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Mur de Berlin, mur de la honte?

12 novembre 2014

Un article qui apporte un éclairage pour moi inédit sur les circonstances qui ont abouti à la construction du fameux « mur de la honte » à Berlin. Ce mur séparait des gens qui ne différaient que sur le plan du régime politique sous lequel ils vivaient, à l’exclusion de considérations ethniques ou religieuses. Par ailleurs, il n’empiétait sur le territoire de personne et n’interdisait pas complètement l’établissement de citoyens d’un côté ou de l’autre de la frontière. L’autre mur de la honte érigé en Palestine occupée empiète sur le territoire reconnu comme devant revenir à un futur Etat palestinien, sépare des gens qui sont concrètement administrés par le même Etat, administration civile d’un côté du mur, militaire de l’autre. Une partie de la population de la partie occupante est par ailleurs autorisée à s’établir dans le territoire de la population occupée et dispose de ses propres routes et a un statut différent de la population occupée.

A côté, le mur de Berlin c’était le mur du respect.

A l'est, il faut compter avec la proximité de l'Alaska (USA) et du Japon

A l’est, il faut compter avec la proximité de l’Alaska (USA) et du Japon

Quand on lit cet article et qu’on voit ce qui se passe aujourd’hui avec l’encerclement de la Russie, qui n’est plus communiste, par les puissances de l’OTAN, on se dit qu’il y a là matière à réflexion. Une réflexion que le président russe Vladimir Poutine a té obligé de faire à la lumière des événements en Ukraine, lui qui vient de dire ne pas voir ce qu’il y avait de mal dans le pacte Molotov-Ribbentrop conclu en 1938  entre l’Union Soviétique et l’Allemagne nazie.

Sinon, comment expliquer que le même Vladimir Poutine avait condamné, de manière nuancée certes, ce pacte en 2009? 

Le Mur de Berlin, un autre mythe de la Guerre Froide

par William Blum, Counter Punch (USA) 22 octobre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Le 9 novembre marquera le 25ème anniversaire de la démolition du Mur de Berlin. Le battage extravagant a débuté il y a plusieurs mois à Berlin. Aux Etats Unis, on peut s’attendre à voir débités tous les clichés sur le Monde Libre contre la tyrannie communiste avec la répétition de l’histoire toute simple sur la construction du mur : en 1961, les communistes de Berlin Est avaient édifié un mur pour empêcher leurs citoyens opprimés de fuir vers Berlin Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les cocos n’aiment pas que les gens soient libres, apprennent la « vérité ». Quelle autre raison sinon ?

Tout d’abord, il faut rappeler qu’avant la construction du mur en 1961, des milliers d’Allemands de l’est faisaient la navette quotidiennement pour aller travailler à l’ouest et rentraient à l’est dans la soirée ; beaucoup d’autres allaient et venaient pour faire des emplettes ou pour d’autres raisons. Ils n’étaient donc évidemment pas retenus contre leur gré à l’est. Alors pourquoi le mur a-t-il été construit ? Il y avait deux grandes raisons :

1) L’Occident affaiblissait l’Est avec une vigoureuse campagne de recrutement en Allemagne de l’Est de professionnels et d’ouvriers qualifiés qui avaient été formés aux frais du gouvernement communiste. Ce qu a fini par aboutir à une grave crise de l’emploi et de la production dans l’Est. Comme indication de cela, le New York Times rapportait en 1963: «Berlin-Ouest a souffert économiquement du mur par la perte d’environ 60 000 ouvriers qualifiés qui faisaient tous les jours l’aller-retour entre leur domicile à Berlin-Est et leur lieu de travail à Berlin-Ouest. »

Il est à noter qu’en 1999, USA Today rapportait que: «Lorsque le mur de Berlin s’est écroulé [1989], les Allemands de l’Est imaginaient une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les difficultés s’estomperaient Il est remarquable que dix ans plus tard, un 51% des Allemands de l’est disent avoir été plus heureux avec le communisme. » Des sondages antérieurs auraient probablement montré plus que 51% exprimant un tel sentiment étant donné qu’en dix ans beaucoup de ceux qui se souvenaient vie en Allemagne de l’Est avec une certaine tendresse étaient décédés; pourtant, encore 10 ans plus tard, en 2009, le Washington Post pourrait écrire: «[les Occidentaux à Berlin] disent qu’ils en ont assez de la tendance de leurs compatriotes de l’Est de ressasser avec nostalgie l’époque communiste. »

C’est dans la période post-unification qu’un nouveau proverbe russe et européen de l’Est est né: «Tout ce que les communistes disaient sur le communisme était un mensonge, mais tout ce qu’ils disaient à propos du capitalisme s’est trouvé être vrai. »

Il convient de noter en outre que la division de l’Allemagne en deux Etats en 1949 – ouvrant la voie aux 40 ans d’hostilité de la guerre froide – était une décision américaine, pas soviétique.

2) Dans les années 1950, les combattants américains de la guerre froide en Allemagne de l’Ouest avaient lancé une campagne brutale de sabotage brut et de subversion contre l’Allemagne orientale dans le but de dérégler machine économique et administrative de ce pays. La CIA et d’autres services de renseignements américains dont ceux de l’armée recrutaient, équipaient, entraînaient et finançaient des individus et des groupes d’activistes allemands de l’Ouest et de l’Est, pour mener des actions dont l’éventail allait de la délinquance juvénile au terrorisme; tout pour rendre la vie difficile à la population de l’ Allemagne de l’Est et affaiblir leur soutien au gouvernement; tout ce qui pouvait donner une mauvaise image des cocos.

Ce fut une entreprise remarquable. Les Etats-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, aux incendie criminels, aux courts-circuits, et à d’autres méthodes pour endommager les centrales électriques, les chantiers navals, les canaux, les quais, les bâtiments publics, les stations d’essence, les transports publics, les ponts, etc; ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant grièvement des travailleurs; faire brûler 12 wagons d’un train de marchandises et détruire les tuyaux d’air comprimé des autres; utiliser acides pour endommager des machines vitales dans l’industrie; mettre du sable dans la turbine d’une usine pour la mettre à l’arrêt; mettre le feu à une usine de production de tuiles; promouvoir le ralentissement de l’activité dans les usines; tuer 7.000 vaches d’une laiterie coopérative par empoisonnement; ajouter du savon au lait en poudre destiné aux écoles d’Allemagne orientale; des personnes étaient en possession, lors de leur arrestation, d’une grande quantité de cantharidine, une substance toxique avec laquelle il était prévu de fabriquer des cigarettes empoisonnés pour tuer des leaders est-allemands; placer des boules puantes pour perturber des réunions politiques;essayer de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gîte et de couvert, de faux avis d’annulation, etc .; mener des attaques contre les participants avec des explosifs, des bombes incendiaires et de matériel pour crever les pneus; imprimer et distribuer de grandes quantités de fausses cartes de rationnement alimentaire pour causer de la confusion, des pénuries et du ressentiment; envoyer de faux avis d’imposition de faux et d’autres faux documents et directives du gouvernement pour favoriser la désorganisation et l’inefficacité dans l’industrie et les syndicats … tout cela et bien plus encore.

Le Woodrow Wilson International Center for Scholars, de Washington, DC, un centre conservateur de combattants de la guerre froide, observe dans un de ses documents de travail pour une histoire internationale de la guerre froide (#58, p.9) : « La frontière ouverte à Berlin exposait la RDA [Allemagne de l’Est] à un espionnage massif et à la subversion et, comme le montrent deux documents en annexe, sa fermeture a apporté une plus grande sécurité à l’Etat communiste. »

Tout au long des années 1950, les Allemands de l’Est et l’Union soviétique ont à plusieurs reprises déposé des plaintes avec les anciens alliés des Soviétiques auprès des Occidentaux et des Nations Unies au sujet précisément de ces activités de sabotage et d’espionnage et avaient appelé à la fermeture des bureaux [d’ONG] en Allemagne de l’Ouest qui revendiquaient les actions, et pour lesquelles ils avaient fourni noms et adresses. Leurs plaintes restaient lettre morte. Inévitablement, les Allemands de l’Est ont commencé à freiner les entrées dans le pays en provenance de l’Ouest, conduisant finalement au mur tristement célèbre. Cependant, même après la construction du mur, l’émigration légale de l’est vers l’ouest restait courante quoique limitée. En 1984, par exemple, l’Allemagne de l’Est avait permis à 40.000 personnes de quitter le pays. En 1985, les journaux est-allemands affirmaient que plus de 20 000 anciens citoyens qui s’étaient installés à l’Ouest voulaient rentrer chez eux après avoir perdu leurs illusions sur le système capitaliste. Le gouvernement ouest-allemand avait signalé que 14 300 Allemands de l’Est étaient rentrés au cours des 10 années précédentes.

N’oublions pas non plus que tandis que l’Allemagne de l’Est était complètement dénazifiée, plus de dix ans après la guerre, de nombreux anciens nazis occupaient à l’ouest des postes de très haut rang dans les branches exécutives, législatives et judiciaires du pouvoir

On doit enfin se souvenir que l’Europe orientale était devenue communiste parce que Hitler, avec l’approbation de l’Occident, s’en était servi comme boulevard pour atteindre l’Union Soviétique et balayer le bolchevisme pour toujours, et que les Russes ont perdu environ 40 millions de personnes parce que l’Occident a utilisé ce boulevard pour attaquer la Russie. On ne devrait donc pas être surpris si, après la seconde guerre mondiale, l’Union Soviétique était déterminée à fermer ce boulevard.

Pour une vision complémentaire et très intéressante de l’anniversaire du Mur de Berlin, consultez l’article « Humpty Dumpty and the Fall of Berlin’s Wall » de Victor Grossman. Grossman (né Steve Wechsler) avait déserté de l’armée américaine en Allemagne sous la pression des menaces de l’ère McCarthy et était devenu journaliste et écrivain pendant ses années vécues en République Démocratique Allemande (Allemagne de l’Est). Il réside toujours à Berlin d’où il publie à un rythme irrégulier sa lettre électronique, le « Berlin Bulletin » sur la situation en Allemagne. Vous pouvez y souscrire à wechsler_grossman@yahoo.de. Son autobiographie : « Crossing the River : a Memoir of the American Left, the Cold War and Life in East Germany » a été publié par l’University of Massachusetts Press. Il affirme être la seumle personne au monde à être diplômée à la fois de Harvard et de l’université Karl Marx à Leipzig.

William Blum

William Blum

William Blum est l’auteur de Killing Hope: U.S. Military and CIA Interventions Since World War II, Rogue State: a guide to the World’s Only Super Power . Son dernier livre est: America’s Deadliest Export: Democracy.

En 1994, Alexandre Soljenitsyne posait déjà le problème de la Crimée et plus largement de l’Ukraine

17 mars 2014

 Les problèmes qui se posent aujourd’hui entre le nouveau régime ukrainien et les Etats Unis d’une part, et la Russie d’autre part avaient déjà été posés au début des années 1990 par l’écrivain Alexandre Soljenitsyne, c’est-à-dire avant qu’on entende parler de Vladimir Poutine et bien avant que ce dernier accède à un statut lui permettant de décider du destin de son pays. A toute fin utile, on rappellera que Soljenitsyne était un anticommuniste déterminé.

Alexandre Soljenitsyne

Alexandre Soljenitsyne

L’entretien initialement publié par le magazine Forbes a été reproduit dans l’édition du 14-16 mars 2014 de Counter Punch.

NB : j’ai été aiguillé sur cet article par un post d’Amazigh Maz, un facebookien souvent subtil.

La Nouvelle-Russie

Entretien avec Alexandre Soljenitsyne sur l’Ukraine

par Paul Klebnikov

Cet entretien a été publié dans l’édition du 9 mai 1994,du magazine Forbes

Avec une Russie en plein chaos, il peut sembler un peu tiré par les cheveux de la voir comme un agresseur.

La Russie d’aujourd’hui est terriblement malade. Son peuple est malade jusqu’à l’épuisement total. Mais même ainsi, il est conscient et ne demande pas que, juste pour plaire à l’Amérique – la Russie abandonne les derniers vestiges de sa préoccupation relative à sa sécurité et à son effondrement sans précédent. Après tout, cette préoccupation ne menace en rien les États-Unis.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Zbigniew Brzezinski n’est pas d’accord. Il fait valoir que les États-Unis doivent défendre l’indépendance de l’Ukraine.

En 1919, quand il a imposé son régime à l’Ukraine, Lénine lui a donné plusieurs provinces russes pour apaiser ses sentiments. Ces provinces n’ont jamais historiquement appartenu à l’Ukraine. Je parle les territoires de l’Est et du sud de l’Ukraine d’aujourd’hui.

 Puis, en 1954, Khrouchtchev, avec le caprice arbitraire d’un satrape, a fait «cadeau» de la Crimée à l’Ukraine. Mais il n’a pas réussi à faire «cadeau» à l’Ukraine de Sébastopol, qui est restée une ville à part sous la juridiction du gouvernement central de l’URSS. Cela sera l’oeuvre du Département d’Etat américain, d’abord verbalement par l’Ambassadeur Popadiuk à Kiev et plus tard d’une manière plus officielle

Pourquoi le Département d’État décide-t-il qui doit posséder Sébastopol? Si l’on se rappelle la déclaration sans tact du président Bush en soutien à la souveraineté ukrainienne [sur Sébastopol], avant même le référendum sur cette question, on doit conclure que tout cela découle d’un objectif commun: utiliser tous les moyens possibles, quelles que soient les conséquences, pour affaiblir la Russie.

 Pourquoi l’indépendance de l’Ukraine affaiblit-elle la Russie?

En raison de la fragmentation soudaine et brutale des peuples slaves entremêlée, les frontières ont déchiré des millions de liens de famille et d’amitié. Est-ce acceptable? Les récentes élections en Ukraine, par exemple, montrent clairement les sympathies[russes] des populations de Crimée et du Donetz. Et une démocratie doit respecter cela.

Je suis moi-même presque à moitié ukrainien. J’ai grandi avec la musique du parler ukrainien. J’aime sa culture et je souhaite sincèrement toutes sortes de succès à l’Ukraine, mais seulement dans ses véritables frontières ethniques, sans usurper des provinces russes.

En Ukraine, les régions non russophones sont à l'ouest du pays (en bleu sur la carte)

En Ukraine, les régions non russophones sont à l’ouest du pays (en bleu sur la carte)

Reda Hassaine, l’agent triple zéro du MI5 et les zombies du djihad de Tony Blair

11 avril 2012

Certains organes de presse algériens s’appuyaient à l’occasion sur des informations fournies par un certain Reda Hassaine

Par exemple le journal Le Matin publiait en 2008 une lettre dans laquelle Reda Hassaine parlait de ses déboires avec un certain Hichem Aboud qui était, je crois, un ancien cadre de la sécurité militaire en Algérie (DRS, Direction du Renseignement et de la Sécurité).

Hassaine indiquait être journaliste d’investigation pour le journal The Times (propriété, rappelons-le de Rupert Murdoch). De fait Reda Hassaine est un journaliste Algérien qui travaillait en Algérie pour le quotidien du soir Horizons (propriété de l’Etat algérien).

La presse française avait aussi parlé de Reda Hassaine. Ainsi, en 2007, Le Figaro évoquait une sombre histoire d’enlèvement qu’aurait ourdi, selon Reda Hassaine, la DGSE contre le prédicateur Abou Hamza spécialiste des prêches enflammés dans les rues de Londres.

Contrairement à ses habitudes, «La « piscine» avait catégoriquement démenti et on comprend pourquoi : la simple rumeur d’un projet d’enlèvement en Angleterre était de nature à nuire gravement aux relations avec un allié, et non des moindres :

Reda Hassaine est décrit comme un homme prolixe dont les propos sont toujours composés «d’un peu de vrai et de beaucoup de faux». Le projet d’enlèvement d’Abou Hamza est, en revanche, catégoriquement nié. Et la DGSE n’est pas seule à le faire. Un haut fonctionnaire de la police nationale, en poste à l’époque, affirme «n’en avoir jamais entendu parler», précisant qu’on «imagine mal les Français enlever un citoyen britannique sur son propre sol pour le juger en France ou pour l’éliminer»

 En passant, la DGSE confirmait avoir été en contact avec Reda Hassaine.

Ce qui nous amène à une info plus récente mais où il est toujours question d’Abou Hamza (alias Capitaine Crochet)  et d’Abou Qatada, un autre prédicateur à la barbe ébourrifée.

Abou Hamza en plein radio-crochet

En effet, une procédure d’extradition vers les Etats Unis est en cours pour Abou Hamza  qui est détenu au Royaume Uni depuis 2006 pour incitation au meurtre et à la haine raciale et la Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de la déclarer légale sous réserve du respect de la procédure d’appel.

Washington reproche à Abou Hamza:

 d’avoir pris part à l’enlèvement de seize touristes occidentaux au Yémen en 1998, dont quatre étaient morts lors d’une opération de l’armée yéménite.
 Il aurait aussi facilité la mise en place d’un camp d’entraînement terroriste aux Etats-Unis en 2000-2001 et aidé le financement de candidats au djihad désireux de se rendre au Proche-Orient pour y subir un entraînement à des actes terroristes.
Il est visé en tout par onze chefs d’accusation liés au terrorisme.

Ce sont des accusations graves et qui justifient évidemment des poursuites judiciaires.

Mais, je le dis en passant, les britanniques devraient faire attention car on extrade ainsi un de leurs concitoyens (même si cette pensée peut être désagréable) dans un pays tiers. Seuls les pays sous la coupe des USA acceptent une telle exigence ; un pays comme la France, même sarkozyste, ne l’accepterait pas, et les Etats Unis refuseraient évidemment la réciproque.

Deux autres sujets de sa Majesté, dont l’étudiant Richard O’Dwyer et l’homme d’affaires Christopher Tappin, qui vient d’être livré aux Etats Unis, font en ce moment les frais de cette procédure au grand dam de leurs famille et d’une bonne partie de l’opinion publique qui réclame l’abolition de ces dispositions.

Bon, recausons de Reda Hassaine, notre journaliste d’investigation, car son nom revient dans l’actualité au moment où Capitaine Crochet et ses acolytes refont parler d’eux.

C’est le Daily Mail qui nous entretient de la complainte de Reda Hassaine qui était, je cite, «un agent infiltré pour le compte du gouvernement britannique», une mission qu’il aurait exercée à partir de 1994 :

Hassaine avait signalé à la Branche Spéciale de Scotland Yard et au service de la sécurité intérieure, le MI5, qu’Abou Qatada et son acolyte, le religieux au crochet Abou Hamza, incitaient à des attentats terroristes à Londres.
Il avait vu les deux hommes collecter des milliers de livres sterling auprès de leurs congrégations pour envoyer de jeunes musulmans Britanniques à l’étranger pour s’entraîner à l’attentat suicide avant de revenir ici.

Mais, selon le Daily mail, les avertissements émis par l’agent infiltré Reda Hassaine sont tombés dans l’oreille de sourds.

Le Daily Mail peut révéler que les informations capitales transmises par l’agent secret ont été ignorées à cause d’un accord très peu connu présenté comme un ‘pacte de sécurité’ passé entre les services de sécurité et les islamistes extrémistes au Royaume Uni.
Le pacte non écrit autorisait de manière cynique les clercs extrémistes à orchestrer et encourager des attentats islamistes à l’étranger. Le bourrage de crâne qu’ils pratiquaient sur de jeunes Musulmans nés ici était toléré par les services secrets dans l’espoir qu’il n’y aurait pas d’attaques contre des cibles en Grande Bretagne.

L’ironie amère veut que le pacte a complètement échoué à éviter les attentats de Londres de 2005, tout en permettant à Qatada, hamza et à d’autres extremists comme eux de comploter et de faire du prosélytisme pendant des années tout en vivant en Grande Bretagne sans travailler – d’allocations financées par les contribuables.
Aujourd’hui, cet accord a coûté cher à la Grande Bretagne. Le gouvernement se bat pour renvoyer Abou Qatada dans son pays, la Jordanie, où il doit être jugé pour une série d’atrocités qu’il a perpétrées là-bas..
Et hier, la famille d’Abou Hamza a annoncé une procedure d’appel (qui pourrait prendre des mois)…

Et pendant que nos barbus se la coulaient douce aux frais du trésor public de Sa Majesté, la vie était par contre on ne peut plus difficile pour Reda Hassaine qui, en tant qu’agent du MI5, ne comprend pas pourquoi ces gens ont pu rester sur le territoire britannique en dépit de leurs activités (il oublie qu’on peut aussi être en prison sur un certain territoire et qu’Abou Hamza est un sujet de Sa majesté).

 Exemple des désagréments subis par Reda Hassaine, en 2000, quelques minutes après avoir observé une prière :

Hassaine avait été battu par des hommes de main d’Abou Qatada.
Hassaine se souvient : ‘Un acolyte de Qatada avait appris que j’étais un espion et avait signalé ma présence après le sermon . A ce moment là, Qatada avait commencé à réciter une prière spéciale de djihad pour encourager l’assassinat de quiconque menace l’Islam. J’avais immédiatement compris que j’étais dans le pétrin.

Reda Hassaine, agent triple double au temps où le « djihad » était fun


Après le service religieux, je suis vite allé vers la sortie et j’ai récupéré mes chaussures. A ce moment, j’ai reçu un coup très fort au visage, un autre sur la tête. Un groupe d’hommes d’Abou Qatada me donnait des coups de poings et me frappait. Ils m’ont fait rentrer les dents derrière la tête [ !]. J’ai réussi à me faufiler dans la rue. La première chose que j’ai faite, alors que j’avais la bouche pleine de sang, c’est de téléphoner à mon opérateur du MI5.’

Suit toute une litanie d’accusations fondées ou pas contre Abou Hamza et Abou Qatada, certaines débouchant sur des condamnations puisque Abou Hamza est actuellement en détention.

On nous dit que Abou Hamza, né en Egypte , s’est établi en Angleterre au début des années 1980 et qu’il a obtenu la citoyenneté britannique par mariage .

On peut suivre son édifiante biographie dans France Soir qui nous apprend que ce monsieur 

avait travaillé comme videur dans une boîte de peepshow.

Et cékoidonc un peepshow ?

Un peepshow est un spectacle généralement de type érotique ou pornographique qui ne peut être vu que par un spectateur à la fois à travers une ouverture (judas). Un point commun entre Abou Hamza et Avigdor Liebeman, le ministre sioniste des affaires étrangères!

Selon France-Soir :

il a ensuite épousé les thèses islamistes et rejoint les moujahidines luttant contre les Soviétiques en Afghanistan. C’est sur ces champs de bataille qu’en 1993 il a perdu un oeil et une main dans l’explosion d’une mine, selon ses dires. Il était par la suite revenu au Royaume-Uni et avait pris la tête de la mosquée de Finsbury Park

 Abou Hamza était donc à ce moment là, aussi bien vu de Londres, que de la BHLerie ou de Washington, un combattant de la liberté contre la dictature communiste et l’occupation soviétique en Afghanistan.

Tiens tiens !

Nous avons donc là un journaliste qui a fui l’Algérie pour devenir, selon ses dires et ceux du Daily Mail, un agent, ou prétendu tel au service de la couronne britannique. Et qui aurait aussi été approché par les services secrets français et algériens.

A moins que ce soit plutôt l’inverse parce que je le vois bien, ce Reda Hassaine, faire le siège  de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un policier chargé de l’antiterrorisme ou à un membre des services secrets.

Jusqu’à leur donner le tournis et la migraine !

Parce que les prêches d’Abou Qatada et d’Abou Hamza n’avaient rien de secret puisque nous avons eu assez souvent l’occasion de voir et d’entendre à la télévision français le Capitaine Crochet en train de clamer ses diatribes dans la rue.

Abou Qatada et son légendaire hérisson

Si des gens étaient réellement au rôle de la police et des services secrets britanniques, c’étaient bien Abou Qatada et Abou Hamza.

Depuis que l’Afghanistan est libérée du communisme et vit sous la félicité des bombes de l’OTAN, on n’a plus besoin d’eux. Il fallait simplement trouver le moyen de s’en débarrasser en douceur et, si possible légalement. Ils ont quand même rendu de foutus bons services, haven’t they ?

Aussi bien en tant que militants anticommunistes qu’en qualité d’idiots utiles donnant un spectacle grotesque qui avait le mérite d’engendrer la peur de l’autre côté de la Manche

Et le politicien qui maîtrise la peur dispose d’un atout très utile dans de nombreux domaines de l’exercice du pouvoir.

Appartenant à une époque désormais révolue, comme d’autres reliquats de l’ère Tony Blair, ils peuvent donc désormais passer à la trappe. 

PS: en voyant les photos des trois lascars, on se dit qu’ils ont tous des têtes de clowns.


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