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Complice de crimes, non repenti et prix Nobel de la paix!

11 novembre 2012

L’Académie Nobel semble avoir une tendance incoercible à décerner le prix Nobel de la Paix à des individus ou des institutions qui ne se caractérisent pas franchement par leur pacifisme.

Ainsi de Menahem Begin, Shimon Peres ou encore le président Barack Obama et tout dernièrement l’Union Européenne.

Certes, les pays membres de l’Union Européenne ne se font plus la guerre entre eux, mais ils exportent la violence ailleurs comme en Afghanistan ou en Libye. Et, en dehors de toute légalité internationale, ils appliquent des sanctions et un boycott contre l’Iran qu’ils accusent d’entretenir un programme nucléaire de nature militaire.

Tandis que dans le même temps, l’Union Européenne n’a de cesse de renforcer sa coopération avec l’Etat sioniste qui occupe, colonise et exploite illégalement des territoires palestiniens, exerce un blocus terrestre, aérien et maritime sur la bande de Gaza, bombarde et tue comme ça lui chante, viole régulièrement l’espace aérien libanais etc.

Après les criminels Shimon Peres et Menahem Begin, l’attribution du Nobel de la paix à Elie Wiesel, celui qui se définit comme un conteur est sans doute un des points culminants du dévoiement de cette distinction. A ceux qui s’indigneraient en découvrant la masse de boniments que leur a infligés Elie Wiesel, je dirai que ce dernier n’a jamais caché faire œuvre d’imagination.

On sait que M. Wiesel entretient des amitiés tarifées avec des antisémites notoires aux Etats Unis et que le véritable Dieu qu’il adore est celui de l’argent qu’il avait cru voir incarné dans la personne de l’escroc désormais célèbre Bernard Madoff.

En 2001, Christopher Hitchens avait écrit un petit article où il relevait l’hypocrisie du personnage mais, rappelait surtout un fait rarement évoqué : l’appartenance d’Elie Wiesel à l’Irgoun, une organisation terroriste juive animée d’idéaux racistes et fascistes pour laquelle il pratiquait le «journalisme». L’Irgoun a notamment participé au massacre perpétré dans le village palestinien de Deir Yacine. La classe politique sioniste actuellement au pouvoir s’inscrit dans la lignée de cette organisation terroriste.

Affiche de propagande de l’Irgoun

Voilà l’autorité morale dont les livres sont prescrits comme bréviaires pour la jeunesse !

Les mots de Wiesel

Par Christopher Hitchens, The Nation (USA) 19 février 2001  traduit de l’anglais par Djazaïri

Existe-t-il un poseur plus méprisable et bavard que Elie Wiesel? C’est possible. Mais sûrement pas un poseur et bavard qui fait l’objet (ce qu’il considère comme un dû) d’une telle déférence grotesque sur les questions morales. Jetez un oeil si vous voulez bien, à son essai sur Jérusalem publié dans le New York Times du 24 Janvier 2001.

En tant que Juif qui vit aux Etats Unis, je me suis longtemps refusé le droit d’intervenir dans le débat interne en Israël… Mes détracteurs ont leur conception de l’éthique collective et individuelle; j’ai la mienne. Mais alors que je leur accorde le droit de critiquer, ils me refusent parfois le droit de m’abstenir [dans le débat public, NdT].

Quelle magnifique condescendance, d’accorder le doit à ses détracteurs. Et on ne sait pas trop à quelle date Wiesel fait remonter sa noble abstention des affaires intérieures d’Israël ; il était membre de l’Irgoun de Menahem Begin dans les années 1940, époque où cette milice faisait preuve d’une violence extrême cintre les civils Arabes et était tout à fait disposée à faire de même contre des Juifs. En tout état de cause, cette affirmation douteuse est seulement un artifice pompeux pour se défausser de sa non intervention en ce moment où [le statut de] Jérusalem est en jeu puisque « le fait que je ne vive pas à Jérusalem est secondaire ; Jérusalem vit en moi» (toujours modeste). Il y a, c’est triste à dire, ses serpents dans l’Eden intérieur de Wiesel, et il faut aussi s’accommoder d’eux :

Que les Musulmans puissent souhaiter maintenir des liens étroits avec cette ville qu’on ne peut comparer à aucune autre est compréhensible. Quoique son nom ne figure pas dans le Coran, Jérusalem est la troisième ville sainte de l’islam. Mais pour les Juifs, elle reste la première. Pas seulement la première; l’unique.

«Pourraient souhaiter.» «Liens.» «Compréhensible.» «Troisième ville sainte.» Même ces gestes hautains et méprisants semblent coûter à Wiesel. Après tout, il énonce que la ville est «mentionnée plus de 600 fois dans la Bible,» ce qui (en admettant qu’on doive penser comme un fondamentaliste religieux) autoriserait les Arabes Chrétiens – au moins 15 % de la population palestinienne – à avoir de fortes prétentions sur la vieille ville. (En passant, permettez-moi de demander aux lecteurs combien de fois le nom de  Jérusalem est cité dans la Torah.) Mais pour Wiesel, tous les Arabes sont musulmans, et même s’ils vivent à Jérusalem, ils ne sont pas dans la Jérusalem qui est en Elie Wiesel. En fait, elle vivrait beaucoup plus à l’aise en lui s’il n’y avait pas d’Arabes du tout à Jérusalem. J’exagère ? Je ne crois pas. Dans une récente tournée de propagande, il a soutenu qu’en 1948, «incités par leurs dirigeants, 600 000 Palestiniens avaient quitté le pays, persuadés qu’une fois Israël vaincu ils pourraient rentrer chez eux.»

Cette affirmation est grossièrement mensongère et Wiesel le sait. C’est en outre un mensonge tellement discrédité que les officiels Israéliens ne le répètent même plus. Les historiens Israéliens et Juifs l’ont dénoncé à maintes reprises : toutes les émissions radiophoniques arabes de la région, en 1947 comme en 1948, étaient écoutées, enregistrées et transcrites par la BBC, et tous les journaux arabes étaient épluchés, et aucun exemple d’une telle «incitation,» directe ou rapportée, n’a jamais été mis en évidence. Feu l’historien et diplomate Erskine Cholders avait lancé dès les années 1950 un défi public sur ce point, défi qui n’a jamais été relevé et ne le sera jamais. Et bien sûr ce mensonge est un mensonge fondateur parce que le déni de l’expulsion est à la raine de tout le problème et contribue à empoisonner la situation de nos jours encore.(Au moins, quand les négociateurs discutent précautionneusement du droit au retour, ils ne prétendent pas parler de fantômes ou d’âmes mortes).

Dans une brillante réponse à Wiesel publiée dans Vesti, le plus grand journal russophone d’Israël, Israel Shamir le compare de manière assez clémente non à Jabotinsky mais au Chevalier à la Triste Figure dans sa folle recherche de la pureté :

Sois raisonnable, vieil homme. Reste dans le cadre de l’histoire et dans les limites de la décence la plus élémentaire. Don Quichotte ne s’était pas rendu à Toboso dans une jeep pour violer son ancien flirt. OK, tu l’aimais et tu pensais à elle, mais ça ne te donne pas le droit de tuer ses enfants, de raser au bulldozer les fleurs de son jardin et mettre tes pieds sous sa table.

Shamir parle de la très belle ville que les Palestiniens ont, il y des siècles de cela, «ornée d’une magnifique pièce d’orfèvrerie, le dôme doré du Haram-al-Sharif, où ils ont bâti leurs maisons avec des arches en ogive et de larges porches, où ils ont planté cyprès et palmiers.» Il perd son temps ce Wiesel qui dit que la Palestine était un désert avant son arrivée parmi les hommes de main de Begin et qui calomnie le peuple dont il a participé à la spoliation, en prétendant mensongèrement qu’ils ont quitté leur chère ville ancestrale et ensuite en leur contestant le droit de ressentir ne serait-ce que de la nostalgie pour elle.

En 1982, après que le général Ariel Sharon se fut occupé des habitants des camps de Sabra et Chatila pour en faire des cibles d’exercice pour ses fondés de pouvoir rémunérés, Wiesel nous avait gratifiés d’un autre des ses exercices de neutralité. Interrogé par le New York Times au sujet de ce pogrom, il avait été un ses rares Américains questionnées à ce sujet à n’exprimer aucun remords. «Je ne pense pas devoir ne serait-ce que commenter,» avait-il dit, avant de gémir qu’il ressentait de la «tristesse – avec Israël et pas contre Israël.» Pas un seul mot, même de pure forme, pour les victimes.

Au moment où j’écris, il semble que le même Sharon va devenir premier ministre d’Israël. Vous vous rappelez peut-être qu’il avait occupé Beyrouth Ouest après l’assassinat du premier ministre Maronite Béchir Gemayel, au prétexte hautement improbable que les civils Palestiniens auraient besoin d’être protégés contre des représailles phalangistes. Il avait alors envoyé vers leurs camps sans défenses la faction la plus extrémiste de la milice phalangiste et avait supervisé le sale boulot de ces fascistes notoires avec force fusées éclairantes et en assurant leurs arrières pendant la journée, pendant 36 heures avant de les escorter en triomphe et de les remercier pour leur travail. Autrement dit, la majeure partie de l’aide militaire à l’étranger est sur le point d’être allouée à un homme qui se tenait debout mains sur les hanches, avec le ceinturon, le casque d’acier et la paire de jumelles, qui voyait monter le tas de corps humains et qui pensait que c’était bien.

Pour arriver à ce résultat, le sol avait été bien engraissé du fumier des belles pensées d’Elie Wiesel.

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S’Il est mort pendu à Auschwitz, il nous reste heureusement Ses dignes représentants directs.

4 octobre 2011

Neri Livneh collabore avec le journal Haaretz qui est publié dans l’entité sioniste. Elle vient de donner un article qui prend prétexte des pèlerinages juifs sur les tombes de personnes reconnues pour leur immense piété et leur science, leur sainteté pour tout dire. Une approche populaire du culte qu’on retrouve dans le christianisme où il est institutionnalisé et dans l’Islam où sa forme est proche de celle qu’elle prend dans le judaïsme.

 Ce « culte des saints », pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Emile Dermenghem caractérise surtout la piété populaire. C’est la religiosité de ceux qui ne peuvent pas s’offrir une visite au saint Siège ou le pèlerinage à La Mecque. Où qui ont tout simplement des besoins spirituels qui ne souffrent pas l’attente.

Mme Livneh n’aime pas beaucoup cette modalité cultuelle, que certains comme elles assimilent à de l’idolâtrie (comme en Islam orthodoxe) et encore moins quand, ainsi que c’est le cas pour ce pèlerinage qui a lieu en Bulgarie, il est couru par des millionnaires qui viennent des quatre coins du monde, parfois en jet privé.

Pas exactement le profil des petites gens imbibées de religiosité naïve qu’on imagine habituellement se presser  auprès des tombes des sages qui ont marqué leur temps.

C’est que Mme Livneh considère avec Yoram Kaniuk, que si Dieu n’est pas mort à Auschwitz comme nombre de membres de sa famille côté paternel, ce Dieu préfère les riches. Alors que des membres de sa parenté n’ont pas pu être sauvés [des camps de concentration] parce qu’ils « n’avaient pas assez de ‘capital’ pour fréquenter ceux qui se sont autoproclamés représentants directs de Dieu. »

Il paraît qu’Elie Wiesel lui-même avait perdu la foi après la mort de Dieu au bout d’une corde à Auschwitz (pas dans une chambre à gaz, tiens, tiens !). De toute façon nous connaissons le véritable Dieu d’Elie Wiesel qui nous a même donné son nom , Bernard Madoff!

Les représentants directs de Dieu sont nommés en début d’article : le rabbin Yoshiyahu Pinto, étoile montante de la kabbale et le rabbin Ilan Ben-Dov. Ces deux rabbins font donc pèlerinage avec une centaine de personnes dont le patrimoine additionné s’élève à 20 milliards de dollars. Neri Livneh glisse d’ailleurs qu’on sait depuis longtemps que le titre de rabbin s’achète à condition d’y mettre le prix.

Si Neri Livneh affiche son athéisme, j’inclinerais plutôt penser qu’elle a soif de spiritualité et qu’elle n’arrive pas à saisir comment elle pourrait adhérer au culte dévoyé qui se manifeste dans ce pèlerinage, un questionnement perceptible dans ce quelle écrit pour conclure son article :

Si Dieu est vraiment mort à Auschwitz, il doit se retourner dans sa tombe quand il entend qui s’est range à ses côtés. Par exemple, Claude Isaac, le conducteur qui a écrasé Lee Zeitouni, 25 ans, et qui dit maintenant qu’il est désolé d’avoir écrasé une « fille juive » (il ne considère pas le fait d’écraser des non juifs comme un crime). Il s’étonne que « Dieu m’a laissé faire une telle chose ». Il a même consolé la famille éplorée de Zeitouni en lui disant qu’il était un bon juif qui met le tefillin tous les jours. »

D’un autre côté, c’est peut-être que Dieu, sur son trône dans le ciel ou depuis sa tombe, aime ce lâche plus qu’il n’aime Zeitouni et sa famille, et qu’en conséquence il a permis à Isaac de fuir Israël pour aller directement à la piscine à Paris, laissant Zeitouni perdre son sang sur la route. Que Dieu nous aide, vraiment.

Des propos qui ont peut-être une résonance particulière quand on parle du judaïsme, mais qui sont bien entendu pertinents pour toutes les religions ou formes de religiosité.

Mais au fond, de quel judaïsme nous parle Mme Livneh ? Parce que si on emploie le singulier pour parler du judaïsme, ce singulier recouvre des réalités, des convictions et surtout des pratiques assez différentes.  Neri Livneh nous parle ici explicitement d’un judaïsme des riches et des puissants qui correspond par sa conception matérialiste des Juifs en tant qu’élus au sionisme dans sa variante extrémiste, c’est-à-dire à la norme du sionisme.

En situation coloniale, ce judaïsme des puissants n’a bien sûr aucun mal à entraîner derrière lui les gagnes petit, en les achetant de diverses manières mais surtout en jouant sur ce bon vieux ressort de la peur de se retrouver au même niveau, ne serait-ce que symboliquement, que les dominés. D’où ce paradoxe de l’adhésion de ceux qui au fond n’ont rien à y gagner, au dogme de la supériorité raciale.

 Un dogme qui apparaît ici avec l’évocation de l’accident qui cause la mort d’une jeune juive et dont l’auteur semble surtout désolé de ne pas avoir abrégé la vie d’une non juive.

Paix à ton âme, Lee Zeitouni.


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