent ou disparaissent, cet état [de paranoïa] est parfaitement justifié.

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Original: Hank Johnson, membre du Congrès US, compare les colons sionistes à des termites

26 juillet 2016

Représentant Démocrate : les colons israéliens sont comme des termites

par Mark Hensch, The Hill (USA) 25 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Représentant au Congrès Hank Johnson

Le Représentant Hank Johnson (Démocrate, Géorgie) a comparé lundi les colons israéliens à des termites pendant une discussion sur les relations Israël  -Palestine.

« Il y a eu un flux régulier, presque comme les termites qui peuvent entrer dans une maison et la manger avant même que vous sachiez que vous avez été dévoré et qu’elle s’écroule sur vous, » a-t-il dit selon le Washington Free Beacon.

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Les termites peuvent grignoter non seulement votre rampe d’escalier mais toute partie en bois de votre maison

« Il y a eu une activité de colonisation qui est allée de l’avant en toute impunité et en s »accélérant au point que c’en est devenu alarmant, » a déclaré Johnson lors d’un événement sponsorisé par l’US Campaign to End the Israeli Occupation (campagne pour mettre fin à l’occupation israélienne).

Le Washington Free Beacon de lundi explique que l’organisation fédère le soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS)

Johnson a affirmé que l’occupation actuelle par Israël de territoires disputés [The Hill fait ici sienne la terminologie employée par le régime sioniste, NdT] réduit les chances d’une Palestine indépendante.

« Nous sommes arrivés au point où l’idée d’une patrie palestinienne s’éloigne de plus en plus de la réalité, » a-t-il dit.

« Vous voyez que les maisons sont appropriées l’une après l’autre par la population juive qui vient revendiquer cette parcelle du territoire simplement parce que personne n’y a passé la nuit, » a déclaré Johnson, membre de la Commission parlementaire des forces armées.

« La maison dans laquelle leurs ancêtres [palestiniens] ont vécu pendant des générations devient une maison israélienne et un drapeau se lève dessus. Les Palestiniens n’ont pas le droit de hisser des drapeaux dans leurs propres quartiers. »

Johnson a aussi comparé le ministre israélien de la défense Avidor Lieberman au candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump.

« Le fait est que dans le gouvernement israélien, qui est le gouvernement le plus à droite qui ait jamais existé dans l’Etat d’Israël, un gouvernement d’extrême droite, vous avez un type comme Trump qui est actuellement ministre de la défense et qui tire les ficelles de la défense en Israël, » a-t-il dit, ajoutant que d’autres membres du Congrès partagent son point de vue.

 

Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.

Au regard du droit, le régime sioniste est un régime d’apartheid et son boycott est légitime

25 février 2016

J’ai eu vraiment plaisir à traduire cet article de Ben White, un militant pro-palestinien très connu en Grande Bretagne.

La traduction est perfectible, j’en suis bien conscient, mais je suis heureux de proposer ce texte à tous ceux qui s’intéressent à la cause palestinienne et à la question de la liberté des peuples en général.

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Ben White

Ben White a écrit ce texte dans un contexte marqué en Grande Bretagne comme en France mais aussi au Canada par une offensive de ceux qui sont opposés aux campagnes BDS, c’est-à-dire Boycott Désinvestissement et Sanctions à appliquer à l’entité sioniste.

Une offensive concertée et sans douté décidée à Tel Aviv avant d’être relayé jusque dans nos mairies.

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Ben White

Qualifier d’apartheid l’occupation israélienne de la Palestine n’est ni de la simplification, ni de la provocation – c’est un constat de fait.

Non seulement ce constat a le soutien des Sud-Africains qui ont lutté contre l’apartheid mais la situation correspond à la définition [de l’apartheid] selon le droit international.

Par Ben White, The Independent (UK) 24 février 2016 traduit de l’anglais par Djazairi

Cette semaine, j’ai participé à des événements organisés dans le cadre de la Semaine de l’Apartheid Israélien qui chaque année « vise à éveiller les consciences sur le projet colonial israélien en cours et les politiques d’apartheid appliquées à la population palestinienne. »

Aux yeux de certains, parler d’un « apartheid » israélien peut leur sembler être juste un autre effet de manche utilisé par des militants. D’autres considèrent cela comme inutile, simplificateur, provocateur ou même antisémite.

Mais que disons-nous vraiment quand nous parlons d’un apartheid israélien ?

Tout d’abord, et surtout, il ne s’agit pas d’une analogie trait pour trait avec ce qu’était le régime sud-africain. Même s’il est vrai que de fortes personnalités de l’époque de la lutte anti-apartheid ont invoqué la comparaison. En 2002, par exemple, Desmond Tutu avait dit qu’un séjour en Palestine lui avait rappelé « beaucoup de choses qui nous étaient arrivées, à nous population noire d’Afrique du Sud. » Et en 2009, Tutu avait aussi approuvé un livre que j’avais écrit intitulé « Israeli Apartheid : A Beginner’s Guide » (l’apartheid israélien, un guide pour les débutants).

Il y a énormément de choses à dire sur ce qui s’est passé en Afrique du Sud et ce qui se passe en Israël et en Palestine. Mais cette comparaison n’a pas de rapport avec la recherche de savoir si parler d’apartheid israélien est juste ou adapté.

La raison en est que l’apartheid est un crime en droit international, indépendamment de ce qu’a connu l’Afrique du Sud. Le protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949, cite l’apartheid comme une « grave violation » qui n’a « aucune limitation géographique« .

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Le boycott a été et reste un moyen de lutte légitime

L’apartheid est aussi qualifié de « crime contre l’humanité » dans le statut de Rome de la Cour Pénale Internationale adopté en 1998 – quatre ans après la fin officielle de l’apartheid en Afrique du Sud.

Le statut de Rome définit l’apartheid comme des actes inhumains « commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime »

Les lois et les pratiques israéliennes répondent-elles à cette définition ? Selon les termes mêmes du Département d’Etat des Etats Unis, les Palestiniens font face à « une discrimination institutionnelle et sociétale. » Elle touche des domaines comme l’immigration et la vie de famille, le logement et le foncier.

Il n’existe aucune garantie d’égalité, et les défenseurs des droits de l’homme ont identifié plus de cinquante lois discriminatoires.

En Cisjordanie, l’Etat juif a créé et établi un réseau de colonies illégales dont les habitants – des citoyens d’Israël – vivent parmi des Palestiniens qui sont soumis à la loi martiale. Pendant que les colonies s’étendent, les maisons palestiniennes sont démolies.

Récemment, selon les termes de l’ONG israélienne pour les droits de l’homme B’Tselem, les autorités israéliennes ont « accentué leurs efforts pour expulser des villages palestiniens de vastes zones de la Cisjordanie » – c’est du nettoyage ethnique.

Entre le 1er janvier et le 15 février de cette année, selon les chiffres des Nations Unies, les forces israéliennes ont détruit ou confisqué 283 maisons et autres structures palestiniennes, déplaçant 404 personnes.

Un haut fonctionnaire de l’ONU a expliqué que si la plupart de ces démolitions « ont été pratiquées sur la base de l’argument juridique spécieux que ces Palestiniens n’avaient pas de permis de construite, » les chiffres israéliens eux-mêmes montrent que « seulement 1,5 % des demandes de permis déposées par des Palestiniens sont acceptées. »

Amnesty International a décrit le « déni officiel de participation à la planification [d’occupation du sol] pour toute une population, couplé avec l’établissement d’un système parallèle de planification pour les colonies israéliennes qui est une discrimination explicite en faveur d’une autre population dont la fait même de vivre dans le territoire en question enfreint le droit international » comme  » unique au monde ».

Dans la bande de Gaza, les Palestiniens continuent à souffrir sous un blocus israélien qui constitue un châtiment collectif illégal. Quant d’Israël ne conduit pas ses horribles attaques à grande échelle sur ce territoire entièrement clôturé, il y a des attaques de routine contre des pêcheurs et des paysans palestiniens.

En fait, les Palestiniens de Gaza sont en majorité des réfugiés dont les terres se trouvent à seulement quelques kilomètres plus loin dans le territoire israélien d’avant 1967. Ce qui nous rappelle le fait que la « majorité juive » d’Israël a été obtenue au prix de l’expulsion des Palestiniens et n’est maintenue que la perpétuation de leur exclusion.

Ce n’est là qu’un échantillon – mais le point essentiel ici est que les crimes d’Israël ne sont pas des « aberrations ». Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux excités ou d’un gouvernement d’une droite particulièrement extrême. Nous parlons ici d’une législation qui fixe un cadre et de politiques poursuivies par l’Etat depuis des dizaines d’années.

Nous parlons donc, ainsi que le statut de Rome l’énonce, « d’actes inhumains…commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé ». C’est pourquoi le Comité des Nations Unies pour l’Elimination de la Discrimination Raciale a exhorté Israël à « éradiquer » toutes les pratiques qui enfreignent la prohibition de la « ségrégation raciale et de l’apartheid. »

Rejeter tous ces éléments au motif qu’Israël « ce n’est pas la même chose que l’Afrique du Sud » revient à passer à côté du sujet, de la même manière que blanchir la discrimination systématique simplement parce qu’il y a un « Arabe » à la Cour Suprême israélienne (un seul sur 66 juges aujourd’hui comme hier) n’est que de la symbolique à bon marché.

Les faits sont clairs. C’est l’apartheid israélien qui devrait susciter l’indignation – pas les campagnes (ou les boycotts) en faveur des droits élémentaires des Palestiniens.

Pour la majorité des étudiants juifs américains, l’Etat « juif » n’est pas civilisé.

24 février 2016

Le site de Philip Weiss reste une des sources les plus riches quand on s’intéresse à l’actualité relative à la cause palestinienne. [vous pouvez aller directement à l’article qui se trouve à la fin de mon texte]

Il le prouve une nouvelle fois en révélant l’essentiel de la teneur d’une conférence qui s’est tenue à Jérusalem dans l’objectif de trouver les moyens d’une propagande efficace en faveur de l’entité sioniste et de contrer le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions)

On sait que faute d’arguments légitimes, les partisans de l’entité sioniste en sont désormais le plus souvent réduits à faire pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des dispositions qui rendent l’appel au boycott illégal. C’est déjà le cas en France avec la circulaire Alliot-Marie que Sainte Christiane Taubira s’est bien gardée d’abroger. Ailleurs, comme au Canada, c’est une motion motion votée au parlement tandis que le Royaume Uni se prépare à légiférer pour interdire le BDS…

Ce qui n’empêchera pas le mouvement de boycott de prendre de l’ampleur tout comme l’impopularité ou du moins le scepticisme à l’égard de l’entité sioniste.

Ainsi, les conférenciers sionistes ont pu avoir un état des lieux inquiétants sur la perception de l’entité sioniste par les étudiants juifs américains. Ces derniers non seulement ne sont pas une majorité à penser que l’entité sioniste veut la paix, mais ils sont à peine 38 % à considérer que nous parlons d’un Etat « civilisé ».

Ce qui ne signifie bien sûr pas qu’ils renoncent nécessairement à soutenir l’entité sioniste mais qui donne à penser que ce soutien n’est pas un acquis intangible.

Et c’est là un gros problème pour le régime sioniste. En effet, cette entité coloniale s’est elle-même mise sous la coupe d’une métropole en obtenant la protection des Etats Unis. Au fil des ans, la colonie juive a su construire tout un dispositif de propagande, d’influence et de contrôle qui lui permet d’influer fortement sur la politique de la métropole, du moins quand cette politique est en rapport avec sa sécurité et sa prospérité.

Ce contrôle n’est pas absolu et il peut être mis en échec à force de patience et d’habileté, ce qu’ont su démontrer Barack Obama et John Kerry dans le dénouement de la crise avec l’Iran. Une démarche qui n’a été possible que parce que Barack Obama effectue son deuxième et dernier mandat présidentiel !

Un des instruments de ce contrôle est la communauté juive, ou plus exactement les organisations communautaires juives qu’elles agissent dans le domaine social, culturel, religieux ou politique. C’est par leur intermédiaire que l’actions sioniste peut se déployer verticalement, vers les couches dirigeantes (élus municipaux, gouverneurs d’Etats, sénateurs etc.) et horizontalement (vers les citoyens ordinaires).

L’animation et les relais de ces organisations, aussi bien verticalement qu’horizontalement, est le plus souvent assurée par des membres de l’élite, c’est-à-dire des gens qui occupent des postes à responsabilité dans les domaines de l’économie, de la culture, de l’information, de la religion etc. Ces gens ont généralement été formés à l’université [il n’existe pas de « grandes écoles » aux Etats Unis] où ils ont acquis non seulement des compétences et des connaissances mais aussi une vision de la vie et de la politique au sens large parfois sur la base d’engagements pour telle ou telle cause.

L’état moral de cette frange de la population étudiante donne donc une indication sur les orientations que pourrait prendre cette population une fois arrivée à l’âge de maturité et de la participation active à la vie publique locale, régionale ou nationale.

Et quand on s’intéresse à la population étudiante juive, cet état moral semble des plus préoccupants si on en croit un spécialiste des enquêtes d’opinion qui participait à la conférence de Jérusalem.

 La majorité des étudiants juifs américains ne voit pas Israël comme un pays « civilisé » ou une « démocratie » affirme Luntz lors d’une conférence secrète anti-BDS

par Ofer Neiman, Mondoweiss (USA) 2 février 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le lien vers l’information en hébreu. En résumé :

Le ministre Gilad Erdan [ministre de la sécurité publique, des affaires stratégiques et de l’information] a organisé une conférence secrète à Jérusalem, qui a réuni 150 partisans influents d’Israël.

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Gilad Erdan et son complice Benjamin Netanyahou

Le spécialiste des sondages d’opinion Frank Luntz, marqué politiquement à droite, [qui avait auparavant affirmé que sionisme était devenu un gros mot pour les élites des Etats Unis] a présenté des statistiques :

_ La tentative du ministère du tourisme pour vendre Israël comme une destination sympa [filles et bikinis] a échoué.

– Les étudiants juifs américains ont une image de plus en plus négative d’Israël

– Ils ne sont que 42 % à croire qu’Israël veut la paix.

-Seulement 38 % d’entre eux pensent que ‘Israël est civilisé et occidental”.

-31% seulement considèrent qu’Israël est une démocratie.

– Pas moins de 21 % d’entre eux pensent que les Etats Unis devraient prendre le parti des Palestiniens.

Le nouvel agenda, pas si nouveau que ça, proposé par Luntz et Cie : les partisans d’Israël doivent dire qu’ils sont pour le dialogue et un processus de paix qui passe par la diplomatie, et ils doivent accuser ceux qui soutiennent le BDS de faire obstacle au dialogue et de répandre la haine.

Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le boycott du sionisme de son éclat

4 mars 2014

La publication d’un long article sur ce qui touche à la Palestine et au conflit arabo-sioniste n’est pas chose fréquente dans la presse américaine, en dehors des journaux des grandes métropoles que sont Washington, New York et Los Angeles. Du moins quand cet article ne figure pas dans la rubrique opinion ou courrier des lecteurs.

C’est pourtant le cas cette fois ci avec ce papier paru dans un journal de Pittsburgh, une ville de Pennsylvanie peuplée d’un peu plus de 300 000 habitants et qui fut longtemps la capitale de l’industrie de l’acier aux Etats Unis.

L’article ne traite cependant pas directement du conflit du Moyen Orient mais des prises de position de l’église presbytérienne sur ce conflit, notamment sur les questions du boycott et du désinvestissement.

En effet, après avoir hésité à prôner le boycott et à retirer ses investissements , l’église presbytérienne semble décidée à aller de l’avant sur ce dossier ainsi que le signalent deux événements récents. Nous avons d’abord une déclaration d’une haute instance de cette église qui recommande de retirer les fonds qu’elle a investis dans trois entreprises qui participent à l’oppression du peuple palestinien (Motorola, Caterpillar et Hewlet Packard). Et surtout, l’église vient de rendre public un guide d’étude de la question du Moyen Orient destiné à servir de base à la réflexion des fidèles et des pasteurs.

Ce guide ne constitue donc pas une position officielle de cette église qui se caractérise par un fonctionnement dans lequel les orientations sont prises collectivement dans le cadre de synodes ou assemblées générales.

Les représentants du sionisme aux Etats Unis se sont vivement émus du contenu de ce guide, ce qu’on peut parfaitement comprendre dans la mesure où il n’hésite pas à remettre en cause la validité des fondements mêmes du sionisme sur le plan religieux tout comme il le disqualifie politiquement .

Une évolution qui n’est pas sans rappeler celle qu’a connue récemment l’église mère en Ecosse qui a réfuté théologiquement les prétentions sionistes dans un rapport publié au premier semestre 2013. L’église d’Ecosse est en quelque sorte la maison mère du presbytérianisme qui ne représente que 4  des 100 millions de Protestants que comptent les Etats Unis.

Eglises presbytériennes à Pittsburgh

Eglises presbytériennes à Pittsburgh

4 millions, c’est à la fois peu et beaucoup si on considère que les fidèles de cette église appartiennent généralement à des couches sociales aisées et instruites qui s’engagent donc volontiers et savent se faire entendre.

Et c’est aussi beaucoup si on tient compte du poids historique de l’église presbytérienne qui a servi de modèle aux autres églises protestantes et de la relative porosité qui existe entre les divers cultes protestants aux Etats Unis.

 

Les prises de position des Presbytériens créent des tensions avec les Juifs

par Peter Smith / Pittsburgh Post-Gazette (USA) 22 février 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

 Un groupe chargé par l’Eglise presbytérienne des Etats Unis de promouvoir « une paix juste en Israël/Palestine » publie un guide d’étude qui contient des descriptions du sionisme comme une hérésie à la racine de la crise du Moyen Orient.

Dans le même temps, une haute instance dirigeante recommande le retrait par l’église de ses investissements dans trois sociétés liées à l’occupation par Israël de territoires palestiniennes.

Ces deux démarches, quoique menées séparément dans les dernières semaines ont été saluées par les partisans de la cause palestinienne mais ont combiné leurs effets pour déstabiliser les relations entre les Presbytériens et les Juifs, aussi bien au niveau local que national.

 Des représentants de l’Eglise Presbytérienne de Pittsburgh – une des plus importantes organisations de cette église au niveau national – ont rencontré des responsables juifs locaux la semaine dernière pour discuter des controverses.

« Nous avons redécouvert ce que nous savions déjà, à savoir notre accord fondamental [avec les organisations juives, NdT] sur à une solution du problème avec deux Etats, et notre accord fondamental sur la caractère intolérable de la situation des Palestiniens telle qu’elle est et la nécessité de la corriger » déclare le Révérend Sheldon Sorge, ministre général du culte pour l’Eglise Presbytérienne.

 Sans être une déclaration officielle de l’église, le guide d’étude, « Zionism Unsettled » [en suspens ou déréglé?] représente le travail d’un groupe créé il y a dix ans par l’Eglise Presbytérienne de Pittsburgh. Les 72 pages illustrées du guide, produit par l’Israel/Palestine Mission Network of the Presbyterian Church (U.S.A.) dénonce ce qu’il qualifie de’années de discussions stérieles pour une solution à deux Etats, expliquant qu’Israël a de facto cré un seul Etat qui opprime les Palestiniens dans le style de l’apartheid. Il dénonce le « nettoyage ethnique «  des Palestiniens chassés par Israël de centaines de villes et villages en 1948 et affirme que cet Etat est lee résultta d’une « relation toxique entre théologie et politique ».

Gregg Roman, directeur du Conseil des Relations Communautaires de la Fédération Juive du Grand Pittsburgh, déclare avoir compris que le guide d’étude « n’est pas quelque chose qui émane de la base [des prêtres et des fidèles, NdT]. » Mais il l’a appelé « un cours accéléré pour plaider la disparition de l’Etat juif. »

Il explique que quand on le lit, c’est « comme si aucune guerre n’était menée contre Israël, comme s’il n’y avait pas des campagnes teroristes par des organisations comme le Hezbollah et le Hamas… et il ignore le fait que les Israéliens… et la communauté juive américaine soutiennent une solution à deux Etats. »

 Parmi les organisations juives d’envergure nationale, l’Anti-Defamation League déclare que le guide d’étude est peut-être « le document le plus antisémite produit par une grande église américaine de mémoire récente », tandis que Steve Gutow, président du Jewish Council for Public Affairs l’a qualifié de « digne d’une organisation raciste [hate group], pas d’une importante église américaine. »

La direction de l’Eglise Presbytérienne au niveau national a également pris ses distances avec la publication, insistant sur le caractère décentralisé de presbytérianisme. Quoique produite par une émanation officielle de l’église et vendue via le réseau de distribution à domicile de l’Eglise Presbytérienne, le rapport est publié à l’intention de l’église plutôt qu’en son nom, déclare Linda Valentine, directrice exécutive de la Presbyterian Mission Agency,qui supervise la plupart des buraux de l’église au niveau national depuis son siège à Louisville dans le Kentucky.

La politique de notre église consiste en « appels à un règlement négocié entre Israël et la Palestine et le droit pour chaque Etat d’exister dans des frontières sûres et reconnues, » écrit Mme Valentine. « L’église a condamné les actes violences des deux parties au conflit, ainsi que l’occupation illégale de territoires palestiniens par des colonies israéliennes. Notre église a fermement condamné l’antisémitisme sous toutes ses formes, dont le refus de reconnaître l’existence légale d’Israël. Dans le même temps, nous pensons que la condamnation des injustices perpétrées au nom de l’Etat d’Israël,… ne constituent pas de l’antisémitisme. »

 ‘Un déséquilibre chronique’

Martha Reese de l’Illinois, qui fait partie de l’équipe rédactionnelle de « Zionism Unsettled », déclare dans un entretien que le guide essaye de « corriger un déséquilibre chronique dans la manière dont le conflit est compris. »

Elle explique que beaucoup d’Américains n’ont pas compris l’impact que le sionisme a eu sur les Palestiniens et qu’elle espère que les congrégations chrétiennes, juives et musulmanes se serviront du guide d’étude  « comme un outil pour engager de difficiles conversations. »

Mme Reese déclare que le réseau n’a pas de position officielle quant à savoir si la solution ultime est un ou deux Etats mais indique qu’il est en faveur de « l’autodétermination et de l’égalité. »

 Elle dit que la prise de position officielle des Presbytériens pour une solution à deux Etats doit être vue à la lumière de la prolifération de colonies juives en Cisjordanie. « Nous devons avoir la certitude que notre position offcielle est vraiment réaliste compte tenu de réalités changeantes. »

 Alors que certaines organisations protestantes conservatrices sont connues pour leur soutien farouche à Israël, les obédiences protestantes plus libérales critiquent depuis longtemps son occupation de territoires palestiniens en Cisjordanie. Pour les Presbytériens, le débat s’est accéléré en 2004 quand leur assemblée générale approuva des démarches en vue de retirer des investissements en Israël liés à son occupation [des territoires palestiniens].

Ce qui avait provoqué une vive réaction de la part de dirigeants juifs et de nombreux Presbytériens qui considéraient que c’était apporter une caution morale au mouvement plus large dans les campus universitaires et ailleurs pour appliquer des pressions économiques sur Israël. Des assemblées réunies par la suite avaient fait machine arrière tout en appelant à des investissements promouvant la paix dans la région, et d’autres obédiences protestantes ont aussi envisagé avant de reculer sur cette question du désinvestissement.

 En 2012, une assemblée presbytérienne avait rejeté à une majorité de deux voix seulement une proposition de retrait des fonds de l’église investis dans Motorola Solutions, Caterpillar et Hewlet Packard parce que ces entreprises sont des fournisseurs des forces israéliennes et des colons juifs en Cisjordanie occupée. Elle avait cependant recommandé un boycott des produits fabiqués en Cisjordanie occupée par Israël.

 Début février, la Presbyterians’ Mission Agency a recommandé à nouveau que la prochaine assemblée générale prévue pour juin 2014 retire ses investissements de ces trois entreprises après qu’un rapport de l’église a conclu qu’elles « s’enferraient dans leur participation à des activités non pacifiques. »

Le Révérend Randy Bush, pasteur de l’East Liberty Presbyterian Church dit ne pas avoir encore lu le guide d’étude et donc ne pas pouvoir en parler. Mais il affirme que le désinvestissement pourrait aider à freiner l’expansion des colonies israéliennes et du mur de séparation sur les terres palestiniennes. « Nous avons observé un e consolidation de politiques qui rendent la paix plus difficile, » dit-il.

 Si les organisations pro-israéliennes ont critiqué la proposition de désinvestissement, elles prêtent plus d’attention ces jours-ci à « Zionism Unsetteld » qui, selon elles, va plus loin qu’appeler Israël à se retirer sur les frontières d’avant son occupation de la Cisjordanie en 1967.

En fait, le guide d’étude remet en cause la légitimité même du projet sioniste, en observant qu’il est enraciné dans la croyance en un « exceptionnalisme » – selon lequel son groupe d’appartenance religieuse est plus important que n’importe quel autre.

 « L’exceptionnalisme théologique et éthique du sionisme juif et chrétien… ont été soustraits au débat public malgré les inadmissibles violations des droits humains qui trouvent racine dans leurs croyances fondamentales, » lit-on dans le guide.

« Le défi posé aux relations inter-religieuses est de trouver un moyen de respecter les différences théologiques et les expériences historiques qui leur ont donné naissance tout en les empêchant de devenir des excuses pour l’injustice. »

Une section du guide rédigée par le Révérend Naim Ateek – pasteur anglican et directeur du Sabeel Ecumenical Liberation Center, une organisation chrétienne palestinienne influente à Jérusalem-Est – ajoute que « le sionisme est le problème. » Il le qualifie d’hérésie qui « commet une injustice théologique par son appel à Dieu, à l’histoire et à la race. »

 

Scarlett Johansson, le boycott des colonies sionistes et le Financial Times

6 février 2014

 L’actrice américaine Scarlett Johansson a fait beaucoup pour mieux faire connaître les actions de boycott culturel, économique et commercial qui visent le régime sioniste.

Ce n’était pas volontaire de sa part, mais en préférant les dollars proposés par l’entreprise sioniste SodaStream à la mission d’ambassadrice de l’ONG britannique Oxfam, elle a en quelque sorte révélé au monde l’absence de principes moraux et l’éthique particulière qui caractérisent le projet sioniste.

par Stephanie Westbrook, via Mondoweiss

C’est cette réflexion que développe le Financial Times dans un éditorial. Le fait que ce journal qui est le porte voix des milieux financiers de Londres et d’autres métropoles du capitalisme évoque ainsi cette question dans des termes sans ambiguïté, donne une idée de l’exaspération qui commence à gagner ce que je désignerai par le raccourci simplificateur de « communauté des affaires ».

Un éditorial qui sonne aussi comme un avertissement de ce qui pourrait arriver tantôt : un boycott généralisé des échanges avec l’entité sioniste, comme celui qu’avaient connu en d’autre temps la Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe) et l’Afrique du Sud.

Une étoile chute sur les colonies

La défense de son sponsor par Scarlett Johansson est naïve

The Financial Times (UK) 31 janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

La décision de l’actrice Scarlette Johansson de ne plus être une ambassadrice d’Oxfam, l’organisation caritative pour la justice sociale, et de continuer à être une ambassadrice de la marque SodaStream, une compagnie israélienne qui fabrique des machines pour produire des boissons gazeuses chez soi dans une usine située en Cisjordanie occupée, pourrait être tenue pour aussi négligeable qu’une tempête dans un verre de limonade. Il ne devrait pas en être ainsi.

La vedette du film « Lost in Translation » a braqué accidentellement le projecteur sur un problème important – celui de savoir s’il est juste ou légitime de faire du commerce avec des entreprises qui opèrent dans des colonies israéliennes illégales sur le sol palestinien – tout en donnant par inadvertance un éclairage positif sur al campagne pour boycotter Israël tant qu’il ne se retire pas de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est – une question distincte, du moins pour jusqu’à présent.

SodaStram fabrique certains gazéificateurs [de boissons] à Maale Adumim, la plus grande colonie israélienne en Cisjordanie, illégale au regard du droit international. L’usine fait travailler environ 500 Palestiniens et prétend promouvoir l’emploi et la coexistence pacifique entre Arabes et Juifs. Mlle Johansson affirme que la compagnie « construit un pont vers la paix entre Israël et la Palestine ». C’est de la naïveté, tout comme la confusion qu’elle fait entre ce point de controverse et le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui prône l’isolement d’Israël.

Le statut des colonies est clair au regard du droit international même si Israël choisit de l’ignorer et d’accroître sa colonisation du territoire palestinien, tout en faisant mine de négocier sur la création d’un Etat palestinien. L’an dernier, l’Union Européenne (UE) a adopté des dispositions pour interdire les subventions destinées à des organismes opérant dans des colonies illégales. L’UE a cependant laissé Israël participer au programme Horizon 2020 – Israël est le seul Etat non membre à participer à ce programme de recherche-développement de 80 milliards d’euros – rendant ainsi la haute technologie israélienne éligible aux financements publics européens dès lors qu’ils ne sont pas utilisés dans les colonies.

Ce n’est pas un boycott. C’est l’application du droit. Il reste que si Israël poursuit son occupation et repousse les conditions pour la paix négociées par le Secrétaire d’Etat John Kerry, de telles distinctions deviendront obsolètes. Les fonds de pension européens ont déjà commencer à retirer leurs investissements dans les banques israéliennes qui ont des succursales dans les colonies.

Les dirigeants israéliens, depuis les anciens premiers ministres Ehud Barak et Ehud Olmert à Tzipi Livni et Yair Lapid, les ministres de la justice et des finances du gouvernement actuel de droite de Benjamin Netanyahou ont prévenu qu’Israël sera confronté à l’ostracisme sauf sen cas de conclusion d’un accord avec la Palestine. Aujourd’hui, ce sont les colonies qui sont visées. Mais les choses pourraient facilement évoluer vers un boycott généralisé.

Il est malhonnête de voir du romantisme dans les actions de colonisation. L’occupation jette en prison des milliers de jeunes hommes palestiniens, donne leurs terres et leur eau aux colons, démolit leurs maisons et fragmente le territoire restant avec de nombreux checkpoints et des routes ségrégées. Il n’existe pratiquement aucune base minimale pour une économie. Pour créer des emplois palestiniens, il faut mettre un terme à l’occupation et laisser les Palestiniens construire les fondations d’une économie – pas construire des « ponts vers la paix » sur la terre d’un autre peuple sans sa permission.

Roger Waters (Pink Floyd) interdit de conférence à New York par le lobby sioniste

4 avril 2013

Même si les médias grand public en parlent peu, on sait néanmoins que Roger Waters, ancien membre du groupe musical anglais Pink Floyd, soutient la Palestine et est un partisan du boycott du régime sioniste.

Waters n’est pas la seule personnalité dont la presse évite de relever l’hostilité aux agissements du régime sioniste. Parmi ces personnalités, on compte notamment le footballeur portugais Cristiano Ronaldo et l’écrivain suédois Henning Mankell, connu entre autres pour ses romans policiers.

La raison de cette discrétion est que dans la société actuelle, ce qui n’existe pas médiatiquement n’existe pas du tout.

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Roger Waters

Donc Roger Waters est un militant du boycott du régime sioniste et il va sans dire que cette attitude déplait aux groupes de pression communautaires qui agissent en faveur de l’entité sioniste. Pour ces groupes de pression, Roger Waters n’est rien d’autre qu’un antisémite.

Comme si condamner sur la base de principes universels des criminels pouvait s’apparenter à de l’antisémitisme du simple fait que les criminels en question sont ou se prétendent juifs. Et commettent par-dessus le marché leurs crimes au nom de ce prétendu judaïsme.

C’est en vertu de ce raisonnement communautariste fanatique que des groupes de pression ont réussi à obtenir l’annulation d’une conférence que devait donner le musicien anglais le 30 avril dans ce que l’article qualifie de manière erronée de YMCA à New York. La 92Y où devait intervenir Roger Waters est en fait une institution culturelle juive quoique sur le modèle de la YMCA semble-t-il.

La 92Y de New York annule la venue de Roger Waters  en raison de pressions de la communauté juive

Kevin Rutherford, Radio.com (USA) 4 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

La YMCA de la 92ème rue à Manhattan (92Y) a annulé une manifestation avec l’ancien bassiste/chanteur du Pink Floyd Roger Waters suite à des pressions émanant de membres de la communauté juive du fait des critiques que le rocker formule contre Israël depuis des années.

«Il est absolument scandaleux que des fonds de la communauté juive aillent aider Roger Waters à diffuser son message antisémite», a affirmé Richard Allen, l’organisation militante juive JCC Watch, a déclaré dans une déclaration faite le 3 avril avant l’annonce de l’annulation par la 92Y. Il a poursuivi en disant que les donateurs « contribuent à offrir à Waters les installations, le marketing et la respectabilité, ce qui lui permet de tromper encore plus de gens avec des mensonges anti-Israël. »

Waters, qui devait s’exprimer au centre culturel juif sur sa carrière longue et bien remplie de musicien, a affirmé par le passé qu’il voudrait voir Israël boycotté par les musiciens en soutien au mouvement international de solidarité avec la Palestine. Waters a récemment exhorté les musiciens à s’associer à lui pour une initiative pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre ce pays, qualifiant Israël de «régime d’apartheid»  qui opprime la Palestine et qui, en dépit des pourparlers de paix avec les Palestiniens, ne veut pas la paix en réalité.

Le musicien âgé de 69 ans s’est attribué le mérite de  la décision de Stevie Wonder de ne pas participer à un gala pour les amis de l’armée israélienne, indiquant qu’il avait envoyé une lettre à Wonder pour l’exhorter à annuler sa participation qui aurait été comparable à «jouer au bal de la police de Johannesburg le lendemain du massacre de Sharpeville en 1960.»

L’évènement avec Waters à la 92Y était prévu pour le 30 avril avec des tickets d’entrée ) 75 dollars. Une déclaration sur la page programmation du site web du centre révèle que la conférence a été annulée et que les tickets vendus seront remboursés.

Gilad Shalit, un spectateur encombrant pour le FC Barcelone

27 septembre 2012

Castille contre Catalogne

Hier, cette dépêche AFP ne semblait avoir été reprise par aucun organe de presse français, un peu comme si les pérégrinations du soldat sioniste Gilad Shalit n’intéressaient plus personne. Aujourd’hui, seul Europe 1 en parle.

Le soldat israélien Shalit invité par le FC Barcelone au clasico

(AFP) – il y a 1 heure
MADRID — Le soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu prisonnier par le mouvement palestinien Hamas entre 2006 et 2011, a reçu une invitation de la part du FC Barcelone pour le clasico contre le Real Madrid du 7 octobre, a annoncé le club catalan mercredi.
« Nous avons reçu une demande d’invitation de la part d’un ancien ministre israélien pour cette personne, et le club a décidé de l’inviter comme il le fait pour beaucoup d’autres », a expliqué à l’AFP une source du club catalan.
« Nous n’avons pas entendu parler de protestations en ce qui concerne cette invitation, mais pour bien faire comprendre que le Barça ne prend aucunement position à travers cette invitation dans le conflit israélo-palestinien, nous rappelons qu’en 2011, le vice-président du club Carles Villarubi avait reçu le leader palestinien Mahmoud Abbas et lui avait montré les installations du club », a ajouté la même source.
Enfin, le FC Barcelone a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait nullement d’une invitation dans la tribune présidentielle, mais d’une invitation normale en tribunes.
Le journal El Pais a affirmé mercredi que cette invitation avait provoqué une polémique et des protestations de la part de plusieurs associations pro-palestiniennes.
Selon le journal, plusieurs de ces associations ont adressé une lettre au président du Barça, Sandro Rosell, pour lui demander de renoncer à l’invitation, soulignant que Gilad Shalit n’était pas « un simple citoyen », mais un soldat de l’armée israélienne.

L’information est par contre largement répercutée par la presse espagnole et notamment par le journal El Pais qui donne le ton dès le titre de l’article consacré à cette invitation. On voit qu’effectivement, les dirigeants du club sont gênés aux entournures (au moment de la publication de l’article, l’invitation n’est pas confirmée officiellement).

Un spectateur gênant

Par Ignacio Cembrero / Ramon Besa, El Pais (Espagne) 25 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri
Controverse autour de l’invitation qu’aurait faite le Barça à un soldat israélien, détenu pendant cinq ans par le Hamas, pour assister au classique contre Madrid le 7 octobre au Camp Nou.
La présence annoncée du sergent israélien Gilad Shalit lors du classique Barcelone-Madrid le 7 Octobre, au Camp Nou, a suscité une réaction de rejet chez les militants et associations pro-palestiniens et est devenue un problème difficile à gérer pour le club catalan. Le militaire, captif pendant cinq ans du Hamas dans la bande de Gaza , qui est un fervent partisan du FC Barcelone a t raté les hauts faits de son équipe au moment de son apogée (2006-2011). Shalit a exprimé son désir d’aller voir un match du Barça et le club catalan est prêt à exaucer son souhait.
Des sources auprès du club barcelonais ont confirmé hier à notre journal qu’un ancien ministre israélien avait contacté le service du protocole de Barcelone pour solliciter une invitation pour Shalit pour assister au classique du championnat.
Bien que non encore satisfaite, la requête aurait été approuvée ainsi que l’ont annoncé la chaîne de télévision Eurosport et le journal Sport. L’accord a été divulgué officieusement sur Facebook et par l’Association Catalane des Amis d’Israël. Pilar Rahola, ex dirigeante de Esquerra Republicana de Catalunya (Gauche Républicaine) a précisé que le Barça lui avait demandé d’ête son hôte («c’est un honneur pour moi,» a-t-elle dit ; je l’accompagnerai à la tribune et je lui présenterai l’histoire du barça et du pays»).
Pendant la réunion des représentants des adhérents de barcelone, samedi, une des personnes présentes a demandé au président Sandro Rosell s’il était vrai que le soldat israélien avait été invité. La réponse fut «non.» Un porte parole du club a expliqué hier que Rosell n’était alors pas au courant de la requête reçue par le protocole.
Musa Amer Odeh, le délégué général de Palestine en Espagne s’est également intéressé à cette éventuelle invitation et a obtenu une réponse plus alambiquée. «Ils m’ont dit qu’ils avaient distribué des invitations VIP non nominatives à une association dont le nom ne m’a pas été précisé, et que cette dernière, à son tour, pourrait en donner une à Shalit,» nous a-t-il dit au téléphone.
Les associations pro palestiniennes ont demandé par écrit à Rosell de retirer l’invitation à Shalit qui, malgré une santé fragile avait voulu faire partie d’une unité combattante de l’armée israélienne.  Shalit, 26 ans, «n’est pas un simple citoyen israélien, mais un sergent major,» est-il rappelé à Rosell
Dans une lettre rédigée par Jorge Sánchez de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui recueille des signatures sur les réseaux sociaux. Sanchez s’étonne de l’empathie dont témoigne le club «à l’égard du seul soldat israélien à avoir été en captivité ces dernières années (…) alors qu’il garde un silence absolu sur les 4 660 prisonniers palestiniens qui sont enfermés dans les prisons israéliennes, parmi lesquels se trouvent 260 enfants, six femmes et 20 parlementaires.»
«Shalit était tankiste et il tirait sur Gaza, tuant des victimes en grande majorité civiles,» poursuit Odeh, le délégué de Palestine. «Il n’était pas un otage séquestre, mais un prisonnier de guerre,» soutient-il, indigné.
La convention de Genève ne s’appliquait pas à lui. Pour essayer de le libérer, l’armée israélienne avait déchaîné l’opération Pluie d’Eté (de juin à novembre 2006) dans laquelle 405 Palestiniens périrent, dont 60 % de civils. Ce fut un échec et Shalit ne fut libéré qu’en octobre 2001, en échange de la sortie des prisons israéliennes de 477 prisonniers palestiniens, dont beaucoup étaient en détention administrative sans avoir été jugés.
 «Les protestations pendant la match de basket Barça – Maccabi de Tel Aviv [en février 2011 au Palau Blaugrana] seront peu de choses en comparaison de ce que nous préparons au Camp Nou,» a annoncé BDS. La rencontre avait été interrompue par des spectateurs qui brandissaient des drapeaux palestiniens. Ils ont également l’intention de demander à la Qatar Foundation qu’elle cesse de sponsoriser le Barça.

Les instances du club ont beau dire que cette invitation n’a pas de caractère politique, en tout cas qu’elle ne signifie pas un parti pris, peuvent-elles vraiment ignorer que la démarche du terroriste sioniste, effectuée par l’intermédiaire de politiciens sionistes, a une finalité propagandiste avérée.

Comment comprendre sinon que :

Au départ, le club lui avait offert un siège au balcon, une proposition rejetée par Gilad Shalit, qui se retrouvera en tribune près de la pelouse, aussi parce qu’une équipe de télévision va rassembler des éléments pour un documentaire.

Les dirigeants du club sont donc au courant de l’aspect propagandiste d’une présence qui n’a pas grand-chose à voir avec une passion pour le football et c’est ce qui explique probablement leur gêne. On aimerait juste connaître la contrepartie offerte par les sionistes.

Pour conclure, disons que le Qatar a une occasion rêvée de démontrer son engagement en faveur de la cause palestinienne (c’est vrai, on peut toujours rêver).

Judith Butler et le Musée Antijuif de Berlin

16 septembre 2012

Dans le cadre du cycle de formation sur la hasbara (pédagogie du mensonge sioniste), j’ai traduit ce papier du Jerusalem Post qui se veut une dénonciation de l’accueil fait par le musée juif de Berlin à Judith Butler, une intellectuelle américaine connue qui ne cache pas ses positions en faveur du Boycott, des Sanctions et du Désinvestissement(BDS) contre le régime sioniste.

Judith Butler

On comprend d’ailleurs incidemment que Judith Butler est juive puisque le recours à des personnalités juives antisionistes nous est présenté comme un des procédés auquel a recours le nouvel antisémitisme, particulièrement en Allemagne.

Il en va de même pour les prix décernés à des intellectuels Juifs hostiles au sionisme…

De fait, il existe une conscience de plus en plus aigüe dans l’entité sioniste du fait que des citoyens du monde, ainsi que des intellectuels, toujours plus nombreux considèrent leur Etat comme se comportant de manière anormale.

Ce phénomène est pour l’instant compensé par un renforcement de l’emprise sur les élites politiques, le problème étant qu’elle est de plus en plus voyante parce qu’après le dîner du CRIF, il reste quelques taches indélébiles sur la chemise de certains. Et que certains en ont peut-être assez de faire la guerre pour l’Etat juif et d’avoir par sa faute un pétrole à 100 dollars le baril en ce moment.

Réfléchissez seulement aux noms des intellectuels qui soutiennent l’entité sioniste et vous observerez qu’ils représentent le plus souvent ce qu’il y a de plus médiocre. En France, nous avons Bernard-Botul-Henri Lévy, Alain Finkelkraut (moins mauvais philosophe que le premier, il fait un bon professeur de classe de terminale ou de premier cycle universitaire), beaucoup de gens de la tribu en réalité, puis toute une cohorte d’éditorialistes qui craignent d’être virés de leur canard ou du petit écran. La preuve en étant précisément le sort de ceux qui ont osé dire quelques vérités : licenciés, interdits de télévision, de salles de conférences ou de salles de spectacles.

En fait cet article du Jerusalem Post est proprement délirant et on y lit même une volonté d’obtenir le limogeage de Michael Blumenthal, le directeur américain qui aurait transformé ce musée juif en musée antijuif.

Et il recourt à un certain nombre de procédés en usage chez la clique sioniste : le chantage à l’antisémitisme, la menace, les citations tronquées ou carrément inventées, le travestissement des faits historiques dans le cas ici de la question du boycott des commerces juifs par l’Allemagne nazie.

Le Musée Juif de Berlin accueille une manifestation qui appelle au boycott d’Israël

Par benjamin Weinthal, Jerusalem Post 16 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’institution juive reçoit Judith Butler, qui renouvelle son soutien au mouvement BDS; un auditoire de 700 personnes acclame l’appel au boycott.

Berlin – Le Musée Juif de Berlin, dont la renommée est internationale, a accueilli une table ronde de discussion ce samedi avec l’universitaire américaine Judith Butler qui a renouvelé ses appels à boycotter Israël. Il semble que ce soit la première manifestation anti-israélienne à se tenir dans le musée juif depuis son ouverture en 2001 avec pour mission de faire connaître l’histoire bimillénaire des Juifs en Allemagne. Au moins 700 personnes participaient à l’évènement.

La décision de ce musée financé par le contribuable allemand de lui donner une tribune dans la capitale, qui a servi à l’époque nazie comme rampe de lancement d’un mouvement de boycott contre les entreprises judéo-allemandes, a suscité des froncements de sourcils par rapport au management du musée par sa direction.

Dans un courriel samedi au Jerusalem Post, le professeur Gerald Steinberg, qui est à la tête d’ONG Monitor à Jérusalem [une officine qui surveille les ONG], a qualifié l’institution culturelle de «Musée Antijuif de Berlin.»

Le musée antijuif de Berlin

Butler, une professeure d’analyse du discours et de littérature comparée à l’université de Californie, Berkeley, a déclaré devant le public massé dans la cour du musée qu’elle accepte une «version du boycott» contre Israël, et a souligné que le mouvement pour le Boycott, les Sanctions et le Désinvestissement (BDS) est une «résistance non violente» contre Israël. Elle a soutenu que ‘’1 000 organisations juives’’ étaient d’accord avec elle.

L’auditoire en majorité allemand a souvent applaudi Butler à tout rompre pendant les deux heures qu’a duré la table ronde intitulée ‘’Le sionisme appartient-il au judaïsme ?’’ Le panel de discussion avec Butler avait suscité la controverse avant sa tenue samedi, ce qui avait amené le modérateur prévu, Jacques Schuster, un journaliste du quotidien Die Welt à annuler sa participation à la manifestation parce qu’une ‘’discussion équilibrée’’ avec Butler n’est pas possible et que ses opinions sur Israël sont plus que ‘’farfelues.’’

La ville de Francfort s’est retrouvée plongée dans trois semaines de dispute par rapport à la décision des services culturels de la ville de rendre hommage à Butler le 11 septembre avec le prestigieux prix Theodor Adorno pour l’excellence dans le domaine des humanités.

Steinberg, dont l’organisation sert d’observatoire des organisations anti-israéliennes publiques ou privées, a écrit au Post que ‘’l’attribution du prix Adorno à Judith Butler est une mascarade du point de vue moral, et la décision du Musée Juif de Berlin de l’accueillir est une grossière insulte de plus faite au peuple Juif.’’

Il a ajouté : ‘’Butler épouse des causes comme la campagne BDS, effaçant ainsi le terrorisme de masse (‘sa version de la non violence’) et, comme le Hamas et le Hezbollah, vise explicitement à détruire Israël.’’ Cette plateforme [BDS] incarne l’antithèse de tous les principes des droits de l’homme adoptés à l’ombre de l’holocauste.’’

Dans un courriel au Post, Cilly Kugelmann, la directrice du Musée, écrit ‘’Nous nous définissons… comme un forum de discussion et de débat sur des thèmes historiques et pertinents [par rapport à l’objet du musée].’’ Elle écrit que le musée considère que sa mission est de traiter de la ‘’vie juive au pays et à l’étranger, ainsi que des  relations entre juifs et non juifs.’’

Interrogée par le Post sur le soutien apporté par Butler aux boycotts contre Israël et ses propos ostensiblement amicaux à l’égard du Hezbollah et du Hamas, Kugelmann a ajouté que ‘’dans notre équipe il y a diverses attitudes et positions.’’ Elle a refusé de répondre à des appels téléphoniques et à d’autres requêtes par courriel sur la question de savoir que les membres de l’équipe du musée partageaient les points de vue pro-BDS de Butler ainsi sue ses descriptions du Hezbollah et du Hamas comme des organisations progressistes de gauche.

Katharina Schmidt-Narischkin, porte-parole du Musée Juif, a déclaré vendredi au Post que le public n’était pas autorisé à poser des questions à Butler sur le Hamas et le Hezbollah. Elle a écrit au Post samedi qu’il n’y aurait pas de ‘’questions du public.’’ Le musée a cependant recueilli par écrit les questions du public à la fin de la table ronde et les a triées avant soumission.

Butler avait suscité de vives critiques en Allemagne, en Israël et aux Etats Unis à cause de ses propos lors d’une manifestation “Teach-in Against War où elle affirmait que ‘’Comprendre le Hamas/Hezbollah en tant que mouvement sociaux qui sont progressistes, qui sont à gauche, qui font partie de la gauche dans son ensemble est extrêmement important.’’ Dans un courriel adressé au Post en août, elle avait nuancé ses assertions et dit que sa description ne signifiait pas qu’elle approuve le Hamas et le Hezbollah et elle rejette les mouvements violents.’’ ‘’Je n’ai jamais pris position sur l’une ou l’autre organisation,’’ écrivait Butler. Elle a refusé de répondre aux demandes du Post pour connaître son point de vue exact sur les deux organisations islamiques radicales.’’

Dans une lettre au Post, Michael Blumenthal, l’Américain qui supervise la direction exécutive du musée, écrit que ‘’le musée ne prend pas position sur des questions politiques, que ce soit en Allemagne, en Israël ou ailleurs.’’ Il ajoute que ‘’nous pensons qu’une discussion honnête et équilibrée des sujets qui ont trait à notre mission sont importants et dans l’intérêt du public. Le Musée Juif de Berlin fait cependant clairement et sans équivoque savoir que les opinions exprimées par les orateurs sont les leurs – et seulement les leurs.’’

Steinberg a répondu que ‘’les tentatives de Blumenthal pour justifier ce genre de comportement sur la base du débat équilibré et démocratique et de la liberté d’expression est aussi creuse moralement que la défense de Butler. Tant que Blumenthal restera en poste, cette institution sera connue comme le musée antijuif de Berlin.’’

Blumenthal observait dans da lettre que la présence du Dr. Micha Brumlik dans la discussion faisait contrepoids à Butler. Pendant le panel de discussion, Brumlik, un professeur juif libéral de pédagogie, a plaidé contre les actions BDS contre Israël, mais il a été dépassé et n’a pas été pris au sérieux par une audience largement acquise à Butler.

Une universitaire juive allemande présente à la manifestation a exprimé sa consternation quant au cours de la discussion au musée. Elle a déclaré au Post que ‘’l’antisionisme est énorme en Allemagne’’ et que le contexte historique et politique est différent en Allemagne.

Des esprits critiques en Allemagne soutiennent depuis longtemps que les organisations et les politiciens non juifs décernent souvent des prix à des juifs antisionistes et anti-Israël pour exprimer leurs préjugés contre l’Etat juif et éviter de la sorte d’être accusés d’antisémitisme ou de préjugé.

Phyllis Chesler, professeure émérite de psychologie et d’études féminines à la City University de New York, a écrit par courriel au Post que «ce que les comités de Berkeley et du prix Adorno retiennent sont ses prises de positions antisionistes très visibles et publiques qui, en cette phase de l’histoire, constituent une partie de l’objet du « nouvel antisémitisme.’

Chesler, qui a écrit sur les professeurs anti-Israël, a ajouté que les universitaires comme Butler « sont récompensés pour leurs opinions politiques – qui sont la réalité de leur œuvre.’’


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