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Sex Shop halal sur internet

20 octobre 2013

Après le sex shop halal de Casablanca (à moins que ce soit un canular),un sex shop halal en ligne en Turquie.

Après tout, on a bien les sauces végétales et les oeufs halal.

En tout cas Youssef al Qaradaoui saura maintenant où acheter ses godemichés

Ouverture du premier sex shop halal en ligne en Turquie

Hürriyet (Turquie) 20 octobre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un sex shop en ligne vient d’être lancé pour vendre des produits « halal » aux Musulmans en Turquie, ce qui en fait le premier de ce genre dans le pays.
Sex Shop halal on line

Sex Shop halal en ligne

Le site web présente ses produits comme absolument sûrs et halal conformément aux normes islamiques.

Quand les usagers d’internet entrent sur le site marchand en ligne, il y a deux liens différents, un pour les hommes et un pour les femmes, qui guident les visiteurs vers deux sections séparées pour les produits féminins et masculins.

Il y a aussi d’autres sections sur le site web pour discuter des relations sexuelles sous l’angle de l’Islam.

Hollywood ou la propagande en économie de marché

25 décembre 2012

Quand on pense à la propagande sous ses différents aspects, on a souvent à l’esprit celle qui est produite par les régimes autoritaires comme celui de Corée du Nord ou encore celui qui gouverne actuellement en Syrie.

Pourtant, les systèmes de propagande de ces pays se caractérisent avant tout par leur manque de subtilité et, surtout, d’efficacité sauf quand le pays concerné est complètement fermé vis-à-vis du monde extérieur. La population locale est alors complètement tributaire des médias gouvernementaux.

Ce qui est le cas de la Corée du Nord mais pas du tout de la Syrie qui était encore récemment largement ouverte sur son environnement régional et même au-delà.

Dans la crise que vit ce pays, d’aucuns insistent sur le poids de la propagande gouvernementale dans la couverture des évènements. Pourtant, chacun sait que les médias dépendant du gouvernement syrien n’ont qu’un impact limité hors de Syrie et ne représentent absolument rien par rapport aux poids lourds de la communication que sont TF1 et Libération en France, Sky News et le Times au Royaume Uni ou CNN et USA Today aux Etats Unis. On se souvient du rôle de ces médias dans la crise en Libye, les guerres contre l’Irak, le conflit yougoslave etc.

Et ce ne sont pas quelques blogueurs ici ou là qui seraient susceptibles de concurrencer ces médias lourds (sans parler des blogueurs pro opposition).

De fait, les principaux acteurs de la propagande relative à la Syrie sont bel et bien les médias occidentaux dont beaucoup se parent de la qualité d’organes de presse «indépendants» et donc crédibles.

Pourtant ces médias ne sont ni indépendants, ni nécessairement crédibles et leur rôle dans la propagande a été démontré dans divers contextes, notamment celui de la seconde guerre mondiales ainsi que nous le rappelait opportunément Timothy Sexton à propos du cinéma hollywoodien dont le rôle idéologique n’a fait que croître avec le développement de la télévision.

L’histoire d’Hollywood: la propagande pendant la deuxième guerre mondiale

Par Timothy Sexton, Yahoo! Contributor Network (USA) 29 décembre 2006 traduit de l’anglais par Djazaïri

Beaucoup d’américains seraient hérissés par l’idée que les films hollywoodiens étaient aussi délibérément propagandistes que les films produits en Allemagne à l’époque du nazisme. Alors que ces films [allemands] étaient pour la plupart lourds et sans subtilité, il y eut des exceptions comme Olympia [connu en France sous le titre : Les dieux du stade], un documentaire sur les Jeux Olympiques réalisé avant-guerre par Leni Riefenstahl. Peu de gens contesteraient qu’Olympia a une valeur artistique bien supérieure à sa valeur propagandiste.

Affiche et images extraites du film Olympia

Affiche et images extraites du film Olympia

Les américains restent cependant encore réticents devant toute suggestion selon laquelle la propagande pro-américaine serait sous un aspect quelconque comparable à la propagande produite par n’importe quel pays qui serait notre ennemi du moment. Et pourtant, il suffit simplement de regarder Rambo III de Sylvester Stallone pour en avoir confirmation. Ce film dépeint comme des héros les «combattants de la liberté» en Afghanistan qui sont maintenant des terroristes connus sous le nom de Talibans.

La propagande pendant la deuxième guerre mondiale tendait à être beaucoup moins flagrante à Hollywood qu’elle ne l’était à Berlin, mais pour une seule raison. Même dans la quête d’un aussi noble objectif que d’appeler à soutenir la guerre, les dirigeants d’Hollywood gardaient un seul véritable objectif : gagner de l’argent en faisant des entrées.  Le fait que les films américains n’étaient pas que de la propagande pure et simple témoigne du bon vieil appât du gain des patrons des studios et du talent des scénaristes, des acteurs et des réalisateurs. Si les intrus de l’Office of War Information [bureau d’information sur la guerre] et du Bureau of Motion Pictures [bureau du cinéma avaient eu les coudées franches, il est à peu près certain qu’on se souviendrait aujourd’hui de peu de films relatifs à la guerre.

Là où Hollywood a le mieux réussi – ou a peut-être fait le pire – pour présenter l’idée propagandiste de Washington, c’est dans ses courts métrages et ses dessins animés.  Certains dessins animés de la Warner de l’époque ont été définitivement retirés de la circulation en raison de leur description souvent raciste ou à prédominance raciste des allemands et, spécialement, des japonais. Le fait que ces dessins animés n’aient pas passé avec succès l’épreuve du temps du point de vue artistique et sont aujourd’hui considérés comme embarrassants par les studios est en vérité une preuve suffisante pour démontrer qu’Hollywood savait ce qui se passait. A côté de ces dessins animés, toute une série de courts métrages avaient été produits montrant des vedettes d’Hollywood contribuant à l’effort de guerre, tentant d’inciter à l’achat de bons de guerre en se faisant généralement passer pour des gens ordinaires. Ces courts métrages sont à peu près aussi ridicules aujourd’hui que les dessins animés, offrant une image d’authenticité et se sincérité qui n’existait pas.

Le gouvernement cherchait à influer sur tous les aspects de la production cinématographique du temps de guerre, depuis la quantité de sang qui coulait pendant les scènes de combat jusqu’à décider si un film qui faisait d’une manière ou d’une autre la satire des valeurs américaines devait être distribué à l’étranger. (En passant, saviez vous que  [de Frank Capra avec James Stewart dans le rôle principal, NdT] avait été dénoncé dans la vraie vie par certains sénateurs à sa sortie à l’époque comme étant un-américan, anti-américain ? Ce n’est pas une blague.) Les politiciens semblaient déterminés à jouer le même jeu que leurs homologues allemands : c’est-à-dire à dépouiller complètement les films de toute valeur artistique au profit d’une propagande enthousiaste et naïve.

Heureusement, l’appât du gain l’avait emporté sur le patriotisme à courte vue. Même si une bonne partie de sous-produits oubliés dans l’instant du cinéma de propagande avait pu voir le jour, la démarche d’Hollywood pour instiller de la ferveur guerrière était incroyablement subtile. Même le film de guerre typique qui essayait de présenter une unité militaire comme un microcosme du rêve américain en y mettant un soldat de chaque groupe ethnique, à l’exception des noirs et des japonais, s’est avéré un terrai fertile pour des récits dramatiques. Le concept d’un groupe de types venant de différents milieux et s’unissant pour une cause commune a peut-être tôt fait de devenir un cliché, mais il a rarement nui à un film.

Un aspect essentiel de l’effort de guerre consistait bien sûr en l’arrivée de la main d’œuvre féminine, un fait qui se reflétera dans les films. Tout film qui se déroulait dans un contexte contemporain – qu’il traite ou non de la guerre – devait par définition tenir compte de l’absence d’hommes dans la main d’œuvre. Le résultat fut que le public féminin se voyait montrer de manière routinière des images de femmes au travail. Même si les femmes qui travaillent étaient depuis longtemps un élément de base des intrigues cinématographiques, c’est seulement avec les années de guerre que le fait qu’une femme occupe un emploi normalement exercé par un homme n’a plus fait partie intégrante de l’intrigue. La femme occupait un emploi masculin parce c’était le reflet de la réalité.

Le plus bel exemple  de la grande subtilité avec laquelle Hollywood menait une campagne de propagande est peut-être le film Casablanca, un classique du cinéma.

Humphrey Bogart et Ingrid Bergmann

Humphrey Bogart et Ingrid Bergman

Quoique considéré dans le monde entier comme étant peut-être le plus beau mélodrame jamais porté à l’écran, l’histoire sentimentale n’était pas la seule chose qu’avaient à l’esprit ses producteurs. Les cinéastes d’aujourd’hui feraient bien de regarder plusieurs fois  Casablanca avant de se lancer dans leurs projets de films de propagande; c’est un magnifique exemple de la manière dont un film peut fonctionner efficacement à deux niveaux. Tout en étant une des plus grandes romances de notre temps, Casablanca existe aujourd’hui d’abord parce que certaines personnalités puissantes d’Hollywood voulaient faire quelque chose qui pourrait convaincre l’Amérique de cesser d’être un pays qui ne prend de risques pour personne [isolationniste, NdT].

L’histoire non dite de la « rébellion  » libyenne

18 février 2012

Un intéressant article qui revient sur la prétendue «révolution» libyenne ». On apprend d’ailleurs qu’un des objectifs des prétendus révolutionnaires était justement d’éliminer ceux qu’ils désignaient comme révolutionnaires. Non, non ils n’avaient pas d’idées suicidaires mais selon leurs propres termes, les révolutionnaires étaient les membres des structures politiques du régime de Mouammar Kadhafi.

Volià pour le qualificatif de révolutionnaire.

L’auteur arrive en fin de compte à des conclusions voisines de celles que formule Thierry Meyssan, c’est-à-dire que les gouvernements occidentaux se sont alliés de facto et en toute connaissance de cause avec des «djihadistes» du genre Oussama ben Laden qu’ils prétendaient combattre. La différence étant que la National Review et John Rosenthal sont des conservateurs Américains, c’est-à-dire qu’ils se situent dans la ligne classique du parti Républicain. Le plus grand des paradoxes étant que des « djihadistes » ont été portés au pouvoir avec l’aide en matière de relations publiques d’un de ces mêmes «intellectuels» qui dénonce le fascisme vert.

Je dirai que cet article nous en dit surtout un peu plus sur le moment où a commencé à se nouer cette alliance, soit la période où bon nombre de chefs de cette nébuleuse sont tombées entre les mais des services secrets occidentaux qui ont compris qu’il était possible de travailler avec eux dans l’intérêt commun.

Le complot islamiste: l’histoire non dite de la rébellion libyenne

Par John Rosenthal, National Review (USA) 17 février 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

C’est aujourd’hui l’anniversaire official de la “révolution du 17 février,” la rébellion libyenne contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi qui – avec une aide massive d el’OTAN- a fini par aboutir à la chute du régime et à la mort de Kadhafi. Même si la rébellion a été d’emblée présentée par les media occidentaux comme un « mouvement de contestation », il ressort clairement des preuves filmées comme des témoignages de première main que les « manifestations » ont été extrêmement violentes dès le début. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir des colonnes de « manifestants » armés – comme certains media les ont qualifiés de manière incongrue – se mettre en marche en direction de Tripoli.

Dans pratiquement chaque ville où des troubles ont éclaté, des postes de police et d’autres édifices et installations publics ont été attaqués et incendiés. De telles attaques avaient été signalées à Benghazi, Derna, Tobrouk, el Beïda et Zawiyah entre autres. A Derna, selon le témoignage d’Amer Saad, un « militant » pro-rébellion, les forces fidèles à Kadhafi avaient été enfermées dans des cellules d’un poste de police local et le bâtiment avait été incendié.

La violence des “manifestations” n’est guère surprenante compte tenu de ce que nous savons maintenant du rôle du Groupe Islamique Libyen de Combat (GILC) lié à al Qaïda dans la rébellion. Au moins trois militants liés à al Qaïda qui avaient à un moment ou à un autre été détenus par les Etats Unis ont joué un rôle de premier plan dans le soulèvement contre Kadhafi. Après la chute de Tripoli, l’un d’entre eux, le chef historique du GILC, Abdelhakim Belhadj deviendra gouverneur militaire de la capitale libyenne (dans la presse occidentale, Belhadj est souvent confondu avec Abdelhakim al-Hasadi qui est un autre militant lié à al Qaïda qui a joué un rôle très important dans les premières phases de la rébellion en Libye orientale).

En outre, des faits peu connus mentionnés dans un dossier judiciaire britannique indiquent qu’il n’y a rien eu de spontané dans la violence. Vers le milieu de la dernière décennie, le GILC avait en fait élaboré un plan pour déstabiliser le régime de Kadhafi au moyen des mêmes nombreuses tactiques qui seront employées dès le début de la rébellion en février 2011. Le plan avait été découvert dans un CD saisi par la police britannique au cours d’une perquisition effectuée en février 2005 au domicile d’un réfugié politique Libyen à Birmingham.  Dans une décision de justice de 2009, l’individu est simplement identifié par les initiales « AV ». (voir Secretary of State for the Home Department contre AV,  30 avril 2009.)

Les attendus de la décision observant que AV était un membre du conseil de la chouhra [consultation] du GILC et que son nom avait été ajouté le 7 février 2006 à la liste de l’ONU des personnes et entités liées à al Qaïda.

Ces indications ainsi que d’autres précisions biographiques désignent clairement « AV » comme étant en réalité Abderrahmane al-Faqih. Selon la décision judiciaire britannique et d’après les informations recueillies par le Conseil de Sécurité de l’ONU, al-Faqih/ « AV » avait été condamné par contumace par un tribunal marocain pour complicité dans l’attentat suicide de Casablanca en mai 2003 qui avait coûté la vie à plus de 30 civils et blessé beaucoup d’autres.

Qui plus est, le résumé des motifs de l’ONU pour l’inclusion d’al-Faqih dans la liste des sanctions contre al Qaïda note qu’il est «considéré comme étant relié au réseau terroriste en Irak qui était dirigé par Abou Moussab al-Zarkawi. » Les documents judiciaires britanniques montrent qu’al-Faqih avait implicitement admis ses liens avex al-Zarkawi et al Qaïda en Irak en affirmant avoir envoyé un message aux ravisseurs de Kenneth Bigley afin de les convaincre d’épargner la vie de Bigley (voir le § 17 de la décisien mise en lien ci-dessus). Bigley, un ingénieur Britannique, avait été décapité par l’organisation d’Abou Moussab al-Zarkawi en octobre 2004.

L’auteur du plan découvert dans le CD d’al-Faqih était le chef idéologique du GILC Abou al-Munthir, alias Sami al-Saadi. Comme le cher du CILC Belhadj, al-Munthir/al-Saadi avait été transféré dans une prison libyenne en 2004 après avoir été détenu par les services secrets américains en Asie du Sud-Est. Un certain Abou Munthir est incidemment cité dans les documents judiciaires britanniques comme étant un agent d’al Qaïda qui encourageait les jeunes Musulmans de Grande Bretagne à commettre des actes terroristes dans ce pays après l’invasion de l’Afghanistan. Des communications entre le gouvernement libyen et les services secrets occidentaux découvertes après la chute de Tripoli donnent à comprendre que l’Abou Mounthir en question n’était autre qu’al-Saadi (ces documents sont reproduits ici).

Entre autres documents trouvés sur le CD d’al-Faqih, se trouvait un manuel pour fabriquer des bombes et ce que le juge britannique Colin Mackay a décrit comme un «sinistre matériel anti-occidental.»

Selon la décision de justice de 2009, le plan du GILC:

Inclut un appel aux moudjahidin à s’entraîner au maniement des armes et à la préparation d’explosifs et à infliger des destructions et des dégâts aux « sièges des comités révolutionnaires, les locaux des services de renseignements et les lieux où se trouvent les révolutionnaires et les corrupteurs.»

Les références aux “révolutionnaires” et aux “comités révolutionnaires” concernent ce que Mouammar Kadhafi appelait la révolution Fateh. Les « comités révolutionnaires » étaient une composante permanente de la société libyenne du temps de Kadhafi : une forme d’institutionnalisation de la révolution Fateh.

Le plan du GILC appelait en outré à une “opération martyr” contre une cible importante comme le tyran Kadhafi, d’autres membres importants de la tyrannie ou des locaux des services de renseignements.” Il se trouve qu’un attentat suicide contre une caserne de l’armée à Benghazi le 20 février avait été signalée comme ayant joué un rôle essentiel dans le succès de la rébellion – l’auteur de l’attentat aurait rempli une voiture d’explosifs et fait exploser l’entré de la caserne.

Le simple fait que les rebelles se servent de la méthode caractéristique d’al Qaïda est en lui-même une preuve de la nature djihadiste de la rébellion. Des « opérations martyr » très semblables evec des véhicules bourrés d’explosifs ont été exécutées contre des installations militaires américaines en Afghanistan. Le fait que l’auteur présumé de l’attentat de Benghazi ait été salué comme un héros par la presse occidentale (voir ici ou ici par exemple) représente seulement un des aspects par lequel le conflit libyen a abouti à ce qu’on peut décrire comme une «banalisation» du djihad.

Il convient d’observer que sur la base de la possession par lui du plan du GILC, al-Faqih/ »AV » avait été déclaré coupable par un tribunal britannique pour recel d’un document visant à favoriser l’exécution ou la préparation d’actes terroristes en violation du Terrorism Act britannique de 2000. Une décision de 2007 confirmant la condamnation observe sans détour :

La législation ne donne pas d’exemption, ne fait pas d’exception, n’offre pas de défense, ni ne disculpe ce qu’on voudrait présenter comme du terrorisme pour une cause juste. Une telle notion est étrangère à la loi. Le terrorisme est le terrorisme quels que soient les motivations des auteurs.

Les forces britanniques se sont pourtant conjuguées aux forces françaises, américaines et d’autres puissances de l’OTAN pour intervenir en Libye en soutien d’une rébellion dont les méthodes avaient été reconnues comme étant de nature terroriste par le justice britannique.

En ce moment, il est courant chez les observateurs occidentaux de déplorer le fait que le « printemps arabe » a été suivi d’un « hiver islamiste ». Mais quand on le replace dans un ensemble, avec toutes les autres preuves des racines islamistes de la rébellion libyenne, le plan du GILC laisse peu de place au doute : indépendamment ce qui s’est passé dans le reste du monde arabe, le soulèvement en Libye était la réalisation non d’aspirations démocratiques, mais des vieilles ambitions d’extrémistes islamistes. C’est un « printemps islamiste » qui a ouvert la voie de l’actuel « hiver islamiste. »

— John Rosenthal traite de politique européenne et de questions de sécurité transatlantiques. Vous pouvez suivre son travail sur http://www.trans-int.com/ou sur Facebook.

Des manifestations au Maroc? Circulez, y’a rien à voir.

24 octobre 2011

Je n’avais pas vraiment l’intention de parler de la situation politique au Maroc car l’actualité de ce pays, appartenant comme l’Algérie à l’ancienne sphère coloniale française, est habituellement largement couverte par la presse française et francophone.

Mais pas toujours, puisque nos media semblent tarder à parler des manifestations qui viennent de se dérouler dans plusieurs grandes villes du royaume.

Ces manifestations ont eu lieu à l’appel du mouvement d’opposition du 20 février et dénoncent les prochaines élections parlementaires qui doivent se tenir dans ce pays. La police est intervenue et des coups de matraque ont été distribués.

Nous n’en sommes pas à la répression qu’ont connu ou connaissent encore d’autres pays arabes, mais il semble que les choses ne soient pas si consensuelles qu’on veut bien le dire dans cet Etat du Maghreb.

L’absence ou la rareté de la couverture médiatique de ce qui se passe à Casablanca ou à Safi nous montre d’abord que les opposants Marocains ne disposent pas du soutien dont bénéficient d’autres opposants dans d’autres pays arabes. 

On voit mal par exemple MM. Sarkozy et Bernard-Botul-Henri Lévy convoquer une réunion à Paris pour tenter d’unifier l’opposition marocaine. M. Lévy n’a semble-t-il même pas envisagé d’inviter certains responsables de l’opposition à boire le thé avec lui dans le riad qu’il possède au pays de l’arganier.

Pourtant la manifestation de Rabat avait de quoi piquer l’intérêt d’une presse occidentale qui s’est étendue sur le message que les images de la mort de Mouammar Kadhafi constituait pour un autre dirigeant Arabe, le président Syrien Bachar al-Assad pour être précis.

Et justement les manifestants de Rabat arboraient des photos du corps du dirigeant Libyen tout en scandant «C’est ce qui arrive aux despotes.»

Sauf erreur de ma part, ces manifestants ne parlaient pas du président al-Assad.

Les Marocains contestent les élections, violence dans la capitale

Par Souhail Karam, Reuters, 23 octobre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

 Rabat – Des milliers de Marocains ont manifesté dans les villes du pays ce dimanche, appelant à un boycott des élections législatives anticipées du mois prochain dont le résultat sera décisif pour l’avenir des réformes élaborées par le palais royal.

Ces manifestations sont les dernières en date d’une série de manifestations du mouvement d’opposition du 20 février dominé par la jeunesse, inspiré par les soulèvements qui ont renversé les dirigeants en Tunisie et en Egypte, pour exiger une monarchie parlementaire et la punition des officiels accusés de corruption.

Dans la capitale Rabat, un journaliste de Reuters a vu des dizaines de policiers anti-émeute frappant à coup de matraque et à coups de pieds des manifestants qui s’étaient rassemblés devant le siège du parlement, au terme d’une marche qui avait rassemblé environ 3 000 personnes.

Un élu local de la mairie de Casablanca, la plus grande ville du pays, a déclaré qu’environ 8 000 personnes ont pris part à une manifestation semblable dans cette ville. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans d’autres villes comme à Fez et à Tanger.

“Ces manifestations nationales avait pour mot d’ordre commun un appel au boycott des élections législatives du 25 novembre,” explique Omar Radi, un militant du comité local du mouvement du 20 février à Rabat.

“Il est évident que ces élections remettront au pouvoir les mêmes personnages qui pillent les richesses du pays depuis des années et ont pris en otage l’avenir de la population marocaine, » ajoute-t-il.

Dans des discours récents, le roi Mohamed a promis que les élections seraient honnêtes et transparentes. La principale force d’opposition le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a critiqué la législation électorale récemment adoptée parce qu’elle ne fait pas assez pour prévenir l’achat de votes.

En vertu des réformes approuvées par referendum en juillet, le roi Mohamed cèdera certains de ses pouvoirs à des responsables élus mais aura toujours le dernier mot pour les décisions stratégiques. Le nouveau gouvernement élaborera des lois consacrant une nouvelle constitution.

En mars, le monarque âgé de 48 ans avait réagi promptement aux manifestations inspirées par la contestation en Tunisie et en Egypte, et avait promis une limitation de ses pouvoirs via des changements constitutionnels. Le scrutin parlementaire prévu en septembre 2012 avait été convoqué de manière anticipée.

Mais les manifestants de Rabat, rejoints pour la première fois cette semaine par des centaines de diplômés au chômage, scandaient « Les élections sont une mascarade, on ne se fera pas avoir cette fois. »

“L’argent et le pouvoir doivent être séparés,” lisait-on sur une pancarte portée par les manifestants, tandis que de nombreux autres brandissaient des photos du corps de Mouammar Kadhafi, le dirigeant déposé et tué en Libye, avec cette légende : «C’est ce qui arrive aux despotes.»

La charte propose par le roi avait reçu un soutien presque unanime lors d’un referendum tenu en juillet dont ses détracteurs avaient dit qu’il avait été trop précipité pour permettre un véritable débat.

Des élections parlementaires ont lieu au Maroc depuis près de cinquante ans et sont souvent considérées comme une mise en scène de façade destine aux allies occidentaux de la monarchie. Le roi et une élite secrète proche de la cour nommaient le gouvernement et  prenaient les décisions politiques importantes.

Leur mainmise sur le pouvoir a été facilitée par un fort taux d’analphabétisme et la déférence bien ancrée à l’égard d’une dynastie qui dit descendre du prophète Mohamed et contrôle les media.

Le ministère de l’intérieur a recouru à une tactique où se mêlent la répression et le diviser pour régner afin de mater la dissidence politique. Ce qui a conduit de nombreux Marocains à se désintéresser de la politique : le taux de participation au dernier scrutin législatif avait été officiellement de 37 %.


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