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L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme selon le Professeur John L. Esposito

20 avril 2018

Le point de vue exposé ici est celui d’un Chrétien qui professe dans une prestigieuse université catholique de Washington aux Etats Unis. Quelqu’un qui est donc solidement ancré dans ses convictions chrétiennes, ce qui ne l’empêche pas de constater la réalité de l’islamophobie.

Il est détesté par les islamophobes qui lui reprochent notamment ses prises de position jugées trop favorables à la cause palestinienne. De fait, s’il est franchement abusif d’affirmer que derrière chaque islamophobe se cache un Juif, on peut dire que bien souvent se cache un sioniste ou une officine sioniste.

Le professeur Esposito ne propose malheureusement pas  une analyse des causes internes de la montée de l’islamophobie dans les sociétés occidentales. Mais peut-être que cette interview n’était pas le lieu adéquat pour ce genre de développement ?

« L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme »

Rencontre avec John L. Esposito, professeur à l’université de Georgetown

Par Rosa Meneses, El Mundo (Espagne) 20 avril 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

John L. Esposito (né en 1940 à New York), professeur à l’Université de Georgetown , est l’un des plus grands spécialistes mondiaux du dialogue interreligieux et un auteur prolifique, avec plusieurs livres consacrés à la connaissance de l’islam. Parmi ses anciens étudiants figurent le roi Philippe VI d’Espagne, le roi Abdullah de Jordanie ou l’ancien président américain Bill Clinton. Mercredi, Esposito a été nommé docteur ‘honoris causa’ par l’Université Pontificale Comillas ICAI-ICADE et hier, juste avant de partir pour la Malaisie, il a donné une interview à EL MUNDO.

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Le Professeur John L. Esposito

L’université [pontificale] vous a distingué pour votre travail en faveur du dialogue inter-religieux, en particulier entre Christianisme et Islam. Après des siècles d’existence, nous n’avons toujours pas appris à vivre ensemble ?

Je pense que nous avons bien réussi en termes de coexistence, mais au cours de ces dernières années, il y a eu des reculs importants. Si nous regardons, par exemple, la situation politique mondiale, nous voyons de grandes divisions entre l’Europe, les États-Unis, la Russie ou la Chine. Nous vivons dans un monde globalisé et, que cela plaise ou non, nous sommes interdépendants culturellement, politiquement et économiquement. Mais aujourd’hui, nous voyons comment les politiciens d’extrême droite aux États-Unis et en Europe prêchent un discours d’exclusion, contre les immigrés et les musulmans. Et à titre d’exemple, nous avons la situation ridicule de pays comme la République tchèque, la Pologne et la Hongrie [qui connaissent une poussée xénophobe, NdT] où il n’y a même pas un grand nombre de musulmans ou d’immigrés. Je pense que la coexistence est un défi et je n’exagère pas quand je dis que ce sont des temps dangereux à vivre.

De Donald Trump à Marine Le Pen ou Viktor Orban, nous assistons à la montée du populisme dans le monde. Pourquoi leur discours commun est-il une réaction contre l’Islam ?

Oui, il y a une réaction contre les musulmans, mais cela fait partie d’une réaction générale contre les immigrants. Nous oublions que, pour de nombreuses personnes en Europe et aux États-Unis, leurs relations avec l’islam et les musulmans ont commencé avec la révolution islamique iranienne en 1979. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme en 1974, l’islam et les musulmans étaient invisibles. Après la Révolution de 1979 – qui a été suivie par l’assassinat de [le président égyptien, Anouar] Sadate et ensuite par la montée d’Al-Qaïda – les musulmans ont été vus d’une fenêtre très étroite à travers laquelle on généralise. Les problèmes survenus en 1979 avaient eu une couverture médiatique qui avait vraiment exacerbé la situation.

Sommes-nous, nous les médias, responsables de la mauvaise image de l’islam et des Musulmans ?

Non, les terroristes sont responsables. Mais les médias ont une grande influence. Je ne dis pas qu’ils offrent une image négative d’une manière délibérée, mais c’est une réalité. Il existe une très grande disparité entre la couverture médiatique des sociétés musulmanes et la couverture médiatique de l’extrémisme. Dans une étude réalisée en 2015 et 2016 au Royaume-Uni et en Allemagne, huit reportages sur dix étaient négatifs et traitaient de l’extrémisme religieux. Les dirigeants politiques et les élites éduquées ont une vision de la réalité basée sur celle fournie par la télévision, les médias et même les réseaux sociaux. Le problème est lorsque cette vision est utilisée comme une arme par des politiciens qui jouent avec la peur parce qu’elle leur donne des votes et de l’argent.

Pensez-vous que l’islamophobie est devenue un problème dans nos sociétés actuelles tout comme l’antisémitisme le fut dans l’Europe des années 1930 ?

Il y a un risque que l’islamophobie devienne le nouvel antisémitisme. C’est une idée sur laquelle j’ai mis en garde dans mes écrits depuis des années. Aux Etats-Unis, il y a même des organisations juives qui ont reconnu ce problème et qui, ces dernières années, ont soutenu des projets contre l’islamophobie, parce qu’elles voient une ressemblance qui leur est familière avec ce qui s’est passé en Europe. Des études publiées en 2015 et 2016 montrent que l’islamophobie est là pour rester et qu’elle est également en cours de normalisation dans le sens que vous pouvez dire des choses contre les musulmans et l’islam publiquement (dans les médias, etc.) en bénéficiant de la liberté d’expression, alors que ce ne serait pas admis si ces choses visaient d’autres groupes parce qu’elles seraient considérées comme racistes. Et cela conduit à un discours de haine ou à des crimes de haine comme les attaques contre des mosquées qui ont eu lieu au Royaume-Uni. Nous sommes restés sourds à ces signaux.

L’islam politique a-t-il changé suite aux révolutions arabes ?

Pas tellement l’islam politique. Je crois que ce qui s’est passé est qu’une partie de la vague de changement a rendu certains pays plus autoritaires. L’Egypte ou les pays du Golfe, par exemple. La Tunisie est un bon exemple de ce que l’islam politique peut faire. En Egypte, il y a eu beaucoup d’erreurs mais le moyen de canaliser la situation avec Mohamed Morsi, qui a été élu démocratiquement, aurait dû être d’attendre les élections. Cependant, les militaires [égyptiens] craignaient ce qui pouvait résulter des élections. Donc, ce que nous voyons maintenant, c’est qu’ils ont géré les élections comme auparavant, quand le leader se présente et obtient 97% des voix. Quand les islamistes sont autorisés à participer au système politique comme n’importe quel autre groupe de citoyens et qu’il existe une vaste société civile, vous pouvez voir comment ils sont intégrés dans ce système. Au cours des 20 dernières années, nous avons vu des élections en Jordanie, au Koweït, en Malaisie, en Indonésie, au Sénégal, au Maroc, où les islamistes participent au système. Mais cela est caché à la fois par les politiciens et les médias de droite, qui mettent tous les islamistes dans le même sac et, au lieu de parler de leur participation à la société, ils concentrent leur attention uniquement sur Al-Qaïda et l’État islamique. .

L’Islam a-t-il besoin d’une réforme religieuse pour s’adapter à l’époque?

J’ai écrit beaucoup de livres à ce sujet. La réalité est que les réformateurs ont toujours existé, mais que leur démarche été entravée. Il est très difficile de préconiser des réformes dans les pays autoritaires, surtout s’il est question de réformer les traditions religieuses parce que tout ce qui affecte la société en termes culturels et politiques est une menace pour les régimes autoritaires. D’un autre côté, il y a des chefs religieux conservateurs qui bloqueront tout changement à cet égard. Pour que les réformes puissent se frayer un chemin, elles ont besoin d’une société ouverte.

Avons-nous surmonté le discours du «choc des civilisations»?

Huntington et moi avons débattu ensemble plusieurs fois. L’expression «choc des civilisations» a beaucoup été utilisée au fil des années, mais elle a signifié différentes choses. Parce que la question est : « quelle est la direction de ce choc ? » La notion de «confrontation» est utilisée par les deux parties ; elle est également utilisée par les extrémistes musulmans. D’un autre côté, j’ai travaillé pendant de nombreuses années avec Gallup et dans nos études nous voyons que les musulmans admirent beaucoup de choses de l’Occident : les libertés, l’éducation, la démocratie, l’économie, par exemple … Mais ils critiquent le double standard en termes de la défense de la démocratie. Ils disent que l’Occident ne fait que promouvoir la démocratie pour lui-même, alors que pour le Moyen-Orient, il préfère promouvoir la sécurité et les affaires, comme George W. Bush l’a fait et comme le fait maintenant Trump. La sécurité est à nouveau l’axe des relations entre les États-Unis et l’Union européenne avec les pays du Moyen-Orient. Trump est revenu pour articuler cette politique dans laquelle on dit aux autocrates : « Ce que vous faites dans votre pays est votre affaire ».

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L’entité sioniste exaspère l’UE selon le chef de la diplomatie allemande

4 février 2018

L’exaspération monte en Europe face à la politique de l’entité sioniste qui rend plus impossible chaque jour une solution à deux Etats fans le conflit qui oppose l’occupant sioniste au peuple indigène palestinien.

C’est le chef de la diplomatie allemande qui le dit, pas moi.

On comprend mieux pourquoi les sionistes tendent à préférer le parti néo-nazi allemand aux formations politiques qui se sont partagé le pouvoir en Allemagne depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Le ministre allemand avertit Israël de l’exaspération grandissante de l’Europe

Rédaction, Reuters (UK) 31 janvier 2018

Tel Aviv (Reuters) – Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a averti mercredi Israël qu’il était confronté à une exaspération grandissante en Europe devant les inquiétudes concernant l’avenir d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

Gabriel a adopté un ton nettement différent de celui du vice-président américain Mike Pence qui, lors d’une visite en Israël la semaine dernière, a approuvé l’annonce par le président Donald Trump le 6 décembre que son administration reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël et qu’il transférerait son ambassade dans cette ville.

« En ce qui concerne les Palestiniens et la question de l’Iran, les Américains prennent votre parti plus clairement que jamais auparavant. Mais est-ce vraiment une bonne chose ?  « a déclaré Gabriel à Tel Aviv.

Citant les succès passés de la diplomatie américaine dans la région, il a demandé : « Les Américains peuvent-ils encore jouer un tel rôle s’ils prennent si ouvertement parti? Est-ce que les autres vont essayer de leur emboîter le pas ? »

Dans une menace à peine voilée de couper l’aide [européenne], il a déclaré que certains membres du cabinet israélien étaient « explicitement contre la solution à deux Etats » mais qu’une telle solution « a toujours été le fondement de notre engagement pour la paix israélo-palestinienne et  du montant de l’engagement financier « de l’Allemagne et de l’Europe.

« Ces signaux – au mieux mitigés – ne passent pas inaperçus en Europe, où il y a clairement une exaspération grandissante face aux actions d’Israël », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la sécurité en Israël. Gabriel a cité des désaccords au sein même de son propre parti social-démocrate à propos de ce que certains considèrent comme un traitement « injuste » des Palestiniens.

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Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a l’air franchement exaspéré devant Benjamin Netanyahou

« PAS DE RACCOURCI »

« Il est de plus en plus difficile pour des gens comme moi de leur expliquer les raisons pour lesquelles notre soutien à Israël doit persister », a-t-il déclaré. Gabriel a souligné les préoccupations concernant la violence, la haine et la construction de colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés que les Palestiniens où les Palestiniens veulent pour un futur État indépendant.

« L’Allemagne attend avec impatience le jour où elle sera en mesure de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem. Mais laissez-moi ajouter : dans deux états avec Jérusalem comme capitale. Il n’y a pas de chemin plus court. « 

Les Palestiniens veulent Jérusalem-Est, qui a été conquise par les Israéliens pendant la guerre de 1967, pour leur future capitale. Israël considère Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.

Gabriel a pris la parole après des entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Plus tôt dans la journée, Netanyahu a reprécisé sa position lors d’une conférence de presse conjointe avec son visiteur allemand après que Gabriel s’est dit encouragé par le fait que le gouvernement Netanyahu soutenait une solution à deux Etats « avec des frontières sûres pour Israël ».

« Que nous exercions le contrôle de la sécurité à l’ouest du fleuve Jourdain. C’est la première condition, » a objecté Netanyahou, coupant Gabriel avant d’ajouter, « Qu’on puisse le définir comme un Etat alors que nous exerçons le contrôle militaire est une autre affaire. Je ne discute pas d’étiquettes mais de la substance. »

Gabriel a suggéré que la discussion soit reconsidérée une autre fois, « beaucoup plus tard. »

Gabriel a été un partisan résolu de plus grands efforts pour lutter contre l’antisémitisme en Allemagne, y compris avec la création d’un poste de commissaire gouvernemental pour superviser de telles initiatives.

Dans le même temps, il est sous pression dans son pays pour qu’il adopte une ligne plus ferme au sujet de la construction ininterrompue de colonies israéliennes en violation du droit international.

Selon Henry Siegman, la politique des dirigeants sionistes condamne l’Etat juif à la disparition

28 janvier 2018

L’article qui suit a été écrit par Henry Siegman qui n’est pas seulement un universitaire connu et un rabbin orthodoxe mais aussi un des anciens dirigeants de la communauté juive américaine puisqu’il a été à la tête de l‘American Jewish Congress de 1978 à 1994.

Sa notice biographique sur Wikipédia indique qu’il a été aumônier militaire pendant la guerre de Corée, ce qui lui a valu de hautes distinctions.

Nous avons là à peu près le CV classique d’un patriote américain et d’un militant sioniste. Ce qui, sauf à être un néoconservateur ou un évangéliste, est contradictoire.

Henry Siegman a évidemment cherché à résoudre cette contradiction et il l’a fait progressivement d’abord en plaidant pour des discussions sincères de paix entre le régime sioniste et les représentants du peuple palestiniens, puis en critiquant l’hypocrisie des gouvernants sionistes et en dénonçant avec Jimmy Carter la politique d’apartheid de ces mêmes gouvernants.

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Henry Siegman et Yasser Arafat

Aujourd’hui, il considère que la boucle est bouclée et que la solution à deux Etats à laquelle il a cru auparavant n’est plus possible en raison de la politique d’apartheid et de dépossession menée par les autorités sionistes.

Il affirme nettement qu’il n’y a plus d’autre solution que celle à un seul Etat et qu’elle se réalisera d’une manière ou d’une autre, se traduisant au passage par un exode de nombreux Juifs qui ne pourront pas accepter de vivre à égalité avec le peuple autochtone de Palestine. On note que Siegman exclut que les Palestiniens puissent obtenir d’être rétablis dans leurs droits en usant de la force.

On notera que le texte de Siegman est publié dans The American Conservative, une revue de droite opposée au néo-conservatisme à qui il est reproché de précipiter l’Amérique dans des guerres coûteuses en hommes et en argent qui ne correspondent en rien aux intérêts fondamentaux du peuple américain.

Les implications de la décision du Président Trump pour Jérusalem

La décision de Trump pour Jérusalem a réussi à faire ce que des années de colonisation israélienne n’avaient pas réussi à faire – briser l’illusion d’une solution à deux Etats

Par Henry Siegman, The National Interest (USA) 23 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

La décision de Trump sur Jérusalem a permis à ce que les années de colonies israéliennes n’ont pas réussi à faire – briser l’illusion d’un résultat à deux états.

Nonobstant ce qui précède, l’initiative mal conçue de Trump sur Jérusalem peut encore avoir une conséquence positive, même si elle est involontaire. Rien n’a été aussi nuisible à la lutte palestinienne pour mettre fin à l’occupation israélienne et au vol incessant de territoires destinés à son [futur] état que l’insistance d’Abbas pour préserver l’Autorité palestinienne et le mythe selon lequel elle joue le rôle d' »Etat en formation » alors qu’elle a clairement permis à Israël de consolider son occupation. La décision de Trump sur Jérusalem a réussi ce que des années de colonies israéliennes ont échoué à faire : briser l’illusion d’un résultat à deux états et permettre au mouvement national palestinien de se transformer en une lutte pour les droits, c’est-à-dire lutter pour mettre fin à un régime d’apartheid, une démarche que j’ai préconisée pendant plus d’une décennie, et qui est maintenant de plus en plus celle qu’adoptent les jeunes palestiniens. Ce qui est particulièrement significatif, c’est que cette jeune génération fait le choix d’une lutte pour des droits égaux dans un Etat unique  non par désespoir d’obtenir leur propre Etat, mais parce que c’est la solution qui a leur préférence. C’est le bon choix parce que leur lutte pour leur propre Etat est de celles que les Palestiniens ne peuvent gagner, tandis que la lutte d’Israël pour maintenir un régime d’apartheid est de celles qu’Israël ne peut pas gagner.

Si après ce qui sera très certainement une lutte longue et difficile contre l’apartheid, les Palestiniens l’emportent, ils seront nettement majoritaires. Ayant institué le principe selon lequel la majorité peut imposer à la minorité l’identité religieuse et culturelle de l’Etat; Israël ne sera pas en position favorable pour contester ce même droit aux Palestiniens. Ce qui conduira à un exode significatif de Juifs israéliens.

Si les Palestiniens n’ont pas gain de cause, alors le caractère incontestable d’apartheid de l’Etat d’Israël et le coût de la lutte en cours aboutiront au même résultat – un exode des Juifs israéliens avec le temps, créant un déséquilibre démographique encore plus grand entre les Juifs du pays et les populations arabes. Les Palestiniens ne partiront pas parce qu’ils n’auront nulle part où aller.

Le résultat est donc susceptible d’être la fin d’Israël en tant qu’État juif. Si tel est le cas, ce ne sera pas le fait des mouvements BDS mais des Israéliens eux-mêmes, non seulement parce qu’ils refusent la solution des deux États, mais aussi parce qu’ils insistent pour définir l’identité nationale et les prétentions territoriales d’Israël en termes religieux. Un Etat qui accorde de manière accélérée la citoyenneté par la conversion religieuse au judaïsme parrainée par le gouvernement, comme le fait maintenant le gouvernement israélien, ne peut pas longtemps cacher qu’il privilégie ses citoyens juifs – tout comme les Etats-Unis ne pourraient pas prétendre être une démocratie si la conversion au christianisme était une modalité d’accès à la citoyenneté américaine. La nouvelle législation approuvée par Netanyahou et le parti du Likoud au pouvoir qui permet explicitement aux principes démocratiques d’être contournés par la législature d’Israël s’ils contredisent certains principes religieux juifs démontre que l’idée d’un Etat juif et démocratique était sans doute un oxymore dès le début.

Henry Siegman est Président Emerite de l’U.S./Middle East Project et un ancien membre du Council on Foreign Relations. Il a par le passé dirigé l’American Jewish Congress et le Synagogue Council of America.

Vers une grande guerre de libération de la Palestine?

26 janvier 2018

C’est le troisième article de Jeremy Salt que je traduis, et j’en suis vraiment heureux. Ses analyses sur la situation en Syrie qui faisaient l’objet des deux articles que j’ai proposés sur le blog, en 2011 puis en 2013, faisaient preuve d’une grande lucidité et ont en quelque sorte prédit assez précisément ce qui allait et devait se passer et qui s’est effectivement passé.

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Jeremy Salt est professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Bilkent en Turquie

Ici il s’intéresse plus globalement à la situation au Proche Orient en remettant comme il se doit la question palestinienne au centre de la problématique. Et il s’interroge sur la prochaine grande guerre, celle qui décidera de l’issue du conflit arabo-sioniste.

Jeremy Salt considère que la valeur combative de l’armée sioniste est grandement exagérée comme celle des forces arabes exagérément minorée, rappelant notamment à l’appui de sa thèse les succès de l’armée égyptienne en Octobre 1973, succès contrariés uniquement par la forfaiture de la direction politique égyptienne de l’époque. Selon Salt, une victoire militaire décisive des forces arabes et de leurs alliés, comme les Iraniens par exemple, dépend surtout de leur capacité à neutraliser la supériorité aérienne de l’armée sioniste avec ses hélicoptères et bombardiers.

Toute la question est là : les forces hostiles à l’entité sioniste, Hezbollah en premier lieu, disposent-elles, ou sont-elles sur le point de disposer des moyens de contrer efficacement cette menace aérienne ?

Si oui, les jours de l’entité sioniste sont comptés.

Une grande guerre se profile-t-elle à l’horizon pour Israël?

par Jeremy Salt | American Herald Tribune (USA) 21 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Après plus d’un siècle [depuis la Déclaration Balfour], les sionistes semblent prêts à donner le coup de grâce à la Palestine en annexant la Cisjordanie. Limité en premier lieu aux colonies qui auront été le précurseur de l’annexion de l’ensemble du territoire. Le statut de la population palestinienne continuera d’être en suspens en attendant qu’apparaisse une solution permanente. Après l’annexion, certains pourraient partir. Plus grand sera leur nombre, plus sera grande la satisfaction d’Israël, mais deux expulsions massives ont enseigné aux Palestiniens qu’ils doivent rester. Il pourrait encore y avoir une troisième vague d’expulsions, la guerre fournissant à nouveau l’écran de fumée [pour justifier les expulsions] et, une nouvelle fois, la guerre s’annonce Les fondateurs sionistes n’ont jamais voulu rien moins que toute la Palestine. Dès le début, ils savaient qu’ils devraient éjecter la population indigène. Le «binationalisme» de Martin Buber était une bonne idée qui n’avait aucune influence dans la classe politique. Les intentions de la direction sioniste ont dû être cachées jusqu’à ce que la colonie ait atteint le point où elle avait la force physique de reprendre la Palestine..

Les fondateurs de l’Etat sionistes n’on jamais voulu rien moins que toute la Palestine. Dès le début, ils savaient qu’ils devraient expulser la population indigène. Le «binationalisme» de Martin Buber était une bonne idée qui n’avait aucune influence dans la classe politique. Les intentions de la direction sioniste devaient être cachées jusqu’à ce que la colonie ait atteint le point où elle avait la force physique de s’emparer de la Palestine.

Weizmann et d’autres ne proclament rien d’autre que de bonnes intentions, rien d’autre que de vouloir vivre aux côtés des Palestiniens et quant à vouloir un État juif, c’était bien loin de leur esprit. Ce n’est que dans leurs journaux qu’ils consignèrent ce qu’ils voulaient vraiment, du désir de Herzl de transférer la «population démunie [les Arabes]» hors de Palestine jusqu’à la conclusion, en 1940, de Yosef Weitz, directeur du département de colonisation du Fonds national juif qu’il n’y avait pas de place en Palestine à la fois pour les colons et pour les «Arabes». Ces derniers devraient partir. Ces intentions n’étaient pas marginales mais représentatives de ce que les dirigeants sionistes réalisaient devraient être faits si la Palestine devait être la leur.

Comme les Palestiniens se battraient jusqu’au bout, la terre ne pourrait être prise que par la force. Pas à pas, les sionistes ont pu avancer vers cet objectif. Les Britanniques avaient aidé en réprimant le soulèvement palestinien en 1936-39, la première Intifada, décapitant la direction populiste qui aurait pu mener la lutte contre les sionistes dans les années 1940. Des milliers de Palestiniens furent tués et beaucoup plus arrêtés.

Le plan de partage de 1947 ne traduisait pas les véritables volontés des membres de l’ONU. Il avait été imposé à l’Assemblée générale par les menaces faites par les Etats Unis aux membres vulnérables et n’aurait sinon jamais été adopté. Israël en a bénéficié politiquement mais n’avait aucune intention d’adhérer à ses dispositions, ce qui aurait laissé les Palestiniens intacts, trois fois la taille de la communauté des colons sionistes. La guerre de 1948 était une guerre inévitable : sans le nettoyage ethnique de la Palestine, il n’y aurait pas eu d’Israël.

Les expulsions massives de 1948-1949 furent suivies d’une deuxième vague d’expulsions en 1967, suivie de la lente strangulation des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, Israël utilisant tous les moyens possibles, militaires, économiques et pseudo-légaux. Il y a eu d’autres guerres, toutes visant à consolider et à étendre l’emprise sioniste sur la Palestine et à détruire les ennemis d’Israël : Suez 1956, Liban 1978, 1982 et 2006, Gaza à de nombreuses reprises, ainsi que d’innombrables «incursions» frontalières tuant au total des dizaines de milliers de civils arabes.

Il y a eu aussi un « processus de paix », une initiative de l’OLP, qu’Israël n’a fait que suivre pour voir ce qu’il pouvait en retirer. Lancé en 1993, se termina clairement dès 1995, bien que son cadavre continue à remuer jusqu’à nos jours. Le « processus de paix » était une ruse diplomatique donnant à Israël plus de temps pour renforcer son emprise sur les territoires pris en 1967. Yasser Arafat fut accepté comme un partenaire de négociation et quand il n’eut plus rien à donner, Israël considéra à nouveau le pacificateur comme un terroriste et le tua. Mahmud Abbas (Abou Mazen à l’époque révolutionnaire) a suivi Arafat, assumant le rôle de courroie de transmission d’Israël en Cisjordanie, mais seulement pour être jeté une fois qu’il n’a plus eu d’utilisé pour Israël.

Sur la base d’une colonisation sans fin et de la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël (rejetée par pratiquement le reste du monde), avec une réduction subséquente de l’aide américaine à l’UNRWA (l’Agence de secours des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), l’OLP menace maintenant de «ne plus reconnaître» Israël. Si cela ramène le «problème de la Palestine» à 1948, c’est justifié que parce qu’Israël n’a jamais changé de position depuis.

Le temps qui s’est écoulé depuis 1993 jusqu’à maintenant a permis à Israël d’installer des centaines de milliers de nouveaux colons en Cisjordanie, qui selon lui [le régime sioniste] ne peuvent être évacués sans risque de guerre civile. C’est peut-être vrai, mais l’État sioniste les y a installés pour qu’ils restent, car ils rapprochent le projet sioniste de son accomplissement, et il n’a jamais eu l’intention de les faire partir. Israël a maintenant l’intention de «légitimer» ce que jusqu’à présent il a appelé les «avant-postes» illégaux des colons, comme s’il y avait une différence en droit international entre l’illégalité complète de la présence des colons en Cisjordanie, que ce soit dans les implantations ou dans les avant-postes des «jeunes de la colline qui vont et viennent comme ils veulent, frappant, brûlant et détruisant. Ils sont protégés par l’État et ce n’est pas étonnant, car c’est un état qui est en roue libre depuis plus de sept décennies.

Le porte-parole de la clique sioniste est maintenant Naftali Bennett, le ministre de l’Education, qui vient de parler de «la fin de l’ère de l’Etat palestinien et le début de l’ère de la souveraineté», par laquelle il entend l’annexion israélienne de la Cisjordanie et la souveraineté sur toute la Palestine. S’il y a une différence entre Bennett, un probable futur Premier ministre, et Netanyahu, c’est seulement que le premier parle plus clairement de ses intentions. Le désinvolte Netanyahou, qui voit toujours un avantage à parler d’un «processus de paix», a dans son parti d’autres membres qui parlent aussi ouvertement que Bennett. Tzipi Hotovely, par exemple, la vice-ministre des Affaires étrangères, parle également d’annexion : elle a hâte de voir le drapeau israélien flotter sur le Haram al Sharif et considère les anciens soldats du mouvement de protestation Breaking the Silence comme des «criminels de guerre». ‘

Bennett ne fait que montrer la direction qu’Israël prendra tôt ou tard. Du point de vue sioniste, le prochain pas important doit être l’annexion. La tactique de la paix a été menée jusqu’au bout, la solution à deux états est morte (pour autant qu’elle ait jamais existé), il n’y a plus rien à tirer de l’Autorité palestinienne et à Washington, Israël a un ami, Donald Trump, qui soutient autant et plus Israël (reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël) que n’importe quel ancien président américain d’après 1948: seule la reconnaissance d’Israël  par Truman au moment où l’Etat a été proclamé peut lui être comparé. Qu’est-ce qui peut venir maintenant sinon l’annexion ?  Bennett pense que le vent tourne en faveur d’Israël et, si on prend en considération les tractations avec les gouvernements du Golfe et le soutien encore plus généreux des Etats-Unis, il a raison.

Mais est-ce suffisant pour penser que la partie est finie et qu’Israël a fait jeu, set et match?, Peut-être pas : peut-être même pas du tout. Cette question ne concerne pas seulement les Palestiniens et n’a jamais concerné qu’eux. C’est une question arabe, une question musulmane, une question de droits de l’homme et un problème mondial. Elle n’a pas disparu et elle ne va pas disparaître. Ahed Tamimi , frappant un soldat israélien au visage après avoir été frappée par lui (est-ce que quelqu’un l’a remarqué? Certainement pas les médias mainstream) et maintenant emprisonnée pour une durée indéfinie pour ce crime haineux, est le dernier exemple de la force d’âme palestinienne face à l’oppression.

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Ahed Tamimi est le nouveau symbole de la résilience du peuple palestinien

Dès le début, malgré leur courage et leur détermination, les Palestiniens eurent à affronter des forces qu’aucun petit groupe de personnes ne pouvait surmonter seul : les Britanniques, les sionistes, les États-Unis et les énormes ressources qu’ils ont consacrées à l’occupation de la Palestine pendant un siècle. Cependant, la Palestine n’est pas seulement une question palestinienne et pas seulement une question plus générale de droits de l’homme : c’est une question qui va au coeur de l’histoire et de l’identité arabe. Le chemin de retour vers la Palestine devra toujours traverser le monde arabe. C’était clair pratiquement depuis le début. Jusqu’à présent, deux gouvernements arabes (Egypte et Jordanie) ont signé des traités de « paix » avec Israël. Ces arrangements de papier entre les gouvernements n’ont aucun soutien populaire en Egypte ou en Jordanie : ce n’est pas que leurs peuples ne veulent pas la paix, mais qu’ils ne sont pas prêts à sacrifier la Palestine pour l’obtenir. Il y a un géant assoupi ici qu’Israël semble penser endormi pour toujours. Les peuples sont la dynamite au bout de la mèche. Dans des circonstances favorables et avec les bons leaders, ils peuvent être mobilisés, comme ils l’ont été auparavant.

En tant qu’État raciste, Israël traite depuis longtemps les «Arabes» avec mépris ou les considère incapables de faire ce qu’ils ont fini par faire. Le premier exemple est celui de 1973, lorsque les Egyptiens lancèrent une brillante opération sur le canal et prirent les troupes israéliennes complètement par surprise, les mettant en débandade. Si Sadate n’avait pas trahi Hafez al Assad, en stoppant l’offensive égyptienne au bout d’une semaine, Israël aurait pu être chassé du Sinaï et du plateau du Golan. Seule une plus grande intervention des États-Unis (ils intervenaient déjà directement par le transport aérien de matériel militaire directement dans le Sinaï) aurait pu empêcher une défaite israélienne. Dans le sud du Liban occupé, Israël a subi choc après choc. Il a été pris au dépourvu par le Hezbollah et, en fait, il a été expulsé du Liban en 2000. Il a réessayé en 2006 et a été à nouveau humilié, ce qui explique pourquoi Israël est déterminé à détruire le Hezbollah la prochaine fois même s’il faut détruire le Liban avec.

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Octobre 1973: soldats égyptiens au sommet d’une position prise à l’ennemi sur la ligne Bar Lev 

Naftali Bennett était l’un des soldats d’Israël au Liban. Il projette l’image d’un personnage dur. « J’ai tué beaucoup d’Arabes en mon temps et je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il dit. Parmi les «Arabes» qu’il a aidé à tuer, plus d’une centaine de civils libanais, dont de nombreux enfants, qui s’étaient réfugiés dans l’enceinte de l’ ONU à Qana., au sud du Liban, quand elle a été bombardée par les forces israéliennes envahissante en avril 1996. Un homme avait perdu 31 membres de sa famille, dont neuf enfants. Bennett était membre de l’unité dite d’«élite» Maglan. Quand son détachement avait été pris dans une embuscade par le Hezbollah, il avait appelé à l’aide une unité d’artillerie. Selon un autre officier, quand il est entré en communication, Bennett était hystérique, mais les obus sont arrivés et l’ont sauvé, 13 d’entre eux ayant explosé dans l’enceinte du site de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros Ghali, avait démenti l’affirmation d’Israël selon laquelle le bombardement était dû à une erreur, étant donné que le site de l’ONU avait fait l’objet de reconnaissances par des drones et des hélicoptères israéliens. Le résultat fut qu’il perdit son deuxième mandat, les USA refusant de le soutenir, lui préférant Kofi Annan.

Bennett et ses anciens compagnons d’armes se considèrent comme des guerriers. Une opinion que ne partage pas Hasan Nasrallah qui se base sur les expériences que le Hezbollah a eues avec les Israéliens. Dans une récente interview diffusée sur la chaîne de télévision Mayadeen, Nasrallah a ironisé sur la capacité à combattre des soldats israéliens. A ses yeux, les succès de la résistance au Liban et en Palestine ont brisé le mythe de l’invincibilité israélienne (un mythe déjà démoli depuis au moins la guerre de 1973). Le Hezbollah et les forces alliées ont combattu les takfiristes pendant plus de sept années en Syrie et plus de trois années en Irak. C’était un ennemi qui entrait dans le combat avec des escouades de commandos suicide, un ennemi « prêt à mourir » sans hésitation, à comparer avec les Israéliens qui, a dit Nasrallah, n’avancent pas sans être précédés d’une force blindée, suivis par des ambulances et protégés depuis le ciel par des hélicoptères et des avions de combat. Un tel soldat est vaincu à l’avance. C’est un lâche sans volonté de se battre. Combattre l’État islamique était beaucoup plus difficile que de combattre Israël, ce qui a permis de vaincre l«bila shaq» (sans aucun doute). C’est le facteur humain qui a donné l’avantage à la résistance.

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Avril 2017 : Combattant du Hezbollah à la frontière entre le Liban et la Palestine occupée

Nasrallah a évoqué à plusieurs reprises la «grande guerre» à venir avec Israël, qui impliquerait non seulement «l’axe de résistance» (Iran, Irak, Syrie, Liban, Palestine et toutes les organisations du monde arabe «qui soutiennent cette voie») mais aussi des centaines de milliers de volontaires arabes. Nasrallah a déclaré que Sayyid Abd al Malik al Houthi avait promis d’envoyer des dizaines de milliers de combattants volontaires même si la guerre saoudo-yéménite se poursuivait. Cette guerre, dont Nasrallah a souvent dit que le Hezbollah la mènerait en Galilée à travers la ligne d’armistice et s’étendrait sur tout le front libanais et syrien avec Israël, a été le thème central de toutes ses récentes interviews.

La stratégie d’Israël dès le départ sera la destruction totale du Hezbollah le plus rapidement possible et autant du Liban que nécessaire pour détruire le Hezbollah. La puissance aérienne sera au cœur des stratégies de guerre d’Israël, comme elle l’a été dans le passé. C’est ce sur quoi le Hezbollah et ses alliés devront travailler pendant des années pour la neutraliser. Qu’Israël se prépare activement à la guerre ressort clairement des exercices aériens et terrestres qu’il a menés au cours des six derniers mois, combinant les forces aériennes, navales et terrestres, la robotique, les combats dans les tunnels et l’évacuation des civils du nord jusqu’à la ligne d’armistice ligne avec le Liban. L’état-major israélien a effectivement reconnu la piètre performance de ses troupes sur le terrain, à Gaza ou au Liban en 2006, en augmentant le ratio de soldats et d’officiers issus de milieux de colons religieux, plus fortement motivés, pense-t-il, que les jeunes hommes issus de milieux non pratiquants.

Il ne fait aucun doute que l’état-major israélien analyse chaque mot prononcé par Nasrallah, le prend au sérieux et le respecte sur la base des réalisations militaires du Hezbollah, mais peu de ce qu’il dit atteint les médias «occidentaux». Il est juste le clerc à la barbe broussailleuse régulièrement présenté comme le mandataire de l’Iran au Liban, comme s’il n’avait pas une pensée propre, et non comme l’un des esprits les plus impressionnants du Moyen-Orient. Nasrallah ne se livre jamais à des discussions creuses et ne parle que de la «possibilité» d’une grande guerre à venir, afin de ne pas alarmer les gens, alors qu’il est clair que ce n’est pas seulement une probabilité, mais une guerre qui mettra un point final. A la confrontation historique avec Israël.  En voulant infliger une défaite écrasante à ses ennemis, c’est certainement ce qu’Israël aura en tête. Le Hezbollah est prêt et Nasrallah pense qu’il peut gagner.

L’idée même qu’Israël puisse être défait sur le champ de bataille n’a aucune place dans le discours ‘occidental’ qui a été construit sur des siècles de préjugés anti-arabes et antimusulmans dans les médias. Ce serait considéré comme impensable, insensé et risible. Israël essuie des revers mais il ne perd pas de guerre : cette possibilité n’existe pas dans les esprits conditionnés par un biais médiatique sans fin. Une telle guerre devrait être considérée avec effroi : comme le dit Nasrallah, personne ne pourrait dire où cela ne mènerait pas, mais avec l’élimination de toutes les options pour la paix, le pendule va inévitablement dans cette direction. Est-ce que Hassan Nasrallah s’est éloigné de la réalité, parlant de la victoire et des centaines de milliers de combattants qui se joindront à la prochaine guerre, ou sait-il quelque chose que nous ne savons pas? Il sait évidemment beaucoup de choses que nous ne savons pas, mais pour vaincre Israël, sa puissance aérienne offensive et défensive devra être neutralisée. Est-ce que le Hezbollah et l’Iran ont trouvé comment parvenir à ce résultat Est-ce la raison de sa confiance ? Nous devrons attendre la prochaine guerre pour le découvrir.

Une guerre à la Maison Blanche entre Juifs et non-Juifs selon Henry Kissinger

5 janvier 2018

Un livre à paraître aux Etats Unis a provoqué la colère du président Donald Trump qui a, nous rapporte la presse, essayé d’en empêcher la sortie qui est néanmoins intervenue aujourd’hui.

Ce livre du chroniqueur Michael Wolff qui ne veut surtout pas être journaliste, évoque l’ambiance dans l’équipe de Donald Trump pendant la campagne électorale, notamment le pessimisme du candidat quant à ses chances d’accéder à la présidence et le chaos qui règnerait à la Maison Blanche agitée par les luttes intestines.

La particularité du travail de Wolff, ce non-journaliste, est que pour l’essentiel il cite tels quels ses interlocuteur, prenant rarement la peine de vérifier leurs assertions.

Et ses interlocuteurs ne sont pas l’homme ou la femme de la rue mais ceux qui peuplent ou ont peuplé les allées du pouvoir.

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Michael Wolff à Kellyanne Conway, conseillère particulière de Donald Trump: « Vous êtes les ténébres »

De fait, Michael Wolff

 « affirme avoir gravité pendant 18 mois autour de la galaxie Trump, de la campagne présidentielle à la Maison Blanche, et interrogé « plus de 200″ personnes, du président à ses proches collaborateurs ».

Après l’élection surprise du candidat républicain, qu’il avait interviewé en juin 2016, il demande à Donald Trump un accès à la Maison Blanche, que le président élu ne lui refuse pas

Si l’ensemble de la presse française évoque le fameux « chaos » qui règnerait à la maison Blanche selon le chroniqueur, aucun média hexagonal n’évoque cependant un aspect de ce chaos, la guerre que se livreraient dans l’équipe présidentielle Juifs et non-Juifs, une thèse soufflée à l’auteur de « Le Feu et la Fureur: A l’intérieur de la Maison Blanche de Trump » par nul autre que Henry Kissinger.

Cette thèse ne figure pas non plus dans Les 10 révélations hallucinantes tirées du livre sur Donald Trump selon CNEWS Matin.

C’est cette thèse d’une guerre Juifs contre non Juifs que discute pour la réfuter l’article que je vous propose.

Personnellement, je réfuterais aussi d’un point de vue différent la thèse de l’ancien Secrétaire d’Etat.

Si Josh Nathan-Kazis écarte la proposition de M. Kissinger sur la base du fait que Juifs et non Juifs sont présents dans les deux camps qui s’opposeraient à la maison Blanche, je la rejette pour ma part sur la base de l’idée que ce sont en fait deux clans juifs qui s’affrontent dans l’entourage de Trump, les non Juifs y jouant le rôle d’utilités à l’image d’un Steve Bannon.

Qu’a voulu dire Kissinger par ‘Une guerre à la Maison Blanche entre Juifs et non Juifs ?’

Par Josh Nathan-Kazis, The Jewish Forward (USA) 4 janvier 2018

Henry Kissinger sait un certain nombre de choses sur les guerres, sur les Juifs et sur les Maisons Blanches [les différentes administrations qui se sont succédé à Washington].

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Henry Kissinger n’est jamais resté bien loin des cercles de pouvoir

Mais sa réponse au journaliste Michael Wolff sur ce sujet, citée dans le nouveau livre explosif de Wolff sur le président Donald Trump et son entourage, est en train d’en faire grimacer certains.

« C’est une guerre entre les Juifs et les non-Juifs », a confié à Wolff l’ancien secrétaire d’Etat et conseiller à la sécurité nationale des présidents Richard Nixon et Gerald Ford, parlant ainsi de la Maison Blanche sous Trump.

On ne connaît pas encore le contexte complet de la citation, car le texte de « Fire and Fury: Inside the Trump White House, [Le Feu et la Fureur: A l’intérieur de la Maison Blanche de Trump] » de Wolff n’est pas publiquement disponible à ce jour.

Mais selon un article paru dans The Guardian, il semble que Kissinger ait tenté de caractériser l’affrontement entre l’ancien conseiller principal de Trump, Steve Bannon, d’un côté et les membres de la famille juive de Trump, Jared Kushner et Ivanka Trump, de l’autre.

Alors qu’est-ce que Kissinger, dont le rôle dans des interventions américaines au Chili, au Laos et au Vietnam, entre autres pays, a été à l’origine de millions de morts, a voulu dire par cette réponse à Wolff?

Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’Université Brandeis, a noté que la propre ascension politique de Kissinger avait coïncidé avec une certaine forme de défection des Juifs en direction du Parti républicain. Beaucoup de ceux qu’on appelle des «néoconservateurs» ont soutenu Nixon contre son rival démocrate George McGovern en 1972. Et tandis que beaucoup de ces juifs et de leurs héritiers idéologiques comptent parmi les soi-disant # NeverTrump-ers [anti Trump], ils s’opposent aussi au nationalisme économique de Bannon.

Peut-être que Kissinger a vu dans les échauffourées de la Maison Blanche une sorte de bataille pour l’âme du Parti républicain: entre une aile modérée plutôt juive, et un noyau dur culturellement non-juif.

« Les Juifs républicains ont été différents du genre de républicains paléoconservateurs, et cette bataille remonte à loin ans le temps », a déclaré Sarna. « Ce que nous ne savons pas, c’est si les néoconservateurs reviendront au parti républicain s’il y a un autre homme au sommet. »

Mais certains observateurs proches de la Maison Blanche remettent en question l’analyse de l’ancien secrétaire d’Etat même s’ils préfèrent en rire.

« Il y a tellement de Juifs dans cette administration, vous ne pouvez pas vraiment avoir les Juifs d’un côté et les non-Juifs de l’autre », a dit un ami du président à Forward.

S’il est vrai que ceux qui sont perçus commeles alliés de Kushner et Ivanka Trump, dont le conseiller économique principal de Trump, Gary Cohn, sont en grande partie des juifs new-yorkais, l’équipe de Bannon, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Maison Blanche, est également fortement juive.

Stephen Miller, un haut conseiller de Trump considéré comme le dernier Bannonite restant à la Maison Blanche, est juif. C’est le cas aussi de beaucoup de collègues de Bannon depuis qu’il a quitté la Maison Blanche. A Breitbart Media dont il est rédacteur en chef, son adjoint est Alex Marlox [un Juif donc].

Une lutte entre Juifs et non-Juifs semble dès lors une analyse difficile à défendre.

Un autre observateur attentif de la politique juive [Jewish politics] a déclaré que, si la description par  Kissinger de la lutte intestine à la Maison Blanche entre Kushner et Bannon  correspondait sans doute à quelque chose d’assez courant avant l’exil de Bannon en août, elle semble aussi être par trop simpliste.

« Il semble que tout le monde soit contre tout le monde », a déclaré cet observateur informé. Reince Priebus contre Bannon. Bannon contre Jared Kushner. « Traditionnellement à la Maison Blanche, il y a deux centres de pouvoir qui se battent entre eux », a déclaré l’observateur. « Dans cette Maison Blanche, il semble que chacune des bases du pouvoir se soient combattues l’une l’autre ».

 

Sur la situation en Iran (Moon of Alabama)

2 janvier 2018

Un article perspicace de Moon of Alabama sur l’Iran et l’agitation qui semble s’être emparée de ce pays. Selon l’auteur, les protestations légitimes des couches défavorisées de la population contre la vie chère et d’autres problèmes comme la faillite de banques privées, ont été saisies comme une opportunité par de petits groupes d’agitateurs violents. En lien avec l’étranger, ces agitateurs ont lancé les slogans appelant à la fin du régime et même à la fin du soutien à la cause palestinienne. Des slogans que la presse occidentale s’est évidemment empressée de reprendre et de commenter.

Selon Moon of Alabama, nous sommes maintenant dans une phase où la contestation sociale a semble-t-il été apaisée, au moins momentanément, par l’affirmation par le gouvernement que les doléances sur les questions sociales seraient prises en charge. Un gouvernement qui a aussi rappelé que le peuple avait tout à fait le droit de manifester.

La place est maintenant occupée surtout par des émeutiers peu nombreux qui ne représentent en aucune façon une menace pour les autorités en place.

Le changement de régime ne viendra probablement pas des présents troubles. Mais comme le relève l’auteur, l’objectif est avant tout pour le lobby sioniste et son partenaire américain d’essayer de trouver un moyen d’enfoncer un coin dans le rapprochement entre l’Iran et l’Europe.

Comme on le sait en effet, Emmanuel Macron doit se rendre à Téhéran en octobre 2018 et une visite préparatoire du chef de la diplomatie française vient d’être reportée en raison de la situation en Iran.

Iran – Moins de manifestations – Plus d’émeutes – Les Etats Unis préparent la phase suivante

Moon of Alabama (USA) 2 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les émeutes et les manifestations en Iran en sont à leur 6ème jour. Alors que les médias « occidentaux » affirment que les manifestations se multiplient, je n’en vois aucun signe dans les différentes vidéos diffusées en ligne. Les protestations légitimes contre la hausse des prix, la faillite de banques privées et le budget néolibéral d’austérité du Président Rohani ont été très vite détournées par des bandes d’émeutiers. Ces bandes sont à l’évidence coordonnées depuis l’étranger par le truchement de diverses applications Internet, en particulier Télegram et Instagram:

Amad News, une chaîne sur Telegram semble avoir joué un rôle central dans la vague de protestations. Selon les témoignages, Rohollah Zam, un journaliste en exil, fils d’un clerc religieux réformiste, aurait fui le pays après avoir été accusé d’avoir des liens avec des agences de renseignement étrangères …

Le blocage des chaînes de contrôle [de l’action émeutière] spécifiques s’est avéré insuffisant :

Les logiciels spéciaux utilisés pour contourner les filtres du gouvernement pouvaient encore être téléchargés facilement. Et lundi, comme les autres jours, il y a eu des appels à manifester sur des médias en ligne et   sur des chaînes satellitaires en langue persane basées à l’étranger.

Le blocage des applications internet a été levé aujourd’hui.

Les manifestations de départ sur les problèmes économiques semblent s’être essoufflées après que le président Rohani ait confirmé le droit de manifester, reconnu les problèmes économiques et promis de les prendre en charge. En effet, il n’y a que peu de nouvelles vidéos montrant de véritables marches de protestation, mais on a une avalanche de vidéos d’émeutes, d’incendies criminels et de heurts avec les forces de police. La taille de ces protestations est de quelques centaines de personnes ou moins. Les contre-manifestations, exprimant la loyauté envers la république (non signalées dans les médias «occidentaux»), sont plus importantes que les manifestations antigouvernementales. Entre le 28 décembre et aujourd’hui, des manifestations et des émeutes ont eu lieu dans un total de 66 villes, mais seulement environ 30 villes ont vu des manifestations tous les soirs. Cela pourrait être le signe d’une certaine planification derrière les événements. Un changement quotidien des sites de l’agitation pourrait avoir pour but d’empêcher la police de se préparer.

Les groupes d’émeutiers sont entre 30 et 80 personnes plus quelques badauds autour d’eux. Ils semblent suivre une stratégie de type flash mob apparaissant ici et là pour disparaître à nouveau lorsque la police apparaît en force. Dans certaines villes, les émeutiers ont attaqué des postes de police, des locaux militaires et même volé des camions de pompiers. Certains des émeutiers essayent évidemment de mettre la main sur des armes.

Au total, seuls quelques milliers de personnes, majoritairement des jeunes hommes, semblent être impliqués. Des milliers de personnes protestent chaque semaine en Israël contre la corruption du Premier ministre Netanyahou. Au Nouvel An, plus de 1000 voitures ont été brûlées en France par des incendiaires. Rien de tout cela n’est en première page, mais quelques dizaines d’émeutes en Iran sont qualifiées de «révolution».

Le nombre total de morts parmi les « manifestations pacifiques » est maintenant de 21 (d’après mon décompte) dont au moins cinq policiers tués dans des attaques par des « manifestants » et deux civils qui se trouvaient là par hasard qui ont été renversés et tués par des émeutiers qui conduisaient un camion de pompiers volé. Six émeutiers ont été tués lorsqu’ils ont tenté d’attaquer un poste de police dans la ville de Qahderijan. Le gouverneur a affirmé que les assaillants étaient munis d’armes à feu.

La même fabrication de photos de grandes manifestations et de «preuves» de la brutalité du gouvernement que nous avions vu à propos de la guerre contre la Syrie est mise en œuvre dans le cas iranien. Des vidéos de manifestations en Argentine et à Bahreïn sont utilisées pour illustrer la réalité de grandes manifestations en Iran. Un tweet avec la vidéo de Bahreïn diffusée par un « journaliste » qui prétendait être en Iran a reçu plus de 17 000 re-tweets. Des vidéos d’Espagne ou même des scènes de films sont censées montrer la violence policière en Iran. Une vidéo d’un homme couché sur le dos et recevant des soins le présente dans un cas comme ayant été touché par un tir de la police tandis qu’un autre propagandiste prétend que l’homme a eu un arrêt cardiaque après que la police ait utilisé un Taser contre lui. On ne voit aucun signe apparent de blessure ou autre traumatisme. Le gars vient probablement simplement de s’évanouir.

L’organisation terroriste MEK (CNRI, OMK, Moudjahidine-E Khalq) a  » divulgué  » de faux compte rendus d’une réunion supposée du gouvernement qui, selon elle, témoignent de la panique du régime au face aux manifestations. Le gouvernement craindrait la chef de l’OMPI [ou MEK, Organisation des Moudjahidine du Peuple Iranien], Maryam Radjavi [l’organisation est établie en France, NdT]. Le MEK a payé des sommes importantes pour obtenir le soutien de politiciens, dont le Sénateur John McCain, à Washington et ailleurs. Pendant la guerre Irak-Iran, le MEK a combattu l’Iran aux côtés de l’Irak. Après que les États-Unis eurent envahi l’Irak, l’OMPI a été détenue dans des camps spéciaux sous contrôle américain. Selon un article publié en 2012 par Seymour Hersh, l’armée américaine a entraîné des combattants de l’OMPI aux États-Unis pour les former aux techniques de sabotage et d’insurrection. Ces gens sont profondément détestés en Iran, mais certainement pas craints. Leur engagement précoce dans les « manifestations » via leur site web et leurs opérations de propagande en Iran peut indiquer un rôle plus profond dans les émeutes

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Maryam Radjavi, leader des MEK ,et le Sénateur John McCain, un des principaux animateurs de la politique belliqueuse contre l’Iran aux Etats Unis

Les néoconservateurs habituels dans les médias américains plaident pour « plus d’aide » pour le « peuple iranien ». L’aide qu’ils veulent lui d’offrir est conçue pour aggraver la situation économique du peuple iranien.

J’ai déjà soutenu que le plan plus large des instigateurs de ces émeutes ne vise pas obtenir un «changement de régime» par la violence, mais à provoquer une réaction du gouvernement iranien qui pourrait alors être utilisée pour pousser les Européens à isoler à nouveau l’Iran. Ce plan est maintenant confirmé par un éditorial du Washington Post . Michael Singh du lobby sioniste à Washington écrit :

Si le régime recourt quand même à la violence, la réponse internationale devrait se concentrer sur l’isolement diplomatique. Les États européens et asiatiques devraient réduire leurs relations diplomatiques avec l’Iran et limiter la participation de l’Iran aux forums internationaux. Les sanctions peuvent aussi avoir un rôle …

Sans surprise, la rédaction néoconservatrice du WaPo est parfaitement synchrone avec le lobby:

Les dirigeants européens, qui ont été beaucoup plus prudents, devraient prendre la parole. … Dimanche [le président iranien Rohani] a reconnu que les manifestants avaient des griefs légitimes et a nominalement reconnu leur droit de manifester. L’administration Trump et les autres gouvernements occidentaux devraient viser à faire en sorte qu’il respecte sa parole par la diplomatie et la menace de sanctions en cas d’effusion de sang.

Au niveau qui est le leur actuellement, les émeutes ne mettent en aucun cas en danger la république iranienne. Si certains émeutiers acquièrent des armes, la situation pourrait se durcir un peu. Mais à moins de recevoir un soutien en matériel et en hommes de l’extérieur, comme ce fut le cas en Syrie, la situation devrait bientôt se calmer. Le peuple iranien est opposé à une telle violence et le gouvernement est très loin d’avoir mobilisé ses capacités multiformes.

J’avais déjà indiqué de manière documentée dans des publications antérieures que l’administration Trump, en étroite coopération avec Israël, s’est préparée depuis longtemps à l’intensification d’un conflit avec l’Iran. Il y a six mois, la CIA a mis en place un bureau spécial avec un faucon e matière de politique iranienne de haut niveau qui mène la charge. Le mois dernier, Trump a nommé un autre faucon « iranien » pour diriger la Direction Moyen-Orient du Département d’Etat.

Depuis que le peuple iranien a réussi le «changement de régime» en 1979, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont adopté une politique hostile à l’Iran. Elle a fluctué en intensité mais n’a jamais changé. Sous Trump nous allons assister à une augmentation rapide des actions hostiles. L’administration vient d’appeler à une session d’urgence de l’ONU sur la situation. C’est un geste risible quand on considère le nombre d’assassinats que les États-Unis et leurs alliés commettent quotidiennement au Yémen, en Syrie et en Palestine. Mais l’opération qui se déroule actuellement n’est probablement qu’une petite partie d’une stratégie anti-iranienne plus large ne se déploie pas encore ouvertement.

Le projet américano-sioniste pour la Palestine

2 décembre 2017

Une initiative de « paix » » américaine » est imminente selon Natan Sharansky, ce dirigeant sioniste malencontreusement sorti des geôles soviétiques en 1986.

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Févrie1986: Natan Sharansky acceuilli à sa l’aéropoort Ben Gourion par Shimon Peres, premier ministre du gang sioniste à l’époque

Sharansky, président de l’Agence Juive, feint de ne rien savoir officiellement mais dit tout. En tant que président de l’agence qui a fondé l’entité sioniste, il est naturellement au courant de tout ce qui se trame en matière d’initiatives américaines pour le Moyen Orient d’autant que, comme il le dit lui-même, l’équipe de négociateurs américain est constituée exclusivement de Juifs pratiquants, dont Jared Kushner, le propre gendre de Donald Trump.

Jamais la mainmise sioniste sur les appareils d’Etat occidentaux n’aura été aussi évidente qu’aujourd’hui. C’est vrai en France, c’est vrai en Grande Bretagne, en Australie tandis que cette emprise est totale à Washington où un Donald Trump à priori peu désireux de s’impliquer au Moyen Orient a délégué le dossier à des sionistes intransigeants.

Natan Sharansky peut bien se figurer que les Etats arabes (lesquels,) acquiesceront à un plan qui vise à faire de la Palestine un bantoustan, ce qu’il ne comprend pas, n’est pas Frederik de Klerk qui veut, c’est que le refus d’aller vers une solution honorable et acceptable pour les Palestiniens, aura pour conclusion, tôt ou tard, la disparition de l’Etat juif, que ce soit par la force des armes ou d’une autre manière.

Israël obtiendra ‘plus de compréhension’ de la part des négociateurs de Trump parce que ce sont des Juifs pratiquants, déclare Sharansky.

par Philip Weiss, MondoWeiss (USA) 30 novembre 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’équipe de négociateurs de Donald Trump pour le Moyen Orient prépare une proposition de paix « sérieuse » parce que l’équipe est constituée de Juifs pratiquants qui comprennent mieux Israël que les précédents négociateurs américains, dit Natan Sharansky, le président de l’Agence Juive pour Israël.

« Franchement, oubliez le président, mais si vous prenez simplement les gens qui sont impliqués dans les négociations, sachez que ces gens comprennent beaucoup mieux Israël que les équipes précédentes », a déclaré Sharansky. « Et ils comprennent vraiment les préoccupations des Juifs, parce qu’ils en font partie … Il est vraiment très intéressant de voir que lorsque le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] siège avec Ron Dermer, [Jared] Kushner, David Friedman, et [Jason] Greenblatt, le seul qui n’a pas de kippa est le premier ministre. Donc, vous pouvez vous attendre à plus de compréhension. « 

La fondation de la famille de Jared Kushner a donné des dizaines de milliers de dollars aux colonies israéliennes illégales. Par le passé, Netanyahou a séjourné dans la maison de la famille [Kushner] dans le New Jersey. David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, a dirigé une organisation qui a collecté des fonds pour une colonie.

De gauche à droite: Jason Greenblatt, Jared Kushner, Benjamin Netanyahou, la conseillère US à la sécurité nationale, Dina Powell, et David Friedman, ambassadeur à Tel-Aviv

Sharansky a déclaré que le Premier ministre israélien présenterait une proposition de paix pour un Etat palestinien démilitarisé, et que les dirigeants palestiniens rejetteraient l’accord, mais que les pays arabes feront pression sur les Palestiniens pour qu’ils l’acceptent. « Ils [les Etats arabes] ne seront pas automatiquement avec les Palestiniens. C’est une nouvelle donne. « 

Sharansky s’est exprimé au Centre communautaire juif de Manhattan mardi soir. Il a dit qu’il ne basait cette prédiction sur aucune information privilégiée, bien qu’il ait passé du temps avec l’ambassadeur israélien Ron Dermer et qu’il ait assisté récemment à des discours de Netanyahou, dont il a été membre de l’équipe gouvernementale autrefois.

Si vous écoutez simplement avec attention, attentivement, il est absolument clair pour vous que quelque chose se prépare », a-t-il dit. « J’écoute simplement ce qu’il dit partout dans le monde, j’ai le sentiment, encore une fois que ce n’est pas officiel, c’est officieux, j’ai le sentiment que quelque chose de sérieux se prépare. »

En ce qui concerne les grandes lignes de l’accord, Sharansky a déclaré : « D’après les discours de Bibi, je comprends plus ou moins ce que ce sera. Les Palestiniens obtiendront probablement, eh bien, un Etat, mais les questions de sécurité ne seront pas entre leurs mains … parce que dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui la compétition sera entre le Hezbollah et le Hamas – qui sera contrôlé. Donc, Israël ne peut pas se le permettre ».

Sharansky a déclaré que le Secrétaire d’Etat du président Obama, John Kerry, n’avait jamais envisagé un Etat palestinien sans armée.

Netanyahou, a-t-il dit, « sait comment leur donner [aux Palestiniens] l’occasion de gérer leur vie, comment ne pas leur donner l’occasion de contrôler la sécurité au Moyen-Orient ».

Les Israéliens seraient en grande majorité favorables à un plan de paix, parce qu’ils veulent de l’espérance, a-t-il poursuivi. « Je suis presque sûr que … les dirigeants palestiniens ne l’accepteront pas. Et encore une fois je ne sais pas ce qui se prépare. Je suis sûr que la réaction du monde arabe sera très différente du passé. « 

Sharansky a dit qu’il avait passé toute sa vie, y compris quand il avait été emprisonné dans l’ex-Union soviétique, à essayer de construire des ponts entre les Juifs et Israël. L’organisation qu’il dirige, l’Agence Juive, a contribué à la création d’Israël au siècle dernier et travaille aujourd’hui à construire un soutien juif mondial pour l’Etat [sioniste].

Sharansky a parlé avec Jodi Rudoren du New York Times et Amir Tibon de Haaretz. En écoutant l’entretien discours, j’ai été frappé par l’arrogance de cette discussion. Pourriez-vous imaginer un forum sur les questions de harcèlement sexuel aujourd’hui dans lequel seuls les hommes auraient été invités à parler ? Impossible. Pourtant, à maintes reprises, le processus de paix est débattu aux États-Unis – et négocié aussi – et la partie la moins puissante, les Palestiniens, n’est jamais invitée d’égal à égal. Le jeu est ouvertement truqué. Et vous vous demandez pourquoi le processus de paix n’a rien produit en 25 ans.

Quand un Juif organise des prières chrétiennes pour le président Trump!

11 août 2017

Le président Donald Trump a été porté au pouvoir notamment par des forces ultra-conservatrices dont les deux composantes principales sont l’Alt-Right (ou droite alternative] et les Chrétiens évangéliques.

Ces Chrétiens évangéliques utilisent des techniques bien rôdées, aussi bien au niveau du discours et de l’animation scénique, si j’ose dire, que des outils médias. Toute cette instrumentation ne porte que si elle est mobilisée autour d’une personnalité charismatique et exemplaire.

Le parcours des prophètes en réalité, et c’est bien ainsi que se désignent un certain nombre de pasteurs évangéliques.

L’article que je vous propose en évoque deux, même s’il est plus particulièrement consacré à l’un d’entre eux.

On, constate, comme on a pu le constater par ailleurs, que des Juifs, qui se considèrent comme tels, sont en capacité d’assumer un rôle dirigeant dans des communautés chrétiennes. On lit par exemple dans l’article que le dirigeant évangélique Frank Amedia a été juif autrefois. Pourtant quand on lui demande de se présenter, il dit au présent être « un Juif italien ».

On laissera de côté son parcours spirituel qui me laisse franchement dubitatif quand on voit les engagements du bonhomme qui sont en réalité axés sur les intérêts de l’Etat juif.

Le fait d’être juif n’étant pas une question de foi mais de lien de sang, d’ADN ainsi que le déclare l’autre évangélique cité dans l’article, le deuxième évangélique, Lance Wallnau. Ce dernier relatant même le propos de son père lui disant qu’il entretiendrait un « rapport instinctif » avec le peuple juif.

Voilà qui nous rappelle la vision développée par un certain Adolf Hitler!

Et il va de soi que pour ces gens, « l’Islam doit être brisé pour que le Christ puisse revenir« .

Ces Juifs passés prétendument au christianisme sont en effet les principaux promoteurs de l’islamophobie avec d’autres qui pour leur part n’utilisent pas le vecteur de l’action religieuse à proprement parler.

Le « Guerrier de la Prière » pour Trump claironne ses racines juives

Par Sam Kestenbaum August, The Jewish Forward (USA) 10 août 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

Un télévangéliste qui dit que ses prières ont arrêté un tsunami et qui croit que Donald Trump a été choisi par Dieu anime une campagne de prières de masse en soutien au Président – dans le cadre d’une action de protection étalée sur un mois baptisée POTUS [President Of The USA] Shield.

Frank Amedia, auparavant « chargé de liaison pour la politique chrétienne » pendant la campagne électorale de Trump et « Guerrier de la Prière » autoproclamé a lancé un projet avec d’autres « prophètes » ou « apôtres » pour créer un « bouclier de prière » protecteur autour de la présidence Trump. Il a organisé à cette fin des groupes de prière et des rassemblements au cours de ces six derniers mois.

Frank Amedia

Frank Amedia

« Ces moments forts sont toujours une occasion excitante et puissante d’écouter en coulisses le cœur qui bat derrière le POTUS Shield, » lit-on sur le site web d’Amedia,  » et ils mettent en place l’atmosphère dans la région ! »

Les leaders du POTUS Shield voient la politique comme une guerre spirituelle. Le groupe, a apporté dans un article récent Right Wing Watch [l’observatoire de l’extrême droite], s’inscrit dans ce que les spécialistes de religion qualifient de « forme de christianisme qui se développe le plus vite aux Etats Unis et peut-être dans le monde » – une tendance su protestantisme évangélique qui met l’accent sur l’expérience surnaturelle directe à travers les « dons de l’esprit. »

Image promotionnelle pour le "bouclier de prière" de Frank Amedia pour le président.

Un autre fait dont Amedia parle avec fierté ?

Il était juif autrefois.

« Je suis un Juif italien, mes parents avaient un héritage juif et un héritage italien , »a déclaré Amedia au cours d’un entretien pour une émission de télévision chrétienne l’an dernier.

Son groupe, constitué de 20 membres du conseil ne se targue pas d’accueillir des personnes très ou appartenant à de grandes familles, mais leur leader aime à parler de ses liens avec le Président. Amedia soutient avoir dit au Président qu’il avait été porté au pouvoir par Dieu dans le cadre d’un plan sacré pour bâtir une nation chrétienne forte – qui à son tour fera revenir Jésus Christ pour qu’il règne sur le monde.

« Leur théologie dit que le Christ reviendra seulement avec une église triomphante et dominatrice, » explique Peter Montgomery, auteur du rapport de Right Wing Watch. « Ils consid_rent leur activisme politique comme nécessaire pour provoquer le retour du Christ. »

POTUS Shield a programmé une série de rassemblements dans tout le pays entre maintenant et les élections de mi-mandat de 2018 où ils prévoient de rassembler des soutiens et répandre leur message. Les objectifs concrets avoués du groupe comprennent la suppression du droit à l’avortement, l’interdiction des mariages homosexuels et la révocation des juges fédéraux dont les décisions ne leur conviennent pas. Amedia et sa femme dirigent aussi Touch Heaven Ministries.

Comme beaucoup d’autres évangéliques a une grande vénération pour Israël, un autre pays qu’ils considèrent comme sacré – le shofar [instrument à vent fabrique à partir d’une corne de bélier] avait même résonné et le drapeau israélien flottait pendant la réunion inaugurale de ce groupe de prière

Dans l’entretien sur sa vie passée, Amedia a dit avoir appartenu à une su*ynagogue conservatrice mais en était venu à se sentir frustré dans sa foi. « Ce qui m’intéressait, c’était la manière de revenir à une relation où on voit Dieu, » avait-il dit. Media s’était installé dans une ferme, avait construit un autel et avait commencé à « pratiquer des sacrifices pour faire se manifester la présence de Dieu. »

Il avait observé les rites d’un prêtre juif, disait-il, se conformant aux prescriptions alimentaires et lavant soigneusement ses robes.

Mais cela aussi l’avait laissé insatisfait. Un jour d’hiver, se sentant abattu, il avait erré dans la neige. Il pleurait, disait-il, et demandait à Dieu « d’envoyer un ours pour qu’il me tue et me dévore. »

C’est à ce moment qu’il « a entendu la voix de Dieu pour la toute première fois » – une expérience transformatrice qui le conduisit vers Jésus. « J’eus la révélation que Jésus était Dieu » disait-il.

Il reçut par la suite une formation par Guillermo Maldonado, un pasteur de Miami membre de la New Apostolic Reformation, un groupe de personnes « qui s’autoproclament prophètes et apôtres des temps modernes, » selon le Christian Times.

« Il a été crédité de plusieurs prophéties incroyables, » lit-on sur son site internet et « il jouit des dons de guérir, de faire des miracles, de délivrer [du tourment?], des paroles de la connaissance, d’enseigner et il est aussi un pianiste chevronné et un auteur de psaumes. »

Amedia, qui guide des circuits religieux en Terre Sainte, évoque souvent ses origines juives – un élément qui plait à ses adeptes.

Le leader évangélique n’est pas le seul à évoquer des origines juives. D’autres personnalités, dont d’autres prophètes autoproclamés qui soutiennent Trump font la même chose.

Par exemple, l’évangéliste Lance Wallnau – qui, incidemment, dit aussi avoir prophétisé l’ascension de Trump – affirme aussi avoir des racines juives.

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Pour Amedia, Wallnau et d’autres, la judéité est évoquée en tant que lien de sang ou de lien génétique avec un peuple ancien.

Wallnau raconte une histoire dramatique sur la manière dont son propre père lui avait révélé son identité juive. « Pour le restant de ta vie, tu auras un rapport instinctif avec le peuple juif. C’est dans ton ADN, » disait son père. « C’est dans tes os. C’est dans ton identité. Tu le sauras parce que tu le ressentiras. »

 

L’étoile dite de David, symbole du judaïsme ou du sionisme et des antisémites?

14 janvier 2017

L’article date certes quelque peu puisqu’il a été publié en pleine campagne électorale aux Etats Unis mais il traite de questions historiques qui débordent largement l’actualité immédiate.

L’article parle en effet de ce qu’on appelle l’étoile de David qui est considérée habituellement comme le symbole du judaïsme et nous explique que ce n’est qu’assez récemment que les communautés juives ont commencé à adopter ce symbole.

D’abord imposé par Charles IV, le souverain de Prague, cette étoile se généralisera bien plus tard, au 19ème siècle, chez les Juifs allemands émancipés qui voulaient ainsi avoir un signe pour se distinguer de leurs compatriotes chrétiens qui pour leur part disposaient du symbole de la croix.

Le svastika, ou croix gammée, aurait pu devenir le symbole du judaïsme, si Charles IV en avait décidé ainsi!

Vous tirerez les conclusions que vous voudrez

Qu’est-ce que l’Etoile de David et quelle est sa signification pour les Juifs?

par Lauren Markoe, Religion News Service, Deseret News (USA) 6 juillet 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’utilisation récente par Donald Trump d’une étoile à six branches dans un tweet considéré généralement comme antisémite a soulevé de nombreuses questions sur l’Etoile de David, un symbole du judaïsme. Elle orne les synagogues dans le monde entier et est au centre du drapeau israélien. Mais elle a longtemps été utilisée pour dénigrer les Juifs.

D’où vient cette étoile et en quoi est-elle juive? Explications.

Q – Cette étoile remonte-t-elle au roi David de la Bible?

R – C’est ça. Mais n’allez pas chercher dans la Bible des références à l’Etoile de David. Selon la légende [biblique], c’est le « Magen David », le « bouclier de David » en hébreu qui avait la forme d’une étoile à six branches ou qui avait un motif avec cette forme par repoussage Mais on n’en a aucune preuve pour l’attester, qu’elle soit écrite ou archéologique. Et pendant des centaines d’années, c’est la menorah [chandelier] qui a été le symbole le plus habituel du judaïsme.

Q – Alors d’où vient cette étoile?

R – « Le triangle symétrique entrecroisé était un symbole répandu au Proche Orient dans l’antiquité, » explique le rabbin hassidique Pinchas Taylor dans une vidéo sur ses origines. On peut en trouver des exemples dans les cultures anciennes hindoue, perse et shinto entre autres – et dans des anciens décors juifs également. Elle semble pointer à la fois en direction du ciel et de la terre, de Dieu et de l’humanité et de tous les côtés de l’univers. Les mystiques pensaient qu’elle avait des pouvoirs spéciaux [magiques, NdT].

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Le chandelier (menorah) est le symbole le plus ancien du judaïsme

Q: Quand les Juifs ont-ils commencé à se servir de l’étoile?

R – Certains Européens, notamment à Prague, l’utilisaient dans les années 1600. Mais son adoption généralisée par les communautés juives n’intervint pas avant le début du 19ème siècle, d’abord chez les Juifs allemands, selon Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’université Brandeis.

« Les chercheurs pensent que les Juifs allemands récemment émancipés adoptèrent le symbole par opposition à la croix qui symbolisait si visiblement le christianisme allemand, » écrit Sarna dans son livre « American Juidaism ». L’Etoile de David fit sa première apparition dans le vitrail d’une fenêtre à la Baltimore Hebrew Congregation en 1845. Peu après, « elle devint une affirmation visible de judéité » sur les livres, les objets de cérémonie et les pierres tombales.

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Le vitrail de la synagogue de la Baltimore Hebrew Congregation

Q: Est-ce pour cette raison que les Nazis s’en servirent pour identifier les Juifs?

R – Oui, mais les Nazis ne furent pas du tout les premiers à faire porter aux Juifs un signe d’identification. Dans le monde islamique, le Calife Omar II (qui régna de 717 à 720) obligea les juifs, comme les Chrétiens, à porter des « signes distinctifs ». Dans toute l’Europe médiévale, les Juifs devaient porter des écussons – souvent jaunes – et parfois des chapeaux pointus.

Les nazis obligeaient les Juifs à porter des écussons jaunes, bien que la couleur était parfois différente dans certains territoires sous contrôle du IIIème Reich. L’étoile séparait et isolait les Juifs, les désignant ainsi pour la déportation vers les camps de concentration. Un Juif découvert sans son étoile jaune pouvait écoper d’une amende, mis en prison ou tué.

Q – Quel est le lien entre l’étoile et Israël?

R – Le mouvement sioniste adopté l’Etoile de David pour symbole en 1897. Il devint le drapeau de l’Etat d’Israël peu de temps après sa création en 1948. L’étoile est représentée entre une bande bleue sur le dessus et une autre en dessous qui sont supposées évoquer le tallit, le châle de prière juif, qui est habituellement bleu et blanc.

Q – Qu’en est-il de l’affirmation de Trump selon qui il n’y a rien d’antisémite dans l’étoile à 6 branches tweetée par son équipe de campagne?

R – L’équipe de campagne de Trump a écrit les mots « Candidate la plus corrompue de l’histoire! » à l’intérieur d’une étoile à six branches sur fond de billets de banque et à côté d’une photo d’Hillary Clinton. Etant donné qu’une bonne partie du discours antisémite reproche aux Juifs de manipuler l’économie mondiale, la présence de l’étoile associée à de l’argent a été immédiatement vue par les Juifs ainsi que par les non Juifs comme franchement antisémite.

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Le tweet litigieux du candidat Donald Trump

Pour être plus précis, l’image provenait d’un forum de discussion où s’expriment volontiers les poncifs et les diatribes des antisémites et des suprématistes blancs

L’explication fournie par l’équipe de campagne, une étoile de shériff, a été largement tournée en ridicule.

 

La connivence entre sionisme et antisémitisme remise en lumière par l’actualité américaine

20 novembre 2016

On ne sait pas trop ce que va donner la présidence de Donald Trump en dépit de signaux pas forcément encourageants, mais son élection aura eu au moins le mérite de semer (provisoirement) la discorde dans les rangs de l’establishment juif aux Etats Unis.

On sait que parmi les électeurs de Donald Trump, il faut compter des extrémistes de droite nostalgiques de l’époque qui avait précédé la guerre de sécession comme par exemple les membres du Ku Klux Klan.

Difficile de dire exactement combien pèsent réellement ces électeurs qui sont sans doute assez peu nombreux mais, par contre, relativement organisés dans une mouvance qu’on appelle alt-right aux Etats Unis, fachosphère dirait-on en France. Le site internet Breitbart News a été un des principaux vecteurs de diffusion et d’expression des idées et des opinions de cette fachosphère américaine avec tout ce qu’elles comportent notamment de racisme y compris dans sa version antisémite.

Il se trouve que le patron de Breitbart News, Steve Bannon, vient d’être choisi par Donald Trump pour être son directeur de la stratégie à la maison Blanche.

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Steve Bannon (à droite) et Donald Trump

Un choix qui fait grincer des dents dans une bonne partie de la communauté juive mais qui rencontre un accueil favorable dans d’autres secteurs de la même communauté qui saluent son engagement en faveur de l’Etat prétendu juif.

Jamais depuis les débuts de l’hitlérisme en Allemagne la connivence entre sionisme et antisémitisme n’était apparue avec une telle netteté.

Pourquoi il est ‘absolument’ possible à Steve Bannon d’être pro-Israël et antisémite.

Voici ce que les dirigeants juifs pensent du choix de Donald Trump pour le poste de responsable de la stratégie

Par Carol Kuruvilla, The Huffington Post (USA) 17 novembre 2016 traduit de l’anglais par Djazaïri

Steve Bannon , ancien patron de Breitbart News, a pendant des années et avec une grande fierté donné aux nationalistes blancs et aux antisémites une plateforme pour répandre leur haine.

Lorsque l’Anti-Defamation League, une des plus anciennes organisations juives américaines consacrées à la lutte contre l’antisémitisme, a dénoncé la décision de Donald Trump de faire de  Bannon son stratège en chef , les soutiens juifs du président élu se sont précipités pour défendre Bannon – le dépeignant comme un «défenseur d’Israël ».

Aaron Klein, chef du bureau de Breitbart à Jérusalem, a déclaré à BuzzFeed que Bannon est un «patriote engagé qui est profondément préoccupé par les menaces croissantes sur Israël. »

Mais certains leaders intellectuels et religieux juifs ne sont pas disposés à accepter l’argument selon lequel être pro-Israël ou s’engager fermement à protéger Israël ne disculpe pas automatiquement quelqu’un d’être un antisémite.

En fait, soutiennent ces leaders, il est absolument possible que des gens soutiennent Israël et soutiennent dans le même temps des réseaux qui promeuvent la haine à l’égard des Juifs américains.

Le Religious Action Center of Reform Judaism [Centre d’ action religieuse du judaïsme réformé] est la branche politique de l’Union for Reform Judaism, la plus grande organisation religieuse juive des Etats Unis. Dans une déclaration à The Huffington Post son directeur, le rabbin Dov Jonah Pesner, tient Bannon pour responsable de l’animation d’une plateforme pour  » l’ antisémitisme, le racisme, la misogynie et la xénophobie. »

« Nous ne pouvons le juger que par ses actes, et il était le PDG de l’entreprise de médias préférée des nationalistes blancs.  Il ne devrait y avoir aucune place pour ces opinions à la Maison Blanche, » a déclaré Pesner à The Huffington Post. « Son soutien professé à Israël ne change pas le fait qu’il n’a pas renié le travail imbibé de haine qu’il a publié. »

J Street, une organisation de lobbying pro-Israël libérale [centriste selon la terminologie américaine,NdT], a également été critique à l’égard de Bannon.  Jessica Rosenblum, vice-présidente de l’organisation chargée de la communication, a déclaré à The Huffington Post qu’il est « tout à fait adapté » d’accoler l’étiquette d’antisémite à ceux qui utilisent et promeuvent la rhétorique antisémite et qui «aident de manière routinière et soutiennent les tenants de la suprématie blanche en diabolisant les Juifs et d’ autres minorités religieuses et ethniques. »

 » Les amis de Steve Bannon à l’extrême droite de la communauté juive peuvent arguer facilement de son soutien à Israël, mais cela ne change rien au fait que Bannon propage une idéologie de haine et le sectarisme qui est extrêmement hostile et dangereuse pour les Juifs américains et toutes les valeurs – telles que la tolérance, la diversité et l’ égalité – que nous défendons et que nous protégeons dans ce pays « , a déclaré Rosenblum dans un communiqué.

La nomination de Bannon a provoqué une réaction mitigée au sein de la communauté juive américaine dans sa diversité – avec certaines organisations exprimant avec force leur mécontentement et d’autres, telles que l’Organisation Sioniste d’Amérique [Zionist Organization of America] et la Coalition juive républicaine,en faisant au contraire l’éloge et la soutenant. D’autres organisations, comme l’American Israel Public Affairs Committee [le cœur du lobby sioniste] et l’American Jewish Committee, choisissent de garder le silence ou en attendant de voir comment Bannon à l’œuvre à ce poste.

Le rabbin Abraham Cooper, vice-doyen du Centre Simon Wiesenthal, a longtemps travaillé à pister l’antisémitisme en ligne. Il a déclaré par courriel à The Huffington Post qu’il n’a pas vu de « preuve définitive » que Bannon est personnellement un antisémite, ou quelqu’un qui hait les Juifs, le judaïsme, et les valeurs juives.

« En 2016, Israël est le foyer de la plus grande communauté juive dans le monde. Il est également le centre spirituel du judaïsme et du monde juif « , a déclaré Cooper à The Huffington Post. «Compte tenu de ces faits, il serait difficile de classer quelqu’un comme un antisémite de type classique, s’il soutient et défend l’Etat juif et ses 8,3 millions de citoyens (dont plus de 6 millions de Juifs). »

 « Toutefois, compte tenu des éloges –appréciés ou pas –  que sa nomination a suscité de la part d’intolérants comme David Duke, tous les Américains, y compris les juifs américains, ont le droit et l’ obligation d’examiner attentivement tout ce que M. Bannon fait pour le président élu et chaque déclaration qu’il fait en rapport avec la politique sociale et les affaires étrangères et de les critiquer vigoureusement le cas échéant ».

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David Duke a été un Grand Dragon du ku Klux Klan

Le rabbin Jack Moline, Président de Interfaith Alliance [alliance interreligieuse], a déclaré à The Huffington Post penser qu’une personne peut «absolument» être pro-israélienne et antisémite dans le même temps. Moline se définit à la fois comme juif et sioniste. Mais il a prévenu qu’il était dangereux de confondre ces deux identités.

« Certains ont des raisons politiques, religieuses et idéologiques pour soutenir l’Etat d’Israël qui ont peu ou rien à voir avec le soutien pour le peuple juif lui-même », a affirmé Moline au Huffington Post dans un courriel. «Le fait que Bannon a gagné le soutien d’une poignée de juifs américains de droite qui partagent ses opinions politiques ne fait rien pour effacer ses propos antisémites ou la nature antisémite du mouvement alt-right que son site a favorisé. « 

Les désaccords entre Juifs américains autour de la nomination de Bannon interviennent au beau milieu d’informations sur du vandalisme et de la propagande antisémite qui se revendique de Trump en quelques endroits à travers le pays. En particulier, des journalistes juifs ont été confrontés à un déluge « quantité sans précédent » d’insultes antisémites sur internet pendant cette période électorale.

Jane Eisner, rédactrice en chef du site juif Forward, a parlé des propos haineux tenus sur internet contre elle et d’autres journalistes juifs pendant la campagne électorale. Elle pense qu’ils venaient en bonne partie de ceux qui s’identifient avec la candidature de Trump. Dans une tribune libre, Eisner a insisté sur ce qu’elle a appelé l’hypocrisie à couper le souffle » des Juifs qui soutiennent Bannon, et a condamné la logique qui veut que « tant que vous soutenez certaines politiques du gouvernement israélien actuel, il est correct de copiner avec des gens qui haïssent les Juifs « .

« Les Juifs en Amérique qui sont la cible de menaces et de harcèlement antisémites – et ici j’inclus beaucoup d’ entre nous au Forward – doivent faire cause commune avec d’ autres groupes minoritaires qui vivent cela et même pire dans l’ environnement politique toxique d’aujourd’hui», écrit Eisner. « Si, au contraire, les Juifs excusent le comportement odieux de l’extrême droite parce qu’il se trouve que certaines de ces personnes soutiennent certaines politiques en Israël – en particulier lorsque ces politiques prolongent près d’un demi-siècle d’occupation – alors ils abandonnent des alliés naturels dans la lutte pour une Amérique plus tolérante ».

« Et pire encore, ils ont abandonné leurs coreligionnaires juifs. »

 


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