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A Gaza, danser c’est aussi résister

30 novembre 2015

Comme dans le ballet, cet article intéressant ne nous épargne pas quelques figures imposées, comme celle qui nous ferait presque croire que ce que vit la bande de Gaza, blocus et bombardements, est la faute du Hamas dont l’arrivée au pouvoir aurait en quelque sorte mis fin à une situation… Au fait quelle situation ?

Une image de pirouettes et de rose dans l’unique école de ballet de Gaza

Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l’école est un havre de calme et d’ordre.

par Nidal al-Mughrabi, Reuters Christian Science Monitor (USA) 30 novembre 2015 traduit de l’anglais par Djazaïri

Gaza ville – Le groupe de fillettes aux cheveux nattés et vêtues de rose étiraient leurs bras sur les côtés et pivotaient sur la pointe des pieds, essayant désespérément de tenir l’équilibre. L’oeil perçant de leur professeur surveillait la dernière cuvée d’aspirantes ballerines de Gaza.

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Quinze filles âgées de cinq à huit ans sont actuellement inscrites à l’école de ballet du Al-Qattan Center for Children de Gaza, ce qui en fait un des cours les plus populaires parmi ceux que propose le centre, sous le regard attentif d’une enseignante ukrainienne.

Au milieu du chaos et de la destruction qui a ravagé la bande de Gaza si souvent au cours des cinq dernières années, avec des guerres répétées entre Israël et le Hamas, l’école est un havre de calme et d’ordre, un lieu dont bon nombre de parents sont impatients que leurs enfants puissent profiter.

« Le projet de ballet était un rêve pour beaucoup de familles, » explique Heyam Al-Hayek, le directeur des activités culturelles au centre Qattan. « Ils demandaient des cours de ballet mais nous ne trouvions pas de formateurs. C’était difficile de faire venir un instructeur de l’étranger. »

Le rêve a commencé à prendre forme quand ils ont rencontré Tamara, une Ukrainienne mariée à un Palestinien et qui réside à Gaza, qui avait étudié la danse et avait la qualification pour l’enseigner. Elle a demandé à ce pas donner son nom de famille.

Un programme pilote a commencé pendant l’été dans l’attente de savoir combien de parents adhéreraient au projet étant donné que Gaza est une société conservatrice où le ballet n’est pas une passe-temps commun. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, 50 enfants, uniquement des filles, étaient inscrites. Il y a maintenant une liste d’attente qui va dans les centaines.

Dans le hall carrelé, 14 élèves étaient alignées à l’unisson le long du mur, une main serrant une longue barre métallique. Quand Tamara leur montrait les pas, elles l’imitaient avec précision, faisant angle avec leurs pieds et fléchissant leurs genoux, un bras en extension, mentons relevés.

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Certains de ces enfants ont connu quatre guerres dans leurs courtes vies, avec la bande de Gaza sous tension depuis que l’organisation islamiste Hamas a pris le plein contrôle de l’enclave en 2007. Depuis lors, l’Egypte et Israël ont maintenu un blocus sur le territoire, contrôlant de près les entrées et sorties de biens et de personnes.

Pour les parents, la chance pour un enfant de participer à quelque chose de si éloigné de la vie quotidienne à Gaza est une richesse à la fois éducative et psychologique. La mère de Maria, six ans, dit que le ballet a aidé sa fille à surmonter des années de traumatisme.

« Elle souffrait depuis la guerre de 2012, et son était avait empiré avec la guerre de l’an dernier, » explique Manal Abu Muamar en décrivant les cauchemars de Maria et sa peur au moment d’aller dormir.

« Après le premier cours de baller, elle était rentrée à la maison gaie comme un pinson. Elle avait fait les mouvements qu’elle avait appris, et elle tournait dans la maison comme un papillon. »

Près de la moitié du 1,8 million d’habitants de gaza a moins de 18 ans, et l’UNICEF, estime que 400 000 d’entre eux ont besoin d’une forme de soutien psychologique.

Mais outre l’aspect loisir pour s’évader et désir d’essayer ce qu’lles ont peut être vu seulement à la télévision, certaines élèves sont décrites par leur professeur comme des « filles costauds » et« excellentes » qui ont la volonté d’aller plus loin dans la danse.

« J’imitais les danses de ballet que je voyais à la télévision ou sur YouTube, » dit Bana Zuarub, huit ans.

« Maintenant j’apprends pour de bon, et j’adore ça. »

Châtiment collectif, zones interdites, parcage des populations, le sionisme comme perfectionnement du nazisme

29 juillet 2014

En tant qu’idéologie colonialiste, le sionisme a produit le système colonial sans doute le plus abouti, du moins parmi les avatars du colonialisme du 19ème siècle, tirant parti d’expériences similaires en Afrique du Sud et en Algérie.

On y retrouve en effet les mêmes tendances à la ségrégation des populations et la même violence à l’égard du peuple indigène.

Les méthodes employées, en plus de la violence brute, sont les mêmes : châtiment collectif, parcage des populations indésirables et zones interdites ou no man’s land.

Ce sont toutes ces dispositions que le régime sioniste s’emploie à appliquer dans la région de Gaza où environ 1,8 million d’habitants sont déjà confinés sur une étroite et minuscule bande de terre et sont voués par l’agresseur à se concentrer encore plus sur un territoire qui devrait se voir amputé de plus de 40 % de sa superficie qui deviendra zone interdite.

Zones interdites, parcage des populations et châtiment collectif sont des méthodes que la France colonialiste a employées méthodiquement en Algérie. On voit bien que les leçons de la coloniale ont été retenues et peaufinées par la voyoucratie de Tel Aviv.

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Il n’y a que la fin de l’histoire que ces voyous sionistes, à côté de qui les Nazis (l’idéologie sioniste et l’idéologie nazie ne diffèrent pas dans leur essence ni dans leur pratique) étaient des enfants de choeur, font mine d’ignorer.

Israël crée un ‘No man’s land’ dans la bande de Gaza, qui rétrécit de 40 %

par Jesse Rosenfeld, The Daily Beast (USA) 28 juillet 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Pour se protéger des roquettes et des tunnels du Hamas, Israël contraint des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs maisons, transformant leurs anciens quartiers en no-man’s land.

Beit Hanoun, Gaza – Cette étroite bande de terre que l’on appelait « la bande de Gaza», déjà l’un des endroits les plus densément peuplées de la planète, est en train de devenir considérablement plus petite. L’armée israélienne, sans relâche et méthodiquement, repousse les gens hors de la zone tampon de 3 km dont elle dit avoir besoin pour se protéger contre les roquettes et les tunnels du Hamas. Selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, la zone tampon avale environ 44 pour cent du territoire de Gaza.

Ce que cela signifie sur le terrain, ce sont d’extraordinaires scènes de dévastation dans des endroits comme le quartier d’Al Shajaya près de la frontière orientale de la bande de Gaza, et à Beit Hanoun dans le nord. C’étaient des quartiers bondés il y a moins de trois semaines. Maintenant, ils ont été littéralement dépeuplés, les résidents allant s’ajouter aux plus de 160 000 personnes déplacées dans des refuges et des abris de fortune. Les blocs d’immeubles d’habitations sont des champs de ruines, et, comme j’avance à travers ce paysage hostile la phrase qui n’arrête pas de résonner dans ma tête est «terre brûlée».

Les familles palestiniennes quittent les zones interdites

Les familles palestiniennes quittent par dizaines de milliers les zones interdites par les terroristes sionistes

Ce n’est pas comme si Israël n’avait pas planifié cela. Il [l’état sioniste] a dit à des dizaines de milliers de Palestiniens de fuit de sorte à ce que son artillerie, ses blindés et son aviation puissent crée ce no man’s land inhabitable avec ses immeubles brûlés qui tiennent à moitié debout, béton brisé et métal tordu. Pendant un court cessez-le-feu humanitaire, certains Gazaouis ont pu revenir pour avoir un premier aperçu des destructions que cette guerre a infligées à leurs quartiers, fouiller leurs maisons démolies pour récupérer des vêtements ou d’autres morceaux épars de leur ancienne vie. Mais beaucoup d’entre eux n’ont même pas pu le faire.

Quand Rania Haels est arrivée quelques mètres des débris de ce qui était autrefois la maison de sa famille à Al Shajaya samedi, une mitrailleuse sur un tank Merkava israélien à proximité a commencé à tirer. C’étaient probablement des coups de semonce tirés dans sa direction, mais cette mère de sept enfants, âgée de 42 ans, a couru pour sa vie. Maintenant, elle vit avec sa famille dans un garage bondé dans Gaza ville et passe ses journées assise dans un parc public plein de réfugiés déplacés par la poussée israélienne. Normalement ce devrait être une période de fête, la fin du Ramadan est à portée de main et les festivités dont l’esprit s’apparente à celui des fêtes de Noël devraient commencer. Mais les fêtes aggravent la tragédie à leur manière. La famille Haels n’a nul endroit pour se rassembler pour donner des cadeaux et manger des bonbons palestiniens. Il n’y a en fait aucune place du tout pour elles.

« Nous avons perdu nos maisons et maintenant nous vivons dans les rues », a déclaré Haels, qui tient dans ses bras un bébé qui s’accroche à son hidjab aux motifs pastel. «Cette guerre m’a détruit. » Elle dit que du moins, elle a su où était sa maison. Certains de ses voisins ont été incapables de trouver leur maison alors qu’ils marchaient dans des rues rendues méconnaissables par les destructions et l’horrible présence de la mort.

Rachid al Delo et ses 11 enfants ont été, comme Haels, bloqués par une mitrailleuse israélienne quand ils ont essayé de retourner à leur maison près de l’Hôpital Wafa , lui-même bombardé à Al Shajaya. Mais en dépit de la dureté de la réalité, al Delo, qui travaillait autrefois en Israël mais a été au chômage ces 15 dernières années, est déterminé à garder le moral.

«Nous reconstruirons Gaza, encore et encore, malgré la force des Israéliens, » dit-il avec confiance alors qu’il se tient en bas de la maison de Gaza ville qui appartient à ses beaux-parents et qui héberge maintenant 30 membres de leur famille élargie.

A Beit Hanoun la destruction systématique fait miroir avec Al Shajaya. Je passe devant des vieillards et des adolescents qui tentent de soulever des parpaings et des dalles de stuc à mains nues, parfois à la recherche d’un matelas et d’autres fois à la recherche d’un parent.

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L’armée sioniste ménage une zone tampon de trois kilomètres de profondeur tout au long de la frontière avec la bande de Gaza

Le désert de décombres ne fait que devenir plus vaste comme je me rapproche de la frontière israélienne. Des maisons et des commerces rasés un par un ont laissé place à des plaines blanches de murs oblitérés avec des collines de barres de fer tordues et de dalles défoncées. Ici, les cadavres sont cachés sous le nouveau paysage et il faudra plus qu’une brève pause dans les combats pour dénicher la mesure macabre de la souffrance de la ville.

La « terre brûlée » signifie historiquement détruire une terre pour priver de son usage l’ennemi qui voudrait empiéter dessus. Les Israéliens répugnent à utiliser cette expression pour décrire ce qu’ils font parce qu’en Israël, elle remet en mémoire la stratégie des Nazis pendant leur retraite de Russie à la fin de la seconde guerre mondiale.

Selon Yaron Ezrahi politologue à l’Université hébraïque qui analyse depuis longtemps le conflit israélo-palestinien,, avec ou sans cette expression, l’idée a une certaine logique. Ezrahi dit qu’il y a un calcul politique et militaire derrière cette dévastation. Certains membres du gouvernement israélien croient qu’elle va créer assez de souffrance chez les Palestiniens pour que les habitants de Gaza se lèvent contre le Hamas ou forcent ses dirigeants à traiter avec Israël, quand ils sortiront de leurs cachettes.

Mais c’est une hypothèse qui sous-estime grandement la volonté des habitants de Gaza de voir une fin à leurs sept années de blocus israélien et de se débarrasser de la présence israélienne qui contrôle le territoire exactement comme des gardiens positionnés autour d’une cour de prison.

Dans le même temps, dit Ezrahi, la pratique qui consiste à raser systématiquement des quartiers entiers a pour but central de préserver la vie des soldats israéliens, qui pourraient autrement être plus exposés à des attaques coup de main.

« Israël est plus sensible que tout autre pays en Occident à la mort de ses soldats», déclare Ezrahi. « La mort de civils [palestiniens] relève d’une crise morale, mais n’a pas d’impact politique. »


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