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Enfants soldats recrutés à l’étranger pour combattre en Syrie

3 avril 2013

On a pu voir dernièrement la photo d’un enfant soldat syrien posant cigarette au bec entre deux barbus en treillis engagés dans la lutte armée contre le régime en place et pour qui sa présence semble normale.

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Ce gamin s’appelle Ahmed, il a huit ans et ses parents auraient été tués dans un bombardement de l’armée syrienne sur Alep. Son père était lui-même engagé dans la guérilla contre le gouvernement. Ahmed est bien sûr incapable de se servir réellement du fusil de guerre dont on l’a doté mais ce ne sont certainement pas les occasions de risquer sa vie que lui refuseront ses deux camarades de combat.

On trouve d’autres images d’enfants soldats enrôlés par les forces hostiles au gouvernement, en général un peu plus âgés.

Par exemple celle-ci

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Ou celle-là

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Et on apprend que, non contents de recruter des enfants soldats en Syrie, on en recrute maintenant à l’étranger, comme cet adolescent parti de Ceuta pour lutter sur le «sentier de Dieu» contre le régime syrien.

Comme si c’était le régime syrien qui avait incarcéré son père !

 

Un jeune de Ceuta part en Syrie pour «combattre pour Dieu»

Les parents de Nourdine ont déposé plainte ce dimanche

Lundi, ils ont reçu un appel de leur fils leur confirmant qu’il était en Turquie

Par Ignacio Cembrero & Rocio Abad Madrid / Ceuta, El Pais (Espagne) 3 avril 2013 traduit de l’espagnol par Djazaïri 

Jusqu’à présent, seuls des adultes espagnols et musulmans s’étaient rendus en Syrie pour participer à la lutte armée contre le régime dictatorial de Bachar al-Assad, mais depuis la fin de la semaine dernière est venu s’ajouter un mineur, Nourdine âgé de 16 ans, selon des sources des services de sécurité espagnols. 

Nourdine a franchi, sans doute dans la soirée de samedi, la frontière avec le Maroc et c’est le lendemain matin que ses parents, Ahmed et Toria, ont découvert qu’il n’avait pas dormi dans leur maison du quartier du prince Alonso. Dans la soirée de ce même dimanche, ils ont déposé plainte au commissariat de police.   

Lundi dernier, les parents on reçu un appel de leur fils qui leur a expliqué les raisons de son départ. «Il nous a demandé pardon plusieurs fois, dit qu’il était en Turquie et qu’il allait en Syrie et qu’il n’allait pas rentrer,» a raconté le père au journal El Faro de Ceuta. Le jeune avait ajouté au téléphone qu’il «… allait combattre sur le sentier de Dieu.»

La surprise a été énorme parce que, selon ses parents, Nourdine était un adolescent tranquille qui n’avait jamais parlé du conflit syrien à la maison. Ahmed, son père, avait été lui-même arrêté et emprisonné en 2006 au cours de l’Opération Dune ordonnée par Baltasar Garzón qui était à l’époque juge de l’Audience nationale dans le cadre de la lutte antiterroriste. Nourdine était le plus petit des quatre enfants de la famille. 

Le délégué du gouvernement à Ceuta, Francisco Antonio González, a reconnu aujourd’hui devant la presse que des réseaux salafistes sont présents dans la ville, mais que l’adolescent a été pris en charge à Castillejos, la localité marocaine frontalière. Il a affirmé ne pas savoir combien d’habitants de Ceuta ont demandé à aller en Syrie pour se sacrifier et il a attribué son ignorance aux négligences du passé de la part de l’administration de l’Etat dans la traque des réseaux de recrutement. 

En juillet 2013, trois autres musulmans de Ceuta, dont Rachid Wahbi, 32 ans, père de famille et chauffeur de taxi, s’étaient eux aussi rendus en Syrie en passant par le Maroc où ils avaient été recrutés puis par la Turquie. Ils avaient fait le trajet en compagnie d’au moins une demi-douzaine de Marocains, selon des sources sécuritaires. Tous trois sont morts si on en croit des appels téléphoniques de condoléances en provenance de Syrie reçus par leurs proches à Ceuta. La police marocaine a démantelé plusieurs réseaux de recrutement de djihadistes, le plus récent l’ayant été le 19 janvier dernier selon un communiqué. 

Coïncidant avec l’annonce du départ pour la Syrie d’un adolescent de Ceuta, le Centre International d’Etudes de la Radicalisation, qui dépend du King’s College à Londres a rendu public un rapport dans lequel il assure que depuis début 2011, entre 135 et 590 – la fourchette est très large – musulmans européens ont rejoint l’insurrection en Syrie. Ils représentent de 7 à 11 % du total des combattants étrangers parce que la majorité de ces derniers vient de pays musulmans.

La majorité d’entre de ceux [des combattants venus d’Europe]  qui sont allés en Syrie sont partis du Royaume Uni, des Pays Bas, de France, de Belgique et d’Allemagne. L’Espagne figure en queue de peloton avec seulement six djihadistes, un chiffre qui a doublé depuis le départ des trois hommes partis de Ceuta pour la Syrie à l’été 2012. 

Mort d’un pseudo djihadiste Espagnol dans un attentat suicide en Syrie

9 septembre 2012

Les preuves de l’importance de la présence de combattants étrangers en Syrie s’accumulent ainsi que celles du caractère peu démocratique de la mission qu’ils exécutent et qu’on leur a assigné.

Le tout dans un silence assourdissant de Laurent Fabius ou de François Hollande qui se sont d’ailleurs trouvés une autre mission de bienfaisance, celle qui consiste à prendre la tête d’une campagne pour de nouvelles sanctions contre l’Iran.

Ces politiciens français prônent, dit-on, la laïcité et même une morale laïque dans leur pays. Pourtant leurs actes de politique étrangère, pour s’en tenir à ce domaine, nous disent que leurs mobiles sont immoraux et s’inscrivent aussi dans des agendas communautaristes.

A leur manière, ce sont des fanatiques toujours prêts à faire couler le sang. A ce propos je vous renvoie au papier de John Pilger qui suivra celui-ci.

 Je vous avais déjà parlé d’un habitant de Ceuta, enclave espagnole au Maroc, qui avait trouvé la mort en allant lutter au nom de la démocratie contre le ‘‘tyran’’ Bachar al-Assad. Un type qui avait fait des milliers de kilomètres pour son « djihad » alors qu’il aurait pu sans se déplacer lutter pour ramener Ceuta dans le Dar al Islam. Je dirai donc: puisse-t-il rôtir en enfer.

En fait, ce sont (au moins) trois habitants de Ceuta qui étaient partis pour libérer Jérusalem Alep. La police espagnole vient juste de retrouver la trace de l’un d’entre eux dans une vidéo où il explique comment il va se faire exploser dans un camion précipité contre un casernement de l’armée syrienne (et pas l’armée de Bachar al-Assad comme l’écrit le journal espagnol, parce que la propagande se niche aussi dans ces petits détails de vocabulaire).

Identification du chauffeur de taxi de Ceuta mort dans un attentat suicide en Syrie

Par Ángeles Escrivá | Joaquín Manso, El Mundo (Espagne) 7 septembre 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Les forces de sécurité ont identifié avec un niveau élevé de certitude le chauffeur de taxi de Ceuta, Rachid Hassein Mohamed dans une vidéo où on le voit raconter devant la caméra comment il a préparé un attentat qu’il réalisera par la suite en étant copilote d’un camion chargé d’explosifs qui ira s’encastrer contre une caserne de l’armée de Bachar al-Assad à Idlib, «causant de nombreuses pertes,» selon le commentaire de l’enregistrement.

Les enquêteurs sont convaincus qu’il s’agit de lui, en attendant une confirmation irréfutable qu’ils attendent dans les prochains jours.

Des sources proches du dossier ont expliqué à notre journal que, en dépit du fait que son visage apparaisse flouté sur les images, l’identification de l’islamiste espagnol a été rendue possible grâce à une cicatrice très caractéristique qu’on peut voir sur son bras, et parce qu’on a procédé à une reconnaissance vocale et que les premiers examens acoustiques de la police scientifique suggèrent que c’est bien la voix de Rachid Hassein.

En outre, dans la vidéo, l’auteur de l’attentat suicide se présente sous le pseudonyme Abou Moussab, le même que celui sous lequel Rachid était connu dans le quartier de Prince Philippe à Ceuta.

Par ailleurs, la date indiquée pour l’attentat, début juin, coïncide approximativement avec celle du jour où sa famille a été informée de sa mort.

Le quartier Prince Philippe à Ceuta

Rachid Hassein est le premier des trois habitants de Ceuta proches du courant salafiste qui ont participé au cours des derniers mois à des attentats suicide en Syrie.

Rachid Wahbi, 32 ans, premier espagnol mort au combat en Syrie

12 juin 2012

Intéressant, ces habitants de Ceuta, un résidu de la colonisation espagnole, qui vont guerroyer en Syrie pour le compte de l’Oncle Sam au lieu de s’employer à parachever la décolonisation du Maghreb.

Le journaliste a raison de s’interroger sur les filières de recrutement et de financement du voyage en Syrie. Il pourrait aussi se poser des questions sur la façon dont les familles subsistent en l’absence de celui qui est parti combattre. Dans le cas qui nous est présenté en effet, nous sommes devant un chauffeur de taxi marié et père de famille.

Rachid Wahbi, 32 ans, premier Espagnol mort au combat en Syrie

Quatre jeunes de Ceuta se sont rendus en avril au proche Orient pour lutter contre le régime de Assad.

Par ignacio Cembrero, El Pais (Espagne) 12 juin 2012 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Il s’appelait Rachid Wahbi, il avait 32 ans et travaillait comme chauffeur de taxi à Ceuta. Il était marié et avait deux enfants. La semaine dernière, il a été le premier Espagnol à mourir au combat en Syrie dans un lieu non précisé. Il se peut qu’il y ait d’autres morts parce que Rachid n’est pas le seul à être allé dans ce pays du Proche Orient où la rébellion conte le régime a éclaté il y a quinze mois s’est transformée en guerre civil avec un bilan provisoire de 14 000 morts selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Des dizaines de personnes se pressaient samedi soir dans la modeste maison du quartier Prince Philippe à Ceuta. Entre pleurs et lamentations, des condoléances étaient présentées à la veuve et aux parents. La famille avait reçu la veille un appel téléphonique de  Syrie l’informant que Rachid était un « martyr » de la révolution epuis le 1er juin.

Trois autres Musulmans Espagnols de Ceuta  ont fait route vers la Syrie en avril, dissimulant leur destination à leur entourage en lui disant qu’ils avaient l’intention d’étudier le Coran dans les écoles coraniques de Damas., selon les indications fournies par des sources des services de sécurité espagnols. Tous fréquentaient la mosquée Las Caracolas, selon le journal El Faro de Ceuta qui a été le premier à révéler cette information. Un des trois [Espagnols] a été chargé d’annoncer le décès à la veuve par téléphone.

La police enquête sur la façon dont ils ont été recrutés, sur qui a payé leur voyage, sur l’itinéraire qu’ils ont emprunté et s’ils se sont coordonnés avec des jeunes marocains de Castillejos et Tétouan d’où sont également partis une dizaine d’aspirants djihadistes. Tous sont apparemment passés par la Turquie, où l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui lutte contre le régime de Bachar al-Assad dispose d’une grande marge de manœuvre dans les provinces orientales.

Le colonel Ryad al-Assad qui commande l’ASL depuis la Turquie, a démenti lundi pour la énième fois la présence de combattants non Syriens dans les rangs de son armée constituée de déserteurs des forces armées syriennes et de civils entraînés. «Oui, il y a des djihadistes et des membres d’al Qaïda actifs en Syrie qui font du tort à la révolution, » a-t-il reconnu.

Le régime syrien soutient cependant qu’il fait face à des djihadistes et des terroristes embarqués au sein de l’ASL.  En mars, l’ambassadeur Syrien à l’ONU, Bachar Jaafouri, avait présenté au Conseil de Sécurité la liste de 26 djihadistes capturés par son armée et peu de temps après, le gouvernement tunisien avait reconnu que 19 d’entre eux étaient Tunisiens.

La lutte contre le régime d’Assad a attiré en Syrie plusieurs centaines de jeunes musulmans, mais beaucoup moins que ceux qui s’étaient engagés pour combattre en Irak à partir de 2003 parce qu’il ne s’agit pas maintenant de faire la guerre conte une invasion étrangère  comme les Etats Unis, mais contre un régime arabe, reconnaissent des sources de l’opposition syrienne à paris qui préfèrent rester anonymes.

Le profil de ces combattants est en outre différent de celui de ceux qui ont combattu en Irak. Même s’ils sont de fervents Musulmans, ils n’ont pas de liens avec al Qaïda et ils ne voient pas les Occidentaux comme des ennemis mais bien comme des alliés un peu timorés dans leur guerre pour renverser Assad. Certains opposants Syriens croient dur comme fer qu’on devrait plus les comparer à ce que furent les Brigades Internationales pendant la guerre civile espagnole quoique leur nombre et leur niveau d’organisation soient très inférieurs.

Ce n’est pas la première fois que ce jeunes habitants de Ceuta se rendent dans des pays en conflit pour y prendre les armes. Le plus célèbre d’entre eux a été Ahmed Abderrahman, surnommé le Taliban de Ceuta, fait prisonnier au Pakistan par les forces spéciales des Etats Unis, emprisonné deux ans à Guantanamo, condamné à six ans de prison par la justice espagnole pour appartenance à al Qaïda et finalement acquitté en 2006 par la Cour Suprême.


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