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Esther Koontz fait plier le lobby sioniste au Kansas

10 février 2018

La pratique du boycott est bien ancrée aux Etats Unis. Pas seulement parce que le premier amendement garantit la liberté d’expression, mais aussi parce que la lutte d’indépendance des colonies anglaises d’Amérique du Nord commença par un boycott des marchandises britanniques.

Or, dans ce pays dont les citoyens n’hésitent pas à pratiquer le boycott pour faire avancer leurs revendications ou manifester leur mécontentement, certains Etats adoptent des réglementations qui criminalisent le boycott de l’entité sioniste.

C’est le cas par exemple de l’Etat du Kansas dont la décision de pénaliser le boycott est contestée en justice. Un juge fédéral vient d’ailleurs d’émettre un avis défavorable à cette pénalisation du boycott qui est selon lui contraire à la Constitution.

De fait, cette pénalisation du boycott ne laisse pas indifférent ceux qui tiennent à protéger la liberté d’expression comme c’est le cas de la rédaction du Kansas City Star qui signe collectivement un article pour dénoncer la législation adoptée par l’Etat du Kansas.

Il est piquant d’apprendre qu’un des arguments de l’Etat du Kansas pour pénaliser le boycott de l’entité sioniste car cette dernière « pourrait refuser de commercer avec ou dans l’Etat s’il ne punissait pas les boycotteurs ».

On a carrément l’impression que ce sont les Etats Unis, qui donnent des milliards de dollars chaque année à l’entité sioniste, qui seraient les obligés de l’Etat voyou !

La loi anti-boycott du Kansas n’est pas un cas isolé.

Non, Kansas, vous ne pouvez pas interdire aux entreprises de boycotter Israël

Par le Comité de Rédaction de The Kansas City Star (USA) 31 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un juge fédéral de Topeka a statué que le Kansas ne pouvait pas dire aux entreprises ce qu’elles pouvaient et ne pouvaient pas boycotter. Ce qui devrait apparaître comme évident à quiconque au fait des protections de la liberté d’expression en vertu du Premier Amendement [de la Constitution des Etats Unis, NdT].

Mais l’été dernier, l’Etat du Kansas a adopté une loi exigeant que tous ceux qui concluent des marchés avec lui certifient qu’ils ne boycottent pas Israël.

Pourquoi? Dans son avis bloquant l’application de la loi alors que le procès de l’American Civil Liberties Union est en cours, le juge de district américain Daniel Crabtree a écrit que ses partisans [de la législation anti-boycott] à l’Assemblée législative du Kansas ont fait valoir que son but était « d’empêcher les gens de s’opposer à Israël ».

Ils ont, écrit Crabtree,  « insisté sur la nécessité de s’opposer aux campagnes de « Boycott, Désinvestissment et Sanctions, BDS qui protestent contre le mauvais traitement par le gouvernement israélien des Palestiniens dans les territoires occupés. »

Dit autrement, la loi est supposée restreindre la liberté d’expression politique. Une loi similaire proposée au Congrès [la Chambre des Représentants et le Sénat, l’Israel Anti-Boyccott Act, criminaliserait purement et simplement ce genre de prise de position.

Avons-nous oublié que la Révolution Américaine a commencé par un boycott des marchandises britanniques ? Tout comme la protection des droits civiques l’a emporté par le boycott des autobus de Montgomery ?

En 1982, la Cour suprême a confirmé que les boycotts étaient des expressions politiques protégées par la Constitution. Dans l’affaire NAACP v. Claiborne Hardware Co. , la haute cour a examiné le boycott des entreprises appartenant à des Blancs à Port Gibson, Mississippi, et a conclu que «les discours, les réunions et pétition. . . pour changer un ordre social qui avait toujours traité [les Afro-Américains] comme des citoyens de seconde classe « sont » au plus haut dans la hiérarchie des valeurs du Premier Amendement. « 

C’est pourquoi Crabtree a considéré que la «Cour suprême a jugé que le premier amendement protège le droit de participer à un boycott comme celui puni par la loi du Kansas» qui est entrée en vigueur le 1er juillet.

L’action en justice de l’ACLU pour contester la loi a été intentée au nom d’Esther Koontz, une spécialiste mennonite de didactique des mathématiques de Wichita qui a été encouragée par son église à s’associer à un boycott des entreprises israéliennes au printemps dernier.

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Esther Koontz

Deux mois après la décision par Koontz de cesser d’acheter des produits israéliens, elle a été invitée à commencer à former des enseignants à travers l’Etat dans le cadre du programme de partenariat en mathématiques et en sciences du Département de l’Education du Kansas.

Elle était impatiente d’accomplir ce travail supplémentaire qui est rémunéré 600 dollars poar jour plus les frais. Mais le directeur du programme lui a dit qu’elle devait d’abord signer un certificat attestant qu’elle ne boycottait pas Israël.

Après mûre réflexion, Koontz a décidé qu’elle ne pouvait pas faire cela en toute bonne conscience.

Le directeur du programme a déclaré que dans ce cas, elle ne pouvait pas avoir un contrat avec l’Etat.

Dans sa défense, l’Etat du Kansas a fait valoir que Koontz aurait pu obtenir une dérogation pour des raisons religieuses si elle en avait demandé une.

Mais elle est arrivée à la même conclusion sur des bases non religieuses, elle avait toujours le même droit de s’exprimer politiquement.

L’Etat du Kansas a aussi soutenu que l’Etat d’Israël pourrait refuser de commercer avec ou dans l’Etat s’il ne punissait pas les boycotteurs. Mais il n’a présenté aucune preuve d’une menace quelconque pour l’économie du Kansas.

Et comme sujet de réflexion, peut-être  les partisans Républicains de cette loi devraient-ils considérer ce que serait leur réaction si l’Etat interdisait de boycotter Keurig, ou Starbucks, ou Nordstrom [magasins de prêt-à-porter], ou Target ou encore la National Football League. [tous ces boycotts sont organisés par des sympathisants du Parti Républicain, NdT]

Pas de vente, non ? Pas dans tous les cas.

NB : Target est une chaîne nord-américaine de supermarchés qui avait annoncé que ses toilettes seraient désormais ouvertes aux clients transgenre en fonction de qui leur semblait correspondre à leur genre. De nombreux clients se sont insurgés contre cette disposition qui, en permettant à des hommes de fréquenter les toilettes pour dames facilitait la tâche aux prédateurs sexuels. Le boycott a coûté des millions de dollars à cette chaîne de magasins. Target a dû investir 20 millions de dollars pour créer des toilettes individuelles dans ses magasins.

 

Original: Hank Johnson, membre du Congrès US, compare les colons sionistes à des termites

26 juillet 2016

Représentant Démocrate : les colons israéliens sont comme des termites

par Mark Hensch, The Hill (USA) 25 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

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Le Représentant au Congrès Hank Johnson

Le Représentant Hank Johnson (Démocrate, Géorgie) a comparé lundi les colons israéliens à des termites pendant une discussion sur les relations Israël  -Palestine.

« Il y a eu un flux régulier, presque comme les termites qui peuvent entrer dans une maison et la manger avant même que vous sachiez que vous avez été dévoré et qu’elle s’écroule sur vous, » a-t-il dit selon le Washington Free Beacon.

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Les termites peuvent grignoter non seulement votre rampe d’escalier mais toute partie en bois de votre maison

« Il y a eu une activité de colonisation qui est allée de l’avant en toute impunité et en s »accélérant au point que c’en est devenu alarmant, » a déclaré Johnson lors d’un événement sponsorisé par l’US Campaign to End the Israeli Occupation (campagne pour mettre fin à l’occupation israélienne).

Le Washington Free Beacon de lundi explique que l’organisation fédère le soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS)

Johnson a affirmé que l’occupation actuelle par Israël de territoires disputés [The Hill fait ici sienne la terminologie employée par le régime sioniste, NdT] réduit les chances d’une Palestine indépendante.

« Nous sommes arrivés au point où l’idée d’une patrie palestinienne s’éloigne de plus en plus de la réalité, » a-t-il dit.

« Vous voyez que les maisons sont appropriées l’une après l’autre par la population juive qui vient revendiquer cette parcelle du territoire simplement parce que personne n’y a passé la nuit, » a déclaré Johnson, membre de la Commission parlementaire des forces armées.

« La maison dans laquelle leurs ancêtres [palestiniens] ont vécu pendant des générations devient une maison israélienne et un drapeau se lève dessus. Les Palestiniens n’ont pas le droit de hisser des drapeaux dans leurs propres quartiers. »

Johnson a aussi comparé le ministre israélien de la défense Avidor Lieberman au candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump.

« Le fait est que dans le gouvernement israélien, qui est le gouvernement le plus à droite qui ait jamais existé dans l’Etat d’Israël, un gouvernement d’extrême droite, vous avez un type comme Trump qui est actuellement ministre de la défense et qui tire les ficelles de la défense en Israël, » a-t-il dit, ajoutant que d’autres membres du Congrès partagent son point de vue.

 

Boycotter l’entité sioniste, c’est être du bon côté de l’histoire!

26 juin 2016

Le Washington Post publie une tribune d’une militante du BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre l’Etat sioniste tant qu’il ne respecte pas le droit international et continue sa politique de répression et de colonisation de la Palestine.

L’auteure, Rebecca Vilkomerson, attire l’attention sur certains aspects très importants en lien avec la campagne BDS.

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Rebecca Vilkomerson de Jewish Voice for Peace

Elle rappelle d’abord l’efficacité de cette campagne en citant notamment deux exemples de grandes entreprises qui se sont désengagées du marché de l’entité sioniste.

Elle relève ensuite l’évolution de l’opinion publique en Occident, et aux Etats unis singulièrement, qui tend à éprouver de plus en plus de sympathie à l’égard du peuple palestinien.

 Elle observe enfin que, en contradiction avec cette évolution des opinions publiques, une campagne concertée cherche à faire adopter et appliquer des réglementations qui prétendent interdire les appels au boycott au motif de leur caractère antisémite.

Ce dernier point est d’une importance particulière puisque, ainsi qu’elle le signale, et comme l’avaient déjà fait Glenn Greenwald et Andrew Fishman,  cette campagne de dénigrement du BDS a pu obtenir d’un gouverneur d’Etat, celui de New York, qu’il arrête des mesures répressives à l’encontre du BDS, passant par-dessus la tête de l’assemblée de l’Etat qui avait renoncé à voter une loi en ce sens.

On observe la même chose en France où une circulaire signée par Mme Michelle Alliot-Marie en 2010 appelle les juges à se saisir des appels au boycott de l’entité sioniste qui seraient des appels à la discrimination! Michelle Alliot-Marie était ministre d’un gouvernement de droite. L’arrivée des socialistes n’a pas entraîné l’abrogation de cette circulaire. L’actuel Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui, en son temps, avait manifesté son opposition à cette circulaire n’en a pas reparlé depuis…

Comme le notaient Glenn Greenwald et Andrew Fishman, certains politiciens sont ouverts, voire même enthousiastes, à l’idée de sanctionner leurs propres concitoyens quand ils appellent à œuvrer pacifiquement pour contribuer à mettre un terme à une politique d’oppression et de déni du droit !

En se comportant ainsi, ces politiciens nous disent clairement qu’ils ne sont pas là pour servir leurs électeurs de compatriotes mais plutôt pour servir les intérêts d’une puissance étrangère qui méprise le droit international depuis des dizaines d’années.

Je suis juive et je veux que les gens boycottent Israël

Ce pays doit être tenu responsable de ses violations des droits de l’homme

par Rebecca Vilkomerson, The Washington Post (USA) 24 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Rebecca Vilkomerson est directrice exécutive de Jewish Voice for Peace.

En 2009, j’habitais à Tel Aviv ai moment de l’opération Plomb Durci. Pendant cette offensive, Israël a tué environ 1 400 Palestiniens à Gaza. Les quelques uns d’entre nous qui étaient descendus dans la rue pour protester contre la guerre étaient souvent bombardés d’œufs ou agressés par les passants. Quand je déposai mes enfants à l’école maternelle, les parents discutaient comme si rien d’inhabituel ne se passait. Quand ils me demandaient ce qui n’allait pas, je leur disais que j’étais très préoccupée par ce qui se passait à seulement une cinquantaine de kilomètres d’ici. Leur réponse : un silence gêné ou une défense rageuse des actions d’Israël.

Je voulais agir concrètement pour la liberté et les droits des palestiniens. Alors j’ai adhéré au mouvement Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette action non violente qui a été lancée en 2005 par une large coalition d’organisations de la société civile palestinienne est un appel à la solidarité de la communauté internationale jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et cesse de violer les droits des Palestiniens. C’est une démarche qui a du mal à frayer son chemin – le gouverneur de mon propre Etat, New York, a récemment condamné le BDS en adoptant unilatéralement un arrêté exécutoire.

Sept ans après, il y a eu deux autres agressions horribles contre Gaza. Près de 500 enfants palestiniens ont été tués en 2014. Même quand il n’y a pas de campagnes de bombardements intenses, les Palestiniens vivent en état de siège à Gaza. Les habitants de la Cisjordanie vivent sous le contrôle extrêmement contraignant de l’appareil sécuritaire israélien, avec ses checkpoints, la détention administrative et les démolitions de maisons. En Israël, les Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne vivent dans un système d’inégalité des droits. Hors d’Israël, les réfugiés ne peuvent pas rentrer chez eux.

Bien sûr, pendant ce temps, il y a eu aussi des attaques contre des civils israéliens. Elles sont un horrible symptôme de l’occupation et de la répression comme l’a observé Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, suite à l’attentat qui a récemment tué quatre Juifs israéliens.

Je suis convaincue qu’Israël ne changera pas de politique tant qu’il pourra ignorer les pressions venues de l’extérieur. Le BDS est un moyen puissant d’encourager l’Etat à agir. Et pendant les années que j’ai passées dans le mouvement, nous avons connu un succès grandissant. Les grandes églises [protestantes] ont retiré leurs investissements des entreprises qui profitent de l’occupation. Des dizaines de campus américains ont voté des résolutions pour le désinvestissement. Plus d’une centaine d’artistes refusent de se produire en Israël, et des sociétés multinationales comme G4S et Véolia se sont retirées du marché israélien.

Pendant ce temps, il y a aussi eu une évolution dans l’opinion publique. Un sondage effectué en 2015 par le Brookings Institute a montré que 49 % des Démocrates soutiennent l’imposition de sanctions économiques contre Israël et ses constructionsd e colonies. Un sondage effectué par Pew le mois dernier a montré que pour la première fois, les Démocrates libéraux éprouvaient plus de sympathie pour les Palestiniens que pour les Israéliens. En mai, l’institut d’étude de l’opinion Opsos a constaté que le tiers des Américains soutenaient le boycott, le désinvestissement et els sanctions contre Israël tant qu’il ne respecterait pas les droits des Palestiniens.

Mais nos efforts ont été menacés ici aux Etats Unis par une stratégie coordonnée à l’échelle nationale et financée par le gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent. L’an dernier, 22 Etats ont introduit ou adopté des législations anti-BDS. Beaucoup de ces mesures rendent illégales pour ces Etats toute relation contractuelle avec des entreprises qui soutiennent le BDS. Le gouverneur de New York, le Démocrate Andrew Cuomo, a franchi un palier dans cette stratégie avec un arrêté exécutoire draconien qui créée une liste noire des entreprises et des organisations qui soutiennent le BDS. L’arrêté exécutoire pris par Cuomo contourne l’assemblée législative de l’Etat où l’opposition des partisans des droits des palestiniens et de la liberté d’expression, dont de nombreux membres de Jewish Voice for Peace, avaient réussi à faire bloquer la législation anti-BDS en commission des lois.

C’est une erreur. Ce n’est pas faire de la discrimination que de tenir un Etat pour responsable de ses infractions au droit international et de ses violations des droits de l’homme. Etat d’Israël et peuple juif, ce n’est pas la même chose.

Mes filles, que je déposais à l’école maternelle à tel Aviv en 2009 sont maintenant au collège à Brooklyn. Si en tant que citoyennes israéliennes, elles choisissent un jour de vivre en Israël/Palestine, j’espère que ce sera une terre où tous, Juifs et Palestiniens, peuvent vivre libres et égaux. Je crois que le BDS est le meilleur outil à notre disposition pour faire de cette vision une réalité. Nous regarderons plus tard ces tentatives pour légiférer contre le BDS comme ayant été les dernières tentatives désespérées pour protéger Israël des pressions qui s’imposent pour qu’il change de politique. Cuomo se range du mauvais côté de l’histoire.

Glenn Greenwald expose la manoeuvre sioniste pour contrer le boycott aux Etats Unis

9 juin 2016

Au détriment des citoyens américains eux-mêmes!

Je partage avec vous cet article d’Andrew Fishman et Glenn Greenwald. Greenwald est ce journaliste américain qui a été la cheville ouvrière de la diffusion des documents révélés par Edward Snowden sur la surveillance de masse pratiquée par la National Security Agency (NSA)aux Etats Unis et à l’étranger.

Ce qui anime Greenwald, comme Snowden et d’autres citoyens américains, c’est une croyance quasi religieuse dans les vertus de la liberté d’expression et un attachement viscéral à sa garantie telle qu’elle est prévue par le premier amendement de la Constitution des Etats Unis. Sous ces aspects ils sont fidèles aux mythes fondateurs de la démocratie en Amérique.

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Glenn Greenwald lors dune conférence débat à la Synagogue Historique Sixth & I (Washington)

Il n’existe en effet aucun délit d’opinion aux Etats Unis même si la liberté d’expression a pu parfois être battue en brèche comme ce fut le cas au début des années 1950 avec la « chasse aux sorcières » du Sénateur Joseph McCarthy et ses enquêtes pour traquer les sympathisants communistes, notamment dans les milieux du cinéma.

Des entraves à la liberté d’expression semblent cependant pointer à nouveau le bout de leur nez alors même que le péril communiste qui donnait tout de même un fondement rationnel au McCarthysme est un spectre désormais lointain.

Cette fois, la campagne pour restreindre la liberté d’expression porte sur ceux qui appellent au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre l’Etat prétendu juif.

Si les tenants du lobby sioniste n’ont pas réussi à obtenir une décision ou une loi fédérale ni même d’Etat allant dans le sens de la pénalisation des appels au boycott, 1er amendement oblige, ils ne se sont cependant pas découragés. En effet, ce qu’ils n’ont pu obtenir au niveau législatif, ils essayent de l’obtenir au niveau des Etats pris séparément comme ils le font aussi au niveau des universités.

Le lobby sioniste a réussi son premier coup gagnant dans l’Etat de New York dont le gouverneur Andrew Cuomo vient de signer un arrêté qui prévoit des sanctions contre les individus ou associations qui appellent au boycott de l’entité sioniste et pour les entreprises qui appliqueraient un tel boycott.

Glenn Greenwald dénonce avec force l’autoritarisme et les dispositions adoptées par le gouverneur de l’Etat de New York et s’insurge contre la soumission de dirigeants élus au service d’intérêts étrangers quitte à sanctionner ses propres compatriotes.

Mais on le sait, c’est là une des méthodes sionistes les mieux rodées.

Andrew Cuomo et d’autres Démocrates lancent une attaque grave contre la liberté d’expression pour protéger Israël

Par Glenn Greenwald et Andrew Fishman, The Intercept (USA) 6 juin 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Une des plus grandes menaces pour la liberté d’expression en Occident est la campagne qui se développe à l’échelle internationale pour littéralement rendre illégal l’appel au boycott d’Israël. Des gens ont été arrêtés à Paris – qui fut en 2015 le lieu de la manifestation pour la « liberté d’expression » (pour ceux qui se moquent de l’Islam) – pour avoir porté des T-shirts pro-boycott. Les étudiants pro-boycott sur les campus aux Etats Unis – où avait fleuri le boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid dans les années 1980 – sont sanctionnés de manière routinière pour infraction aux règlements contre la discrimination.  Des officiels canadiens ont menacé de poursuivre en justice ceux qui appellent au boycott. Des organismes officiels britanniques ont interdit sur une base légale certains types d’appels au boycott. Israël a de son côté carrément criminalisé l’appel à ce genre de boycotts. Force est de constater que tout cela a été entrepris sans même susciter un froncement de sourcils chez ceux qui se sont autoproclamés combattants [crusaders = croisés] de la liberté d’expression quand c’était le moment de soutenir les caricatures anti-musulmanes.

Mais maintenant, le Gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo) s’est lancé dans une escalade significative des attaques contre la liberté d’expression sur le sol des Etats Unis et ciblant des citoyens étatsuniens. Le prince de la dynastie politique de New York a promulgué hier un arrêté diffusé à tous les services qui relèvent de sa compétence pour qu’elles cessent toute relation contractuelle avec des entreprises ou des organisations qi soutiennent un boycott d’Israël. Il prévoit que les citoyens qui ont ou expriment une opinion particulière soient sanctionnés par le refus des prestations [allocations ou prestations en nature] dont bénéficient d’autres citoyens, une violation classique de la liberté d’expression (imaginons si Cuomo avait signé un arrêté ordonnant que « quiconque exprime des opinions conservatrices devra se voir immédiatement privé des prestations servies par l’Etat de New York »)

Plus inquiétant encore, l’arrêté signé par Cuomo exige que chacun de ses commissaires compilent « une liste d’institutions et d’entreprises » qui – « soit directement, soit via une société mère ou une filiale » – soutiennent un boycott. La liste du gouvernement [de l’Etat de New York] est alors rendue publique et il leur incombera alors de prouver à l’Etat que, en réalité, elles ne soutiennent pas un tel boycott. Donna Lieberman, directrice de la New York Civil Liberties Union a déclaré à The Intercept: « Chaque fois que les pouvoirs publics créent une liste noire sur la base d’opinions politiques, cela soulève de graves inquiétudes quant au respect du 1er amendement et ce cas ne fait pas exception. » Robby Soave de Reason [la Reason Foundation est une fondation libertarienne dont le but est de promouvoir la liberté d’expression et le respect du droit] l’a dénoncé aujourd’hui comme « effrontément autocratique ».

Lire les dispositions pertinentes de l’arrêté de Cuomo, c’est se confronter à la mentalité de censeur du petit tyran, avec un parfum d’humiliation publique façon McCarthy dans sa forme la plus pure. Constatez par vous-mêmes.

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Pire encore est la nature autoritaire de l’arrêté de Cuomo. Ben Norton du site internet Salon observe : « Le corps législatif de New York a essayé vainement pendant des mois de faire adopter une loi anti-boycott. » Alors, au lieu de passer par la loi, Cuomo a décrété unilatéralement ces sanctions contre eux qui plaident pour le boycott.

Le Sénateur démocrate de New York, Chuck Schumer, n’a pas perdu de temps et il exige maintenant une disposition fédérale inspirée de l’arrêté de Cuomo. Hillary Clinton a écrit en juillet dernier une lettre ouverte à son soutien financier à elle et à son parti, Haim Saban qui se dit lui-même partisan fanatique d’Israël,dans laquelle elle fait siens les principes fondamentaux de la démarche de censure – l’idée que le boycott d’Israël est une forme d’antisémitisme –  et elle la fait à nouveau dans son discours de mars devant l’AIPAC [principale organisation du lobby sioniste aux Etats Unis] De nombreux Républicains sont favorables à des mesures similaires.

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Andrew Cuomo s’apprête à monter dans une jeep de l’armée terroriste sioniste

Au-delà du McCarthysme et de la grave menace sur la liberté d’expression, l’hypocrisie puante de Cuomo et des démocrates est irrespirable. Il y a seulement deux mois, Cuomo a interdit à des fonctionnaires de l’Etat de se rendre en Caroline du Nord pour manifester ainsi son soutien au boycott de cet Etat américain en protestation contre la législation anti-transgenres. Le texte de cet ordre pro-boycott de Cuomo commençait par proclamer que « l’Etat de New York est un leader au niveau national dans la protection des droits civiques et des libertés de tous ses citoyens » et interdisait donc « tout voyage à financement public » en Caroline du Nord.

Mais en justifiant les sanctions contre les détracteurs d’Israël, le conseiller pour les affaires juridiques de Cuomo a déclaré au New York Times: « C’est une chose de dire je veux m’exprimer dans le champ du politique. C’en est une autre de dire que je vais vous sanctionner ou vous pénaliser pour vos activités commerciale ». Mais ça –  je vais vous sanctionner ou vous pénaliser pour vos activités commerciale » – c’est exactement ce que Cuomo a fait il y a seulement deux mois en boycottant la Caroline du Nord. Vous voyez comme c’est tordu: pour le gouverneur de New York, il est non seulement permis mais noble de boycotter un Etat des Etats Unis, mais il est immoral et passible de sanctions de boycotter Israël, un pays étranger coupable de dizaines d’années d’occupation illégale et brutale. Les questions soumises à Cuomo par The Intercept n’avaient pas reçu de réponse au moment de la publication de l’article.

Le plus ironique est que Cuomo, en imposant un boycott à la Caroline du Nord a dit qu’il agissait ainsi parce que dans « une société libre, l’égalité des droits des citoyens… doit être protégée et respectée » – le principe même que le boycott d’Israël cherche à accomplir en mettant fin à l’oppression et à la discrimination contre les Palestiniens. Mais même si vous n’êtes pas d’accord avec le boycott d’Israël lui-même, aucune personne rationnelle ne voudrait qu’Andrew Cuomo et d’autres dirigeants élus aient le pouvoir de dicter quelles opinions politiques sont acceptables et lesquelles ont pour résultat le refus de prestations ou d’allocations.

L’hypocrisie en matière de liberté d’expression de la part de toutes sortes de gens ici est évidente. En 2012, les conservateurs [les Républicains, NdT] avaient été furieux quand le maire de Chicago Rahm Emmanuel avait annoncé qu’il bloquerait l’expansion dans sa ville de la chaîne de restaurants Chick-fil-A pour sanctionner le militantisme anti-gay de son propriétaire, qualifiant la démarche du maire de grave atteinte à la liberté d’expression (une position que nous partagions). Pendant toute l’année 2015, des commentateurs comme Jonathan Chait du New York Times se sont drapés eux-mêmes dans le drapeau de la liberté d’expression quand il s’agissait de défende les discours racistes et homophobes sur les campus, soulignant que tous les types de discours, même « les discours haineux [hate speech] devaient être protégés par la loi (position que nous partageons aussi).

Pourtant, une campagne systématique et internationale – totalement bipartisane aux USA – est actuellement en cours pour utiliser abusivement les ressources de l’Etat et la force de la loi au service d’une attaque frontale sur la liberté d’expression et le droit de réunion, sans pratiquement qu’aucun de ces abus ne suscite d’objections parce que toute la démarche a pour but de protéger Israël de la critique. Il est quand même assez bizarre que quelqu’un soit élu gouverneur de New York  puis pense que protéger Israël de la critique fait partie de son boulot. Qu’il le fasse en attaquant le droit à la liberté d’expression des citoyens de son propre pays – à peine quelques semaines après avoir imposé un boycott sur un autre Etat des Etats Unis – vous dit tout ce que vous avez à savoir du rôle qu’Israël continue à jouer dans le discours public aux USA et de la volonté de certaine personnes de piétiner les principes de la liberté d’expression du moment que cela va dans le sens de leurs objectifs politiques.

 

Au regard du droit, le régime sioniste est un régime d’apartheid et son boycott est légitime

25 février 2016

J’ai eu vraiment plaisir à traduire cet article de Ben White, un militant pro-palestinien très connu en Grande Bretagne.

La traduction est perfectible, j’en suis bien conscient, mais je suis heureux de proposer ce texte à tous ceux qui s’intéressent à la cause palestinienne et à la question de la liberté des peuples en général.

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Ben White

Ben White a écrit ce texte dans un contexte marqué en Grande Bretagne comme en France mais aussi au Canada par une offensive de ceux qui sont opposés aux campagnes BDS, c’est-à-dire Boycott Désinvestissement et Sanctions à appliquer à l’entité sioniste.

Une offensive concertée et sans douté décidée à Tel Aviv avant d’être relayé jusque dans nos mairies.

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Ben White

Qualifier d’apartheid l’occupation israélienne de la Palestine n’est ni de la simplification, ni de la provocation – c’est un constat de fait.

Non seulement ce constat a le soutien des Sud-Africains qui ont lutté contre l’apartheid mais la situation correspond à la définition [de l’apartheid] selon le droit international.

Par Ben White, The Independent (UK) 24 février 2016 traduit de l’anglais par Djazairi

Cette semaine, j’ai participé à des événements organisés dans le cadre de la Semaine de l’Apartheid Israélien qui chaque année « vise à éveiller les consciences sur le projet colonial israélien en cours et les politiques d’apartheid appliquées à la population palestinienne. »

Aux yeux de certains, parler d’un « apartheid » israélien peut leur sembler être juste un autre effet de manche utilisé par des militants. D’autres considèrent cela comme inutile, simplificateur, provocateur ou même antisémite.

Mais que disons-nous vraiment quand nous parlons d’un apartheid israélien ?

Tout d’abord, et surtout, il ne s’agit pas d’une analogie trait pour trait avec ce qu’était le régime sud-africain. Même s’il est vrai que de fortes personnalités de l’époque de la lutte anti-apartheid ont invoqué la comparaison. En 2002, par exemple, Desmond Tutu avait dit qu’un séjour en Palestine lui avait rappelé « beaucoup de choses qui nous étaient arrivées, à nous population noire d’Afrique du Sud. » Et en 2009, Tutu avait aussi approuvé un livre que j’avais écrit intitulé « Israeli Apartheid : A Beginner’s Guide » (l’apartheid israélien, un guide pour les débutants).

Il y a énormément de choses à dire sur ce qui s’est passé en Afrique du Sud et ce qui se passe en Israël et en Palestine. Mais cette comparaison n’a pas de rapport avec la recherche de savoir si parler d’apartheid israélien est juste ou adapté.

La raison en est que l’apartheid est un crime en droit international, indépendamment de ce qu’a connu l’Afrique du Sud. Le protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949, cite l’apartheid comme une « grave violation » qui n’a « aucune limitation géographique« .

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Le boycott a été et reste un moyen de lutte légitime

L’apartheid est aussi qualifié de « crime contre l’humanité » dans le statut de Rome de la Cour Pénale Internationale adopté en 1998 – quatre ans après la fin officielle de l’apartheid en Afrique du Sud.

Le statut de Rome définit l’apartheid comme des actes inhumains « commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime »

Les lois et les pratiques israéliennes répondent-elles à cette définition ? Selon les termes mêmes du Département d’Etat des Etats Unis, les Palestiniens font face à « une discrimination institutionnelle et sociétale. » Elle touche des domaines comme l’immigration et la vie de famille, le logement et le foncier.

Il n’existe aucune garantie d’égalité, et les défenseurs des droits de l’homme ont identifié plus de cinquante lois discriminatoires.

En Cisjordanie, l’Etat juif a créé et établi un réseau de colonies illégales dont les habitants – des citoyens d’Israël – vivent parmi des Palestiniens qui sont soumis à la loi martiale. Pendant que les colonies s’étendent, les maisons palestiniennes sont démolies.

Récemment, selon les termes de l’ONG israélienne pour les droits de l’homme B’Tselem, les autorités israéliennes ont « accentué leurs efforts pour expulser des villages palestiniens de vastes zones de la Cisjordanie » – c’est du nettoyage ethnique.

Entre le 1er janvier et le 15 février de cette année, selon les chiffres des Nations Unies, les forces israéliennes ont détruit ou confisqué 283 maisons et autres structures palestiniennes, déplaçant 404 personnes.

Un haut fonctionnaire de l’ONU a expliqué que si la plupart de ces démolitions « ont été pratiquées sur la base de l’argument juridique spécieux que ces Palestiniens n’avaient pas de permis de construite, » les chiffres israéliens eux-mêmes montrent que « seulement 1,5 % des demandes de permis déposées par des Palestiniens sont acceptées. »

Amnesty International a décrit le « déni officiel de participation à la planification [d’occupation du sol] pour toute une population, couplé avec l’établissement d’un système parallèle de planification pour les colonies israéliennes qui est une discrimination explicite en faveur d’une autre population dont la fait même de vivre dans le territoire en question enfreint le droit international » comme  » unique au monde ».

Dans la bande de Gaza, les Palestiniens continuent à souffrir sous un blocus israélien qui constitue un châtiment collectif illégal. Quant d’Israël ne conduit pas ses horribles attaques à grande échelle sur ce territoire entièrement clôturé, il y a des attaques de routine contre des pêcheurs et des paysans palestiniens.

En fait, les Palestiniens de Gaza sont en majorité des réfugiés dont les terres se trouvent à seulement quelques kilomètres plus loin dans le territoire israélien d’avant 1967. Ce qui nous rappelle le fait que la « majorité juive » d’Israël a été obtenue au prix de l’expulsion des Palestiniens et n’est maintenue que la perpétuation de leur exclusion.

Ce n’est là qu’un échantillon – mais le point essentiel ici est que les crimes d’Israël ne sont pas des « aberrations ». Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux excités ou d’un gouvernement d’une droite particulièrement extrême. Nous parlons ici d’une législation qui fixe un cadre et de politiques poursuivies par l’Etat depuis des dizaines d’années.

Nous parlons donc, ainsi que le statut de Rome l’énonce, « d’actes inhumains…commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé ». C’est pourquoi le Comité des Nations Unies pour l’Elimination de la Discrimination Raciale a exhorté Israël à « éradiquer » toutes les pratiques qui enfreignent la prohibition de la « ségrégation raciale et de l’apartheid. »

Rejeter tous ces éléments au motif qu’Israël « ce n’est pas la même chose que l’Afrique du Sud » revient à passer à côté du sujet, de la même manière que blanchir la discrimination systématique simplement parce qu’il y a un « Arabe » à la Cour Suprême israélienne (un seul sur 66 juges aujourd’hui comme hier) n’est que de la symbolique à bon marché.

Les faits sont clairs. C’est l’apartheid israélien qui devrait susciter l’indignation – pas les campagnes (ou les boycotts) en faveur des droits élémentaires des Palestiniens.

Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le boycott du sionisme de son éclat

4 mars 2014

La publication d’un long article sur ce qui touche à la Palestine et au conflit arabo-sioniste n’est pas chose fréquente dans la presse américaine, en dehors des journaux des grandes métropoles que sont Washington, New York et Los Angeles. Du moins quand cet article ne figure pas dans la rubrique opinion ou courrier des lecteurs.

C’est pourtant le cas cette fois ci avec ce papier paru dans un journal de Pittsburgh, une ville de Pennsylvanie peuplée d’un peu plus de 300 000 habitants et qui fut longtemps la capitale de l’industrie de l’acier aux Etats Unis.

L’article ne traite cependant pas directement du conflit du Moyen Orient mais des prises de position de l’église presbytérienne sur ce conflit, notamment sur les questions du boycott et du désinvestissement.

En effet, après avoir hésité à prôner le boycott et à retirer ses investissements , l’église presbytérienne semble décidée à aller de l’avant sur ce dossier ainsi que le signalent deux événements récents. Nous avons d’abord une déclaration d’une haute instance de cette église qui recommande de retirer les fonds qu’elle a investis dans trois entreprises qui participent à l’oppression du peuple palestinien (Motorola, Caterpillar et Hewlet Packard). Et surtout, l’église vient de rendre public un guide d’étude de la question du Moyen Orient destiné à servir de base à la réflexion des fidèles et des pasteurs.

Ce guide ne constitue donc pas une position officielle de cette église qui se caractérise par un fonctionnement dans lequel les orientations sont prises collectivement dans le cadre de synodes ou assemblées générales.

Les représentants du sionisme aux Etats Unis se sont vivement émus du contenu de ce guide, ce qu’on peut parfaitement comprendre dans la mesure où il n’hésite pas à remettre en cause la validité des fondements mêmes du sionisme sur le plan religieux tout comme il le disqualifie politiquement .

Une évolution qui n’est pas sans rappeler celle qu’a connue récemment l’église mère en Ecosse qui a réfuté théologiquement les prétentions sionistes dans un rapport publié au premier semestre 2013. L’église d’Ecosse est en quelque sorte la maison mère du presbytérianisme qui ne représente que 4  des 100 millions de Protestants que comptent les Etats Unis.

Eglises presbytériennes à Pittsburgh

Eglises presbytériennes à Pittsburgh

4 millions, c’est à la fois peu et beaucoup si on considère que les fidèles de cette église appartiennent généralement à des couches sociales aisées et instruites qui s’engagent donc volontiers et savent se faire entendre.

Et c’est aussi beaucoup si on tient compte du poids historique de l’église presbytérienne qui a servi de modèle aux autres églises protestantes et de la relative porosité qui existe entre les divers cultes protestants aux Etats Unis.

 

Les prises de position des Presbytériens créent des tensions avec les Juifs

par Peter Smith / Pittsburgh Post-Gazette (USA) 22 février 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

 Un groupe chargé par l’Eglise presbytérienne des Etats Unis de promouvoir « une paix juste en Israël/Palestine » publie un guide d’étude qui contient des descriptions du sionisme comme une hérésie à la racine de la crise du Moyen Orient.

Dans le même temps, une haute instance dirigeante recommande le retrait par l’église de ses investissements dans trois sociétés liées à l’occupation par Israël de territoires palestiniennes.

Ces deux démarches, quoique menées séparément dans les dernières semaines ont été saluées par les partisans de la cause palestinienne mais ont combiné leurs effets pour déstabiliser les relations entre les Presbytériens et les Juifs, aussi bien au niveau local que national.

 Des représentants de l’Eglise Presbytérienne de Pittsburgh – une des plus importantes organisations de cette église au niveau national – ont rencontré des responsables juifs locaux la semaine dernière pour discuter des controverses.

« Nous avons redécouvert ce que nous savions déjà, à savoir notre accord fondamental [avec les organisations juives, NdT] sur à une solution du problème avec deux Etats, et notre accord fondamental sur la caractère intolérable de la situation des Palestiniens telle qu’elle est et la nécessité de la corriger » déclare le Révérend Sheldon Sorge, ministre général du culte pour l’Eglise Presbytérienne.

 Sans être une déclaration officielle de l’église, le guide d’étude, « Zionism Unsettled » [en suspens ou déréglé?] représente le travail d’un groupe créé il y a dix ans par l’Eglise Presbytérienne de Pittsburgh. Les 72 pages illustrées du guide, produit par l’Israel/Palestine Mission Network of the Presbyterian Church (U.S.A.) dénonce ce qu’il qualifie de’années de discussions stérieles pour une solution à deux Etats, expliquant qu’Israël a de facto cré un seul Etat qui opprime les Palestiniens dans le style de l’apartheid. Il dénonce le « nettoyage ethnique «  des Palestiniens chassés par Israël de centaines de villes et villages en 1948 et affirme que cet Etat est lee résultta d’une « relation toxique entre théologie et politique ».

Gregg Roman, directeur du Conseil des Relations Communautaires de la Fédération Juive du Grand Pittsburgh, déclare avoir compris que le guide d’étude « n’est pas quelque chose qui émane de la base [des prêtres et des fidèles, NdT]. » Mais il l’a appelé « un cours accéléré pour plaider la disparition de l’Etat juif. »

Il explique que quand on le lit, c’est « comme si aucune guerre n’était menée contre Israël, comme s’il n’y avait pas des campagnes teroristes par des organisations comme le Hezbollah et le Hamas… et il ignore le fait que les Israéliens… et la communauté juive américaine soutiennent une solution à deux Etats. »

 Parmi les organisations juives d’envergure nationale, l’Anti-Defamation League déclare que le guide d’étude est peut-être « le document le plus antisémite produit par une grande église américaine de mémoire récente », tandis que Steve Gutow, président du Jewish Council for Public Affairs l’a qualifié de « digne d’une organisation raciste [hate group], pas d’une importante église américaine. »

La direction de l’Eglise Presbytérienne au niveau national a également pris ses distances avec la publication, insistant sur le caractère décentralisé de presbytérianisme. Quoique produite par une émanation officielle de l’église et vendue via le réseau de distribution à domicile de l’Eglise Presbytérienne, le rapport est publié à l’intention de l’église plutôt qu’en son nom, déclare Linda Valentine, directrice exécutive de la Presbyterian Mission Agency,qui supervise la plupart des buraux de l’église au niveau national depuis son siège à Louisville dans le Kentucky.

La politique de notre église consiste en « appels à un règlement négocié entre Israël et la Palestine et le droit pour chaque Etat d’exister dans des frontières sûres et reconnues, » écrit Mme Valentine. « L’église a condamné les actes violences des deux parties au conflit, ainsi que l’occupation illégale de territoires palestiniens par des colonies israéliennes. Notre église a fermement condamné l’antisémitisme sous toutes ses formes, dont le refus de reconnaître l’existence légale d’Israël. Dans le même temps, nous pensons que la condamnation des injustices perpétrées au nom de l’Etat d’Israël,… ne constituent pas de l’antisémitisme. »

 ‘Un déséquilibre chronique’

Martha Reese de l’Illinois, qui fait partie de l’équipe rédactionnelle de « Zionism Unsettled », déclare dans un entretien que le guide essaye de « corriger un déséquilibre chronique dans la manière dont le conflit est compris. »

Elle explique que beaucoup d’Américains n’ont pas compris l’impact que le sionisme a eu sur les Palestiniens et qu’elle espère que les congrégations chrétiennes, juives et musulmanes se serviront du guide d’étude  « comme un outil pour engager de difficiles conversations. »

Mme Reese déclare que le réseau n’a pas de position officielle quant à savoir si la solution ultime est un ou deux Etats mais indique qu’il est en faveur de « l’autodétermination et de l’égalité. »

 Elle dit que la prise de position officielle des Presbytériens pour une solution à deux Etats doit être vue à la lumière de la prolifération de colonies juives en Cisjordanie. « Nous devons avoir la certitude que notre position offcielle est vraiment réaliste compte tenu de réalités changeantes. »

 Alors que certaines organisations protestantes conservatrices sont connues pour leur soutien farouche à Israël, les obédiences protestantes plus libérales critiquent depuis longtemps son occupation de territoires palestiniens en Cisjordanie. Pour les Presbytériens, le débat s’est accéléré en 2004 quand leur assemblée générale approuva des démarches en vue de retirer des investissements en Israël liés à son occupation [des territoires palestiniens].

Ce qui avait provoqué une vive réaction de la part de dirigeants juifs et de nombreux Presbytériens qui considéraient que c’était apporter une caution morale au mouvement plus large dans les campus universitaires et ailleurs pour appliquer des pressions économiques sur Israël. Des assemblées réunies par la suite avaient fait machine arrière tout en appelant à des investissements promouvant la paix dans la région, et d’autres obédiences protestantes ont aussi envisagé avant de reculer sur cette question du désinvestissement.

 En 2012, une assemblée presbytérienne avait rejeté à une majorité de deux voix seulement une proposition de retrait des fonds de l’église investis dans Motorola Solutions, Caterpillar et Hewlet Packard parce que ces entreprises sont des fournisseurs des forces israéliennes et des colons juifs en Cisjordanie occupée. Elle avait cependant recommandé un boycott des produits fabiqués en Cisjordanie occupée par Israël.

 Début février, la Presbyterians’ Mission Agency a recommandé à nouveau que la prochaine assemblée générale prévue pour juin 2014 retire ses investissements de ces trois entreprises après qu’un rapport de l’église a conclu qu’elles « s’enferraient dans leur participation à des activités non pacifiques. »

Le Révérend Randy Bush, pasteur de l’East Liberty Presbyterian Church dit ne pas avoir encore lu le guide d’étude et donc ne pas pouvoir en parler. Mais il affirme que le désinvestissement pourrait aider à freiner l’expansion des colonies israéliennes et du mur de séparation sur les terres palestiniennes. « Nous avons observé un e consolidation de politiques qui rendent la paix plus difficile, » dit-il.

 Si les organisations pro-israéliennes ont critiqué la proposition de désinvestissement, elles prêtent plus d’attention ces jours-ci à « Zionism Unsetteld » qui, selon elles, va plus loin qu’appeler Israël à se retirer sur les frontières d’avant son occupation de la Cisjordanie en 1967.

En fait, le guide d’étude remet en cause la légitimité même du projet sioniste, en observant qu’il est enraciné dans la croyance en un « exceptionnalisme » – selon lequel son groupe d’appartenance religieuse est plus important que n’importe quel autre.

 « L’exceptionnalisme théologique et éthique du sionisme juif et chrétien… ont été soustraits au débat public malgré les inadmissibles violations des droits humains qui trouvent racine dans leurs croyances fondamentales, » lit-on dans le guide.

« Le défi posé aux relations inter-religieuses est de trouver un moyen de respecter les différences théologiques et les expériences historiques qui leur ont donné naissance tout en les empêchant de devenir des excuses pour l’injustice. »

Une section du guide rédigée par le Révérend Naim Ateek – pasteur anglican et directeur du Sabeel Ecumenical Liberation Center, une organisation chrétienne palestinienne influente à Jérusalem-Est – ajoute que « le sionisme est le problème. » Il le qualifie d’hérésie qui « commet une injustice théologique par son appel à Dieu, à l’histoire et à la race. »

 

John Rankin Waddell, le boycott, Scarlett Johansson et les « zélotes extrémistes juifs » qui contrôlent Hollywood

22 février 2014

John Rankin Waddell est, si j’en crois la presse anglo-saxonne, un photographe très connu, notamment dans le milieu de la mode et des célébrités, qu’elles appartiennent au monde de la politique comme la Reine Elizabeth II, à celui de la musique comme les Rolling Stones ou encore du cinéma comme l’actrice Scarlett Johansson.

John Rankin Waddell

John Rankin Waddell

Scarlett Johansson qui vient de faire beaucoup parler d’elle récemment pour sa décision de démissionner de sa mission d’ambassadrice pour l’organisation humanitaire Oxfam. La comédienne s’est retrouvée en effet dans l’obligation de choisir entre sa mission d’ambassadrice de la fameuse ONG et un contrat publicitaire avec l’entreprise SodaStream qui possède une usine de fabrication de gazéificateurs pour boissons en Cisjordanie occupée par l’armée sioniste, Oxfam rejetant tout échange commercial avec les colonies sionistes.

Et c’est justement une question posée à ce sujet par le journal londonien The Independent qui a mis le photographe britannique au cœur d’une tempête médiatique qui reste pour l’instant essentiellement confinée aux médias communautaires juifs.

La question, qui venait après une réflexion générale de John Rankin Waddell sur son refus de travailler pour certaines marques pour des raisons morales était la suivante :

« Quelles sortes de marques ? Ne feriez-vous jamais une publicité pour SodaStream avec Scarlett Johansson  par exemple» ?

La réponse du photographe met à la fois en cause l’occupation sioniste de la Palestine et ce qu’il appelle le poids des « zélotes juifs extrémistes » à Hollywood, ce qui expliquerait selon lui le choix de Scarlett Johansson de ne pas renoncer à son contrat avec SodaStream par crainte pour sa carrière.

Scarlett Johansson vue par Rankin Waddell

Scarlett Johansson vue par John Rankin Waddell

La presse et les organisations communautaires juives exigent bien sûr des excuses que le photographe n’a pas tardé à présenter, sauf qu’elles portent plus sur la forme que sur le fond.

Du coup Rankin Waddell n’est pas tiré d’affaire et se voit exiger des excuses aussi sur le fond, attendu que parler de très forte influence des hommes d’affaires et producteurs juifs sur Hollywood n’est pas autre chose qu’un cliché antisémite.

Et ce n’est pas Joel Stein qui pourrait dire le contraire. Quoique

L’ADL appelle à des « excuses sincères » de la part du photographe Rankin pour ses propos antisémites ; et crtique le journal The Independent pour « manque de jugement éditorial »

par la Rédaction, The Algemeiner (USA), 19 février 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’organisation juive des droits de l’homme, l’Anti Defamation League (ADL) a déclaré que les escuses présentées par le photographe britannique Rankin pour ses propos antisémites n’allaient pas assez loin.

L’organisation a aussi fustigé le journal britannique The Independdent pour avoir publié les propos offensants.

« Rankin a essayé mollement de justifier ses propos alors que ce à quoi nous appelons ici est qu’il reconnaisse que les opinions qu’il a exprimées sont antisémites, » a déclaré récemment le directeur des affaires internationales de l’ADL Michael A. Saldberg dans un courriel à Algemeiner. « Il n’est pas trop tard pour que Rankin présente des excuses sincères. »

« Inclure les citations de Rankin dans l’article était un manque de jugement éditorial de la part de The Independent », a ajouté Sadberg. « Nous attendons maintenant plus de The Independent et nous considérons qu’il doit aussi des excuses à ses lecteurs. »

Les propos de Rankin, publiés la semaine dernière, venaient en réaction à une question sur la récente décision de l’actrice hollywoodienne Scarlett Johansson de rompre ses relations avec l’organisation humanitaire Oxfam pour « une divergence fondamentale d’opinions à l’égard du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions [BDS]. » Johansson avait d’abord été critiquée par l’organisation humanitaire parce qu’elle représente l’entreprise israélienne SodaStream qui gère une usine en Cisjordanie.

« Je lui ai consacré beaucoup de tems, » a déclaré au sujet de l’actrice, Rankin dont le nom complet est John Rankin Waddell, « mais j’ai une très mauvaise opinion de SodaStream. »

« Ce qu’il y a, je pense que la raison pour laquelle elle ne s’est pas retirée [de la campagne de communication pour SodaStream], c’est parce qu’en Amérique les zélotes juifs sont si puissants. Particulièrement dans l’industrie du divertissement, ce qu’ils pourraient faire à sa carrière. 

« Mais le plus important pour moi dans tout ça, c’est ce genre de judaïsme extrémiste. Cette croyance extrême que c’est leur patrie et que ces gens [les Palestiniens] ne sont rien pour eux. C’est quelque chose de très puissant aux Etats Unis. Ils vous mettront sur une liste noire ? C’est pire que le maccarthysme. Tu es pro-palestinien ? Laise tomber. »

L’ADL a déclaré que « les propos de Rankin ont des relents de stéréotypes antisémites classiques sur le contrôle des médias par les Juifs et leur pouvoir excessif. Ses références aux ‘zélotes juifs’ et au ‘judaïsme extrémiste’ conduisant à des représailles contre quiconque est en désaccord avec une supposée opinion ‘correcte’ concernant la politique d’Israël relèvent tout simplement de l’ignorance. »

Dans ses excuses subséquentes, Rankin a dit regretter le vocabulaire et l’émotion causés par ses déclarations, mais il n’a pas parlé du fond de ses assertions.

« Dans une interview sollicitée par The Independent au sujet du lancement [d’un magazine de mode], je regrette d’avoir répondu à la légère sur des questions portant sur un autre thème et sur un sujet si difficile et sensible, » a-t-il dit. « Bien sûr, ce n’est pas ma position officielle et je m’excuse de tout cœur pour le langage que j’ai utilisé et pour les offenses que j’ai pu causer. »

 S’exprimant dans le Daily Telegraph de Londres, un représentant du Britain’s Community Security Trust [organisation communautaire juive britannique] a également déclaré que Rankin devait aller plus loin et renier ses propos.

« Ce sont les allégations sur le pouvoir juif dans les médias qui distinguent l’antisémitisme des autres formes de racisme, » a-t-il dit. «Il se peut bien que Rankin ne soit pas antisémité, auquel cas il devrait apprendre à ne pas répandre les affirmations nauséabondes sur les Juifs qui contrôlent les médias et Hollywood. »

 Rankin est spécialisé dans le portrait et la photo de mode. Il a photographié ente autre Britney Spears, Madonna, les Roling Stones, Cate Blanchett, la Reine Elizabeth II et Tony Blair.

Scarlett Johansson, le boycott des colonies sionistes et le Financial Times

6 février 2014

 L’actrice américaine Scarlett Johansson a fait beaucoup pour mieux faire connaître les actions de boycott culturel, économique et commercial qui visent le régime sioniste.

Ce n’était pas volontaire de sa part, mais en préférant les dollars proposés par l’entreprise sioniste SodaStream à la mission d’ambassadrice de l’ONG britannique Oxfam, elle a en quelque sorte révélé au monde l’absence de principes moraux et l’éthique particulière qui caractérisent le projet sioniste.

par Stephanie Westbrook, via Mondoweiss

C’est cette réflexion que développe le Financial Times dans un éditorial. Le fait que ce journal qui est le porte voix des milieux financiers de Londres et d’autres métropoles du capitalisme évoque ainsi cette question dans des termes sans ambiguïté, donne une idée de l’exaspération qui commence à gagner ce que je désignerai par le raccourci simplificateur de « communauté des affaires ».

Un éditorial qui sonne aussi comme un avertissement de ce qui pourrait arriver tantôt : un boycott généralisé des échanges avec l’entité sioniste, comme celui qu’avaient connu en d’autre temps la Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe) et l’Afrique du Sud.

Une étoile chute sur les colonies

La défense de son sponsor par Scarlett Johansson est naïve

The Financial Times (UK) 31 janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

La décision de l’actrice Scarlette Johansson de ne plus être une ambassadrice d’Oxfam, l’organisation caritative pour la justice sociale, et de continuer à être une ambassadrice de la marque SodaStream, une compagnie israélienne qui fabrique des machines pour produire des boissons gazeuses chez soi dans une usine située en Cisjordanie occupée, pourrait être tenue pour aussi négligeable qu’une tempête dans un verre de limonade. Il ne devrait pas en être ainsi.

La vedette du film « Lost in Translation » a braqué accidentellement le projecteur sur un problème important – celui de savoir s’il est juste ou légitime de faire du commerce avec des entreprises qui opèrent dans des colonies israéliennes illégales sur le sol palestinien – tout en donnant par inadvertance un éclairage positif sur al campagne pour boycotter Israël tant qu’il ne se retire pas de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est – une question distincte, du moins pour jusqu’à présent.

SodaStram fabrique certains gazéificateurs [de boissons] à Maale Adumim, la plus grande colonie israélienne en Cisjordanie, illégale au regard du droit international. L’usine fait travailler environ 500 Palestiniens et prétend promouvoir l’emploi et la coexistence pacifique entre Arabes et Juifs. Mlle Johansson affirme que la compagnie « construit un pont vers la paix entre Israël et la Palestine ». C’est de la naïveté, tout comme la confusion qu’elle fait entre ce point de controverse et le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui prône l’isolement d’Israël.

Le statut des colonies est clair au regard du droit international même si Israël choisit de l’ignorer et d’accroître sa colonisation du territoire palestinien, tout en faisant mine de négocier sur la création d’un Etat palestinien. L’an dernier, l’Union Européenne (UE) a adopté des dispositions pour interdire les subventions destinées à des organismes opérant dans des colonies illégales. L’UE a cependant laissé Israël participer au programme Horizon 2020 – Israël est le seul Etat non membre à participer à ce programme de recherche-développement de 80 milliards d’euros – rendant ainsi la haute technologie israélienne éligible aux financements publics européens dès lors qu’ils ne sont pas utilisés dans les colonies.

Ce n’est pas un boycott. C’est l’application du droit. Il reste que si Israël poursuit son occupation et repousse les conditions pour la paix négociées par le Secrétaire d’Etat John Kerry, de telles distinctions deviendront obsolètes. Les fonds de pension européens ont déjà commencer à retirer leurs investissements dans les banques israéliennes qui ont des succursales dans les colonies.

Les dirigeants israéliens, depuis les anciens premiers ministres Ehud Barak et Ehud Olmert à Tzipi Livni et Yair Lapid, les ministres de la justice et des finances du gouvernement actuel de droite de Benjamin Netanyahou ont prévenu qu’Israël sera confronté à l’ostracisme sauf sen cas de conclusion d’un accord avec la Palestine. Aujourd’hui, ce sont les colonies qui sont visées. Mais les choses pourraient facilement évoluer vers un boycott généralisé.

Il est malhonnête de voir du romantisme dans les actions de colonisation. L’occupation jette en prison des milliers de jeunes hommes palestiniens, donne leurs terres et leur eau aux colons, démolit leurs maisons et fragmente le territoire restant avec de nombreux checkpoints et des routes ségrégées. Il n’existe pratiquement aucune base minimale pour une économie. Pour créer des emplois palestiniens, il faut mettre un terme à l’occupation et laisser les Palestiniens construire les fondations d’une économie – pas construire des « ponts vers la paix » sur la terre d’un autre peuple sans sa permission.

Les pays arabes et l’Etat sioniste: du boycott à la coopération?

18 novembre 2013

Qui sont les véritables amis de la Palestine ?

Il est difficile de répondre à cette question simple.

Il est par contre plus facile de dire qui sont les vrais ennemis de la Palestine.

Il y a bien sûr l’entité sioniste elle-même mais il faut lui ajouter la quasi-totalité des monarchies arabes.

Toutes ont en effet trouvé des accommodements avec le régime sioniste quand elles n’ont pas pactisé ouvertement avec cette dernière.

La Jordanie nous en fournit un nouvel exemple avec ce projet de zone industrielle à cheval sur le territoire jordanien et la Palestine occupée qui devrait permettre à des entreprises sionistes d’accéder [plus facilement] aux marchés arabes grâce à l’étiquette « fabriqué en Jordanie ».

La Jordanie est le premier pays arabe à avoir contrevenu au boycott des produits de l’entité sioniste institué par la Ligue Arabe, un boycott dont la portée s’est fortement atténuée même s’il reste une entrave à l’accès des entreprises sionistes aux marchés arabes

Nous avons là la concrétisation de ce qu’annonçait en 1998 Gil Geiler dans son livre intitulé «Du boycott à la coopération économique » qui traite de l’évolution des relations économiques entre les Etats arabes et l’entité sioniste.

gil geiler

Israël veut pénétrer les marchés arabes avec des étiquettes «Made in Jordanie»

par Mohamad Bdeir, Al-Akhbar (Liban) 17 novembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les projets transfrontaliers se matérialisent, pas entre les pays arabes – comme les Arabes auraient pu l’espérer – mais entre Israël et la Jordanie. Un parc industriel conjoint doit être établi le long de la frontière israélo-jordanienne qui donnera aux entreprises israéliennes la possibilité d’accéder aux marchés arabes puisque leurs produits porteront l’étiquette trompeuse « Made in Jordan ».

La presse israélienne rapporte que la zone industrielle – fruit du cerveau du ministre israélien de la coopération régionale, Silvan Shalom – sera soumis au gouvernement israélien pour approbation la semaine prochaine. Le parc industriel sera composé d’une section près du kibboutz Tirat Zvi du côté israélien, qui sera reliée par un pont sur le fleuve Jourdain à la section jordanienne.

Du côté jordanien, des installations industrielles seront construites par des entreprises israéliennes et jordaniennes, devraient employer jusqu’à 2.000 travailleurs jordaniens, tandis que la gestion, , la logistique et le marketing seront installés du côté israélien.

Le coût estimatif du projet, baptisé Sha’ar Hayarden, ce qui signifie Porte de Jordanie, sera d’environ 180 millions de shekels (environ 50 millions de dollars).

Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, la Jordanie bénéficiera de l’augmentation des créations d’emploi, tandis qu’Israël fera d’énormes économies sur les coûts de main-d’œuvre en rémunérant les travailleurs avec des salaires relativement faibles (pas plus de 500 $ par mois côté jordanien). Mais plus important, les produits fabriqués dans cette zone seront estampillés du label «Made in Jordan» ce qui permettra aux entreprises israéliennes de vendre leurs produits dans les pays arabes.

Le Yedioth Ahronoth note également que le projet, qui est considéré comme un geste historique entre Israël et la Jordanie, sera supervisé par une agence gouvernementale rattachée au ministère de la Coopération régionale, qui collaborera avec les ministères de l’économie, des affaires étrangères, de la défense et des transports.

Le journal cite les propos suivants de Silvan Shalom : « Sha’ar Hayarden représente une véritable percée. Le projet contribuera à renforcer les relations entre Israël et la Jordanie, et stimulera la croissance économique dans la région grâce à la création de nouvelles usines et de coentreprises et à la création d’emplois. Nous allons continuer à prendre l’initiative et aller de l’avant avec ces projets. »

Stephen Hawking et le Big Bang du boycott, un tournant pour l’image de l’entité sioniste

8 mai 2013

L’info tourne en boucle sur les réseaux sociaux en ce moment : le physicien britannique Stephen Hawking vient de s’associer au boycott académique de l’entité sioniste. En conséquence il a renoncé à participer à une conférence organisée par Shimon Peres prévue pour le mois de juin.

Il va de soi que M. Hawking est maintenant voué aux gémonies par les tenants du sionisme ainsi qu’en témoigne le tombereau d’insultes dont il est victime sur les réseaux sociaux.

Ces insultes sont d’une bassesse inouïe et réfèrent à la grave maladie, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) dont le célèbre savant est atteint.

Mais ça, ce sont les insultes qui émanent de la « base » sioniste. Mais les « élites » de Sion n’ont pas grand-chose à lui envier en matière d’abjection.

Ainsi The Jewish Press est-elle capable de titrer :

 Stephen Hawking boycotte l’entreprise qui travaille sur le traitement de sa maladie

En effet, d’après Jewish Press

Des avancées scientifiques israéliennes dans l’usage des cellules souches pour traiter toute une série de maladies graves et invalidantes, ont permis le rétablissement miraculeux [souligné par moi] du doyen de la yeshiva [école religieuse juive] Mir, le rabbin Refael Shmuelevich qui souffrait de SLA.

 De fait, selon ce journal juif, le rabbin que les médecins aux USA estimaient condamné à relativement brève échéance avait été remis sur pied après un mois de traitement à Jérusalem et avait pu reprendre ses activités d’enseignement. 

Je me demande si ce rabbin n’a pas plagié sa maladie comme un certain autre a plagié même ses souvenirs d’enfance… 

Et c’est là qu’intervient le bon gout caractéristique de la clique sioniste :

Il est possible que la prochaine fois que le professeur Hawking viendra à Jérusalem, ce sera pour recevoir des soins médicaux plutôt que pour admonester la communauté scientifique locale. 

Sauf si, comme l’a commenté en ligne un membre de la direction de The Jewish Press, Hawking préfère peut-être simplement les innovations et les apports que les palestiniens ont offert au monde… des big bangs. [Hawking est l’auteur de la théorie du big bang, NdT].

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Stephen Hawking avant le déclenchement de sa maladie

Si les sionistes se payent une bonne tranche de rigolade sur le dos d’un savant très connu et souffrant d’une maladie grave, on peut gager que d’autres, notamment en Grande Bretagne mais pas seulement, vont rire jaune pendant un certain temps et que cela n’ira pas dans le sens d’une amélioration de l’image d’une entité que seule la censure des sondages d’opinion peut laisser croire qu’elle jouit d’un soutien populaire en Occident.

Elle a certes le soutien d’une bonne partie de la classe politique et médiatique, mais ces dernières n’empêcheront pas les mouvements venus de la société, comme celui du boycott du régime sioniste, de prendre de plus en plus d’ampleur.

Parmi les figures les plus en vue dans le soutien au sionisme, on peut compter des personnalités comme l’écrivain philosophe Bernard-Botul-Henri Lévy, le médecin politicien, consultant pétrolier Bernard Kouchner, la comédienne Véronique Genest ou le cinéaste Romain Goupil. A comparer avec ceux qui soutiennent la cause palestinienne comme Stephen Hawking : le Dr Christophe Oberlin, l’écrivain Henning Mankell, les actrices Vanessa Redgrave et Tilda Swinton, le cinéaste Ken Loach, les musiciens Roger Waters et Elvis Costello etc. Sans parler de tous ceux, chanteurs, comédiens, écrivains, qui ont été muselés en France.

Comme je le suggérais, l’humour sioniste n’est pas passé inaperçu en Grande Bretagne et le Daily Express y consacre un article qui témoigne d’une indignation froide.

Et la meilleur preuve de cette indignation est le vocabulaire utilisé par la journaliste qui parle de «régime» pour désigner l’Etat sioniste et attribue la qualité de président du régime à Shimon Peres, le chef du gang sioniste.

Or, comme chacun sait, la presse occidentale réserve le terme régime aux systèmes de gouvernement qui sont réputés non conformes aux valeurs démocratiques. On parle par exemple communément de régime nord-coréen, de régime syrien mais pas de régime français ou italien…

C’est ce que j’appelle un tournant dans la perception de l’entité sioniste.

Indignation devant les plaisanteries dégoûtantes sur “Stephen Hawking le handicapé” depuis qu’il s’est associé au boycott d’Israël

Stephen Hawking, le spécialiste de physique théorique à la renommée mondiale, a subi un tir de barrage d’insultes aujourd’hui de la part de personnes furieuses de la voir boycotter Israël.

par Charlotte Meredith, The Daily Express (UK) 8 mai 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

La salve de critiques est intervenue après que le très respecté professeur de Cambridge s’est associé à l’embargo académique contre le régime israélien en refusant de participer à une conférence organisée par Shimon Peres, le président du régime.

Le professeur Hawking devait participer à la conférence annuelle Facing Tomorrow prévue au mois de juin, mais il s’en est retiré pour protester contre le traitement des Palestiniens par le gouvernement de Tel Aviv.

“Hawking a décidé en toute Indépendance de respecter le boycott sur la base de ce qu’il sait de la Palestine et du conseil unanime que lui ont donné ses contacts académiques là-bas,” a déclaré le British Committee for the Universities of Palestine.

Réagissant avec colère à la décision du professeur de s’associer au boycott académique, des Israéliens ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux. « L’antisémite Stephen Hawking ne peut même pas se torcher le c **», a écrit un internaute écœuré. « Il devrait déjà être mort ! « , écrit un autre, tandis qu’un internaute affirme que le professeur Hawking – généralement considéré comme l’un des hommes les plus intelligents dans le monde d’aujourd’hui – est  » également paralysé dans sa tête  » « Quelqu’un devrait desserrer le frein à main au sommet d’une colline, » lit-on dans un autre message répugnant.

Des internautes indignés condamnent ces insultes révoltantes qu’ils qualifient de festival de haine”.

La démarche du professeur Hawking suit un boycott du régime israélien par le Teachers’ Union [syndicat des professeurs] d’Irlande et par les membres Américains de l’Association for Asian American Studies.

En 2009, le professeur Hawking avait également condamné les trois semaines d’’agression commise contre Gaza par le régime israélien pendant trois semaines, affirmant que la réaction de Tel Aviv aux roquettes tirées depuis la bande de Gaza «étaient complètement disproportionnées… La situation est semblable à celle de l’Afrique du Sud [de l’apartheid] avant 1990 et ne peut pas continuer.»


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