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Pamphlet antisémite : le guide des Juifs influents de l’ère Donald Trump

24 mai 2018

A vrai dire ce pamphlet antisémite n’est pas de moi, mais publié par la Jewish Telegraphic Agency, une agence de presse qui alimente nombre de titres de la presse communautaire juive un peu partout dans le monde.

Le cliché le plus répandu sur les Juifs est bien présent et parfaitement illustré de cas concrets.

Connaissez votre oligarque : Un guide des machers (mot yiddish:hommes d’influence) juifs dans l’enquête sur la Russie

Par Ron Kampeas, Jewish Telegraphic Agency (USA) 23 mai 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington – L’enquête du procureur spécial sur l’ingérence russe dans les élections de 2016 offre un voyage étrange pour quiconque est bien au fait de la communauté juive russe et du passage de la répression dans l’ex-Union soviétique aux libertés relatives de la Fédération de Russie.

Sur les 10 milliardaires ayant des liens avec le Kremlin qui ont versé des contributions [financières] politiques à Donald Trump et à un certain nombre de hauts dirigeants républicains, au moins cinq sont juifs. (Le Dallas Morning News propose une série de graphiques interactifs très parlants.)

Il y a Len Blavatnik, le citoyen binational américano-britannique qui a déversé d’énormes sommes d’argent sur les candidats républicains au cours du dernier cycle électoral, dont la plus grande partie a transité par ses innombrables sociétés d’investissement.

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Len Blavatnik et Harvey Weinstein

(Le même Len Blavatnik finance des bourses d’études pour les vétérans de Tsahal et est un ami du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.)

Alexander Shustorovich est le président d’IMG Artists, un géant parmi les impresarios, qui a donné 1 million de dollars au comité d’inauguration de Trumps. Il est arrivé en 1977 avec sa famille qui n’avait pas un sou à New York à l’âge de 11 ans, fuyant la persécution des Juifs en Union Soviétique.

La liste continue – nous explorons certains noms qui y figurent ci-dessous. Mais au fait, que se passait-il en Union Soviétique alors qu’elle se dirigeait vers l’effondrement à la fin des années 1980, ce qui a conduit à la prolifération de noms juifs parmi sa classe d’oligarques ?

« Tous les oligarques ne sont pas juifs, bien sûr, pas la majorité, mais il y en a un nombre important », observe Mark Levin, le PDG de la Coalition Nationale de Soutien à la Communauté Juive Eurasienne, qui avait intégré en 1980, en tant qu’employé, l’organisation qui l’avait précédée, le Conseil National de la Communauté Juive Soviétique.. « Ils étaient au bon endroit au bon moment. »

Voici quelques-uns des facteurs qui ont fait qu’ils étaient au «bon endroit au bon moment».

Vous pouvez rentrer au pays

Beaucoup de juifs soviétiques avaient quitté le pays parce que le sectarisme et les politiques répressives soviétiques les empêchaient, entre autres indignités, d’obtenir des emplois dans leurs professions préférées [je serais curieux de savoir lesquelles, NdT]. Mais avec l’effondrement de l’URSS et avec les opportunités qui s’ouvrirent dans leur pays un certain nombre de ces jeunes émigrés ont tiré parti de la montée de l’entrepreneuriat, de la formation dont ils avaient bénéficié et des relations qu’ils avaient nouées dans leurs nouveaux pays, aux États-Unis, Grande-Bretagne et en Israël.

À la fin des années 1980, quand ils ont appris que la politique de glasnost [transparence] libéralisait les marchés, un certain nombre d’entre eux sont retournés dans leur patrie à la recherche d’opportunités, armés de connaissances et de relations fortunées dans leurs nouveaux pays. Ils étaient sur place après 1991, lorsque la Russie et ses anciennes républiques ont tout privatisé au pas de charge, des mines jusqu’aux médias.

« Je connais des gens qui avaient quitté l’Union Soviétique, elle a implosé, ils sont revenus, ils avaient des amis et des connaissances qui leur disaient qu’il y avait de grandes opportunités », explique Levin. « Il y avait des gens du monde des affaires qui étaient en partenariat avec des gens en Russie et dans d’autres pays parce qu’ils avaient les connexions nécessaires pour conclure des transactions. »

Réseaux

Les Juifs qui étaient restés en Union Soviétique étaient restés en contact avec les amis et les membres de la famille qui connaissaient la réussite à l’étranger et étaient en mesure de faire appel à eux pour des opportunités d’investissements.

« Les Juifs de l’ex-URSS disposaient d’un réseau opérationnel de contacts de confiance aux Etats-Unis et en Israël avec qui ils pouvaient faire des affaires », déclare Oliver Bullough, essayiste et journaliste britannique expert en histoire et politique russes. « C’était plus difficile pour les Russes qui n’avaient pas de contacts à l’étranger d’y parvenir. Cela aussi, à mon avis, explique pourquoi les anciens du KGB se sont bien débrouillés du fait qu’ils avaient un réseau d’anciens espions dans d’autres pays. « 

La Glasnost a ouvert les portes

La Glasnost, ou ouverture, instituée par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant soviétique, incluait l’ouverture d’emplois dans la haute administration à des minorités jusque-là marginalisées. Cela a accéléré l’entrée des Juifs dans les niveaux élevés de la bureaucratie au moment même où il était opportun d’être en mesure de savoir quel secteur allait être privatisé et quelles entreprises publiques étaient sur le point d’être démantelées.

Un facteur facilitant fut que, contrairement aux régimes communistes d’Europe de l’Est, en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques, les élites restèrent en place – seule l’idéologie du communisme était abandonnée.

« La Russie et la plupart des Etats successeurs de l’Union soviétique sont passés par une transformation très différente de celle des anciens pays communistes européens », dit-il. « Pour l’essentiel, l’élite au pouvoir n’avait pas changé. »

De plus, les mêmes professions auxquelles [lesquelles?] les Juifs avaient été confinés sous l’ancien régime soviétique étaient celles qui se révélaient utiles dans la nouvelle économie. Les Juifs, affirme Levin, étaient plus susceptibles d’être des entrepreneurs.

« Des Juifs ont aidé à faire la transition d’une économie dirigée vers une économie de marché », dit-il.

L’essayiste Michael Wolff, dressant le profil de l’entrepreneur de la high-tech Yuri Milner en 2011, écrivait, « Les Juifs en Russie soviétique, souvent tenus à l’écart des carrières dans la fonction publique, en sont venus à prospérer dale marché informel et le marché noir. Ils étaient par conséquent les seuls capitalistes en Russie quand le capitalisme a émergé. »

Bullough explique que les disciplines scientifiques qui acceptaient les Juifs sous l’ancien système étaient soudainement très demandées sous le nouveau système.

« Les juifs étaient souvent exclus du genre d’universités qui produisaient des diplomates, et par conséquent ils allaient plus vers les sciences pures, ce qui signifiait qu’il y avait un nombre disproportionné de mathématiciens juifs qui étaient capables de s’engager dans la nouvelle industrie bancaire ».

Mais qui sait vraiment

Surtout, dit Levin, c’était le chaos. Des pans énormes de l’économie étaient en jeu. À certains moments, il semblait n’y avoir aucune autorité de contrôle. Quand la poussière est retombée, la Russie était entrée dans l’ère des oligarques. « Au début, c’était comme Chicago dans les années 1920 », dit-il. Connie Bruck, établissant le profil de Blavatnik dans The New Yorker en 2014, a cité un nouvel adage russe: « Ne posez jamais de question sur le premier million ».

Voici quelques-uns des hommes d’affaires ayant des origines juives soviétiques qui ont été cités dans des reportages sur l’enquête Trump-Russie.

 Leonard Blavatnik, 60 ans

Côté oligarque : citoyen américain-britannique. Forbes l’inscrit comme le 48e homme le plus riche du monde. Access Industries, qu’il a fondé en 1986 alors qu’il était à la Harvard Business School, a explosé dans ses premières années grâce à des investissements dans le pétrole et l’uranium au moment de l’effondrement de l’Union soviétique. Il s’est depuis diversifié dans les médias lourds. (Blavatnik rejette le terme « oligarque », le jugeant péjoratif. « M. Blavatnik n’a aucune implication dans la politique russe ou dans le gouvernement russe, et, en fait, n’a jamais été un citoyen russe », a déclaré un porte-parole à la JTA. Le porte-parole a également souligné que Blavatnik ne figurait pas sur la liste des oligarques désignés par le Trésor américain (son partenaire de longue date, Viktor Vekselberg, par exemple, figure en bonne place sur la liste).

Côté Trump : Il a donné plus de 6 millions de dollars pendant la campagne électorale de 2016, pratiquement la totalité pour les républicains, après avoir longtemps donné des sommes relativement modestes aux deux partis politiques. En relation d’affaires de longue date avec Viktor Vekselberg, l’oligarque prétendument en relation à des paiements secrets à l’avocat de Trump Michael Cohen. Blavatnik a donné l’année dernière 12 700 $ au parti Républicain, qui en a utilisé une partie pour un fonds légal qui a contribué à payer les avocats de Trump dans l’enquête sur l’influence russe. (Le porte-parole de Blavatnik a déclaré que l’homme d’affaires ne savait pas que l’argent était destiné à ce fonds légal.)

Côté Juifs : Il a siégé au conseil d’administration de l’Université de Tel Aviv, au Centre for Jewish History et à la 92nd Street Y [un important centre socio-culturel newyorkais]. Sa fondation familiale finance une banque alimentaire et un entrepôt gérés par Colel Chabad à Kiryat Malachi en Israël, qui envoie chaque mois des de la nourriture à 5.000 familles pauvres dans 25 villes israéliennes. Il est ami avec Netanyahou et a été interrogé par la police dans le cadre de l’enquête sur les cadeaux que le premier ministre aurait reçus de riches bienfaiteurs. Il finance des bourses pour les soldats de l’armée.

Andrew Intrater, 55 ans

Cousin de Vekselberg, qui a un père juif mais ne se considère pas comme juif. Intrater, un citoyen américain, est le PDG de Columbus Nova, une société d’investissement avec des liens étroits avec Renova de Vekselberg. Une déclaration à la Commission des opérations de bourse de 2007 cite Intrater en tant que président du conseil d’administration de CableCom, un opérateur de télévision par câble de la région de Moscou

Côté Trump : Columbus Nova a transféré les paiements de Renova à Michael Cohen, l’avocat de Trump. Intrater a également fait don de 250 000 $ au comité inaugural de Trump.

Côté Juifs : Intrater, fils d’un survivant de l’Holocauste, a donné plus de 500 000 $ à la Fondation Shoah de l’Université de Californie du Sud et a fait un don au Comité de la Fondation Auschwitz-Birkenau. Le frère d’Intrater, Frederick, directeur de la modélisation pour Columbus Nova, a acheté un lot de noms de domaine en relation avec « l’alt-right » [droite alternative, extrême droite, NdT] à l’été 2016, quand le soutien venu d’extrême droite en faveur du candidat Trump augmentait.et que les campagnes pour inciter à aller voter s’intensifiaient. Frederick Intrater a dit avoir les achats [de noms de domaine] sans qu’Andrew en soit informé, et plus tard, il l’a regretté, laissant noms d’URL dépérir. « Conclure que je soutiens la suprématie blanche ou l’antisémitisme n’a pas de sens compte tenu de ce que j’ai décrit ci-dessus et aussi en tenant compte du fait que je suis un Juif et fils d’un survivant de l’Holocauste, » a déclaré Frederick Intrater.

Alexander Shustorovich, 52 ans

Côté oligarque : Shustorovich, un citoyen américain, s’est rendu à Moscou en 1989, un an après avoir été diplômé de Harvard, et est immédiatement devenu un acteur dans le domaine des médias, en lançant des publications scientifiques. Il a cherché en vain à faire entrer son entreprise, Pleiades Group, dans la transaction de 12 milliards de dollars pour la vente de combustible nucléaire soviétique aux États-Unis. Il est actuellement PDG d’IMG Artists, une société qui gère des talents de la musique classique et de la danse.

Côté Trump : Shustorovich a donné 1 million de dollars au comité inaugural de Trump. On notera que sa tentative de donner à la campagne de George W. Bush 250 000 $ en 2000 avait été rejetée en partie à cause de ses liens avec le gouvernement russe à l’époque.

Côté Juifs : Shustorovich est arrivé à New York à l’âge de 11 ans en 1977 avec sa famille, qui n’avait pas assez d’argent pour acheter de la nourriture. Son père, Evgeny, avait quitté son travail de chimiste en Russie en raison des espoirs qu’il plaçait dans d’émigration et avait rejoint Kodak à Rochester, NY et il avait rapidement gravi les échelons dans son domaine. En 1986-1987, Evgeny Shustorovich était l’un des visages du mouvement juif soviétique, car il devint un fervent défenseur du droit de son frère – également nommé Alexander – à émigrer de l’ex-Union soviétique.

Simon Kukes, 72 ans

Côté oligarque : Kukes, un citoyen américain, a quitté l’Union soviétique en 1977, s’installant dans la région de Houston. Chimiste, il a exercé un certain temps à l’université puis a travaillé dans l’industrie pétrolière du Texas. Il est retourné en Russie et est devenu un dirigeant dans l’industrie pétrolière post-soviétique là-bas. En 2003, il a pris la tête de la compagnie pétrolière Ioukos après qu’un autre oligarque juif, Mikhaïl Khodorkovski, a été emprisonné par le dirigeant russe Vladimir Poutine pour évasion fiscale et vol – mais surtout, selon la plupart des observateurs, pour avoir financé des partis d’opposition.

En 2003, The Guardian a découvert des documents de la CIA liant Kukes à des dessous de table, accusations qu’il a démenties. Kukes était président de TNK, une autre compagnie pétrolière, dont les principaux actionnaires étaient Blavatnik et Vekselberg. En 2012, alors qu’il dirigeait la branche russe de la compagnie pétrolière Hess, Forbes a rapporté que l’ancien chauffeur de Kukes, qui avait gravi les échelons, était un patron de la mafia russe. L’homme a nié les accusations, mais Kukes l’a écarté de la compagnie. L’année dernière, Kukes était PDG de Nafta, une société américaine de conseil pour les investisseurs dans le secteur de l’énergie en Russie. Le site web de Nafta a depuis été nettoyé.

Côté Trump : Sans antécédent de dons importants au parti Républicain, Kukes a soudainement injecté 285 000 $ dans la campagne électorale de Trump – en grande partie après juin 2016, lorsque l’intérêt russe pour l’éventualité d’une présidence de Trump s’est intensifié.

Côté Juifs : Kukes n’a pas de liens formels apparents avec la communauté juive organisée, bien qu’il dise aux interviewers qu’il a quitté l’ex-Union soviétique parce qu’il était juif. En 2015, il a pris une participation de 12,5 % dans Leverate, une société fondée en Israël qui développe des logiciels de courtage

Yuri Milner, 56 ans

Côté oligarque : Milner n’a jamais fui l’Union soviétique – ses parents vivent encore à Moscou. Il a été le premier non-émigré de l’Union soviétique à fréquenter l’école de commerce de Wharton [à Philadelphie] et a été pendant des années engagé dans les activités bancaires russes avant d’entrer dans le domaine de la technologie. Il est connu comme un investisseur de la Silicon Valley, propriétaire de l’une des maisons les plus luxueuses de Los Altos Hills, estimée en 2011 à 100 millions de dollars. L’année dernière, il a été révélé à travers des documents divulgués que le gouvernement russe avait financé des prises de participations importantes dans Twitter et Facebook qui furent détenues pendant un certain temps par sa société, DST Global.

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Mark Zuckerberg et Yuri Milner

En 2013, Milner a rejoint Mark Zuckerberg de Facebook, Sergey Brin de Google et Anne Wojcicki de 23andme dans la création du prix Breakthrough doté de plusieurs millions de dollars pour les scientifiques.

Côté Trump : Après les révélations de l’année dernière, Milner a tourné en dérision l’idée que la Russie investissait dans les médias sociaux pour influencer les élections, soulignant qu’il n’avait jamais cherché à siéger au conseil d’administration des entreprises dans lesquelles il investissait. En 2015, Milner a investi 850 000 dollars dans Cadre, une startup immobilière lancée par Jared Kushner, le gendre de Trump, et Josh, le frère de Kushner. Milner a indiqué qu’il avait rencontré Jared Kushner une seule fois. La participation de Kushner dans Cadre était l’un des nombreuses participations qu’il avait initialement omis de déclarer lorsqu’il est devenu un conseiller de son beau-père.

Côté Juifs : Milner fréquente une synagogue quand il est à Moscou. A un moment donné, il semble avoir acquis la citoyenneté israélienne. Parlant avec Forbes en 2017 après que le magazine l’ait nommé l’un des 100 «plus grands génies des affaires vivants», Milner a déclaré qu’il était «touché et honoré» d’être «le seul citoyen russe ou israélien sur la liste».

 

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L’art du deal à la manière persane – Notes de Pepe Escobar en marge de la 6ème Conférence Internationale de Soutien à l’Intifada Palestinienne

22 mai 2018

Non seulement les Etats Unis ont annoncé ne plus être liés par l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien, mais ils ont aussi précisé qu’ils imposeraient des sanctions aux entreprises, européennes ou autres, qui commercent avec l’Iran. Il faut savoir que les Etats Unis peuvent s’opposer à une vente si le produit concerné comporte des pièces de fabrication américaine ou basées sur des brevets américains. Pis, le simple fait d’utiliser le dollar US pour une transaction peut exposer aux foudres de Washington.

Les Etats Unis viennent de présenter les douze conditions nécessaires, selon eux, à la conclusion d’un nouvel accord.

Cette proposition comme l’annonce du désengagement américain dont elle est le pendant et le train de nouvelles sanctions annoncées comme très dures, n’est évidemment pas de nature à apaiser les relations avec l’Iran. Ce dernier pays gère cependant avec beaucoup de sang froid le reniement américain dont nul ne sait s’il annonce une guerre à venir prochainement.

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Pepe Escobar

Ce sang froid iranien, le journaliste brésilien Pepe Escobar l’attribue à l’art persan du deal, de la négociation, de la transaction, un art multimillénaire.

L’article que je vous propose parle aussi de quelque chose de plus important qui tend à échapper à l’observateur occidental. Ce quelque chose, ce sont de grands courants de pensée iqui sont nés avant et/ou se sont développés contre l’esprit des Lumières ou sans référence à l’esprit des Lumières. Des courants de pensée philosophiques et politiques vigoureux, ancrés dans la tradition, qui nourrissent l’action et la réflexion des décideurs comme des acteurs sociaux à tous les niveaux et capables d’armer idéologiquement un processus révolutionnaire.

 

L’autre art du deal, à la manière de Téhéran

L’iran a accueilli la Conférence Internationale de Soutien à l’Intifada Palestinienne et est resté froid devant le retrait de l’accord sur le nucléaire.

Par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 18 mai 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

L’art de la transaction, pratiqué depuis 2500 ans, mène au palais de la sagesse. J’avais à peine mis les pieds à Téhéran quand un diplomate a déclaré: «Trump? Nous ne sommes pas inquiets. C’est un bazaari (un commerçant) « –  sous-entendant qu’un compromis politique sera finalement atteint.

La réponse du gouvernement iranien à l’administration Trump se ramène à une variante de Sun Tzu : le silence – surtout après la chute de Flynn [Michael Flynn, ex conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump],  qui avait « mis l’Iran en garde » après un test de missiles balistiques qui n’enfreignait pas les dispositions de l’accord nucléaire iranien, et l’idée d’un anti-Iran formé de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Uni, de l’Egypte et de la Jordanie, soit une mini-OTAN. Les manoeuvres navales iraniennes – du détroit d’Ormuz à l’océan Indien – étaient prévues depuis longtemps.

J’étais à Téhéran en tant que membre d’un petit groupe d’analystes étrangers, invités du Majlis (Parlement) pour la 6ème Conférence internationale de soutien à l’Intifada palestinienne. Aucun risque de rencontrer des membres du cercle de Trump dans un tel rassemblement – avec des délégués parlementaires venus de plus de 50 pays, une mini-ONU de facto. Pourtant, ce qu’ils ont raté avec l’impressionnante inauguration dans une salle de conférence ronde et bondée, c’était le centre du pouvoir iranien qui s’affichait : le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, le président de la république Hassan Rouhani et le président du parlement, Ali Larijani.

Khamenei a admis que « les crises en cours dans chaque partie de la région et dans l’Oumma islamique méritent l’attention « , tout en soulignant que la question centrale est la Palestine. Par conséquent, la conférence pourrait devenir «un modèle pour tous les musulmans et les pays de la région pour mettre progressivement de côté leurs différences en s’appuyant sur leurs points communs.» Incidemment, la maison wahhabite des Saoud, n’était visible nulle part.

Le discours de Khamenei était un appel nécessaire à l’unité musulmane. Rares sont ceux en Occident qui savent que pendant les années 1940 et 1950, alors que la décolonisation était en marche, l’islam n’était pas déchiré par la vicieuse haine sunnite-chiite qui fut fomentée plus tard par l’axe wahhabite / salafiste-djihadiste.

Les échanges avec les analystes et les diplomates iraniens ont porté sur l’efficacité des discussions multilatérales par rapport à l’évolution des faits sur le terrain – de la construction de nouvelles colonies en Cisjordanie au mythe des deux États d’Oslo, désormais presque mort et enterré.

Sur la Palestine, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a présenté une sombre évaluation des trois solutions actuellement disponibles ; le suicide; l’abandon; ou fuir ce qui reste de la terre palestinienne. Plus tard dans la salle, j’ai interrogé le secrétaire général adjoint du Hezbollah, l’affable Naim Qassem, à propos de l’idée d’une solution à un Etat par l’administration Trump. Sa réponse, en français: « Un état signifie la guerre. Deux états signifient la paix dans leurs conditions, ce qui nous conduira à la guerre. « 

La route vers l’ère post-Lumières

Comme pour la plupart des conférences, ce qui compte, ce sont les rencontres bilatérales. Leonid Savin a confirmé que l’espace aérien russe est désormais pratiquement sanctuarisé par de multiples déploiements du système de défense antimissile S-500 contre tout ce que les États-Unis pourraient déchaîner. L’historien albanais Olsi Jazexhi a déconstruit la nouvelle poudrière des Balkans. Muhammad Gul, fils de feu l’immense général Hamid Gul, a explicité les subtilités de la politique étrangère pakistanaise et la volonté de construire le Corridor économique sino-pakistanais (China-Pakistan Economic Corridor,CPEC).

Blake Archer Williams, connu aussi sous le nom d’Arash Darya-Bandari, dont le pseudonyme célèbre le maître anglais [le poète William Blake] du « tyger tyger burning bright« , m’a donné un exemplaire de Creedal Foundations de Waliyic Islam (Lion of Najaf Publishers) – une analyse sophistiquée de la manière dont la théologie chiite la théologie a abouti à la théorie du velayat-e faqih (la guidance juriste) qui est au cœur de la République islamique d’Iran. J’envisage d’envoyer le livre à ce lecteur vorace qu’est Steve Bannon.

Pyongyang était également présent. Le délégué nord-coréen a produit un discours étonnant, expliquant essentiellement que la Palestine devrait suivre son exemple, avec une «dissuasion nucléaire crédible». Plus tard, dans les couloirs, j’ai salué les membres de la délégation, et ils m’ont salué en retour. Aucune chance d’une bilatérale cependant pour développer les points obscurs entourant l’assassinat de Kim Jong-nam.

Chaque fois que je reviens à Téhéran, je suis impressionné par les voies ouvertes à une discussion intellectuelle sérieuse. Une fois de plus, Téhéran s’est avéré être inégalé dans toute l’Asie comme théâtre où débattre de tous les courants qui s’entrecroisent impliquant les post- ou les contre-Lumières, ou les deux.

Je repensais constamment à Jalal Al-e Ahmad, le fils d’un mollah né dans le sud pauvre de Téhéran, qui plus tard a traduit Sartre et Camus et a écrit Westoxification (1962, un livre fondateur.

Il avait passé l’été 1965 dans un séminaire à Harvard organisé par Henry Kissinger et «soutenu» par la CIA, et ne s’était tourné vers le chiisme que vers la fin de sa vie. Mais c’est son analyse qui a ouvert la voie au sociologue Ali Shariati pour croiser l’anticolonialisme avec le concept chiite de résistance contre l’injustice pour féconder une idéologie révolutionnaire apte à politiser les classes moyennes iraniennes, ce qui mènera à la révolution islamique.

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Ali Shariati

Telle est la toile de fond de discussions très sérieuses sur la manière dont l’Iran (résistance contre l’injustice), la Chine (confucianisme remixé) et la Russie (eurasianisme) offrent des alternatives post-Lumières qui transcendent la démocratie libérale occidentale – un concept vidé de son sens par l’hégémonie néolibérale.

Mais à la fin, tout renvoyait inévitablement au fantôme anti-intellectuel planant sur la les lieux : Donald Trump, et c’était avant même d’avoir reçu une lettre  d’Ahmadinejad.

Puis j’ai fait ce que je fais habituellement avant de quitter Téhéran; Je suis allé au bazar, en passant par une mosquée qui le jouxte – pour me refamiliariser avec l’art du deal, à la manière persane.

Ce qui m’a conduit à Mahmoud Asgari, qui habiter dans le passage Sameyi du bazar Tajrish et à une grave discussion sur les subtilités des tapis tribaux d’avant la première guerre mondiale de Zahedan dans le Sistan-Baloutchistan. Le résultat final fut – quoi d’autre – un accord gagnant-gagnant, contournant le dollar américain. Et puis, l’argument massue: « Quand vous appellerez votre ami Trump, dites-lui de venir ici et je lui offrirai le meilleur deal. » Steve Bannon, c’est un message pour vous.

 

Mario Vargas Llosa, du sionisme au boycott? (Patience, pas encore)

21 mai 2018

Le texte que je vous propose ici est d’un intérêt certain, moins par son contenu que par son auteur.

En effet, l’auteur de cet article d’opinion est un illustre écrivain hispano-péruvien qui appartient à la même génération que Gabriel Garcia Marquez et Julio Cortazar. Comme Garcia Marquez, Vargas Llosa est lauréat du prix Nobel de la paix.

Engagé dans sa jeunesse à gauche, soutenant notamment la révolution cubaine, Mario Vargas Llosa a évolué politiquement pour se situer nettement à droite.

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Mario Vargas Llosa

Pour le sujet qui nous intéresse, il faut surtout savoir que Mario Vargas Llosa a regardé et continue à regarder l’aventure coloniale sioniste d’un œil très favorable. J’ignore depuis quand l’auteur péruvien est dans ces dispositions mais j’ai l’impression que c’est ancien et que c’est probablement d’abord lié à des amitiés personnelles entretenues avec des hommes de lettres de l’entité sioniste. Mais aussi à un vieux fond colonialiste chez cet homme originaire d’une ancienne colonie espagnole mais dont je doute qu’il appartienne à la communauté indigène de son pays. Ce fond colonialiste, je le repère dans sa reprise du mythe qui, après avoir servi en Algérie, a servi et continue à servir pour l’entité sioniste, à savoir que les colons juifs ont « construit des villes modernes et des fermes modèles là où il n’y avait que des déserts ».

On se demande comment quelqu’un d’intelligent et cultivé peut, en 2018, écrire ce genre de choses et en plus en faire un argument justifiant une entreprise de dépossession.

Une autre origine de son soutien au projet sioniste est évidemment le drame de la seconde guerre mondiale. Mais là aussi, l’écrivain parle des « Juifs expulsés d’Europe après les atroces massacres des nazis ».

J’ignore d’où Mario Vargas Llosa tient cette information mais les Juifs n’ont pas été expulsés d’Europe après la fin de la deuxième guerre mondiale. Les agents sionistes allaient par contre à la rencontre des réfugiés pour de leur vendre l’idée d’un départ vers la Palestine.

On voit comment, quand la réalité des faits ne permet pas de justifier une prise de position politique, on travestit ou déforme les faits pour qu’ils puissent assurer ce rôle justificateur.

Il n’empêche que Mario Vargas Llosa se pose des questions et qu’il se demande sérieusement si le pays qu’il a soutenu, et continue de soutenir, correspond encore au projet qu’il reconnaît chez ses quelques amis à présentables qu’il lui reste dans l’entité sioniste.

Encore un petit effort, et l’écrivain appellera au boycott de l’entité sioniste.

PS: je sais que la traduction n’est pas très bonne, mais Llosa est un écrivain (de renom), pas moi.

La boîte de Pandore

Ce ne sont pas les Palestiniens qui représentent le plus grand danger pour l’avenir d’Israël, mais Netanyahou, ses sbires et le sang qu’ils ont versé

Par Mario Vargas Llosa, El Pais (Espagne) 20 mai 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

Au moment même où Ivanka Trump, enveloppée dans une robe diaphane qui devait parler à ceux qui étaient présents, découvrait la plaque inaugurant la toute nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, l’armée israélienne tuait par balles soixante Palestiniens et en blessait mille sept cents, qui jetaient des pierres, en essayant d’approcher les barbelés qui séparent Gaza du territoire d’Israël. Les deux événements n’ont pas coïncidé par hasard, le dernier était une conséquence du premier.

La décision du président Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, annoncée lors de sa campagne électorale, brise soixante-dix ans de neutralité [sur ce point, NdT] des États-Unis. Ces derniers, comme ses alliés en Occident, soutenaient jusqu’à présent que le statut  de Jérusalem, revendiquée comme capitale par les Palestiniens et les Israéliens, devrait être décidé dans l’accord entre les deux parties en vue de la La boîte de tonnerrecréation de deux Etats existant côte à côte dans la région. Bien que la théorie des deux Etats soit encore parfois évoquée par les dirigeants des deux pays, personne ne croit que cette formule est encore possible, compte tenu de la politique expansionniste d’Israël dont les colonies de Cisjordanie dévorent les territoires et isolent un peu plus chaque jour  les villes et villages qui devraient former l’État palestinien. Si cet Etat existait, il serait à l’époque actuelle à peine moins qu’une caricature des bantoustans sud-africains du temps de l’apartheid.

 Le président Trump a affirmé que sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël était «réaliste» et que, au lieu d’entraver l’accord [entre les parties au conflit, NdT], elle le faciliterait. Il est possible qu’il ne l’ait pas seulement dit mais, dans sa formidable ignorance des affaires internationales auxquelles il pense quotidiennement d’une manière si irresponsable, qu’il le croie. Mais je doute que r beaucoup d’autres, à part lui et la poignée de fanatiques qui ont applaudi comme des enragés quand Ivanka a dévoilé la plaque dont Bibi Netanyahou qui, les larmes aux yeux, a hurlé : « Quel jour glorieux. » En effet, Trump a ouvert la boîte de pandore avec cette décision et, outre la confusion et la perplexité dans lesquels il a plongé ses alliés, il a provoqué en bonne partie la tuerie cruelle et stupide qui est venue s’ajouter au supplice qu’est, depuis longtemps déjà, la vie pour les malheureux habitants de Gaza.

La création des deux États coexisteraient en paix était la formule la plus sensée pour mettre fin à cette guerre larvée qui dure depuis soixante-dix ans au Moyen-Orient, et de nombreux Israéliens y ont cru pendant longtemps. Malheureusement, à l’époque d’Arafat, les Palestiniens rejetèrent un projet de paix dans lequel Israël fit des concessions notables, comme la restitution d’une grande partie des territoires occupés et l’acceptation de Jérusalem comme capitale d’Israël et de la Palestine.

Depuis lors, cet immense mouvement de l’opinion publique israélienne qui voulait la paix est allé déclinant tandis que croissait le nombre de ceux qui, comme Sharon, pensaient que la négociation était impossible et que la seule solution viendrait d’Israël seulement et serait imposée aux Palestiniens par la force. Et il y a beaucoup de gens dans le monde, comme Trump, qui le croient aussi et qui sont prêts à soutenir cette politique insensée qui ne résoudra jamais le problème et continuera à remplir le Moyen-Orient de tension, de sang et de cadavres.

Ce processus a été rendu possible un gouvernement tel que celui  présidé par Netanyahu, le plus réactionnaire et arrogante qu’ait jamais eu Israël, et sûrement le moins démocratique donc convaincu de sa supériorité militaire absolue dans la région, qui harcèle sans relâche ses adversaires, vole chaque jour un peu plus de territoire et, les accusant d’être des terroristes qui mettent en péril l’existence du petit Israël, leur tire dessus et les blesse et les assassine à sa guise au moindre prétexte.

Je voudrais citer ici un article de Michelle Goldberg paru dans The New York Times du15 mai, à propos de ce qui s’est passé au Moyen-Orient et qui porte le titre de: « Un spectacle grotesque à Jérusalem ». L’article décrit en détail la concentration fantastique d’extrémistes israéliens et de fanatiques évangéliques américains venus célébrer l’ouverture de la nouvelle ambassade et la gifle que fut pour le peuple palestinien ce nouvel affront infligé par la Maison Blanche. L’auteur n’oublie pas l’intransigeance du Hamas, ni le terrorisme palestinien, mais rappelle également les conditions indescriptibles dans lesquelles les habitants de Gaza sont condamnés à vivre. Je les ai vues de mes propres yeux et je connais le degré d’abjection dans lequel survit à grand peine cette population, sans travail, sans nourriture, sans médicaments, avec des hôpitaux et des écoles en ruines, avec des bâtiments effondrés, sans eau, sans espoir, soumise à des bombardements aveugles chaque fois qu’il y a un attentat.

Mme Goldberg explique que l’image du sionisme a souffert dans l’opinion publique mondiale avec la droitisation extrême des gouvernements israéliens et qu’une partie importante de la communauté juive aux Etats-Unis ne soutient plus la politique actuelle de Netanyahu et des petits partis religieux qui lui donnent une majorité parlementaire. Je crois que cela s’applique également au reste du monde, à des millions d’hommes et de femmes qui, comme moi, ressentaient une identification à un peuple qui avait construit des villes modernes et des fermes modèles là où il n’y avait que des déserts et au sein duquel un nombre très important voulait vraiment une paix négociée avec les Palestiniens. Cet Israël n’existe malheureusement plus. Maintenant, c’est une puissance militaire, sans aucun doute, et d’une certaine manière coloniale, qui ne croit qu’en la force, surtout ces derniers temps,

Toute cette puissance ne sert pas à grand-chose si une société reste en permanence sur le qui-vive, dans l’attente de passer à l’attaque ou d’être attaquée, à s’armer chaque jour davantage parce qu’elle se sait haïe par ses voisins et même par ses propres citoyens, à exiger de sa jeunesse qu’elle passe trois ans dans l’armée pour assurer la survie du pays et continuer à gagner les guerres, et punir avec férocité et sans relâche, à ma moindre agitation ou protestation, ceux dont la seule faute est d’avoir été là, pendant des siècles  quand commencèrent à arriver les Juifs expulsés d’Europe après les atroces massacres des nazis. Ce n’est pas une vie civilisée ou désirable, vivre entre deux guerres et tueries, aussi puissant et fort que soit un Etat.

Les vrais amis d’Israël ne devraient pas soutenir la politique à long terme suicidaire de Netanyahou et de sa clique. C’est une politique qui fait de ce pays, qui était aimé et respecté, un pays cruel et sans pitié pour un peuple qu’il maltraite et subjugue tout en se présentant en même temps comme une victime de l’incompréhension et du terrorisme. Ce n’est plus vrai, si ce fut jamais le cas.

J’ai beaucoup d’amis en Israël, en particulier parmi ses écrivains, et j’ai défendu à plusieurs reprises son droit à l’existence, avec des frontières sûres, et, surtout, à ce qu’il trouve un moyen pacifique de coexister avec le peuple palestinien. Je suis honoré d’avoir reçu le Prix de Jérusalem et je suis heureux de savoir qu’aucun de mes amis israéliens n’a participé au « spectacle grotesque » qui mettait en vedette l’emblématique Ivanka Trump dévoilant la plaque inaugurale, et je suis sûr qu’ils ont ressenti tout autant de tristesse et d’indignation que moi pour la tuerie sur les barbelés de Gaza. Ils représentent un Israël qui semble avoir disparu ces jours-ci. Mais espérons qu’il revienne. En leur nom et en celui de la justice, nous devons proclamer haut et fort que ce ne sont pas les Palestiniens qui représentent le plus grand danger pour l’avenir d’Israël, mais Netanyahou et ses acolytes et le sang qu’ils font couler.

 

Le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste

17 mai 2018

Un  texte intéressant de Lluís Bassets. Si l’article figure dans la rubrique opinion du journal El Pais, il n’en reste pas moins que Bassets est non seulement journaliste (et pas n’importe lequel) mais également directeur adjoint de ce journal espagnol pour la Catalogne.

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Lluís Bassets

Bassets capte bien l’essentiel de ce qui se joue en ce moment en Palestine, terre où s’exerce  avec une force inégalée l’idéologie agressive et suprémaciste  qui domine actuellement aux Etats Unis, pays où elle n’a jamais disparu malgré les succès de la lutte pour les droits civiques. C’est la convergence de ces suprémacismes qui est au cœur du texte présenté ici.

Comme le dit Lluís Bassets en conclusion, la Palestine est le miroir où chacun peut se regarder et où sont condensés tous les maux qui affectent le monde et l’empêchent de vivre en paix.

Avec Netanyahou et Trump, le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste

Par Lluís Bassets, El Pais (Espagne) 17 mai 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

La mutation est achevée. Le rêve a tourné et ne se différencie guère maintenant, 70 ans plus tard, du cauchemar Trumpien. Au moment même où des habitants de Gaza tombaient, tués par des tirs de snipers [sionistes], la fille de Donald Trump et son mari, Jared Kushner, accompagné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inauguraient l’ambassade américaine à Jérusalem. Douleur pour les uns et gloire pour les autres, le même jour et à seulement environ 80 kilomètres de distance.

El primer ministro de Israel, Benjamin Netanyahu, junto a  Ivanka Trump y a Jared Kushner frente a la nueva embajada estadounidense en Jerusalén, el pasado 14 de mayo.

14 mai 2018: inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem occupée.       Sara et Benjamin Netanyahou, Ivanka Trump et Jared Kushner

Le statut de la ville est l’un des trois sujets majeurs d’un différend persistant (les deux autres sont la restitution des territoires occupés et le droit au retour des Palestiniens expulsés). Dans tous les plans de paix, la question de Jérusalem devait être abordée en dernier. Ce ne sera plus le cas, puisque Washington, qui avait jusqu’alors prétendu agir en médiateur honnête, l’a laissée au bon vouloir de son président.

Trump tient ainsi sa promesse électorale. Au Moyen-Orient, on n’est pas dupe: il fait ce que veut Netanyahou, que ce soit rompre l’accord nucléaire avec l’Iran, ou reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Ce n’est pas une question de politique internationale. La seule politique qui l’intéresse est la politique intérieure des États-Unis, où il soigne son électorat avant les élections de mi-mandat au cours desquelles la majorité républicaine est en jeu au Congrès et au Sénat et l’éventualité d’une réélection à la présidence en 2020

Le geste aura un impact international relatif. Peu de pays, et seulement de petits pays, le suivront dans la relocalisation des ambassades. Mais la répression militaire qui s’abat sur les Gazaouis est déjà de toute évidence disproportionnée. La tuerie isole encore plus Israël et détériore son image de démocratie civilisée, bien que cela ne soit guère important pour Netanyahou du moment que Trump est inconditionnellement de son côté.

La dérive de Washington laisse un vide que personne ne comblera. La Russie ne le fera pas, qui est revenue dans la région avec des réflexes tactiques de superpuissance prudente, mais sans la capacité d’agir comme un médiateur honnête. C’est encore moins le cas de la Chine, pas encore mûre pour agir comme une superpuissance mondiale. Ce n’est pas le cas non plus de l’Union Européenne qui, comme l’a souligné Jeremy Shapiro dans Foreign Affairs, manque d’unité et de volonté (« Pourquoi Trump peut-il tranquillement ignorer l’Europe? Ses dirigeants s’empressent de condamner mais n’agissent jamais »).

Selon Netanyahou, également maître dans l’art de l’inversion du sens, Trump a fait l’histoire dans un grand jour pour la paix. C’est pourquoi il donnera son nom à une place, à une gare et même à un club de football, le Beitar Jerusalem qui ajoutera le nom du président à son nom.

La lumière parmi les nations est maintenant un miroir du monde. De l’unilatéralisme, du désordre international, du bellicisme, et aussi des inégalités, de l’injustice, de la discrimination, de l’extrémisme, du suprémacisme. Dans ce territoire disputé, deux nations sont dans une étreinte sanglante , victimes de différents moments historiques: l’une ayant obtenu réparation et l’autre mise à terre, 70 ans ensemble, mais sans paix, sans pitié, sans pardon. Le miroir où nous regarder.

 

Donald Trump, l’accord sur le nucléaire iranien et l’argent

6 mai 2018

On saura bientôt, le 12 mai en principe, si Donald Trump dénonce l’accord sur le nucléaire iranien qui engage les Etats Unis mais aussi la Chine, la Russie, le Royaume Uni, l’Allemagne, la France et l’Union Européenne. Un accord multilatéral donc, dont la dénonciation unilatérale décrédibiliserait les Etats Unis.

A moins évidemment que les autres puissances occidentales finissent par se rallier à leur parrain étatsunien en dénonçant à leur tour l’accord. Les signaux envoyés pour l’instant sont mitigés puisque le président français Emmanuel Macron, chargé de porter la voix de l’UE en plus de celle de la France lors de sa dernière visite à Washington a quand même parlé de discuter d’un nouvel accord, une proposition qui a fâché tout net le gouvernement iranien.  

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Signé le 14 juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien n’engage pas que les Etats Unis

Un des arguments avancés par le président Donald Trump pour critiquer l’accord avec l’Iran consiste à insister sur les dépenses occasionnées aux finances américaines avec plus de 150 milliards de dollars qui seraient passés des caisses du Trésor fédéral à celles du trésor public iranien.

Un argument de poids pour un homme d’affaires comme Donald Trump.

Et aussi pour ceux qui soutiennent le régime sioniste et rêvent de faire de l‘Iran une république bananière à défaut de vitrifier ce pays. Ces gens sont évidemment peu scupuleux du droit, à la différence des Iraniens comme on le constatera encore dans cette affaire.

Ce sont ces gens sans scrupules qui sont en réalité à la manœuvre dans les couloirs de la Maison Blanche où Trump est désormais leur prisonnier en dépit de quelques manifestations de volonté propre comme quand il a désavoué Nikki Haley, sa représentante à l’ONU qui avait annoncé un nouveau train de sanctions contre la Russie.

Nikki Haley a cependant entrepris de faire payer au président l’outrage subi.

Vérification des faits par AP : l’histoire souvent racontée par Trump des paiements à l’Iran effectués par les Etats Unis

Associated Press (USA) 24, avril 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Washington – Le président Donald Trump aime à raconter que les Etats-Unis ont versé des milliards de dollars à l’Iran dans le cadre de l’accord multilatéral qui gèle son programme nucléaire et assouplit les sanctions contre ce pays. Ce qu’il ne dit pas, c’est que la plus grande partie de cet argent appartenait à l’Iran. Le reste se rapporte à une vieille dette que les États-Unis avaient envers l’Iran.

Les chiffres et quelques détails changent dans son récit – qui remonte à la campagne électorale de 2016 – mais la chute est toujours le même : l’administration Obama a été bernée pour donner à l’Iran tout cet argent, dont une partie versée en cachette en énormes sommes d’argent liquide.

La dernière itération de cette affirmation mardi dernier et la réalité qui est derrière elle :

TRUMP: « L’accord avec l’Iran est une affaire terrible. Nous avons payé 150 milliards de dollars. Nous avons donné 1,8 milliard de dollars en liquide, de l’argent, des barils d’argent. C’est insensé. C’est ridicule.  Cet accord n’aurait jamais dû être. Mais nous allons en parler.  » – propos tenus avant une rencontre avec le président français Emmanuel Macron. Lors d’une conférence de presse mardi, il a parlé de « leur donner, à l’Iran, 150 milliards de dollars à un moment donné »

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LES FAITS: Il n’y a pas eu de versement de 150 milliards de dollars de la part du Trésor américain. L’argent dont il parle consiste en des avoirs iraniens détenus à l’étranger qui avaient été gelés jusqu’à ce que l’accord soit conclu et Téhéran a alors été autorisé à accéder à ses fonds.

Le versement d’environ 1,8 milliard de dollars est une question distincte. La chose remonte aux années 1970, lorsque l’Iran avait payé 400 millions de dollars aux Etats Unis pour du matériel militaire qui n’a jamais été livré parce que le régime [impérial] avait été renversé et que les relations diplomatiques avaient été rompues.

C e qui avait laissé des gens, des entreprises et les gouvernements de chaque pays endettés à des partenaires dans l’autre, et il a fallu des dizaines d’années de tribunaux et d’arbitrages pour traiter des réclamations complexes. Pour sa part, l’Iran a versé plus de 2,5 milliards de dollars à des citoyens et des entreprises américains.

Le lendemain de la mise en œuvre de l’accord nucléaire, les États-Unis et l’Iran ont annoncé qu’ils avaient réglé la réclamation relative à la commande d’équipement militaire des années 1970, les États-Unis acceptant de payer 400 millions de dollars avec environ 1,3 milliard de dollars d’intérêts. Les 400 millions de dollars ont été versés en espèces et transportés à Téhéran à bord d’un avion-cargo, ce qui a donné lieu aux récits spectaculaires de Trump sur l’argent contenu dans des barils ou des caisses et livré en pleine nuit. L’arrangement prévoyait un paiement ultérieur des intérêts, autrement qu’entassés dans des conteneurs.

L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme selon le Professeur John L. Esposito

20 avril 2018

Le point de vue exposé ici est celui d’un Chrétien qui professe dans une prestigieuse université catholique de Washington aux Etats Unis. Quelqu’un qui est donc solidement ancré dans ses convictions chrétiennes, ce qui ne l’empêche pas de constater la réalité de l’islamophobie.

Il est détesté par les islamophobes qui lui reprochent notamment ses prises de position jugées trop favorables à la cause palestinienne. De fait, s’il est franchement abusif d’affirmer que derrière chaque islamophobe se cache un Juif, on peut dire que bien souvent se cache un sioniste ou une officine sioniste.

Le professeur Esposito ne propose malheureusement pas  une analyse des causes internes de la montée de l’islamophobie dans les sociétés occidentales. Mais peut-être que cette interview n’était pas le lieu adéquat pour ce genre de développement ?

« L’islamophobie sera le nouvel antisémitisme »

Rencontre avec John L. Esposito, professeur à l’université de Georgetown

Par Rosa Meneses, El Mundo (Espagne) 20 avril 2018 traduit de l’espagnol par Djazaïri

John L. Esposito (né en 1940 à New York), professeur à l’Université de Georgetown , est l’un des plus grands spécialistes mondiaux du dialogue interreligieux et un auteur prolifique, avec plusieurs livres consacrés à la connaissance de l’islam. Parmi ses anciens étudiants figurent le roi Philippe VI d’Espagne, le roi Abdullah de Jordanie ou l’ancien président américain Bill Clinton. Mercredi, Esposito a été nommé docteur ‘honoris causa’ par l’Université Pontificale Comillas ICAI-ICADE et hier, juste avant de partir pour la Malaisie, il a donné une interview à EL MUNDO.

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Le Professeur John L. Esposito

L’université [pontificale] vous a distingué pour votre travail en faveur du dialogue inter-religieux, en particulier entre Christianisme et Islam. Après des siècles d’existence, nous n’avons toujours pas appris à vivre ensemble ?

Je pense que nous avons bien réussi en termes de coexistence, mais au cours de ces dernières années, il y a eu des reculs importants. Si nous regardons, par exemple, la situation politique mondiale, nous voyons de grandes divisions entre l’Europe, les États-Unis, la Russie ou la Chine. Nous vivons dans un monde globalisé et, que cela plaise ou non, nous sommes interdépendants culturellement, politiquement et économiquement. Mais aujourd’hui, nous voyons comment les politiciens d’extrême droite aux États-Unis et en Europe prêchent un discours d’exclusion, contre les immigrés et les musulmans. Et à titre d’exemple, nous avons la situation ridicule de pays comme la République tchèque, la Pologne et la Hongrie [qui connaissent une poussée xénophobe, NdT] où il n’y a même pas un grand nombre de musulmans ou d’immigrés. Je pense que la coexistence est un défi et je n’exagère pas quand je dis que ce sont des temps dangereux à vivre.

De Donald Trump à Marine Le Pen ou Viktor Orban, nous assistons à la montée du populisme dans le monde. Pourquoi leur discours commun est-il une réaction contre l’Islam ?

Oui, il y a une réaction contre les musulmans, mais cela fait partie d’une réaction générale contre les immigrants. Nous oublions que, pour de nombreuses personnes en Europe et aux États-Unis, leurs relations avec l’islam et les musulmans ont commencé avec la révolution islamique iranienne en 1979. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme en 1974, l’islam et les musulmans étaient invisibles. Après la Révolution de 1979 – qui a été suivie par l’assassinat de [le président égyptien, Anouar] Sadate et ensuite par la montée d’Al-Qaïda – les musulmans ont été vus d’une fenêtre très étroite à travers laquelle on généralise. Les problèmes survenus en 1979 avaient eu une couverture médiatique qui avait vraiment exacerbé la situation.

Sommes-nous, nous les médias, responsables de la mauvaise image de l’islam et des Musulmans ?

Non, les terroristes sont responsables. Mais les médias ont une grande influence. Je ne dis pas qu’ils offrent une image négative d’une manière délibérée, mais c’est une réalité. Il existe une très grande disparité entre la couverture médiatique des sociétés musulmanes et la couverture médiatique de l’extrémisme. Dans une étude réalisée en 2015 et 2016 au Royaume-Uni et en Allemagne, huit reportages sur dix étaient négatifs et traitaient de l’extrémisme religieux. Les dirigeants politiques et les élites éduquées ont une vision de la réalité basée sur celle fournie par la télévision, les médias et même les réseaux sociaux. Le problème est lorsque cette vision est utilisée comme une arme par des politiciens qui jouent avec la peur parce qu’elle leur donne des votes et de l’argent.

Pensez-vous que l’islamophobie est devenue un problème dans nos sociétés actuelles tout comme l’antisémitisme le fut dans l’Europe des années 1930 ?

Il y a un risque que l’islamophobie devienne le nouvel antisémitisme. C’est une idée sur laquelle j’ai mis en garde dans mes écrits depuis des années. Aux Etats-Unis, il y a même des organisations juives qui ont reconnu ce problème et qui, ces dernières années, ont soutenu des projets contre l’islamophobie, parce qu’elles voient une ressemblance qui leur est familière avec ce qui s’est passé en Europe. Des études publiées en 2015 et 2016 montrent que l’islamophobie est là pour rester et qu’elle est également en cours de normalisation dans le sens que vous pouvez dire des choses contre les musulmans et l’islam publiquement (dans les médias, etc.) en bénéficiant de la liberté d’expression, alors que ce ne serait pas admis si ces choses visaient d’autres groupes parce qu’elles seraient considérées comme racistes. Et cela conduit à un discours de haine ou à des crimes de haine comme les attaques contre des mosquées qui ont eu lieu au Royaume-Uni. Nous sommes restés sourds à ces signaux.

L’islam politique a-t-il changé suite aux révolutions arabes ?

Pas tellement l’islam politique. Je crois que ce qui s’est passé est qu’une partie de la vague de changement a rendu certains pays plus autoritaires. L’Egypte ou les pays du Golfe, par exemple. La Tunisie est un bon exemple de ce que l’islam politique peut faire. En Egypte, il y a eu beaucoup d’erreurs mais le moyen de canaliser la situation avec Mohamed Morsi, qui a été élu démocratiquement, aurait dû être d’attendre les élections. Cependant, les militaires [égyptiens] craignaient ce qui pouvait résulter des élections. Donc, ce que nous voyons maintenant, c’est qu’ils ont géré les élections comme auparavant, quand le leader se présente et obtient 97% des voix. Quand les islamistes sont autorisés à participer au système politique comme n’importe quel autre groupe de citoyens et qu’il existe une vaste société civile, vous pouvez voir comment ils sont intégrés dans ce système. Au cours des 20 dernières années, nous avons vu des élections en Jordanie, au Koweït, en Malaisie, en Indonésie, au Sénégal, au Maroc, où les islamistes participent au système. Mais cela est caché à la fois par les politiciens et les médias de droite, qui mettent tous les islamistes dans le même sac et, au lieu de parler de leur participation à la société, ils concentrent leur attention uniquement sur Al-Qaïda et l’État islamique. .

L’Islam a-t-il besoin d’une réforme religieuse pour s’adapter à l’époque?

J’ai écrit beaucoup de livres à ce sujet. La réalité est que les réformateurs ont toujours existé, mais que leur démarche été entravée. Il est très difficile de préconiser des réformes dans les pays autoritaires, surtout s’il est question de réformer les traditions religieuses parce que tout ce qui affecte la société en termes culturels et politiques est une menace pour les régimes autoritaires. D’un autre côté, il y a des chefs religieux conservateurs qui bloqueront tout changement à cet égard. Pour que les réformes puissent se frayer un chemin, elles ont besoin d’une société ouverte.

Avons-nous surmonté le discours du «choc des civilisations»?

Huntington et moi avons débattu ensemble plusieurs fois. L’expression «choc des civilisations» a beaucoup été utilisée au fil des années, mais elle a signifié différentes choses. Parce que la question est : « quelle est la direction de ce choc ? » La notion de «confrontation» est utilisée par les deux parties ; elle est également utilisée par les extrémistes musulmans. D’un autre côté, j’ai travaillé pendant de nombreuses années avec Gallup et dans nos études nous voyons que les musulmans admirent beaucoup de choses de l’Occident : les libertés, l’éducation, la démocratie, l’économie, par exemple … Mais ils critiquent le double standard en termes de la défense de la démocratie. Ils disent que l’Occident ne fait que promouvoir la démocratie pour lui-même, alors que pour le Moyen-Orient, il préfère promouvoir la sécurité et les affaires, comme George W. Bush l’a fait et comme le fait maintenant Trump. La sécurité est à nouveau l’axe des relations entre les États-Unis et l’Union européenne avec les pays du Moyen-Orient. Trump est revenu pour articuler cette politique dans laquelle on dit aux autocrates : « Ce que vous faites dans votre pays est votre affaire ».

L’entité sioniste exaspère l’UE selon le chef de la diplomatie allemande

4 février 2018

L’exaspération monte en Europe face à la politique de l’entité sioniste qui rend plus impossible chaque jour une solution à deux Etats fans le conflit qui oppose l’occupant sioniste au peuple indigène palestinien.

C’est le chef de la diplomatie allemande qui le dit, pas moi.

On comprend mieux pourquoi les sionistes tendent à préférer le parti néo-nazi allemand aux formations politiques qui se sont partagé le pouvoir en Allemagne depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Le ministre allemand avertit Israël de l’exaspération grandissante de l’Europe

Rédaction, Reuters (UK) 31 janvier 2018

Tel Aviv (Reuters) – Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a averti mercredi Israël qu’il était confronté à une exaspération grandissante en Europe devant les inquiétudes concernant l’avenir d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

Gabriel a adopté un ton nettement différent de celui du vice-président américain Mike Pence qui, lors d’une visite en Israël la semaine dernière, a approuvé l’annonce par le président Donald Trump le 6 décembre que son administration reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël et qu’il transférerait son ambassade dans cette ville.

« En ce qui concerne les Palestiniens et la question de l’Iran, les Américains prennent votre parti plus clairement que jamais auparavant. Mais est-ce vraiment une bonne chose ?  « a déclaré Gabriel à Tel Aviv.

Citant les succès passés de la diplomatie américaine dans la région, il a demandé : « Les Américains peuvent-ils encore jouer un tel rôle s’ils prennent si ouvertement parti? Est-ce que les autres vont essayer de leur emboîter le pas ? »

Dans une menace à peine voilée de couper l’aide [européenne], il a déclaré que certains membres du cabinet israélien étaient « explicitement contre la solution à deux Etats » mais qu’une telle solution « a toujours été le fondement de notre engagement pour la paix israélo-palestinienne et  du montant de l’engagement financier « de l’Allemagne et de l’Europe.

« Ces signaux – au mieux mitigés – ne passent pas inaperçus en Europe, où il y a clairement une exaspération grandissante face aux actions d’Israël », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la sécurité en Israël. Gabriel a cité des désaccords au sein même de son propre parti social-démocrate à propos de ce que certains considèrent comme un traitement « injuste » des Palestiniens.

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Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a l’air franchement exaspéré devant Benjamin Netanyahou

« PAS DE RACCOURCI »

« Il est de plus en plus difficile pour des gens comme moi de leur expliquer les raisons pour lesquelles notre soutien à Israël doit persister », a-t-il déclaré. Gabriel a souligné les préoccupations concernant la violence, la haine et la construction de colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés que les Palestiniens où les Palestiniens veulent pour un futur État indépendant.

« L’Allemagne attend avec impatience le jour où elle sera en mesure de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem. Mais laissez-moi ajouter : dans deux états avec Jérusalem comme capitale. Il n’y a pas de chemin plus court. « 

Les Palestiniens veulent Jérusalem-Est, qui a été conquise par les Israéliens pendant la guerre de 1967, pour leur future capitale. Israël considère Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.

Gabriel a pris la parole après des entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Plus tôt dans la journée, Netanyahu a reprécisé sa position lors d’une conférence de presse conjointe avec son visiteur allemand après que Gabriel s’est dit encouragé par le fait que le gouvernement Netanyahu soutenait une solution à deux Etats « avec des frontières sûres pour Israël ».

« Que nous exercions le contrôle de la sécurité à l’ouest du fleuve Jourdain. C’est la première condition, » a objecté Netanyahou, coupant Gabriel avant d’ajouter, « Qu’on puisse le définir comme un Etat alors que nous exerçons le contrôle militaire est une autre affaire. Je ne discute pas d’étiquettes mais de la substance. »

Gabriel a suggéré que la discussion soit reconsidérée une autre fois, « beaucoup plus tard. »

Gabriel a été un partisan résolu de plus grands efforts pour lutter contre l’antisémitisme en Allemagne, y compris avec la création d’un poste de commissaire gouvernemental pour superviser de telles initiatives.

Dans le même temps, il est sous pression dans son pays pour qu’il adopte une ligne plus ferme au sujet de la construction ininterrompue de colonies israéliennes en violation du droit international.

Selon Henry Siegman, la politique des dirigeants sionistes condamne l’Etat juif à la disparition

28 janvier 2018

L’article qui suit a été écrit par Henry Siegman qui n’est pas seulement un universitaire connu et un rabbin orthodoxe mais aussi un des anciens dirigeants de la communauté juive américaine puisqu’il a été à la tête de l‘American Jewish Congress de 1978 à 1994.

Sa notice biographique sur Wikipédia indique qu’il a été aumônier militaire pendant la guerre de Corée, ce qui lui a valu de hautes distinctions.

Nous avons là à peu près le CV classique d’un patriote américain et d’un militant sioniste. Ce qui, sauf à être un néoconservateur ou un évangéliste, est contradictoire.

Henry Siegman a évidemment cherché à résoudre cette contradiction et il l’a fait progressivement d’abord en plaidant pour des discussions sincères de paix entre le régime sioniste et les représentants du peuple palestiniens, puis en critiquant l’hypocrisie des gouvernants sionistes et en dénonçant avec Jimmy Carter la politique d’apartheid de ces mêmes gouvernants.

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Henry Siegman et Yasser Arafat

Aujourd’hui, il considère que la boucle est bouclée et que la solution à deux Etats à laquelle il a cru auparavant n’est plus possible en raison de la politique d’apartheid et de dépossession menée par les autorités sionistes.

Il affirme nettement qu’il n’y a plus d’autre solution que celle à un seul Etat et qu’elle se réalisera d’une manière ou d’une autre, se traduisant au passage par un exode de nombreux Juifs qui ne pourront pas accepter de vivre à égalité avec le peuple autochtone de Palestine. On note que Siegman exclut que les Palestiniens puissent obtenir d’être rétablis dans leurs droits en usant de la force.

On notera que le texte de Siegman est publié dans The American Conservative, une revue de droite opposée au néo-conservatisme à qui il est reproché de précipiter l’Amérique dans des guerres coûteuses en hommes et en argent qui ne correspondent en rien aux intérêts fondamentaux du peuple américain.

Les implications de la décision du Président Trump pour Jérusalem

La décision de Trump pour Jérusalem a réussi à faire ce que des années de colonisation israélienne n’avaient pas réussi à faire – briser l’illusion d’une solution à deux Etats

Par Henry Siegman, The National Interest (USA) 23 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

La décision de Trump sur Jérusalem a permis à ce que les années de colonies israéliennes n’ont pas réussi à faire – briser l’illusion d’un résultat à deux états.

Nonobstant ce qui précède, l’initiative mal conçue de Trump sur Jérusalem peut encore avoir une conséquence positive, même si elle est involontaire. Rien n’a été aussi nuisible à la lutte palestinienne pour mettre fin à l’occupation israélienne et au vol incessant de territoires destinés à son [futur] état que l’insistance d’Abbas pour préserver l’Autorité palestinienne et le mythe selon lequel elle joue le rôle d' »Etat en formation » alors qu’elle a clairement permis à Israël de consolider son occupation. La décision de Trump sur Jérusalem a réussi ce que des années de colonies israéliennes ont échoué à faire : briser l’illusion d’un résultat à deux états et permettre au mouvement national palestinien de se transformer en une lutte pour les droits, c’est-à-dire lutter pour mettre fin à un régime d’apartheid, une démarche que j’ai préconisée pendant plus d’une décennie, et qui est maintenant de plus en plus celle qu’adoptent les jeunes palestiniens. Ce qui est particulièrement significatif, c’est que cette jeune génération fait le choix d’une lutte pour des droits égaux dans un Etat unique  non par désespoir d’obtenir leur propre Etat, mais parce que c’est la solution qui a leur préférence. C’est le bon choix parce que leur lutte pour leur propre Etat est de celles que les Palestiniens ne peuvent gagner, tandis que la lutte d’Israël pour maintenir un régime d’apartheid est de celles qu’Israël ne peut pas gagner.

Si après ce qui sera très certainement une lutte longue et difficile contre l’apartheid, les Palestiniens l’emportent, ils seront nettement majoritaires. Ayant institué le principe selon lequel la majorité peut imposer à la minorité l’identité religieuse et culturelle de l’Etat; Israël ne sera pas en position favorable pour contester ce même droit aux Palestiniens. Ce qui conduira à un exode significatif de Juifs israéliens.

Si les Palestiniens n’ont pas gain de cause, alors le caractère incontestable d’apartheid de l’Etat d’Israël et le coût de la lutte en cours aboutiront au même résultat – un exode des Juifs israéliens avec le temps, créant un déséquilibre démographique encore plus grand entre les Juifs du pays et les populations arabes. Les Palestiniens ne partiront pas parce qu’ils n’auront nulle part où aller.

Le résultat est donc susceptible d’être la fin d’Israël en tant qu’État juif. Si tel est le cas, ce ne sera pas le fait des mouvements BDS mais des Israéliens eux-mêmes, non seulement parce qu’ils refusent la solution des deux États, mais aussi parce qu’ils insistent pour définir l’identité nationale et les prétentions territoriales d’Israël en termes religieux. Un Etat qui accorde de manière accélérée la citoyenneté par la conversion religieuse au judaïsme parrainée par le gouvernement, comme le fait maintenant le gouvernement israélien, ne peut pas longtemps cacher qu’il privilégie ses citoyens juifs – tout comme les Etats-Unis ne pourraient pas prétendre être une démocratie si la conversion au christianisme était une modalité d’accès à la citoyenneté américaine. La nouvelle législation approuvée par Netanyahou et le parti du Likoud au pouvoir qui permet explicitement aux principes démocratiques d’être contournés par la législature d’Israël s’ils contredisent certains principes religieux juifs démontre que l’idée d’un Etat juif et démocratique était sans doute un oxymore dès le début.

Henry Siegman est Président Emerite de l’U.S./Middle East Project et un ancien membre du Council on Foreign Relations. Il a par le passé dirigé l’American Jewish Congress et le Synagogue Council of America.

Vers une grande guerre de libération de la Palestine?

26 janvier 2018

C’est le troisième article de Jeremy Salt que je traduis, et j’en suis vraiment heureux. Ses analyses sur la situation en Syrie qui faisaient l’objet des deux articles que j’ai proposés sur le blog, en 2011 puis en 2013, faisaient preuve d’une grande lucidité et ont en quelque sorte prédit assez précisément ce qui allait et devait se passer et qui s’est effectivement passé.

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Jeremy Salt est professeur d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Bilkent en Turquie

Ici il s’intéresse plus globalement à la situation au Proche Orient en remettant comme il se doit la question palestinienne au centre de la problématique. Et il s’interroge sur la prochaine grande guerre, celle qui décidera de l’issue du conflit arabo-sioniste.

Jeremy Salt considère que la valeur combative de l’armée sioniste est grandement exagérée comme celle des forces arabes exagérément minorée, rappelant notamment à l’appui de sa thèse les succès de l’armée égyptienne en Octobre 1973, succès contrariés uniquement par la forfaiture de la direction politique égyptienne de l’époque. Selon Salt, une victoire militaire décisive des forces arabes et de leurs alliés, comme les Iraniens par exemple, dépend surtout de leur capacité à neutraliser la supériorité aérienne de l’armée sioniste avec ses hélicoptères et bombardiers.

Toute la question est là : les forces hostiles à l’entité sioniste, Hezbollah en premier lieu, disposent-elles, ou sont-elles sur le point de disposer des moyens de contrer efficacement cette menace aérienne ?

Si oui, les jours de l’entité sioniste sont comptés.

Une grande guerre se profile-t-elle à l’horizon pour Israël?

par Jeremy Salt | American Herald Tribune (USA) 21 janvier 2018 traduit de l’anglais par Djazaïri

Après plus d’un siècle [depuis la Déclaration Balfour], les sionistes semblent prêts à donner le coup de grâce à la Palestine en annexant la Cisjordanie. Limité en premier lieu aux colonies qui auront été le précurseur de l’annexion de l’ensemble du territoire. Le statut de la population palestinienne continuera d’être en suspens en attendant qu’apparaisse une solution permanente. Après l’annexion, certains pourraient partir. Plus grand sera leur nombre, plus sera grande la satisfaction d’Israël, mais deux expulsions massives ont enseigné aux Palestiniens qu’ils doivent rester. Il pourrait encore y avoir une troisième vague d’expulsions, la guerre fournissant à nouveau l’écran de fumée [pour justifier les expulsions] et, une nouvelle fois, la guerre s’annonce Les fondateurs sionistes n’ont jamais voulu rien moins que toute la Palestine. Dès le début, ils savaient qu’ils devraient éjecter la population indigène. Le «binationalisme» de Martin Buber était une bonne idée qui n’avait aucune influence dans la classe politique. Les intentions de la direction sioniste ont dû être cachées jusqu’à ce que la colonie ait atteint le point où elle avait la force physique de reprendre la Palestine..

Les fondateurs de l’Etat sionistes n’on jamais voulu rien moins que toute la Palestine. Dès le début, ils savaient qu’ils devraient expulser la population indigène. Le «binationalisme» de Martin Buber était une bonne idée qui n’avait aucune influence dans la classe politique. Les intentions de la direction sioniste devaient être cachées jusqu’à ce que la colonie ait atteint le point où elle avait la force physique de s’emparer de la Palestine.

Weizmann et d’autres ne proclament rien d’autre que de bonnes intentions, rien d’autre que de vouloir vivre aux côtés des Palestiniens et quant à vouloir un État juif, c’était bien loin de leur esprit. Ce n’est que dans leurs journaux qu’ils consignèrent ce qu’ils voulaient vraiment, du désir de Herzl de transférer la «population démunie [les Arabes]» hors de Palestine jusqu’à la conclusion, en 1940, de Yosef Weitz, directeur du département de colonisation du Fonds national juif qu’il n’y avait pas de place en Palestine à la fois pour les colons et pour les «Arabes». Ces derniers devraient partir. Ces intentions n’étaient pas marginales mais représentatives de ce que les dirigeants sionistes réalisaient devraient être faits si la Palestine devait être la leur.

Comme les Palestiniens se battraient jusqu’au bout, la terre ne pourrait être prise que par la force. Pas à pas, les sionistes ont pu avancer vers cet objectif. Les Britanniques avaient aidé en réprimant le soulèvement palestinien en 1936-39, la première Intifada, décapitant la direction populiste qui aurait pu mener la lutte contre les sionistes dans les années 1940. Des milliers de Palestiniens furent tués et beaucoup plus arrêtés.

Le plan de partage de 1947 ne traduisait pas les véritables volontés des membres de l’ONU. Il avait été imposé à l’Assemblée générale par les menaces faites par les Etats Unis aux membres vulnérables et n’aurait sinon jamais été adopté. Israël en a bénéficié politiquement mais n’avait aucune intention d’adhérer à ses dispositions, ce qui aurait laissé les Palestiniens intacts, trois fois la taille de la communauté des colons sionistes. La guerre de 1948 était une guerre inévitable : sans le nettoyage ethnique de la Palestine, il n’y aurait pas eu d’Israël.

Les expulsions massives de 1948-1949 furent suivies d’une deuxième vague d’expulsions en 1967, suivie de la lente strangulation des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, Israël utilisant tous les moyens possibles, militaires, économiques et pseudo-légaux. Il y a eu d’autres guerres, toutes visant à consolider et à étendre l’emprise sioniste sur la Palestine et à détruire les ennemis d’Israël : Suez 1956, Liban 1978, 1982 et 2006, Gaza à de nombreuses reprises, ainsi que d’innombrables «incursions» frontalières tuant au total des dizaines de milliers de civils arabes.

Il y a eu aussi un « processus de paix », une initiative de l’OLP, qu’Israël n’a fait que suivre pour voir ce qu’il pouvait en retirer. Lancé en 1993, se termina clairement dès 1995, bien que son cadavre continue à remuer jusqu’à nos jours. Le « processus de paix » était une ruse diplomatique donnant à Israël plus de temps pour renforcer son emprise sur les territoires pris en 1967. Yasser Arafat fut accepté comme un partenaire de négociation et quand il n’eut plus rien à donner, Israël considéra à nouveau le pacificateur comme un terroriste et le tua. Mahmud Abbas (Abou Mazen à l’époque révolutionnaire) a suivi Arafat, assumant le rôle de courroie de transmission d’Israël en Cisjordanie, mais seulement pour être jeté une fois qu’il n’a plus eu d’utilisé pour Israël.

Sur la base d’une colonisation sans fin et de la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël (rejetée par pratiquement le reste du monde), avec une réduction subséquente de l’aide américaine à l’UNRWA (l’Agence de secours des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), l’OLP menace maintenant de «ne plus reconnaître» Israël. Si cela ramène le «problème de la Palestine» à 1948, c’est justifié que parce qu’Israël n’a jamais changé de position depuis.

Le temps qui s’est écoulé depuis 1993 jusqu’à maintenant a permis à Israël d’installer des centaines de milliers de nouveaux colons en Cisjordanie, qui selon lui [le régime sioniste] ne peuvent être évacués sans risque de guerre civile. C’est peut-être vrai, mais l’État sioniste les y a installés pour qu’ils restent, car ils rapprochent le projet sioniste de son accomplissement, et il n’a jamais eu l’intention de les faire partir. Israël a maintenant l’intention de «légitimer» ce que jusqu’à présent il a appelé les «avant-postes» illégaux des colons, comme s’il y avait une différence en droit international entre l’illégalité complète de la présence des colons en Cisjordanie, que ce soit dans les implantations ou dans les avant-postes des «jeunes de la colline qui vont et viennent comme ils veulent, frappant, brûlant et détruisant. Ils sont protégés par l’État et ce n’est pas étonnant, car c’est un état qui est en roue libre depuis plus de sept décennies.

Le porte-parole de la clique sioniste est maintenant Naftali Bennett, le ministre de l’Education, qui vient de parler de «la fin de l’ère de l’Etat palestinien et le début de l’ère de la souveraineté», par laquelle il entend l’annexion israélienne de la Cisjordanie et la souveraineté sur toute la Palestine. S’il y a une différence entre Bennett, un probable futur Premier ministre, et Netanyahu, c’est seulement que le premier parle plus clairement de ses intentions. Le désinvolte Netanyahou, qui voit toujours un avantage à parler d’un «processus de paix», a dans son parti d’autres membres qui parlent aussi ouvertement que Bennett. Tzipi Hotovely, par exemple, la vice-ministre des Affaires étrangères, parle également d’annexion : elle a hâte de voir le drapeau israélien flotter sur le Haram al Sharif et considère les anciens soldats du mouvement de protestation Breaking the Silence comme des «criminels de guerre». ‘

Bennett ne fait que montrer la direction qu’Israël prendra tôt ou tard. Du point de vue sioniste, le prochain pas important doit être l’annexion. La tactique de la paix a été menée jusqu’au bout, la solution à deux états est morte (pour autant qu’elle ait jamais existé), il n’y a plus rien à tirer de l’Autorité palestinienne et à Washington, Israël a un ami, Donald Trump, qui soutient autant et plus Israël (reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël) que n’importe quel ancien président américain d’après 1948: seule la reconnaissance d’Israël  par Truman au moment où l’Etat a été proclamé peut lui être comparé. Qu’est-ce qui peut venir maintenant sinon l’annexion ?  Bennett pense que le vent tourne en faveur d’Israël et, si on prend en considération les tractations avec les gouvernements du Golfe et le soutien encore plus généreux des Etats-Unis, il a raison.

Mais est-ce suffisant pour penser que la partie est finie et qu’Israël a fait jeu, set et match?, Peut-être pas : peut-être même pas du tout. Cette question ne concerne pas seulement les Palestiniens et n’a jamais concerné qu’eux. C’est une question arabe, une question musulmane, une question de droits de l’homme et un problème mondial. Elle n’a pas disparu et elle ne va pas disparaître. Ahed Tamimi , frappant un soldat israélien au visage après avoir été frappée par lui (est-ce que quelqu’un l’a remarqué? Certainement pas les médias mainstream) et maintenant emprisonnée pour une durée indéfinie pour ce crime haineux, est le dernier exemple de la force d’âme palestinienne face à l’oppression.

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Ahed Tamimi est le nouveau symbole de la résilience du peuple palestinien

Dès le début, malgré leur courage et leur détermination, les Palestiniens eurent à affronter des forces qu’aucun petit groupe de personnes ne pouvait surmonter seul : les Britanniques, les sionistes, les États-Unis et les énormes ressources qu’ils ont consacrées à l’occupation de la Palestine pendant un siècle. Cependant, la Palestine n’est pas seulement une question palestinienne et pas seulement une question plus générale de droits de l’homme : c’est une question qui va au coeur de l’histoire et de l’identité arabe. Le chemin de retour vers la Palestine devra toujours traverser le monde arabe. C’était clair pratiquement depuis le début. Jusqu’à présent, deux gouvernements arabes (Egypte et Jordanie) ont signé des traités de « paix » avec Israël. Ces arrangements de papier entre les gouvernements n’ont aucun soutien populaire en Egypte ou en Jordanie : ce n’est pas que leurs peuples ne veulent pas la paix, mais qu’ils ne sont pas prêts à sacrifier la Palestine pour l’obtenir. Il y a un géant assoupi ici qu’Israël semble penser endormi pour toujours. Les peuples sont la dynamite au bout de la mèche. Dans des circonstances favorables et avec les bons leaders, ils peuvent être mobilisés, comme ils l’ont été auparavant.

En tant qu’État raciste, Israël traite depuis longtemps les «Arabes» avec mépris ou les considère incapables de faire ce qu’ils ont fini par faire. Le premier exemple est celui de 1973, lorsque les Egyptiens lancèrent une brillante opération sur le canal et prirent les troupes israéliennes complètement par surprise, les mettant en débandade. Si Sadate n’avait pas trahi Hafez al Assad, en stoppant l’offensive égyptienne au bout d’une semaine, Israël aurait pu être chassé du Sinaï et du plateau du Golan. Seule une plus grande intervention des États-Unis (ils intervenaient déjà directement par le transport aérien de matériel militaire directement dans le Sinaï) aurait pu empêcher une défaite israélienne. Dans le sud du Liban occupé, Israël a subi choc après choc. Il a été pris au dépourvu par le Hezbollah et, en fait, il a été expulsé du Liban en 2000. Il a réessayé en 2006 et a été à nouveau humilié, ce qui explique pourquoi Israël est déterminé à détruire le Hezbollah la prochaine fois même s’il faut détruire le Liban avec.

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Octobre 1973: soldats égyptiens au sommet d’une position prise à l’ennemi sur la ligne Bar Lev 

Naftali Bennett était l’un des soldats d’Israël au Liban. Il projette l’image d’un personnage dur. « J’ai tué beaucoup d’Arabes en mon temps et je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il dit. Parmi les «Arabes» qu’il a aidé à tuer, plus d’une centaine de civils libanais, dont de nombreux enfants, qui s’étaient réfugiés dans l’enceinte de l’ ONU à Qana., au sud du Liban, quand elle a été bombardée par les forces israéliennes envahissante en avril 1996. Un homme avait perdu 31 membres de sa famille, dont neuf enfants. Bennett était membre de l’unité dite d’«élite» Maglan. Quand son détachement avait été pris dans une embuscade par le Hezbollah, il avait appelé à l’aide une unité d’artillerie. Selon un autre officier, quand il est entré en communication, Bennett était hystérique, mais les obus sont arrivés et l’ont sauvé, 13 d’entre eux ayant explosé dans l’enceinte du site de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros Ghali, avait démenti l’affirmation d’Israël selon laquelle le bombardement était dû à une erreur, étant donné que le site de l’ONU avait fait l’objet de reconnaissances par des drones et des hélicoptères israéliens. Le résultat fut qu’il perdit son deuxième mandat, les USA refusant de le soutenir, lui préférant Kofi Annan.

Bennett et ses anciens compagnons d’armes se considèrent comme des guerriers. Une opinion que ne partage pas Hasan Nasrallah qui se base sur les expériences que le Hezbollah a eues avec les Israéliens. Dans une récente interview diffusée sur la chaîne de télévision Mayadeen, Nasrallah a ironisé sur la capacité à combattre des soldats israéliens. A ses yeux, les succès de la résistance au Liban et en Palestine ont brisé le mythe de l’invincibilité israélienne (un mythe déjà démoli depuis au moins la guerre de 1973). Le Hezbollah et les forces alliées ont combattu les takfiristes pendant plus de sept années en Syrie et plus de trois années en Irak. C’était un ennemi qui entrait dans le combat avec des escouades de commandos suicide, un ennemi « prêt à mourir » sans hésitation, à comparer avec les Israéliens qui, a dit Nasrallah, n’avancent pas sans être précédés d’une force blindée, suivis par des ambulances et protégés depuis le ciel par des hélicoptères et des avions de combat. Un tel soldat est vaincu à l’avance. C’est un lâche sans volonté de se battre. Combattre l’État islamique était beaucoup plus difficile que de combattre Israël, ce qui a permis de vaincre l«bila shaq» (sans aucun doute). C’est le facteur humain qui a donné l’avantage à la résistance.

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Avril 2017 : Combattant du Hezbollah à la frontière entre le Liban et la Palestine occupée

Nasrallah a évoqué à plusieurs reprises la «grande guerre» à venir avec Israël, qui impliquerait non seulement «l’axe de résistance» (Iran, Irak, Syrie, Liban, Palestine et toutes les organisations du monde arabe «qui soutiennent cette voie») mais aussi des centaines de milliers de volontaires arabes. Nasrallah a déclaré que Sayyid Abd al Malik al Houthi avait promis d’envoyer des dizaines de milliers de combattants volontaires même si la guerre saoudo-yéménite se poursuivait. Cette guerre, dont Nasrallah a souvent dit que le Hezbollah la mènerait en Galilée à travers la ligne d’armistice et s’étendrait sur tout le front libanais et syrien avec Israël, a été le thème central de toutes ses récentes interviews.

La stratégie d’Israël dès le départ sera la destruction totale du Hezbollah le plus rapidement possible et autant du Liban que nécessaire pour détruire le Hezbollah. La puissance aérienne sera au cœur des stratégies de guerre d’Israël, comme elle l’a été dans le passé. C’est ce sur quoi le Hezbollah et ses alliés devront travailler pendant des années pour la neutraliser. Qu’Israël se prépare activement à la guerre ressort clairement des exercices aériens et terrestres qu’il a menés au cours des six derniers mois, combinant les forces aériennes, navales et terrestres, la robotique, les combats dans les tunnels et l’évacuation des civils du nord jusqu’à la ligne d’armistice ligne avec le Liban. L’état-major israélien a effectivement reconnu la piètre performance de ses troupes sur le terrain, à Gaza ou au Liban en 2006, en augmentant le ratio de soldats et d’officiers issus de milieux de colons religieux, plus fortement motivés, pense-t-il, que les jeunes hommes issus de milieux non pratiquants.

Il ne fait aucun doute que l’état-major israélien analyse chaque mot prononcé par Nasrallah, le prend au sérieux et le respecte sur la base des réalisations militaires du Hezbollah, mais peu de ce qu’il dit atteint les médias «occidentaux». Il est juste le clerc à la barbe broussailleuse régulièrement présenté comme le mandataire de l’Iran au Liban, comme s’il n’avait pas une pensée propre, et non comme l’un des esprits les plus impressionnants du Moyen-Orient. Nasrallah ne se livre jamais à des discussions creuses et ne parle que de la «possibilité» d’une grande guerre à venir, afin de ne pas alarmer les gens, alors qu’il est clair que ce n’est pas seulement une probabilité, mais une guerre qui mettra un point final. A la confrontation historique avec Israël.  En voulant infliger une défaite écrasante à ses ennemis, c’est certainement ce qu’Israël aura en tête. Le Hezbollah est prêt et Nasrallah pense qu’il peut gagner.

L’idée même qu’Israël puisse être défait sur le champ de bataille n’a aucune place dans le discours ‘occidental’ qui a été construit sur des siècles de préjugés anti-arabes et antimusulmans dans les médias. Ce serait considéré comme impensable, insensé et risible. Israël essuie des revers mais il ne perd pas de guerre : cette possibilité n’existe pas dans les esprits conditionnés par un biais médiatique sans fin. Une telle guerre devrait être considérée avec effroi : comme le dit Nasrallah, personne ne pourrait dire où cela ne mènerait pas, mais avec l’élimination de toutes les options pour la paix, le pendule va inévitablement dans cette direction. Est-ce que Hassan Nasrallah s’est éloigné de la réalité, parlant de la victoire et des centaines de milliers de combattants qui se joindront à la prochaine guerre, ou sait-il quelque chose que nous ne savons pas? Il sait évidemment beaucoup de choses que nous ne savons pas, mais pour vaincre Israël, sa puissance aérienne offensive et défensive devra être neutralisée. Est-ce que le Hezbollah et l’Iran ont trouvé comment parvenir à ce résultat Est-ce la raison de sa confiance ? Nous devrons attendre la prochaine guerre pour le découvrir.

Une guerre à la Maison Blanche entre Juifs et non-Juifs selon Henry Kissinger

5 janvier 2018

Un livre à paraître aux Etats Unis a provoqué la colère du président Donald Trump qui a, nous rapporte la presse, essayé d’en empêcher la sortie qui est néanmoins intervenue aujourd’hui.

Ce livre du chroniqueur Michael Wolff qui ne veut surtout pas être journaliste, évoque l’ambiance dans l’équipe de Donald Trump pendant la campagne électorale, notamment le pessimisme du candidat quant à ses chances d’accéder à la présidence et le chaos qui règnerait à la Maison Blanche agitée par les luttes intestines.

La particularité du travail de Wolff, ce non-journaliste, est que pour l’essentiel il cite tels quels ses interlocuteur, prenant rarement la peine de vérifier leurs assertions.

Et ses interlocuteurs ne sont pas l’homme ou la femme de la rue mais ceux qui peuplent ou ont peuplé les allées du pouvoir.

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Michael Wolff à Kellyanne Conway, conseillère particulière de Donald Trump: « Vous êtes les ténébres »

De fait, Michael Wolff

 « affirme avoir gravité pendant 18 mois autour de la galaxie Trump, de la campagne présidentielle à la Maison Blanche, et interrogé « plus de 200″ personnes, du président à ses proches collaborateurs ».

Après l’élection surprise du candidat républicain, qu’il avait interviewé en juin 2016, il demande à Donald Trump un accès à la Maison Blanche, que le président élu ne lui refuse pas

Si l’ensemble de la presse française évoque le fameux « chaos » qui règnerait à la maison Blanche selon le chroniqueur, aucun média hexagonal n’évoque cependant un aspect de ce chaos, la guerre que se livreraient dans l’équipe présidentielle Juifs et non-Juifs, une thèse soufflée à l’auteur de « Le Feu et la Fureur: A l’intérieur de la Maison Blanche de Trump » par nul autre que Henry Kissinger.

Cette thèse ne figure pas non plus dans Les 10 révélations hallucinantes tirées du livre sur Donald Trump selon CNEWS Matin.

C’est cette thèse d’une guerre Juifs contre non Juifs que discute pour la réfuter l’article que je vous propose.

Personnellement, je réfuterais aussi d’un point de vue différent la thèse de l’ancien Secrétaire d’Etat.

Si Josh Nathan-Kazis écarte la proposition de M. Kissinger sur la base du fait que Juifs et non Juifs sont présents dans les deux camps qui s’opposeraient à la maison Blanche, je la rejette pour ma part sur la base de l’idée que ce sont en fait deux clans juifs qui s’affrontent dans l’entourage de Trump, les non Juifs y jouant le rôle d’utilités à l’image d’un Steve Bannon.

Qu’a voulu dire Kissinger par ‘Une guerre à la Maison Blanche entre Juifs et non Juifs ?’

Par Josh Nathan-Kazis, The Jewish Forward (USA) 4 janvier 2018

Henry Kissinger sait un certain nombre de choses sur les guerres, sur les Juifs et sur les Maisons Blanches [les différentes administrations qui se sont succédé à Washington].

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Henry Kissinger n’est jamais resté bien loin des cercles de pouvoir

Mais sa réponse au journaliste Michael Wolff sur ce sujet, citée dans le nouveau livre explosif de Wolff sur le président Donald Trump et son entourage, est en train d’en faire grimacer certains.

« C’est une guerre entre les Juifs et les non-Juifs », a confié à Wolff l’ancien secrétaire d’Etat et conseiller à la sécurité nationale des présidents Richard Nixon et Gerald Ford, parlant ainsi de la Maison Blanche sous Trump.

On ne connaît pas encore le contexte complet de la citation, car le texte de « Fire and Fury: Inside the Trump White House, [Le Feu et la Fureur: A l’intérieur de la Maison Blanche de Trump] » de Wolff n’est pas publiquement disponible à ce jour.

Mais selon un article paru dans The Guardian, il semble que Kissinger ait tenté de caractériser l’affrontement entre l’ancien conseiller principal de Trump, Steve Bannon, d’un côté et les membres de la famille juive de Trump, Jared Kushner et Ivanka Trump, de l’autre.

Alors qu’est-ce que Kissinger, dont le rôle dans des interventions américaines au Chili, au Laos et au Vietnam, entre autres pays, a été à l’origine de millions de morts, a voulu dire par cette réponse à Wolff?

Jonathan Sarna, professeur d’histoire juive à l’Université Brandeis, a noté que la propre ascension politique de Kissinger avait coïncidé avec une certaine forme de défection des Juifs en direction du Parti républicain. Beaucoup de ceux qu’on appelle des «néoconservateurs» ont soutenu Nixon contre son rival démocrate George McGovern en 1972. Et tandis que beaucoup de ces juifs et de leurs héritiers idéologiques comptent parmi les soi-disant # NeverTrump-ers [anti Trump], ils s’opposent aussi au nationalisme économique de Bannon.

Peut-être que Kissinger a vu dans les échauffourées de la Maison Blanche une sorte de bataille pour l’âme du Parti républicain: entre une aile modérée plutôt juive, et un noyau dur culturellement non-juif.

« Les Juifs républicains ont été différents du genre de républicains paléoconservateurs, et cette bataille remonte à loin ans le temps », a déclaré Sarna. « Ce que nous ne savons pas, c’est si les néoconservateurs reviendront au parti républicain s’il y a un autre homme au sommet. »

Mais certains observateurs proches de la Maison Blanche remettent en question l’analyse de l’ancien secrétaire d’Etat même s’ils préfèrent en rire.

« Il y a tellement de Juifs dans cette administration, vous ne pouvez pas vraiment avoir les Juifs d’un côté et les non-Juifs de l’autre », a dit un ami du président à Forward.

S’il est vrai que ceux qui sont perçus commeles alliés de Kushner et Ivanka Trump, dont le conseiller économique principal de Trump, Gary Cohn, sont en grande partie des juifs new-yorkais, l’équipe de Bannon, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Maison Blanche, est également fortement juive.

Stephen Miller, un haut conseiller de Trump considéré comme le dernier Bannonite restant à la Maison Blanche, est juif. C’est le cas aussi de beaucoup de collègues de Bannon depuis qu’il a quitté la Maison Blanche. A Breitbart Media dont il est rédacteur en chef, son adjoint est Alex Marlox [un Juif donc].

Une lutte entre Juifs et non-Juifs semble dès lors une analyse difficile à défendre.

Un autre observateur attentif de la politique juive [Jewish politics] a déclaré que, si la description par  Kissinger de la lutte intestine à la Maison Blanche entre Kushner et Bannon  correspondait sans doute à quelque chose d’assez courant avant l’exil de Bannon en août, elle semble aussi être par trop simpliste.

« Il semble que tout le monde soit contre tout le monde », a déclaré cet observateur informé. Reince Priebus contre Bannon. Bannon contre Jared Kushner. « Traditionnellement à la Maison Blanche, il y a deux centres de pouvoir qui se battent entre eux », a déclaré l’observateur. « Dans cette Maison Blanche, il semble que chacune des bases du pouvoir se soient combattues l’une l’autre ».

 


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