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Roger Waters (Pink Floyd) interdit de conférence à New York par le lobby sioniste

4 avril 2013

Même si les médias grand public en parlent peu, on sait néanmoins que Roger Waters, ancien membre du groupe musical anglais Pink Floyd, soutient la Palestine et est un partisan du boycott du régime sioniste.

Waters n’est pas la seule personnalité dont la presse évite de relever l’hostilité aux agissements du régime sioniste. Parmi ces personnalités, on compte notamment le footballeur portugais Cristiano Ronaldo et l’écrivain suédois Henning Mankell, connu entre autres pour ses romans policiers.

La raison de cette discrétion est que dans la société actuelle, ce qui n’existe pas médiatiquement n’existe pas du tout.

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Roger Waters

Donc Roger Waters est un militant du boycott du régime sioniste et il va sans dire que cette attitude déplait aux groupes de pression communautaires qui agissent en faveur de l’entité sioniste. Pour ces groupes de pression, Roger Waters n’est rien d’autre qu’un antisémite.

Comme si condamner sur la base de principes universels des criminels pouvait s’apparenter à de l’antisémitisme du simple fait que les criminels en question sont ou se prétendent juifs. Et commettent par-dessus le marché leurs crimes au nom de ce prétendu judaïsme.

C’est en vertu de ce raisonnement communautariste fanatique que des groupes de pression ont réussi à obtenir l’annulation d’une conférence que devait donner le musicien anglais le 30 avril dans ce que l’article qualifie de manière erronée de YMCA à New York. La 92Y où devait intervenir Roger Waters est en fait une institution culturelle juive quoique sur le modèle de la YMCA semble-t-il.

La 92Y de New York annule la venue de Roger Waters  en raison de pressions de la communauté juive

Kevin Rutherford, Radio.com (USA) 4 avril 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

La YMCA de la 92ème rue à Manhattan (92Y) a annulé une manifestation avec l’ancien bassiste/chanteur du Pink Floyd Roger Waters suite à des pressions émanant de membres de la communauté juive du fait des critiques que le rocker formule contre Israël depuis des années.

«Il est absolument scandaleux que des fonds de la communauté juive aillent aider Roger Waters à diffuser son message antisémite», a affirmé Richard Allen, l’organisation militante juive JCC Watch, a déclaré dans une déclaration faite le 3 avril avant l’annonce de l’annulation par la 92Y. Il a poursuivi en disant que les donateurs « contribuent à offrir à Waters les installations, le marketing et la respectabilité, ce qui lui permet de tromper encore plus de gens avec des mensonges anti-Israël. »

Waters, qui devait s’exprimer au centre culturel juif sur sa carrière longue et bien remplie de musicien, a affirmé par le passé qu’il voudrait voir Israël boycotté par les musiciens en soutien au mouvement international de solidarité avec la Palestine. Waters a récemment exhorté les musiciens à s’associer à lui pour une initiative pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre ce pays, qualifiant Israël de «régime d’apartheid»  qui opprime la Palestine et qui, en dépit des pourparlers de paix avec les Palestiniens, ne veut pas la paix en réalité.

Le musicien âgé de 69 ans s’est attribué le mérite de  la décision de Stevie Wonder de ne pas participer à un gala pour les amis de l’armée israélienne, indiquant qu’il avait envoyé une lettre à Wonder pour l’exhorter à annuler sa participation qui aurait été comparable à «jouer au bal de la police de Johannesburg le lendemain du massacre de Sharpeville en 1960.»

L’évènement avec Waters à la 92Y était prévu pour le 30 avril avec des tickets d’entrée ) 75 dollars. Une déclaration sur la page programmation du site web du centre révèle que la conférence a été annulée et que les tickets vendus seront remboursés.

Judith Butler et le Musée Antijuif de Berlin

16 septembre 2012

Dans le cadre du cycle de formation sur la hasbara (pédagogie du mensonge sioniste), j’ai traduit ce papier du Jerusalem Post qui se veut une dénonciation de l’accueil fait par le musée juif de Berlin à Judith Butler, une intellectuelle américaine connue qui ne cache pas ses positions en faveur du Boycott, des Sanctions et du Désinvestissement(BDS) contre le régime sioniste.

Judith Butler

On comprend d’ailleurs incidemment que Judith Butler est juive puisque le recours à des personnalités juives antisionistes nous est présenté comme un des procédés auquel a recours le nouvel antisémitisme, particulièrement en Allemagne.

Il en va de même pour les prix décernés à des intellectuels Juifs hostiles au sionisme…

De fait, il existe une conscience de plus en plus aigüe dans l’entité sioniste du fait que des citoyens du monde, ainsi que des intellectuels, toujours plus nombreux considèrent leur Etat comme se comportant de manière anormale.

Ce phénomène est pour l’instant compensé par un renforcement de l’emprise sur les élites politiques, le problème étant qu’elle est de plus en plus voyante parce qu’après le dîner du CRIF, il reste quelques taches indélébiles sur la chemise de certains. Et que certains en ont peut-être assez de faire la guerre pour l’Etat juif et d’avoir par sa faute un pétrole à 100 dollars le baril en ce moment.

Réfléchissez seulement aux noms des intellectuels qui soutiennent l’entité sioniste et vous observerez qu’ils représentent le plus souvent ce qu’il y a de plus médiocre. En France, nous avons Bernard-Botul-Henri Lévy, Alain Finkelkraut (moins mauvais philosophe que le premier, il fait un bon professeur de classe de terminale ou de premier cycle universitaire), beaucoup de gens de la tribu en réalité, puis toute une cohorte d’éditorialistes qui craignent d’être virés de leur canard ou du petit écran. La preuve en étant précisément le sort de ceux qui ont osé dire quelques vérités : licenciés, interdits de télévision, de salles de conférences ou de salles de spectacles.

En fait cet article du Jerusalem Post est proprement délirant et on y lit même une volonté d’obtenir le limogeage de Michael Blumenthal, le directeur américain qui aurait transformé ce musée juif en musée antijuif.

Et il recourt à un certain nombre de procédés en usage chez la clique sioniste : le chantage à l’antisémitisme, la menace, les citations tronquées ou carrément inventées, le travestissement des faits historiques dans le cas ici de la question du boycott des commerces juifs par l’Allemagne nazie.

Le Musée Juif de Berlin accueille une manifestation qui appelle au boycott d’Israël

Par benjamin Weinthal, Jerusalem Post 16 septembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’institution juive reçoit Judith Butler, qui renouvelle son soutien au mouvement BDS; un auditoire de 700 personnes acclame l’appel au boycott.

Berlin – Le Musée Juif de Berlin, dont la renommée est internationale, a accueilli une table ronde de discussion ce samedi avec l’universitaire américaine Judith Butler qui a renouvelé ses appels à boycotter Israël. Il semble que ce soit la première manifestation anti-israélienne à se tenir dans le musée juif depuis son ouverture en 2001 avec pour mission de faire connaître l’histoire bimillénaire des Juifs en Allemagne. Au moins 700 personnes participaient à l’évènement.

La décision de ce musée financé par le contribuable allemand de lui donner une tribune dans la capitale, qui a servi à l’époque nazie comme rampe de lancement d’un mouvement de boycott contre les entreprises judéo-allemandes, a suscité des froncements de sourcils par rapport au management du musée par sa direction.

Dans un courriel samedi au Jerusalem Post, le professeur Gerald Steinberg, qui est à la tête d’ONG Monitor à Jérusalem [une officine qui surveille les ONG], a qualifié l’institution culturelle de «Musée Antijuif de Berlin.»

Le musée antijuif de Berlin

Butler, une professeure d’analyse du discours et de littérature comparée à l’université de Californie, Berkeley, a déclaré devant le public massé dans la cour du musée qu’elle accepte une «version du boycott» contre Israël, et a souligné que le mouvement pour le Boycott, les Sanctions et le Désinvestissement (BDS) est une «résistance non violente» contre Israël. Elle a soutenu que ‘’1 000 organisations juives’’ étaient d’accord avec elle.

L’auditoire en majorité allemand a souvent applaudi Butler à tout rompre pendant les deux heures qu’a duré la table ronde intitulée ‘’Le sionisme appartient-il au judaïsme ?’’ Le panel de discussion avec Butler avait suscité la controverse avant sa tenue samedi, ce qui avait amené le modérateur prévu, Jacques Schuster, un journaliste du quotidien Die Welt à annuler sa participation à la manifestation parce qu’une ‘’discussion équilibrée’’ avec Butler n’est pas possible et que ses opinions sur Israël sont plus que ‘’farfelues.’’

La ville de Francfort s’est retrouvée plongée dans trois semaines de dispute par rapport à la décision des services culturels de la ville de rendre hommage à Butler le 11 septembre avec le prestigieux prix Theodor Adorno pour l’excellence dans le domaine des humanités.

Steinberg, dont l’organisation sert d’observatoire des organisations anti-israéliennes publiques ou privées, a écrit au Post que ‘’l’attribution du prix Adorno à Judith Butler est une mascarade du point de vue moral, et la décision du Musée Juif de Berlin de l’accueillir est une grossière insulte de plus faite au peuple Juif.’’

Il a ajouté : ‘’Butler épouse des causes comme la campagne BDS, effaçant ainsi le terrorisme de masse (‘sa version de la non violence’) et, comme le Hamas et le Hezbollah, vise explicitement à détruire Israël.’’ Cette plateforme [BDS] incarne l’antithèse de tous les principes des droits de l’homme adoptés à l’ombre de l’holocauste.’’

Dans un courriel au Post, Cilly Kugelmann, la directrice du Musée, écrit ‘’Nous nous définissons… comme un forum de discussion et de débat sur des thèmes historiques et pertinents [par rapport à l’objet du musée].’’ Elle écrit que le musée considère que sa mission est de traiter de la ‘’vie juive au pays et à l’étranger, ainsi que des  relations entre juifs et non juifs.’’

Interrogée par le Post sur le soutien apporté par Butler aux boycotts contre Israël et ses propos ostensiblement amicaux à l’égard du Hezbollah et du Hamas, Kugelmann a ajouté que ‘’dans notre équipe il y a diverses attitudes et positions.’’ Elle a refusé de répondre à des appels téléphoniques et à d’autres requêtes par courriel sur la question de savoir que les membres de l’équipe du musée partageaient les points de vue pro-BDS de Butler ainsi sue ses descriptions du Hezbollah et du Hamas comme des organisations progressistes de gauche.

Katharina Schmidt-Narischkin, porte-parole du Musée Juif, a déclaré vendredi au Post que le public n’était pas autorisé à poser des questions à Butler sur le Hamas et le Hezbollah. Elle a écrit au Post samedi qu’il n’y aurait pas de ‘’questions du public.’’ Le musée a cependant recueilli par écrit les questions du public à la fin de la table ronde et les a triées avant soumission.

Butler avait suscité de vives critiques en Allemagne, en Israël et aux Etats Unis à cause de ses propos lors d’une manifestation “Teach-in Against War où elle affirmait que ‘’Comprendre le Hamas/Hezbollah en tant que mouvement sociaux qui sont progressistes, qui sont à gauche, qui font partie de la gauche dans son ensemble est extrêmement important.’’ Dans un courriel adressé au Post en août, elle avait nuancé ses assertions et dit que sa description ne signifiait pas qu’elle approuve le Hamas et le Hezbollah et elle rejette les mouvements violents.’’ ‘’Je n’ai jamais pris position sur l’une ou l’autre organisation,’’ écrivait Butler. Elle a refusé de répondre aux demandes du Post pour connaître son point de vue exact sur les deux organisations islamiques radicales.’’

Dans une lettre au Post, Michael Blumenthal, l’Américain qui supervise la direction exécutive du musée, écrit que ‘’le musée ne prend pas position sur des questions politiques, que ce soit en Allemagne, en Israël ou ailleurs.’’ Il ajoute que ‘’nous pensons qu’une discussion honnête et équilibrée des sujets qui ont trait à notre mission sont importants et dans l’intérêt du public. Le Musée Juif de Berlin fait cependant clairement et sans équivoque savoir que les opinions exprimées par les orateurs sont les leurs – et seulement les leurs.’’

Steinberg a répondu que ‘’les tentatives de Blumenthal pour justifier ce genre de comportement sur la base du débat équilibré et démocratique et de la liberté d’expression est aussi creuse moralement que la défense de Butler. Tant que Blumenthal restera en poste, cette institution sera connue comme le musée antijuif de Berlin.’’

Blumenthal observait dans da lettre que la présence du Dr. Micha Brumlik dans la discussion faisait contrepoids à Butler. Pendant le panel de discussion, Brumlik, un professeur juif libéral de pédagogie, a plaidé contre les actions BDS contre Israël, mais il a été dépassé et n’a pas été pris au sérieux par une audience largement acquise à Butler.

Une universitaire juive allemande présente à la manifestation a exprimé sa consternation quant au cours de la discussion au musée. Elle a déclaré au Post que ‘’l’antisionisme est énorme en Allemagne’’ et que le contexte historique et politique est différent en Allemagne.

Des esprits critiques en Allemagne soutiennent depuis longtemps que les organisations et les politiciens non juifs décernent souvent des prix à des juifs antisionistes et anti-Israël pour exprimer leurs préjugés contre l’Etat juif et éviter de la sorte d’être accusés d’antisémitisme ou de préjugé.

Phyllis Chesler, professeure émérite de psychologie et d’études féminines à la City University de New York, a écrit par courriel au Post que «ce que les comités de Berkeley et du prix Adorno retiennent sont ses prises de positions antisionistes très visibles et publiques qui, en cette phase de l’histoire, constituent une partie de l’objet du « nouvel antisémitisme.’

Chesler, qui a écrit sur les professeurs anti-Israël, a ajouté que les universitaires comme Butler « sont récompensés pour leurs opinions politiques – qui sont la réalité de leur œuvre.’’

Sionisme et antisémitisme font tente commune à Manchester

27 novembre 2011

L’entité sioniste n’a aucune légitimité, pas plus au point de vue historique, qu’au point de vue juridique ou même biblique.

C’est en fait l’exemple le plus achevé de l’Etat voyou.

Et c’est pour cette raison que les officines qui gravitent autour de cette entité, et généreusement alimentées par les milliardaires qui en sont les véritables dirigeants, sont très soucieuses de lutter contre ce qu’elle appellent la « délégitimation » de cette voyoucratie.

Vous me direz, comment peut-on délégitimer un Etat qui n’a aucune légitimité ?

Et c’est une bonne question, car essayez par exemple d’imaginer des gens en train d’essayer de délégitimer l’Etat français (je veux dire la France en tant que phénomène politique, pas telle ou telle forme d’Etat) ou l’Etat bulgare.

Oui, cela semblerait parfaitement incongru.

Certes des Etats ont été délégitimés et ont disparu comme par exemple la Yougoslavie. Mais si cet Etat a disparu, ce n’est pas le cas de ses composantes qui lui préexistaient et qui restent là où elles ont toujours été et s’inscrivent dans de nouveaux cadres juridiques.

En ce qui concerne l’entité sioniste, c’est donc autre chose et cette autre chose, c’est simplement l’abolition du projet sioniste.

L’article d’Asa Winstantley que je vous propose traite de conférences organisées en Grande Bretagne  par des officines sionistes  pour faire campagne contre la délégitimation et le boycott.

Outre le fait intéressant que les sionistes s’appuient ouvertement sur des poncifs antisémites qu’ils font leurs, Asa Winstantley pointe ici le rôle des habituels malfaiteurs, les mêmes qui se trouvent au cœur du scandale qui a contraint Liam Fox à démissionner de son poste de ministre de la défense. On note au passage que cette gangrène touche aussi bien le parti Conservateur que le parti travailliste, même si ce dernier en est moins dépendant financièrement.

Enfin, il est piquant de voir qu’une organisation soutenue par des milliardaires qui ont pignon sur rue, et ont des dirigeants politiques comme clients, soit obligée de taire autant que possible le lieu de ses conférences.

Electronic Intifada interdite de reportage à une conférence sur la «délégitimation» au Royaume Uni

Par Asa Winstanley, The Electronic Intifada (Palestine) 26 novembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaîri

Une conférence anti-palestinienne qui doit se tenir demain au Royaume Uni n’a pas autorisé  Electronic Intifada à assister à l’événement, tout en admettant que d’autres journalistes y auront librement accès.

LaGrande Tente pour Israël” à Manchester rassemblera une alliance d’organisations pro-israéliennes dans le but spécifique de combattre le succès grandissant de la champagne palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS). Le nouvel ambassadeur israélien Daniel Tuab doit s’exprimer dans la conférence en qualité de principal orateur, selon son programme.

La manifestation est centrée sur un rapport de 2010 publié par un influent think-tank israélien, le Reut Institute, qui considère Londres comme le «pôle parmi les pôles  de la délégitimation ».

Les media palestiniens sont apparemment exclus

J’ai envoyé un courriel aux organisateurs pour leur dire que je suis une journaliste qui écrit pour l’Electronic Intifada, un site internet palestinien d’informations.  J’ai demandée à être inscrite au titre de la presse et j’ai proposé de mettre bien en évidence ma carte de presse nationale lorsque je me trouverai dans la salle de conférence.

N’ayant pas reçu de réponse, je les ai appelés vendredi. On m’a passé une certaine Debbie Marks qui m’a dit faire partie des organisateurs. Elle a refusé de répondre à la plupart des questions que je lui ai posées. Mlle Marks m’a dit travailler pour Qube Events, et n’avoir pas le pouvoir de prendre la décision finale. Son entreprise a été engagée pour assurer la logistique de la conférence. Elle m’a dit qu’une décision relative à ma demande pour assister à la conférence suivrait via un courriel.

Elle m’a promis quoi qu’il en soit, de me recontacter vers la fin de la journée. Quand j’ai insisté sur ce point, elle a dit que « pour le moment, il semble que les places pour la presse sont déjà toutes réservées.» Je lui ai dit que, au cas où ma demande d’accès serait rejetée, j’aimerais avoir une explication du pourquoi. Mlle Marks m’a répondu qu’ils [les organisateurs] ne donneraient probablement pas cette information.

Bruce Levy de Jews for Boycotting Israeli Goods (J-BIG, Juifs pour le boycott des marchandises de l’entité) s’était inscrit auparavant à une manifestation du même genre à Londres (il en rend compte sur le blog London BDS). La manifestation londonienne annonçait la participation de Michael Weiss de l’Henry Jackson Society et Douglas Murray de NGO Monitor (tous deux sont aussi annoncés à Manchester). Mais un jour avant la conférence, Mlle Marks avait écrit à Levy pour annuler sont billet d’entrée. Quand il a réécrit pour en demander la raison, elle n’a pas apporté grand-chose : «Nous ne sommes pas obligés de donner une raison.»

Au téléphone, j’ai demandé à Mlle Marks quels organes de presse seraient présents. Elle a d’abord répondu qu’ils avaient une « grosse sélection » de journalistes attendue, qu’elle ne pouvait donc pas en faire la liste au téléphone. Pressée sur ce point, elle m’a dit que « Qube ne peut pas divulguer cette information.»  J’ai demandé si oui ou non, des media palestiniens seraient présents, mais elle a éludé la question en disant qu’ils «ne peuvent pas aller jusque là.»

Elle a répété que je recevrai de toute façon une réponse d’ici la fin de la journée. Elle a dit que si ma demande était acceptée, elle m’enverrait un courriel avec un billet d’entrée.

Je lui ai fait part de mon inquiétude vu que leur site internet indiquait que les demandes étaient reçues jusqu’à 14h et qu’en fin de journée il serait peut-être trop tard. Je lui ai fait savoir que je n’avais pas encore payé mon entrée. Elle m’a répondu que les entrées étaient de toute façon gratuites pour les journalistes. Elle m’a alors confirmé que les autres journalistes recevront des laisser passer

A 18h, le courriel promis ne s’était pas concrétisé. J’ai donc rappelé. Tout ce que j’ai pu avoir, c’est une boîte vocale annonçant que la période des demandes d’entrée était maintenant close. Aujourd’hui, à 15h 12, j’ai reçu le courriel suivant :

              Chère Asa,

J’ai le regret de vous informer que votre demande d’accès n’a pas abouti.
Sincères salutations
Debbie
The Big Tent for Israel

J’ai écrit en retour pour demander le motif de cette décision, mais je n’ai pas encore reçu de réponse.

Dans la mesure où il s’agit techniquement d’une manifestation privée, les organisateurs de The Big Tent For Israel” ont le droit d’inviter qui ils veulent. Mais la question doit être posée : le dossier pro Israël est-il si mauvais qu’il ne puisse supporter la critique ? Il est clair que si mon point de vue est critique, j’aurais néanmoins couvert la manifestation avec précision et honnêteté.

Qui est qui

En lien avec cette question, le site web de la conférence nous en dit assez long, particulièrement le programme de la journée.

L’ouverture en plénière verra la participation d’Ivan Lewis, député, d’ Eran Shayshon du Reut Institute, du secrétaire général de l’Histadrout (syndicat des travailleurs sionistes) Yakov Triptou et du colon Israélien Itamar Marcus. La séance d’ouverture comprend aussi un message vidéo du magnat de l’industrie minière Mick Davis, membre du conseil d’administration de l’United Jewish Israel Appeal.

Lewis était ministre délégué auprès du Foreign Office pour le Moyen orient sous le précédent gouvernement travailliste. Il est aussi membre et ancien vice président du groupe de pression Labour Friends of Israel. Selon The Independent, sa nomination [dans le gouvernement travailliste] avait « suscité des froncements de sourcils au Foreign Office » car il était un « des plus chauds partisans politiques   de l’attaque de l’armée israélienne contre gaza.»

A en juger par le préambule du rapport de 2010, Shayson dirigeait l’équipe chargée de sa rédaction. Selon un site wed du Reut Institute, son équipe «traite du défi palestinien.»

Davis, un patron d’origine sud-africaine est lié au récent scandale Adam Werritty. Werritty a déclaré lui-même pendant l’enquête conduite récemment par l’inspecteur de la fonction publique Gus O’Donnell, que Davis était un des contributeurs de Pargav, la compagnie contrôlée par Werritty. L’ancien ministre de la défense Liam Fox a été contraint à la démission après les révélations selon lesquelles Werritty (son témoin de mariage) se faisait passer pour son conseiller, alors qu’il n’avait aucun rôle officiel. Werritty se servait de l’argent de Pargav pour « payer des voyages à travers le monde » selon un article du Guardian de mercredi (l’article a été retiré du site du Guardian « en attendant une enquête », mais il est mis en miroir ici et ).

Marcus est le fondateur et le directeur de Palestinian Media Watch. Il vit dans la colonie illégale d’Efrat en Cisjordanie, selon le groupe de pression pour la transparence SpinWatch. Il est une des personnes interviewées dans le film islamophobe «Obsession.» Marcus avait aussi pris la parole en 2008 à la conférence de Jérusalem « Face au djihad,» le même jour que le député néerlandais Geert Wilders.

Sionisme et antisémitisme font « tente » commune

Le programme de la “Grande tente” est en lui-même inquiétant. Un des ateliers est baptisé : « Chaque Juif est un ambassadeur pour israël, pourquoi ne pas les utiliser ?» Selon une définition du site web du Community Security Trust [CST, organisme communautaire qui prétend prendre en charge la sécurité des Juifs en Grande Bretagne], « tenir les Juifs pour collectivement responsables des actions de l’Etat d’Israël » est un exemple d’antisémitisme.

Un des intervenants de cet atelier est Lorna Fitzimmons, ancienen depute travailliste et directrice exécutive du Britain Israel Communications and Research Centre (BICOM). Une compagnie propriété du président et principal donateur de BICOM, Poju Zabludowicz, était un autre des donateurs de Pargav, la société de Werritty.

Au téléphone, j’ai signalé à Mlle Marks que l’intitulé de cet atelier était antisémite. Elle a refusé de s’exprimer sur le contenu du programme à la définition duquel elle n’a pas été associée : Qube n’a aucun détail sur le contenu du programme, » a-t-elle affirmé. Je lui ai demandé si à titre personnel elle trouvait que l’intitulé était antisémite mais a refusé de s’exprimer sur ce point.

Lieu mystérieux

Comme la plupart des manifestations pro-Israël ces derniers temps au Royaume Uni, le lieu d’installation de la «Grande Tente» n’a pas été annoncé publiquement. « le lieu de la conférence sera annoncé en temps voulu » explique le site web. C’est, semble-t-il, une tentative pour éviter une protestation des militants du BDS contre l’événement, ou de laisser des opposants en avoir une vue de l’intérieur.

Une source militante me dit que le lieu choisi est probablement le centre de conférences de Manchester, mais je n’ai pas pu le vérifier. J’ai parlé de ce lieu à Mlle Marks mais, sans surprise, elle n’avait rien à dire à ce sujet.

Le Reut Institute

Le rapport de 2010 du Reut Institute autour duquel se centre la « Grande Tente » est intitulé : « L’attaque contre la légitimité d’Israël : l’étude du cas londonien.» Le rapport affirme que Londres « est désignée comme la ‘Mecque de la délégitimation.’ Les Londoniens ont joué un rôle essentiel dans toutes les grandes campagnes récentes de délégitimation, y compris les conférences de Durban, la flottille de Gaza et le mouvement pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS). »

Reut est connu pour avoir soutenu en 2010 qu’Israël devrait « saboter » le mouvement de solidarité avec les Palestiniens.


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